Se donner les moyens d’évoluer [ART]

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Artiste : Chibi-oneechan

Bonjour,

Je n’arrive pas à me décider pour acheter une tablette graphique… Est-ce que vous pouvez m’aider à prendre une décision ? J’ai étudié mes besoins, les différents modèles, les prix et promotions, et bien que je sache ce que je veux, je n’arrive pas à me passer à l’action… Qu’est-ce qui me bloque ?

Tes peurs évidemment. Plutôt que de t’échiner à lutter contre, liste-les.

Bon… Peur de dépenser trop et de manquer d’argent après. Peur de me tromper dans mon choix. Peur des jugements aussi (« quoi, elle s’offre une tablette alors qu’elle est fauchée et fait des petits cadeaux ? »). Une part de moi se dit aussi « essaye de trouver moins cher, moins cher… »

Et pourtant, serait-ce une bonne idée, selon toi, de commander moins cher, à un grossiste étranger ?

En réalité, je préfère commander à un enseigne fiable, auprès de laquelle je pourrais me tourner si j’ai un problème de garantie ou une panne inexpliquée… Cette idée-là me rassure. Donc en promotion, mais pas à n’importe quelle condition…

Pourquoi hésites-tu à prendre le modèle que tu as vu ?

Parce que c’est cher, je n’avais initialement pas prévu de dépenser ce budget-là dans une tablette.

Pourtant au départ, tu voulais un iPad pro.

J’ai renoncé devant le prix… et l’incertitude d’utiliser l’application Procreate qui aurait motivé ce choix… Je n’utilise déjà pas ma tablette graphique alors…

C’est une sage réflexion, en revanche tu es sûre d’utiliser intensément la lecture vidéo et les applications sur le net.

Oui, je veux pouvoir regarder des vidéos facilement depuis ma table de peinture. J’ai investi dans des cours numériques de peinture et un abonnement Skillshare, et je me rends compte que je ne les utilise pas, parce que je n’ai pas le support adéquat pour les visionner. Mon téléphone est trop petit. Mon PC portable n’a plus de batterie…

Donc c’est un besoin justifié, mûrement pesé et réfléchi ?

Oui, j’y pense depuis cet été…

Et qu’est-ce qui justifierait que tu ne répondes pas à ce besoin ?

Un problème financier ?

Or est-ce le cas ? As-tu, au jour d’aujourd’hui de quoi payer cet investissement ?

Et bien, il me reste un peu d’économie de cet été, j’attends la prime de Noel du RSA, et j’ai eu une rentrée imprévue d’argent. Il me suffirait de compléter en prélevant sur mon budget formation…

Donc, tu ne te mettrais pas dans le rouge en faisait cet investissement ?

Non… En revanche, j’ai beaucoup dépensé pour mes cadeaux de Noël le mois dernier…

C’est un autre sujet. Ne mélange pas et ne laisse pas ton mental t’entrainer sur de fausses excuses. On traitera le reste après. Bon, donc tu as un besoin et tu as les moyens d’y répondre. Pourquoi ne le fais-tu pas ?

Peur de me tromper ?

Te tromper dans quoi ?

Le choix du modèle pour répondre à mes besoins.

Au jour d’aujourd’hui, tu as identifié tes besoins actuels. Tu ne peux pas savoir ce qu’ils seront demain, c’est ton besoin de contrôle et ton égo qui veulent être absolument sûrs, que ce tu achètes répondra à tous tes besoins. Hors une tablette peut-elle répondre à tous tes besoins et ceux qui émergeront ?

Non, bien sûr que non…

Tu veux être sûre que cet argent sera bien dépensé ? Et bien cela implique que tu t’engages réellement à suivre tes cours de peinture, de Photoshop et tout ce qui est dormant… Cela implique que tu t’investisses pour développer ta pratique en peinture, en numérisation, etc. C’est plutôt ça qui effraye ton égo, te donner les moyens de progresser.

