Respecter la femme en soi

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Artiste : Chibi-oneechan

J’ai très mal dormi… Je ne sais pas si c’est la nouvelle lune, ou bien une montée de kundalini, mais pfff. Je n’aime pas me réveiller comme ça.

Des rêves intéressants ces derniers jours ?

Oui… Bon, si j’ai bien compris : une opération de l’endométriose entrainerait une grande perte de vitalité chez moi ?

Oui, mais pas que.

Je n’ai pas réussi à comprendre si c’était un rêve explicatif sur un évènement passé, ou bien un avertissement pour le futur. Tout se mélange, j’ai du mal à distinguer les types de rêves, même les voyages astraux.

Les sensations sont différentes.

Oui, mais encore ?

De toute façon, ce qui est intéressant, c’est les messages que tu en retires. Alors pas d’opération ?

Oui, pas d’opération pour l’instant. De toute façon, la décision était déjà prise. L’analyse de mon thème astrologique était très défavorable. Et le médecin a dit la même chose : cela ferait plus de bien que de mal en ce moment, étant donné la neurosensibilisation pelvienne. Je suis quand même soulagée que le médecin ait dit la même chose, ça aurait été plus compliqué pour mon mental si j’avais eu 2 opinions contradictoires.

Il ne sert à rien de forcer.

Oui, j’ai compris. Quand ce n’est pas le moment, ce n’est pas le moment. Je vais continuer de prendre soin de moi, de suivre mes traitements et d’essayer de rendre la situation la plus confortable et vivable possible, avec les outils que j’ai.

Tu commences à en avoir quelques-uns.

Et bien, il faut ce qu’il faut, après tout, avec l’endométriose, on parle d’une maladie à vie, même si elle n’est pas létale, elle est chronique. Mieux vaut apprendre à vivre avec, aimer son corps et le chouchouter à travers cette épreuve.

A une époque, tu cherchais à tout prix à t’en débarrasser.

C’est vrai. Une part de moi était persuadée, qu’en travaillant suffisamment sur mes blessures intérieures, et avec des soins énergétiques, je pourrais court-circuiter la maladie. Si en soit, ce n’est pas impossible, ce n’est pas le but qui est important, mais le chemin parcouru. Donc, apprendre à prendre soin de moi et m’aimer, telle que je suis, même malade.

Tes perspectives de futurs commencent à changer ?

Et bien, je ne sais pas. Oui, j’imagine que je peux apprendre à être heureuse et épanouie, même avec une maladie chronique pénible. Je recommence à espérer rencontrer quelqu’un qui m’accepte et m’aime telle que je suis, sans chercher à me changer ou à me « guérir ».

C’est une force en même temps qu’une faiblesse. En quoi est-ce une force ?

En quoi est-ce une force, hein ? Bonne question. Cela m’a permis de prendre conscience des énergies féminines, de leur fonctionnement cyclique, de leurs importances dans notre être. Cela m’a poussé aussi à regarder les blessures qui peuvent toucher les femmes, toutes les mémoires négatives, transmises par les lignées, mais aussi au sein de notre société patriarcale. Il est lourd, de nos jours, d’être une femme. Longtemps j’ai rejeté la femme en moi car je n’arrivais pas à accepter cette réalité. J’aimerais que cela soit joie et légèreté, et non contraintes, jugements et attentes.

Pourquoi la femme va si mal dans votre société ?

Je ne sais pas, peut-être parce qu’on ne lui accorde pas assez d’attention et d’amour pour ce qu’elle est vraiment, les femmes en premières. On attend d’elles beaucoup de choses, qu’elles soient obéissantes, qu’elles gèrent la maison, qu’elles aient des enfants, et maintenant qu’elles travaillent autant que les hommes. Qu’elles soient belles et désirables, mais pas trop non plus. Les femmes libres et sauvages font peur en majorité.

