Endométriose & repos

Article et liens très intéressants !

Mod.imaginaire

Les personnes atteintes d’endométriose ou plus généralement d’une maladie chronique doivent souvent se reposer.

Mais, en fait, comment on fait ??!

Je viens juste d’être opérée. Je suis en convalescence et me reposer c’est toujours compliqué. Car j’ai mal et ne trouve aucune position parfaite et sans douleur mais pas seulement. Car j’angoisse de ne pas pouvoir travailler, que ma dépendance physique me fait peur, que je n’ai pas la force de me concentrer longtemps sur quoi que ce soit et que j’ai du mal à m’ennuyer, beaucoup de mal ! J’aime beaucoup le site The Mighty (en anglais) pour les personnes atteintes de maladies chroniques et il y a cette vidéo géniale sur la réalité du repos pour ces personnes: Le repos en vrai!

En fait c’est un repos forcé, avec des douleurs, des cicatrices, une fatigue incroyable, et un état psychique pas vraiment au top. Pas franchement un…

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Hyperacousie et stress [Endométriose]

 

Artiste : Picolo-kun

Je sors d’un RDV avec l’ORL et je suis dépitée… Depuis plus de 6 mois, mes acouphènes ne cessent d’augmenter, ainsi que mon hyperacousie. A un niveau qui en devient gênant : je ne peux plus aller au cinéma sans boule quiès, les bruits de travaux dans le quartier me collent la migraine pour la journée, je supporte de plus en plus mal d’aller dans des cafés et magasins avec de la musique d’ambiance. Et cerise sur le gâteau, depuis quelques temps, j’ai carrément des douleurs quand je suis exposée au son : quand mes parents écoutent la radio ou regarde la télé, le volume du son est beaucoup trop fort pour moi.

J’en ai parlé à ma nouvelle médecin traitant qui m’a envoyé voir un ORL. Coup de chance, j’ai eu un RDV très vite grâce à un désistement (sinon compter 3 mois d’attente). Et mes acouphènes ne sont pas liés à une perte d’ouïe, ce qui est rassurant. Evidemment, j’ai oublié de poser la question à savoir « est-ce que des allergies peuvent les augmenter ? » mais j’en reparlerais à ma médecin. Après un check up total, le verdict est : « je ne peux rien pour vous ». Pas de problème physiologique. On pourrait dire que c’est positif, oui mais alors quelle remède ? Comment me débarrasser de ses douleurs provoquées par le son ? A priori, cela relève plutôt de la sphère psychologique avec le coupable fréquent : « trop de stress, trop d’anxiété ». Son conseil : prendre des anxiolytiques. Pas vraiment la solution rêvée…

Voilà la 2ème fois dans la semaine que j’entends une personne du corps médical me parler de « stress ». La première fois, c’était ma nouvelle kiné, qui a émis l’hypothèse que ma sciatique serait provoquée par le stress que l’endométriose me cause, physiquement et psychologiquement. Donc, 2 personnes du corps médical qui appuie sur ça.

Sauf que jusque-là, je ne me sentais pas psychologiquement si stressée que ça. Le stress de mon ancien boulot et de mon supérieur ont disparu. J’ai un toit sur la tête et à priori je suis protégée des soucis financiers pour quelques mois à venir. Depuis que j’ai déménagé, ce souci-là a disparu aussi. Le problème c’est que j’ai du mal à voir pourquoi je serai stressée ! Ou alors, si je le suis, je ne m’en rends plus compte, tellement je suis habituée (et dans ce cas-là la source de stress remonterait à loin ?). Enfin, tout du moins habituée mentalement, car mon corps lui semble protester de tous les bords.

Et le résultat de la prise sang tombe : anémie. Comment ça anémie ? Je n’en ai plus eu depuis mon arrêt du gluten il y a un an ! Et ça revient quand je rentre en métropole ? Alors que je n’ai pas eu de perte de sang depuis plus de 4 mois ? Et qu’en plus ma consommation de viande a augmenté depuis mon retour ? Qézako ? Franchement, je ne comprends rien du tout…

Tout ça m’exaspère. Stressée moi ? Je le suis pourtant bien moins que mes parents avec leur boulot. Je me lève quand je veux, je ne cours nulle part, j’essaye de prendre mon temps. Je médite, passe du temps au contact de la nature. Comment je pourrais être stressée ?

Bon, c’est vrai… Je suis stressée à cause de la maladie. Rien que les douleurs physiques et les crampes sont sources de stress interne biologique (défini comme un stimulus à un niveau inhabituel sur une durée de temps trop longue). Et puis, il y a la part psychologique : comment intégrer les contraintes causées par la maladie à ma vie professionnelle, sociale et sentimentale ? La peur du rejet aussi, à cause de ces contraintes, que ce soit au boulot ou dans les relations… Celle de l’incompréhension, de la solitude générée. Et blablabla. C’est une réalité. Mais comment je suis censée désamorcer ce stress de fond, qui est là depuis des années et ne fait qu’augmenter avec le temps et l’apparition de nouveaux symptômes ? Erk, c’est un cercle vicieux…

Et puis, peut être que je suis stressée par l’incertitude de mon futur professionnel, étant donné que je n’ai aucune idée de ce que j’ai envie de faire : reconversion partielle ? Reconversion totale ? Formation ? Sortir du circuit classique de l’emploi ? Est-ce possible de trouver un poste de travail dans une ambiance de respect et d’épanouissement dans ce contexte de crise sociale (bonne pour les chantages et autres ambiances pourries de boulot) ?

A l’heure qu’il est, je m’interroge vraiment sur le type de modèle de travail qui me conviendrait le mieux : quel type de structure ? Quel fonctionnement managérial ? Quelles relations d’autorité ? Travail à mon compte ? À domicile ? Quelle politique d’entreprise ? Quelle philosophie derrière ? Quelle utilité sociale ou environnementale ?

Qu’est-ce qu’il me conviendrait le mieux, à moi personnellement ? A ma santé fragile, à ma soif d’apprentissage, à mon ennui facile et à mon besoin de créativité ? Mais aussi à mon besoin d’humanisme, de respect, de partage, d’écoute et de compréhension ? Et puis aussi : comment une médium, hypersensible, empathe, peut-elle s’intégrer dans le monde du travail et y trouver une place pour elle en valorisant ses qualités ? Et dernière question cruciale : comment conjuguer le boulot et vivre au mieux l’endométriose (souvent source de précarité professionnelle) ?

Franchement, je suis sûre que vous êtes d’accord, ça fait beaucoup de questions. Ah, cela me rappelle mon dernier post « tu réfléchis trop avec la tête et pas assez avec le cœur ». Mais que me dit mon cœur, les élans de mon âme ?

Et bien j’ai récupéré quatre dessins d’enfant avec mon âme. Qu’est-ce que j’en fais maintenant ? Deux indiquent une voie de cheminement spirituel, mais ce n’est pas quelque chose qui peut se développer directement dans un environnement professionnel. Et les deux autres : qézako ? Ça veut dire quoi des fleurs qui n’existent pas et un soleil ? Franchement, mes guides, je suis censée en faire quoi ? C’était juste pour me pousser à me remettre en lien direct avec mon âme ? Ce n’est pas une réponse ça !

Ce sont des réponses métaphoriques. Le soleil c’est l’épanouissement, la joie et la chaleur. Tes fleurs inconnues ce sont la subtilité ; la sagesse et la…

La quoi ? La médiumnité ? C’est ça que j’ai capté ? Ou la créativité ?

La créativité est une forme de médiumnité. La notion que recouvre ce dernier concept n’a pas de mot concret dans ton esprit, tu ne peux pas la traduire.

D’accord, donc la « … » me voilà bien avancée ! Ce terme recouvre aussi une notion de magie non ?

Comme la magie de l’émerveillement, mais aussi de celle qui lie toutes choses entre elles. C’est plus un concept qu’un mot, tu ne peux pas chercher à le résumer comme ça. Il te faudrait pleinement le ressentir en toi pour pouvoir vraiment bien le décrire.

Ah… De toute façon, je me sens paumée, alors un peu plus ou un peu moins. Avoir les élans de mon âme, c’est bien. Mais je ne vois aucunement comment les transcrire dans le monde du travail. Je veux dire, cela a peu à voir avec la réalité concrète de ce monde. Je sais, je me suis déjà cassée les dents dessus… Ça veut dire quoi, que ce n’est pas le moment de chercher un boulot et que je suis censée développer d’autres choses ? Je veux bien, mais comment je suis censée subvenir à mes besoins matériels et construire une vie matérielle ?

Chaque chose en son temps. Pour l’instant, tu n’as pas besoin de « subvenir à tes besoins matériels ». As-tu faim ? Es-tu frustrée ? Manques-tu d’argent ?

Non, mais cette situation ne sera pas éternelle.

Concentrons-nous sur le présent.

Il n’y a pas besoin d’un travail pour que le soleil brille dans ton cœur. Il n’y a pas besoin d’une direction professionnelle pour te connecter aux éléments.

Me connecter aux éléments ?

Essaye de rentrer un peu plus en contact avec les esprits des fleurs. Tu seras surprise. Elles ont peut-être des choses à t’apprendre « en attendant ».

En attendant quoi ?

Le reste.

Et bien, vous êtes bien cryptiques…

Un pas après l’autre. Pas plus vite. De toute façon, tu ne le peux pas.

Je vais être malade longtemps comme ça ?

Tu verras.

Bon, merci… ?

17 mai 2017

Se sentir soutenue

Artiste : Weewill

Cela m’a fait bizarre de retomber sur de vieilles lettres et mot échangés avec mes copines de collège et de lycée. Pas si surprenant, étant donné que je trie mes affaires d’adolescente laissées chez mes parents dans la chambre d’ado que j’ai quitté. Et j’ai un sacré rangement et ménage à faire. C’est fou ce que l’on peut accumuler avec le temps, et encore je ne parle même pas des personnes « qui gardent tout », dont c’est malheureusement mon cas. J’imagine que le parallèle émotionnel et énergétique est plutôt vrai. Il est certain que je suis du type éponge, et que j’ai du mal à me délester du passé et de ses blessures. Je me demande quel processus subtil est mis en branle dans un tel chantier physique…

Tout dépend de ton intention.

Et bien… Il est vrai que je n’avais pas formulé d’intention précise jusqu’à maintenant. Mais c’est simple. Je veux me délester des énergies et objets de mon passé qui ne me sont plus utiles. Je veux créer de l’espace pour y installer mes énergies telles quelles sont devenues, laisser une ouverture aux projets et aux possibles. Je veux me sentir respirer dans ma chambre aussi. Parce que pour l’instant, elle est encore pleine comme un œuf. Et optimiser le rangement, en imbriquant tout, je ne suis pas sûre que cela me satisfasse.

Tu as fait des progrès. Tu arrives maintenant à jeter ou à donner. A te poser la question « vais-je honnêtement reporter ce vêtement ? » Mieux encore « ai-je envie de reporter ce vêtement ? ».

