Se protéger sur internet

blood_moon_akali_by_chibi_oneechan_dc95hje-fullview
Artiste : Chibi-oneechan

Bonjour,

Je n’ai pas du tout aimé mon cauchemar de cette nuit. Je rêvais dans mon rêve et on essayait de m’étrangler dans mon sommeil, très désagréable comme sensation !

C’était un avertissement.

Oui, j’ai compris. Qui fait suite à mon commentaire sur le blog de Sylvie. Il y a des petits malins qui pensent que « malade » = « opportunité pour attaquer dans l’astral ». Alors dès que j’ai le malheur de mentionner quelque part sur internet que je suis malade, en général, on m’envoie dans la foulée des attaques astrales. C’est vraiment stupide, ce n’est pas parce que je suis malade, que je ne veuille pas à me protéger. Et j’ai compris, je ne dois pas négliger de protéger mes énergies sur internet aussi. On a tendance à l’oublier, parce que c’est un « lieu » virtuel, mais les énergies y circulent bien aussi, de façon plus ou moins heureuse. Je me demandais comment ce genre de chose est possible via le blog de Sylvie ?

C’est à chacun d’être responsable de ses énergies et de se protéger.

Oui, mais… Je n’aimerais pas qu’il arrive la même chose à mes lecteurs.

Alors à toi de les prévenir clairement.

Bon, donc internet, c’est la « jungle ». Il y a des gens très biens, et des gens moins biens. Il y a des gens mal intentionnés qui peuvent repérer des « cibles potentielles » via leurs commentaires sur des blogs (surtout ceux sur la spiritualité/l’ésotérisme). Ces « cibles » sont souvent des personnes avec des capacités mais qui ne savent pas encore les gérer/se protéger, et donc qui font « des proies faciles ».  Ou bien encore des personnes qu’ils jugent avoir une puissance spirituelle inférieure à la leur (un peu comme si vous aviez moins de biscotto énergétique qu’eux), mais intéressante à dépouiller quand même.

Une fois leur cible repérée, ils vont chercher à leur voler leurs énergies dans l’astral, souvent dans les moments où vous ne vous en rendez pas compte, soit pendant votre sommeil. Tout ce que vous dites sur internet est public, même si vous pensez que vous n’êtes pas lu, ou par presque personne. Et tout ce que vous faites laisse une trace énergétique, que l’on peut remonter si l’on en a les capacités, un peu comme une piste. Sachez que ce genre de personnes mal intentionnées a tendance à rester invisible, et vous pouvez ne pas savoir qu’elle se promène là où vous publiez/commentez. Le mieux, donc, c’est de prendre les devants. Par exemple, en faisant une prière pour demander que vos écrits soient protégés, c’est une solution. Il en existe d’autres.

C’est vrai qu’on ne parle pas de ce genre de « chasseurs ». J’en ai fait les frais par le passé, mais j’ai appris à m’en protéger.

Si les attaques sont possibles, c’est toujours parce que vous avez quelque chose à travailler sur vous. Des failles énergétiques, un manque de protection, … Ce n’est jamais une fatalité. C’est à vous-même de prendre vos responsabilités pour ne pas que cela arrive, et à personne d’autre.

Ok, j’ai compris. Donc à chaque lecteur de prendre ses responsabilités quand il commente ici, ou ailleurs. C’est bon à savoir ce genre de choses. Personne ne me l’avait dit à moi, quand j’ai déboulé sur internet, jeune et naïve, la bouche en cœur !

Parfois on apprend avec l’expérience.

Oui, tu peux dire ça, lol ! Merci du rappel en tout cas.

18 novembre 2019

Au bon moment

flowing_out_by_yuumei_dc8jbni-fullview
Artiste : Yuumei

Cette nuit, j’ai rêvé de la fille de mon amie M. Elle me disait que sa mère lui manquait et que moi aussi je lui manquais. Cela m’a surprise, c’est rare qu’elle vienne me voir en rêve.

Mais elle le fait parfois, elle l’avait déjà fait une fois.

Oui. J’imagine qu’elle doit sentir, à travers son lien énergétique à sa mère, qu’elle et moi ça ne va pas en ce moment. Je ne pensais pas que cela l’affecterait autant.

