Ramasser les morceaux…

Artiste :

Artiste : Kaytseki

« On ne guérit par parce que l’on se rappelle, mais on se rappelle parce que l’on guérit. » (Citation, source oubliée)

Aujourd’hui il fait gris, un temps triste et mélancolique. Un peu comme l’est mon cœur. Alors que je ne souhaitais pas du tout me pencher sur le sujet, le prof d’astrologie a décidé de revenir sur un vieux cours précédent (que j’avais volontairement manqué) pour réviser la comparaison de 2 thèmes astrologiques dans un couple. Encore moins plaisant, une amie m’a demandé de l’aider à réviser et faire la comparaison de son thème, en échange d’un service rendu. Comme on travaille toujours sur 2 thèmes en parallèle, j’ai donc étudié le mien et celui de mon ex-compagnon.

Au départ, j’étais contente. Je n’avais pas été capable de regarder son thème pendant des mois après la rupture. Et enfin, l’idée de l’étudier ne soulevait plus de la colère en moi. Je sentais une sorte de détachement. Mais alors que j’avançais dans mon étude, et que l’interprétation astro collait exactement à la réalité, j’ai ressenti une sorte de fatalité. Alors on a beau avoir une superbe compatibilité de caractère, émotionnelle, intellectuelle, des objectifs communs pour notre vie matérielle, même nos thèmes nous disent que l’on est incompatible sur le plan des relations physiques ? Le voir écrit là m’a aidé à comprendre que c’était un enjeu majeur de notre couple et que l’on n’avait pas réussi à le dépasser. Peut-être était-ce une expérience choisie en amont pour nous aider et nous apprendre quelque chose ?

Je ne pensais pas que cette étude me travaillerait autant intérieurement. Que cela réveillerait tant de choses en moi. Jusqu’à récemment, je n’avais vraiment pas envie qu’il reçoive la moindre nouvelle de moi. Mon amie m’a dit « c’est dommage, les ex font de très bon amis ». Parce qu’ils nous connaissent intimement et une fois que l’ambiguïté sexuelle est levée, la question sur le type de relation ne se pose plus. Alors je me suis demandée : ai-je envie que l’on redevienne amis ? En suis-je capable ?

Le temps a passé. Lui a refait rapidement sa vie sentimentale. Moi j’ai décidé de me laisser le temps de guérir. Pourtant, j’ai parfois le sentiment de stagner : comment cela se fait-il que j’ai besoin de tant de temps là où d’autre guérissent si vite ? J’ai comme l’impression que mon cœur a décidé de stagner, de se mettre en retrait. Il refuse d’envisager d’autres relations. Il veut être laissé tranquille, au chaud, à l’abri, loin des vagues de la passion qui ne font que le fracasser contre les rochers.

Parfois je pense à lui, je me demande ce qu’il fait, où il en est de sa vie et de ses projets. Nos discussions me manquent, notre auto-émulation aussi. J’aurais envie de l’encourager. Ces choses-là peuvent se partager dans une amitié. Mais alors, je le verrais en couple avec une autre, et je ne suis pas sûre d’être capable de le supporter. Je ne le pensais pas, mais cette idée me brise à nouveau le cœur. Je me dis que cela serait au-dessus de mes forces de voir une autre lui donner ce que je n’ai pas pu.

Mais la prise de conscience qui me frappe le plus, c’est qu’en rejetant tout ce qui le concernait lui, ses affaires, mes souvenirs, le moindre contact ou la moindre information à son sujet, c’est aussi une part de moi que je rejetais : la femme que j’étais avec lui. La femme capable d’aimer et d’être aimée, la femme féminine et sensuelle, la femme désirable et séductrice. Toutes ces facettes de moi, je les ai enterrée avec lui, sûre et certaine qu’elles ne pouvaient m’apporter que de la souffrance et que je n’en voulais plus. A quoi bon être tout ça si c’est pour être rejetée parce que l’on est une femme blessée dans son intimité, par la maladie et par le viol ?

Je n’ai pas la réponse au jour d’aujourd’hui. J’essaye juste de ramasser les morceaux comme je peux, découvrant finalement qu’ils sont éparpillés bien plus vastement que ce que je pensais… Et que cette blessure fait écho à d’autres, de vies antérieures que je ne connais pas, me laissant dans un flou et désemparée, comme impuissante…

27 novembre

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Création et féminité

Artiste :

Artiste : StefaChaotic

Je ne sais pas pourquoi, je ressors de cet atelier de création de bijoux frustrée. La dernière fois aussi. Comme si je n’étais pas satisfaite de mes créations, bien qu’on me dise qu’elles sont jolies. Je ne le nie pas, il y a un sens esthétique derrière, un arrangement des couleurs et un style cohérent. Mais là où je me sens frustrée, c’est que j’ai l’impression d’avoir dépensé beaucoup d’énergie et d’efforts pour au final quelque chose qui ne me ressemble pas.

Et à quoi ressembles-tu ? Qu’est ce qui te fait dire ça ?

Et bien, je trouve ces bijoux trop voyants, trop « m’as-tu vu ». Je suis tombée amoureuse de ces perles de verres colorées quand je les ai vues. J’avais envie de faire quelque chose avec, absolument. Mais je ne savais pas quoi. J’ai longtemps tourné autour du pot, j’ai créé une autre paire de boucle de d’oreille bien plus simple pour me mettre dans l’élan créatif. Ces perles me semblaient trop voyantes pour les porter en collier, pas mon style. Alors je me suis dit, pourquoi pas en boucles d’oreille ? Mais toujours trop grosses pour les porter seules, trop simpliste aussi. Alors j’ai fait une composition, j’ai rajouté des breloques pour équilibrer et habiller.

Et puis il me restait cette autre perle de la même couleur, en verre et métal, venant de Bali. Une perle unique, que j’avais décidé de conserver pour un prochain atelier, afin de faire quelque chose d’assorti aux boucles d’oreille. Là aussi, j’ai bien peiné pour savoir quoi en faire. Te rends-tu compte que j’ai passé 3h à créer ce pendentif, quand d’autres ont fait 2 à 3 paires de boucles d’oreille ?

Cela m’a donné l’impression d’être inefficace et indécise. Je sais que je suis longue à créer, à faire émerger les choses. Alors j’ai essayé de ne pas regarder la vitesse des autres pendant, de ne pas me comparer et de me concentrer sur ma création. J’étais là avec toutes ces femmes, mais c’est comme si j’étais seule. Comme si j’étais rentrée à l’intérieure de moi-même, dans un autre espace-temps, ailleurs. Et quand enfin j’ai fini, je ressors de cet état épuisée, déracinée, un peu à l’ouest comme si je revenais d’ailleurs.

Mais en même temps, heureusement ! Car je crois que sinon, je n’aurais pas supporté les énergies dégagées par ces femmes autour de moi. Je me rends compte que je n’ai pas de mal à côtoyer des femmes plus âgée et matures, des femmes puissantes qui s’assument (telles que des chamanes ou guérisseuses), des femmes sages, et même des femmes mères depuis quelques temps. En revanche, je me sens ultra mal à l’aise en face de jeunes femmes très féminines, qui ressemblent à l’archétype de la « Vierge ». Jeunesse, naïveté, sensualité, beauté. L’archétype de la femme qui correspond à celui de mon âge et que je n’arrive pas à accueillir et incarner. Celui qui évoque le Soleil, la radiance, la force de vie, mais aussi l’attirance, le désir, la sensualité. Face à ces femmes-là, je me sens toujours « moins ». Moins féminine, moins belle (ou rayonnante, car ce n’est pas tant une question de physique), moins désirable. Je me sens grossière et pataude, comme une paysanne à côté d’une princesse. Ces femmes mettent en avant leur féminité sans fard et sans complexe, elles sont à l’aise avec ça. A côté d’elle, subitement, je me suis sentie comme un vilain petit canard.

C’est un miroir très difficile pour moi à observer. Comme un idéal hors d’atteinte, quelque chose qui m’apparait hors de portée. J’aurais beau faire tous les efforts physiques de la Terre, il me semble que rien ne pourra jamais me rendre aussi féminine. Bien qu’aujourd’hui je portais une robe, que j’avais pris la peine de me parfumer, de me maquiller, d’avoir les cheveux bien coiffés, face à une féminité si bien assumée je me suis sentie moins que femme. Ce qui est très douloureux pour moi à constater.