Oui, je me suis rendue compte qu’il y a certains fringues que j’avais gardés depuis plus de 10 ans en me disant « et si jamais un jour, j’avais envie de les reporter ? ». La vérité c’est que, pour la majorité, ce n’est pas le cas. Pour quelques rares pièces, toutefois, il y a exception. Vu que j’ai arrêté de porter du noir, je peux remettre quelques vêtements.

Et c’était déjà tes préférés à l’époque.

Oui, c’est vrai. D’ailleurs, je suis dégouté, mon T-shirt préféré est trop petit, parce qu’entre temps, j’ai pris de la poitrine. Mais j’adorais ce motif rétro. D’ailleurs j’ai gardé le tissu pour tenter de faire quelque chose avec. Dire que je rentre de nouveau dans certains hauts que je portais à 13 ans… J’hésite entre trouver cela flippant et m’ébahir de ma nouvelle minceur !

Tu as perdu quelques kilos.

Oui, sans « rien faire ». Enfin, « à part » arrêter le lactose. Je suis revenue à un poids idéal, je dirais. Celui au début de mes études, avant que je ne commence à passer toutes mes frustrations sur la nourriture, ou bien à me récompenser pour mes efforts d’étudiantes… Je me trouve bien comme ça, mais je me demande si ce poids, enfin cette minceur va se maintenir. J’aimerais vraiment. Perdre des cuisses sans perdre des seins, c’est un miracle !

Peut-être est-ce aussi lié à ton changement de traitement hormonal.

Peut-être… Je ne m’explique pas trop cette fonte. Parce que je mange peut être un peu moins gras, mais pas tant que ça. Les graisses animales (beurre, fromage) ont été remplacées par des graisses végétales, mais j’en mange encore une certaine quantité. Mais bon, autant à la Réunion, cela allait. Autant depuis mon retour de métropole, il va falloir que je revois mes menus, que je cherche des recettes et que je trouve comment manger plus de fruits et de légumes de saison. Ça c’était plus facile là-bas. Et j’en ai déjà marre de ne manger presque que des pommes, même si je sais que c’est la saison qui veut ça, il est encore tôt pour le reste… En tout cas, j’ai faim, j’ai le sentiment de ne pas manger assez « solide ». Mais en même temps, je n’ai pas envie de cuisiner. Et sans envie, c’est galère…

Qu’est-ce qui pourrait te faire plaisir ?

Un super plateau de fruits frais en tout genre ? De la mangue fraiche ? Oh non, je sais !!! Des supers avocats de la Réunion, c’est la pleine saison là-bas et c’est une tuerie. Ici avocats et bananes sont bien fades. Je le savais en rentrant. Je savais que ça serait comme ça, mais j’ai du mal à rebondir, à remplacer les aliments, à me motiver pour aller faire des courses et cuisiner.

Tu devrais aller au marché avec ta mère ce samedi, cela te donnerait des idées sur les fruits et légumes de saisons. Et de là tu pourrais chercher des recettes adaptées.

Ouais, c’est une bonne idée… Même si cela ne me motive pas plus que ça. J’ai du mal à cuisiner chez mes parents. Je ne sais pas pourquoi, j’ai besoin de me sentir « chez moi ». Et ce n’est pas « au calme », parce que la journée, ils travaillent. Mais j’aime utiliser mes ustensiles de cuisines, mes ingrédients, avoir mes placards. Et même si j’ai négocié de récupérer un peu de place pour ranger mes affaires, je suis bien loin d’avoir l’espace que j’avais à la Réunion. Je suis limitée pour ranger mes ingrédients, donc pour les acheter. D’autant plus que comme j’ai un régime sans gluten et sans lactose, je dois utiliser un certain nombre de choses spécifiques.

Mes parents ne semblent pas du tout être prêts à s’adapter à ce genre de régime. Je ne leur en veux pas, si ma santé ne l’exigeait pas, je n’aurais jamais arrêté moi aussi. Mais ce n’est pas forcément évident tous les jours de les voir manger « normalement », ou encore de voir que ma mère a peur de tester des recettes sans gluten communes (même si je l’aide à cuisiner).

Alors je peux cuisiner pour moi-même. Mais ils vont forcément avoir envie de gouter et donc je vais partager. Sauf qu’eux, ils ne pourront jamais partager leurs plats, et cela va me frustrer… Échanges dans un seul sens…

Mais les échanges ne se limitent pas uniquement aux plats cuisinés.

Non je sais… Pourquoi est-ce que je me sens blessée qu’ils ne veuillent pas faire d’efforts pour cuisiner sans gluten et sans lactose ?

Ils en font à leur manière…

Pourquoi suis-je frustrée qu’ils ne se sentent pas concernés ?

Parce que tu as envie de te sentir soutenue au quotidien.

Pourquoi ai-je ces attentes auprès d’eux ?

C’est humain d’avoir des attentes.

Mais qu’est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire que tu attends de l’extérieur ce que tu dois t’offrir de l’intérieur. Tu ne te sens pas soutenue par rapport à ton régime alimentaire et par rapport à la maladie. Pourquoi ? Pourquoi faudrait-il que ce soutien vienne de l’extérieur ? Ne peux-tu pas te l’offrir toi-même ?

Comment peux-tu te l’offrir toi-même ? Que faudrait-il que tu fasses pour te sentir soutenue de l’intérieur ? Que ne fais-tu pas qui ferait que tu te sentes prise en considération, par toi-même, à travers tes actes ? Réfléchis-y.

Alors oui, cela demande des efforts. Cela demande que tu te bouges et que tu agisses pour ton propre bien être, plutôt que d’attendre que cela vienne de l’extérieur. Les gens préfèrent attendre passivement, parce que cela est moins fatiguant, c’est moins de responsabilités également. Mais pourtant, tu es la mieux placée pour satisfaire tes propres besoins. Réfléchis-y.

Fais la liste des actions « pour me sentir soutenue face à la maladie ». Qu’attendrais-tu de la part d’une personne extérieure ? Que peux-tu faire par toi-même ?

Réalise également une liste d’actions « pour me sentir soutenue dans mon régime sans gluten et sans lactose ». Ecris cette liste comme si c’est ce que tu attendais des autres, de tes parents, de tes amis. Apprends à discerner les attentes que tu as, et derrière décrypter les besoins réels, afin d’apprendre à les satisfaire par toi-même.

Ok, merci des conseils. Mais là tout de suite, cela n’apaise pas ma tristesse.

Accueille là. Tu as le droit de te sentir triste, parce que tu te sens seule face à la maladie et ses conséquences. Alors même que tu es rentrée au sein de ta famille. Tu espérais que ce serait différent. Mais chacun donne ce qu’il peut, et tes parents sont occupés par ailleurs à gérer leur travail et leur propre santé. L’autonomie c’est apprendre à satisfaire ces propres besoins, même si tu vis en communauté. L’un n’empêche pas l’autre. Quand vous vivez seuls, vous êtes obligés d’apprendre à le faire. Pourtant, c’est tout aussi important de savoir le faire en communauté.

Oui… Merci.

3 mai 2017

Vivre ensemble

Artiste : Sylar

Je vais finir par croire que je suis abonnée au réveil de mauvaise humeur depuis que je suis de retour au domicile familial… Et je ne peux m’empêcher de me demander « pourquoi ça ne va pas ? » chaque matin de plus que je me lève avec une envie de pleurer…

Et bien pleure.

Et ensuite ? Je n’ai pas envie de rester dans cet état et cette morosité… Mais j’ai bien du mal à le lever.

Est-ce que méditer t’a fait du bien hier ?

Oui, ça a rempli mon cœur de soleil. C’était agréable de sentir le vent dans mes cheveux courts, d’écouter le bruit des oiseaux. Mais il fait froid ce matin pour aller dehors…

Tes hormones ont besoin d’un peu d’aide pour se réguler. Tu es en phase d’acclimatation et ton corps a du mal à se réadapter à ton environnement. La méditation permet de libérer de la sérotonine et des hormones de bien être, d’où l’effet apaisant et euphorisant. C’est pourquoi nous t’invitons à méditer dans la nature tous les jours, pour un temps donné cela va t’aider dans ta transition.

Mais pourquoi je me sens comme ça ?

Parce qu’il y a de nombreuses choses qui remontent, au contact de tes parents, mais également de toutes les affaires et énergies que tu as laissé en plan en partant. Ce n’est pas forcément facile de « revenir » et de se confronter au contact de tout ce que tu as accumulé comme bagages avant ton départ à la Réunion.

Qu’est-ce que ça t’a fait, quand ce policier t’a demandé, lors de ta demande de procuration, si tu avais été à tel collège, pour te dire ensuite qu’il était de la promo juste en dessous de toi ?

Ça m’a fait bizarre. Je me suis dit « ah, alors il a presque le même âge ? Et lui, il est là, à travailler derrière un bureau de police, alors que moi je suis là, sans travail, revenue vivre chez mes parents… » Une partie de moi même n’a pas pu s’empêcher de m’auto-juger et de me rabaisser. Et je me suis demandée « qu’est-ce qu’il pense de moi ? »

Il aurait pu croire que tu étais en vacances au domicile familial. Qu’est-ce qui t’a poussé à croire qu’il savait que tu étais au chômage ?

Rien, c’est vrai… Parfois j’ai l’impression d’avoir cette étiquette sur le front « inutile à la société ».

Pourquoi cela te dérange-t-il tant ?

Ce n’est pas tant que cette étiquette me dérange, plutôt que celle de ne pas avoir le sentiment d’être à ma juste place. Même si je ne sais pas laquelle c’est… Si même elle existe. C’est peut-être simplement un sentiment intérieur à développer « où que je sois, je suis à ma juste place ». Mais pourquoi est-ce que je n’arrive pas à me sentir comme ça ? Ou plutôt, comment est-ce que je peux faire pour dépasser ce sentiment ?

C’est mieux. Toujours préférer les comment au pourquoi. Un « pourquoi » ne te donnera pas forcément la solution, alors qu’un « comment » te permet d’agir, d’être active et de ne pas rester dans une position de victime à attendre que les choses s’arrangent. La journée d’hier t’a prouvé que même en te levant de très mauvaise humeur, avec une nuit incomplète à cause de la sciatique, tu peux trouver un sentiment de paix intérieure et te sentir mieux. Et même finir la journée avec des fous rires.

C’est vrai que rire fait du bien, cela faisait longtemps que je n’avais pas eu une crise de rire comme ça à en avoir mal aux abdos, même si c’était au détriment de ma mère.

Mais ce n’était pas méchant comme moquerie.

Non, la situation était simplement cocasse, et elle ne l’a pas si mal pris que ça.

L’aurais-tu aussi bien pris à sa place ?

Je ne sais pas. Je me serai probablement offusquée avant de me joindre à la crise de rire.

L’auto dérision est importante. Savoir rire de tout et de rien, c’est important. Surtout quand vous êtes chamboulés par vos émotions et vos hormones. Le rire apporte un bien être, comme la méditation, il permet la libération d’hormones favorables à celui-ci. Nous n’inventons rien, tu l’as déjà lu dans des revues scientifiques.

Oui, mais c’est vrai que le lire et l’expérimenter aussi concrètement sont deux choses différentes.