Elle t’a toujours bien aimé cette petite.

Oui, c’est vrai, alors que j’ai passé assez peu de temps avec elle. Je me souviendrais toujours de la fois où elle avait réclamé que ce soit moi qui lui lise une histoire avant d’aller se coucher, alors qu’elle me connaissait à peine, ça m’avait fait rire.

Elle aime bien tes énergies.

Il faut croire, elle aime bien se glisser dans la pièce pour me dire bonjour quand je téléphone ou skype avec sa mère, c’est rigolo. Je l’aime bien aussi, c’est un sacré petit bout. Elle a des yeux fascinants…

Elle est un peu comme sa mère.

Chamane tu veux dire ? Probablement, même si c’est le temps qui nous dira. Je serais curieuse de savoir ce que son âme fait dans son sommeil quand elle dort. Enfin, je trouve ça triste que sa famille se dispute sur son départ à la Réunion, j’espère qu’elle n’en est pas trop affectée.

Ton amie n’a pas choisi une vie simple.

C’est sûr. Ce n’est pas facile de conjuguer élever un enfant et explorer sa liberté. Mais je ne suis pas là pour juger, je lui souhaite juste de trouver un chemin juste pour elle et juste pour sa fille en même temps.

Au milieu, on ne peut pas léser l’autre en cherchant à combler ses besoins, ce n’est pas un modèle durable.

Sinon il y a des retours de bâtons ?

Et des murs.

Oui, je l’ai compris. On ne peut pas prendre, juste si l’on veut, ou même si l’on en a besoin, dans le cas où cela lèse une autre personne. Il faut trouver une autre façon de faire. Cela demande d’être créatif…

Par exemple, tu ne pourrais pas créer ton propre atelier cercle de femmes là où tu habites, s’il y en avait déjà un, et que tu risquais d’attirer à toi des participantes d’un autre cercle. Ce serait léser l’autre créatrice de cercle.

Et ? Puisqu’il n’y en a pas, je pourrais ?

Au bon moment, oui.

C’est quoi le bon moment ?

Celui où tes énergies se déploient facilement, sans effort apparent.

Bon, vous me ferez signe alors ? *rire*

6 octobre 2019

Se reposer

winter escape_yuumei
Artiste : Yuumei

Il pleut, il mouille, c’est la fête à la grenouille ! (oui j’aime commencer mes posts en parlant de météo, que voulez-vous). Bouh, c’est un temps triste, qui donne envie de rester au chaud Ça tombe bien, mon niveau d’énergie n’est pas très haut aujourd’hui, je vais rester tranquille à me reposer. Quand le corps vous rappelle vos limites, mieux vaut l’écouter que tirer dessus… Même si cela ne me fait pas toujours plaisir ou contrarie mes plans. J’ai un peu tendance à l’oublier des fois. On ne peut pas toujours être au top de sa forme, le bioryhtme naturel a une phase d’expansion et une phase de récupération, c’est normal. Des fois, je me demande, par quelle absurdité on en est venu à imposer un rythme de travail ultra régulier et productif de façon constante, alors que l’être humain est fait de variations. Nous ne sommes pas des robots…

Bon vous me direz, la réponse est facile : « le diktat de l’argent » et du modèle capitaliste. Pffou, je n’aime vraiment pas parler de politique, mais je suis toujours sidérée de voir l’écart se creuser entre le rythme artificiel de nos sociétés et celui de la nature et de nos propres corps (n’oublions pas qu’à la base nous somme justes des animaux un peu évolués). Mais bon, c’est un sujet sur lequel je n’ai pas envie de m’étendre, parce que je ne vois pas trop ce que je peux y faire.

A part respecter ton propre rythme.

Oui, on va dire ça… Mon « propre » rythme. Du coup, j’ai l’impression d’être en décalage complet avec le reste de la planète.

Des êtres humains tu veux dire.

Oui, c’est vrai que les végétaux poussent lentement aussi…

Tu trouves donc que ton rythme est trop lent ?

