Brasser de l’air

Artiste : Yuumei

Ecrire, écrire… Lors du dernier cercle de femmes auquel j’ai participé, j’ai tiré une carte qui m’invitait à écrire « les mots qui ont besoin d’être écrits » et encore une autre à « ralentir ». Ralentir, je le comprends, c’est difficile d’adapter mon rythme à l’état de fatigue de mon corps, alors que je prépare un déménagement et que j’ai mille choses qui se bousculent à faire.

Pourtant, dès que je m’emballe trop, que je fais trop de choses dans la journée, que je me mets la pression et le stress pour faire un certain nombre d’actions et bien… Bim, mon corps me rappelle à l’ordre et je prends cher : migraine, fièvre, vertiges… Dès fois j’ai l’impression d’être en papier carton mâché et cela m’énerve et me frustre. Pourquoi porter les moindres trucs un peu lourds tels que des sacs de course m’essouffle autant et se répercute illico sur ma sciatique ? Comment on fait alors pour déménager dans ces cas-là ? *soupir*

Alors les mots qui ont besoin d’être écrit, c’est un râlage en règle ? Je sais bien que dans ma difficulté, je reçois quand même de l’aide, que les choses se mettent en place, que j’ai pu vendre un certain nombre de choses de ma liste… Que j’ai demandé de l’aide à des amis et qu’ils vont m’aider. Pourtant, le stress ne diminue pas. Et j’ai du mal à me poser, car dès que je prends le temps de me centrer sur mon corps, je sens un épuisement qui par la suite m’empêche de bouger.

Mais est-ce nécessaire de bouger ? De continuer à t’activer sans relâche ?

Je ne dirais pas que c’est « nécessaire » dans le sens où il n’y a pas mort d’homme, ni danger. C’est juste qu’il faut que je finisse mes cartons pour une date précise afin qu’on m’aide à les charger pour la poste. Et qu’il ne me reste que 2 jours pour les finir… alors que mon planning est déjà chargé.

Crois-tu qu’il te faudra longtemps pour les finir ?

Je ne sais pas… En soi, pas tant que ça…

Mais avant de les finir tu veux peser la totalité de tes affaires pour être sure que tout ce qui restera après rentrera bien dans tes valises.

Oui, je n’ai pas trop envie de me retrouver avec des trucs qui ne rentrent pas dans ma valise alors que je veux les ramener.

Tu veux donc contrôler tout ce que tu vas ramener. Tu sais, ce n’est pas tant le fait de préparer tes cartons et faire ton déménagement qui t’épuise, que le fait de tout vouloir contrôler, planifier, organiser. Et ne pas laisser place au hasard, à l’imprévu, à l’aide providentielle ou encore aux surprises.

Dis comme ça, c’est sûr que ça parait plus attrayant de lâcher prise. Mais j’essaye aussi d’être réaliste. Qui va finir mes cartons sinon ? Qui peut trier à ma place ce que je veux garder ? Comment mes cartons vont aller à la poste ?

Fais simple. Fais au plus simple. Rappelle-toi, simplicité et douceur. Est-ce que la source de cette surcharge de stress en vaut la peine ? Quelle est la priorité ?

C’est ma santé la priorité…

Alors ne mérite-t-elle pas que tu fasses des pauses ? Que tu te ménages ? Que tu prennes le temps de cuisiner correctement ? Que tu te couches tôt malgré tout ce que tu as à faire ? Ou veux-tu  faire comme d’habitude ? Bourrer la mule, faire tout ce que ton mental t’impose sans te ménager, brasser de l’air pour rien, t’épuiser, puis tomber malade après coup, une fois que le défi est passé ? Ça c’est ton fonctionnement habituel. Il est temps d’essayer de le changer. Pourquoi te prendre la tête ? Pourquoi te compliquer la vie ? Laisse les choses venir à toi. Demande de l’aide et laisses les choses venir à toi. Ce sont tes peurs et tes doutes qui t’empêchent d’avoir la foi que cela viendra.

Mais exactement comme la vente de ta voiture, tu peux avoir la foi que tu recevras toute l’aide dont tu as besoin, parce que c’est ton chemin juste. A celui qui suit sa voie, il lui sera facilité l’accès à l’aide dont il a besoin. Autrement dit « aide-toi toi-même et la vie t’aidera ».

Ok, je comprends le message. Mais comment je l’applique concrètement ? Je ne comprends pas pourquoi j’ai ces terribles migraines à la fin de la journée… Comment je fais pour éviter ça ?

Tu te reposes et tu te ménages tout au long de la journée. Prends le temps de boire toutes les heures, et de respirer. Tu n’es pas assez connecté à ton corps. Tu laisses le stress s’accumuler et ta pression artérielle monter. Tu ne t’écoutes pas assez.

Mais si je m’écoutais, je ne ferais quasiment rien…

Et alors ? C’est grave ? Qu’est-ce que tu as de si urgent à faire ? Est-ce que ton avion est demain ?

Non, mais… il est bien dans moins de 10 jours.

A chaque jour suffit sa peine. Cela ne veut pas dire que tu dois remettre au lendemain ce que tu n’as pas envie de faire aujourd’hui, mais que cela ne sert à rien de forcer au-delà des limites de ton corps physique. Il est nécessaire que tu identifies ces limites et que tu t’y tiennes.

Merci de conseils.

3 avril 2017

 

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Restaurer ses énergies

Artiste : Yuumei

Je me sens vraiment épuisée… Je ne sais pas si c’est à cause de la scintigraphie, ou bien de la séance d’acupuncture, mais je n’étais bonne à rien faire aujourd’hui. Pas l’énergie, impossible de rassembler ma volonté et d’avancer dans mes cartons. Mon corps est tellement lourd… Mais c’est une sensation bizarre, pas comme quand je suis ancrée au sol par le poids des énergies. Non c’est très différent. Comme une sensation de vide énergétique, seulement de densité de matière. Mais en même temps avec la sensation de ne pas du tout être ancrée à la Terre. Assez contradictoire et déroutant.

C’est parce que tu assimiles la remise en route de tes énergies.

Du coup je suis complétement déconnectée ? Je ne comprends pas comment mon Qi peut être si affaiblie, alors que je n’ai pas arrêté de brasser des énergies, notamment de soin, avec les pratiques chamaniques. Cela n’aurait-il pas dû me nourrir ?

Brasser des énergies et les assimiler sont deux choses bien différentes. Tu peux canaliser des énergies sans forcément qu’elles ne s’imprègnent en toi et impactent au niveau de ton corps.

Pourtant, ce processus est censé fatiguer non ?

Cela dépend, plus ton canal est pur, plus l’énergie transite de manière fluide, moins il y a d’accrochage dans le canal, de remous et de travail en toi au passage.

Est-ce que c’est le travail en chamanisme que je fais qui m’a épuisé autant ?

Pas vraiment. En soi, cela aurait pu être le chamanisme, comme le travail ou bien la randonnée qui aurait pu t’épuiser. Le problème ne réside pas dans ce que tu fais, mais plutôt dans ce que tu ne fais pas.

Ce que je ne fais pas ? Tu veux dire des choses qui me restaurent ?

Oui, comme méditer dans la nature, peindre ou bien faire quelque chose de créatif.

Mais quand je vais peindre à l’atelier, je me sens plus vidée qu’autre chose après une séance de peinture… Je n’ai pas du tout la sensation de me restaurer.

Et quand tu as peint ton arbre intérieur ?

C’était différent, c’est vrai…

Tu as besoin d’un cadre précis pour mener des activités artistiques qui te feront du bien. Déjà le calme, du silence ou les bruits de la nature. Du temps, tu as besoin de ne pas te sentir pressée, ni stressée. Enfin un environnement neutre au niveau des émotions et des énergies. Parce que quand tu crées, tu es en mode plus réceptive, aussi les émotions des personnes autour de toi peuvent te « polluer » et te gêner. L’atelier n’est pas l’endroit le plus approprié pour toi, car il y a trop de paramètres autour que tu dois gérer et supporter. Ainsi le bénéfice est bien moindre, même si la fatigue engendrée est différente de celle avec laquelle tu arrives.

Alors la solution idéale serait que je peigne chez moi ?

La solution idéale serait que tu peignes dans un environnement calme et serein, voire si possible dans la nature. Quand tu auras acheté ton chevalet, tu pourrais t’installer à l’ombre des arbres dans le jardin de tes parents. Tu essayeras ? Tu verras, ce sera surprenant et rafraichissant de peindre dans cet environnement, tu pourrais même être surprise des résultats.

Ah, j’aurais la visite de fées ? C’est à ça que je pense quand je me vois peindre dans le jardin. Ça me semble rigolo en effet.

Tu verras bien, mais tu devrais essayer, surtout que les beaux jours se rapprochent chez tes parents.

Et en attendant, qu’est-ce que je peux faire pour nourrir et restaurer mes énergies ?

La même chose. Prends ton carnet et tes feutres et va faire des croquis dans la nature. Tu n’as pas besoin d’aller loin, il te suffit de trouver un endroit calme, comme la ravine où tu es déjà allée.

Ce que je ne comprends pas, c’est que pourtant, je dors mieux qu’avant, j’ai moins d’insomnies. Mon sommeil ne devrait-il pas me permettre de restaurer mes énergies ?

Non, ton sommeil n’est pas suffisant. Il permet de maintenir les énergies qu’ils te restent, mais c’est très loin d’être suffisant pour les développer à nouveau.

Sont-elles tombées à un niveau si bas que ça ?

Nous ne te le dirons pas, parce que cela ne sert à rien d’en parler ici. Mais sache qu’elles ne se rétabliront pas pleinement sans intervention volontaire et consciente de ta part.

Mais pourtant, je fais des méditations et des visualisations dans ce sens… Notamment la pluie de lumière et même le bain de lumière. Pourquoi cela n’aide-t-il pas ?

Ton corps est trop fatiguée pour transmuter ces énergies d’un niveau purement éthérique à un niveau plus incarné.

Ça veut dire quoi ça ? Il n’existe pas une seule source d’énergie ? Celle de la Source, du tout, du Qi ou de ce que vous voulez comme nom ? L’énergie qui circule dans notre corps est différente ?

Elle est adaptée afin d’être accessible à vos cellules. L’énergie de la Source doit descendre à travers différentes couches et corps éthériques, et à chacun d’un, elle est un peu modifiée pour pouvoir mieux s’incarner. Il y a donc un travail « d’affinage » si l’on peut dire. Voilà pourquoi tout soin énergétique ou chamanique nécessite un temps d’intégration, plus ou moins long selon l’impact du travail.

Pfff… Alors ça ne sert à rien que j’aille à la prochaine journée de pratique de voyages chamaniques ? Puisque que mon corps est trop fatigué pour intégrer les énergies ?

Pour cette fois-ci nous allons t’y aider. Parce que ça ne sert jamais « à rien » d’apprendre de nouvelles techniques et de s’ouvrir à de nouvelles expériences.

Ouais, ouais… je me sens poussée à mort par mes guides à pratiquer le chamanisme au maximum avant de repartir de la Réunion. Pourquoi donc ?

Parce que c’est le bon moment et le bon endroit, avec la bonne personne. La conjonction est parfaite, aussi nous t’encourageons à en profiter au maximum.

Ouais… mais comme vous dites, je suis fatiguée. J’ai aussi ma santé à soigner, mon déménagement à gérer. Et je ne reçois pas d’aide sur ce dernier point… Mes cartons et démarches ne vont pas se faire tout seul. Alors est-ce une bonne idée de dépenser le peu d’énergie que j’ai dans du travail spirituel ? Franchement ? Je me dis que je commence à en avoir marre. Parce que je ne vois pas les bénéfices arriver… Cela fait des mois que je travaille sur ça, que je voyage dans mes profondeurs et tout et tout, que j’apprends à donner des soins, que j’en reçois. Pour quelle évolution ?

Tu ne la vois pas pour l’instant. Mais nous t’encourageons à continuer. Tu devrais y aller, cela te fera du bien. Tu devrais continuer, cela va t’apporter beaucoup de choses, même si tu n’es pas encore capable de le voir.

Mouais… Ben désolée, mais ce soir, je suis sceptique.

Tu es fatiguée.

Et vous ne pouvez pas m’aider, vous, à restaurer mes énergies ? Vous ne pouvez pas intervenir, dans mes rêves ou pendant mes méditations ? S’il vouuuuuuuuuuuuus plait ? *regard épuisé de chaton*

Nous pouvons t’aider à trouver ce qui te permet de restaurer tes énergies. Mais non ne voulons pas intervenir directement.

Vous ne voulez pas ou vous ne pouvez pas ?

Il n’est pas dans ton intérêt que nous intervenions directement. Tu dois apprendre toi-même à comprendre pourquoi tu en es arrivée là et comment rétablir la situation.