Ce qui me choque, c’est à quel point toutes les croyances négatives s’installent jeune dans notre société. L’autre jour, j’entendais des lycéens parler. D’abord un groupe de garçons : c’était atterrant, la façon vulgaire dont ils parlaient des filles, et avec fierté pour frimer devant leur copains. Est-ce ça « être fort » à leur âge : dénigrer le féminin ? J’avais envie de leur demander s’ils oseraient parler de leurs propres mères et sœurs de cette façon. Comment l’homme peut respecter la femme si on ne leur inculque pas ce respect dès la jeunesse ?

Mais le pire, c’est le 2ème groupe que j’ai entendu. Deux garçons échangeaient des blagues sexuelles et parlaient de façon très dévalorisante des filles. Et la fille qui était présente, plutôt que de les reprendre ou de contester, elle rigolait à leur blague. Et là, je me suis dit, « mince, elle ne voit pas le mal que ça lui fait, d’être dévalorisée sans rien dire ». J’ai alors pensé : c’est par là qu’il faut commencer, apprendre aux jeunes filles à se respecter elle-même en tant que femmes.

On ne peut pas se faire respecter par autrui, si on ne commence pas par soi-même se respecter d’abord.

29 septembre 2019

La belle femme forte que tu es

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Artiste : Selenada

 

On dirait qu’avec l’automne est revenu mon goût pour l’écriture. Et pour la lecture aussi. Je suis en train de lire un charmant roman d’une japonaise. Quelque chose de très doux, lent et chaleureux comme un bonbon qui fond sur la langue très lentement. C’est agréable, ça fait du bien, après mes dernières lectures effrénées.

Un autre de tes passe-temps pour fuir la réalité ?

Je l’avoue. J’ai toujours aimé lire, mais cela devient compulsif dans les moments difficiles.

Alors cette rentrée était difficile ?

Oui, me rendre compte que les cours de soutien scolaire ne sont qu’une impasse m’a découragée. Au début, je trouvais ça rigolo d’enseigner les maths, c’était un défi intellectuel, me replonger dans des cours d’il y a 10 ans. Et puis, avec le temps passant, c’est devenu ennuyeux, et je ne parle pas de l’aspect répétitif entre plusieurs élèves de même niveau. Cela n’aurait pas dû devenir ennuyeux, non ? A chaque fois avec un être humain différent en face de moi, non ? Peut-être que je n’ai pas bien fait les choses ? Que la pédagogie ce n’est pas pour moi ? Je ne sais pas.

Et puis, il y a eu l’hospitalisation de jour pour des consultations concernant l’endométriose. Je sais que c’est une grande chance d’en avoir bénéficié, mais cela m’a mis un coup au moral. L’endométriose est à « peu près » sous contrôle dans mon cas, mais pas tous les dégâts qu’elle a causé en chemin. On m’a parlé de « neuro-sensibilisation pelvienne », un schéma de la douleur installée dans mon corps, en plus de la sciatique chronique due à une hyper-compression dans le bassin. On m’a proposé des outils, et je suis très contente d’avoir aussi rapidement accès à un TENS (système de stimulation électrique avec des électrodes pour lutter contre la douleur). Mais… Le chemin qui s’offre devant moi est tellement long. En l’état, je ne suis pas opérable. Et même si ce n’est pas une fin en soi, ça en dit long sur mon état. On me propose de tester d’autres traitements hormonaux, en espérant moins d’effets secondaires. Un an de séances d’ostéopathie pour « décompresser » le bassin, des traitements médicamenteux pour corriger les messages nerveux… Je devrais être soulagée qu’on me propose des pistes. Je me sens juste fatiguée par le parcours de combattante qui s’offre devant moi, encore et encore…

Pourtant, je sais qu’il y a pire. Mais même celles qui traversent pire, et qui étaient présentes pendant l’hospitalisation, elles ont encore leur compagnon pour les soutenir… C’est peut-être ça qui fait le plus mal. Comme un rappel constant, que la maladie a grandement joué un rôle dans la perte de mon ex-compagnon. Putain d’endométriose. Putain de vie. Par moment, je ne comprends pas. Pourquoi mon âme a décidé de se farcir tant de choses à nettoyer et guérir dans une seule et même vie. Comme un reboot peut-être ?

