Au-delà du réel et de l’irréel

Me voilà comme suspendue hors de la réalité, dans un étrange état de flottement que l’on pourrait comparer à l’espace entre le réel et l’irréel. L’effet est aussi déroutant que lorsque je sors à peine d’un rêve, ou que j’ai passé une journée à lire perdue dans mon imagination.
C’est une sensation drôlement étrange. Comme si ce que je voyais sous mes yeux n’était pas réel, comme si par moment les images ondulaient très légèrement, comme une route déformée par la chaleur. La réalité me semble tanguer. Pourtant, ne vous faites pas d’idée, je ne suis ni en état de fatigue extrême, de jeune ou bien encore sous l’emprise de substances peu recommandables (alcool, drogue etc..). Non, c’est juste une semaine censée être comme les autres.

Sauf que depuis samedi, j’ai la sensation d’évoluer sur des sables mouvants. J’avance difficilement, perdue et sans repère. C’est comme si j’étais là… mais pas tout à fait. Pourtant mon corps est bien les deux pieds sur terre et je suis ancrée (les exercices d’ancrage ne semblant en rien améliorer la situation). Non, c’est comme si la Terre elle-même n’était plus stable.

Les notions de temps et d’espace se sont évaporées. Bien que je sache l’heure, la journée, le lieu et la liste des choses que je dois faire, avec ma mémoire et mon cerveau, c’est comme si mon corps et mon esprit n’en avaient pas la pleine conscience. De sorte que je n’ai pas la sensation de vivre dans le présent. Je semble évoluer en rêve (pourtant j’ai vérifié, je ne rêve pas) où rien n’a d’importance sinon que « je suis ». Alors les urgences n’ont pas de prises réelles sur moi (vous savez celle de se dire par exemple : « oh j’ai un partiel demain et je n’ai pas encore fini toutes mes révisions, il faut que je m’y mette tout de suite » ou autre, et qu’aucune panique ne monte en vous comme cela se passe d’habitude). Comme si ces choses là, matérielles, n’étaient que des illusions devant mon regard et que mon âme le percevait, me donnant la force tranquille de les ignorer… Sauf qu’une partie de ma raison logique me hurle « j’aimerais réagir, me sentir là et m’activer, la réalité me file entre les doigts ! ».

Qu’est ce donc que cela ? Une amie m’a dit hier qu’il semblait y avoir un fort changement dans les énergies ces derniers jours. Est-ce ce que je sens ? Est-ce ma sensibilité aux énergies qui me fait vivre ça ? Je commence à paniquer mentalement, devant cet état qui dure et m’handicape dans la réalité quotidienne. Quelqu’un aurait il déjà vécu cette impression et pourrait-il m’expliquer ?

29 novembre 2012

Publicités

Ouvre les yeux

 

La vraie solitude n’est pas celle de vivre seul.
La vraie solitude, celle qui est comme un écho sourd et profond, une blessure qui ne guérit jamais, est dans le cœur.
Et elle demeurera en toi, bien que tu sois accompagné, tant que tu ne te seras pas retrouvé.

Ta solitude éternelle est celle de ton âme, que tu as refoulée et ignorée.
Celle de ton cœur qui crie à l’amour.
Mais pas l’amour des autres, comme tu le penses. Non, quelque chose de plus fondamental pour vivre debout, les deux pieds bien ancrés dans le sol et la tête dans les étoiles.
Cette chose, c’est l’amour que tu te portes à toi-même.

Ne vois tu pas qu’il est vain de chercher à l’extérieur, ce que seul toi peut t’offrir et qui doit venir de l’intérieur ?
Ne vois tu pas que tu ne peux trouver ce soleil de vie que dans le silence de ton esprit ?
Que dans la calme tranquillité d’un périple sans personne pour te perturber ?

La solitude te déchirera encore et toujours,
Tant que tu n’auras pas accepté les multiples facettes que tu es,
Tant que tu n’auras pas réunis le « je semble » et le « je suis ».

C’est dans l’union avec soi même, son soi intérieur
Que fond le sentiment, profond et irascible de cette solitude de l’être,
comme la neige au premier jour ensoleillé du printemps.

Tu auras beau courir pour ne pas penser
T’entourer de gens pour te sentir aimer
Te mentir à toi-même pour ne pas l’affronter,
ce gouffre béant ne cessera de grandir et de te déchirer.

Et bien qu’encerclé de bonheur et de paix,
tu ne pourras échapper
À ce sentiment de détresse intime et mélancolique
sans qu’aucune raison logique ne l’explique.

Ton âme HURLE, entends la !
Cesse de te trahir toi-même
Pour une illusion de félicité vaine.

Sois sage et raisonnable
Entends-la avant qu’elle n’en arrive à ses extrémités,
Et souffle ton château de cartes branlant
Pour exploser ton mensonge en mille éclats,
T’enfonçant, pour ton propre bien, encore plus bas,
Dans les affres de ta solitude.

Car c’est de tes ténèbres que naitra ta propre lumière.

© Witchlight Dreams
18 novembre 2012

La vision de l’homme…

Stéphane Douady, physicien, a dit en parlant des dunes de sable :

« Quand on regarde les formes, on a du mal à comprendre que la forme c’est un mouvement. C’est un instant donné de la forme qui est en train d’évoluer.

Et souvent les choses, elles vont trop lentement pour l’homme. L’homme comprend ce qui bouge à peu près à sa vitesse ; et tout ce qui est plus lent, ou plus rapide, il ne le voit pas, donc il ne le comprend pas. Donc il y a tout un travail qui est d’essayer de ramener la vie de ces mouvements là à une vitesse qu’on perçoit, et là à ce moment, ça prend un sens complètement différent, on les voit vivre [les dunes de sable]. »

Extrait écrit, de l’émission du 3 novembre « Les savanturiers » par Fabienne Chauvière sur France Inter.

Pourquoi avoir choisi de partager ces quelques paroles ? Parce qu’elles m’ont frappée, saisie. C’est une des pièces du puzzle qui me manquaient pour comprendre l’incompréhensible folie des hommes. Ou une des raisons qui expliquent pourquoi l’homme (dans sa majorité) détruit son environnement sans vergogne.

Comment respecter les arbres quand on ne les comprend pas ? Et pourquoi les hommes ne comprennent pas cette forme de vie ? Parce qu’il faut des centaines d’années, voire des milliers pour découvrir qu’un arbre peut être parfois immortel et que d’un seul tronc, il peut devenir une colonie d’individus. La beauté de cette force de vie est invisible à qui ne sait l’imaginer. Et comment l’observer quand l’homme coupe quasi systématiquement les arbres dès qu’il les croit mourants ? Voilà en partie pourquoi ces sujets d’étude sont rares, et les mécanismes de cet extraordinaire phénomène ne sont pas entièrement connus.
[Mon cœur d’étudiante dans les sciences végétales parle.]

Quel dommage que l’homme ne soit pas spontanément capable d’adapter sa vision à l’échelle de temps de ce qui l’entoure, à celle des forêts, des lacs et des montagnes, mais aussi de la Terre. Peut être verrait-il mieux la violence qu’il leur inflige…