Et pourquoi j’en suis arrivée là ? Franchement, je ne comprends pas. J’ai quitté mon job qui était toxique et me pompait. J’ai essayé au maximum de prendre soin de ma santé. Je me suis remise à des activités créatrices. Qu’est-ce que j’ai fait au juste pour en arriver là, à ce stade d’épuisement ? Franchement, dites le moi ! Parce que je ne comprends vraiment pas là ! Alors comment ?

Nous allons te laisser méditer sur cette question. Nous n’allons te donner qu’une piste : le mot « amour ».

Super… ça me fait penser à Camille Fraise et l’histoire de ces mots lâchés comme des steaks à mâchouiller. Pfff, franchement, vous n’êtes pas cool comme guides dans le milieu. Et si moi je vous répondais « douceur », hein ? J’en ai marre des trucs chiants, fatiguants et preneurs de tête. Je suis trop fatiguée pour ça…

C’est la bonne réponse.

Ah, ouais ? Ben ça me fait une belle jambe ! Vous avez vu comment je deviens cynique quand je suis épuisée ? Vous ne croyez pas que vous pourriez au moins me donner un coup de pouce ?

Nous le faisons déjà.

Ah, ben je ne le sens pas… Alors je vais allez me vautrer dans mon lit pour la peine. Et puis tant pis pour le reste, hein. Je reviendrais vous causer quand vous aurez envie de m’aider de façon un peu plus efficace… *boude* Moi aussi je peux avoir un sale caractère par moment !

24 mars 2017

Se protéger

Artiste :

Artiste : Moonywolf

Pourquoi est-ce que je suis malade ? Je n’en reviens pas… C’est pour ça que je me sens aussi mal et démoralisée depuis ce matin ? Ça a commencé avec un mal de gorge hier soir, et voilà que j’ai de la fièvre. Je ne comprends pas. Et forcément quand je suis épuisée, je perds ma concentration et mes réflexes, et je suis rentrée dans ce foutu plot en béton avec ma voiture. Est-ce que j’étais déjà malade à ce moment sans m’en rendre compte ?

Tu étais déjà malade au réveil. C’est pour ça que tu étais d’aussi mauvaise humeur, tu aurais dû t’écouter.

Je pensais juste que c’était une passade, parce que je n’ai encore quasiment pas dormi cette nuit. Alors je n’ai pas fait attention à mes cernes et à mon teint pâle. Je me suis dit que c’était le manque de sommeil, et que j’allais juste y aller tranquille. Ça faisait des semaines que je n’étais pas allée au marché, par flemme ou par fatigue. Je me suis dit, « allez, bouge-toi ! »

Et tu as heurté un plot en béton sur le trottoir en revenant du marché…

Oui, je n’ai rien compris, je ne l’avais pas vu dans le démarrage en côte car il était après l’angle à 90°. Ma voiture a fait un saut et un gros « boum » et voilà… Au final, plus de peur qu’autre chose. Ce n’est qu’un peu de tôle froissée, ça ne se voit pas beaucoup.

C’est ce que tu te répètes. Ce n’est que de la tôle froissée. Mais comment te sens-tu ?

Et bien choquée émotionnellement. Etant hypersensible, ce genre de petit accident m’atteint puissance 10. J’ai beau raisonner la partie mentale pour éviter les pensées négatives, le tsunami émotionnel, je ne peux pas le contrôler.

Si tu peux. En étant connectée à ton espace de paix intérieure.

Peut-être, mais je vais te dire. C’est bien beau d’avoir réussi à m’y connecter au cours d’une méditation. L’ancrer et le ressentir en pleine conscience dans son quotidien, c’est une autre paire de manches ! Et si c’était encore un de vos tests pour mesurer ma maitrise émotionnelle, et bien voilà, je l’ai foiré les doigts dans le nez ! Et je me sens déjà fatiguée par tout ça. A quoi bon une initiation de l’Ombre, quand ma vie n’a aucun sens et que je n’ai aucune direction à lui donner ?

C’est justement pour cela qu’une initiation de l’Ombre est nécessaire. Pour te sortir de ton marasme émotionnel. Te reconnecter à ta Volonté et ta Puissance et à terme te permettre d’avancer.

Pour aller où ?

Là où tu dois aller.

Alors vous ne me direz vraiment rien ? Pas un indice, pas un panneau ? Rien ?

C’est à toi de trouver. Nous te donnons plein d’indices, mais le temps n’est pas encore venu que les pièces de puzzle fassent sens. Concentre-toi sur ton quotidien, et sur cette initiation. Tu avais promis que tu écrirais tous les jours, mais tu ne l’as pas fait hier. Pourquoi ?

Parce que j’étais trop fatiguée.

Pourquoi ça ?

Parce que j’ai passé un certain temps au téléphone avec une connaissance, à répondre à ses questions et à lui donner des conseils.

Et qu’est-ce que cela t’a apporté ?

Je n’ai pas répondu à ses questions pour que cela m’apporte quelque chose.

Je répète ma question : et qu’est-ce que cela t’a apporté ?  Ne te mens pas à toi-même, car nous savons la vérité. Nous voulons que tu la formules. Exprimes ta vérité, peu importe ce que cela implique.

Et bien, des prises de conscience sur certains points… Que j’avais accumulé une certaine expérience sur les notions de soin VS guérison, de soins énergétiques, de travail d’accompagnement de l’âme, de compréhension des messages apportés par les maladies, etc, grâce à mon propre vécu. Qu’une part de moi avait soif de transmettre. Mais qu’en même temps, j’ai été étourdie par cette nouvelle position que je n’avais jamais vraiment expérimenté avant, sous cet angle enseignant-élève. J’ai perdu mon alignement, et j’ai trop donné de moi-même.

Et tu avais mal à la gorge après cette conversation. Cela t’a affaibli physiquement. Ta mauvaise nuit de sommeil ne t’a pas permis de récupérer de cette perte énergétique.

Et maintenant que c’est dit, tu as peur que la personne concernée culpabilise, car elle te lit.

Oui…

Pourtant, tu sais que ce n’est pas de sa faute. Il n’y a que toi-même qui connais tes propres limites physiques, surtout avec ta maladie. C’est à toi de t’imposer, et de savoir dire « stop, ça suffit pour aujourd’hui ». Tu n’as aucune obligation de donner non plus.

Dans la reliance à l’Ombre, on ne fait rien gratuitement. Chaque action entreprise a un but, celui de t’apporter quelque chose en échange, de te permettre d’évoluer tout en te respectant toi-même et autrui. C’est une question d’efficience et d’efficacité, rien de personnel face à autrui. C’est économiser et savoir quand donner, pour recevoir en retour, même si parfois de façon indirecte.

Dans ton cas, toi qui a très peu d’énergie physique, tu as tout intérêt à comprendre l’intérêt d’une telle vision. Pas parce que tu n’es pas capable de donner ni que tu n’as pas un grand cœur. Mais parce que tu dois apprendre à te préserver. Chez toi, chaque perte énergétique trop forte est synonyme de symptômes physiques quasi-immédiats. L’inverse n’étant pas vrai.

Tu ne peux pas, au jour d’aujourd’hui, te permettre de donner sans recevoir de la part de personnes qui te sont quasi-inconnues. Mais également auprès de tes proches. Tu dois apprendre à doser et te respecter, car sinon tu seras très vite dépassée et malade en permanence. Et cela est d’autant plus vrai que tu vas retourner vivre auprès de ta famille et de tes amis.

C’est un enseignement fondamental : la protection de soi-même.

Car si les autres peuvent t’attaquer énergétiquement, c’est parce que tu ne te protèges même pas de toi-même et de tes comportements destructeurs ! Donner sans compter lorsqu’on n’a quasiment rien n’est pas respectueux de soi-même. C’est une croyance fausse.

« Charité ordonnée commence par soi-même ». Crois-tu que Mère Theresa aurait été capable d’aider autant d’enfants dans le besoin si elle avait été constamment alitée ?

Non, je comprends l’image que tu veux me véhiculer.

Protèges toi, apprends à dire non, à poser des limites. Cela s’appelle prendre soin de soi, et se respecter. Et si tu le fais avec ton alimentation physique, pourquoi ne le ferais-tu pas dans tes échanges émotionnels et énergétiques avec autrui ? Comme avec ton supérieur, personne ne sera là pour ramasser les morceaux, quand après coups tu seras seule et malade. Veux-tu revivre ce que tu as ressenti aujourd’hui ?

Non.

Alors prend en considération ce que nous te disons.

Mais comment faire en pratique ?

N’ignore jamais un mal de gorge. Cela veut dire, chez toi, que tu ne t’es pas respectée. Tu as alors besoin de beaucoup de douceur pour compenser l’impact énergétique de cette propre violence que tu t’es faite à toi-même, sans en avoir conscience.

Ah, d’où la violence extérieure manifestée avec cet accrochage de voiture… Je ne comprenais pas… J’ai analysé mon schéma mental inconscient après coup. J’avais senti l’impact venir juste avant, mais je n’ai pas contrebraqué en me disant « ce n’est pas grave, ce n’est qu’un trottoir », comme si j’étais indifférente à ce qui arriverait, comme si je me punissais pour quelque chose, plutôt que de chercher à éviter le choc et prendre soin de moi. Sauf que finalement, ce n’était pas juste un trottoir, le choc a été violent et ma voiture a été abimée…

Cette indifférence, ce « laissé aller », ayant causé cet accident, est le miroir extérieur de la façon dont tu te traites intérieurement dans tes relations énergétiques à autrui. Tu ne peux pas te dire, « ce n’est pas grave, ce n’est que X temps passé à aider un tel ».

Nous serons très fermes sur ce point-là : tu n’as pas aujourd’hui la capacité physique d’aider autrui comme tu le souhaiterais, malgré tes connaissances acquises. Tu le sens inconsciemment, c’est bien pour ça que tu ne te sens pas du tout prête à donner des soins à autrui, encore moins à chercher un statut de thérapeute. Si tu veux aider autrui, publie tes articles sur ton blog. Si quelqu’un veut te poser une question sur son contenu, qu’il le fasse ici. Ce sera ça ou rien. A prendre ou à laisser. Nous n’avons pas le temps que tu te disperses au jour d’aujourd’hui, si tu veux pouvoir avancer sur ta propre voie.

Hum… « Nous n’avons pas le temps ». Combien de temps va durer cette initiation ?

[XX] jours. Utilises-les bien, ce n’est pas une opportunité à sous-estimer. Alors ne prévois rien de trop fatiguant pendant cette période-là. Laisse-toi du temps libre et fais-toi confiance pour avancer. Nous ne travaillons pas seulement quand tu écris, mais aussi pendant tes méditations et tes nuits.

Oui, j’avais remarqué. D’ailleurs, je ne vais pas pouvoir tenir ce rythme de sommeil là tant de jours…

Couche-toi tôt. Discipline-toi. Ta priorité, c’est ta santé, donc ton sommeil. Quoi qu’il arrive et peu importe qui t’appelle. C’est l’occasion de reprendre un rythme stable. C’est l’occasion de te remettre en phase avec ton environnement.

C’est vrai que les réunionnais sont plutôt des lèves tôt… J’ai entendu ton conseil.

N’attends pas d’avoir une raison pour te lever. Lève-toi pour trouver une raison d’avancer. C’est en pensant ainsi que tu attireras à toi les énergies favorables. Tu peux mettre en place une discipline tout en t’écoutant et en te respectant.

C’est là où j’ai du mal tu vois… Je me lève tard, parce que je me sens fatiguée, mais je n’arrive pas toujours à savoir si c’est parce que j’ai mal dormi, parce que j’ai une crise de fatigue chronique, ou bien simplement parce que je n’ai pas le moral et que je devrais me bouger.

Peu importe la situation, rien ne t’empêche de faire preuve de douceur. Tu n’es pas obligée de te lever exactement à heure fixe précise tous les jours. Tu peux t’adapter à ton état. Prends un temps le soir pour te connecter à ton corps et lui demander « de combien d’heures de sommeil ai-je besoin pour me reposer et respecter mon corps ? ». Prendre soin de son sommeil, c’est aussi prendre soin de soi. Comme toutes les personnes ayant une blessure d’amour de soi-même, cela demande un travail et un réel effort. Il faut mettre un place une discipline, des outils pour aider.

Nous savons que c’est un sujet qui te préoccupe, et qui a aussi fait l’objet de question d’une de tes lectrices. Nous reviendrons dessus à l’occasion, car c’est un très vaste sujet en réalité. Et de la qualité de vos nuits, dépend la qualité de vos jours, sois en persuadée. Donc, une des meilleures façons d’améliorer rapidement votre qualité de vie est d’améliorer votre qualité de sommeil. A bon entendeur.

