Paraboles celtiques II : la Religion

Voici deux textes extrait du livre « Parabole celtiques, Récits, poèmes et prières » recueillis et présentés par Robert Van de Weyer, Editions du Seuil.

 

La justesse est erreur

 » Les chrétiens se disputent souvent à cause de ce qu’ils croient.
Il y en a qui croient en une certaine doctrine, il y en a qui croient en une autre.
Un certain groupe s’évertue à convaincre d’autres groupes
Que lui seul possède la vérité.

Cependant Dieu seul possède la vérité,
Parce que lui seul est la vérité.
Sur terre nous ne voyons que des aperçus, des indications :
Notre connaissance de la vérité est partielle.

Ainsi donc peut être les divers groupes qui se disputent
Voient-ils tous juste et sont-ils tous dans l’erreur :
Ils voient juste en percevant une partie de la vérité,
Ils sont dans l’erreur en en revendiquant la totalité.  »

 

Diversité des religions

 » Il y a diverses religions dans notre pays :
Les gens croient que c’est la leur la meilleure.
Il arrive qu’ils tolèrent les autres religions,
Il arrive qu’ils méprisent les autres religions,
Il arrive qu’ils combattent les autres religions.

Dieu nous parle de diverses manières.
Il choisit pour chacun la meilleure manière.
Réjouissons-nous de la diversité des religions,
Aimons la diversité des religions !  »

 

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Automne

Dans la terreur du matin frais
j’entraperçois le grand Roi.
À l’ombre de ses bois
il semble à l’affût de ma transformation éveillée.

De ses visites dans mon sommeil
je ne garde qu’une écharpe de brume
bien assez floue et irréelle.

Le maître d’automne m’a appelée.
Émoustillée par sa voix suave,
chargée du souffle des vents déchaînés,
je cours me perdre dans la richesse de la terre brune.

Le feu des arbres réveille en moi
l’écho de la terrible chasseresse des bois.
Et me voici sur les sentiers de terre,
serpentant entre les hauts branchages et les jets de lierre,
à la quête inconsciente de l’essence sombre.

C’est l’heure bienvenue de la mort.
Abandonnant tout ce qui m’entrave à ce monde
Je revis dans les ténèbres profondes
du froid mordant de l’hiver d’or.

Saisissante renaissance
que le parfum de la pluie purifiante !
À la mousse, à la pierre, et au bois figé
j’adresse ma douce félicité.
Qu’il est bon de sentir la terre s’endormir
pour raviver le remuant souvenir,
que de mon sang chaud coule la vie
si impétueuse guerrière face à la Nuit.

Bienvenue Heure du Soir
qui couche sur moi ton grave savoir.
Comme la graine enfouie sous le tapis de feuilles colorées,
Par le froid et les ténèbres il me faut passer
Pour demain au printemps
de lumière éclater.

Automne, je te bénis de me purifier.

© Witchlight Dreams
28 octobre 2012

Source Image : puddlz