Enjeux d’incarnation

Artiste :

Artiste : Yuumei

* Suite de l’article Les liens qui emprisonnent *

Tu te demandes comment ton supérieur a fait pour ignorer l’appel de son âme – probablement pas née de la première pluie, vu la puissance des énergies [de domination] ]qu’il dégage. Eh bien, tu as compris qu’il était complétement englué dans un égo dominateur et contrôlant. Voilà le problème de l’autorité et le piège à l’incarnation que cela peut représenter. Piège que tu as déjà toi-même rencontré dans une vie antérieure.

Et comment on fait pour s’en sortir ?

Et bien, une des manières possibles est de « casser l’égo » dès son réveil. Je sais que tu vois de quoi je parle, grâce aux articles de Sylvie.

Oui… Les brimades, le harcèlement, la dévalorisation, etc. Tout cela, ce sont des façons de casser l’égo, notamment chez de jeunes personnes. C’est sûr que mon adolescence a été très dure pour moi. Elle a totalement brisée mon estime et ma confiance en moi…

Ainsi que tes velléités d’autoritarisme. C’est important que tu comprennes maintenant pourquoi cela t’est arrivé. Ce n’était pas un hasard, ni une punition, juste un choix de ton âme. Une autre âme ne l’aurait peut-être pas vécue de cette façon-là, mais avec ton hypersensibilité et ton empathie, cela a été très dure… Tu ne comprenais pas pourquoi les autres ados de ton âges n’agissaient pas selon les émotions que toi tu percevais en eux. Tu t’es accrochée longtemps à ce garçon, tu savais qu’il t’aimait malgré qu’il se soit mis à te harceler et à t’humilier. Mais il n’est jamais revenu vers toi de la façon dont vous étiez au départ. Tu n’as jamais compris pourquoi. Et bien, sache que, lui a choisi de suivre les apparences et les jugements plutôt que son cœur.

Hum… Je trouve que ça fait beaucoup d’enjeux d’incarnation pour moi tout ça… Le travail sur ma relation à l’autorité, au masculin, au féminin, sur l’endométriose, etc… Mon âme a mis la barre haute pour cette incarnation ou je me trompe ?

Et bien, c’est le fameux retard dont tu as rêvé par rapport à ton âme jumelle.

Arf. Mais c’est utopique d’imaginer que je puisse jongler avec tant de sujets à la fois ! Je ne suis que moi, et essaye un peu en plus de guérir avec un « égo cassé »… ! Même avec une nuit de l’âme censée accélérer le processus, cela prend toujours 30 piges ! Voire je ne sais pas combien d’incarnations.

C’est pour cela que tu as été doté de capacités médiumniques.

Hum. Comme Sylvie, pour apprendre à me guérir ?

Oui, c’est le processus le plus rapide.

Bon, je veux bien l’admettre. Au moins, ça fait une question de moins sur ma liste de « pourquoi ». Cela en revanche ne me renseigne pas sur le type de médium que je suis, ni comment je fais pour gérer ces capacités-là. Je commence à peine à passer dans la phase où cela m’aide, plutôt que de me ralentir.

La vitesse d’acceptation de ses capacités propres est fonction de chacun et dépend de la puissance de l’égo. Comme le tien est évidemment puissant…

Oui, oui j’ai compris. Je viens de me souvenir grâce à Sylvie et Camille que ce n’était pas le cas quand j’étais enfant. Je sentais très bien les énergies de l’esprit de notre maison, de mon sapin, sans me poser de questions. Je pense que je sentais aussi ma connexion à la Source spontanément. Mes rêves étaient très présents et puissants aussi. Peut-être même des voyages astraux ? Mais tout cela a été « cassé » en même temps que mon égo à l’adolescence… Heureusement, la rupture du lien à la Source n’est qu’une illusion et les choses peuvent être « réparées » *ton cynique*. Mais des fois, je me demande à quel prix… Est-ce que mon âme ne réalise pas que des fois je me dis « à quoi bon ? Moi j’ai juste envie de me sentir bien et d’être heureuse là ». Après tout, si c’est juste pour courir après ma flamme jumelle… je peux toujours courir quoi. Tout du moins dans cette vie et dans les suivantes.

Tu n’en sais rien.

Non, mais je crois que je commence à perdre espoir. C’est pour ça que vous m’avez envoyé un rêve de réconciliation avec lui ?

Oui.

Sauf que je n’ai pas tout compris.

Cela n’est pas nécessaire de fermer la porte avec lui. Tu peux vivre d’autres choses et être heureuse en laissant la porte ouverte entre lui et toi. Même si cela n’aboutissait pas dans cette vie, crois-moi quand je te dis qu’une future réunion sera plus simple si la porte reste ouverte.

Peut-être. Et mon égo te dit « qu’est-ce que j’en ai à faire de toute façon, vu que je ne serai plus concernée ? »

Cela évitera de t’infliger une blessure supplémentaire à l’âme. Certains liens ne sont pas faits pour être coupés, même temporairement.

Que dire ? Suis-je réellement sûre d’avoir ce type de lien avec lui ?

Interroge ton Cœur et tu sauras.

Hum… Peut-on avoir plusieurs flammes jumelles ? Cela me ferait vraiment suer qu’il soit le seul, et que nous ayons raté notre réunion dans cette vie-là…

Qu’est-ce que « rater » veut dire ? Du point de vue de l’égo, peut être que oui, car vous vous êtes séparés. Mais peut être que du point de vue l’âme, vous avez vécu ce que vous deviez ensemble. A savoir la prise de conscience d’un certain nombre de blessures et de blocages pour pouvoir être ensemble.

Grrmmff.

Pas le genre de réponse qui fait plaisir n’est-ce pas ? Mais en même temps, si tu reçois cette réponse, c’est parce que tu es prête à l’entendre, et qu’au final tu le savais déjà.

Oui… Peut-être grâce à ce fameux rêve où il venait m’expliquer pourquoi on ne pouvait pas être ensemble. Je me demande quels infos il a lui de son côté ?

Celles nécessaires pour avancer.

Lol, c’est précis ça !

Il te faut accepter d’avancer séparément pour quelques temps. C’est pourquoi ton accès aux infos le concernant a été bloqué.

Grrmmff. Même pour savoir dans quel état d’esprit il est ?

Tu n’as qu’à le lui demander verbalement. Sans sollicitation énergétique de votre lien.

Bouh, c’est pas du juste. Etre médium pourrait quand même me servir à des trucs sympas de temps en temps ? Je n’ai pas du tout envie de reprendre contact si c’est pour me prendre une porte dans le nez… Et comme je n’arrive pas du tout à capter comment il se sent par rapport à moi… Je me demandais si c’était lui qui bloquait mes perceptions le concernant ; après tout, j’étais capable avant de ressentir son état émotionnel à distance grâce à notre lien. Mais en fait c’était vous ??

Pour une bonne raison. Tu ne peux pas apprendre à gérer tes émotions et tes énergies si tu es sans cesse connecter aux siennes. Connection qui n’a de toute façon plus besoin d’être, au vu de votre relation. A quoi cela te servirait-il de le sentir malheureux comme une pierre ou heureux avec une autre femme ? Ce serait juste de la torture, considère que c’est un service que nous te rendons par compassion.

Oui, j’imagine. Cela répond déjà à pas mal de mes questions le concernant. Puis-je demander quel est le « travail » que l’on a convenu de faire ensemble ?

Pas pour l’instant.

J’imagine que la réponse viendra en son temps.

Concentre-toi sur toi-même. C’est ce qui vous aidera le plus tous les deux.

Merci pour les réponses.

Attends.

Oui ?

N’oublies pas ce que j’ai dit. Cela ne sert à rien de solliciter votre lien énergétique. A part t’épuiser. Et à part le perturber lui.

Ah, alors il ne faut pas que je le dérange ?

C’est préférable. Pas dans la période où il est.

Ok, du moment que vous répondez à mes questions – au moins partiellement, je n’ai aucune raison d’aller à la pêche aux infos de son côté à lui. C’est pour ça que vous avez répondu à mon appel ?

Entre autre, mais nous sommes là pour t’aider sur bien d’autres sujets. Evidemment c’est plus facile quand tes énergies sont purifiées et stabilisées.

Vous voulez dire quand mes émotions sont exprimées et mon état émotionnel calme et stable ? Comme lorsque Camille est en rêve lucide ?

Le contrôle des émotions est un point clé pour le maintien d’un taux vibratoire stable. C’est pourquoi tu canalises mieux quand tu es fatiguée mais calme. Quand tu te sens mal, ta priorité devrait toujours être d’extérioriser tes émotions, par écrit, dessin ou chant, la méthode que tu veux. Mais extériorise ces émotions et transmute-les en énergies d’amour. Contrairement à ce que l’on croit, ce n’est pas lorsqu’on est le plus mal que l’on reçoit la meilleure guidance. C’est souvent le moment en revanche où vous êtes les plus aptes à la demander et à vous ouvrir à elle pour la recevoir, donc vous amalgamez les deux. Mais tu recevras toujours une guidance d’autant plus claire que ton état émotionnel le sera. C’est une règle fondamentale, surtout chez toi qui est hypersensible.

Quand tu es mal, demande autant que tu veux la guidance dont tu penses avoir besoin. Mais accepte l’idée que tu n’es pas en état de la recevoir sur le moment, et garde la foi qu’elle viendra au moment opportun. Fais de ton état émotionnel ta priorité. « Que puis-je faire pour me sentir bien ? » Cela peut être de pleurer un bon coup, d’écrire tes émotions, d’en parler avec une amie, de dormir, de manger, etc. Mais surement pas de chercher à canaliser un message qui de toute façon ne pourra être que tronqué. Cherche à te reconnecter à l’amour que tu éprouves pour toi-même, en prenant soin de toi, ce sera le meilleur moyen de transmuter ces énergies, via la compassion envers toi-même. Le reste suivra dans un second temps.

Merci pour cette discussion.

2 janvier 2017

Publicités

Les liens qui emprisonnent

Auteur

Parc aux palmiers. Auteur : Les Rêves de Celia.

Cela fait un moment que j’avais envie d’écrire sur mon blog de façon plus régulière. Mais finalement le mois de décembre a été compliqué… J’ai enchainé les jours de rhume. Du coup, ce dernier mois, j’ai bien senti mon taux vibratoire plus bas que d’habitude et ma difficulté à canaliser aussi… A la place, j’ai bien senti que le travail s’est fait au cours de mes rêves. Certains ont été très forts, sont restés très nets et m’ont bien perturbée aussi… Mais l’interprétation ne suit pas forcément derrière et c’est frustrant.

Le dernier rêve était néanmoins assez clair sur ma gestion déplorable des énergies et des émotions que mon supérieur actuel projette et dont je n’arrive pas à me distancier. Je me laisse littéralement polluer par lui, en attendant que ça se finisse. Mais cette histoire de rupture de contrat traine encore et encore et peut être est-ce l’occasion pour que j’apprenne à ne plus me laisser atteindre. J’en ai marre d’être malade 3 juste après chaque interaction avec lui, ce n’est plus possible.

Mais comment je fais ? Comment je fais pour affirmer mes besoins et les faire respecter, sans être autoritaire et en restant souple ? J’ai l’impression de ne pas réussir à trouver un équilibre, tout ou rien, soit je bouffe soit je me laisse bouffée. Je ne veux pas de conflits et je veux que cela se résolve dans le bon sens, donc j’ai décidé de me coucher, de le laisser prendre les décisions suite à ma demande et de le faire à son rythme. Mais ce n’est plus possible.

Il suffit de le dire dans la douceur. Affirmer ses besoins n’est pas synonyme d’autorité. Tu peux expliquer pour amener à une compréhension.

Comment expliquer à quelqu’un qui n’écoute pas ?

C’est ton propre préjugé. Peut-être qu’il n’écoute pas ton avis pour des décisions dans le cadre du travail. Ou qu’il n’en donne pas l’impression. Mais concernant ton départ et la transmission, peut-être qu’il fera un effort.

Peut-être. Je ne sais juste pas comment le formuler. « Bonjour, je veux que la rupture soit la plus rapide possible car je ne supporte plus d’être en contact avec vous »

Pourquoi ne veux-tu plus lui parler ?

Parce qu’à chaque fois, il trouve le moyen de me parler de ses problèmes à lui au travail, de se plaindre, etc…

Et toi tu n’as pas envie d’en rajouter une couche avec tes demandes, alors tu n’oses pas affirmer ce dont tu as besoin.

Voilà. A chaque fois, je me trouve à jouer le rôle de la personne « compréhensive et compatissante » et je m’oublie. Et ça m’énerve. Pourquoi je tombe à chaque fois dans le panneau ? Pourquoi ?

Pourquoi te sens-tu obligée de l’écouter ?

Parce que je ne veux pas le froisser, je n’ai pas envie qu’il s’énerve.

Et s’il s’énervait, que se passerait-il ?

Et bien… Je ne me sentirais pas bien. Je ne saurais pas quoi faire.

Comprends bien que tu détestes les énergies en suspens non résolues. Mais que tu n’arrives à les exposer que lorsque c’est toi qui es dans la « position énervée », que lorsque c’est toi qui risque de craquer, de péter un plomb ou de pleurer. Quand tu es dans la situation inverse, tu ne sais pas mieux gérer la chose que ta sœur. Tu es prise au dépourvue.

Eh bien, si c’était un proche qui se mettait à pleurer, je lui ferais un câlin. Mais mon supérieur ? C’est déjà peu probable qu’il admette sa détresse et encore moins qu’il pleure, mais effectivement, je ne lui ferais pas de câlin !

L’empathie sans compassion rend les émotions, et donc les énergies, impossible à transmuter. C’est comme si tu mettais tout dans un entonnoir fermé. Cela crée un bouchon, qui empêche par la suite la circulation des autres émotions et énergies captées.

Ok, je saisis l’image, et cela explique pourquoi les jours suivants, j’ai du mal à gérer les contacts avec d’autres personnes, et si j’en ai, je tombe malade – souvent de la gorge d’ailleurs. Quand mes parents ont été là, j’ai carrément été aphone pendant plusieurs jours… Ma gestion des émotions et de la communication m’ont semblé bien plus dures que d’habitude !

Concrètement, comment je fais pour éviter la création de ce « bouchon » ?

Réfléchis-y.

Faire preuve de compassion ? Mais n’est-ce pas déjà le cas en l’écoutant ? Bon d’accord, ce n’est pas le cas, je fais « semblant ». Je l’écoute pour qu’il ait l’impression de se sentir écouté et compris, ce qu’il recherche.

Mais au fond, il sent bien qu’il n’obtient pas ce que les apparences montrent, c’est pour cela qu’il continue encore et encore. Qu’il te parle des mêmes choses encore et encore alors que toi tu es passée à autre chose.

