Science sans conscience ?

Artiste : Yuumei

Comme vous avez pu vous en rendre compte, je ne suis plus très présente sur mon blog depuis quelques temps. Il y a maintes raison, mais globalement, je ne ressens pas l’élan ni le besoin d’écrire ici, et je ne souhaite pas forcer la chose. Mes guides sont aux abonnés absents, tout du moins, ne se montrent-ils pas et ne souhaitent pas se manifester quand je les appelle. On dirait que je traverse une de ces phases du style « on ne te répondra pas, c’est à toi d’apprendre par toi-même et de trouver d’autres solutions ». Soit, j’ai décidé de lâcher l’affaire, comme dit Camille, ça ne sert à rien de chercher à se prendre un mur.

Voilà pourquoi j’ai parfois le sentiment que la guidance que je reçois est très instable et aléatoire. Certains me répondront peut-être que, j’ai déjà de la chance de pouvoir écrire avec mes guides ponctuellement. Mais la réalité, c’est que ce n’est pas moi qui décide. Quand eux le veulent, ils vont trouver les moyens pour m’en donner envie ou m’y pousser. J’ai cette impression illusoire que c’est moi qui décide, quand écrire ou pas, mais c’est une construction totalement fausse de mon égo pour me rassurer. Car dans ces périodes de silence, il m’arrive mainte fois de penser à mon blog, ou d’avoir envie que quelque chose s’écrive, mais je ne ressens pas cet élan, cette énergie nécessaire pour le faire. Alors qu’aujourd’hui oui.

Est-ce une question de ressources énergétiques ? Peut-être. Il est vrai que, malgré mes méditations, mes nuits de repos, etc, j’ai souvent bien du mal à avoir le sentiment de réussir à me ressourcer. Ma santé est très chaotique, et mes expériences spirituelles semblent beaucoup l’impacter. Je n’ai toujours pas trouvé le moyen de corriger ça, de l’influencer, ni même de le comprendre ou de le prédire avant un travail énergétique spécifique. Des fois cela me rend chèvre. J’ai beau lutter, essayer de comprendre, de rétablir mon état, de demander guidance ou aide énergétique, et bien que dalle.

Alors j’ai décidé de lâcher l’affaire. Parce que tout ça, ça me fatigue. Ça me fatigue de ne rien comprendre, de chercher à comprendre et encore plus de n’avoir aucune réponse ou des bribes incompréhensibles. Certaines personnes vivent très bien leur vie sans avoir conscience des réalités énergétiques cachées derrière notre monde physique. Je devrais bien y arriver aussi non ? Prendre les choses comme elles viennent, profiter des signes qui peuvent pointer leur nez quand mes guides le veulent. Ou bien des rêves ou messages à la volée. S’il y en a, tant mieux, sinon tant pis. Envoyer valdinguer les bouquins de théorie et de pratique en spiritualité.

J’ai décidé de ressortir ma console de jeux, de reprendre la guitare. Bref de faire d’autres choses. Parce que ça m’énerve de constater que quoi je fasse, mon intérêt se tourne toujours vers le spirituel. Pourquoi les boutiques qui m’attirent le plus sont quasiment toujours des librairies ésotériques ? Pourquoi quoi que je fasse, je me retrouve toujours à acheter des oracles, des bouquins en lien avec les plantes et/ou la spiritualité ? Quand je regarde ma bibliothèque, ça me fatigue aussi. De quoi donc sais-je parler au-delà de ça ? Pourquoi est-ce que j’ai le sentiment de m’ennuyer avec mes amis au bout de tout un we, si des questions spirituelles, philosophiques ou en lien avec la nature et les plantes, ne sont pas soulevées ? Des fois, cela me fatigue moi-même, cette faim insatiable de quelque chose dans ce domaine, mais quoi ?

Mes amies m’ont fait remarquer que j’apportais parfois des indices et des réponses intéressantes – qui à moi me semblent évidents, mais ne le sont pas pour tout le monde, en lien avec leur développement personnel. Peut-être, tant mieux pour elles, ça me fait plaisir de les aider. De mon côté à moi, je me sens tourner en rond. J’ai l’impression d’être inculte sur un grand nombre d’autres sujets – histoire, musique, cinéma, politique, fonctionnement de la société, etc… Et pourtant, bien que je sois confrontée à mon ignorance et que cela m’énerve, je n’en ai pas pour autant l’énergie ou l’envie d’aller me cultiver dans ces domaines-là. En soi, ce n’est pas grave, on ne peut pas tout connaitre. Mais j’ai parfois l’impression d’être une totale inculte dans une conversation banale de culture générale. Et là, je ne parle même pas du fait que suivre les actualités me plombent trop le moral, et donc que je suis rarement à la page sur ce sujet-là aussi.

Peut-on vivre dans une bulle coupée du monde ? De sa réalité sociétale, politique et scientifique ?

