Apprendre à écouter son corps

Artiste :
Artiste : Megatruh

Malade, je déteste être malade. Me sentir faible et fatiguée, avoir des bouffées de fièvres, la tête qui tourne. La migraine comme si j’avais la gueule de bois. Les crises de vertige qui m’empêchent de sortir et de conduire…

Je trouve que je suis bien trop malade depuis que je suis arrivée à la Réunion, mais peut-être était-ce déjà ainsi avant, sauf que je m’en rendais moins compte. Parce que j’écoutais moins mon corps. C’est sûr que j’ai fait des progrès de ce côté-là, même si j’y ai été obligée. Comment se repérer dans son cycle quand on n’a plus ses règles ? Il ne reste plus qu’à observer ses milliers de petits changements qui affectent les femmes sans même qu’elles s’en rendent parfois compte : une variation dans l’appétit, dans l’énergie vitale, dans l’envie de communiquer avec l’extérieur ou de se replier, l’évolution du grain de peau, les caprices de l’intestin et de l’estomac, le gonflement du ventre ou des seins, la variation de libido, les montées de créativité, et toutes ces petites choses subtiles qui varient selon un schéma cyclique, mené à la baguette par les hormones, mais pas que…

Alors à quoi ça sert que je sois malade ? C’est sûr, ça me force à me reposer, à rester immobile, à dormir plus, à manger selon mes besoins et mon instinct. A m’arrêter et réfléchir aussi. Je sais que j’ai trop tiré sur la corde depuis le we dernier. Ce we de travail sur le féminin m’a laissé épuisée, vidée et vraiment brassée, même si je sais que cela m’a permis de dénouer de gros nœud et d’en dévoiler d’autres. Sauf que voilà, au retour de ça, je n’arrivais plus à aller me coucher. En tout cas pas sans cauchemarder de mon ex chaque nuit. Dans ce cas-là, qui aurait envie d’aller se coucher ? Franchement ?

Je me sens désarmée, je n’arrive pas à analyser et comprendre ses rêves, je ne capte pas leur message, et j’ai l’impression que l’on remue le couteau de la plaie. Peut-être que c’est censé m’aider à prendre conscience de mes peurs et de mes blocages ? Mais comment si je n’en sors pas le sens ? Des fois, j’aimerai bien avoir un peu de guidance à ce sujet-là… Mais on dirait que ça fait bien longtemps que je ne suis pas en mesure de la capter avec des mots. Où est-ce qu’en réalité c’est que je n’en ai pas envie ? Je ne sais pas, mais j’ai décidé de ne pas me prendre la tête sur ce sujet-là. Ça viendra quand ça voudra, ce n’est pas grave.

En attendant, j’essaye de prendre soin de moi, tout du moins de m’accorder le repos que mon corps semble réclamer. Et surtout de ne pas culpabiliser de ne pas être en état de faire du rangement et du ménage, de faire des courses, de faire ceci ou cela…

30 janvier 2016

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Le temps d’exister

Source : Tumblr
Source : Tumblr

Je me demande ce que je fuis avec tant d’acharnement, pour ne pas vouloir sortir de mon livre, pour laisser les heures filer sans me soucier d’avoir faim et de manger, d’être fatiguée et de vouloir dormir, d’avoir des obligations et de ne rien faire. Je ne peux juste pas m’en empêcher, de dévorer et dévorer encore les pages, alors que je connais pourtant déjà la fin de cette histoire, ce n’est pas comme si son suspens me tenait en haleine.

Mais je dévore, comme pour combler un vide immense, comme pour ne pas penser à la réalité, à ma solitude et à ma souffrance de te voir parti. Comme pour oublier que je rêve encore de toi la nuit, et que je cauchemarde sur ta nouvelle compagne. Celle qui veut me voler mes habits, celle qui enchante ma mère au point qu’elle la préfère à moi. Et je sais que ces rêves parlent de moi et de mes faiblesses, plutôt que de toi. Mais c’est plus facile de faire la sourde oreille, de ne pas entendre le cri de manque de confiance en moi, le fait de me sentir une femme inférieure, parce qu’elle peut t’offrir ce que moi je n’ai pas pu…

Je me sens paumée. Paumée dans ma vie, dans mon cœur, dans ma foi et même dans mon envie de vivre. J’avais réussi à redresser la tête, à souffler, à commencer une dynamique active pour prendre soin de moi, et voilà que patatras, tout s’effondre. Avec la fatigue peut être, ou le déni qui s’efface. Je ne sais pas… A moins que cela soit la perspective de rester ici seule et celle de mon nouveau travail ?