Mais je suis censée faire quoi ?

Écouter sa peur. Il a peur de te laisser partir. Il n’y a qu’en écoutant sa peur avec le cœur et en le rassurant qu’il te laissera vraiment partir, et qu’il arrêtera de faire trainer les choses.

Comprendre qu’il ait peur je veux bien. Écouter avec le cœur, je l’apprends. Mais le rassurer ? Je ne vois pas comment je peux le rassurer alors que je ne vois pas moi-même d’avenir dans la structure et dans les choix qu’il a fait. Suis-je même en position de le rassurer ? Ça me parait un peu aberrant… Comment je peux faire ça ? Et puis on parle de quoi là, rassurer son égo, son mental, son âme ?

Tu peux faire preuve d’amour envers toi-même, en même temps qu’envers lui. Les deux ne sont pas incompatibles. Simplement dire que tu as besoin de temps pour prendre soin de ta santé.

Oui, c’est vrai…

Apprendre aussi la gestion des émotions et des énergies. Parce que tu penses « il me pollue ». En quittant ce job, tu t’éloignes de la source de toxicité. Mais la vérité c’est que « tu te laisses polluer ». Tu es responsable à 50% de votre relation. Il serait en effet préférable pour toi de ne pas avoir de telles relations dans ton entourage. Mais à défaut d’avoir pu choisir celle-ci, tu peux au moins décider de l’impact qu’elle peut avoir sur toi. Mieux vaut l’apprendre maintenant que de répéter la situation. On ne peut pas toujours fuir les situations ou les personnes qui nous sont toxiques, comme ton livre des Défis le suggère. Ou bien tu peux t’excuser, te lever et partir définitivement. Mais tu risques de courir de job en job très longtemps.

Oui, je trouve ça utopiste… Ce n’est pas toujours possible. Plutôt que de fuir, je voudrais apprendre à transformer la situation pour qu’elle ne m’atteigne plus. Comme je l’ai fait avec ma colère envers les parents de ma meilleure amie. J’ai été surprise de voir comment l’exercice que vous m’aviez donné a bien marché. Comment j’ai pu transmuter cette énergie de colère en gratitude et en amour. Après plus de 10 ans à l’avoir porté comme un fardeau, je me suis sentie plus légère. Ne puis-je pas faire la même chose avec mon supérieur ?

Tu peux essayer, mais comme tu as une relation dynamique avec lui (comprendre encore dans le présent) cela ne marchera que pour les émotions passées. Il te faut trouver une technique à utiliser au présent, sur le moment.

Humm, oui, je suis bien d’accord. Mais laquelle ? Écrire après coup m’aide à évacuer. Mais sur le moment ? M’ancrer, me connecter à mon cœur ne m’ont pas semblé suffisant… Je suis trop affectée par la quantité d’émotions refoulées chez lui et de pensées négatives, c’est comme une vague qui me balaye, me fait suffoquer et me fait perdre pied. Je m’oublie complètement face à lui, ses énergies m’écrasent littéralement. C’était peut-être pour ça que j’avais du mal à faire preuve de souplesse avec lui au départ sur certains points, parce que j’avais l’impression qu’en restant ferme sur mes positions, c’était le seul moyen de ne pas me faire envahir par ses énergies ? Je comprends mieux…

Je ferai bien l’exercice de Camille Fraise sur l’œuf intérieur (cf lien ici) mais j’ai besoin d’être seule et au calme pour y arriver.

Tu peux imaginer quelque chose de plus rapide. Visualiser un cube d’énergie doré autour de toi, ses vagues d’énergies à lui qui se fracasse dessus mais ne pénètrent pas à l’intérieur.

Hum. Pourquoi un cube ?

Les arrêtes désamorcent l’agressivité des énergies envahissantes. Elles brisent les vagues sans toutefois altérer les émotions en elles-mêmes. Tu casses l’emprise qu’elles ont sur toi sans toutefois être agressive toi-même.

Tu crois ? Cela protège, mais en quoi cela transmute ?

Le cube t’aide à ne pas être envahie. Mais pour le reste, il te faudra faire le boulot habituel. Connexion à ton cœur, écoute avec ton âme, connexion à un sentiment de gratitude et envoi d’amour. Tu n’as pas besoin de parler avec des mots pour le rassurer. Tu peux entendre sa peur, te sentir dans la gratitude pour la valeur qu’il t’accorde et l’intelligence qu’il reconnait en toi, tu peux le remercier pour l’opportunité qu’il t’a offert, tout ce qu’il t’a appris. Lui rappeler en pensée que ce que tu as apporté restera après toi, même si tu n’es plus là, et que justement il devrait s’en inspirer.

Taris la peur à sa source et tu verras qu’il cessera de chercher à attirer ton attention et ta pitié.

Mais peut-on vraiment faire ça ? Calmer la peur chez quelqu’un d’autre ? N’est-ce pas à chacun de faire ce travail sur soi-même ? N’est-ce pas pénétrer et interférer dans les énergies de la personne ?

Il est des fois où ce travail peut être fait – partiellement – par autrui, notamment dans le cas où ces peurs entretiennent un lien énergétique qui emprisonne. Ainsi, la personne en face, qui souhaite se libérer consciemment d’un tel lien, peut chercher à apaiser les émotions négatives de l’autre qui l’empêchent de partir. Quand la personne d’en face n’est pas du tout consciente de telles énergies, ce travail peut être fait de façon subtile. Cela sera alors plus facile et évitera à l’égo de se braquer.

Bon… Je vois. Je suis surprise de t’entendre parler de lien qui emprisonne émanant de mon supérieur. Mais maintenant que tu le dis… De nombreux employés autour de lui ont souhaité partir plus d’une fois et n’ont jamais réussi, je comprends un peu mieux pourquoi.

Seule une situation de crise et l’appel de moyens insoupçonnés leur permet alors de rompre ce lien. Dans le cas de ton collègue, son amour pour sa fille était plus fort que l’emprise de ton supérieur. Mais ne te leurres pas. La mise en place d’un tel lien a été consentie par votre âme, que vous ayez une situation de soumission à expérimenter ou bien d’autres choses à apprendre.

*suite au prochain article*

2 janvier 2017

Le poids de la culpabilité

Artiste :

Artiste : Asuka111

Je ne sais pas comment je suis venue à penser à ça au cours de ma méditation, mais j’ai des souvenirs et des émotions désagréables qui me sont remontés comme des bulles pour m’exploser au visage. Quitte à être traversée d’émotions fortes, j’aimerais autant comprendre pourquoi…

Quel était ce souvenir ?

Et bien, il m’est venu la pensée que si jamais ma meilleure amie se mariait, je n’étais pas sûre d’être capable d’assister à son mariage, à cause de la présence de ses parents. Je n’aurais pas envie d’être le vilain petit canard, de les mettre mal à l’aise, ou simplement moi de ne pas me sentir à ma place. Après tout, je suis un sujet tabou dans sa famille depuis l’époque où nous étions sorties ensemble…

Et quelles émotions te traversent ?

De la colère. Je pensais qu’elle s’était estompée, mais elle est encore là. Une profonde tristesse aussi. Celle d’avoir offert mon amour profond et la vérité. Et d’avoir été rejetée, humiliée et calomniée. Je crois que je me souviendrais à vie du jour où son père m’a dit « je crois que tu n’as plus rien à faire sous ce toit ». Ils m’ont mise à la porte, comme une malpropre, alors qu’une semaine avant ils disaient du bien de moi et de ma réussite scolaire… Ils ont dit que j’essayais de corrompre leur fille, que cela ne lui ressemblait pas…

Mais ce n’est pas ça le pire. Je m’étais préparée psychologiquement à cette réaction, même si on avait tout fait pour leur apprendre notre relation dans les meilleures conditions possibles. Le pire, c’est qu’après ça, lorsqu’ils croisaient mes parents qui leur disaient bonjour, ils regardaient le sol et les ignoraient ! Mes parents ! J’ai été très en colère contre eux pour ça. Qu’ils me rejettent moi, je peux comprendre. Mais mes parents ? Qui n’étaient pas responsables de mes choix et de mes sentiments ? Qui n’étaient pas plus au courant qu’eux ? J’étais en colère de les voir irrespectueux envers mes parents, qui avaient eux toujours été poli avec eux. Blessée et frustrée aussi de les voir incapables de dépasser leurs préjugés et leur peur du jugement social pour soutenir leur propre enfant et de la mettre dans cette situation impossible de choisir entre sa famille et la personne qu’elle aimait, de la pousser à se cacher. Alors que mes parents m’ont soutenue sans jugement quand je leur ai expliqué la situation, malgré leurs incompréhensions et leurs propres doutes.

Et je déteste cette espèce de situation irrésolue et ces énergies désagréables que je sens flottés en leur présence. Parce qu’évidemment, ils ne m’en ont jamais reparlé, ils ne se sont jamais excusés auprès de moi. Quand mon amie a été de nouveau en couple avec un homme, que du temps avait passé et que j’ai pu de nouveau venir chez elle, ils ont toujours fait comme si rien ne s’était passé. Comme s’ils ne m’avaient pas ignoré pendant des années… Comme s’ils ne m’avaient pas mise à la porte… Pourtant, moi je n’oublierai jamais ce que ça fait. Je n’oublierai jamais. Parce que ça fait mal d’être rejetée ainsi.

Même si je savais le risque que je prenais, mais je le prenais par amour à l’époque, naïvement. En croyant qu’être sincère, dire la vérité et les sentiments seraient suffisant. Mais je m’étais trompée. Dans ce monde d’image, de mirages et de société civilisée, les apparences sont importantes, les « normes sociales » des lois à respecter afin de ne pas être jugé. Que pourraient dire les parents des élèves de ces gens liés au corps d’enseignement ? C’est vrai ? Alors que moi je le vois dans le sens inverse : si les personnes censées enseigner « liberté, égalité et fraternité » sont intolérantes quand cela les touche elles, quelle exemple donnent-elles ?

Mais le pire je crois, c’est la situation de mon amie. Parce que moi j’ai toute liberté d’être en colère, et même de haïr ces gens si je veux –même si cela n’a aucun intérêt de perdre mon énergie en vain-. Mais elle, elle ne peut pas, ce sont ses parents. Elle s’est retrouvée coincée entre le marteau et l’enclume. Entre ses sentiments et notre relation, et l’éducation et l’influence de ses parents, qui lui interdisaient de me voir. Comment peut-on faire face à ça ? C’est horrible. Je sais bien qu’elle n’est pas responsable des opinions et des décisions de ses parents. Je sais aussi qu’elle était dans une situation impossible et très dure à vivre. Aussi j’ai toujours eu une terrible tristesse au cœur pour elle, et une grande colère envers ses parents : comment peut-on infliger ça à sa propre fille quand on l’aime vraiment ? Ne devrait-on pas vouloir son bonheur peu importe les conventions sociales ?

Ces conventions que je déteste. Parce qu’elles emprisonnent les hommes, les femmes. Donnent des schémas tous prêts à suivre : modèle familial, modèle de réussite, modèle scolaire, etc. Comment peut-on se sentir libre et suivre son âme quand on est englué dans tout ça ?

Voilà pourquoi il est parfois si difficile de se défaire des mirages qui empêchent l’évolution spirituelle.

J’ai eu beaucoup de chance. D’avoir des parents compréhensifs. D’avoir l’ouverture d’esprit pour ne pas m’arrêter aux schémas. En ça, je suis plutôt dans la gratitude. Et quelque part, je ne peux m’empêcher d’avoir de la pitié pour ces personnes : pour eux d’avoir fait souffrir leur enfant et pour elle d’avoir des parents fermés sur leurs principes.

Et là c’est ton égo qui parle. Parce qu’il se croit supérieur pour avoir refusé la limitation auxquels ses parents se sont arrêtés. La vérité, c’est que tu ne seras réellement libre que quand tu leur auras pardonné dans ton cœur. Comprendre les limitations qu’ils vivent, ce n’est pas la même chose que les reconnaitre et les accepter. Même si ces limitations t’ont blessée.

J’ai compris qu’en fait le pardon n’avait vocation qu’à me libérer. A me sentir en paix face à eux, quoiqu’ils pensent et quoiqu’ils disent. Parce que je sais que je n’ai rien fait de mal, j’ai suivi mon cœur.

Alors pourquoi as-tu si peur d’être confrontée à eux ?

Parce que quand je suis face à eux, j’ai l’impression de ressentir une gêne de leur part et une honte – plus ou moins consciente, je ne sais pas – comme si je leur rappelais combien ils ont été intolérants, combien ils ont été blessants et irrespectueux. Comme si une part d’eux avait honte, mais qu’ils n’étaient pas prêts à l’admettre et à s’excuser. Comme si cela engendrait un conflit inconscient en eux même. Je ne sais pas si c’est la réalité ou si ce sont mes projections.

Et si c’était des projections, qu’est-ce que cela voudrait dire ?

Que je projette ma propre honte sur eux ? Celle d’avoir été chassée de leur maison et celle d’avoir été traitée comme quelqu’un qui ne méritait pas le respect ? Celle de savoir que je ne respecte pas les lois sociales et que « c’est moi la méchante de l’histoire » ?

Tu portes un sentiment de culpabilité face à ton amie. Tu es celle qui est venue brisée la jolie image de sa famille aimante et compréhensive. Tu es celle qui est venue lui montrer les limites de ses parents, la confronter à ses sentiments VS l’emprise qu’exerce sa famille sur elle. Ce n’est pas un rôle facile. Largement de quoi plomber une amitié. Surtout si les énergies ne sont pas assimilées et digérées, transmutées en quelque chose de positif.

En réalité votre amitié patine pour plusieurs raisons. Tu maintiens un sentiment de culpabilité vis-à-vis de ce qu’elle a vécu avec sa famille. Elle maintient un sentiment de culpabilité par rapport à la façon dont elle a rompu et est partie avec un autre. Comment veux-tu que votre relation soit stable et sereine ? Vous vous trainez des casseroles dont vous n’avez pas pris la peine de parler ouvertement, puisque vous les croyiez résolues.

Oui, je les pensais résolues et je suppose qu’elle aussi… Mais depuis le jour où elle m’a quitté pour cet homme dont elle a eu le coup de foudre, elle me parle très peu de son couple, un peu plus ces dernières années mais… Comme si les difficultés qu’elle pouvait traverser dans son couple étaient taboues. Comme si elle devait me donner l’image d’un couple heureux, uni à tout moment. A vrai dire, je ne sais pas qu’elle est la réalité derrière, car finalement elle ne m’en parle jamais. Je ne sais pas pourquoi… Est-ce parce qu’inconsciemment elle a peur que cela me blesse ? Ou me rende triste quand je suis célibataire ? Je n’en sais rien du tout.

