La douceur de vivre

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Artiste : Dunkeltoy

Il fait doux vivre

Quand le chant des oiseaux résonne

Quand les fougères chantent sous le vent

Quand le soleil me réchauffe

Quand mon cœur est en paix

Et que mon âme respire la nature

28 mars 2016

Petit à petit

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Artiste : Kuvshinov-Ilya

 

C’est le premier dimanche, depuis que je suis sur cette île, que j’arrive à ressentir une paix intérieure en étant seule. Malgré l’éloignement de la famille, les tracas quotidiens, les lourdeurs et les tristesses en moi. C’est d’habitude le jour le plus difficile de la semaine pour moi, celui où je ressens toute la mélancolie de ne pas pouvoir manger en famille, voir mes amis ou sortir dans mes lieux familiers de verdure en métropole.

Aujourd’hui j’ai médité, chanté, fait de la couture, je me suis promenée, j’ai regardé un film que j’apprécie, j’ai réfléchi à ce que j’ai envie de me cuisiner ce soir. Je me suis occupée de moi, dans une bulle réconfortante. J’ai accueilli les émotions de tristesse, de désespoir et de besoin de repères extérieurs. J’ai écouté mon corps avec attention, ses douleurs, ses besoins. Et je célèbre toutes ses petites victoires, qui semblent si petites, si normales, mais ne le sont pas pour moi après toutes les tempêtes que j’ai traversées. Et alors même que j’écris cela, une émotion énorme me submerge et me donne les larmes aux yeux.

J’aimerais que tout soit aussi paisible et doux, chaque jour. Peut-être est-ce l’effet, de savoir que demain lundi c’est encore le we, qui me permet de lâcher prise au temps. Je me sens en vacances, et cela me fait du bien. Juste être là, pour moi, dans l’instant présent, dans le lieu où je suis, avec ce que j’ai à la portée de mes mains pour créer et pour cuisiner.

Hier j’ai fait des pancakes au sarrasin, ma première fois. J’ai décidé de réduire progressivement le gluten de mon alimentation, car mon estomac semble fait un rejet du pain blanc, et mon intestin ne plus bien le digérer. C’est bizarre, c’est vraiment devenu évident suite à mes stages sur le Féminin. Comme si une évolution de mes pratiques et de mes énergies engendraient une plus grande exigence de mon corps envers ce que j’avale. Progressivement aussi, j’ai vu mon alimentation se changer, intégrer la papaye, manger plus de fruits et de légumes. Cuisiner beaucoup plus, des choses simples mais meilleures pour mon corps. Je me suis mise aux cakes salés à la farine de maïs. Ce soir, je pense me faire une soupe de pois cassé, demain des cookies farine de sarrasin, chocolat et raisins.

La seule chose qui me chagrine, c’est que je n’ai pas trouvé de farine de riz, car c’était en rupture de stock…

Ce n’est pas plus mal, car du riz reste du riz et garde son effet « colle » pour tes intestins. Tu as besoin de faciliter ton transit, pas de le plomber avec du riz. Cela te pousse à explorer d’autres farines, et à changer de façon progressive les proportions.

Oui, j’ai appris plein de choses sur les farines sans gluten ou à faible quantité de gluten, sur les fécules aussi ! Je ne pensais pas qu’il y en avait autant ! Je trouve que cela élargit la palette des goûts, les possibilités et me donne envie de faire preuve de créativité ! Et puis l’avantage, c’est que je ne suis pas une malade céliaque, du coup, je peux quand même prendre les produits notés « trace de gluten » et donc déjà réduire un peu le coût… Parce que c’est vrai que ce n’est pas donné de bien manger, même quand on cuisine soi-même. L’époque où j’achetais des barquettes de carry me semble bien loin…

Mais je suis contente de cette évolution. Je sens que c’est bon pour mon corps, et puis c’est aussi une forme d’amour que de cuisiner pour moi. J’avoue que j’ai bien été aidéé par le cadeau de récupérer un four et des plaques au gaz, ça me change la vie, et me donne vraiment envie de cuisiner !

La prochaine étape, je crois, sera d’apprendre à faire mes pâtes brisées toute seule et avec moins de farine de blé. Mais on peut trouver plein de recettes et d’idée sur internet, c’est vraiment génial ! J’ai vraiment envie aussi d’essayer la farine de petit épeautre. J’ai goûté un cake pomme cannelle avec cette farine, c’était une tuerie ! D’ailleurs il faut que je demande la recette !