Depuis que je suis revenue de la Réunion, je me suis mise à lire les 2 ans de Science et Vie engrangés en mon absence. Et nombre d’articles me semblent carrément effrayants… Nanotechnologie pour contrôler des libellules et s’en servir de mini drone, culture de cellules humaines dans des embryons de porcs, projet pour cloner la personnalité et conserver le cerveau en vie après la mort, recherche sur les animaux génétiquement modifiés pour la production animale… Tout ça ne sont que quelques exemples piochés au hasard. Mais les chercheurs vont toujours plus loin, et se sont souvent ceux qui travaillent dans les Start Up ou des équivalents de Silicone Valley.

Alors, je ne critique pas en soi la recherche scientifique, la soif de progrès et de découvertes. Après tout, j’ai suivi une formation scientifique et je suis moi-même avare d’une meilleure compréhension de la physiologie végétale. La science est un de mes intérêts principaux.

Mais « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Et j’observe que toutes ces innovations et ces projets, qui questionnent notre moral, notre éthique, notre sens du « naturel » et du « normal » sont issus de travaux poussés par un fonctionnement capitaliste. C’est à la première Start Up qui aura l’innovation la plus efficiente et rentable, que reviendront les gains. D’où une course à l’innovation sans prise réelle de recul, sans étude des questions éthiques et morales. Et l’état (principalement les USA) et la législation, en charge de ses questions-là, sont évidemment à la ramasse, au vu de la vitesse d’évolution des technologies et des recherches.

Moi qui ai de base un esprit scientifique, j’avoue être de plus en plus gênée et dégoûtée par certains travaux scientifiques. Cela fait des années que je lis Sciences et Vie, mais je ne me souviens pas, par le passé, avoir lu des articles sur des thèmes de recherche si sensibles, écrit de façon aussi banalisée. Est-ce moi qui ai changé de regard ? Ou la science prend-elle réellement un tournant « capitalistique » alarmant (attention, je ne parle pas de la recherche publique ici) ? Est-ce simplement que je commence à me sentir dépassée, maintenant que je suis sortie du circuit de formation et que je deviens réfractaire aux nouveautés radicales ? Ou ai-je pris du recul sur la machine toute puissante que représente la Science dans notre société ?

Oui, la science est nécessaire et utile. Oui la science permet d’améliorer notre santé, nos conditions de vies et notre espérance de vie. Mais la science est-elle la réponse à tout ? De plus en plus, je suis persuadée que science sans « spiritualité » reste une science « superficielle ». Et quand je parle de « spiritualité », je ne parle pas de croyance ou de religion, mais de connaissances des systèmes énergétiques, des différents plans (éthérique, astral, mental, émotionnel, …), d’une autre vision de l’organisation de la vie, de l’existence d’êtres subtils, de l’existence de liens énergétiques et subtils invisibles qui impactent les choses entre elles. Comment comprendre réellement un système quand on ne prend en compte que la moitié de ses éléments, sous prétexte que les autres sont invisibles ? Comme si on ne regardait qu’une seule face d’une pièce. Grâce à la physique quantique, on n’a pu se rendre compte que les choses ne sont pas toujours si simples à l’échelle quantique qu’à l’échelle macro, que la réalité est trompeuse et qu’elle diffère de par la présence même d’un observateur.

Des fois, j’ai le sentiment que l’être humain se sent de plus en plus puissant et sûr de lui-même grâce aux progrès de la science, mais qu’il en oublie l’essentiel. Qu’est-ce que la vie ? Qu’est-ce que le respect de la vie ? Comment vivre en harmonie entre nous-même et avec notre environnement ? Quelle est le principal ? Notre confort, notre mode de vie, notre compréhension et notre contrôle du monde ? Ou notre joie de vivre, notre amour, notre présence au monde dans chaque instant ?

Serions-nous capable de couper un arbre, si nous avions rencontré son esprit et été touchés et soignés par lui ? Serions-nous capable de polluer un fleuve si nous avions joué avec les esprits de l’eau qui y vivent ? Serions-nous capable de traiter les animaux comme des objets à disposition s’ils nous avaient apporté leur sagesse et leur aide ?

J’ai toujours aimé la nature, et surtout les végétaux. Depuis toute petite. Mais je n’ai jamais posé un tel regard sur elle que depuis que je pratique le chamanisme et que je suis entrée en contact avec les esprits de la nature, récemment. Ils sont là, autour de nous, et à ceux qui savent les aimer et les respecter, ils sont capables d’apporter enseignement, sagesse et soins.

Et je suis triste de me sentir aussi écartelée entre ce monde humain moderne, notre société, et cette Nature et ses réalités subtiles. Comment trouver ma place dans cet entre-deux inconfortable ? Comment répondre aux réalités de ma société (gagner de l’argent pour vivre) tout en respectant mes valeurs profondes (respect de la nature et de la vie) ?

Par moment, ce monde humain me semble devenir fou. Et je me sens schizophrène : la paix dans mon jardin et auprès des esprits de la nature ; à l’opposé de la violence (psychologique, monétaire, physique…) et la lutte (pauvreté, lutte des classes, pour l’éducation, etc..) dans ma société, ma ville, ma vie professionnelle…

A choisir entre les deux, je préfère encore m’isoler dans mon jardin. J’ai plus de mal que jamais avec les choses superficielles, les discours négatifs, alarmistes ou insidieusement violent, les conversations mondaines, les exigences de la société. Je me sens comme en train de décrocher de cette réalité humaine. Mais est-ce vraiment la réalité ? Est-ce que le modèle que nous propose notre société – travailler pour consommer – est celui qui nous permet de Vivre, d’être et d’aimer sans entraves ?