Merci.

4 février 2017

Trouver la force en soi

Artiste

Artiste : Asuka111

Je n’aime pas du tout le rêve que j’ai fait cette nuit et les énergies qu’il a réveillé…

De quoi as-tu rêvé ?

J’ai rêvé de lorsque j’étais en couple avec mon amie et que nous l’avions annoncé à ses parents. J’ai rêvé que lorsque ses parents ont annoncé me mettre à la porte, elle partait avec moi. Alors on allait dans sa chambre et je l’aidais à faire ses valises. Son père déboulait dans la chambre, plein de jugements, me faisant comprendre que j’étais une dévergondée. J’étais très en colère contre lui, je lui balançais ses quatre vérités, je lui parlais de mon viol aussi.

Et comment t’es-tu sentie au réveil ?

En colère contre ses parents. Me sont venue en tête ce que je disais à son père. « Je n’oublierai jamais que des instituteurs, censés représenter la liberté, l’égalité et la fraternité, ont fait preuve d’intolérance et d’homophobie. Je n’oublierai jamais que des parents ont privilégié les apparences et la peur du jugement par-dessus le bonheur de leur propre fille. Je n’oublierais jamais qu’ils ont été irrespectueux envers mes parents, en décidant que les règles de politesse ne s’appliquaient plus à eux, à cause de moi. Je n’oublierais jamais qu’ils ont fait preuve d’hypocrisie en me laissant revenir dans leur maison des années plus tard, en faisant comme si de rien n’était. Jamais un mot d’excuse. » Cela me fait pleurer de colère. Comment peut-on se comporter comme ça et ne montrer aucun signe de remord ou d’excuse ?

Et pourquoi est-ce cela qui remonte dans la nuit, alors que je pensais à mon amie hier soir et que je lui demandais des nouvelles ? Je me demandais comment je pouvais faire pour la soutenir dans la période difficile qu’elle traverse et qui ne semble jamais en finir… J’ai envie d’être solidaire, envie d’honorer la belle femme qu’elle est, de lui transmettre de l’amour et de la lumière pour qu’elle reprenne confiance en elle. Mais je me sens désemparée… On ne peut pas aider quelqu’un si la personne ne le décide pas d’elle-même, si elle ne s’aide pas d’abord elle-même. Je suis triste de la voir si éloignée et renfermée dans sa bulle. Comment aider à faire face à des émotions, si elles ne sont même pas reconnues et exprimées ?

Plutôt que de chercher à l’aider, tu ferais mieux de travailler sur tes propres nœuds en lien avec elle. Cela l’aiderait d’autant plus.

Faire le travail pour deux ?

Pas vraiment. Dans ce genre de travail, l’âme de la personne aide aussi, même si elle n’en a pas forcément conscience. D’où souvent un travail à travers les rêves, dans l’inconscient de la personne, et au moment de la journée où l’âme est la plus libre d’agir et de voyager.

Ok, je comprends… Je comprends aussi que tous ces rêves intenses que je fais ces derniers jours – et qui me vident de mon énergie – sont en lien avec le processus de nettoyage de fin d’année… Mais qu’est-ce que je fais concrètement ?

Tu publies l’article que tu n’as jamais osé publier concernant ton amie et les nœuds évoqués. Tu le relis avec attention, à la lumière de ce que tu as appris et vécu depuis juin dernier. Tu la laisses en prendre connaissance et revenir vers toi si c’est son souhait. Cela va la perturber, c’est vrai, mais certaines émotions et énergies ont besoin d’être exprimées et extériorisées pour être déliées.

Est-ce juste (comprendre ici bon) pour moi ?

Si cela ne l’était pas, tu n’aurais pas reçu l’information en premier lieu.

Est-ce juste pour elle ?

Comment était-elle dans ton rêve ?

Elle était affaiblie, je devais limite la porter jusqu’à sa chambre. C’était moi qui faisais ses valises pour elle, selon ses souhaits, car elle n’en avait pas la force. Elle ne disait rien.

Cela te rappelle-t-il quelque chose ?

Et bien… Elle n’arrive pas à m’exprimer réellement comment elle se sent, je crois. Je sens bien qu’elle n’est pas vraiment heureuse dans le fond, elle ne rayonne pas. Elle fait face à ses peurs, ses doutes, et j’ai l’impression qu’elle n’arrive pas à se sortir de cette spirale-là.

Tu peux l’aider à  « défaire ses valises », à prendre conscience des poids dont elle ne s’est pas libérée. Après, ce sera son choix à elle d’écouter et de réagir en fonction. L’aide est toujours apportée à celui qui le demande à l’univers, même s’il faut souvent d’abord commencer à s’aider soi-même. A se prendre en main, se responsabiliser. Tu as compris que rester assise en attendant une aide miraculeuse ne marche pas. Il faut se prendre par la main, faire un petit pas. Rien qu’un tout petit pas peut suffire. Cela peut être de commencer une thérapie avec une psychologue, d’utiliser des outils pour reprendre confiance en soi (comme le Défi des 100 jours de Lilou Macé), de trouver une activité sportive ou créative qui fait du bien et qui aide à réaliser qu’on peut faire des choses.

Qu’as-tu appris depuis ton début de dépression nerveuse ?

Qu’il faut savoir accepter son état de faiblesse, reconnaître qu’on est mal et qu’on a besoin d’aide. C’est le premier pas. S’écouter, écouter son corps, ses rêves et ses pensées permet de prendre la mesure de notre mal être et de le reconnaitre. Si on passe son temps à penser du mal de soi « Je suis nulle… Je suis incapable de… Je ne mérite pas ceci… C’est bien fait pour moi… Je ne vais jamais y arriver… Tout le monde s’en fout de moi… » ; si on passe son temps à avoir des doutes et avoir peur de tout « j’ai peur de sortir de chez moi pour aller faire des courses… j’ai peur de conduire… j’ai peur de rencontrer de nouveaux gens… j’ai peur de demander quelque chose… j’ai peur d’affirmer mes besoins… » ; si on n’interagit plus avec l’extérieur et que l’on se renferme dans sa bulle… Tout ça, ce sont des symptômes de dépression nerveuse.

Moi j’ai aussi des insomnies, des crises de fatigue. Je n’arrive plus à manger comme avant, j’ai dû arrêter le lactose car mon corps ne le supporte plus. J’ai perdu du poids. J’ai beaucoup de vieilles émotions et de vieux schémas de pensées qui remontent. C’est une grosse période de nettoyage, qui me permet de me libérer de l’ancien pour aller vers le nouveau. Parce que j’ai une spiritualité développée et que j’arrive de plus en plus à m’ouvrir à ma guidance spirituelle, je sais que c’est normal. Cela fait partie d’un processus pour m’aider à grandir, à me défaire de ce qui ne me correspond plus. Cette dépression me force à quitter un travail qui ne me correspond plus. Elle me fait travailler ma foi. Ai-je foi en moi et en la guidance que je reçois pour sortir de cette épreuve ? Dans le fond, oui, même si certains jours, je doute, j’ai peur, je passe ma journée à pleurer, et je suis tellement épuisée que j’arrive à peine à marcher.

Mais voilà, combattre cet état, c’est dépenser son énergie pour rien. Mieux vaut reconnaitre la situation telle qu’elle est, l’accepter pleinement, pour ensuite trouver le courage et les armes pour la faire évoluer. Plus on est dans le déni, et plus la situation se prolongera, jusqu’à sombrer encore et encore, jusqu’à briser nos dernières résistances pour nous faire admettre la situation.

Est-ce une situation d’échec ? Du point de vue du jugement de la société, sûrement. De point de vue des parents de mon amie, peut-être. Mais du point de vue de l’âme, c’est une porte vers la reconnaissance de soi-même. Qui es-tu ? Que veux-tu ? On n’est pas défini par notre travail, on n’est pas défini par l’argent que l’on a ou que l’on n’a pas, on n’est pas défini par nos liens sociaux, notre « réussite », les jugements de nos parents. Cette période sombre, elle est là pour nous reconnecter à notre Essence, à celle qui dépasse les jugements et les apparences. Qui que l’on soit, on a chacun un Cœur, et dans ce cœur réside un trésor infini. Celui de l’Amour. Celui qui sait s’aimer soi-même est le plus riche en ce monde. Car alors il pourra accéder à ses propres talents, à ses propres envies et il pourra rayonner l’amour autour de lui. On en est tous capable. Il n’y a pas besoin d’être médium pour cela. Il n’y a pas besoin d’avoir de diplômes.

Il suffit d’apprendre à écouter son cœur. Alors comment faire me direz-vous ? Parce qu’en réalité, ce n’est pas si « simple » que ça, et j’ai mis bien du temps avant d’accepter ce que le mien me disait. Car souvent, on s’est coupé de son cœur pour une bonne raison, parce que celui-ci nous transmettait des messages de souffrance et de douleur, dont on ne savait pas quoi faire. Alors parfois, dans les premiers temps, il est difficile de se reconnecter à lui, car toutes ces émotions que l’on avait fuies remontent à la surface. La meilleure façon est de les laisser s’exprimer, d’accepter qu’elles nous traversent, aussi douloureux soit-il, elles passeront si on sait les accueillir. Dans ces moments-là, l’écriture (dans un journal intime par exemple), le dessin, le chant, le sport, le dialogue avec un professionnel ou une amie de confiance, tout moyen d’expression est bon pour exprimer ces émotions.

« Je pleure car je me sens triste… » Mais pourquoi est-ce que je me sens triste ? Quel est le message que veut me faire passer mon « état d’âme » ? Est-ce parce que je ne me sens pas reconnue pour qui je suis réellement ?  Est-ce parce que je me sens seule ? Incomprise ? Quelle est l’origine de cette tristesse ? De quoi ai-je besoin pour l’apaiser ?

Un exemple concret serait plus parlant. Prenons le tien. Pourquoi es-tu en colère contre les parents de ton amie ? Pourquoi n’arrives-tu pas à lâcher cette colère ?

Je suis en colère contre eux, parce que leur comportement a fait terriblement souffrir mon amie, leur propre fille, mais il a aussi blessé mes parents. Je déteste quand mes actions impactent ce que j’aime d’une telle façon, je trouve cela injuste ! Que l’on s’en prenne à moi, je peux le comprendre, mais que l’on s’en prenne à mes parents, je trouve ça injuste. Je déteste aussi qu’ils fassent comme si de rien n’était, comme si leur comportement avait été « normal », comme si ce n’était pas important. J’imagine que je n’arrive pas à lâcher prise, parce que je n’ai jamais pu leur dire ce que je pensais, mes émotions, que nous n’en avons jamais parlé en face à face. Ils se sont comportés en adultes autoritaires en disant « tu n’as plus rien à faire dans cette maison » sans prendre la peine de discuter avec la personne que je suis, ni à cette époque, ni même par la suite. Ils me diraient « nous avons eu peur pour notre fille, nous voulions la protéger, nous sommes désolés » je pourrais comprendre, je pourrais pardonner. Mais il n’en est rien, ils ont décidé d’ignorer la chose et l’ont rendu tabou.

As-tu la moindre raison de conserver ces émotions et de porter cette colère ? Cela va-t-il changer le passé ?

Non…

Alors nous t’invitons à leur écrire une lettre. Écris ce que tu as ressenti, écris ce que tu ressens encore aujourd’hui. Écris ce que tu aurais aimé leur dire, sans aucune restriction. Libère ton cœur et laisse les émotions sortir. Puis, au 31 décembre, tu brûleras cette lettre en demandant au feu de transmuter ces énergies lourdes en énergie d’amour et de lumière. Connecte toi à ton cœur, trouves-y l’amour inconditionnel que tu ressens pour ton amie, et parce que tu l’aimes elle, envoie de l’énergie d’amour à ses parents. Fais preuve de compassion et de pardon. Peu importe les raisons qui les ont poussés à agir comme ça, tu peux te libérer de ce poids, tu peux faire en sorte que cela ne pèse plus sur ton cœur et sur ta relation d’amitié avec elle. Le reste sera de son propre ressort.

Merci.

29 décembre 2016

 

Les transferts émotionnels dans nos relations

Artiste :

Artiste : Tara Mc Pherson, Waterfall

J’essaye d’intégrer ce que m’a dit le gynécologue, au sujet du suivi de mon endométriose, mais plutôt que me rassurer, cela m’angoisse et me décourage… Je me demande bien pourquoi ? Après tout, selon lui, les résultats sont encourageants, mes ovaires sont autant « sous contrôle » que possible vu mon problème de dystrophie ovarienne (produisant trop de follicules). J’ai même un endométriome qui a réduit de taille.

Malheureusement, les effets secondaires sont encore bien trop présents : fatigue chronique, impact sur le système digestif, sciatique, etc. Et j’ai l’impression que bien que j’ai enfin un traitement pour cette pathologie, je suis quand même bien trop souvent malade par ailleurs.

