Comment transformer un refus en acceptation

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Artiste : Yuumei

Bonjour,

Je vois de plus en plus toutes les résistances et les refus de mon égo. C’est fou, comme ces résistances créent des tensions fortes dans mon corps et dans mon esprit, et surtout combien elles mangent mon énergie ! Tout à l’heure, je prenais conscience de la force de ma résistance au changement. J’ai essayé de me dire « ok, j’accepte ce refus », mais ça m’a tellement drainé que j’ai dû aller me coucher pour faire une sieste.

Tu es encore fragile, vas-y doucement et laisse-toi le temps ; un pas après l’autre, tu viendras à bout de toutes ces résistances. Ne t’emballe pas suite au stage parce que tu as compris ce qu’elles signifiaient et comment elles fonctionnaient. Elles étaient là bien avant, et pour certaines, il faudra du temps pour les lever. La prise de conscience ne permet pas toujours un passage à l’acte immédiat, sois douce avec toi-même.

Ok, j’en vois tellement, je me dis… Il y a tellement de sujets à traiter et de tensions à désamorcer !

On sera toujours là pour t’aider, il n’y a pas d’urgence !

Justement en voici une de tension terrible. Cette croyance négative qu’ « on n’a jamais assez de temps », que « tout est urgent » ou encore que « le temps est notre ennemi ». C’est terrible le poids et la tension que cela crée. Cela participe aussi à permettre à mon mental de me dire « regarde, le temps passe, tu n’avances pas alors que les autres oui » et de me créer ce sentiment d’urgence qui me vide de mon énergie, et au final m’empêche d’agir… Vraiment, il va falloir que je déconstruise ça pour le remplacer par « le temps est mon allié, j’ai tout le temps dont j’ai besoin ».

Et c’est vrai, c’est une notion que nous les guides rabâchons tout le temps, car nous savons que certains apprentissages peuvent vous prendre des vies entières. Et alors ? Où est l’urgence ? Il n’y en a pas. Tout est parfait, car tout est.

Oui, je commence à comprendre, à partir du moment où une chose existe, alors il nous faut l’accepter. On ne peut rien faire dans le refus, ni vivre la situation en paix, ni agir dessus et la faire évoluer. Si on est dans l’accueil, on dit « oui à cette situation » ; si on est dans l’accueil, alors la situation devient parfaite, car on l’a acceptée, même si on a l’envie de la faire évoluer par la suite, vers quelque chose d’encore meilleur pour soi.

Oui, tout est changement. Accueillir le présent, permet de faire évoluer la suite. Rien n’empêche les choses d’évoluer de façon positive (ou négative selon vos croyances) car elles n’existent qu’à cet instant précis. Vous acceptez qu’à cet instant, c’est comme ça, mais cela ne veut pas dire que cela le restera. C’est le défaut de votre culture occidentale, vous êtes tellement attachés à la permanence des choses, que vous croyez que si vous acceptez une chose maintenant, elle restera pour toujours comme ça. C’est ce qui vous freine tellement à accepter le présent, car vous croyez, à tort, qu’il restera figé pour toujours comme ça « si vous avez le malheur de l’accepter ». Donc vous préférez être dans le déni, dans la résistance, dans le rejet. Ce qui est source de souffrances. On ne peut pas être en paix quand on refuse ce qui est. En effet, cela créé une tension terrible dans vos énergies et dans votre corps.

Alors, c’est pour ça que je n’arrive pas à faire évoluer ni ma situation professionnelle, ni ma situation financière, ni ma santé ? C’est parce que je suis inconsciemment dans le refus ?

Tant que tu ne seras pas en paix avec ce qui est, tu ne pourras pas agir dessus de façon juste pour toi, et te laisser guider par ton âme. C’est pour ça que tu as reçu la guidance « il n’y a que dans le silence que l’on entend la vérité ». Cela va bien plus loin que simplement faire taire les voix du mental et de l’égo, cela va jusqu’à faire taire les tensions en toi pour ne laisser que le silence de la paix et de la sérénité.

Oui, je commence à comprendre l’importance de l’acceptation et surtout ce que cela implique vraiment derrière. Accueillir ce qui est, même si c’est un refus. Pour l’instant, je suis dans la peur, et c’est ok. Car à partir du moment où j’accepte ma peur, alors je peux chercher à comprendre son message, voir le besoin qu’elle exprime et nourrir ce besoin pour apaiser ma peur (ou toute autre émotion).