Je n’ai pas de réponses à ces questions, et mon avenir professionnel me semble parfois bien noir dans un tel contexte sociétal – où je me sens comme un mouton noir. Je serais probablement prise pour une folle si j’avançais de tels propos auprès de la communauté scientifique, et même par la majorité des gens. Il est sûr que mon discours ne peut toucher qu’un petit nombre de gens, déjà avertis ou ouverts d’esprit. Devrais-je pour autant sacrifier mes valeurs et ma perception du monde ? Hors de question ! Plutôt mourir…

Il ne me reste donc plus qu’à trouver une forme de compromis… un pont entre les deux ?

6 juin 2017

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Arbre de vie

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Artiste : source perdue, merci de me la préciser si vous la connaissez !

Dimanche, je m’étais dit que j’allais peindre. C’était l’envie que je ressentais la veille. Mais le jour J, bizarrement, j’avais de l’énergie pour faire tout un tas d’autres choses : rangement, ménage, réponses à mes emails, liste de meubles à vendre, estimation du prix de vente de ma voiture, etc… Bref, tout sauf l’état d’esprit pour m’assoir devant une toile. Alors c’est bien, j’ai avancé sur plein de détails matériels qui me tracassaient.

Je ne sais pas pourquoi je me sentais aussi agitée intérieurement. Peut-être à cause du rêve très perturbant de ma nuit dernière, concernant encore une fois mon ex compagnon, mais avec un scénario assez inédit cette fois. Encore un rêve bizarre au message incompréhensible et probablement dérangeant pour qu’il ne passe pas.

J’ai eu vraiment du mal à me poser. Mais une fois cela fait, une fois le calme intérieur retrouvé, j’ai eu cette image qui est venue, celle d’un coquelicot sur un fond de ciel bleu. Et j’ai eu envie de la peindre, là comme ça, tout de suite, à 23h du soir. Pourquoi pas ? Finalement, cela a été beaucoup plus rapide que ce à quoi je m’attendais.

Mais face au résultat, je me sens mal à l’aise, je n’aime pas les énergies que je ressens. Pourquoi cela me noue le plexus solaire, alors que l’image qui m’est venue pendant ma méditation était si calme et apaisante ? J’ai même la nausée…

Bon, après un exercice d’accueil de ces énergies dans mon cœur et de transmutation en énergie de lumière, cela va mieux… Mais je n’aime pas trop cette façon de faire remonter des énergies enfouies… Ce n’est pas agréable. Je préfère quand ce que je crée me donne tout de suite un sentiment de « justesse » ou de bien-être. Comme cette création avec des jeux de matière autour d’un cœur. Celle-là, je ne me lasse pas de la regarder, et je l’aime un peu plus à chaque fois, même si au départ je n’en étais pas entièrement satisfaite.

Tu as appris à l’aimer comme elle est, même si elle n’est pas parfaite. Mais tu aimes les jeux de textures et de couleurs.

Oui, c’est vrai. J’ai adoré découvrir en atelier les médiums qui existaient pour donner diverses textures. C’est une des choses que j’ai très envie d’acheter en rentrant aussi. Parce que là, même en peignant au couteau, la peinture a « ramolli » et les bords nets et acérés sont en train de fondre, snif. Ça change quand même beaucoup le rendu. Et puis en séchant, l’acrylique ne brillera plus. Il faut que je m’achète aussi un vernis brillant, pour faire ressortir certains éléments de la toile, ça serait chouette !

Fais une liste, de tout ce dont tu as envie et que tu sais déjà utiliser.

Oui ! Ahaha, ça sera la chose la plus amusante à faire en rentrant, faire les magasins de fournitures artistiques. Ça me fait envie !

C’est une bonne chose que tu ais des projets agréables en rentrant. Et pas seulement celui de trier tout le tas de cartons que tu as laissé en partant à l’improviste. Parfois, se concentrer sur le côté agréable des choses aident à avancer, petit à petit. Et sans que tu t’en rendes compte, pouf ! Tu as déjà monté une marche, passé une porte, découvert une nouvelle prairie devant toi.

Comme pour ton arbre intérieur. Etait-ce agréable de peindre ce petit oiseau tout doux sur une de tes branches ?

Oui. Je ne sais pas, j’ai eu comme un déclic « ah, c’est ça peindre ! ». Une énergie agréable m’a enveloppé, comme le plumage de cet oiseau rosé et blanc, tout doux, tout doux. Tout à coup, peindre ne m’a plus semblé difficile, technique ou fatiguant. Peu importe la précision et la réalité du rendu, du moment que je ressens les énergies et que je les pose sur la toile. Le reste n’a pas d’importance. Même si on ne distingue pas son aile de son corps, même s’il n’a pas d’yeux, et même si je n’ai pas pris la bonne couleur pour le bec, lol !

