Discernement et énergétique

Artiste : Eaphonia
Artiste : Eaphonia

Je crois que je suis malade. Ce matin j’ai failli ne pas réussir à me lever, j’étais épuisée. Toute la journée je me suis sentie lourde, fonctionner au ralenti, et même fiévreuse l’après-midi. Je me suis même foulée la cheville droite, deux fois. Hors cela ne m’arrive que lorsque je suis dans un état d’épuisement avancé. Ce que je ne comprends pas, c’est que je n’ai même pas eu une grosse semaine, je me suis couchée pour avoir mes heures de sommeil et j’ai même fait la sieste tous les jours. Mais c’est comme si je n’arrivais pas vraiment à dormir profondément comme d’habitude. Plus ça va, et plus je suis épuisée au réveil… Comme si je n’arrivais pas à récupérer, mon corps tellement à la ramasse que mon cerveau rame aussi. C’est très déplaisant comme sensation, je n’aime pas sentir que mes capacités de réflexion ne fonctionnent pas comme d’habitude. Comme si tout était voilé…

Tu l’as déjà deviné, ton corps peine à assimiler toutes les énergies reçues depuis le we dernier. Un signe prégnant que tu as remarqué et que tu as cet espèce d’acouphène, très aigu et faible, que tu n’entends que lorsque tu es dans le silence total.

Je me suis toujours demandé d’où cela venait. J’ai souvent remarqué que je l’entendais dans des périodes énergétiques « intenses », après ou avant des soins, des stages, des méditations, etc… Au début je me suis posée la question d’un symptôme médical, mais ça va et ça vient, sans vraiment avoir un impact conséquent. Ça fait un peu comme si j’entendais une surcharge ?

C’est bizarre comme sensation. Au début je pensais que comme j’ai l’ouïe assez sensible j’entendais des fréquences aigues, des appareils ou je ne sais quoi que je n’entendais pas d’habitude. Mais je n’ai jamais trouvé quelqu’un qui l’entende et cela me suit où que je sois. Je crois donc que ça vient de moi. Mais je ne sais pas si c’est physique, si je le capte via mes fonctions physiologiques, ou si ce sont « mes autres sens » comme ceux qui me font « entendre » mes guides – bien que ce soit plus des énergies que je capte qui se transforment toutes seules en mots dans mon cerveau.

Quand est-ce que ça a commencé ?

Et bien je dirais, si ma mémoire est juste, autour de mon premier stage d’énergétique. Celui où la formatrice a forcé nos chakras à se remettre « à tourner à 100% ». Je ne m’attendais pas du tout à ça ! Avec le recul, si j’avais su ce que cela voulait dire et impliquait, je n’y serais jamais allée. Je lui avais demandé quel était le programme précis de la journée, mais elle n’avait pas voulu me dire. Elle m’avait répondu « viens, tu verras ». Je me souviens que mon corps a très très mal supporté ce forçage énergétique. J’ai été malade toute la semaine suivante, couchée au lit. Avec de la fièvre. Et je me souviens dans la brume de la fièvre avoir ressenti des brûlures au niveau de chaque chakra, à peu près 2 jours par chakra, en montant le long du corps. Ce n’est qu’après coup que j’ai fait le rapprochement. Et bien plus tard que j’ai compris le danger que cela représentait. C’est totalement irresponsable de faire ça ! Si nos chakras ne fonctionnent pas pleinement, il y a une raison. Pourquoi forcer l’ouverture comme ça ? Avec le recul je trouve ça stupide, vraiment stupide et dangereux… Irresponsable surtout. Je ne comprends pas comment on peut prôner ça…

Pour aller vite à gagner de la « puissance spirituelle ». Tu doutais certes de l’efficacité de leurs méthodes, mais il n’empêche que cela brassait beaucoup d’énergie en effet. A bon ou mauvais escient, c’est autre chose.

Et c’est depuis ça, que je sens que mon corps physique rame à intégrer les énergies, toujours, souvent. Cela m’a parfois causé de forts désagréments, cela m’a souvent rendue malade aussi… Je ne pensais pas que la bénédiction mondiale de l’utérus serait aussi lourde à porter par mon corps…

Pourtant cela t’a déjà fait cet effet, même si tu n’avais pas fait le rapprochement. Cela fait vraiment beaucoup d’énergie à intégrer dans tes propres corps. Une sorte de « digestion », si tu veux, pour t’approprier ces énergies et les faire tiennes. Une digestion fatigante, qui t’occupe une bonne partie de la nuit et à tout moment de repos, et qui empêche ton corps physique de se reposer et de se ressourcer normalement. D’où la fatigue physique.

Comment je peux améliorer ce processus pour moins souffrir de ses effets ? Comment je peux aider mon corps physique ?

En accompagnant consciemment le mouvement. En prenant soin de ton corps physique et lui offrant beaucoup de repos. En prenant de courts temps de méditation fréquents où tu déconnectes ton cerveau pour laisser l’intégration s’étaler dans la journée. En méditant et visualisant l’intégration de ces énergies aux tiennes. En demandant à la terre d’absorber les énergies excédentes dont tu n’as pas besoin. Tu es saturée.

Je ne savais même pas que cela était possible…

Une coupe ne peut contenir plus que la taille qu’elle a. C’est pareil avec les énergies, même si tu peux travailler pour agrandir ta coupe car rien n’est figé. Elle ne peut cependant pas doubler de volume d’un coup sur demande. A moins d’être appuyée par d’autres entités.

Je vois que pour Sylvie, il y a plein de choses qui sont gérées par ses guides au niveau des énergies.

C’est de moins en moins vrai. Mais c’est vrai qu’elle est beaucoup soutenue de ce côté-là, c’est lié à sa reliance.

C’est tout ? Alors le fait d’être reliée au Milieu c’est « démerde-toi toute seule » ? Je ne comprends même pas comment on peut recevoir « trop d’énergie », ça me dépasse. L’eau ne coule-t-elle pas en dehors de la coupe quand elle est déjà pleine ?

C’est plus compliqué que ça, quand on t’envoie des énergies spécifiquement à toi, on les « marque », elle prenne « ta signature » pour t’atteindre toi et personne d’autre. Elles doivent donc te traverser avant de pouvoir être redirigées.

Mais je croyais que l’âme ne prenait que ce dont elle avait besoin. C’est ce qu’on m’a « enseigné ».

Comme on t’a enseigné que le forçage énergétique n’était pas quelque chose de mauvais ou à éviter. Ce avec quoi tu n’es pas du tout d’accord. Mais force est de constater que tu l’as vécu. Tu ne serais pas la même personne aujourd’hui sans ça. Et cela explique pourquoi tu perçois des choses sans être capables de les identifier et de les discerner. Parce que tu n’as pas appris progressivement à manier cette sensibilité au fur et à mesure que tu t’ouvrais à elle, comme a pu le faire Sylvie. Comme si on t’avait donné un jouet très complexe, sans aucune notice d’utilisation, plutôt que de te le laisser construire au fur et à mesure en ajoutant chaque fonctionnalité en même temps que tu l’apprenais.

Comment cela a-t-il été possible ? Pourquoi ?