Je viens de constater ma peur terrible du changement. À travers ce bête agenda que j’ai commandé pour 2020. C’est un kakeibo, il sert à la fois d’agenda et en même temps de livre de comptes. Cela fait 2 ans que j’en utilise un d’une certaine marque. J’ai donc commandé celui de 2020 de la même marque, mais il n’est pas comme les 2 précédents. Ce n’est pas ce que j’attendais. Ce n’est qu’un simple objet, mais il semble cristalliser toutes mes peurs liées au changement.

C’est plus qu’un simple objet, c’est aussi un symbole. Cet agenda de l’année à venir représente aussi la nouvelle année dans sa globalité et tous les changements qu’elle pourrait t’apporter.

Et bien je suis terrorisée par l’idée de tous ces changements. Même si pourtant, ils pourraient être positifs et m’apporter certaines choses que je désire. Même ça, ça me fait peur !

Parce que derrière se cache la croyance négative « le changement est dangereux ». Tu crois inconsciemment qu’il va te mettre en danger parce qu’il n’est pas prédictible et donc que tu ne peux pas le contrôler. Or, quand l’égo a peur, il veut tout contrôler pour se rassurer. C’est un réflexe qu’il a pour se sécuriser lui et ton enfant intérieur blessé. « Si je contrôle tout ce qui va m’arriver, alors il ne m’arrivera rien de mauvais ».

D’une part c’est faux, car le contrôle parfait est une illusion dans la vie, vous n’avez pas le prise nécessaire sur les forces de l’univers pour le contrôler à votre convenance. D’autre part, en croyant que rien de mauvais ne va vous arrivez, vous fermez la porte aux changements positifs aussi, et donc il ne peut « rien vous arriver de bon » non plus. Vous vous coupez du flot naturel de la vie, vous n’êtes plus synchros et vous manquez toutes les belles opportunités qui se présentent à vous. Car vous ne pouvez que choisir de les saisir ou non. Même si on vous offrez un magnifique château, là juste sous votre nez, vous pourriez très bien le refuser, car c’est votre libre arbitre d’accepter ou non le cadeau. Voilà pourquoi si souvent vous vous auto-sabotez quand de belles choses viennent à vous. Trop rebutés par le changement, vous ne pouvez pas laisser entrer cette belle énergie…

Oui… J’ai vu grâce à Sylvie, que recevoir les bienfaits de la vie, ça s’apprenait aussi… Mais concrètement, je fais quoi par rapport à cet agenda ?

Prends-le dans les mains et décris-moi ce que tu ressens, dans ton corps et les pensées dans ta tête.

Je ressens une boule à la gorge et une envie de pleurer. Mon mental me dit « c’est différent, ça ne va pas aller ». Il n’a que des récriminations à faire : celui d’avant avait une couverture cartonnée qui était mieux, les pages de semaines étaient plus claires, le bilan mensuel était sur une seule page et plus simple d’utilisation, etc.

Donc pour l’utiliser, il va falloir t’adapter.

Oui, changer mes habitudes et mon fonctionnement pour tenir mes comptes avec.

Es-tu capable de t’adapter ?

Et bien, je n’aime pas ça, c’est souvent pénible et douloureux pour moi.

Faux, c’est une croyance négative « l’adaptation est difficile et contraignante ». Pourquoi le serait-elle ? Le changement peut être simple et fluide, comme une fleur qui s’ouvre, un fruit qui murit. Les évolutions se font doucement et progressivement dans la nature. Il n’y a que vous les humains pour penser qu’elles doivent se faire brutalement et de façon douloureuse. Voici encore une croyance négative à déconstruire.

En réalité, quand vous avez peur du changement, c’est pour deux raisons principales :

  • Vous ne croyez pas en votre capacité à vous adapter.
  • Vous êtes en trop grande insécurité intérieure.

Le changement fait partie de la vie. Quand on fait suffisamment confiance à ses ressources intérieures et à sa capacité d’adaptation, alors on sait que l’on peut faire face à n’importe quel changement, qu’il soit « bon ou mauvais ». C’est votre mental et votre égo qui jugent de la qualité d’un changement et qui trient ceux qui sont acceptables ou non. Cela faisant, les trop « gros » changements, même positifs, sont rejetés car jugés trop challengeant. Mais par qui ? Par votre égo. Si un changement survient dans votre vie, c’est que votre âme l’a appelé et que vous êtes prêts pour le vivre. Quoi qu’en pense votre mental.

