Le temps qui passe

Artiste : Yuumei

Bonjour à tous,

Je reviens ici et j’ai le sentiment de trouver un champ en friche. Cela me fait de la peine, car j’ai toujours beaucoup aimé mon blog, et accordé de la valeur à ce que j’avais construit ici moi-même, avec mes mots, mes émotions et mon vécu. Partager ma réalité, mes expériences. Bonnes comme mauvaises, on peut toujours en tirer quelque chose, un élément de compréhension, une expérience, des réactions émotionnelles, un miroir dans lequel s’analyser.

Pourquoi n’ai-je plus réussi à écrire pendant tous ces mois ? Comme si les mots m’avaient fui en même temps que mes conversations avec mes guides. J’aurais pu continuer à écrire malgré cela, comme je le faisais au début, avec mes émotions et mes réflexions. Décortiquer ce qui traverse mon cœur et perturbe mon mental. Comprendre mes propres réactions et débusquer derrière mes schémas de pensées, mes comportements récurrents.

Peut-être tout simplement que je n’en avais plus envie. Que je me sentais trop fatiguée. Après un an de repos, je me sens mieux. J’ai acquis la certitude que quoi je traversais, je devais être ma première et meilleure amie et toujours me soutenir. Moi intérieurement et moi mon corps aussi. Je constate de plus en plus à quel point je suis quelqu’un qui aime le calme et qui a besoin de tranquillité. Dans mes pensées, dans mes activités, dans mon environnement. Je l’avais toujours vu comme une contrainte, à travers mon hypersensibilité aux énergies, aux foules, mon hyperacousie, etc. Finalement, je comprends que toutes ces « contraintes » sont en fait là pour m’aider à cerner ce qui me convient le mieux : le calme.

Alors j’aime de plus en plus peindre, passer du temps dans la nature, écrire et lire. Je découvre la joie des couleurs, la magie de l’eau avec l’aquarelle. J’observe le temps qui passe et qui fuit. Tellement vite. Mais où donc va-t-il ? J’ai enfin le sentiment d’avoir le temps de vivre, calmement, tranquillement. Et je reste désemparée face à la réalité que ma vitesse de croisière est 3 fois plus lente que celle de la société qui m’entoure. Comment alors y trouver ma place ? M’adapter tout en respectant mes besoins propres ? Trouver une façon de gagner ma vie et d’être autonome ?

Tant de réponses manquent à l’appel. Malgré le temps que je laisse au temps. Un an, c’est peu de chose dans une vie. Et en même temps, cela peut être beaucoup, si cela permet d’ouvrir la bonne porte. Néanmoins la porte qui me correspond reste dérobée à ma vue, et je continue d’errer. Un pas après l’autre, en espérant que le chemin se trouve quelque part, même si je ne suis pas encore capable de le voir.

21 mars 2018

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S’affoler pour rien

Artiste : Guweiz

Décidément, c’est dernier temps, me poser pour écrire devient difficile. Surtout quand je me lève de très mauvaise humeur le matin, à cause d’une nuit interrompue par la sciatique à me retourner encore et encore dans mon lit, et puis à cause de rêves perturbants. Je sais bien que dans ces cas-là, ces rêves marquants qui ne « passent pas » correspondent à un message spirituel qui ne veut pas passer. Et je sais bien que sous la surface, si je me mets à gratter, je vais mettre à jour des choses désagréables.

Alors c’est clair, dans ces cas-là, mon mental freine des quatre fers pour ne pas écrire. Parce que c’est aussi un travail, sur moi-même, surtout quand mes guides spirituels s’invitent dans la partie, pour souligner certains éléments ou m’aider à des prises de conscience. En général, cela n’est pas forcément agréable.

Même si parfois salutaire ?

Oui, parfois salutaire… Mais bon sang, je déteste me sentir « comme ça ». Je me sens mal au réveil, je me regarde dans le miroir et je me trouve « moche ». Je sais bien que ce n’est pas tant mon image physique qui me fait sentir comme ça, qu’une subite montée de manque d’amour de moi-même. Je me regarde dans le miroir et je n’aime pas ma tête ces jours ci.

Ma peau est affreuse, alors que pourtant, j’ai tout fait pour l’aider à bien vivre la transition eau de robinet volcanique vers eau de robinet calcaire. Justement, je n’utilise plus que de l’eau thermale en spray. J’ai acheté des produits spéciaux pour les rougeurs, crème, masque, produit lavant. Bref, je fais des efforts et pourtant, cela fait bien longtemps que ma peau n’a pas été aussi « horrible »,  avec rougeurs, gonflements, poussée d’acné. Cela me décourage. Et que dire de mes cheveux ? Deux lavages au calcaire, et c’est fini, ils ont perdu leur éclat, leur volume et on dirait limite du plâtre…

Et ne parlons pas de mes cernes ! C’est quoi le problème alors que j’essaye de faire des nuits de 9 à 10h de sommeil ? Je fais attention à prendre un bon rythme, ne pas me coucher trop tard… Et j’étais contente parce que mes premières nuits, j’ai dormi comme un bébé, des nuits complètes comme je n’en avais pas faites depuis tellement de mois. Voilà que je me fais la réflexion qu’un sentiment de sécurité profonde (grâce à mon retour dans la maison familiale) aide probablement à mieux dormir, et bim la nuit suivante… Insomnie, réveil sans raison, impossible de me rendormir avec ma sciatique. C’est à s’arracher les cheveux !!!

Je ne comprends pas pourquoi je me sens si mal. « I’m feeling like crap ». Est-ce mes hormones qui me rendent à fleur de peau et me donnent constamment envie de pleurer ? Est-ce tous ces changements dans mon environnement qui me perturbent tant ? Pourtant, j’essaye de faire preuve de douceur, de ralentir et de faire des pauses, notamment quand je vois que je me fatigue trop à trier mes cartons. Je me suis acheté un nouveau pull tout doux et tout rose. Je suis allée chez le coiffeur.

Mais surprise, mes efforts n’ont pas l’effet escompté ! Quand la coiffeuse a eu fini de me couper les cheveux, j’ai eu très envie de pleurer. Oui, pleurer, vous avez bien lu. Elle m’a coupé les cheveux trop courts, ce n’est pas du tout ce que j’avais en tête. Certes, j’avais envie de « changer de tête » parce que je n’en peux plus de la mienne ces derniers jours. Mais je ne m’attendais pas à un changement si radical, et cela m’a choqué. C’est dire combien je me sens à fleur de peau…

Alors je me demande : c’est quoi le fond du problème ? C’est quoi qui en réalité ne va pas ? Je ressens un profond ras le bol. Mais de quoi ? Cela fait à peine une semaine que je vis de nouveau chez mes parents, ce ne peut pas être déjà ça… alors que cela se passe plutôt bien. Non ?

Peut-être est-ce un découragement par rapport à la maladie. J’essaye de retrouver une équipe médicale compétente, et c’est un peu la croix et la bannière… Le gynéco spécialisé sur l’endo que j’ai vu m’a beaucoup déçu. Expéditif, toucher très douloureux, manque d’explications… De toute façon, la réponse a été claire, mon cas est trop complexe pour lui, il me renvoie vers un confrère de Bordeaux. Ce qui n’est pas plus mal, vu que je ne me suis pas du tout sentie à l’aise avec lui. Donc j’attends des nouvelles de ce monsieur… En espérant que la communication marche bien entre les deux.

Mais en attendant ? Le gynéco a été très clair : pour lui l’opération est indispensable, INDISPENSABLE, peu importe combien de temps j’attends, que je veuille des enfants ou pas… Il me dit que je peux tester le reste, infiltration épidurale pour la sciatique, la cure thermale pour l’endo, mais que pour lui, l’opération sera nécessaire. Pour éviter l’infiltration de l’endo dans les intestins, pour l’instant il suffit de « racler sans résection ». A la bonne heure, j’ai de la chance…

Et je crois que c’est cette pilule-là qui ne passe pas. Qui ne passe vraiment pas. Ma mère n’a pas compris pourquoi après cet affreux rdv médical, je tenais à m’offrir des boucles d’oreille. Mais moi je sais, c’était pour me remonter le moral, pour soigner et faire preuve d’attention auprès de ma femme intérieure, meurtrie par un examen très indélicat, déprimée par les propos du médecin. Mais cela n’a pas suffit, il faut bien que je m’en rende compte.

Pourquoi est-ce que je me sens moche ? Parce que je sais que mon ventre est un gros bazar et que je ne cesse de devoir expliquer la maladie qui me touche et ses possibles conséquences : 50% de stérilité ? Parce que dans ma tête je sous-estime cette maladie et que la réalité vient de me rattraper ?

Pourquoi dans cet affreux contexte je rêve de bébé et d’accouchement ? Pourquoi je cauchemarde d’un centre de recherche pour la maladie qui se révèle en réalité être une « pondeuse », un lieu où l’on met les femmes enceintes contre leur volonté, pour vendre leur bébé ?

Je ne comprends rien à ses rêves et à leur message. Mais je vois que le thème revient, encore. L’autre fois, c’était un rêve à la Matrix, où les femmes étaient exploitées pour faire des bébés, dans les espèces de cocons du film. Et s’il s’avérait que si elles étaient stériles, alors, pfuit, elles étaient évacuées comme des déchets…

Je sens bien que tout tourne autour de ça, la cause profonde. Mais, le nez dans le guidon, le schéma ne m’apparait pas et j’ai le sentiment de tourner en rond. Je ne veux plus rester les bras croisée, comme une victime, en attendant qu’une solution miracle me soit apportée. Il n’en existe pas. Je veux juste avancer vers un mieux-être, pas à pas. Mais j’ai le sentiment de butter contre un mur invisible. Pourquoi mes efforts habituels ne marchent-ils plus ? Qu’est-ce que je suis censée faire ? Comment rebondir ?

Tu as le droit d’accepter ta tristesse. Tu as le droit d’être choquée. Tu ne t’attendais pas à ce que le gynéco te dise ça. Tu as été très choquée.

Je ne veux pas d’une opération : on te fait des trous dans le ventre et on te racle tous les organes, en espérant ne rien oublier au passage ? Je trouve ça super violent et invasif ! Pourquoi faudrait-il en passer par une telle extrémité ? N’existe-t-il pas des méthodes plus douces ? Le corps n’a-t-il pas une capacité formidable d’auto réparation – comme on m’en a parlé en lien avec le décodage biologique ? Si les nœuds énergétiques de la maladie sont dissous, n’y a-t-il pas un processus qui s’engage au niveau physique ? Et les soins sur les mémoires cellulaires et leur reprogrammation ? Aucun soin énergétique ne peut agir et descendre au niveau de mon corps physique ? Pourquoi cela marche chez certain et cela ne marcherait-il pas chez moi ?

Une part de toi espère toujours une forme de guérison.

Oui, ce n’est pas comme si j’ignorais l’enseignement de cette maladie. J’essaye de comprendre, d’accepter, de prendre soin de moi. Entre le travail psychologique, l’identification des mémoires karmiques, mais aussi familiales dans cette vie, les soins chamaniques, le travail avec mes guides, les cercles de femmes… Qu’est-ce que je ne fais pas ? Qu’est-ce que je ne comprends pas ? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à dissoudre ces nœuds énergétiques ?

Parce qu’ils sont entremêlés chez toi sur plusieurs sujets.

Et alors ?

C’est plus long. Rappelle nous quel âge terrestre tu as.

Je me rapproche de mes 27 ans. Et alors ?? Cela fait 7 ans que cette maladie me fait travailler sur moi-même.

7 ans ce n’est rien. Ce n’est même pas la durée d’un cycle complet, qui est, nous te le rappelons de 9 ans.

ET ALORS ??!! Ce n’est pas cela qui me réconforte quand je pleure, ce n’est pas cela qui me calme quand je suis en colère à cause de la maladie, ce n’est pas non plus cela qui apaise mes douleurs. A quoi cela me sert de me rappeler que je suis jeune ?

A te rappeler que tu as du temps.

Du temps pourquoi ? A priori, pas pour guérir, vous m’avez fait comprendre que ma maladie ne disparaitrait pas…

Du temps pour grandir avec la maladie. Tu es si jeune, tu ne comprends pas encore la richesse de cet enseignement. Tu le comprendras plus tard et tu comprendras avec que ce temps, que tu trouves si long, t’en aura en réalité fait gagner beaucoup dans ta vie.

Comment ?

Par la sagesse qu’il t’aura apportée, par la réalité que tu auras expérimentée. La maladie n’est pas une fatalité, elle est un voyage vers vous-même et vers vos ressources intérieures. Ce que tu ne peux pas faire à l’extérieur, tourne-toi en toi-même pour le réaliser d’une autre façon. Il existe des tas de chemins pour aller vers un même résultat, c’est ça la beauté de la vie. Rien n’est tracé, c’est à vous de le décider. Tu peux décider de t’assoir et de faire une pause pour te ressourcer, ce que nous te recommandons, ou bien tu peux foncer. Tu peux tenter le raccourci, mais celui-ci te donnera-t-il la même richesse et la même satisfaction au bout ?

Ce n’est pas parce que tu ne vois pas vers où te mène tes pas, qu’il n’existe pas de cohérence. Sylvie le disait dans son commentaire, elle ne cherche plus le sens avant de marcher, elle le laisse émerger au fur et à mesure. Ne trouves-tu pas que c’est une façon de faire bien plus reposante ?

