Se sentir soutenue

Artiste : Weewill

Cela m’a fait bizarre de retomber sur de vieilles lettres et mot échangés avec mes copines de collège et de lycée. Pas si surprenant, étant donné que je trie mes affaires d’adolescente laissées chez mes parents dans la chambre d’ado que j’ai quitté. Et j’ai un sacré rangement et ménage à faire. C’est fou ce que l’on peut accumuler avec le temps, et encore je ne parle même pas des personnes « qui gardent tout », dont c’est malheureusement mon cas. J’imagine que le parallèle émotionnel et énergétique est plutôt vrai. Il est certain que je suis du type éponge, et que j’ai du mal à me délester du passé et de ses blessures. Je me demande quel processus subtil est mis en branle dans un tel chantier physique…

Tout dépend de ton intention.

Et bien… Il est vrai que je n’avais pas formulé d’intention précise jusqu’à maintenant. Mais c’est simple. Je veux me délester des énergies et objets de mon passé qui ne me sont plus utiles. Je veux créer de l’espace pour y installer mes énergies telles quelles sont devenues, laisser une ouverture aux projets et aux possibles. Je veux me sentir respirer dans ma chambre aussi. Parce que pour l’instant, elle est encore pleine comme un œuf. Et optimiser le rangement, en imbriquant tout, je ne suis pas sûre que cela me satisfasse.

Tu as fait des progrès. Tu arrives maintenant à jeter ou à donner. A te poser la question « vais-je honnêtement reporter ce vêtement ? » Mieux encore « ai-je envie de reporter ce vêtement ? ».

Oui, je me suis rendue compte qu’il y a certains fringues que j’avais gardés depuis plus de 10 ans en me disant « et si jamais un jour, j’avais envie de les reporter ? ». La vérité c’est que, pour la majorité, ce n’est pas le cas. Pour quelques rares pièces, toutefois, il y a exception. Vu que j’ai arrêté de porter du noir, je peux remettre quelques vêtements.

Et c’était déjà tes préférés à l’époque.

Oui, c’est vrai. D’ailleurs, je suis dégouté, mon T-shirt préféré est trop petit, parce qu’entre temps, j’ai pris de la poitrine. Mais j’adorais ce motif rétro. D’ailleurs j’ai gardé le tissu pour tenter de faire quelque chose avec. Dire que je rentre de nouveau dans certains hauts que je portais à 13 ans… J’hésite entre trouver cela flippant et m’ébahir de ma nouvelle minceur !

Tu as perdu quelques kilos.

Oui, sans « rien faire ». Enfin, « à part » arrêter le lactose. Je suis revenue à un poids idéal, je dirais. Celui au début de mes études, avant que je ne commence à passer toutes mes frustrations sur la nourriture, ou bien à me récompenser pour mes efforts d’étudiantes… Je me trouve bien comme ça, mais je me demande si ce poids, enfin cette minceur va se maintenir. J’aimerais vraiment. Perdre des cuisses sans perdre des seins, c’est un miracle !

Peut-être est-ce aussi lié à ton changement de traitement hormonal.

Peut-être… Je ne m’explique pas trop cette fonte. Parce que je mange peut être un peu moins gras, mais pas tant que ça. Les graisses animales (beurre, fromage) ont été remplacées par des graisses végétales, mais j’en mange encore une certaine quantité. Mais bon, autant à la Réunion, cela allait. Autant depuis mon retour de métropole, il va falloir que je revois mes menus, que je cherche des recettes et que je trouve comment manger plus de fruits et de légumes de saison. Ça c’était plus facile là-bas. Et j’en ai déjà marre de ne manger presque que des pommes, même si je sais que c’est la saison qui veut ça, il est encore tôt pour le reste… En tout cas, j’ai faim, j’ai le sentiment de ne pas manger assez « solide ». Mais en même temps, je n’ai pas envie de cuisiner. Et sans envie, c’est galère…

Qu’est-ce qui pourrait te faire plaisir ?

Un super plateau de fruits frais en tout genre ? De la mangue fraiche ? Oh non, je sais !!! Des supers avocats de la Réunion, c’est la pleine saison là-bas et c’est une tuerie. Ici avocats et bananes sont bien fades. Je le savais en rentrant. Je savais que ça serait comme ça, mais j’ai du mal à rebondir, à remplacer les aliments, à me motiver pour aller faire des courses et cuisiner.

Tu devrais aller au marché avec ta mère ce samedi, cela te donnerait des idées sur les fruits et légumes de saisons. Et de là tu pourrais chercher des recettes adaptées.

Ouais, c’est une bonne idée… Même si cela ne me motive pas plus que ça. J’ai du mal à cuisiner chez mes parents. Je ne sais pas pourquoi, j’ai besoin de me sentir « chez moi ». Et ce n’est pas « au calme », parce que la journée, ils travaillent. Mais j’aime utiliser mes ustensiles de cuisines, mes ingrédients, avoir mes placards. Et même si j’ai négocié de récupérer un peu de place pour ranger mes affaires, je suis bien loin d’avoir l’espace que j’avais à la Réunion. Je suis limitée pour ranger mes ingrédients, donc pour les acheter. D’autant plus que comme j’ai un régime sans gluten et sans lactose, je dois utiliser un certain nombre de choses spécifiques.

Mes parents ne semblent pas du tout être prêts à s’adapter à ce genre de régime. Je ne leur en veux pas, si ma santé ne l’exigeait pas, je n’aurais jamais arrêté moi aussi. Mais ce n’est pas forcément évident tous les jours de les voir manger « normalement », ou encore de voir que ma mère a peur de tester des recettes sans gluten communes (même si je l’aide à cuisiner).

Alors je peux cuisiner pour moi-même. Mais ils vont forcément avoir envie de gouter et donc je vais partager. Sauf qu’eux, ils ne pourront jamais partager leurs plats, et cela va me frustrer… Échanges dans un seul sens…

Mais les échanges ne se limitent pas uniquement aux plats cuisinés.

Non je sais… Pourquoi est-ce que je me sens blessée qu’ils ne veuillent pas faire d’efforts pour cuisiner sans gluten et sans lactose ?

Ils en font à leur manière…

Pourquoi suis-je frustrée qu’ils ne se sentent pas concernés ?

Parce que tu as envie de te sentir soutenue au quotidien.

Pourquoi ai-je ces attentes auprès d’eux ?

C’est humain d’avoir des attentes.

Mais qu’est-ce que ça veut dire ?

Ça veut dire que tu attends de l’extérieur ce que tu dois t’offrir de l’intérieur. Tu ne te sens pas soutenue par rapport à ton régime alimentaire et par rapport à la maladie. Pourquoi ? Pourquoi faudrait-il que ce soutien vienne de l’extérieur ? Ne peux-tu pas te l’offrir toi-même ?

Comment peux-tu te l’offrir toi-même ? Que faudrait-il que tu fasses pour te sentir soutenue de l’intérieur ? Que ne fais-tu pas qui ferait que tu te sentes prise en considération, par toi-même, à travers tes actes ? Réfléchis-y.

Alors oui, cela demande des efforts. Cela demande que tu te bouges et que tu agisses pour ton propre bien être, plutôt que d’attendre que cela vienne de l’extérieur. Les gens préfèrent attendre passivement, parce que cela est moins fatiguant, c’est moins de responsabilités également. Mais pourtant, tu es la mieux placée pour satisfaire tes propres besoins. Réfléchis-y.

Fais la liste des actions « pour me sentir soutenue face à la maladie ». Qu’attendrais-tu de la part d’une personne extérieure ? Que peux-tu faire par toi-même ?

Réalise également une liste d’actions « pour me sentir soutenue dans mon régime sans gluten et sans lactose ». Ecris cette liste comme si c’est ce que tu attendais des autres, de tes parents, de tes amis. Apprends à discerner les attentes que tu as, et derrière décrypter les besoins réels, afin d’apprendre à les satisfaire par toi-même.

Ok, merci des conseils. Mais là tout de suite, cela n’apaise pas ma tristesse.

Accueille là. Tu as le droit de te sentir triste, parce que tu te sens seule face à la maladie et ses conséquences. Alors même que tu es rentrée au sein de ta famille. Tu espérais que ce serait différent. Mais chacun donne ce qu’il peut, et tes parents sont occupés par ailleurs à gérer leur travail et leur propre santé. L’autonomie c’est apprendre à satisfaire ces propres besoins, même si tu vis en communauté. L’un n’empêche pas l’autre. Quand vous vivez seuls, vous êtes obligés d’apprendre à le faire. Pourtant, c’est tout aussi important de savoir le faire en communauté.

Oui… Merci.

3 mai 2017

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Incompatibilité physique

Artiste : Picolo-kun

Artiste : Picolo-kun

Ce matin, je me suis encore réveillée d’une terrible mauvaise humeur. Pas envie de me lever, pas envie de faire quoi que ce soit, alors que la liste de chose à faire pour mon déménagement est longue comme mon bras. Des tas de choses à faire, mais pas l’envie, pas la force. Pas concernée, comme si après tout, tous ces détails n’avaient aucune importance en comparaison de la façon dont je me sentais à l’intérieur.