Tu sais ce que j’en pense. J’ai l’impression ou bien de stagner ou bien d’avancer à une vitesse d’escargot. Encore aujourd’hui, j’ai une autre amie qui m’a annoncé qu’elle avait un bébé, après avoir acheté sa maison… Je sais que cela ne sert à rien de se comparer aux autres. Que ce n’est pas catastrophique de ne pas avoir de boulot ou de maison ou de famille à 30 ans. C’est juste qu’une partie de moi ne peut pas s’empêcher de ressentir de la tristesse. Pourquoi moi, est-ce que j’arpente ce chemin difficile au lieu d’avoir une vie « classique » ?

Est-ce que c’est ce que tu voudrais vraiment ?

En fait non, je pense que je m’ennuierais. Je rêve d’épanouissement, de vivre pleinement et pas de survivre comme la majorité. Mais des fois, j’aimerais juste que le chemin semble un peu plus plat et moins fatiguant. C’est tout.

Alors que serait-ce si le rythme était rapide ? Tu ne tiendrais pas le coup.

Ah, c’est une façon de voir… Je ne comprends pas pourquoi mon âme a choisi de traiter autant de sujets à la fois dans une seule vie.

Point positif, si elle l’a décidé, c’est qu’elle pense avoir la sagesse nécessaire pour y parvenir.

Mouis, si tu le dis. Pourquoi est-ce que je suis si fatiguée ?

Tu n’as qu’à te reposer.

Et c’est tout ?

C’est tout. Ne penses-tu pas que tu en as déjà assez fait cette semaine ?

Bon, se reposer alors. Merci.

6 octobre 2019

Poser des limites

sit_by_guweiz-dbp0har
Artiste : Guweiz

 

Je me sens énervée. La journée était bien partie, tout allait bien, jusqu’à ce que ma mère ait un comportement déplacé. Au lieu de me faire un bisou normal pour me dire au revoir, parce qu’elle partait, elle s’est jeté sur mon cou pour un espèce de bisou sniffage intrusif.

Je ne suis pas contente, j’en ai marre de son comportement invasif et imprévisible. Comment je pouvais deviner qu’elle allait faire ça ? Et sans me demander mon avis, ni me donner la possibilité de me retirer. Elle ne ferait pas ça à un inconnu, un collègue, ni même son amie proche. Pourquoi s’autorise-t-elle à le faire avec ses filles ? Ce n’est pas parce qu’elle est notre mère, qu’elle peut se permettre un comportement intime contre notre volonté. Je l’aime, là n’est pas le problème. Mais je ne suis plus son bébé. Je ne suis pas son mari, ni sa peluche. Je suis une personne humaine et adulte à part entière. Avec mon propre corps, mon propre libre-arbitre et mes propres envies. Je n’ai pas à subir les siennes. Si je n’ai pas envie d’être embrassée dans le cou, et bien c’est mon droit. L’amour, ce n’est pas comme ça. On ne prend pas ce que l’on veut, sans l’accord de l’autre. Et on ne donne pas non plus, si l’autre n’a pas envie de recevoir. L’amour c’est un échange consenti, pas quelque chose qu’on impose comme allant de soi.

Je suis vraiment remontée, là.

C’est encore une histoire de limites. Elle a dépassé les limites de ce que tu étais prête à donner, sans te demander ni ton avis, ni ton consentement. Elle t’a imposé son besoin et son envie à elle. Elle a voulu prendre, sans respecter tes propres besoins.

Oui, c’est encore une histoire de respect et de poser ses limites avec l’autre. Quand j’ai compris ce qu’elle faisait, je me suis reculée en disant « non », mais elle a essayé de s’agripper à mes épaules. Et quand je suis partie, elle m’a dit « allez reviens, que je te fasse juste un petit bisou », genre pour étouffer l’incident. Et j’ai répondu « non, non, non ». C’était hors de question pour moi qu’elle me touche encore après ce comportement invasif, que j’ai très mal supporté (d’ailleurs je me suis fait mal au cou en me dégageant). Et elle a alors répondu « Tu le regretteras ». Non mais tu y crois ça ?! Des menaces ?! Je suis fatiguée de son chantage affectif inconscient.