Et je suis fatiguée alors je vais aller me coucher. Mais je ne sais pas si je devrais publier cette conversation. Je parle de choses intimes, mais qui ne me concerne pas uniquement moi. Je n’ai pas non plus envie que cette amie se sente jugée elle ou sa famille, parce qu’après tout je ne parle qu’à partir de mon propre vécu teinté de mes ressentis et de mes émotions…

6 juin 2016

 

Trouver la force en soi

Artiste

Artiste : Asuka111

Je n’aime pas du tout le rêve que j’ai fait cette nuit et les énergies qu’il a réveillé…

De quoi as-tu rêvé ?

J’ai rêvé de lorsque j’étais en couple avec mon amie et que nous l’avions annoncé à ses parents. J’ai rêvé que lorsque ses parents ont annoncé me mettre à la porte, elle partait avec moi. Alors on allait dans sa chambre et je l’aidais à faire ses valises. Son père déboulait dans la chambre, plein de jugements, me faisant comprendre que j’étais une dévergondée. J’étais très en colère contre lui, je lui balançais ses quatre vérités, je lui parlais de mon viol aussi.

Et comment t’es-tu sentie au réveil ?

En colère contre ses parents. Me sont venue en tête ce que je disais à son père. « Je n’oublierai jamais que des instituteurs, censés représenter la liberté, l’égalité et la fraternité, ont fait preuve d’intolérance et d’homophobie. Je n’oublierai jamais que des parents ont privilégié les apparences et la peur du jugement par-dessus le bonheur de leur propre fille. Je n’oublierais jamais qu’ils ont été irrespectueux envers mes parents, en décidant que les règles de politesse ne s’appliquaient plus à eux, à cause de moi. Je n’oublierais jamais qu’ils ont fait preuve d’hypocrisie en me laissant revenir dans leur maison des années plus tard, en faisant comme si de rien n’était. Jamais un mot d’excuse. » Cela me fait pleurer de colère. Comment peut-on se comporter comme ça et ne montrer aucun signe de remord ou d’excuse ?

Et pourquoi est-ce cela qui remonte dans la nuit, alors que je pensais à mon amie hier soir et que je lui demandais des nouvelles ? Je me demandais comment je pouvais faire pour la soutenir dans la période difficile qu’elle traverse et qui ne semble jamais en finir… J’ai envie d’être solidaire, envie d’honorer la belle femme qu’elle est, de lui transmettre de l’amour et de la lumière pour qu’elle reprenne confiance en elle. Mais je me sens désemparée… On ne peut pas aider quelqu’un si la personne ne le décide pas d’elle-même, si elle ne s’aide pas d’abord elle-même. Je suis triste de la voir si éloignée et renfermée dans sa bulle. Comment aider à faire face à des émotions, si elles ne sont même pas reconnues et exprimées ?

Plutôt que de chercher à l’aider, tu ferais mieux de travailler sur tes propres nœuds en lien avec elle. Cela l’aiderait d’autant plus.

Faire le travail pour deux ?

Pas vraiment. Dans ce genre de travail, l’âme de la personne aide aussi, même si elle n’en a pas forcément conscience. D’où souvent un travail à travers les rêves, dans l’inconscient de la personne, et au moment de la journée où l’âme est la plus libre d’agir et de voyager.

Ok, je comprends… Je comprends aussi que tous ces rêves intenses que je fais ces derniers jours – et qui me vident de mon énergie – sont en lien avec le processus de nettoyage de fin d’année… Mais qu’est-ce que je fais concrètement ?

Tu publies l’article que tu n’as jamais osé publier concernant ton amie et les nœuds évoqués. Tu le relis avec attention, à la lumière de ce que tu as appris et vécu depuis juin dernier. Tu la laisses en prendre connaissance et revenir vers toi si c’est son souhait. Cela va la perturber, c’est vrai, mais certaines émotions et énergies ont besoin d’être exprimées et extériorisées pour être déliées.

Est-ce juste (comprendre ici bon) pour moi ?

Si cela ne l’était pas, tu n’aurais pas reçu l’information en premier lieu.

Est-ce juste pour elle ?

Comment était-elle dans ton rêve ?

Elle était affaiblie, je devais limite la porter jusqu’à sa chambre. C’était moi qui faisais ses valises pour elle, selon ses souhaits, car elle n’en avait pas la force. Elle ne disait rien.

Cela te rappelle-t-il quelque chose ?

Et bien… Elle n’arrive pas à m’exprimer réellement comment elle se sent, je crois. Je sens bien qu’elle n’est pas vraiment heureuse dans le fond, elle ne rayonne pas. Elle fait face à ses peurs, ses doutes, et j’ai l’impression qu’elle n’arrive pas à se sortir de cette spirale-là.

Tu peux l’aider à  « défaire ses valises », à prendre conscience des poids dont elle ne s’est pas libérée. Après, ce sera son choix à elle d’écouter et de réagir en fonction. L’aide est toujours apportée à celui qui le demande à l’univers, même s’il faut souvent d’abord commencer à s’aider soi-même. A se prendre en main, se responsabiliser. Tu as compris que rester assise en attendant une aide miraculeuse ne marche pas. Il faut se prendre par la main, faire un petit pas. Rien qu’un tout petit pas peut suffire. Cela peut être de commencer une thérapie avec une psychologue, d’utiliser des outils pour reprendre confiance en soi (comme le Défi des 100 jours de Lilou Macé), de trouver une activité sportive ou créative qui fait du bien et qui aide à réaliser qu’on peut faire des choses.

Qu’as-tu appris depuis ton début de dépression nerveuse ?

Qu’il faut savoir accepter son état de faiblesse, reconnaître qu’on est mal et qu’on a besoin d’aide. C’est le premier pas. S’écouter, écouter son corps, ses rêves et ses pensées permet de prendre la mesure de notre mal être et de le reconnaitre. Si on passe son temps à penser du mal de soi « Je suis nulle… Je suis incapable de… Je ne mérite pas ceci… C’est bien fait pour moi… Je ne vais jamais y arriver… Tout le monde s’en fout de moi… » ; si on passe son temps à avoir des doutes et avoir peur de tout « j’ai peur de sortir de chez moi pour aller faire des courses… j’ai peur de conduire… j’ai peur de rencontrer de nouveaux gens… j’ai peur de demander quelque chose… j’ai peur d’affirmer mes besoins… » ; si on n’interagit plus avec l’extérieur et que l’on se renferme dans sa bulle… Tout ça, ce sont des symptômes de dépression nerveuse.

Moi j’ai aussi des insomnies, des crises de fatigue. Je n’arrive plus à manger comme avant, j’ai dû arrêter le lactose car mon corps ne le supporte plus. J’ai perdu du poids. J’ai beaucoup de vieilles émotions et de vieux schémas de pensées qui remontent. C’est une grosse période de nettoyage, qui me permet de me libérer de l’ancien pour aller vers le nouveau. Parce que j’ai une spiritualité développée et que j’arrive de plus en plus à m’ouvrir à ma guidance spirituelle, je sais que c’est normal. Cela fait partie d’un processus pour m’aider à grandir, à me défaire de ce qui ne me correspond plus. Cette dépression me force à quitter un travail qui ne me correspond plus. Elle me fait travailler ma foi. Ai-je foi en moi et en la guidance que je reçois pour sortir de cette épreuve ? Dans le fond, oui, même si certains jours, je doute, j’ai peur, je passe ma journée à pleurer, et je suis tellement épuisée que j’arrive à peine à marcher.

Mais voilà, combattre cet état, c’est dépenser son énergie pour rien. Mieux vaut reconnaitre la situation telle qu’elle est, l’accepter pleinement, pour ensuite trouver le courage et les armes pour la faire évoluer. Plus on est dans le déni, et plus la situation se prolongera, jusqu’à sombrer encore et encore, jusqu’à briser nos dernières résistances pour nous faire admettre la situation.

Est-ce une situation d’échec ? Du point de vue du jugement de la société, sûrement. De point de vue des parents de mon amie, peut-être. Mais du point de vue de l’âme, c’est une porte vers la reconnaissance de soi-même. Qui es-tu ? Que veux-tu ? On n’est pas défini par notre travail, on n’est pas défini par l’argent que l’on a ou que l’on n’a pas, on n’est pas défini par nos liens sociaux, notre « réussite », les jugements de nos parents. Cette période sombre, elle est là pour nous reconnecter à notre Essence, à celle qui dépasse les jugements et les apparences. Qui que l’on soit, on a chacun un Cœur, et dans ce cœur réside un trésor infini. Celui de l’Amour. Celui qui sait s’aimer soi-même est le plus riche en ce monde. Car alors il pourra accéder à ses propres talents, à ses propres envies et il pourra rayonner l’amour autour de lui. On en est tous capable. Il n’y a pas besoin d’être médium pour cela. Il n’y a pas besoin d’avoir de diplômes.

Il suffit d’apprendre à écouter son cœur. Alors comment faire me direz-vous ? Parce qu’en réalité, ce n’est pas si « simple » que ça, et j’ai mis bien du temps avant d’accepter ce que le mien me disait. Car souvent, on s’est coupé de son cœur pour une bonne raison, parce que celui-ci nous transmettait des messages de souffrance et de douleur, dont on ne savait pas quoi faire. Alors parfois, dans les premiers temps, il est difficile de se reconnecter à lui, car toutes ces émotions que l’on avait fuies remontent à la surface. La meilleure façon est de les laisser s’exprimer, d’accepter qu’elles nous traversent, aussi douloureux soit-il, elles passeront si on sait les accueillir. Dans ces moments-là, l’écriture (dans un journal intime par exemple), le dessin, le chant, le sport, le dialogue avec un professionnel ou une amie de confiance, tout moyen d’expression est bon pour exprimer ces émotions.

« Je pleure car je me sens triste… » Mais pourquoi est-ce que je me sens triste ? Quel est le message que veut me faire passer mon « état d’âme » ? Est-ce parce que je ne me sens pas reconnue pour qui je suis réellement ?  Est-ce parce que je me sens seule ? Incomprise ? Quelle est l’origine de cette tristesse ? De quoi ai-je besoin pour l’apaiser ?

Un exemple concret serait plus parlant. Prenons le tien. Pourquoi es-tu en colère contre les parents de ton amie ? Pourquoi n’arrives-tu pas à lâcher cette colère ?

Je suis en colère contre eux, parce que leur comportement a fait terriblement souffrir mon amie, leur propre fille, mais il a aussi blessé mes parents. Je déteste quand mes actions impactent ce que j’aime d’une telle façon, je trouve cela injuste ! Que l’on s’en prenne à moi, je peux le comprendre, mais que l’on s’en prenne à mes parents, je trouve ça injuste. Je déteste aussi qu’ils fassent comme si de rien n’était, comme si leur comportement avait été « normal », comme si ce n’était pas important. J’imagine que je n’arrive pas à lâcher prise, parce que je n’ai jamais pu leur dire ce que je pensais, mes émotions, que nous n’en avons jamais parlé en face à face. Ils se sont comportés en adultes autoritaires en disant « tu n’as plus rien à faire dans cette maison » sans prendre la peine de discuter avec la personne que je suis, ni à cette époque, ni même par la suite. Ils me diraient « nous avons eu peur pour notre fille, nous voulions la protéger, nous sommes désolés » je pourrais comprendre, je pourrais pardonner. Mais il n’en est rien, ils ont décidé d’ignorer la chose et l’ont rendu tabou.

As-tu la moindre raison de conserver ces émotions et de porter cette colère ? Cela va-t-il changer le passé ?

Non…

Alors nous t’invitons à leur écrire une lettre. Écris ce que tu as ressenti, écris ce que tu ressens encore aujourd’hui. Écris ce que tu aurais aimé leur dire, sans aucune restriction. Libère ton cœur et laisse les émotions sortir. Puis, au 31 décembre, tu brûleras cette lettre en demandant au feu de transmuter ces énergies lourdes en énergie d’amour et de lumière. Connecte toi à ton cœur, trouves-y l’amour inconditionnel que tu ressens pour ton amie, et parce que tu l’aimes elle, envoie de l’énergie d’amour à ses parents. Fais preuve de compassion et de pardon. Peu importe les raisons qui les ont poussés à agir comme ça, tu peux te libérer de ce poids, tu peux faire en sorte que cela ne pèse plus sur ton cœur et sur ta relation d’amitié avec elle. Le reste sera de son propre ressort.

Merci.

29 décembre 2016

 

Création et féminité

Artiste :

Artiste : StefaChaotic

Je ne sais pas pourquoi, je ressors de cet atelier de création de bijoux frustrée. La dernière fois aussi. Comme si je n’étais pas satisfaite de mes créations, bien qu’on me dise qu’elles sont jolies. Je ne le nie pas, il y a un sens esthétique derrière, un arrangement des couleurs et un style cohérent. Mais là où je me sens frustrée, c’est que j’ai l’impression d’avoir dépensé beaucoup d’énergie et d’efforts pour au final quelque chose qui ne me ressemble pas.

Et à quoi ressembles-tu ? Qu’est ce qui te fait dire ça ?

Et bien, je trouve ces bijoux trop voyants, trop « m’as-tu vu ». Je suis tombée amoureuse de ces perles de verres colorées quand je les ai vues. J’avais envie de faire quelque chose avec, absolument. Mais je ne savais pas quoi. J’ai longtemps tourné autour du pot, j’ai créé une autre paire de boucle de d’oreille bien plus simple pour me mettre dans l’élan créatif. Ces perles me semblaient trop voyantes pour les porter en collier, pas mon style. Alors je me suis dit, pourquoi pas en boucles d’oreille ? Mais toujours trop grosses pour les porter seules, trop simpliste aussi. Alors j’ai fait une composition, j’ai rajouté des breloques pour équilibrer et habiller.

Et puis il me restait cette autre perle de la même couleur, en verre et métal, venant de Bali. Une perle unique, que j’avais décidé de conserver pour un prochain atelier, afin de faire quelque chose d’assorti aux boucles d’oreille. Là aussi, j’ai bien peiné pour savoir quoi en faire. Te rends-tu compte que j’ai passé 3h à créer ce pendentif, quand d’autres ont fait 2 à 3 paires de boucles d’oreille ?

Cela m’a donné l’impression d’être inefficace et indécise. Je sais que je suis longue à créer, à faire émerger les choses. Alors j’ai essayé de ne pas regarder la vitesse des autres pendant, de ne pas me comparer et de me concentrer sur ma création. J’étais là avec toutes ces femmes, mais c’est comme si j’étais seule. Comme si j’étais rentrée à l’intérieure de moi-même, dans un autre espace-temps, ailleurs. Et quand enfin j’ai fini, je ressors de cet état épuisée, déracinée, un peu à l’ouest comme si je revenais d’ailleurs.