Cette nuit, j’ai encore rêvé de mon ex. Ou plutôt cauchemardé. J’étais avec mes parents à une librairie, où son nouveau livre était sorti. Mes parents voulaient l’acheter, ils voyaient qu’il y avait une séance de dédicace de l’auteur, et voulait y rester car ils l’aimaient bien. Moi je ne voulais pas le voir, mais je ne pouvais m’empêcher de les rejoindre dans la ligne d’attente à l’approche de leur tour. Je voulais le voir… Et là, je sentais la présence de sa nouvelle compagne avec lui, derrière lui, les mains sur ses épaules. Mais ma vue s’estompait dans la lumière et mon ouïe aussi, comme un vertige. C’est comme si mon esprit était incapable de supporter sa vue, je l’entendais, lui, dire son nom « Emilie… », mais je ne pouvais ni voir, ni entendre cette femme, seulement sentir sa présence. Et moi j’étais là figée, le regard caché derrière mes lunettes de soleil, désarçonnée. J’étais incapable de parler, il ne me reconnaissait pas, et me traitait comme une inconnue.

C’était terrible comme rêve… Alors que je me pose la question de savoir s’il pense encore à moi, s’il est en couple, s’il est réellement passé autre chose, mon rêve vient me montrer que oui. Et que pire, je suis incapable de voir et de supporter cette situation. Incapable de le voir avec une autre femme, comme si j’étais une étrangère et que je n’avais jamais existé.

Et je comprends maintenant comment je me suis sentie au réveil. Exactement comme après la rupture, dans les mêmes énergies… Lui d’office est passé à autre chose, il me l’avait dit lui-même 3 mois après, mais je ne le croyais pas. Pourtant les messages sont clairs, c’est bien le cas. Il est passé à autre chose.

Pourquoi pas moi ? Pourquoi est-ce que je n’y arrive pas ? Pourquoi est-ce que je tourne toute seule en rond dans mon coin ? Incapable de passer à autre chose ? Incapable de me projeter dans une autre relation ? Je sais bien que je ne peux pas rencontrer quelqu’un avec qui cela marchera vraiment, si j’ai toujours dans mon cœur l’espoir de me remettre avec lui. C’est impossible, c’est comme si mon cœur était déjà pris. C’est évident que je ne suis pas disponible pour rencontrer quelqu’un dans ces conditions-là. Je n’en ai même pas envie…

Mais pourquoi est-ce que je n’arrive pas à renoncer à ce putain d’espoir ? Pourquoi est-ce qu’il revient encore et encore ? Pourquoi est-ce qu’il ressort toujours dans mes moments de faiblesse et de doutes alors que je pensais avoir lâcher prise ?

J’ai envie de hurler de rage tellement cela me désespère ! Et je le déteste pour avoir une telle emprise sur moi. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à faire ce foutu deuil de notre couple ? Pourquoi est-ce que j’ai toujours cet espoir complètement absurde ?

Parce que tu ne comprends pas pourquoi cela n’est pas possible. Tu ne comprends pas pourquoi, avec une telle compatibilité émotionnelle, intellectuelle et spirituelle votre couple n’a pas marché. Alors même que vous aviez une très forte attirance physique.

Mais justement cette attirance était très forte et ne pouvait pas pleinement se concrétiser. D’où l’incompatibilité au niveau physique. L’article de Sylvie l’explique très bien :

« Le seul cas de figure dangereux que je perçois c’est compatibilité intellectuelle et spirituelle mais pas physique. Parce que les gens tombent amoureux parfois sans comprendre la profondeur ni la réalité des sentiments. Il manque la dimension physique pour pouvoir apprécier la relation et ils ne peuvent pas tomber amoureux de quelqu’un d’autre. Et ils tournent en rond, en rond, en rond… »

Oui, je comprends mieux ça grâce à Sylvie… Mais je ne comprends toujours pas pourquoi on s’est rencontré, pourquoi on a eu cette opportunité d’être en couple, si de base il était impossible que cela marche. Et ne me dites pas que c’est nos âmes qui l’ont décidé ! Parce qu’elles sont masochistes alors !! Pourquoi ? A quoi ça sert, si ce n’est provoquer de la souffrance ?

Sais-tu pourquoi vous étiez incompatibles sur le plan physique ?

Et bien, parce qu’au niveau sexualité, j’opposais de nombreux blocages, en lien avec mon endométriose et ma blessure de viol…

Mais pas que. Tu culpabilises parce que tu penses que tu es responsable de votre incompatibilité physique, à cause de vos problèmes de sexualité.

Pourtant, il n’y avait pas que des problèmes… Il y avait aussi des moments magiques…

Imaginons que tu ais résolu tous tes blocages au niveau de la sexualité. Que tu ais trouvé une solution à tes endométriomes sur tes ligaments utérosacrés et derrière l’entrée du col de l’utérus. Et que tu n’ais plus de douleurs durant les rapports sexuels. Imaginons que tu ais guérie tes blessures psychologiques en lien avec le viol. Imaginons que tu ais été capable de te sentir en pleine sécurité et que la sexualité ne soit plus une problématique. Crois-tu pour autant que vous auriez dépassé votre incompatibilité physique ?

En réalité, non. Le problème vient des deux côtés. Toi tu as des blocages au niveau de la sexualité. Lui en a au niveau de l’alimentation. Cela serait resté et cela t’aurait frustrée toi aussi. Quelqu’un qui ne cuisine jamais, qui ne mange que des plats surgelés et des plats tout prêts. Quelqu’un qui n’aime pas les légumes et pas les fruits. Qui mange de la viande rouge et de la charcuterie à gogo. Quelqu’un qui ne prend aucun soin de son alimentation. Alors que toi tu viens de découvrir que tu es intolérante au gluten et au lactose. Crois-tu que vos modes d’alimentation auraient été compatibles ?

Non… J’avais en partie identifié le problème, et j’avais essayé de le soulever… Il a fait quelques efforts. Mais globalement, les excuses portaient sur ses soucis de santé dans sa jeunesse et sur ses problèmes de dentition. Il n’avait pas envie de changer sa façon de fonctionner. A moins que ce soit moi qui cuisine tout, qui cherche les recettes, les prépare et lui fasse gouter…

Exactement comme toi tu n’avais pas envie de faire des efforts volontaires pour aller vers lui sur le plan de la sexualité. Tu le laissais venir à toi et faire les efforts pour te faire apprécier ce domaine. Deux blessures miroirs et deux comportements identiques. La sexualité d’un côté, la nourriture de l’autre. Les deux plateaux d’une même balance dans l’équilibre que constitue l’incarnation dans un corps physique.

Toi tu compensais tes lacunes au niveau sexuel dans l’alimentation. Et lui ses lacunes alimentaires dans la sexualité. Tu en as pris conscience après coup, grâce à Sylvie et un de ses articles. Mais sur le moment, tu n’en avais pas fait grand cas dans ton couple. Une fois, tu t’es sentie vraiment fatiguée, énervée et découragée d’être la seule à faire des efforts pour votre alimentation commune. Tu as piqué une crise, tu lui as demandé s’il pouvait faire un effort, au moins montrer de la bonne volonté. Tu lui as expliqué que tu avais envie de partager ce plaisir ensemble. Il a fait un effort, mais c’est rester pour lui quelque chose d’assez superficiel. Il n’a jamais pris cette problématique aussi au sérieux que celle de votre sexualité, pour laquelle là il a été près à déployer des efforts également.

Mais toi non plus, tu n’as pas pris au sérieux cette problématique. Crois-tu qu’elle se serait résolue d’elle-même ? Crois-tu qu’au jour d’aujourd’hui tu ne serais pas frustrée de manger avec lui ?

Si, c’est vrai. Même si les problèmes en lien avec la sexualité étaient résolus, je ne serais pas épanouie sur ce point-là, et je suppose qu’avec le temps, cela me frustrerait encore plus. Je préfèrerais de loin que mon compagnon soit à la fois un bon amant et à la fois un bon cuisinier, capable de s’adapter à mes contraintes alimentaire, sans en être malheureux lui-même.

Et en disant ça, l’image d’une de tes connaissances te vient en tête.

Oui… Je sais qu’il est les deux à fois, que nous avons une bonne compatibilité intellectuelle, à priori physique. Quant à la compatibilité spirituelle… Je peux discuter avec lui de spiritualité, dans certaines mesures, mais il n’a pas conscience et n’a pas foi en la Source.

Malgré qu’il la cherche inconsciemment. De toute façon, le temps n’est pas à te projeter dans un nouveau couple. Laisse faire ce qui doit se faire. Laisse votre amitié se développer à nouveau. La vie est pleine de surprises, et tu ne sais pas ce qui t’attend. Peut-être que si tu n’arrives pas à lâcher prise sur ton espoir d’être en couple avec ton ex-compagnon, c’est parce que tu n’es pas capable de placer ton espoir dans la vie et les surprises qu’elle peut t’amener.

Pourtant, Sylvie et ses guides ont raison « ce qui est pour toi est pour toi ». Et ton ex-compagnon n’est plus pour toi. Il n’est plus ce dont tu as besoin au sein d’un couple. Est-ce plus facile à comprendre de cette façon ? Auras-tu ainsi moins de regret à tourner la page ?

Ça je ne sais pas, mais oui… je comprends mieux que je ne suis pas la seule responsable de notre incompatibilité physique… Et qu’elle n’est pas prête d’évoluer rapidement dans cette vie… Peut-être pas non plus dans les prochaines.

Ainsi, tu devrais travailler à gagner de la maturité spirituelle, pas pour le retrouver lui, mais pour toi-même. Pour être capable de comprendre ce qui te correspond, ce dont tu as besoin, et d’être capable de reconnaitre le moment venu la rencontre qui te rendra vraiment heureuse. Même si le bonheur est avant tout une question de vision intérieure et ne nécessite pas d’être en couple.

