Velours…

8c1bis

Dans cet écrin de velours
tendre timidité,
Quelques mots d’amour
à peine chuchotés…

La brise me berce
quand je rêve de tes bras

Rouge du sang profané
mon âme déborde en violents émois…
Je te serre à en broyer
la peur et ma confusion sans toi…

Et la nuit transperce
le voile de nos ébats

© Witchlight Dreams
30 octobre 2013

Source image : extrait du manwha ‘Model’ de Lee So-Young

Je me demande…

Qui es-tu, toi qui passe en ces lieux ?
Es-tu revenu moins peureux ?
Es-tu le fantôme de notre jeunesse ?
L’écho de nos rires insouciants ?
Trop soûlé par la recherche de liesses,
Revenu par hasard après tant de temps ?

Ton sourire fané m’interpelle.
Qu’as-tu fait de ces milles étincelles
Qui clairsemaient ton regard franc ?

Ah ces yeux si bleus d’antan !
J’aurais pu passer des heures à m’y fondre.

C’était le bon temps
Sans rage qui gronde.

 

Pourtant tu t’es retourné
Tu es parti sans même m’embrasser.
Adieu, farouche âme biscornue
Toi qui avais trop peur d’être aimé.
J’avais ouvert la porte de mon cœur
Prête à me dévoiler nue
Mais tu ne savais pas regarder.

Alors…
Pourquoi es-tu revenu ?
Je suis si surprise que je ne saurais pleurer.
Tu étais parti si loin,
Ah pourtant, qu’ais-je pu t’aimer !
Mais ce n’est point
Le bon moment pour me retrouver !

 

Pourtant mon âme brûle
De plonger mes yeux, encore une fois,
Au plus profond de toi.

Car après tout,
Tu auras beau te cacher de moi,
Je sens l’union du nous
Que l’on ne comprend pas.

Pourquoi ne m’as-tu pas oublié ?
Pourquoi reviens-tu vérifier
Qui suis-je maintenant, pour enfin oser
Dire que tu m’aimes, sans avoir besoin de me protéger ?

Si cruel de voir que j’existe à tes pensées,
Mais qu’il est trop tard pour y succomber !

Ahhh, si seulement….
le temps ne nous avait pas dupés !
Je rêve d’un autrement
Où nous serions proches enlacés.

Ahhh, si seulement….
le temps ne nous avait pas lésés !
Je rêve doucement
D’un chaleureux baiser volé.

 

© Witchlight Dreams

16 octobre 2013

Vivre une injustice

two_lightning_strike_by_pierrerodriguez-d55u8l2Source image : Pierre Rodriguez
 

Aujourd’hui dans le cadre de mes études, j’ai eu l’occasion de ressentir ce que cela faisait vraiment de vivre une injustice. Pas seulement d’en être témoin, mais bien de la vivre dans la peau de la personne concernée. Je n’avais jamais ressenti cela aussi clairement et fortement jusqu’à ce jour.

C’était à propos d’un sujet stupide, qui n’a pas conséquence de vie ou de mort. Juste une ségrégation stupide réalisée par un professeur entre étudiants ingénieur et master. N’empêche, j’ai été choquée comme jamais.

Quels sentiments cela a-t-il éveillé en toi ?

Tout d’abord une grande colère, une immense colère incontrôlable. Alors que je suis quelqu’un de calme, de posé. J’étais prête à engueuler la prof et partir en claquant la porte, chose qui ne m’était jamais venue à l’esprit avant. Si cela n’avait pénalisé que moi, je l’aurai fait, mais je me suis retenue pour mon groupe de travail.

Et puis ?

Et puis, dès que j’ai laissé la colère retomber…. Mais oui, tiens ! Elle est retombée d’un seul coup comme un soufflet. Alors que quand je suis vraiment en colère, ça ne passe pas comme cela, ça m’est du temps à redescendre. En fait cela ne redescend pas tant que je ne l’ai pas exprimé d’une manière ou d’une autre. Or là… pouf, d’un seul coup. Comme si on appuyait sur un interrupteur. Éteinte.

Après cela, je me suis mise à ressentir une terrible tristesse, j’ai failli me mettre à pleurer sur le champ. J’ai du canaliser l’émotion et évacuer l’énergie en soufflant, me recentrer sur moi-même pour éviter de pleurer. Et d’un seul coup l’atmosphère de la pièce entière a changé…

C’était vraiment bizarre !