En cliquant sur « acheter » c’est te donner les moyens d’évoluer. Et c’est pour ça que ton mental freine des 4 fers, comme avec l’histoire d’utiliser Photoshop. Ce n’est pas tant la question de te faire un cadeau. Parce que tu sais t’en faire à toi-même. Ni même encore d’investir dans un outil de formation, après tout, tu as bien acheté ses cours en ligne et puis tu es prête à payer le niveau 2 de formation en fleurs de Bach. Ta peur réelle se cache là.

Tu as encore besoin de pouvoir justifier tes grandes dépenses auprès des regards extérieurs. Soit, tu es encore en insécurité par rapport aux jugements de tes proches. Observe-le, accueille-le, c’est ok. Mais au fond de toi, tu sais que cet achat est justifié et qu’il te servira. Et si ce n’est pas toi qui le fais pour toi-même, qui le fera pour toi ? Le meilleur moyen de ne pas tomber dans la frustration est de chercher à combler ses propres besoins par soi-même. Tu as un besoin, tu as les moyens, alors vas-y. N’attends pas de l’extérieur, ni que l’on valide tes besoins, ni qu’on les comble pour toi. Fais-toi ce cadeau à toi, en sachant ce qu’il représente. « Oui, j’investis pour mon futur, pour me former, pour apprendre et progresser dans le domaine artistique ».

Cela te fait peur n’est-ce pas ?

Ahah… oui, c’est vrai, les larmes me montent aux yeux. Alors c’est ça la peur derrière tous ces freins…

Accueille-la et accepte-la.

Maintenant que tu as identifié et accueilli cette peur, penchons-nous sur ce qu’elle représente comme besoin. Ainsi, tu as peur d’investir dans ton futur d’artiste. De quoi nous parle cette peur ?

De mon insécurité…

Elle nous parle de toutes tes peurs liées à l’art : « je ne suis pas une « vrai » artiste » ; « je ne suis pas capable de trouver mon style » ; « je n’arriverai jamais à en vivre » ; « j’ai peur du rejet des autres » ; « je n’ai pas de messages à faire passer », etc. Le mental te dit, « à quoi bon investir dans un outil de formation couteux pour apprendre l’art ? ».

Par moment, je me le demande…

Y a-t-il besoin d’une finalité pour créer ?

Non, je ne le pense pas. Créer c’est être en vie, cela fait partie de nous, peu importe la forme que cela prend, que ce soit cuisiner un gâteau, planter des fleurs, écrire un poème ou…

…Peindre une toile. Oui. Tu l’as compris. Mais tu ne sais pas comment exprimer cette force créatrice dans ta vie, tu ne sais pas quelle forme lui donner, alors tu tâtonnes, tu explores, tu cherches et tu erres, à la recherche de la forme sous laquelle tu pourrais vraiment t’exprimer. Pas seulement les mots et les idées, mais aussi les émotions et les énergies, toutes ces choses subtiles que parfois tu n’as même pas conscience de capter.

C’est vrai… j’écris. J’écris ici, mais les mots sont limités. Et puis je n’ai pas vraiment l’impression de « créer » quelque chose d’unique, puisqu’en réalité, je ne fais que rapporter les propos que nous échangeons.

Dirais-tu la même chose à Sylvie ? Dirais-tu que son blog n’est pas de la création ?

Si, mais elle a écrit plein de pages récapitulant plein d’infos… Elle ne s’est pas cantonnée aux conversations avec ses guides. Elle écrit aussi ses poèmes, et publie ses photos.

Et qu’est-ce qui t’en empêche ?

Je n’en ai simplement pas la motivation…

Pourtant, à une époque, tu t’es dit que tu voudrais bien illustrer tes articles de blog avec tes propres créations.

Oui, pas des photos, mais des peintures numériques.

C’est dans cette idée que tu t’étais fait offert une tablette graphique mais tu ne l’as jamais utilisé.

Oui…

Tu te disais, « à quoi bon apprendre en numérique, alors que je ne sais même pas dessiner en vrai ».

C’est vrai, alors je me suis plutôt tournée vers les ateliers de peinture du Lézard créatif à la Réunion.