Cette perspective me remplit de joie, alors qu’il y a peu encore, cuisiner me semblait de nouveau une corvée terrible. Je n’avais pas d’idée, pas d’envie, pas d’inspiration. Mais depuis les stages Cœur de Femme, ça a beaucoup changé. J’ai pu voir que l’on pouvait manger différemment et ce, tout en se faisant plaisir et en étant gourmande ! J’ai gouté plein de plats végétarien, sans gluten, des céréales inconnues, des graines germées, etc, etc… C’était génial !

Et j’ai constaté aussi que depuis les stages, je ne mange plus de viande du tout. Ce n’est pas vraiment un choix conscient, c’est juste que je n’en ai pas envie, cela m’attire encore moins qu’avant. J’ai plutôt envie du super pâté végétal à la tomate que j’ai gouté ! Exit donc la charcuterie, la viande rouge, les pâtés, le jambon, etc… Par contre, j’ai une envie forte de fromage, encore et encore ! Parfois de poisson. Mais il va falloir que je vois comment équilibrer mon apport en fer, parce que je ne voudrais pas être carencée.

Pfff, je me dis que quand je vais rentrer en vacances en métropole, ça va être compliqué pour manger… Ce ne sont pas des habitudes alimentaires présentes dans ma famille. Et encore moins chez certains de mes amis… Il va falloir que je sois maligne et que je m’adapte. Je devrais réfléchir à des recettes et des plats passent partout, que je peux faire rapidement chez d’autres personnes sans nécessiter d’ingrédients assez particuliers. C’est un défi assez inattendu pour moi… Comment penser à moi et me respecter dans un environnement inconnu, instable et variant, face à des habitudes bien établies.

Plus les jours passent et plus je me rends compte combien je suis en train de changer. Dans ma façon de penser, de manger, de m’habiller, de marcher en conscience dans mon ancrage, de méditer et de prier différemment. Plein de prises de conscience s’enchainent depuis les derniers mois. J’ai la sensation que des choses que je « savais » commencent enfin à être « intégrées ».

Mon hypersensibilité aux émotions et aux énergies a refait surface. Mais cette fois-ci je m’emploie à ne pas la refouler, à l’accepter et à vivre avec. Cela fait tout doucement son chemin. J’ai compris que mon plus gros problème par rapport à ça est que je manque d’ancrage et de stabilité en moi-même, de centrage dans mon propre corps. Que tout le travail spirituel que l’on fait n’a pas vocation à nous permettre de nous élever pour voyager hors de notre corps, mais bien à nous élever en étant bien ancré dans notre corps et nos émotions. C’est quelque chose d’assez nouveau pour moi, d’accepter cette réalité. Car j’ai toujours voulu la fuir, retrouver cette « maison d’où je viens », ce retour au divin déconnecté de la matérialité. Et c’est un vrai challenge. D’essayer chaque jour d’être présente à mon corps, à ses douleurs, aux émotions qui le traversent, tout en arrivant par moment à faire le vide en moi, à lâcher le mental et à simplement être présente, sans jugement et avec bienveillance envers moi-même.

Je crois que tout doucement j’avance, j’ai repris ma route. Tout à coup, je n’ai plus l’impression de stagner dans le désert, même si je ne sais pas encore où je suis et où je vais, que je ne vois pas de chemin, ni de panneaux indicateurs. Je me dis qu’ils apparaitront en leur temps, quand cela sera le moment. Je suis simplement heureuse et pleine de gratitude d’avoir fait toutes ces rencontres, d’avoir découvert tant de choses, d’avoir ressenti et expérimenté tant d’émotions, même si c’était difficile pour moi.

