Transformations

Artiste : Kuvshinov-Ilya
Artiste : Kuvshinov-Ilya

Cela fait un moment que je n’ai pas écrit sur mon blog. J’en avais l’envie et puis je n’arrivais jamais à trouver le temps et l’énergie pour rester derrière mon clavier. Les choses ont pas mal changé pour moi depuis mon départ en vacances et mon retour à la Réunion. Beaucoup de retrouvailles, de moments en famille, de discussions, de prises de conscience, de rencontres aussi. Beaucoup de transformation. Je me suis vue changée depuis la dernière fois que j’avais les pieds sur le sol de la métropole. Cette période loin de mon bout de caillou m’a aussi permis de prendre du recul sur mon quotidien, sur ma situation engluée dans ma maladie (endométriose), mon travail qui ne me satisfait pas. Mais ce temps m’a aussi permis de concrétiser tous les changements pour lesquels j’ai travaillé cette année.

Ainsi j’ai changé de coupe de cheveux, de lunette, j’ai renouvelé ma garde-robe. Cela peut paraitre superficiel, mais en réalité, les changements d’apparence extérieurs sont toujours le signe d’une évolution intérieure et ce n’est jamais anodin. Alors oui, de grands changements. J’ai fait le pas de prendre des lunettes colorés et rondes, à des années lumières de ce que j’aurais imaginé choisir et oser porter avant. Ma vision évolue vers plus de douceur, plus de légèreté et plus de féminité, comme mes lunettes. Ma coupe de cheveux aussi, j’ai décidé d’assumer mes boucles, qui sont sur-boosté à cause de mon traitement hormonal. De façon ironique, je n’ai jamais aimé les cheveux bouclés sur moi, j’ai toujours trouvé ça vieillot, ça me faisait penser à ma grand-mère. Mais je dois bien admettre que cela met mes cheveux en valeur et adoucit la forme de mon visage. J’apprends donc à assumer.

Il aura donc fallu tout ce temps pour que les transformations intérieures que j’ai vécues à la Réunion s’expriment extérieurement ! Qui l’aurait cru ? Définitivement, prendre de la distance, physique et psychologique, permet d’intégrer plein de choses et de mieux en comprendre certaines. Ironiquement, j’aurais pensé les partager au fur et à mesure sur mon blog, mais certaines choses doivent être vécues parfois tranquillement sans revenir dessus, analyser, disséquer, mettre des mots.

Et mon maître mot a été de profiter, simplement, de l’instant, de mes amis, de ma famille. De tous ces gens que j’aime infiniment et que je n’avais pas vus depuis si longtemps. De profiter et de prendre soin de moi, malgré le mouvement constant, les changements et l’environnement extérieur pas forcément familier. Car j’ai été malade de mon endométriose à plusieurs reprises et pas forcément très en forme tout du long. Mais je l’ai pris avec douceur. C’était aussi l’opportunité d’affirmer mes besoins, celui de me reposer, de faire des siestes, de manger différemment (sans gluten !), de rester au chaud, ou de simplement marcher à mon rythme. Ce dernier point peut paraitre bête et pourtant ! Avec mes ovaires gonflés et douloureux, marcher s’avère parfois me donner la sensation d’avoir des boules de bowling dans le ventre qui jouent avec mes autres organes. Alors je marche TRES lentement, parce que sinon c’est douloureux. Or dans ma vie, j’ai toujours eu l’habitude d’adapter mon rythme de marche à celui des personnes avec qui j’étais. Par exemple mes amis belges marchent assez vite. J’ai dû apprendre à écouter mon corps et ne plus me laisser porter sans le prendre en considération, apprendre à dire « hé, vous marchez trop vite pour moi, j’ai mal au ventre ». Un petit pas important pour moi. Comme apprendre à dire non quand on me propose quelque chose avec du gluten, même si c’est chose a été faite exprès pour moi.