Vivre en communauté, c’est aussi avoir cette possibilité. Il est bien plus difficile de rire tout seul.

Surtout, quand comme moi, on n’aime pas spécialement regarder des vidéos d’humoristes ou de chats qui se cassent la figure. Je sais qu’on peut trouver plein de choses sur internet pour rigoler. Mais je n’aime pas trop ça, je préfère le rire spontanée, issu d’une situation vécue.

A chacun sa façon de faire. Cela n’a pas tellement d’importance, à partir du moment où tu as identifié ce qui est bon pour toi. Alors dis-moi, qu’est ce qui est bon pour toi ?

Pouvoir passer du temps avec les gens que j’aime, à profiter et à rire des petites choses du quotidien.

Penses-tu donc que vivre seule est ce qui te correspond le mieux ?

Je ne sais pas… On va dire que je suis « farouche », j’aime mon indépendance, ma liberté, avoir mon espace, être seule aussi pour me poser, méditer, écrire.

Mais est-ce que vivre ensemble empêche de faire ces choses ?

Ça dépend… cela impose des contraintes, c’est sûr. Mais finalement, je me rends compte qu’au-delà des tâches communes, c’est surtout moi qui ai du mal à m’écouter. A oser m’isoler quand j’en ai besoin, à faire ce qui me plait, même si l’autre fait autre chose. J’ai toujours cette espèce de déformation, cette plasticité qui me fait m’adapter à l’environnement qui m’entoure. Parfois c’est bien, parce que cela me permet de faire des choses que je n’aurai pas faites seule et qui finalement sont agréables. Mais parfois aussi, je me retrouve à ne pas faire ce dont j’avais envie et à être grognon.

Comme ce matin, un exemple stupide. Moi je voulais regardais les dessins animés du dimanche matin et glander sur le canapé. Parce que c’est dimanche, et que je n’ai pas fait ça depuis des années, vu que je n’ai jamais eu la télé dans mes apparts (par choix ceci dit). Mais mon père devait travailler son mémoire, et il a installé son bureau dans le salon, donc je n’ai pas pu regarder la télé pour ne pas le gêner. Si je comprends bien son besoin de travailler (après tout, j’ai passé du temps à le conseiller et le relire), je me rappelle que moi, quand je devais étudier, j’allais dans ma chambre. Or il existe dans cette maison une pièce appelée bureau utilisée quasiment exclusivement par mon père pour ses loisirs. Je ne comprends pas pourquoi il ne va pas dans cette pièce pour obtenir la tranquillité qu’il souhaite… Je n’ai rien osé dire parce que c’est « leur maison » mais cela n’a vraiment pas participé à ma bonne humeur…

Pourquoi n’es-tu pas allée dans la lingerie, où il y a une 2ème petite télé ?

Parce qu’il n’y a pas de canapé, seulement une chaise de bureau très inconfortable pour ma sciatique. Et je suis désolée mais le glandage du dimanche matin, cela se fait sur le canapé, sinon ce n’est pas du « glandage »… Je sais que c’est un exemple futile, mais c’est typiquement un exemple anodin de cas où je dois faire passer mes propres besoins et envies au second plan, alors qu’il y aurait d’autres solutions pour que tout le monde ait ce dont il a besoin… Voilà pourquoi je préfère souvent vivre seule.

Et as-tu demandé à ton père pourquoi il ne travaillait pas dans le bureau ?

Non…

Il va te falloir faire des efforts de communication.

J’ai exprimé à mon père mon envie de regarder la télé. J’étais même prête à couper le son et mettre des sous titres, mais évidemment, il n’y en avait pas pour l’émission que je voulais… Il m’avait parlé d’un casque pour le son, mais quand je lui ai demandé où il était, il a été incapable de répondre… et je ne l’ai pas trouvé.

Si tu ne proposes pas de solution ou de compromis de façon explicite, cela ne sera pas suffisant. Il va falloir que tu fasses un effort d’adaptation.

Des fois, je n’en ai pas envie… Des fois, je suis trop fatiguée ou trop de mauvaise humeur pour faire preuve de tact… Voilà pourquoi, encore une fois, vivre seule est plus facile par moment.

Mais fuir le vivre ensemble par facilité n’est pas une solution durable. Tu dis que tu ne t’imagines pas vivre en couple avec quelqu’un, et en même temps tu te sens profondément triste par ce constat. Mais peux-tu vivre avec quelqu’un d’autre, si déjà tu n’es pas capable de cohabiter avec tes parents, qui sont, par définition, censées être les personnes les plus aimantes et les plus tolérantes de ton environnement incarné ?

… Que veux-tu que je réponde à ça ?

Fais un effort, pas pour faire plaisir à l’autre, mais pour respecter tes propres envies et besoins. A défaut de trouver une solution, être au moins sûre qu’ils ont été exprimés et entendus. C’est pour toi que c’est important sur le long terme, pour ne pas faire naître et accumuler de la frustration, ce qui te rendra agressive et difficile à aborder. Le vivre ensemble se cultive au quotidien. Faire preuve de bienveillance avec ses amies et les personnes rencontrées dans un cadre concis, tel que les cercles de femmes, c’est une chose. Mais faire preuve de la même bienveillance, au quotidien, dans son cadre de vie, avec ses proches, c’est autre chose. Surtout quand on est fatiguée, de mauvaise humeur, chamboulée par les hormones…

Je sais, je garde un souvenir terrible de ma dernière cohabitation en couple, sous un traitement hormonal complètement inadaptée…

Est-ce pour ça que tu as peur de vivre avec quelqu’un ?

C’est plutôt pour cela que je doute d’être vivable au quotidien pour autrui… C’est un peu un des effets secondaires de l’endométriose… Pics d’humeur, fatigue chronique, irritabilité… et je ne parle pas des insomnies. C’est déjà dure à vivre pour moi, alors quelqu’un à coté ? Je n’ai pas de bouton magique pour « tadam » tout à coup me sentir bien et être agréable avec autrui.

Pourtant il existe, il te suffit de le trouver. Au-delà de l’influence de tes hormones, il existe des façons de les contrebalancer et de chercher à les équilibrer. Ton état n’est pas une fatalité. Je le rappelle, la maladie n’est pas une fatalité, ni une excuse pour se complaire dans la facilité. C’est vrai, cela va te demander plus d’efforts qu’une personne lambda. Mais qu’importe ? Si ces efforts-là t’apportent un mieux-être, pourquoi ne pas les entreprendre ? C’est avant tout pour toi que tu dois faire les choses et les efforts. Pas pour « être vivable pour autrui », mais pour toi te sentir bien et ne plus te réveiller avec l’envie de pleurer.

Je comprends, merci. Mais j’ai toujours envie de pleurer, lol.

Va parler avec ton père, va essayer de trouver une solution qui satisfasse tout le monde. Tu verras que cela va te soulager et que tu comprendras que tes besoins peuvent être pris en compte.

Et s’il ne m’écoute pas ou balaye ma demande parce qu’elle est « futile » ?

Rien n’est « futile », si tu en as vraiment envie et si l’absence d’une chose crée une réelle frustration, alors ce n’est pas futile. Même si cela le semble d’un regard superficiel. Regarder les dessins animés le dimanche matin sur le canapé, c’était un rituel familial de ton enfance et de ton adolescence. Par cette envie, tu as besoin de renouer avec et de comprendre quelque chose d’important par rapport à ton propre passé. Il y a une raison derrière, même si tu ne peux pas encore la saisir. Nous te disons simplement de suivre tes envies. D’elles découleront des enseignements intéressants, dont tu as besoin. Les envies profondes ne sont pas un hasard. Aussi diverses, surprenantes et incompréhensibles qu’elles soient, nous te demandons de les accueillir, car elles sont là pour te permettre d’expérimenter et d’apprendre. Il serait vraiment dommage de t’en priver.

Merci.

23 avril 2017

S’affoler pour rien

Artiste : Guweiz

Décidément, c’est dernier temps, me poser pour écrire devient difficile. Surtout quand je me lève de très mauvaise humeur le matin, à cause d’une nuit interrompue par la sciatique à me retourner encore et encore dans mon lit, et puis à cause de rêves perturbants. Je sais bien que dans ces cas-là, ces rêves marquants qui ne « passent pas » correspondent à un message spirituel qui ne veut pas passer. Et je sais bien que sous la surface, si je me mets à gratter, je vais mettre à jour des choses désagréables.

Alors c’est clair, dans ces cas-là, mon mental freine des quatre fers pour ne pas écrire. Parce que c’est aussi un travail, sur moi-même, surtout quand mes guides spirituels s’invitent dans la partie, pour souligner certains éléments ou m’aider à des prises de conscience. En général, cela n’est pas forcément agréable.

Même si parfois salutaire ?

Oui, parfois salutaire… Mais bon sang, je déteste me sentir « comme ça ». Je me sens mal au réveil, je me regarde dans le miroir et je me trouve « moche ». Je sais bien que ce n’est pas tant mon image physique qui me fait sentir comme ça, qu’une subite montée de manque d’amour de moi-même. Je me regarde dans le miroir et je n’aime pas ma tête ces jours ci.

Ma peau est affreuse, alors que pourtant, j’ai tout fait pour l’aider à bien vivre la transition eau de robinet volcanique vers eau de robinet calcaire. Justement, je n’utilise plus que de l’eau thermale en spray. J’ai acheté des produits spéciaux pour les rougeurs, crème, masque, produit lavant. Bref, je fais des efforts et pourtant, cela fait bien longtemps que ma peau n’a pas été aussi « horrible »,  avec rougeurs, gonflements, poussée d’acné. Cela me décourage. Et que dire de mes cheveux ? Deux lavages au calcaire, et c’est fini, ils ont perdu leur éclat, leur volume et on dirait limite du plâtre…

Et ne parlons pas de mes cernes ! C’est quoi le problème alors que j’essaye de faire des nuits de 9 à 10h de sommeil ? Je fais attention à prendre un bon rythme, ne pas me coucher trop tard… Et j’étais contente parce que mes premières nuits, j’ai dormi comme un bébé, des nuits complètes comme je n’en avais pas faites depuis tellement de mois. Voilà que je me fais la réflexion qu’un sentiment de sécurité profonde (grâce à mon retour dans la maison familiale) aide probablement à mieux dormir, et bim la nuit suivante… Insomnie, réveil sans raison, impossible de me rendormir avec ma sciatique. C’est à s’arracher les cheveux !!!

Je ne comprends pas pourquoi je me sens si mal. « I’m feeling like crap ». Est-ce mes hormones qui me rendent à fleur de peau et me donnent constamment envie de pleurer ? Est-ce tous ces changements dans mon environnement qui me perturbent tant ? Pourtant, j’essaye de faire preuve de douceur, de ralentir et de faire des pauses, notamment quand je vois que je me fatigue trop à trier mes cartons. Je me suis acheté un nouveau pull tout doux et tout rose. Je suis allée chez le coiffeur.

