S’autoriser la vague émotionnelle

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 Artiste : Yuumei


Il y des jours où tout va mal, des jours où je n’ai envie de rien, où je suis épuisée, où je suis maladroite et enchaîne les bourbes (tasse renversée, plats qui tombent, email effacé avant envoi), où je me sens confuse et où vraiment rien ne va. Où mon égo manifeste ces résistances dans toute sa beauté, où mon mental essaye de se raccrocher aux branches et il n’y a rien pour le rassurer.


Où mes émotions forment une vague qui déferle et où toute la tristesse, le désespoir et le découragement remontent de mon inconscient et me submergent. « Alors ton mental croyait que la traversée du désert et la nuit de l’âme allait enfin s’achever ? Que tu allais enfin trouver une solution pour « guérir » et avancer ? Que ça y est le ciel commençait à se dégager ? »


Le mental veut faire croire beaucoup de jolies choses qui l’arrangent. Ce n’est ni bien ni mal, c’est sa façon à lui dealer avec la réalité. Réalité qu’il ne peut parfois pas encaisser de manière frontale, alors il va chercher à la contourner, à mettre des barrages pour ralentir le flot, à la contrôler avec des canaux. Mais la réalité, qu’elle soit consciente ou encore au stade inconsciente, finira toujours par nous percuter. Toujours, plus ou moins tôt, plus ou moins tard, plus ou moins doucement, selon que les résistances que l’Ego et le mental auront oeuvré à construire.


Et parfois, quand le barrage qui retenait tout cela s’écroule, cela fait un raz de marée immense. Une vague d’émotions, de prises de conscience, de mémoires et de schémas qui vous submerge. Aurait-on pu faire mieux ? Aurait-on pu faire différemment ? La question, à ce stade là, n’est pas de se juger, ni de se blâmer, ni même de chercher à comprendre comment on en est arriver là (pas pour l’instant). L’enjeu, à ce stade, c’est juste de survivre et d’apprendre comment faire quand on se prend la vague dans la gueule.


Parce qu’avec l’hypersensibilité c’est souvent ça. Tout est exacerbé, et plus vous refoulez, plus vous engrangez de l’eau en amont de votre barrage inconscient, et plus vous allez morfler quand le barrage va céder. Alors le mieux serait de gérer le flux d’eau (les émotions) au fur et à mesure qu’il s’écoule chaque jour, pour éviter d’en accumuler. Sauf que voilà, on ne le peut pas toujours, pour plein de raisons différentes, propres à chacun et chacune. Parce qu’on ne l’a pas appris, parce que notre éducation nous pousse à ignorer et à refouler, parce que l’on n’a ni le temps, ni l’espace, ni l’énergie pour, ce jour là, parce qu’on a sous estimé la force du flux arrivant… Il y a aura toujours des milliers de raisons différentes, qu’il sera toujours intéressant d’aller creuser plus tard, pour tenter de faire différemment.


Mais là toute de suite, je fais quoi ? Parfois, il faut accepter de se laisser submerger par la vague, pour la laisser s’exprimer et retomber, plutôt que de chercher à la contenir et à lutter contre, ce qui va la renforcer. Il faudra alors accepter de lâcher prise et d’ouvrir les vannes. Et la clé pour cela, c’est la bienveillance. C’est s’autoriser, l’espace d’un moment, de perdre pied émotionnellement, d’ouvrir les vannes, dans un espace sécurisé, dans un temps d’intimité, dans un moment que l’on se sera consacré à soi-même. S’autoriser à pleurer, à grogner, à crier, à hurler, à se lamenter, à chanter, à rire (si c’est de joie que vous êtes submergé), à se rouler par terre, à tout ce que vous voudrez, tant que cela ne rejaillit sur personne d’extérieur. Dans un lieu où l’on se sent en sécurité, dans un moment où l’on ne sera pas dérangé, pas observé, pas jugé. C’est s’autoriser à laisser vivre en soi et à s’exprimer toutes les émotions refoulées, c’est leur ouvrir la porte pour les laisser nous traverser, sans les juger, sans les condamner et sans s’autocritiquer pour les ressentir.
Je ressens de la colère, et même de la haine ? Et alors, j’ai le droit. Je ressens de la tristesse, du désespoir, une abysse absolu de noirceur ? Et alors, j’ai le droit. J’ai perdu espoir, j’en ai marre et je veux tout abandonner ? Et alors, j’ai le droit. Les émotions ne sont pas fait pour durer, mais pour nous traverser. Les accepter ne veut pas dire qu’elles vont s’installer à demeure chez nous.

Ce que je ressens n’appartient qu’à moi, c’est mon univers intérieur, ma façon de vivre et de ressentir la vie et comment elle résonne avec moi. Les émotions sont une boussole, quand on apprend à les décrypter, elles nous montrent quels sont nos besoins et ce sur quoi nous avons besoin de travailler pour évoluer. Elles ne sont ni bien, ni mal, elles sont une part de notre humanité.