Parce que ton âme a demandé en s’incarnant à avoir un moyen de pression fort et efficace pour percer à travers ta personnalité très forte et rigide. Il fallait bien ça pour pouvoir « t’ouvrir les oreilles » et nous permettre de t’aider et de te guider.

Alors c’est pour ça que je suis capable d’échanger avec vous ? Moi, tout ce que je sais, c’est que quand je suis venue pour cette formation, c’est parce que je percevais des choses qui me gênaient. Des âmes errantes, des entités, des choses chez les autres, sans être capable de gérer le moins du monde. C’est ça qui m’a poussé à faire ce stage d’énergétique, parce que la formatrice m’avait dit que j’arrêterais de sentir les morts après. Il s’était avéré que j’avais mon 3ème œil complètement ouvert et sur actif par rapport aux autres, ce qui expliquaient mes perceptions.

Et que ce serait-il passé si tu n’avais pas fait ce stage ?

Je ne sais pas… J’étais très flippée et effrayée, je ne comprenais pas grand-chose et je ne connaissais pas d’autres personnes vivant ça. Je pense que j’aurais dû apprendre à vivre avec, à me protéger des entités du bas astral que je ressentais, à faire passer les défunts que je croisais. Peut-être, peut-être pas, qui sait ? En tout cas, ce que je sais, ce qu’effectivement, après la formation je ne percevais plus tout ça. Pendant un temps du moins. Mais mon corps s’est mis à être sensible aux énergies des lieux, des gens, à être malade quand les énergies étaient fortes. Je suis tombée de haut quand je me suis rendue compte que les autres praticiens de cette formation utilisaient les énergies de leurs élèves pour certains travaux « pour le bien de tous ». Je pensais que c’était les énergies du moment (lune, alignement de planètes, etc…) qui me vidaient, mais en fait non. Là j’ai vraiment déchanté, et j’ai décidé de claquer la porte. De couper tout lien énergétique, de ne plus utiliser les pratiques et techniques de soin, plus rien de ce qui pouvait me rattacher à l’égrégore de cette formation. [Pour la définition d’un égrégore, je vous propose ce lien ]

Je ne saurai dire finalement si c’est une secte ou pas. C’est vrai que l’on ne vous demande aucun argent, mais pas contre on se sert de vos énergies pour nourrir le travail de certains… Alors non, hors de question d’y participer une fois que j’ai compris ça. Je ne suis pas du tout d’accord avec ce fonctionnement. Ni avec l’idée d’un maître qui même décédé dicte des ordres et des façons de faire. En plus, je trouve que certaines personnes y sont complètement engluées dans leur égo de « je suis une énergéticienne qui fait le bien et donne de nombreux soins » ou « je suis lumière et évoluée ». A n’être que lumière de cette façon-là, sans travailler sur ses ombres propres, ses défauts etc, on s’aveugle soi-même… Enfin, c’est ma façon de voir. Ce n’est pas le chemin qui me correspond à moi, tant mieux s’il correspond à d’autre, chacun est libre de vivre et d’expérimenter ce qu’il souhaite.

C’est pour ça que je suis maintenant prudente avec les techniques de soin, les « écoles énergétiques » qui existent etc.  Je veux garder mon indépendance et mon autonomie. Ce qui me plait bien avec les Moon Mothers, c’est qu’on est totalement libre de faire ou ne pas faire, recevoir ou ne pas recevoir. Je sens que cela me travaille quand je fais les méditations et les soins, mais le reste du temps, je suis tranquille. Je ne sers pas de réservoir énergétique.

Pourtant t’es-tu déjà posé la question de savoir d’où vient toute cette énergie qui est transmise lors des bénédictions mondiales ?

Je sais que les Moon Mothers peuvent choisir d’aider à canaliser ces énergies, mais c’est volontaire. Pour ma part, je préfère recevoir qu’émettre parce que je ne m’en sens pas la force physique pour l’instant. Je me pose plutôt la question de savoir « de qui » elle a reçu ses connaissances et ces techniques de soin. C’est plutôt ça qui m’intrigue, elle n’en parle pas du tout, elle ne parle pas du tout d’elle en fait. Elle cherche juste à transmettre encore et encore, pour étendre la toile.

De toute façon, je ne me fais pas d’illusions. Comme les autres écoles, celle-ci a créé et sollicite son propre égrégore, nourrie de toutes les femmes qui y participent. Alors évidement un égrégore est ce qu’on y met. Ici la volonté est d’apporter la guérison du féminin, de l’amour et un réveil des énergies féminines, des prises de conscience. L’objectif est aussi de pouvoir connecter les femmes du monde entre elles, pour qu’elles ressentent cette force de la sororité et qu’elles se transmettent la sagesse ancestrale des femmes. En soi, c’est un égrégore qui me convient pour l’instant, mais duquel je n’hésiterais pas à me détacher si je sens qu’il ne me correspond plus. Parce que certes il a une vocation à apporter la guérison et l’évolution, mais il brasse…

Et pourquoi m’avez-vous amené à parler de ça ?

Pour que tu comprennes que tout groupe, toute école crée son propre égrégore, conscient ou non. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi, du moment que tu es consciente de ton lien à celui-ci et que tu choisis de te laisser ou non affecter par lui.

Alors je pourrais choisir de ne pas être affectée comme je le suis en ce moment ?

Seulement si tu renonces à recevoir ces énergies de guérison et à la transformation qu’elles sont censées t’apporter.

Tout a un prix, hein ?

Oui et toute énergie vient de quelque part. Mieux vaut savoir d’où précisément.

Peut-on considérer que l’énergie lunaire vient de la Déesse ?

Peut-on considérer que l’énergie solaire vient de Dieu ? Après tout, la première « école » que tu fréquentais se servait bien d’elle pour capter l’énergie et la redistribuer sous forme de soin. Est-ce bien différent d’utiliser l’énergie lunaire ? En quoi et pourquoi ?

Je ne sais pas. Dans le deuxième cas, on demande explicitement au divin de nous transmettre cette énergie pour la canaliser vers la personne recevant le soin. Alors que dans le premier cas, on ne formulait pas une telle demande de façon précise, et finalement je me demande si on ne piochait pas plutôt dans les énergies environnantes ?

Où veux-tu en venir ? Je commence à fatiguer. J’ai perdu le fil…

26 mai 2016

 

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Pourquoi pas ?

Artiste :
Artiste : Kuvshinov-ilya

 

J’ai finalement réussi à trouver un compromis avec mon patron pour cette fois ci. Vous aviez raison, il ne fallait pas que je me braque. Si je me braque, lui aussi. Si je discute, que je montre que je peux faire preuve de souplesse, cela passe mieux. Et aussi si j’explique pourquoi, ce qui me gêne malgré tout, parce que je ne devrais pas avoir à justifier mon besoin de récup avec mes raisons personnelles. Mais si cela peut le motiver à dire oui…

Cela te met mal à l’aise. Parce que pour toi vie privée et vie professionnelle sont deux choses qui doivent être bien séparées, bien clarifiées et sans vase communicant. Notamment parce que d’un côté tu fais un travail très scientifique et de l’autre que tu consacres beaucoup de temps à la « spiritualité » comme tu l’appelles. Un terme fourretout, somme toute, où tu ranges stages sur la féminité, cours d’astrologie, utilisation des cristaux, méditations et visualisation, cercles de pleine lune, purification, analyse de rêves, tirages de carte et j’en passe.