Mais surprise, mes efforts n’ont pas l’effet escompté ! Quand la coiffeuse a eu fini de me couper les cheveux, j’ai eu très envie de pleurer. Oui, pleurer, vous avez bien lu. Elle m’a coupé les cheveux trop courts, ce n’est pas du tout ce que j’avais en tête. Certes, j’avais envie de « changer de tête » parce que je n’en peux plus de la mienne ces derniers jours. Mais je ne m’attendais pas à un changement si radical, et cela m’a choqué. C’est dire combien je me sens à fleur de peau…

Alors je me demande : c’est quoi le fond du problème ? C’est quoi qui en réalité ne va pas ? Je ressens un profond ras le bol. Mais de quoi ? Cela fait à peine une semaine que je vis de nouveau chez mes parents, ce ne peut pas être déjà ça… alors que cela se passe plutôt bien. Non ?

Peut-être est-ce un découragement par rapport à la maladie. J’essaye de retrouver une équipe médicale compétente, et c’est un peu la croix et la bannière… Le gynéco spécialisé sur l’endo que j’ai vu m’a beaucoup déçu. Expéditif, toucher très douloureux, manque d’explications… De toute façon, la réponse a été claire, mon cas est trop complexe pour lui, il me renvoie vers un confrère de Bordeaux. Ce qui n’est pas plus mal, vu que je ne me suis pas du tout sentie à l’aise avec lui. Donc j’attends des nouvelles de ce monsieur… En espérant que la communication marche bien entre les deux.

Mais en attendant ? Le gynéco a été très clair : pour lui l’opération est indispensable, INDISPENSABLE, peu importe combien de temps j’attends, que je veuille des enfants ou pas… Il me dit que je peux tester le reste, infiltration épidurale pour la sciatique, la cure thermale pour l’endo, mais que pour lui, l’opération sera nécessaire. Pour éviter l’infiltration de l’endo dans les intestins, pour l’instant il suffit de « racler sans résection ». A la bonne heure, j’ai de la chance…

Et je crois que c’est cette pilule-là qui ne passe pas. Qui ne passe vraiment pas. Ma mère n’a pas compris pourquoi après cet affreux rdv médical, je tenais à m’offrir des boucles d’oreille. Mais moi je sais, c’était pour me remonter le moral, pour soigner et faire preuve d’attention auprès de ma femme intérieure, meurtrie par un examen très indélicat, déprimée par les propos du médecin. Mais cela n’a pas suffit, il faut bien que je m’en rende compte.

Pourquoi est-ce que je me sens moche ? Parce que je sais que mon ventre est un gros bazar et que je ne cesse de devoir expliquer la maladie qui me touche et ses possibles conséquences : 50% de stérilité ? Parce que dans ma tête je sous-estime cette maladie et que la réalité vient de me rattraper ?

Pourquoi dans cet affreux contexte je rêve de bébé et d’accouchement ? Pourquoi je cauchemarde d’un centre de recherche pour la maladie qui se révèle en réalité être une « pondeuse », un lieu où l’on met les femmes enceintes contre leur volonté, pour vendre leur bébé ?

Je ne comprends rien à ses rêves et à leur message. Mais je vois que le thème revient, encore. L’autre fois, c’était un rêve à la Matrix, où les femmes étaient exploitées pour faire des bébés, dans les espèces de cocons du film. Et s’il s’avérait que si elles étaient stériles, alors, pfuit, elles étaient évacuées comme des déchets…

Je sens bien que tout tourne autour de ça, la cause profonde. Mais, le nez dans le guidon, le schéma ne m’apparait pas et j’ai le sentiment de tourner en rond. Je ne veux plus rester les bras croisée, comme une victime, en attendant qu’une solution miracle me soit apportée. Il n’en existe pas. Je veux juste avancer vers un mieux-être, pas à pas. Mais j’ai le sentiment de butter contre un mur invisible. Pourquoi mes efforts habituels ne marchent-ils plus ? Qu’est-ce que je suis censée faire ? Comment rebondir ?

Tu as le droit d’accepter ta tristesse. Tu as le droit d’être choquée. Tu ne t’attendais pas à ce que le gynéco te dise ça. Tu as été très choquée.

Je ne veux pas d’une opération : on te fait des trous dans le ventre et on te racle tous les organes, en espérant ne rien oublier au passage ? Je trouve ça super violent et invasif ! Pourquoi faudrait-il en passer par une telle extrémité ? N’existe-t-il pas des méthodes plus douces ? Le corps n’a-t-il pas une capacité formidable d’auto réparation – comme on m’en a parlé en lien avec le décodage biologique ? Si les nœuds énergétiques de la maladie sont dissous, n’y a-t-il pas un processus qui s’engage au niveau physique ? Et les soins sur les mémoires cellulaires et leur reprogrammation ? Aucun soin énergétique ne peut agir et descendre au niveau de mon corps physique ? Pourquoi cela marche chez certain et cela ne marcherait-il pas chez moi ?

Une part de toi espère toujours une forme de guérison.

Oui, ce n’est pas comme si j’ignorais l’enseignement de cette maladie. J’essaye de comprendre, d’accepter, de prendre soin de moi. Entre le travail psychologique, l’identification des mémoires karmiques, mais aussi familiales dans cette vie, les soins chamaniques, le travail avec mes guides, les cercles de femmes… Qu’est-ce que je ne fais pas ? Qu’est-ce que je ne comprends pas ? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à dissoudre ces nœuds énergétiques ?

Parce qu’ils sont entremêlés chez toi sur plusieurs sujets.

Et alors ?

C’est plus long. Rappelle nous quel âge terrestre tu as.

Je me rapproche de mes 27 ans. Et alors ?? Cela fait 7 ans que cette maladie me fait travailler sur moi-même.

7 ans ce n’est rien. Ce n’est même pas la durée d’un cycle complet, qui est, nous te le rappelons de 9 ans.

ET ALORS ??!! Ce n’est pas cela qui me réconforte quand je pleure, ce n’est pas cela qui me calme quand je suis en colère à cause de la maladie, ce n’est pas non plus cela qui apaise mes douleurs. A quoi cela me sert de me rappeler que je suis jeune ?

A te rappeler que tu as du temps.

Du temps pourquoi ? A priori, pas pour guérir, vous m’avez fait comprendre que ma maladie ne disparaitrait pas…

Du temps pour grandir avec la maladie. Tu es si jeune, tu ne comprends pas encore la richesse de cet enseignement. Tu le comprendras plus tard et tu comprendras avec que ce temps, que tu trouves si long, t’en aura en réalité fait gagner beaucoup dans ta vie.

Comment ?

Par la sagesse qu’il t’aura apportée, par la réalité que tu auras expérimentée. La maladie n’est pas une fatalité, elle est un voyage vers vous-même et vers vos ressources intérieures. Ce que tu ne peux pas faire à l’extérieur, tourne-toi en toi-même pour le réaliser d’une autre façon. Il existe des tas de chemins pour aller vers un même résultat, c’est ça la beauté de la vie. Rien n’est tracé, c’est à vous de le décider. Tu peux décider de t’assoir et de faire une pause pour te ressourcer, ce que nous te recommandons, ou bien tu peux foncer. Tu peux tenter le raccourci, mais celui-ci te donnera-t-il la même richesse et la même satisfaction au bout ?

Ce n’est pas parce que tu ne vois pas vers où te mène tes pas, qu’il n’existe pas de cohérence. Sylvie le disait dans son commentaire, elle ne cherche plus le sens avant de marcher, elle le laisse émerger au fur et à mesure. Ne trouves-tu pas que c’est une façon de faire bien plus reposante ?

Je ne sais pas… Je pense que oui, mais cela marche bien si tu te sens guidée, si tu arrives à te laisser porter vers ce que tu sais être bon pour toi, même si tu ne sais pas quoi. Je n’ai pas du tout l’impression d’être guidée, ni de savoir dans quelle direction faire mon prochain pas.

Pourtant, nous sommes là à te répondre. Et si tu ne perçois pas la direction de ton prochain pas, c’est peut-être parce qu’il n’y en a pas pour l’instant. Peut-être est-il mieux pour toi de te reposer maintenant. Ne disais-tu pas que la Réunion t’avait épuisée ?

Si, mais il est difficile de se reposer sans avoir ne serait-ce qu’un futur objectif en tête, un pas qui attend. Tout le monde me le demande : et que vas-tu faire « après » ? « Après » quoi, on se le demande…

Et si au lieu de te concentrer sur cet après, tu te concentrais sur ton présent immédiat ? Un pas après l’autre. Un jour après l’autre. Peu importe ce qu’on te dit et quelles sont les attentes de tes proches. Et si tu te concentrais pour te sentir bien, là tout de suite ? Profiter du soleil, écouter le chant des oiseaux, méditer, dessiner, rire et profiter. Qui est pressé ? Le prochain pas a tout le temps d’émerger. A quoi cela sert-il de te dépêcher ? Laisse aussi à ton corps le temps de se reposer.

Je comprends ta logique, mais je n’ai rien devant moi. Aucune idée de comment je vais gagner ma vie, où je vais vivre, etc. En gros, vous me demandez de m’assoir juste au bord d’un grand précipice rempli de vide, et de ne pas avoir le vertige ? Vous me demandez d’être zen et de ne pas avoir peur, quand tout le monde autour de moi s’affole et me demande de regarder vers le bas ?

« Tout le monde autour de toi s’affole » et bien laisse les s’affoler. Ces émotions ne t’appartiennent pas et en réalité, c’est toi qui les projette. Elles ne font que te revenir par effet miroir. Les angoisses des autres sont les tiennes, et ces miroirs sont là pour te mettre le doigt dessus et te pousser à les surmonter. Plus tu seras zen et confiante en ton avenir, même s’il ressemble à une toile vierge, plus les autres le seront aussi autour de toi.

Ce n’est pas le moment de te mettre à gribouiller à la va vite. C’est le moment de rassembler tes pinceaux, avec patience et minutie, et d’apprendre à t’en servir dans le calme et la sérénité. Pour faire face à cela, nous t’encourageons à méditer tous les jours dans la nature. Pose toi dans le jardin, commence par 5 min, puis 10, puis 15 et quand tu arriveras à rester 30 min entière dans un état de paix intérieure, de présence et de centrage, alors nous pourrons passer à autre chose.

Merci.

21 avril 2017

Nœuds familiaux

Artiste : NanoMortis

Ecrire, écrire… cela fait un moment que je n’arrive plus à le faire régulièrement, ni sur mon blog, ni même dans mon journal intime. Je me demande bien pourquoi. Trop fatiguée ? Trop préoccupée à courir à droite et à gauche, à préparer mon départ ? Pas le courage de me poser pour faire face à tous mes ressentis intérieurs ?

J’ai l’impression que c’est toujours dans les périodes plus difficiles qu’il devient plus dur et laborieux pour moi de faire ces petits efforts pour prendre soin de moi. Je me laisser emporter, et cela fait comme un cercle vicieux. Parce que je ne prends plus assez soin de soi, peut-être parce je suis désancrée, décentrée, stressée ou choquée par quelque chose, le malaise grandit en moi. Et plus il grandit, plus il est difficile de me poser pour le regarder en face, de l’écouter et de l’accepter. Alors mon mental s’agite, il cherche à m’occuper pour détourner mon attention. Et le cercle s’accentue.