Mais pourquoi donc suis-je allée à ces ateliers de création de bijoux ? La curiosité, l’envie d’apprendre comment on fait pour pouvoir créer à son bon vouloir ? Au départ, je voulais me créer des boucles d’oreille, car je n’en ai pas beaucoup. Mais je suis plutôt du genre à préférer les bijoux en argent achetés en bijouterie, quelque chose de qualité et de durable. Néanmoins, j’avoue que la tentation d’avoir un bijou original, car créé de façon unique, était tentante. Et puis ?

Je ne sais pas ce que je vais faire de cette parure de bijoux. Avec des perles vertes et bleues… pour moi qui commence à peine à porter de la couleur ! Rappelons qu’il y a un an encore je m’habillais tout de noir et de rouge, et j’avais un stylo gothique bien affirmé. Je ne sais même pas avec quelle tenue porter cette parure ! Je sais déjà que je vais me sentir ridicule avec, comme un costume qui ne me ressemble pas, quelque chose de trop beau, de trop stylé pour que je le porte.

Pourtant c’est toi qui l’as créé, non ? Cela vient de ton intérieur, d’une part de toi très profonde, puisque tu t’es laissée guidée par ton intuition créative.

Oui.

Ne seras-tu pas fière de la porter alors ?

J’ai l’impression que ce serait comme un mensonge. Je ne sais pas si je vais la porter à vrai dire. Comment peut-il y avoir  un tel décalage entre ce qui sort du fond de moi, de mon cœur et mon extérieur, la façon dont je me sens au quotidien ? Cela m’ébranle… Je ne sais comment l’exprimer que par : j’ai le sentiment d’entendre mon âme pleurer.

Mon amie m’a dit qu’elle trouvait le rendu de mes bijoux très doux. Pour avoir cette inspiration-là, il doit bien y avoir une femme douce et féminine cachée au fond de moi. Pourquoi ai-je ce sentiment de ne pas pouvoir y accéder ? Pourquoi dès que j’essaye de faire des efforts vestimentaires pour être plus féminine – dans mon nouveau style non gothique encore à définir – j’ai l’impression de me déguiser ?

Parce que tu ne sais pas qui tu es. Tu n’as pas encore trouvé un nouveau style qui te corresponde car tu cherches toujours la femme que tu es. Qu’est ce qui pourrait te rendre plus à l’aise pour porter ces bijoux ?

Je ne sais pas… J’ai l’impression que dès que je mets une robe, c’est déjà beaucoup de féminité affichée. Alors porter des talons en même temps, ou des bijoux – et je passe sur le maquillage en simultanée – c’est comme si j’en faisais trop, que ce n’était pas naturel, pas moi. Et donc forcément je me sens ridicule. Cela ne me pose pas de problème quand c’est pour des grands évènements, comme pour des mariages, parce que là, c’est normal, tout le monde le fait. Et je me sens toujours « moins  femme » que les autres présentes. Donc ça va, je n’attire pas les regards.

Pourtant, cela ne me posait pas de problème de faire tout ça quand je m’habillais en style gothique. Je pouvais même mettre mon corset, en même temps qu’une jupe, mes bottines Doc Martens à talon et mon rouge couleur sang. J’adorais même, je me sentais à l’aise alors. Pourquoi n’est-ce plus cas ?

Parce que tu ne te caches plus derrière des bracelets à piques et des vêtements noirs qui envoyaient le message contraire : « je suis féminine, mais ne m’approchez pas ». Avec un style aussi excentrique, il n’y avait que les fous pour oser t’approcher, ou tes amis qui te connaissaient au-delà de la façade.

Je me sentais très féminine à cette époque-là, surtout avant de rencontrer mon ex-compagnon. Même si j’étais habillée de façon sexy, les regards passaient sur moi et ne s’attardaient pas car les gens pensaient « ah, c’est une gothique », fin de l’histoire. Il n’y avait que ceux qui regardaient au-delà des apparences qui pouvaient être attirés par mon physique au-delà de mon style. C’est vrai que c’était confortable d’une certaine façon.

Cela me manque. A cette époque, je savais comment être féminine et me sentir féminine. Maintenant, c’est comme si je devais tout réapprendre. Je ne ressens que de la vulnérabilité et de la fragilité lorsque j’essaye de faire ressortir la femme en moi. J’ai l’impression que quoi que j’essaye, elle s’élude et s’esquive, elle ne veut pas sortir de sa coquille, ni me dire qui elle est. Je ne sais pas quelle femme je suis.

Je suis une femme-enfant qui aime jouer, faire la naïve et se voir offrir des cadeaux.

Je suis une femme- sorcière, celle qui découvre petit à petit son intuition, sa guidance spirituelle et qui réveille et explore la chamane en elle.

Je suis une femme – vieille sage, celle qui n’a plus de cycles, qui écoute, conseille, qui apprend la patience et n’a pas peur de la mort ni de la maladie, ni d’écouter ses propres ombres.

Mais où est ma jeune femme radieuse et sensuelle ? Et celle qui se sent capable d’être mère ?

Comment apprendre à les connaître et les aimer ?

Déjà en acceptant leur fragilité. Il y a des raisons qui font que tu n’arrives pas à accueillir le cycle de la « Vierge » dans ta vie. Nous savons que ce que Sylvie a écrit sur ce sujet t’avait parlé. Tu es typiquement de celle qui est passé par un ordre inhabituel dans l’ordre de ces cycles. Cela n’a pas d’importance réelle. L’important c’est que tu acceptes la femme que tu es aujourd’hui, même si tu la trouves « incomplète », même si tu la trouves différentes des autres femmes de ton âge que tu observes.

Ces jeunes femmes te paraissent naïves, insouciantes et par la même des « proies faciles ». Elles sont belles, énergiques, féminines, à l’aise avec leur corps, mais elles ne connaissent pas encore leur propre pouvoir intérieur – celui de la sorcière, de la chamane, de la femme lunaire – celui de la femme consciente de son cycle, de sa richesse et de ses forces. Elles n’ont pas non plus développé leur sagesse de « vieille femme », celle développée face à la perte, à la mort, à la descente intérieure dans nos propres ombres, à la maladie. Alors elles te semblent bien fragiles.

Pourtant elles n’ont que quelques années de moins que toi – entre 3 et 5 ans. Tu te demandes comment un tel fossé peut vous séparer. Tu te demandes comment tu pourrais accepter une telle « superficialité », non celle de l’apparence et de la beauté, mais celle de l’ignorance, l’ignorance de soi, de sa propre divinité et de sa spiritualité.

Je ne me retrouve nulle part à vrai dire. Auprès des femmes plus âgées, avec qui je partage pourtant des échanges profonds, il y a malgré tout un écart d’âge, de responsabilités (famille, maison, travail…) et de construction matérielle. Les femmes – sorcière ne courent pas les rues, et bien que j’en côtoie un certain nombre ponctuellement lors de cercles de femmes à la pleine lune, chacune a sa vie en cours (souvent un peu plus âgées, mère de famille, en couple…). La majorité de mes amies font partie de cette catégorie d’ailleurs. Quant aux femmes de mon âge ou plus jeunes… il est rare que j’arrive à trouver des centres d’intérêts communs, un rythme compatible avec ma maladie…

Bien que mon égo pourrait avoir envie de me faire sentir « supérieure » à ces jeunes femmes, parce que je me suis un peu plus penchée sur des questions de spiritualité et du développement personnel que la moyenne à mon âge, je me sens pourtant bien inférieure. A quoi bon la « sagesse » (entre crochets hein, parce qu’on apprend toute sa vie !) si mes peurs m’empêchent de vivre, de m’ouvrir, d’oser avec l’élan de la jeunesse ? A quoi bon philosopher et travailler sur soi, si on ne vit pas, là dans le monde matériel qui nous entoure, maintenant ? J’ai parfois l’impression de rater ma vie, de passer à côté, à cause de la maladie, de mes peurs, de mon hypersensibilité et de mes perceptions subtiles non maitrisées qui peuvent me plomber.

Je commence à devenir trop consciente des choses qui ne me conviennent pas : le bruit, la foule, le gluten, les lieux trop chargés, le commérage, etc. Et la liste est longue. Je n’ai plus envie de m’infliger ça. Mais comment me sociabiliser quand la majorité des gens de mon âge recherche ça ? J’ai vraiment l’impression de me heurter à un casse-tête. Et plus je semble avancer sur mon chemin intérieur et spirituel, et plus parfois j’ai l’impression de dériver loin de ma famille et des autres. De ne pas pouvoir leur parler de mes expériences subtiles, de mes prises de conscience, de mes évolutions intérieures… Ce qui donne parfois un profond sentiment d’inadéquation et de solitude.

