Le réel

Artiste : Rossdraws

Bonjour à tous.

J’ai choisi, ce soir, d’illustrer mon article avec un extrait du dialogue du film du dernier Harry Potter [attention spoiler pour ceux qui ne connaissent pas la fin !].

Pour ne rien vous cacher, je viens juste de le revoir à la télé, et une de ces phrases m’a particulièrement marquée, alors qu’en parallèle je relisais un de mes anciens articles (Pourquoi pas ?). Ce dernier parle entre autre du fait de faire confiance ou non à la guidance « entendue » pour écrire mes articles.

 

Harry vient d’être tué par Voldemort. Il se retrouve dans un espace blanc qui ressemble à une gare, et là, il discute avec Dumbledore, déjà mort depuis longtemps. Alors que leur discussion se termine, que Dumbledore va partir et Harry monter dans le train, Harry ne peut s’empêcher de lui demander :

«  Professeur, est ce que c’est réel ? Ou est-ce que cela se passe dans ma tête ?

– Bien sûr que cela se passe dans ta tête Harry. Mais, pourquoi cela signifierait que ce n’est pas réel ? »

 

Cette dernière phrase m’a frappée. Et m’aide à me rappeler que, ce n’est pas parce que l’on a des ressentis que les autres n’ont pas, ou que l’on vit des expériences qui sont inexplicables, qu’elles ne sont pas pour autant bien réelles.

Qu’est-ce que le réel ? Comment le définit-on ? Est-ce, ce qui est perçu par tout le monde, ou par la majorité ? Pourtant, on ne peut percevoir les champs magnétiques sans outils, ils n’en sont pas pour autant moins réel.

Cela me rappelle également cette règle courante en écriture de SF et de fantastique « toute technologie très évoluée peut apparaître comme de la magie pour une société moins avancée ». A partir de ce moment là, peut-on considérer que des choses comme le « 6ème sens » ou bien la médiumnité, ne sont que des capacités innées qui n’ont pas encore été comprises et pleinement contrôlées par la majorité ?

Qu’est-ce que le réel ? N’est-ce pas ce qui rentre pleinement dans ma vie et l’impacte, quelle que soit son origine ? Par exemple, mon ressenti de souffrance ou de joie émise par les arbres de mon jardin, n’est-il pas plus réel que l’existence d’un temple à Youkoulélé ? Après tout, ce qui se passe à l’autre bout de la planète n’a pas de réalité concrète dans mon quotidien. Qu’il y ait 5 ou 100 croyants qui prient là-bas n’impacte pas mon quotidien. Enfin, vous me suivez.

Le réel n’est pas toujours ce que l’on attendrait.

Finalement, ce qui donne du poids et de la réalité aux évènements que l’on vit, c’est nous même. Va-t-on faire une montagne de tel évènement ? Ou bien l’aurons-nus oublié le lendemain ? A quel point cet évènement nous a impacté et va changer notre façon d’agir ? Quels poids acceptons-nous de lui donner de façon consciente ou bien inconsciente ? Quelle foi accordons-nous à nos propres ressentis et expériences ?

Ainsi, notre réalité est directement impactée par la manière dont nous la percevons, mais aussi par la manière dont nous apprenons à la percevoir

30 août 2018

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Un peu de ménage…

Photographe : Celia Witchlight

 

J’ai toujours été admirative des gens qui arrivent à écrire et à publier tous les jours. Certes, il y a une organisation derrière cela, une passion et/ou une motivation. Mais il faut aussi savoir quoi écrire tous les jours ! Et c’est une question qui me trotte dans la tête, depuis que j’écris si peu ici : comment cultiver son inspiration ?

J’ai commencé ce blog, il y a fort longtemps pour y partager mes poèmes, adossés à mes photos. Puis, au fur et à mesure que ma médiumnité se révélait et que je commençais à sentir des choses et entendre des entités, je me suis mise à écrire à ce sujet. Je remettais les choses en question, je prenais du recul pour essayer de comprendre ce que je vivais. Je partageais mes drôles de sensations, j’essayais de gérer mon hypersensibilité. J’ai beaucoup bataillé avant d’accepter l’idée d’écrire avec mes guides.