Bon, je comprends qu’il n’y a pas que la peur à gérer, il y a aussi la confiance en soi à travailler, pour devenir serein face aux changements…

La première chose est d’accueillir la situation telle qu’elle est.

J’accueille les émotions que provoque en moi cet objet. J’accueille mes peurs du changement et de l’avenir. Je dis oui à mon refus du changement.

Bien, ça c’est la première étape. Maintenant, pour être capable de transformer ce refus, il te faut déconstruire tes croyances négatives et te reconnecter à tes ressources. Ton mental croit que le changement est synonyme de danger ou de difficultés. Est-ce que ton agenda précèdent était parfait ?

Non, il fallait que j’écrive certains calculs en dehors des colonnes. Mais je le préférais.

C’est le mental qui te dit ça. En réalité, tu ne peux pas savoir quels sont les nouveaux avantages d’un objet que tu refuses d’utiliser. Je veux donc que tu me cites 5 qualités nouvelles à cet objet par rapport au précédent :

  • Les pages sont plus grandes, il y a donc plus de place pour écrire sur chaque jour.
  • Il y a plus de place pour détailler les revenus et leur provenance. En plus ça a été placé en début de mois, ce qui est plus logique pour prévoir son budget (même si je le faisais déjà).
  • Il propose de réfléchir à un objectif économique pour le mois et de l’écrire en début de mois. Ça c’est bien ! Ça pourrait m’aider à voir si je veux économiser et pourquoi.
  • Il y a des pages de bilan annuel, par exemple pour les dépenses d’eau, d’électricité etc. Je n’en ai pas l’usage pour l’instant, mais je trouve l’idée bonne. Ils proposent aussi un calcul en % des postes de dépense de l’année.
  • Ils proposent de calculer le bilan des dépenses par semaines, directement sur la page de la semaine, il n’y a plus besoin de les reporter une par une dans un tableau sur une autre page.

Bien, mais il y a des choses que tu n’aimes pas ?

  • Je préférais la couverture en carton rigide, qui me permettait de le glisser dans mon sac à main en étant sûre qu’il ne serait pas déformé.
  • La taille est plus grande, donc il va rentrer moins bien dans mon sac.
  • Il est plus lourd, donc moins pratique à transporter.
  • Je ne vois pas l’intérêt de la roue des dépenses et de certains tableaux qui prennent beaucoup de place pour rien.
  • Il n’y a pas de tableaux récapitulatifs des différentes semaines avant le total final du mois.
  • Je trouve ça nul qu’ils aient pré-rempli les intitulés des lignes de la partie dépense : je n’ai ni prêt, ni animaux, ni place de parking à payer…

Maintenant comment pourrais-tu adapter certaines choses pour le rendre plus pratique pour toi ?

  • Je pourrais transformer la catégorie « essentiel » en « santé », et la catégorie « culture et loisirs » en « fournitures artistiques ».
  • Je pourrais remplacer le tableau de dépenses prévisionnelles par un modèle à ma sauce que je colle par-dessus tous les mois.
  • Idem avec un tableau final de dépense mensuel.

Bon, je comprends l’idée. Je vois que je peux l’utiliser quand même malgré les changements faits. Que certains changements sont même positifs, même si d’autres sont négatifs. Il y a toujours un bon côté à voir.

C’est l’histoire de voir le verre à moitié plein ou à moitié vide. En vérité, cela marche pour absolument tout. C’est votre état d’esprit et votre façon d’appréhender la réalité qui conditionnent comment vous la vivez : en paix ou dans la souffrance. Tu vois aussi que tu es capable de t’adapter et que si quelque chose ne te convient pas, une fois que tu l’as identifié, tu peux le modifier et l’améliorer.

Oui.

Est-ce que cet objet te fait toujours aussi peur maintenant ?

Non.

Maintenant que tu t’es reconnectée à tes ressources intérieures et que tu as pu voir que ces changements ne sont ni bons ni mauvais, tu peux travailler à apaiser ta peur du changement, en nourrissant ton besoin de sécurité. D’une part, tu peux te dire que tu n’es pas « obligée » d’utiliser cet objet, il est là pour t’aider, pas pour te gêner, tu gardes ta liberté.

C’est vrai.

