Le poids de la culpabilité

Artiste :
Artiste : Asuka111

Je ne sais pas comment je suis venue à penser à ça au cours de ma méditation, mais j’ai des souvenirs et des émotions désagréables qui me sont remontés comme des bulles pour m’exploser au visage. Quitte à être traversée d’émotions fortes, j’aimerais autant comprendre pourquoi…

Quel était ce souvenir ?

Et bien, il m’est venu la pensée que si jamais ma meilleure amie se mariait, je n’étais pas sûre d’être capable d’assister à son mariage, à cause de la présence de ses parents. Je n’aurais pas envie d’être le vilain petit canard, de les mettre mal à l’aise, ou simplement moi de ne pas me sentir à ma place. Après tout, je suis un sujet tabou dans sa famille depuis l’époque où nous étions sorties ensemble…

Et quelles émotions te traversent ?

De la colère. Je pensais qu’elle s’était estompée, mais elle est encore là. Une profonde tristesse aussi. Celle d’avoir offert mon amour profond et la vérité. Et d’avoir été rejetée, humiliée et calomniée. Je crois que je me souviendrais à vie du jour où son père m’a dit « je crois que tu n’as plus rien à faire sous ce toit ». Ils m’ont mise à la porte, comme une malpropre, alors qu’une semaine avant ils disaient du bien de moi et de ma réussite scolaire… Ils ont dit que j’essayais de corrompre leur fille, que cela ne lui ressemblait pas…

Mais ce n’est pas ça le pire. Je m’étais préparée psychologiquement à cette réaction, même si on avait tout fait pour leur apprendre notre relation dans les meilleures conditions possibles. Le pire, c’est qu’après ça, lorsqu’ils croisaient mes parents qui leur disaient bonjour, ils regardaient le sol et les ignoraient ! Mes parents ! J’ai été très en colère contre eux pour ça. Qu’ils me rejettent moi, je peux comprendre. Mais mes parents ? Qui n’étaient pas responsables de mes choix et de mes sentiments ? Qui n’étaient pas plus au courant qu’eux ? J’étais en colère de les voir irrespectueux envers mes parents, qui avaient eux toujours été poli avec eux. Blessée et frustrée aussi de les voir incapables de dépasser leurs préjugés et leur peur du jugement social pour soutenir leur propre enfant et de la mettre dans cette situation impossible de choisir entre sa famille et la personne qu’elle aimait, de la pousser à se cacher. Alors que mes parents m’ont soutenue sans jugement quand je leur ai expliqué la situation, malgré leurs incompréhensions et leurs propres doutes.

Et je déteste cette espèce de situation irrésolue et ces énergies désagréables que je sens flottés en leur présence. Parce qu’évidemment, ils ne m’en ont jamais reparlé, ils ne se sont jamais excusés auprès de moi. Quand mon amie a été de nouveau en couple avec un homme, que du temps avait passé et que j’ai pu de nouveau venir chez elle, ils ont toujours fait comme si rien ne s’était passé. Comme s’ils ne m’avaient pas ignoré pendant des années… Comme s’ils ne m’avaient pas mise à la porte… Pourtant, moi je n’oublierai jamais ce que ça fait. Je n’oublierai jamais. Parce que ça fait mal d’être rejetée ainsi.

Même si je savais le risque que je prenais, mais je le prenais par amour à l’époque, naïvement. En croyant qu’être sincère, dire la vérité et les sentiments seraient suffisant. Mais je m’étais trompée. Dans ce monde d’image, de mirages et de société civilisée, les apparences sont importantes, les « normes sociales » des lois à respecter afin de ne pas être jugé. Que pourraient dire les parents des élèves de ces gens liés au corps d’enseignement ? C’est vrai ? Alors que moi je le vois dans le sens inverse : si les personnes censées enseigner « liberté, égalité et fraternité » sont intolérantes quand cela les touche elles, quelle exemple donnent-elles ?