C’est pourquoi, ce soir, tu devrais simplement savourer un de tes cheesecakes sans gluten et sans lactose, en regardant un bon film. Le bonheur c’est aussi savoir prendre soin de soi. Et apprendre à apprécier les efforts que l’on fait pour soi-même.

Merci.

1 mars 2017

Artiste :

Artiste : Picolo-kun

Prends le temps

Artiste :

Artiste : Joodlez

Je me sens fatiguée ce soir, mais pas d’une fatigue physique. Comme si mes énergies étaient basses. J’ai fait plusieurs rêves assez confus cette nuit qui m’ont perturbée par leur étrangeté, et encore une fois je suis loin de les avoir compris… Je me sens surtout oppressée au niveau du plexus solaire.

C’est la reconnexion avec tes peurs. Tu y es beaucoup plus sensible maintenant que tu as accepté de les accueillir, plutôt que de les ignorer.

Mais je ne pensais pas que la sensation serait si physique… Je ne pensais pas non plus qu’elle durerait si longtemps après ce travail en voyage chamanique.

Parce que l’intégration se fait de façon progressive, elle descend de tes corps les plus subtils aux corps les plus denses, pour finir par t’impacter pleinement au niveau physique. Tu ne devrais pas lutter contre. Tu devrais suivre le flot, ce n’est pas grave si tu n’écris pas pendant quelques jours. Contente-toi de prendre soin de toi et de te faire plaisir. D’amener de la lumière et du bien-être face à ces lourdeurs que tu accueilles. Ton corps les digérera progressivement et tes énergies se mettront à remonter toutes seules, tu verras. Sois patiente, laisse-toi un peu de temps. Tu n’es pas pressée.

Ok… Mais j’aimerai bien surtout comprendre les messages de mon corps en attendant. Je sens que mes intestins ont du mal… J’ai bien compris que je suis intolérante au gluten et au lactose, mais il n’existe pas de traitement contre l’endométriose sans lactose. Alors j’en essaye un nouveau, pour voir s’il passe mieux que le précédent. Parce qu’évidemment, il n’y a pas les dosages en lactose sur les notices, histoire de choisir le moins pire. Il faut évaluer au pif.

Et au pendule aussi. Cela t’a permis d’écarter certains traitements.

Oui, mais je n’arrive pas pour autant à déterminer le traitement optimal…

Celui que tu prends aujourd’hui suffira pour l’instant.

Mais pas dans la durée. C’est bizarre ça. Pourquoi je pourrais le supporter 50 jours environ et pas plus longtemps ?

Parce qu’il n’a pas vocation à être pris dans la durée dans ton cas. D’ici là, tu auras trouvé une autre alternative. Fais confiance à la vie pour te guider.

Bon, on verra alors… Est-ce que je devrais diviser la prise en deux dans la journée ? J’ai vu que les cachets de celui-ci pouvait être coupé en deux. Est-ce qu’en étalant dans le temps, l’assimilation du lactose présent sera plus facile ?

Pas forcément. Cela dépend surtout de ce que tu manges à côté, et qui favoriserait la digestion ou pas.

Alors ce serait quoi la solution optimale ?

Un repas léger avec ton médicament, quelque chose qui n’accapare pas ton foie et le laisse disponible pour gérer ton traitement.

Bon alors plutôt le soir…

Pas de friture, pas de choses grasses. Préfère des fruits et des légumes. Evidemment pas de lactose au cours de ce repas-là, et encore moins de gluten à moins de plomber ta digestion.

De toute façon, le gluten c’est fini pour moi, je n’en prends plus. Même en « extra » durant les repas partage. Le sans lactose, en revanche c’est plus difficile…

C’est pourquoi tu as très envie de te cuisiner un cheesecake sans lactose et sans gluten. Pour te prouver que tu peux quand même satisfaire tes envies.

Oui, c’est prévu demain.

Alors je te dis bonne nuit.

Merci.

28 février 2017

 

Banana cake [sans gluten sans lactose]

Auteur : Les Rêves de Celia

Auteur : Les Rêves de Celia

Ingrédients :

  • 3 bananes bien mûres
  • 150 g de farine de riz
  • 100 g de farine de maïs
  • 200 g de sucre de canne
  • 50 g de miel
  • 1 oeuf
  • 110 g de margarine végétale
  • 80 ml de lait d’amande
  • 1 c. à c. de poudre de cannelle
  • 1 c. à s. de levure sans gluten
  • 1 pincée de sel

 

Préparation :

  1. Préchauffer le four à 180 °C.
  2. Mélanger les farines, la cannelle, le sel et la levure tamisée dans un récipient à part.
  3. Dans un grand saladier, faire fondre doucement la margarine (15 sec au micro-ondes).
  4. Ajouter à la margarine le sucre et le miel. Bien battre jusqu’à obtenir un mélange crémeux.
  5. Bien écrasez les bananes en purée et les ajouter au mélange.
  6. Incorporez l’œuf et le lait en mélangeant bien.
  7. Ajouter progressivement le mélange de farines.
  8. Graisser un moule à cake et le remplir.
  9. Cuire 1h à 180°C, avec la ventilation activée. Le gâteau est bien cuit quand la croute est dorée et qu’une lame de couteau ressort propre.

Source de la recette de base : https://charlotteindia.com/2013/10/20/banana-bread-gateau-banane-gluten-and-dairy-free-sans-gluten-sans-lait/

 

Mes astuces :

  • Je conseille de mettre 1 seule cuillère à café de cannelle (plutôt que 2 comme dans la recette de base) car le goût de la banane était masqué par la cannelle dans le mien. Si vous n’aimez pas la cannelle, n’hésitez pas à remplacer par de l’extrait de vanille ou autre chose.
  • Écraser bien les bananes en une purée assez homogène. J’ai eu envie d’avoir des morceaux de banane à sentir sous la dent dans le gâteau et j’avais laissé 1 banane en petit morceaux. Le problème est que ces morceaux contiennent plus d’eau que le reste de la préparation et du coup le gâteau n’a pas cuit de façon homogène : la pâte autour des morceaux n’est pas tout à fait assez cuite, mais si j’avais laissé le gâteau plus longtemps au four il aurait perdu de son moelleux et aurait été trop sec.
  • Démouler à chaud en faisant bien attention, car le cake est alors friable. Laisser refroidir avant de déguster, le gâteau se tiendra mieux et le goût de la banane se ressentira mieux.
  • Si vous avez un mini four, laisser votre gâteau cuire 10 min de plus.

 

 

Flan à la noisette (sans gluten et sans lactose)

Recette de Flan à la Noisette (sans gluten et sans lactose)

Auteur :

Auteur : Les Rêves de Celia

 

Ingrédients (pour 10 petits ramequins) :

  • 3 œufs
  • 30 cl de lait d’amande (ou autre lait végétal que vous préférez)
  • 75g de sucre de canne
  • 20 cl de crème de coco (ou autre crème végétale)
  • 90g de poudre de noisette (ou d’amande, ou de noix, ou de pistaches broyés)
  • Un arôme si vous le souhaitez : vanille, ou fleur d’oranger,…

 

RECETTE :

  1. Dans un saladier, casser les œufs et bien les fouetter jusqu’à ce qu’ils blanchissent.
  2. Ajouter la crème et l’arôme, mélanger.
  3. Incorporer le sucre et la poudre, bien mélanger pour éviter les grumeaux.
  4. Ajouter le lait végétal (à température ambiante ou froide) et fouetter.
  5. Répartir dans des ramequins (à la louche). Ne pas hésiter à bien essuyer les bords pour un aspect propre après cuisson.
  6. Cuisson : 50 à 60 min au bain marie. Plusieurs options s’offrent à vous, cela peut être au four dans un grand plat à gratin (à 180°C), ou bien dans une grande marmite (que vous couvrirez). Veiller à ce que l’eau ne boue pas à gros bouillon (éviter que de l’eau soit projetée dans les ramequins). Pour vérifier la cuisson : plonger une lame de couteau, elle doit rester bien propre si le flan est cuit et a pris.
  7. Laisser refroidir avant de les mettre au frigo. A déguster froid !

 

Astuces :

  • Ne pas remplir vos ramequins à ras bord, car ils peuvent gonfler et déborder.
  • Faire en sorte que le niveau de l’eau du bain marie soit aussi haut, voire plus haut, que le niveau de flan dans le ramequin, ainsi ceux-ci cuiront de façon plus homogène et vous éviterez l’effet boursoufflé (qui retombe en refroidissant) que vous pouvez voir sur ma photo.
  • Vérifier le niveau d’eau de votre bain marie en cours de cuisson. S’il a baissé, rajouter de l’eau, mais attention, celle-ci doit déjà être tiède ou chaude pour éviter un choc thermique et fendre vos ramequins ou votre plat !

 

 

Positivement surprise ?

Artiste :

Artiste : Kikero1

Je crois que le plus frustrant avec une crise d’endométriose causée par les règles, au-delà des douleurs à supporter, c’est le fait de ne pas pouvoir faire ce que l’on veut, faire des courses, conduire, etc. Repos total exigé, en tout cas pour moi, sous peine de vertiges, voire de malaise. Je me sens un peu stupide quand je constate que prendre ma douche (le fait de rester debout, de me frotter les cheveux) m’a demandé un effort tel que j’ai failli tourner de l’œil juste après. Oui, vous pouvez rigoler avec moi, c’est à ce point-là ! C’est ridicule ! Vous vous imaginez ? Mdr !