Alors, oui, j’estime que par moment, j’ai bien le droit de fuir un peu cette réalité et de me reposer d’elle. Ça n’empêche pas qu’elle est là, qu’elle m’attend dès que je repose mon livre ou mon pinceau. Mais au moins elle est plus supportable. En tout cas, je dirais que c’est mieux que de fuir dans l’alcool ou la drogue, comme d’autre le font.

Ou dans le sexe comme d’autres le font…

No comment. J’aurais beau retourner dans ma tête toutes les raisons de la rupture, cela ne changera rien à ce qui s’est passé. J’aimerais juste m’en sentir libérée et guérie. Pourquoi cela n’est pas le cas, depuis tout ce temps ? C’est comme l’endométriose c’est ça, les dégâts causés sont encore là, alors que la source est tarie ? C’est la même problématique, il faut effacer les mémoires douloureuses ?

Seul le temps le fera, le temps et l’amour envers toi-même. Continue de prendre soin de toi-même, de te traiter avec compassion et douceur, de rester patiente. Le temps n’a pas d’importance. Qu’est-ce que quelques décennies au regard de tout une ribambelle de vies ?

Oui mais moi, c’est dans cette vie-là que je veux sourire et être heureuse. Pas dans mille et une vies.

Et qu’est-ce qui t’empêche de sourire aujourd’hui ?

La douleur et la douleur dans mon cœur.

Alors il te faut un baume. Mais avant cela, il faut nettoyer la plaie. Cette douleur, nous voulons que tu l’accueilles à bras ouvert, que tu la regardes en face. Que tu arrêtes de la fuir. Oui, ça fait mal, mais c’est temporaire. Tu dois être ok avec ça.

Comment être ok avec ça ?

Cela ne veut pas dire être d’accord avec la douleur, tu peux trouver qu’elle est injuste ou illégitime, c’est ton droit. Mais c’est reconnaitre qu’elle est là, qu’elle ne partira pas tant que tu auras besoin d’elle.

Mais pourquoi j’aurais besoin d’elle ?

Pour mille et une raisons qui n’appartiennent qu’à toi et que l’on ne détaillera pas ici. La douleur a un message pour toi

Quel est-il ?

Qu’il est plus douloureux pour toi de vivre sans amour, qu’avec, et ce malgré les trahisons que tu as subies de la part des hommes. Tu ne peux pas vivre sans amour.

Personne ne peut vivre sans amour ! Il faut à minima s’aimer soi-même pour ne pas se dessécher comme une plante fanée.

Et pourtant, parfois, cela n’est pas suffisant.

Pourquoi ? Parce que l’amour de couple est le reflet de l’amour de la Source ?

Non, il est l’incarnation de l’Amour de la Source. Les âmes jumelles sont là pour donner corps à cet amour dans la matière.

Mais je suis sûre qu’il n’y a pas qu’une façon d’incarner cet amour.

Non, c’est vrai, il en est d’autres qui se passent d’un partenaire. Mais dans ton cas, ton enjeu à toi est d’accepter cette forme-là.

Peut-être, mais pour l’instant cela ne m’intéresse pas.

Ne t’interdis pas cette forme d’amour.

Mais que veux-tu que j’espère ? Trouver un/e partenaire qui comprenne mon état de santé et soit ok de ne jamais avoir de rapports sexuels « classiques » ?

Et pourquoi pas ?

Je ne crois plus au prince charmant, il n’existe pas.

Pourtant, il existe forcément quelque part, un partenaire pour toi. N’est-ce pas ce que ton cœur a envie de croire ?

Bien sûr que si ! Bien sûr qu’une part de moi a envie d’y croire. Je devrais être aimée telle que je suis, parce qu’il n’y a rien de « cassé » chez moi. Voilà ce dont je devrais être convaincue au plus profond de moi. Mais ce n’est pas le cas. Je vois mes blessures, mes faiblesses et mes failles. Comment construire un couple durable, si moi je tangue sur des pieds d’argile ?

