Progresser ou régresser ?

314_by_mcptato-dbgx2h1
Artiste : Mcptato

 

« Il n’y a que 2 manières d’évoluer, on peut progresser ou régresser. »

Quand on se dit que l’on évolue, on pense naturellement à l’idée d’avancer, celle de progresser. En lisant cette phrase, je me suis alors posée la question : « mais comment sait-on réellement dans quel sens on évolue ? ». Est-il vraiment possible de régresser sur la voie de son propre développement ? Et dans ce cas, est-ce que l’on finit par s’en rendre compte ?

A l’idée de régresser, les exemples qui me viennent en tête sont : retomber dans l’alcool pour un alcoolique ; reprendre la cigarette ; mais finalement ce serait renouer avec toute habitude qui nous est mauvaise. Par exemple, se critiquer et s’auto-flageller mentalement, négliger son corps, abandonner l’effort de cuisiner pour soi-même.

Personne n’est parfait, on a tous des moments où l’on faiblit, où l’on n’a pas la santé ou l’énergie pour fournir les efforts habituels pour prendre soin de soi. Parfois aussi, on peut se décourager, avoir la sensation d’essayer jour après jour, pour ne voir aucun résultat. Qu’est-ce qui nous motive à persévérer dans ces cas-là ?

Pour ma part, c’est l’espoir. L’espoir qu’un jour, tous mes efforts seront récompensés. Que tout le travail que je fais sur moi-même me permettra de simplement me sentir bien. Sans plus chercher midi à 14h, ou bien sans être submergée par mon hypersensibilité.

C’est quoi chercher à être bien ? Parfois j’ai l’impression de courir après une chimère. C’est trouver un sentiment de paix intérieur et le ressentir de façon réelle et quotidienne. Je l’ai déjà touché du doigt, ce sentiment profond de paix, au cours d’une visualisation. Mais le vivre les deux yeux ouverts, face à la réalité matérielle, et aux influences extérieures en tout genre, c’est une autre paire de manches. Cela se cultive, bien sûr. Et là, je pense au bel exemple que nous partage Sylvie sur son blog.

Mais à quoi ressemble la paix pour moi ? Est-ce passer une belle journée à la plage ? Est-ce sourire à la personne que j’aime ? Manger un gâteau devant un bon thé ?

Je me demande, si finalement, j’ai vraiment progressé… Toutes les apparences extérieures peuvent donner l’impression du contraire, puisque je n’ai plus de travail, plus mon propre logement, ni ma propre voiture, plus de compagnon, plus d’amis très proches à proximité. Plus de conversations avec mes guides, plus mes capacités comme avant, mon taux vibratoire a chuté d’autant.

Traverser une dépression nerveuse, après coup, ça donne le sentiment d’avoir terriblement régressé, comme si j’étais tombée de la montagne, je me retrouve dans le vallon. Et je dois tout regravir. Tout recommencer, rebâtir ma confiance en moi, ma confiance en ma guidance, mon cercle social, mon projet professionnel, mon environnement matériel.

Du coup, je me demande bien « à quoi ça a servi ? ». Mystère et boule de gomme, je ne peux pas attendre d’avoir la réponse. Je me contente de faire un pas après l’autre. Parfois dans le doute, parfois dans la foi que cela me mènera quelque part. Peut être à la sortie du désert, un jour, qui sait ?

23 septembre 2018

Publicités

Le temps qui passe

Artiste : Yuumei

Bonjour à tous,

Je reviens ici et j’ai le sentiment de trouver un champ en friche. Cela me fait de la peine, car j’ai toujours beaucoup aimé mon blog, et accordé de la valeur à ce que j’avais construit ici moi-même, avec mes mots, mes émotions et mon vécu. Partager ma réalité, mes expériences. Bonnes comme mauvaises, on peut toujours en tirer quelque chose, un élément de compréhension, une expérience, des réactions émotionnelles, un miroir dans lequel s’analyser.

Pourquoi n’ai-je plus réussi à écrire pendant tous ces mois ? Comme si les mots m’avaient fui en même temps que mes conversations avec mes guides. J’aurais pu continuer à écrire malgré cela, comme je le faisais au début, avec mes émotions et mes réflexions. Décortiquer ce qui traverse mon cœur et perturbe mon mental. Comprendre mes propres réactions et débusquer derrière mes schémas de pensées, mes comportements récurrents.