Elle ne se rend même pas compte de la conséquence de ses actes ! Après, elle s’étonne que je sois distante ! Mais c’est normal, je suis sur la défensive, je prends mes distances pour me protéger. Comment vais-je savoir quand elle s’avance pour me faire un bisou, si elle va se comporter normalement ou se jeter sur moi comme ça ? Comment je peux savoir quand elle vient dans ma chambre, si c’est pour prendre de mes nouvelles et se soucier de moi (comportement parental normal) ou bien pour réclamer de l’attention et de l’amour sans se soucier de ce que je suis en train de faire (comportement de son enfant intérieur blessé) ?

Non, vraiment, je n’en peux plus de cette situation.

Alors tu dois lui parler.

Je le sais, c’est juste que c’est compliqué… Déjà parce que l’on vit sous le même toit, et que c’est difficile de prendre le distance. Ensuite, parce que dès qu’elle a le sentiment qu’elle n’a pas fait ce qu’il fallait, elle passe en mode « enfant intérieur blessé » et alors, elle n’a plus un comportement émotionnel d’adulte.

Tu as peur de la blesser.

Bien sûr que j’ai peur de la blesser ! Ce n’est pas parce que je ne suis pas d’accord avec ses actes, que je ne l’aime pas ! Je n’ai pas envie de lui faire du mal !

Mais est-ce qu’exprimer tes ressentis et tes besoins de façon respectueuse, c’est lui faire du mal ?

Non, c’est la façon dont elle va le prendre qui va lui faire du mal. Elle va interpréter ça comme « je ne suis pas une bonne mère » et « tu me rejettes ».

Mais est-ce que cela t’appartient ?

Non, c’est vrai… C’est sa réaction en raison de ses blessures, son interprétation… Mais moi, je vois sa blessure, je n’ai pas envie de taper dedans.

Et pour cela, tu supporterais que l’on ne respecte pas tes propres besoins ?

Non…

Vivre ensemble, c’est apprendre à vivre intelligemment chacun avec vos blessures. Tu ne peux pas empêcher ta mère de réagir comme elle le fera, tant qu’elle n’aura pas guéri sa propre blessure. A la place, tu lui offres peut-être l’opportunité de prendre conscience de sa blessure. Comme avec ton autre amie dont tu parlais les jours précédents.

Si seulement… si seulement, c’était aussi simple que cela… Ma mère a une blessure béante et gigantesque de manque d’amour, par rapport à sa propre mère. Elle ne la voit pas, ou elle n’arrive pas à l’accepter, je ne sais pas. Toujours est-il que, c’est auprès de ses enfants qu’elle essaye de la combler. Et que de nombreuses fois, je me suis retrouvée face à une enfant intérieure blessée qui réclame de l’attention, de l’amour, alors que moi-même en tant qu’enfant, j’avais besoin d’une mère aimante.

Les blessures émotionnelles profondes peuvent vraiment transformer le comportement des gens. Et le rendre inadéquat par rapport aux situations et rôles vécus. C’est terrible…

Mais pour autant, tu n’y peux rien. Tu ne peux que t’occuper de tes propres blessures.

Oui, je sais… ça fait juste mal à voir. Mais tu as raison, ce n’est pas mon rôle de chercher à guérir sa blessure à elle. Je ne suis pas son thérapeute, ni son infirmière. Des années, je me suis escrimée à répondre à son besoin d’amour (mais ce n’était jamais assez) et à essayer de la pousser vers un travail thérapeutique sur elle-même. Mais en vrai, ce n’était pas lui rendre service, car elle s’est reposée sur moi et elle n’a pas pris sa propre responsabilité en main. Il n’y a qu’elle qui peut agir pour elle-même.

Tu ne peux que l’encourager et la soutenir d’à côté.

Mais pas faire le travail à sa place… je le sais. Si j’avais pu à une époque, je l’aurais fait. C’est toute la tragédie : je vois sa souffrance, alors qu’elle ne la voit pas elle-même. Ou qu’elle se leurre elle-même. C’est vraiment très difficile à vivre quand on aime quelqu’un comme j’aime ma maman.

Mais ton amour ne doit pas entraver ton jugement. Ce n’est pas parce que tu l’aimes que tu peux passer outre les comportements qui toi te nuisent et te blessent. C’est ton rôle d’adulte, en tant que parente aimante envers toi-même et ton enfant intérieur, de veiller sur toi- même, encore plus quand ta mère n’est pas en état de le faire elle-même.