Mais le pire je crois, c’est la situation de mon amie. Parce que moi j’ai toute liberté d’être en colère, et même de haïr ces gens si je veux –même si cela n’a aucun intérêt de perdre mon énergie en vain-. Mais elle, elle ne peut pas, ce sont ses parents. Elle s’est retrouvée coincée entre le marteau et l’enclume. Entre ses sentiments et notre relation, et l’éducation et l’influence de ses parents, qui lui interdisaient de me voir. Comment peut-on faire face à ça ? C’est horrible. Je sais bien qu’elle n’est pas responsable des opinions et des décisions de ses parents. Je sais aussi qu’elle était dans une situation impossible et très dure à vivre. Aussi j’ai toujours eu une terrible tristesse au cœur pour elle, et une grande colère envers ses parents : comment peut-on infliger ça à sa propre fille quand on l’aime vraiment ? Ne devrait-on pas vouloir son bonheur peu importe les conventions sociales ?

Ces conventions que je déteste. Parce qu’elles emprisonnent les hommes, les femmes. Donnent des schémas tous prêts à suivre : modèle familial, modèle de réussite, modèle scolaire, etc. Comment peut-on se sentir libre et suivre son âme quand on est englué dans tout ça ?

Voilà pourquoi il est parfois si difficile de se défaire des mirages qui empêchent l’évolution spirituelle.

J’ai eu beaucoup de chance. D’avoir des parents compréhensifs. D’avoir l’ouverture d’esprit pour ne pas m’arrêter aux schémas. En ça, je suis plutôt dans la gratitude. Et quelque part, je ne peux m’empêcher d’avoir de la pitié pour ces personnes : pour eux d’avoir fait souffrir leur enfant et pour elle d’avoir des parents fermés sur leurs principes.

Et là c’est ton égo qui parle. Parce qu’il se croit supérieur pour avoir refusé la limitation auxquels ses parents se sont arrêtés. La vérité, c’est que tu ne seras réellement libre que quand tu leur auras pardonné dans ton cœur. Comprendre les limitations qu’ils vivent, ce n’est pas la même chose que les reconnaitre et les accepter. Même si ces limitations t’ont blessée.

J’ai compris qu’en fait le pardon n’avait vocation qu’à me libérer. A me sentir en paix face à eux, quoiqu’ils pensent et quoiqu’ils disent. Parce que je sais que je n’ai rien fait de mal, j’ai suivi mon cœur.

Alors pourquoi as-tu si peur d’être confrontée à eux ?

Parce que quand je suis face à eux, j’ai l’impression de ressentir une gêne de leur part et une honte – plus ou moins consciente, je ne sais pas – comme si je leur rappelais combien ils ont été intolérants, combien ils ont été blessants et irrespectueux. Comme si une part d’eux avait honte, mais qu’ils n’étaient pas prêts à l’admettre et à s’excuser. Comme si cela engendrait un conflit inconscient en eux même. Je ne sais pas si c’est la réalité ou si ce sont mes projections.

Et si c’était des projections, qu’est-ce que cela voudrait dire ?

Que je projette ma propre honte sur eux ? Celle d’avoir été chassée de leur maison et celle d’avoir été traitée comme quelqu’un qui ne méritait pas le respect ? Celle de savoir que je ne respecte pas les lois sociales et que « c’est moi la méchante de l’histoire » ?

Tu portes un sentiment de culpabilité face à ton amie. Tu es celle qui est venue brisée la jolie image de sa famille aimante et compréhensive. Tu es celle qui est venue lui montrer les limites de ses parents, la confronter à ses sentiments VS l’emprise qu’exerce sa famille sur elle. Ce n’est pas un rôle facile. Largement de quoi plomber une amitié. Surtout si les énergies ne sont pas assimilées et digérées, transmutées en quelque chose de positif.

En réalité votre amitié patine pour plusieurs raisons. Tu maintiens un sentiment de culpabilité vis-à-vis de ce qu’elle a vécu avec sa famille. Elle maintient un sentiment de culpabilité par rapport à la façon dont elle a rompu et est partie avec un autre. Comment veux-tu que votre relation soit stable et sereine ? Vous vous trainez des casseroles dont vous n’avez pas pris la peine de parler ouvertement, puisque vous les croyiez résolues.