Peut-être tout simplement que je n’en avais plus envie. Que je me sentais trop fatiguée. Après un an de repos, je me sens mieux. J’ai acquis la certitude que quoi je traversais, je devais être ma première et meilleure amie et toujours me soutenir. Moi intérieurement et moi mon corps aussi. Je constate de plus en plus à quel point je suis quelqu’un qui aime le calme et qui a besoin de tranquillité. Dans mes pensées, dans mes activités, dans mon environnement. Je l’avais toujours vu comme une contrainte, à travers mon hypersensibilité aux énergies, aux foules, mon hyperacousie, etc. Finalement, je comprends que toutes ces « contraintes » sont en fait là pour m’aider à cerner ce qui me convient le mieux : le calme.

Alors j’aime de plus en plus peindre, passer du temps dans la nature, écrire et lire. Je découvre la joie des couleurs, la magie de l’eau avec l’aquarelle. J’observe le temps qui passe et qui fuit. Tellement vite. Mais où donc va-t-il ? J’ai enfin le sentiment d’avoir le temps de vivre, calmement, tranquillement. Et je reste désemparée face à la réalité que ma vitesse de croisière est 3 fois plus lente que celle de la société qui m’entoure. Comment alors y trouver ma place ? M’adapter tout en respectant mes besoins propres ? Trouver une façon de gagner ma vie et d’être autonome ?

Tant de réponses manquent à l’appel. Malgré le temps que je laisse au temps. Un an, c’est peu de chose dans une vie. Et en même temps, cela peut être beaucoup, si cela permet d’ouvrir la bonne porte. Néanmoins la porte qui me correspond reste dérobée à ma vue, et je continue d’errer. Un pas après l’autre, en espérant que le chemin se trouve quelque part, même si je ne suis pas encore capable de le voir.

21 mars 2018

Trouver sa voix

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Je ne sais même pas par où commencer tellement c’est le bazar dans ma tête.  Au message reçu par Sylvie « On me dit de te rappeler que la foi est une flamme qui s’entretient et qui part de la foi en soi avant toute chose », je me sens profondément découragée. Pourquoi ?

Pourquoi certains jours, la foi en la vie semble couler de source et j’arrive à ressentir une forme de sérénité ? Et pourquoi d’autres jours, je ne sais même plus ce que veut dire le mot « foi » ? Et encore moins comment m’y connecter et raviver cette flamme ? Comme si je n’en avais plus la force, tellement je me sens parfois fatiguée et découragée. Comme si ce mot s’était vidé de son sens, à force d’errer dans cette nuit de l’âme et ce brouillard sans fin. Comme si l’absence d’amélioration face à la maladie malgré mes efforts l’avait vidé de sa substance.

Comment faire face quand on est submergé par un raz de marée de souffrance, de fatigue, de désespoir et de doutes ? Où trouver la matière pour entretenir cette flamme quand tout s’est écroulé autour de soi ? La perte de repères physiques, la perte d’un partenaire, la dégradation de ma santé, l’arrêt de ma vie professionnelle, l’altération de mon cercle social ?

J’imagine que la mort de tout ce que l’on croit connaitre,  de tout ce que l’on croit désirer, n’est là que pour mieux nous aider à renaitre à nous-même, nous pousser à l’introspection pour apprendre à vraiment se connaitre, et à ainsi mieux pouvoir suivre la voix de son âme.

Mais où est la mienne ? Pourquoi je ne l’entends plus ? Elle s’est soudain tût et je me retrouve dans un silence assourdissant, où seuls mes acouphènes me tiennent compagnie. Ne plus entendre la voix de ses guides quand on se sent plus perdue que jamais est difficile. Sentiments d’abandon, de douleur et d’incompréhension face aux appels à l’aide qui semblent rester sans réponse.

Comment prendre du recul sur ce que l’on vit lorsque l’on est constamment submergé de vagues émotionnelles douloureuses ? De tristesse, de solitude, de peurs et de doutes ? L’esprit cherche à rationaliser, à comprendre. Pourquoi ? D’où cela vient ? Quels sont les déclencheurs ? Mémoires émotionnelles qui remontent ? Travail d’épuration de la Kundalini ? Ou que sais-je d’autre ? Et pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi ? Comme s’il fallait que tout ait un sens pour supporter cette souffrance, une finalité, un objectif « ainsi je n’aurais pas vécu ça en vain ». Qui supporterait de vivre de la souffrance gratuite sans aucune utilité ?

Mais les émotions ne peuvent pas se rationaliser, car elles se vivent dans le cœur. Elles émergent et me submergent, peu importe leurs origines et le chemin qu’elles prennent. Elles effacent toute la sagesse et les guidances reçues, toute la patience et la foi en moi. Elles me retournent, et me laissent vidée, dans l’incompréhension, la solitude et le sentiment d’être impuissante. Impuissante à contrôler mon hypersensibilité, mes nuits et rêves agités, mon état de santé totalement aléatoire et fortement impacté par mes nuits.