26 novembre 2016

Cercle de femmes + Ressources pour guérir sa sexualité [parlons du viol]

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Artiste : Kimir-Ra

Je ne fais que passer par ici, car la période est très intense en expériences, en vécus et en prises de conscience. Et admettons le, mon corps a du mal à suivre le mouvement.

Néanmoins, je ne pouvais pas attendre pour partager cette ressource, car elle pourrait servir à d’autre. Le thème de la sexualité féminine est un thème qui m’est cher. D’une part parce que c’est une source de douleurs physiques et de souffrances émotionnelles chez moi à cause de l’endométriose, d’autre part parce que j’ai développé des blocages à cause de mon viol.

Je vous avais déjà parlé des ressources découvertes dans ces articles : Épanouir sa sexualité féminine – comment avoir des orgasmes? [ressources]Apprendre le plaisir féminin [ressource sur la sexualité] ; Renouer avec son soi intime, des pistes… . Et notamment de Vanessa Marin, qui est une sexologue dont j’ai pu avoir des échos positifs directs sur son travail. Elle avait notamment écrit un article intéressant sur le sujet ici : Enjoying Sex After Abuse Is Possible, So Here Are 5 Ways To Start Healing.

Et bien, elle vient tout juste de proposer un programme pour aider les personnes ayant subies un (des) abus sexuel(s) : A Survivor’s Guide To Reclaiming Your Sex Life After Abuse. Alors certes, je préviens, ce sont des ressources en anglais, mais malheureusement, il existe bien peu de choses actualisées en français (ou bien je n’en ai pas connaissance, donc n’hésitez pas à partager !). En plus, Vanessa a fait l’effort de le proposer à un tarif qui reste abordable (99$ alors qu’une seule séance avec elle coûte bien plus…)

Le viol est quelque chose de tabou. Je le sais pour le vivre, car on n’en parle pas dans ma famille, et c’est pour certaines femmes de ma lignée un réel secret, très peu partagé. J’ai d’ailleurs fait part, moi même, d’une absence de réponse de ma mère, quand j’ai fini par prendre la décision de lui dévoiler cet aspect de ma vie dans une lettre.

Mais cela l’est souvent aussi auprès des proches et amis. Dire « hey au fait, à cause de mon viol, j’ai… » ça passe mal, quelque soit le sujet développé par la suite. On fait souvent face à un silence gêné, ou bien une sorte d’ignorance sur le début de la phrase. Je caricature un peu, mais il est vrai que cela reste difficile d’en parler. Pourtant cela concerne selon les statistiques (plus ou moins élargies au monde) entre 1 femme sur 10 à 1 femme sur 4. C’est ENORME !

Comment se fait-il alors qu’on en discute si peu ? Qu’on sache si peu comment guérir sa sexualité et sa féminité après un tel évènement ? Parce qu’on n’en parle pas, et on ne partage pas  les expériences et les conseils qu’on pourrait avoir chacune développés !

Et cela me fait penser aux cercles de femmes. Grâce à cette expérience, j’ai pu apprendre que partager son expérience, en exprimant son vécu, ses difficultés et ses découragements, entre femmes peut être une source d’aide immense.

D’abord, parce qu’on s’autorise à exprimer sa souffrances, ses doutes, ses peurs et qu’en le faisant, on se permet ainsi d’identifier ce qui nous fait tant souffrir en sourdine, ainsi la prise de conscience et la formulation est le premier pas pour agir vers la guérison.

Ensuite, parce qu’en partageant notre expérience, on offre un miroir aux autres femmes présentes, qui peuvent s’en servir pour expérimenter des réactions, des émotions, faire un parallèle d’expériences, voir des ressentis incompris formulés par une personne extérieure. Et cela est très puissant et peut aider chacune à mieux se connaître ou avoir des prises de conscience.

Enfin, et non des moindres, parler dans l’espace d’un cercle de femme, c’est sacré. C’est oser être dans un espace de confiance, face à d’autres femmes qui offrent leur écoute, leur bienveillance et leur amour. C’est aussi se connecter à la force des femmes et du Féminin Divin, d’une façon, et donc être entourée pour faire face à la difficulté. Même si ce n’est que temporairement. Et bonus, après le cercle, on peut échanger sur nos expériences et ce qui nous a aidé durant un repas partage chaleureux !

J’aime aussi le fait que les cercles de femmes soient une bonne occasion pour demander une guidance, que ce soit à travers un ressenti, un tirage de carte, les mots d’une autre personne, une visualisation ou une visite d’entités lors des méditations.

Je trouve que c’est vraiment une jolie façon d’expérimenter et de partager sur le Féminin, et je suis toujours heureuse et plein de gratitude de pouvoir vivre cela, quelques soient les femmes rencontrées et le temps qui passe. C’est une magnifique découverte que j’ai fait ici sur l’île de la Réunion, mais je sais que des cercles existent un peu partout. Certains animés par des Moon Mothers, mais pas forcément !

Le principe d’un cercle de Femme est assez simple. Il s’agit souvent de se retrouver entre femmes pour s’offrir le temps d’honorer notre féminité. La pleine lune est donc l’occasion parfaite, car elle offre de belles énergies féminines et une date cyclique régulière, qui invite les femmes à observer leur propre cycle mensuel. Avez vous déjà observé si vous aviez vos règles calées sur la pleine lune ou la nouvelle lune ?

Le cercle n’est pas obligé d’être mensuel, il peut avoir lieu tous les 2 ou 3 mois, ou par exemple à l’occasion des Bénédictions mondiale de l’utérus. Ils peuvent être ouverts à toutes femmes désireuses de participer, ou être un cercle plus intime avec des régulières. Il peut être organisé chez soi ou dans la nature (les plages de la Réunion sont bien pour ça!). Ils peuvent être gratuits ou demander une participation (fixée ou libre et consciente) selon si une salle est louée, etc.  Le lieu peut être rendu cosy avec des tapis, des nattes, des cousins, des rideaux, des bougies et une lumière tamisée. On peut aussi mettre en place un autel où chacune peut placer les objets de son choix, des fleurs en offrandes, etc.

Mais qu’est ce qu’on fait pendant un cercle de femme me direz-vous ? Et bien, souvent, quand on ne se connait pas, on commence par un tour de parole pour se présenter. On peut proposer une méditation libre ou guidée. Si l’envie vous prend, un temps partagé de chant, de danse, de musique… On offre souvent de clôturer le cercle par un tour de parole, pour partager les ressentis, le vécus lors du cercles, mais aussi plus généralement les phases traversées dans notre vie féminine si on le souhaite. Bref, vous l’aurez compris, il n’y a pas vraiment de règle !! A part cette ligne de conduite : le respect, le non jugement et la bienveillance, mais aussi la confidentialité de ce qui a été partagé et qui ne s’évoque que dans le cercle. Et le must : un repas partage après pour discuter et échanger plus librement, sur tout ce qu’on veut !

Depuis que j’ai découvert cela, j’ai vraiment envie de me créer mon propre cercle intime, en dehors de ceux créés pour les bénédictions mondiales de l’utérus. Et vous, ça vous donne envie ?

PS : ne vous fiez pas à l’image, on reste habillées pendant les cercles de Femmes ^^

23 août 2016

Fatigue à l’âme

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Comment réparer un moral cassé ? Où commence la dépression ? Où s’arrête l’impact des hormones, celle de la fatigue et de la maladie ? Ces questions, je me les pose souvent alors que j’ai chroniquement de grosses baisses de moral. Je m’interroge alors, sur le pourquoi, sur l’origine pour espérer y trouver une solution. Et je me trouve toujours confronter à ce magma de confusion, à cette absence de réponse, et cette solitude profonde face à l’incompréhension voir le désintérêt de mes proches. « Elle n’a pas le moral aujourd’hui, ça passera… »

Oui, mais quelle sera la fois de trop ? Celle où je commettrais une erreur irréparable, en blessant par les mots un proche, en brisant quelque chose de précieux ou en négligeant mon corps ?

Je me sens non équipée pour faire face à ce quotidien qui m’épuise, à toutes ces émotions et désirs extérieurs, qui parfois semblent m’écarteler, le peu de fois où je m’y soumets. C’est souvent pour ça que j’ai tendance à m’isoler, lorsque je suis seule, je me sens protégée de ce raz de marée d’émotions extérieur, ayant déjà du mal avec mes propres émotions. Seulement, ce n’est pas une solution, car alors je ne vis pas. Je reste dans ma bulle, à attendre que le temps améliore les choses, à espérer une solution, une guérison.