Et bien tout ce qui nourrit, entretient et régénère mes corps non physiques. On pourrait ajouter dans la liste l’écriture sur mon blog, puisque j’y parle d’énergétique, de cheminement et puis après tout aussi parce que j’écris avec mes guides / mon âme / des entités venues aider. Je sais que ça peut être un peu confus à comprendre pour le lecteur. C’est-à-dire que je suis capable d’avoir ces discussions, mais je ne sais pas trop avec qui. Je me suis longtemps posé la question, en me demandant si ce n’était pas mon mental qui inventait tout ça. Et puis bon, je me rappelle le dialogue qui m’a poussé à la prise de conscience de mon viol refoulé, et je me dis que ça… ce n’était ni dans l’intérêt de mon mental, ni de mon égo, mais bien dans celui de mon âme.

J’ai eu beau poser la question, je n’ai jamais eu de réponse sur l’identité précise de mes interlocuteurs. Parfois j’ai compris après coup que j’avais dialogué directement avec mon âme, cette part « divine » et plus « éclairé » de moi-même, qui est souvent ensevelie sous le mental et l’égo. D’autre fois avec des guides sombres et ça me faisait flipper. Parce que je sentais les énergies différentes, à la fois « denses » mais en même temps de niveau élevé, et le ton de discussion n’était pas le même, ni les sujets. Les guides sombres aiment bien me faire sortit de ma zone de confort et de confiance, me secouer, voire carrément me choquer. Au point qu’au départ j’étais très méfiante et apeurée, que je me demandais si ce n’était pas des entités du bas astral qui me parasitaient et venaient me pomper.

Mon défaut cruel est que malgré ma sensibilité aux énergies et parfois ma capacité à les transcrire en ressentis ou en mot, je ne pilote pas grand-chose. Je n’ai pas les capacités suffisantes pour clairement discerner les énergies et leurs provenances…

En même temps tu n’as jamais vraiment essayé.

Et voilà, là c’est l’exemple typique d’un début de dialogue où je me sens mal à l’aise sans savoir l’origine de la réponse. Mon égo ou mon mental ? Un guide lié à l’Ombre ? Une entité parasite ?

Tu n’as qu’à visualiser un dôme de protection transparente en demandant à la Déesse, ou qui tu veux, de n’y laisser entrer que tes alliés. On verra bien si je serai toujours là après * voix railleuse*.

***

Mais en même temps si après tu te mets à manger pour plomber tes énergies, cela ne sert à rien. Tu n’es pas forcément très facile d’accès pour nous, surtout quand tu es en processus de purification d’un certain nombre de lourdeurs comme le mois dernier.

J’aimerais bien avoir une recette « miracle » pour savoir avec qui je discute, quel type d’entité, quelle reliance etc… Pourquoi je ne suis capable de capter vos énergies que sous forme de mots et pas de sons, de visuel ou autre ?

Et bien tu ressens aussi certaines choses au niveau de ton corps, des tensions au niveau du plexus, ou bien de la gorge, des frissons, un poids sur le dessus de la tête. Des choses subtiles bien sûr. Tu n’auras jamais de panneau gigantesque, ce n’est pas notre façon de procéder. Une guidance ne doit pas être un forçage, ni un poids.

Mais je ne comprends pas pourquoi par exemple le « ton » à changer entre les premières phrases, puis justement la visualisation du dôme protecteur. C’est comme si j’étais passé d’un interlocuteur relié à l’Ombre à celui du Milieu. Je ne peux pas expliquer comment je perçois la différence. Je la sens juste. Comme si ta « voix » également m’était familière, une voix douce et chaleureuse, patiente et bien attentionnée. Pas comme la première, provocatrice et railleuse.

Certains guides de l’Ombre n’apprécient pas forcément que tu les compares à des entités du bas astral, alors que justement elles ajustent leurs énergies vers le bas pour pouvoir discuter avec toi. C’est tout simplement que tu n’es pas prête.

Mais est-ce que vous pouvez comprendre que c’est difficile pour moi de lâcher prise et d’accepter de parler à des entités que je ne cerne pas, ne vois pas, n’identifies pas, sans savoir si mes perceptions ne sont pas déformées ou erronées ? Si je ne me fais pas distraire pendant qu’une entité se sert dans mes propres énergies ? A vrai dire, je ne comprends même pas que ce soit possible d’échanger et de capter ces conversations, alors que j’ai des ressentis si partiels et aléatoires, quelque part je ne comprends pas…

Et j’ai comme l’impression que vous n’avez rien à répondre à ça…

Quelqu’un qui ne veut pas croire ne croira pas. Encore une fois nous te répétons que c’est une question de foi. Et que peut-être est-ce justement un travail pour développer ta foi. As-tu besoin de connaître nos noms ? Si de toute façon tu n’es pas capable de percevoir notre signature énergétique, cela ne sert absolument à rien. Juste à t’induire en confiance en brandissant un nom, alors que tu n’es même pas capable de vérifier la véracité d’une telle information. Et cela peut en effet permettre à d’autres entités de se faire passer pour ce qu’elles ne sont pas. De cette façon, tu dois apprendre à te fier à tes ressentis et à les développer.

A vrai dire, je ne sais pas quoi penser de cette conversation. A chaque fois qu’on parle de ce genre de choses, j’ai juste le sentiment d’être une cinglée… Et je n’aime pas ça du tout.

Qui peut juger de ton état de santé mentale ? Qui est apte à dire ce qui est normal ou pas ? Ne crois-tu pas que quelqu’un qui débarquerait sur le blog de Camille Fraise sans croire aux rêves lucides, lui dirait qu’elle délire à fond ? C’est pareil pour chacun. Il n’y a que toi-même qui peux juger de la justesse de ce qui t’est transmis en observant la façon dont cela te sers. Est-ce que cela te plombe ? Ou t’aide à réfléchir ? Voir les choses autrement ? Prendre conscience de certaines choses ? Nous savons que si tu continues à écrire avec nous, c’est bien parce que tu y as cerné un intérêt.

Même s’il est vrai que parfois cela peut être destructeur, de façon temporaire. Et je sais qu’en disant ça tu penses à la prise de conscience de ton viol, mais aussi à la prise de conscience de ta peur des hommes et de cet article qui a précipité la fin de ton couple.

Tu peux nous accuser d’en être coupable. Mais la vérité est que tout ceci ne sont que des déclencheurs pour te faire évoluer, pour te faire réfléchir, te faire sortir de tes zones de confort et te pousser à faire face à tes peurs, tes blocages et tes limitations. La première étape pour faire changer une situation est toujours, toujours, la prise de conscience. Nous sommes là pour t’aider dans ce sens-là, parce que c’est toi qui nous l’as demandé avant. Nous rendons cela possible, bien que tes énergies ne soient pas toujours facilitantes. Et ton mental non plus. Tu es en effet beaucoup de rigidité lié à ta personnalité, à tes peurs surtout. Car dis-toi bien que toutes ces résistances sont une barrière de protection de ton égo face à la peur du changement et de la dissolution de celui-ci.