A peine suis-je revenue de congés, que je sens déjà le besoin de vacances. Celui de me reposer, de dormir, de prendre l’air et de respirer, de me changer les idées, de profiter de l’instant, de ne penser qu’à moi et de prendre le temps pour chaque chose. Cela m’avait un bien fou, mais l’effet n’a duré que deux semaines… Si seulement, parfois, je pouvais me laisser tout le temps d’exister.

Comme il faudrait parfois à l’humanité le temps d’observer…

27 janvier 2016

Besoin de temps

Artiste : Sylar113
Artiste : Sylar113

Je n’arrive plus à écrire sur mon blog. Malgré les idées, les inspirations qui ont surgi, tout ce que j’ai vécu dernièrement… Mais à chaque fois que j’ai envie d’écrire, ce n’est ni le lieu, ni le moment, et quand je rentre je n’ai plus l’énergie, plus l’envie. Ce qui me frustre, parce que j’aime bien être lue, même si ce n’est que par une ou deux personnes chaque jour, ou de façon ponctuelle. Ce n’est pas grave. J’ai juste ma place où partager et exprimer ce que je suis librement, quand c’est parfois bien difficile avec mon entourage immédiat. Cela me permet surtout de donner une forme concrète à ce que je vis, d’affirmer mes ressentis et mon vécu, quand j’ai parfois moi-même du mal à le croire, ou que mon égo préfèrerait que je l’oublie.

Je n’arrive plus à écrire, depuis que je suis sûre et certaine qu’il ne viendra plus jamais sur ce site. C’est bête, comme si quelque chose s’était cassée, comme si une part inconsciente de moi attendait encore de le toucher, de mes mots et de mon vécu pour le faire changer d’avis. Pourtant je sais qu’il ne reviendra pas, puisqu’il m’a annoncé avoir rencontré quelqu’un d’autre… Déjà…

Et je pense qu’une part inconsciente de moi n’arrive pas à l’accepter. Mon cœur n’arrive pas à le comprendre, même si ma raison c’est que c’est mieux pour moi, qu’il me faut accepter et avancer. C’est terrible… Comment mon cœur peut-il être aussi blessé et aussi accroché, alors que le sien est passé à autre chose de façon définitive après seulement 3 mois ?

Après la colère, l’incompréhension, les doutes et la vague de désespoir… Cela ne me semblait pas si difficile à accepter, j’arrivais même à faire de l’ironie et me moquer de lui. Pourtant, 10 jours après (le temps du déni probablement) une terrible fatigue est en train de s’abattre sur moi, je n’arrive absolument pas à travailler et à me motiver, je n’ai plus envie de prendre soin de moi, je cherche juste à fuir la réalité avec des échappatoires… Et tout cela me rappelle les mois qui ont suivi la rupture. J’ai l’impression de la revivre et c’est horrible. Quand donc arriverai-je à faire le deuil de cette histoire ??

Je repousse les dernières choses à faire pour rompre les derniers liens matériels et je sais que c’est parce qu’une partie de moi ne veut pas… C’est trop dur émotionnellement, même si je sais que c’est un mal pour un bien. Grâce à ça, je vais être obligée de tourner la page et d’avancer sur mon chemin. Grâce à ça, je suis libérée de toutes pressions et toutes attentes pour « guérir ma féminité ». Mais allez expliquer ça à mon cœur…

Je sais que j’ai besoin de temps. Et de douceur envers moi-même. Le temps est le meilleur des alliés pour laisser la tristesse s’atténuer, les souvenirs devenir du passé. Mais c’est tellement dur, et tellement long avant que le temps ne fasse son effet…

26 janvier 2016

Étrangère à soi

Artiste : Yuumei
Artiste : Yuumei

J’ai le cœur serré. Ce n’était pas facile de voir mes parents repartir en sachant que je ne les reverrai pas avant longtemps. Et puis de me retrouver seule chez moi. Il y a certains mystères que je n’arrive à élucider. Pourquoi je me sens si triste dans ce cas-là. Pourquoi, quand je n’ai aucun de mes proches avec moi, la vie me parait pénible, les journées longues et je n’ai pas de perspectives agréables. Les heures s’étirent de façon morose et complètement déstructurée, je n’ai envie de rien, je dois me forcer à manger. Je me sens coupée dans une bulle mais une bulle qui ne me correspond pas.