Je ne sais pas… Je pense que oui, mais cela marche bien si tu te sens guidée, si tu arrives à te laisser porter vers ce que tu sais être bon pour toi, même si tu ne sais pas quoi. Je n’ai pas du tout l’impression d’être guidée, ni de savoir dans quelle direction faire mon prochain pas.

Pourtant, nous sommes là à te répondre. Et si tu ne perçois pas la direction de ton prochain pas, c’est peut-être parce qu’il n’y en a pas pour l’instant. Peut-être est-il mieux pour toi de te reposer maintenant. Ne disais-tu pas que la Réunion t’avait épuisée ?

Si, mais il est difficile de se reposer sans avoir ne serait-ce qu’un futur objectif en tête, un pas qui attend. Tout le monde me le demande : et que vas-tu faire « après » ? « Après » quoi, on se le demande…

Et si au lieu de te concentrer sur cet après, tu te concentrais sur ton présent immédiat ? Un pas après l’autre. Un jour après l’autre. Peu importe ce qu’on te dit et quelles sont les attentes de tes proches. Et si tu te concentrais pour te sentir bien, là tout de suite ? Profiter du soleil, écouter le chant des oiseaux, méditer, dessiner, rire et profiter. Qui est pressé ? Le prochain pas a tout le temps d’émerger. A quoi cela sert-il de te dépêcher ? Laisse aussi à ton corps le temps de se reposer.

Je comprends ta logique, mais je n’ai rien devant moi. Aucune idée de comment je vais gagner ma vie, où je vais vivre, etc. En gros, vous me demandez de m’assoir juste au bord d’un grand précipice rempli de vide, et de ne pas avoir le vertige ? Vous me demandez d’être zen et de ne pas avoir peur, quand tout le monde autour de moi s’affole et me demande de regarder vers le bas ?

« Tout le monde autour de toi s’affole » et bien laisse les s’affoler. Ces émotions ne t’appartiennent pas et en réalité, c’est toi qui les projette. Elles ne font que te revenir par effet miroir. Les angoisses des autres sont les tiennes, et ces miroirs sont là pour te mettre le doigt dessus et te pousser à les surmonter. Plus tu seras zen et confiante en ton avenir, même s’il ressemble à une toile vierge, plus les autres le seront aussi autour de toi.

Ce n’est pas le moment de te mettre à gribouiller à la va vite. C’est le moment de rassembler tes pinceaux, avec patience et minutie, et d’apprendre à t’en servir dans le calme et la sérénité. Pour faire face à cela, nous t’encourageons à méditer tous les jours dans la nature. Pose toi dans le jardin, commence par 5 min, puis 10, puis 15 et quand tu arriveras à rester 30 min entière dans un état de paix intérieure, de présence et de centrage, alors nous pourrons passer à autre chose.

Merci.

21 avril 2017

Nœuds familiaux

Artiste : NanoMortis

Ecrire, écrire… cela fait un moment que je n’arrive plus à le faire régulièrement, ni sur mon blog, ni même dans mon journal intime. Je me demande bien pourquoi. Trop fatiguée ? Trop préoccupée à courir à droite et à gauche, à préparer mon départ ? Pas le courage de me poser pour faire face à tous mes ressentis intérieurs ?

J’ai l’impression que c’est toujours dans les périodes plus difficiles qu’il devient plus dur et laborieux pour moi de faire ces petits efforts pour prendre soin de moi. Je me laisser emporter, et cela fait comme un cercle vicieux. Parce que je ne prends plus assez soin de soi, peut-être parce je suis désancrée, décentrée, stressée ou choquée par quelque chose, le malaise grandit en moi. Et plus il grandit, plus il est difficile de me poser pour le regarder en face, de l’écouter et de l’accepter. Alors mon mental s’agite, il cherche à m’occuper pour détourner mon attention. Et le cercle s’accentue.

Mais parfois alors, je suis mise face à des évènements qui me rappellent la réalité sans détour. Ainsi, aujourd’hui, la médecin chinoise que je suis allée voir m’a bien dit : votre corps est complètement épuisée, votre Qi est très faible. Me revient alors en boomerang, au-delà de ma sensation de fatigue physique, tous ces rêves spirituels me soulignant une terrible fatigue.

Et ce n’est pas qu’une fatigue physique, c’est aussi une fatigue énergétique.

Mais je ne comprends pas comment une telle fatigue s’est installée. Qu’est-ce que j’ai fait de travers pour en arriver à un tel épuisement ? Cela va faire bientôt 5 mois que je suis tombée en arrêt maladie, et que je n’ai pas travaillé. Ce n’est plus le boulot qui me fatigue ! Je devrais avoir récupérer ! Je ne comprends pas… Je ne comprends vraiment pas !

Ta fatigue est bien plus profonde qu’une fatigue professionnelle. Même si elle est bien là.

Alors c’est quoi comme type de fatigue ?

La lutte contre la maladie.

C’est-à-dire ? Je lutte alors que je ne devrais pas lutter ?

Cela fait combien d’année que tu es malade ?

Au moins 7 ans, peut-être plus…

Cela fait combien d’année que tu as été diagnostiquée avec de l’endométriose ?

Cela fera bientôt 2 ans…

Qu’est-ce qui a changé depuis ce diagnostic ?

Physiquement parlant, pas grand-chose… J’ai essayé des tas de traitements hormonaux, qui n’ont pas vraiment marché. Je fais de la kiné 2 fois par semaine depuis mon arrêt. De l’ostéopathie. J’ai arrêté le gluten et le lactose. Mais la maladie n’a pas régressé, ni même ne s’est stabilisée. Elle se rapproche dangereusement de la paroi de mes intestins, elle s’est attaqué aux tissus qui les enveloppent en tout cas, ça ce que prouve la dernière IRM. Même si je m’en doutais déjà à cause des douleurs devenues bien plus fortes et chroniques. Et plus il y a cette foutue sciatique, qui a explosé les plafonds, et ne veut pas partir…

Donc en 2 ans, ton cas s’est aggravé ?

Oui, on peut dire ça… même si les douleurs sont moins fortes qu’autrefois, parce que j’ai appris à mieux les gérer pendant les crises.

Comment ?

Repos absolu pendant les règles, station allongée, avec du chaud en permanence sur le ventre. Et une alimentation légère, jus de fruit, compotes, soupes. Et surtout une alimentation sans gluten et sans lactose en permanence le mois précédent. Ça diminue les douleurs pendant les crises. Mais finalement, pas grand-chose de neuf sous le soleil. Pas de nouvelle astuce miraculeuse. Ah si, ma tisane « spéciale règle » : fleurs d’achillée millefeuille pour limiter l’inflammation et change-écorce pour aider à évacuer les toxines. Infusion 4 min avec de l’eau bouillante et cela 3 fois par jour, voire plus selon l’envie. Mais bon, maintenant que je quitte la réunion, pour le change écorce, ça va être compliqué…

Il existe d’autres plantes avec des vertus équivalentes en métropole.

Surement, même si elles n’auront pas ce petit gout spécial que j’adore.

Alors tu es triste de quitter la Réunion ?

Oui, je ne pensais pas que je le serai autant… La médecin a dit en prenant mon pouls que ma tristesse « se sentait » à travers lui. Ça m’a donné envie de pleurer. Et elle m’a demandé « mais pourquoi vous partez alors ? » et je ne savais pas quoi répondre.

Pourquoi pars-tu alors ?

Parce que je me sens fatiguée ?

Et tu penses que tu te reposeras en rentrant ?

Oui, je me disais que ce serait reposant de retrouver mon village natal, mes parents, ma maison et son jardin. Que ce serait moins stressant, je n’aurais plus à m’inquiéter de joindre les deux bouts avec les indemnités sécu ou le chômage. Et je pourrais même utiliser les quelques sous qu’on me versera pour des activités créatives.

Mais je commence à douter d’avoir pris la bonne décision. Pourquoi est-ce maintenant, alors que je vais partir, que je rencontre deux supers thérapeutes, qui ont aidé des patientes à se remettre quasi totalement de leur endométriose ? J’aurais pu mener une thérapie avec elles si je les avais rencontrées plus tôt.

Pourtant, tu vas quand même pouvoir tester le traitement de phytothérapie chinoise que va te prescrire cette médecin spécialisée dans l’endométriose.

Oui… Mais ai-je fait le bon choix ? Quand je lis les articles de Sylvie, il me revient en tête que ce n’est pas forcément facile de retourner vivre chez ses parents à 27 ans, alors que cela va faire 9 ans que je suis partie de la maison.

Exactement, cela va faire 9 ans. 9 ans, c’est la durée d’un cycle, cela ne t’interpelle pas ?

Je ne sais pas. Est- ce censé m’interpeller ? Que suis-je censée en déduire ?

Que tu commences un nouveau cycle. Pendant le cycle précédent, tu as récolté divers outils et expériences, que tu vas maintenant pouvoir appliquer dans le cadre familial.

C’est-à-dire ? Qu’est-ce que je suis censée faire dans le cadre familial ?

Développer tes compétences de thérapeute.

Cela n’a aucun sens pour moi. Tu pourrais développer ?

Tu as compris et acquis certaines connaissances et expériences en lien avec ta blessure du rejet de la maternité. Tu peux maintenant aider ta mère à accepter sa propre blessure.

Je ne sais pas… On ne peut pas aider les autres, s’ils ne veulent pas s’aider soi-même. J’ai essayé pendant des années de pousser ma mère vers l’apprentissage du bien être envers elle-même. Vers diverses thérapies aussi. Mais ça n’a pas marché, évidemment, parce qu’elle  n’avait pas la volonté de faire avancer la situation. Ou bien, elle n’avait pas la foi qu’elle pouvait faire évoluer et améliorer sa situation ? Je ne sais pas.

Ta mère souffre d’une blessure d’impuissance. Tu l’as déjà remarqué. Elle se place en victime, et elle réagit souvent par la tétanie face aux attentes d’autrui, notamment les tiennes, celles de sa fille.

Je ne vois pas vraiment en quoi je peux l’aider à vrai dire. Elle ne s’intéresse pas à l’énergétique. Donc je me vois difficilement lui proposer un soin énergétique, un soin chamanique ou de la radiesthésie… Franchement… Même l’encourager à faire des loisirs créatifs, ce qu’elle aime, n’a marché que très très moyennement… Je ne vois plus comment je peux l’aider.

Simplement en montrant l’exemple, et en communiquant. Avoir une enfant malade peut être un grand apprentissage. Parfois même plus que d’être malade vous-même. Parce qu’alors vous vous sentez impuissant face à la maladie d’un proche que vous aimez. Alors, forcément, cela vous fait travailler sur cette blessure de l’impuissance. Pourquoi est-elle là ? Que veut-elle me dire ? De quelle façon elle modifie mon comportement ? Pourquoi ne puis-je pas la dépasser ? Autant de question qui peuvent émerger face à cette situation. Tu t’es toujours plainte que tes parents n’ont jamais pris la pleine mesure de la maladie que tu subis, parce que tu étais partie de la maison quand elle s’est déclarée. Ils ne t’ont donc vu malade que rarement, c’est seulement au téléphone qu’ils ont eu des nouvelles.

Oui, et on sait tous que les nouvelles au téléphone, c’est toujours moins impressionnant que de visu. Alors, ils vont me voir malade. C’est pour ça que je rentre vivre chez mes parents ?

Bien sûr que non. Tu as tes propres objectifs d’âme derrière cette décision. Mais c’est un travail collaboratif, car vous ne choisissez jamais vos parents par hasard. Ce choix est une opportunité de travailler ensemble sur certaines blessures, à partir du moment où l’un des protagonistes est conscient de l’existence de ces blessures.

Youpi… Alors ma mère a une blessure d’impuissance et moi une blessure d’indifférence. Quand je suis face à une difficulté, ma mère se sent impuissante et se tétanise. Elle ne réagit pas et ne sait pas comment me soutenir. Moi j’interprète ça comme de l’indifférence et donc cela réactive ma blessure de rejet. Blessée, je lui fais alors des reproches, qu’elle interprète comme une critique de sa capacité à être mère, ce qui réactive ça blessure d’impuissance… Et la boucle est bouclée. Oui, je suis consciente de l’effet miroir de nos blessures. Mais je ne sais pas comment la briser de façon définitive. De façon temporaire, je commence à prendre un peu plus de recul mais…

Finalement, derrière sa peur de l’impuissance et ma peur de l’indifférence se cache une blessure de rejet de soi-même. Ma mère se sent impuissante parce qu’elle manque de confiance en elle, elle rejette ses propres capacités et ses propres qualités et ne se croit pas capable. Quant à moi… la peur de l’indifférence vient du fait que j’ai besoin de l’amour et de l’attention d’autrui pour me valider, parce que je me rejette moi-même et ne me donne pas l’amour nécessaire.

Franchement, à décrire comme ça, c’est plutôt triste. Etre consciente des blessures n’aide pas pour autant à les résoudre d’un claquement de doigt. Qu’est-ce que je fais maintenant ?

Tu continues à apprendre à prendre soin de toi. Et ce faisant, tu ne suis que tes propres besoins et envies, ce qui te poussera à te détacher des jugements et des attentes d’autrui, y compris de tes parents. En apprenant à prendre soin de toi, tu montreras à ta mère comment on fait et que c’est possible, tu lui ouvriras la voie, comme tu as déjà commencé à le faire avec les loisirs créatifs. « Après tout, vous n’avez qu’une vie ».