Mais cela va plus loin, que ça… Je dois apprendre à me protéger de ma propre mère. Tu te rends compte ? C’est terrible.

Malheureusement, c’est fréquent. Des parents aux comportements toxiques, il y en a beaucoup. Parce que le cadre parent/enfant est souvent l’opportunité pour vous de travailler sur vos blessures intérieures. Autant pour les enfants, que pour les parents. Vous pouvez vraiment sortir grandis et guéris à travers ces expériences, si vous faites le travail adéquat.

Et bien, il y en a du boulot par chez moi…

Mais tu es en bonne voie. Autrefois, tu n’avais même pas conscience en quoi le comportement de ta mère était déplacé. Alors que ta sœur l’a tout de suite ressenti et a vite cherché à s’en protéger dès l’enfance. C’est pour ça que « ta sœur n’est pas tactile », d’après les propres mots de ta mère. Elle cherchait à se défendre de ses intrusions physiques et de ses câlins « vampirisant ».

Oui, je l’ai compris il y a peu… C’est dur d’en prendre conscience quand on est élevée comme ça et qu’on baigne dedans…

Alors que vas-tu dire à ta mère ?

Je vais lui dire que j’aimerais que nous revenions ensemble sur ce qui s’est passé tout à l’heure, pour en discuter tranquillement, car j’ai mal vécu cette situation et que je souhaite améliorer ça. Lorsqu’elle m’a embrassé de cette façon, je me suis sentie prise au dépourvue parce que je pensais qu’elle allait m’embrasser normalement, comme d’habitude. Je n’étais pas préparée à ce contact intime et donc je l’ai ressenti de façon intrusive. D’autre part, j’ai ressenti que mon libre-arbitre n’était pas respectée, car elle ne m’avait pas demandé mon consentement et je n’avais vraiment pas envie d’être touchée dans le cou à ce moment-là. Enfin, quand elle m’a dit « tu le regretteras », j’ai ressenti cela comme du chantage affectif et cela m’a mis en colère.

J’ai presque 30 ans, je suis une adulte, mon corps m’appartient et c’est mon droit de ne pas avoir envie d’être touchée comme ça, même par ma mère et même si je l’aime. D’autre part, les gestes d’amour physique pour être partagés doivent être consentis par les deux parties et non imposés seulement par un côté.

J’ai donc besoin, qu’à l’avenir, elle me prévienne de ses intentions pour des gestes aussi intimes, et qu’elle veille à ce que je sois d’accord avant de le faire. J’ai besoin qu’elle respecte mes limites physiques pour me sentir en sécurité et ne pas être constamment sur la défensive avec elle.

Voilà, je pense que j’ai fait le tour de ce que j’ai voulu exprimer. Je me suis relue, et je ne pense pas avoir formulé  les choses de façon agressive ou accusatoire.

C’est bien, mais tu peux rajouter ta question.

Est-ce qu’elle a conscience que ce genre de comportements souligne une blessure de manque d’amour en elle ?

Oui.

Brr, cela me fait des frissons dans le dos. J’ai peur de la manière dont elle va réagir.

Si tu arrives déjà à dire tout ça, c’est très bien. Veille à ne pas t’énerver, à être calme et patiente, et à vérifier qu’elle a bien compris chaque affirmation. Le reste coulera de source, du moment que tu te places bien dans une posture bienveillante. Tu ne lui parles pas pour la blesser ni la casser, mais pour défaire les nœuds entre vous et permettre plus de fluidité et d’amour dans vos échanges, sans qu’aucune ne soit blessée. Attends toi à ce qu’elle exprime ses ressentis et ses propres besoins en retour. Il est possible que ton refus de son geste l’ait blessé, car elle ne l’a pas compris. Explique-lui bien que ce n’est pas contre elle, mais par respect pour toi-même. On ne pénètre pas dans la sphère physique intime des gens sans leur consentement, enfant ou pas enfant.

Merci

1er octobre 2019

Se protéger

blue_by_claparo_sans-dag1bi0
Artiste : Claparo-sans

Je crois que j’ai attrapé froid à la gorge… Le changement de température de l’intersaison me semble toujours difficile pour mon corps

Pourtant, il fait encore doux.