Je me souviens aussi du tâtonnement pour prendre confiance en moi. Quel intérêt de partager ? Qui allait me lire ? A quoi ça servait ? Devais-je prendre un pseudonyme ou pas ? Partager mon blog avec mes proches ? J’avais du mal à croire en l’intérêt de créer mon propre espace d’expression. Et puis j’ai fini par comprendre que cela me faisait du bien à moi-même. Cela me permettait de m’aider à gérer les émotions et les énergies au quotidien, à m’apporter une compréhension et un recul nécessaire. J’appréhendais les choses sous un angle différent de ce que je pouvais lire chez Sylvie, chez Camille. J’arrivais enfin à cerner un peu mieux mes spécificités concernant la médiumnité. Mon ancrage au Milieu m’apportait des challenges et des informations différentes. C’était intéressant de pouvoir croiser les choses et échanger dessus. J’ai aimé ça.

Et puis, ce trou, ce vide, ce manque d’inspiration. Je ne savais plus quoi écrire, ni sur quoi écrire. Je n’entendais plus mes guides, alors que je n’avais plus de discussion à retranscrire. Je crois que j’en suis encore à essayer de comprendre le pourquoi.  Cette envie et en même temps cette frustration, de ne pas réussir à m’assoir devant mon ordinateur, à écrire quelque chose, à partager quelque chose. Le temps passe, les échanges s’amenuisent, les liens se distendent…

Avoir un espace numérique, c’est un peu comme créer un lieu d’échange. Si on n’est pas présent pour l’animer, il se vide peu à peu. Il n’y a plus personne pour faire la poussière, apporter des fleurs fraîches. Les gens qui passent, sans réponse, continuent leur chemin. Le partage spontané ne se fait plus. Les habitués ne viennent plus.

Mais pourquoi écrit-on ? Est-ce que l’on écrit pour créer du lien ? Offrir un espace d’échanges ? Ou déverser ses pensées quoi qu’en fassent les autres ? Ecrit-on pour soi ? Ou pour les autres ? Ou pour une raison inconnue qui nous pousse à le faire ?

J’ai toujours cherché à identifier la raison qui me poussait à publier sur mon blog. Pourquoi mes guides ne venaient pas me parler si je ne le faisais pas ? Je me posais souvent cette question, elle revenait régulièrement dans mes articles et j’en venais à la conclusion que je ne le savais pas vraiment. Juste que tant que cela m’aiderait, je continuerais… Alors ai-je arrêté parce que cela ne m’aidait plus ?

Il faut dire que j’ai eu des moments de doutes. Parce que, je ne sais pas pourquoi, mes écrits ont motivés des attaques énergétiques. Je n’ai jamais pu comprendre quel était l’objectif de ces personnes mal intentionnées. Ça m’a saoulé, j’ai pourtant continué comme si de rien n’était. J’avais des choses à en apprendre c’est sûr. Ce que les guides laissent passer, est là pour nous enseigner quelque chose. Parce qu’on a toujours les capacités à relever le défi, contrer l’attaque, apprendre de cette expérience. Il n’empêche, c’est pesant et fatiguant. N’avais-je pas déjà les mains assez pleines à gérer ma santé et mon hypersensibilité ?

Alors, j’ai écrit, ailleurs, juste pour moi. J’ai commencé un roman dont le thème (bizarrement, lol) porte sur la spiritualité. Pendant des mois, j’ai écrit plusieurs pages chaque jour. Et là, l’inspiration ne manquait pas. Elle était peut être parfois un peu capricieuse, il fallait aller la chercher par la main, la cajoler ou bien même la menacer de lâcher le morceau. Mais elle pointait toujours le bout de son nez à un moment ou à un autre. Jusqu’à ce que je prenne confiance en elle. Oui, mon inspiration est là. Elle attend que j’ouvre mon cahier d’écriture et que je tende l’oreille. Que je lui consacre du temps et de l’attention. Peut-être que parfois les choses sont aussi simples que ça. Il suffit de s’assoir, de prendre un crayon, d’être patient et d’y croire. J’ai envie de faire la même chose ici pour mon blog.