J’ai l’impression de repartir de ce cycle de stages Cœur de Femme avec plein d’outils à la fois simple et précieux. Tellement d’outils ! J’apprécie particulièrement ce chant de femmes qui me tient chaud au cœur et m’enveloppe quand je le chante. Et puis ces mantras et ces méditations avec le son. Et ce rappel du Kototama, qui m’avait intéressé par le passé (aller voir ici pour savoir ce que c’est). J’ai vraiment envie de travailler avec le son. J’aimerais beaucoup récupérer mes autres bols tibétains en métropole, voir m’acheter un petit bol en cristal, et ces carillons si magnifiques…

Et puis j’ai bien aimé cette réintroduction aux cristaux, et aux soins énergétiques. J’ai apprécié, même si je m’en étais détourné par le passé. Cela me fait envie, plus pour l’aspect d’explorer mes ressentis, mes intuitions et les énergies que pour vraiment apporter une guérison. Quelque chose s’est relâchée en moins à ce sujet. Je faisais un blocage total sur l’idée de soin, de responsabilité et d’efficacité. Je ne voulais pas que l’on vienne vers moi pour ça. Mais l’expérimenter sans attentes et sous forme d’échange, j’ai trouvé ça super, ça m’a donné envie de recommencer. Juste pour le plaisir de donner sans attente de résultats, et le plaisir de recevoir. Je trouve que c’est une belle façon d’apprendre à donner et recevoir, pour moi qui est du mal avec ça. Je me demande si des opportunités de présenteront, parce qu’on en a parlé mais…

Tu n’es pas encore tout à fait prête. Il te fait trouver une stabilité émotionnelle. Un endroit intérieur où te réfugier et te sentir en sérénité quand les émotions des autres tempêtent. Cela ne t’empêchera pas de faire preuve de compassion, mais d’avoir le recul nécessaire pour ne pas le prendre pour toi et sur toi, et surtout de rester bien ancrée. Ton problème à toi est que de trop fortes émotions vont te déraciner. C’était le cas quand tu les transcrivais sous forme de poèmes et perdais totalement le sens de la réalité. Ça l’est encore d’une autre façon, tu vas alors te déconnecter de tes propres émotions et des ressentis de ton corps, pour que l’écho ne t’ébranle pas au point de te déraciner. Ce qui entraîne une forme de décentrage, et donc une perte de justesse dans ton alignement et dans ce que tu as à transmettre. Il te faut apprendre à être en présence de ces émotions, sans qu’elle te perturbe dans ta structure énergétique profonde. Car traiter des blocages et des nœuds, ce sont souvent des émotions cristallisées à libérer. Même si tu ne passes que pas le corps et le massage, même si tu utilises des cristaux ou des auxiliaires. De par ton empathie, tu les capteras si tu t’ouvres vraiment à tes ressentis et que tu acceptes de ressentir les nœuds émotionnels de l’autre. Tu en as la capacité, mais elle n’est pas encore pleinement maitrisée donc pas encore pleinement libérée.

Il ne faut pas que tu prennes cela comme une nécessité, une responsabilité. Mais comme l’opportunité d’apprendre en apportant à l’autre ce dont il a besoin à l’instant précis, même si cela ne semble pas juste d’un point de vue extérieur. Il n’y a que l’âme de la personne qui peut le dire. Et puis de toute façon, nous sommes toujours là pour te guider et t’empêcher de faire des bêtises. Tu peux avoir confiance en toi. Car ce que tu veux et ce que tu peux offrir ne touche à rien de vital, mais au bien être de la personne. Tu ne touches pas à sa santé profonde, mais à son bien être émotionnel et énergétique.

Merci.

27 mars 2016

Ce vide intérieur

Artiste : kuvshinov_ilya
Artiste : kuvshinov_ilya

Après tous ces stages sur le féminin, toutes ces rencontres, ces émotions et tous ces ressentis, je me sens vide. Me voilà rentrée chez moi, et après une semaine à courir dans tous les sens, probablement mon inconscient ne voulant pas faire face à ce vide, je me retrouve seule face à moi-même.

Je ne suis plus la même qu’il y a 2 mois, depuis le début de cette folle aventure, nommée Cœur de Femme. Mais même lors de changements positifs, le processus reste tumultueux et perturbant. Je ne suis plus la même, et encore une fois, je ne sais plus qui je suis. Un peu moins renfermée, un peu plus sûre de mon corps, un peu plus ancrée et un peu plus reliée aux autres femmes. Certes. Mais Qui Suis-Je ? Me voilà de nouveau complétement différente, et étrangère à moi-même.