Oui, je les pensais résolues et je suppose qu’elle aussi… Mais depuis le jour où elle m’a quitté pour cet homme dont elle a eu le coup de foudre, elle me parle très peu de son couple, un peu plus ces dernières années mais… Comme si les difficultés qu’elle pouvait traverser dans son couple étaient taboues. Comme si elle devait me donner l’image d’un couple heureux, uni à tout moment. A vrai dire, je ne sais pas qu’elle est la réalité derrière, car finalement elle ne m’en parle jamais. Je ne sais pas pourquoi… Est-ce parce qu’inconsciemment elle a peur que cela me blesse ? Ou me rende triste quand je suis célibataire ? Je n’en sais rien du tout.

Et je suis fatiguée alors je vais aller me coucher. Mais je ne sais pas si je devrais publier cette conversation. Je parle de choses intimes, mais qui ne me concerne pas uniquement moi. Je n’ai pas non plus envie que cette amie se sente jugée elle ou sa famille, parce qu’après tout je ne parle qu’à partir de mon propre vécu teinté de mes ressentis et de mes émotions…

6 juin 2016

 

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Trouver la force en soi

Artiste
Artiste : Asuka111

Je n’aime pas du tout le rêve que j’ai fait cette nuit et les énergies qu’il a réveillé…

De quoi as-tu rêvé ?

J’ai rêvé de lorsque j’étais en couple avec mon amie et que nous l’avions annoncé à ses parents. J’ai rêvé que lorsque ses parents ont annoncé me mettre à la porte, elle partait avec moi. Alors on allait dans sa chambre et je l’aidais à faire ses valises. Son père déboulait dans la chambre, plein de jugements, me faisant comprendre que j’étais une dévergondée. J’étais très en colère contre lui, je lui balançais ses quatre vérités, je lui parlais de mon viol aussi.

Et comment t’es-tu sentie au réveil ?

En colère contre ses parents. Me sont venue en tête ce que je disais à son père. « Je n’oublierai jamais que des instituteurs, censés représenter la liberté, l’égalité et la fraternité, ont fait preuve d’intolérance et d’homophobie. Je n’oublierai jamais que des parents ont privilégié les apparences et la peur du jugement par-dessus le bonheur de leur propre fille. Je n’oublierais jamais qu’ils ont été irrespectueux envers mes parents, en décidant que les règles de politesse ne s’appliquaient plus à eux, à cause de moi. Je n’oublierais jamais qu’ils ont fait preuve d’hypocrisie en me laissant revenir dans leur maison des années plus tard, en faisant comme si de rien n’était. Jamais un mot d’excuse. » Cela me fait pleurer de colère. Comment peut-on se comporter comme ça et ne montrer aucun signe de remord ou d’excuse ?

Et pourquoi est-ce cela qui remonte dans la nuit, alors que je pensais à mon amie hier soir et que je lui demandais des nouvelles ? Je me demandais comment je pouvais faire pour la soutenir dans la période difficile qu’elle traverse et qui ne semble jamais en finir… J’ai envie d’être solidaire, envie d’honorer la belle femme qu’elle est, de lui transmettre de l’amour et de la lumière pour qu’elle reprenne confiance en elle. Mais je me sens désemparée… On ne peut pas aider quelqu’un si la personne ne le décide pas d’elle-même, si elle ne s’aide pas d’abord elle-même. Je suis triste de la voir si éloignée et renfermée dans sa bulle. Comment aider à faire face à des émotions, si elles ne sont même pas reconnues et exprimées ?

Plutôt que de chercher à l’aider, tu ferais mieux de travailler sur tes propres nœuds en lien avec elle. Cela l’aiderait d’autant plus.

Faire le travail pour deux ?

Pas vraiment. Dans ce genre de travail, l’âme de la personne aide aussi, même si elle n’en a pas forcément conscience. D’où souvent un travail à travers les rêves, dans l’inconscient de la personne, et au moment de la journée où l’âme est la plus libre d’agir et de voyager.

Ok, je comprends… Je comprends aussi que tous ces rêves intenses que je fais ces derniers jours – et qui me vident de mon énergie – sont en lien avec le processus de nettoyage de fin d’année… Mais qu’est-ce que je fais concrètement ?