Mais en même temps, heureusement ! Car je crois que sinon, je n’aurais pas supporté les énergies dégagées par ces femmes autour de moi. Je me rends compte que je n’ai pas de mal à côtoyer des femmes plus âgée et matures, des femmes puissantes qui s’assument (telles que des chamanes ou guérisseuses), des femmes sages, et même des femmes mères depuis quelques temps. En revanche, je me sens ultra mal à l’aise en face de jeunes femmes très féminines, qui ressemblent à l’archétype de la « Vierge ». Jeunesse, naïveté, sensualité, beauté. L’archétype de la femme qui correspond à celui de mon âge et que je n’arrive pas à accueillir et incarner. Celui qui évoque le Soleil, la radiance, la force de vie, mais aussi l’attirance, le désir, la sensualité. Face à ces femmes-là, je me sens toujours « moins ». Moins féminine, moins belle (ou rayonnante, car ce n’est pas tant une question de physique), moins désirable. Je me sens grossière et pataude, comme une paysanne à côté d’une princesse. Ces femmes mettent en avant leur féminité sans fard et sans complexe, elles sont à l’aise avec ça. A côté d’elle, subitement, je me suis sentie comme un vilain petit canard.

C’est un miroir très difficile pour moi à observer. Comme un idéal hors d’atteinte, quelque chose qui m’apparait hors de portée. J’aurais beau faire tous les efforts physiques de la Terre, il me semble que rien ne pourra jamais me rendre aussi féminine. Bien qu’aujourd’hui je portais une robe, que j’avais pris la peine de me parfumer, de me maquiller, d’avoir les cheveux bien coiffés, face à une féminité si bien assumée je me suis sentie moins que femme. Ce qui est très douloureux pour moi à constater.

Mais pourquoi donc suis-je allée à ces ateliers de création de bijoux ? La curiosité, l’envie d’apprendre comment on fait pour pouvoir créer à son bon vouloir ? Au départ, je voulais me créer des boucles d’oreille, car je n’en ai pas beaucoup. Mais je suis plutôt du genre à préférer les bijoux en argent achetés en bijouterie, quelque chose de qualité et de durable. Néanmoins, j’avoue que la tentation d’avoir un bijou original, car créé de façon unique, était tentante. Et puis ?

Je ne sais pas ce que je vais faire de cette parure de bijoux. Avec des perles vertes et bleues… pour moi qui commence à peine à porter de la couleur ! Rappelons qu’il y a un an encore je m’habillais tout de noir et de rouge, et j’avais un stylo gothique bien affirmé. Je ne sais même pas avec quelle tenue porter cette parure ! Je sais déjà que je vais me sentir ridicule avec, comme un costume qui ne me ressemble pas, quelque chose de trop beau, de trop stylé pour que je le porte.

Pourtant c’est toi qui l’as créé, non ? Cela vient de ton intérieur, d’une part de toi très profonde, puisque tu t’es laissée guidée par ton intuition créative.

Oui.

Ne seras-tu pas fière de la porter alors ?

J’ai l’impression que ce serait comme un mensonge. Je ne sais pas si je vais la porter à vrai dire. Comment peut-il y avoir  un tel décalage entre ce qui sort du fond de moi, de mon cœur et mon extérieur, la façon dont je me sens au quotidien ? Cela m’ébranle… Je ne sais comment l’exprimer que par : j’ai le sentiment d’entendre mon âme pleurer.

Mon amie m’a dit qu’elle trouvait le rendu de mes bijoux très doux. Pour avoir cette inspiration-là, il doit bien y avoir une femme douce et féminine cachée au fond de moi. Pourquoi ai-je ce sentiment de ne pas pouvoir y accéder ? Pourquoi dès que j’essaye de faire des efforts vestimentaires pour être plus féminine – dans mon nouveau style non gothique encore à définir – j’ai l’impression de me déguiser ?

Parce que tu ne sais pas qui tu es. Tu n’as pas encore trouvé un nouveau style qui te corresponde car tu cherches toujours la femme que tu es. Qu’est ce qui pourrait te rendre plus à l’aise pour porter ces bijoux ?

Je ne sais pas… J’ai l’impression que dès que je mets une robe, c’est déjà beaucoup de féminité affichée. Alors porter des talons en même temps, ou des bijoux – et je passe sur le maquillage en simultanée – c’est comme si j’en faisais trop, que ce n’était pas naturel, pas moi. Et donc forcément je me sens ridicule. Cela ne me pose pas de problème quand c’est pour des grands évènements, comme pour des mariages, parce que là, c’est normal, tout le monde le fait. Et je me sens toujours « moins  femme » que les autres présentes. Donc ça va, je n’attire pas les regards.

Pourtant, cela ne me posait pas de problème de faire tout ça quand je m’habillais en style gothique. Je pouvais même mettre mon corset, en même temps qu’une jupe, mes bottines Doc Martens à talon et mon rouge couleur sang. J’adorais même, je me sentais à l’aise alors. Pourquoi n’est-ce plus cas ?

Parce que tu ne te caches plus derrière des bracelets à piques et des vêtements noirs qui envoyaient le message contraire : « je suis féminine, mais ne m’approchez pas ». Avec un style aussi excentrique, il n’y avait que les fous pour oser t’approcher, ou tes amis qui te connaissaient au-delà de la façade.

Je me sentais très féminine à cette époque-là, surtout avant de rencontrer mon ex-compagnon. Même si j’étais habillée de façon sexy, les regards passaient sur moi et ne s’attardaient pas car les gens pensaient « ah, c’est une gothique », fin de l’histoire. Il n’y avait que ceux qui regardaient au-delà des apparences qui pouvaient être attirés par mon physique au-delà de mon style. C’est vrai que c’était confortable d’une certaine façon.

Cela me manque. A cette époque, je savais comment être féminine et me sentir féminine. Maintenant, c’est comme si je devais tout réapprendre. Je ne ressens que de la vulnérabilité et de la fragilité lorsque j’essaye de faire ressortir la femme en moi. J’ai l’impression que quoi que j’essaye, elle s’élude et s’esquive, elle ne veut pas sortir de sa coquille, ni me dire qui elle est. Je ne sais pas quelle femme je suis.

Je suis une femme-enfant qui aime jouer, faire la naïve et se voir offrir des cadeaux.

Je suis une femme- sorcière, celle qui découvre petit à petit son intuition, sa guidance spirituelle et qui réveille et explore la chamane en elle.

Je suis une femme – vieille sage, celle qui n’a plus de cycles, qui écoute, conseille, qui apprend la patience et n’a pas peur de la mort ni de la maladie, ni d’écouter ses propres ombres.

Mais où est ma jeune femme radieuse et sensuelle ? Et celle qui se sent capable d’être mère ?

Comment apprendre à les connaître et les aimer ?

Déjà en acceptant leur fragilité. Il y a des raisons qui font que tu n’arrives pas à accueillir le cycle de la « Vierge » dans ta vie. Nous savons que ce que Sylvie a écrit sur ce sujet t’avait parlé. Tu es typiquement de celle qui est passé par un ordre inhabituel dans l’ordre de ces cycles. Cela n’a pas d’importance réelle. L’important c’est que tu acceptes la femme que tu es aujourd’hui, même si tu la trouves « incomplète », même si tu la trouves différentes des autres femmes de ton âge que tu observes.

Ces jeunes femmes te paraissent naïves, insouciantes et par la même des « proies faciles ». Elles sont belles, énergiques, féminines, à l’aise avec leur corps, mais elles ne connaissent pas encore leur propre pouvoir intérieur – celui de la sorcière, de la chamane, de la femme lunaire – celui de la femme consciente de son cycle, de sa richesse et de ses forces. Elles n’ont pas non plus développé leur sagesse de « vieille femme », celle développée face à la perte, à la mort, à la descente intérieure dans nos propres ombres, à la maladie. Alors elles te semblent bien fragiles.

Pourtant elles n’ont que quelques années de moins que toi – entre 3 et 5 ans. Tu te demandes comment un tel fossé peut vous séparer. Tu te demandes comment tu pourrais accepter une telle « superficialité », non celle de l’apparence et de la beauté, mais celle de l’ignorance, l’ignorance de soi, de sa propre divinité et de sa spiritualité.

Je ne me retrouve nulle part à vrai dire. Auprès des femmes plus âgées, avec qui je partage pourtant des échanges profonds, il y a malgré tout un écart d’âge, de responsabilités (famille, maison, travail…) et de construction matérielle. Les femmes – sorcière ne courent pas les rues, et bien que j’en côtoie un certain nombre ponctuellement lors de cercles de femmes à la pleine lune, chacune a sa vie en cours (souvent un peu plus âgées, mère de famille, en couple…). La majorité de mes amies font partie de cette catégorie d’ailleurs. Quant aux femmes de mon âge ou plus jeunes… il est rare que j’arrive à trouver des centres d’intérêts communs, un rythme compatible avec ma maladie…

Bien que mon égo pourrait avoir envie de me faire sentir « supérieure » à ces jeunes femmes, parce que je me suis un peu plus penchée sur des questions de spiritualité et du développement personnel que la moyenne à mon âge, je me sens pourtant bien inférieure. A quoi bon la « sagesse » (entre crochets hein, parce qu’on apprend toute sa vie !) si mes peurs m’empêchent de vivre, de m’ouvrir, d’oser avec l’élan de la jeunesse ? A quoi bon philosopher et travailler sur soi, si on ne vit pas, là dans le monde matériel qui nous entoure, maintenant ? J’ai parfois l’impression de rater ma vie, de passer à côté, à cause de la maladie, de mes peurs, de mon hypersensibilité et de mes perceptions subtiles non maitrisées qui peuvent me plomber.

Je commence à devenir trop consciente des choses qui ne me conviennent pas : le bruit, la foule, le gluten, les lieux trop chargés, le commérage, etc. Et la liste est longue. Je n’ai plus envie de m’infliger ça. Mais comment me sociabiliser quand la majorité des gens de mon âge recherche ça ? J’ai vraiment l’impression de me heurter à un casse-tête. Et plus je semble avancer sur mon chemin intérieur et spirituel, et plus parfois j’ai l’impression de dériver loin de ma famille et des autres. De ne pas pouvoir leur parler de mes expériences subtiles, de mes prises de conscience, de mes évolutions intérieures… Ce qui donne parfois un profond sentiment d’inadéquation et de solitude.

26 novembre 2016

Lettre à l’univers

Auteur :

Auteur : Les Rêves de Celia, octobre 2016.

Je me sens très instable émotionnellement. Je me rends compte que je suis en colère. En colère contre mes proches, en colère qu’ils ne me semblent pas se soucier de moi et du fait que je n’aille pas bien. Mais pourquoi suis-je en colère ? Parce que mon mental pose l’interprétation que ce silence est égal à de l’indifférence. Mais je vois qu’en réalité, je ne fais que reporter cette colère, sur des personnes qui ont un visage, parce qu’ainsi, j’ai l’impression de pourvoir me « venger » en les ignorant à mon tour. Cela me donne l’illusion de ne pas être impuissante face à cette colère et ce sentiment d’indifférence.

Mais la réalité, c’est que ces personnes ne m’ont absolument rien fait. Elles sont égales à elles-mêmes, vive leur propre vie, à un rythme souvent soutenu, celui de la société. Le temps peut parfois paraitre bien long lorsqu’on est en arrêt maladie, et la journée bien solitaire.

La vérité, c’est que ma colère a commencé en réaction à ma souffrance. Lorsqu’on m’a répondu à Pôle emploi « non, nous ne pouvons pas vous accorder un entretien avec un conseiller (pour demander de l’aide sur mon orientation professionnelle) car vous êtes en arrêt maladie. Tant que vous serez en arrêt, vous êtes considérée comme non disponible à la recherche d’emploi et cette catégorie-là n’a pas le droit à des entretiens. Essayez auprès de la mission locale. » Je suis allée à la mission locale « non, on ne peut pas vous conseiller, vous avez plus de 26 ans révolus ».

Je n’en veux pas à ces conseillères, elles font leur job, et à priori elles ne sont pas payées pour me conseiller. Restriction de budget, règles à appliquer, blabla, toute la machine administrative. Mais je n’ai pas pu m’empêcher de me sentir abandonnée, laissée seule à me débrouiller par la vie.

Ma psychologue, comme mon psychiatre, m’ont conseillé de me renseigner sur une réorientation professionnelle, de faire un bilan de compétences, bref de trouver un fil à suivre, une nouvelle envie et remotivation professionnelle pour lutter contre les troubles anxio-dépressifs. Tout le monde n’avait que ce mot à la bouche « bilan de compétences », et je me suis dit qu’au vu de la répétition, c’était une piste envoyée par l’Univers. Pourquoi cela tombe à la l’eau ?

Je suis en colère que la réponse soit « on ne peut pas vous aider ». Je suis en colère de ne pas trouver l’aide pour identifier une porte de sortie. Est-ce que c’est une blague ? M’orienter vers une piste pour me retrouver face à un mur ?  J’ai vu mes espoirs se casser en petits morceaux à la réponse de la conseillère. Pour être aidée, je ne dois plus être en arrêt maladie, mais pour m’aider à aller mieux, il faudrait que je trouve une piste sur ce que je veux faire de ma vie. C’est le serpent qui se mord la queue ! Et voilà, j’ai de nouveau l’impression d’être abandonné par l’univers, de faire face à une indifférence générale. Sauf que l’univers n’a pas de visage sur qui on peut crier sa colère, pas pour moi. Alors c’est plus facile de la reporter sur ses proches, injustement.

Sauf que c’est nul. Parce que c’est moi-même que je punis en m’isolant de mes proches. Parce que c’est moi-même que je rends malheureuse en laissant mon mental me convaincre que ces personnes sont indifférentes à moi…  Et parce que je suis fatiguée de répéter ce même schéma mental de « silence = indifférence » qui me fait tellement mal. C’est comme remuer le couteau dans la plaie encore et encore, de cette blessure de l’abandon maternel.

Alors j’ai plutôt envie de dire à l’Univers que je suis en colère ! J’en ai marre d’être perdue, de me sentir mal, de ne rien comprendre, de ne pas savoir où je veux aller, ni comment y arriver ! Et cette colère n’est qu’un masque à une souffrance, plus profonde, celle de me sentir abandonnée dans ma guidance au moment où j’ai le sentiment d’en avoir le plus besoin…

« Il est possible d’éviter certaines embûches. Encore faut-il pouvoir se faire confiance lorsque volontairement, la guidance devient plus floue afin que vous écoutiez votre propre cœur. » disait Elémiah sur le blog de Sylvie ici.