Je ne m’étais jamais rendue compte à quel point j’étais « plastique », combien je m’adaptais aux autres, à leur rythme, à leur alimentation, à leurs envies etc… Quand je suis avec d’autres personnes, j’ai vraiment tendance à « m’effacer », les besoins de mon corps s’effacent, je ne les entends plus, mes envies non plus. Cela m’a toujours créé des problèmes, car après, quand je me retrouvais seule, mon corps se rappelait à moi et me faisait payer les pots cassés, tout comme mes émotions et mon moral. Je n’avais jamais compris que ces « symptômes » étaient en fait l’expression de mon hypersensibilité, couplée à mon empathie. Car finalement, le problème n’est pas seulement d’être submergée par les émotions des autres, mais tout simplement par leurs énergies. Au point d’en oublier les miennes, celles de mon corps, mes besoins et mes envies. La prise de conscience a été claire et en ça, elle a beaucoup été aidée par les articles de Camille Fraise, comme j’en parle ici :  L’histoire de mon hypersensibilité

Alors que faire ? J’ai décidé de me prendre en main, même si c’est le travail d’une vie entière. Accepter mon hypersensibilité doublée de mon empathie. Rien que le prendre en compte et l’anticiper peut changer la donne. Je comprends que je suis trop sensible aux énergies des gens mais aussi des lieux. Que celles de mon travail me plombent. Que celle de mon appartement aussi. Alors je veux changer ça. La première étape a été évidemment de ranger et de nettoyer, mais ça je le fais régulièrement. La deuxième a été de me trouver des alliés. Je me suis mise à chercher des plantes qui m’aideraient à transmuter les énergies lourdes, pour chez moi, mais aussi au travail. Couplée à des cristaux, parce que « Yeah, merci Camille Fraise » ça envoie de la balle au niveau des énergies !

J’ai décidé aussi qu’un certain nombre de « poids émotionnels » au travail n’étaient plus mon problème. Je ne veux plus être le défouloir de mon supérieur, ses émotions ne me concernent pas et la coordination et la prise de décision sont sa responsabilité à lui. Je veux bien être empathe et compatissante, à un moment, quand cela me bouffe, il faut que j’apprenne à poser des limites. Je vais donc travailler sur ça.

Et puis, je me suis instaurée une routine. Celle d’écrire systématiquement dans mon journal tous les soirs. Un petit moment rituel que je m’offre à moi-même. Au début c’était difficile, maintenant j’en écris des tartines. Cela me permet plusieurs choses :

  • Me décharger des émotions qui me pèsent en écrivant dessus. Quand j’ai fait face à une émotion qui m’a déstabilisée et déclenchée un tsunami émotionnel ingérable, j’essaye de revenir dessus, de comprendre la source, le pourquoi, qui, quel émotion, comme proposé par Camille Fraise ici : Hypersensibilité et filtres.
  • Prendre du recul sur ma journée, relativiser les choses, voir ce qu’elles m’ont apporté de nouveau, ce qu’elles évoquent en moi, comment cela résonne. C’est aussi un bon moyen d’apprendre à me connaître.
  • Souligner le positif dans ma journée. Apprendre à voir les choses de façon plus heureuse et optimiste. Parce que j’ai tendance à voir le verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein. Mais, hé ! Si vous êtes comme ça aussi, sachez qu’il parait que c’est un fonctionnement normal et primitif du cerveau humain, qui avait tendance à enregistrer tous les évènements négatifs (dangers) que positifs pour assurer sa survie dans la cambrousse. Bonne nouvelle, on peut rééduquer son cerveau en créant des associations neuronales positives ! Je dois donc avoir un cerveau très primitif… lol !

Bref, tout ça pourquoi ? Et bien ma raison d’écrire ici a elle aussi évolué. Avant, j’écrivais surtout pour me décharger d’émotions et les transformer en une expérience à partager. Ce qui pouvait peut-être être pesant à lire pour certains ? Je ne sais pas à vrai dire. Dans tous les cas, mon journal remplit très bien cet office maintenant, et c’est vraiment mon nouvel ami. Je peux donc dédier cet espace à une nouvelle fonction. J’ai réfléchi à ça, me demandant toujours « pourquoi j’écris ici ? Pourquoi je le partage ? » Et bien, tout d’abord, j’aime écrire. Ensuite, j’aime être lue. Et j’adore encore plus quand cela crée un échange avec d’autres personnes. J’ai reçu des commentaires qui sont pour certains de vrais perles, et ont changé ma façon de penser, mes connaissances et ma vision sur certaines choses. Je pense par exemple à ce magnifique commentaire de Bluebird sur la « construction de son royaume intérieur » (ici : L’histoire de mon hypersensibilité) plutôt que le but d’être heureuse. C’est génial, et à chaque fois cela me touche, m’enrichit et me nourrit le cœur. Je ressens beaucoup de gratitude pour cela. Merci à vous qui me lisez et partagez vos réactions !