Mais pour lui, cela ne serait pas forcément dû à l’endométriose. J’ai constamment dans mes analyses de sang une composante dont les résultats sont trop élevés. Mon médecin traitant avait écarté ces résultats gênants en supposant que c’était dû à l’endométriose. Mais lui me dit que ce n’est pas l’origine. Et qu’il faut rechercher les causes. Et m’a questionné sur mes antécédents de problèmes articulaires… Il suspecte une autre pathologie. Et je ne sais pas quoi penser. J’ai bien eu le pressentiment que quelque chose n’allait pas avec mes analyses, mais le médecin traitant les a écarté, probablement fatigué de la complexité de mon cas…

En tout cas, je suis contente que mon gynéco n’ait pas fait la sourde oreille. Heureuse aussi qu’il ait pris le temps de me répondre. En sortant, j’ai entendu les secrétaires et infirmières se moquer et dire « olala, il a passé 2h avec une patiente, vous vous rendez compte ? ». Même si ce n’était pas exact, il a en effet pris du temps avec moi. Mais comment faire autrement, face à une maladie si mal connue et mal informée ? Face à la difficulté d’avoir un RDV avec ce spécialiste et de ne le voir qu’1 à 2 fois par an ? Face aux angoisses générées par des tas de questions sans réponse ? Alors que l’endométriose a tant d’impact sur ma santé, mon moral et ma vie quotidienne ?

J’essaye d’en faire moins cas qu’autrefois, de ne pas m’enfermer dans la maladie en me définissant comme « la fille avec de l’endométriose ». Mais, il n’est pas faute de constater que, même si je fais attention à mon alimentation, que j’ai repris le sport, que j’ai décidé d’avoir plus d’ouverture sociale, quoique je fasse, et même d’arrêter de me focaliser mentalement sur ma maladie, celle-ci revient. Sous diverses formes, de façon inattendue et inconsciente. Notamment, via l’interprétation de mes rêves, que si la psy ne m’aidait pas à décrypter pour certains, je ne verrais pas le lien, pourtant il est bien là, souvent caché profondément, mais présent. Ou bien encore via une crise physique aigüe après 1 mois en pleine forme. Ou encore via le poids sur le moral, qui se manifeste avec la crise anxio-dépressive que je traverse actuellement.

Comment cohabiter avec la maladie ? Sans lui laisser avoir le dessus, sur le moral et sur le physique ? Mais sans l’ignorer et engendrer une crise inattendue et violente ? Comment l’écouter et l’accueillir sans lui laisser toute la place ?

Parfois je me sens vraiment impuissante et dans un flou absolu. Je ne comprends pas les messages de mon corps ni de la maladie. J’essaye de soigner ma qualité de vie pour limiter les impacts négatifs sur ma santé…

Alors même que ta situation au travail est toxique ?

J’ai conscience maintenant que cette situation ne me convient pas. Que l’organisation (ou son manque si vous préférez) ne correspond pas à ma façon de travailler. Que celle-ci, ainsi que la mauvaise ambiance et les soucis financiers, génèrent beaucoup trop de stress en moi, plus que je ne le pensais, plus que mon corps ne peut en supporter. Mais devrais-je changer la situation (en cherchant à changer de travail)  ou changer mon regard et ma façon de réagir à cette situation ?

Pourquoi as-tu peur de partir ?

J’ai peur d’être dans la fuite. Et par là même de répéter le même schéma encore et encore. Je ne veux pas revivre ça une 3ème fois. Je préfère encore essayer de régler ça maintenant…

Mais le problème c’est que tu n’es pas en état, ni physiquement, ni moralement. Il te faut apprendre à l’accepter. Il te faut apprendre à lâcher prise. Tu ne peux pas tout contrôler, tu ne peux pas être parfaite. Tu ne peux pas imposer ta volonté à ton corps, au-delà d’une certaine limite physique.

J’ai l’impression que tout s’écroule et que plus rien n’a de sens… C’est ça, ce que ça fait de tomber en dépression nerveuse ? D’un seul coup, le corps craque, il est épuisé, il ne veut plus rien entendre, il ne veut même plus dormir malgré la fatigue. Le mental ne suit plus, impossible d’avoir les idées claires, de réfléchir, de prendre du recul, d’analyser et de se projeter dans un projet pour rebondir. Les émotions deviennent encore plus ingérables. Tout est source de stress, de tension, de peur, le moindre imprévu, la moindre stimulation trop forte. Les émotions habituelles prennent des proportions énormes, balayent mon hypersensibilité et me laissent à terre, comme ça, sans prévenir.

Et je me sens si seule à traverser tout ça…

Pourtant tu ne l’es pas. On est là. Monia aussi. Tes autres amies aussi, même si à distance. Ta famille est là pour te soutenir par la pensée, malgré les 11 000km qui vous séparent.

Je me sens tellement dans le brouillard, tellement perdue. Je ne comprends pas, cette chute d’un seul coup…

Parfois il vaut mieux chuter dès le départ, pour se relever toute seule et plus forte. Préfèrerais tu que cela t’arrive dans 10 ans alors que tu pourrais être en couple ?

Non, bien sûr que non. De toute façon, on ne choisit pas vraiment le moment où cela nous tombe dessus.

Tu serais surprise de voir les signaux inconscients que l’être peut mettre ne place quand il est prêt à faire face à un nouveau défi, censé l’aider à grandir.

Mais vais-je vraiment sortir grandie de cette expérience ? Et en sortir tout court, alors que j’ai le sentiment de tourner en rond ?

Ça dépend. As-tu l’envie de vivre ?

En ce moment, pas vraiment. Mais je n’ai pas pour autant l’envie de mourir. Et je me rappelle de ces moments où j’avais l’envie de vivre. J’ai simplement envie d’aller mieux. De pouvoir sourire doucement et sentir le soleil briller dans mon cœur, quel que soit l’orage dehors.

Ce que tu cherches à atteindre n’est pas si simple. Regarde, il a fallu des années et bien des épreuves à Sylvie. Tu ne peux pas t’attendre à y arriver du jour au lendemain.

Mais cela fait déjà des années… Cela fait déjà 7 ans que je fais face à ma maladie, à mes blessures, aux aléas de la vie…

C’est le jour où tu arrêteras de compter que tu auras « réussi ». Parce qu’en vérité, les épreuves ne s’arrêtent jamais, la vie est faite de challenges et d’opportunités. Mais c’est le jour où tu arriveras à les regarder tranquillement, sans les voir comme des obstacles insurmontables, que tu pourras sentir le soleil briller quel que soit le contexte extérieur.

Merci… Mais cela ne m’éclaire pas sur la situation extérieure actuelle. Comment suis-je censée savoir si quitter mon travail actuel représente une fuite ? Que faire pour améliorer mon état de santé ?

Les pistes et les clés te seront données en temps voulu. Prends les choses une par une, et aie confiance. Les choses se dessinent petit à petit, mais tu ne peux pas les contrôler. Chercher à le faire ne serait qu’une source d’angoisse inutile. Concentre toi sur ton intérieur, recherche cet espace de paix en toi, qui ne dépend ni de ton état de santé, ni de ton environnement matériel, ni de ta réussite au travail. Libère toi des jugements et des regards extérieurs. Tu es en arrêt de travail, et alors ? Tu es en dépression, et alors ? Est-ce que cela fait de toi un être moins humain ? Une personne moins aimable ? Est-ce que cela change tes caractéristiques intérieures profondes ?

Tu as besoin de temps pour toi. Tu as besoin de temps pour guérir et cicatriser. Le monde ne s’arrêtera pas de tourner parce tu ne vas pas travailler et ne remplis plus ta mission de parfait petit soldat productif dans cette société capitaliste. Tu sais que j’ai raison.

Que va-t-il arriver si tu ne vas pas au travail ?

Il n’y aura personne pour recevoir et conseiller les agriculteurs…

Et est-ce grave ? Sachant que de toute façon, au fond, tu n’as rien de très utile à leur conseiller, puisque tu ne peux pas les encourager à planter s’il n’existe aucun débouché viable. C’est toi-même qui l’as dit.

Oui… C’est malheureusement la loi du marché. Et ça, je n’y peux rien, mieux vaut s’y conformer. Au final, mon travail a perdu de son sens, et je ne me sens pas utile… Je sais bien que finalement, personne ne va en pâtir, sauf mon supérieur…

Et pourquoi donc ?

Parce qu’il n’aura personne pour justifier le travail fait, pour rédiger les rapports pour les subventions… Et aussi qu’il se sentira obligée de gérer partiellement mon poste en mon absence, peut-être ?

Est-ce ma mission ?

Non.

Mais l’a fait-il déjà ?

Partiellement, il aime se mêler de tout, tout savoir et tout décider. Cela lui donne une illusion de contrôle. Parfois, il reçoit même les agriculteurs « importants » sans me prévenir et sans moi, alors que c’est mon poste… Et puis derrière, me dit de poursuivre l’encadrement, alors que j’ai loupé la 1ere étape importante…

Incohérent, n’est-ce pas ?

Oui, mais j’ai arrêté de chercher à comprendre pourquoi. Ce qui m’agace, c’est qu’il se positionne en « sauveur » et « donneur de service » alors que je ne lui ai rien demandé. Et qu’il suffisait qu’il me retransmette la demande pour que je m’en occupe.

Mais en réalité, il préfère le faire lui-même. Parce qu’il n’a pas confiance en toi. Ce n’est rien de personnel, il n’a confiance en personne. Pour lui, tout le monde à un moment ou un autre le déçoit, par son « incompétence » et pour l’absence de décision. Tu ne peux pas réussir à atteindre son niveau d’attente et de satisfaction. C’est impossible. Personne ne l’a jamais fait, ou s’il le pensait, il est déçu après coup, comme avec Sophie. Ce qui le rend méfiant. En réalité, il est en permanence frustré, car il veut atteindre un niveau d’idéal irréaliste. Ce qui le pousse à être contrôlant, à vouloir tout faire par lui-même, ou à défaut contrôler et prendre les décisions à la place des autres, pour s’assurer qu’elles soient les bonnes.

Tu n’as pas à te sentir dévalorisée ou incompétente face à lui. Car il te pousse à toujours plus, il veut toujours plus, il n’est jamais satisfait. Et il ne le sera jamais, ce dont il ne se rend pas compte, et ce qui va le mener face à de grosses déceptions envers lui-même. La faillite de la structure est inéluctable, que tu sois là ou pas. Cela aurait été quelqu’un d’autre à ta place, cela aurait été pareil, voir même plus rapide. Tu ne peux pas prendre sur toi la responsabilité et la culpabilité de ses échecs à lui.

Et surtout, tu dois apprendre à te détacher émotionnellement. Si tu ne veux pas partir et si tu culpabilises à être en arrêt maladie, c’est parce que tu as peur de le décevoir lui. Bien que tu ais la preuve de son manque de compétences dans certains domaines, de ces décisions parfois contestables, de son comportement colérique, tu te comportes avec lui comme avec un père. Tu ne veux pas le décevoir, à tout prix. Cela ne tient pas de la raison et de la logique, mais de l’émotionnel et des blessures non guéries que tu portes en toi.

Nous t’invitions à réfléchir en douceur sur ta relation avec ton père. C’est ce côté-là que tu devrais explorer avec la psychologue, si tu veux parvenir à surmonter ce blocage dans le cadre du travail. Tu ne peux pas exprimer pleinement tes compétences et ton potentiel, si tu reproduis des schémas type sauveur/victime, sauveur/bourreau, mais bien plus encore le schéma père/enfant. Tu réalises un transfert de blessures de la relation père/fille dans le cadre de tes relations à l’autorité.

C’est une réalité. Certes douloureuse et déstabilisante, mais une réalité à accepter avec douceur et gentillesse envers toi-même. Pourquoi répètes-tu ce schéma ? Qu’attends-tu de ce père dont tu cherches si avidement la reconnaissance et la fierté ? Pourquoi cette peur de la crise de colère ? D’être source de déception chez l’autre ?

C’est vraiment un travail difficile pour moi… C’est faire tomber de son piédestal mon propre père. Je sais qu’il n’est pas parfait. J’ai compris qu’il était impliqué dans un certain nombre de blocages sur ma féminité engendrés à l’adolescence. Mais en accepter encore d’autres… Comment croire qu’il peut m’aimer si fort et en même temps avoir provoqué tant de souffrances en moi ? Comment est-ce possible, comment est-ce seulement compatible ?

Alors admettre que ton père a commis des fautes envers toi revient à admettre qu’il ne t’aime pas ? Je ne te demande pas de réfléchir, mais seulement de laisser tes émotions sortir.