Oui, c’est ce que je me dis. « Après tout, on n’a qu’une vie », enfin tout du moins, là maintenant, avec cette personnalité-là. Alors fuck si les gens pensent que je glande pendant un an entier, parce que je ne vais pas chercher de boulot. C’est vrai, je n’ai absolument pas envie de travailler, et j’ai la chance de ne pas en avoir besoin. J’ai envie de faire des choses que j’aime.

En fait tu en as besoin, pour rétablir tes énergies internes.

Hier, j’ai fait une scintigraphie osseuse et je vais attendre les résultats pendant une semaine. J’ai appris il y a peu que les scintigraphies sont le genre d’examen que l’on fait pour détecter un cancer. Mais la rhumatologue ne m’a pas dit pourquoi elle me l’a prescrit, alors je me suis interdite de trop y penser. A quoi bon me faire des films et me stresser tant que je n’ai pas les résultats ? Elle n’a pas parlé de risque de cancer, même si moi j’en ai parlé dans les antécédents familiaux, alors si ça se trouve, c’est pour chercher autre chose.

Il n’empêche que je n’ai pu m’empêcher de me poser la question « Et si j’avais un cancer des os, qu’est-ce que je ferais ? ». Je me suis dit qu’alors, je profiterais au maximum de la vie, et je ne ferais que ce qu’il me plait jusqu’à être totalement rétablie [si possible]. Puis j’ai pensé « mais c’est stupide, tu attendrais d’avoir un cancer pour faire ce qu’il te plait ? » Est-ce là le genre de message que je veux envoyer à la vie ? Etre contrainte de subir une dure épreuve de plus pour apprendre à suivre mes envies et me faire plaisir ? Sûrement pas ! Alors cancer ou pas cancer, c’est décidé, quand je rentre, je ne me prends pas la tête à rentrer dans le moule. Même si je vais faire face à la pression et à l’angoisse de mes parents.

Enfin je dis ça, mais cela sera probablement plus compliqué que ça…

Ou peut-être plus simple. Si tu es capable de souligner l’essentiel et d’expliquer quels sont tes besoins. Vous oubliez souvent que l’incompréhension résulte de défauts de communication. Et que l’incompréhension génère la peur et le rejet. Même en communiquant vous arrivez à interpréter les choses différemment et à ne pas vous comprendre. C’est là ou l’empathie est intéressante, parce qu’alors tu es capable de ressentir en toi la justesse de tes paroles et de celles d’autrui, ainsi que la portée des tiennes. Tu es capable de ressentir si ton message est passé. Mais aussi si la personne ment par inadvertance, parce qu’elle se ment à elle-même sans le savoir. L’empathie est un grand plus dans la compréhension d’autrui, il faut simplement apprendre à la comprendre et à la décrypter.

Bon, donc travail sur mon empathie également… Évidemment, c’est plus dur d’apprendre à la contrôler en vivant seule… Mais tout cela me donne l’impression que rentrer chez mes parents ne sera pas de tout repos.

De toute façon, tu le savais déjà. Tu sais que tu as besoin de rentrer pour faire un certain travail auprès de tes parents. Ce n’est qu’à ce prix-là que tu pourras atteindre une certaine forme de guérison. Tu dois dénouer des nœuds familiaux. Et maintenant que tu as eu le recul nécessaire pour les identifier, cela devient possible.

Youpi… A vrai dire, je suis trop fatiguée pour avoir envie d’y penser là. J’aimerais un peu de répit et de vrai repos… J’aimerai récupérer des forces et me sentir mieux pour faire face à tout ça.

Tu l’auras, ne t’inquiètes pas.

J’espère. Merci et bonne nuit.

23 mars 2017

Tu peux rentrer

Artiste : Sylar113

Artiste : Sylar113

J’ai fait ce que vous m’aviez dit, j’ai dormi tard, je me suis reposée. J’ai fait la sieste, je me suis même cuisiné un gâteau – la seule chose que j’ai réussi à faire de la journée. Pourquoi est-ce que je ne me sens pas mieux ?

Tu as besoin de rentrer.

Quoi, d’un seul coup ? C’est ce qui me rend malade ? Pourquoi maintenant et pas avant ? Pourquoi cela ressort sous cette forme ? Et puis, je ne comprends pas… C’est prévu, j’ai mon billet.

Tu as besoin de comprendre que tu ne rentres pas par fatalité, mais parce que tu en as besoin. Tu pourrais rester, rien ne t’en empêcherait. Tu vas avoir le chômage, tu as un appartement que tu pourrais continuer à payer, une voiture que tu pourrais continuer à utiliser, une kiné que tu pourrais continuer à voir, des amies que tu pourrais continuer à fréquenter.

Mais ?

Mais il te manque certaines choses. Tu as besoin de ta famille. Tu as besoin d’apprendre à recevoir un soutien émotionnel pour sortir de ta maladie. Tu as besoin d’aimer et d’être aimée, de près. Tu as besoin de sortir de ton cocon de solitude où tu ne laisses personne vraiment t’approcher. Tu as besoin de te sentir aimée par ta famille, médium ou pas, travail ou pas, maladie ou pas.

Rien n’est une fatalité, on peut décider. On peut décider de changer, on peut décider de guérir, on peut décider d’aimer et de faire confiance. On peut décider d’être heureux. Sans conditions, sans « si », sans contraintes. Juste parce qu’on est en vie et que la vie est belle.

Je ne comprends pas…

Ce n’est pas une honte de rentrer chez tes parents, parce que tu es malade, que tu n’as plus de travail et que tu ne sais pas où tu veux aller et ni ce que tu veux faire de ta vie. Tes parents sont là pour ça, ils sont là pour t’aider et te soutenir, pour t’aimer sans condition.

Tu peux rentrer, pourquoi tu te l’interdis ?

Parce que j’ai peur de retourner dans mes vieux schémas, de retomber dans la facilité, l’inactivité, le laisser aller… De me retrouver à l’étroit dans ma chambre de 15m². Je n’ai pas envie de rentrer et de trouver tous ces cartons et ces vieux vêtements… Je n’ai pas envie de me souvenir de tellement de choses. Un retour ne me semble pas si facile… Je vois une marée d’obstacles et de difficultés. Manger sans gluten en voyant mes parents manger de la baguette tous les soirs ? Manger sans lactose en les voyant manger du fromage ? Réussir à décider de mon avenir professionnel en suivant mon cœur et non mon mental et mes peurs, avec mes parents me posant des questions sur mon avancée tous les jours ? Perdre mon indépendance ? Ne plus avoir de voiture ?

A quoi bon avoir tout ça, si tu restes enfermée dans ton appartement ici parce que tu es malade ?

Je ne trouve pas de solution au fait d’être malade ! J’ai pourtant l’impression de tout avoir essayé : changer mon alimentation, faire de la kiné, des exercices spécifiques, démêler les nœuds de mon mental avec la psy, tester plusieurs traitements, faire de le l’ostéopathie, travailler sur l’aspect émotionnel avec vous, faire des stages de développement personnel pour m’aider, développer ma créativité, apprendre à assumer ma féminité, méditer et accueillir, faire des soins et des voyages chamaniques…

Pourquoi rien ne m’aide ? Je ne demande pas une guérison totale !! Je demande juste à aller un peu mieux, ne serait-ce que pour avoir l’énergie de sortir de chez moi, de voir des gens, de profiter de l’île… Je ne demande pas la mère à boire ! Je ne demande pas même de pouvoir tomber enceinte, comme la majorité des femmes ayant de l’endométriose !!!

Mais si tu pouvais, le voudrais-tu ?

Ce n’est même pas une question qui se pose, car je n’ai pas rencontré de partenaire avec qui un tel projet serait à l’ordre du jour. Il faudrait déjà que j’arrive à rester en couple suffisamment longtemps pour que la question se pose… L’autre jour, le triste constat m’est venu que je n’ai jamais réussi à passer la barre des 2 ans…

A quoi bon passer la barre des 2 ans si de toute façon le couple n’est pas fait pour durer ?

Oui… A quoi bon… De toute façon, je suis totalement désabusée et dégoutée à l’idée de vivre une relation de couple. Après avoir vu partir ma dernière âme sœur ? C’est mort, je ne veux plus être en couple si c’est pour répéter le même schéma. Je ne peux pas. Il y a une limite au nombre de fois où un cœur peut se briser. Je n’ai toujours pas fini de recoller les morceaux.

Tu as besoin de voir que l’amour peut vraiment exister dans un couple. Et qu’il peut vraiment durer. Tes parents sont toujours ensemble, et ils s’aiment toujours.

Mes parents sont des ovnis, ce sont deux bisounours qui vivent dans leur petit sphère, celle qu’ils se sont créée, à l’abri du monde. Ils ne sont pas parfaits, mais ils arrivent à s’aimer quand même. Ils ont surmonté un certain nombre d’épreuves ensemble, dont une partie directement liées à moi : un bébé qui ne veut pas manger ? Moi. Un ado harcelée au collège qui pète des câbles à la maison ? Encore moi. Leur fille qui leur annonce qu’elle est en couple avec une autre fille et qu’elle ne voudra jamais d’enfant ? Bingo. Une réorientation scolaire ? C’est pour moi. Un premier job qui se finit en harcèlement moral ? Jackpot. Un départ pour une durée indéterminée à l’autre bout de la planète ? Encore moi. Ah et puis, j’oublie… le parcours d’errance médicale et la maladie « dans ma tête » jusqu’à ce que l’endométriose soit diagnostiquée et que je parte. On ne peut pas dire que j’ai été l’enfant la plus facile à soutenir…

Mais ça n’empêche pas tes parents de t’aimer. Malgré toutes les épreuves que tu leur as apportées. Tu devrais arrêter de te considérer comme un poids pour eux. Ce n’est pas ce qu’ils ressentent. Eux, ils t’aiment et ils sont fiers de toi et de qui tu es, peu importe ce que tu fasses. Ils te l’ont dit, ils te soutiendront peu importe où tu seras sur la planète, même si c’est à 6000 km de chez eux.

Et qui est venu 2 fois en vacances à la Réunion en l’espace d’un an et demi ? Alors que tes parents ne sont jamais partis en vacances hors d’Europe depuis qu’ils sont ensembles ? Jamais ils n’avaient voyagé dans l’hémisphère sud avant toi. Jamais aussi loin. Si tu ne peux pas venir à eux, alors ils viennent à toi. C’est à toi maintenant d’aller vers eux. Laisse les t’aider, il n’y a pas de mal à ça.

Crois-tu qu’ils préfèrent te savoir seule et malade à l’autre bout du monde, plutôt que chez eux sans travail ? Crois-tu que cela a vraiment de l’importance ? Ils sont inquiets pour toi, inquiets de te voir t’enliser dans cette situation. Ils seront heureux de pouvoir te soutenir, à leur manière.

Ce sera à toi de ne pas être trop exigeante et d’apprendre à recevoir leur amour comme il vient, sans jugements, sans attentes, sans préconçues. Parfois donné de façon maladroite, mais personne n’est parfait, tu le sais et tes parents ne différent pas des autres êtres humains. Cependant, en amenant les choses à leur conscience, avec douceur et tact, en faisant l’effort de communiquer et d’essayer de les comprendre, il n’y a aucun malentendu qui ne puisse être dissipé. Tu es suffisamment mature maintenant pour faire ce travail de prise de recul. Tu connais tes principales blessures émotionnelles, et tes schémas réactionnels. Maintenant, tu vas pouvoir apprendre à t’en détacher auprès d’eux. Peu importe le temps que cela nécessitera. Tu n’es pas pressée, l’es-tu ?

Non… Puisque je n’ai aucune direction vers laquelle aller. Non, je ne suis pas pressée…

Profites de cette chance, celle de resserrer tes liens familiaux, de profiter de tes parents, de ta famille, de ton village natal et de tout ce que tu aimes le plus. L’orme dans le jardin, les pâquerettes dans la pelouse, le tilleul de la grande place, le moulin de la promenade du dimanche, le calme de la maison, le parfum de la rosée, l’odeur de la pluie en forêt. Ce sont des choses simples qui rendent la vie belle. Elles seront à portée de mains, chez toi. Tu pourras apprendre à sourire à la vie, simplement, protégée par un cocon d’amour. Tu n’auras plus besoin de t’épuiser à en créer un dans un environnement qui te reste étranger malgré tous tes efforts d’adaptation.

Tu as appris et compris beaucoup de choses ici à la Réunion. Tu as fait la part du job que ton âme s’était fixée en venant. Tu peux rentrer maintenant. Tu n’es pas obligée de te faire violence à rester. Tu n’es pas obligée de continuer à t’imposer cet exil. Tu peux rentrer.

7 février 2017

On est tous aimé…

Artiste :

Artiste : Serafleur

J’ai besoin de votre guidance. Je ne sais pas comment réagir avec cette personne et gérer cette situation. Je me sens oppressée et mal à l’aise. Et je me demande comment j’en suis arrivée là… Je sais bien qu’on ne fait pas des rencontres par hasard. Mais j’ai vraiment du mal à saisir le message que cette personne miroir m’apporte.