Mais guérit-on seulement de l’hypersensibilité ? De cette chose qui provoque des surréactions à tout, une envie de pleurer face à une petite contrariété, une tristesse violente comme un raz de marée face à une affirmation sur soi erronée d’un proche, une colère démesurée face à du désintérêt ou de l’incompréhension de la part des proches ?

Et qu’est-ce que c’est d’abord ? Est-ce réellement l’impact de mes hormones et de mon traitement hormonal qui est responsable de cet état plus qu’instable émotionnellement ? Où est-ce justement mes ovaires dystrophiques et un traitement hormonal inadapté ? Est-ce la fatigue de mon corps, qui relâche la pression alors que je suis en vacances ? Est-ce la douleur de ma rupture dont je n’arrive pas à guérir ?

Cela fait des mois que je mets cet état émotionnel à vif sur le compte des hormones, mais est-ce vraiment cela ? Lors de mon 1er traitement hormonal, j’étais très compliquée à vivre pour mon ex-compagnon, irritable, instable, hyper sensible et chamboulée par ses réactions à lui, comme écorchée à vif par toutes les émotions que je pouvais ressentir, quelles soient les miennes ou les siennes. Lorsque j’ai changé de traitement, j’ai vu une différence, et c’est là que j’ai fait le rapprochement entre mon état et le 1er traitement. Mais il était trop tard… Le mal était déjà fait.

C’est cette même hyper sensibilité qui m’a amené à me sentir agressée verbalement, par des hommes dans la rue, de façon répétitive et à prendre conscience de ma peur (voir cet article). Début d’une boule de neige sans fin, déclencheur de la rupture…

Mais tout ça, est-ce réellement liée à ma maladie ? Ou simplement au fait que je suis hypersensible et que je n’arrive absolument pas à le gérer ?

Quand je lis ce témoignage sur l’hypersensibilité, je m’y reconnais. Je m’étais aussi reconnue dans un livre sur les personnes hypersensibles et douées. Ok. Mais comment on apprend à gérer ça ? J’ai l’impression que depuis que j’ai commencé mes traitements hormonaux, mon hypersensibilité a explosé tous les plafonds. Et pire, du fait de vivre seule, dès que je suis soumise aux émotions des autres, je le supporte de moins en moins bien. Augmenté en cela par mon décalage à cause de la maladie et de la fatigue, qui me force à avoir un rythme de vie plus lent, à voir les choses différemment de mes proches.

Je ressens alors parfois une réelle incompréhension et une réelle solitude. Mes parents ne semblent pas avoir le temps de s’arrêter et de considérer ces « détails » occupés comme ils sont à travailler, et si loin – ce que je peux comprendre du point de vue de la raison, mais qui coince émotionnellement. Y a-t-il seulement quelqu’un pour comprendre ce qui se passe dans mon corps et dans mon cœur ? C’est impossible et je me sens emprisonnée dans ces limitations…

Je suis fatiguée de ressentir, sans pouvoir appuyer sur un bouton pause, sans pouvoir atténuer mes émotions. Épuisée de me sentir mal et de pleurer sans raison, alors que le soleil brille dehors et que j’ai la vie devant moi. Découragée que ce mal être me mine et me vide au point de m’empêcher de profiter du présent et des bonnes occasions quand il pointe son nez.

Parce que je n’ai aucun contrôle dessus. Ce n’est même pas que je rumine des pensées négatives, ni même que je reste seule dans mon coin sans en parler. J’ai beau le dire, j’ai beau pleurer, j’ai beau l’écrire, ce mal-être revient encore et encore. Malgré que j’apprenne à faire preuve de douceur envers moi même, malgré que je me fasse ma tisane préférée, que je me roule dans mon plaid moelleux, que je lise un livre, que j’appelle des proches, que je me cuisine des cookies, que je me fasse des cadeaux. Malgré que j’ai arrêté de porter du noir pour ne plus être enfermée dans ces énergies, malgré que je parle à ma psychologue, malgré que j’ai fait des rencontres positives, malgré que j’ai fait des soins énergétiques.

J’atteins le stade du désespoir. Je ne sais plus comment faire. Je ne sais plus comment aller de l’avant avec cette souffrance sourde. J’ai déjà essayé de l’ignorer, mais elle revient en coup de poing chaque fois plus forte. J’ai essayé de lui trouver une origine, mais à part savoir que la douleur est ancienne, profonde et ancrée dans mon âme, les portes me sont restées fermées. Ce qui n’est pas forcément un mal, car on n’est pas toujours capable d’encaisser la vérité.

Seulement, voilà, je suis dans une impasse sans issue. J’ai beau lever les yeux vers le ciel, crier à l’aide, prier, m’asseoir et m’auto-prospecter, et bien rien… Pas de porte magique, pas de confettis apaisants qui tombent du ciel…

Ce n’est pas comme ça que marche la guidance.

Et comment marche-t-elle ? C’est toujours quand je suis au plus bas, que je vais le plus mal, que je suis incapable de me connecter dessus. Pourquoi ? Pourquoi est-ce toujours au moment où l’on ressent le plus le besoin d’une aide qu’on ne la reçoit pas ?

Parce que vous êtes trop focalisés sur la douleur et qu’elle prend toute la place. Impossible de recevoir un autre signal. La première chose nécessaire est d’évacuer la souffrance, aussi est-il bon de pleurer tout ton saoul, de crier même ta douleur pour évacuer ces énergies lourdes et pesantes.

Puis de respirer profondément. De te recentrer dans ton corps.

Ton prof d’astro disait vrai quand il disait que les douleurs physiques étaient souvent causées par des frictions entre les corps physiques et causals. Tu ressens cette déchirure et cet écartèlement parce qu’il y a en effet des décalages très grands chez toi. Mais la vérité est que nous ne pouvons pas y faire grand-chose. C’est à toi d’apprendre à apaiser ces « douleurs de l’âme » qui proviennent de choses que tu ne comprends pas, et qui se manifestent dans ton corps à travers ta maladie mais pas que.

A quoi ça sert d’être branchée sur la souffrance de sa propre âme si on n’est pas capable de comprendre et de l’apaiser ? A quoi ça sert de ressentir ça venu de nulle part sans pouvoir y remédier ? Savez vous combien de fois je me sens seule, incomprise, folle et en décalage à cause de ça depuis mon adolescence ? Pourquoi porter cette souffrance alors qu’elle n’a aucune cause dans cette vie là ? Qu’elle est un écho d’une blessure profonde et ancienne ? N’est-ce pas injuste ? Pourquoi devoir supporter ça alors que je n’ai aucun souvenir de mes vies antérieures, aucune explication ? Et que je ne cerne même pas l’origine de la blessure ?

Mais tu cernes avec qui ?

Je ne sais pas… Avec celui qui présente les mêmes troubles de l’âme que moi ? Celui avec qui a commencé l’expression de mes problèmes d’énergies sexuelles ? Et est-ce que cela a la moindre importance au stade où j’en suis ?

Est-ce que tu aimes cette personne ?

Oui, je l’aime. Différemment de la façon dont je l’aimais quand j’étais jeune et naïve. Mais je l’aime, profondément, comme un frère. A chaque fois que je le vois, je ne peux m’empêcher d’être frappée dans la façon dont on est le miroir l’un de l’autre, la façon dont on se comprend, dont on évolue dans les mêmes directions et au même rythme, et ce malgré la distance. Et surtout, je ne peux pas être en colère, ni lui en vouloir pour ce qu’il m’a fait. Je l’ai pardonné dans cette vie ci, parce que je l’aime, même si notre relation m’a fait du mal par le passé. Même s’il lui arrive encore de me blesser involontairement par ses mots.

Mais je ne crois pas qu’il soit conscient de la force de notre lien. Je lui en ai déjà parlé, mais il ne croit pas aux vies antérieures. Il ne croit pas à la spiritualité, il la rejette car cela lui fait peur. Ce que je comprends et ce que je respecte.

Sauf qu’il sera difficile de guérir votre blessure commune dans le déni.

Le déni ? Je sais que c’est ça faiblesse. Il a dénié avoir partagé sa virginité avec moi et la mienne devant nos amis proches, parce que ça c’était mal passé et qu’il n’y a pas eu de suite… Autant dire que je l’ai pris en pleine figure…

Pourquoi cela t’a-t-il rendu aussi triste ? Alors que cela appartient au passé et que toi tu connais la vérité ?