Oui, peut-être, je ne sais pas ! Comment pourrait-il m’avoir tant marquée et blessée sans en être conscient ? Ce n’est pas l’image que j’ai de lui. L’image que j’ai de lui, c’est que s’il savait combien il m’a fait du mal inconsciemment par ses comportements, il en serait absolument atterré, déprimé et il en culpabiliserait à mort. Il a un cœur tellement bon, qu’il serait incapable de se pardonner à lui-même… Je ne veux pas qu’il sache.

Alors tu cherches à le protéger lui ? En refusant d’admettre tes blessures, tu penses le préserver de la culpabilité et de la tristesse ?

Peut-être, on dirait… Pourtant, je ne suis pas obligée de lui dire… Je trouve ça extrême comme comportement : refuser inconsciemment d’admettre ses peurs et ses blessures par peur de faire souffrir la personne qui les a déclenchés…

Les méandres du mental sont complexes. Tant que tu ne les mets pas en lumière, il est difficile de les dépasser, et tu peux longtemps rester à errer et être perdue. Voilà pourquoi je suis intervenue. Maintenant que ce mécanisme est porté à ta conscience, je t’invite à l’explorer et le travailler avec ta psychologue. Elle saura t’aiguiller en douceur pour comprends son origine. Tâche de faire preuve d’ouverture et d’accepter de dépasser tes résistances sur le sujet.

Rappelle-toi que c’est pour toi-même que tu fais ce travail, et juste pour toi. Que c’est pour sourire et sentir le soleil briller, comme tu l’as dit. Tu n’as pas de compte à rendre, pas de peur des jugements à avoir. Le travail que tu fais est difficile, mais tu es courageuse. Il te faut croire un peu plus en toi. Tout doucement, pas à pas, « tu vas y arriver ». Tu es déjà sur le chemin, il est sous tes pas. Tu n’as nulle part où aller, tu y es déjà, tu as seulement à le réaliser…

Merci…

21 octobre 2016

 

Victime VS Bourreau dans les relations de travail

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Je suis choquée. Le médecin m’a mise en arrêt maladie, en laissant entendre que je faisais un trouble anxio-dépressif. Comment en suis-je arrivée là ? Je ne comprends plus rien à ce que me dit mon corps. Je suis épuisée, mais je me réveille la nuit et n’arrive pas à me rendormir. Mon corps est tendu, mais il est trop faible pour que je puisse évacuer la pression en faisant du sport.

Tout cela a commencé avec une bête crise d’endométriose. Comme d’habitude, de la fatigue, des douleurs aux ovaires, le système digestif bloqué, etc. Mais je me suis reposée, j’ai fait attention à mon alimentation, la crise aurait dû passer. Pourquoi ne passe-t-elle pas ?

Parce que j’ai trop tiré sur la corde physiquement, sans m’en rendre compte, pendant le mois dernier alors que je me sentais en forme et que j’ai repris le sport ? Parce que j’ai pris moins de soin à gérer mon hypersensibilité au quotidien, notamment à cause du travail ? Ou bien est-ce le stress et l’ambiance explosive au travail qui se répercute sur ma santé ?

Je ne comprends absolument rien… Tout allait mieux, j’étais en forme, j’avais repris le sport, j’avais le moral, j’avais recommencé à sortir et m’ouvrir aux autres. Et maintenant, me voilà à avoir une boule de stress au plexus, des crises d’angoisse sans raison, des envies de pleurer imprévisibles. Et le pire, un découragement total.

Qu’est-ce que j’ai mal fait ? Qu’est-ce que je peux faire pour moi-même, pour aller mieux ? Je veille pourtant à bien éviter le gluten, limiter la viande et le lactose. Je travaille à bien rester ancrée, à manger en conscience, à rester alignée. Je me couche pour avoir des nuits de 8 à 9h. J’ai arrêté de m’imposer des choses le we, j’en profite au feeling. Je parle de mes problèmes au travail avec ma psy, pour essayer de les surmonter.

J’ai bien compris que je me laisse trop atteindre au travail, par le stress de n’être payée que le 20 du mois suivant, par la mauvaise humeur de mon supérieur qui la décharge sur ses employés, par la mauvaise ambiance qui règne à cause des problèmes financiers, par l’absence totale de reconnaissance de mon travail, par la perte de sens de mon poste vu que rien n’avance sur le projet de débouchés commerciaux. A quoi bon accompagner et encourager les agriculteurs à planter, si à la fin ils ne peuvent pas commercialiser et retirer des fruits de leurs investissements ?

J’ai pu observer mon supérieur : par manque de gestion de ses émotions, mais aussi de son personnel, ainsi que des flux financiers, il met en place une situation invivable. Mais il est incapable de se remettre en question, j’ai essayé de lui parler, de lui faire comprendre que c’était très stressant de travailler dans une ambiance où l’on ne sait pas quand la personne va exploser de colère… Pour se défendre, et se dédouaner de la responsabilité de ses prises de décisions, il se place systématiquement en victime. « Mais tu comprends, c’est un tel qui n’a pas fait ceci… un tel a fait cela… ». Alors que pour nous autres employés, il joue vraiment un rôle de bourreau, qui pour certaines personnes de l’entreprise pourrait être comparé à du harcèlement moral. Finalement, le rôle de bourreau VS victime est vraiment subjectif, selon le regard et le ressenti de chaque personne.

Ainsi, si je décide de quitter l’entreprise, je sais que mon supérieur va se poser en victime : « elle part alors que je n’aurai personne pour la remplacer.. ; c’est sa faute si… » et me mettre dans le rôle du bourreau « c’est à cause de son départ que c’est la merde… ».

Pourtant, quelles solutions j’ai ? Je ne veux pas me positionner dans un rôle de victime.

C’est moi qui ai choisi d’accepter ce poste fixe, alors que j’avais pu voir que mon supérieur était colérique et qu’il défoulait ses émotions sur les autres. Je ne peux donc pas m’en plaindre outre mesure sur ce point là. J’ai appris à poser des limites et lui faire comprendre que s’il hurlait sur moi, il ne ferait que me braquer, que cela ne ferait rien avancer et que je n’hésiterais pas à partir à cause de ça. Alors oui, ça a marché. Il n’a quasiment plus haussé la voix directement envers moi et ne m’a plus jamais hurler dessus. Mais cela ne l’empêche pas d’essayer de se décharger de ses autres émotions sur moi : frustration, découragement, etc… J’ai beau essayer de ne pas compatir et de ne pas le conforter dans sa situation, de couper ses plaintes avec des questions professionnelles terre à terre, sur ce point-là, c’est râpé. Parce que j’aurais du instaurer cette distance émotionnelle dès le départ, comme avec ses crises de colère. Mais au début, je n’avais pas conscience de tout ça, et j’étais la bonne oreille qui écoute et compatis. Alors que tout ça, ce ne sont pas mes problèmes à moi, ce sont les siens à lui, ce sont ses choix de s’investir dans telle et telle et telle et telle structure qui font qu’il est débordé. Mais voilà, quand on veut être partout, tout savoir et tout contrôler, on se fait engloutir sous ce besoin de contrôle. Et l’égo ne veut pas lâcher le morceau, quitte à couler une structure plutôt que de laisser des personnes extérieures réussir là où il a échoué.

Ce que je dis peut ressembler à un jugement. Je l’interprète plutôt comme de l’observation, de ce que l’égo et le besoin de contrôle peuvent engendrer. Je ne le juge pas lui en tant qu’être humain : ça doit être horrible de se retrouver dans cette situation, car il y est enfoncé jusqu’au cou. Et vraiment, je n’aimerais pas être à sa place, j’arrive même par moment à compatir.

Est-ce que pour autant, je dois laisser cette réalité m’affecter au point d’en perdre la santé ? La réponse semble évidente : bien sûr que non ! La mettre en pratique, beaucoup moins. Comment puis-je faire pour m’extraire de cette situation ? Parce que mon objectif n’est pas non plus de plomber la structure. Avec les départs récents et prévus, on sera peu et je possède certaines maigres connaissances que personne d’autre n’a. Il faudrait donc que je les transfère : mais à qui ? Dès que je vais vouloir partir, je sais que mon supérieur va essayer de me retenir. Si je pars malgré tout, me harcèlera-t-il durant la durée de mon préavis comme mon patron précédent ? J’ai envie de partir, mais j’ai peur du comment et de la façon dont cela pourrait se passer.

Et avant même de décider d’une date de départ, ne faudrait-il pas que je sache ce que je fais par la suite ? Est-ce que je serre les dents et tiens jusqu’à la date objectif fixée avant de peut-être rentrer en métropole ? Ou est-ce que je cherche à changer de travail sur place, ou en métropole ?

Pour faire quoi ? Le problème se situe dans le fait que mon travail a perdu son sens à mes yeux. Même mes études et mon diplôme ont perdu leur sens. Je ne sais plus ce que je veux faire et je n’ai pas d’envie. Alors sans savoir comment avancer, il faut probablement que je reste sur place et que j’observe.

Il y a bien des choses que cette expérience doit certainement m’apprendre. Après tout, je n’ai pas dû m’attirer cette situation par hasard, surtout après mon travail précédent où j’étais déjà face à un supérieur tyrannique. Mais quoi ?

Que le besoin de contrôle rend tyrannique. Qu’une mauvaise gestion de ses émotions peut pourrir la vie des autres au travail. Qu’oublier de traiter l’aspect humain des employés ne les rend pas plus efficaces, au contraire. Que l’objectif d’atteindre un certain but ne justifie pas tous les moyens. Que se placer en position de victime en n’assumant pas ses responsabilités ne fait qu’aggraver la situation.

Tous ces écueils, je pourrais probablement tomber dedans si j’étais à la place de mon supérieur. Je sens que je peux avoir une tendance autoritaire, je sais que je peux parfois être trop fixée sur mon objectif et du coup devenir contrôlante. Je sais aussi que ma tendance à séparer vie privée et vie professionnelle peut me rendre parfois très maladroite sur le plan humain avec mes collègues, quel que soit leur niveau dans la hiérarchie, alors même que je suis très empathique dans ma vie personnelle. Je prends conscience que la gestion de mon hypersensibilité est un élément fondamental dans mon lien aux autres, pour ne pas me décharger de mes frustrations sur autrui et autres émotions négatives. Et même si je ne suis pas quelqu’un de colérique ni de violent, je ne veux pas que les futures personnes que je côtoierai aient la boule au ventre de peur ou de stress face à moi, la même  que je ressens face à mon supérieur actuel.

Je crois que la différence fondamentale entre mon supérieur et moi se situe dans la prise de conscience de ses différents éléments. Je ne pense pas que mon supérieur ait réellement conscience de l’impact qu’il a autour de lui dans son travail, que tout le monde a du mal à le supporter et à travailler avec lui. Il donne l’image que son comportement est tout à fait normal, que parfois il dérape « oups désolé… mais je suis humain ». Il se place même dans le rôle de sauveur par moment « si tu savais tous les sujets d’emmerde que je t’épargne » alors que ces sujets-là ne font simplement pas partis de mon poste et que ce sont ces problèmes à lui, via ses engagements dans d’autres structures. On dirait qu’il n’a simplement pas conscience d’être tyrannique, mauvais gestionnaire humain et financier, etc. Probablement parce qu’il ne se remet jamais en question (« c’est lui la victime, donc le problème ne vient pas de lui »), et que son égo est trop fort pour accepter les critiques extérieures ou les dialogues pour le pousser à revoir sa vision. Il ne les comprend simplement pas. Il ne peut pas les accueillir.

Je me demande quels sont mes écueils à moi ? Sur quels points mon égo est tellement fort que je m’illusionne, me place en position de victime et refuse les critiques constructives ? Pour être face à un tel miroir qu’est mon supérieur, il doit bien y avoir des choses qui font écho et qui sont là pour me faire avancer, non ? Quand je réfléchis à ça, je suis contente de faire un travail de cheminement spirituel, car celui-ci me pousse à prendre conscience de mes défauts, et par exemple à éviter de devenir comme lui.

Mais parfois, à force de soulever les défauts et les écueils, on perd la conscience des points positifs et constructifs. On peut oublier ce qui fait nos forces, et ne voir que la montagne à gravir. C’est dans ces moments-là que je me sens dans un désert plus que jamais. Quand je me rends compte que je suis aux pieds de ruines, et que je n’ai nulle direction (volonté) pour avancer, nulle envie pour simplement prendre soin de moi et créer un oasis. Alors j’ai le sentiment de tourner en rond. Je me demande ce qui me rend prisonnière des mirages négatifs du désert ? Ce qui m’empêche de trouver une oasis ? Suis-je seulement capable de créer une source ?

