Un atelier plus grand

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Artiste : Chibi-onechan

Aujourd’hui, c’est le 1er jour officiel de l’automne. Ce matin, je n’avais pas envie de me lever, temps gris et froid, j’avais juste envie de rester au chaud sous ma couette. Il y a des jours comme ça, je ne saurais pas dire si ce sont les variations d’hormones, le manque de sommeil ou bien la perspective de la journée qui m’attend. Heureusement, j’ai pensé à l’article de blog de Sylvie sur les journées difficiles, et j’ai essayé de réfléchir à un moyen de rendre cette journée plus agréable. J’ai opté pour un bon chocolat chaud, avec les crêpes cuisinées hier. Et puis un survêtement bien chaud et moelleux, pour affronter ce 1er jour frisquet de l’automne.

Tu ne te sens pas bien ?

Non pas trop. Certains jours c’est comme ça, à fleur de peau.

Tu devrais continuer ta cure d’huile d’onagre.

Oui, je vais le faire. Je crois qu’il faudrait aussi que je surveille d’un peu plus près mon apport en Oméga 3.

Ces choses-là sont importantes aussi. Il ne faut pas négliger le corps. Les soins énergétiques ne sont pas tout.

Oui, bien sûr. Une carence en vitamine D ne partira pas comme ça, avec une simple visualisation.

Tu peux nous parler, tu sais ?

Cela fait tellement longtemps, je ne suis plus habituée.

Pourtant, on est là, juste à côté. On a toujours été là et on le sera toujours.

Oui, tout à coup, cela semble évident, et pourtant….

Ce n’est pas nous qui fuyons. C’est toi qui fuis ton propre cœur quand tu ne nous parles plus.

Je n’avais pas compris qu’il renfermait encore tant de douleurs. Un moment cela va, puis le suivant je suis submergée par la douleur et rien n’y fait.

Dans ces moments-là, viens nous parler.

Il y a tellement de choses que je ne comprends pas, tellement d’émotions qui débordent

Est-ce important pour aller là où tu dois aller ?

Je ne sais pas. Je ne sais pas où je vais.

« Un pas après l’autre »

Je sais… mais, je suis fatiguée d’errer sans cause.

Ta seule cause devrait être de prendre soin de toi-même.

Sans me soucier de chercher un travail ?

Sans te soucier de chercher un travail pour l’instant. Même si tu voudrais un chez toi.

Je veux un chez moi. J’ai envie d’avoir mon atelier de peinture. Et plus juste une table. Mais un espace où je peux vraiment étaler mes toiles, les vernir, les accrocher ou les ranger. Je n’ai plus assez de place dans ma chambre pour accrocher mes toiles acryliques, et je ne parle même pas des aquarelles qui ne sont pas encadrées. J’aimerais pouvoir laisser mes tubes de peintures en vrac, mon matériel prêt à peindre à toute heure. Je ne peux pas dans la cuisine, la table est trop petite et c’est un espace de vie commun. C’est déjà bien que j’ai cet espace, mais il n’est plus suffisant.

Y a-t-il vraiment besoin de tant d’espace que ça pour s’exprimer ?

Je ne sais pas. On peut se contenter de petit. Je travaille sur des petits formats en acrylique car je manque de place, et l’aquarelle est un medium très pratique quand on a peu d’espace. Des fois je me sens limitée. J’aimerais mettre ma toile par terre et m’agenouiller à côté. J’aimerais pouvoir accrocher de grandes toiles sur un mur et pouvoir me défouler dessus à grand coup de pinceaux. J’aimerais un mur entier où coller des images d’inspiration, des cadres déjà réalisées, des citations et des envies de projet. Oui, j’aimerais vraiment un espace dédié juste à ça, rien que pour moi. Un atelier d’expérimentations et de libertés. Juste moi, seule. Dans le calme et la lumière.

Tu ne te sentirais pas seule ?

Quelle drôle de question. Dans mon atelier, jamais. Dans un salon ou un espace de vie, peut-être par moments… Bien sûr, l’idéal serait d’avoir mon atelier dans une maison, que je partagerais avec la personne de mon cœur. Oui, ça, ça serait l’idéal.

Alors l’atelier ne serait plus un lieu de refuge ?

Ce serait toujours un havre de paix. Mais j’imagine que si mon cœur est au calme et en paix, je ne viendrais plus pour y chercher cela, mais pour exprimer ce que j’ai vraiment envie d’exprimer.

Tu vois la différence ?

Oui…

Nous ne voulons pas qu’en ayant ton atelier, tu te coupes du monde.

C’est vrai, ça pourrait être le risque.

Tu n’as pas besoin d’un atelier plus grand pour trouver la paix en toi.

Parce qu’elle est accessible où que je sois…

Mais tu voudrais un atelier plus grand…

Parce que j’ai besoin de m’exprimer ?

23 septembre 2019

Peindre son univers intérieur

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Artiste : Yuumei

Ça y est, l’automne arrive. Cela se sent dans les matins plus frais, les feuilles qui commencent à tomber et le fond de l’air venteux. Je n’en reviens pas à quelle vitesse l’été est passé ! Et ma bonne résolution d’écrire plus souvent ici ? *soupir* Pour être honnête, je n’ai pas vu le temps passer.

Et tu avais toujours quelque chose de mieux à faire.

C’est vrai, j’ai beaucoup peint. Cela me prend beaucoup de temps, plus peut-être même que le temps que je passais à écrire ici avant.

Mais tu ne partages pas tes peintures. Pourquoi ça ?