Et puis tu as bien aimé, alors tu as continué. Et puis tu as découvert l’aquarelle florale et aussi que l’on peut peindre sans savoir dessiner. Aujourd’hui, dirais-tu qu’il faut savoir dessiner pour être un « vrai » artiste ?

Et bien, cette croyance est tenace, mais je sais qu’il n’y a pas besoin de savoir dessiner pour faire de l’art. Et je suis des artistes reconnues qui réussissent et « ne savent pas dessiner ». Tout du moins, elles n’ont pas eu de formation artistique avec toutes les bases de la perspective, de l’anatomie, etc…

Ta sœur a commencé un cours de dessin académique stricte pour apprendre à dessiner. Qu’en penses-tu ?

J’en pense que c’est une très bonne chose pour elle ! Cela m’a surprise, mais je sais qu’elle a toujours voulu savoir dessiner le corps humain, alors je suis contente pour elle. Elle me parle des cours, c’est très technique et encadré. Pas de place à la créativité ici, on y va vraiment pour apprendre les bases du dessin académique.

Est-ce que tu crois que ça te plairait ?

Je me dis que cela me serait utile, mais que je m’y ennuierais. C’est trop scolaire et maitrisé.

Ce qui t’intéresse, c’est trouver les moyens et les outils pour vraiment exprimer ta créativité propre. En réalité, tu n’as pas besoin de cet outil, le dessin académique pour créer. Ce serait juste un moyen de te rassurer, de dire à ton mental « regarde, je peux être une artiste, je sais dessiner ». Pourquoi pas, mais dans ton cas, cela ne ferait que te ralentir et te disperser. Tu n’as pas besoin de cet outil pour créer, en réalité, quand tu veux, tu peux déjà dessiner de façon plus réaliste que la majorité des gens.

C’est vrai que je suis capable de faire du dessin botanique, et que j’ai suivi des ateliers de dessin d’après modèle vivant. Je me suis forgée quelques bases minimales en autodidacte, même si je suis loin de « savoir dessiner de façon académique ».

Et tant mieux, parce que ce n’est pas ce que l’on te demande. On ne te demande pas de reproduire fidèlement, minutieusement la réalité des choses qui t’entoure (bien que ce soit une voie artistique tout à fait respectable si elle appelle quelqu’un). Ce que nous voulons c’est que tu exprimes ta sensibilité particulière. Or celle-ci capte des choses invisibles, tu ne pourras jamais les reproduire en cherchant à être réaliste, c’est impossible. En revanche, c’est à toi de trouver comment tu peux exprimer tous tes ressentis, même de l’invisible, à travers tes créations.

Ah… si seulement je le savais… L’art est un domaine tellement vaste ! Il y a tellement d’outils et de possibilités, l’aquarelle, l’acrylique, le dessin, le mix media, l’art-journaling, la peinture encaustique… des fois, je me sens vraiment perdue dans cette immensité !

Déjà, tu as accepté l’idée qu’il fallait que tu te détache de l’aquarelle florale. Bien qu’étant une très bonne pratique pour apprendre à maitriser l’aquarelle et la gestuelle du pinceau, tu ne peux pas pleinement t’exprimer à travers cette approche.

Oui… j’ai mis du temps à comprendre et à voir ma frustration. L’aquarelle florale est bien, parce qu’elle est à la mode, elle est accessible, elle donne vite de « beaux résultats », on peut faire des cartes facilement… Les gens acceptent bien cette forme d’art, c’est socialement très acceptable.

Beaucoup plus que l’art abstrait, n’est-ce pas ? Tu ne t’es pas encore autorisée à faire des cartes abstraites à offrir.

Oui, je ne sais pas comment les gens vont les recevoir…

En réalité, si tu te fais plaisir en les créant, c’est ça que les gens vont ressentir. Peu importe si leur mental juge qu’ils aiment ou qu’ils n’aiment pas. Il n’y a que le cœur pour être véritablement touché, et pour cela, il faut créer avec le cœur. Tu le sais, mais cela t’effraye encore. « Qu’est-ce que mon cœur peut cacher de si terrible en lui et qui risquerait de ressortir dans mes créations ? On va me trouver hideuse et affreuse. Je n’ai que des ombres à montrer. » N’est-ce pas l’histoire que te raconte ton mental ?