Quand me lever aller chercher de l’eau est un défi, je ne vous parle même pas de juste sortir ma poubelle, lol. Mais je suis contente, j’ai réussi ce défi là aussi et ça faisait plaisir de pouvoir mettre un pied dehors après plusieurs jours. Il y avait même du soleil, c’était agréable. J’en ai profité pour prendre mon courage à deux mains et aller demander à la voisine les 2 œufs qui me manquaient pour faire les flans que je voulais. Bon, ils ne seront pas à la pistache, mais cela devrait être bon quand même ! J’ai été surprise d’avoir assez de force pour les cuisiner, mais là je suis toastée, alors ne me demandez pas de me lever du canapé.

En fait, je me suis rendue compte que ce n’est pas tant le fait de cuisiner qui me pèse, que celui de faire la vaisselle. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours détesté faire la vaisselle. Et j’ai toujours été radine sur le nombre d’ustensiles quand je cuisine, car qui c’est qui les lave après ? C’est bibi ! Et je me dis que dès que ma vie est assez stable pour rester à un même endroit (comprendre un job fixe pour au moins quelques temps), je m’achèterai un lave-vaisselle ! Pourquoi se compliquer la vie quand on peut faire simple ? Et si cela peut me motiver à cuisiner, c’est encore mieux.

Une idée m’est également venue en tête, celle de demander une machine à pain pour mon prochain anniversaire en juillet. Pour pouvoir faire du pain sans gluten. Il va falloir que je me renseigne sérieusement sur ce que cela vaut. Je crois même avoir déjà vu des recettes de brioche sans lactose et sans gluten avec des machines à pain. Je me demande si quelqu’un dans mon entourage pourrait me renseigner. Personne ici n’utilise de machine à pain par hasard ?

J’ai déjà quasiment tous les autres ustensiles de cuisine nécessaires, le mini four et le frigo qui m’attendent dans le garage chez mes parents. Et en écrivant ça, je me rends compte que j’ai envie de retrouver mes affaires et de m’installer ailleurs. C’est la première fois que j’arrive à me projeter en dehors de la Réunion. Oui, par moment, j’ai des bouffées comme ça, l’envie de me rapprocher de mes amis et de ma famille. Même si des fois aussi, je doute et je n’en suis pas sûre. Comme cette histoire d’alimentation dans mon article d’hier.

Je me demande si la « nouvelle » personne, que je suis devenue depuis que j’ai quitté la métropole, peut arriver à faire respecter ses changements d’habitudes, ses nouveaux goûts. Comme je l’ai déjà écrit, je n’aime pas devoir lutter pour imposer ce qui me convient. Etant hypersensible, le manque de prise en considération de mes besoins a vite tendance à me blesser… Cela serait quand même bête que cette peur m’empêche de me rapprocher de ma famille.

Le meilleur moyen de ne pas être blessée est de subvenir à tous tes besoins par toi-même, et surtout de ne pas l’attendre venant de l’extérieur. A la Réunion, tu as été forcée de le faire, tu n’avais ni famille, ni proches en arrivant, et même maintenant que tu as des amis, ils ne sont pas du genre à venir te cuisiner un plat quand tu es malade, comme le ferait ta mère.

Non, pas vraiment. Chacun ses besoins et à chacun sa responsabilité de les remplir par soi-même.

Et bien, tu devrais appréhender le même angle d’approche avec tes parents. Même s’ils seront toujours là pour toi en cas de besoin, tu ne devrais pas attendre d’eux qu’ils t’aident à remplir tes besoins, ainsi tu ne seras jamais frustrée s’ils n’ont pas envie d’apprendre à cuisiner sans gluten. Et tu verras qu’ils l’apprendront un peu, ne serait-ce que pour te faire plaisir de temps en temps.

Oui, je l’imagine bien de la part de mon père, ma mère d’une autre façon…

Tu n’as pas besoin d’imposer ou de lutter. Simplement de rester ferme sur ce qui te convient ou non. Et de prendre le temps de leur expliquer.

Comme tu as pu le constater, c’est déroutant d’enlever autant d’ingrédients de base qui font partie de votre routine culinaire. Tu ne peux pas juste leur dire « je ne mange plus de gluten, ni de lait, ni de beurre, ni de crème, ni de fromage » et les laisser comme ça se débrouiller. Ils se sentiront impuissants.

Fais leur une liste des farines qu’ils peuvent utiliser, et des exemples de mélange de base pour remplacer dans les recettes. Fais également une liste de ce qu’ils peuvent utiliser pour remplacer le beurre et le lait, explique-leur. Imprime-leur des recettes faciles de gâteaux, de pâtes à tarte, etc. Propose à ta mère de cuisiner ensemble pour lui montrer une recette que tu sais déjà faire. Teste la recette de bûche de Noël sans gluten et sans lactose avec ton père. Envoie des recettes simples à ta grand-mère et ton grand père.

Il n’y a rien d’insurmontable. Tu peux leur expliquer et leur apprendre. Ensuite, le choix sera à eux, car tu ne peux rien forcer. Tu verras, cela aura au moins le mérite de les faire réfléchir. Explique bien que c’est par rapport à ta santé et pour ton bien être.

Oui…

Tu auras ainsi fait tout ce qui est en ton pouvoir pour te mettre à leur portée sur ce sujet-là. Tu ne pourras pas dire que tu n’auras pas essayé de te faire comprendre, peu importe le résultat. Cela te permettra de ne pas culpabiliser si jamais tu dois refuser de manger un plat ou rentrer manger chez toi. La vie est comme ça. Tu n’as pas à te rendre malade, ni pour tes amis, ni pour ta famille.

Et s’ils ne souhaitent pas le comprendre, ni l’accepter, ce n’est pas mon problème… Oui, oui je vois. Si la gestion émotionnelle de la chose était aussi simple pour moi, cela se saurait. Mais je vais faire comme tu dis.

Tu ne peux pas présumer de la réaction des gens autour de toi et de leur possible indifférence.

Non, je me rappelle juste des fois où cela s’est mal passé, alors que je m’étais bien expliquée. Mais tu as raison, pas la peine de projeter le passé sur le futur, encore moins le présent. Je vais faire l’effort de faire ce que tu me conseilles, et j’observerai les retours. Peut-être que je serai positivement surprise. Qui sait ?

Merci.

11 janvier 2017

 

Arrêter le lactose ? [endométriose]

Artiste

Artiste : Wlop

Je suis ronchon. J’ai une terrible envie de flan à la pistache, depuis que j’ai lu cette recette ce matin dans le livre de Marion Kaplan. Elle est simple, il me manque juste des pistaches, à ma grande frustration. En fait, j’ai envie de gâteaux, de sucré sous forme de dessert. Évidemment, ça tombe quand je n’ai pas les ingrédients nécessaires. Et que je suis coincée au lit à cause de mes règles (merci endométriose de mon cœur !) qui sont apparus par surprise ce matin.

Le jour où je devais aller voir mon supérieur pour écrire ensemble ces foutus papiers pour rendre ma rupture de contrat concrète. Quelle coïncidence n’est-ce pas ? J’ai longuement hésité dans mon lit à me dire, bon est-ce que j’y vais malgré tout ? Est-ce que je force sur mon physique pour me débarrasser de ça ? Mais en fait, j’ai essayé de me lever et après 3m courbée en deux et avoir vu quelques étoiles, je me suis rendue à l’évidence que 1) je n’étais pas en état de conduire 2) je n’avais pas l’énergie nécessaire pour faire face à mon supérieur. Si d’habitude cela me vide de mon énergie et me rend malade, alors en étant malade, je n’imagine même pas ce que cela donnerait !

De toute façon, tu n’étais pas prête à lui faire face.

Oui, je m’en suis rendue compte hier soir… Au cours de ma crise d’angoisse qui m’a empêché de trouver le sommeil entre 22h30 et 1h30 du matin, pour une fois que je me couchée tôt ! Là, c’était le pompon, pire que toutes les autres ! J’aurais cru qu’avec le temps, j’arriverais à mieux les gérer. J’ai fait les exercices de respiration que j’avais lus dans ce bouquin, les exos pour dédramatiser, un exo de relaxation musculaire. Rien à y faire.

Finalement, j’ai fini par faire cette visualisation de mon égo sous la forme d’un enfant. Et mon égo est dans une grande colère par rapport à mon supérieur. Impossible de me connecter à un sentiment d’amour et de gratitude envers lui. J’ai essayé mais cela sonnait comme creux et vide, comme non sincère. La pensée était là, mais pas l’énergie du cœur. Définitivement, c’est quelque chose que l’on ne peut pas « décider » de pardonner et de ressentir de la gratitude. Je me demande comment j’ai réussi à le ressentir pour les parents de mon amie et pas pour mon supérieur… Et clairement, ça m’embête, parce que sans ça, cela va être difficile de dissoudre dans l’amour et la lumière ce lien de domination qu’il exerce sur moi. Et de partir pour de bon. Je ne sais pas ce que je suis censée faire par rapport à ça…

Laisse-toi du temps. De toute façon tu n’es pas en état de te préoccuper de ce sujet…

Oui, mais…

Je préfèrerais que l’on parle de ton état actuel. Alors comme ça, tu as envie de sucré ?