Mais comment puis-je écouter mon propre cœur quand je suis submergée par tant d’émotions ? Que je suis perturbée par tant de rêves choquants et de cauchemars qui me laissent dans un malaise profond au réveil ? Que la guidance apportée lors de mes voyages chamaniques fait ressurgir tant de choses lourdes et tristes dont ne j’arrive pas à gérer les énergies dans le monde matériel ?

Je pense aller mieux physiquement, et j’envisage de reprendre le travail, mais mes insomnies reviennent en force et me laissent dans un état lamentable. Je ne comprends toujours pas ce qui se passe dans mon ventre, et je me demande s’il n’y a pas d’autres choses en plus que le lactose qu’il faut que j’arrête. Mes douleurs sacro-iliaques explosent et conduire devient difficile… Mon acné est revenue en force, preuve que quelque chose ne va pas avec mes hormones et mon traitement hormonal. Mais je ne comprends rien, je ne sais plus où donner de la tête et quoi faire… Devrais-je retourner chez le médecin un millionième de fois pour lui réclamer des tests d’allergie alimentaire ? Le fera-t-elle seulement si je lui demande ?

Prends RDV lundi si cela peut te rassurer…

Je ne sais pas quoi faire sur le plan professionnel. Je ne sais pas si mon arrêt maladie va être prolongé ou pas ? Je n’arrive même pas à estimer si je suis en état de reprendre le travail…

Pas avec les bouleversements émotionnels que tu traverses.

Combien de temps ?

Tant que tu n’auras pas pris les bonnes décisions.

Mais c’est quoi les bonnes décisions ?

Celles que tu refuses d’envisager. Pourquoi ne veux-tu pas quitter ton travail sans avoir trouvé autre chose ?

Parce que je n’ai pas d’argent de côté, et que je ne toucherai pas le chômage si je démissionne. Parce qu’alors je n’aurais pas les moyens de payer mes charges. Parce que je n’ai pas envie de retourner vivre chez mes parents. Parce que j’ai peur de ne pas savoir quoi chercher et encore combien de temps je mettrais pour retrouver du travail. Parce que quitter un CDI dans les conditions actuelle d’emploi…

Mais quoi que je dise, j’ai l’impression que tout cela sonne creux. Je ne connais pas la réponse.

Parce qu’il n’y en a pas. Ce sont tes peurs qui te retiennent de partir.

Mais enfin, réussir à subvenir à ses besoins, ce n’est pas juste une chiquenaude. C’est la réalité matérielle. Payer le loyer, l’assurance, l’essence de la voiture, etc…

Qui te dit que tu seras sans le sou, que tu ne pourras pas toucher le chômage le temps de retomber sur tes pieds ?

Je ne suis pas sûre que mon supérieur accepte de signer une rupture conventionnelle…

As-tu essayé ?

Non. Parce que je ne sais pas ce que je veux.

As-tu envie de retourner y travailler ?

Non, je n’ai plus envie de travailler dans ces conditions-là. Je n’ai plus envie de m’infliger ça…

… par peur de le quitter et d’aller vers l’inconnu ?

C’est vrai… C’est vrai aussi que j’ai accepté ce travail par défaut d’avoir autre chose. Parce qu’il me donnait une sécurité matérielle, en même temps que je m’offrais l’opportunité de travailler sur mon féminin à la Réunion.

Tu n’es plus obligée d’y rester. Un cycle s’est achevé, un nouveau va commencer. Il faut t’ouvrir aux possibilités, tu ne peux pas le faire en gardant ce travail comme un boulet à tes pieds.

J’ai peur de partir, j’ai peur de la réaction de mon supérieur et de la façon dont cela va se passer. J’ai peur que la situation que j’ai vécue dans mon travail précédent se répète.

Comme tu le dis, c’est une peur, tu n’as pas à t’identifier à elle. Est-ce une raison valable de rester ? Par peur, alors que peut être d’autres magnifiques et enrichissantes expériences t’attendent ailleurs ?

Mais où ? C’est difficile pour moi de partir sans avoir une idée de destination à court terme…

Parfois il faut laisser un peu de temps pour que les choses apparaissent. Parfois il faut dissiper la brume présente avant de pouvoir se projeter dans un avenir proche. Ton travail ne t’apporte plus aucune satisfaction, ni aucun épanouissement. Pire il t’apporte du stress et des désordres psychosomatiques. En plus de cela tu es payé avec 3 semaines de retard. Dis-moi quels avantages il y a à rester ?

« La paix des ménages ». La paix auprès de mes parents, éviter l’angoisse étouffante que ma mère projette sur moi. Eviter les regards et les jugements de la société.

Encore une fois, est-ce une bonne raison ?

Non, bien sûr que non…  Il n’y a pas de bonne raison à rester à cet endroit, quand cela n’a plus de sens.

Alors il est temps de partir.

Mais comment ?

Renseigne-toi bien sur les conditions de rupture conventionnelle. Essaye d’expliquer honnêtement la situation à ton supérieur, dans la mesure de ce qu’il est capable d’entendre. Que tes problèmes de santé vont nécessiter une réorientation professionnelle, que tu ne pourras plus aller sur le terrain comme il le souhaite. Essaye de voir et de négocier avec lui. Tu sais déjà ce qu’il va attendre de toi, essaye de t’en servir comme arguments pour le rassurer.

Oui, la rédaction de ces rapports… et la transmission. J’ai peur de ne pas réussir à négocier. Je ne sais pas non plus si je vais être capable de le faire. Cela suppose quand même d’y retourner. Avec mon état physique instable, ça risque d’être compliqué…

Commence par te renseigner, puis tu verras.

Merci.

4 novembre 2016

Fatigue à l’âme

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Comment réparer un moral cassé ? Où commence la dépression ? Où s’arrête l’impact des hormones, celle de la fatigue et de la maladie ? Ces questions, je me les pose souvent alors que j’ai chroniquement de grosses baisses de moral. Je m’interroge alors, sur le pourquoi, sur l’origine pour espérer y trouver une solution. Et je me trouve toujours confronter à ce magma de confusion, à cette absence de réponse, et cette solitude profonde face à l’incompréhension voir le désintérêt de mes proches. « Elle n’a pas le moral aujourd’hui, ça passera… »

Oui, mais quelle sera la fois de trop ? Celle où je commettrais une erreur irréparable, en blessant par les mots un proche, en brisant quelque chose de précieux ou en négligeant mon corps ?

Je me sens non équipée pour faire face à ce quotidien qui m’épuise, à toutes ces émotions et désirs extérieurs, qui parfois semblent m’écarteler, le peu de fois où je m’y soumets. C’est souvent pour ça que j’ai tendance à m’isoler, lorsque je suis seule, je me sens protégée de ce raz de marée d’émotions extérieur, ayant déjà du mal avec mes propres émotions. Seulement, ce n’est pas une solution, car alors je ne vis pas. Je reste dans ma bulle, à attendre que le temps améliore les choses, à espérer une solution, une guérison.

Mais guérit-on seulement de l’hypersensibilité ? De cette chose qui provoque des surréactions à tout, une envie de pleurer face à une petite contrariété, une tristesse violente comme un raz de marée face à une affirmation sur soi erronée d’un proche, une colère démesurée face à du désintérêt ou de l’incompréhension de la part des proches ?

Et qu’est-ce que c’est d’abord ? Est-ce réellement l’impact de mes hormones et de mon traitement hormonal qui est responsable de cet état plus qu’instable émotionnellement ? Où est-ce justement mes ovaires dystrophiques et un traitement hormonal inadapté ? Est-ce la fatigue de mon corps, qui relâche la pression alors que je suis en vacances ? Est-ce la douleur de ma rupture dont je n’arrive pas à guérir ?

Cela fait des mois que je mets cet état émotionnel à vif sur le compte des hormones, mais est-ce vraiment cela ? Lors de mon 1er traitement hormonal, j’étais très compliquée à vivre pour mon ex-compagnon, irritable, instable, hyper sensible et chamboulée par ses réactions à lui, comme écorchée à vif par toutes les émotions que je pouvais ressentir, quelles soient les miennes ou les siennes. Lorsque j’ai changé de traitement, j’ai vu une différence, et c’est là que j’ai fait le rapprochement entre mon état et le 1er traitement. Mais il était trop tard… Le mal était déjà fait.

C’est cette même hyper sensibilité qui m’a amené à me sentir agressée verbalement, par des hommes dans la rue, de façon répétitive et à prendre conscience de ma peur (voir cet article). Début d’une boule de neige sans fin, déclencheur de la rupture…

Mais tout ça, est-ce réellement liée à ma maladie ? Ou simplement au fait que je suis hypersensible et que je n’arrive absolument pas à le gérer ?

Quand je lis ce témoignage sur l’hypersensibilité, je m’y reconnais. Je m’étais aussi reconnue dans un livre sur les personnes hypersensibles et douées. Ok. Mais comment on apprend à gérer ça ? J’ai l’impression que depuis que j’ai commencé mes traitements hormonaux, mon hypersensibilité a explosé tous les plafonds. Et pire, du fait de vivre seule, dès que je suis soumise aux émotions des autres, je le supporte de moins en moins bien. Augmenté en cela par mon décalage à cause de la maladie et de la fatigue, qui me force à avoir un rythme de vie plus lent, à voir les choses différemment de mes proches.

Je ressens alors parfois une réelle incompréhension et une réelle solitude. Mes parents ne semblent pas avoir le temps de s’arrêter et de considérer ces « détails » occupés comme ils sont à travailler, et si loin – ce que je peux comprendre du point de vue de la raison, mais qui coince émotionnellement. Y a-t-il seulement quelqu’un pour comprendre ce qui se passe dans mon corps et dans mon cœur ? C’est impossible et je me sens emprisonnée dans ces limitations…

Je suis fatiguée de ressentir, sans pouvoir appuyer sur un bouton pause, sans pouvoir atténuer mes émotions. Épuisée de me sentir mal et de pleurer sans raison, alors que le soleil brille dehors et que j’ai la vie devant moi. Découragée que ce mal être me mine et me vide au point de m’empêcher de profiter du présent et des bonnes occasions quand il pointe son nez.

Parce que je n’ai aucun contrôle dessus. Ce n’est même pas que je rumine des pensées négatives, ni même que je reste seule dans mon coin sans en parler. J’ai beau le dire, j’ai beau pleurer, j’ai beau l’écrire, ce mal-être revient encore et encore. Malgré que j’apprenne à faire preuve de douceur envers moi même, malgré que je me fasse ma tisane préférée, que je me roule dans mon plaid moelleux, que je lise un livre, que j’appelle des proches, que je me cuisine des cookies, que je me fasse des cadeaux. Malgré que j’ai arrêté de porter du noir pour ne plus être enfermée dans ces énergies, malgré que je parle à ma psychologue, malgré que j’ai fait des rencontres positives, malgré que j’ai fait des soins énergétiques.

J’atteins le stade du désespoir. Je ne sais plus comment faire. Je ne sais plus comment aller de l’avant avec cette souffrance sourde. J’ai déjà essayé de l’ignorer, mais elle revient en coup de poing chaque fois plus forte. J’ai essayé de lui trouver une origine, mais à part savoir que la douleur est ancienne, profonde et ancrée dans mon âme, les portes me sont restées fermées. Ce qui n’est pas forcément un mal, car on n’est pas toujours capable d’encaisser la vérité.

Seulement, voilà, je suis dans une impasse sans issue. J’ai beau lever les yeux vers le ciel, crier à l’aide, prier, m’asseoir et m’auto-prospecter, et bien rien… Pas de porte magique, pas de confettis apaisants qui tombent du ciel…

Ce n’est pas comme ça que marche la guidance.

Et comment marche-t-elle ? C’est toujours quand je suis au plus bas, que je vais le plus mal, que je suis incapable de me connecter dessus. Pourquoi ? Pourquoi est-ce toujours au moment où l’on ressent le plus le besoin d’une aide qu’on ne la reçoit pas ?

Parce que vous êtes trop focalisés sur la douleur et qu’elle prend toute la place. Impossible de recevoir un autre signal. La première chose nécessaire est d’évacuer la souffrance, aussi est-il bon de pleurer tout ton saoul, de crier même ta douleur pour évacuer ces énergies lourdes et pesantes.

Puis de respirer profondément. De te recentrer dans ton corps.

Ton prof d’astro disait vrai quand il disait que les douleurs physiques étaient souvent causées par des frictions entre les corps physiques et causals. Tu ressens cette déchirure et cet écartèlement parce qu’il y a en effet des décalages très grands chez toi. Mais la vérité est que nous ne pouvons pas y faire grand-chose. C’est à toi d’apprendre à apaiser ces « douleurs de l’âme » qui proviennent de choses que tu ne comprends pas, et qui se manifestent dans ton corps à travers ta maladie mais pas que.

A quoi ça sert d’être branchée sur la souffrance de sa propre âme si on n’est pas capable de comprendre et de l’apaiser ? A quoi ça sert de ressentir ça venu de nulle part sans pouvoir y remédier ? Savez vous combien de fois je me sens seule, incomprise, folle et en décalage à cause de ça depuis mon adolescence ? Pourquoi porter cette souffrance alors qu’elle n’a aucune cause dans cette vie là ? Qu’elle est un écho d’une blessure profonde et ancienne ? N’est-ce pas injuste ? Pourquoi devoir supporter ça alors que je n’ai aucun souvenir de mes vies antérieures, aucune explication ? Et que je ne cerne même pas l’origine de la blessure ?

Mais tu cernes avec qui ?

Je ne sais pas… Avec celui qui présente les mêmes troubles de l’âme que moi ? Celui avec qui a commencé l’expression de mes problèmes d’énergies sexuelles ? Et est-ce que cela a la moindre importance au stade où j’en suis ?

Est-ce que tu aimes cette personne ?

Oui, je l’aime. Différemment de la façon dont je l’aimais quand j’étais jeune et naïve. Mais je l’aime, profondément, comme un frère. A chaque fois que je le vois, je ne peux m’empêcher d’être frappée dans la façon dont on est le miroir l’un de l’autre, la façon dont on se comprend, dont on évolue dans les mêmes directions et au même rythme, et ce malgré la distance. Et surtout, je ne peux pas être en colère, ni lui en vouloir pour ce qu’il m’a fait. Je l’ai pardonné dans cette vie ci, parce que je l’aime, même si notre relation m’a fait du mal par le passé. Même s’il lui arrive encore de me blesser involontairement par ses mots.

Mais je ne crois pas qu’il soit conscient de la force de notre lien. Je lui en ai déjà parlé, mais il ne croit pas aux vies antérieures. Il ne croit pas à la spiritualité, il la rejette car cela lui fait peur. Ce que je comprends et ce que je respecte.