Si… en réalité, mon mental me raconte beaucoup de vilaines pensées. C’est pour ça que j’ai décidé de commencer la pratique d’une page par jour de sketchbook. Pas d’objectifs autre que m’amuser, pas de jugement du résultat, je me présente juste pour créer. Avec le temps, j’espère apprendre à me détacher de ces voix de mon mental qui jugent tout ce que je créée.

Et c’est une très bonne chose. Nous t’encourageons à suivre cette pratique bien qu’elle ne doive pas devenir une obligation et une tache à cocher sur ta liste de choses à faire. Cela doit rester un plaisir pour t’amuser. Toujours.

La croyance qu’il faut créer dans la douleur n’a rien de plus erronée. En réalité, un cœur qui chante est bien plus expressif, même si vous pouvez aussi parler de votre douleur et la décharger dans vos créations. C’est à vous de voir ce que vous voulez cultiver et exprimer à travers vos créations. La joie et l’espoir ? Ou la douleur et le désespoir ?

Je sais que je suis plutôt de la première catégorie ! Et que j’ai beaucoup à apprendre pour y arriver de façon fluide.

Mais tu es en chemin et c’est ce qui compte. Un pas après l’autre, peu importe le temps que cela prend. Du moment que tu profites de chaque instant et que tu en retires de la joie, le résultat n’a pas d’importance.

Je le sais.

Alors mets-le en pratique.

Oui, merci.

Es-tu prête maintenant à aller acheter cette tablette ?

Oui !!! « Oui je suis prête à investir dans mon futur d’artiste » ! Comment tu as fait ça ? C’est magique ! La peur est partie, sans que j’aie eu besoin d’intervenir.

Nous sommes là pour t’aider, nous te l’avons toujours dit.

MERCI !

2 décembre 2019

Un atelier plus grand

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Artiste : Chibi-onechan

Aujourd’hui, c’est le 1er jour officiel de l’automne. Ce matin, je n’avais pas envie de me lever, temps gris et froid, j’avais juste envie de rester au chaud sous ma couette. Il y a des jours comme ça, je ne saurais pas dire si ce sont les variations d’hormones, le manque de sommeil ou bien la perspective de la journée qui m’attend. Heureusement, j’ai pensé à l’article de blog de Sylvie sur les journées difficiles, et j’ai essayé de réfléchir à un moyen de rendre cette journée plus agréable. J’ai opté pour un bon chocolat chaud, avec les crêpes cuisinées hier. Et puis un survêtement bien chaud et moelleux, pour affronter ce 1er jour frisquet de l’automne.

Tu ne te sens pas bien ?

Non pas trop. Certains jours c’est comme ça, à fleur de peau.

Tu devrais continuer ta cure d’huile d’onagre.

Oui, je vais le faire. Je crois qu’il faudrait aussi que je surveille d’un peu plus près mon apport en Oméga 3.

Ces choses-là sont importantes aussi. Il ne faut pas négliger le corps. Les soins énergétiques ne sont pas tout.

Oui, bien sûr. Une carence en vitamine D ne partira pas comme ça, avec une simple visualisation.

Tu peux nous parler, tu sais ?

Cela fait tellement longtemps, je ne suis plus habituée.

Pourtant, on est là, juste à côté. On a toujours été là et on le sera toujours.

Oui, tout à coup, cela semble évident, et pourtant….

Ce n’est pas nous qui fuyons. C’est toi qui fuis ton propre cœur quand tu ne nous parles plus.

Je n’avais pas compris qu’il renfermait encore tant de douleurs. Un moment cela va, puis le suivant je suis submergée par la douleur et rien n’y fait.

Dans ces moments-là, viens nous parler.