Comment dans ces conditions trouver le calme et la foi pour prendre des décisions par rapport à mon orientation professionnelle ? Comment avoir le courage et la foi d’imaginer un chemin professionnel dans la relation d’aide à autrui ou la thérapie, quand je ne semble pas capable moi-même de faire face à la maladie, à l’hypersensibilité et surtout à mes propres doutes ?

J’ai une liste de métiers potentiels établie avec la psychologue du travail qui m’accompagne dans la démarche de réorientation demandée auprès de Pôle Emploi. Après de nombreux échanges et questionnaires, il est temps d’appliquer la méthode de « l’entonnoir », resserrer les possibilités pour mettre au point un projet professionnel cohérent, me renseigner sur le métier et les formations.

Mais je regarde cette liste et je me demande où est ma voie. Où est ma voix ? Je me sens comme paralysée, face à l’idée de choisir et de m’engager dans une direction, et ma peur de me tromper ressurgit. Ma peur de mal choisir, de ne pas en être capable, de ne pas réussir. Pourquoi rien ne résonne-t-il comme une évidence ? Pourquoi toutes les options ne me semblent que de longs parcours du combattant, pour lesquels je ne me sens pas prête ? Ma confiance en moi semble s’étioler plus que jamais, les doutes me submerger et la clarté me fuir.

Comment dans ces moments-là peut-on entretenir sa foi en soi-même ? Quel acte concret et quotidien peut-on poser chaque jour pour nourrir cette flamme, quand tout à l’extérieur semble peser pour l’étouffer ?

Parfois, j’aimerais bien que l’on me donne « la bonne réponse ». Peut-être est-ce pour cela que ma guidance s’est tût, c’est à moi de la trouver par moi-même. Personne ne peut choisir à ma place. C’est à la fois un beau cadeau et en même temps une lourde responsabilité. Comment choisir quand je ne sais pas ce que je veux ? Ni ce dont je suis capable ? Ni vers quoi je veux aller concrètement ?

Faire un pas au hasard ? Avoir la foi que je ferais le bon choix quel qu’il soit ? Je sais qu’en vérité, peu importe le chemin, c’est la façon dont on le vit qui importe. « Tous les chemins se valent », il n’y en a pas un bon ni un mauvais, ce ne sont que des expériences. Et comme la vie est évolution, rien n’est jamais figé, on peut changer d’avis, rebondir, évoluer. Alors pourquoi ai-je si peur de me tromper ou de ne pas être capable ? Comment guérit-on ce genre de manque de confiance en soi ?

21 juin 2017

Rebondir ?

Artiste : Kuvshinov-Ilya
Artiste : Kuvshinov-Ilya

On dirait qu’il n’y a que quand je suis vraiment au fond du trou que je suis capable de rebondir. Je n’ai jamais été aussi mal, aussi « rien », aussi vide et pourtant pleine de tristesse. Je n’ai jamais trouvé normal de ne pas savoir exister sans l’autre, je n’ai jamais trouvé ça sain. Pourtant, c’est là où j’en suis aujourd’hui, et pas parce qu’il n’est plus là avec moi pour m’épauler. Non, être seule je l’étais avant, ça ne me pose pas tant de problème que ça, au contraire ça offre parfois beaucoup de liberté. Mais, bien à cause de la blessure reçue lorsqu’il m’a quittée.

Avant la rupture, je travaillais sur mon estime de moi, que je regagnais timidement comme l’amour et l’acceptation de mon corps. Mais quand il m’a quitté, tout a volé en éclat. Parce que de par ses raisons, il a souligné mes faiblesses, mes blessures et mes insuffisances. Finalement parce que je n’étais pas en mesure de combler ses attentes. Et indirectement parce que je souffre d’endométriose mais aussi de blocages psychologiques dus à mon historique avec les hommes.

Alors comment garder foi en soi ? Comment continuer à aimer son corps, quand l’autre vous quitte car il n’est pas épanoui sexuellement ? Comment garder estime en la femme blessée que je suis ? Comment m’aimer quand je suis incapable d’une relation harmonieuse avec l’autre, que je me sens handicapée de la vie ?

Et puis, par-dessus tout ça, le poids étouffant de la tristesse vient éteindre toute combativité, toute envie de lutter, parce que c’est trop douloureux. Je ne peux que me rouler en boule sous les coups du destin qui semblent s’acharner. Pleurer toutes les larmes de mon corps, parce qu’après tout je l’aimais plus que je n’ai jamais aimé.

