Le temps qui passe

Artiste : Yuumei

Bonjour à tous,

Je reviens ici et j’ai le sentiment de trouver un champ en friche. Cela me fait de la peine, car j’ai toujours beaucoup aimé mon blog, et accordé de la valeur à ce que j’avais construit ici moi-même, avec mes mots, mes émotions et mon vécu. Partager ma réalité, mes expériences. Bonnes comme mauvaises, on peut toujours en tirer quelque chose, un élément de compréhension, une expérience, des réactions émotionnelles, un miroir dans lequel s’analyser.

Pourquoi n’ai-je plus réussi à écrire pendant tous ces mois ? Comme si les mots m’avaient fui en même temps que mes conversations avec mes guides. J’aurais pu continuer à écrire malgré cela, comme je le faisais au début, avec mes émotions et mes réflexions. Décortiquer ce qui traverse mon cœur et perturbe mon mental. Comprendre mes propres réactions et débusquer derrière mes schémas de pensées, mes comportements récurrents.

Peut-être tout simplement que je n’en avais plus envie. Que je me sentais trop fatiguée. Après un an de repos, je me sens mieux. J’ai acquis la certitude que quoi je traversais, je devais être ma première et meilleure amie et toujours me soutenir. Moi intérieurement et moi mon corps aussi. Je constate de plus en plus à quel point je suis quelqu’un qui aime le calme et qui a besoin de tranquillité. Dans mes pensées, dans mes activités, dans mon environnement. Je l’avais toujours vu comme une contrainte, à travers mon hypersensibilité aux énergies, aux foules, mon hyperacousie, etc. Finalement, je comprends que toutes ces « contraintes » sont en fait là pour m’aider à cerner ce qui me convient le mieux : le calme.

Alors j’aime de plus en plus peindre, passer du temps dans la nature, écrire et lire. Je découvre la joie des couleurs, la magie de l’eau avec l’aquarelle. J’observe le temps qui passe et qui fuit. Tellement vite. Mais où donc va-t-il ? J’ai enfin le sentiment d’avoir le temps de vivre, calmement, tranquillement. Et je reste désemparée face à la réalité que ma vitesse de croisière est 3 fois plus lente que celle de la société qui m’entoure. Comment alors y trouver ma place ? M’adapter tout en respectant mes besoins propres ? Trouver une façon de gagner ma vie et d’être autonome ?

Tant de réponses manquent à l’appel. Malgré le temps que je laisse au temps. Un an, c’est peu de chose dans une vie. Et en même temps, cela peut être beaucoup, si cela permet d’ouvrir la bonne porte. Néanmoins la porte qui me correspond reste dérobée à ma vue, et je continue d’errer. Un pas après l’autre, en espérant que le chemin se trouve quelque part, même si je ne suis pas encore capable de le voir.

21 mars 2018

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Trouver sa voix

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Je ne sais même pas par où commencer tellement c’est le bazar dans ma tête.  Au message reçu par Sylvie « On me dit de te rappeler que la foi est une flamme qui s’entretient et qui part de la foi en soi avant toute chose », je me sens profondément découragée. Pourquoi ?

Pourquoi certains jours, la foi en la vie semble couler de source et j’arrive à ressentir une forme de sérénité ? Et pourquoi d’autres jours, je ne sais même plus ce que veut dire le mot « foi » ? Et encore moins comment m’y connecter et raviver cette flamme ? Comme si je n’en avais plus la force, tellement je me sens parfois fatiguée et découragée. Comme si ce mot s’était vidé de son sens, à force d’errer dans cette nuit de l’âme et ce brouillard sans fin. Comme si l’absence d’amélioration face à la maladie malgré mes efforts l’avait vidé de sa substance.

Comment faire face quand on est submergé par un raz de marée de souffrance, de fatigue, de désespoir et de doutes ? Où trouver la matière pour entretenir cette flamme quand tout s’est écroulé autour de soi ? La perte de repères physiques, la perte d’un partenaire, la dégradation de ma santé, l’arrêt de ma vie professionnelle, l’altération de mon cercle social ?

J’imagine que la mort de tout ce que l’on croit connaitre,  de tout ce que l’on croit désirer, n’est là que pour mieux nous aider à renaitre à nous-même, nous pousser à l’introspection pour apprendre à vraiment se connaitre, et à ainsi mieux pouvoir suivre la voix de son âme.