Mais parfois alors, je suis mise face à des évènements qui me rappellent la réalité sans détour. Ainsi, aujourd’hui, la médecin chinoise que je suis allée voir m’a bien dit : votre corps est complètement épuisée, votre Qi est très faible. Me revient alors en boomerang, au-delà de ma sensation de fatigue physique, tous ces rêves spirituels me soulignant une terrible fatigue.

Et ce n’est pas qu’une fatigue physique, c’est aussi une fatigue énergétique.

Mais je ne comprends pas comment une telle fatigue s’est installée. Qu’est-ce que j’ai fait de travers pour en arriver à un tel épuisement ? Cela va faire bientôt 5 mois que je suis tombée en arrêt maladie, et que je n’ai pas travaillé. Ce n’est plus le boulot qui me fatigue ! Je devrais avoir récupérer ! Je ne comprends pas… Je ne comprends vraiment pas !

Ta fatigue est bien plus profonde qu’une fatigue professionnelle. Même si elle est bien là.

Alors c’est quoi comme type de fatigue ?

La lutte contre la maladie.

C’est-à-dire ? Je lutte alors que je ne devrais pas lutter ?

Cela fait combien d’année que tu es malade ?

Au moins 7 ans, peut-être plus…

Cela fait combien d’année que tu as été diagnostiquée avec de l’endométriose ?

Cela fera bientôt 2 ans…

Qu’est-ce qui a changé depuis ce diagnostic ?

Physiquement parlant, pas grand-chose… J’ai essayé des tas de traitements hormonaux, qui n’ont pas vraiment marché. Je fais de la kiné 2 fois par semaine depuis mon arrêt. De l’ostéopathie. J’ai arrêté le gluten et le lactose. Mais la maladie n’a pas régressé, ni même ne s’est stabilisée. Elle se rapproche dangereusement de la paroi de mes intestins, elle s’est attaqué aux tissus qui les enveloppent en tout cas, ça ce que prouve la dernière IRM. Même si je m’en doutais déjà à cause des douleurs devenues bien plus fortes et chroniques. Et plus il y a cette foutue sciatique, qui a explosé les plafonds, et ne veut pas partir…

Donc en 2 ans, ton cas s’est aggravé ?

Oui, on peut dire ça… même si les douleurs sont moins fortes qu’autrefois, parce que j’ai appris à mieux les gérer pendant les crises.

Comment ?

Repos absolu pendant les règles, station allongée, avec du chaud en permanence sur le ventre. Et une alimentation légère, jus de fruit, compotes, soupes. Et surtout une alimentation sans gluten et sans lactose en permanence le mois précédent. Ça diminue les douleurs pendant les crises. Mais finalement, pas grand-chose de neuf sous le soleil. Pas de nouvelle astuce miraculeuse. Ah si, ma tisane « spéciale règle » : fleurs d’achillée millefeuille pour limiter l’inflammation et change-écorce pour aider à évacuer les toxines. Infusion 4 min avec de l’eau bouillante et cela 3 fois par jour, voire plus selon l’envie. Mais bon, maintenant que je quitte la réunion, pour le change écorce, ça va être compliqué…

Il existe d’autres plantes avec des vertus équivalentes en métropole.

Surement, même si elles n’auront pas ce petit gout spécial que j’adore.

Alors tu es triste de quitter la Réunion ?

Oui, je ne pensais pas que je le serai autant… La médecin a dit en prenant mon pouls que ma tristesse « se sentait » à travers lui. Ça m’a donné envie de pleurer. Et elle m’a demandé « mais pourquoi vous partez alors ? » et je ne savais pas quoi répondre.

Pourquoi pars-tu alors ?

Parce que je me sens fatiguée ?

Et tu penses que tu te reposeras en rentrant ?

Oui, je me disais que ce serait reposant de retrouver mon village natal, mes parents, ma maison et son jardin. Que ce serait moins stressant, je n’aurais plus à m’inquiéter de joindre les deux bouts avec les indemnités sécu ou le chômage. Et je pourrais même utiliser les quelques sous qu’on me versera pour des activités créatives.

Mais je commence à douter d’avoir pris la bonne décision. Pourquoi est-ce maintenant, alors que je vais partir, que je rencontre deux supers thérapeutes, qui ont aidé des patientes à se remettre quasi totalement de leur endométriose ? J’aurais pu mener une thérapie avec elles si je les avais rencontrées plus tôt.

Pourtant, tu vas quand même pouvoir tester le traitement de phytothérapie chinoise que va te prescrire cette médecin spécialisée dans l’endométriose.

Oui… Mais ai-je fait le bon choix ? Quand je lis les articles de Sylvie, il me revient en tête que ce n’est pas forcément facile de retourner vivre chez ses parents à 27 ans, alors que cela va faire 9 ans que je suis partie de la maison.

Exactement, cela va faire 9 ans. 9 ans, c’est la durée d’un cycle, cela ne t’interpelle pas ?

Je ne sais pas. Est- ce censé m’interpeller ? Que suis-je censée en déduire ?

Que tu commences un nouveau cycle. Pendant le cycle précédent, tu as récolté divers outils et expériences, que tu vas maintenant pouvoir appliquer dans le cadre familial.

C’est-à-dire ? Qu’est-ce que je suis censée faire dans le cadre familial ?

Développer tes compétences de thérapeute.

Cela n’a aucun sens pour moi. Tu pourrais développer ?

Tu as compris et acquis certaines connaissances et expériences en lien avec ta blessure du rejet de la maternité. Tu peux maintenant aider ta mère à accepter sa propre blessure.

Je ne sais pas… On ne peut pas aider les autres, s’ils ne veulent pas s’aider soi-même. J’ai essayé pendant des années de pousser ma mère vers l’apprentissage du bien être envers elle-même. Vers diverses thérapies aussi. Mais ça n’a pas marché, évidemment, parce qu’elle  n’avait pas la volonté de faire avancer la situation. Ou bien, elle n’avait pas la foi qu’elle pouvait faire évoluer et améliorer sa situation ? Je ne sais pas.

Ta mère souffre d’une blessure d’impuissance. Tu l’as déjà remarqué. Elle se place en victime, et elle réagit souvent par la tétanie face aux attentes d’autrui, notamment les tiennes, celles de sa fille.

Je ne vois pas vraiment en quoi je peux l’aider à vrai dire. Elle ne s’intéresse pas à l’énergétique. Donc je me vois difficilement lui proposer un soin énergétique, un soin chamanique ou de la radiesthésie… Franchement… Même l’encourager à faire des loisirs créatifs, ce qu’elle aime, n’a marché que très très moyennement… Je ne vois plus comment je peux l’aider.

Simplement en montrant l’exemple, et en communiquant. Avoir une enfant malade peut être un grand apprentissage. Parfois même plus que d’être malade vous-même. Parce qu’alors vous vous sentez impuissant face à la maladie d’un proche que vous aimez. Alors, forcément, cela vous fait travailler sur cette blessure de l’impuissance. Pourquoi est-elle là ? Que veut-elle me dire ? De quelle façon elle modifie mon comportement ? Pourquoi ne puis-je pas la dépasser ? Autant de question qui peuvent émerger face à cette situation. Tu t’es toujours plainte que tes parents n’ont jamais pris la pleine mesure de la maladie que tu subis, parce que tu étais partie de la maison quand elle s’est déclarée. Ils ne t’ont donc vu malade que rarement, c’est seulement au téléphone qu’ils ont eu des nouvelles.

Oui, et on sait tous que les nouvelles au téléphone, c’est toujours moins impressionnant que de visu. Alors, ils vont me voir malade. C’est pour ça que je rentre vivre chez mes parents ?

Bien sûr que non. Tu as tes propres objectifs d’âme derrière cette décision. Mais c’est un travail collaboratif, car vous ne choisissez jamais vos parents par hasard. Ce choix est une opportunité de travailler ensemble sur certaines blessures, à partir du moment où l’un des protagonistes est conscient de l’existence de ces blessures.

Youpi… Alors ma mère a une blessure d’impuissance et moi une blessure d’indifférence. Quand je suis face à une difficulté, ma mère se sent impuissante et se tétanise. Elle ne réagit pas et ne sait pas comment me soutenir. Moi j’interprète ça comme de l’indifférence et donc cela réactive ma blessure de rejet. Blessée, je lui fais alors des reproches, qu’elle interprète comme une critique de sa capacité à être mère, ce qui réactive ça blessure d’impuissance… Et la boucle est bouclée. Oui, je suis consciente de l’effet miroir de nos blessures. Mais je ne sais pas comment la briser de façon définitive. De façon temporaire, je commence à prendre un peu plus de recul mais…

Finalement, derrière sa peur de l’impuissance et ma peur de l’indifférence se cache une blessure de rejet de soi-même. Ma mère se sent impuissante parce qu’elle manque de confiance en elle, elle rejette ses propres capacités et ses propres qualités et ne se croit pas capable. Quant à moi… la peur de l’indifférence vient du fait que j’ai besoin de l’amour et de l’attention d’autrui pour me valider, parce que je me rejette moi-même et ne me donne pas l’amour nécessaire.

Franchement, à décrire comme ça, c’est plutôt triste. Etre consciente des blessures n’aide pas pour autant à les résoudre d’un claquement de doigt. Qu’est-ce que je fais maintenant ?

Tu continues à apprendre à prendre soin de toi. Et ce faisant, tu ne suis que tes propres besoins et envies, ce qui te poussera à te détacher des jugements et des attentes d’autrui, y compris de tes parents. En apprenant à prendre soin de toi, tu montreras à ta mère comment on fait et que c’est possible, tu lui ouvriras la voie, comme tu as déjà commencé à le faire avec les loisirs créatifs. « Après tout, vous n’avez qu’une vie ».

Oui, c’est ce que je me dis. « Après tout, on n’a qu’une vie », enfin tout du moins, là maintenant, avec cette personnalité-là. Alors fuck si les gens pensent que je glande pendant un an entier, parce que je ne vais pas chercher de boulot. C’est vrai, je n’ai absolument pas envie de travailler, et j’ai la chance de ne pas en avoir besoin. J’ai envie de faire des choses que j’aime.

En fait tu en as besoin, pour rétablir tes énergies internes.

Hier, j’ai fait une scintigraphie osseuse et je vais attendre les résultats pendant une semaine. J’ai appris il y a peu que les scintigraphies sont le genre d’examen que l’on fait pour détecter un cancer. Mais la rhumatologue ne m’a pas dit pourquoi elle me l’a prescrit, alors je me suis interdite de trop y penser. A quoi bon me faire des films et me stresser tant que je n’ai pas les résultats ? Elle n’a pas parlé de risque de cancer, même si moi j’en ai parlé dans les antécédents familiaux, alors si ça se trouve, c’est pour chercher autre chose.