Tu peux l’essayer, et s’il ne convient pas, en changer. Laisse-toi au moins un mois pour tester. Vois qu’il n’y a rien de définitif. Si ce changement ne te convient pas, tu pourras toujours changer de nouveau, revenir vers une forme qui te rassure plus.

Ok. En plus, je sais que ce n’est pas un livre qui me mordra… un objet comme ça n’est pas dangereux, il n’est fait que de papier.

Tu peux recourir à toutes les pensées positives que tu veux, du moment qu’elles te rassurent.  Tu peux aussi poser des actes.

Comme le balancer par terre ?

Pourquoi pas, ce n’est qu’un livre, tu peux très bien le jeter à tout moment, il n’a pas de pouvoir sur toi. Si cette idée te rassure, alors oui, fais le pour l’acte symbolique, mais fais-le en conscience. Le mieux est d’être capable de te rassurer au point d’éprouver de la gratitude pour cette chose.

  • Cet agenda va me permettre de noter tous mes RDV et de m’organiser. Grace à cela, je ne vais rien oublier et surtout je vais me libérer l’esprit.
  • Cet agenda me permet de noter mes dépenses, de les calculer, de les planifier et de gérer mon budget pour être sereine sur le plan financier.
  • J’éprouve de la gratitude d’avoir accès à cet objet pour m’aider dans ma vie de tous les jours.

Avec la gratitude dans le cœur, tu es maintenant prête à accepter cet objet tel qu’il est.

« Je dis oui à cet agenda. »

Et à accepter ce qu’il représente :

« Je dis oui aux changements dans ma vie que représente cet objet. »

Dire oui, à voix haute, en conscience, avec le « corps qui dit oui », permet de transformer le refus initial en acceptation et de libérer les tensions qu’il représente.

Je ressens encore un peu de peurs…

Et bien à toi de nourrir ton sentiment de sécurité encore et encore, jusqu’à te sentir sereine.

Oui.

Tes lecteurs comprendront, que ce processus que nous avons détaillé ici, avec l’exemple concret de l’agenda, peut s’appliquer pour tout objet, toute situation, toute pensée et toute personne. La méthode est la même, ce qui compte c’est le processus. En réalité il est très puissant. A chaque refus que vous abattez, à chaque oui que vous dites (vraiment avec le cœur), vous vous rapprochez de votre être et de la paix intérieure.

Merci à toi.

1 décembre 2019

Les voies détournées de l’égo

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Artiste : Kuvshinov-Ilya

Je me sens frustrée, ça ne va pas. Je ne peux pas peindre dans cet état ! Je ne comprends pas pourquoi cela m’a pris comme ça, hier soir, alors que j’essayais de peindre une fichue pivoine. Je n’arrivais pas à faire ce que je voulais avec mes pinceaux, ils sont trop souples et la pointe n’est pas assez fine ! Ça m’a énervée, j’en ai eu marre de ne pas avoir le bon outil pour ce que j’essayais de faire. Alors je me suis dit, bon, tu pourrais investir dans les mêmes pinceaux que tes artistes professionnelles préférées, c’est à dire un certain modèle de pinceau populaire pour l’aquarelle florale. Mais impossible de les trouver en Europe, c’est une marque américaine ! J’ai cherché sur pleins de sites internet, même les plus grands fournisseurs en matériel de Beaux-Arts en France, ils ne les ont pas ! Je suis allée sur ce site anglais qu’on m’avait conseillé et là, c’était rupture de stock. Même sur Amazon (que je n’utilise d’habitude jamais par principe de valeurs) il n’y avait pas de revendeur pour l’Europe ! Non mais franchement, qui croirait que c’est si difficile de se procurer un fichu pinceau ?! Et pourquoi, surtout, moi, je fais une fixation sur ça ?

Ce n’est pas l’outil qui fait l’artiste.

Je le sais. Sauf que là, vraiment, je n’ai pas de bon pinceau en poils synthétiques, qui soit assez ferme et pointu, pour les tracés que je veux faire. Je veux bien croire que le geste c’est 70% à 90% du résultat. Mais avec l’outil adéquat, c’est quand même mieux. Pourquoi est-ce que cela me frustre tant ?

Est-ce que le problème vient vraiment de là ?

Peut-être pas. Peut-être que ce n’est qu’une porte d’expression à une frustration plus profonde.

Cela fait plusieurs mois que tu tiens les ficelles de ta bourses serrées fermement.