Tu vois que tu es humaine. Vous avez tous des blessures, mais tu travailles à les guérir. Soit aimante envers toi-même, et surtout remercie toi pour tout le travail acharné de guérison que tu mènes. Oui, tu n’es pas suffisamment stable pour construire un couple au jour d’aujourd’hui. Mais cela viendra, soit patiente. Le mieux que tu puisses faire, c’est y croire et croire en toi. Tu sais te relever. Tu l’as déjà fait 2 fois, pourquoi pas une 3ème ? La clé c’est l’amour de soi. L’amour de la femme que tu es. Tu as été bafouée, violée, trahie et abandonnée. Mais cela ne fait pas de toi une femme moins belle. Au contraire, tu comprends la valeur de ce féminin si précieux, qui fait tant peur à certaines hommes au point qu’ils cherchent inconsciemment à le terrasser ou le fuir à toutes jambes.

Un jour, tu te tiendras debout, dans toute la force de ta féminité. Et ce jour-là, tu trouveras un homme qui n’aura pas peur d’aimer la belle femme forte que tu es. Crois-y, de tout ton cœur. Aie la foi.

Merci à toi.

 

21 septembre 2019

Endométriose & repos

Article et liens très intéressants !

Mod.imaginaire

Les personnes atteintes d’endométriose ou plus généralement d’une maladie chronique doivent souvent se reposer.

Mais, en fait, comment on fait ??!

Je viens juste d’être opérée. Je suis en convalescence et me reposer c’est toujours compliqué. Car j’ai mal et ne trouve aucune position parfaite et sans douleur mais pas seulement. Car j’angoisse de ne pas pouvoir travailler, que ma dépendance physique me fait peur, que je n’ai pas la force de me concentrer longtemps sur quoi que ce soit et que j’ai du mal à m’ennuyer, beaucoup de mal ! J’aime beaucoup le site The Mighty (en anglais) pour les personnes atteintes de maladies chroniques et il y a cette vidéo géniale sur la réalité du repos pour ces personnes: Le repos en vrai!

En fait c’est un repos forcé, avec des douleurs, des cicatrices, une fatigue incroyable, et un état psychique pas vraiment au top. Pas franchement un…

Voir l’article original 1 179 mots de plus

Hyperacousie et stress [Endométriose]

 

Artiste : Picolo-kun

Je sors d’un RDV avec l’ORL et je suis dépitée… Depuis plus de 6 mois, mes acouphènes ne cessent d’augmenter, ainsi que mon hyperacousie. A un niveau qui en devient gênant : je ne peux plus aller au cinéma sans boule quiès, les bruits de travaux dans le quartier me collent la migraine pour la journée, je supporte de plus en plus mal d’aller dans des cafés et magasins avec de la musique d’ambiance. Et cerise sur le gâteau, depuis quelques temps, j’ai carrément des douleurs quand je suis exposée au son : quand mes parents écoutent la radio ou regarde la télé, le volume du son est beaucoup trop fort pour moi.

J’en ai parlé à ma nouvelle médecin traitant qui m’a envoyé voir un ORL. Coup de chance, j’ai eu un RDV très vite grâce à un désistement (sinon compter 3 mois d’attente). Et mes acouphènes ne sont pas liés à une perte d’ouïe, ce qui est rassurant. Evidemment, j’ai oublié de poser la question à savoir « est-ce que des allergies peuvent les augmenter ? » mais j’en reparlerais à ma médecin. Après un check up total, le verdict est : « je ne peux rien pour vous ». Pas de problème physiologique. On pourrait dire que c’est positif, oui mais alors quelle remède ? Comment me débarrasser de ses douleurs provoquées par le son ? A priori, cela relève plutôt de la sphère psychologique avec le coupable fréquent : « trop de stress, trop d’anxiété ». Son conseil : prendre des anxiolytiques. Pas vraiment la solution rêvée…

Voilà la 2ème fois dans la semaine que j’entends une personne du corps médical me parler de « stress ». La première fois, c’était ma nouvelle kiné, qui a émis l’hypothèse que ma sciatique serait provoquée par le stress que l’endométriose me cause, physiquement et psychologiquement. Donc, 2 personnes du corps médical qui appuie sur ça.