Parce que j’explore dans mon coin, je ne sais pas trop où je vais et ce que je fais. J’essaye juste de m’amuser. J’imagine que je n’ai pas assez confiance en mes qualités d’artiste pour m’exposer. Pas sur ce que je fais, sans suivre de modèle ou de cours en tout cas.

C’est intime n’est-ce pas ?

C’est vrai, parfois. Certaines choses que j’ai faites me plaisent bien. Mais je ne suis pas sûre que grand monde comprendrait. C’est de la peinture abstraite.

Et alors ? C’est ton univers, c’est ça qui est intéressant.

Oui et non, j’ai l’impression justement de chercher comment exprimer et explorer cet univers intérieur et je trouve cela compliqué. Avec la peinture, il y a la barrière de la technique, des matériaux, du dessin… C’est complexe, et parfois vraiment impossible de reproduire l’image qui me vient en tête… Quand il y en a une. Je ressens vraiment de la frustration parfois à chercher quoi peindre.

Alors que c’est plus facile avec les mots ?

Peut-être, mais seulement si l’on ne se ment pas à  soi-même. Si l’on ne se fuit pas et si l’on a conscience de ce que l’on veut exprimer.

L’art se passe de ce genre de barrières.

C’est vrai. Pas besoin de mots, on peut essayer juste de reproduire une impression, un sentiment, quelque chose de vague. Mais je ne dirais pas que c’est facile. C’est même ardu en fait, je trouve.

Alors on peut rester sur le « juste s’amuser ».

C’est vrai, et en même temps… Des fois je sens que ce n’est pas suffisant, mais je ne sais pas vers quoi aller.

Pourquoi est-ce que tu peins ?

Je ne suis pas trop sûre. Peut-être qu’une partie de moi cherche à fuir la réalité à travers la peinture. Je me concentre sur les couleurs, les traits, les textures. Je ne pense plus au reste, ça fait du bien. Cela allège le poids de la maladie et du reste. J’oublie que j’ai l’impression de m’enliser dans une situation inextricable. Et en même temps, des fois, peindre est effrayant.

L’univers des possibles, hein ?

Je dirais plutôt la peur de l’inconnu. Ou de ce qui peut émerger de moi, de sombre et d’effrayant. Peu de monde a envie de peindre ce genre de choses. La majorité des gens préfèrent peindre des choses « belles » ou tout du moins qui seront jugées de cette manière. Moi aussi je l’avoue.

Alors il faut une certaine dose de courage pour peindre des choses effrayantes et réelles ?

Oui, je pense… C’est accepter de se mettre à nu dans ses parts d’ombre. « Regardez, c’est cette souffrance que je ressens ». Je trouve ça difficile de se donner la liberté de le peindre.

Plus qu’avec des mots ?

Peut-être. Parce que cela va au-delà des mots. C’est l’émotion elle-même et son énergie que cela véhicule. Cela peut être vraiment dérangeant/choquant à observer après. Il y a quelques-unes de mes créations qui sont comme ça. D’une certaine manière, je les trouve belles, mais dérangeantes. Et celles-là, je n’ai vraiment pas envie de les partager.

C’est ton droit.

Oui, j’ai décidé de ne pas me forcer. Quand je sentirais le besoin de montrer, et bien j’y réfléchirais. J’avais pensé il y a longtemps à créer une galerie sur un blog. Ce n’est pas encore le moment, mais j’espère qu’il viendra un jour.

On y travaillera.

Si tu le dis, lol ! Bon je sais, l’expression est un enjeu personnel pour moi. Vaste. Je cherche comment exprimer qui je suis à travers un travail et pour l’instant je ne trouve pas. Cela me cause beaucoup de chagrins, car en plus je me sens vraiment freinée par la maladie.

Mais on en parlera une autre fois ?

Oui, c’est ça, je n’en ai pas envie aujourd’hui. Merci pour l’échange.

21 septembre 2019

Un jour après l’autre…

Auteur : Les Rêves de Celia

Un jour après l’autre, il suffit de dessiner,

              d’écouter le chant des oiseaux, de sentir le soleil sur sa peau,                de goûter le parfum de l’eau.

Un jour après l’autre, il suffit de regarder,

les hirondelles passer, les feuilles des arbres s’agiter.

Un jour après l’autre, il suffit de trouver la paix dans son cœur

pour apprécier l’instant présent.

4 mai 2017

A long walk

Auteur :
Auteur : Les Rêves de Celia. Croquis petite plage de l’Etang Salé.

[Texte en anglais. La flemme de traduire en français aujourd’hui.]

 

 – It’s been hell of a long road. Do you think this path will lead me somewhere?

– I’m guessing the only way to find it is to keep walking, again and again, one step after another one.

– Are you sure it’s gonna take me somewhere?

Well, you don’t have somewhere to go, you’ve got to become yourself. The destination doesn’t count, you know.

– Sure, but it does matter to me that I’m seeing some improvements. If the landscape is always the same, how do I know that I’m really walking forward? And not simply standing still? Or worse, moving backward?

– Only faith can respond to this fear. As it is, you don’t need to go anywhere, well actually, not in your inner landscape. The outside world is only a reflection to help you looking in the mirror.

– Oh, well… That’s been helping me so much, thanks…

– Don’t mock me. You’re the only one choosing to make yourself unhappy. By your way of thinking, yours fears and your way of acting.

– Oh, so how I should do?

– Be gentle with yourself. Always. That’s all what will be needed for you to realise that your landscape is moving, and growing pretty nice. Even if slowly.

26 janvier 2017