Parce que c’était renier mes sentiments, le fait que, même si ça c’est mal passé, on en a fait le choix conscient tous les deux. Offrir sa virginité, ce n’est pas une paille. Et je l’ai fait par amour. Par ce déni, j’avais l’impression qu’il effaçait cette réalité là, celle de nos sentiments respectifs, même s’ils étaient imparfaits et que les hormones jouaient aussi leur rôle…

Mais aussi, parce qu’à l’évidence, cela a été source de blessures et de blocages pour tous les deux sur le plan de la sexualité. Et qu’on ne peut pas guérir une blessure sans en prendre conscience. C’est comme ignorer la première plaie qui se serait infectée et se répand. Moi j’en ai pris conscience il n’y a pas longtemps. Mais pas lui, et je ne pouvais pas le laisser fermer les yeux de cette façon, alors qu’il se bat pour essayer lui aussi d’avancer et d’évoluer.

Comment réagirais-tu si je te disais qu’il t’avait violé dans une vie passée ?

Je ne sais pas… Je te dirais que cela serait cohérent avec les casseroles que je me trimballe, mais je ne crois pas que j’arriverais à y croire. Je pourrais éprouver autant d’amour et de pardon envers une telle personne ? Parce que ce que j’ai dit est vrai, je ne peux pas le détester… Même s’il était venu à sortir avec ma propre sœur, même si parfois il se comporte comme un con et fait des erreurs. Même s’il m’a menti sur ses raisons pour me quitter… Il est humain et personne n’est parfait, il vit lui aussi ses propres limitations et je le vois se débattre avec.

Je sais que j’en fais de même avec les miennes. Et je suis frustrée de ne pas réussir à déchirer ce voile qui m’empêche d’apaiser cette douleur. Quand je le vois, je me dis qu’on rame sur le même type de bateau, chacun de notre côté. Je le vois, mais cela ne résout rien… Pas plus que de me dire l’origine des blessures entre nous. J’aimerais avant tout un moyen de les apaiser, puis ensuite de comprendre pour guérir.

Mais j’ai besoin d’un répit, de pouvoir souffler et reprendre des forces. Parce que je suis épuisée. Alors comment je fais ? Comment je suis censée faire pour apaiser cette brûlure qui me ronge de l’intérieur ? J’ai l’impression de faire des pieds et des mains, mais de lancer un caillou dans une mare. Ce que je fais n’est pas pertinent ou efficace, sans que je sache pourquoi, ni comment faire mieux.

J’essaye pourtant, je note mes rêves et j’essaye de les comprendre. Mais j’ai l’impression de ramer dans le vide, que les messages passent à côté de mon filet et que tous mes efforts sont dérisoires. Que j’ai beau essayer d’écouter, mes oreilles n’entendent pas. Je ne comprends pas pourquoi… Et cette foutu douleur qui ne me laisse pas en paix, me harcèle et m’empêche de simplement laisser le problème de côté jusqu’à ce qu’une clé apparaisse. C’est à tourner en bourrique.

Personne ne connaît donc un médecin de l’âme ?

28 juin 2016

Semaine européenne de l’endométriose

Artiste :

Artiste : Superschool48

Cette semaine était la semaine européenne de l’endométriose. Maladie féminine mal connue qui touche la sphère génitale et concerne selon les estimations 1 femme sur 10. Pour ceux qui se demanderait ce que s’est, un bref descriptif : maladie chronique inflammatoire, elle se déclenche quand des cellules de l’endomètre (tissu de l’utérus à l’origine des règles et permettant l’implantation de l’embryon) s’implante à l’extérieur de l’utérus, dans des endroits anormaux : parois de la vessie, du système digestif, des ovaires, des ligaments à côté… Ces cellules sont soumises aux cycles hormonaux et lorsque les règles arrivent, elles saignent aussi. Ce sang qui est dans les tissus intérieurs ne peut pas être évacués, il crée donc des hématomes, qui pour se résorber sont source d’inflammations très très douloureuses. Lors de la cicatrisation, des tissus fibreux et des nodules se créent, qui peuvent entrainer un accolement des organes entre eux (source de multiples problèmes) et aussi envahir les tissus environnants.

Ainsi cette maladie se caractérise par de multiples symptômes : des douleurs terribles pendant les règles, des troubles digestifs et urinaires, des douleurs pendant les rapports sexuels, une fatigue chronique… Évidemment, chaque cas est unique, car la particularité c’est que les symptômes ne sont pas forcément proportionnels aux lésions. Ainsi on peut avoir de petites lésions et souffrir comme un chien, ou bien avoir d’importantes lésions et que la maladie soit « silencieuse ». Il existe tous les cas de figure, mais il est fréquent que les douleurs pendant les règles soient handicapantes au point de ne pas pouvoir travailler ou aller à l’école. Ceci doit être un symptôme d’alerte. Car il n’est pas normal de souffrir d’une douleur supérieur à 6 sur une échelle de 1 à 10 de la douleur (10 étant le plus fort). Et puis autre symptôme, cette maladie peut être la cause d’infertilité dans 50% des cas. Pour un certain nombre de femmes, c’est même à cette occasion, en essayant de concevoir un bébé et n’y arrivant pas, faisant un bilan de sa fertilité, que la maladie est découverte.

Très difficile à diagnostiquer, car elle demande de vraiment être étudiée et connue par les radiologues et gynécologues pour savoir être détectée, cette maladie reste souvent dans l’ombre et est peu connue d’une partie du corps médical. Ce qui entraine souvent une longue errance avant d’être prise en charge, la moyenne nationale étant de 6 ans de retard de diagnostic. Car cette maladie peut se déclencher à tout âge, dès les 1ères règles, comme à 20 ou 30, 50 ans… Les facteurs déclenchant sont mal connus, et il n’existe pas de traitement pour guérir. La médecine au jour d’aujourd’hui ne permet que de stabiliser la maladie, et permettre « un niveau de vie acceptable ».

Face à ça, comment vivre avec ? Mon endométriose s’est déclenché vers l’âge de 20 ans, peut-être était-elle latente, peut-être la pilule l’avait masquée. J’ai commencé à avoir des règles extrêmement douloureuses, et le doliprane n’avait aucun effet. Ma gynéco a alors suspecté la maladie et m’a envoyé faire un IRM. Seulement voilà, le radiologue n’était pas un spécialiste et ne savait pas détecté la maladie… Le diagnostic a donc été négatif et a commencé pour moi une longue errance médicale. Du coup, les médecins, ayant réfuté cette hypothèse de maladie, ne me prenaient pas au sérieux, m’ont dit que c’était psychologique, ou bien que c’était peut-être à cause de ma dystrophie ovarienne. Bref que je n’avais qu’à « faire un enfant pour aller mieux ». Ce manque de soutien, de compréhension et d’aide médicale m’a désespéré. Mes règles se sont empirées, j’ai fini par ne plus pouvoir me lever de mon lit, ne plus pouvoir manger car mon système digestif faisait la samba, crier et pleurer de douleur. Plus le temps passait et plus les douleurs augmentaient et me laissaient dans un état de fatigue physique et morale extrême. Et m’isolaient socialement, car les symptômes commençaient la semaine avant mes règles et se poursuivaient une semaine après. Impossible de sortir dans cet état…

Heureusement, j’ai eu la chance de trouver une médecine alternative qui m’a grandement aidé à diminuer les douleurs et remettre en route mon système digestif : la biokinésiologie (mélange de kiné, ostéopathie et médecine chinoise). Sans ça, je crois que je me serais flinguée tellement je n’en pouvais plus de la douleur… Evidemment, n’ayant pas de diagnostic médical, ni de mot sur cette maladie, je n’ai pas pu chercher le secours des associations. Car, comme le corps médical me l’avait dit, je pensais que c’était juste « moi qui avait un problème » et que c’était la faute de mon corps. J’étais en colère contre lui, contre la vie, contre cette injustice. Pourquoi est-ce que j’étais malade comme ça ? Qu’est-ce que j’avais fait pour mériter ça, cette torture qui revenait chaque mois et me rongeait le ventre ?

