Patience et créativité

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Artiste : Kuvshinov-Ilya

Il y a de ces sujets où écrire dans mon journal intime ne suffit pas à résoudre les conflits émotionnels qui m’agitent. C’est dans ces moments-là qu’écrire avec mes guides me manquent le plus. J’aimais avoir leur éclairage, leurs conseils et leur aide pour rendre du recul. Je ne saurai dire pourquoi pendant tant de mois ils ne se sont pas manifester directement auprès de moi.

Suis-je trop déconnectée de moi-même et de mon étincelle intérieure pour les entendre ? Suis-je trop tourmentée par mes émotions et mon mental pour avoir la clarté nécessaire de canaliser ? Ai-je une hygiène énergétique insuffisante et un canal encrassé ? Ou bien est-ce une de ces périodes de « débrouille-toi », où mes guides décident de rester là, mais à distance, pour que j’apprenne les choses par moi-même ?

C’est un mystère pour moi… Je ne comprends pas toujours, voire rarement, les aléas de ma guidance personnelle. Cela m’a beaucoup affecté au départ. J’aime écrire et partager les guidances reçues sur mon blog. Mais j’ai fini par accepter. Peut-être est-ce une histoire de cycle. Ou de ressources intérieures. Peut-être ai-je tourné les miennes vers d’autres horizons et ce n’est pas forcément plus mal. En tout cas, c’est comme ça… Les messages passent autrement par moment, via les rêves, les « synchronicités », les cartes et les rencontres. Je ne pense pas qu’on « arrête d’être connectée », on l’est peut être juste d’une autre façon.

Je n’ai plus écrit avec mes guides depuis des mois. Mais j’ai le plaisir de m’être remise à la peinture et des images de tableaux « me viennent ». C’est irrépressible, j’ai envie de les peindre. Elles me restent en tête jusqu’à ce que cela soit fait. Et j’avoue que j’aime ça. Même si je n’avance pas très vite et de façon sporadique. Mais quel sentiment de complétude quand la toile est terminée.

Et puis, je me suis mise à une autre forme d’écriture, celle d’un roman. Et là aussi, je sens que c’est un processus hautement spirituel, autant par le sujet que je traite, que par la façon inspirée dont j’écris. C’est très instructif et cela me permet d’explorer le processus de création depuis l’intérieur. Car après tout, je trouve que pour l’art, « c’est en forgeant que l’on devient forgeron ». Alors je me laisse porter par cette vague de créativité géante et irrésistible. « Créé ! » « Ecris ! » « Dessine ! ».

Plus j’ouvre mes oreilles et mon cœur à cette créativité et plus je ressens cet appel de façon forte et irrépressible. Impossible de l’ignorer, sinon une frustration démesurée s’abat sur moi et rien n’y fait. Et même quand je l’écoute et que je sors mon crayon pour dessiner, il m’arrive quand même d’être écrasée sous le poids de cette frustration inconnue. Pourquoi ?

L’art a cette chose de frustante qu’il est long à créer. Ecrire un roman, cela prend des mois… Peindre une toile, cela prend des heures, et parfois le processus s’étale sur des mois (parce qu’il englobe d’autres réalités énergétiques derrière). Et cela me frustre. Le plus dur pour moi, c’est d’apprendre la patience. Ce n’est pas pour rien que je n’ai jamais eu envie d’apprendre à peindre à l’huile. Il faut des mois pour que la toile sèche ! Je préfère nettement l’acrylique, qui sèche bien plus vite. On peut même tricher en utilisant un sèche-cheveux pour accélérer le processus. Alors vous imaginer ? Faire des courbes de constructions et des dessins par étape… trop long ! Cela me semblait impossible. Force est de constater que parfois, en prenant son temps, on « réussit » plus vite. Une bonne préparation, même longue, est parfois la meilleure clé pour arriver au résultat souhaité. Donc je tente d’apprendre à prendre mon mal en patience…

Mais que faire de ce sentiment de frustration qui me met mal à l’aise et me rend parfois franchement de mauvaise humeur ? D’où vient-il ? Qu’essaye-t-il de me dire ? A creuser…

 

11 octobre 2017

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Peindre ses Ombres

Artiste : Yuumei

Artiste : Yuumei

Je n’aime pas du tout toutes les émotions qui sont remontées en moi aujourd’hui. Comme j’aime encore moins toutes ces crises d’angoisse nocturnes, ces cauchemars et ces insomnies revenus depuis une semaine. N’y a-t-il pas d’autre façon de travailler sur la reconnaissance de ces Ombres ?