Sauf que jusque-là, je ne me sentais pas psychologiquement si stressée que ça. Le stress de mon ancien boulot et de mon supérieur ont disparu. J’ai un toit sur la tête et à priori je suis protégée des soucis financiers pour quelques mois à venir. Depuis que j’ai déménagé, ce souci-là a disparu aussi. Le problème c’est que j’ai du mal à voir pourquoi je serai stressée ! Ou alors, si je le suis, je ne m’en rends plus compte, tellement je suis habituée (et dans ce cas-là la source de stress remonterait à loin ?). Enfin, tout du moins habituée mentalement, car mon corps lui semble protester de tous les bords.

Et le résultat de la prise sang tombe : anémie. Comment ça anémie ? Je n’en ai plus eu depuis mon arrêt du gluten il y a un an ! Et ça revient quand je rentre en métropole ? Alors que je n’ai pas eu de perte de sang depuis plus de 4 mois ? Et qu’en plus ma consommation de viande a augmenté depuis mon retour ? Qézako ? Franchement, je ne comprends rien du tout…

Tout ça m’exaspère. Stressée moi ? Je le suis pourtant bien moins que mes parents avec leur boulot. Je me lève quand je veux, je ne cours nulle part, j’essaye de prendre mon temps. Je médite, passe du temps au contact de la nature. Comment je pourrais être stressée ?

Bon, c’est vrai… Je suis stressée à cause de la maladie. Rien que les douleurs physiques et les crampes sont sources de stress interne biologique (défini comme un stimulus à un niveau inhabituel sur une durée de temps trop longue). Et puis, il y a la part psychologique : comment intégrer les contraintes causées par la maladie à ma vie professionnelle, sociale et sentimentale ? La peur du rejet aussi, à cause de ces contraintes, que ce soit au boulot ou dans les relations… Celle de l’incompréhension, de la solitude générée. Et blablabla. C’est une réalité. Mais comment je suis censée désamorcer ce stress de fond, qui est là depuis des années et ne fait qu’augmenter avec le temps et l’apparition de nouveaux symptômes ? Erk, c’est un cercle vicieux…

Et puis, peut être que je suis stressée par l’incertitude de mon futur professionnel, étant donné que je n’ai aucune idée de ce que j’ai envie de faire : reconversion partielle ? Reconversion totale ? Formation ? Sortir du circuit classique de l’emploi ? Est-ce possible de trouver un poste de travail dans une ambiance de respect et d’épanouissement dans ce contexte de crise sociale (bonne pour les chantages et autres ambiances pourries de boulot) ?

A l’heure qu’il est, je m’interroge vraiment sur le type de modèle de travail qui me conviendrait le mieux : quel type de structure ? Quel fonctionnement managérial ? Quelles relations d’autorité ? Travail à mon compte ? À domicile ? Quelle politique d’entreprise ? Quelle philosophie derrière ? Quelle utilité sociale ou environnementale ?

Qu’est-ce qu’il me conviendrait le mieux, à moi personnellement ? A ma santé fragile, à ma soif d’apprentissage, à mon ennui facile et à mon besoin de créativité ? Mais aussi à mon besoin d’humanisme, de respect, de partage, d’écoute et de compréhension ? Et puis aussi : comment une médium, hypersensible, empathe, peut-elle s’intégrer dans le monde du travail et y trouver une place pour elle en valorisant ses qualités ? Et dernière question cruciale : comment conjuguer le boulot et vivre au mieux l’endométriose (souvent source de précarité professionnelle) ?