C’est vrai, même s’il a fait moche et pluvieux toute la semaine dernière… ça m’a rendue un peu grognon, j’avais envie de soleil.

Mais tu as quand même profité de ta semaine ?

Oui, plutôt. Je n’en reviens pas que demain on est déjà au mois d’octobre. Le temps passe à une vitesse. Comment cela se fait-il que je ressente qu’il passe aussi vite, alors qu’il est le même pour tout le monde ? J’ai l’impression d’avoir à peine le temps de m’accoutumer à une saison, que la suivante arrive. Et je ne me fais pas au raccourcissement de la longueur des jours. J’aime peindre le soir à la lumière naturelle.

Et tu vas t’acheter une lampe pour pouvoir utiliser l’ampoule spéciale que tu as déjà.

Oui, le luminaire à coté de ma table de peinture fait une lumière trop jaune, cela fausse la perception des couleurs, ce n’est pas pratique du tout. En plus, elle fait beaucoup de chaleur, alors l’aquarelle sèche 2 fois plus vite et ce n’est pas commode pour travailler mouillé sur mouillé. Mais bon, et si on parlait de ce qui me tracasse vraiment ? Je ressens une grosse boule à la gorge…

Ton amie te tracasse. Tu te demandes pourquoi elle a réagi comme ça, n’est-ce pas ?

Oui, je ne la reconnais pas… Comme cela me touchait trop émotionnellement, j’ai fait appel à une des thérapeutes qui me suit, pour prendre du recul et avoir un avis extérieur neutre, d’une experte en communication non violente. De son point de vue, la réaction et les réponses de mon amie était dans l’égo… Je crois que je ne voulais pas l’admettre. J’ai bien vu que ses réponses, sous le vernis de ses mots, n’étaient pas bienveillantes du tout. Qui pourrait dire qu’une réponse n’est pas agressive quand on emploie des injures ? Ou que l’on fait des reproches à l’autre ? J’ai bien vu qu’elle a utilisé le prétexte de ce que j’ai exprimé (« je ressens de la colère ») pour s’autoriser à lâcher sa propre colère intérieure sur moi. Je vois bien que cela a fait caisse de résonance et que cela a touché une blessure profonde en elle, même si je ne sais pas laquelle. Je me demande si elle s’en rend compte…

Cela me fait de la peine la manière dont elle a rejeté la faute sur moi, sans assumer sa part de responsabilité dans ce conflit. Cela m’attriste de voir qu’elle a eu une attitude punitive envers moi (consciemment ou inconsciemment ?), et ça m’afflige d’entendre de quelqu’un d’extérieur, que je considère fiable, qu’il y a une forme de tentative de manipulation dans son comportement. Je me demande si c’est conscient ou non.

Franchement, je ne m’attendais pas à ça. Mais je suis restée droite dans mes bottes, j’ai dit mon ressenti et je l’ai exprimé de manière respectueuse. J’ai décidé de me respecter et de ne pas laisser couler une attitude qui m’a blessée. Je considère que j’ai agis de façon juste en accord avec moi-même, j’admets ma part de tort. Je ne peux rien faire de plus. Devrais-je faire quelque chose de plus ?

Cela t’a marqué, ce que t’a dit F. « On ne peut pas être thérapeute et dans la bienveillance un jour, et le lendemain être agressive et dans la communication violente ».

Oui, dans le fond, elle me disait que la bienveillance, ce n’est pas qu’avec les « clients », mais avec tout le monde… C’est une façon d’être au quotidien. Sinon, c’est être dans la dualité. Pourquoi serais-je bienveillante avec mes « patients » et pas avec mes proches ? Un jour oui, et l’autre non ? Alors, bien sûr, on a tous des hauts et des bas. Il  a des jours où l’on se sent moins bien, où les hormones peuvent nous rendre agressives, à fleur de peau ou solitaires. Mais dans ces jours-là, c’est à nous de prendre soin de soi, et pas aux autres de payer les pots cassés. On peut dire aux autres qu’on n’est pas bien et donc pas disponible. Cela arrive et cela s’entend.