Vous êtes rarement volontaires pour le faire vous-mêmes, même d’une autre façon.

Et alors, qu’est-ce que je fais une fois que ce je suis face à toutes ces émotions négatives ? Comment je fais pour avancer avec et pour en faire quelque chose de constructif ?

Tu pourrais les peindre, les transmuter par la création artistique. Comme l’idée qui t’est venu l’autre jour. Alors que tu ressentais ce désespoir aussi vaste et profond que l’univers, tu t’es dit « et pourquoi, ce vide effroyable, je ne le peindrais pas, pour le sortir de moi ? »

Oui… Je n’ai pas trouvé le courage de le faire le jour même. Mais j’ai compris que c’était important, vu la façon dont cela m’est revenu en tête et en pleine nuit… J’ai commencé cette toile aujourd’hui. Mais le support est tout petit, je ne me souvenais pas que ces cartons entoilés étaient si petits… Impossible de représenter la vastitude du Vide sur un si petit format !

Ce n’est pas grave, ce n’est pas la taille qui compte, ni même la peinture ou la technique que tu utilises, c’est l’essence de ce que tu veux peindre qui compte.

Vous pensez souvent à tort, qu’être artiste, c’est créer quelque chose de beau. Mais en vérité, c’est exprimer qui vous êtes, ce que vous ressentez au fond de vous-même. Sans fard, ni blush, dans l’authenticité et l’honnêteté. Même si c’est « glauque », même si c’est sombre, sanglant ou violent. Du moment que c’est ce qui vous traverse à l’instant. L’art n’est rien d’autre qu’une façon d’exprimer les énergies en vous. Cela peut être vos émotions, sombres comme lumineuses, les idées qui vous inspirent et vous mobilisent, mais cela peut être aussi des énergies canalisées, celle de vos guides, des mondes visités, des énergies reçues ou demandées comme par Camille Fraise.

Etre artiste, c’est être un canal, d’une autre façon. Et l’art est pour toi la meilleure façon de transmuter les énergies lourdes que tu portes encore en toi. Pas besoin d’aller trifouiller au fin fond du passé, de creuser dans « le sale » et la souffrance. Il te suffit de reconnaitre les émotions présentes qui existent, même si elles sont « négatives », de les accueillir en les posant sur la toile pour les transmuter.

C’est pour ça que j’ai cette envie si forte de créer et de dessiner, sans savoir quoi, ni pourquoi ?

Si tu te focalises sur les émotions que tu ressens au présent, si tu les accueilles telles qu’elles sont et comme elles viennent, tu auras toujours de l’inspiration. Toujours. Mais pour cela, il faut accepter d’accueillir en soi-même ses « ombres ». Et c’est cela le plus difficile. Souvent, vous avez du mal à les laisser sortir, parce que vous ne trouvez pas ça « beau », parce que vous dites « mon Dieu, c’est vraiment ça, ce qui se cache au fond de moi ? » en oubliant que vous être un canal. Vous n’êtes pas ce que vous peignez, même si ce que vous peignez peut être une partie de vous.

Hum… Je ne saisis pas bien la subtilité, mais je comprends qu’il faut que j’ose accueillir ce qui sort, même si c’est sombre et même violent…

Toutes ces émotions qui te désespèrent et dans lesquelles tu te sens enfermée, peins les. Tu verras que cela sera libérateur. Il n’y a pas besoin d’être Picasso ou Van Gogh pour peindre, il vous suffit d’avoir les matériaux de base, un support, de la peinture ou de l’aquarelle ou même des feutres. Et d’Oser ! Osez-vous lâcher, « gribouiller » à grand coups de feutre, peindre frénétiquement, avec les mains, les doigts, sans modèle, sans objectif de résultat. Juste pour le processus, juste pour exprimer cette émotion, cette énergie, cette chose insaisissable en soi, qu’aucun mot ne saurait apaiser. Oser crier avec vos couleurs, vos gestes, vos émotions. Pour certains, mettre un type de musique précis pourrait aider à vous lâcher, à faire sortir l’émotion, à la « splasher » sur votre toile.