Alors je me suis dit que j’allais continuer à explorer ici ma spiritualité. J’ai des tas de questions qui ont émergées durant mes rencontres, mes discussions, mes retrouvailles. Des tas à explorer pour me connaître mieux, et partager une vision parmi tant d’autres, la mienne, qui n’a à offrir de modeste qu’un aperçu parmi la richesse d’une multitude. Mais, hey, si on était tous pareils, où serait l’intérêt ?

Alors, à venir, selon mes envies : quel lien entre plantes et spiritualité ? Quelle place pour la conscience des plantes dans notre société ? Comment changer de regard sur son quotidien ? Que faire quand on se rend compte qu’on veut changer de vie ? En quoi mon endométriose me rend-elle différente ? Quel lien entre hypersensibilité et médiumnité ? Quel lien entre mon endométriose et ma médiumnité ? Quels ont été les facteurs déclenchant pour les deux ? Comment la guérison sur soi par rapport à un tiers affecte ce tiers aussi ? Comment développer sa foi dans la guidance divine ? Et bien d’autres…

31 juillet 2016

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L’histoire de mon hypersensibilité

Artiste : Yumei
Artiste : Yuumei, Through the Distorted Lens

Je n’en reviens pas. Je voulais réserver un foutu Uber pour mon trajet vers l’aéroport, et je découvre qu’on ne peut le faire qu’en utilisant leur application et que mon « vieux » téléphone n’est pas compatible ! Je ne peux même pas le faire sur internet, c’est hallucinant ! Je ne vais quand même pas acheter un nouveau téléphone juste pour une foutue course de 40€ ?!! Cela me frustre et c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Parce que je ne me sens pas bien, je suis encore malade depuis plusieurs jours. Je n’ai pas envie de finir ma valise et de repartir à la Réunion. Je n’ai pas envie de quitter ma famille, mes amis et de me retrouver seule. Je n’ai pas envie de reprendre mon travail, il ne me manque pas, enfin c’est surtout mon supérieur qui ne me manque pas.

Et puis je ne me sens pas bien dans mon corps, voilà deux semaines que mon endométriose me rend malade, que j’ai mal au ventre, que je suis épuisée etc. Je sais ce qui a été le déclencheur, mais je me demande pourquoi, maintenant que le travail d’exploration est fini, cela ne s’arrête pas. Est ce que ce sont mes émotions qui me rendent malade ? Mon hypersensibilité que je ne gère pas ?

J’avoue que ça fait beaucoup à encaisser, ce que j’ai appris sur la nature de ma blessure à l’âme grâce à Sylvie, blessure qui est la source de mon endométriose, et qui me bloque sur beaucoup de plans, notamment celui de simplement me sentir bien dans ma peau. Et puis aussi toutes ces prises de conscience sur mon hypersensibilité.

Ça a commencé avec des questions que je me suis posées au cours de mon dernier article, face à des situations provoquant des tsunamis émotionnels. Et puis beaucoup grâce aux article de Camille sur le sujet, que je vous recommande très vivement (le 1er est un peu technique, mais le 2ème y apporte bien les réponses : Hypersensibilité et émotivité , Hypersensibilité et filtres, Hypersensibilité et empathie et Hypersensibilité et Compassion .

J’ai senti un profond soulagement à voir décrit par une autre ce que je vivais « enfin, je ne suis pas folle, enfin je suis comprise ». Camille a mis des mots tellement justes pour décrire ce que c’est que d’être hypersensible, la difficulté que c’est au quotidien, le besoin d’isolement que cela entraîne, le besoin de choisir avec précaution son entourage… Tellement de choses que je vis au quotidien, mais qui semblent faire de moi une extra-terrestre dans mon environnement. Et puis, enfin une compréhension de pourquoi je vis ça, des mécanismes énergétiques sousjacent. Qu’est ce qui explique donc que je ressente autant ? Comment ? Et pourquoi de telles répercussions sur mon bien être ? Comment gérer ça ? Alors oui, Camille a soulevé la monstrueuse difficulté à maîtriser une telle capacité. C’est décourageant, mais en même temps, ça m’a donné de l’espoir.