Franchement, je ne sais pas quoi penser. Je trouve cela triste comme situation. Va-t-elle s’enferrer dans son silence ? Si ce n’est pas une question de respect pour elle, c’est une question de quoi alors ? Je suis très triste que ce soit dans ces circonstances là que je constate que j’ai fait du progrès en gestion de mes émotions et en communication non violente.

Tu ne peux qu’accueillir ta tristesse.

Pourquoi ai-je ce sentiment de perte ? Elle a décidé de claquer la porte à notre relation ? De me mettre dans le même panier que la famille qu’elle a laissé en métropole ? Cette situation ne me satisfait pas. Je n’aime pas les personnes qui fuient le conflit plutôt que d’y faire face. Est-ce ce qu’elle fait, ou prend-elle du temps pour prendre du recul et comprendre ce qu’elle traverse ? Ça m’énerve.

Mais ça lui appartient. Tu ne peux rien faire de plus, là d’où tu es. Tu as déjà essayé de lui faire remarquer que c’était elle qui projetait de l’agressivité, pour l’encourager à se poser la question du pourquoi.

Oui, et je n’ai que du silence en réponse.

Et ça te dérange ?

Pas comme cela le ferait autrefois, je me demande plutôt si c’est son égo qui l’empêche de me recontacter.

Et si c’était le cas ?

Et bien ce serait très triste et dommage, mais je ne pourrais rien pour elle. Je me demande même si c’est ce genre de relation que je voudrais avoir : quelqu’un qui me blesserait, se draperait dans son égo et m’ignorerait. Bien sûr, ce ne sont que des suppositions. Et j’espère que ce n’est pas le cas.

Ne lui trouve pas d’excuses, si elle n’en a pas. Tu as le droit de te respecter et de te protéger des comportements blessants qui te nuisent. C’est tout. Tu n’as pas à te justifier pour cela, du moment que tu restes respectueuse et bienveillante.

Pfff.

Dépense plutôt ton énergie à prendre soin de toi, plutôt qu’à t’inquiéter pour elle. Le reste ne t’appartient pas. C’est là où le lâcher prise intervient : « avoir la force de reconnaitre et d’accepter ce que l’on ne peut pas changer ». La réaction et le comportement de l’autre ne t’appartiennent pas, tu n’as aucune prise dessus. Tu aimerais savoir pour comprendre et pardonner. Mais parfois, ce n’est pas si simple que cela. Parfois les gens agissent mus par leurs blessures ou leur égo, et alors il n’y a pas de raisonnement qui tiennent face à ça. L’émotionnel n’est pas rationnel, il est sensibilité, blessures et réactions. Il est par moment incompréhensible pour autrui. Accepte-le et passe à autre chose.

Même si j’aime la personne ?

Même si tu aimes la personne. D’autant plus, tu ne devrais pas laisser son comportement te torturer l’esprit. Si elle tient vraiment à toi, alors son amour finira pas éclairer et dissiper son égo, et alors, à ce moment-là, elle pourra revenir vers toi. Si son égo est plus important, alors tu seras fixée sur l’amour qu’elle te porte.

Cela me semble dur comme jugement !

Et pourtant, l’amour inconditionnel se base-t-il sur des conditions ? « Je ne l’aime que si elle se plie à mon propre mode de fonctionnement ». Ce n’est pas comme ça que marche l’amour authentique, car le respect de soi et le respect de l’autre y sont tout aussi importants. On peut très bien se respecter et aimer l’autre, tout en le respectant aussi. Ceux qui croient le contraire tombent dans la domination ou la manipulation. Pourquoi faudrait-il que l’autre se plie à mes besoins, parce qu’il m’aime, et de ce fait, ne respecte pas ses propres besoins ? Dans une relation équilibrée, il n’y a que des gagnant-gagnants pas de gagnant-perdants.

Je comprends ce que tu dis, et j’en suis convaincue.

Alors applique-le dans ta vie. Et ne laisse personne avoir un comportement blessant répétitif avec toi, encore moins dans les moments où tu es fragile. Les amies, dont tu dois te protéger quand tu n’es pas bien, ne sont pas vraiment des amies.

Merci.

30 septembre