C’est pour vous-mêmes que vous le faites. C’est un cadeau à soi. Et si vous n’aimez pas ce qui sort, laissez-vous du temps. Gardez les toiles quelques part, jusqu’à ce qu’un jour vous soyez prêtes à les montrer à des personnes de confiance. Ce jour-là, cela voudra dire que vous aurez pleinement accepté ces petites parts de vous, ces parts d’ombre que vous aviez tellement de mal à exprimer.

Merci.

9 février 2017

 

Les plantes ont-elles une conscience ?

Artiste :

Jeune Banian (Ficus benghalensis), arbre sacré. Photographie panoramique, Anses des Cascades, La Réunion.  Auteur : Les Rêves de Célia, 2016.

Préambule : ce texte est issu d’une d’exploration de ma pensée à un moment t donné. Il ne se veut ni comme une vérité, ni comme une affirmation scientifique, ni comme des idées fixées, mais comme une base de réflexion et d’ouverture au débat. N’hésitez pas à me faire part de vos questions et de vos critiques, du moment que celles-ci sont formulées de façon constructives. Bonne lecture !

Je veux écrire un article sur le thème de la « conscience » chez le règne végétal. Mais comment aborder cette notion, si vaste, complexe et surtout non admise ?

Dans cette émission de France Inter, la Tête au Carré, intitulée « Les plantes, des êtres vivants à (re)prendre en considération ! » en podcast ici, certains scientifiques essayent de casser les préjugés en donnant des informations découvertes récemment, en essayant de communiquer et de vulgariser auprès du grand public. Mais ils restent malgré tout très prudents sur le choix des mots et sur les informations transmises.

Et je me dis que cette recherche scientifique est exactement dans le même schéma que la recherche médicale occidentale : aveugle aux réalités invisibles, aux fonctionnements énergétiques et aux prises de conscience dépassant le mental, qui pourtant sont admises dans les médecines orientales.

Certaines questions laissées sans réponse dans l’émission me paraissent d’une évidence, selon le point de vue de ma vision ouverte sur la spiritualité, ma sensibilité aux énergies des cristaux, des lieux et des gens. Mais voilà, ce ne sont que des intuitions, des perceptions basées sur ma sensibilité aux mondes subtiles. Rien de scientifique là dedans, aucune preuve à apporter. Bizarrement, cela ne me choque pas et ne va pas à l’encontre de ma formation d’ingénieur dans le végétal. Au contraire, on a eu des cours poussés de physiologie végétale, et j’étais fascinée par les mécanismes mis à jour chez les plantes. Sur la complexité du pilotage de cette machine par les hormones végétales, la formation de mycorhizes (association de racines et de champignons pour des échanges bénéfiques) par exemple.

Les plantes m’ont fasciné ! Et ce module sur l’architecture des arbres, c’était fantastique ! J’avais compris depuis longtemps, grâce à cela, que les vieux arbres deviennent de véritables colonies et que par là même, ils deviennent immortels. J’aurais pu passer des heures à étudier ces mécanismes, à apprendre la magie du vivant des arbres. Mais aussi celles des plantes bien plus modestes. C’est probablement ce qui m’a attiré chez les plantes médicinales, car la majorité de leurs principes actifs, à l’origine de leur propriété, sont souvent issus de mécanismes de défense ou d’évolution particulière.

La nature et les plantes regorgent d’une telle richesse et d’une telle sagesse. Comme le dit un des intervenants de l’émission, les plantes sont économes. Elles ne prélèvent que ce dont elles ont besoin, elles n’accumulent pas de façon inutile, comme nous autres humains pouvons le faire avec les minéraux, les denrées alimentaires, etc… Et surtout, elles sont intégrées à leur environnement et utiles : « On dit souvent que l’arbre vient du sol. Mais en réalité, il est né d’un stock de polluants, puisqu’il est constitué à 40 % de molécules à base de carbone (le reste est de l’eau). L’arbre a cherché le carbone dans l’air, l’a épuré et transformé en bois. Alors, couper un arbre, c’est comme détruire une usine d’épuration. » (Francis Hallé, articlé très intéressant à lire ici).