Il n’empêche que je n’ai pu m’empêcher de me poser la question « Et si j’avais un cancer des os, qu’est-ce que je ferais ? ». Je me suis dit qu’alors, je profiterais au maximum de la vie, et je ne ferais que ce qu’il me plait jusqu’à être totalement rétablie [si possible]. Puis j’ai pensé « mais c’est stupide, tu attendrais d’avoir un cancer pour faire ce qu’il te plait ? » Est-ce là le genre de message que je veux envoyer à la vie ? Etre contrainte de subir une dure épreuve de plus pour apprendre à suivre mes envies et me faire plaisir ? Sûrement pas ! Alors cancer ou pas cancer, c’est décidé, quand je rentre, je ne me prends pas la tête à rentrer dans le moule. Même si je vais faire face à la pression et à l’angoisse de mes parents.

Enfin je dis ça, mais cela sera probablement plus compliqué que ça…

Ou peut-être plus simple. Si tu es capable de souligner l’essentiel et d’expliquer quels sont tes besoins. Vous oubliez souvent que l’incompréhension résulte de défauts de communication. Et que l’incompréhension génère la peur et le rejet. Même en communiquant vous arrivez à interpréter les choses différemment et à ne pas vous comprendre. C’est là ou l’empathie est intéressante, parce qu’alors tu es capable de ressentir en toi la justesse de tes paroles et de celles d’autrui, ainsi que la portée des tiennes. Tu es capable de ressentir si ton message est passé. Mais aussi si la personne ment par inadvertance, parce qu’elle se ment à elle-même sans le savoir. L’empathie est un grand plus dans la compréhension d’autrui, il faut simplement apprendre à la comprendre et à la décrypter.

Bon, donc travail sur mon empathie également… Évidemment, c’est plus dur d’apprendre à la contrôler en vivant seule… Mais tout cela me donne l’impression que rentrer chez mes parents ne sera pas de tout repos.

De toute façon, tu le savais déjà. Tu sais que tu as besoin de rentrer pour faire un certain travail auprès de tes parents. Ce n’est qu’à ce prix-là que tu pourras atteindre une certaine forme de guérison. Tu dois dénouer des nœuds familiaux. Et maintenant que tu as eu le recul nécessaire pour les identifier, cela devient possible.

Youpi… A vrai dire, je suis trop fatiguée pour avoir envie d’y penser là. J’aimerais un peu de répit et de vrai repos… J’aimerai récupérer des forces et me sentir mieux pour faire face à tout ça.

Tu l’auras, ne t’inquiètes pas.

J’espère. Merci et bonne nuit.

23 mars 2017

IRM pour endométriose

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Artiste : Guweiz

Cette semaine est à peine commencée, et je me sens brassée dans tous les sens. Je n’aurais pas pu faire mieux, sans faire exprès, mais j’ai réalisé mon IRM de détection de l’endométriose le 6 mars, premier jour de la semaine européenne de lutte contre l’endométriose (si vous êtes curieux sur ce sujet-là, vous pouvez vous référer à cet article).

Les examens médicaux, en règle générale, ce n’est pas très drôle. Il faut attendre, on ne sait pas comment cela va se passer, etc. Mais certains sont plus désagréables que d’autres. Même si cette fois ci, ce n’était pas pour rien : j’avais RDV avec une médecin formée à la reconnaissance de l’endométriose. Je suis devenue un peu méfiante maintenant, car les radiologues ne sont pas toujours formés pour reconnaitre cette maladie (mon cas a connu un retard de diagnostic de 5 ans, à cause d’un médecin non formé à reconnaitre les grosseurs sur les images).

Donc 1ère conseil : s’assurer que le médecin est formé sur la maladie.

2ème conseil : si vous avez le choix entre plusieurs lieux d’analyse IRM, demandez lequel possède l’équipement le plus récent. Cela vous évitera peut être la nécessité d’injecter des gels de contraste par voie vaginale et voie rectale. Je pensais que cela ne se faisait plus, car à ma grande joie, lors de mon 2ème examen, on m’avait seulement injecté un produit contrastant par intraveineuse. Pas de chance ce coup-ci pour moi. Tout dépend donc de la puissance de la machine IRM.

Mais qu’est-ce qui est aussi important ? 3 ème conseil : Comprendre les résultats, pouvoir poser ses questions au médecin (surtout après avoir attendu).

Alors je devrais être contente, au-delà des méga adhérences et de la rétractation des ovaires, je n’ai pas de lésion du rectum, ni du nerf sciatique par des tissus endométriosiques. Mais voilà, il y a bien ces adhérences, qui font que la paroi de mon intestin est collée au dos de mon utérus, et qu’il y a des tissus qui tirent sur la région du nerf sciatique. Je ne sais pas à quoi je m’attendais. A quelque chose sur lequel agir. Sur un nouvel élément évident, qui expliquerait mes problèmes de sciatique invalidante, et sur lequel on pourrait réagir de façon directe. Mais rien de tel. Ce n’est qu’une dégradation générale de l’état de mon ventre, sans prise réelle sur un élément particulier.

Et je me sens frustrée. Tout ça pour ça ? Et c’est quoi la suite ? Continuer la rééducation ad vitam aeternam ? Me cantonner à l’aquagym, au yoga et au taïchi parce que mon corps ne supporte pas d’activité plus « violente », même pas la marche ? Passer la moitié de ma vie debout ou couchée, parce que la station assise est trop douloureuse ? Porter une ceinture anti douleur dès que je me déplace ? Troquer la voiture par un autre moyen de locomotion, parce que je ne peux plus ni débrailler ni rester assise dans cette position ? Me bourrer d’antidouleurs opiacés parce que c’est les seuls qui me soulagent ?

Je crois que je suis dans une phase de découragement. Probablement le contrecoup de l’IRM et de l’absurdité d’une ma réalité. Comment j’en suis arrivée là ? Pourquoi ? Pourquoi ma situation ne s’est-elle pas améliorée malgré mes efforts ? Malgré l’arrêt du gluten et du lactose. Malgré les essais pour tester et suivre des traitements hormonaux.

Comment mes guides peuvent-ils me dire que mon nouveau traitement convient « pour les mois qui viennent », alors que je commence déjà à voir des effets secondaires ? Je ne comprenais pas, cela fait plusieurs nuits que je me réveille régulièrement en ayant mal aux chevilles et aux poignets, comme s’ils étaient gonflés. Puis j’ai lu la notice, effet secondaire possible : « aggravation d’une insuffisance veineuse des membres inférieurs… » Youpi ! Insomnie, pilosité… youpi. Cela fait 8 jours que je le prends, et 5 que je dors plus mal que d’habitude. Alors : cause externe ou traitement ? La question qui tue… Ne me ferais-je pas plus de mal en cherchant à me faire du bien ? Comme mon traitement précédent contenant du lactose, alors que je ne savais pas y être intolérante.

Je me sens démunie face à ça. Que faire ? Si ce n’est accepter ? Chercher à prendre soin de soi par ailleurs ? Après mon IRM, je me suis dit « je n’ai pas envie d’enchainer avec 1h de route pour simplement rentrer ». Alors après cet examen pénible, je me suis offerte un resto, puis j’ai profité de l’opportunité d’aller au cinéma (il n’y en a pas partout sur l’île), bien que mes finances ne soient pas au beau fixe. L’idée était de me faire du bien. J’avais envie de manger de la viande pour une fois, alors je me suis fait plaisir. De me changer les idées avec un film fantastique.

Mais au final, ce bon sentiment s’est transformé en acte manqué. J’ai trop mangé et la viande m’a écœurée. Le film que j’ai choisi était trop violent pour moi, et j’ai fermé les yeux pendant un certain nombre de scènes. Comment me suis-je retrouvée, avec une intention de départ de bien être, à finalement me faire indirectement du mal ? Je ne comprends pas ce mécanisme… Alors que j’ai pris le temps de m’écouter, de réfléchir, de choisir avec soin… Echec. Où trouver la frontière entre connaissance de soi rationnelle (choix par la pensée) et écoute de soi-même (écoute de ses envies/trippes) ? Pourquoi mes envies me pousseraient-elle à une forme d’autodestruction ? Quel schéma inconscient me mènerait vers ça ? Et comment le déprogrammer et le remplacer par un comportement positif ?

7 mars 2017

Prends le temps

Artiste :

Artiste : Joodlez

Je me sens fatiguée ce soir, mais pas d’une fatigue physique. Comme si mes énergies étaient basses. J’ai fait plusieurs rêves assez confus cette nuit qui m’ont perturbée par leur étrangeté, et encore une fois je suis loin de les avoir compris… Je me sens surtout oppressée au niveau du plexus solaire.

C’est la reconnexion avec tes peurs. Tu y es beaucoup plus sensible maintenant que tu as accepté de les accueillir, plutôt que de les ignorer.

Mais je ne pensais pas que la sensation serait si physique… Je ne pensais pas non plus qu’elle durerait si longtemps après ce travail en voyage chamanique.

Parce que l’intégration se fait de façon progressive, elle descend de tes corps les plus subtils aux corps les plus denses, pour finir par t’impacter pleinement au niveau physique. Tu ne devrais pas lutter contre. Tu devrais suivre le flot, ce n’est pas grave si tu n’écris pas pendant quelques jours. Contente-toi de prendre soin de toi et de te faire plaisir. D’amener de la lumière et du bien-être face à ces lourdeurs que tu accueilles. Ton corps les digérera progressivement et tes énergies se mettront à remonter toutes seules, tu verras. Sois patiente, laisse-toi un peu de temps. Tu n’es pas pressée.

Ok… Mais j’aimerai bien surtout comprendre les messages de mon corps en attendant. Je sens que mes intestins ont du mal… J’ai bien compris que je suis intolérante au gluten et au lactose, mais il n’existe pas de traitement contre l’endométriose sans lactose. Alors j’en essaye un nouveau, pour voir s’il passe mieux que le précédent. Parce qu’évidemment, il n’y a pas les dosages en lactose sur les notices, histoire de choisir le moins pire. Il faut évaluer au pif.

Et au pendule aussi. Cela t’a permis d’écarter certains traitements.

Oui, mais je n’arrive pas pour autant à déterminer le traitement optimal…

Celui que tu prends aujourd’hui suffira pour l’instant.

Mais pas dans la durée. C’est bizarre ça. Pourquoi je pourrais le supporter 50 jours environ et pas plus longtemps ?

Parce qu’il n’a pas vocation à être pris dans la durée dans ton cas. D’ici là, tu auras trouvé une autre alternative. Fais confiance à la vie pour te guider.

Bon, on verra alors… Est-ce que je devrais diviser la prise en deux dans la journée ? J’ai vu que les cachets de celui-ci pouvait être coupé en deux. Est-ce qu’en étalant dans le temps, l’assimilation du lactose présent sera plus facile ?

Pas forcément. Cela dépend surtout de ce que tu manges à côté, et qui favoriserait la digestion ou pas.

Alors ce serait quoi la solution optimale ?

Un repas léger avec ton médicament, quelque chose qui n’accapare pas ton foie et le laisse disponible pour gérer ton traitement.

Bon alors plutôt le soir…

Pas de friture, pas de choses grasses. Préfère des fruits et des légumes. Evidemment pas de lactose au cours de ce repas-là, et encore moins de gluten à moins de plomber ta digestion.

