« Maintenant, c’est ma vie »

Auteur :
Auteur : Destiny Blue

Je suis choquée par la fin de ce roman jeunesse que je lisais [attention spoiler]. Je n’ai pas compris. C’était idyllique, un peu fantasque, bien que décrivant une triste réalité malgré tout vécue avec bonheur par des enfants. Et d’un seul coup, c’est devenu violent par le sang et les émotions. Et cette fin, qu’est-ce que cette fin ? C’est horrible ! Un trou comme ça dans l’histoire, et puis revenir en découvrant l’être aimé en lambeaux, automutilé… Pour mon cœur d’hypersensible, c’est violent et sordide. Une histoire ne devrait jamais finir comme ça… Pourtant la dernière phrase, qui est aussi le titre du livre, est « Maintenant, c’est ma vie ». Une forme d’acceptation ou de résignation ?

Cela me révolte, me donne envie de pleurer et en même temps me met en colère. C’est cruel pour le personnage principal. C’est absurde, et quelque part cela me rappelle seulement comment la vie peut être des fois. Impitoyable, injuste, incompréhensible et terrible. Tout autant qu’elle a pu paraitre le moment d’avant belle et heureuse, pleine de vie et de beautés.

Je trouve ça dégueulasse. Comme faire ça à un de ses personnages ? A ses personnages ? Même si c’est de la fiction, je trouve cela profondément cruel et injuste. Je ne suis pas d’accord. Qui souhaiterait une telle fin d’histoire ? Et dire qu’il y a des papillons et des roses sur la couverture et que le titre est en rose ! C’est hypocrite. Si la vie est réellement comme ça, ça donne envie d’abandonner, de laisser tomber si c’est pour faire face à tant d’injustices et d’absurdités. A quoi bon alors ?

Cela m’a tellement perturbé que je me sens déracinée, choquée, avec une envie bloquée dans la gorge de pleurer. J’ai le sentiment de m’être fait rouler. Je voulais un roman jeunesse léger, drôle et simple, et je découvre seulement à la fin que c’est une tragique histoire de guerre, après m’être attachée à des perso insouciants et rêveurs. Mais qui aurait envie de lire une histoire qui finit si tristement s’il le savait à l’avance ? J’en veux à l’auteur… Peut-être à moi-même. D’avoir été autant capturée, d’avoir autant été chamboulée et de me sentir blessée par le sort de l’héroïne. Et ce sentiment qu’on ne peut pas réparer certaines blessures. Qu’elles laissent des traces physiques qu’on ne pourra jamais masquer et que quelque part on reste brisé à vie. Et que maintenant, c’est ta vie, il faut faire avec.

Mais comment ? On ne nous donne pas de mode d’emploi, on ne nous explique pas comment vivre avec de telles blessures, comment apprendre à les accepter et les porter, encore plus quand on se les est infligé à soi-même à cause de la souffrance. Dans le livre l’héroïne a du temps et de la tranquillité, un jardin et une famille pour aider celui qu’elle aime. Mais dans la vrai vie, on n´a pas tout ça. On doit continuer à avancer comme si de rien n’était, à faire bonne figure aux collègues et à la famille, on doit se lever chaque jour pour aller travailler et gagner sa vie, payer les assurances et la nourriture. On dépense son énergie dans une société allant à toute allure, juste pour avoir le droit de vivre –et de consommer- et rarement d’être heureux. Et le sens se perd.

Le sens de la vie m’échappe. En a-t-il seulement un ? Cela sert-il seulement à quelque chose de vouloir lui en attribuer un ? Ce soir, j’ai envie de pleurer, pour ces injustes blessés, ces absurdités cruelles de la vie, tous ces êtres qui souffrent chaque jour sur la terre, meurent de rien pour des raisons incompréhensibles. Parfois je me dis que je n’ai pas envie de vivre dans un monde cruel comme ça, que mon cœur empathique n’est pas capable de supporter toute cette violence et cette dureté. Que je ne suis pas armée face à ça, quand je lutte déjà avec ma propre souffrance, comment supporter celle des autres ?