 Ce qui m’a particulièrement frappée à l’écoute de cette émission, et malgré que je le sache déjà de par ma formation scientifique en végétale, ce sont les points suivants :

  • « Les plantes se nourrissent principalement de lumière». Grâce à la photosynthèse et l’absorption de CO2 (et de minéraux quand même). Mais c’est bien leur première source d’énergie !
  • « les plantes sont totalement ouvertes à leur environnement » Puisqu’elles ont des organes en extérieur, qu’elles s’allient avec d’autres organismes extérieurs pour certains services (mycorhizes, pollinisateurs, insectes auxiliaires…), qu’elles s’adaptent à l’environnement qui les entourent.

Pensez-y juste deux minutes : les plantes absorbent la lumière et le CO2 avec leurs feuilles, grandes ouvertes vers le ciel. Nous absorbons nos nutriments via notre système digestif bien caché dans notre ventre. Idem pour la « respiration », feuilles VS poumon. Et que dire des fleurs ? Ces organes sexuels présentés et exhibés aux yeux de tous, alors que les nôtres sont protégés avec pudeur.

Les deux mots ici qui m’ont interpellé le plus sont « lumière » et « ouverture ». Si on s’y intéresse d’un point de vue spirituel, ce sont souvent des notions associés à un niveau d’évolution spirituelle élevée.

On peut prendre l’exemple de certains ascètes qui cherchent à ne se nourrir que de lumière. On peut le prendre de façon plus figuré «se nourrir de lumière » ou encore de pensées élevées, chercher à atteindre l’illumination, à élever sa pensée, à ne plus se nourrir de pensées négatives, de jugements et de schémas néfastes.

Quant à la notion d’ouverture, n’est-ce pas ce que l’on cherche à atteindre lorsqu’on choisit un chemin de développement personnel ? S’ouvrir à soi-même, pour découvrir nos richesses intérieures et apprendre à s’aimer. S’ouvrir à l’autre, apprendre à communiquer, faire preuve de compassion, échanger dans un partage équilibré. S’ouvrir à l’univers, aux réalités inconnues, au principe Divin (quel que soit la façon dont vous le nommez). S’ouvrir aux possibilités pour évoluer, apprendre, comprendre et s’épanouir. On parle bien de notion « d’ouverture d’esprit » et « d’ouverture spirituelle ».

D’après ce parallèle, on peut donc se poser la question du « niveau spirituel » des plantes. Exhiber de telles caractéristiques de façon physique, n’est-il pas un indice du potentiel spirituel de ces êtres qu’on ne comprend pas ? L’extérieur peut-il être un indice de l’intériorité d’un être ? Y a-t-il besoin d’avoir un cerveau et un système nerveux pour posséder un corps énergétique (tel qu’accepté et défini par exemple par les médecines ayurvédique et chinoise) et la conscience qui lui est rattaché ?

De par mon expérience de travail avec l’énergie des cristaux, je peux affirmer (de façon absolument empirique), qu’une « entité » organique ou minérale n’a pas besoin d’un système nerveux pour posséder une énergie subtile propre, qui de fait est « contenue » ou tout du moins limité par un « corps énergétique ». Si un cristal en a un, pourquoi pas une plante ? On admet bien l’existence de ce corps énergétique pour l’être humain dans de nombreuses et anciennes traditions (médecines ayurvédique et chinoise, etc). On commence à en parler pour les animaux. Et les plantes alors ?

Faire ce parallèle est un peu troublant. Je sais qu’il est assez simpliste, se nourrit de notions « grossières » et que je ne fais que survoler la description scientifique (qui par ailleurs trouve des exceptions dans le domaine végétal faisant contresens). Mais l’idée n’est pas ici d’être « précise, scientifique ». Juste de poser des mots sur un ressenti. Car ici, toutes les comparaisons que je fais sont placées du point de vue « humain ». Et du coup, tombent sous le coup de l’anthropomorphisme.

Quelles seraient ces perceptions du point de vue du végétal ? Comment un organisme vivant si différent « perçoit »-il les êtres humains ? Et quelle en est sa lecture ?