C’est par hasard, que 5 ans après le début de tout ça, je suis tombée sur un gynéco qui connaissait très bien la maladie et l’a reconnu dès la première consultation. Il m’a fait passer les examens nécessaires auprès d’un radiologue compétent, qui a bien pu détecter et valider la maladie. Cette grande inconnue pour moi à l’époque : l’endométriose. Cela a été un soulagement et en même temps une source de grande colère pour moi. Pourquoi cela n’avait-il pas été détecté 5 ans plus tôt lors de mes examens ? Je n’aurais pas eu à souffrir de cette façon… D’autant que le gynécologue spécialiste que j’ai vu par la suite m’a confirmé que la maladie était bien visible sur les 1er clichés, pour ceux qui savaient chercher…

Suite à ça, j’ai pu m’informer sur cette maladie et j’ai pu prendre contact avec l’association française EndoFrance qui m’a aiguillé vers des spécialistes, permis d’avoir accès à des informations fiables sur la maladie et les traitements. A alors commencé ma recherche d’un traitement adapté. La seule solution médicale étant de supprimer les règles. Le premier a été une catastrophe, je pleurais tous les jours car les hormones ne me convenaient pas du tout et me mettait les nerfs à fleur de peau. Le deuxième m’a donné des bouffées de chaleur et des migraines pas possibles. Le troisième me laisse mitigée, car j’ai été plusieurs fois malade comme un cycle, mais sans pertes de sang. J’ai même eu mes règles une fois, paraît-il que cela peut arriver exceptionnellement. Alors je dois attendre de voir…

Si je devais faire un bilan aujourd’hui, je dirais que ma situation s’est beaucoup améliorée. Il devient rare que je reste couchée par des crampes de douleurs insupportables à cause de mes règles, même si les douleurs sont toujours présentes. Je peux travailler à peu près normalement, sauf quelques jours par mois. Pour l’instant, je n’ai pas besoin de me faire opérée. Je n’ai pas eu d’attaque franche de la vessie, du système digestif, je n’ai pas besoin d’avoir de poche de substitution. Je n’ai pas non plus eu à prendre le traitement de ménopause artificielle, aux effets secondaires terribles… Ce qui n’est pas le cas de toutes les femmes atteintes. J’ai moins de vertiges aussi, et je peux sortir un peu plus.

Pourtant, ma maladie est toujours handicapante dans le quotidien. Parfois il faut que j’évite de marcher à cause des douleurs et que je reste assise. J’ai souvent de la fatigue chronique, et ne peut rien faire d’autre le soir et le we que de me reposer, sans voir personne. Je dois toujours faire très attention à ce que je mange et bois pour aider mon transit. J’ai arrêté l’alcool, diminué la viande en priorisant les moins grasses, arrêté le pain blanc. J’essaye de manger plus de fruits et de légumes, de fibres, moins de produits industriels. Parfois je souffre de sciatique, car la maladie a irrité ce nerf chez moi, probablement pour la vie…

Mais je crois que le plus dur se situe au niveau psychologique. Parce que je me sens souvent seule et incomprise au sujet de ma maladie. Je ne suis pas vieille, pourtant j’ai peu d’énergie et je dois souvent me reposer, ce qui entraine des réflexions comme « bah alors, tu es une petite vieille ?!! » de la part de gens de mon âge ou de 40 ans. Je dois souvent adapter mes activités, je ne peux faire que des sports doux, des efforts modérés. Je ne peux plus boire d’alcool sans être malade, ni manger trop. Pas de sortie boîte, ni d’orgie pour moi, ce que comprenne mal un certain nombre de jeunes de mon âge…

Certains matins, j’ai vraiment du mal à me lever tellement mon corps est lourd et je me sens épuisée. Chaque jour est alors une lutte pour faire les choses du quotidien, pour travailler sans ne rien laisser paraître. Des fois j’ai des courbatures pendant des semaines, sans n’avoir rien fait de spécial, ou bien des migraines qui ne passent pas.

Et tout ça, j’ai l’impression que mes proches ne le voient pas, ne le comprennent pas. Mes parents font l’autruche, ils ne parlent jamais de ma maladie. Des fois, j’ai l’impression qu’ils font semblants de ne pas la voir, parce qu’ils ne savent pas comment réagir. En ignorant la réalité, j’ai l’impression que c’est une partie de moi qu’ils renient. Comment me sentir soutenue par eux alors ? J’aimerais qu’ils s’y intéressent, qu’ils se renseignent dessus, comme tous ces autres parents que j’ai vus à la conférence…

Lors de la conférence d’hier sur « Prendre en charge la douleur », le gynécologue a dit quelque chose qui m’a profondément touchée : « l’endométriose est une maladie chronique handicapante qui touche l’être dans toutes ces composantes. Elle modifie tout, TOUT : ces projets de vie, … ».

Cette maladie est incurable, je l’aurai probablement toute ma vie. Il n’existe pas de traitement pour la guérir, la seule chose que l’on sait faire, c’est supprimer les règles jusqu’à la ménopause. Voir opérer pour enlever les grosseurs, mais les risques de récidives sont importants.

Cette maladie a changé tellement de choses pour moi : j’ai rayé de ma vie l’idée d’avoir des enfants, j’ai dû renoncer à un certain nombre d’activités mais aussi d’aliments. Elle a modifié mon rapport à mon corps, même la forme de celui-ci, puisque j’ai un ventre toujours gonflé à cause de mes ovaires ne marchant pas correctement, une pilosité et une acné « anormale ». Elle est source pour moi de douleurs lors des rapports sexuels, ce qui est un vrai handicap pour construire une sexualité épanouie et un couple équilibré… Mais le plus dur, c’est gérer la fatigue chronique, apprendre à accepter le rythme et la fragilité de mon corps, qui me fait vivre au ralenti par rapport aux autres… ne me permet pas de faire tout ce que je voudrais, comme je voudrais. Il faut constamment s’adapter, prévoir…

Je pensais avoir réussi à l’accepter, à ne pas passer mon temps à m’identifier en tant que « malade ». Mais quand je vois toutes les émotions et pensées provoquées par la conférence d’hier, force est de constater que non, je n’ai pas accueilli et lâcher prise sur ma maladie… Que je ne sais plus comment gérer. Comment faire comprendre aux autres ma fatigue et mes besoins sans me poser en tant que « malade » et avoir l’air de me plaindre ? Comment ne pas y penser, sans non plus oublier de respecter le rythme de mon corps ? J’ai l’impression d’osciller entre le rejet et la complaisance. A ne pas réussir à l’intégrer comme partie de moi, comme une chose normale dans ma vie. Parce que je ne peux rien y changer et qu’elle fait partie de moi…

Pourtant, je sais que cette maladie est aussi une force. Car elle m’a permis de comprendre l’importance du cycle féminin, des règles et de ses énergies. Elle m’a permis de prendre conscience de mon rejet de la maternité et de nombreux nœuds en lien avec ma mère. Elle m’a encouragé à m’explorer en tant que femme, mais aussi en tant qu’amante. A ne pas renoncer au plaisir sexuel parce que je suis malade. À chercher ce qui me convient au niveau de mon rythme de vie, de mon alimentation, de la façon de prendre soin de moi. Bref, à m’écouter et à me respecter, au-delà des exigences de la société, des modèles et des attentes extérieures.

J’aimerais simplement que parfois cela soit plus simple.

13 mars 2013

Apprendre le plaisir féminin [ressource sur la sexualité]

Artiste :

Artiste : Sionra

Réparer les dégâts d’un viol, du traumatisme des douleurs physiques pendant les rapports dus à l’endométriose, de la relation conflictuelle avec le désir sexuel et son plaisir, ce n’est pas facile. C’est pour ça que la sexualité féminine, dans la volonté d’assumer et d’incarner son féminin sacré, est un sujet dont j’ai décidé de parler sur mon blog. Pas sous un angle érotique ou pornographique. Pas sous un angle féministe et de défense des droits des femmes. Mais sous l’angle de la guérison et de l’épanouissement de soi-même, en tant que femme.

A-t-on souvent l’occasion de parler de ces milles petites ou grandes blessures que l’on vit au travers de la sexualité ? Soit parce que l’on a une maladie touchant la sphère génitale, comme de l’endométriose, du vaginisme ou autre. Soit parce qu’on a subit un viol ou des violences sexuelles. Soit parce qu’on s’est forcé à faire plaisir à l’autre en allant à l’encontre de soi-même. Soit parce que le tabou nous a empêché d’explorer cet aspect. Ou bien encore parce qu’on ne nous l’a jamais appris et qu’on ne sait pas par où commencer. Il existe mille et une raisons qui font que la sexualité peut être difficile pour une femme. Encore plus dans notre société actuelle, où l’on attend d’elle qu’elle soit belle, mais aussi libérée au lit et capable de jouir. Tout cela faisant beaucoup de pression.