Et l’une d’elle est la croyance que je ne suis pas capable de ce genre d’échange, hein ?

Oui, pour les discréditer, les mettre de côté alors que parfois elles te posent question, te dérangent.

Et puis je repensais à cette histoire de plafond en spiritualité… C’est vrai que j’ai du mal aussi à croire pouvoir faire un certain nombre de choses en spiritualité. J’ai peur de m’illusionner, ou encore que ce soit une forme d’appel de l’égo, comme cela peut l’être pour d’autre : « regardez, moi je suis untel, je sais faire ceci et cela, je suis avancé spirituellement ». Une façon pour l’égo de se croire supérieur à la masse et de se complaire dans une image « évoluée » alors que la personne stagne.

Tant que tu déchanteras, que tu feras face au bon comme au mauvais, au simple comme au difficile, et que tu ne te contenteras pas d’un titre ou d’une reconnaissance par autrui, tu t’écarteras de cet écueil. Il existe, mais pour le coup, ton égo s’en sert pour te freiner. Dis-toi que nous serons là pour te mettre un coup de pied aux fesses le jour où cela arriverait.

Oui mais… J’ai bien vu quand j’ai donné mes premiers soins de l’utérus à d’autres femmes qui ne connaissaient pas, qu’une partie de moi (mon égo) était attirée par le fait d’avoir un public (le lieu était en plein air), d’autres femmes du partage qui me voyaient faire, et j’ai senti cette petite partie de moi flattée quand l’organisatrice a pris des photos de moi pendant les soins.

Et pour autant, accepterais-tu que ces photos soient diffusées ?

Absolument pas. D’ailleurs une autre part de moi n’a pas du tout apprécié qu’elles prennent ces photos sans me demander mon autorisation ou celle de la receveuse. Parce que je considère qu’un soin est un moment intime qui n’appartient qu’à la personne qui reçoit. La disposition en extérieur ne permettait pas d’être isolée des regards, mais ce n’est pas pour autant que je jetterais la chose en pâture.

Et puis tu n’aimerais pas, que par le plus grand des hasards, ces photos atterrissent devant ton patron, n’est-ce pas ?

Non, pas du tout.

Séparation de la vie perso et de la vie pro, hein ? Même raison pour le fait que ton nom n’apparaisse pas sur le programme de cette journée de soins. Ni sur le site officiel des Moon Mothers. Tu le caches, tu caches ton implication dans des techniques de soins énergétiques.

Au boulot, oui. Dans la vie privée, ça dépend avec qui…

Et c’est pour ça que tu n’étais pas très à l’aise avec le fait d’amener ta collègue et de lui donner un soin. En soi même, cela ne pose pas de problème – bien que tu ais eu beaucoup de mal à dépasser ta restriction séparation vie privée/vie pro pour sympathiser avec elle – c’est plutôt le risque qu’elle en parle au travail.

Et bien oui, j’ai beaucoup de mal… Quand je suis au boulot, je suis en mode « boulot », je n’ai pas trop de considérations pour l’état émotionnel et psychologique de la personne, du moment qu’elle a l’air en bonne santé. Moi, je ne regarde que le boulot fait, c’est-à-dire l’efficacité concrète. Je sais que parfois je peux être très exigeante, un peu autoritaire quand il s’agit du boulot, mais je le suis autant avec moi-même, sinon plus qu’avec les autres. Parce que je veux que les choses soient faites et bien faites, que cela avance.

Alors que dans la vie perso, je suis différente, je suis très compatissante, hypersensible. Sans réelle motivations, ni objectifs, j’ai plus tendance à me laisser porter et ne pas savoir ce que je veux. Je suis moins sérieuse et moins exigeante, j’aime déconner. Je relâche ma garde et dans ces moments-là je suis plus ouverte sur le plan personnel.

Je sais qu’il y a peu d’amies avec qui je peux travailler. Et que même avec elles, je faisais la distinction « là on bosse », « là on prend une pause ».

Tu te rends donc bien compte de la rigidité de ton mental, à séparer strictement les deux sphères, au point d’en avoir des difficultés relationnelles avec ta collègue.

Et bien… quand on est en mode hors boulot, ça va, même si on n’a pas forcément les mêmes centres d’intérêt et que parfois je ne sais pas trop quoi dire… Mais après c’est le switch au boulot, je ne sais pas comment reprendre avec la personne dans le cadre du travail. C’est bizarre, je me sens mal à l’aise. Parce que, comme je manque de temps et que j’ai milles trucs à faire, je vais à l’essentiel sur les questions boulot et je ne parle pas du tout de vie privée. De toute façon, je ne m’y sentirais pas à l’aise pour avec mes autres collègues autour… Mais du coup, j’ai l’impression d’ignorer la « personne humaine » et je n’aime pas ça…

Ahaha, je suis vraiment nulle en terme de relations sociales… Mais tu vois je trouve que cette conversation prend une drôle de tournure et je n’en vois pas l’intérêt.

Tu vois que tu fais preuve d’une grande rigidité mentale au niveau de ce qui encadre ton travail. Tu as également pris conscience que finalement, ce n’était pas tant les heures supplémentaires qui te posaient problème que la fatigue qu’elles engendrent. Parce qu’en réalité, tu ne te retrouves pas dans ton travail. Tu fais ce que tu fais sans envie, sans réelle motivation. Cela te pèse, ne te stimule pas, du coup, plutôt que de te porter, cela t’épuise. Je sais que cela t’a choqué de le comprendre. Après tout, tout le monde te dit que travailler sur la production de plantes médicinales « c’est génial ».

Oui c’est génial en théorie, mais en pratique, au vu des tâches et de ce que je fais, pas vraiment… On peut aimer les carottes, mais si on est commercial pour carottes, on ne les touche même pas… C’est un peu caricaturé mais…

Et si je t’ai fait parler de ta collègue, c’est parce qu’elle est une brèche entre tes cloisons de vie privée et de vie pro. En ayant accepté de te confier à elle sur le sujet des partages de femmes et des soins de l’utérus –alors que rien ne t’y obligeait- tu as ouvert un sas entre les deux. Tu as osé lui faire confiance et laisser le féminin créer un pont entre ces 2 parties de ta vie, via elle. C’est important de noter cette évolution. Elle te parait minime, mais elle ne l’est pas tant que ça.

Je ne sais pas, j’ai suivi mon intuition… Je savais qu’en prenant cet appel devant elle, elle entendrait certains mots comme « soin », « bénédiction ». Et je voulais justement voir si elle le relèverait et poserait des questions, ce qui a été le cas. Comme cela venait d’elle, du coup j’ai ouvert la porte. Après tout, elle m’avait bien dit qu’elle était intéressée par la hutte de sudation chamanique. Mais l’important, c’est surtout que cela lui serve à elle. Alors qu’avec une autre stagiaire, on a parlé de règles et de cycles, j’en ai profité pour lui tendre une perche, mais elle ne l’a pas du tout attrapé. Je sais que c’est libre aux personnes. Je sais aussi que pour ce genre de choses, on ne fait que transmettre quelque chose à un instant précis, un quelque chose qui ne nous appartient pas. Et cela ne me dérange pas. Je préfère être une passeuse que quelqu’un qui se proclame détentrice d’un savoir unique indispensable. Car je pense qu’il n’y a pas un chemin, une bonne méthode, une seule technique valable. Il y a une grande diversité d’outils, de méthodes, de techniques de soins et c’est très bien, parce qu’on est tous unique et une chose ne nous correspond pas à tous.