Et ça m’a forcé aussi à bien regarder la vérité en face. Cela fait des années que je sais que je suis « hypersensible », que je capte et réagis trop aux émotions des autres. J’en ai déjà parlé ici dans plusieurs articles (Liberté… ? , Trop ressentir… ou l’hypersensibilité empoisonnante ). Mais je n’ai jamais pris la peine de me pencher sur le sujet, d’apprendre ce que cela voulait RÉELLEMENT dire et quelles sont les implications pour moi, pour les autres et sur le long terme. Je n’ai jamais pris la peine de revoir ma routine quotidienne et d’installer une « hygiène émotionnelle » moi qui capte les émotions des autres, comme d’autre les microbes ou les calories.

J’ai bien vaguement tenté de faire une bulle protégée chez moi, en purifiant les énergies, mettant des pierres de protection. Et aussi d’évacuer les énergies négatives en rentrant chez moi. Et même si les émotions sont finalement véhiculées par des énergies, je n’ai jamais pris la peine de traiter la partie émotionnelle de tout ça.

Je sais que je ne peux m’en prendre qu’à moi même pour cette incapacité à gérer mon hypersensibilité. Je ne l’ai jamais travaillé. Quand elle a commencé à se manifester à l’adolescence et grandir en même temps que moi, je n’ai rien compris, je ne m’en suis pas rendu compte. Et j’ai été laminer par la méchanceté dont peuvent faire preuve les collégiens. J’ai vécu un enfer émotionnel et je me suis repliée sur moi même, je me suis coupée des autres.

Par mécanisme de défense, j’ai commencé à m’habiller toute en noir, en gothique, pour effrayer les autres et éviter qu’ils ne m’approchent. J’avais déjà une lucidité et une perception exacerbée des choses, qu’on ne pouvait pas juger les autres sans connaître leur souffrance, leur vie et leur histoire. Et je refusais de me plier aux jeux des apparences, de la popularité, de l’hypocrisie et de la méchanceté gratuite. Alors je préférais rester seule. J’avais peu d’amis mais de bien choisis, ceux qui avait su voir au-delà des apparences et s’ouvrir à moi pour que je m’ouvre à eux. Faire fuir les autres ne me gênaient pas, et c’était la meilleure façon de me protéger inconsciemment contre leurs émotions.

Plus tard, quand j’ai commencé à être moins sauvage, j’ai voulu me protéger des « énergies négatives » des autres en me bardant de pierre de protection, de bulle énergétique de protection. J’étais devenu agoraphobe, je ne supportais plus les émotions négatives dans les foules, les concerts, les cinémas, etc.

Mais tout ça, ce n’était que des armures, des artifices pour me protéger inconsciemment de mon hypersensibilité, de toutes ces choses que je captais malgré moi et qui me plombaient. Seulement voilà, une armure en grandissant devient trop petite. En évoluant cette armure de protection est devenu un carcan qui ne faisait qu’accentuer mon mal être. J’ai été amenée à la faire tomber. Cela fait plusieurs mois que je ne porte plus de noir. Que je ne me réfugie plus derrière des pierres de protection à moins qu’une situation le rende vraiment nécessaire.

Seulement, je me retrouve maintenant à la case départ, et même à la case moins 2. Toutes ces années où j’ai fui et ignoré mon hypersensibilité sont autant d’années où je n’ai pas appris à la comprendre et à la gérer. Des années de retard, où pendant ce temps, mon armure imparfaite me laissait accumuler toutes ces émotions et énergies sans les gérer. J’en suis maintenant au point de rupture. Celui où une émotion extérieure de trop me fait exploser, ou bien me met à terre. Je me sens vidée, et en même temps avec ce trop plein de résonances et de blessures à vif.