* Soupir* Que veux-tu, c’est la dèche financièrement… Deux mois d’été sans cours de soutien scolaire, et bien ça ne fait pas rentrer d’argent.

Alors même que tu avais anticipé.

Et oui, j’avais fait quelques économies en prévision. Mais là, ça commence à être long. Ça m’énerve d’être au 10 de mois et de me dire que je n’ai plus d’argent à dépenser en dehors des frais planifiés pour le mois, parce que je me suis déjà fait plaisir en début de mois, avec des achats que j’avais déjà repoussé tout le long du mois précédent. Grmf, je n’aime pas ça, c’est en effet très déplaisant. Et comme je suis de genre à ne pas dépenser ce que je ne possède pas… Et bien, il faudra attendre.

Pourquoi ce que tu as ne te suffit pas ?

Je ne sais pas, d’habitude, cela me suffit. Je n’ai pas besoin de faire du shopping tous les mois, j’en fais même rarement. Et je préfère dépenser mon argent dans du matériel artistique, plutôt que des vêtements ou du maquillage par exemple, c’est ma marotte.

Cela te sert à compenser. Mais à compenser quoi ? Qu’as-tu à compenser là maintenant tout de suite ?

Je ne sais pas, ma frustration ? La frustration de ne toujours pas avoir de projet professionnel, la frustration de ne pas savoir ce que j’ai envie de faire. La frustration de me sentir limitée, financièrement, logistiquement (à vivre chez mes parents) et physiquement (avec la maladie et les jours de fatigue).

Et si on revenait ensemble sur ce dernier point ?

Et bien, il y a certains jours, comme hier, j’ai vraiment l’impression de subir la fatigue chronique et la maladie. Je ne peux pas faire ce que j’ai envie de faire.

Qu’aurais-tu fait si tu avais eu de l’énergie ?

Et bien, j’avais envie de tester la numérisation de quelques motifs d’aquarelle, de mettre en pratique ce que m’a appris mon amie.

Et de le dire, est-ce que tu te sens mieux ?

Pas vraiment, j’ai envie de pleurer. J’ai l’impression que je n’arriverais jamais à monter un projet ou créer quelque chose de concret. Cela apparait comme une montagne inamovible, nécessitant un total d’énergie énorme que je n’ai pas.

Toutes les montagnes se gravissent, une petite marche après l’autre. Juste une marche. Tu peux faire de toutes petites marches chaque jour. Un jour scanner. Un autre éditer le fond. Un autre reproduire le motif, un autre agencer. Tu n’es pas obligée de tout vouloir faire d’un coup. Même si cela avancera lentement, au moins tu auras l’impression d’avancer. Tu as déjà fait un grand pas en demandant un cours à ton amie.

Oui… Cela faisait un an que j’avais acheté le scanneur pour mes aquarelles, sans jamais vraiment m’en servir sérieusement.

Pourquoi cela ?

Et bien cela me semblait compliqué, d’apprendre à numériser mes aquarelles. Cette étape me semblait comme une montagne infranchissable.

Et regarde, tu es déjà sur le col de la montagne, il ne te reste plus qu’à appliquer. Tu as tout ce qu’il te faut, littéralement. Tu n’as pas besoin d’autres pinceaux ou d’autres outils. C’est l’égo qui cherche à détourner ton attention de ce qui compte, car il est effrayé. Il veut te faire croire qu’il te faut « plus », que tu n’as pas assez, que tu n’es pas « assez » pour y arriver. Ne lui en veut pas, il cherche juste à te protéger, il a une terreur bleue de l’échec et encore plus de la réussite. Mais tu peux l’accueillir dans ce qu’il ressent et le rassurer, plutôt que de lutter contre lui.

Comment ?

En prenant le temps de te connecter à cette part de toi qui a peur, de la rassurer, de la prendre dans tes bras et de la consoler. C’est normal d’avoir peur, c’est humain. Pour autant, tu n’es pas obligée de laisser cette part de toi te définir.

Plus facile à dire qu’à faire.

C’est la lumière de la conscience qui permet tout. Comprendre vos émotions et vos comportements inconscients permet d’agir dessus, il n’y a pas de mystère. L’égo est très fort pour prendre des voies détournées, il faut savoir les observer, pour composer avec.

Merci.

 7 octobre 2019

Le droit de s’exprimer

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Artiste : Selenada

Depuis quand est-ce que je n’arrive plus à peindre quand je suis préoccupée ?

