Toutes ces émotions négatives…

Auteur image : KR0NPR1NZ
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Depuis quand suis-je si faible ? Physiquement et moralement ?

Peut-être depuis que j’ai renié la part sombre de moi-même.

Quand je ne sais plus qui je suis, je dois en revenir aux souvenirs de toutes les épreuves et souffrances que j’ai traversées. Pourquoi cela ? Pourquoi pas les moments heureux, les gens que j’aime, les vacances dans la nature ? Pourquoi faut-il que je revienne à une étincelle de ces moments de douleurs pour me rappeler ma force, ma capacité à continuer d’avancer malgré ça ? N’est-ce pas un peu sadique ?

Quand je vais mal, que je tourne en rond, que je me sens coincée, j’ai beau demander de l’aide, je ne la reçois pas… J’ai beau m’apitoyer sur moi-même et appeler la bienveillance de la lumière, rien n’y fait. C’est la colère, l’injustice et le désespoir profond qui me poussent à plonger au plus profond de moi-même. Dans les souvenirs de mon passé, pour me rappeler ce que j’ai déjà traversé et alors relever la tête en me disant que je suis capable de faire face à mon présent.

C’est dans ma part sombre que je pompe l’énergie pour me secouer. Dans mon ressentiment, mon amertume, ma tristesse, mon découragement, ma sensation d’impuissance. Dans mes émotions négatives et la hargne qu’elles éveillent.

Oui je suis déprimée, peut-être même dépressive, sombre et lunatique. Et alors ? Une rage nait en moi, face au monde et à la société, qui attend de moi de cacher, de masquer, voire d’annihiler toutes ces émotions négatives. Mais je ne veux PAS. Elles font partie de moi, comme ces souvenirs douloureux, ces cicatrices et ces peurs qui me collent à la peau. ET ALORS ? Je ne force personne à m’aimer pour ce que je suis. Mais je refuse de me conformer à un moule de lumière, de gentillesse et de positivité que je ne suis pas, même si c’est ce que les autres attendent de moi.

En ce moment, je n’ai pas envie d’être positive, je n’ai pas envie de recevoir des leçons de moral sur la façon dont chaque minute appréhendée avec positivité/négativité impacte sur notre vie. J’ai juste envie d’accepter et de laisser s’exprimer toutes ces émotions négatives, que la société nous pousse à ignorer, ranger dans une boîte ou résoudre : mon insatisfaction, mes peurs, mon inconfort, ma colère, ma rancœur, mes regrets, mes déceptions, mon insécurité, ma vulnérabilité, mon amertume, ma tristesse, la souffrance physique de mon corps, mon envie de feuler et de mordre, ma haine envers l’injustice de ce monde, ma soif de vengeance, mon mépris pour certaines personnes, ma soif d’avoir plus, mon besoin de reconnaissance.

Toutes ces émotions « négatives », toutes MES émotions négatives, je veux me les approprier, je veux les ressentir, les posséder pour les transformer en une force motrice. Celle qui me redonnera de la force, me fera relever la tête, hurler à la lune, défoncer les barrières qui m’emprisonnent, dépasser la cage qui m’enferme et enfin me sentir libre.

Alors oui, il est peut-être temps de reconnaitre que je suis plus reliée à l’Ombre que ce que je veux bien admettre. Que je me suis réfugiée dans la Lumière par crainte de l’Ombre, par peur de ce que je pourrais découvrir en moi : la soif de puissance, l’ambition aveugle, l’indifférence devant la souffrance d’autrui, la volonté d’écraser l’autre, l’égoïsme. Tout cela sont des choses qui me font terriblement peur. Parce qu’ouvrir la porte à l’Ombre, c’est aussi ouvrir la porte en soi même de ce qu’il y a de plus sombre, de plus cruel, de plus assoiffé de vengeance et de reconnaissance.

Pourtant, je devrais me rappeler que l’Ombre accomplie, ce n’est pas ça. L’Ombre accomplie recherche l’élévation de l’âme, mais d’une façon différente, par les propres moyens de chacun, le développement de la volonté, le travail via des alliances. Le dépassement des jugements du bien et du mal, le travail pour se détacher des voix de l’égo. L’Ombre accomplie ne vaut pas moins que la Lumière accomplie, c’est juste différent. Je le sais dans ma tête, mais dans mon cœur…

Finalement, si je refuse d’ouvrir la porte à l’Ombre, c’est peut-être surtout parce que j’ai le plus peur de moi-même, et de ce qui risque de s’y déchainer. Des années de douleurs, de colère, de soif de vengeance refoulées. Toutes les émotions négatives provoquées par les trahisons que j’ai vécues, par mon viol, par ma propre maltraitance envers mon corps. C’est plus qu’une tornade qui risque de se déchainer… Et je me surprends parfois moi-même à ne plus me reconnaitre face aux pulsions qui surgissent.

Pourtant, puis-je faire demi-tour ? Je suis à un point de non-retour. Je suis bloquée face au mur, je ne vois plus le ciel et les étoiles. Je ne peux pas me retourner et partir, ce serait renoncer à mes rêves, à mon couple et même à une part de moi-même. Ce serait tourner le dos à une partie de qui je suis. Je ne peux qu’avancer. Mais comment ?

Je suis prête à accepter ma reliance à l’Ombre. Je suis prête à travailler sur moi, à abandonner mes idées reçues, mes préjugés et les croyances qui ne correspondent pas à ma réalité intérieure. Mais à la condition que cela me permette d’avancer sur mon chemin, de dépasser ce buisson d’épines sur ma route sans m’écharper à sang tout le corps.