Peut-être devrais-je arrêter de lutter et de chercher à ma définir, puisque la vie est mouvement perpétuel, et donc que j’évolue à tous les instants. Alors pourquoi ce besoin de savoir ? Probablement un besoin de repères intérieurs, alors que mes repères extérieurs sont toujours inexistants depuis le grand bouleversement de ma vie. Un part de moi essaye désespérément de chercher des repères externes auxquels m’accrocher, mais il n’y en a pas, car tous mes proches sont de l’autre côté de cette planète.

Quand tout le monde est occupé à préparer et à fêter Pâques en famille, je me retrouve seule face à mes manques et mes douleurs, face à mon corps fatigué et ses messages si difficiles à décrypter. On m’a dit quelques fois que le chemin pour aller vers soi-même n’est pas « paix, joie et amour », en réalité il est très inconfortable, j’ai pu m’en rendre compte. Pour accueillir cette paix, cette joie et cette foi en la vie, il faut d’abord créer de l’espace, faire de la place en transmutant les blessures, les nœuds et les souffrances qui nous limitent. Mais ce processus est terriblement difficile, car pour y arriver, il faut bien faire face, reconnaître et accueillir tous ces éléments douloureux.

J’ai parfois la sensation que ce processus ne prendra jamais fin. J’ai beau creuser, je descends toujours plus profond, et il me semble que cela n’aura pas de fond. On nettoie et libère des mémoires et des charges probablement toute sa vie, car le fait même de vivre provoque mille remous qu’il faut intégrer. Parfois on a néanmoins envie d’une pause, d’un instant de répit, d’un oasis.

Toutefois, je ne semble pas réussir à trouver cet oasis intérieur. Et quand je me penche sur mon corps, sur mon cœur, je ne trouve qu’une plus grande tristesse pour me consoler, pas de chaleur intérieure, pas de douceur apaisante. Alors parfois je désespère… J’ai juste envie de m’enfermer dans un bulle protectrice, hors du temps, hors de la réalité. Et mes nuits et mes rêves me semblent plus doux et plus agréables que cette vie quotidienne.

Et le temps passe… Hier encore j’étais en janvier, et voilà que le mois d’avril sonne bientôt à notre porte. En métropole, c’est l’arrivée du printemps, que j’adore observer, ici la saison sèche et fraîche arrive tout doucement. Le temps passe et rien ne semble s’améliorer. Le temps passe et je n’arrive plus à écrire ici. Une mélancolie profonde me serre le cœur. Celle de ne savoir où je suis ni où je vais, d’avoir perdu quelque chose d’indéfinissable et de ne plus jamais pouvoir revenir en arrière.

Comment le monde m’apparaitra-t-il quand je reviendrais en métropole pour mes vacances ? Aurais-je encore la même vision de mon chez moi, de mes proches ? Aurais-je le même regard sur les lieux que j’aimais, les choses que j’appréciais faire ? Une part de moi sait bien que non, que je serai trop différente pour percevoir les choses de la même façon qu’auparavant. Mais serais-je capable d’y retrouver mes repères précédents ou ceux-là aussi auront-ils disparus ? J’ai peur de ne plus même trouver une oasis dans les lieux de nature que j’aimais là-bas, de ne plus trouver un sentiment de chaleur auprès des gens que je côtoyais.

Et je me sens perdue, face à un vide immense. Un vide que mon mental essaye de combler en cherchant milles activités, en prévoyant des dates à attendre, des choses à faire, des obligations qui m’occupent l’esprit. Mais ce ne sont que des mirages pour tenter de combler ce vide dont les bords sont imperceptibles.

Comment naviguer dans ce néant ? Cet océan d’émotions troubles et de manifestations du corps incompréhensibles ? Cet avenir vide de sens et de direction ?

Ce désert vide d’oasis ?

26 mars 2016

Ressources de développement personnel

Artiste :
Artiste : Sionra

Bonjour à tous,

Je passe en coup de vent, en ce jour d’équinoxe, juste pour partager une information. J’ai découvert via une connaissance un évènement gratuit sur internet qui invite à la réflexion dans les domaines du développement personnel et de l’énergétique. Cela s’appelle « sommet de la conscience ». Cela dure une semaine où différents intervenants assez connus proposent chacun une vidéo conférence visionnable pendant 48h. Cela se passe par ici : http://sommetdelaconscience.com/programme-2016/

Je me suis dit que peut être certaines personnes pourraient y dénicher quelque chose qui résonne avec elle, et y trouver des informations intéressantes. Je n’ai pas encore eu l’opportunité de  me faire ma propre opinion, mais j’y compte bien, en piochant dans le programme ce qui me parle.