Et ces fleurs alors ? Elles étaient drôles aussi à peindre ?

Oui, j’ai fait les pétales extérieurs roses, celles du cœur blanches, je me suis même amusée à faire les étamines. Le rendu donnait du relief. J’ai été surprise de constater qu’une de mes branches portées des fleurs !

Alors même que le cœur de l’arbre est noir comme la suie et creux, ton arbre est capable de fleurir, vois-tu. Il est même capable de donner vie à une nouvelle pousse, à proximité de ce cœur. Et le plus important, c’est que tu constates qu’il n’y a pas que cette affreuse branche brulée.

Oui, encore cette histoire de brûlure de l’âme qui revient…

Elle est là. Mais elle ne te définit pas. Elle n’est qu’une branche parmi d’autres sur ton arbre. Qui par ailleurs à un tronc et des racines solides, bien dessinées. C’est ça qu’il faut que tu remarques. Ton arbre intérieur est capable de continuer à pousser et à générer de nouvelles branches. Certes, il ne peut pas régénérer celle qui est calcinée par la foudre. Mais d’autres branches pousseront, et quand le moment sera venu, cette branche s’élaguera d’elle-même. Elle tombera pour former à la place une cicatrice et laisser un espace de développement pour les autres branches.

Tu le sais, c’est comme ça que les arbres fonctionnent dans la nature. Et c’est en parti pour ça qu’ils te fascinent. Pour leur capacité à survivre à la perte d’une branche maitresse, à se renouveler, à croitre en dépit des pertes subies, des blessures et des hivers traversés. La sagesse des arbres est profonde, et ils peuvent t’apporter beaucoup. Tu le sais, mais tu ne sais pas comment.

Et bien concentre-toi sur ton arbre intérieur. Observe le vivre, grandir, évoluer, perdre des branches et en laisser d’autre pousser. Observe comment tes actions permettent de le nourrir ou bien de l’affamer. De le faire fleurir et peut-être même de donner des fruits et des graines. Accueillie le cycle de la vie en toi, comme l’arbre l’accueille tranquillement en restant sur place. Après l’hiver, viens le printemps…

Merci.

5 mars 207

La force du végétal

Artiste : Päivi Valkonen

Artiste : Päivi Valkonen

« Mises dans des conditions franchement défavorables, les plantes [notamment les arbres] peuvent évidemment mourir ; mais si vivre reste possible, elles surmontent les difficultés avec une opiniâtreté qui force l’admiration. Si j’osais cette métaphore animale, je parlerais de leur « courage » ; elles ne se contentent pas de survivre, elles reprennent leur place dans la végétation d’origine et, si les conditions redeviennent favorables, elles parviennent à effacer toute trace de périodes difficiles, aidés en cela par leur autonomie, par le fait qu’elles n’éprouvent aucune difficulté à changer de forme et par la manière qu’elles ont de disposer du temps. »

Eloge de la plante, Francis Hallé

Quand je suis tombée sur ce passage dans ma lecture, j’ai eu comme un tilt dans ma tête. Alors que ces derniers jours je réfléchis et j’échange sur les sujets de blessure de l’âme, de processus de guérison, de cicatrice sur le blog de Sylvie. Je suis admirative de la capacité du végétal à non pas « survivre », comme nous humains le faisons pour la majorité, mais à vivre et s’étendre, à rayonner et grandir, à « guérir » malgré les épreuves traversées. L’arbre et les plantes sont vraiment fascinantes, et je pense que si on prenait le temps de les observer, de les comprendre, on pourrait apprendre beaucoup d’elles… Car j’aimerais avoir ces qualités-là, à défaut qu’elles soient physiques, mais au moins sur les plans émotionnels, mentaux et énergétiques.

Certes quand on coupe la branche d’un arbre, elle n’est pas exactement remplacée, au même endroit avec la même structure, et il reste une cicatrice : on peut voir sur le tronc le nœud correspondant à la branche coupée. Mais l’arbre fait pousser une nouvelle branche à proximité pour remplir ce « vide » dans l’espace qui l’entoure et le valoriser.

Si un arbre tombe, et s’il est dans des conditions favorables (lumière, humidité, comme on peut en trouver dans une forêt tropicale), des rejets vont pousser sur ses racines, son tronc, ses branches. De « l’individu » couché au sol, il va se former sur cette ligne plusieurs nouveaux « individus », des répétitions d’une branche qui font en grandissant se transformer en arbre alors que le tronc d’origine va se décomposer autour et finir par disparaitre. Fort de cette apparente mort, un arbre renait en une colonie d’arbre. C’est un mécanisme fascinant !