Je suis fermée à mon propre cœur, mais je n’arrive pas à fermer mon coeur aux autres. Alors quand vous voyez comment un simple livre me met dans cet état, vous imaginez ma réaction face aux émotions d’une foule ? Au désarroi d’une nation ? Au cri de l’âme des gens qu’ils n’écoutent pas ? Je ne sais pas y faire face, je ne sais pas laisser les émotions couler sans me toucher. Pourtant, j’aimerais m’en distancer, si vous saviez. J’aimerais allumer la radio sans avoir envie de pleurer de tristesse ou de joie, j’aimerais marcher dans une foule sans me sentir tirailler dans tous les sens, j’aimerais pouvoir écouter une personne se confier sans me sentir directement touchée par son malheur.

A quoi donc servent cette empathie et cette hypersensibilité ? Tout le monde les ressent-il ? Comment les autres la gèrent ? Comment font-ils ? Et que font-ils de ce trop plein d’émotions dérangeantes et débordantes qui épuisent le cœur ?

PS : pour ceux qui veulent être ému(e), l’auteur c’est Meg Rosoff.

17 septembre 2015

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Les maux

Auteur :
Auteur : Sylar 113

Les mots s’entrecroisent.
Quand le cœur chante enfin,
Ils coulent à flot
Et laissent leur mélodie
Dessiner un jour nouveau.

Tristes funambules,
Parfois tant incompris,
Ils dansent au milieu de ma nuit
Dans une ronde de bulles.

Ils m’échappent plus souvent
Que le vent ne souffle,
Et laisse un vide perçant
Qui m’enserre et m’étouffe.

Pourtant, ils sont la clé
De ma créative félicitée.

Ô maux tant détestés !
N’aurez-vous donc jamais fini
De trop mal m’inspirer ?

14 septembre 2015

Ce moi inconnu

Auteur : Destiny Blue
Auteur : Destiny Blue

On parle toujours de l’importance de s’aimer soi-même. C’est plus qu’à la mode dans les conversations dans notre ère du bien-être et du développement personnel. Mais quelqu’un a-t-il déjà trouvé un guide simple pour y arriver ? Pour certains, cela semble couler de source, ils se demandent même comment il est possible de vivre autrement. Il y en a d’autres qui doivent rechercher l’étincelle pour la porter aux regards. Et puis il y en a d’autres qui naissent gravement handicapés. Avec cette incapacité à s’aimer soi-même. Mais était-ce là dès le départ ? Ou bien est-ce l’éducation qui a étouffé cette capacité ? Un traumatisme ? Une dévalorisation constante par des tiers ? Comment peut-on éteindre sa propre flamme d’amour intérieur envers soi ? Pourquoi ? Je me dis que si j’avais les réponses à ses questions, peut-être que je saurais mieux la ranimer. Parce qu’évidemment, je fais partie de la dernière catégorie de ces personnes. Celles qui n’arrivent pas à s’aimer soi-même.

Quand c’est comme ça, par où commencer ? Comment peut-on avoir un cœur immense capable d’aimer ces proches avec patience et ne pas en avoir un peu pour soi ? Comment peut-on être empathique envers les personnes physiques en face de soi et être aussi insensible envers soi-même ?

« S’aimer, c’est prendre soin de soi. » Pour être gentil avec soi, il faut se traiter comme on traiterait sa meilleure amie. Est-ce que tu dirais à ton amie qu’elle est nulle de ne pas réussir cet exercice, alors qu’elle manque de sommeil et n’a pas le moral ? Non, tu serais gentille et compatissante avec elle, tu lui rappellerais gentiment sa fatigue et l’encouragerais à se coucher tôt, tu lui remonterais le moral en lui rappelant ses dernières réussites scolaires. C’est toujours ce que je conseille à mes proches.

Mais le cordonnier est toujours le plus mal chaussé. Et moi-même reste cette inconnue incompréhensible qui n’éveille aucune empathie et aucune compassion. Pourquoi ? Pourquoi alors que je suis parfois capable de faire preuve de tant d’émotion, de compassion et de tendresse auprès des gens que j’aime ?