Tu publies l’article que tu n’as jamais osé publier concernant ton amie et les nœuds évoqués. Tu le relis avec attention, à la lumière de ce que tu as appris et vécu depuis juin dernier. Tu la laisses en prendre connaissance et revenir vers toi si c’est son souhait. Cela va la perturber, c’est vrai, mais certaines émotions et énergies ont besoin d’être exprimées et extériorisées pour être déliées.

Est-ce juste (comprendre ici bon) pour moi ?

Si cela ne l’était pas, tu n’aurais pas reçu l’information en premier lieu.

Est-ce juste pour elle ?

Comment était-elle dans ton rêve ?

Elle était affaiblie, je devais limite la porter jusqu’à sa chambre. C’était moi qui faisais ses valises pour elle, selon ses souhaits, car elle n’en avait pas la force. Elle ne disait rien.

Cela te rappelle-t-il quelque chose ?

Et bien… Elle n’arrive pas à m’exprimer réellement comment elle se sent, je crois. Je sens bien qu’elle n’est pas vraiment heureuse dans le fond, elle ne rayonne pas. Elle fait face à ses peurs, ses doutes, et j’ai l’impression qu’elle n’arrive pas à se sortir de cette spirale-là.

Tu peux l’aider à  « défaire ses valises », à prendre conscience des poids dont elle ne s’est pas libérée. Après, ce sera son choix à elle d’écouter et de réagir en fonction. L’aide est toujours apportée à celui qui le demande à l’univers, même s’il faut souvent d’abord commencer à s’aider soi-même. A se prendre en main, se responsabiliser. Tu as compris que rester assise en attendant une aide miraculeuse ne marche pas. Il faut se prendre par la main, faire un petit pas. Rien qu’un tout petit pas peut suffire. Cela peut être de commencer une thérapie avec une psychologue, d’utiliser des outils pour reprendre confiance en soi (comme le Défi des 100 jours de Lilou Macé), de trouver une activité sportive ou créative qui fait du bien et qui aide à réaliser qu’on peut faire des choses.

Qu’as-tu appris depuis ton début de dépression nerveuse ?

Qu’il faut savoir accepter son état de faiblesse, reconnaître qu’on est mal et qu’on a besoin d’aide. C’est le premier pas. S’écouter, écouter son corps, ses rêves et ses pensées permet de prendre la mesure de notre mal être et de le reconnaitre. Si on passe son temps à penser du mal de soi « Je suis nulle… Je suis incapable de… Je ne mérite pas ceci… C’est bien fait pour moi… Je ne vais jamais y arriver… Tout le monde s’en fout de moi… » ; si on passe son temps à avoir des doutes et avoir peur de tout « j’ai peur de sortir de chez moi pour aller faire des courses… j’ai peur de conduire… j’ai peur de rencontrer de nouveaux gens… j’ai peur de demander quelque chose… j’ai peur d’affirmer mes besoins… » ; si on n’interagit plus avec l’extérieur et que l’on se renferme dans sa bulle… Tout ça, ce sont des symptômes de dépression nerveuse.

Moi j’ai aussi des insomnies, des crises de fatigue. Je n’arrive plus à manger comme avant, j’ai dû arrêter le lactose car mon corps ne le supporte plus. J’ai perdu du poids. J’ai beaucoup de vieilles émotions et de vieux schémas de pensées qui remontent. C’est une grosse période de nettoyage, qui me permet de me libérer de l’ancien pour aller vers le nouveau. Parce que j’ai une spiritualité développée et que j’arrive de plus en plus à m’ouvrir à ma guidance spirituelle, je sais que c’est normal. Cela fait partie d’un processus pour m’aider à grandir, à me défaire de ce qui ne me correspond plus. Cette dépression me force à quitter un travail qui ne me correspond plus. Elle me fait travailler ma foi. Ai-je foi en moi et en la guidance que je reçois pour sortir de cette épreuve ? Dans le fond, oui, même si certains jours, je doute, j’ai peur, je passe ma journée à pleurer, et je suis tellement épuisée que j’arrive à peine à marcher.