Transposons cela à l’image énergétique d’un être humain : à chaque « mort spirituelle », celle où l’on abandonne une part de soi qui ne nous est plus utile (schémas de pensées négatifs, peurs cristallisées, etc), on serait, en mimant le principe de l’arbre, capable de renaitre à soi sous de multiples et nouvelles facettes, toutes plus jeunes et vigoureuses, nous permettant d’élargir notre enracinement dans le monde et d’étendre notre champ d’existence (et donc de conscience). Ce serait en soi un puissant processus d’évolution spirituel. Décidément, je n’en démords pas dans l’idée que les arbres feraient des guides spirituels fascinants pour ceux capable de travailler avec eux et d’arriver à leur portée ! Cela me fait envie !

6 décembre 2016

La vie est belle [voyage chamanique]

Artiste : Yuumei

Artiste : Yuumei

Il y a des moments où la vie est faite de peurs, de doutes, de luttes contre soi-même, et par extension avec les autres. Dans ces moments-là, rien ne semble certain, et toutes ces lourdeurs semblent étouffer nos élans de vie.

Et puis, il y a ces autres moments, plus rares, où les connexions se font, où les messages apparaissent, où la beauté du monde qui nous entoure nous touche. Tout à coup, la vie est belle. Le cœur est serein, parfois même emplie de gratitude, et l’avenir n’est plus si sombre. Un rayon de lumière a fugacement percé les nuages gris.

Toute la difficulté réside a percé cette couche de nuage, pour faire de l’espace à ces rais de lumière. A garder foi que malgré les moments difficiles, la vie reste belle.

Je ne suis pas très bonne à ce jeu de la vie, même si j’essaye de m’améliorer. Il est vrai que ma mère m’a toujours dit que j’avais cette tendance naturelle à voir le verre à moitié vide au lieu de plein. Mais il est vrai aussi que l’on est programmé génétiquement de cette façon. Voir le négatif, imaginer les pires scénarios et s’y préparer mentalement a été un processus efficace pour la survie de notre espèce et il est resté imprimé dans nos cerveaux [cf je ne sais plus quel numéro de Science et Vie]. C’est à nous de faire un travail conscient de reconditionnement vers la pensée positive, qui en réalité n’est pas biologiquement programmée. Autant dire qu’au départ, c’est une lutte de tous les instants – encore faut-il avoir réussi à prendre conscience de ce schéma de pensée négatif et à s’en être dissocié (ce qui sont déjà de sacrés grands pas).

Parfois, un rayon de lumière me touche. Comme aujourd’hui, alors que j’ai lu un livre inspirant et que j’ai pris la peine de m’entraîner à dessiner. Comme si ouvrir son cerveau à la créativité et à l’esthétique permettait de mieux laisser entrer la beauté de la vie aussi.

Je suis sortie me promener, j’ai écouté le chant des oiseaux, profité des doux rayons dorés du soleil déclinant. Je me suis arrêtée un temps pour observer un petit coin de nature, dans cette zone délaissée de l’homme en pleine ville – la ravine. [En zone tropical, c’est un lit de rivière asséché, colonisé par la nature, qui n’est submergé qu’à la saison des pluies, lors de violentes averses].

Apaisée, présente à ce qui m’entourait, j’ai décidé de fermer les yeux et de partir en voyage chamanique pour me connecter à l’esprit d’un arbre près de moi. Après lui avoir demandé sa permission, je suis entrée en lui pour observer un spectacle magnifique, que je ne saurais fidèlement décrire. J’étais au centre de son être et je voyais ces cellules végétales, comme on verrait un vitrail. Leur forme allongée, leur paroi et leur noyau semblable au métal qui lie les morceaux de verre, le reste des cellules d’un verre translucide illuminé par le soleil lui conférant une teinte vert clair lumineuse.

[Petit aparté scientifique pour aider à la compréhension]

Vous le savez peut être déjà, les cellules des végétaux se différencient de celles des animaux par plusieurs points caractéristiques. Elles ont notamment une paroi rigide qui leur donne une forme stable, rectangulaire et allongée (là où les cellules animales sont souvent rondes, mais peuvent avoir des formes bizarres tels que les neurones). Ces cellules végétales sont également beaucoup plus grandes que les animales : 100 μm contre 10 à 20 μm.

Autre rappel, il n’est pas connu chez les végétaux d’équivalent à notre système nerveux et notre centralisation, les plantes n’ont pas de « cerveau », de moelle épinière et de nerf, tout du moins rien de connu selon le référentiel animal. Aucun organe central connu qui dicterait le développement de la plante et de son fonctionnement, ce qui fait souvent considérer les plantes comme des « êtres inférieurs » car on ne peut concevoir – nous humains anthropocentristes – une forme d’intelligence sans un tel organe. Evidemment, la question de « l’équivalence d’un cerveau ou d’un système nerveux » a été posée par de nombreux scientifiques, sans qu’une réponse n’ait été apportée.

[Fin de l’aparté scientifique, merci de m’avoir suivi !]

J’étais donc au centre de cet arbre à admirer le vitrail de ses cellules et à me poser la question de son fonctionnement. Et là, l’arbre m’a soufflé de poser le doigt sur une cellule, celle-ci s’est activé, et elle activait la cellule juste au-dessus, et encore au-dessus, formant ainsi un « fil » de cellules alignées et connectées par la verticale. En suivant ce « fil de cellules » dont l’activation se propageait du centre vers le haut, j’arrivais à une branche et à un nœud, et l’activation de ce fil entrainait la formation d’une feuille. Revenue au centre de l’arbre, je touchais un autre fil, et le remontant, je voyais qu’il déclenchait le développement d’un autre bourgeon végétatif, puis un autre fil d’un bourgeon floral.