Il y a tellement de choses que je ne comprends pas, tellement d’émotions qui débordent

Est-ce important pour aller là où tu dois aller ?

Je ne sais pas. Je ne sais pas où je vais.

« Un pas après l’autre »

Je sais… mais, je suis fatiguée d’errer sans cause.

Ta seule cause devrait être de prendre soin de toi-même.

Sans me soucier de chercher un travail ?

Sans te soucier de chercher un travail pour l’instant. Même si tu voudrais un chez toi.

Je veux un chez moi. J’ai envie d’avoir mon atelier de peinture. Et plus juste une table. Mais un espace où je peux vraiment étaler mes toiles, les vernir, les accrocher ou les ranger. Je n’ai plus assez de place dans ma chambre pour accrocher mes toiles acryliques, et je ne parle même pas des aquarelles qui ne sont pas encadrées. J’aimerais pouvoir laisser mes tubes de peintures en vrac, mon matériel prêt à peindre à toute heure. Je ne peux pas dans la cuisine, la table est trop petite et c’est un espace de vie commun. C’est déjà bien que j’ai cet espace, mais il n’est plus suffisant.

Y a-t-il vraiment besoin de tant d’espace que ça pour s’exprimer ?

Je ne sais pas. On peut se contenter de petit. Je travaille sur des petits formats en acrylique car je manque de place, et l’aquarelle est un medium très pratique quand on a peu d’espace. Des fois je me sens limitée. J’aimerais mettre ma toile par terre et m’agenouiller à côté. J’aimerais pouvoir accrocher de grandes toiles sur un mur et pouvoir me défouler dessus à grand coup de pinceaux. J’aimerais un mur entier où coller des images d’inspiration, des cadres déjà réalisées, des citations et des envies de projet. Oui, j’aimerais vraiment un espace dédié juste à ça, rien que pour moi. Un atelier d’expérimentations et de libertés. Juste moi, seule. Dans le calme et la lumière.

Tu ne te sentirais pas seule ?

Quelle drôle de question. Dans mon atelier, jamais. Dans un salon ou un espace de vie, peut-être par moments… Bien sûr, l’idéal serait d’avoir mon atelier dans une maison, que je partagerais avec la personne de mon cœur. Oui, ça, ça serait l’idéal.

Alors l’atelier ne serait plus un lieu de refuge ?

Ce serait toujours un havre de paix. Mais j’imagine que si mon cœur est au calme et en paix, je ne viendrais plus pour y chercher cela, mais pour exprimer ce que j’ai vraiment envie d’exprimer.

Tu vois la différence ?

Oui…

Nous ne voulons pas qu’en ayant ton atelier, tu te coupes du monde.

C’est vrai, ça pourrait être le risque.

Tu n’as pas besoin d’un atelier plus grand pour trouver la paix en toi.

Parce qu’elle est accessible où que je sois…

Mais tu voudrais un atelier plus grand…

Parce que j’ai besoin de m’exprimer ?

23 septembre 2019

Peindre son univers intérieur

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Artiste : Yuumei

Ça y est, l’automne arrive. Cela se sent dans les matins plus frais, les feuilles qui commencent à tomber et le fond de l’air venteux. Je n’en reviens pas à quelle vitesse l’été est passé ! Et ma bonne résolution d’écrire plus souvent ici ? *soupir* Pour être honnête, je n’ai pas vu le temps passer.

Et tu avais toujours quelque chose de mieux à faire.

C’est vrai, j’ai beaucoup peint. Cela me prend beaucoup de temps, plus peut-être même que le temps que je passais à écrire ici avant.

Mais tu ne partages pas tes peintures. Pourquoi ça ?

Parce que j’explore dans mon coin, je ne sais pas trop où je vais et ce que je fais. J’essaye juste de m’amuser. J’imagine que je n’ai pas assez confiance en mes qualités d’artiste pour m’exposer. Pas sur ce que je fais, sans suivre de modèle ou de cours en tout cas.

C’est intime n’est-ce pas ?