[PS : à ceux qui se poseraient la question de la référence au désert et à la source, je vous invite à lire cet article de Sylvie]

12 octobre 2016

Limitations physiques [relation au corps]

Artiste : AquaSixio

Artiste : AquaSixio

Je me sens bouleversée, par de multiples émotions, par des évènements de mon quotidien, qui viennent comme en échos ravivés mes blessures, mes doutes et mes questions. Je ressens le besoin d’écrire sur mon blog, comme hier, et non pas dans le cadre de mon journal intime, car cela dépasse la « simple » gestion de mon hypersensibilité au quotidien.

Lors de la dernière pleine lune et méditation mondiale de l’Utérus, j’ai émis auprès de l’univers l’intention de me libérer de mes limitations. De celles que je me suis posée à moi-même, inconsciemment, et qui m’empêchent d’être pleinement moi-même, de vivre épanouie, de profiter de la vie et de rayonner qui je suis, de façon simple et humble.

Autant dire que j’ai été servie, que mon âme m’a entendue et que l’univers m’amène toutes les situations nécessaires pour les prises de conscience demandées. J’ai toujours entendu dire « méfie-toi de que tu souhaites, car cela pourrait vraiment arriver ». Je ne m’attendais pas à ce que ce travail sur moi-même soit plaisant, ni même réalisé en un claquement de doigt. Mais voilà, ce cycle de lune n’en finit pas, ni même les prises de conscience balancées en pleine figure.

Cela a commencé par les prises de conscience sur les limitations physiques imposées à mon corps. A cause de ma maladie, à cause de la fatigue, à cause de mon asthme, à cause de mes problèmes de bassins et de genoux, je me suis auto-interdit de faire ceci et cela. Je me suis moi-même décrétée non sportive et incapable de faire telles randonnées, etc… Je n’ai jamais osé reprendre la danse, car j’avais arrêté à cause de mes problèmes de genoux. Je n’osais pas aller sur le terrain dans le cadre du travail, à cause de la peur de ma fatigue chronique. Je n’ai pas voulu m’inscrire à un cours de sport, car j’avais peur d’être incapable de suivre les cours de façon régulière à cause de ma maladie. Je n’ai jamais voulu m’inscrire à des randonnées de groupe, de peur d’être incapable de suivre le rythme à cause des douleurs à mon ventre. Et ceci, et cela…

Mais que veut réellement mon corps ? N’a-t-il pas envie de bouger, de s’exprimer, de ressentir les efforts musculaires et le bien être qui suit une activité physique ? Est-il si fragile qu’il risque de se casser au moindre effort ? Ma maladie est-elle réellement un handicap m’empêchant de pratiquer une activité physique régulière ? Ou n’est-ce pas moi-même qui me mets des barrières mentales, qui n’ose pas ? Alors certes, je ne serai jamais une championne athlétique, je ne pourrai jamais pratiquer certains sports trop violents pour mes genoux. Mais mon endurance et ma capacité respiratoire seront toujours une limite, si je ne travaille pas à les développer progressivement avec une activité. Qu’est ce qui m’empêche de reprendre la natation et la danse, d’essayer pour me donner une chance ? Rien !

Cela fait plusieurs mois que je me suis dit que je voulais reprendre le sport (j’en parlais dans cet article : Danser). J’ai cherché de ci, de là, voulu essayer un cours de Taichi, jamais réussi à trouver le temps, ou quelque chose qui m’interpellait assez. J’avais envie de reprendre la danse, mais aucune des écoles aux alentours ne m’interpellait… J’ai laissé trainer, la rentrée scolaire est déjà passée depuis presque un mois ici, je me disais que c’était raté pour ce semestre ci…

Et puis hier, j’ai assisté à ce spectacle de rue, sur un coup de tête, ou bien une intuition, je ne sais pas. Cette artiste présentait un mélange de danse, d’improvisation, de spectacle sur le thème de « qu’est-ce que c’est une fille ? ». Et plusieurs fois j’ai été profondément émue.

Elle nous a posé la question à tous « qu’est-ce que tu veux faire plus tard dans la vie ? » et a demandé à chacun, adultes et enfants, de venir l’écrire à la craie dans un grand cercle. Et j’ai regardé, bouleversée, les autres écrire leur rêve, enthousiastes, en me demandant qu’elle pouvait bien être le mien. Jusqu’à ce qu’on me tende une craie à moi aussi, et que je me lève, incertaine… Je ne savais pas quoi faire de ma craie, au milieu de ces inconnus. Oserais-je écrire mon rêve profond face au monde, sans avoir peur du jugement ? Oserais-je dire ce que je rêve et que je cache à mon entourage professionnel ? Oserais-je mettre des mots sur cette fantaisie, si loin de mon travail actuel ?

Une part de moi avait envie d’écrire « guérisseuse », mais je n’ai pas osé, alors j’ai simplement écrit « herboriste » sans être convaincue. Je ne sais pas pourquoi cette idée m’est venue, car vraiment ce n’est pas un objectif pour moi. Je ne crois pas que l’on décide de « devenir guérisseuse et sage » comme dans les tribus chamaniques. Je pense que c’est la vie, par ses méandres et ses expériences qui nous façonnent ainsi, malgré nous. La Vie, ou l’Univers, ou le nom que vous voulez lui donner. Et si je traverse bien des méandres et un long désert en ce moment, je n’ai pas la prétention qu’un jour je sois assez sage et forte pour soigner les autres. Si déjà j’arrivais à me soigner moi, au moins partiellement, alors cela me suffirait. En attendant, je trace mon chemin dans le flou, en faisant du mieux que je peux, et sans savoir où je vais.

Mais cette artiste ne m’a pas seulement touché par ses mots et ses idéaux, celui de croire en ses rêves, peu importe que l’on soit une fille et que l’on rêve de devenir chevalier, peu importe qu’on soit petit ou grand. Elle m’a aussi touché par sa grâce et la maitrise de son corps lors d’une danse où elle imitait une danseuse automate, avec à la fois précision et grâce, force et subtilité. En semblant ne faire qu’un avec son propre corps et son esprit. Et je me suis dit… si seulement je pouvais être capable de danser comme cela avec mon corps à moi…

Quelle  n’a pas été ma surprise de découvrir à la fin du spectacle, que cette compagnie, qui vient d’être créée propose diverses activités, dont des cours de danse contemporaine ! Avec des horaires compatibles au mien ! Je crois que ça y est, le voilà le cours de danse que je cherchais… Avec patience, tout vient à point.

Et pour la première fois depuis presque 10 ans, je vais reprendre le chemin de la salle de danse… Espérons que la redécouverte sera heureuse.

11 septembre 2016

Transformations

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Cela fait un moment que je n’ai pas écrit sur mon blog. J’en avais l’envie et puis je n’arrivais jamais à trouver le temps et l’énergie pour rester derrière mon clavier. Les choses ont pas mal changé pour moi depuis mon départ en vacances et mon retour à la Réunion. Beaucoup de retrouvailles, de moments en famille, de discussions, de prises de conscience, de rencontres aussi. Beaucoup de transformation. Je me suis vue changée depuis la dernière fois que j’avais les pieds sur le sol de la métropole. Cette période loin de mon bout de caillou m’a aussi permis de prendre du recul sur mon quotidien, sur ma situation engluée dans ma maladie (endométriose), mon travail qui ne me satisfait pas. Mais ce temps m’a aussi permis de concrétiser tous les changements pour lesquels j’ai travaillé cette année.

Ainsi j’ai changé de coupe de cheveux, de lunette, j’ai renouvelé ma garde-robe. Cela peut paraitre superficiel, mais en réalité, les changements d’apparence extérieurs sont toujours le signe d’une évolution intérieure et ce n’est jamais anodin. Alors oui, de grands changements. J’ai fait le pas de prendre des lunettes colorés et rondes, à des années lumières de ce que j’aurais imaginé choisir et oser porter avant. Ma vision évolue vers plus de douceur, plus de légèreté et plus de féminité, comme mes lunettes. Ma coupe de cheveux aussi, j’ai décidé d’assumer mes boucles, qui sont sur-boosté à cause de mon traitement hormonal. De façon ironique, je n’ai jamais aimé les cheveux bouclés sur moi, j’ai toujours trouvé ça vieillot, ça me faisait penser à ma grand-mère. Mais je dois bien admettre que cela met mes cheveux en valeur et adoucit la forme de mon visage. J’apprends donc à assumer.

Il aura donc fallu tout ce temps pour que les transformations intérieures que j’ai vécues à la Réunion s’expriment extérieurement ! Qui l’aurait cru ? Définitivement, prendre de la distance, physique et psychologique, permet d’intégrer plein de choses et de mieux en comprendre certaines. Ironiquement, j’aurais pensé les partager au fur et à mesure sur mon blog, mais certaines choses doivent être vécues parfois tranquillement sans revenir dessus, analyser, disséquer, mettre des mots.

Et mon maître mot a été de profiter, simplement, de l’instant, de mes amis, de ma famille. De tous ces gens que j’aime infiniment et que je n’avais pas vus depuis si longtemps. De profiter et de prendre soin de moi, malgré le mouvement constant, les changements et l’environnement extérieur pas forcément familier. Car j’ai été malade de mon endométriose à plusieurs reprises et pas forcément très en forme tout du long. Mais je l’ai pris avec douceur. C’était aussi l’opportunité d’affirmer mes besoins, celui de me reposer, de faire des siestes, de manger différemment (sans gluten !), de rester au chaud, ou de simplement marcher à mon rythme. Ce dernier point peut paraitre bête et pourtant ! Avec mes ovaires gonflés et douloureux, marcher s’avère parfois me donner la sensation d’avoir des boules de bowling dans le ventre qui jouent avec mes autres organes. Alors je marche TRES lentement, parce que sinon c’est douloureux. Or dans ma vie, j’ai toujours eu l’habitude d’adapter mon rythme de marche à celui des personnes avec qui j’étais. Par exemple mes amis belges marchent assez vite. J’ai dû apprendre à écouter mon corps et ne plus me laisser porter sans le prendre en considération, apprendre à dire « hé, vous marchez trop vite pour moi, j’ai mal au ventre ». Un petit pas important pour moi. Comme apprendre à dire non quand on me propose quelque chose avec du gluten, même si c’est chose a été faite exprès pour moi.

Je ne m’étais jamais rendue compte à quel point j’étais « plastique », combien je m’adaptais aux autres, à leur rythme, à leur alimentation, à leurs envies etc… Quand je suis avec d’autres personnes, j’ai vraiment tendance à « m’effacer », les besoins de mon corps s’effacent, je ne les entends plus, mes envies non plus. Cela m’a toujours créé des problèmes, car après, quand je me retrouvais seule, mon corps se rappelait à moi et me faisait payer les pots cassés, tout comme mes émotions et mon moral. Je n’avais jamais compris que ces « symptômes » étaient en fait l’expression de mon hypersensibilité, couplée à mon empathie. Car finalement, le problème n’est pas seulement d’être submergée par les émotions des autres, mais tout simplement par leurs énergies. Au point d’en oublier les miennes, celles de mon corps, mes besoins et mes envies. La prise de conscience a été claire et en ça, elle a beaucoup été aidée par les articles de Camille Fraise, comme j’en parle ici :  L’histoire de mon hypersensibilité

Alors que faire ? J’ai décidé de me prendre en main, même si c’est le travail d’une vie entière. Accepter mon hypersensibilité doublée de mon empathie. Rien que le prendre en compte et l’anticiper peut changer la donne. Je comprends que je suis trop sensible aux énergies des gens mais aussi des lieux. Que celles de mon travail me plombent. Que celle de mon appartement aussi. Alors je veux changer ça. La première étape a été évidemment de ranger et de nettoyer, mais ça je le fais régulièrement. La deuxième a été de me trouver des alliés. Je me suis mise à chercher des plantes qui m’aideraient à transmuter les énergies lourdes, pour chez moi, mais aussi au travail. Couplée à des cristaux, parce que « Yeah, merci Camille Fraise » ça envoie de la balle au niveau des énergies !

J’ai décidé aussi qu’un certain nombre de « poids émotionnels » au travail n’étaient plus mon problème. Je ne veux plus être le défouloir de mon supérieur, ses émotions ne me concernent pas et la coordination et la prise de décision sont sa responsabilité à lui. Je veux bien être empathe et compatissante, à un moment, quand cela me bouffe, il faut que j’apprenne à poser des limites. Je vais donc travailler sur ça.

