A long walk

Auteur :

Auteur : Les Rêves de Celia. Croquis petite plage de l’Etang Salé.

[Texte en anglais. La flemme de traduire en français aujourd’hui.]

 

 – It’s been hell of a long road. Do you think this path will lead me somewhere?

– I’m guessing the only way to find it is to keep walking, again and again, one step after another one.

– Are you sure it’s gonna take me somewhere?

Well, you don’t have somewhere to go, you’ve got to become yourself. The destination doesn’t count, you know.

– Sure, but it does matter to me that I’m seeing some improvements. If the landscape is always the same, how do I know that I’m really walking forward? And not simply standing still? Or worse, moving backward?

– Only faith can respond to this fear. As it is, you don’t need to go anywhere, well actually, not in your inner landscape. The outside world is only a reflection to help you looking in the mirror.

– Oh, well… That’s been helping me so much, thanks…

– Don’t mock me. You’re the only one choosing to make yourself unhappy. By your way of thinking, yours fears and your way of acting.

– Oh, so how I should do?

– Be gentle with yourself. Always. That’s all what will be needed for you to realise that your landscape is moving, and growing pretty nice. Even if slowly.

26 janvier 2017

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Rose de porcelaine

Auteur : Les Rêves de Celia

Rose de porcelaine. Auteur : Les Rêves de Celia

Aujourd’hui, je ne suis pas trop d’humeur à écrire, alors je vous laisse avec une photo de la belle fleur qu’est la Rose de Porcelaine. Je ne sais pas pourquoi elle porte ce nom là, est-ce parce qu’elle est fragile et cassante comme de la porcelaine ? Ou que ses sépales sont lisses et brillantes comme cette dernière ?

Aucune idée, mais elle me semble appropriée pour cette journée, alors que je viens de finir ma valise pour un week end de stage entre femmes. Je n’ai même pas envie d’aller chercher l’explication à son nom. Comme ça, la place reste libre à l’imagination.

Alors rêvons.

13 janvier 2017

La force du végétal

Artiste : Päivi Valkonen

Artiste : Päivi Valkonen

« Mises dans des conditions franchement défavorables, les plantes [notamment les arbres] peuvent évidemment mourir ; mais si vivre reste possible, elles surmontent les difficultés avec une opiniâtreté qui force l’admiration. Si j’osais cette métaphore animale, je parlerais de leur « courage » ; elles ne se contentent pas de survivre, elles reprennent leur place dans la végétation d’origine et, si les conditions redeviennent favorables, elles parviennent à effacer toute trace de périodes difficiles, aidés en cela par leur autonomie, par le fait qu’elles n’éprouvent aucune difficulté à changer de forme et par la manière qu’elles ont de disposer du temps. »

Eloge de la plante, Francis Hallé

Quand je suis tombée sur ce passage dans ma lecture, j’ai eu comme un tilt dans ma tête. Alors que ces derniers jours je réfléchis et j’échange sur les sujets de blessure de l’âme, de processus de guérison, de cicatrice sur le blog de Sylvie. Je suis admirative de la capacité du végétal à non pas « survivre », comme nous humains le faisons pour la majorité, mais à vivre et s’étendre, à rayonner et grandir, à « guérir » malgré les épreuves traversées. L’arbre et les plantes sont vraiment fascinantes, et je pense que si on prenait le temps de les observer, de les comprendre, on pourrait apprendre beaucoup d’elles… Car j’aimerais avoir ces qualités-là, à défaut qu’elles soient physiques, mais au moins sur les plans émotionnels, mentaux et énergétiques.

Certes quand on coupe la branche d’un arbre, elle n’est pas exactement remplacée, au même endroit avec la même structure, et il reste une cicatrice : on peut voir sur le tronc le nœud correspondant à la branche coupée. Mais l’arbre fait pousser une nouvelle branche à proximité pour remplir ce « vide » dans l’espace qui l’entoure et le valoriser.

