Avancer

spider_chrysanthemum_p_da_by_borychan-d66d7m3

 » Le doute est une force, une vraie et belle force.

  Veille simplement qu’elle te pousse toujours en avant. « 

Ellana, Pierre Bottero.

Source image : Bory-Einfrost

Publicités

Sur ses gardes…

ll01cover_by_auroreblackcat-d6volih

« Apprends à nourrir ton âme ce que tu aimes, laisses lui de la place pour s’exprimer » a écrit Camille sur son blog. Cette phrase fait tilt en moi, et j’entends comme un petit tiraillement. Est-ce que je ne te laisse pas assez de place pour t’exprimer ?

Oui, c’est vrai. C’est mieux qu’autrefois, maintenant tu écris, timidement mais tu écris. Et ça te fait du bien. Pourquoi ne le fais-tu pas plus souvent ?

Parce que ça prend du temps et que j’ai beaucoup de travail scolaire.

Mais quand n’en as-tu pas ? Comment faisais tu pour gérer tout ça l’année dernière et le stress ?

C’est vrai que je me le demande justement… Je n’arrive pas à retrouver le même lâcher prise. Je suis dans un état de stress néfaste. Je me rends compte que je suis constamment épuisée… Je me dis que je vais me reposer aux vacances, mais je me dis ça depuis la rentrée… Or c’est maintenant le présent. C’est maintenant que je ne vis pas bien à cause de la fatigue. C’est maintenant que je veux être en forme.

Bien. Tu as compris que tu dois prendre les choses en main et arrêter de te poser en victime. C’est toi qui a le pouvoir de changer les choses, même si elles te semblent venir de l’extérieur et être un poids pressant sur tes épaules.

Je me dis « à quoi bon m’épuiser ? ». Je me sens rendue compte que je n’ai plus goût à rien de ce que je fais. Je vis la journée entière comme une lonnnnngue corvée. Il n’y a que les repas qui sont une distraction, je comprends mieux mon obsession pour la nourriture… C’est ma seul échappatoire émotionnelle. C’est bien triste…

Sais-tu pourquoi tes journées sont si longues ?

Parce que je passe ma vie à travailler et que je ne prends pas du tout plaisir à ce que je fais.

Mais pourquoi ? Regardes, l’exposé d’anglais t’apparait comme une vraie corvée, alors que d’habitude tu adores ça.

Oui je me demande bien pourquoi… Peut-être parce que je suis lasse. Lasse d’enchaîner le travail, matin, midi, soir et nuit comprise. Parce que plus rien d’autre ne passe avant le travail scolaire.

C’est grave. Tu ne tiendras pas longtemps comme ça encore. Tu te rends compte qu’il n’y a rien pour égayer tes journées ? Pourquoi t’imposes-tu ce « fardeau » ? Pourquoi le travail ne pourrait-il pas être un plaisir et la vie une légèreté ?

Je me le demande bien… Peut-être parce que je suis trop épuisée ? Je vois juste ça comme une liste interminable de choses à faire avant de pouvoir aller me coucher.

Et pourtant tu te couches tard et tu n’as de cesses de repousser l’heure du coucher avec milles choses à faire. Penses-tu vraiment que le problème vient uniquement de la masse de travail ?

Pfff… tu tapes toujours dans le mille hein…. Evidement… L’âme connaît son état et ses raisons. Alors oui, tu as raison, quelque part je dois moi-même me priver de repos sous de bons prétextes.

La question est de savoir pourquoi.

Pourquoi ? Je dirais que c’est une forme de négligence envers moi-même… une forme de punition ?

Que te reproches-tu à toi-même ?

J’en attends plus ? Je suis en colère contre mon corps qui ne suit pas le mouvement, contre ma tête qui arrête de réfléchir, mes neurones qui arrêtent de mémoriser, mon cerveau qui sature alors que j’ai milles choses à apprendre et à faire.

Te rends-tu compte de ton niveau d’exigence envers toi-même ? Imposerais-tu un tel rythme à quelqu’un d’autre ? Que dirais tu si la personne qui suivait ce rythme était une amie ?

Je lui dirais qu’elle est trop exigeante avec elle-même. Qu’elle n’est qu’humaine et qu’elle doit accepter ses limites. Qu’elle doit écouter et respecter son corps. Se ménager, car la fatigue diminue l’efficacité… Ce n’est pas en s’épuisant à la tâche qu’elle réussira mieux. Le repos c’est important. Et puis qu’il faut réussir à se ménager du temps pour se ressourcer et décompresser de manière vraiment efficace. Qu’elle trouve sa manière de décompresser.

Et toi, quelle est ta manière de décompresser ?

Euh… c’est vrai qu’en ce moment je n’en ai pas vraiment. Est-ce que l’improvisation ça compte ?