Alors oui, tout est juste. Je comprends ça.

Alors pourquoi donc cette façon d’écrire et de canaliser ne serait-elle donc pas juste pour toi ? Si c’est ce qui te correspond et t’aide ? Ce qui t’amène à ouvrir ton esprit, élargir tes horizons et réfléchir autrement ?

Qu’importe le jugement. Je sais que tu as peur des jugements d’autrui par rapport à ton blog, et surtout par rapport aux personnes qui connaissent ton identité réelle. Que tu trouves que l’écriture « inspirée » est souvent louche et que tu es la première à être méfiante quand quelqu’un te dit le faire. Pourtant, tu ne remets pas en cause les écrits de Sylvie, ni même ceux de Camille Fraise. Parce que tu respectes ces personnes, et au final peu importe que cela soit vrai ou faux, tu trouves que cela est en cohérence avec elles-mêmes.

Je ne suis pas sûre de pouvoir en dire autant de mes écrits. On commence à un endroit, on finit à un autre, en prenant un chemin sinueux parfois obscur. On ne parle pas des choses dont je voudrais qu’on parle réellement.

Il faut parfois être humble et savoir se laisser guider. Peut-être que ton égo a envie qu’on parle d’un autre sujet. Mais peut être que ce que je te dis aujourd’hui est ce qui te servira le plus dans les jours qui viennent. La magie de la guidance c’est qu’elle est unique et qu’elle correspond toujours à la personne qui la reçoit, tu l’as bien compris. C’est pour ça que tu écris pour toi ici. Malgré tout, cela peut aussi inspirer, donner un exemple parmi tant d’autres et c’est aussi pour ça que c’est intéressant de partager. Oui tu pourrais garder tes écrits pour toi sans les publier sur ton blog. Mais nous ne t’y encourageons pas. Parce que cela peut faire réfléchir d’autres personnes et surtout toi t’aider à gagner en assurance et apprendre à t’affirmer un peu plus sur ce plan-là.

Peut-être. Pourquoi pas ? Merci.

24 mai 2016

Effet miroir

Artiste :
Artiste : Guweiz

Je suis en colère, très en colère contre mon supérieur. Je lui ai adressé une demande de récupération d’heures supplémentaires et il l’a refusé. Pour le seul motif de « pas possible », alors qu’il n’y

a absolument aucune réunion de planifiée ce jour-là, et qu’il n’y a rien qui le justifie. Ce à quoi il rajoute « et pas stp dans le prolongement des we ».

Il n’y a aucune loi qui justifie cette demande et qui interdit de prendre son repos compensatoire un lundi ou un vendredi. Aucune. C’est lui qui a décidé ça, parce qu’il veut que je sois présente « les jours importants de la semaine pour prendre des décisions ». Ce sur quoi je serais d’accord si on avait effectivement des réunions le lundi et le vendredi de façon récurrente mais c’est faux. Il peut être à l’autre bout de l’île et ne même pas m’appeler de la journée un lundi ou un vendredi.

Par contre, il a bien essayé de m’appeler le lundi de pentecôte, jour férié, alors qu’il savait que je ne travaillais pas. Et pourquoi ? Parce qu’il avait besoin d’une info à l’arrache, car il n’avait pas anticipé son déplacement et ne s’était pas renseigné auprès de moi le vendredi…

Je ne suis pas contente, car je ne vois pas en quoi avoir un we prolongé m’empêche d’être efficace au travail. Trois jours d’affilé c’est plus efficace pour bien se reposer, faire 3 longues nuits d’affilées, se déconnecter du boulot et déstresser pour repartir sur un bon pied. Surtout après des semaines de 45 à 50h sur le terrain, qui sont physiques et éprouvantes.

A contrario de lui, je n’ai personne chez moi qui me fait le ménage, la lessive, la cuisine et qui me permet de rentrer tard pour me mettre les pieds sous la table. J’ai également besoin de beaucoup d’heures de sommeil à cause de la fatigue engendrée par l’endométriose et simplement des besoins de mon corps. Je n’ai pas mon cota quand j’enchaine les jours sur le terrain où je commence à 7h au lieu de 9h pour rentrer à 19 ou 20h. C’est mathématique. Et si j’accumule la fatigue, je finis par tomber malade et carrément être en arrêt maladie.

Ou bien encore, les semaines passées, comme j’étais beaucoup sur le terrain, je ne pouvais pas manger chez moi, et comme je rentrais tard, je n’avais pas le temps de cuisiner. Or pour manger sur le pouce, on n’a pas trop le choix, c’est sandwich ou carry avec du riz. Comment éviter le gluten et le riz alors, qu’en trop grosse quantité ils me bloquent le système digestif ? Pas facile, donc cette semaine, me voici à payer les pots cassés et être malade du ventre…

Et tout ça, il ne le voit pas. Je n’ai pas envie de lui expliquer, c’est ma vie privée, ça ne le regarde pas. Je ne devrais pas avoir à justifier de récupérer mes heures supp. Puisqu’il ne peut pas me les payer.

Et puis surtout, tu ne veux pas lui parler de ta maladie et des conséquences sur ton quotidien. Tu as peur de son jugement, qu’il t’étiquette « malade, faible, non fiable ».

Mais je ne devrais même pas avoir à en parler !! Je trouve ça injuste. J’aimerai juste préserver ma santé, parce que je ne peux pas tenir avec de grosses semaines comme ça.

Qui n’ont pas été une majorité jusque-là.

Oui, mais il va m’en demander de plus en plus. Et là, je vois bien tous les jours d’analyse qu’il va vouloir que je fasse d’ici mes congés. C’est à l’autre bout de l’île, cela implique des journées de 10 à 12h, avec de la route qui me fatigue particulièrement. Si je fais tout un paquet d’heures supp sans pouvoir récupérer au fur et à mesure, je ne tiendrais pas le coup.

En plus, il me demande de voir ça avant avec lui, mais c’est pour ça que je lui ai soumis ma demande ! Et si je demande le lundi, ce n’est pas par hasard. C’est parce que je sais que j’aurai besoin de récupérer et de dormir après la pleine lune, la bénédiction mondiale de l’utérus et les soins. Que je ne serai pas efficace cette journée-là.

Tu pourrais ne pas les faire pour être sûre d’être en forme à ton boulot.

Et bien ce n’est pas comme ça que j’envisage ma vie. Je ne veux pas que mon boulot m’empêche de vivre, de profiter de ce qui s’offre à moi le we, alors qu’il m’empêche déjà de le faire la semaine, avec mes horaires aléatoires d’une semaine sur l’autre. Parce qu’il me fait bien rire mon supérieur. Quand je lui dis que j’ai besoin d’avoir le planning des sorties une semaine à l’avance, il me dit que c’est pour ça qu’il est le 1er à demander qu’on planifie. Mais il est surtout le 1er à rajouter des sorties à l’improviste ou à me demander des trucs en urgence.