Si un arbre tombe, et s’il est dans des conditions favorables (lumière, humidité, comme on peut en trouver dans une forêt tropicale), des rejets vont pousser sur ses racines, son tronc, ses branches. De « l’individu » couché au sol, il va se former sur cette ligne plusieurs nouveaux « individus », des répétitions d’une branche qui font en grandissant se transformer en arbre alors que le tronc d’origine va se décomposer autour et finir par disparaitre. Fort de cette apparente mort, un arbre renait en une colonie d’arbre. C’est un mécanisme fascinant !

Transposons cela à l’image énergétique d’un être humain : à chaque « mort spirituelle », celle où l’on abandonne une part de soi qui ne nous est plus utile (schémas de pensées négatifs, peurs cristallisées, etc), on serait, en mimant le principe de l’arbre, capable de renaitre à soi sous de multiples et nouvelles facettes, toutes plus jeunes et vigoureuses, nous permettant d’élargir notre enracinement dans le monde et d’étendre notre champ d’existence (et donc de conscience). Ce serait en soi un puissant processus d’évolution spirituel. Décidément, je n’en démords pas dans l’idée que les arbres feraient des guides spirituels fascinants pour ceux capable de travailler avec eux et d’arriver à leur portée ! Cela me fait envie !

6 décembre 2016

Les plantes ont-elles une conscience ?

Artiste :

Jeune Banian (Ficus benghalensis), arbre sacré. Photographie panoramique, Anses des Cascades, La Réunion.  Auteur : Les Rêves de Célia, 2016.

Préambule : ce texte est issu d’une d’exploration de ma pensée à un moment t donné. Il ne se veut ni comme une vérité, ni comme une affirmation scientifique, ni comme des idées fixées, mais comme une base de réflexion et d’ouverture au débat. N’hésitez pas à me faire part de vos questions et de vos critiques, du moment que celles-ci sont formulées de façon constructives. Bonne lecture !

Je veux écrire un article sur le thème de la « conscience » chez le règne végétal. Mais comment aborder cette notion, si vaste, complexe et surtout non admise ?

Dans cette émission de France Inter, la Tête au Carré, intitulée « Les plantes, des êtres vivants à (re)prendre en considération ! » en podcast ici, certains scientifiques essayent de casser les préjugés en donnant des informations découvertes récemment, en essayant de communiquer et de vulgariser auprès du grand public. Mais ils restent malgré tout très prudents sur le choix des mots et sur les informations transmises.

Et je me dis que cette recherche scientifique est exactement dans le même schéma que la recherche médicale occidentale : aveugle aux réalités invisibles, aux fonctionnements énergétiques et aux prises de conscience dépassant le mental, qui pourtant sont admises dans les médecines orientales.

Certaines questions laissées sans réponse dans l’émission me paraissent d’une évidence, selon le point de vue de ma vision ouverte sur la spiritualité, ma sensibilité aux énergies des cristaux, des lieux et des gens. Mais voilà, ce ne sont que des intuitions, des perceptions basées sur ma sensibilité aux mondes subtiles. Rien de scientifique là dedans, aucune preuve à apporter. Bizarrement, cela ne me choque pas et ne va pas à l’encontre de ma formation d’ingénieur dans le végétal. Au contraire, on a eu des cours poussés de physiologie végétale, et j’étais fascinée par les mécanismes mis à jour chez les plantes. Sur la complexité du pilotage de cette machine par les hormones végétales, la formation de mycorhizes (association de racines et de champignons pour des échanges bénéfiques) par exemple.

Les plantes m’ont fasciné ! Et ce module sur l’architecture des arbres, c’était fantastique ! J’avais compris depuis longtemps, grâce à cela, que les vieux arbres deviennent de véritables colonies et que par là même, ils deviennent immortels. J’aurais pu passer des heures à étudier ces mécanismes, à apprendre la magie du vivant des arbres. Mais aussi celles des plantes bien plus modestes. C’est probablement ce qui m’a attiré chez les plantes médicinales, car la majorité de leurs principes actifs, à l’origine de leur propriété, sont souvent issus de mécanismes de défense ou d’évolution particulière.