Sauf qu’il sera difficile de guérir votre blessure commune dans le déni.

Le déni ? Je sais que c’est ça faiblesse. Il a dénié avoir partagé sa virginité avec moi et la mienne devant nos amis proches, parce que ça c’était mal passé et qu’il n’y a pas eu de suite… Autant dire que je l’ai pris en pleine figure…

Pourquoi cela t’a-t-il rendu aussi triste ? Alors que cela appartient au passé et que toi tu connais la vérité ?

Parce que c’était renier mes sentiments, le fait que, même si ça c’est mal passé, on en a fait le choix conscient tous les deux. Offrir sa virginité, ce n’est pas une paille. Et je l’ai fait par amour. Par ce déni, j’avais l’impression qu’il effaçait cette réalité là, celle de nos sentiments respectifs, même s’ils étaient imparfaits et que les hormones jouaient aussi leur rôle…

Mais aussi, parce qu’à l’évidence, cela a été source de blessures et de blocages pour tous les deux sur le plan de la sexualité. Et qu’on ne peut pas guérir une blessure sans en prendre conscience. C’est comme ignorer la première plaie qui se serait infectée et se répand. Moi j’en ai pris conscience il n’y a pas longtemps. Mais pas lui, et je ne pouvais pas le laisser fermer les yeux de cette façon, alors qu’il se bat pour essayer lui aussi d’avancer et d’évoluer.

Comment réagirais-tu si je te disais qu’il t’avait violé dans une vie passée ?

Je ne sais pas… Je te dirais que cela serait cohérent avec les casseroles que je me trimballe, mais je ne crois pas que j’arriverais à y croire. Je pourrais éprouver autant d’amour et de pardon envers une telle personne ? Parce que ce que j’ai dit est vrai, je ne peux pas le détester… Même s’il était venu à sortir avec ma propre sœur, même si parfois il se comporte comme un con et fait des erreurs. Même s’il m’a menti sur ses raisons pour me quitter… Il est humain et personne n’est parfait, il vit lui aussi ses propres limitations et je le vois se débattre avec.

Je sais que j’en fais de même avec les miennes. Et je suis frustrée de ne pas réussir à déchirer ce voile qui m’empêche d’apaiser cette douleur. Quand je le vois, je me dis qu’on rame sur le même type de bateau, chacun de notre côté. Je le vois, mais cela ne résout rien… Pas plus que de me dire l’origine des blessures entre nous. J’aimerais avant tout un moyen de les apaiser, puis ensuite de comprendre pour guérir.

Mais j’ai besoin d’un répit, de pouvoir souffler et reprendre des forces. Parce que je suis épuisée. Alors comment je fais ? Comment je suis censée faire pour apaiser cette brûlure qui me ronge de l’intérieur ? J’ai l’impression de faire des pieds et des mains, mais de lancer un caillou dans une mare. Ce que je fais n’est pas pertinent ou efficace, sans que je sache pourquoi, ni comment faire mieux.

J’essaye pourtant, je note mes rêves et j’essaye de les comprendre. Mais j’ai l’impression de ramer dans le vide, que les messages passent à côté de mon filet et que tous mes efforts sont dérisoires. Que j’ai beau essayer d’écouter, mes oreilles n’entendent pas. Je ne comprends pas pourquoi… Et cette foutu douleur qui ne me laisse pas en paix, me harcèle et m’empêche de simplement laisser le problème de côté jusqu’à ce qu’une clé apparaisse. C’est à tourner en bourrique.

Personne ne connaît donc un médecin de l’âme ?

28 juin 2016

Discernement et énergétique

Artiste : Eaphonia

Artiste : Eaphonia

Je crois que je suis malade. Ce matin j’ai failli ne pas réussir à me lever, j’étais épuisée. Toute la journée je me suis sentie lourde, fonctionner au ralenti, et même fiévreuse l’après-midi. Je me suis même foulée la cheville droite, deux fois. Hors cela ne m’arrive que lorsque je suis dans un état d’épuisement avancé. Ce que je ne comprends pas, c’est que je n’ai même pas eu une grosse semaine, je me suis couchée pour avoir mes heures de sommeil et j’ai même fait la sieste tous les jours. Mais c’est comme si je n’arrivais pas vraiment à dormir profondément comme d’habitude. Plus ça va, et plus je suis épuisée au réveil… Comme si je n’arrivais pas à récupérer, mon corps tellement à la ramasse que mon cerveau rame aussi. C’est très déplaisant comme sensation, je n’aime pas sentir que mes capacités de réflexion ne fonctionnent pas comme d’habitude. Comme si tout était voilé…

Tu l’as déjà deviné, ton corps peine à assimiler toutes les énergies reçues depuis le we dernier. Un signe prégnant que tu as remarqué et que tu as cet espèce d’acouphène, très aigu et faible, que tu n’entends que lorsque tu es dans le silence total.

Je me suis toujours demandé d’où cela venait. J’ai souvent remarqué que je l’entendais dans des périodes énergétiques « intenses », après ou avant des soins, des stages, des méditations, etc… Au début je me suis posée la question d’un symptôme médical, mais ça va et ça vient, sans vraiment avoir un impact conséquent. Ça fait un peu comme si j’entendais une surcharge ?

C’est bizarre comme sensation. Au début je pensais que comme j’ai l’ouïe assez sensible j’entendais des fréquences aigues, des appareils ou je ne sais quoi que je n’entendais pas d’habitude. Mais je n’ai jamais trouvé quelqu’un qui l’entende et cela me suit où que je sois. Je crois donc que ça vient de moi. Mais je ne sais pas si c’est physique, si je le capte via mes fonctions physiologiques, ou si ce sont « mes autres sens » comme ceux qui me font « entendre » mes guides – bien que ce soit plus des énergies que je capte qui se transforment toutes seules en mots dans mon cerveau.

Quand est-ce que ça a commencé ?

Et bien je dirais, si ma mémoire est juste, autour de mon premier stage d’énergétique. Celui où la formatrice a forcé nos chakras à se remettre « à tourner à 100% ». Je ne m’attendais pas du tout à ça ! Avec le recul, si j’avais su ce que cela voulait dire et impliquait, je n’y serais jamais allée. Je lui avais demandé quel était le programme précis de la journée, mais elle n’avait pas voulu me dire. Elle m’avait répondu « viens, tu verras ». Je me souviens que mon corps a très très mal supporté ce forçage énergétique. J’ai été malade toute la semaine suivante, couchée au lit. Avec de la fièvre. Et je me souviens dans la brume de la fièvre avoir ressenti des brûlures au niveau de chaque chakra, à peu près 2 jours par chakra, en montant le long du corps. Ce n’est qu’après coup que j’ai fait le rapprochement. Et bien plus tard que j’ai compris le danger que cela représentait. C’est totalement irresponsable de faire ça ! Si nos chakras ne fonctionnent pas pleinement, il y a une raison. Pourquoi forcer l’ouverture comme ça ? Avec le recul je trouve ça stupide, vraiment stupide et dangereux… Irresponsable surtout. Je ne comprends pas comment on peut prôner ça…

Pour aller vite à gagner de la « puissance spirituelle ». Tu doutais certes de l’efficacité de leurs méthodes, mais il n’empêche que cela brassait beaucoup d’énergie en effet. A bon ou mauvais escient, c’est autre chose.

Et c’est depuis ça, que je sens que mon corps physique rame à intégrer les énergies, toujours, souvent. Cela m’a parfois causé de forts désagréments, cela m’a souvent rendue malade aussi… Je ne pensais pas que la bénédiction mondiale de l’utérus serait aussi lourde à porter par mon corps…

Pourtant cela t’a déjà fait cet effet, même si tu n’avais pas fait le rapprochement. Cela fait vraiment beaucoup d’énergie à intégrer dans tes propres corps. Une sorte de « digestion », si tu veux, pour t’approprier ces énergies et les faire tiennes. Une digestion fatigante, qui t’occupe une bonne partie de la nuit et à tout moment de repos, et qui empêche ton corps physique de se reposer et de se ressourcer normalement. D’où la fatigue physique.

Comment je peux améliorer ce processus pour moins souffrir de ses effets ? Comment je peux aider mon corps physique ?

En accompagnant consciemment le mouvement. En prenant soin de ton corps physique et lui offrant beaucoup de repos. En prenant de courts temps de méditation fréquents où tu déconnectes ton cerveau pour laisser l’intégration s’étaler dans la journée. En méditant et visualisant l’intégration de ces énergies aux tiennes. En demandant à la terre d’absorber les énergies excédentes dont tu n’as pas besoin. Tu es saturée.

Je ne savais même pas que cela était possible…

Une coupe ne peut contenir plus que la taille qu’elle a. C’est pareil avec les énergies, même si tu peux travailler pour agrandir ta coupe car rien n’est figé. Elle ne peut cependant pas doubler de volume d’un coup sur demande. A moins d’être appuyée par d’autres entités.

Je vois que pour Sylvie, il y a plein de choses qui sont gérées par ses guides au niveau des énergies.

C’est de moins en moins vrai. Mais c’est vrai qu’elle est beaucoup soutenue de ce côté-là, c’est lié à sa reliance.

C’est tout ? Alors le fait d’être reliée au Milieu c’est « démerde-toi toute seule » ? Je ne comprends même pas comment on peut recevoir « trop d’énergie », ça me dépasse. L’eau ne coule-t-elle pas en dehors de la coupe quand elle est déjà pleine ?

C’est plus compliqué que ça, quand on t’envoie des énergies spécifiquement à toi, on les « marque », elle prenne « ta signature » pour t’atteindre toi et personne d’autre. Elles doivent donc te traverser avant de pouvoir être redirigées.

Mais je croyais que l’âme ne prenait que ce dont elle avait besoin. C’est ce qu’on m’a « enseigné ».

Comme on t’a enseigné que le forçage énergétique n’était pas quelque chose de mauvais ou à éviter. Ce avec quoi tu n’es pas du tout d’accord. Mais force est de constater que tu l’as vécu. Tu ne serais pas la même personne aujourd’hui sans ça. Et cela explique pourquoi tu perçois des choses sans être capables de les identifier et de les discerner. Parce que tu n’as pas appris progressivement à manier cette sensibilité au fur et à mesure que tu t’ouvrais à elle, comme a pu le faire Sylvie. Comme si on t’avait donné un jouet très complexe, sans aucune notice d’utilisation, plutôt que de te le laisser construire au fur et à mesure en ajoutant chaque fonctionnalité en même temps que tu l’apprenais.

Comment cela a-t-il été possible ? Pourquoi ?

Parce que ton âme a demandé en s’incarnant à avoir un moyen de pression fort et efficace pour percer à travers ta personnalité très forte et rigide. Il fallait bien ça pour pouvoir « t’ouvrir les oreilles » et nous permettre de t’aider et de te guider.

Alors c’est pour ça que je suis capable d’échanger avec vous ? Moi, tout ce que je sais, c’est que quand je suis venue pour cette formation, c’est parce que je percevais des choses qui me gênaient. Des âmes errantes, des entités, des choses chez les autres, sans être capable de gérer le moins du monde. C’est ça qui m’a poussé à faire ce stage d’énergétique, parce que la formatrice m’avait dit que j’arrêterais de sentir les morts après. Il s’était avéré que j’avais mon 3ème œil complètement ouvert et sur actif par rapport aux autres, ce qui expliquaient mes perceptions.

Et que ce serait-il passé si tu n’avais pas fait ce stage ?

Je ne sais pas… J’étais très flippée et effrayée, je ne comprenais pas grand-chose et je ne connaissais pas d’autres personnes vivant ça. Je pense que j’aurais dû apprendre à vivre avec, à me protéger des entités du bas astral que je ressentais, à faire passer les défunts que je croisais. Peut-être, peut-être pas, qui sait ? En tout cas, ce que je sais, ce qu’effectivement, après la formation je ne percevais plus tout ça. Pendant un temps du moins. Mais mon corps s’est mis à être sensible aux énergies des lieux, des gens, à être malade quand les énergies étaient fortes. Je suis tombée de haut quand je me suis rendue compte que les autres praticiens de cette formation utilisaient les énergies de leurs élèves pour certains travaux « pour le bien de tous ». Je pensais que c’était les énergies du moment (lune, alignement de planètes, etc…) qui me vidaient, mais en fait non. Là j’ai vraiment déchanté, et j’ai décidé de claquer la porte. De couper tout lien énergétique, de ne plus utiliser les pratiques et techniques de soin, plus rien de ce qui pouvait me rattacher à l’égrégore de cette formation. [Pour la définition d’un égrégore, je vous propose ce lien ]

Je ne saurai dire finalement si c’est une secte ou pas. C’est vrai que l’on ne vous demande aucun argent, mais pas contre on se sert de vos énergies pour nourrir le travail de certains… Alors non, hors de question d’y participer une fois que j’ai compris ça. Je ne suis pas du tout d’accord avec ce fonctionnement. Ni avec l’idée d’un maître qui même décédé dicte des ordres et des façons de faire. En plus, je trouve que certaines personnes y sont complètement engluées dans leur égo de « je suis une énergéticienne qui fait le bien et donne de nombreux soins » ou « je suis lumière et évoluée ». A n’être que lumière de cette façon-là, sans travailler sur ses ombres propres, ses défauts etc, on s’aveugle soi-même… Enfin, c’est ma façon de voir. Ce n’est pas le chemin qui me correspond à moi, tant mieux s’il correspond à d’autre, chacun est libre de vivre et d’expérimenter ce qu’il souhaite.

C’est pour ça que je suis maintenant prudente avec les techniques de soin, les « écoles énergétiques » qui existent etc.  Je veux garder mon indépendance et mon autonomie. Ce qui me plait bien avec les Moon Mothers, c’est qu’on est totalement libre de faire ou ne pas faire, recevoir ou ne pas recevoir. Je sens que cela me travaille quand je fais les méditations et les soins, mais le reste du temps, je suis tranquille. Je ne sers pas de réservoir énergétique.

Pourtant t’es-tu déjà posé la question de savoir d’où vient toute cette énergie qui est transmise lors des bénédictions mondiales ?

Je sais que les Moon Mothers peuvent choisir d’aider à canaliser ces énergies, mais c’est volontaire. Pour ma part, je préfère recevoir qu’émettre parce que je ne m’en sens pas la force physique pour l’instant. Je me pose plutôt la question de savoir « de qui » elle a reçu ses connaissances et ces techniques de soin. C’est plutôt ça qui m’intrigue, elle n’en parle pas du tout, elle ne parle pas du tout d’elle en fait. Elle cherche juste à transmettre encore et encore, pour étendre la toile.