Alors je sais que l’on peut arguer que les plantes ne « perçoivent pas ». C’est vrai d’un point de vue scientifique, on n’a pas prouvé que les plantes possèdent des organes ou des récepteurs biochimiques capables de reconnaitre les êtres humains. Il n’existe aucune preuve de cette capacité physique à reconnaitre les humains.

Bien que les plantes soient capable de « reconnaitre » les minéraux dont elles ont besoin, l’eau dont elles ont besoin (et d’orienter leurs racines vers elle), les insectes qui les agressent ou au contraire qui les aident, les végétaux amis ou ennemis (compétition, plantules issus du même pied, etc…). Alors pourquoi ne pas posséder aussi un mécanisme pour « reconnaitre » les animaux et les humains ?

Si d’après le parallèle précédent, on postule que les plantes possèdent un corps énergétique, alors grâce à celui-ci, les plantes sont capables de ressentir les autres corps énergétiques qui entrent en contact avec le leur (de par la proximité physique). Ainsi, si un homme se promène sous un arbre, la portée de son corps énergétique entrera en contact avec celui de l’arbre, rendant ainsi possible à l’arbre de « sentir la présence » de l’homme, sans qu’il n’y ait pourtant de contact physique entre eux ou d’interaction biochimique. Ce qui pourrait par exemple donner des pistes de compréhension sur l’effet apaisant et ressourçant de la proximité d’un arbre chez l’homme. Être mis en lien avec les travaux existants sur les propriétés des élixirs floraux, des propriétés énergétiques de guérison des arbres (cf Patrice Bouchardon).

Bon, ce que je dis n’a rien de nouveau, dans la sphère spirituelle et de développement personnel. Bien que je n’ai encore jamais lu de livres dessus, malgré certaines références données, je suis certaine que ce discours sur la « conscience des arbres » existe de par ailleurs.

Mais ce qui m’intéresse ici, c’est de renverser cette notion. Car quoi que j’ai entendu ou lu de façon superficielle, la question de la conscience du végétal se base toujours sur le modèle de l’être humain. On cherche toujours à projeter notre forme de conscience sur les autres modèles de vie, que cela soit l’animal ou le végétal. Mais a-t-on déjà essayé, plutôt que de l’appréhender par nos yeux et notre cerveau humain, de le faire depuis les cellules d’un arbre ? A-t-on déjà essayé d’imaginer la façon dont « sent » un arbre ? Ou « clairsient » (à travers des sens énergétique) ? Quel est sa propre conscience de lui-même ? Est-elle à un niveau spirituel bien supérieur à celui des hommes ? Peut-elle seulement être appréhendée par un cerveau humain ? Et si oui, comment l’arbre nous perçoit nous être humain ? Peut-on créer une carte de ses « sens » qu’ils soient physiques ou énergétiques ? Peut-on représenter sa perception du monde ? Avec quels outils ?

J’imagine que c’est ici que l’on sort du domaine scientifique et philosophique pour passer à celui du spirituel. Car je n’ai pas connaissance, à ce jour, d’outils capables de réaliser un tel travail exploratoire dans les domaines cartésiens. C’est donc probablement ici que le chamanisme et l’art entre dans la danse. Premièrement pour pouvoir canaliser une autre vision, celle d’un être différent de soi, et deuxièmement, pour représenter et donner forme à cette vision inconnue, en s’affranchissant des mots et du mental humain.

Peut-on seulement s’approcher du type de conscience de l’arbre et des plantes en général ? Dans ce documentaire sur Francis Hallé et son éloge des plantes (que je vous conseille vivement : vidéo ici), il fait part de cette différence fondamentale entre l’arbre et l’homme. L’homme maitrise la composante spatiale de son environnement (car il peut se déplacer) alors que l’arbre maitrise la composante temporelle (de par son immortalité théorique, l’adaptation aux saisons, etc). Je me suis alors rappelée de cet article que j’avais écrit il y a bien longtemps « La vision de l’homme », où je parlais justement de l’incapacité de l’homme à se projeter dans l’échelle de temps des arbres…

Et si l’arbre et l’homme pouvaient se « rencontrer » dans un plan atemporel et sans espace pour aplanir leurs différences et engager une forme de d’échange de « conscience humaine à clairsentience végétale » ?