Je sais que je vois probablement les choses uniquement sous mon angle, avec le voile de la colère et tout. Mais cela fait surgir un terrible sentiment d’injustice en moi. Cela ma frustre, me donne envie de pleurer. Je déteste ce sentiment de ne pas avoir le contrôle de ma vie, que ce soit mon supérieur, par ses décisions et son pouvoir qui impacte sur ma qualité de vie, mon quotidien et ma santé. Je déteste être dans cette situation.

Face à un homme à l’autorité abusive, en situation de domination sur toi.

Oui, je sais que cela me renvoie à ma situation de viol. Qu’il y a quelque chose, un schéma qui se répète et à comprendre. Je sais qu’il y a aussi probablement une grosse part de mon égo qui refuse d’être traitée comme ci ou comme ça, qui se révolte à la moindre situation où il perçoit un manque de respect. Perception qui n’est pas toujours vrai.

Ma psy me disait que vu ce que je lui racontais, mon supérieur lui semblait quand même capable de dialoguer et d’entendre certaines choses. Mais quand je vois sa réponse « pas possible. » je n’ai pas cette impression.

Il a pourtant essayé de t’appeler juste avant.

Pour qu’il s’énerve au téléphone sur moi parce que je lui demande quelque chose qui ne lui fait pas plaisir ? Non merci.

Tu as évité la confrontation directe. Tu as toujours peur de lui, surtout face à de sujets sur lesquels tu sais qu’il risque de partir au quart de tour. Tu t’es toi-même mise dans une situation propice à un refus ferme, tu en es consciente ? Tu aurais dû lui présenter autrement, faire preuve d’arguments, de sentiments, etc… Bref, utiliser ses propres armes.

Mais ce n’est pas mon fonctionnement. Moi je ne suis pas calculatrice et manipulatrice. Je ne veux pas avoir à me justifier, à étaler ma santé et ma vie perso pour obtenir gain de cause.

Quand le cadre est souple d’une façon qui t’est favorable, tu ne protestes pas. Mais quand c’est dans le sens inverse, tout de suite tu te braques. Il n’est que le miroir de ton propre comportement, il agit de la même façon, sous l’angle d’un patron. Tu ne peux pas prendre sans donner.

Mais je veux juste récupérer ce que j’ai déjà donné et qui d’ailleurs a impacté ma santé !

Parfois il faut accepter de donner sans avoir de retour immédiat. Parfois il faut apprendre à composer avec. A trouver d’autres solutions. Si le modèle actuel ne te permet pas de prendre soin de ta santé en répondant aux exigences de ton travail, il faut que tu fasses preuves d’adaptabilité, de souplesse pour modifier tes habitudes extérieures au boulot. Quand tu sauras capable de répondre aux besoin de ton corps même dans des conditions compliquées, alors ce sera plus simple et plus facile quand tu seras débarrassée de ces contraintes.

C’est aussi pour te pousser à la créativité, peu importe les contraintes, comme l’a dit l’astrologue qui a fait l’étude de ton thème. Cela ne te sert à rien de te braquer. Si ce n’est trouver un mur devant toi, infranchissable, et créer une situation qui deviendra insupportable à vivre au boulot. Et qui te forceras à partir et à recommencer ailleurs tant que tu n’auras pas appris et surmonter l’obstacle.

Vois concrètement toutes les émotions qui sont réveillées par cette situation. La colère, le sentiment d’injustice, la tristesse, le désespoir, la frustration, la peur aussi. Vois-les, mais n’agis pas sous leur impulsion, cela ne te rapportera bien de positif. Si tu te braques, ou que tu réponds agressivement, tu fermes toi-même la porte au dialogue, à l’échange et au compromis.

C’est comme cette histoire d’heures supplémentaires et d’horaires. Tu notes tes heures car tu as décidé que « tu ne voulais pas te faire enfler comme dans ton job précédent ». Donc tu réclames des jours en fonction de ces heures supplémentaires. Et tu te vexes à la demande de ton patron de faire un tableau récapitulatif de tes heures supp. Mais lui non plus ne veut pas se faire enfler. Sa demande est légitime.

Cela découle aussi du fait qu’avant, quand j’étais en volontariat, il était moins sur mon dos, je gérais mes horaires un peu plus librement, j’équilibrais moi-même mes journées dans la semaine. Et à ce moment il ne s’opposait pas à ce que je récupère des vendredis aprem par exemple. Du coup, évidemment, je n’accumulais que peu d’heures supplémentaires car j’équilibrais au fur et à mesure et puis je faisais moins de sorties sur le terrain. Mais maintenant, je ne peux plus faire face, car il est tout le temps sur mon dos, et je dois avoir une bonne raison si je dois partir plus tôt.

Tout ça me frustre et m’énerve, et je n’ai pas envie de dépenser mon énergie dans ça, d’être habité par ces émotions-là à cause du boulot.

Pourtant tu es bien consciente que c’est toi qui a provoqué cette situation ? Tu savais que cela risquait d’arriver si tu lui demandais une récup sans lui en parler en face. Tu as préféré prendre le risque.

Parce que si je ne le demande pas maintenant, alors que j’en ai besoin, quand vais-je le faire ? Oui, c’est moi qui ai provoqué la situation, parce que je veux y faire face et trouver un équilibre qui me respecte et soit viable. Et je ne sais pas comment faire.

Moi je ne peux pas être motivée et efficace au boulot si je suis toujours sur les rotules ou toujours malade, ce n’est pas possible. J’ai besoin de prendre soin de moi au quotidien, donc de bien dormir et de bien manger. Ce que je n’arrive pas à faire quand mes semaines sont trop chargées. Or si je ne peux même pas récupérer à la suite pour équilibrer, pour me reposer et me remettre sur de bons rails, je ne sais pas comment faire. Et cela me désespère et me fait peur.

Ne penses-tu pas que tu te fais toute une montagne de quelque chose de simple ? Que cette montagne masque autre chose, quelque chose que ton égo ne veut pas que tu vois, pour garder un certain contrôle via la peur ?

Et quel est ce quelque chose ?

La peur de l’autorité et la peur de l’abus. J’ai envie de dire que c’est presque par principe que ton égo s’oppose à ton supérieur. Il est dans la révolte, sur la raison de se faire respecter. Qu’en en réalité ce qui te gêne vraiment, c’est le fait que tu vis les décisions de ton supérieur comme une sorte d’abus, car cela impacte indirectement sur ton propre corps physique, via ta santé.

Tout autant comme tu as peur de sa colère, car tu as peur de craquer émotionnellement face à lui et d’être dans une situation de faiblesse et de vulnérabilité face à une personne masculine qui te domine. Ce sont des schémas qui font écho à ton viol. Oui tu l’as compris. C’était bien de réussir à l’admettre et le voir auprès de ta psy même si tu as bien senti de très grandes résistances de ton mental.