C’est vrai, parfois. Certaines choses que j’ai faites me plaisent bien. Mais je ne suis pas sûre que grand monde comprendrait. C’est de la peinture abstraite.

Et alors ? C’est ton univers, c’est ça qui est intéressant.

Oui et non, j’ai l’impression justement de chercher comment exprimer et explorer cet univers intérieur et je trouve cela compliqué. Avec la peinture, il y a la barrière de la technique, des matériaux, du dessin… C’est complexe, et parfois vraiment impossible de reproduire l’image qui me vient en tête… Quand il y en a une. Je ressens vraiment de la frustration parfois à chercher quoi peindre.

Alors que c’est plus facile avec les mots ?

Peut-être, mais seulement si l’on ne se ment pas à  soi-même. Si l’on ne se fuit pas et si l’on a conscience de ce que l’on veut exprimer.

L’art se passe de ce genre de barrières.

C’est vrai. Pas besoin de mots, on peut essayer juste de reproduire une impression, un sentiment, quelque chose de vague. Mais je ne dirais pas que c’est facile. C’est même ardu en fait, je trouve.

Alors on peut rester sur le « juste s’amuser ».

C’est vrai, et en même temps… Des fois je sens que ce n’est pas suffisant, mais je ne sais pas vers quoi aller.

Pourquoi est-ce que tu peins ?

Je ne suis pas trop sûre. Peut-être qu’une partie de moi cherche à fuir la réalité à travers la peinture. Je me concentre sur les couleurs, les traits, les textures. Je ne pense plus au reste, ça fait du bien. Cela allège le poids de la maladie et du reste. J’oublie que j’ai l’impression de m’enliser dans une situation inextricable. Et en même temps, des fois, peindre est effrayant.

L’univers des possibles, hein ?

Je dirais plutôt la peur de l’inconnu. Ou de ce qui peut émerger de moi, de sombre et d’effrayant. Peu de monde a envie de peindre ce genre de choses. La majorité des gens préfèrent peindre des choses « belles » ou tout du moins qui seront jugées de cette manière. Moi aussi je l’avoue.

Alors il faut une certaine dose de courage pour peindre des choses effrayantes et réelles ?

Oui, je pense… C’est accepter de se mettre à nu dans ses parts d’ombre. « Regardez, c’est cette souffrance que je ressens ». Je trouve ça difficile de se donner la liberté de le peindre.

Plus qu’avec des mots ?

Peut-être. Parce que cela va au-delà des mots. C’est l’émotion elle-même et son énergie que cela véhicule. Cela peut être vraiment dérangeant/choquant à observer après. Il y a quelques-unes de mes créations qui sont comme ça. D’une certaine manière, je les trouve belles, mais dérangeantes. Et celles-là, je n’ai vraiment pas envie de les partager.

C’est ton droit.

Oui, j’ai décidé de ne pas me forcer. Quand je sentirais le besoin de montrer, et bien j’y réfléchirais. J’avais pensé il y a longtemps à créer une galerie sur un blog. Ce n’est pas encore le moment, mais j’espère qu’il viendra un jour.

On y travaillera.

Si tu le dis, lol ! Bon je sais, l’expression est un enjeu personnel pour moi. Vaste. Je cherche comment exprimer qui je suis à travers un travail et pour l’instant je ne trouve pas. Cela me cause beaucoup de chagrins, car en plus je me sens vraiment freinée par la maladie.

Mais on en parlera une autre fois ?

Oui, c’est ça, je n’en ai pas envie aujourd’hui. Merci pour l’échange.

21 septembre 2019

Un jour après l’autre…

Auteur : Les Rêves de Celia

Un jour après l’autre, il suffit de dessiner,

              d’écouter le chant des oiseaux, de sentir le soleil sur sa peau,                de goûter le parfum de l’eau.

Un jour après l’autre, il suffit de regarder,

les hirondelles passer, les feuilles des arbres s’agiter.

Un jour après l’autre, il suffit de trouver la paix dans son cœur

pour apprécier l’instant présent.

4 mai 2017