Je connais assez peu de jeunes femmes de mon âge qui soient totalement à l’aise avec le sujet, qui pratique la masturbation sans s’en cacher et se sentir mal à l’aise. En fait, je n’en connais aucune qui ne m’en ait jamais parlé ouvertement. Ne parlons même pas de ma mère, pour qui le sujet est absolument tabou et dont la façon dont elle vit sa féminité et sa sexualité restent de grands mystères pour moi !

Et comment avoir une sexualité épanouie à deux, quand on ne l’a pas même avec soi-même ? Comment guider l’autre vers son propre plaisir quand on ne sait pas faire pour soi-même ? Ça parait bien difficile… Rajouter une personne, c’est rajouter de la complexité. Sans idée du chemin à suivre, le plaisir et l’orgasme peuvent devenir des notions très aléatoires et frustrantes.

Comment remédier à ça ? Il n’y a pas une femme identique, donc pas de solution unique. Mais je pense qu’une des premières étapes est déjà d’apprendre à accepter et à aimer son corps, se dé-complexifier par rapport à son propre sexe et à ses attentes en matières de sexualité. Et puis c’est apprendre son corps, ce qui le fait vibrer, lui fait plaisir et de quelles façons. C’est donc s’explorer, tester, s’amuser en gardant un rapport aimant avec ce corps, parfois si difficile à comprendre, si changeant et instable. C’est définir ses envies et ses besoins sexuels, sans se laisser influencer par ceux de son compagnon. Et à bien des égards, le célibat facilite souvent cela et libère des attentes de l’autre.

Je pense qu’il n’y a pas une façon de faire pour épanouir sa sexualité, mais aussi que c’est un processus long et progressif, au cours duquel il faut être patiente et se donner le temps. S’offrir le temps aussi de prendre soin de soi. Parce que souvent, il n’y a pas que l’aspect physique et émotionnel de la chose. Il y a aussi le psychologique et tous les nœuds énergétiques qui peuvent exister. Parfois derrière une résistance se cache un blocage mental dû à une blessure, qu’il faut prendre le temps de conscientiser, de désamorcer et de transmuter. Parfois cela requiert l’aide d’une psychologue, d’une sexologue ou d’une thérapeute. Ce n’est pas toujours facile d’accepter et de se s’avouer à soi-même que l’on est « blessée » et que l’on a besoin d’aide extérieure. Pourtant, ça peut parfois vraiment être d’une aide fondamentale et d’une richesse d’évolution époustouflante.

Et puis, il existe aussi des ressources à mobiliser pour nous aider, pour s’explorer, pour apprendre. J’en ai déjà parlé dans cet article ici : Épanouir sa sexualité, comment avoir des orgasmes.

Je viens même de créer une catégorie spéciale « Sexualité féminine » sur ce blog.

Et j’ai envie de partager avec vous une découverte que j’ai faite aujourd’hui. Cela s’appelle OMGYES (https://www.omgyes.com/). C’est un site fait par les femmes pour les femmes pour apprendre à avoir des orgasmes (ou les améliorer), basé sur des études auprès de 2 000 femmes. Alors je m’excuse d’avance, il est en anglais… mais je ne connais pas à ce jour d’équivalent français (faites le moi savoir si vous vous en connaissez !). Il présente différentes techniques de masturbation, avec différentes vidéos. Chaque femme y explique le principe général, puis dans une deuxième vidéo comment on fait. Alors oui, âmes sensibles abstenez-vous, car on voit en effet des vidéos montrant le sexe des femmes pour une démonstration. Mais ce ne sont pas des vidéos pornographiques et on ne voit pas la femme avoir un orgasme, elle montre juste comment elle fait dans la réalité. Donc pas que du blabla, ce qui est plutôt rare. En payant (55€ sans réduction), on accède à 12 techniques. Mais si vous voulez vous faire votre propre avis, allez tester par vous-même car on peut visualiser la première gratuitement. Je n’écris pas ça pour faire de la pub, mais bien pour partager une ressource qui pourrait intéresser certaines femmes, mais aussi certains hommes intéressés pour apprendre comment améliorer le plaisir de leur partenaire.

Pour ma part, je me suis offert l’accès en tant que cadeau de St Valentin envers moi-même. Parce que oui, c’est bien de s’aimer soi-même et de parfois se le témoigner. Ce sont ces petits pas qui permettent d’avancer sur le chemin de l’amour de soi, où l’on ne dépend plus des autres pour aimer et être aimé, et où finalement on devient capable d’un amour entier et inconditionnel.

6 février 2016

Épanouir sa sexualité féminine – comment avoir des orgasmes? [ressources]

Artiste :

Artiste : Sionra

C’est un sujet qui est rarement abordé je trouve. Parce que finalement, le plaisir féminin, on en parle assez peu entre femmes, entre mère et fille, même entre amies. Moi, je n’ai jamais osé poser la question à ma mère de savoir ce qu’était un orgasme et comment on en avait un quand j’étais ado. Oui, on peut lire des gros titres à ce sujet dans des articles de magazines féminins, mais finalement, les dits articles ne donnent que bien peu d’infos concrètes, et nous mettent surtout la pression pour savoir orgasmer. Oui parce que de nos jours, la femme idéale n’est pas celle qui est uniquement belle, elle doit aussi assurer au lit, être capable de donner une fellation comme si c’était un bonbon, aimer ça, mais en plus savoir prendre son pied et orgasmer à chaque fois. Ça fait beaucoup de pression tout ça…

Et si on revenait à un point de vue un peu plus personnel et réaliste ? De par ma maladie (endométriose) j’ai été obligée de me pencher assez vite sur le sujet de la féminité. Et de constater que c’était une part de moi que j’assumais très mal. A l’époque, exit les jupes et les robes courtes, les pantalons moulants, j’étais mal à l’aise avec mes formes et c’était dur pour moi de les assumer.

Quant à parler de la sexualité… Après mon viol refoulé, sans le savoir, c’était plus une corvée qu’autre chose, où j’ai rarement été motivée et pris du plaisir. Jusqu’à décider d’arrêter de me forcer, et puis finalement d’être célibataire tant que je ne me sentirais pas mieux dans ma peau. Ou bien de profiter des opportunités qui viennent à moi uniquement si j’en ai envie. Evidemment, cette vision-là a radicalement changé quand j’ai rencontré quelqu’un avec qui pour la première fois, j’avais envie que cela devienne vraiment sérieux. Non seulement je n’avais plus envie que le sexe soit une corvée, une source de douleurs, mais plutôt que cela devienne un partage dans la joie et le plaisir. En somme il y avait, et il y a encore du boulot.

Ce n’est pas un chemin qui se fait instantanément. Evidemment, quand on a des blocages psychologiques, il est bon d’entamer une thérapie pour explorer ces blocages et les lever. Mais il existe aussi d’autres outils qui peuvent être intéressants, et aider une femme à mieux se connaitre elle-même de ce côté-là, sans forcément avoir besoin de traiter des traumatismes lourds.

C’est cela que je voulais partager avec vous aujourd’hui, dans le prolongement de l’article de L’ile aux feuilles ( https://leafyisle.wordpress.com/2015/07/26/renouer-avec-son-soi-intime-des-pistes/ ). [Je m’excuse d’avance, mais la majorité des ressources en ligne que je vous donne sont en anglais…]

  • Les ressources de Jennifer Posada [en anglais]

C’est un projet nommé « The Orgasmic Woman Project  » sur : http://www.orgasmicwoman.com . Son objectif est de permettre à chacun de savoir comment mieux ressentir cet « état orgasmique » et de le vivre énergétiquement (et pas forcément uniquement à travers le sexe dirons-nous) pour apprendre à mieux l’accueillir. Il y est questions d’amour envers soi-même, mais aussi d’apporter une énergie de guérison sur ce plan là. J’aime bien son approche et surtout je trouve qu’elle peut être très aidante dans un processus de guérison sexuelle. C’est aussi une occasion d’apprendre à être plus à l’aise avec ce sujet-là et de le voir sans l’angle de la beauté et du plaisir. L’avantage est que c’est une ressource pour laquelle on donne ce qu’on veut (1$ à 100$… etc).

Elle propose également un Self Love Course (http://www.jenniferposada.com/self-love-oracle-course ) qui permet de travailler sur l’acceptation et l’estime de soi. C’est un cours que j’aime beaucoup, car il apporte beaucoup de douceur, de paix et invite vraiment à la réconciliation avec soi-même. Avec l’avantage de le faire à son propre rythme, et de donner ce que l’on veut en terme de paiement.