Bon équinoxe à chacun !

Semaine européenne de l’endométriose

Artiste :
Artiste : Superschool48

Cette semaine était la semaine européenne de l’endométriose. Maladie féminine mal connue qui touche la sphère génitale et concerne selon les estimations 1 femme sur 10. Pour ceux qui se demanderait ce que s’est, un bref descriptif : maladie chronique inflammatoire, elle se déclenche quand des cellules de l’endomètre (tissu de l’utérus à l’origine des règles et permettant l’implantation de l’embryon) s’implante à l’extérieur de l’utérus, dans des endroits anormaux : parois de la vessie, du système digestif, des ovaires, des ligaments à côté… Ces cellules sont soumises aux cycles hormonaux et lorsque les règles arrivent, elles saignent aussi. Ce sang qui est dans les tissus intérieurs ne peut pas être évacués, il crée donc des hématomes, qui pour se résorber sont source d’inflammations très très douloureuses. Lors de la cicatrisation, des tissus fibreux et des nodules se créent, qui peuvent entrainer un accolement des organes entre eux (source de multiples problèmes) et aussi envahir les tissus environnants.

Ainsi cette maladie se caractérise par de multiples symptômes : des douleurs terribles pendant les règles, des troubles digestifs et urinaires, des douleurs pendant les rapports sexuels, une fatigue chronique… Évidemment, chaque cas est unique, car la particularité c’est que les symptômes ne sont pas forcément proportionnels aux lésions. Ainsi on peut avoir de petites lésions et souffrir comme un chien, ou bien avoir d’importantes lésions et que la maladie soit « silencieuse ». Il existe tous les cas de figure, mais il est fréquent que les douleurs pendant les règles soient handicapantes au point de ne pas pouvoir travailler ou aller à l’école. Ceci doit être un symptôme d’alerte. Car il n’est pas normal de souffrir d’une douleur supérieur à 6 sur une échelle de 1 à 10 de la douleur (10 étant le plus fort). Et puis autre symptôme, cette maladie peut être la cause d’infertilité dans 50% des cas. Pour un certain nombre de femmes, c’est même à cette occasion, en essayant de concevoir un bébé et n’y arrivant pas, faisant un bilan de sa fertilité, que la maladie est découverte.

Très difficile à diagnostiquer, car elle demande de vraiment être étudiée et connue par les radiologues et gynécologues pour savoir être détectée, cette maladie reste souvent dans l’ombre et est peu connue d’une partie du corps médical. Ce qui entraine souvent une longue errance avant d’être prise en charge, la moyenne nationale étant de 6 ans de retard de diagnostic. Car cette maladie peut se déclencher à tout âge, dès les 1ères règles, comme à 20 ou 30, 50 ans… Les facteurs déclenchant sont mal connus, et il n’existe pas de traitement pour guérir. La médecine au jour d’aujourd’hui ne permet que de stabiliser la maladie, et permettre « un niveau de vie acceptable ».

Face à ça, comment vivre avec ? Mon endométriose s’est déclenché vers l’âge de 20 ans, peut-être était-elle latente, peut-être la pilule l’avait masquée. J’ai commencé à avoir des règles extrêmement douloureuses, et le doliprane n’avait aucun effet. Ma gynéco a alors suspecté la maladie et m’a envoyé faire un IRM. Seulement voilà, le radiologue n’était pas un spécialiste et ne savait pas détecté la maladie… Le diagnostic a donc été négatif et a commencé pour moi une longue errance médicale. Du coup, les médecins, ayant réfuté cette hypothèse de maladie, ne me prenaient pas au sérieux, m’ont dit que c’était psychologique, ou bien que c’était peut-être à cause de ma dystrophie ovarienne. Bref que je n’avais qu’à « faire un enfant pour aller mieux ». Ce manque de soutien, de compréhension et d’aide médicale m’a désespéré. Mes règles se sont empirées, j’ai fini par ne plus pouvoir me lever de mon lit, ne plus pouvoir manger car mon système digestif faisait la samba, crier et pleurer de douleur. Plus le temps passait et plus les douleurs augmentaient et me laissaient dans un état de fatigue physique et morale extrême. Et m’isolaient socialement, car les symptômes commençaient la semaine avant mes règles et se poursuivaient une semaine après. Impossible de sortir dans cet état…