 

« Je m’assoie ici, je regarde le soleil pénétrer par la fenêtre et illuminer les grains de poussières qui voltigent. Depuis le temps, il y a du ménage à faire. Pas de doutes, il faut que je m’y mette. J’ouvre la fenêtre en grand pour laisser l’air frais entrer. Je sors mon chiffon et astique les meubles. Une fois lestés de leur épaisse couche de poussière, les tons bruns et miels du bois répandent une douce lumière au soleil. Je passe le balai, chasse les moutons de poussière, les vieilles plumes et les papiers roulés en boule jetés au sol. Tous mes écrits raturés, tous les vieux papiers inutiles et les lettres désobligeantes accumulés dans la boite aux lettres, je les place au centre de ma vieille cheminée en pierre. J’allume un feu délicieux qui les consume en cendres. Le bois qui brûle craque et le feu répand sa mélodie bienfaisante.

Je vide les placards pour mieux les assainir et les ranger. Je lave le restant de vaisselle abandonnée. Je jette les fonds de bouteille périmés. Une fois les chaises rangées sur les tables, je passe un grand coup d’eau additionnée de romarin pour nettoyer le sol. Je demande à une petite fée ondine de m’aider à purifier les énergies de ce lieu. En riant, elle joue avec moi tandis que je passe la serpillière, elle aime quand cela brille et sent bon. Je la remercie avec une cuillère de miel. Un peu de cire sur le parquet, quelques bougies parfumées allumées et voilà le lieu déjà plus accueillant. Une fois tout rangé et remis en place, il ne me reste plus qu’à disposer de petits bouquets de lys blancs sur les tables.

C’est déjà mieux, je m’assoie dans le silence. C’est tranquille ici. J’ai toujours aimé que ce lieu soit à l’abri des foules. Y venait, par un mystérieux hasard, quelques passants égarés qui trouvaient ici quelques bricoles pour les aider, avant de reprendre la route. Et puis, il y avait les habitués. Je me dis qu’il est temps de leur faire signe. Je retourne à la porte d’entrée pour placer l’écriteau « ouvert » visible de l’extérieur. J’appose au seuil de mon entrée une barrière de gros sel et quelques talismans de mon secret. Sont bienvenus ici, tous gens, du moment qu’ils sont bien attentionnés. Je mets de l’eau de source à chauffer, c’est l’heure de la tisane relaxante… »

16 août 2018

 

Photographe : Emmanuel Dautriche

Perdre ou gagner la bataille ?

Artiste : Yuumei

Qu’est ce qui m’empêche d’écrire sur mon blog ? Je me suis posée cette question il n’y a pas longtemps. J’étais fatiguée de ressentir de la tristesse à chaque fois que je lisais le blog d’autres personnes, parce que moi je n’arrivais plus à écrire et donner vie à mon propre univers.

Je pourrais chercher mille raisons. Après le retour au domicile familial, où la médiumnité est taboue, il était dur de donner du poids à mes ressentis, de poser des mots dessus et de partager à ce sujet. Alors qu’à la Réunion, je pouvais en discuter librement avec quasiment tous mes amis. Ce fut un changement brutal et difficile. Peut-être comme renier une partie de soi. Cela n’aurait dû que me motiver encore plus à écrire ici et partager mon vécu sur la médiumnité et ma spiritualité. Pourtant, cela a eu tout l’effet inverse. Comme une douche froide. Il n’y a pas à dire, mettre des mots et partager sur des énergies subtiles et invisibles, cela aide à rendre cette perception de la réalité tangible. A lui donner du poids, à y croire et à garder confiance en soi. On peut probablement dire que j’ai eu une crise de foi en mes propres capacités. Pourquoi n’arrivais-je plus à entendre mes guides ? Ni à accéder à mon domaine astral ? Et puis, bizarrement, les amies avec qui j’en parlais se sont comme éloignées ou n’abordaient plus le sujet. Je suis rentrée dans une nouvelle sorte de désert.