Comment, après avoir fait une méditation ensemble, parler 10 min en face à face et échanger quelques sms, cet homme peut faire reposer autant d’attentes sur notre relation ? Je sais que cela ne concerne absolument pas le registre de la séduction et du couple. Et pourtant, il m’envoie un sms par jour, c’est presque la fréquence de mon ex-compagnon ! Aucun de mes amis très proches que je connais depuis plus de 10 ans ne m’envoie autant de messages. Pas même ma famille ! C’est au-delà de la recherche d’une simple relation amicale.

En apparence, ces messages sont sans attente, il me souhaite de bonnes choses, m’envoie des pensées positives. Mais la réalité énergétique derrière est très différente. Parce que je ressens des attentes émotionnelles, je ressens un besoin de réponse sur le même registre, alors que je n’en ai pas spécialement envie. Je sais quand c’est lui qui m’a écrit avant même de lire le message, car j’ai la sensation d’une invasion de mes énergies. Alors, je me sens oppressée et mal à l’aise. Cela m’énerve même qu’on puisse tant chercher à envahir autrui avec ses énergies, même si je sais qu’il n’en a pas conscience.

C’est un appel désespéré inconscient. Parle moi de ce que tu as ressenti quand tu as discuté avec lui au téléphone, mais que tu n’as pas osé lui dire.

Et bien, je me sentais très mal à l’aise. Je n’ai pas compris sur le coup, mais c’est comme si je ressentais un très fort décalage entre ce qu’il me disait consciemment, et sa réalité énergétique inconsciente. Il me parlait de son éveil spirituel, de son parcours d’évolution, de ses capacités, mais moi je ne ressentais pas les énergies correspondantes. J’entendais les « j’ai lu », « on m’a dit », « j’ai entendu à telle conférence », mais pas des « je pense », « je crois », « je vis ».

C’est terrible, comment veux-tu lui dire ? Alors qu’en plus c’est un quasi inconnu pour moi, mais que les autres proches que nous en avons en commun me disent « oui, tu verras, il connait plein de choses et fait de super soins ». Je n’ai pas envie de le blesser. Je ne suis pas là pour juger, mais je suis très dérangée par le décalage entre ce que j’entends sortir de la bouche de cette personne et de ses amis et ce que je ressens de ces énergies. Comment est-ce possible ? Au début je me demandais, est-ce quelqu’un enfermé dans une forme d’égo spirituel ? Mais je ne sens vraiment pas de sa part une volonté de dominer les autres par ses capacités spirituelles. Non, c’est quelque chose d’autre et je n’arrive pas à mettre le doigt dessus.

Alors nous allons t’aider à l’identifier. Qu’est ce qui t’a touché le plus lors de la première conversation téléphonique que vous avez eu ?

Sa remarque « que de souffrances » au sujet de mon blog a réveillé une blessure émotionnelle chez moi. Il marquait sa surprise entre ce qu’il avait pu voir de moi lors de la méditation (une personne radieuse), et ce qu’il avait pu lire ici, en disant qu’il ne s’imaginait pas en me voyant comme ça face à lui, que je pouvais traverser de telles souffrances.

Moi cela m’a fait péter un câble intérieurement, parce que j’ai ressenti le mot « souffrances » comme un jugement, de la part d’une personne qui ne me connaissait pas. Il y a beaucoup de choses sur ce blog. Il y a, oui c’est vrai, des articles où je parle de mes émotions négatives, de mes difficultés, de mes moments de découragement. Mais il y a aussi des poèmes, des recettes, des photos, des articles de guidance avec mes guides, des ressources sur divers thèmes. Il y a beaucoup de choses que cette personne n’a pas lu avant d’exprimer une opinion sur ce lieu virtuel. Et ça m’énerve, on ne peut pas résumer une personne, ni à quelques articles, ni même au contenu entier d’un blog, ni encore à ce qu’on a vu d’elle lors d’une seule rencontre. Enfin pas, si on ne bénéficie pas de la capacité de scan énergétique. Humf. Ne me dites pas que c’est ça ce qui se passe ? Que j’ai scannée les énergies de cette personne ?

Cette personne te l’a demandé. Elle t’a demandé ce que tu ressentais de ces énergies, donc elle t’a donné son autorisation. En fait, c’est même son âme qui te l’a donné, parce qu’elle a besoin d’un intermédiaire pour se faire entendre.

C’est bien ce que je craignais… et je n’aime pas du tout du me retrouver dans cette position là, pas du tout. J’ai l’intuition que cette personne s’est enfermée dans une certaine conception de la spiritualité (il faut être amour inconditionnel – par exemple) pour se raccrocher aux branches et ne pas entendre la souffrance de son âme.

Cette personne me dit avoir vécu un éveil spirituel, et si je ne remets pas en cause son vécu, ma vision de l’éveil spirituel est très différente. Je vis ça comme quelque chose de progressif et d’étalé dans le temps, je ne conçois pas ça comme *pouf* une illumination subite. On peut en avoir, des illuminations, mais celles que j’ai eues ne sont que des petits pas sur le chemin de mon propre éveil. Je ne perçois pas un « avant » et un « après », c’est quelque chose de flou qui se met en place avec l’évolution de la personne. Et je ne me considère pas comme pleinement « éveillée », car je n’ai pas la pleine maitrise de mes capacités spirituelles. Je ne suis pas capable non plus de ressentir de façon directe et illimitée la Source. Je la ressens à travers mes guides, et ma propre flamme. Mais je n’ai jamais eu ce sentiment d’unité fondamentale directe avec la Source.

Je ne considère pas que, parce qu’on a vécu tel type d’épreuve, alors on est automatiquement éveillé. Cela n’a rien à voir pour moi. C’est la façon dont on vit les choses et dont on s’en sert pour se connecter à notre âme et à notre guidance intérieure qui fait la différence. Comment se considérer pleinement éveillé si l’on n’arrive pas à entendre et à suivre la guidance de son âme ? Si l’on se repose sur des guidances et des enseignements extérieurs à soi-même ? C’est inconcevable pour moi. Chaque être est unique, et donc il a son propre chemin d’éveil, sa propre guidance interne à suivre. Se reposer uniquement sur des guidances extérieures, c’est être dépendant, c’est se départir de son propre pouvoir intérieur à guider sa vie. C’est aussi faire peser de lourdes attentes sur autrui, notamment sur les médiums que l’on peut croiser sur notre chemin. Je le sais, j’ai été comme ça aussi avant.

D’où le sentiment d’oppression que tu ressens face à cette personne. Elle est complétement sourde à sa propre guidance intérieure, elle se base sur celle des autres, donc elle est en demande, tu l’as bien ressenti. Seulement, en faisant ça, elle se perd elle-même, elle n’arrive pas à identifier ce qui est bon pour elle, à agir selon les besoins de son âme. Elle transpose les enseignements spirituels reçus à sa vie, sans vérifier qu’ils sont en accord avec son âme et la situation qu’elle vit. Ce qui est une source de souffrance pour son âme, qui ne reçoit pas ce dont elle a besoin.

C’est comme chercher à se conformer à un moule qui ne correspond pas à la forme de notre corps. Par exemple, à quoi bon chercher à être une source infinie d’amour pour autrui, quand on n’a pas une reliance à la Lumière mais au Milieu ? Alors, on donne, on donne, on donne, en attendant un retour qui ne vient pas. Parce qu’en réalité le don n’est pas réalisé sans attentes, c’est juste que ces attentes sont inconscientes, la personne a besoin de recevoir de l’amour extérieur pour combler ses vides intérieurs. Et quand on est occupé à donner sans compter, en attendant de recevoir de l’extérieur, on ne se donne pas à soi-même. Alors qu’on est la première personne capable de combler notre manque d’amour envers nous-même. On ne peut alors pas s’en sortir sans un travail d’introspection. Je le sais, parce que je suis passée par là. Moi aussi, je donnais sans discernement à une époque, cela me distrayait de mon propre mal être et me donner l’impression d’exister grâce à autrui. Mais ce n’est pas une solution durable, c’est un mensonge inconscient à soi-même.

Car pendant ce temps, l’âme est en souffrance. Elle n’est pas nourrie, elle n’est pas écoutée. Alors maintenant, dis-moi ce qui se passerait si on retournait le miroir que tu as vécu vers cette personne.

Et bien j’ai été choquée de constater la différence, entre ce que l’on percevait de moi à l’extérieur (lumineuse), sans me connaitre, et la réalité intérieure (en souffrances et pleine d’ombres). Quand cette personne me montre du doigt cette réalité, c’est comme si elle la pointait chez elle dans le miroir que je représente pour elle. En reconnaissant cette écart entre les apparences et la réalité énergétique profonde chez moi, c’est comme si cette personne soulignait le même écart chez elle. Elle a beau avoir l’apparence et l’image d’une personne très lumineuse et évoluée (chez les autres mais aussi chez elle-même), elle est en réalité en grande souffrance intérieure au niveau de son âme.

Et tu sais pourquoi ?

J’en ai une petite idée, mais je ne sais en aucun cas si c’est la réalité, je ne suis pas cette personne, je ne suis pas dans sa tête et dans son cœur. Je n’ai pas trop envie de raconter des bêtises !

Fais conscience à ton scan énergétique. Si tu as faux, nous te corrigerons.

Et bien, j’ai le sentiment que le début de l’éveil spirituel de cette personne a créé de grandes souffrances dans sa vie. Comme si tout à coup, le décalage entre elle et sa famille, entre lui et sa partenaire étaient trop grands pour qu’ils puissent se comprendre, d’où la réaction de rejet. Et c’est comme si cette personne refusait d’admettre que l’éveil spirituel puisse être source de tant de souffrances, et qu’il fallait que ce soit transcendé immédiatement. Un peu cette croyance que « lorsqu’on est éveillé,  on est amour et lumière », on est dans la paix intérieure.

J’ai le ressenti qu’en réalité ces souffrances-là n’ont pas été transcendés, mais seulement refoulées, et que cette personne n’arrive pas à voir et reconnaitre ces « ombres » à cause du conditionnement spirituel qu’elle s’est imposé. Et son âme en souffre, profondément. Or il est d’autant plus difficile de se connecter à la guidance de son âme quand on n’est pas prêt à entendre sa souffrance, et à réaliser que l’intérieur n’est pas en accord avec l’image extérieure que l’on donne ou que l’on voudrait donné de soi, selon nos croyances spirituelles (il faut être lumière et amour). Voilà ce qui explique pour moi, ce besoin si fort de guidance spirituelle extérieure. Où l’on ne conserve que ce qui nous rassure.

Mais ? Ce n’est pas tout.

Et bien je suis triste de ressentir ça… Ces attentes émotionnelles que je ressens, ce besoin de se créer des amis ouverts à la spiritualité, avec des échanges très fréquents, au point d’être envahissants… Est-ce moi ou ai-je l’impression qu’il recherche inconsciemment une famille de substitution ? Avec des membres qui acceptent son ouverture à la spiritualité et ses capacités énergétiques ?  En opposition à sa famille actuelle qui l’a renié à cause de son ouverture à la spiritualité ?

Tu ne te trompes pas. En réalité, il recherche à l’extérieur, ce qu’il a perdu à l’intérieur. Il pense avoir guéri cette blessure, mais ce n’est pas entièrement vrai, sinon il ne ferait pas une telle projection. Et que sais-tu sur les blessures de rejet par autrui ?

Et bien, j’ai récemment appris, que lorsqu’on vivait des blessures de rejet avec autrui, c’est parce qu’au fond, c’est nous même qui nous rejetons, nous ne nous acceptons pas pleinement pour ce qu’on est. Je me souviens très bien d’avoir pesté encore et encore que ma famille n’acceptait pas mes capacités médiumniques et mon intérêt pour la spiritualité. Mais en fait, c’était moi qui me fermais et mettais des barrières, car je n’acceptais pas moi-même mes capacités.

Que pourrais-tu dire à cette personne pour l’aider ?

Je suis profondément touchée par sa détresse. Je sais combien il est difficile de reconnaitre que l’on souffre intérieurement. C’est difficile d’accepter de porter en soi douleur, tristesse, colère, rejet de soi, parce que ce sont des émotions jugées « négatives » et que la majorité des enseignements spirituels nous apprennent qu’il faut les surpasser, qu’on doit se sentir en paix et donner de l’amour aux autres. J’aimerais rappeler à cette personne que ce n’est pas parce qu’on chemine sur le sentier de l’éveil spirituel que l’on est des « surhommes ». On est humain, on a des émotions, des blessures et c’est normal. Les émotions « négatives » ne sont pas quelque chose de mal, ce sont des messages de notre âme en souffrance. On peut écouter le message de nos émotions sans les laisser nous contrôler et nous faire agir de façon inconsidérée. Elles ne sont pas là pour nous handicaper mais pour nous délivrer des messages et nous aider à nous comprendre nous-mêmes. A identifier les moments où l’on ne se respecte pas, où l’on a besoin de douceur, d’amour, de joie… Et ces besoins-là, c’est à chacun de nous d’apprendre à les nourrir en nous-mêmes, par nous-mêmes et pour nous-mêmes. C’est un travail qui se fait petit à petit, et il faut apprendre à faire preuve de douceur et de patience avec soi-même. Avant de chercher à guérir autrui, il faut commencer par chercher à se guérir soi-même, à prendre soin de soi. Qu’est-ce qui dans ma vie extérieure se reflète ? Suis-je bien dans mon environnement ? De quoi mon Cœur a envie ? De quoi ai-je besoin pour être bien ?