Est-ce que tu crois que je me suis laissée emporter par mon empathie ?

C’est la première fois que tu étais bizarre comme ça ?

Ben… Switcher comme ça devant autant d’autres personnes, non. Ne pas réussir à garder mon sang froid à cause d’un sujet aussi superficiel… A part avec ma famille, mais la famille ce n’est pas pareil, ils ont le don de m’énerver en 3 secondes chrono parce qu’ils connaissant mes réactions.

Revenons à notre sujet. Comment analyses-tu la situation à postériori ?

L’analyser… Et bien c’est vrai que les filles de mon groupe étaient aussi très en colère. Je l’ai bien vu et senti quand j’en ai reparlé après avec N. En fait j’ai l’impression d’avoir servi de catalyseur. Elles n’osaient pas afficher leur colère, ni dire un mot de travers, mais leur émotions étaient très fortes. Jusqu’à ce que je commence à hausser le ton, et là elles ont eu peur de la réaction de la prof face à ma colère explicite. Et pouf, la peur a fait tomber leur colère comme un soufflet. Et j’ai pu reprendre un minimum le contrôle sur mes propres émotions.

A postériori, je dirais que je me suis vraiment fait balayée !!!

Bon, et l’injustice dans tout ça ? Pourquoi t’es tu laissée envahir par ces émotions ?

Parce qu’elles faisaient  écho aux miennes, elles les ont juste exacerbées. Et ça faisait trop, le bouchon a sauté !! J’ai toujours été touchée par le fait d’assister à des injustices, et je détestais rester sans réactions dans les cas concrets devant moi, trop délicats pour intervenir. Mais là, le vivre…

La colère oui, parce que je trouve ça stupide. Comment un professeur peut-il refuser de répondre aux questions de ses propres élèves, sous prétexte que c’est un cours qu’il donne aux ingénieurs et pas aux masters ? Alors que ce même prof vous a donné un projet à faire ? Et que vous ne trouvez que de la biblio payante ? C’est tellement anti-pédagogique… Ce n’est pas comme si on attendait que cela nous tombe tout cuit dans le bec. On a passé des semaines à chercher et on va la voir en dernier recours…

Alors tu comprends mieux la grande tristesse ressentie ?

Oui, le découragement, le désespoir, la déception… A quoi bon travailler sérieusement si même vos profs vous mettent des bâtons dans les roues ? Ça veut dire quoi ???

Peut-être que ce n’est pas ce sur quoi tu dois te concentrer en ce moment. Peut-être que tu as d’autres priorités plus importantes.

Comme mon rapport de stage ?

Oui, par exemple. Ne disperse par ton énergie vainement, là où tu sais qu’il n’y a rien à attendre.

Oui mais enfin ! A quoi cela sert-il de nous donner un projet si c’est pour ne le faire qu’à moitié ??

Je te retourne la question. A quoi ce projet t’aura-t-il servi ?

A comprendre que cette prof ne sert pas à grand-chose… !

C’est un peu dur. Et sinon ?

Que… je ne veux plus travailler avec une partie de ces filles là. Quelles énergies négatives !

Et cela va-t-il te servir ?

Oui, je pensais sincèrement faire tous mes autres projets avec C. plutôt que N. Pourtant les opportunités que m’a données la vie, m’ont fait radicalement changer d’avis sur les deux ! N. se donne une façade de commère superficielle, mais elle cache de très nombreuses blessures ainsi que sa maturité. Et C. n’est pas si ouverte d’esprit que l’image qu’elle cherche à donner…

Mais bon, ce n’est pas ça qui m’intéresse ! Et l’injustice dans tout ça ?

Que retiens-tu de cette leçon ?

Ne jamais discriminer les gens sur leurs statuts ! Car ils ne reflètent pas leurs compétences réelles. Mais je le savais déjà !

Oui, mais l’avais-tu déjà vécu de cette façon ?

Non.

C’est la différence entre savoir et connaître.

Ahhh… J’ai encore du mal à faire la distinction.

Ça viendra. Cela t’a-t-il fait du bien d’en parler ?

Oui, merci !