Aujourd’hui, dans mon plus profond désespoir, j’ai eu une terrible envie de l’appeler. De lui demander « Comment vas-tu ? Es-tu plus heureux maintenant ? ». Pleurer toutes les larmes de mon corps n’a soulagé en rien cette envie. Mais à quoi bon ? Pour qu’il ne décroche pas ? Ou qu’il me dise qu’il va mal ? Et s’il me dit qu’il va bien, comment le prendrais-je ?

Car soyons réalistes, cela ne changera rien à la situation. Il ne sautera pas dans un avion pour me rejoindre. Je ne serai pas guérie d’un coup de baguette magique. Cela ne fera que me faire souffrir, me ramener à lui, mes sentiments, mon désespoir, ma colère, mon incompréhension et ce tourbillon de millier d’émotions qui cherchent à me déchirer de l’intérieur.

Certains vous diront que ressentir c’est être vivant. Aussi j’aimerais mieux parfois mourir, parce que je ressens trop, moi qui suis déjà tellement émotive et hypersensible. Mais je me rappelle alors que c’est ce que je faisais autrefois en imagination, pour me dissocier de mon corps et de la souffrance. Et je me souviens de mon choix de ne plus le faire, d’abandonner cette violence psychologique. Je me rappelle que depuis ma décision, je n’ai pas cédé à cette sirène de la facilité, malgré toutes les épreuves que je traverse, et j’essaye de me rattacher à ce progrès-là. Car celui-ci, il ne pourra pas me le voler, il n’est destiné qu’à moi-même.

Alors comment me sortir de ce marasme émotionnel ? Car je n’en finis plus d’accueillir la tristesse, la colère et l’incompréhension à tour de rôle, d’épuiser les boites de mouchoirs, de penser à lui nuit et jour. Je n’en finis plus de me noyer dans ces sentiments et surtout ce silence. Ce silence qui me rend folle, plus que tout. Qu’on m’aime ou qu’on me hait, j’ai toujours préféré les mots au silence, qui pour moi n’est rien d’autre qu’une preuve de totale indifférence, de mort pour l’autre. Alors oui, il a décidé de me rayer de sa vie, de son quotidien, de son monde, de son facebook, de son blog et de son appartement. Comment vivre avec ? Est-ce que cela le soulage, le rend heureux, le rend triste, le culpabilise ou le libère ? Je n’aurai jamais la réponse à ses questions-là, alors autant essayer d’arrêter de me les poser.

Je n’arrive même pas à me nourrir de colère pour me sentir outragée et monter sur mes grands chevaux, le rejeter lui pour ne pas me remettre en question moi. Ce n’est pas dans ma nature, mais cela rend les choses d’autant plus dures, car je prends tout de front. Et quand cela vient de la personne que l’on aime, alors ne la croit-on pas ? Dois-je donc le croire quand il me dit que je suis incapable d’aimer entièrement et de me laisser toucher dans l’âme ? Alors même que l’on n’a pas la même définition de l’âme ? Je n’ai même pas eu l’envie de débattre sur ce point-là, car finalement cela prouve juste qu’on avait une vision différente de la spiritualité (ou qu’il ne connaît pas la différence entre la notion « d’âme » et «  d’âme-personnalité »).

Mais bref. Comment se reconstruire après ça ? C’est la chose que je vais essayer de déterminer. En la vivant en conscience. Parce que le 1er mois après la rupture n’est pas si difficile, on est sous le choc, dans le déni, la réalité de la chose ne nous apparait pas. Pour ma part, j’avais de l’espoir, j’étais persuadée qu’il allait revenir, qu’il allait changer d’avis. Mais après le 2ème mois passé, on ne peut plus se mentir, il n’y a plus de retour en arrière possible. Ce qui explique sûrement pourquoi la période que je vis est si dure émotionnellement. Parce que je comprends enfin la réalité et la profondeur des conséquences que cela implique.

Et je fais quoi maintenant ? Je hurle, crie et tempête sur lui jusqu’à avoir une signe d’attention et croire recevoir un signe d’amour de sa part ? Ou je fais mon deuil, en acceptant que les choses restent en pagailles et jamais résolues, que tous mes sentiments échouent dans le vide sans écho et sans réponse, que les promesses et les espoirs d’un lendemain communs soient peut-être creux et voués à se faner indépendamment de ma volonté ?

Parce qu’après tout, c’est lui qui est parti. Il n’y a que lui qui peut revenir. A quoi bon lui courir après ? J’ai essayé et cela n’a absolument rien donné, au contraire. Cela n’a fait que me blesser encore plus, de voir ma foi et mon amour rejetés, sans pouvoir et sans importances.

12 décembre 2015