Ce n’est pas en ton supérieur que tu dois voir l’ennemi, contre qui tu dois te braquer. Il n’est qu’un miroir qui peut te permettre de prendre conscience de tes blocages et de tes blessures pour travailler dessus, sans revivre de façon physique et sexuelle l’expérience de ton viol.

Il est d’ailleurs à souligner qu’il est étrange que tu ais tellement peur de la colère d’un homme en situation de domination sur toi de par son pouvoir d’autorité, alors que ton viol n’a pas été « violent physiquement ». Pourquoi donc avoir peur d’être frappée ?

Je ne sais pas. Je suis déprimée et désespéré de voir combien les traumatismes de mon viol ressortent encore et partout, sous tant de multiples formes. J’ai l’impression à chaque fois de me heurter à un mur qui revient sans cesse sans que je m’y attende et que je n’arrive pas à surmonter.

Alors vois cette expérience comme une opportunité. Ne te braques pas, ne fermes pas la porte. Accepte de vivre en pleine conscience cette expérience, même si cela implique de te mettre en situation de domination et « d’abusée » comme tu le perçois. Pour te permettre de vivre certaines choses, certaines émotions, de déverrouiller certains blocages, d’évacuer certaines mémoires, d’avoir des prise de conscience. Jusqu’à ce que tu sois capable de modifier tes perceptions, de sortir du schéma de victime/bourreau.

Cette situation est moins extrême que ton job précédent. Mais elle pourrait le devenir rapidement si tu te braques et ne fais pas preuve de souplesse. Il appartient à toi de céder pour te rendre la situation moins difficile et plus vivable. Tout en trouvant des alternatives et des solutions pour que cela n’impacte pas ta santé. Oui, il te faudra peut-être renoncer à certaines choses pour cela.

Je ne vois pas comment concilier travail et santé dans ces circonstances là… Et franchement, j’ai du mal avec ce que vous me dites. Je vais avoir besoin d’aide pour prendre du recul, ne pas m’emballer, essayer de comprendre les choses et décortiquer les messages profonds… Parce que tout ça me semble un travail de titan…

Fais ton travail correctement, fais du mieux que tu peux chaque jour. Ne te laisses pas aller. Ainsi tu seras irréprochable et cela te donnera une meilleure confiance en toi pour faire face à la situation. Tu n’es pas une « surfemme » et tu ne pourras pas faire plus ce qu’il est possible en un certain nombre d’heures. Mais ton supérieur ne pourra rien te reprocher sur ce plan là, et il verra bien que tu y mets du tien. Cela marchera mieux dans ce sens-là, plutôt que de te braquer et d’exiger le respect de tes droits, en donnant l’impression que tu veux en faire le minimum possible maintenant que tu es en CDI.

Ce n’est pas que je veux faire le minimum possible. Car je suis exigeante avec moi-même et je culpabilise quand je me tourne les pouces, ce n’est pas dans ma nature. C’est que je veux le faire dans de bonnes conditions. Pouvoir être efficace parce que je serais en forme et en bonne santé. Et pas vidée et épuisée par mon boulot, à ramer, parce que c’est un cercle vicieux. Plus tu es fatiguée, moins tu es efficace au boulot, plus tu as besoin de temps pour faire les choses, plus tu fais d’heures supp, moins tu récupères, plus tu te fatigues, et moins tu es efficace… C’est une boucle mortelle, je l’ai déjà expérimenté pendant les études. Je ne veux pas qu’elle se mette en place.

Alors c’est plutôt ça que tu devrais lui expliquer, il le comprendra mieux. Lui présenter l’intérêt pour lui, et pas seulement pour toi en donnant l’impression de rechigner à travailler.

Merci pour cette discussion.

18 mai 2016

 

S’affirmer

Artiste
Artiste : Kyrie0201

Je suis contente, j’ai fait du shopping et j’ai trouvé ce que je voulais !

Même si tu n’as pas pu aller à l’atelier d’art créatif ?

Bof, c’est pas grave, je n’avais pas envie de courir et d’être en retard. J’étais fatiguée et puis j’avais envie de m’arrêter au bord de la mer. C’est l’avantage d’être sur une ile, la mer est partout et très proche. Le soleil brillait fort, le bruit des vagues était berçant. Ça m’a fait du bien. Et puis la mer fait tellement de bruit que j’ai pu chanter à pleine voix sans me préoccuper d’être entendue. J’aime bien cette petite plage, il n’y avait pas beaucoup de monde, une plage nature et sauvage comme je les aime, même si ce n’est pas la porte à côté. J’étais déçue de ne pas avoir pensé à emmener dans ma voiture une serviette, mon bouquin, ma crème solaire, mon chapeau. J’ai été un peu prise au dépourvu !

Mais c’était bien quand même ?

Oui ça m’a fait du bien. Cela fait très longtemps que je n’avais pas eu ni l’énergie, ni l’envie, ni le temps de sortir pour moi toute seule.

C’est pourtant simple au final. Il te suffit d’enfiler tes talons, de prendre tes clés de voiture, de ne pas oublier un sac de plage que tu devrais tous le temps laisser dans ton coffre.

Oui c’est une bonne idée ! C’est tellement plus simple maintenant que j’ai enfin une voiture ! Même si techniquement, elle est en réparation et qu’on m’en a prêté une… Je n’avais pas de mal avant à oser faire ça, à sortir seule, à aller où j’en avais envie, sur une impulsion. Mais le problème c’est que justement les impulsions me manquent.

Il faut parfois se forcer un peu. Pourquoi rester chez toi à déprimer alors qu’il fait soleil ? Tu peux te sentir seule aussi sur la plage, ce sera déjà un peu plus agréable.

Le problème justement c’est que c’est douloureux. Faire les choses seules avant ne me gênait pas autant, parce que je savais que c’était en attendant de pouvoir le faire avec mes amis, ma famille. Un peu comme une exploration et si je découvrais un truc cool, je pourrais leur montrer. Ici… Personne n’a les moyens de se payer des billets d’avion pour venir me voir. Mes parents sont déjà venus une fois, ils ne savent pas quand est ce qu’ils pourront de nouveau.

Et qu’as-tu acheté pendant ton shopping ?

Presque que des choses dont j’avais besoin, presque lol. Je me suis rachetée 2 soutiens gorge à dentelle. Car j’en avais marre de ne porter que mes modèles sports que j’utilise quand je suis en sortie sur le terrain. Dégoutée aussi que toute ma belle lingerie soit trop petite, à 100€ le morceau (souvent des cadeaux) ça me fout les boules. Car il semblerait que j’ai pris un tour de poitrine. Sauf que ça ne m’enchante pas trop, car j’ai l’impression d’avoir gonflée de partout, certes des seins, mais aussi du ventre, des fesses et des cuisses. La vendeuse m’a demandé comment je faisais… et je lui ai répondu que c’était probablement à cause de mon traitement hormonal. Ce à quoi elle a répliqué qu’elle voulait bien le même alors. Je n’ai pas osé répondre. A quoi bon ? Elle l’a dit innocemment sans se rendre compte que cela m’a blessée.

Pourquoi ?