Franchement, je suis sûre que vous êtes d’accord, ça fait beaucoup de questions. Ah, cela me rappelle mon dernier post « tu réfléchis trop avec la tête et pas assez avec le cœur ». Mais que me dit mon cœur, les élans de mon âme ?

Et bien j’ai récupéré quatre dessins d’enfant avec mon âme. Qu’est-ce que j’en fais maintenant ? Deux indiquent une voie de cheminement spirituel, mais ce n’est pas quelque chose qui peut se développer directement dans un environnement professionnel. Et les deux autres : qézako ? Ça veut dire quoi des fleurs qui n’existent pas et un soleil ? Franchement, mes guides, je suis censée en faire quoi ? C’était juste pour me pousser à me remettre en lien direct avec mon âme ? Ce n’est pas une réponse ça !

Ce sont des réponses métaphoriques. Le soleil c’est l’épanouissement, la joie et la chaleur. Tes fleurs inconnues ce sont la subtilité ; la sagesse et la…

La quoi ? La médiumnité ? C’est ça que j’ai capté ? Ou la créativité ?

La créativité est une forme de médiumnité. La notion que recouvre ce dernier concept n’a pas de mot concret dans ton esprit, tu ne peux pas la traduire.

D’accord, donc la « … » me voilà bien avancée ! Ce terme recouvre aussi une notion de magie non ?

Comme la magie de l’émerveillement, mais aussi de celle qui lie toutes choses entre elles. C’est plus un concept qu’un mot, tu ne peux pas chercher à le résumer comme ça. Il te faudrait pleinement le ressentir en toi pour pouvoir vraiment bien le décrire.

Ah… De toute façon, je me sens paumée, alors un peu plus ou un peu moins. Avoir les élans de mon âme, c’est bien. Mais je ne vois aucunement comment les transcrire dans le monde du travail. Je veux dire, cela a peu à voir avec la réalité concrète de ce monde. Je sais, je me suis déjà cassée les dents dessus… Ça veut dire quoi, que ce n’est pas le moment de chercher un boulot et que je suis censée développer d’autres choses ? Je veux bien, mais comment je suis censée subvenir à mes besoins matériels et construire une vie matérielle ?

Chaque chose en son temps. Pour l’instant, tu n’as pas besoin de « subvenir à tes besoins matériels ». As-tu faim ? Es-tu frustrée ? Manques-tu d’argent ?

Non, mais cette situation ne sera pas éternelle.

Concentrons-nous sur le présent.

Il n’y a pas besoin d’un travail pour que le soleil brille dans ton cœur. Il n’y a pas besoin d’une direction professionnelle pour te connecter aux éléments.

Me connecter aux éléments ?

Essaye de rentrer un peu plus en contact avec les esprits des fleurs. Tu seras surprise. Elles ont peut-être des choses à t’apprendre « en attendant ».

En attendant quoi ?

Le reste.

Et bien, vous êtes bien cryptiques…

Un pas après l’autre. Pas plus vite. De toute façon, tu ne le peux pas.

Je vais être malade longtemps comme ça ?

Tu verras.

Bon, merci… ?

17 mai 2017

Se sentir soutenue

Artiste : Weewill

Cela m’a fait bizarre de retomber sur de vieilles lettres et mot échangés avec mes copines de collège et de lycée. Pas si surprenant, étant donné que je trie mes affaires d’adolescente laissées chez mes parents dans la chambre d’ado que j’ai quitté. Et j’ai un sacré rangement et ménage à faire. C’est fou ce que l’on peut accumuler avec le temps, et encore je ne parle même pas des personnes « qui gardent tout », dont c’est malheureusement mon cas. J’imagine que le parallèle émotionnel et énergétique est plutôt vrai. Il est certain que je suis du type éponge, et que j’ai du mal à me délester du passé et de ses blessures. Je me demande quel processus subtil est mis en branle dans un tel chantier physique…

Tout dépend de ton intention.