 


A ce titre, ce soir, j’ai juste envie de laisser parler mon propre coeur et toute la souffrance qui y est accumulée :


Ce soir, je me sens très fatiguée, très fatiguée de faire des efforts pour avancer et cheminer dans ce désert sans fin et cette nuit de l’âme que mon âme a choisi de traverser. Je suis triste et fatiguée, déboussolée et découragée. J’ai l’impression d’avancer dans la tempête, face au vent, et de ne plus avoir la force de lutter. Je suis fatiguée de ne rien comprendre, de chercher des indices, des réponses, une direction où aller. Des fois, j’aimerais juste me reposer, que quelqu’un soit là pour me prendre dans ses bras et me consoler. Je me sens humainement seule et désabusée. Là tout de suite, je n’ai plus envie d’avoir la foi, de croire, d’espérer, de savoir que peut-être un jour, cela va s’améliorer. J’ai juste besoin de pleurer. Et de me dire que c’est Ok. Que j’ai le droit d’être choquée, blessée, désespérée, submergée, désarçonnée, découragée. Que j’ai le droit, un instant, de sombrer, pour mieux pouvoir me relever.


Parce ce que c’est toujours ce que l’on fait : se relever. Et Camille Fraise en parle bien ici sur son article, que je vous conseille.


16 octobre 2020

5 commentaires sur « S’autoriser la vague émotionnelle »

  1. Bonsoir Cel,

    Si j’avais su que cela aurait provoqué une telle vague l’exercice, je n’aurais rien dit.
    Le problème avec le sombre, c’est qu’on ne cajolle pas à chaque pas parcouru.
    Peut-être aurais-tu eu besoin de guides lumineux qui portent davantage les gens.

    Dire que cela va prendre du temps, en quoi est-ce grave ?
    J’ai appris que j en avais pour 3 vies pour m’en sortir dans mon nouveau métier…. alors bon. Voilà quoi. Faut relativiser.

    Tu savais que les gens passent leur vie entière à courir après le bonheur ?
    L’arrêt du moteur de souffrance ? Mais on vient tous sur terre pour ça. Pour guérir et ça nous prend des vies entières.

    Maintenant, tu l’as vu la différence entre ton présence et ton future, ce que tu y souhaites. Ce n’est pas aisé mais cela ne veut pas dire que tu y arriveras pas. Depuis quand tu penses ça ?…
    Les plus grandes aventures offrent les plus grands rewards.
    On ne s’arrête pas en chemin. Oui tu as bien travaillé. Mais tu n’as envie de camper là où tu es, si ?

    Petit zèbre qui doit se déployer dans sa savane.
    Bises

    1. Coucou Camille,

      Ne t’inquiète pas, ce n’est pas seulement l’exercice qui a provoqué la vague, il y avait une accumulation ces dernières semaines, ça a juste été la goutte en plus. Mais je préfère encore quand ça remonte à la surface, que j’ai l’info, que c’est dit et posé et que ça pète un bon coup. J’en avais marre de mes rêves pourris, d’être de mauvaise humeur au réveil et de n’avoir envie de rien depuis des semaines, parce que mon mental résistait à la prise de conscience. Donc, au contraire, je te remercie. Ainsi, je peux conscientiser, accueillir, craquer un bon coup et repartir sur une base plus apaisée.

      Evidemment, sur le moment, ce n’est jamais agréable. Mais cela m’a aussi permis de conscientiser des choses sur mon fonctionnement, de faire le lien entre surcharge mentale et émotionnelle, et de voir les points sur lesquels j’ai à bosser, pour mieux vivre les choses. Donc c’était très instructif, maintenant, à moi de voir comment je peux faire pour le vivre avec plus de douceur la prochaine fois…

      Avec ma zébritude (diagnostiquée cet été), je peux vraiment faire des grand-écarts gigantesques dans les émotions, du moment que j’arrive à les accueillir et les laisser se libérer. Je n’avais pas conscience à quel point avant. Donc, je ne m’inquiète pas d’être down, very down une journée. Aujourd’hui je suis allée me promener au bord du fleuve en nature, et j’en pleurais de joie tellement les couleurs de l’automne, le fraîcheur de l’air et la beauté de l’eau me touchait.
      Donc je vais prendre le temps de tranquillement pendre soin de moi et me remonter le moral, pour repartir à l’assaut de la montagne quand je me sentirais prête. Mon problème majeur est l’impatience… (oui oui je prends la fleur de Bach pour l’impatience, je me soigne lol). Bon, je le sais… je dois apprendre à faire avec… LOL.

      En tout cas, c’est sûr qu’apprendre qu’il te faudra 3 vies pour assurer dans ton nouveau métier, c’est une sacré info. Comment tu le vis ?

      Bisous

      1. PS :
        Ma politique en la matière est : c’est à celui qui pose la question d’en assumer la réponse (et la responsabilité d’avoir demandé). Si je ne veux pas savoir, alors je ne demande pas. Si j’ai demandé à ce moment là, et pas 1 ou 2 ou 3 semaines plus tôt, c’est qu’inconsciemment, c’était le bon moment pour moi.

  2. Comment je le vis ?
    Eh bien, dans le fond, je m’en tape. Cela me montre que j’ai le temps d’apprendre, et que je n’atteindrai pas la perfection en 5 ans. Donc, pas les millions !… snif. Pas de villa ?!! Roh ! Moi qui voulais mettre mes serpents dans des terra beaucoup plus grands… hen !

    Une info, c’est une info. Basta. On prend, on la stock et plus tard on fait le bilan avec. Pour l’instant, pas de bilan, donc l’info n’est pas utile.
    Faut se détacher pour vivre le présent.

    Bises

    1. Coucou Camille,
      Merci de ton partage. Humm ta façon de le prendre et de le gérer est intéressante.
      De mon côté, j’ai dû mal à me détacher des infos, ahah c’est mon côté qui veut tout comprendre et analyser, alors que je le fais plus facilement avec les émotions et les jugements.
      Bises

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