La nature et les plantes regorgent d’une telle richesse et d’une telle sagesse. Comme le dit un des intervenants de l’émission, les plantes sont économes. Elles ne prélèvent que ce dont elles ont besoin, elles n’accumulent pas de façon inutile, comme nous autres humains pouvons le faire avec les minéraux, les denrées alimentaires, etc… Et surtout, elles sont intégrées à leur environnement et utiles : « On dit souvent que l’arbre vient du sol. Mais en réalité, il est né d’un stock de polluants, puisqu’il est constitué à 40 % de molécules à base de carbone (le reste est de l’eau). L’arbre a cherché le carbone dans l’air, l’a épuré et transformé en bois. Alors, couper un arbre, c’est comme détruire une usine d’épuration. » (Francis Hallé, articlé très intéressant à lire ici).

 Ce qui m’a particulièrement frappée à l’écoute de cette émission, et malgré que je le sache déjà de par ma formation scientifique en végétale, ce sont les points suivants :

  • « Les plantes se nourrissent principalement de lumière». Grâce à la photosynthèse et l’absorption de CO2 (et de minéraux quand même). Mais c’est bien leur première source d’énergie !
  • « les plantes sont totalement ouvertes à leur environnement » Puisqu’elles ont des organes en extérieur, qu’elles s’allient avec d’autres organismes extérieurs pour certains services (mycorhizes, pollinisateurs, insectes auxiliaires…), qu’elles s’adaptent à l’environnement qui les entourent.

Pensez-y juste deux minutes : les plantes absorbent la lumière et le CO2 avec leurs feuilles, grandes ouvertes vers le ciel. Nous absorbons nos nutriments via notre système digestif bien caché dans notre ventre. Idem pour la « respiration », feuilles VS poumon. Et que dire des fleurs ? Ces organes sexuels présentés et exhibés aux yeux de tous, alors que les nôtres sont protégés avec pudeur.

Les deux mots ici qui m’ont interpellé le plus sont « lumière » et « ouverture ». Si on s’y intéresse d’un point de vue spirituel, ce sont souvent des notions associés à un niveau d’évolution spirituelle élevée.

On peut prendre l’exemple de certains ascètes qui cherchent à ne se nourrir que de lumière. On peut le prendre de façon plus figuré «se nourrir de lumière » ou encore de pensées élevées, chercher à atteindre l’illumination, à élever sa pensée, à ne plus se nourrir de pensées négatives, de jugements et de schémas néfastes.

Quant à la notion d’ouverture, n’est-ce pas ce que l’on cherche à atteindre lorsqu’on choisit un chemin de développement personnel ? S’ouvrir à soi-même, pour découvrir nos richesses intérieures et apprendre à s’aimer. S’ouvrir à l’autre, apprendre à communiquer, faire preuve de compassion, échanger dans un partage équilibré. S’ouvrir à l’univers, aux réalités inconnues, au principe Divin (quel que soit la façon dont vous le nommez). S’ouvrir aux possibilités pour évoluer, apprendre, comprendre et s’épanouir. On parle bien de notion « d’ouverture d’esprit » et « d’ouverture spirituelle ».

D’après ce parallèle, on peut donc se poser la question du « niveau spirituel » des plantes. Exhiber de telles caractéristiques de façon physique, n’est-il pas un indice du potentiel spirituel de ces êtres qu’on ne comprend pas ? L’extérieur peut-il être un indice de l’intériorité d’un être ? Y a-t-il besoin d’avoir un cerveau et un système nerveux pour posséder un corps énergétique (tel qu’accepté et défini par exemple par les médecines ayurvédique et chinoise) et la conscience qui lui est rattaché ?

De par mon expérience de travail avec l’énergie des cristaux, je peux affirmer (de façon absolument empirique), qu’une « entité » organique ou minérale n’a pas besoin d’un système nerveux pour posséder une énergie subtile propre, qui de fait est « contenue » ou tout du moins limité par un « corps énergétique ». Si un cristal en a un, pourquoi pas une plante ? On admet bien l’existence de ce corps énergétique pour l’être humain dans de nombreuses et anciennes traditions (médecines ayurvédique et chinoise, etc). On commence à en parler pour les animaux. Et les plantes alors ?