Depuis que tu sais que ce n’est pas en peignant que tu éclairciras ton esprit.

La situation avec M. me préoccupe, cela me touche beaucoup. Je pensais que cela m’avait soulagé, qu’elle montre qu’elle avait entendu ce que je lui disais mais… Cela me rend triste. Je lui ai exprimé mon émotion et mon besoin, en veillant bien à ne pas être agressive dans mes mots, en m’appuyant sur la méthode de la communication non violente (CNV). Qu’aurais-je pu faire mieux ? J’ai quand même bien le droit de m’exprimer quand le comportement d’une personne me blesse, non ? Il n’aurait quand même pas été mieux que je refoule tout, que je nourrisse de la rancune inconsciemment, et pire que la situation se répète ?

C’est à toi de veiller sur toi, et donc oui, de faire en sorte qu’une situation qui te blesse ne se reproduise pas. Mais tu ne t’attendais pas à ce qu’elle réagisse aussi fort de son côté.

Non, c’est clair. Je l’ai toujours entendu exprimer et dire ce qu’elle ressentait, même quand les choses ne sont « pas ok pour elle ». Pourquoi n’aurais-je pas le droit d’en faire autant ?

Peut-être t’a-t-elle renvoyé en miroir ta propre agressivité ?

Je n’ai pas été agressive. J’ai dit que j’étais en colère. J’ai le droit, non, d’être en colère et de le dire ? Je n’ai pas crié, je n’ai pas hurlé, je n’ai pas écrit des propos agressifs ou accusatoires. Alors oui, je ressentais de la colère, je me suis sentie blessée et je ne voulais pas que cela se reproduise.

Pourquoi étais-tu en colère ?

Parce qu’elle m’a posé un lapin. Quand on a une relation à distance, un appel téléphonique ou un skype, c’est comme se voir en vrai, c’est le seul équivalent. On avait convenu de s’appeler le dimanche. Elle ne l’a pas fait, mais surtout, le vrai problème c’est qu’elle n’a pas prévenu qu’elle avait changé d’avis. Tu vois, qu’elle ne puisse plus, parce qu’elle a un imprévu ou qu’elle ne s’en sent plus l’envie, ça je peux comprendre. J’aurais été déçue, parce que nos échanges sont rares, mais je l’aurais accepté sans rien dire, c’est son droit. Mais qu’elle change d’avis sans même me tenir au courant… Moi, de mon côté, j’attendais son appel…

Je sais, j’aurais dû la relancer. Mais il y a une contradiction qui me gêne vraiment. D’un côté, elle déteste « qu’on lui mette la pression », alors du coup, moi je n’insiste pas dans mes messages. Quand elle dit un truc, je le considère comme décidé. Et de l’autre, elle m’a reproché de ne pas lui avoir donné de nouvelles et de ne pas l’avoir relancée. Comment suis-je censée réagir à ça ? J’aurais toujours faux ! Si je la relance, je lui mets la pression, et si je ne la relance pas, c’est de ma faute si elle ne donne pas de nouvelles… ça tu vois, ça me fait m’arracher les cheveux. C’est quoi cette contradiction ?

Pourquoi ce serait à moi de relancer les choses ? Je considère que dans une relation, on est responsable à 50% chacune de la communication. Oui, j’aurais certainement dû la relancer au lieu d’attendre « bêtement ». Mais elle aurait aussi dû me prévenir qu’elle ne comptait pas appeler ce jour-là, à partir du moment où elle l’avait décidé. Surtout qu’elle m’avait dit ok et que c’est elle qui a changé d’avis. Comment suis-je censée le deviner ? Par télépathie ? Je ne comprends pas pourquoi elle n’a pas pris la peine de me faire un petit sms comme d’habitude…

Parce qu’elle aussi est humaine, peut-être qu’elle ne se sentait pas bien ce jour-là ?

Je peux l’entendre, elle m’aurait dit « désolée, j’ai oublié… » ou « désolée, je n’étais pas bien ». Au lieu de ça, elle m’a reprochée à moi de ne pas l’avoir recontactée… Des reproches : elle renvoie la faute sur moi. Franchement je ne comprends pas.

Tu ne sais pas sur quelle blessure cela a tapé pour elle.