Maintenant, je t’invite à retourner le miroir vers toi-même. Le message que tu as envie de délivrer à cette personne est également celui que ton âme souhaite que tu entendes. « On est humain, on a des émotions, des blessures et c’est normal. Les émotions « négatives » […] ne sont pas là pour nous handicaper mais pour nous délivrer des messages et nous aider à nous comprendre nous-mêmes. » C’est une invitation à comprendre et à aimer ton hypersensibilité. Parce que tu es hypersensible et empathe, tu es capable de ressentir les émotions et les blessures d’autrui. En réalité, ton scan énergétique s’active quand tu es face à une blessure miroir. En te permettant d’aider l’autre à comprendre ce qu’il traverse, tu t’aides toi-même. C’est comme ça que marche l’effet miroir.

Merci… J’espère que ce post sera bien accueilli par cette personne…

Tu lui donnes l’opportunité de prendre conscience de sa souffrance intérieure. Car il cherche ce qui ne va pas dans sa vie, sans comprendre, en se demandant ce qu’il fait de travers pour rester dans une situation matérielle qui lui pèse. La réalité, c’est que sa situation extérieure reflète son état intérieur. Il a maintenant les clés pour le voir et le reconnaitre. Il a reçu l’aide qu’il avait demandé. C’est maintenant à lui de décider s’il accepte ou pas le message que tu lui envois, s’il décide d’en prendre considération ou pas. Tu ne peux rien faire de plus pour l’aider, les clés sont dans ses mains maintenant.

Oui, je sais, mais je me dis que c’est difficile comme message à avaler… Que son égo risque d’en prendre un coup et de tout rejeter en bloc.

C’est là que se montre le vrai travail d’éveil déjà réalisé. Est-il capable au jour d’aujourd’hui d’écouter le message indirect de son âme ? Ou bien va-t-il préférer rester dans le confort de son égo et tout rejeter ? Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réaction. Il y a juste ce qu’une personne est capable d’accepter et d’accueillir à un moment donné. Si ce n’est pas aujourd’hui, peut-être que cela sera plus tard, ce n’est pas grave. L’important est que cette personne sache qu’elle est aimée pour ce qu’elle est, peu importe la façon dont elle réagit. Car en vérité, vous êtes tous aimés de la Source, même si vous n’êtes pas tous capable de le sentir par vous-même.

Merci.

5 février 2017

 

Trouver la force en soi

Artiste

Artiste : Asuka111

Je n’aime pas du tout le rêve que j’ai fait cette nuit et les énergies qu’il a réveillé…

De quoi as-tu rêvé ?

J’ai rêvé de lorsque j’étais en couple avec mon amie et que nous l’avions annoncé à ses parents. J’ai rêvé que lorsque ses parents ont annoncé me mettre à la porte, elle partait avec moi. Alors on allait dans sa chambre et je l’aidais à faire ses valises. Son père déboulait dans la chambre, plein de jugements, me faisant comprendre que j’étais une dévergondée. J’étais très en colère contre lui, je lui balançais ses quatre vérités, je lui parlais de mon viol aussi.

Et comment t’es-tu sentie au réveil ?

En colère contre ses parents. Me sont venue en tête ce que je disais à son père. « Je n’oublierai jamais que des instituteurs, censés représenter la liberté, l’égalité et la fraternité, ont fait preuve d’intolérance et d’homophobie. Je n’oublierai jamais que des parents ont privilégié les apparences et la peur du jugement par-dessus le bonheur de leur propre fille. Je n’oublierais jamais qu’ils ont été irrespectueux envers mes parents, en décidant que les règles de politesse ne s’appliquaient plus à eux, à cause de moi. Je n’oublierais jamais qu’ils ont fait preuve d’hypocrisie en me laissant revenir dans leur maison des années plus tard, en faisant comme si de rien n’était. Jamais un mot d’excuse. » Cela me fait pleurer de colère. Comment peut-on se comporter comme ça et ne montrer aucun signe de remord ou d’excuse ?

Et pourquoi est-ce cela qui remonte dans la nuit, alors que je pensais à mon amie hier soir et que je lui demandais des nouvelles ? Je me demandais comment je pouvais faire pour la soutenir dans la période difficile qu’elle traverse et qui ne semble jamais en finir… J’ai envie d’être solidaire, envie d’honorer la belle femme qu’elle est, de lui transmettre de l’amour et de la lumière pour qu’elle reprenne confiance en elle. Mais je me sens désemparée… On ne peut pas aider quelqu’un si la personne ne le décide pas d’elle-même, si elle ne s’aide pas d’abord elle-même. Je suis triste de la voir si éloignée et renfermée dans sa bulle. Comment aider à faire face à des émotions, si elles ne sont même pas reconnues et exprimées ?

Plutôt que de chercher à l’aider, tu ferais mieux de travailler sur tes propres nœuds en lien avec elle. Cela l’aiderait d’autant plus.

Faire le travail pour deux ?

Pas vraiment. Dans ce genre de travail, l’âme de la personne aide aussi, même si elle n’en a pas forcément conscience. D’où souvent un travail à travers les rêves, dans l’inconscient de la personne, et au moment de la journée où l’âme est la plus libre d’agir et de voyager.

Ok, je comprends… Je comprends aussi que tous ces rêves intenses que je fais ces derniers jours – et qui me vident de mon énergie – sont en lien avec le processus de nettoyage de fin d’année… Mais qu’est-ce que je fais concrètement ?

Tu publies l’article que tu n’as jamais osé publier concernant ton amie et les nœuds évoqués. Tu le relis avec attention, à la lumière de ce que tu as appris et vécu depuis juin dernier. Tu la laisses en prendre connaissance et revenir vers toi si c’est son souhait. Cela va la perturber, c’est vrai, mais certaines émotions et énergies ont besoin d’être exprimées et extériorisées pour être déliées.

Est-ce juste (comprendre ici bon) pour moi ?

Si cela ne l’était pas, tu n’aurais pas reçu l’information en premier lieu.

Est-ce juste pour elle ?

Comment était-elle dans ton rêve ?

Elle était affaiblie, je devais limite la porter jusqu’à sa chambre. C’était moi qui faisais ses valises pour elle, selon ses souhaits, car elle n’en avait pas la force. Elle ne disait rien.

Cela te rappelle-t-il quelque chose ?

Et bien… Elle n’arrive pas à m’exprimer réellement comment elle se sent, je crois. Je sens bien qu’elle n’est pas vraiment heureuse dans le fond, elle ne rayonne pas. Elle fait face à ses peurs, ses doutes, et j’ai l’impression qu’elle n’arrive pas à se sortir de cette spirale-là.

Tu peux l’aider à  « défaire ses valises », à prendre conscience des poids dont elle ne s’est pas libérée. Après, ce sera son choix à elle d’écouter et de réagir en fonction. L’aide est toujours apportée à celui qui le demande à l’univers, même s’il faut souvent d’abord commencer à s’aider soi-même. A se prendre en main, se responsabiliser. Tu as compris que rester assise en attendant une aide miraculeuse ne marche pas. Il faut se prendre par la main, faire un petit pas. Rien qu’un tout petit pas peut suffire. Cela peut être de commencer une thérapie avec une psychologue, d’utiliser des outils pour reprendre confiance en soi (comme le Défi des 100 jours de Lilou Macé), de trouver une activité sportive ou créative qui fait du bien et qui aide à réaliser qu’on peut faire des choses.

Qu’as-tu appris depuis ton début de dépression nerveuse ?

Qu’il faut savoir accepter son état de faiblesse, reconnaître qu’on est mal et qu’on a besoin d’aide. C’est le premier pas. S’écouter, écouter son corps, ses rêves et ses pensées permet de prendre la mesure de notre mal être et de le reconnaitre. Si on passe son temps à penser du mal de soi « Je suis nulle… Je suis incapable de… Je ne mérite pas ceci… C’est bien fait pour moi… Je ne vais jamais y arriver… Tout le monde s’en fout de moi… » ; si on passe son temps à avoir des doutes et avoir peur de tout « j’ai peur de sortir de chez moi pour aller faire des courses… j’ai peur de conduire… j’ai peur de rencontrer de nouveaux gens… j’ai peur de demander quelque chose… j’ai peur d’affirmer mes besoins… » ; si on n’interagit plus avec l’extérieur et que l’on se renferme dans sa bulle… Tout ça, ce sont des symptômes de dépression nerveuse.

Moi j’ai aussi des insomnies, des crises de fatigue. Je n’arrive plus à manger comme avant, j’ai dû arrêter le lactose car mon corps ne le supporte plus. J’ai perdu du poids. J’ai beaucoup de vieilles émotions et de vieux schémas de pensées qui remontent. C’est une grosse période de nettoyage, qui me permet de me libérer de l’ancien pour aller vers le nouveau. Parce que j’ai une spiritualité développée et que j’arrive de plus en plus à m’ouvrir à ma guidance spirituelle, je sais que c’est normal. Cela fait partie d’un processus pour m’aider à grandir, à me défaire de ce qui ne me correspond plus. Cette dépression me force à quitter un travail qui ne me correspond plus. Elle me fait travailler ma foi. Ai-je foi en moi et en la guidance que je reçois pour sortir de cette épreuve ? Dans le fond, oui, même si certains jours, je doute, j’ai peur, je passe ma journée à pleurer, et je suis tellement épuisée que j’arrive à peine à marcher.

Mais voilà, combattre cet état, c’est dépenser son énergie pour rien. Mieux vaut reconnaitre la situation telle qu’elle est, l’accepter pleinement, pour ensuite trouver le courage et les armes pour la faire évoluer. Plus on est dans le déni, et plus la situation se prolongera, jusqu’à sombrer encore et encore, jusqu’à briser nos dernières résistances pour nous faire admettre la situation.

Est-ce une situation d’échec ? Du point de vue du jugement de la société, sûrement. De point de vue des parents de mon amie, peut-être. Mais du point de vue de l’âme, c’est une porte vers la reconnaissance de soi-même. Qui es-tu ? Que veux-tu ? On n’est pas défini par notre travail, on n’est pas défini par l’argent que l’on a ou que l’on n’a pas, on n’est pas défini par nos liens sociaux, notre « réussite », les jugements de nos parents. Cette période sombre, elle est là pour nous reconnecter à notre Essence, à celle qui dépasse les jugements et les apparences. Qui que l’on soit, on a chacun un Cœur, et dans ce cœur réside un trésor infini. Celui de l’Amour. Celui qui sait s’aimer soi-même est le plus riche en ce monde. Car alors il pourra accéder à ses propres talents, à ses propres envies et il pourra rayonner l’amour autour de lui. On en est tous capable. Il n’y a pas besoin d’être médium pour cela. Il n’y a pas besoin d’avoir de diplômes.

Il suffit d’apprendre à écouter son cœur. Alors comment faire me direz-vous ? Parce qu’en réalité, ce n’est pas si « simple » que ça, et j’ai mis bien du temps avant d’accepter ce que le mien me disait. Car souvent, on s’est coupé de son cœur pour une bonne raison, parce que celui-ci nous transmettait des messages de souffrance et de douleur, dont on ne savait pas quoi faire. Alors parfois, dans les premiers temps, il est difficile de se reconnecter à lui, car toutes ces émotions que l’on avait fuies remontent à la surface. La meilleure façon est de les laisser s’exprimer, d’accepter qu’elles nous traversent, aussi douloureux soit-il, elles passeront si on sait les accueillir. Dans ces moments-là, l’écriture (dans un journal intime par exemple), le dessin, le chant, le sport, le dialogue avec un professionnel ou une amie de confiance, tout moyen d’expression est bon pour exprimer ces émotions.

« Je pleure car je me sens triste… » Mais pourquoi est-ce que je me sens triste ? Quel est le message que veut me faire passer mon « état d’âme » ? Est-ce parce que je ne me sens pas reconnue pour qui je suis réellement ?  Est-ce parce que je me sens seule ? Incomprise ? Quelle est l’origine de cette tristesse ? De quoi ai-je besoin pour l’apaiser ?

Un exemple concret serait plus parlant. Prenons le tien. Pourquoi es-tu en colère contre les parents de ton amie ? Pourquoi n’arrives-tu pas à lâcher cette colère ?

Je suis en colère contre eux, parce que leur comportement a fait terriblement souffrir mon amie, leur propre fille, mais il a aussi blessé mes parents. Je déteste quand mes actions impactent ce que j’aime d’une telle façon, je trouve cela injuste ! Que l’on s’en prenne à moi, je peux le comprendre, mais que l’on s’en prenne à mes parents, je trouve ça injuste. Je déteste aussi qu’ils fassent comme si de rien n’était, comme si leur comportement avait été « normal », comme si ce n’était pas important. J’imagine que je n’arrive pas à lâcher prise, parce que je n’ai jamais pu leur dire ce que je pensais, mes émotions, que nous n’en avons jamais parlé en face à face. Ils se sont comportés en adultes autoritaires en disant « tu n’as plus rien à faire dans cette maison » sans prendre la peine de discuter avec la personne que je suis, ni à cette époque, ni même par la suite. Ils me diraient « nous avons eu peur pour notre fille, nous voulions la protéger, nous sommes désolés » je pourrais comprendre, je pourrais pardonner. Mais il n’en est rien, ils ont décidé d’ignorer la chose et l’ont rendu tabou.