Je sais que j’en suis loin, je sais que je me débats vainement contre obstacles et sentiments d’injustice. Que je suis loin de la tempérance, que je ne connais pas et que j’ai peur d’assumer les valeurs qui me correspondent vraiment. Mais n’est-ce pas déjà un premier pas sur ce palier de stagnation ?

22 février 2015

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Progresser

Auteur image : Chaosringen
Auteur image : Chaosringen

C’est rigolo, au moment où me KW me parlait de mon blog en le comparant à un refuge, j’étais justement allé dessus pour me raccrocher à un visuel familier. C’est vrai que mon blog est en quelque sorte devenu une sorte de refuge… J’y ai remis l’ancien thème que j’avais perdu par erreur et je le préfère comme ça. C’est un peu une ancre, ce qui est ironique, vu que ce site est totalement virtuel. Pourtant j’aime bien les énergies qu’il dégage. J’aime parfois me dire que j’écris pour publier dessus car cela me permet de me connecter à ces énergies.

Ce blog a beau être public, je m’y sens protégée. Il est peu fréquenté et très peu référencé, il se noie dans la masse et reste discret. Seules les personnes vraiment intéressées y viennent, comme on choisirait d’écouter une connaissance ou une inconnue qui nous semble sympathique.

Je peux y parler de tout et de n’importe quoi. Ça parait logique, parce que c’est mon blog, pourtant il est rare que je parle à la fois de travail et à la fois de spiritualité au même endroit, dans la même conversation. Que je montre à la fois mes faiblesses et à la fois mes forces. En général, ces choses sont bien séparées dans ma vie, tout du moins devant autrui. En moi-même, c’est autre chose…

C’est finalement le seul endroit où je ne me sens pas écartelée entre ce que « je dois être » et ce que je suis réellement. Entre ce qu’on attend de moi (les gens, mes proches, etc…) et la réalité intérieure de ce que je vis. Je peux interpréter les choses, les déformer selon mon ressenti, sans que cela ait d’importance, car ce qui compte ici n’est pas l’objectivité d’une situation, mais bien la manière dont je la vis et l’exprime.

Je ne sais pas trop à quoi cela sert que je publie ce que j’écris, vraiment. Je ne cherche pas à être lue par plein de gens, ni à être consolée, rassurée, conseillée. Je n’attends rien des personnes qui passent ici. Elles sont libres de s’arrêter ou non, de commenter ou non. Ce qui rend leurs réactions d’autant plus précieuses. Je n’ai pas la prétention de vouloir partager une expérience quelconque, et parfois, je me demande même ce que les gens retirent de leur passage ici. Des idées ? Des questions ? Des connaissances sur eux-mêmes par opposition ou réflexion à mon partage ? Je n’en sais rien, et à vrai dire, ce n’est pas grave.

L’important est que cela me fasse du bien. C’est parce qu’écrire sur mon blog m’était plus douloureux que bénéfique que j’avais arrêté d’y venir il y a un an. Cela remuait trop de choses, me mettait trop dans le doute et l’incompréhension. Comme dit Sylvie, « la foi doit éclairer » et pas nous perdre dans des méandres de doutes et d’interrogations sans fin. Elle doit nous aider à vivre ici et maintenant, pas nous déconnecter de la réalité. Peut-être est-ce pour cela que je ne pouvais plus écrire ici.

Je n’ai jamais résolu la question de savoir avec qui je conversais : mon âme ? Un guide ? Une entité quelconque ? Mais cela a-t-il vraiment de l’importance, du moment que cela sonne juste dans mon cœur ? A trop vouloir chercher de réponses, je m’étais perdue dans les questions. Au point d’oublier de vivre les choses simplement. Sans les sur-réfléchir et les analyser. Avec ma pauvre tête qui ne peut suivre ni mon cœur, ni mon intuition.

Aujourd’hui, j’ai appris que j’avais un traumatisme ancré profondément en moi depuis plusieurs vies antérieures. En fait, je le savais déjà inconsciemment, mais ça fait toujours du bien d’avoir un appui extérieur dans le même sens, parce que j’ai la fâcheuse tendance de ne pas faire confiance à mes ressentis. Je me disais bien qu’on ne pouvait pas se trimballer une souffrance aussi profonde sans bonne raison, sans blessure à l’origine. Alors qu’il n’y avait aucune raison dans ma vie à cette époque-là, que j’avais une vie que l’on pouvait juger de « parfaite ». Je m’en doutais, mais je ne m’étais jamais penché sur le sujet, parce qu’ « on a déjà assez à faire avec cette vie-là ».

Il y a encore un an, j’aurai probablement réagi en victime : « Oh non ! Encore une tuile qui ressurgit à cause de la spiritualité ! Mais pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? Je suis maudite… Blablabla… ». Oui c’est sûr, j’aurais réagi comme ça, j’aurais réagi à l’envers.

Parce qu’en fait, la bonne nouvelle, c’est qu’un traumatisme peut toujours être guéri, à partir du moment où il est identifié. Et que je suis sur la bonne voie pour y arriver (grâce à Sylvie d’ailleurs, merci !). Alors une part de moi (mais une petite part seulement, lol) se sent sereine. Ce n’est pas grave. Cette vie, c’est une chance pour guérir ce traumatisme et pour me réparer. Et pas l’inverse. Ce n’est pas une comédie rejouée sans fin dans le but de me faire souffrir.

 Je suis là pour progresser. Et j’espère que je vais y arriver.

3 février 2015