Oui, mais pas de n’importe quel sucré. Des carrés de chocolat, des tartines miel et purée de noisette, ça ne suffit pas. J’ai envie de gâteaux ! De bons gâteaux, de flans, de roulé à la confiture ! J’aimerais que toutes ces délicieuses recettes sans gluten et sans lactose que j’ai découvertes aujourd’hui apparaissent « pouf » toutes faites devant moi.

Et pourquoi pas acheter des choses toutes prêtes ?

Déjà parce qu’il n’y a pas grand-chose de délicieux et d’accessible financièrement dans les rayons des supermarchés. Et ensuite, parce que la seule pâtisserie sans gluten de toute l’île de la Réunion est à 30 min de route ! Je sais qu’il y a aussi un gars sur le marché de Saint Leu qui fait des produits comme ça, mais autant dire que c’est compliqué d’accès.

Dis-nous vraiment ce dont tu aurais envie.

Et bien, encore mieux… J’aurais envie, que lorsque je suis malade comme ça et clouée au lit, ce soit mes proches qui viennent me voir avec un bon gâteau maison sans gluten et sans lactose… Même si je sais que ce n’est pas possible, parce que 1) ils sont à 6000 km de chez moi 2) ils ne savent pas cuisiner sans gluten et sans lactose.

Et tu ne crois pas que c’est le point 2 qui pose le plus de problème ?

Mes parents ne montrent pas grand intérêt à cuisiner sans gluten et lactose. Je ne sais pas si c’est parce que je les vois très rarement, ou qu’ils n’ont pas envie de faire l’effort d’apprendre ou qu’ils ne se sentent pas concernés. Ma mère a des symptômes que la médecine conventionnelle n’arrive pas à calmer. Je lui ai suggéré de tester un régime sans gluten pour voir si cela la soulageait, mais elle a fait de l’humour et ne m’a pas prise au sérieux.

Je ne suis pas sûre qu’ils changeraient quoi que ce soit à leurs habitudes par rapport à moi, même si je revenais vivre près de chez eux, ou bien encore carrément à la maison. Non, je n’en suis pas sûre du tout. Je ne sais pas ce qu’ils pensent. Mais quand ils étaient en vacances ici, eux ont mangés comme d’habitude, en achetant du pain et des chocolatines. Ils ont même fait des pâtes, moi j’ai mangé du quinoa de mon côté. Ça n’a pas été très facile pour moi, ce n’est pas comme si je n’adorais pas le pain. L’odeur du pain frais dans la voiture était insoutenable. Je ne me souvenais pas à quel point cela sentait si bon et me mettait la salive à la bouche. Ils ne se sont même pas posés la question…

Mais ils t’ont acheté des produits sans gluten.

Oui, c’est vrai, ils ont fait des efforts. Sauf que tout ne peut pas s’acheter. Que se passera-t-il au prochain Noël que je ferai ? Est-ce que mon père cuisinera sa traditionnelle bûche de Noël et moi je les regarderai tous en manger sans pouvoir y gouter ? J’ai peur que tout soit comme ça. Je n’ai pas envie d’avoir à ma battre pour faire accepter mon régime alimentaire. Comme ma grand-mère qui m’a cuisiné un gâteau d’anniversaire à la farine de blé, alors que je lui avais bien expliqué que je ne mangeais plus de gluten. Elle s’attendait à ce que je fasse une exception. J’ai dû lui expliquer que non, je ne pouvais pas faire d’exception, parce que si je commençais à en faire une, tout le monde me demanderait d’en faire une autre. Je trouve ça super dur émotionnellement…

C’est ce qui te rebute à arrêter définitivement les laitages ?

Entre autre. Arrêter le gluten a déjà été un défi. Il ne s’est pas trop mal passé, parce qu’en douceur et de façon progressive. Finalement, chez soi, ce n’est pas si compliqué. Il suffit de remplacer le pain par des crackers sans gluten, et la farine de blé par des substituts. Mais en dehors, ça devient déjà plus dur. Il faut faire une croix sur la majorité des produits préparés et les desserts et pâtisseries. Il faut être vigilant dans les restaurants, laisser tomber les pizzerias, italiens, restos de pâtes.

Mais le lactose en plus ? Ça devient l’enfer à l’extérieur. Le beurre, le fromage, le lait… dans les sauces, les gâteaux, etc. Même pour moi, c’est un dépaysement bien plus complexe que je ne le pensais. Parce que cela change aussi la nature de certaines recettes. Je n’ai toujours pas trouvé de recette de crêpes sans gluten et sans lactose qui me satisfasse après 3 essais différents.

Peut-être vaut-il mieux pas que tu ne cherches pas à reproduire ce que tu connaissais, mais que tu partes sur de nouvelles choses. Comme cette recette de crêpes à la farine de châtaigne ? C’est sûr, le gout sera différent de celles au blé que te faisait ton Papa, mais au moins tu ne chercheras plus la ressemblance. Et qui sait, nouveau peut être bien, non ? Vois tes amies qui t’ont redemandé ta recette de gaufre sans gluten à la farine de châtaigne.

Je croyais que mes problèmes de digestion du lactose n’étaient que passagers ? Que provoqués par la perturbation de ma flore intestinale à cause de ma dépression nerveuse ? Mais que cela allait revenir à la normale ?

Il vaudrait mieux pour toi que tu arrêtes définitivement. Avec ta maladie et tes problèmes de santé, tu serais mieux sans. Tes rêves te l’ont dit.

Oui, à chaque fois que je rêve de manger quelque part, au restaurant ou ailleurs, je demande « sans gluten et sans lactose ». Et franchement, j’ai du mal pour le lactose, parce que j’adore tellement le fromage !

Tu peux garder le fromage de chèvre pour l’instant, en petite quantité. Pas plus d’une portion par jour, ok ?

De toute façon, je ne suis pas prête à renoncer à ça. Ça fait trop d’un coup. Je me suis rendue compte que mon manque d’envie de cuisiner ces derniers temps était dû au fait que je n’ai pas d’envie compatible avec ma nouvelle alimentation.

On ne peut pas avoir envie de ce que l’on ne connait pas. Il faut te refaire un répertoire. Tu as très bien vu aujourd’hui qu’il existait de nombreuses autres recettes qui te faisaient envie. Laisse-toi du temps. Et prends la peine de cuisiner des choses qui te font envie. Tu verras que le résultat en vaudra l’effort et que tu auras le sentiment d’avoir pris soin de toi en faisant ça.

Laisse-moi deviner. Une pensée m’est venue ces derniers temps. Mon endométriose comme mon intolérance au gluten sont là pour me forcer à prendre soin de moi, c’est ça ? Avec le gluten et le lactose, je suis obligée de cuisiner moi-même, plutôt que de me laisser aller à la facilité en achetant des choses toutes prêtes. Et l’endométriose et les crises de fatigue chronique me forcent à me reposer, à ralentir le rythme, à écouter mon corps… C’est pour ça que même si je fais un travail psychologique et énergétique, ma maladie ne partira pas ?

Pas tant que tu n’auras pas réellement appris à prendre soin de toi et que tu le feras sans contrainte. Imagine-le comme une opportunité.

Je ne trouve pas ça juste, quand d’autres peuvent manger n’importe quoi sans s’en soucier.

La vie n’est pas « juste » dans le sens où vous êtes tous égaux. La vie est « juste » pour chacun d’entre vous, selon votre parcours propre et les choses que vous avez à guérir ou à apprendre.

Hum… Merci pour la discussion.

10 janvier 2017

 

Au dessus des nuages… [alimentation]

Photo :

Auteur : Les Rêves de Celia, octobre 2016

Parfois, la vie ressemble à cette image. Sous les nuages, il fait gris et l’on ne voit pas le soleil rayonner. Mais au-dessus de cette strate cotonneuse, le soleil brille haut et fort. D’en bas, on a l’impression d’une barrière opaque et infranchissable, et pourtant ce n’est qu’illusion, car si l’on tombait à travers, on se rendrait compte qu’elle n’a aucune consistance réelle.

Je me demande parfois comment une simple couche de nuage peut influer comme ça sur mon moral. J’aime bien la pluie et le temps gris, quelques jours, le temps d’apprécier de ressentir son chez soi comme un cocon protecteur. Mais soyons clair, au bout d’un moment, cela me pèse. Peut-être parce que, n’ayant qu’un chauffe-eau solaire, prendre des douches froides plusieurs jours d’affilée n’est pas drôle, lol ! Comme quoi on s’habitue à son confort.

Mais ce qui me pèse réellement, ce sont ces nuits d’insomnies qui ne passent pas. Réveil toujours à la même heure, 4h du mat, peu importe l’heure à laquelle je me couche. Réglée comme une pendule ! En médecine chinoise, on dit que c’est parce qu’un organe est en souffrance, et que la tranche horaire de réveil permet de déterminer l’organe. En général, en fin de nuit, c’est plutôt lié au viscéral. En même temps, il n’y a pas à chercher midi à 14h, puisque de vilaines crampes intestinales m’empêchent de me rendormir sereinement.

Je me demande comment j’ai pu oublier d’en parler au médecin quand je suis retournée la voir. Je voulais qu’elle ausculte un peu mon ventre et me donner des conseils.