En plus du désert matériel, professionnel et sentimental, voilà que je rentrais dans un désert spirituel. Peut-être pour éprouver ma foi et ma confiance en moi-même. Peut-être pour me faire prendre conscience que, jusque-là, j’avais été accompagnée de près, même si je râlais et pestais le contraire. Fini les rêves messagers, fini les synchronicités sur un plateau, fini les rencontres providentielles, fini les conversations avec mes guides, fini ma capacité à tirer le tarot et utiliser le pendule. Je me suis sentie vide et inutile. Voilà que tout ce qui a créé ce foutu décalage avec mon environnement, tout ça m’échappait des mains. Pourtant, je ne pouvais pas faire comme si tout cela n’existait plus. Ce n’est pas parce que je ne sentais plus les énergies qu’elles n’existaient plus tout à coup. Ce n’est pas parce que je ne faisais plus passer les âmes errantes, qu’elles n’erraient plus. Ce n’est pas parce que je n’entendais plus mes guides, que tout à coup la Source et ses messagers étaient rayés du monde.

Non, je savais qu’ils étaient là, quelque part. Comme momentanément inaccessibles. C’est peut être ça, la « crise de foi » du médium. Je ne sais pas, je n’ai jamais eu l’occasion d’en parler avec quelqu’un. Cela vous est-il déjà arrivé ? J’ai déjà lu sur un autre blog, que souvent, dans ce cas de figure, c’est le médium qui n’est plus en état « d’entendre ». Question de taux vibratoire qui aurait chuté ? Après tout, c’est vrai que j’étais occupée à combattre une dépression nerveuse. J’avais probablement les mains déjà pleines avec ça, alors gérer les ressentis et les accès à différentes énergies, ce n’était peut-être tout simplement pas le bon moment. Peut-être mes guides ont-ils fermés mes accès pour me laisser me concentrer sur cette foutue dépression nerveuse.

Non, c’est vrai, je ne devrais pas avoir honte de dire que j’ai traversé une dépression nerveuse. Surtout alors que je suis atteinte d’une maladie chronique telle que l’endométriose, qui use et fatigue. Que j’ai perdu mon compagnon, mon travail et mon indépendance dans la bataille en chemin. Que me restait-il après ça ? Ma famille, mes proches et la spiritualité. J’ai découvert la peinture et d’autres choses sur moi-même. Non, on ne peut pas se définir en tant que « médium », mais perdre tout à coup ses capacités, c’est finalement comme perdre un sens dont on n’avait pas vraiment conscience. Une façon de percevoir et de lire le monde, de se relier à lui et de s’aligner au flot de la vie.

En conséquence de quoi, je me sens profondément isolée. Peut-être me suis-je isolée moi-même. Après tout, c’est une des caractéristiques de la dépression nerveuse, le repli sur soi. Et quel n’a pas été mon chagrin de voir que peu de mains et de présences se sont tendues vers moi. De façon positive, cela a fait du tri. Et j’ai été étonnée de constater combien j’attendais encore des autres, alors que je m’efforçais, depuis des années déjà, d’apprendre à m’aimer par moi-même et subvenir à mes propres besoins émotionnels. Un pas en avant, deux pas en arrière… Rien n’est jamais acquis on dirait, avec l’amour de soi-même. On peut être en haut d’une colline, puis sombrer dans un ravin. Il faut l’entretenir tous les jours, TOUS LES JOURS.

Je ne sais pas où je vais, je suis encore plus dans le brouillard qu’auparavant. Rester immobile ou avancer ? Vers où ? Vers quoi ? Je vais me contenter pour l’instant de trouver un moyen de sourire. Je n’ai pas fait tout ce chemin pour perdre la bataille.

11 août 2018