As-tu la moindre raison de conserver ces émotions et de porter cette colère ? Cela va-t-il changer le passé ?

Non…

Alors nous t’invitons à leur écrire une lettre. Écris ce que tu as ressenti, écris ce que tu ressens encore aujourd’hui. Écris ce que tu aurais aimé leur dire, sans aucune restriction. Libère ton cœur et laisse les émotions sortir. Puis, au 31 décembre, tu brûleras cette lettre en demandant au feu de transmuter ces énergies lourdes en énergie d’amour et de lumière. Connecte toi à ton cœur, trouves-y l’amour inconditionnel que tu ressens pour ton amie, et parce que tu l’aimes elle, envoie de l’énergie d’amour à ses parents. Fais preuve de compassion et de pardon. Peu importe les raisons qui les ont poussés à agir comme ça, tu peux te libérer de ce poids, tu peux faire en sorte que cela ne pèse plus sur ton cœur et sur ta relation d’amitié avec elle. Le reste sera de son propre ressort.

Merci.

29 décembre 2016

 

S’affirmer

Artiste

Artiste : Kyrie0201

Je suis contente, j’ai fait du shopping et j’ai trouvé ce que je voulais !

Même si tu n’as pas pu aller à l’atelier d’art créatif ?

Bof, c’est pas grave, je n’avais pas envie de courir et d’être en retard. J’étais fatiguée et puis j’avais envie de m’arrêter au bord de la mer. C’est l’avantage d’être sur une ile, la mer est partout et très proche. Le soleil brillait fort, le bruit des vagues était berçant. Ça m’a fait du bien. Et puis la mer fait tellement de bruit que j’ai pu chanter à pleine voix sans me préoccuper d’être entendue. J’aime bien cette petite plage, il n’y avait pas beaucoup de monde, une plage nature et sauvage comme je les aime, même si ce n’est pas la porte à côté. J’étais déçue de ne pas avoir pensé à emmener dans ma voiture une serviette, mon bouquin, ma crème solaire, mon chapeau. J’ai été un peu prise au dépourvu !

Mais c’était bien quand même ?

Oui ça m’a fait du bien. Cela fait très longtemps que je n’avais pas eu ni l’énergie, ni l’envie, ni le temps de sortir pour moi toute seule.

C’est pourtant simple au final. Il te suffit d’enfiler tes talons, de prendre tes clés de voiture, de ne pas oublier un sac de plage que tu devrais tous le temps laisser dans ton coffre.

Oui c’est une bonne idée ! C’est tellement plus simple maintenant que j’ai enfin une voiture ! Même si techniquement, elle est en réparation et qu’on m’en a prêté une… Je n’avais pas de mal avant à oser faire ça, à sortir seule, à aller où j’en avais envie, sur une impulsion. Mais le problème c’est que justement les impulsions me manquent.

Il faut parfois se forcer un peu. Pourquoi rester chez toi à déprimer alors qu’il fait soleil ? Tu peux te sentir seule aussi sur la plage, ce sera déjà un peu plus agréable.

Le problème justement c’est que c’est douloureux. Faire les choses seules avant ne me gênait pas autant, parce que je savais que c’était en attendant de pouvoir le faire avec mes amis, ma famille. Un peu comme une exploration et si je découvrais un truc cool, je pourrais leur montrer. Ici… Personne n’a les moyens de se payer des billets d’avion pour venir me voir. Mes parents sont déjà venus une fois, ils ne savent pas quand est ce qu’ils pourront de nouveau.

Et qu’as-tu acheté pendant ton shopping ?

Presque que des choses dont j’avais besoin, presque lol. Je me suis rachetée 2 soutiens gorge à dentelle. Car j’en avais marre de ne porter que mes modèles sports que j’utilise quand je suis en sortie sur le terrain. Dégoutée aussi que toute ma belle lingerie soit trop petite, à 100€ le morceau (souvent des cadeaux) ça me fout les boules. Car il semblerait que j’ai pris un tour de poitrine. Sauf que ça ne m’enchante pas trop, car j’ai l’impression d’avoir gonflée de partout, certes des seins, mais aussi du ventre, des fesses et des cuisses. La vendeuse m’a demandé comment je faisais… et je lui ai répondu que c’était probablement à cause de mon traitement hormonal. Ce à quoi elle a répliqué qu’elle voulait bien le même alors. Je n’ai pas osé répondre. A quoi bon ? Elle l’a dit innocemment sans se rendre compte que cela m’a blessée.

Pourquoi ?

Parce que je préfèrerais largement troquer un bonnet de moins contre mon endométriose. C’est comme si cette maladie et mon traitement rendaient la compréhension de mon corps encore plus compliqué. Je ne retrouve plus aucune logique de cycle malgré mes observations. Un coup je gonfle, l’autre ça va mieux. Je me demande si je ne me mets pas à faire de la rétention d’eau comme à la ménopause ? Mon acné est supra aléatoire, comme l’est l’hydratation de ma peau et de mon cuir chevelu (contrôlée en partie par les œstrogènes), ce qui donne des démangeaisons. Mes ovaires semblent maintenant gonflé en continue, et joue probablement un rôle dans ma sciatique, puisque prenant 3 fois leur volume normal, il force le bassin à s’ouvrir plus, font prendre une posture déformée qui est à l’origine de mes contractures et de ma sciatique tronquée.

En fait, j’ai surtout l’impression de ne jamais en voir le bout. Quand ce n’est pas la crise de fatigue, c’est les problèmes de vessie, ou de système digestif ou encore hourra, la sciatique. Et tout ça, le traitement hormonal ne joue pas dessus. Parfois je suis vraiment découragée.

Je disais l’autre jour à ma kiné, que même si je n’étais pas stérile, je ne savais pas si je voudrais un enfant. Car je suis tellement épuisée et sollicitée par ma maladie, que je n’aurais jamais la force, l’énergie et le temps de m’occuper d’un enfant.

Et est-ce grave ? La priorité n’est-elle pas de savoir prendre soin de toi-même ?

Si je sais… C’est d’ailleurs pour ça que je me suis rachetée un beau pyjama tout neuf, tout doux et tout confortable. Quitte à passer du temps en pyjama à cause de ma maladie, autant en avoir un sexy ! C’était ma 2ème priorité après la lingerie. J’essayerai d’en trouver un autre sympa en métropole. Histoire d’en avoir quelques-uns de jolis et d’assortis et de ne pas avoir l’impression de me trainer en guenilles chez moi quand je suis malade. Ça joue aussi sur le moral.

Tout comme ça t’a fait plaisir de sortir en mettant tes belles chaussures, du rouge à lèvre et ton collier préféré.

J’en avais besoin. Je commence à péter une pile de rester chez moi en pyjama quand je suis malade, ou bien de porter des vêtements qui ne me plaisent pas au boulot parce que c’est physique, salissant, et je ne parle même pas des jours où je vais en cambrousse avec mes godasses de terrain. J’avais envie de me sentir belle, ou à défaut, au minimum de ne pas me sentir fagotée comme un sac à patate. Une question d’estime de soi je crois… Me sentir féminine peut être ? Comme je me sentais avant, quand j’étais à Rennes, avant même de rencontrer mon ex. Juste le plaisir de me faire belle pour moi-même, d’aimer mes vêtements, mon style et me sentir à l’aise dans mes baskets.

C’est plus facile de sortir comme ça ?

Oui beaucoup plus, je crains moins les autres, la foule quand je suis plus sûre de moi, plus centrée dans mon corps. Il y a tellement de vêtements, que j’ai laissé en métropole, que j’aime bien et que je ne pensais pas pouvoir porter ici. Et puis j’aimerais bien trouver un pantalon en sky pour aller avec ce top rouge bordeaux. Ça irait super bien ensemble, et avec mes jolies chaussures. Après, porter ça au boulot… c’est une autre histoire…

Pourquoi ça ?

Je me vois mal recevoir des agriculteurs en entretien habillée comme ça. Ça ne fait pas sérieux « dans le monde agricole ». Et si je dois aller sur le terrain à l’impromptu, ou travailler dans le hangar, ça veut dire qu’il faut que je me change… Vu comment mon supérieur passe sa vie à changer d’avis, me demander les trucs au dernier moment, ça risque d’être compliqué… Et puis j’avoue, j’ai peur de ses remarques.

Crois-tu qu’il est censé avoir son mot à dire sur la façon dont tu t’habilles si tu es capable de faire ton travail correctement ?

Non.

C’est aussi une question d’affirmation de soi. Tu sais que tu as un style qui sort un peu de l’ordinaire. Toi-même tu te faisais la réflexion que tu voulais avoir un look confortable mais sexy. Quel mal y-a-t-il à ça ? Même si tu sais que ton look est plutôt « rock » et qu’il n’est pas forcément classique. Après tout, tu ne l’es pas non plus, comme te l’a dit Patricia. Alors pourquoi le cacher ? Pourquoi ne pas être en accord entre ton intérieur et ton extérieur, à cause de la peur du jugement, du regard des autres ? Tu es différente, parce que tu es unique. Ta maladie te donne un bonnet D et du ventre ? Et bien soit, fait avec. Tu as compris que tu devais privilégier les tops type empire, qui souligne la poitrine et le décolleté tout en cachant le ventre, c’est dans ce sens qu’il faut aller.

Et si ton supérieur te fait des remarques, ne les laisses pas passer. Demande-lui si cela t’empêche de faire correctement ton travail et de mettre ta tenue de terrain. Fais lui remarquer que même ton propre père ne se permet pas de faire des remarques sur tes vêtements. Si tes tenues ne sont pas indécentes et ne te gênent pas pour travailler, alors il n’a aucun le droit de te dire quelque chose. Et si c’est le cas, remets le fermement mais gentiment à sa place. Tu dois apprendre à t’affirmer et te libérer de tes peurs concernant cet homme et globalement tous ceux qui représentent l’autorité. Tu as bien une collègue qui met des tenues très féminines.

Oui mais elle est en boutique et elle conseille sur des produits en lien avec la beauté, alors… C’est aussi quelqu’un qui semble toujours avoir peur de se casser un ongle et qui ne veut pas se salir les mains.

Tu te mets toi-même des restrictions. Il ne tient qu’à toi de te sentir bien au quotidien dans tes fringues. En osant porter des choses qui te ressemblent à ton travail. En étant prévoyante et en ayant toujours une tenue de terrain dans ton coffre. Si ton patron exige là tout de suite que tu ailles sur le terrain, expliques lui que tu es actuellement sur un tâche importante que tu souhaites finir, que ce n’était pas prévu et que tu n’es pas habillée pour, mais que tu peux y aller dans 1h ou cet après-midi.

Il trouve incohérent que ta collègue te demande la veille pour le lendemain ou le jour même d’aller à une réunion à tel endroit. Mais il ne fait pas mieux avec toi, t’ordonnant ceci ou cela au dernier moment. Comment peux-tu gérer ton emploi du temps et tes tâches, s’il te rajoute toujours des choses à l’improviste ? Tu dois être plus ferme avec lui sur ça. Lui dire ok, mais là j’ai ceci et cela de planifier, donc après. Et aussi lui demander de te donner les tâches plus en amont pour que tu puisses t’organiser.  Tu n’es pas une ouvrière qui accomplit les tâches au fur et à mesure qu’on lui donne, tu es une ingénieure censée planifier, organiser, gérer ton travail et être autonome. Rappelles lui la différence, tu n’es plus en VSC. Ne le laisses pas te priver de tes capacités d’organisation par son besoin de contrôle permanent.

Plus facile à dire qu’à faire.

Penses-y. Pense à une manière de lui expliquer gentiment mais fermement.

Oui, merci…

7 mai 2016

Le train qui passe

Artiste : Prema-ja

Artiste : Prema-ja

Je me pose beaucoup de questions sur ma vie en ce moment. De grosses prises de conscience m’ont frappée comme des trains ces derniers temps.

D’abord du côté tu travail, où je comprends que mon supérieur montre enfin son vrai visage avec moi, maintenant que je suis en CDI. A me mettre la pression à fond, à se décharger 3 fois plus sur moi de ses émotions, à s’énerver et monter le ton alors que je n’y suis pour rien, à essayer de fliquer mes collègues à travers moi, à me demander des trucs qui ne me concernent pas en urgence, à mettre tous les freins possibles à mes récupérations d’heures supp, à se faire passer pour le gentil quand il accepte certaines choses qui sont des droits, à être tout le temps de mauvaise humeur et agressif, etc. Et j’en passe. Je pensais naïvement qu’il n’avait pas conscience de ses défauts, que ce n’était pas avec une méchante intention, à contrario de mon chef précédent. Mais qu’importe l’intention quand on cherche malgré tout à pousser les gens à bout, à les pressuriser au point de les empêcher de bosser correctement ? Il est par certains côtés similaire à mon patron précédent que j’ai fui, sauf que ce ne sont pas pour les mêmes raisons. On lui donne un doigt, il te prend le bras. Et j’ai été naïve et trop gentille, alors que je me pensais méfiante après mon dernier patron.

Que faire maintenant ? Dois-je fuir encore ? Alors que mon boulot pourrait me plaire et me passionner si ce supérieur n’était pas là pour me stresser, m’épuiser et me polluer émotionnellement ? Comment récupérer mon bras maintenant qu’il s’y accroche ? Pourquoi ma peur d’un supérieur masculin persiste-t-elle ? Qu’est-ce que je risque ?