En même temps, le médecin ne peut rien pour toi. Tu as fait le test sanguin des anticorps à la gliadine et les résultats ont été négatifs. Tu n’es pas malade céliaque, pourtant tu es bien intolérante, sans que cela déclenche une réponse immunitaire  au ppm de gluten. C’est bien pour ça que tu as été amenée à ne pouvoir faire ce test qu’après avoir arrêté le gluten. Sinon en voyant ces résultats tu te serais découragée. Aurais-tu dans ce cas arrêté le gluten ?

Non, c’est vrai. Mais maintenant que c’est fait, je ne reviendrai pas en arrière. Même si c’est contraignant, surtout pour manger en extérieur et par rapport aux autres. Mais ce qui m’ennuie, c’est que malgré que je n’aie pas fait d’écart sur le gluten, que j’ai pris des fibres (psyllium) pour aider mon intestin à éliminer les toxines et que j’ai fait quelques jours de diètes allégés, je ne semble pas digérer mieux. Depuis ma dernière crise d’endométriose, j’ai mal à l’estomac, je digère mal, mes intestins me font souffrir. Comme si d’un seul coup, je ne supportais plus les éléments habituels de mon alimentation. Et je n’aime pas ça…

Pourquoi ?

Parce que j’ai le mauvais pressentiment qu’il va falloir que j’arrête les laitages… L’autre fois que j’ai mangé cette glace, mon estomac a été lourd, l’autre fois j’ai eu une migraine. Et je ne parle pas de la fois où j’ai mangé ce yaourt… Le médecin m’avait conseillé de limiter le lait au maximum, mais au contraire de manger des yaourts, pour apporter de la lactase, cette enzyme qui favorise la dégradation du lactose.

Sauf qu’au lieu de t’aider, cela a semblé te plomber. Souviens-toi qu’avant de faire ta crise, tu as avais repris l’habitude de prendre un solide petit déjeuner, et tu prenais des céréales mélangées à du fromage blanc.

Alors que ce n’était pas dans mon habitude. Eviter les yaourts, ce n’est pas un problème, je n’ai jamais aimé trop ça. Mais par contre le fromage… Et le beurre… Les derniers gâteaux que j’ai faits sans gluten contenaient du beurre et ils me sont à chaque fois restés sur l’estomac. J’en suis vraiment très déçue ! Pourtant ils étaient trop bons au goût.

Il te suffit de remplacer le beurre par de l’huile végétale et de compenser avec 1 œuf en plus pour que les gâteaux se tiennent. Ce n’est pas la « mère » à boire pour cette recette-là.

Justement, parlons-en de « mère », ce lapsus tombe bien. Dans ce bouquin sur lequel je suis tombée « par hasard » à la bibliothèque « Alimentation sans gluten ni laitage » de Marion Kaplan, elle dit que la symbolique d’être accroc aux laitages, c’est un sevrage au lait maternel et à la mère qui ne s’est pas fait… Une sorte de dépendance émotionnelle inconsciente.

Or, je suis totalement accroc aux fromages ! Comme je mange très peu de viande (je n’en cuisine quasiment jamais en fait) et que je ne suis pas très fan de poisson, je mange plutôt des œufs et du fromage. Mon petit plaisir du soir : une bonne soupe à la carotte, avec des cracottes sans gluten recouvertes d’une bonne couche de Saint Marcellin. Huuuuuuuum !! Je mange du fromage chaque soir ou presque, c’est impensable pour moi d’arrêter ! Cela va au-delà de la frustration alimentaire que je peux supporter, ayant déjà dû arrêter nombre de choses avec le gluten.

Nous ne te demandons pas d’arrêter tout du jour au lendemain. Juste de faire comme le conseil le livre, tester sur 15 jours une diète allégée en caséine (protéines contenues dans les laitages, qui peut devenir très allergène pour certaines personnes). Pas de lait, ni de beurre. Un peu de fromage, mais pas tous les jours et pas le soir.

Mais par quoi je vais remplacer le fromage sur mes tartines du soir ?

Continue le livre que tu as commencé, tu auras des pistes. L’idée n’est pas de te frustrer, mais de trouver des alternatives. Tu n’es plus une enfant, tu peux te passer de laitage. Tu peux trouver le calcium dans d’autres aliments comme les amandes et diverses noix par exemple. Il y a plein de solution, qui seront meilleures pour ta santé.

N’attends pas que tes symptômes s’aggravent. Suis le mouvement de ton corps qui est en détoxification, et qui rejette toutes les choses qui te sont nuisibles. Comme les conditions à ton travail par exemple. C’est là aussi une opportunité.

Hummfff… Je ne comprends pas pourquoi d’un seul coup mon corps ne supportent plus les laitages. Est-ce juste le lactose ? Ou la caséine ? Est-ce que je peux feinter en prenant des fromages avec peu de lactose comme le brie, l’emmental etc ? Laisse tomber, je sais déjà la réponse… Il va falloir que je teste au cas par cas, quand mes intestins seront de nouveau d’aplomb…

Le mieux serait pour ça que tu fasses un régime strict sans laitage pendant 15 jours.

Ce qui me semble la mère à boire. Ah flut, encore ce lapsus…

Il faut que tu te demandes ce que cette addiction alimentaire cherche à compenser.

Bon. Pour le chocolat et le sucré, je sais que c’est un besoin de douceur, soit de la tendresse et de l’affection. J’ai lu que le gras était en lien avec un manque d’estime de soi. Mais les laitages ? Cela se classe-t-il dans la catégorie du gras, hormis le beurre ? Hum… Question à creuser….

Dis-toi que tes croyances alimentaires sont comme cette couche de nuages dont tu parles au début. Elles voilent le soleil mais ne sont que des illusions. Il te suffit d’en prendre conscience. Arrêter le gluten ne t’a pas empêché de cuisiner des gâteaux, comme tu le craignais. Arrêter les laitages ne t’empêchera pas de savourer la vie non plus. Cela t’aidera juste pour apprendre à t’adapter, à t’ouvrir aux autres possibilités et à mieux t’écouter.

Merci à vous.

29 octobre 2016

 

Manger sans gluten [endométriose]

Artiste : Eaphonia

Artiste : Eaphonia

Je comprends mieux pourquoi j’étais si émotive hier : à cause de mes hormones. Parce que j’ai commencé à avoir mes règles ce matin, alors que mon traitement hormonal pour l’endométriose est supposé suspendre l’activité de mes ovaires et arrêter les lunes. Je déteste ça, à chaque fois j’ai l’impression de me faire avoir par surprise, de ne pas voir venir le coup, puisque je ne suis pas censée les avoir. Je n’arrive pas à savoir si c’est que mon traitement ne marche pas, ou si c’est que mon corps physique a besoin de réaliser un nettoyage énergétique. Puisque les lunes féminines sont très puissantes et entrainent un réel renouvellement des énergies autour du corps. Certains disent même que c’est le moment du cycle où les femmes possèdent le plus de puissance magique. Les amérindiens disent également qu’une femme en cours de lune est pure, et qu’elle n’a alors pas besoin de se purifier à la sauge, comme les autres femmes, avant un rituel.

Du coup, je ne sais pas, je note juste la synchronicité avec la nouvelle lune de demain, qui appelle elle aussi au renouvellement des énergies et au bannissement de ce qui n’est plus utile. Et j’ai constaté que mon anniversaire va également tomber en plein jour de nouvelle lune… Je me demande si cela a une signification particulière. En tout cas, je comprends mieux ma « crise d’endométriose » qui finalement n’est qu’une version allégée mais étendue dans le temps des symptômes que j’avais avant mes règles et avant de commencer mon traitement pour l’endométriose.

C’est d’ailleurs rigolo de voir la synchronicité de la journée : une amie m’a appelé pour me dire qu’on lui avait parlé d’un très bon médecin, capable de donner des conseils d’hygiène de vie très efficaces pour lutter contre l’endométriose. Elle a entendu parler d’elle dans le cadre d’une alimentation sans gluten. Je crois que le message est clair… Il faut vraiment que j’arrête de manger du gluten…

Quelque part, je crois que je le savais inconsciemment depuis un certain nombre d’année. Mais je ne voulais pas m’avouer que mon ressenti intérieur diffus pouvait être vrai, parce que j’aimais trop le pain et les gâteaux achetés à la boulangerie… Je disais que je n’avais pas la force de tester un régime sans gluten pendant 3 mois pour voir les effets, sans avoir un avis médical me prouvant l’intérêt d’un tel test. J’avais même considéré faire des tests sur l’intolérance au gluten, au lactose… Mais c’est toujours resté du domaine de la réflexion. Parce que j’avais mes habitudes, mes contraintes quotidiennes.

Et puis les choses ont changé à la Réunion. Quand je me suis trouvée longuement malade à tourner en rond chez moi. A être frustrée de ne pas avoir les outils qu’il fallait pour cuisiner. Du coup, quand je les ai eu, tester le sans gluten ne me semblait plus une si grosse contrainte, maintenant qu’au moins je pouvais faire cuire un gâteau ! Et puis j’étais libérée de l’habitude alimentaire familiale, de pain frais agité sous mon nez, auquel je n’arrivais jamais à résister.

Alors que je vais retourner d’ici peu dans ma famille pour des vacances, cela va être un vrai défi de ne pas succomber à la tentation du pain et de respecter cette restriction. Alors j’ai pris la décision de prévenir mes amis, et d’en reparler à mes parents. D’essayer de prévoir le coup. Le plus difficile sera de ne pas céder à la tentation, devant une boulangerie, dans un resto, quand je verrais mes amis enfournés des kebabs. Parce qu’il n’y a jamais rien de pire comme tentation que ce que l’on sait ne pas devoir manger et en avoir en face de soi.