Parce que je préfèrerais largement troquer un bonnet de moins contre mon endométriose. C’est comme si cette maladie et mon traitement rendaient la compréhension de mon corps encore plus compliqué. Je ne retrouve plus aucune logique de cycle malgré mes observations. Un coup je gonfle, l’autre ça va mieux. Je me demande si je ne me mets pas à faire de la rétention d’eau comme à la ménopause ? Mon acné est supra aléatoire, comme l’est l’hydratation de ma peau et de mon cuir chevelu (contrôlée en partie par les œstrogènes), ce qui donne des démangeaisons. Mes ovaires semblent maintenant gonflé en continue, et joue probablement un rôle dans ma sciatique, puisque prenant 3 fois leur volume normal, il force le bassin à s’ouvrir plus, font prendre une posture déformée qui est à l’origine de mes contractures et de ma sciatique tronquée.

En fait, j’ai surtout l’impression de ne jamais en voir le bout. Quand ce n’est pas la crise de fatigue, c’est les problèmes de vessie, ou de système digestif ou encore hourra, la sciatique. Et tout ça, le traitement hormonal ne joue pas dessus. Parfois je suis vraiment découragée.

Je disais l’autre jour à ma kiné, que même si je n’étais pas stérile, je ne savais pas si je voudrais un enfant. Car je suis tellement épuisée et sollicitée par ma maladie, que je n’aurais jamais la force, l’énergie et le temps de m’occuper d’un enfant.

Et est-ce grave ? La priorité n’est-elle pas de savoir prendre soin de toi-même ?

Si je sais… C’est d’ailleurs pour ça que je me suis rachetée un beau pyjama tout neuf, tout doux et tout confortable. Quitte à passer du temps en pyjama à cause de ma maladie, autant en avoir un sexy ! C’était ma 2ème priorité après la lingerie. J’essayerai d’en trouver un autre sympa en métropole. Histoire d’en avoir quelques-uns de jolis et d’assortis et de ne pas avoir l’impression de me trainer en guenilles chez moi quand je suis malade. Ça joue aussi sur le moral.

Tout comme ça t’a fait plaisir de sortir en mettant tes belles chaussures, du rouge à lèvre et ton collier préféré.

J’en avais besoin. Je commence à péter une pile de rester chez moi en pyjama quand je suis malade, ou bien de porter des vêtements qui ne me plaisent pas au boulot parce que c’est physique, salissant, et je ne parle même pas des jours où je vais en cambrousse avec mes godasses de terrain. J’avais envie de me sentir belle, ou à défaut, au minimum de ne pas me sentir fagotée comme un sac à patate. Une question d’estime de soi je crois… Me sentir féminine peut être ? Comme je me sentais avant, quand j’étais à Rennes, avant même de rencontrer mon ex. Juste le plaisir de me faire belle pour moi-même, d’aimer mes vêtements, mon style et me sentir à l’aise dans mes baskets.

C’est plus facile de sortir comme ça ?

Oui beaucoup plus, je crains moins les autres, la foule quand je suis plus sûre de moi, plus centrée dans mon corps. Il y a tellement de vêtements, que j’ai laissé en métropole, que j’aime bien et que je ne pensais pas pouvoir porter ici. Et puis j’aimerais bien trouver un pantalon en sky pour aller avec ce top rouge bordeaux. Ça irait super bien ensemble, et avec mes jolies chaussures. Après, porter ça au boulot… c’est une autre histoire…

Pourquoi ça ?

Je me vois mal recevoir des agriculteurs en entretien habillée comme ça. Ça ne fait pas sérieux « dans le monde agricole ». Et si je dois aller sur le terrain à l’impromptu, ou travailler dans le hangar, ça veut dire qu’il faut que je me change… Vu comment mon supérieur passe sa vie à changer d’avis, me demander les trucs au dernier moment, ça risque d’être compliqué… Et puis j’avoue, j’ai peur de ses remarques.

Crois-tu qu’il est censé avoir son mot à dire sur la façon dont tu t’habilles si tu es capable de faire ton travail correctement ?

Non.

C’est aussi une question d’affirmation de soi. Tu sais que tu as un style qui sort un peu de l’ordinaire. Toi-même tu te faisais la réflexion que tu voulais avoir un look confortable mais sexy. Quel mal y-a-t-il à ça ? Même si tu sais que ton look est plutôt « rock » et qu’il n’est pas forcément classique. Après tout, tu ne l’es pas non plus, comme te l’a dit Patricia. Alors pourquoi le cacher ? Pourquoi ne pas être en accord entre ton intérieur et ton extérieur, à cause de la peur du jugement, du regard des autres ? Tu es différente, parce que tu es unique. Ta maladie te donne un bonnet D et du ventre ? Et bien soit, fait avec. Tu as compris que tu devais privilégier les tops type empire, qui souligne la poitrine et le décolleté tout en cachant le ventre, c’est dans ce sens qu’il faut aller.

Et si ton supérieur te fait des remarques, ne les laisses pas passer. Demande-lui si cela t’empêche de faire correctement ton travail et de mettre ta tenue de terrain. Fais lui remarquer que même ton propre père ne se permet pas de faire des remarques sur tes vêtements. Si tes tenues ne sont pas indécentes et ne te gênent pas pour travailler, alors il n’a aucun le droit de te dire quelque chose. Et si c’est le cas, remets le fermement mais gentiment à sa place. Tu dois apprendre à t’affirmer et te libérer de tes peurs concernant cet homme et globalement tous ceux qui représentent l’autorité. Tu as bien une collègue qui met des tenues très féminines.

Oui mais elle est en boutique et elle conseille sur des produits en lien avec la beauté, alors… C’est aussi quelqu’un qui semble toujours avoir peur de se casser un ongle et qui ne veut pas se salir les mains.

Tu te mets toi-même des restrictions. Il ne tient qu’à toi de te sentir bien au quotidien dans tes fringues. En osant porter des choses qui te ressemblent à ton travail. En étant prévoyante et en ayant toujours une tenue de terrain dans ton coffre. Si ton patron exige là tout de suite que tu ailles sur le terrain, expliques lui que tu es actuellement sur un tâche importante que tu souhaites finir, que ce n’était pas prévu et que tu n’es pas habillée pour, mais que tu peux y aller dans 1h ou cet après-midi.

Il trouve incohérent que ta collègue te demande la veille pour le lendemain ou le jour même d’aller à une réunion à tel endroit. Mais il ne fait pas mieux avec toi, t’ordonnant ceci ou cela au dernier moment. Comment peux-tu gérer ton emploi du temps et tes tâches, s’il te rajoute toujours des choses à l’improviste ? Tu dois être plus ferme avec lui sur ça. Lui dire ok, mais là j’ai ceci et cela de planifier, donc après. Et aussi lui demander de te donner les tâches plus en amont pour que tu puisses t’organiser.  Tu n’es pas une ouvrière qui accomplit les tâches au fur et à mesure qu’on lui donne, tu es une ingénieure censée planifier, organiser, gérer ton travail et être autonome. Rappelles lui la différence, tu n’es plus en VSC. Ne le laisses pas te priver de tes capacités d’organisation par son besoin de contrôle permanent.

Plus facile à dire qu’à faire.

Penses-y. Pense à une manière de lui expliquer gentiment mais fermement.

Oui, merci…

7 mai 2016