Faire ce parallèle est un peu troublant. Je sais qu’il est assez simpliste, se nourrit de notions « grossières » et que je ne fais que survoler la description scientifique (qui par ailleurs trouve des exceptions dans le domaine végétal faisant contresens). Mais l’idée n’est pas ici d’être « précise, scientifique ». Juste de poser des mots sur un ressenti. Car ici, toutes les comparaisons que je fais sont placées du point de vue « humain ». Et du coup, tombent sous le coup de l’anthropomorphisme.

Quelles seraient ces perceptions du point de vue du végétal ? Comment un organisme vivant si différent « perçoit »-il les êtres humains ? Et quelle en est sa lecture ?

Alors je sais que l’on peut arguer que les plantes ne « perçoivent pas ». C’est vrai d’un point de vue scientifique, on n’a pas prouvé que les plantes possèdent des organes ou des récepteurs biochimiques capables de reconnaitre les êtres humains. Il n’existe aucune preuve de cette capacité physique à reconnaitre les humains.

Bien que les plantes soient capable de « reconnaitre » les minéraux dont elles ont besoin, l’eau dont elles ont besoin (et d’orienter leurs racines vers elle), les insectes qui les agressent ou au contraire qui les aident, les végétaux amis ou ennemis (compétition, plantules issus du même pied, etc…). Alors pourquoi ne pas posséder aussi un mécanisme pour « reconnaitre » les animaux et les humains ?

Si d’après le parallèle précédent, on postule que les plantes possèdent un corps énergétique, alors grâce à celui-ci, les plantes sont capables de ressentir les autres corps énergétiques qui entrent en contact avec le leur (de par la proximité physique). Ainsi, si un homme se promène sous un arbre, la portée de son corps énergétique entrera en contact avec celui de l’arbre, rendant ainsi possible à l’arbre de « sentir la présence » de l’homme, sans qu’il n’y ait pourtant de contact physique entre eux ou d’interaction biochimique. Ce qui pourrait par exemple donner des pistes de compréhension sur l’effet apaisant et ressourçant de la proximité d’un arbre chez l’homme. Être mis en lien avec les travaux existants sur les propriétés des élixirs floraux, des propriétés énergétiques de guérison des arbres (cf Patrice Bouchardon).

Bon, ce que je dis n’a rien de nouveau, dans la sphère spirituelle et de développement personnel. Bien que je n’ai encore jamais lu de livres dessus, malgré certaines références données, je suis certaine que ce discours sur la « conscience des arbres » existe de par ailleurs.

Mais ce qui m’intéresse ici, c’est de renverser cette notion. Car quoi que j’ai entendu ou lu de façon superficielle, la question de la conscience du végétal se base toujours sur le modèle de l’être humain. On cherche toujours à projeter notre forme de conscience sur les autres modèles de vie, que cela soit l’animal ou le végétal. Mais a-t-on déjà essayé, plutôt que de l’appréhender par nos yeux et notre cerveau humain, de le faire depuis les cellules d’un arbre ? A-t-on déjà essayé d’imaginer la façon dont « sent » un arbre ? Ou « clairsient » (à travers des sens énergétique) ? Quel est sa propre conscience de lui-même ? Est-elle à un niveau spirituel bien supérieur à celui des hommes ? Peut-elle seulement être appréhendée par un cerveau humain ? Et si oui, comment l’arbre nous perçoit nous être humain ? Peut-on créer une carte de ses « sens » qu’ils soient physiques ou énergétiques ? Peut-on représenter sa perception du monde ? Avec quels outils ?

J’imagine que c’est ici que l’on sort du domaine scientifique et philosophique pour passer à celui du spirituel. Car je n’ai pas connaissance, à ce jour, d’outils capables de réaliser un tel travail exploratoire dans les domaines cartésiens. C’est donc probablement ici que le chamanisme et l’art entre dans la danse. Premièrement pour pouvoir canaliser une autre vision, celle d’un être différent de soi, et deuxièmement, pour représenter et donner forme à cette vision inconnue, en s’affranchissant des mots et du mental humain.