De toute façon, le gluten c’est fini pour moi, je n’en prends plus. Même en « extra » durant les repas partage. Le sans lactose, en revanche c’est plus difficile…

C’est pourquoi tu as très envie de te cuisiner un cheesecake sans lactose et sans gluten. Pour te prouver que tu peux quand même satisfaire tes envies.

Oui, c’est prévu demain.

Alors je te dis bonne nuit.

Merci.

28 février 2017

 

Tu peux rentrer

Artiste : Sylar113

Artiste : Sylar113

J’ai fait ce que vous m’aviez dit, j’ai dormi tard, je me suis reposée. J’ai fait la sieste, je me suis même cuisiné un gâteau – la seule chose que j’ai réussi à faire de la journée. Pourquoi est-ce que je ne me sens pas mieux ?

Tu as besoin de rentrer.

Quoi, d’un seul coup ? C’est ce qui me rend malade ? Pourquoi maintenant et pas avant ? Pourquoi cela ressort sous cette forme ? Et puis, je ne comprends pas… C’est prévu, j’ai mon billet.

Tu as besoin de comprendre que tu ne rentres pas par fatalité, mais parce que tu en as besoin. Tu pourrais rester, rien ne t’en empêcherait. Tu vas avoir le chômage, tu as un appartement que tu pourrais continuer à payer, une voiture que tu pourrais continuer à utiliser, une kiné que tu pourrais continuer à voir, des amies que tu pourrais continuer à fréquenter.

Mais ?

Mais il te manque certaines choses. Tu as besoin de ta famille. Tu as besoin d’apprendre à recevoir un soutien émotionnel pour sortir de ta maladie. Tu as besoin d’aimer et d’être aimée, de près. Tu as besoin de sortir de ton cocon de solitude où tu ne laisses personne vraiment t’approcher. Tu as besoin de te sentir aimée par ta famille, médium ou pas, travail ou pas, maladie ou pas.

Rien n’est une fatalité, on peut décider. On peut décider de changer, on peut décider de guérir, on peut décider d’aimer et de faire confiance. On peut décider d’être heureux. Sans conditions, sans « si », sans contraintes. Juste parce qu’on est en vie et que la vie est belle.

Je ne comprends pas…

Ce n’est pas une honte de rentrer chez tes parents, parce que tu es malade, que tu n’as plus de travail et que tu ne sais pas où tu veux aller et ni ce que tu veux faire de ta vie. Tes parents sont là pour ça, ils sont là pour t’aider et te soutenir, pour t’aimer sans condition.

Tu peux rentrer, pourquoi tu te l’interdis ?

Parce que j’ai peur de retourner dans mes vieux schémas, de retomber dans la facilité, l’inactivité, le laisser aller… De me retrouver à l’étroit dans ma chambre de 15m². Je n’ai pas envie de rentrer et de trouver tous ces cartons et ces vieux vêtements… Je n’ai pas envie de me souvenir de tellement de choses. Un retour ne me semble pas si facile… Je vois une marée d’obstacles et de difficultés. Manger sans gluten en voyant mes parents manger de la baguette tous les soirs ? Manger sans lactose en les voyant manger du fromage ? Réussir à décider de mon avenir professionnel en suivant mon cœur et non mon mental et mes peurs, avec mes parents me posant des questions sur mon avancée tous les jours ? Perdre mon indépendance ? Ne plus avoir de voiture ?

A quoi bon avoir tout ça, si tu restes enfermée dans ton appartement ici parce que tu es malade ?

Je ne trouve pas de solution au fait d’être malade ! J’ai pourtant l’impression de tout avoir essayé : changer mon alimentation, faire de la kiné, des exercices spécifiques, démêler les nœuds de mon mental avec la psy, tester plusieurs traitements, faire de le l’ostéopathie, travailler sur l’aspect émotionnel avec vous, faire des stages de développement personnel pour m’aider, développer ma créativité, apprendre à assumer ma féminité, méditer et accueillir, faire des soins et des voyages chamaniques…

Pourquoi rien ne m’aide ? Je ne demande pas une guérison totale !! Je demande juste à aller un peu mieux, ne serait-ce que pour avoir l’énergie de sortir de chez moi, de voir des gens, de profiter de l’île… Je ne demande pas la mère à boire ! Je ne demande pas même de pouvoir tomber enceinte, comme la majorité des femmes ayant de l’endométriose !!!

Mais si tu pouvais, le voudrais-tu ?

Ce n’est même pas une question qui se pose, car je n’ai pas rencontré de partenaire avec qui un tel projet serait à l’ordre du jour. Il faudrait déjà que j’arrive à rester en couple suffisamment longtemps pour que la question se pose… L’autre jour, le triste constat m’est venu que je n’ai jamais réussi à passer la barre des 2 ans…

A quoi bon passer la barre des 2 ans si de toute façon le couple n’est pas fait pour durer ?

Oui… A quoi bon… De toute façon, je suis totalement désabusée et dégoutée à l’idée de vivre une relation de couple. Après avoir vu partir ma dernière âme sœur ? C’est mort, je ne veux plus être en couple si c’est pour répéter le même schéma. Je ne peux pas. Il y a une limite au nombre de fois où un cœur peut se briser. Je n’ai toujours pas fini de recoller les morceaux.

Tu as besoin de voir que l’amour peut vraiment exister dans un couple. Et qu’il peut vraiment durer. Tes parents sont toujours ensemble, et ils s’aiment toujours.

Mes parents sont des ovnis, ce sont deux bisounours qui vivent dans leur petit sphère, celle qu’ils se sont créée, à l’abri du monde. Ils ne sont pas parfaits, mais ils arrivent à s’aimer quand même. Ils ont surmonté un certain nombre d’épreuves ensemble, dont une partie directement liées à moi : un bébé qui ne veut pas manger ? Moi. Un ado harcelée au collège qui pète des câbles à la maison ? Encore moi. Leur fille qui leur annonce qu’elle est en couple avec une autre fille et qu’elle ne voudra jamais d’enfant ? Bingo. Une réorientation scolaire ? C’est pour moi. Un premier job qui se finit en harcèlement moral ? Jackpot. Un départ pour une durée indéterminée à l’autre bout de la planète ? Encore moi. Ah et puis, j’oublie… le parcours d’errance médicale et la maladie « dans ma tête » jusqu’à ce que l’endométriose soit diagnostiquée et que je parte. On ne peut pas dire que j’ai été l’enfant la plus facile à soutenir…

Mais ça n’empêche pas tes parents de t’aimer. Malgré toutes les épreuves que tu leur as apportées. Tu devrais arrêter de te considérer comme un poids pour eux. Ce n’est pas ce qu’ils ressentent. Eux, ils t’aiment et ils sont fiers de toi et de qui tu es, peu importe ce que tu fasses. Ils te l’ont dit, ils te soutiendront peu importe où tu seras sur la planète, même si c’est à 6000 km de chez eux.

Et qui est venu 2 fois en vacances à la Réunion en l’espace d’un an et demi ? Alors que tes parents ne sont jamais partis en vacances hors d’Europe depuis qu’ils sont ensembles ? Jamais ils n’avaient voyagé dans l’hémisphère sud avant toi. Jamais aussi loin. Si tu ne peux pas venir à eux, alors ils viennent à toi. C’est à toi maintenant d’aller vers eux. Laisse les t’aider, il n’y a pas de mal à ça.

Crois-tu qu’ils préfèrent te savoir seule et malade à l’autre bout du monde, plutôt que chez eux sans travail ? Crois-tu que cela a vraiment de l’importance ? Ils sont inquiets pour toi, inquiets de te voir t’enliser dans cette situation. Ils seront heureux de pouvoir te soutenir, à leur manière.

Ce sera à toi de ne pas être trop exigeante et d’apprendre à recevoir leur amour comme il vient, sans jugements, sans attentes, sans préconçues. Parfois donné de façon maladroite, mais personne n’est parfait, tu le sais et tes parents ne différent pas des autres êtres humains. Cependant, en amenant les choses à leur conscience, avec douceur et tact, en faisant l’effort de communiquer et d’essayer de les comprendre, il n’y a aucun malentendu qui ne puisse être dissipé. Tu es suffisamment mature maintenant pour faire ce travail de prise de recul. Tu connais tes principales blessures émotionnelles, et tes schémas réactionnels. Maintenant, tu vas pouvoir apprendre à t’en détacher auprès d’eux. Peu importe le temps que cela nécessitera. Tu n’es pas pressée, l’es-tu ?

Non… Puisque je n’ai aucune direction vers laquelle aller. Non, je ne suis pas pressée…

Profites de cette chance, celle de resserrer tes liens familiaux, de profiter de tes parents, de ta famille, de ton village natal et de tout ce que tu aimes le plus. L’orme dans le jardin, les pâquerettes dans la pelouse, le tilleul de la grande place, le moulin de la promenade du dimanche, le calme de la maison, le parfum de la rosée, l’odeur de la pluie en forêt. Ce sont des choses simples qui rendent la vie belle. Elles seront à portée de mains, chez toi. Tu pourras apprendre à sourire à la vie, simplement, protégée par un cocon d’amour. Tu n’auras plus besoin de t’épuiser à en créer un dans un environnement qui te reste étranger malgré tous tes efforts d’adaptation.

Tu as appris et compris beaucoup de choses ici à la Réunion. Tu as fait la part du job que ton âme s’était fixée en venant. Tu peux rentrer maintenant. Tu n’es pas obligée de te faire violence à rester. Tu n’es pas obligée de continuer à t’imposer cet exil. Tu peux rentrer.

7 février 2017

La peur au ventre [endométriose]

Artiste : WLOP

Artiste : WLOP

[Ah, un autre coup de gueule, âme sensible s’abstenir]

Je ne sais pas par où commencer ce soir, tellement je me sens instable émotionnellement. Pourtant, je me sentais mieux malgré ma crise. Je m’étais cuisiné un truc sympas, j’ai trainé devant des épisodes de ma série du moment. Tout allait relativement bien, pas de drame majeur, des conseils à suivre. J’ai passé quelques heures à travailler dessus hier. Tout allait bien jusqu’à cet IRM.

Je ne sais pas pourquoi, j’étais dans la machine et là tout à coup j’ai eu envie de pleurer. Mon mental ne faisait que me souffler des peurs à l’oreille : et si un nodule d’endométriose s’était installé à proximité de ma colonne vertébrale ? Avait touché un nerf ? Et si mes problèmes de sciatique et de bassin étaient dus à ça ? En 14 ans de problème de genoux, de dos et j’en passe, je n’avais jamais eu ça. Pourquoi maintenant, et qu’est-ce que c’est ? Je n’ai pas envie de finir en fauteuil roulant dans quelques années !

Et là, je me disais, mais est-ce qu’il pourrait seulement le détecter si c’est le cas ? Car il faut normalement une injection spéciale, et même avec ça, c’est difficile à repérer, on voit surtout les dégâts secondaires (autres organes déplacés…). Devrais-je demander à voir le médecin qui analyse les images ? Lui demander s’il a été formé à identifier de l’endométriose ? Alors qu’à la base, je ne venais pas pour ça ? Mais que quand même, on devrait bien voir quelque chose s’il y a une inflammation en pleine crise ?