1er novembre 2016

Ajout postérieur : Si ce sujet vous intéresse, je vous invite également à lire cet article de blog que j’ai beaucoup apprécié « Plantes sensibles, plantes intelligentes : ce qui devait être dit »

PS : merci aux personnes qui m’ont aider à nourrir cette réflexion, elles se reconnaitront ;)

 

Libérer les émotions par la création artistique

Artiste : Yuumei

Artiste : Yuumei

Je suis fatiguée, je suis découragée. J’aimerais que les choses soient simples. Tout me parait tellement compliqué, demande tellement d’efforts. Je suis fatiguée et j’ai envie de rentrer à la maison. J’ai envie de retrouver mon jardin avec mes arbres, la rosée dans l’herbe le matin, la brume et le brouillard, l’odeur des bois mouillés quand il pleut. J’ai envie de retrouver le cycle des saisons que je connais. Je suis épuisée de devoir m’adapter à tout. Je n’en peux plus.

Où est cette soit disante si grande force intérieure ? Pourquoi est-ce quand je veux le plus converser avec mes guides que je n’y arrive pas ? Pourquoi cette tristesse et ce désespoir n’en finissent-ils pas de couler ? Je suis sensée accueillir et les laisser me traverser, mais j’ai l’impression que cela me reste lourdement sur le cœur.

Dis-nous pourquoi tu es triste.

Je suis triste parce que j’ai envie de rentrer à la maison, la nature qui m’est familière me manque, le jardin me manque. Je suis triste de ne pas avoir de nouvelles de mes amies, si ce n’est pas moi qui appelle elles ne le font jamais, elles ne prennent pas le temps. Je suis triste que mon compagnon m’ait quittée parce que ses besoins sexuels étaient supérieurs à son amour. Je suis triste parce que je me sens isolée et coupée de tout ce à quoi je tenais. Je suis triste parce que je n’arrive pas à voir la beauté dans ce qui m’entoure. Parce que je suis découragée par la montagne devant moi. Je suis triste parce que je n’ai pas de raison de me lever le matin.

Et tu n’as pas envie de tester la gouache et le pastel ?

Si, mais quand ? Et avec quel matériel ? Mon emploi du temps est complet, je ne vois pas quand est-ce que je peux avoir le temps d’aller à un atelier.

Tu devrais essayer, ça te ferait du bien. En effet, comme tu l’as lu, l’art est une bonne façon de canaliser le surplus d’émotions, surtout quand on est hypersensible comme toi. Ça t’aiderait à te poser, à mettre des couleurs dans ta vie, littéralement, à t’exprimer comme tu en as envie, sans filtre et sans nuances. Tu peux essayer des choses qui ne correspondent pas à la norme. Peindre des arbres bleus ou roses, des fleurs vertes. Le ciel en bas, la terre en haut. N’importe quelle fantaisie, juste pour le plaisir. Pas besoin de savoir dessiner, comme tu dis. Juste te laisser inspirer. Et si ce qui sort est sombre ou violent, ce n’est pas grave, c’est que cela a besoin de s’exprimer. Laisse alors la place à l’expression de ces énergies lourdes pour les transmuter. Tu peux aussi t’amuser à mélanger les techniques, comme tu as vu dans le livre. Tu devrais noter tes idées.

Oui, il y en a certaines que j’aimais bien, l’effet miroir au pastel, le motif fait au papier alimentaire. Le jeu aquarelle/gouache grasse. Ça a l’air rigolo, pas trop compliqué à faire et donnant un résultat sympa. Même s’il faut que je trouve encore comment combiner les techniques.

Tu sais, je n’ai pas envie d’aller travailler demain. Je n’aime pas trop ce que je fais en ce moment.

Ça te demande plus d’énergie que d’habitude parce que cela ne te correspond pas. Tu as envie de créer, pas d’appliquer. Il te faut faire quelque chose de nourrissant à côté. Force toi un peu au début, puis tu verras que ça deviendra vite salvateur. Méditer n’est plus suffisant. Tu brasses trop d’énergies et trop d’émotions en ce moment de par ton processus de guérison. Tu es en effet dans une phase de libération de tout ça, il te faut évacuer, transformer, transmuter. Pour cela il n’y a pas 36 milles solutions, tourne toi vers l’art pour exprimer tout ce que tu ne sais libérer.