A toi de me le dire.

Et bien oui, ça change les idées et ça fait du bien, mais ça ne me ressource pas… Ressourcer c’est me remplir  nouveau d’énergie, me purifier, me renouveler, respirer et retrouver mon souffle. Hors je me sens plutôt vidée après l’impro… donc non, pas vraiment. J’ai plutôt besoin d’être seule pour me ressourcer. Ou dans ma bulle. Comme au yoga autrefois.

Ecrire… ?

Disons que ça me fait du bien, mais en même temps, tu remues des choses à chaque fois alors c’est éprouvant. C’est bien plutôt pour ça que je n’écris pas tous les jours.

Pourtant ça te soulages aussi, ça allège tes tensions. Il serait bien que tu reprennes une activité qui te ressource. Pourquoi ne chantes-tu plus ?

Pas assez d’énergie pour ça… Je n’en ai d’ailleurs pas envie.

N’as-tu jamais remarqué combien tu aimais chanter quand tu allais bien et combien c’était l’inverse quand tu allais mal ?

Oui… Il faut que j’admette que ça ne va pas.

Tu as le droit tu sais. Personne n’est parfait, personne n’est surhumain. Tu voudrais être infaillible, mais tu es tout le temps malade depuis la rentrée. Ton corps traduit ce que ton mental ne veut pas accepter. Tu ne peux pas continuer comme ça.

Mais que puis-je faire ? J’ai déjà l’impression de ne pas en faire assez pour les cours, d’être à la ramasse par rapport aux autres… Je ne peux pas larguer les autres dans les travaux de groupe. Comme l’anglais par exemple. Je ne peux pas arrêter de travailler.

Alors que tu peux le faire pour les partiels individuels. Pourtant bizarrement, ceux-là tu arrives toujours à avoir la motivation pour bosser suffisamment avant les partiels. Certes tu t’y prends parfois assez tard, mais tu fournis une très grosse quantité de travail juste avant, alors que d’autre y vont les mains dans les poches. N’y a-t-il pas une question de motivation ? Pourquoi les tâches pour les travaux de groupe ne te motivent pas ? Pourquoi les repousses-tu toujours ?

Peut-être parce qu’au fond j’ai peur de ne pas être à la hauteur. En n’ayant pas tout fini par manque de temps, c’est peut être avoir une bonne excuse pour justifier d’une qualité moins bonne ? Ça serait ça ? Aurais-je si peur que ça ? Douterais-je de moi à ce point ?

Que t’inspire le travail en groupe pour le projet actuel ?

Je me sens mal à l’aide en permanence… Comme si je marchais sur des œufs. Oui je ne me sens pas à l’aise, parce que c’est un domaine nouveau pour moi. Je ne me sens pas à la hauteur, larguée… J’ai peur d’être un poids mort pour le groupe. J’ai peur du rejet… Moi qui ai toujours été surtout reconnue par mes bonnes notes, c’est très dur. Pour la première fois de ma vie, je me retrouve en terrain d’inégalité parce que je n’ai jamais appris tout ça… Je me sens inférieure, en position de faiblesse. La connaissance, c’est le pouvoir pour moi…

Crois-tu que tu te définis uniquement par ta masse de connaissances ? Tu as d’autres compétences à apporter. Chacun a son rôle à jouer, chacun doit trouver son utilité. Tu n’as peut-être pas toutes les connaissances qu’il te faudrait. Soit. C’est une leçon d’humilité, ne fais pas semblant de savoir. Tu dois avouer quand tu es larguée. Mais tu as d’autres qualités, à toi de les exploiter. Cette situation ne te rappelle pas quelque chose ?

Si, la spiritualité… Quand tu ne sais rien et que tu es largué.

Et quel est alors le piège ?

De se raccrocher à quelqu’un d’autre et à ses croyances. Ce n’est qu’un leurre d’ancrage et de stabilité.

Quel enseignement de la spiritualité peux-tu transposer à cette situation ?

Il me faut composer de manière inédite avec ce que j’ai à ma propre portée.

Bien, quels outils as-tu à ta portée ?

Hummm… La rigueur dans le raisonnement scientifique. La capacité à découper les tâches en étapes successives. L’esprit critique ? La capacité à chercher des informations pertinentes ? La capacité de coordonner ?

Quels sont tes lacunes ?

Ma tendance à vouloir contrôler les choses, mon perfectionnisme.

Comment t’en départir ?

Par le lâcher prise… Ah ! et par la confiance dans les autres.

C’est un point clé. C’est un travail de groupe. Tu DOIS faire confiance à tes partenaires si tu veux avancer avec eux. Là on dirait plutôt un roc au milieu de la rivière qui freine l’eau. Tu dois te laisser porter par le courant. Lâcher prise… Tu dois arrêter de lutter contre eux. Tu es bien trop sur la défensive. Ils ne vont pas te manger. Que risques-tu ?