Mais voilà, combattre cet état, c’est dépenser son énergie pour rien. Mieux vaut reconnaitre la situation telle qu’elle est, l’accepter pleinement, pour ensuite trouver le courage et les armes pour la faire évoluer. Plus on est dans le déni, et plus la situation se prolongera, jusqu’à sombrer encore et encore, jusqu’à briser nos dernières résistances pour nous faire admettre la situation.

Est-ce une situation d’échec ? Du point de vue du jugement de la société, sûrement. De point de vue des parents de mon amie, peut-être. Mais du point de vue de l’âme, c’est une porte vers la reconnaissance de soi-même. Qui es-tu ? Que veux-tu ? On n’est pas défini par notre travail, on n’est pas défini par l’argent que l’on a ou que l’on n’a pas, on n’est pas défini par nos liens sociaux, notre « réussite », les jugements de nos parents. Cette période sombre, elle est là pour nous reconnecter à notre Essence, à celle qui dépasse les jugements et les apparences. Qui que l’on soit, on a chacun un Cœur, et dans ce cœur réside un trésor infini. Celui de l’Amour. Celui qui sait s’aimer soi-même est le plus riche en ce monde. Car alors il pourra accéder à ses propres talents, à ses propres envies et il pourra rayonner l’amour autour de lui. On en est tous capable. Il n’y a pas besoin d’être médium pour cela. Il n’y a pas besoin d’avoir de diplômes.

Il suffit d’apprendre à écouter son cœur. Alors comment faire me direz-vous ? Parce qu’en réalité, ce n’est pas si « simple » que ça, et j’ai mis bien du temps avant d’accepter ce que le mien me disait. Car souvent, on s’est coupé de son cœur pour une bonne raison, parce que celui-ci nous transmettait des messages de souffrance et de douleur, dont on ne savait pas quoi faire. Alors parfois, dans les premiers temps, il est difficile de se reconnecter à lui, car toutes ces émotions que l’on avait fuies remontent à la surface. La meilleure façon est de les laisser s’exprimer, d’accepter qu’elles nous traversent, aussi douloureux soit-il, elles passeront si on sait les accueillir. Dans ces moments-là, l’écriture (dans un journal intime par exemple), le dessin, le chant, le sport, le dialogue avec un professionnel ou une amie de confiance, tout moyen d’expression est bon pour exprimer ces émotions.

« Je pleure car je me sens triste… » Mais pourquoi est-ce que je me sens triste ? Quel est le message que veut me faire passer mon « état d’âme » ? Est-ce parce que je ne me sens pas reconnue pour qui je suis réellement ?  Est-ce parce que je me sens seule ? Incomprise ? Quelle est l’origine de cette tristesse ? De quoi ai-je besoin pour l’apaiser ?

Un exemple concret serait plus parlant. Prenons le tien. Pourquoi es-tu en colère contre les parents de ton amie ? Pourquoi n’arrives-tu pas à lâcher cette colère ?

Je suis en colère contre eux, parce que leur comportement a fait terriblement souffrir mon amie, leur propre fille, mais il a aussi blessé mes parents. Je déteste quand mes actions impactent ce que j’aime d’une telle façon, je trouve cela injuste ! Que l’on s’en prenne à moi, je peux le comprendre, mais que l’on s’en prenne à mes parents, je trouve ça injuste. Je déteste aussi qu’ils fassent comme si de rien n’était, comme si leur comportement avait été « normal », comme si ce n’était pas important. J’imagine que je n’arrive pas à lâcher prise, parce que je n’ai jamais pu leur dire ce que je pensais, mes émotions, que nous n’en avons jamais parlé en face à face. Ils se sont comportés en adultes autoritaires en disant « tu n’as plus rien à faire dans cette maison » sans prendre la peine de discuter avec la personne que je suis, ni à cette époque, ni même par la suite. Ils me diraient « nous avons eu peur pour notre fille, nous voulions la protéger, nous sommes désolés » je pourrais comprendre, je pourrais pardonner. Mais il n’en est rien, ils ont décidé d’ignorer la chose et l’ont rendu tabou.

As-tu la moindre raison de conserver ces émotions et de porter cette colère ? Cela va-t-il changer le passé ?