Me voir confirmer que je ne suis pas seulement hypersensible mais aussi empathe (voir cet article de Camille pour les explications sur la notion : Hypersensibilité et empathie ) m’a vraiment atteinte. Je le soupçonnais, je le disais parfois, mais sans vraiment y croire et y donner du poids. Sauf que maintenant, après avoir lu Camille, je ne peux plus faire semblant.

Moi quand j’étais jeune ado, je ne rêvais pas d’être astronaute, riche banquière ou médecin. Je rêvais d’être une sorcière, une sage, une « guérisseuse », une herboriste. Et même une passeuse d’âme (les médiums qui accompagnent les âmes des défunts lors de leur transition entre ce monde et ailleurs). Je ne sais franchement pas trop d’où cela m’est venu, parce que ce n’est vraiment pas un dada dans la famille, plutôt un interdit, et que personne ne m’en a jamais parlé. Peut être mon lien à la nature ? Mes lectures de fantastique ? Je me souviens que la série des Dames du Lac de Marion Zimmer Bradley m’avait beaucoup marquée et parlé au coeur, or c’est un roman initiatique qui parle de prêtresse et de magie druidique…

Personne ne partageait réellement mon intérêt, ma meilleure amie un peu, puis cela lui a fait peur et elle s’est fermée, idem pour ma sœur. Je me suis renseignée seule, j’ai du apprendre et comprendre seule. Je faisais des recherches sur internet et empruntais des livres à la bibliothèque en cachette. J’avais aussi acheté des bougies et de l’encens que je devais bien caché de mes parents. J’ai même du me faire offrir un coffre qui fermait pour y mettre tout ça. Parce qu’évidemment mes parents n’approuvaient absolument pas ce genre de centre d’intérêt.

Je me souviens que la première amie avec qui j’ai pu en parler, était une de mes surveillantes de collège, elle avait 40 ans et elle était un peu magnétiseuse. Je l’aimais beaucoup et on s’entendait bien. Elle m’a expliqué des choses, et j’ai acheté mon premier pendule, morte de trouille à l’idée d’être découverte par mes parents.

Sauf que voilà, on a des rêves et on croit vouloir des choses. Mais la première fois que je me suis mise à sentir des âmes défuntes errantes, des années plus tard, j’ai totalement paniquée. Je croyais savoir ce que c’était, comment on faisait, mais en réalité, je me suis retrouvée totalement désemparée. Je ne dormais plus la nuit tellement j’étais effrayée, je ne savais pas quoi faire. C’est à ce moment là que j’ai commencé à faire des rencontres avec d’autres personnes ouvertes dans le domaine de la spiritualité. Et la seule chose que je voulais, c’était que mes perceptions s’arrêtent, que « tout redevienne normal » .

Avec la rétrospective, c’est aussi à ce moment là que mon endométriose a commencé. Faut-il y voir un lien ? Est-ce un hasard ? Je n’en sais rien. Mais j’ai pu trouver une magnétiseuse qui m’a expliqué ce qui se passait, que mon 3ème œil était sur-actif et que c’est pour ça que je percevais tout ça. Elle m’a promis un moyen de ne plus sentir les âmes errantes, un moyen d’arriver à gérer ça de façon simple. Je n’ai pas compris à l’époque que la solution qu’elle m’offrait – une forme de forçage énergétique dont j’ai déjà parlé ici sur « Discernement et énergétique » – n’était qu’une porte ouverte sur bien plus. Parce qu’à partir de ce moment là, je n’ai plus pu tourner le dos aux réalités énergétiques. Et les rares fois où je l’ai fait, j’en tombais malade. Alors que je voulais tout laisser tomber et ne plus avoir affaire au « spirituel ».

Mais je n’avais jamais capté que je devais mettre autant de soin et d’attention aux émotions qui m’environnaient. Je n’ai jamais rêvé d’être hypersensible et empathe. A quoi donc peuvent servir de telles capacités ? A apprendre à exprimer mes émotions, ça c’est sur. A être capable de les écrire et de les communiquer, peut être ? Mais encore ?