Heureusement, j’ai eu la chance de trouver une médecine alternative qui m’a grandement aidé à diminuer les douleurs et remettre en route mon système digestif : la biokinésiologie (mélange de kiné, ostéopathie et médecine chinoise). Sans ça, je crois que je me serais flinguée tellement je n’en pouvais plus de la douleur… Evidemment, n’ayant pas de diagnostic médical, ni de mot sur cette maladie, je n’ai pas pu chercher le secours des associations. Car, comme le corps médical me l’avait dit, je pensais que c’était juste « moi qui avait un problème » et que c’était la faute de mon corps. J’étais en colère contre lui, contre la vie, contre cette injustice. Pourquoi est-ce que j’étais malade comme ça ? Qu’est-ce que j’avais fait pour mériter ça, cette torture qui revenait chaque mois et me rongeait le ventre ?

C’est par hasard, que 5 ans après le début de tout ça, je suis tombée sur un gynéco qui connaissait très bien la maladie et l’a reconnu dès la première consultation. Il m’a fait passer les examens nécessaires auprès d’un radiologue compétent, qui a bien pu détecter et valider la maladie. Cette grande inconnue pour moi à l’époque : l’endométriose. Cela a été un soulagement et en même temps une source de grande colère pour moi. Pourquoi cela n’avait-il pas été détecté 5 ans plus tôt lors de mes examens ? Je n’aurais pas eu à souffrir de cette façon… D’autant que le gynécologue spécialiste que j’ai vu par la suite m’a confirmé que la maladie était bien visible sur les 1er clichés, pour ceux qui savaient chercher…

Suite à ça, j’ai pu m’informer sur cette maladie et j’ai pu prendre contact avec l’association française EndoFrance qui m’a aiguillé vers des spécialistes, permis d’avoir accès à des informations fiables sur la maladie et les traitements. A alors commencé ma recherche d’un traitement adapté. La seule solution médicale étant de supprimer les règles. Le premier a été une catastrophe, je pleurais tous les jours car les hormones ne me convenaient pas du tout et me mettait les nerfs à fleur de peau. Le deuxième m’a donné des bouffées de chaleur et des migraines pas possibles. Le troisième me laisse mitigée, car j’ai été plusieurs fois malade comme un cycle, mais sans pertes de sang. J’ai même eu mes règles une fois, paraît-il que cela peut arriver exceptionnellement. Alors je dois attendre de voir…

Si je devais faire un bilan aujourd’hui, je dirais que ma situation s’est beaucoup améliorée. Il devient rare que je reste couchée par des crampes de douleurs insupportables à cause de mes règles, même si les douleurs sont toujours présentes. Je peux travailler à peu près normalement, sauf quelques jours par mois. Pour l’instant, je n’ai pas besoin de me faire opérée. Je n’ai pas eu d’attaque franche de la vessie, du système digestif, je n’ai pas besoin d’avoir de poche de substitution. Je n’ai pas non plus eu à prendre le traitement de ménopause artificielle, aux effets secondaires terribles… Ce qui n’est pas le cas de toutes les femmes atteintes. J’ai moins de vertiges aussi, et je peux sortir un peu plus.

Pourtant, ma maladie est toujours handicapante dans le quotidien. Parfois il faut que j’évite de marcher à cause des douleurs et que je reste assise. J’ai souvent de la fatigue chronique, et ne peut rien faire d’autre le soir et le we que de me reposer, sans voir personne. Je dois toujours faire très attention à ce que je mange et bois pour aider mon transit. J’ai arrêté l’alcool, diminué la viande en priorisant les moins grasses, arrêté le pain blanc. J’essaye de manger plus de fruits et de légumes, de fibres, moins de produits industriels. Parfois je souffre de sciatique, car la maladie a irrité ce nerf chez moi, probablement pour la vie…