Et bien… Il est vrai que je n’avais pas formulé d’intention précise jusqu’à maintenant. Mais c’est simple. Je veux me délester des énergies et objets de mon passé qui ne me sont plus utiles. Je veux créer de l’espace pour y installer mes énergies telles quelles sont devenues, laisser une ouverture aux projets et aux possibles. Je veux me sentir respirer dans ma chambre aussi. Parce que pour l’instant, elle est encore pleine comme un œuf. Et optimiser le rangement, en imbriquant tout, je ne suis pas sûre que cela me satisfasse.

Tu as fait des progrès. Tu arrives maintenant à jeter ou à donner. A te poser la question « vais-je honnêtement reporter ce vêtement ? » Mieux encore « ai-je envie de reporter ce vêtement ? ».

Oui, je me suis rendue compte qu’il y a certains fringues que j’avais gardés depuis plus de 10 ans en me disant « et si jamais un jour, j’avais envie de les reporter ? ». La vérité c’est que, pour la majorité, ce n’est pas le cas. Pour quelques rares pièces, toutefois, il y a exception. Vu que j’ai arrêté de porter du noir, je peux remettre quelques vêtements.

Et c’était déjà tes préférés à l’époque.

Oui, c’est vrai. D’ailleurs, je suis dégouté, mon T-shirt préféré est trop petit, parce qu’entre temps, j’ai pris de la poitrine. Mais j’adorais ce motif rétro. D’ailleurs j’ai gardé le tissu pour tenter de faire quelque chose avec. Dire que je rentre de nouveau dans certains hauts que je portais à 13 ans… J’hésite entre trouver cela flippant et m’ébahir de ma nouvelle minceur !

Tu as perdu quelques kilos.

Oui, sans « rien faire ». Enfin, « à part » arrêter le lactose. Je suis revenue à un poids idéal, je dirais. Celui au début de mes études, avant que je ne commence à passer toutes mes frustrations sur la nourriture, ou bien à me récompenser pour mes efforts d’étudiantes… Je me trouve bien comme ça, mais je me demande si ce poids, enfin cette minceur va se maintenir. J’aimerais vraiment. Perdre des cuisses sans perdre des seins, c’est un miracle !

Peut-être est-ce aussi lié à ton changement de traitement hormonal.

Peut-être… Je ne m’explique pas trop cette fonte. Parce que je mange peut être un peu moins gras, mais pas tant que ça. Les graisses animales (beurre, fromage) ont été remplacées par des graisses végétales, mais j’en mange encore une certaine quantité. Mais bon, autant à la Réunion, cela allait. Autant depuis mon retour de métropole, il va falloir que je revois mes menus, que je cherche des recettes et que je trouve comment manger plus de fruits et de légumes de saison. Ça c’était plus facile là-bas. Et j’en ai déjà marre de ne manger presque que des pommes, même si je sais que c’est la saison qui veut ça, il est encore tôt pour le reste… En tout cas, j’ai faim, j’ai le sentiment de ne pas manger assez « solide ». Mais en même temps, je n’ai pas envie de cuisiner. Et sans envie, c’est galère…

Qu’est-ce qui pourrait te faire plaisir ?

Un super plateau de fruits frais en tout genre ? De la mangue fraiche ? Oh non, je sais !!! Des supers avocats de la Réunion, c’est la pleine saison là-bas et c’est une tuerie. Ici avocats et bananes sont bien fades. Je le savais en rentrant. Je savais que ça serait comme ça, mais j’ai du mal à rebondir, à remplacer les aliments, à me motiver pour aller faire des courses et cuisiner.

Tu devrais aller au marché avec ta mère ce samedi, cela te donnerait des idées sur les fruits et légumes de saisons. Et de là tu pourrais chercher des recettes adaptées.