Heureusement quand même que l’on trouve plein de recettes. Et que Sylvie parle aussi de ces intolérances, de ces recettes de cuisine et qu’elle m’a prouvée et convaincue qu’on pouvait rester gourmande tout en ne mangeant pas de gluten. Le défi pour moi est maintenant de mobiliser la volonté nécessaire. Parce que ça demande quand même plus d’effort, de devoir cuisiner son petit dej plutôt que de juste acheter des biscottes. Je ne suis pas encore très bonne pour ça. Les périodes où j’ai le moral et la pêche, j’y arrive bien, mais c’est souvent justement quand je suis malade que je n’ai pas l’énergie ni la motivation pour cuisiner.

Et évidemment, les ateliers de cuisine crudivore et les manifestations régionales de mon association contre l’endométriose ont lieu en juin pendant mes vacances en métropole ! Le timing n’est pas terrible. Surtout que je vais arriver au milieu des grèves, des inondations et des manifestations… J’essaye de ne pas y penser, parce que je n’ai aucun pouvoir dessus, mais cela ne me rend pas sereine pour mes multiples voyages.

Et si tu ne peux pas prendre tes trains, tu feras quoi ?

Et bien j’essayerai de rentrer chez mes parents et je me reposerais.

Tu aurais peut-être dû prévoir ça depuis le début.

Je verrai en fonction de l’état de mon corps. Si vraiment ce n’est pas jouable, je m’adapterai.

Tu crois ? Tu ne vas pas plutôt avoir tendance à persister et à t’épuiser ?

Et bien j’espère que si c’est le cas, vous m’enverrez un rêve clair et percutant me le faisant comprendre et me rappelant cette conversation. Je sais que les vacances sont faites pour se reposer, se changer les idées et en profiter. Je vais essayer de garder ça en tête. Je sais aussi que dès que j’ai des trajets en train, des transits en transports publics, cela me stresse et m’angoisse, et que je m’épuise moi-même toute seule. Je vais tenter d’éviter ça. J’espère que mes proches seront là aussi pour m’aider.

Une de mes amies m’a proposé de venir me chercher en voiture pour éviter le métro chargée comme une mule. Cela m’a fait très plaisir et me soulage aussi beaucoup parce que j’appréhendais vraiment ça avec deux grosses valises et après une nuit en avion, plus le décalage horaire. Et puis je ne sais pas dans quel état je vais être. J’ai déjà eu mes « règles » pendant un mois entier en début d’année, ça peut durer quelques jours comme des semaines. J’ai peur de ne même pas être capable de pousser mes valises… ça craint un max. Comment je fais si je ne suis pas en état de voyager à la date de mon avion ? Me bourrer de médoc et faire comme si ? Je ne peux pas décaler ce billet d’avion et je ne veux pas rester coincée ici. J’ai besoin de voir ma famille et mes amis. De rentrer un peu.

Pourquoi ça ?

Parce que je me sens seule ici, isolée, dans un grand désert affectif. J’ai envie de voir des gens pour qui je compte et qui se soucient de moi. J’espère découvrir qu’ils se soucient aussi de mon bien être et qu’ils prendront en compte ma maladie et ses conséquences. J’en ai déjà discuté un peu auprès de ma famille. J’ai eu le plaisir de voir que ma grand-mère s’est renseignée sur ma maladie, que ma tante m’a envoyé un article sur les farines sans gluten. Que ma meilleure amie m’a donné des conseils sur des blogs de cuisine. Que ma mère a acheté des pâtes sans gluten (même si je ne suis pas sûre que ce soit très bon, lol, je n’ai pas encore testé). Tout ça, ça m’a touché.

Je n’ai pas envie de me placer dans une position de « malade » et de victime à plaindre. Mais j’ai besoin que mes proches le prennent en compte et fassent un effort de compréhension et d’adaptation. Ce soir, en partant de l’atelier, j’avais envie de  manger de la pizza. Puis j’ai laissé tomber l’idée en pensant au gluten. Je me demande si mon père serait prêt à adapter la recette de sa traditionnelle pizza du samedi pour que je puisse en manger ? Au moins, j’ai une idée de l’alternative que je peux proposer à mes amis pour aller au resto : le japonais et les sushis ! Ils aiment ça et moi aussi ! Et là, pas de risque de gluten !

Bon allez, si je suis courageuse, demain je ferais ce cake sucré sans gluten… Mais il faut vraiment que j’étende mon répertoire de recettes.

4 juin 2016

Carences…

Artiste : Eaphonia

Artiste : Eaphonia

C’est le premier jour de la semaine où, ça y est, je peux enfin me poser pour écrire. Entre le kiné, les courses et le boulot, quand je prenais le temps de m’assoir, d’allumer ma bougie et de souffler, la seule chose qui me venait n’était pas l’inspiration pour écrire mais le cri de mon corps pour du sommeil. Je suppose que c’est une autre de ces semaines où j’ai une « crise d’endométriose ». J’arrive de plus en plus à les reconnaitre : épuisement malgré des longues nuits de sommeil (car entrecoupée par les douleurs au dos ou les problèmes de vessie), fatigue mentale (cerveau qui tourne au ralenti), migraines, bouffées de chaleur et sensation de fièvre persistante à partir du milieu de journée, mal à la gorge, ventre gonflé, transit intestinal presque à l’arrêt, douleurs au dos, besoin de sieste le midi et le soir en rentrant.

C’est parfois long de comprendre et rassembler les symptômes, et il faut du temps pour observer que cela se répète de façon cyclique. A chaque fois, je me dis « mais mince, j’ai attrapé froid ? » ou « c’est le stress du boulot ». Mais en fait non. En revanche, je n’arrive toujours pas identifier ces « crises » qui se déclenchent à intervalle irrégulier, peuvent durer 2 semaines comme un mois. J’espère que cette fois ci, ce ne sera pas trop long, parce que je n’ai pas envie d’être malade pendant mes vacances !!

Alors ralentis le rythme et écoute ton corps.

J’essaye, j’y arrive à peu près pour le besoin de sommeil et de repos. Mais pas pour l’alimentation. J’ai l’impression que mon ventre me dit « stop » quand ma bouche me hurle « j’ai faim ». Et j’ai tout le temps faim en ce moment. Même si je suspecte que c’est plus une fin émotionnelle que physique. Ça y est, je me suis remise à manger du chocolat à gogo, des gâteaux, du sucré. Bref de la douceur, parce qu’une part de moi se sent en manque émotionnel. Là où je suis surprise, c’est que cela ne revienne que 7 à 8 mois après la rupture. Avant d’être en couple, c’était pareil, et puis petit à petit, je me suis mise naturellement à ne plus avoir envie de sucré et a arrêté d’en manger par « besoin ». Ce décalage dans le temps m’étonne, j’aurais pensé ressentir ce besoin bien plus vite.

Parce qu’une part inconsciente de toi ne tend plus vers ton ex pour compenser tes besoins.

Ça veut dire quoi ? Que pendant tout ce temps je restais liée à lui par un lien énergétique inconscient ? Cette pensée est dérangeante. Enfin ce qui le serait encore plus c’est de savoir pourquoi cela s’est coupé brusquement… Je n’ai pas envie de réfléchir à ce que cela implique. Je pense déjà bien trop à lui… Et j’aimerai bien que ça s’arrête. Je n’en peux plus d’avoir cette petit flamme d’espoir au fond de moi. De rêver de lui, de symbole de mariage, etc. J’ai compris avec l’étude de mon thème astro que le travail par le couple n’était la « priorité de mon âme », qu’elle portait ailleurs. Et que les couples qui me convenaient étaient plutôt des oasis, me permettant d’avoir une certaine autonomie et liberté tout en ayant des sentiments profonds.

Mais voilà, cela n’arrivera pas tous les quatre matins. Déjà parce que je n’ai pas envie de m’infliger à moi-même, encore et encore, la même histoire et la même souffrance, en sachant qu’une partie de la faille est en moi. Je préfère apprendre à la colmater avant de remettre le couvert, lol.

Enfin bref, toute la semaine j’ai eu envie d’écrire ici sur un tas de sujet. J’ai eu des tas de petites prises de conscience, je voulais en discuter avec mes guides, approfondir, mais la fatigue de mon corps ne me l’a pas permis. Alors j’ai laissé filer. Comme tous ces rêves très précis et perturbant que je fais. J’aimerais bien avoir de l’aide  pour interpréter ! Parce que franchement… Expliquez-moi pourquoi je dis « ok, utilisez svp les symboles des fleurs, arbres, animaux etc… dans mes rêves pour m’aider à comprendre » et je tombe sur les trucs qu’évidemment il n’y a pas dans les listes. Genre une rose couleur rose fuchsia pétant. Je n’ai pas compris un tiers de mes rêves, alors que pour une fois je m’en souvenais clairement. Parfois le sens du rêve est évident, c’est assez facile à interpréter en cherchant les symboles et en assemblant. Mais là… je n’arrive même pas à identifier le type de rêve, s’il est spirituel, exutoire ou autre… Alors j’essaye de ne pas forcer. Mais c’est exaspérant, comme la fatigue qui est en train de me tomber dessus alors qu’il n’est que 20h. Déjà ? Et ma discussion avec mes guides ?