Et puis, je me suis instaurée une routine. Celle d’écrire systématiquement dans mon journal tous les soirs. Un petit moment rituel que je m’offre à moi-même. Au début c’était difficile, maintenant j’en écris des tartines. Cela me permet plusieurs choses :

  • Me décharger des émotions qui me pèsent en écrivant dessus. Quand j’ai fait face à une émotion qui m’a déstabilisée et déclenchée un tsunami émotionnel ingérable, j’essaye de revenir dessus, de comprendre la source, le pourquoi, qui, quel émotion, comme proposé par Camille Fraise ici : Hypersensibilité et filtres.
  • Prendre du recul sur ma journée, relativiser les choses, voir ce qu’elles m’ont apporté de nouveau, ce qu’elles évoquent en moi, comment cela résonne. C’est aussi un bon moyen d’apprendre à me connaître.
  • Souligner le positif dans ma journée. Apprendre à voir les choses de façon plus heureuse et optimiste. Parce que j’ai tendance à voir le verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein. Mais, hé ! Si vous êtes comme ça aussi, sachez qu’il parait que c’est un fonctionnement normal et primitif du cerveau humain, qui avait tendance à enregistrer tous les évènements négatifs (dangers) que positifs pour assurer sa survie dans la cambrousse. Bonne nouvelle, on peut rééduquer son cerveau en créant des associations neuronales positives ! Je dois donc avoir un cerveau très primitif… lol !

Bref, tout ça pourquoi ? Et bien ma raison d’écrire ici a elle aussi évolué. Avant, j’écrivais surtout pour me décharger d’émotions et les transformer en une expérience à partager. Ce qui pouvait peut-être être pesant à lire pour certains ? Je ne sais pas à vrai dire. Dans tous les cas, mon journal remplit très bien cet office maintenant, et c’est vraiment mon nouvel ami. Je peux donc dédier cet espace à une nouvelle fonction. J’ai réfléchi à ça, me demandant toujours « pourquoi j’écris ici ? Pourquoi je le partage ? » Et bien, tout d’abord, j’aime écrire. Ensuite, j’aime être lue. Et j’adore encore plus quand cela crée un échange avec d’autres personnes. J’ai reçu des commentaires qui sont pour certains de vrais perles, et ont changé ma façon de penser, mes connaissances et ma vision sur certaines choses. Je pense par exemple à ce magnifique commentaire de Bluebird sur la « construction de son royaume intérieur » (ici : L’histoire de mon hypersensibilité) plutôt que le but d’être heureuse. C’est génial, et à chaque fois cela me touche, m’enrichit et me nourrit le cœur. Je ressens beaucoup de gratitude pour cela. Merci à vous qui me lisez et partagez vos réactions !

Alors je me suis dit que j’allais continuer à explorer ici ma spiritualité. J’ai des tas de questions qui ont émergées durant mes rencontres, mes discussions, mes retrouvailles. Des tas à explorer pour me connaître mieux, et partager une vision parmi tant d’autres, la mienne, qui n’a à offrir de modeste qu’un aperçu parmi la richesse d’une multitude. Mais, hey, si on était tous pareils, où serait l’intérêt ?

Alors, à venir, selon mes envies : quel lien entre plantes et spiritualité ? Quelle place pour la conscience des plantes dans notre société ? Comment changer de regard sur son quotidien ? Que faire quand on se rend compte qu’on veut changer de vie ? En quoi mon endométriose me rend-elle différente ? Quel lien entre hypersensibilité et médiumnité ? Quel lien entre mon endométriose et ma médiumnité ? Quels ont été les facteurs déclenchant pour les deux ? Comment la guérison sur soi par rapport à un tiers affecte ce tiers aussi ? Comment développer sa foi dans la guidance divine ? Et bien d’autres…

31 juillet 2016

Manger sans gluten [endométriose]

Artiste : Eaphonia

Artiste : Eaphonia

Je comprends mieux pourquoi j’étais si émotive hier : à cause de mes hormones. Parce que j’ai commencé à avoir mes règles ce matin, alors que mon traitement hormonal pour l’endométriose est supposé suspendre l’activité de mes ovaires et arrêter les lunes. Je déteste ça, à chaque fois j’ai l’impression de me faire avoir par surprise, de ne pas voir venir le coup, puisque je ne suis pas censée les avoir. Je n’arrive pas à savoir si c’est que mon traitement ne marche pas, ou si c’est que mon corps physique a besoin de réaliser un nettoyage énergétique. Puisque les lunes féminines sont très puissantes et entrainent un réel renouvellement des énergies autour du corps. Certains disent même que c’est le moment du cycle où les femmes possèdent le plus de puissance magique. Les amérindiens disent également qu’une femme en cours de lune est pure, et qu’elle n’a alors pas besoin de se purifier à la sauge, comme les autres femmes, avant un rituel.

Du coup, je ne sais pas, je note juste la synchronicité avec la nouvelle lune de demain, qui appelle elle aussi au renouvellement des énergies et au bannissement de ce qui n’est plus utile. Et j’ai constaté que mon anniversaire va également tomber en plein jour de nouvelle lune… Je me demande si cela a une signification particulière. En tout cas, je comprends mieux ma « crise d’endométriose » qui finalement n’est qu’une version allégée mais étendue dans le temps des symptômes que j’avais avant mes règles et avant de commencer mon traitement pour l’endométriose.

C’est d’ailleurs rigolo de voir la synchronicité de la journée : une amie m’a appelé pour me dire qu’on lui avait parlé d’un très bon médecin, capable de donner des conseils d’hygiène de vie très efficaces pour lutter contre l’endométriose. Elle a entendu parler d’elle dans le cadre d’une alimentation sans gluten. Je crois que le message est clair… Il faut vraiment que j’arrête de manger du gluten…

Quelque part, je crois que je le savais inconsciemment depuis un certain nombre d’année. Mais je ne voulais pas m’avouer que mon ressenti intérieur diffus pouvait être vrai, parce que j’aimais trop le pain et les gâteaux achetés à la boulangerie… Je disais que je n’avais pas la force de tester un régime sans gluten pendant 3 mois pour voir les effets, sans avoir un avis médical me prouvant l’intérêt d’un tel test. J’avais même considéré faire des tests sur l’intolérance au gluten, au lactose… Mais c’est toujours resté du domaine de la réflexion. Parce que j’avais mes habitudes, mes contraintes quotidiennes.

Et puis les choses ont changé à la Réunion. Quand je me suis trouvée longuement malade à tourner en rond chez moi. A être frustrée de ne pas avoir les outils qu’il fallait pour cuisiner. Du coup, quand je les ai eu, tester le sans gluten ne me semblait plus une si grosse contrainte, maintenant qu’au moins je pouvais faire cuire un gâteau ! Et puis j’étais libérée de l’habitude alimentaire familiale, de pain frais agité sous mon nez, auquel je n’arrivais jamais à résister.

Alors que je vais retourner d’ici peu dans ma famille pour des vacances, cela va être un vrai défi de ne pas succomber à la tentation du pain et de respecter cette restriction. Alors j’ai pris la décision de prévenir mes amis, et d’en reparler à mes parents. D’essayer de prévoir le coup. Le plus difficile sera de ne pas céder à la tentation, devant une boulangerie, dans un resto, quand je verrais mes amis enfournés des kebabs. Parce qu’il n’y a jamais rien de pire comme tentation que ce que l’on sait ne pas devoir manger et en avoir en face de soi.

Heureusement quand même que l’on trouve plein de recettes. Et que Sylvie parle aussi de ces intolérances, de ces recettes de cuisine et qu’elle m’a prouvée et convaincue qu’on pouvait rester gourmande tout en ne mangeant pas de gluten. Le défi pour moi est maintenant de mobiliser la volonté nécessaire. Parce que ça demande quand même plus d’effort, de devoir cuisiner son petit dej plutôt que de juste acheter des biscottes. Je ne suis pas encore très bonne pour ça. Les périodes où j’ai le moral et la pêche, j’y arrive bien, mais c’est souvent justement quand je suis malade que je n’ai pas l’énergie ni la motivation pour cuisiner.

Et évidemment, les ateliers de cuisine crudivore et les manifestations régionales de mon association contre l’endométriose ont lieu en juin pendant mes vacances en métropole ! Le timing n’est pas terrible. Surtout que je vais arriver au milieu des grèves, des inondations et des manifestations… J’essaye de ne pas y penser, parce que je n’ai aucun pouvoir dessus, mais cela ne me rend pas sereine pour mes multiples voyages.

Et si tu ne peux pas prendre tes trains, tu feras quoi ?

Et bien j’essayerai de rentrer chez mes parents et je me reposerais.

Tu aurais peut-être dû prévoir ça depuis le début.

Je verrai en fonction de l’état de mon corps. Si vraiment ce n’est pas jouable, je m’adapterai.

Tu crois ? Tu ne vas pas plutôt avoir tendance à persister et à t’épuiser ?

Et bien j’espère que si c’est le cas, vous m’enverrez un rêve clair et percutant me le faisant comprendre et me rappelant cette conversation. Je sais que les vacances sont faites pour se reposer, se changer les idées et en profiter. Je vais essayer de garder ça en tête. Je sais aussi que dès que j’ai des trajets en train, des transits en transports publics, cela me stresse et m’angoisse, et que je m’épuise moi-même toute seule. Je vais tenter d’éviter ça. J’espère que mes proches seront là aussi pour m’aider.

Une de mes amies m’a proposé de venir me chercher en voiture pour éviter le métro chargée comme une mule. Cela m’a fait très plaisir et me soulage aussi beaucoup parce que j’appréhendais vraiment ça avec deux grosses valises et après une nuit en avion, plus le décalage horaire. Et puis je ne sais pas dans quel état je vais être. J’ai déjà eu mes « règles » pendant un mois entier en début d’année, ça peut durer quelques jours comme des semaines. J’ai peur de ne même pas être capable de pousser mes valises… ça craint un max. Comment je fais si je ne suis pas en état de voyager à la date de mon avion ? Me bourrer de médoc et faire comme si ? Je ne peux pas décaler ce billet d’avion et je ne veux pas rester coincée ici. J’ai besoin de voir ma famille et mes amis. De rentrer un peu.

Pourquoi ça ?

Parce que je me sens seule ici, isolée, dans un grand désert affectif. J’ai envie de voir des gens pour qui je compte et qui se soucient de moi. J’espère découvrir qu’ils se soucient aussi de mon bien être et qu’ils prendront en compte ma maladie et ses conséquences. J’en ai déjà discuté un peu auprès de ma famille. J’ai eu le plaisir de voir que ma grand-mère s’est renseignée sur ma maladie, que ma tante m’a envoyé un article sur les farines sans gluten. Que ma meilleure amie m’a donné des conseils sur des blogs de cuisine. Que ma mère a acheté des pâtes sans gluten (même si je ne suis pas sûre que ce soit très bon, lol, je n’ai pas encore testé). Tout ça, ça m’a touché.

Je n’ai pas envie de me placer dans une position de « malade » et de victime à plaindre. Mais j’ai besoin que mes proches le prennent en compte et fassent un effort de compréhension et d’adaptation. Ce soir, en partant de l’atelier, j’avais envie de  manger de la pizza. Puis j’ai laissé tomber l’idée en pensant au gluten. Je me demande si mon père serait prêt à adapter la recette de sa traditionnelle pizza du samedi pour que je puisse en manger ? Au moins, j’ai une idée de l’alternative que je peux proposer à mes amis pour aller au resto : le japonais et les sushis ! Ils aiment ça et moi aussi ! Et là, pas de risque de gluten !

Bon allez, si je suis courageuse, demain je ferais ce cake sucré sans gluten… Mais il faut vraiment que j’étende mon répertoire de recettes.

4 juin 2016

Carences…

Artiste : Eaphonia

Artiste : Eaphonia

C’est le premier jour de la semaine où, ça y est, je peux enfin me poser pour écrire. Entre le kiné, les courses et le boulot, quand je prenais le temps de m’assoir, d’allumer ma bougie et de souffler, la seule chose qui me venait n’était pas l’inspiration pour écrire mais le cri de mon corps pour du sommeil. Je suppose que c’est une autre de ces semaines où j’ai une « crise d’endométriose ». J’arrive de plus en plus à les reconnaitre : épuisement malgré des longues nuits de sommeil (car entrecoupée par les douleurs au dos ou les problèmes de vessie), fatigue mentale (cerveau qui tourne au ralenti), migraines, bouffées de chaleur et sensation de fièvre persistante à partir du milieu de journée, mal à la gorge, ventre gonflé, transit intestinal presque à l’arrêt, douleurs au dos, besoin de sieste le midi et le soir en rentrant.

C’est parfois long de comprendre et rassembler les symptômes, et il faut du temps pour observer que cela se répète de façon cyclique. A chaque fois, je me dis « mais mince, j’ai attrapé froid ? » ou « c’est le stress du boulot ». Mais en fait non. En revanche, je n’arrive toujours pas identifier ces « crises » qui se déclenchent à intervalle irrégulier, peuvent durer 2 semaines comme un mois. J’espère que cette fois ci, ce ne sera pas trop long, parce que je n’ai pas envie d’être malade pendant mes vacances !!