Peut-on seulement s’approcher du type de conscience de l’arbre et des plantes en général ? Dans ce documentaire sur Francis Hallé et son éloge des plantes (que je vous conseille vivement : vidéo ici), il fait part de cette différence fondamentale entre l’arbre et l’homme. L’homme maitrise la composante spatiale de son environnement (car il peut se déplacer) alors que l’arbre maitrise la composante temporelle (de par son immortalité théorique, l’adaptation aux saisons, etc). Je me suis alors rappelée de cet article que j’avais écrit il y a bien longtemps « La vision de l’homme », où je parlais justement de l’incapacité de l’homme à se projeter dans l’échelle de temps des arbres…

Et si l’arbre et l’homme pouvaient se « rencontrer » dans un plan atemporel et sans espace pour aplanir leurs différences et engager une forme de d’échange de « conscience humaine à clairsentience végétale » ?

1er novembre 2016

Ajout postérieur : Si ce sujet vous intéresse, je vous invite également à lire cet article de blog que j’ai beaucoup apprécié « Plantes sensibles, plantes intelligentes : ce qui devait être dit »

PS : merci aux personnes qui m’ont aider à nourrir cette réflexion, elles se reconnaitront ;)

 

What’s the meaning of life?

Source : tumblr

Source : tumblr

La vie prend-elle son sens quand on est prêt à la perdre ? Que vaut-elle quand elle ne ressemble qu’à un mur statique que l’on recouvre progressivement de photos trophées et de poussière ? N’a-t-elle pas besoin de risques et même d’épreuves pour se prouver à elle-même sa force d’action et de mouvement ?

Qu’est-ce qu’une vie sans mouvement ? Statique intérieurement ou figée dans la matière ? Ne devient-on pas fou, ainsi à ne pas être dans l’évolution ?

Que devient l’homme soumis à une tâche répétitive ? Faire une fois, deux fois… cinq cent fois le même geste dans une journée. Ce geste a-t-il encore un sens ? Peut-on trouver encore la volonté de le faire à la perfection ? Quel sens lui donner ? Si ce n’est celui de produire pour la société et par la même assurer sa subsistance ? Est-ce suffisant, pour se motiver, de penser à tout ce que cet argent, si durement gagné, pourra nous permettre d’acheter en récompense ?

Comment s’épanouir face à une tâche répétitive ? Est-il simplement confortable pour certaines personnes de s’en contenter ? Et si pour d’autre elles signent un arrêt de mort intérieur ? Comment dépasser cet ennui sans se résigner ou abandonner sa recherche d’épanouissement ?

L’impasse

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Pourquoi ? Pourquoi est-ce que mon égo cherche tant à me faire croire que je suis spéciale ? Pourquoi s’accroche-t-il tant au fait que je sois « différente des autres » ? Et pourquoi lorsque les justifications de cela me sont enlevées, mon égo en devient agressif ?
Croire que l’on est « spécial », que l’on est « meilleur que les autres », plus unique, plus important, à quoi cela sert-il ? Croire qu’on est destiné à quelque chose de particulier, à une mission spéciale, qu’est-ce que cela apporte ? Se rendre responsable des autres, des proches, de l’état de la planète, et j’en passe, à quoi cela avance-t-il ? Je n’adhère pas à tout cela.

Quel est le message que mon égo veut véhiculer ? Oui je suis unique, irremplaçable, parce que je suis le fruit de mon histoire, de mes gènes et de mon éducation. Mais comme chacun d’entre nous l’est. Chaque personne sur cette terre est unique, a ses propres richesses et lacunes, ses atouts et ses défauts. En quoi cela me rendrait-il meilleure qu’une autre, plus importante ?
Pourquoi vouloir entretenir cette croyance erronée ? Je ne suis qu’un grain de sable parmi les millions d’êtres humains sur cette planète. Est-ce si angoissant pour moi que mon égo cherche à me rassurer en m’auto-proclamant un statut spécial ? Alors de quoi ai-je peur ? De quoi mon égo cherche à se protéger ?