Je me pousse moi-même à bout en rentrant dans son jeu et le laissant avoir de l’emprise sur moi. Je suis tellement épuisée que je n’arrive pas à lutter, à poser des limites, à contrer ses émotions. Mais est-ce réellement le comportement adapté ? Résister, s’opposer, refuser ? Ne faudrait-il pas que je sois comme l’eau de la rivière qui suit le flot, mais coule du côté souhaité ? Et comment faire ça ? Dire oui et faire d’une autre façon, à ma manière ?

Tellement de questions et si peu de réponses. Je constate que je ne me connais toujours pas plus. Que je ne sais pas ce que j’ai envie de faire dans ma vie, même à courte échéance. Je n’ai aucun objectif, j’attends que le temps passe, quelque part, en attendant que cela aille mieux. Sans avoir de projet, de chose qui me porte.

Et pourquoi ? Parce que je n’ai pas d’envie, pas d’idée, pas d’ambition, pas de volonté ? Parce que je n’arrive pas à me laisser porter par mon cœur, à avoir confiance en moi ? Parce que je n’ose pas, que j’ai peur, que je m’interdis inconsciemment les choses ?

J’ai l’impression que rien ne me convient vraiment dans ma vie. Ni mon alimentation, ni mon rythme de vie, ni mon travail, ni mes loisirs, ni ma garde de robe, ni le lieu où je vis. Comme la sensation de tout faire par défaut.

Je n’apprécie pas spécialement la majorité des vêtements que je porte, parce que je n’ai pas trouvé mieux, parce qu’au boulot ce n’est pas adapté, pas pratique, où que je ne veux pas flinguer les vêtements que j’aime bien, que je ne veux pas me faire remarquer avec un style « bizarre ». Voilà, je reste pratique, utile. Mais est-ce que cela me procure du plaisir ? Je n’en ai aucun à m’habiller avec mes vêtements, choisir la tenue du demain est une corvée de plus, c’est tout. Je ne me sens pas belle dans mes vêtements, je me sens passe partout. Et finalement, le travail n’est-il pas une excuse pour ne pas faire d’effort ? J’ai eu beau chercher, je n’arrive pas à trouver le style qui me va et qui me plaît. Ou créer le mien. Je ne me sens pas « moi » dans la façon dont je m’habille. Est-ce que je m’habille de la façon dont je pourrais rêver sans restriction ? Non. Et que serait-elle si j’avais toutes les possibilités devant moi ? Je crois que je n’en sais fichtrement rien. Comment se peut-il qu’il soit si difficile de trouver son style ?

J’aimais bien comment je m’habillais les derniers temps avant d’arrêter de porter du noir. Même si cela ne reflétait pas forcément mon intérieur plus « lumineux » dirons-nous. Des fois j’ai juste envie de m’habiller pareil, mais j’ai bien vu que c’était une carapace visant à me protéger de l’extérieur. Je n’ai pas envie de retomber dans le même travers…

Parfois, j’ai l’impression que ma vie entière ressemble à cette histoire de vêtements, qui n’est après tout qu’une façade de notre être, un outil de protection contre le climat qui nous entoure, mais aussi une façon de s’exprimer.

Comment peut-on s’exprimer quand on ne se connait pas ? Ou est-ce au contraire en s’exprimant et en essayant différentes formes d’expression que l’on arrive à découvrir qui l’on est ?

4 mai 2016

Petit à petit

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Artiste : Kuvshinov-Ilya

 

C’est le premier dimanche, depuis que je suis sur cette île, que j’arrive à ressentir une paix intérieure en étant seule. Malgré l’éloignement de la famille, les tracas quotidiens, les lourdeurs et les tristesses en moi. C’est d’habitude le jour le plus difficile de la semaine pour moi, celui où je ressens toute la mélancolie de ne pas pouvoir manger en famille, voir mes amis ou sortir dans mes lieux familiers de verdure en métropole.

Aujourd’hui j’ai médité, chanté, fait de la couture, je me suis promenée, j’ai regardé un film que j’apprécie, j’ai réfléchi à ce que j’ai envie de me cuisiner ce soir. Je me suis occupée de moi, dans une bulle réconfortante. J’ai accueilli les émotions de tristesse, de désespoir et de besoin de repères extérieurs. J’ai écouté mon corps avec attention, ses douleurs, ses besoins. Et je célèbre toutes ses petites victoires, qui semblent si petites, si normales, mais ne le sont pas pour moi après toutes les tempêtes que j’ai traversées. Et alors même que j’écris cela, une émotion énorme me submerge et me donne les larmes aux yeux.

J’aimerais que tout soit aussi paisible et doux, chaque jour. Peut-être est-ce l’effet, de savoir que demain lundi c’est encore le we, qui me permet de lâcher prise au temps. Je me sens en vacances, et cela me fait du bien. Juste être là, pour moi, dans l’instant présent, dans le lieu où je suis, avec ce que j’ai à la portée de mes mains pour créer et pour cuisiner.

Hier j’ai fait des pancakes au sarrasin, ma première fois. J’ai décidé de réduire progressivement le gluten de mon alimentation, car mon estomac semble fait un rejet du pain blanc, et mon intestin ne plus bien le digérer. C’est bizarre, c’est vraiment devenu évident suite à mes stages sur le Féminin. Comme si une évolution de mes pratiques et de mes énergies engendraient une plus grande exigence de mon corps envers ce que j’avale. Progressivement aussi, j’ai vu mon alimentation se changer, intégrer la papaye, manger plus de fruits et de légumes. Cuisiner beaucoup plus, des choses simples mais meilleures pour mon corps. Je me suis mise aux cakes salés à la farine de maïs. Ce soir, je pense me faire une soupe de pois cassé, demain des cookies farine de sarrasin, chocolat et raisins.

La seule chose qui me chagrine, c’est que je n’ai pas trouvé de farine de riz, car c’était en rupture de stock…

Ce n’est pas plus mal, car du riz reste du riz et garde son effet « colle » pour tes intestins. Tu as besoin de faciliter ton transit, pas de le plomber avec du riz. Cela te pousse à explorer d’autres farines, et à changer de façon progressive les proportions.

Oui, j’ai appris plein de choses sur les farines sans gluten ou à faible quantité de gluten, sur les fécules aussi ! Je ne pensais pas qu’il y en avait autant ! Je trouve que cela élargit la palette des goûts, les possibilités et me donne envie de faire preuve de créativité ! Et puis l’avantage, c’est que je ne suis pas une malade céliaque, du coup, je peux quand même prendre les produits notés « trace de gluten » et donc déjà réduire un peu le coût… Parce que c’est vrai que ce n’est pas donné de bien manger, même quand on cuisine soi-même. L’époque où j’achetais des barquettes de carry me semble bien loin…

Mais je suis contente de cette évolution. Je sens que c’est bon pour mon corps, et puis c’est aussi une forme d’amour que de cuisiner pour moi. J’avoue que j’ai bien été aidéé par le cadeau de récupérer un four et des plaques au gaz, ça me change la vie, et me donne vraiment envie de cuisiner !

La prochaine étape, je crois, sera d’apprendre à faire mes pâtes brisées toute seule et avec moins de farine de blé. Mais on peut trouver plein de recettes et d’idée sur internet, c’est vraiment génial ! J’ai vraiment envie aussi d’essayer la farine de petit épeautre. J’ai goûté un cake pomme cannelle avec cette farine, c’était une tuerie ! D’ailleurs il faut que je demande la recette !

Cette perspective me remplit de joie, alors qu’il y a peu encore, cuisiner me semblait de nouveau une corvée terrible. Je n’avais pas d’idée, pas d’envie, pas d’inspiration. Mais depuis les stages Cœur de Femme, ça a beaucoup changé. J’ai pu voir que l’on pouvait manger différemment et ce, tout en se faisant plaisir et en étant gourmande ! J’ai gouté plein de plats végétarien, sans gluten, des céréales inconnues, des graines germées, etc, etc… C’était génial !

Et j’ai constaté aussi que depuis les stages, je ne mange plus de viande du tout. Ce n’est pas vraiment un choix conscient, c’est juste que je n’en ai pas envie, cela m’attire encore moins qu’avant. J’ai plutôt envie du super pâté végétal à la tomate que j’ai gouté ! Exit donc la charcuterie, la viande rouge, les pâtés, le jambon, etc… Par contre, j’ai une envie forte de fromage, encore et encore ! Parfois de poisson. Mais il va falloir que je vois comment équilibrer mon apport en fer, parce que je ne voudrais pas être carencée.

Pfff, je me dis que quand je vais rentrer en vacances en métropole, ça va être compliqué pour manger… Ce ne sont pas des habitudes alimentaires présentes dans ma famille. Et encore moins chez certains de mes amis… Il va falloir que je sois maligne et que je m’adapte. Je devrais réfléchir à des recettes et des plats passent partout, que je peux faire rapidement chez d’autres personnes sans nécessiter d’ingrédients assez particuliers. C’est un défi assez inattendu pour moi… Comment penser à moi et me respecter dans un environnement inconnu, instable et variant, face à des habitudes bien établies.

Plus les jours passent et plus je me rends compte combien je suis en train de changer. Dans ma façon de penser, de manger, de m’habiller, de marcher en conscience dans mon ancrage, de méditer et de prier différemment. Plein de prises de conscience s’enchainent depuis les derniers mois. J’ai la sensation que des choses que je « savais » commencent enfin à être « intégrées ».

Mon hypersensibilité aux émotions et aux énergies a refait surface. Mais cette fois-ci je m’emploie à ne pas la refouler, à l’accepter et à vivre avec. Cela fait tout doucement son chemin. J’ai compris que mon plus gros problème par rapport à ça est que je manque d’ancrage et de stabilité en moi-même, de centrage dans mon propre corps. Que tout le travail spirituel que l’on fait n’a pas vocation à nous permettre de nous élever pour voyager hors de notre corps, mais bien à nous élever en étant bien ancré dans notre corps et nos émotions. C’est quelque chose d’assez nouveau pour moi, d’accepter cette réalité. Car j’ai toujours voulu la fuir, retrouver cette « maison d’où je viens », ce retour au divin déconnecté de la matérialité. Et c’est un vrai challenge. D’essayer chaque jour d’être présente à mon corps, à ses douleurs, aux émotions qui le traversent, tout en arrivant par moment à faire le vide en moi, à lâcher le mental et à simplement être présente, sans jugement et avec bienveillance envers moi-même.

Je crois que tout doucement j’avance, j’ai repris ma route. Tout à coup, je n’ai plus l’impression de stagner dans le désert, même si je ne sais pas encore où je suis et où je vais, que je ne vois pas de chemin, ni de panneaux indicateurs. Je me dis qu’ils apparaitront en leur temps, quand cela sera le moment. Je suis simplement heureuse et pleine de gratitude d’avoir fait toutes ces rencontres, d’avoir découvert tant de choses, d’avoir ressenti et expérimenté tant d’émotions, même si c’était difficile pour moi.

J’ai l’impression de repartir de ce cycle de stages Cœur de Femme avec plein d’outils à la fois simple et précieux. Tellement d’outils ! J’apprécie particulièrement ce chant de femmes qui me tient chaud au cœur et m’enveloppe quand je le chante. Et puis ces mantras et ces méditations avec le son. Et ce rappel du Kototama, qui m’avait intéressé par le passé (aller voir ici pour savoir ce que c’est). J’ai vraiment envie de travailler avec le son. J’aimerais beaucoup récupérer mes autres bols tibétains en métropole, voir m’acheter un petit bol en cristal, et ces carillons si magnifiques…

Et puis j’ai bien aimé cette réintroduction aux cristaux, et aux soins énergétiques. J’ai apprécié, même si je m’en étais détourné par le passé. Cela me fait envie, plus pour l’aspect d’explorer mes ressentis, mes intuitions et les énergies que pour vraiment apporter une guérison. Quelque chose s’est relâchée en moins à ce sujet. Je faisais un blocage total sur l’idée de soin, de responsabilité et d’efficacité. Je ne voulais pas que l’on vienne vers moi pour ça. Mais l’expérimenter sans attentes et sous forme d’échange, j’ai trouvé ça super, ça m’a donné envie de recommencer. Juste pour le plaisir de donner sans attente de résultats, et le plaisir de recevoir. Je trouve que c’est une belle façon d’apprendre à donner et recevoir, pour moi qui est du mal avec ça. Je me demande si des opportunités de présenteront, parce qu’on en a parlé mais…

Tu n’es pas encore tout à fait prête. Il te fait trouver une stabilité émotionnelle. Un endroit intérieur où te réfugier et te sentir en sérénité quand les émotions des autres tempêtent. Cela ne t’empêchera pas de faire preuve de compassion, mais d’avoir le recul nécessaire pour ne pas le prendre pour toi et sur toi, et surtout de rester bien ancrée. Ton problème à toi est que de trop fortes émotions vont te déraciner. C’était le cas quand tu les transcrivais sous forme de poèmes et perdais totalement le sens de la réalité. Ça l’est encore d’une autre façon, tu vas alors te déconnecter de tes propres émotions et des ressentis de ton corps, pour que l’écho ne t’ébranle pas au point de te déraciner. Ce qui entraîne une forme de décentrage, et donc une perte de justesse dans ton alignement et dans ce que tu as à transmettre. Il te faut apprendre à être en présence de ces émotions, sans qu’elle te perturbe dans ta structure énergétique profonde. Car traiter des blocages et des nœuds, ce sont souvent des émotions cristallisées à libérer. Même si tu ne passes que pas le corps et le massage, même si tu utilises des cristaux ou des auxiliaires. De par ton empathie, tu les capteras si tu t’ouvres vraiment à tes ressentis et que tu acceptes de ressentir les nœuds émotionnels de l’autre. Tu en as la capacité, mais elle n’est pas encore pleinement maitrisée donc pas encore pleinement libérée.