Ainsi l’arbre me montrait qu’il n’avait pas une architecture centralisée comme chez les animaux, mais une architecture filaire, où chaque fil donne un organe, et où l’ensemble des fils tissent une trame comme le ferait une tapisserie vivante. Je pouvais également suivre les fils dans le sol.

Mais ce qui m’a le plus surprise, c’est qu’en suivant un fil vers le haut, celui-ci ne s’arrêtait pas au bout de l’organe ! Il continuait comme un fil énergétique dans le ciel pour en réalité se connecter à un fil d’un autre arbre à proximité. Et pouf ! D’un coup je suis passé du fil de cet arbre à feuilles caduques, au ciel, au fil d’un sapin. Et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, je me retrouvais au centre de ce deuxième arbre qui offrait lui aussi un vitrail de cellules magnifique mais au vert plus foncé, comme la couleur de ses épines. De l’intérieur je pouvais percevoir la forme du tronc, la taille et l’espace occupé par ce sapin, qui semblait vraiment juste à côté de mon premier arbre visité. J’ai suivi un fil pour visiter ses racines et voir que les fils des deux arbres s’y entrecroisaient et se connectaient.

Autre leçon chamanique : tous les arbres sont connectés entre eux, non pas seulement par les racines (comme les scientifiques l’admettent selon certains critères) mais aussi par une connexion aérienne entre individus via leurs organes, probablement énergétique ? Voilà un vécu bien loin des théories scientifiques…

Revenue à moi, j’ai pu ouvrir les yeux pour observer qu’en effet, derrière et entremêlé à l’arbre que j’avais choisi pour ce voyage, se trouver un sapin fin et discret, que le contrejour du soleil m’avait caché, jusqu’à ce que ce dernier disparaisse de l’horizon pendant mon voyage chamanique. Quelle n’a pas été ma surprise de constater que ce sapin avait exactement la taille et les dimensions que j’avais ressenties depuis son intérieur !

C’était pour moi la première expérience de voyage chamanique avec des végétaux où se mêlaient des « intuitions » de fonctionnement biologique et énergétique. Ma première vision de ces derniers du « point de vue intérieur » de l’arbre, comme j’en abordais l’idée dans cet article « Les plantes ont-elles une conscience ? ». A défaut de m’apporter de véritables connaissances scientifiques, cela m’ouvre à des pistes de réflexion, une autre manière de voir et des intuitions à tester…

Après tout, Einstein disait « La seule chose qui a de la valeur est l’intuition. » et Henri Poincaré « C’est avec la logique que nous prouvons et avec l’intuition que nous trouvons. ».

25 novembre 2016

Les plantes ont-elles une conscience ?

Artiste :

Jeune Banian (Ficus benghalensis), arbre sacré. Photographie panoramique, Anses des Cascades, La Réunion.  Auteur : Les Rêves de Célia, 2016.

Préambule : ce texte est issu d’une d’exploration de ma pensée à un moment t donné. Il ne se veut ni comme une vérité, ni comme une affirmation scientifique, ni comme des idées fixées, mais comme une base de réflexion et d’ouverture au débat. N’hésitez pas à me faire part de vos questions et de vos critiques, du moment que celles-ci sont formulées de façon constructives. Bonne lecture !

Je veux écrire un article sur le thème de la « conscience » chez le règne végétal. Mais comment aborder cette notion, si vaste, complexe et surtout non admise ?

Dans cette émission de France Inter, la Tête au Carré, intitulée « Les plantes, des êtres vivants à (re)prendre en considération ! » en podcast ici, certains scientifiques essayent de casser les préjugés en donnant des informations découvertes récemment, en essayant de communiquer et de vulgariser auprès du grand public. Mais ils restent malgré tout très prudents sur le choix des mots et sur les informations transmises.

Et je me dis que cette recherche scientifique est exactement dans le même schéma que la recherche médicale occidentale : aveugle aux réalités invisibles, aux fonctionnements énergétiques et aux prises de conscience dépassant le mental, qui pourtant sont admises dans les médecines orientales.

Certaines questions laissées sans réponse dans l’émission me paraissent d’une évidence, selon le point de vue de ma vision ouverte sur la spiritualité, ma sensibilité aux énergies des cristaux, des lieux et des gens. Mais voilà, ce ne sont que des intuitions, des perceptions basées sur ma sensibilité aux mondes subtiles. Rien de scientifique là dedans, aucune preuve à apporter. Bizarrement, cela ne me choque pas et ne va pas à l’encontre de ma formation d’ingénieur dans le végétal. Au contraire, on a eu des cours poussés de physiologie végétale, et j’étais fascinée par les mécanismes mis à jour chez les plantes. Sur la complexité du pilotage de cette machine par les hormones végétales, la formation de mycorhizes (association de racines et de champignons pour des échanges bénéfiques) par exemple.