Je n’y arrive pas… Je n’arrive pas à m’ouvrir à ces gens. Parce que je sais que si je m’ouvrais à eux, ils me rejetteraient à cause de ma spiritualité, ils se méfieraient de moi à cause de ma bisexualité.

Crois-tu qu’il vaut mieux dire la vérité ou la cacher ? Crois-tu qu’ils ne sentent pas que tu n’es pas franche et entière ? Crois –tu qu’ils ne se méfient pas à cause de ta propre méfiance ? Ils ne sont pas stupides, mais même s’ils n’en sont pas conscients, ils sentent les choses aussi. Tu parles comme si c’était eux qui te renvoyaient une image te fermant. Mais si cette image venait d’abord de toi et qu’ils n’étaient qu’un miroir ?

Je lâche là… C’est trop pour moi ce soir, on en rediscutera. Mais s’il te plaît, avant de me laisser, enveloppes moi de douceur. Et pardonnes moi pour la rudesse que je te fais subir.

Pardonnes toi d’abord à toi-même. Puis reviens vers moi. Je sais que c’est dur mais tu avances… Ne perds pas espoir, tu avances.

26 novembre 2013

Source image : auroreblackcat

Les chaînes de l’amour…

7a4c7f33259a3a2ca28ecdf384bd073d-d63zn2iBonsoir…

Bonsoir. Tu as le cœur lourd ce soir…

Oui, et un poids terrible au creux de l’estomac. Je me sens vraiment mal, dans un état de stress énorme… Prête à exploser. Pourquoi est-ce que je ressens cet état d’urgence intense ? C’est diffus, continus et épuisant. Cela me vide de mon énergie sans même que je fasse des choses. Comme une épée de Damoclès qui me pendait au-dessus de la tête.

Veux-tu comprendre pourquoi ? Penches toi sur l’étang de ton âme… dans quel état est-il ?

Il est trouble, agité par des vagues et la brise. Comme une tempête se préparant, l’eau est grise. Je m’y sens si seule… Pourquoi suis-je dans cet état ? Après tout, ce n’est qu’un stage, ce n’est qu’une option… Il n’y a pas mort d’homme ou danger létal. Pourquoi cette urgence ?

Penses-tu qu’elle vient de profond ?

Oui… Les exercices de respiration et d’ancrage ne l’allège pas (ou peu).

Confie-toi à moi.

Aujourd’hui j’ai avoué à mon cousin… Que je pouvais sentir les âmes défuntes et errantes, que je pouvais les aider à traverser, que je suis capable de faire des soins énergétiques… J’ai pris mon courage à deux mains pour me lancer, j’avais repoussé pendant tout le we. Puis je lui ai dit.

Comment a-t-il réagi ?

Il a été surpris et un peu choqué je crois, alors même qu’il ne dit ne pas y croire. Mais finalement, il l’a plutôt bien pris, il ne m’a pas rejeté… Il m’a dit qu’il ne me croyait pas folle, et puis après coup, que finalement cela ne l’étonnait pas tant que ça venant de moi. Il a bien compris que c’était une marque de confiance de ma part, et pas une volonté de le convaincre de quoi que ce soit.

Mais  j’étais tellement mal à l’aise quand je lui ai dit… C’était tellement inconfortable et précaire. Ai-je bien fait ? Et s’il le répétait au reste de ma famille ? C’est tellement tabou…

Pourquoi cela te fait-il pleurer ?

Parce que je suis fatiguée… fatiguée d’avoir peur que l’on découvre cet aspect de moi. Pourquoi la spiritualité doit-elle une telle source de tabous et de secrets ?

Pourquoi penses-tu à A. à cet instant ?

Parce que lui m’accepte telle que je suis…

J’ai mal… A. me manque. Pourquoi cela doit-il être si douloureux à chaque séparation ? Quand nous sommes ensemble, nous sommes biens, mais il est évident qu’on ne peut rester constamment ensemble. Mais quand on est séparés c’est dur. Je ne sais pas quoi faire… Y a-t-il seulement une échappatoire à ce statut ? Je me sens piégée… Je déteste me sentir piégée.

Les liens émotionnels sont-ils donc tant des chaînes pour toi ?

J’ai trop soufferts de telles chaînes. Je n’arrive plus à m’engager… C’est ironique, moi qui ne veux me lier qu’à des personnes laissant tomber tous leurs masques entre nous. Mais voilà que je le suis alors que rien n’est possible durablement entre nous.

Crois-tu que cela peut évoluer ?