Du peu que j’ai compris, l’égo est cette part de nous qui nous offre notre personnalité, le manteau que revêt notre âme pour s’incarner dans la matière. Il n’est pas un mal, c’est un habit parfois encombrant, mais qui, comme une seconde peau, a pour rôle de nous protéger. Nous protéger aussi de nous-même ?
A ce titre, l’égo cherche à conserver l’individualité de l’âme, expérience offerte lors de l’incarnation. L’égo a-t-il peur, une fois certaine barrières tombées, de disparaître dans une sorte de réunification de l’âme ? Dans la Lumière, nombreuses sont les personnes, qui disent qu’une fois atteint une certaine ouverture d’esprit et un certain niveau spirituel, « on ne fait qu’Un avec le monde », on ressent que chacun n’est qu’une part du tout et que « tout est connecté ». Je n’ai jamais ressenti cela, et je ne cherche pas à l’expérimenter. Je n’y croirais pas personnellement tant que je ne l’aurais pas éventuellement expérimenté. Pourquoi mon égo chercherait à m’en dissuader ?

Je ne comprends pas ce mécanisme de l’égo. Qu’apporte-t-il à la personne que je suis ? D’où vient-il ? Comment influence-t-il mes comportements ? Et de quoi veut-il me protéger ?
Je suis d’autant plus perplexe et sans piste, que je ne suis pas quelqu’un d’ambitieux… Je ne cherche pas la richesse, la reconnaissance sociale à travers un poste élevé ou je ne sais quelle position politique. Je n’ai pas l’ambition d’être quelqu’un de spécial. J’aimerai juste être moi. Simplement, sans barrières. Ça serait déjà pas mal.
Je ne cherche pas non plus à être « une sauveuse ». J’ai bien compris qu’on ne pouvait être que son propre sauveur. C’est à chacun de se sauver soi-même, certes parfois avec des aides extérieures, mais c’est d’abord de soi même que vient le déclic, le changement, la volonté d’évoluer, de guérir, etc… On ne peut jamais forcer quelqu’un à prendre ce chemin-là.
Alors pourquoi mon égo voudrait me faire croire que je suis responsable ? Responsable du bonheur de ma famille, de la guérison de mes proches, de la préservation de la Terre ? Pourquoi ? Ça n’a pas de sens. Je ne comprends pas son message.

Et que vient faire la spiritualité là-dedans ? N’est-elle pour mon égo qu’un moyen pour me sentir différente ? De me croire « plus mature, plus ouverte d’esprit », plus alerte sur les « « réalités de ce monde » » ? N’est-elle qu’un outil pour me distinguer et me couper des autres ?
Longtemps, j’ai rejeté les autres en me disant : « ils ne peuvent pas me comprendre, je suis différente d’eux à cause de la médiumnité, ils le sentent et cela leur fait peur ». Oui cela fait peur à certains, mais pas à tous. Ce n’était qu’une justification pour me couper moi-même du monde, me renfermer dans ma tour d’ivoire et me lamenter sur moi-même.
Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui ? Je suis sortie de ma tour d’ivoire, je suis allée vers les gens. J’ai partagé mes croyances auprès de certaines personnes, j’ai été rejetée par d’autres, interpellée et sollicitée par d’autres encore. La spiritualité et la médiumnité ne sont plus des barrières qui me séparent du monde. J’ai appris que c’est ce qu’on en fait qui nous sépare ou nous rapproche du monde.

Mais que s’est-il passé ? Au contact du monde, ma spiritualité à moi s’est effondrée. Je me souviendrai toujours de quelqu’un me disant, par rapport aux volontés diverses de vivre en ermite ou en communautés fermées que l’on peut rencontrer : « si ton système a besoin d’être coupé du monde et de la société pour fonctionner, alors c’est que quelque chose ne tourne pas rond. Un système viable est capable de tenir debout face aux autres ».
Alors qu’en est-il de mon propre système de valeurs spirituelles ? De mes croyances, de mes « capacités » ? Aujourd’hui j’en viens même à douter d’avoir jamais senti les âmes errantes, d’avoir été capable de manipuler des énergies de soin, d’avoir eu des rêves prémonitoires, d’avoir aidé ma grand-mère a passé de l’autre côté, etc…
Est si tout ça n’était qu’invention de mon esprit ? Pour me « sentir spéciale » ?

« Les guides sont là pour guider, pas pour nous perdre. »
Où sont mes guides dans ces moments-là ? Surement hors de ma portée, comme toujours. Où étaient-ils lorsque des entités mal intentionnées se sont faites passées pour eux ?