Mais je crois que le plus dur se situe au niveau psychologique. Parce que je me sens souvent seule et incomprise au sujet de ma maladie. Je ne suis pas vieille, pourtant j’ai peu d’énergie et je dois souvent me reposer, ce qui entraine des réflexions comme « bah alors, tu es une petite vieille ?!! » de la part de gens de mon âge ou de 40 ans. Je dois souvent adapter mes activités, je ne peux faire que des sports doux, des efforts modérés. Je ne peux plus boire d’alcool sans être malade, ni manger trop. Pas de sortie boîte, ni d’orgie pour moi, ce que comprenne mal un certain nombre de jeunes de mon âge…

Certains matins, j’ai vraiment du mal à me lever tellement mon corps est lourd et je me sens épuisée. Chaque jour est alors une lutte pour faire les choses du quotidien, pour travailler sans ne rien laisser paraître. Des fois j’ai des courbatures pendant des semaines, sans n’avoir rien fait de spécial, ou bien des migraines qui ne passent pas.

Et tout ça, j’ai l’impression que mes proches ne le voient pas, ne le comprennent pas. Mes parents font l’autruche, ils ne parlent jamais de ma maladie. Des fois, j’ai l’impression qu’ils font semblants de ne pas la voir, parce qu’ils ne savent pas comment réagir. En ignorant la réalité, j’ai l’impression que c’est une partie de moi qu’ils renient. Comment me sentir soutenue par eux alors ? J’aimerais qu’ils s’y intéressent, qu’ils se renseignent dessus, comme tous ces autres parents que j’ai vus à la conférence…

Lors de la conférence d’hier sur « Prendre en charge la douleur », le gynécologue a dit quelque chose qui m’a profondément touchée : « l’endométriose est une maladie chronique handicapante qui touche l’être dans toutes ces composantes. Elle modifie tout, TOUT : ces projets de vie, … ».

Cette maladie est incurable, je l’aurai probablement toute ma vie. Il n’existe pas de traitement pour la guérir, la seule chose que l’on sait faire, c’est supprimer les règles jusqu’à la ménopause. Voir opérer pour enlever les grosseurs, mais les risques de récidives sont importants.

Cette maladie a changé tellement de choses pour moi : j’ai rayé de ma vie l’idée d’avoir des enfants, j’ai dû renoncer à un certain nombre d’activités mais aussi d’aliments. Elle a modifié mon rapport à mon corps, même la forme de celui-ci, puisque j’ai un ventre toujours gonflé à cause de mes ovaires ne marchant pas correctement, une pilosité et une acné « anormale ». Elle est source pour moi de douleurs lors des rapports sexuels, ce qui est un vrai handicap pour construire une sexualité épanouie et un couple équilibré… Mais le plus dur, c’est gérer la fatigue chronique, apprendre à accepter le rythme et la fragilité de mon corps, qui me fait vivre au ralenti par rapport aux autres… ne me permet pas de faire tout ce que je voudrais, comme je voudrais. Il faut constamment s’adapter, prévoir…

Je pensais avoir réussi à l’accepter, à ne pas passer mon temps à m’identifier en tant que « malade ». Mais quand je vois toutes les émotions et pensées provoquées par la conférence d’hier, force est de constater que non, je n’ai pas accueilli et lâcher prise sur ma maladie… Que je ne sais plus comment gérer. Comment faire comprendre aux autres ma fatigue et mes besoins sans me poser en tant que « malade » et avoir l’air de me plaindre ? Comment ne pas y penser, sans non plus oublier de respecter le rythme de mon corps ? J’ai l’impression d’osciller entre le rejet et la complaisance. A ne pas réussir à l’intégrer comme partie de moi, comme une chose normale dans ma vie. Parce que je ne peux rien y changer et qu’elle fait partie de moi…

Pourtant, je sais que cette maladie est aussi une force. Car elle m’a permis de comprendre l’importance du cycle féminin, des règles et de ses énergies. Elle m’a permis de prendre conscience de mon rejet de la maternité et de nombreux nœuds en lien avec ma mère. Elle m’a encouragé à m’explorer en tant que femme, mais aussi en tant qu’amante. A ne pas renoncer au plaisir sexuel parce que je suis malade. À chercher ce qui me convient au niveau de mon rythme de vie, de mon alimentation, de la façon de prendre soin de moi. Bref, à m’écouter et à me respecter, au-delà des exigences de la société, des modèles et des attentes extérieures.

J’aimerais simplement que parfois cela soit plus simple.

13 mars 2013