Tu n’es pas en état. Va dormir, de toute façon nous serons dans tes rêves.

Dans mes rêves ? J’aimerais bien pouvoir vous y reconnaitre. Vous ne pourriez pas porter un signe distinctif ? Genre une écharpe ou un chapeau rouge ? Des choses qui m’aident à comprendre et reconnaitre au réveil ? Parce que j’aurai besoin d’encouragement là. Je me sens mal. Je n’arrive même plus à me réveiller sans laisser sonner mon réveil 45min. Le médecin m’a dit que cela pouvait s’expliquer par la carence en vitamine B12.

J’ai l’impression que je n’en ferais jamais le tour ! Fer, vitamine D, vitamine B12. Il y a toujours une carence qui surgit après l’autre ! Je suis découragée. Comment suis-je censée prendre soin de moi face à ça ? Je ne peux pas passer ma vie chez le médecin, chez le kiné… Et je suis fatiguée de retrouver des conséquences de mon endométriose partout, au niveau du dos et des nerfs, du système digestif, du sommeil, de la forme de mon corps…

Est-ce que tu manges plus de viande qu’avant ?

Pas vraiment, au contraire.

Mais le médecin a dit que ton niveau de ferritine était très élevé, plus que jamais. Or tu n’as pas pris de traitement de fer depuis longtemps. C’est donc que tu l’assimiles mieux. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu as beaucoup réduit la quantité de gluten que tu manges depuis plusieurs mois. Ne penses pas que cela n’a pas d’effet et ne te décourages pas. T’autoriser de petits écarts ponctuels n’est pas une mauvaise chose, puisque tu n’es pas strictement intolérante, mais que tu le digères mal et que l’excès sature tes intestins. En revanche, ne te laisses pas aller à cause de la déprime et de la recherche de compensation en nourriture. Si tu as besoin de sucré à n’en plus finir, plutôt que de t’acheter des gâteaux industriels en te disant « c’est bon, je peux faire une exception, je n’ai vraiment pas le moral », prends le temps de cuisiner pour toi. Car en ce moment l’exception devient la règle. Ne repars pas dans de mauvaises habitudes.

Oui mais avant quand j’avais envie de sucré et bien je mangeais des fruits, notamment plein de mangues et des litchis !! Mais en ce moment, c’est l’hiver, il n’y a pas grand-chose… Les agrumes ne sont pas encore arrivés et je me lasse des bananes figues. J’ai même l’impression que mon estomac n’en veut plus ! Je ne sais plus trop quoi manger à vrai dire. L’attrait des nouvelles recettes sans gluten s’est estompé et voilà que cuisiner redevient une corvée… Que j’en ai marre de manger des « cracottes » de riz et maïs à la place du pain… Bref, j’ai faim, mais je suis frustrée car je n’arrive pas à trouver des choses qui sont à la fois bonnes pour mon corps et me font envie… Alors je me rabats sur des alternatives pas très saines.

Pourquoi te dire « tant pis » et manger des choses que tu sais problématiques pour ton corps ?

Parce que je n’ai plus d’énergie. Pas l’énergie de me battre, de faire tous ces efforts, de cuisiner. J’ai juste envie de dormir, pas de cuisiner. Mais le sommeil ne comble pas l’appétit, c’est bien dommage ! J’essaye pourtant de faire d’autres efforts pour mon corps. De me coucher tôt, de m’autoriser à faire la sieste si j’en ai besoin, de faire mes exercices de kiné. J’ai même acheté une nouvelle tenue de sport parce que j’ai pris la décision de m’y remettre à mon retour de congés.

Et pourquoi l’avoir acheté maintenant alors que tu sais que les cours ne reprendront probablement qu’à la rentrée scolaire ?

Parce que j’en sentais l’urgence, je voulais acter ma décision. A défaut de pouvoir commencer tout de suite, j’ai quand même quelque chose pour ancrer cette décision et m’en rappeler. Je ne veux pas faire comme l’an passé. Chercher, faire quelques cours d’essais puis ne rien choisir. Je trouve que c’est compliqué de trouver… Et puis je ne sais pas trop vers quoi me diriger. Il me faut quelque chose de doux, à cause de mon endométriose, mais quand même avec du mouvement, parce que ça aide à déconnecter le mental. Et j’ai aussi besoin que ça me plaise pour réussir à persévérer les 3 premiers mois, le temps de « rentrer dedans » et que le corps s’habitue et apprécie l’effort réalisé. Maintenant que j’ai fait du taïchi chuan, je trouve le yoga trop statique. Mais je réfléchis à l’idée de me remettre à la danse, parce que j’aimais vraiment ça et j’avais dû arrêter à cause de mes douleurs articulaires. Maintenant que mes hormones sont « sous contrôle » j’espère que je n’aurais plus ce problème là… Je n’arrive pas à cerner quel sport serait le mieux pour moi. C’est vrai que j’aime bien ceux où il y a un travail sur le souffle et l’énergétique, mais en même temps ce n’est pas fun comme la danse, et aussi valorisant en terme de silhouette et d’image de soi.

Je me souviens que j’aimais bien mon corps à l’époque où je faisais pas mal de danse, cela m’aidait à bien le connaitre, dans ses formes visuelles, dans son ressenti, dans la sensation des efforts, des étirements, dans la précision des gestes et le rendu des chorégraphies. Je n’étais pas mauvaise à l’époque. Maintenant je serais surement très pataude, et cela me fait un peu peur. Est-ce que je ne risque pas de dégrader mon image en voyant que je ne suis plus capable de suivre, d’avoir des mouvement précis et bien placé ?

Tu es trop exigeante avec toi-même, trop perfectionniste, même dans tes loisirs. Tu devrais lâcher du mou et te concentrer sur le fun. L’important c’est de t’amuser, de ressentir pleinement ton corps, de lui faire du bien. Tu devrais essayer l’école de danse près de ton travail et de ton kiné. Parce que c’est pratique et que tu pourrais avoir de bonnes surprises. Et puis te laisser du temps, tu ne peux pas avoir le niveau que tu souhaiterais en n’ayant pas pratiqué pendant presque 10 ans !

Oui je sais… toujours plus facile à dire qu’à faire. J’ai bien compris qu’il fallait que j’arrête de me cacher derrière des excuses comme « mais je n’ai pas le temps avec le travail, et puis j’ai des horaires trop aléatoires ».

Tu peux essayer de trouver un cours le vendredi soir, en général tu n’es pas sur le terrain. Pas trop tôt comme ça tu te laisses de la marge en cas de réunion, déplacement ou autre. Et puis si tu finis à l’heure rien ne t’empêche d’aller à la bibliothèque en attendant. Ce jour-là, il n’y a pas de créneau atelier créatif, que les stages. C’est parfait pour se changer les idées et de délasser avant le we, qu’en penses-tu ?

Oui, j’y ai déjà réfléchi, c’est le meilleur compromis je trouve. Même s’il faudra me motiver au début pour y aller avec la fatigue de la semaine…

Mais tu verras que très vite ce sera un plaisir. Et puis faire ce projet maintenant, c’est aussi te donner des envies de rentrer.

Oui, rentrer de métropole et retourner à ma vie sur l’île… Je me demande si je vais toujours le vivre « comme une corvée » parce qu’en fait, c’est surtout synonyme d’éloignement à la famille et de solitude. Un peu comme une forme de retraite spirituelle finalement. Une opportunité d’évoluer, d’avoir des prises de conscience, d’avancer vers ma guérison. Mais au prix du sacrifice d’un certain nombre de choses : la famille, les amis, la maison, mes lieux de ressourcement habituels, mon environnement culturel, etc. Finalement au prix de mon couple aussi, puisque quelque part c’était une limitation dans mes libertés et surtout dans la pression que je me mettais moi-même pour sauver certains aspects de mon couple…

Parfois je suis lassée d’avancer tant à l’aveugle, de ne pas ressentir clairement ma reliance au divin pour me guider et me soutenir. De ne pas savoir à quoi tout ça rime et ce qu’il y a au bout du chemin. Pourquoi avancer quand on n’a pas de motivation, de but ?

Parfois le but ne peut pas être révélé parce qu’il n’est pas encore compréhensible par la personne, avec le filtre de l’égo qui déforme les choses. L’important n’est pas le but, mais de cheminer. Tu le sais déjà mais tu es lassée.

Oui, je suis lassée. J’ai besoin d’un oasis, vraiment. Je suis très fatiguée. Et j’espère vraiment que ce traitement homéopathique et la vitamine B12  vont m’aider à retrouver la forme et le moral. Parce que sinon, je ne donne pas cher de ma peau sur le long terme… Alors oui, j’adresse une demande à l’univers « stp, je suis fatiguée, j’ai besoin d’un oasis pour me reposer et reprendre des forces avant de continuer à avancer ».

Tu es la première personne qui peut t’offrir à toi-même cet oasis. En laissant tomber toutes les pensées inutiles qui te stressent. En écoutant les besoins de ton corps, même s’ils sont « ceux d’une vieille mémé » et que tu dois te coucher à 20h. En te ménageant au travail, c’est-à-dire en faisant les choses une par une, dans l’ordre de priorité, en posant des limites et sachant être indulgente avec toi-même. Tu fais du mieux que tu peux dans ton état. Certes tu mets 3 fois plus de temps pour faire les choses, mais tu les fais quand même, comme tu le peux. C’est savoir ça qui devrait t’aider à accepter cette situation.

Merci.

2 juin 2016