Les mots sont biens, car jusqu’à maintenant ils t’aidaient beaucoup pour libérer certaines émotions. Mais en réalité ils deviennent insuffisants, car ils ne peuvent traduire que ce dont tu es consciente. Dans ton processus de nettoyage, de très nombreuses énergies sont inconscientes ou bien ressortent en émotions que tu ne peux transcrire avec les mots. Ils sont trop limités et ne te permettent pas de laisser les choses sortir brutes. Or tu n’as pas besoin de tout comprendre, ni de tout décortiquer, le processus sera moins douloureux et plus léger sans ça. C’est pour ça que tu n’es plus trop inspirée pour écrire. Mais que tu sens ce besoin de créer et cette frustration à ne pas pouvoir le faire.

Ecoute cet appel, donne toi le temps de créer, donne toi le temps de t’amuser. Ton bien être devrait être une priorité. Surtout si tu n’arrives à te lever pour une bonne raison. En voici une.

***

Mais tu vois, j’ai beau avoir dessiné, et enfin fini ce dessin que j’avais commencé, je me sens méga frustrée. J’ai une boule dans la gorge et ça coince.

Tu as des énergies plus violentes en toi qui ont envie de s’exprimer mais que tu n’oses pas laisser sortir.

J’ai beau essayer, ça sort encore et encore et encore. Et je suis fatiguée avant d’avoir fini de les exprimer !

Tu as des années de souffrances rentrées à évacuer, donne toi le temps, petit à petit. Même si tu sens que tu t’arrêtes dans ton élan, que tu as encore des choses à dire, ne te forces pas. Vas-y doucement, avec amour envers toi-même et pas avec rage envers la vie.

Ne confonds pas les émotions et énergies que tu canalises avec ce que tu es. Ne te laisses pas envahir inconsciemment par ses énergies refoulées. Laisse-les s’exprimer, laisse-leur la place d’exister, mais ne les laisses pas te contrôler et contrôler ton comportement face à la vie. Elles font partie de toi parce que tu les as cristallisées en toi, mais elles ne te définissent pas. En revanche, la façon dont tu choisis de leur donner corps te définit. Tu peux le faire en exprimer ta rage, ta souffrance et ta colère envers la vie, et du coup le reporter violemment sur autrui. Ou bien tu peux choisir d’utiliser ces énergies pour créer, pour expérimenter les techniques d’art qui t’intéressent, pour le transmuter en quelque chose d’autre.

Nous savons que tu préfères la deuxième méthode, mais il est bien d’en être consciente. De savoir que ce que tu fais sur le plan matériel à des impacts sur le plan énergétique, et plus particulièrement que cela fait partie de ton processus de guérison, de libération des lourdeurs et émotions refoulées que tu as en toi, et qui plombent tes énergies.

Qui empêchent à ta si jolie âme de rayonner. Bien que tu ais du mal à y croire. Ne t’inquiètes pas, un jour tu la verras de tes propres yeux. Le jour où tu seras prête à le réaliser sans être trop effrayée. Le jour où tu seras prête à accueillir ta propre lumière et la respecter, l’aimer avec douceur sans la rejeter. Parce qu’il est vrai qu’il n’est pas si facile d’accueillir la lumière, surtout quand l’on a peur de rayonner et de se faire remarquer. Tu manques sérieusement de confiance en toi par rapport à ça. Aussi laisse toi le temps, tranquillement, de faire de la place.

Mais voilà pour faire de la place, il faut parfois, souvent même, faire du ménage, du tri, purifier, transmuter tout ce qui n’a plus sa place. Il faut parfois même détruire pour laisser l’espace à la construction du nouveau, détruire les édifices qui sont devenus obsolètes et qui n’étaient en réalité que temporaires. Car la vie est mouvement. Et en réalité, pour pouvoir ajouter des étages à un édifice, il faut que les bases soient solides. Aussi mieux vaut-il détruire un immeuble branlant et recommencer, plutôt que de lui ajouter un étage, puis un autre, jusqu’à ce qu’il s’effondre sans prévenir. C’est une forme de sagesse tu sais, même si elle est dure à accepter. Je pense que tu sauras remercier ton âme pour ça, le jour où tes fondations seront solides et où tu seras sereine, tu verras.

30 novembre 2015