And on, and on, and on… Parce que je n’ai pas envie que la même histoire se répète. Qu’un médecin ne sache pas détecter – donc qu’il affirme qu’il n’y a rien – pour que la maladie et les nodules se développent sans traitement – jusqu’à ce que finalement quelqu’un de formé découvre tous les dégâts.

Comme ce qui m’est arrivé avec ma première IRM pour détecter l’endométriose. Ma gynéco de l’époque, au vu des douleurs, l’avait suspecté. Elle m’a envoyé faire une IRM. Mais comme le médecin n’avait pas été formé à reconnaitre cette maladie – enfin je suppose, sinon cela voudrait dire qu’il est incompétent – il a dit qu’il n’y avait rien. Période. Point final. Donc pas de traitement, le droit à un « c’est psychologique » et à des « faites un bébé et ça ira mieux ». 5 ans d’errance médicale pour faire une seconde IRM. Le nouveau gynéco spécialiste que j’ai m’a dit que la maladie se voyait sur les 2 clichés et qu’elle avait bien évolué depuis la toute 1ère IRM.

Pourquoi ? Comment peut-on passer à côté de ça ? En sortant de l’IRM aujourd’hui, la question m’est venue en tête : devrais-je informer ce médecin des conséquences de son mauvais diagnostic ? Pour lui éviter de refaire la même erreur ? Comment peut-on ne pas avoir l’humilité de refuser un examen si on ne sait pas le faire correctement ?

Depuis, tu ne fais plus confiance aux résultats d’IRM.

Non, pas en ce qui concerne l’endométriose en tout cas. Parce qu’en réalité, je sais que c’est dur à détecter, et qu’on ne détecte souvent les cas que quand ils sont assez avancés : chez moi des nodules gros au point de les sentir par touché à travers la paroi de l’utérus. Et de voir mes ovaires dans une position anormale sur les images, tractés vers le bas du ventre à cause des adhérences.

Pourquoi a-t-il fallu en arriver jusque-là pour que ma maladie soit détectée ? Le pire c’est qu’on ne sait pas l’étendu des dégâts tant que l’on n’ouvre pas le ventre ou que l’on ne fait pas une célioscopie. Parce que l’endométriose se constitue de différents types de tissus, et avec une variation dans le temps. On n’arrive pas à « pouf » repérer les cellules endométriales aussi bien qu’à l’œil nu. Que ce soit par IRM, par échographie, on ne peut pas se fier totalement aux images. Alors je ne sais pas l’étendue des dégâts. Et cela nourrit milles inquiétudes. Comme mon histoire de douleurs au bassin qui m’empêchent de conduire et me mène la vie dure. Et aussi mes crises intestinales quand j’ai des crises d’endométriose.

Et même si tu savais, que pourrais-tu faire ?

 Je ne sais pas ! J’ai envie de hurler de frustration !  Et pleurer de peur. Si je pouvais savoir, je ferais des analyses plus poussées, mais ils ne font de célioscopie que pendant/avant une opération ou pour une étude poussée d’infertilité avant une FIV.

Qu’aimerais-tu savoir ?

Quel est l’état de mon ventre ? Que dois-je faire ? Que dois-je éviter ? Faut-il que j’envisage une opération avant que cela n’empire ? Même avec mon traitement, j’ai des crises, j’ai des douleurs, est-ce que les nodules progressent ? Comment sont mes ovaires ? Et mes trompes de Fallope (les nodules peuvent les boucher et dans ce cas les ovules ne sortent jamais des ovaires…) ?

Pourquoi lorsque j’ai fait cette méditation de connexion à mon utérus, j’ai vu ma trompe gauche bouchée et mon ovaire gauche comme « mort » ?

Tu as vu quelque chose de positif aussi.

Oui, un ovule dans mon ovaire droit qui était doré, parmi un milliard d’autres. Une chance d’avoir un enfant. Un seul enfant, vraiment ? Au départ, je me suis sentie émerveillée, « waouh », alors je porte en moi la possibilité d’avoir un enfant ? Je ne suis pas complètement stérile ?

Et puis, après coup, avec un jour de prise de recul, je me demande pourquoi. Pourquoi à 26 ans ai-je un ovaire stérile ? Pourquoi pourrais-je n’avoir qu’un seul bébé ? Et pas deux ou trois ? Ou autant que je veux – même si je n’en veux pas plus ?

J’ai le sentiment que ma maladie me vole tellement de choses ! Elle me vole ma sexualité et elle m’a volé mon dernier couple. Elle me vole ma santé et mon énergie. Elle me vole la liberté de faire ce que je veux, d’être  « wild », de partir sur un coup de tête, d’aller en festival, de faire la fête comme les autres jeunes de mon âge. J’ai eu cette pensée qui m’est venue en tête tout à l’heure. « Si je n’étais pas occupée à être malade, là tout de suite, je pourrais être à un concert de rock ». Ma vie serait tellement différente si je n’étais pas malade ! J’aurais pu faire tellement de choses ! Je serai quelqu’un de différent !

Je DÉTESTE être malade ! Je DÉTESTE souffrir de fatigue chronique ! Je déteste ne pas pouvoir sortir comme je veux, me promener, voir des gens, faire de la randonnée pour regarder le 1er lever de soleil de l’année depuis le grand Bénard !!!! Non, au lieu de ça, je suis restée coincée toute seule sur mon canap à être malade pour le réveillon !! JE DÉTESTE CA !!! Je déteste être cette personne faible physiquement à cause de sa maladie. Tout le temps fatiguée. Tout le temps ! Même quand je dors beaucoup, prends des vitamines, etc. A quoi ressemble une vie comme ça ????????????????????

Je déteste savoir pourquoi j’ai cette maladie ! A cause de l’inconséquence de ma personnalité dans une vie antérieure, qui a décidé de considérer la maternité comme « une grippe », on tousse un bon coup, laisse les enfants à un foyer d’adoption et hop, on continue sa vie frivole et mondaine, sans se préoccuper de leur devenir. C’est injuste, injuste que moi – la personne que je suis aujourd’hui – doivent payer les pots cassés pour ça.

C’est pour t’apprendre la valeur de la maternité.

En s’assurant que je la désire, mais que – ah ! – je ne puisse pas l’avoir ou qu’avec de grandes difficultés !! Le numérologue que j’ai vu par curiosité, m’a dit qu’il voyait une naissance à l’âge de 38/39 ans. Qu’est-ce que ça veut dire que ça ??!!!! C’est une blague ? La naissance d’un projet c’est ça ? Pourtant il a aussi évoqué la possibilité d’un bébé. Pourquoi une info comme ça m’est parvenue, alors que je n’avais rien demandé sur ce sujet, ni au-delà des 2 ans ???

Je suis en COLÈRE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!  Dans une colère folle ! Ma vie est une blague ! Une grosse blague pour laquelle j’ai l’impression que l’Univers se moque bien de moi ! C’est totalement INJUSTE ! Et le plus hilarant, c’est que j’ai des capacités médiumniques pour tenter de guérir ça ? C’est une BLAGUE !

On ne peut pas guérir de l’endométriose. Au mieux, on peut avoir une rémission. Parce que – hé – bonne nouvelle, l’endométriose est la seule forme de « cancer » dont on ne meurt pas ! (cf la description donnée par le Nouvel Ob il y a 1 ou 2 ans). Car cela se propage exactement comme un cancer, les cellules se diffusent et s’implantent n’importent où, mais bien sûr quasi systématiquement sur vos ovaires – jusqu’à ce que les tissus cicatriciels « mangent vos ovules », votre utérus, vos trompes de Fallope. Je DÉTESTE cette maladie !!

Je déteste qu’elle envahisse autant d’aspects de ma vie, ma santé, mon moral, mon alimentation, mon couple, ma vie sociale mais aussi ma vie professionnelle. Pour m’apporter quoi en échange ??

Une leçon de vie.

Mais quel genre de leçon est-ce là ? J’ai plutôt l’impression de mourir à petit feu qu’autre chose ! Et PERSONNE parmi mes proches ne s’en rend compte ! Personne n’a vécu assez longtemps avec moi depuis ces 6 ans pour se rendre compte. Ils me voient quand je vais bien. Ils m’entendent dire que je suis malade. Mais ils ne voient pas l’impact sur mon quotidien, sur mon énergie. La théorie des cuillères le résume bien, mais parce que ce n’est pas une « maladie grave », personne ne pense qu’elle a autant d’impact sur moi. Je suis sûre que mes amis en Belgique ne savent pas que je suis malade la moitié du temps. Si je vivais là-bas, ils déchanteraient vite au nombre de soirées que je serai obligée de refuser à cause de la fatigue physique. Qui voudrait vivre avec quelqu’un de si souvent malade ? Je me le demande bien…

Et tu sais quoi ? Le pire, c’est de voir que chaque aspect de ma vie, chaque difficulté me pointe et me ramène encore et encore vers ma maladie ! Quelle folie d’avoir pensé un jour que « grâce à ma maladie, j’avais pu m’ouvrir à la spiritualité » ! Parce que ça aussi, c’est une grosse blague ! Qui aurait envie de sentir les âmes errantes ? Les énergies plombantes et les émotions négatives des autres ? Qui aurait envie d’avoir des infos pourris sur ces vies antérieures et de devoir les gérer ensuite ? Qui aurait envie de capter des choses pénibles chez les autres qu’ils ignorent eux-mêmes ? QUI ? Franchement, qui aurait envie d’être médium, en sachant le boulot que cela implique d’apprendre à gérer ses capacités ? Franchement, je comprends bien ce que dit Sylvie par moment…

Je suis totalement découragée. Je sais que je l’ai déjà dit dans mon coup de gueule d’il y a une semaine. Mais dès que mon moral va mieux, que je commence à remonter la pente, pouf je replonge à cause de ma maladie, des vrais montagnes russes. Dès que j’ai l’impression d’avoir fait des progrès, de m’être distanciée d’elle, d’avoir fait les efforts nécessaires pour lui donner profil bas, elle revient m’exploser en plein dans la figure. Je suis fatiguée de ce schéma répétitif. Tout ça pour me mener où ? Nulle part.

My life sucks. Définitivement, je ne vois pas d’avantages…

Tu devrais dessiner ce champ de tulipes que tu as vu.

Ok. Mais laisse-moi te faire une demande. Je demande – à l’ensemble des mes guides – de me montrer les aspects positifs au fait d’être médium. Je vous demande de me prouver qu’il y a de vrais avantages à cet état de fait. Il ne peut pas y avoir que des contraintes, n’est-ce pas ? Ce n’est pas possible, pas avec une reliance au Milieu, où tout est à double tranchant. Il y a forcément des choses positives, non ? S’il vous plait, j’ai besoin que vous m’aidiez à me raccrocher à ces choses positives. J’ai besoin d’aide. Je ne demande pas une réponse immédiate, je sais que je ne suis pas dans un état émotionnel me permettant de capter plus que des phrases courtes. Mais apportez-moi des réponses, quand le moment sera le bon. S’il vous plait. Parce que je me sens vraiment impuissante…

Je t’ai entendu.

Merci.

12 janvier 2017