De toute façon, je ne me fais pas d’illusions. Comme les autres écoles, celle-ci a créé et sollicite son propre égrégore, nourrie de toutes les femmes qui y participent. Alors évidement un égrégore est ce qu’on y met. Ici la volonté est d’apporter la guérison du féminin, de l’amour et un réveil des énergies féminines, des prises de conscience. L’objectif est aussi de pouvoir connecter les femmes du monde entre elles, pour qu’elles ressentent cette force de la sororité et qu’elles se transmettent la sagesse ancestrale des femmes. En soi, c’est un égrégore qui me convient pour l’instant, mais duquel je n’hésiterais pas à me détacher si je sens qu’il ne me correspond plus. Parce que certes il a une vocation à apporter la guérison et l’évolution, mais il brasse…

Et pourquoi m’avez-vous amené à parler de ça ?

Pour que tu comprennes que tout groupe, toute école crée son propre égrégore, conscient ou non. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi, du moment que tu es consciente de ton lien à celui-ci et que tu choisis de te laisser ou non affecter par lui.

Alors je pourrais choisir de ne pas être affectée comme je le suis en ce moment ?

Seulement si tu renonces à recevoir ces énergies de guérison et à la transformation qu’elles sont censées t’apporter.

Tout a un prix, hein ?

Oui et toute énergie vient de quelque part. Mieux vaut savoir d’où précisément.

Peut-on considérer que l’énergie lunaire vient de la Déesse ?

Peut-on considérer que l’énergie solaire vient de Dieu ? Après tout, la première « école » que tu fréquentais se servait bien d’elle pour capter l’énergie et la redistribuer sous forme de soin. Est-ce bien différent d’utiliser l’énergie lunaire ? En quoi et pourquoi ?

Je ne sais pas. Dans le deuxième cas, on demande explicitement au divin de nous transmettre cette énergie pour la canaliser vers la personne recevant le soin. Alors que dans le premier cas, on ne formulait pas une telle demande de façon précise, et finalement je me demande si on ne piochait pas plutôt dans les énergies environnantes ?

Où veux-tu en venir ? Je commence à fatiguer. J’ai perdu le fil…

26 mai 2016

 

Pourquoi pas ?

Artiste :

Artiste : Kuvshinov-ilya

 

J’ai finalement réussi à trouver un compromis avec mon patron pour cette fois ci. Vous aviez raison, il ne fallait pas que je me braque. Si je me braque, lui aussi. Si je discute, que je montre que je peux faire preuve de souplesse, cela passe mieux. Et aussi si j’explique pourquoi, ce qui me gêne malgré tout, parce que je ne devrais pas avoir à justifier mon besoin de récup avec mes raisons personnelles. Mais si cela peut le motiver à dire oui…

Cela te met mal à l’aise. Parce que pour toi vie privée et vie professionnelle sont deux choses qui doivent être bien séparées, bien clarifiées et sans vase communicant. Notamment parce que d’un côté tu fais un travail très scientifique et de l’autre que tu consacres beaucoup de temps à la « spiritualité » comme tu l’appelles. Un terme fourretout, somme toute, où tu ranges stages sur la féminité, cours d’astrologie, utilisation des cristaux, méditations et visualisation, cercles de pleine lune, purification, analyse de rêves, tirages de carte et j’en passe.

Et bien tout ce qui nourrit, entretient et régénère mes corps non physiques. On pourrait ajouter dans la liste l’écriture sur mon blog, puisque j’y parle d’énergétique, de cheminement et puis après tout aussi parce que j’écris avec mes guides / mon âme / des entités venues aider. Je sais que ça peut être un peu confus à comprendre pour le lecteur. C’est-à-dire que je suis capable d’avoir ces discussions, mais je ne sais pas trop avec qui. Je me suis longtemps posé la question, en me demandant si ce n’était pas mon mental qui inventait tout ça. Et puis bon, je me rappelle le dialogue qui m’a poussé à la prise de conscience de mon viol refoulé, et je me dis que ça… ce n’était ni dans l’intérêt de mon mental, ni de mon égo, mais bien dans celui de mon âme.

J’ai eu beau poser la question, je n’ai jamais eu de réponse sur l’identité précise de mes interlocuteurs. Parfois j’ai compris après coup que j’avais dialogué directement avec mon âme, cette part « divine » et plus « éclairé » de moi-même, qui est souvent ensevelie sous le mental et l’égo. D’autre fois avec des guides sombres et ça me faisait flipper. Parce que je sentais les énergies différentes, à la fois « denses » mais en même temps de niveau élevé, et le ton de discussion n’était pas le même, ni les sujets. Les guides sombres aiment bien me faire sortit de ma zone de confort et de confiance, me secouer, voire carrément me choquer. Au point qu’au départ j’étais très méfiante et apeurée, que je me demandais si ce n’était pas des entités du bas astral qui me parasitaient et venaient me pomper.

Mon défaut cruel est que malgré ma sensibilité aux énergies et parfois ma capacité à les transcrire en ressentis ou en mot, je ne pilote pas grand-chose. Je n’ai pas les capacités suffisantes pour clairement discerner les énergies et leurs provenances…

En même temps tu n’as jamais vraiment essayé.

Et voilà, là c’est l’exemple typique d’un début de dialogue où je me sens mal à l’aise sans savoir l’origine de la réponse. Mon égo ou mon mental ? Un guide lié à l’Ombre ? Une entité parasite ?

Tu n’as qu’à visualiser un dôme de protection transparente en demandant à la Déesse, ou qui tu veux, de n’y laisser entrer que tes alliés. On verra bien si je serai toujours là après * voix railleuse*.

***

Mais en même temps si après tu te mets à manger pour plomber tes énergies, cela ne sert à rien. Tu n’es pas forcément très facile d’accès pour nous, surtout quand tu es en processus de purification d’un certain nombre de lourdeurs comme le mois dernier.

J’aimerais bien avoir une recette « miracle » pour savoir avec qui je discute, quel type d’entité, quelle reliance etc… Pourquoi je ne suis capable de capter vos énergies que sous forme de mots et pas de sons, de visuel ou autre ?

Et bien tu ressens aussi certaines choses au niveau de ton corps, des tensions au niveau du plexus, ou bien de la gorge, des frissons, un poids sur le dessus de la tête. Des choses subtiles bien sûr. Tu n’auras jamais de panneau gigantesque, ce n’est pas notre façon de procéder. Une guidance ne doit pas être un forçage, ni un poids.

Mais je ne comprends pas pourquoi par exemple le « ton » à changer entre les premières phrases, puis justement la visualisation du dôme protecteur. C’est comme si j’étais passé d’un interlocuteur relié à l’Ombre à celui du Milieu. Je ne peux pas expliquer comment je perçois la différence. Je la sens juste. Comme si ta « voix » également m’était familière, une voix douce et chaleureuse, patiente et bien attentionnée. Pas comme la première, provocatrice et railleuse.

Certains guides de l’Ombre n’apprécient pas forcément que tu les compares à des entités du bas astral, alors que justement elles ajustent leurs énergies vers le bas pour pouvoir discuter avec toi. C’est tout simplement que tu n’es pas prête.

Mais est-ce que vous pouvez comprendre que c’est difficile pour moi de lâcher prise et d’accepter de parler à des entités que je ne cerne pas, ne vois pas, n’identifies pas, sans savoir si mes perceptions ne sont pas déformées ou erronées ? Si je ne me fais pas distraire pendant qu’une entité se sert dans mes propres énergies ? A vrai dire, je ne comprends même pas que ce soit possible d’échanger et de capter ces conversations, alors que j’ai des ressentis si partiels et aléatoires, quelque part je ne comprends pas…

Et j’ai comme l’impression que vous n’avez rien à répondre à ça…

Quelqu’un qui ne veut pas croire ne croira pas. Encore une fois nous te répétons que c’est une question de foi. Et que peut-être est-ce justement un travail pour développer ta foi. As-tu besoin de connaître nos noms ? Si de toute façon tu n’es pas capable de percevoir notre signature énergétique, cela ne sert absolument à rien. Juste à t’induire en confiance en brandissant un nom, alors que tu n’es même pas capable de vérifier la véracité d’une telle information. Et cela peut en effet permettre à d’autres entités de se faire passer pour ce qu’elles ne sont pas. De cette façon, tu dois apprendre à te fier à tes ressentis et à les développer.

A vrai dire, je ne sais pas quoi penser de cette conversation. A chaque fois qu’on parle de ce genre de choses, j’ai juste le sentiment d’être une cinglée… Et je n’aime pas ça du tout.

Qui peut juger de ton état de santé mentale ? Qui est apte à dire ce qui est normal ou pas ? Ne crois-tu pas que quelqu’un qui débarquerait sur le blog de Camille Fraise sans croire aux rêves lucides, lui dirait qu’elle délire à fond ? C’est pareil pour chacun. Il n’y a que toi-même qui peux juger de la justesse de ce qui t’est transmis en observant la façon dont cela te sers. Est-ce que cela te plombe ? Ou t’aide à réfléchir ? Voir les choses autrement ? Prendre conscience de certaines choses ? Nous savons que si tu continues à écrire avec nous, c’est bien parce que tu y as cerné un intérêt.

Même s’il est vrai que parfois cela peut être destructeur, de façon temporaire. Et je sais qu’en disant ça tu penses à la prise de conscience de ton viol, mais aussi à la prise de conscience de ta peur des hommes et de cet article qui a précipité la fin de ton couple.

Tu peux nous accuser d’en être coupable. Mais la vérité est que tout ceci ne sont que des déclencheurs pour te faire évoluer, pour te faire réfléchir, te faire sortir de tes zones de confort et te pousser à faire face à tes peurs, tes blocages et tes limitations. La première étape pour faire changer une situation est toujours, toujours, la prise de conscience. Nous sommes là pour t’aider dans ce sens-là, parce que c’est toi qui nous l’as demandé avant. Nous rendons cela possible, bien que tes énergies ne soient pas toujours facilitantes. Et ton mental non plus. Tu es en effet beaucoup de rigidité lié à ta personnalité, à tes peurs surtout. Car dis-toi bien que toutes ces résistances sont une barrière de protection de ton égo face à la peur du changement et de la dissolution de celui-ci.

Et l’une d’elle est la croyance que je ne suis pas capable de ce genre d’échange, hein ?

Oui, pour les discréditer, les mettre de côté alors que parfois elles te posent question, te dérangent.

Et puis je repensais à cette histoire de plafond en spiritualité… C’est vrai que j’ai du mal aussi à croire pouvoir faire un certain nombre de choses en spiritualité. J’ai peur de m’illusionner, ou encore que ce soit une forme d’appel de l’égo, comme cela peut l’être pour d’autre : « regardez, moi je suis untel, je sais faire ceci et cela, je suis avancé spirituellement ». Une façon pour l’égo de se croire supérieur à la masse et de se complaire dans une image « évoluée » alors que la personne stagne.

Tant que tu déchanteras, que tu feras face au bon comme au mauvais, au simple comme au difficile, et que tu ne te contenteras pas d’un titre ou d’une reconnaissance par autrui, tu t’écarteras de cet écueil. Il existe, mais pour le coup, ton égo s’en sert pour te freiner. Dis-toi que nous serons là pour te mettre un coup de pied aux fesses le jour où cela arriverait.

Oui mais… J’ai bien vu quand j’ai donné mes premiers soins de l’utérus à d’autres femmes qui ne connaissaient pas, qu’une partie de moi (mon égo) était attirée par le fait d’avoir un public (le lieu était en plein air), d’autres femmes du partage qui me voyaient faire, et j’ai senti cette petite partie de moi flattée quand l’organisatrice a pris des photos de moi pendant les soins.

Et pour autant, accepterais-tu que ces photos soient diffusées ?

Absolument pas. D’ailleurs une autre part de moi n’a pas du tout apprécié qu’elles prennent ces photos sans me demander mon autorisation ou celle de la receveuse. Parce que je considère qu’un soin est un moment intime qui n’appartient qu’à la personne qui reçoit. La disposition en extérieur ne permettait pas d’être isolée des regards, mais ce n’est pas pour autant que je jetterais la chose en pâture.

Et puis tu n’aimerais pas, que par le plus grand des hasards, ces photos atterrissent devant ton patron, n’est-ce pas ?

Non, pas du tout.

Séparation de la vie perso et de la vie pro, hein ? Même raison pour le fait que ton nom n’apparaisse pas sur le programme de cette journée de soins. Ni sur le site officiel des Moon Mothers. Tu le caches, tu caches ton implication dans des techniques de soins énergétiques.

Au boulot, oui. Dans la vie privée, ça dépend avec qui…

Et c’est pour ça que tu n’étais pas très à l’aise avec le fait d’amener ta collègue et de lui donner un soin. En soi même, cela ne pose pas de problème – bien que tu ais eu beaucoup de mal à dépasser ta restriction séparation vie privée/vie pro pour sympathiser avec elle – c’est plutôt le risque qu’elle en parle au travail.

Et bien oui, j’ai beaucoup de mal… Quand je suis au boulot, je suis en mode « boulot », je n’ai pas trop de considérations pour l’état émotionnel et psychologique de la personne, du moment qu’elle a l’air en bonne santé. Moi, je ne regarde que le boulot fait, c’est-à-dire l’efficacité concrète. Je sais que parfois je peux être très exigeante, un peu autoritaire quand il s’agit du boulot, mais je le suis autant avec moi-même, sinon plus qu’avec les autres. Parce que je veux que les choses soient faites et bien faites, que cela avance.

Alors que dans la vie perso, je suis différente, je suis très compatissante, hypersensible. Sans réelle motivations, ni objectifs, j’ai plus tendance à me laisser porter et ne pas savoir ce que je veux. Je suis moins sérieuse et moins exigeante, j’aime déconner. Je relâche ma garde et dans ces moments-là je suis plus ouverte sur le plan personnel.

Je sais qu’il y a peu d’amies avec qui je peux travailler. Et que même avec elles, je faisais la distinction « là on bosse », « là on prend une pause ».

Tu te rends donc bien compte de la rigidité de ton mental, à séparer strictement les deux sphères, au point d’en avoir des difficultés relationnelles avec ta collègue.

Et bien… quand on est en mode hors boulot, ça va, même si on n’a pas forcément les mêmes centres d’intérêt et que parfois je ne sais pas trop quoi dire… Mais après c’est le switch au boulot, je ne sais pas comment reprendre avec la personne dans le cadre du travail. C’est bizarre, je me sens mal à l’aise. Parce que, comme je manque de temps et que j’ai milles trucs à faire, je vais à l’essentiel sur les questions boulot et je ne parle pas du tout de vie privée. De toute façon, je ne m’y sentirais pas à l’aise pour avec mes autres collègues autour… Mais du coup, j’ai l’impression d’ignorer la « personne humaine » et je n’aime pas ça…

Ahaha, je suis vraiment nulle en terme de relations sociales… Mais tu vois je trouve que cette conversation prend une drôle de tournure et je n’en vois pas l’intérêt.