Je rentre en moi et j’essaye d’éveiller cette flamme de compassion, cet amour chaleureux sensé me réconforter moi-même. Mais je ne trouve qu’un vide froid et insensible. Pire, parfois je ne me sens pas concernée, comme si ce n’était pas moi, pas ma vie. Je reste distante à moi-même sans pouvoir toucher mon propre cœur. Alors que tout mon environnement est capable de m’émouvoir aux larmes pour si peu, à cause de mon empathie. Ce miroir permanent qu’est la vie qui m’entoure fait vibrer, pleurer et crier mon cœur sans me laisser le moindre contrôle. Je suis ballotée par ces émotions sans bien les discerner, identifier leurs sources et comprendre leur raison. Reflets éphémères de ma capacité à ressentir. Et pourtant un cœur fermé à moi-même. Comment est-ce possible ?

Qu’ai­-je pu faire pour fermer mon cœur à moi-même de cette façon ? N’est-ce qu’une barrière de protection mise en place pour ne pas mourir émotionnellement encore et encore, toute ces fois où l’on m’a humiliée ? Me suis-je coupée de mon propre cœur pour ne plus ressentir la souffrance qu’on lui a infligé ? Comment renouer avec soi-même quand le cœur reste sourd à notre propre amour ?

Je me sens cassée. Comme une poupée avec qui on aurait été cruel. Mon cœur s’est réfugié quelque part ailleurs. Et j’ai l’impression d’en avoir perdu la clé. Elle est visible de tous, sauf de moi. Les émotions reflets des gens le heurtent, mais quand je veux moi-même le toucher, il se dérobe. Alors que faire ?

13 septembre 2015

Ce mur autour de soi

Auteur : Blue Destiny
Auteur : Destiny Blue

Je n’ai pas envie de sortir de chez moi. Pourtant mes placards sont vides, j’ai besoin de fruits et de légumes, de pain et d’autres choses. Mais il n’y a nul endroit où j’ai envie de me rendre dans cet environnement étranger. Où que j’aille, peu importe combien je fasse attention, je finis presque toujours avec une rayure sur ma voiture, une rencontre désagréable, une tentative infructueuse… Alors je n’ai plus envie de sortir, plus envie de faire d’effort. Trop de gens, trop de rues chaotiques et de conducteurs imprudent. Aucun endroit qui ne m’apporte du réconfort ou me donne envie d’y aller.

Quand je suis chez moi, j’arrive à m’entourer d’un mur protecteur qui me fait oublier que je ne suis pas dans un endroit où je me sente bien, que je suis à des milliers de kilomètres de ma campagne familière. Mais quand je sors, cette illusion réconfortante explose. Face aux paysages, aux lieux et aux comportements, je ne peux plus me réfugier dans ma bulle d’oublis.

Et pour moi qui suis d’une hypersensibilité ingérable, c’est terriblement dur et violent. Cela m’épuise et m’érode. Me fait me renfermer sur moi-même. La solitude me semble préférable à l’effort d’adaptation à l’autre qu’il faut faire. Car je n’en ai plus la force. J’ai juste besoin de me ressourcer, ce qui est terriblement difficile ici. J’ai juste besoin de me sentir en sécurité dans un endroit familier.

Ce mur, face au monde extérieur, est une forme de protection qui m’est vitale. Cela devient aussi avec le temps une prison, parce que l’on ne sait plus s’ouvrir à l’autre, si différent. Pourtant ce mur ne fait qu’accentuer la différence, le fossé avec ce qui m’entoure, appuyant mon malaise de façon désagréable. Me faisant sentir en inadéquation, à un endroit qui n’est pas ma place. Pourquoi ces illusions ? J’ai le sentiment d’être rejeté par les lieux, par les énergies mêmes, la nature et les gens. Mais au fond, n’est-ce pas moi qui les rejette face à ma souffrance ?

Que faire alors pour transformer la situation ? Se donner du temps, être patient avec soi-même. Prendre soin de soi et chercher à se faire du bien, à panser ses blessures. Je ne vois que cela. Et les remèdes me semblent bien pauvres et longs à agir. Quand tout ce qu’une part de moi aimerait, c’est rentrer à la maison. Ou bien me rouler en boule dans une couverture pour ne plus bouger.