Il ne faut pas que tu prennes cela comme une nécessité, une responsabilité. Mais comme l’opportunité d’apprendre en apportant à l’autre ce dont il a besoin à l’instant précis, même si cela ne semble pas juste d’un point de vue extérieur. Il n’y a que l’âme de la personne qui peut le dire. Et puis de toute façon, nous sommes toujours là pour te guider et t’empêcher de faire des bêtises. Tu peux avoir confiance en toi. Car ce que tu veux et ce que tu peux offrir ne touche à rien de vital, mais au bien être de la personne. Tu ne touches pas à sa santé profonde, mais à son bien être émotionnel et énergétique.

Merci.

27 mars 2016

Des hauts et des bas

Artiste :

Artiste : SunnySanki

Je me sens totalement épuisée. Cela fait plusieurs nuit que je dors mal, que je me réveille à 5h du mat et que je n’arrive pas à me rendormir. Que je ne rêve pas et que j’ai l’impression de ne pas du tout m’être reposée, comme si je n’avais pas dormi. Même pendant mes siestes, j’ai l’impression de ne pas récupérer. Et plus les jours passent, plus les cernes s’accentuent et la fatigue me plombe.

Alors que je dois faire face à des dépenses imprévues d’énergie. Marcher pour aller prendre le bus, stresser de prendre le bus. Ils ne sont pas à l’heure, souvent en avance de façon aléatoire et il n’y en a qu’un par heure. Je stresse de le rater, ou qu’il n’y ait pas de place et que je reste sur la touche. Comment je ferais le jour où le bus sera plein ? Après tout, il n’y a que 20 places, et hier j’ai pris la dernière… Et puis ça me stresse de devoir marcher entre l’arrêt et mon travail, parce qu’il n’y a pas de trottoir, une ravine, des virages sans visibilité. Ce matin une voiture est passée à 10 cm de moi, en serrant brusquement car une voiture arrivait en face, et ce sans ralentir, à 60 km/h. J’ai été choquée et ça m’a fait peur, un peu plus et elle me dégommait contre le mur.

Toute cette histoire de bus me stresse, parce que c’est très différent de toutes les années où je l’ai pris en métropole. Ici il fait très chaud, l’air en bord de route est très pollué, il y a beaucoup de bouchons. Marcher dans ces conditions ne me fait aucun bien, au contraire… J’essaye de rester optimiste et de faire avec, mais je n’aime pas me sentir en danger. Et puis c’est fatiguant aussi de devoir supporter tous ces regards en attendant le bus, dans le bus… parce que je suis la seule métro à le prendre on dirait, et que je ne parle pas créole… Les gens se demandent peut être ce que je fais là ? Je me le demande aussi…

Parfois j’ai vraiment envie de rentrer. Je suis fatiguée de lutter pour tout, pour aller au travail, pour mes différents sujets au travail, pour rentrer du travail, pour chercher une voiture, pour… J’essaye de ne pas faire une montagne de toutes ses petites choses nouvelles qui me fatiguent, mais ça fait beaucoup de changements, et même si je prends les choses une par une, je me sens vidée.

Vidée aussi par mon hypersensibilité émotionnelle et aux énergies. Je veux bien essayer de ne pas la combattre, mais la laisser s’exprimer me vide aussi. Au point que j’aimerais le soir pouvoir discuter avec mes guides, mais que je n’y arrive pas.

Et puis cette faim… J’ai tout le temps faim, par ennui au travail, par envie de manger, par besoin de sucré et de chocolat. Je sens que j’ai un grand manque affectif à combler, mais j’ai beau essayer en mangeant, en prenant soin de mon corps, en méditant, etc… rien ne semble marcher.

Je sais aussi que j’évite très soigneusement de penser à mon ex-compagnon. C’est horrible comment il revient encore et encore dans mes souvenirs, surtout liés à la sexualité… Je commence à réaliser que même s’il était probablement le meilleur amant que j’ai eu, il n’était pas forcément celui qui me convient en réalité. Difficile de le comprendre avant en me connaissant si peu sur ce point, mais en apprenant à m’explorer, je cerne un peu mieux ce qui me correspond.

Toutefois, rien de tout ce que je fais, me purifier quotidiennement, méditer, manger plus de fruits et de légumes, me remettre à la cuisine, prendre le temps d’écrire, prendre soin de ma peau et de mon acné, essayer de dormir au moins 8h par nuit ; rien ne semble porter ces fruits. Et rien ne semble combler ce vide affectif immense. J’ai même l’impression de régresser, de compenser avec de la nourriture en mangeant plus gras et moins équilibré, de bâcler ma routine soin de peau sans y mettre du mien, de négliger de remettre de la crème solaire en journée… Comme si tout à coup je n’arrivais plus à me connecter à mon amour envers moi-même, alors que je le sentais tant encore la semaine passée. Alors que j’essaye d’apprendre à avoir foi en moi et à faire confiance à la vie. Alors pourquoi ?

Quand c’est comme ça, tu devrais juste te reposer. Tu ne peux pas être tout le temps au top. Tu dois accepter que des fois tu te sentes mal, c’est normal. Faire preuve de douceur est la meilleure des solutions. Ok tu essayes de prendre soin de toi, de te faire du bien, ok cela ne marche pas comme d’habitude. Peut-être que tu as juste besoin de quelque chose de différent aujourd’hui ? De te rouler dans ton plaid moelleux et de dormir, de manger du chocolat. D’accepter que parfois tout ne parait pas parfait, que c’est difficile pour toi et saluer tes efforts. Tu te débrouilles, tu fais avec, même si tu dois te lever pour 7h20 alors qu’avant tu dormais jusqu’à 8h. Même si tu dois supporter un bus bondé par 35°C plein d’énergies étrangères. Même si tu dois porter tes kilos de fruits et légumes et rentrer à pied. Tu as le droit de dire que ce n’est pas facile.

Ce n’est pas facile. Et je ne sais pas ce qui le rendrait plus facile. Je m’ennuie au travail. J’ai des tas de choses à faire, mais elles ne me motivent pas et ne m’intéressent pas. J’ai l’impression que c’est juste une liste de choses urgentes à faire sans fin… Je préfèrerais plutôt travailler mes cours d’astrologie, reprendre le chant, aller me balader en forêt. J’ai l’impression d’avoir déjà besoin de vacances… Que les journées se trainent, que je n’attends que le soir mais que je suis trop épuisée pour en profiter quand il arrive… Cela me frustre. Je n’ai plus d’énergie pour travailler mes cours d’astro le soir ! Et puis j’attends le we, pour avoir du temps pour moi, mais je n’en aurai pas vu que je serai en stage.

C’est peut être bien, c’est peut être déclencheur de prise de conscience et de guérison sur le féminin, mais c’est épuisant ! Alors que j’ai juste envie de dormir, cela me semble une trop grande dépense d’énergie à venir…

Alors demande du soutien. Mieux encore, aie foi en ta propre puissance. Elle n’a pas besoin d’être éclatante et dure, instantanée et brutale. Elle peut être douce et sous-jacente, silencieuse mais présente. Il te reste encore à l’expérimenter d’une façon féminine, et non masculine. Ta force peut résider dans la douceur, dans le fait de faire les choses à ton rythme, avec patience, sans te précipiter mais surement. A quoi bon t’épuiser à courir ? Fais confiance à tes ressentis pour te guider sur le moment où donner une impulsion ou bien sur l’ordre des priorités.

Cela te semble abstrait, tu ne vois pas comment appliquer ça au travail.

Non, je ne vois pas du tout. Je t’avoue que j’ai juste envie de dormir et de rêver, rêver, rêver… De ces rêves doux et agréables où je me sens bien, où je me sens bercée, où je suis déçue de me réveiller.

Pourtant c’est dans la réalité que tu dois vivre.

Je sais, mais le problème c’est que la réalité ne me fait pas du tout envie en ce moment. Rien ne me fait envie, même la nourriture ! Je sens bien qu’elle est là pour me servir à compenser, mais qu’elle ne m’apporte pas de plaisir réel, et au contraire qu’elle me pèse parce que c’est juste du « bourrage ». Mais j’ai beau me demander « de quoi ai-je envie ? » je ne trouve pas la réponse. Ou si, j’ai juste envie que la journée s’achève, que la semaine s’achève… J’ai beau essayer de me témoigner de l’amour, de me sourire, cela ne me fait pas me sentir mieux…. Je me sens coincée, impuissante, frustrée. Je voudrais dessiner, mais je n’ai pas d’idées. Je voudrais cuisiner mais je n’ai pas la motivation. Je voudrais faire de l’astro mais je n’ai pas d’énergie.

En bref, tu te sens coincée dans tes énergies créatrices et donc sexuelles. Tu n’arrives pas à les lier à l’amour de toi-même, à de la douceur.

Laisse-moi deviner, c’est un nœud qui remonte avant le we de stage sur le féminin ?

Il y a parfois des choses désagréables à expérimenter pour comprendre leur origine et leur présence. Qu’as-tu vu sur ton thème astrologique ?

J’ai Vénus en opposition à la Lune, ce qui dénote une dualité au niveau de la féminité. Le vécu d’une opposition entre « être mère », donc je suppose la sexualité, et « aimer », ressentir des sentiments.

Est-ce que tu penses que c’est vrai ?

Et bien, je n’aime pas trop parler de ça… Mais tu sais bien que je ne me sens pas capable d’être mère, et de prendre soin de moi en même temps (donc de m’aimer ?). Que je ne me vois pas construire un couple aimant et avoir un enfant en même temps. Et puis que tomber enceinte est une des choses qui m’effraye dans l’acte sexuel… Je ne semble pas réussir à concilier les deux, faire l’amour et procréer… Je sais que ce déni de me capacité à être mère est une des sources de mon endométriose. Mais pour autant, je ne sais pas résoudre cette dualité…

Ça peut être le thème et l’intention de travail d’un de tes prochains stages.

Je ne suis pas à l’aise sur ce sujet du tout. Je n’aime pas en parler.

Comme tu n’aimais pas parler de tes autres blocages et pourtant tu l’as fait. Est-ce que tu le regrettes ?

Non, c’était très dur, mais quelque part libérateur…

Tu te demandes ce qu’est « être une femme », mais tu te demandes aussi ce qu’est « être une mère ». Quand beaucoup sont passées par là pour arriver à la 1ère question, tu le fais dans le sens inverse. Qu’est-ce que c’est « être une mère » pour toi au jour d’aujourd’hui ?

Je n’en ai pas une image très positive, pour moi c’est vraiment synonyme de sacrifices et de responsabilités… De choses que je ne veux pas endosser, cela ne me fait vraiment, vraiment pas envie.

Pourquoi ?

Pourquoi « pourquoi » ? Tu sais que je n’ai pas vraiment envie de répondre à cette question. Peut-être parce que je ne le sais pas trop moi-même. Parce que je n’ai pas envie de devoir m’occuper de quelqu’un d’autre que moi-même. Voilà. Comme une grosse égoïste.

Non, comme quelqu’un qui ne veut pas avoir un enfant pour combler ses propres manques. Tu as un grand vide affectif, tu pourrais vouloir un enfant pour le compenser, un enfant qui t’aimerait sans conditions parce que tu serais sa mère. Tu as vu de très jeunes femmes dans ce genre de situation.

Je ne veux pas d’un enfant pour moi-même, pour combler quelque chose ou m’apporter quelque chose que je n’ai pas. Si je devais avoir un enfant, ce serait pour offrir la vie sans attente. Je ne veux pas avoir un enfant pour des raisons égoïstes. Et je considère que j’ai bien trop de choses à guérir et à apprendre sur moi-même avant même d’être capable d’y penser. Comment pourrais-je aimé et prendre soin d’un autre être, si je ne le suis pas capable d’abord pour moi-même ? Comme cela pourrait s’appliquer dans un couple.

Tu sais qu’on n’est jamais vraiment prête pour être mère, que c’est aussi un apprentissage.

Peut-être, mais je suis très loin d’être prête pour ce genre d’apprentissage.

Tu as tout ton temps, et même celui de tomber enceinte à 40 ans.

C’est une drôle d’idée.

Qui pourtant t’a rassuré quand le numérologue te l’a dit. Parce que la porte n’est pas définitivement fermée. Tu verras ce que la vie te réserve, laisse toi le temps de cheminer, tranquillement, avec une force en douceur. Mais ne te sens pas moins capable qu’une autre d’être mère. Cesse surtout de te comparer.

Chaque chemin est unique, et l’objectif est d’y trouver le soleil qui brille. Cherche le soleil qui brille, tranquillement. Tu le trouveras peut être à un endroit incongru, mais il est là quelque part, même si tu ne le sens pas en ce moment. Laisse-toi le temps.

Merci.

2 mars 2016