Les plantes m’ont fasciné ! Et ce module sur l’architecture des arbres, c’était fantastique ! J’avais compris depuis longtemps, grâce à cela, que les vieux arbres deviennent de véritables colonies et que par là même, ils deviennent immortels. J’aurais pu passer des heures à étudier ces mécanismes, à apprendre la magie du vivant des arbres. Mais aussi celles des plantes bien plus modestes. C’est probablement ce qui m’a attiré chez les plantes médicinales, car la majorité de leurs principes actifs, à l’origine de leur propriété, sont souvent issus de mécanismes de défense ou d’évolution particulière.

La nature et les plantes regorgent d’une telle richesse et d’une telle sagesse. Comme le dit un des intervenants de l’émission, les plantes sont économes. Elles ne prélèvent que ce dont elles ont besoin, elles n’accumulent pas de façon inutile, comme nous autres humains pouvons le faire avec les minéraux, les denrées alimentaires, etc… Et surtout, elles sont intégrées à leur environnement et utiles : « On dit souvent que l’arbre vient du sol. Mais en réalité, il est né d’un stock de polluants, puisqu’il est constitué à 40 % de molécules à base de carbone (le reste est de l’eau). L’arbre a cherché le carbone dans l’air, l’a épuré et transformé en bois. Alors, couper un arbre, c’est comme détruire une usine d’épuration. » (Francis Hallé, articlé très intéressant à lire ici).

 Ce qui m’a particulièrement frappée à l’écoute de cette émission, et malgré que je le sache déjà de par ma formation scientifique en végétale, ce sont les points suivants :

  • « Les plantes se nourrissent principalement de lumière». Grâce à la photosynthèse et l’absorption de CO2 (et de minéraux quand même). Mais c’est bien leur première source d’énergie !
  • « les plantes sont totalement ouvertes à leur environnement » Puisqu’elles ont des organes en extérieur, qu’elles s’allient avec d’autres organismes extérieurs pour certains services (mycorhizes, pollinisateurs, insectes auxiliaires…), qu’elles s’adaptent à l’environnement qui les entourent.

Pensez-y juste deux minutes : les plantes absorbent la lumière et le CO2 avec leurs feuilles, grandes ouvertes vers le ciel. Nous absorbons nos nutriments via notre système digestif bien caché dans notre ventre. Idem pour la « respiration », feuilles VS poumon. Et que dire des fleurs ? Ces organes sexuels présentés et exhibés aux yeux de tous, alors que les nôtres sont protégés avec pudeur.

Les deux mots ici qui m’ont interpellé le plus sont « lumière » et « ouverture ». Si on s’y intéresse d’un point de vue spirituel, ce sont souvent des notions associés à un niveau d’évolution spirituelle élevée.

On peut prendre l’exemple de certains ascètes qui cherchent à ne se nourrir que de lumière. On peut le prendre de façon plus figuré «se nourrir de lumière » ou encore de pensées élevées, chercher à atteindre l’illumination, à élever sa pensée, à ne plus se nourrir de pensées négatives, de jugements et de schémas néfastes.

Quant à la notion d’ouverture, n’est-ce pas ce que l’on cherche à atteindre lorsqu’on choisit un chemin de développement personnel ? S’ouvrir à soi-même, pour découvrir nos richesses intérieures et apprendre à s’aimer. S’ouvrir à l’autre, apprendre à communiquer, faire preuve de compassion, échanger dans un partage équilibré. S’ouvrir à l’univers, aux réalités inconnues, au principe Divin (quel que soit la façon dont vous le nommez). S’ouvrir aux possibilités pour évoluer, apprendre, comprendre et s’épanouir. On parle bien de notion « d’ouverture d’esprit » et « d’ouverture spirituelle ».

D’après ce parallèle, on peut donc se poser la question du « niveau spirituel » des plantes. Exhiber de telles caractéristiques de façon physique, n’est-il pas un indice du potentiel spirituel de ces êtres qu’on ne comprend pas ? L’extérieur peut-il être un indice de l’intériorité d’un être ? Y a-t-il besoin d’avoir un cerveau et un système nerveux pour posséder un corps énergétique (tel qu’accepté et défini par exemple par les médecines ayurvédique et chinoise) et la conscience qui lui est rattaché ?

De par mon expérience de travail avec l’énergie des cristaux, je peux affirmer (de façon absolument empirique), qu’une « entité » organique ou minérale n’a pas besoin d’un système nerveux pour posséder une énergie subtile propre, qui de fait est « contenue » ou tout du moins limité par un « corps énergétique ». Si un cristal en a un, pourquoi pas une plante ? On admet bien l’existence de ce corps énergétique pour l’être humain dans de nombreuses et anciennes traditions (médecines ayurvédique et chinoise, etc). On commence à en parler pour les animaux. Et les plantes alors ?