Non, je ne peux qu’essayer de deviner. Peut-être une forme de culpabilité pour ne pas m’avoir appelé, alors qu’elle sentait que je n’allais pas bien, et s’être écoutée en priorité ? Je ne sais pas, et je ne considère pas que ce soient ce qu’elle a à faire. Je ne suis pas amie avec la « thérapeute » mais avec la personne humaine entière qu’elle est. Je n’attends pas d’elle qu’elle me « sauve » ou m’aide à chaque fois que je ne vais pas bien. Juste qu’elle me respecte quand je lui exprime un besoin. Et je l’avais déjà exprimé à la Réunion, au tout début de notre relation d’amitié. Ça avait bien marché. Mais pas cette fois ci…  Franchement, je ne sais pas ce que je suis censée faire.

Tu as déjà identifié quelle blessure cela a touché en toi ?

Oui… Je déteste le silence. Je déteste qu’on me pose des lapins comme ça. Et ce n’est pas spécifique à elle, c’est pareil avec toutes mes autres relations. Je leur dis à tous « vous faites ce que vous voulez, du moment que si vous changez d’avis, vous me prévenez ». Sauf cas d’urgence évidemment. Le silence, c’est impossible à interpréter, on ne sait pas si l’autre vous a oublié, ou s’il ne peut pas, ou s’il ne veut pas, ou s’il a eu un accident… Comment peut-on savoir ? Je déteste le silence, car il me rappelle à ma blessure. Je le sais, je l’ai vu quelques jours après, quand la vague émotionnelle est retombée.  Je ne peux que travailler à guérir cette blessure petit à petit, avec le temps, les attentions et l’amour. Mais en attendant, je peux veiller à me protéger en exprimant mes besoins.

Du moment que tu identifies bien la blessure que cela touche derrière.

Bien sûr. Je sais que si cette blessure était guérie, cette histoire, sans grande importance de façon objective, ne m’aurait pas touché comme cela. C’est parce que la blessure est à vif que je réagis si violemment.

Alors c’est peut-être parce qu’elle aussi a une blessure à vif qu’elle a réagi aussi violemment.

Peut-être, je ne veux pas projeter ni interpréter quoi que ce soit, tant qu’elle ne m’aura pas dit elle-même ce qu’elle pense et ressent. J’espère juste qu’on arrivera à dénouer cette situation et à retrouver des échanges harmonieux, sans que notre amitié en pâtisse.

25 septembre

Les émotions profondes

Artiste : Yuumei

Vous est-il déjà arrivé de vous sentir frustré, comme si vous tourniez en rond, mais sans savoir pourquoi et d’où cela vient ? Et bien je me sens exactement comme ça en ce moment. J’ai beau essayer de faire ceci, ou cela, de méditer, d’aller me promener, d’écrire mes pensées, ce sentiment revient toujours. Décuplé par l’hypersensibilité.

Un nouvel automne arrive. Et sans savoir pourquoi, cette idée provoque une profonde envie de pleurer en moi. Que je ne comprends pas, sinon cela serait trop facile. On dit, et moi la première, que les émotions sont des messagers de notre âme. Elles nous permettent de comprendre ce qui est important pour nous, ce qui nous touche, ce qui nous parle, ce qui nous fait réagir et réouvre de vieilles plaies. Alors je me demande pourquoi, parfois, elles sont si difficiles à décrypter.

Vous savez, c’est comme si, par exemple, vous étiez allongé dans un champ, sur un drap moelleux, vous regardez le ciel bleu et ressentez la caresse du soleil. Il fait beau et chaud, vous êtes en agréable compagnie. Tout va bien. Et d’un seul coup, sans savoir pourquoi, vous ressentez une profonde et lancinante émotion désagréable (au choix : tristesse, désespoir, colère, amertume, …). Alors que vous n’avez ABSOLUMENT aucune raison de vous sentir mal. Et alors qu’absolument rien d’extérieur ne l’a provoqué. Ou peut-être  était-ce le passage d’un papillon, mais c’était tellement fugace que vous ne l’aviez même pas remarqué consciemment. Et là est le détail important, vous ne l’aviez pas remarqué CONSCIEMMENT. Mais quelque chose s’est passé, et a réveillé cette émotion en vous.