Alors ralentis le rythme et écoute ton corps.

J’essaye, j’y arrive à peu près pour le besoin de sommeil et de repos. Mais pas pour l’alimentation. J’ai l’impression que mon ventre me dit « stop » quand ma bouche me hurle « j’ai faim ». Et j’ai tout le temps faim en ce moment. Même si je suspecte que c’est plus une fin émotionnelle que physique. Ça y est, je me suis remise à manger du chocolat à gogo, des gâteaux, du sucré. Bref de la douceur, parce qu’une part de moi se sent en manque émotionnel. Là où je suis surprise, c’est que cela ne revienne que 7 à 8 mois après la rupture. Avant d’être en couple, c’était pareil, et puis petit à petit, je me suis mise naturellement à ne plus avoir envie de sucré et a arrêté d’en manger par « besoin ». Ce décalage dans le temps m’étonne, j’aurais pensé ressentir ce besoin bien plus vite.

Parce qu’une part inconsciente de toi ne tend plus vers ton ex pour compenser tes besoins.

Ça veut dire quoi ? Que pendant tout ce temps je restais liée à lui par un lien énergétique inconscient ? Cette pensée est dérangeante. Enfin ce qui le serait encore plus c’est de savoir pourquoi cela s’est coupé brusquement… Je n’ai pas envie de réfléchir à ce que cela implique. Je pense déjà bien trop à lui… Et j’aimerai bien que ça s’arrête. Je n’en peux plus d’avoir cette petit flamme d’espoir au fond de moi. De rêver de lui, de symbole de mariage, etc. J’ai compris avec l’étude de mon thème astro que le travail par le couple n’était la « priorité de mon âme », qu’elle portait ailleurs. Et que les couples qui me convenaient étaient plutôt des oasis, me permettant d’avoir une certaine autonomie et liberté tout en ayant des sentiments profonds.

Mais voilà, cela n’arrivera pas tous les quatre matins. Déjà parce que je n’ai pas envie de m’infliger à moi-même, encore et encore, la même histoire et la même souffrance, en sachant qu’une partie de la faille est en moi. Je préfère apprendre à la colmater avant de remettre le couvert, lol.

Enfin bref, toute la semaine j’ai eu envie d’écrire ici sur un tas de sujet. J’ai eu des tas de petites prises de conscience, je voulais en discuter avec mes guides, approfondir, mais la fatigue de mon corps ne me l’a pas permis. Alors j’ai laissé filer. Comme tous ces rêves très précis et perturbant que je fais. J’aimerais bien avoir de l’aide  pour interpréter ! Parce que franchement… Expliquez-moi pourquoi je dis « ok, utilisez svp les symboles des fleurs, arbres, animaux etc… dans mes rêves pour m’aider à comprendre » et je tombe sur les trucs qu’évidemment il n’y a pas dans les listes. Genre une rose couleur rose fuchsia pétant. Je n’ai pas compris un tiers de mes rêves, alors que pour une fois je m’en souvenais clairement. Parfois le sens du rêve est évident, c’est assez facile à interpréter en cherchant les symboles et en assemblant. Mais là… je n’arrive même pas à identifier le type de rêve, s’il est spirituel, exutoire ou autre… Alors j’essaye de ne pas forcer. Mais c’est exaspérant, comme la fatigue qui est en train de me tomber dessus alors qu’il n’est que 20h. Déjà ? Et ma discussion avec mes guides ?

Tu n’es pas en état. Va dormir, de toute façon nous serons dans tes rêves.

Dans mes rêves ? J’aimerais bien pouvoir vous y reconnaitre. Vous ne pourriez pas porter un signe distinctif ? Genre une écharpe ou un chapeau rouge ? Des choses qui m’aident à comprendre et reconnaitre au réveil ? Parce que j’aurai besoin d’encouragement là. Je me sens mal. Je n’arrive même plus à me réveiller sans laisser sonner mon réveil 45min. Le médecin m’a dit que cela pouvait s’expliquer par la carence en vitamine B12.

J’ai l’impression que je n’en ferais jamais le tour ! Fer, vitamine D, vitamine B12. Il y a toujours une carence qui surgit après l’autre ! Je suis découragée. Comment suis-je censée prendre soin de moi face à ça ? Je ne peux pas passer ma vie chez le médecin, chez le kiné… Et je suis fatiguée de retrouver des conséquences de mon endométriose partout, au niveau du dos et des nerfs, du système digestif, du sommeil, de la forme de mon corps…

Est-ce que tu manges plus de viande qu’avant ?

Pas vraiment, au contraire.

Mais le médecin a dit que ton niveau de ferritine était très élevé, plus que jamais. Or tu n’as pas pris de traitement de fer depuis longtemps. C’est donc que tu l’assimiles mieux. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu as beaucoup réduit la quantité de gluten que tu manges depuis plusieurs mois. Ne penses pas que cela n’a pas d’effet et ne te décourages pas. T’autoriser de petits écarts ponctuels n’est pas une mauvaise chose, puisque tu n’es pas strictement intolérante, mais que tu le digères mal et que l’excès sature tes intestins. En revanche, ne te laisses pas aller à cause de la déprime et de la recherche de compensation en nourriture. Si tu as besoin de sucré à n’en plus finir, plutôt que de t’acheter des gâteaux industriels en te disant « c’est bon, je peux faire une exception, je n’ai vraiment pas le moral », prends le temps de cuisiner pour toi. Car en ce moment l’exception devient la règle. Ne repars pas dans de mauvaises habitudes.

Oui mais avant quand j’avais envie de sucré et bien je mangeais des fruits, notamment plein de mangues et des litchis !! Mais en ce moment, c’est l’hiver, il n’y a pas grand-chose… Les agrumes ne sont pas encore arrivés et je me lasse des bananes figues. J’ai même l’impression que mon estomac n’en veut plus ! Je ne sais plus trop quoi manger à vrai dire. L’attrait des nouvelles recettes sans gluten s’est estompé et voilà que cuisiner redevient une corvée… Que j’en ai marre de manger des « cracottes » de riz et maïs à la place du pain… Bref, j’ai faim, mais je suis frustrée car je n’arrive pas à trouver des choses qui sont à la fois bonnes pour mon corps et me font envie… Alors je me rabats sur des alternatives pas très saines.

Pourquoi te dire « tant pis » et manger des choses que tu sais problématiques pour ton corps ?

Parce que je n’ai plus d’énergie. Pas l’énergie de me battre, de faire tous ces efforts, de cuisiner. J’ai juste envie de dormir, pas de cuisiner. Mais le sommeil ne comble pas l’appétit, c’est bien dommage ! J’essaye pourtant de faire d’autres efforts pour mon corps. De me coucher tôt, de m’autoriser à faire la sieste si j’en ai besoin, de faire mes exercices de kiné. J’ai même acheté une nouvelle tenue de sport parce que j’ai pris la décision de m’y remettre à mon retour de congés.

Et pourquoi l’avoir acheté maintenant alors que tu sais que les cours ne reprendront probablement qu’à la rentrée scolaire ?

Parce que j’en sentais l’urgence, je voulais acter ma décision. A défaut de pouvoir commencer tout de suite, j’ai quand même quelque chose pour ancrer cette décision et m’en rappeler. Je ne veux pas faire comme l’an passé. Chercher, faire quelques cours d’essais puis ne rien choisir. Je trouve que c’est compliqué de trouver… Et puis je ne sais pas trop vers quoi me diriger. Il me faut quelque chose de doux, à cause de mon endométriose, mais quand même avec du mouvement, parce que ça aide à déconnecter le mental. Et j’ai aussi besoin que ça me plaise pour réussir à persévérer les 3 premiers mois, le temps de « rentrer dedans » et que le corps s’habitue et apprécie l’effort réalisé. Maintenant que j’ai fait du taïchi chuan, je trouve le yoga trop statique. Mais je réfléchis à l’idée de me remettre à la danse, parce que j’aimais vraiment ça et j’avais dû arrêter à cause de mes douleurs articulaires. Maintenant que mes hormones sont « sous contrôle » j’espère que je n’aurais plus ce problème là… Je n’arrive pas à cerner quel sport serait le mieux pour moi. C’est vrai que j’aime bien ceux où il y a un travail sur le souffle et l’énergétique, mais en même temps ce n’est pas fun comme la danse, et aussi valorisant en terme de silhouette et d’image de soi.

Je me souviens que j’aimais bien mon corps à l’époque où je faisais pas mal de danse, cela m’aidait à bien le connaitre, dans ses formes visuelles, dans son ressenti, dans la sensation des efforts, des étirements, dans la précision des gestes et le rendu des chorégraphies. Je n’étais pas mauvaise à l’époque. Maintenant je serais surement très pataude, et cela me fait un peu peur. Est-ce que je ne risque pas de dégrader mon image en voyant que je ne suis plus capable de suivre, d’avoir des mouvement précis et bien placé ?

Tu es trop exigeante avec toi-même, trop perfectionniste, même dans tes loisirs. Tu devrais lâcher du mou et te concentrer sur le fun. L’important c’est de t’amuser, de ressentir pleinement ton corps, de lui faire du bien. Tu devrais essayer l’école de danse près de ton travail et de ton kiné. Parce que c’est pratique et que tu pourrais avoir de bonnes surprises. Et puis te laisser du temps, tu ne peux pas avoir le niveau que tu souhaiterais en n’ayant pas pratiqué pendant presque 10 ans !

Oui je sais… toujours plus facile à dire qu’à faire. J’ai bien compris qu’il fallait que j’arrête de me cacher derrière des excuses comme « mais je n’ai pas le temps avec le travail, et puis j’ai des horaires trop aléatoires ».

Tu peux essayer de trouver un cours le vendredi soir, en général tu n’es pas sur le terrain. Pas trop tôt comme ça tu te laisses de la marge en cas de réunion, déplacement ou autre. Et puis si tu finis à l’heure rien ne t’empêche d’aller à la bibliothèque en attendant. Ce jour-là, il n’y a pas de créneau atelier créatif, que les stages. C’est parfait pour se changer les idées et de délasser avant le we, qu’en penses-tu ?

Oui, j’y ai déjà réfléchi, c’est le meilleur compromis je trouve. Même s’il faudra me motiver au début pour y aller avec la fatigue de la semaine…

Mais tu verras que très vite ce sera un plaisir. Et puis faire ce projet maintenant, c’est aussi te donner des envies de rentrer.

Oui, rentrer de métropole et retourner à ma vie sur l’île… Je me demande si je vais toujours le vivre « comme une corvée » parce qu’en fait, c’est surtout synonyme d’éloignement à la famille et de solitude. Un peu comme une forme de retraite spirituelle finalement. Une opportunité d’évoluer, d’avoir des prises de conscience, d’avancer vers ma guérison. Mais au prix du sacrifice d’un certain nombre de choses : la famille, les amis, la maison, mes lieux de ressourcement habituels, mon environnement culturel, etc. Finalement au prix de mon couple aussi, puisque quelque part c’était une limitation dans mes libertés et surtout dans la pression que je me mettais moi-même pour sauver certains aspects de mon couple…

Parfois je suis lassée d’avancer tant à l’aveugle, de ne pas ressentir clairement ma reliance au divin pour me guider et me soutenir. De ne pas savoir à quoi tout ça rime et ce qu’il y a au bout du chemin. Pourquoi avancer quand on n’a pas de motivation, de but ?

Parfois le but ne peut pas être révélé parce qu’il n’est pas encore compréhensible par la personne, avec le filtre de l’égo qui déforme les choses. L’important n’est pas le but, mais de cheminer. Tu le sais déjà mais tu es lassée.

Oui, je suis lassée. J’ai besoin d’un oasis, vraiment. Je suis très fatiguée. Et j’espère vraiment que ce traitement homéopathique et la vitamine B12  vont m’aider à retrouver la forme et le moral. Parce que sinon, je ne donne pas cher de ma peau sur le long terme… Alors oui, j’adresse une demande à l’univers « stp, je suis fatiguée, j’ai besoin d’un oasis pour me reposer et reprendre des forces avant de continuer à avancer ».

Tu es la première personne qui peut t’offrir à toi-même cet oasis. En laissant tomber toutes les pensées inutiles qui te stressent. En écoutant les besoins de ton corps, même s’ils sont « ceux d’une vieille mémé » et que tu dois te coucher à 20h. En te ménageant au travail, c’est-à-dire en faisant les choses une par une, dans l’ordre de priorité, en posant des limites et sachant être indulgente avec toi-même. Tu fais du mieux que tu peux dans ton état. Certes tu mets 3 fois plus de temps pour faire les choses, mais tu les fais quand même, comme tu le peux. C’est savoir ça qui devrait t’aider à accepter cette situation.

Merci.

2 juin 2016