Non…

Alors nous t’invitons à leur écrire une lettre. Écris ce que tu as ressenti, écris ce que tu ressens encore aujourd’hui. Écris ce que tu aurais aimé leur dire, sans aucune restriction. Libère ton cœur et laisse les émotions sortir. Puis, au 31 décembre, tu brûleras cette lettre en demandant au feu de transmuter ces énergies lourdes en énergie d’amour et de lumière. Connecte toi à ton cœur, trouves-y l’amour inconditionnel que tu ressens pour ton amie, et parce que tu l’aimes elle, envoie de l’énergie d’amour à ses parents. Fais preuve de compassion et de pardon. Peu importe les raisons qui les ont poussés à agir comme ça, tu peux te libérer de ce poids, tu peux faire en sorte que cela ne pèse plus sur ton cœur et sur ta relation d’amitié avec elle. Le reste sera de son propre ressort.

Merci.

29 décembre 2016

 

La force du végétal

Artiste : Päivi Valkonen
Artiste : Päivi Valkonen

« Mises dans des conditions franchement défavorables, les plantes [notamment les arbres] peuvent évidemment mourir ; mais si vivre reste possible, elles surmontent les difficultés avec une opiniâtreté qui force l’admiration. Si j’osais cette métaphore animale, je parlerais de leur « courage » ; elles ne se contentent pas de survivre, elles reprennent leur place dans la végétation d’origine et, si les conditions redeviennent favorables, elles parviennent à effacer toute trace de périodes difficiles, aidés en cela par leur autonomie, par le fait qu’elles n’éprouvent aucune difficulté à changer de forme et par la manière qu’elles ont de disposer du temps. »

Eloge de la plante, Francis Hallé

Quand je suis tombée sur ce passage dans ma lecture, j’ai eu comme un tilt dans ma tête. Alors que ces derniers jours je réfléchis et j’échange sur les sujets de blessure de l’âme, de processus de guérison, de cicatrice sur le blog de Sylvie. Je suis admirative de la capacité du végétal à non pas « survivre », comme nous humains le faisons pour la majorité, mais à vivre et s’étendre, à rayonner et grandir, à « guérir » malgré les épreuves traversées. L’arbre et les plantes sont vraiment fascinantes, et je pense que si on prenait le temps de les observer, de les comprendre, on pourrait apprendre beaucoup d’elles… Car j’aimerais avoir ces qualités-là, à défaut qu’elles soient physiques, mais au moins sur les plans émotionnels, mentaux et énergétiques.

Certes quand on coupe la branche d’un arbre, elle n’est pas exactement remplacée, au même endroit avec la même structure, et il reste une cicatrice : on peut voir sur le tronc le nœud correspondant à la branche coupée. Mais l’arbre fait pousser une nouvelle branche à proximité pour remplir ce « vide » dans l’espace qui l’entoure et le valoriser.

Si un arbre tombe, et s’il est dans des conditions favorables (lumière, humidité, comme on peut en trouver dans une forêt tropicale), des rejets vont pousser sur ses racines, son tronc, ses branches. De « l’individu » couché au sol, il va se former sur cette ligne plusieurs nouveaux « individus », des répétitions d’une branche qui font en grandissant se transformer en arbre alors que le tronc d’origine va se décomposer autour et finir par disparaitre. Fort de cette apparente mort, un arbre renait en une colonie d’arbre. C’est un mécanisme fascinant !

Transposons cela à l’image énergétique d’un être humain : à chaque « mort spirituelle », celle où l’on abandonne une part de soi qui ne nous est plus utile (schémas de pensées négatifs, peurs cristallisées, etc), on serait, en mimant le principe de l’arbre, capable de renaitre à soi sous de multiples et nouvelles facettes, toutes plus jeunes et vigoureuses, nous permettant d’élargir notre enracinement dans le monde et d’étendre notre champ d’existence (et donc de conscience). Ce serait en soi un puissant processus d’évolution spirituel. Décidément, je n’en démords pas dans l’idée que les arbres feraient des guides spirituels fascinants pour ceux capable de travailler avec eux et d’arriver à leur portée ! Cela me fait envie !

6 décembre 2016