Comment comprendre un tel déferlement d’émotion quand la logique ne l’explique pas ? Quand vous ne savez pas ce qui l’a déclenché ? C’est un casse-tête sur lequel je me heurte encore et encore. Parfois, quelques petits bouts de réponses me sont donnés par des articles de Sylvie. En lien avec l’âme, quasi toujours. Mais la plupart du temps, je dois juste faire avec. Continuer à marcher alors que je ressens une solitude plus glaciale que le fin fond du cosmos. Ou bien me lever alors qu’une tristesse inconnue et abyssale pèse sur ma poitrine et m’empêche de respirer.

C’est exactement comme ça que je me sens en cet instant. Je n’arrive plus à Respirer. Respire Camille. J’ai beau faire entrer et sortir l’oxygène de mes poumons, rien ne change. Pourquoi ? Quelque chose m’oppresse, et je n’arrive pas à en identifier la source. Habituellement, quand ce sont des émotions de surface, « superficielles » comme je les appelle, écrire dans mon journal, méditer, peindre, cela suffit… Mais les émotions de grand fond, c’est une autre paire de manche. Même l’exercice de l’œuf intérieur de Camille Fraise ne suffit pas à les apaiser.

Elles sont là. Juste là. Sans explications, sans solutions. Comme un panneau écrit en chinois qui vous dit que quelque chose ne va pas. Mais quoi ? Me suis-je trompée de direction ? Est-ce que j’ai oublié de faire quelque chose ? Alors j’essaye de tendre l’oreille, et c’est comme si cette émotion me fuyait et jouait à cache-cache. Elle ne veut pas se dévoiler et me dire son secret. N’ai-je pas fait assez silence pour l’entendre ? Ou ai-je peur de l’écouter ? Que va-t-elle me révéler pour provoquer quelque chose de si terrible en moi ?

16 septembre 2018

Le temps qui passe

Artiste : Yuumei

Bonjour à tous,

Je reviens ici et j’ai le sentiment de trouver un champ en friche. Cela me fait de la peine, car j’ai toujours beaucoup aimé mon blog, et accordé de la valeur à ce que j’avais construit ici moi-même, avec mes mots, mes émotions et mon vécu. Partager ma réalité, mes expériences. Bonnes comme mauvaises, on peut toujours en tirer quelque chose, un élément de compréhension, une expérience, des réactions émotionnelles, un miroir dans lequel s’analyser.

Pourquoi n’ai-je plus réussi à écrire pendant tous ces mois ? Comme si les mots m’avaient fui en même temps que mes conversations avec mes guides. J’aurais pu continuer à écrire malgré cela, comme je le faisais au début, avec mes émotions et mes réflexions. Décortiquer ce qui traverse mon cœur et perturbe mon mental. Comprendre mes propres réactions et débusquer derrière mes schémas de pensées, mes comportements récurrents.

Peut-être tout simplement que je n’en avais plus envie. Que je me sentais trop fatiguée. Après un an de repos, je me sens mieux. J’ai acquis la certitude que quoi je traversais, je devais être ma première et meilleure amie et toujours me soutenir. Moi intérieurement et moi mon corps aussi. Je constate de plus en plus à quel point je suis quelqu’un qui aime le calme et qui a besoin de tranquillité. Dans mes pensées, dans mes activités, dans mon environnement. Je l’avais toujours vu comme une contrainte, à travers mon hypersensibilité aux énergies, aux foules, mon hyperacousie, etc. Finalement, je comprends que toutes ces « contraintes » sont en fait là pour m’aider à cerner ce qui me convient le mieux : le calme.

Alors j’aime de plus en plus peindre, passer du temps dans la nature, écrire et lire. Je découvre la joie des couleurs, la magie de l’eau avec l’aquarelle. J’observe le temps qui passe et qui fuit. Tellement vite. Mais où donc va-t-il ? J’ai enfin le sentiment d’avoir le temps de vivre, calmement, tranquillement. Et je reste désemparée face à la réalité que ma vitesse de croisière est 3 fois plus lente que celle de la société qui m’entoure. Comment alors y trouver ma place ? M’adapter tout en respectant mes besoins propres ? Trouver une façon de gagner ma vie et d’être autonome ?

Tant de réponses manquent à l’appel. Malgré le temps que je laisse au temps. Un an, c’est peu de chose dans une vie. Et en même temps, cela peut être beaucoup, si cela permet d’ouvrir la bonne porte. Néanmoins la porte qui me correspond reste dérobée à ma vue, et je continue d’errer. Un pas après l’autre, en espérant que le chemin se trouve quelque part, même si je ne suis pas encore capable de le voir.

21 mars 2018