Je ne sais pas… Il n’est pas plus près à s’engager que moi. Et puis à quoi bon avec la distance ? Arrrhg j’ai envie de hurler de frustration. Pourquoi ai-je attiré à moi ce genre de situation ? Qu’est-ce que je cherche à y apprendre ?

Ta propre peur d’aimer et de te lier à quelqu’un. La prise de conscience de toutes les barrières de protection que tu as mise entre toi et le monde. Sous couvert de te protéger à cause du tabou de la spiritualité.

Arrrshh, tu ne mâches pas tes mots…

N’as-tu jamais pensé que tu adoptes toi-même un masque pour cacher la part de toi qui est médium, sorcière et souffle de spiritualité ?

Non… Parce que je vis dans un monde matériel, que je dois garder les pieds sur terre, construire ma vie et trouver ma profession. Ce n’est pas la spiritualité qui me donnera du pain à manger, qui comblera ma curiosité scientifique.

Oui, mais tu ne réponds pas à ma question…

Et bien… Si les gens sont curieux sur ça et me posent des questions, je réponds. Je ne mens pas… Mais oui je ne dis pas tout. De toute façon, qui pourrait accepter mes expériences spirituelles sans les avoir lui-même vécu ? C’est trop fou et abstrait. Moi-même je serai la première à rejeter ça en bloc si je ne l’avais pas vécu moi-même. Et encore, cela ne m’empêche pas de douter…

Pourquoi cela ne peut-il être simplicité ? Pourquoi n’acceptes-tu pas que ton âme puisse percevoir au-delà du matériel et des masques ? Pourquoi n’acceptes tu pas d’avoir le potentiel d’une capacité de soigner ?

Parce que soigner les gens, c’est un processus long et complexe. On n’est qu’un intermédiaire. C’est une responsabilité dont je ne veux pas. Il faudrait déjà que je me sois soignée moi-même, avant de pouvoir aider autrui.

Pourtant tu as déjà aidé plusieurs personnes sur ton parcours, tout en étant toi-même aidée en même temps. Ne penses-tu pas que l’aide peut être mutuelle ?

Si, mais alors pour moi, ce n’est pas de la guérison…

Ahhh j’ai envie de voir A. Que faire de ce manque ?

Commences par le reconnaître, l’accepter et puis le cajoler. Il prouve que tu es humaine, que tu es de nouveau capable de t’attacher. Il peut te donner de la force.

Vraiment ? Comment ?

Imagine la douceur de ses bras pour te consoler et le respect dans ses yeux pour te prouver ta valeur. Souffle un bon coup pour évacuer la souffrance. Relève la tête et avance. Tu es plus forte que ça. Ne t’attache pas, lâche prise sur cet amour… Toi comme lui n’êtes pas prêt à accepter ce qu’il implique. Ce n’est pas grave. Ne t’en veux pas, vous vous retrouvez une autre fois.

24 novembre 2013

Source image : MeredithDillman

Du besoin de se défouler…

brouillard21

C’était bien l’impro ?

Oui, ça faisait longtemps que je ne m’étais pas amusée comme ça. Ça fait du bien.

C’est parce que cette fois ci tu n’étais pas dans le jugement. Dès que tu te compares aux autres, tu n’es plus concentrée sur ton vécu intérieur mais sur les autres et tu ne peux plus extérioriser. Et puis dès que tu te compares aux autres, tu ne te laisses plus aller, tu cherches à contrôler pour faire mieux et tu ne t’amuses plus. La clé c’est le lâcher prise.

Oui… Et puis l’écoute intérieure. Je suis arrivée avec une rage intérieure inexprimable, je l’ai jouée à travers une seule scène et c’était bon, pouf, volatilisée.

Mais sais-tu d’où elle venait ?

Non… Oui ? Une colère envers moi-même ? Parce que c’est dernier temps je ne prends plus soin de moi. Je ne dors pas assez à cause du travail scolaire, je pousse mes limites à bout. Je mange beaucoup. Je ne prends plus le temps de « me faire belle » chaque jour. Je suis trop épuisée pour ça…

Oui mais c’est un cercle vicieux. Si tu ne prends pas soin de ton corps qui le fera ? Peux-tu m’expliquer pourquoi tu traînes ce rhume depuis 2 semaines ? Tu tousses toujours, tu te réveilles chaque matin que tu ne dors pas assez, avec encore plus mal à la gorge.

Oui, j’ai compris, j’ai besoin de repos. C’est d’ailleurs pour ça que je suis partie avant la fin de l’impro.

Alors que fais-tu là à écrire au lieu de dormir ?

Parce que je dois corriger et envoyer une autre demande de stage avant de me coucher.

Tu es trop exigeante avec toi-même. Tu le sais ça ?

Oui mais c’est la demande que je n’ai pas réussi à finir hier soir… Bon allez j’y vais.

21 novembre 2013

Source image : blog