Aujourd’hui je suis fatiguée par tout ça. Je suis fatiguée de ressentir des choses que je ne comprends pas et que je ne maîtrise pas. Je suis fatiguée de passer mon temps à mettre des barrières entre ma vie matérielle et ma vie spirituelle. Je suis fatiguée de voir mon corps physique affaibli par des causes énergétiques. Je suis fatiguée d’être ballotée sans savoir vers où je dérive.
Je n’ai plus la foi pour ça. Je n’ai plus la patience pour ça.
Je me sens bloquée.

Parce que je suis dans une impasse.
Je ne veux plus de ma médiumnité, ni de la spiritualité. J’en souffre trop.
Mais une part de moi a besoin de ces éléments-là. Cela nourrit mon âme ? J’ai essayé sans et je n’en ai été que malheureuse et encore plus affaiblie physiquement. Que je le veuille ou non, ces éléments semblent faire partie de moi.

Alors comment faire ?
J’imagine que dans une impasse physique, avec 4 murs autour de moi, j’aurais le choix entre creuser un tunnel à la force de mes poignets, ou évoluer pour que des ailes me poussent… à moi qu’on vienne m’en extraire par une aide extérieure.
Mais concrètement, comment je traduis ça, hein ?

Les petits moments…

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Ne sont- ce pas les petits moments qui président à de grands tournants ? C’est si petits moments qu’on pourrait négliger, et qui entraînent une cascades d’évènements, de rencontres imprévues et de découvertes.

C’est lors d’un de ces moments que j’ai initié un des plus beaux changements dans ma vie. Un soir de semaine comme un autre, j’ai décidé d’aller à cette présentation des clubs, dans cette nouvelle école où je faisais ma dernière année d’étude. Alors que je ne connaissais personne, que j’arrivais en décalée d’une rentrée déjà fêtée, j’ai pris mon courage à deux mains. Malgré mon caractère introverti, ma peur des autres et mon manque de confiance en moi, j’y suis allée seule, dans l’envie de vivre pleinement cette dernière année d’études, en me faisant de nouveaux amis dans un club que j’aurais choisi pour le plaisir.

Oh combien je n’imaginais pas un instant que cette soirée présiderait à tant de changements dans ma vie ! J’y cherchais l’attirance amoureuse mais n’y ai rencontré de prime abord que la déception dans de grands yeux bleus. Mais en réalité, un club m’a ouvert grand les bras, celui auquel je m’y attendais le moins d’ailleurs ! Celui de l’improvisation théâtrale, alors que je n’étais jamais montée sur des planches ! J’étais effrayée à l’idée même de chanter devant ma propre famille malgré mes cours de chant… Que pouvais-je donc y faire ?
Mais je me suis amusée, j’y suis allée pour le plaisir et j’ai pu y rencontrer plein de gens formidables qui m’ont motivé à y rester. Et plusieurs mois plus tard, par le plus total des hasards, j’y ai fait une rencontre formidable et inespérée.

Ce sont les petits moments les plus importants, toutes ces soirées ou la somme de ces longues heures de prime abord sans importances, qui forgent nos lendemains. Alors pourquoi ployer sous le poids du stress des « grands moments » (oraux et remise de travaux) alors qu’ils ne sont qu’une somme de petits moments mis bout à bout ? C’est en vivant pleinement l’instant et faisant de son mieux au présent que l’on construit le futur le plus solide. A quoi bon s’inquiéter inutilement de la probabilité d’évènements qui sont hors de notre contrôle ? Du jugement futur qui sera porté sur notre travail ?

En créant le présent, instant par instant, j’assume mon propre pouvoir sur le futur.

Voilà ce que j’aimerais me rappeler à chaque instant.
Quand ma tête ploie sous la fatigue.
Quand mon échine s’affaisse sous la masse de travail.
Quand mon dos se courbe sous le découragement.

J’aimerais me rappeler que,
Ce sont ces instants vécus la tête haute
Qui ont forgé la place où je me tiens,
Et que de nouveau,
Je peux y arriver.

17 septembre 2014

Source de l’image : Shiupika