Tu vois que tu fais preuve d’une grande rigidité mentale au niveau de ce qui encadre ton travail. Tu as également pris conscience que finalement, ce n’était pas tant les heures supplémentaires qui te posaient problème que la fatigue qu’elles engendrent. Parce qu’en réalité, tu ne te retrouves pas dans ton travail. Tu fais ce que tu fais sans envie, sans réelle motivation. Cela te pèse, ne te stimule pas, du coup, plutôt que de te porter, cela t’épuise. Je sais que cela t’a choqué de le comprendre. Après tout, tout le monde te dit que travailler sur la production de plantes médicinales « c’est génial ».

Oui c’est génial en théorie, mais en pratique, au vu des tâches et de ce que je fais, pas vraiment… On peut aimer les carottes, mais si on est commercial pour carottes, on ne les touche même pas… C’est un peu caricaturé mais…

Et si je t’ai fait parler de ta collègue, c’est parce qu’elle est une brèche entre tes cloisons de vie privée et de vie pro. En ayant accepté de te confier à elle sur le sujet des partages de femmes et des soins de l’utérus –alors que rien ne t’y obligeait- tu as ouvert un sas entre les deux. Tu as osé lui faire confiance et laisser le féminin créer un pont entre ces 2 parties de ta vie, via elle. C’est important de noter cette évolution. Elle te parait minime, mais elle ne l’est pas tant que ça.

Je ne sais pas, j’ai suivi mon intuition… Je savais qu’en prenant cet appel devant elle, elle entendrait certains mots comme « soin », « bénédiction ». Et je voulais justement voir si elle le relèverait et poserait des questions, ce qui a été le cas. Comme cela venait d’elle, du coup j’ai ouvert la porte. Après tout, elle m’avait bien dit qu’elle était intéressée par la hutte de sudation chamanique. Mais l’important, c’est surtout que cela lui serve à elle. Alors qu’avec une autre stagiaire, on a parlé de règles et de cycles, j’en ai profité pour lui tendre une perche, mais elle ne l’a pas du tout attrapé. Je sais que c’est libre aux personnes. Je sais aussi que pour ce genre de choses, on ne fait que transmettre quelque chose à un instant précis, un quelque chose qui ne nous appartient pas. Et cela ne me dérange pas. Je préfère être une passeuse que quelqu’un qui se proclame détentrice d’un savoir unique indispensable. Car je pense qu’il n’y a pas un chemin, une bonne méthode, une seule technique valable. Il y a une grande diversité d’outils, de méthodes, de techniques de soins et c’est très bien, parce qu’on est tous unique et une chose ne nous correspond pas à tous.

Alors oui, tout est juste. Je comprends ça.

Alors pourquoi donc cette façon d’écrire et de canaliser ne serait-elle donc pas juste pour toi ? Si c’est ce qui te correspond et t’aide ? Ce qui t’amène à ouvrir ton esprit, élargir tes horizons et réfléchir autrement ?

Qu’importe le jugement. Je sais que tu as peur des jugements d’autrui par rapport à ton blog, et surtout par rapport aux personnes qui connaissent ton identité réelle. Que tu trouves que l’écriture « inspirée » est souvent louche et que tu es la première à être méfiante quand quelqu’un te dit le faire. Pourtant, tu ne remets pas en cause les écrits de Sylvie, ni même ceux de Camille Fraise. Parce que tu respectes ces personnes, et au final peu importe que cela soit vrai ou faux, tu trouves que cela est en cohérence avec elles-mêmes.

Je ne suis pas sûre de pouvoir en dire autant de mes écrits. On commence à un endroit, on finit à un autre, en prenant un chemin sinueux parfois obscur. On ne parle pas des choses dont je voudrais qu’on parle réellement.

Il faut parfois être humble et savoir se laisser guider. Peut-être que ton égo a envie qu’on parle d’un autre sujet. Mais peut être que ce que je te dis aujourd’hui est ce qui te servira le plus dans les jours qui viennent. La magie de la guidance c’est qu’elle est unique et qu’elle correspond toujours à la personne qui la reçoit, tu l’as bien compris. C’est pour ça que tu écris pour toi ici. Malgré tout, cela peut aussi inspirer, donner un exemple parmi tant d’autres et c’est aussi pour ça que c’est intéressant de partager. Oui tu pourrais garder tes écrits pour toi sans les publier sur ton blog. Mais nous ne t’y encourageons pas. Parce que cela peut faire réfléchir d’autres personnes et surtout toi t’aider à gagner en assurance et apprendre à t’affirmer un peu plus sur ce plan-là.

Peut-être. Pourquoi pas ? Merci.

24 mai 2016

Ballade photo

Auteur photo :

Auteur photo : Les rêves de Celia ©

Alors tu as pris des photos intéressantes aujourd’hui ?

Oui, c’est vrai, il y en a quelques-unes que j’aime bien, même si ça reste très amateur. C’était une bonne idée d’aller prendre des photos pour me forcer à prendre l’air et sortir un peu. Je n’ai pas trop la motivation ni le courage de sortir depuis mon arrêt maladie.

Tu restes enfermée dans ton cocon ?

Je ne me sens pas bien, vraiment pas bien. Physiquement, parce que mon corps est épuisé d’un rien et que dès que je fais un effort j’ai mal aux ovaires. Mais aussi moralement, je crois que je déprime… J’ai toute cette tristesse qui remonte de je ne sais où…

D’abord le deuil de ma grand-mère, que je n’avais que partiellement fait parce que j’étais trop occupée à soutenir la famille et faire bonne figure pour l’accompagner vers la lumière. Et maintenant le deuil de mon couple, que je croyais déjà avoir fait… Cette nuit, j’ai rêvé de mon ex-compagnon. C’était pénible et le réveil a vraiment été dur.

Je me sens vraiment très très fatiguée en réalité. Malgré ma semaine de repos forcé. Je vois bien que je n’ai plus envie de rien, ni de cuisiner, ni de sortir, ni d’écrire sur mon blog. Si je n’avais pas pris ces photos, je n’aurai rien eu comme sujet m’amenant à écrire.

Ça va, tu as le droit de te sentir fatiguée, tu as le droit d’être déprimée. La vie n’est pas toujours faite que de haut. Cette tristesse en toi est bien réelle, cela ne sert à rien de la combattre ou de la fuir, ce n’est pas comme cela que tu t’en allégeras.

Je pensais être passée à autre chose. Je pensais avoir déjà évacuée tout ça, en être un peu plus loin.

Parce que pour toi, être triste est la preuve que tu n’as pas avancé spirituellement ?

Je sens toutes ces énergies si lourdes, en moi, autour de moi, comme je ne les sentais pas il y a quelques mois. J’ai l’impression d’être retombée des années en arrière, comme si tout le chemin que j’avais fait n’avait rien allégé. Tout est là, tel quel, intouché, juste mis en bouteille au fond de moi. Alors oui, j’ai le sentiment de régresser. Pas que le fait d’être heureuse et joyeuse soit synonyme « d’avancée spirituelle », juste que je pensais mettre défait un peu plus de mes casseroles.

Je me sens tellement en manque de confiance sur ce que je vis dans ma spiritualité. Et sentir toutes ces lourdeurs, c’est comme me confirmer que tout ce que je capte est déformé par le voile de ces énergies denses, que je ne peux pas transmettre des choses « justes » ou tout du moins de façon alignée. Comme si tout ce que j’étais et tout ce que je faisais était « en décalage ». Voilà, je me sens bonne à rien, même dans le seul domaine de ma vie, en dehors du travail, où je dépasse tant d’énergies. Tout ça pour quoi ?

Je n’ai aucun discernement énergétique, je ne sais pas capter l’origine et le type des énergies que je perçois. J’ai l’impression d’évoluer dans des sables mouvants à l’aveugle. De ne pas comprendre les règles du jeu, de ne pas comprendre ce que je perçois si partiellement.

Ce n’est pas parce que tu es entourée d’énergies lourdes que tu ne peux pas avoir accès à ta propre guidance. La preuve, je suis là. Tant que tu arriveras à ouvrir ton cœur, à dire ce qui te pèse, tu pourras nous capter. Peu importe qu’une tristesse de la taille d’un paquebot t’entoure. Peu importe ce que l’on peut te dire sur la justesse et l’alignement de ce que tu captes. Tu n’as pas à t’en préoccuper, car c’est pour toi-même que tu le fais. Pas pour un tiers. Peu importe donc les projections que tu peux faire, puisqu’elles ne te concernent que toi et sont un reflet de toi-même, qui permet aussi de t’observer en miroir.

Tu as vu que parfois, lorsque certaines personnes te parlaient de leur vécu, de leurs expériences similaires, tu ressentais parfois de vives émotions que tu leur collais dessus comme une étiquette, prétextant ton empathie, alors qu’en réalité, c’était toi qui projetais dessus tes propres sentiments en résonnance. Voilà pourquoi il n’est pas si facile de faire preuve d’une « juste » compassion avec autrui, sans leur prêter des sentiments qu’ils n’ont pas, mais en accueillant bien leur vécu, sans laisser le sien propre prendre la place. C’est de cela que l’on parle quand on dit « alignement » pour aider autrui avec justesse.

Mais ce n’est pas ce que tu fais ici, tu ne l’as jamais prétendu, au contraire. Tu écris pour toi, pour t’aider toi-même à trouver ta propre guidance dans la noirceur de ta nuit de l’âme. Comme un peu de baume au cœur pour t’aider dans ce désert.

Alors laisse-moi te consoler, laisse tes larmes couleur, tu en as le droit. Ici c’est ton sanctuaire, tu peux t’y montrer vraie. Tu peux pleurer alors que le monde extérieur te demande de sourire. Tu peux dire que tu n’as pas envie d’aller au travail demain, alors que tout le monde te demande de leur dire que tu reprends avec grand sourire.

Je n’ai pas envie de reprendre le travail. J’ai besoin de vacances, de me changer les idées. J’en ai marre de l’ambiance pourri qui y règne à cause des problèmes financiers. J’en ai marre de reprendre ce poste sans être formée ni que l’on me donne les outils adéquats… Je suis fatiguée de chercher une voiture sans trouver, de devoir prendre le bus et perdre mon temps… Je suis fatiguée d’être angoissée à cause de tout ça. Je n’ai pas envie de voir mon supérieur. J’ai de plus en plus de mal à supporter ses énergies, sa façon de passer sa frustration sur les autres, ses emportements, ses plaintes « tu comprends… ». A certains moments, il me sort par les trous de nez, et je me porte beaucoup mieux quand il n’est pas là. Et je n’aime pas penser à tout ça. Je n’aime pas sentir mon mental qui s’agite sur ses sujets, ressasse ces idées, m’empêche de dormir à 4h du mat.

Tu préfères ne pas y penser ?

Ça me dérange tu vois. Ça me dérange cette situation, parce que je me sens prise en étaux, entre ce que je supporte de moins en moins avec le respect de moi-même, et le fait de devoir m’adapter et m’assouplir, me plier à la situation. J’en ai marre. Et quand c’est comme ça, ce n’est pas bon. Je perds ma patience, j’explose, je peux dire ou agir de façon déplacée à cause du ras le bol. Et ça risque de faire des étincelles et de ne pas bien se passer. En gros, que je renvoie vertement mon supérieur dans les roses parce qu’ils dépassent parfois les bornes. Ça me pèse et ça me stresse cette situation. Je déteste quand on me demande des choses que je ne peux pas faire, parce que ni les outils ni les connaissances ne m’ont été transmises, et qu’en plus on me le reproche au lieu de le faire auprès de la collègue incriminée… Franchement, je n’aime pas comment cela se passe…

Que peux-tu faire pour améliorer la situation ?

C’est une bonne question… Je ne sais pas… Prendre du recul émotionnel ?

Tu n’es pas responsable de ton manque de formation et du manque de transmission par ta collègue. Tu ne peux pas donc pas culpabiliser de ne pas pouvoir faire le travail attendu. Fais du mieux que tu peux, avec ce que tu as, laisse ton supérieur tempêter sans le prendre pour toi, détache toi des émotions qu’il peut émettre, mais n’hésites pas à souligner les lacunes et les manques qui t’handicapent. C’est son job à lui de coordonner, lui aussi fait trop de choses à la fois, et n’a pas bien gérer la transition. Il a attendu le dernier moment jusqu’au bout. Il n’a jamais donné la consigne à ta collègue de t’apprendre la reconnaissance botanique et l’emplacement des ressources. Elle ne l’a donc jamais fait. Il est tout autant responsable, sinon plus qu’elle-même. Il te faut prendre du recul sur la situation. Beaucoup de recul, vois plus large, dans le temps et dans l’espace. Ton supérieur a aussi ses failles et lui aussi est à bout, donc tout déraille, mais ce n’est que l’expression d’un long processus qui a déjà commencé il y a longtemps, avant même ton arrivée.

Je ne sais pas pourquoi, mais je ne suis pas très optimiste sur la survie de l’association…

Ce n’est pas ton problème, ni ta responsabilité. Tu y vas pour y faire un travail, concentre toi sur ça et laisse le reste de côté. En sachant que tu n’es pas définie par ton travail et en te rappelant que tu ne vis pas pour travailler, mais que tu travailles pour vivre. Et que ce que tu as gagnée, tu le mérites. Tu n’as donc aucune raison de culpabiliser quand tu es en arrêt maladie. Après tout, ces jours-là, ils ne les payent pas, c’est la sécu, à laquelle tu cotises toi aussi. Et comme tu te le disais l’autre jour, ce n’est pas ton supérieur qui te tient la main quand tu es seule et « malade comme un chien » dans ton lit, parce que tu as trop tiré sur la corde au travail. Tu ne lui dois rien. Détache-toi des attentes émotionnelles et des jugements d’autrui. Tu as peur de décevoir ton supérieur ? Et lui, est-ce qu’il se soucie de te décevoir ? Est-ce qu’il s’inquiète pour toi que tu ne te sentes pas formée et armée pour ton nouveau poste ? Est-ce qu’il culpabilise quand tu touches ta paye avec 15 jours de retard ? Remets les choses à leur juste place. Il a d’autres chats à fouetter et toi aussi.

Tu dois prendre soin de toi. Ce n’est pas le travail qui te rendra le sourire. C’est ce que tu feras des fruits que tu en tires qui t’aidera.

Merci.

10 avril 2016