Je ne supporte plus mon chez moi, en ville, dans du béton, sans jardin et presque sans plantes. Bruyant, entouré de gens inconnus. Il me parait sale et encombré. J’ai envie de tout jeter, de tout nettoyer, mais j’ai l’impression que cela ne sera jamais suffisant. Comme si les énergies étaient sales et viciées, fatiguées et plombantes. Probablement celle de ma tristesse et de ma souffrance suite à la rupture. Celle du poids du quotidien sans perspective de plaisir. Celle de la solitude due à l’éloignement de tout ceux que j’aime.

J’ai envie de sortir, de rire, de faire des choses amusantes, mais seulement avec toutes ces personnes que j’aime. Je n’ai pas envie de devoir m’adapter à des inconnus, de faire des efforts pour apprendre à les connaitre et qu’ils me connaissent. J’ai envie de familiarité reposante. Quand ils ne sont pas là, rien ne me fait envie…

J’aimerai encore être en vacances. C’était bien, ce gîte dans la campagne profonde et tranquille. La verdure, le silence, la fraîcheur, le repos. Cela me manque déjà. J’y ai mieux dormi que depuis bien longtemps. J’aurai aimé pouvoir rester là-bas, hors du temps, hors du stress du travail et des inquiétudes pour mon avenir, hors de la pression que je mets à moi-même pour guérir, hors de ma maladie, ma fatigue et ma tristesse. Une pause dans tout ça, une bouffée d’air pour me sentir vivre à nouveau, et ne pas plus être triste de me réveiller chaque matin.

Je ne sais pas ce que j’ai fait de travers. J’ai initié tellement de changements pour essayer d’aller mieux. J’ai commencé un nouveau travail qui m’a fait déménager à l’autre bout de la planète. Un traitement médical, des thérapies pour ma maladie. Tant de changements qui ont aussi bouleversé ma vie sentimentale et ont souligné l’impossibilité de mon couple, le faisant partir. J’ai initié des nouvelles choses pour faire un appel d’air : j’ai commencé des cours d’astrologie, je me suis inscrite à un atelier d’art créatif, j’ai renouvelé radicalement ma garde-robe. Mais j’ai l’impression que cela ne fonctionne pas pour faire évoluer les choses, et que je suis toujours coincée dans des énergies lourdes et plombantes dont je n’arrive pas à me dépêtrer.

On m’a souligné qu’il fallait que j’apprenne la patience, que j’apprenne à laisser les choses se développer, comme une femme enceinte voit son enfant grandir en 9 mois, comme les graines et les fruits mettent des mois à se former et murir. Mais pour voir quoi au bout ? Et pendant combien de temps encore ? Je n’en peux plus de cette tristesse et de ce mal être, que je ne comprends pas, que je n’arrive pas à alléger, qui n’a pas de sens pour moi quand à sa finalité. Ce n’est pas comme si j’essayais depuis quelques mois ou un an, ça fait des années que j’ai la sensation de tâtonner dans le noir sans avancer…

Quand je ne trouve pas mon travail vide de sens, c’est ma vie personnelle qui semble l’être. Je n’arrive pas à me lancer dans des projets, à trouver une activité qui m’épanouit. Je teste et commence 36 mille choses mais je n’arrive rien à mener à terme. Cela ne me fait plus envie, ou je n’ai pas la motivation, ou je me rends compte que cela ne m’amuse pas alors que je pensais que cela me plairait.

J’ai le sentiment que plus je cherche à me connaître, et moins je sais qui je suis, ce que j’aime et ce qui me ferait envie. Comme si tout était d’une instabilité fracassante, et que la moindre vérité à un moment, n’existe plus l’instant suivant. Comme si j’étais incapable d’accéder à moi-même et de me comprendre. Plus étrangère à moi même chaque jour.

9 janvier 2016