Ouais, c’est une bonne idée… Même si cela ne me motive pas plus que ça. J’ai du mal à cuisiner chez mes parents. Je ne sais pas pourquoi, j’ai besoin de me sentir « chez moi ». Et ce n’est pas « au calme », parce que la journée, ils travaillent. Mais j’aime utiliser mes ustensiles de cuisines, mes ingrédients, avoir mes placards. Et même si j’ai négocié de récupérer un peu de place pour ranger mes affaires, je suis bien loin d’avoir l’espace que j’avais à la Réunion. Je suis limitée pour ranger mes ingrédients, donc pour les acheter. D’autant plus que comme j’ai un régime sans gluten et sans lactose, je dois utiliser un certain nombre de choses spécifiques.

Mes parents ne semblent pas du tout être prêts à s’adapter à ce genre de régime. Je ne leur en veux pas, si ma santé ne l’exigeait pas, je n’aurais jamais arrêté moi aussi. Mais ce n’est pas forcément évident tous les jours de les voir manger « normalement », ou encore de voir que ma mère a peur de tester des recettes sans gluten communes (même si je l’aide à cuisiner).

Alors je peux cuisiner pour moi-même. Mais ils vont forcément avoir envie de gouter et donc je vais partager. Sauf qu’eux, ils ne pourront jamais partager leurs plats, et cela va me frustrer… Échanges dans un seul sens…

Mais les échanges ne se limitent pas uniquement aux plats cuisinés.

Non je sais… Pourquoi est-ce que je me sens blessée qu’ils ne veuillent pas faire d’efforts pour cuisiner sans gluten et sans lactose ?

Ils en font à leur manière…

Pourquoi suis-je frustrée qu’ils ne se sentent pas concernés ?

Parce que tu as envie de te sentir soutenue au quotidien.

Pourquoi ai-je ces attentes auprès d’eux ?

C’est humain d’avoir des attentes.

Mais qu’est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire que tu attends de l’extérieur ce que tu dois t’offrir de l’intérieur. Tu ne te sens pas soutenue par rapport à ton régime alimentaire et par rapport à la maladie. Pourquoi ? Pourquoi faudrait-il que ce soutien vienne de l’extérieur ? Ne peux-tu pas te l’offrir toi-même ?

Comment peux-tu te l’offrir toi-même ? Que faudrait-il que tu fasses pour te sentir soutenue de l’intérieur ? Que ne fais-tu pas qui ferait que tu te sentes prise en considération, par toi-même, à travers tes actes ? Réfléchis-y.

Alors oui, cela demande des efforts. Cela demande que tu te bouges et que tu agisses pour ton propre bien être, plutôt que d’attendre que cela vienne de l’extérieur. Les gens préfèrent attendre passivement, parce que cela est moins fatiguant, c’est moins de responsabilités également. Mais pourtant, tu es la mieux placée pour satisfaire tes propres besoins. Réfléchis-y.

Fais la liste des actions « pour me sentir soutenue face à la maladie ». Qu’attendrais-tu de la part d’une personne extérieure ? Que peux-tu faire par toi-même ?

Réalise également une liste d’actions « pour me sentir soutenue dans mon régime sans gluten et sans lactose ». Ecris cette liste comme si c’est ce que tu attendais des autres, de tes parents, de tes amis. Apprends à discerner les attentes que tu as, et derrière décrypter les besoins réels, afin d’apprendre à les satisfaire par toi-même.

Ok, merci des conseils. Mais là tout de suite, cela n’apaise pas ma tristesse.

Accueille là. Tu as le droit de te sentir triste, parce que tu te sens seule face à la maladie et ses conséquences. Alors même que tu es rentrée au sein de ta famille. Tu espérais que ce serait différent. Mais chacun donne ce qu’il peut, et tes parents sont occupés par ailleurs à gérer leur travail et leur propre santé. L’autonomie c’est apprendre à satisfaire ces propres besoins, même si tu vis en communauté. L’un n’empêche pas l’autre. Quand vous vivez seuls, vous êtes obligés d’apprendre à le faire. Pourtant, c’est tout aussi important de savoir le faire en communauté.

Oui… Merci.

3 mai 2017