 

  • Les ressources de Vanessa Marin, sexe thérapeute [en anglais]

A l’époque, elle proposait un intéressant « five-day Stop Sabotaging Your Orgasm Challenge », qui donnait un conseil pendant 5 jours. La ressource restant en ligne est cette vidéo, intéressante pour débuter sur le sujet : http://vmtherapy.com/videos/video-looking-to-have-your-first-orgasm/ . Elle publie également de nombreux articles de blogs intéressants, dont vous aurez les liens en s’inscrivant à sa newsletter (pas trop envahissante).

Elle propose un programme en ligne qui s’appelle « FINISHING SCHOOL: learn how to orgasm ». http://vmtherapy.com/how-to-orgasm Par contre, il faut avoir les moyens (c’est 599 $), aussi je ne l’ai pas expérimenté.

Mais plus accessibles, voici une sélection de lien :

  • Le livre « Healing Sex : a mind-body approach to healing sexual trauma » de Staci Haines

Ce livre est plus axé vers les personnes qui ont subi un traumatisme sexuel. Son approche est très complète, aussi sa lecture est progressive. Pour ma part, je n’avance que doucement car je mets souvent le doigt sur des blocages, que j’essaye de résoudre avant de poursuivre. Ce livre est bien construit et donne de très nombreux témoignages. Il m’a été conseillé par plusieurs personnes. Je ne connais malheureusement pas de traduction, mais on peut l’avoir en ebook pour 18$.

  • Les ressources de Miranda Gray [en français]

Miranda a écrit plusieurs livres sur le cycle féminin et ses énergies, notamment  « Lunes Rouges ». Elle reprend l’idée qu’il existe 4 archétypes dans les énergies féminines, dont un très sensuel et ouvert à la sexualité. En acceptant et invitant celui-ci, cela permet aussi l’exploration de ce domaine-là.

Elle a aussi créé la méditation mondiale de l’Utérus (gratuite): http://www.wombblessing.com/french-invitation.html . Ayant fait un stage avec elle et étant maintenant une « Moon Mother », je peux dire par expérience personnelle, que la Bénédiction de l’utérus m’a permis une reconnexion profonde avec mes énergies féminines et m’a aussi donné des outils pour travailler à ma guérison : à travers les méditations, mais aussi avec la technique de Soin de l’utérus.

C’est une piste à explorer, particulièrement pour celle qui aime utiliser les énergies lunaires pour se connecter à leur aspect féminin.

Je crois que j’ai fait le tour des ressources disponibles pour tous que j’explore actuellement. Évidemment, dans ce genre de démarche, il est bien avant tout, si on a des problèmes physiologiques, d’aller voir son médecin, ou un spécialise, et de prendre un traitement adapté.

Pour partager mon expérience par rapport à la prise en charge de la douleur dans le cas de l’endométriose, le travail via le corps (inconscient) est aussi un des plus efficaces. Moi j’ai expérimenté de très bonnes améliorations par le passé grâce à la Biokinésiologie, mais j’ai entendu aussi des retours positifs sur le Chi Nei Tsang (technique de massage du ventre avec de l’énergétique chinoise). Bref, à chacun de trouver la technique qui lui parle, la relation avec le thérapeute étant elle aussi très importante.

Évidemment, mon avis est que pour ce genre de maladie ou des blocages sexuels, il vaut mieux chercher à explorer en profondeur pour comprendre le message que notre corps essaye de nous transmettre. Car en général, ce n’est pas déconnecté de notre histoire et de nos antécédents.

C’est pourquoi de mon côté je travaille à la fois sur le physique (traitement médical et massage), l’énergétique (médecine chinoise), le psychologique (suivi avec une spécialiste) et le spirituel (séances de soins chamaniques), en plus de toutes les ressources que j’ai partagé avec vous. Et à toutes celles qui galèrent sur ces aspects-là, ont perdu un compagnon à cause de ses sujets, n’arrivent pas à aimer leur corps ou se désespèrent de ressentir du plaisir, je leur envoie toute ma compassion et je les encourage à ne pas abandonner. Il y a des jours où je me sens très mal, I’m feeling likre crap, ou bien j’ai l’impression qu’un camion m’a roulé dessus à cause de ma maladie. Mais cela ne m’empêche pas, et n’empêche aucune d’entre nous, d’être une femme et d’avoir des ressources dans lesquelles puiser pour avancer. Et pour rien au monde, je n’abandonnerais mon sexe et ma sensibilité pour être un homme et ne pas avoir ses problèmes là.

Bonne exploration à chacune !

13 décembre 2015

Le cadeau de la sexualité

Artiste :

Artiste : Arumie

J’ai peur, une partie de moi est effrayée de faire face à mes blocages, à mes blessures et à mes peurs au niveau de la sexualité. Une partie de moi a peur de ne pas trouver de solution, de rester bloquée, de ne pas être capable. Une partie de moi a peur d’être moquée, rejetée, ignorée alors que je demande de l’aide. Je me sens comme une enfant faible et influençable.
Alors que pourtant, en prenant ma décision tout à l’heure, je me sentais forte et sûre de moi. Je me sentais motivée, capable d’y arriver, impatiente de commencer à échanger avec cette sexothérapeute. Je me sentais sur le bon chemin, pleine de volonté et de forces, avec des tas d’outils entre mes mains. Avec déjà le plus difficile de réalisé : m’aimer moi-même.

Et tout à coup, je me sens en insécurité, en danger, faible et terrorisée. Pourquoi ? J’ai juste envie de prendre dans mes bras cette partie de moi si effrayée et si blessée par son passé. J’ai envie de la bercer pour la rassurer, lui dire que je l’aime, que ça va aller, que je vais la protéger. Que l’on va regarder et nettoyer ces blessures pour mieux les guérir, que je vais en prendre soin avec amour. Que je vais les observer et les accepter sans les juger. Comme je n’en avais jamais été capable avant parce qu’il me manquait cet amour et cette douceur envers moi-même.
Ça va aller, parce que je suis là pour moi-même. Parce que je vais prendre soin de moi. Parce que je vais respecter mon propre rythme et me faire aider par des professionnels. Parce qu’aucune blessure n’est destinée à saigner perpétuellement, parce qu’aucune salissure n’est définitive.
Parce que j’ai envie d’évoluer vers le meilleur de moi-même. J’ai envie de vivre une sexualité épanouie, d’être capable de me faire l’amour à moi-même et aussi d’offrir mon amour de cette façon. Parce que c’est une magnifique façon d’honorer son propre corps, de l’aimer, de lui offrir du plaisir et d’être connecté à lui. Parce que c’est une façon magnifique de communier et de partager son amour avec l’être aimée, de le vivre de façon incarné.

J’ai envie de beauté.
J’ai envie d’harmonie.
J’ai envie de simplicité.
J’ai envie de partage libéré.

J’ai envie d’offrir ce magnifique cadeau qu’est la sexualité à la femme en moi.
A cette femme si belle, si pleine de désir et d’envies sexuelles, mais qui ne sait comment les assumer, les vivre, les partager et les honorer.
A cette femme si féminine, qui a envie de vivre le plaisir dans son corps, de vibrer d’émotions et de joie dans la pureté, la sincérité et l’amour.
A cette femme qui a envie de communier avec l’être qu’elle aime, de s’abandonner avec lui, de se sentir unie sur tous les plans : physique, émotionnel et spirituel.

Cette femme en moi, si vaste et si complexe, si mystérieuse et inconnue de moi-même, I want to embrace her. Je veux l’accepter telle qu’elle est, car elle est parfaite et recèle tous les trésors en elle-même. Il me suffit juste de creuser pour les déterrer et les offrir à la lumière de la vie.
Et je sais que la femme magnifique que je suis a la force, la foi en elle-même et la capacité d’y arriver.

16 octobre 2015

Renouer avec son soi intime, des pistes…

Auteur : Yu han d63y9de

Auteur : Yu Han

Un bel article sur les ressources pour explorer et guérir sa féminité ! Merci à Brume

L'Ile aux Feuilles

Cela fait une éternité que je n’ai pas écris de nouvel article et je vous reviens avec quelque chose qui me sort de ma zone de confort. Je souhaite partager avec vous les quelques pistes que j’ai suivi pour rencontrer, comprendre, accepter, soigner et aimer ma Féminité ainsi que ma Sexualité (cet article s’adressera donc plutôt aux femmes). Il s’agit d’un sujet délicat et je ne rentrerai pas dans les détails  mais je vais aller au-delà de ma réserve naturelle car je sais que cela pourra aider d’autres comme moi :). Je vous les présente dans l’ordre où je les ai vécu.

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