Sincèrement, je suis fatiguée. J’aimerai parfois appuyer sur le bouton pause, vivre ma vie simplement sans avoir à me soucier des émotions et des énergies qui m’entourent, celles des autres et des lieux, ainsi que des miennes. Tant de gens vivent dans l’insouciance de ça ! N’est-ce pas déjà suffisant de se préoccuper des factures, des courses à faire et du patron agaçant ? Et je ne parle même pas de vivre au jour le jour avec une maladie chronique inflammatoire (comme l’endométriose). Tout ça n’est-il pas déjà suffisant ? Je n’ai pas besoin de ça en plus, je n’en veux pas !! Je n’en vois pas l’intérêt.

Et pourtant, puis-je simplement rejeter cela comme je le voudrais ? C’est malheureusement impossible. C’est comme si je disais « je ne veux plus être brune ». Cela fait partie de moi, je ne peux pas le changer et si je le rejette, c’est comme rejeter une partie de moi même. Je suis obligée de voir, d’entendre et de prendre soin de cette partie de moi, si je veux me sentir bien dans l’entièreté de mon être. Or cette partie de moi est en grande souffrance, je me sens dépassée et impuissante.

Je pourrais en écrire des tartines à ce sujet là, mais je préférerais simplement être consolée, que quelqu’un qui comprenne me prenne dans ces bras, et me rassure. Que pour une fois, on me dise « cela va bien se passer », et que « je vais y arriver ».

C’est à ce moment là que je déteste ne pas être capable de « voir » et « d’entendre » clairement mes guides comme Sylvie ou Camille dans ses rêves lucides. Où est mon soutien quand je tombe, que je trébuche et que je n’arrive pas à me relever ? Personne n’a conscience de la dureté de cet aspect de ma vie. Et j’ai conscience que parfois j’ai besoin d’aide, je n’y arrive plus toute seule, malgré ma volonté. L’épuisement émotionnel, mental et la fatigue de la maladie me cloue au sol et je ne trouve plus la force pour me relever…

Pourtant je reçois de l’aide. Évidemment, pas sous la forme et de la façon dont je le souhaiterais. Mais je ne peux pas le dénier. De nombreuses personnes m’ont apporté leur aide, sans rien attendre en retour. Je pense à Sylvie, à Camille, à mes quelques rares amis à la Réunion, à mes amies en métropole et je les en remercie du fond du cœur.

Mais que puis-je faire moi, maintenant, pour m’aider moi même ?

Mes rêves d’être guérisseuse ou sorcière ont depuis longtemps été éteints. Face à la réalité de notre société qui n’admet pas l’existence d’autres énergies et mondes subtils, d’autres façon de soigner des blessures qui ne sont pas physiques. Face à la prise de conscience de mes propres blessures et limites : qui serais-je donc pour soigner autrui quand je ne suis pas capable de me guérir moi même ? Face au manque de confiance en moi, comment assumer la responsabilité de la santé physique / émotionnelle / énergétique d’une personne qui vous donne sa confiance ? Face à mon manque total de contrôle de mon hypersensibilité et de mon incapacité à sentir clairement et gérer les énergies : je ne suis pas capable de gérer ce que moi même je projette vers l’extérieur, hors de question de le faire peser sur quelqu’un.

J’ai une conscience assez aiguë de mes manques et de mes faiblesses. Je sais aussi qu’« être guérisseuse », ce n’est pas quelque chose que l’on « veut », c’est quelque chose qui vient par la force des choses, par le parcours de la personne ou par de réelles prédispositions. Ce n’est pas mon cas, je n’ai pas de telles capacités, et je ne veux pas être aveuglée par un égo qui chercherait une position de « sauveur ». Je sais que chaque personne est son propre et unique sauveur. Mais je comprends aussi que parfois on a besoin d’aide, de soutien, d’éclairage et de soins. Et que certaines personnes peuvent offrir cela. Il me faut juste admettre que ce n’est pas mon cas.

Alors que reste-t-il de mes rêves de jeunesse ? J’ai rabattu mes désirs vers une alternative, celle de la production de plantes médicinales, à défaut de leur utilisation pour soigner. Mais même là, je ne m’y sens pas à ma place. Je me sens inadéquate dans ce monde qui m’apparaît trop violent, pour moi et ma si grande hypersensibilité. Peut-on vivre en se cachant du monde ? Dans une bulle en verre filtrant les émotions ? Peut-on vivre sans but qui parle au coeur ?

11 juillet 2016