Faire ce parallèle est un peu troublant. Je sais qu’il est assez simpliste, se nourrit de notions « grossières » et que je ne fais que survoler la description scientifique (qui par ailleurs trouve des exceptions dans le domaine végétal faisant contresens). Mais l’idée n’est pas ici d’être « précise, scientifique ». Juste de poser des mots sur un ressenti. Car ici, toutes les comparaisons que je fais sont placées du point de vue « humain ». Et du coup, tombent sous le coup de l’anthropomorphisme.

Quelles seraient ces perceptions du point de vue du végétal ? Comment un organisme vivant si différent « perçoit »-il les êtres humains ? Et quelle en est sa lecture ?

Alors je sais que l’on peut arguer que les plantes ne « perçoivent pas ». C’est vrai d’un point de vue scientifique, on n’a pas prouvé que les plantes possèdent des organes ou des récepteurs biochimiques capables de reconnaitre les êtres humains. Il n’existe aucune preuve de cette capacité physique à reconnaitre les humains.

Bien que les plantes soient capable de « reconnaitre » les minéraux dont elles ont besoin, l’eau dont elles ont besoin (et d’orienter leurs racines vers elle), les insectes qui les agressent ou au contraire qui les aident, les végétaux amis ou ennemis (compétition, plantules issus du même pied, etc…). Alors pourquoi ne pas posséder aussi un mécanisme pour « reconnaitre » les animaux et les humains ?

Si d’après le parallèle précédent, on postule que les plantes possèdent un corps énergétique, alors grâce à celui-ci, les plantes sont capables de ressentir les autres corps énergétiques qui entrent en contact avec le leur (de par la proximité physique). Ainsi, si un homme se promène sous un arbre, la portée de son corps énergétique entrera en contact avec celui de l’arbre, rendant ainsi possible à l’arbre de « sentir la présence » de l’homme, sans qu’il n’y ait pourtant de contact physique entre eux ou d’interaction biochimique. Ce qui pourrait par exemple donner des pistes de compréhension sur l’effet apaisant et ressourçant de la proximité d’un arbre chez l’homme. Être mis en lien avec les travaux existants sur les propriétés des élixirs floraux, des propriétés énergétiques de guérison des arbres (cf Patrice Bouchardon).

Bon, ce que je dis n’a rien de nouveau, dans la sphère spirituelle et de développement personnel. Bien que je n’ai encore jamais lu de livres dessus, malgré certaines références données, je suis certaine que ce discours sur la « conscience des arbres » existe de par ailleurs.

Mais ce qui m’intéresse ici, c’est de renverser cette notion. Car quoi que j’ai entendu ou lu de façon superficielle, la question de la conscience du végétal se base toujours sur le modèle de l’être humain. On cherche toujours à projeter notre forme de conscience sur les autres modèles de vie, que cela soit l’animal ou le végétal. Mais a-t-on déjà essayé, plutôt que de l’appréhender par nos yeux et notre cerveau humain, de le faire depuis les cellules d’un arbre ? A-t-on déjà essayé d’imaginer la façon dont « sent » un arbre ? Ou « clairsient » (à travers des sens énergétique) ? Quel est sa propre conscience de lui-même ? Est-elle à un niveau spirituel bien supérieur à celui des hommes ? Peut-elle seulement être appréhendée par un cerveau humain ? Et si oui, comment l’arbre nous perçoit nous être humain ? Peut-on créer une carte de ses « sens » qu’ils soient physiques ou énergétiques ? Peut-on représenter sa perception du monde ? Avec quels outils ?

J’imagine que c’est ici que l’on sort du domaine scientifique et philosophique pour passer à celui du spirituel. Car je n’ai pas connaissance, à ce jour, d’outils capables de réaliser un tel travail exploratoire dans les domaines cartésiens. C’est donc probablement ici que le chamanisme et l’art entre dans la danse. Premièrement pour pouvoir canaliser une autre vision, celle d’un être différent de soi, et deuxièmement, pour représenter et donner forme à cette vision inconnue, en s’affranchissant des mots et du mental humain.

Peut-on seulement s’approcher du type de conscience de l’arbre et des plantes en général ? Dans ce documentaire sur Francis Hallé et son éloge des plantes (que je vous conseille vivement : vidéo ici), il fait part de cette différence fondamentale entre l’arbre et l’homme. L’homme maitrise la composante spatiale de son environnement (car il peut se déplacer) alors que l’arbre maitrise la composante temporelle (de par son immortalité théorique, l’adaptation aux saisons, etc). Je me suis alors rappelée de cet article que j’avais écrit il y a bien longtemps « La vision de l’homme », où je parlais justement de l’incapacité de l’homme à se projeter dans l’échelle de temps des arbres…

Et si l’arbre et l’homme pouvaient se « rencontrer » dans un plan atemporel et sans espace pour aplanir leurs différences et engager une forme de d’échange de « conscience humaine à clairsentience végétale » ?

1er novembre 2016

Ajout postérieur : Si ce sujet vous intéresse, je vous invite également à lire cet article de blog que j’ai beaucoup apprécié « Plantes sensibles, plantes intelligentes : ce qui devait être dit »

PS : merci aux personnes qui m’ont aider à nourrir cette réflexion, elles se reconnaitront ;)