Mais où est la mienne ? Pourquoi je ne l’entends plus ? Elle s’est soudain tût et je me retrouve dans un silence assourdissant, où seuls mes acouphènes me tiennent compagnie. Ne plus entendre la voix de ses guides quand on se sent plus perdue que jamais est difficile. Sentiments d’abandon, de douleur et d’incompréhension face aux appels à l’aide qui semblent rester sans réponse.

Comment prendre du recul sur ce que l’on vit lorsque l’on est constamment submergé de vagues émotionnelles douloureuses ? De tristesse, de solitude, de peurs et de doutes ? L’esprit cherche à rationaliser, à comprendre. Pourquoi ? D’où cela vient ? Quels sont les déclencheurs ? Mémoires émotionnelles qui remontent ? Travail d’épuration de la Kundalini ? Ou que sais-je d’autre ? Et pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi ? Comme s’il fallait que tout ait un sens pour supporter cette souffrance, une finalité, un objectif « ainsi je n’aurais pas vécu ça en vain ». Qui supporterait de vivre de la souffrance gratuite sans aucune utilité ?

Mais les émotions ne peuvent pas se rationaliser, car elles se vivent dans le cœur. Elles émergent et me submergent, peu importe leurs origines et le chemin qu’elles prennent. Elles effacent toute la sagesse et les guidances reçues, toute la patience et la foi en moi. Elles me retournent, et me laissent vidée, dans l’incompréhension, la solitude et le sentiment d’être impuissante. Impuissante à contrôler mon hypersensibilité, mes nuits et rêves agités, mon état de santé totalement aléatoire et fortement impacté par mes nuits.

Comment dans ces conditions trouver le calme et la foi pour prendre des décisions par rapport à mon orientation professionnelle ? Comment avoir le courage et la foi d’imaginer un chemin professionnel dans la relation d’aide à autrui ou la thérapie, quand je ne semble pas capable moi-même de faire face à la maladie, à l’hypersensibilité et surtout à mes propres doutes ?

J’ai une liste de métiers potentiels établie avec la psychologue du travail qui m’accompagne dans la démarche de réorientation demandée auprès de Pôle Emploi. Après de nombreux échanges et questionnaires, il est temps d’appliquer la méthode de « l’entonnoir », resserrer les possibilités pour mettre au point un projet professionnel cohérent, me renseigner sur le métier et les formations.

Mais je regarde cette liste et je me demande où est ma voie. Où est ma voix ? Je me sens comme paralysée, face à l’idée de choisir et de m’engager dans une direction, et ma peur de me tromper ressurgit. Ma peur de mal choisir, de ne pas en être capable, de ne pas réussir. Pourquoi rien ne résonne-t-il comme une évidence ? Pourquoi toutes les options ne me semblent que de longs parcours du combattant, pour lesquels je ne me sens pas prête ? Ma confiance en moi semble s’étioler plus que jamais, les doutes me submerger et la clarté me fuir.

Comment dans ces moments-là peut-on entretenir sa foi en soi-même ? Quel acte concret et quotidien peut-on poser chaque jour pour nourrir cette flamme, quand tout à l’extérieur semble peser pour l’étouffer ?

Parfois, j’aimerais bien que l’on me donne « la bonne réponse ». Peut-être est-ce pour cela que ma guidance s’est tût, c’est à moi de la trouver par moi-même. Personne ne peut choisir à ma place. C’est à la fois un beau cadeau et en même temps une lourde responsabilité. Comment choisir quand je ne sais pas ce que je veux ? Ni ce dont je suis capable ? Ni vers quoi je veux aller concrètement ?

Faire un pas au hasard ? Avoir la foi que je ferais le bon choix quel qu’il soit ? Je sais qu’en vérité, peu importe le chemin, c’est la façon dont on le vit qui importe. « Tous les chemins se valent », il n’y en a pas un bon ni un mauvais, ce ne sont que des expériences. Et comme la vie est évolution, rien n’est jamais figé, on peut changer d’avis, rebondir, évoluer. Alors pourquoi ai-je si peur de me tromper ou de ne pas être capable ? Comment guérit-on ce genre de manque de confiance en soi ?

21 juin 2017

Rebondir ?

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Artiste : Kuvshinov-Ilya

On dirait qu’il n’y a que quand je suis vraiment au fond du trou que je suis capable de rebondir. Je n’ai jamais été aussi mal, aussi « rien », aussi vide et pourtant pleine de tristesse. Je n’ai jamais trouvé normal de ne pas savoir exister sans l’autre, je n’ai jamais trouvé ça sain. Pourtant, c’est là où j’en suis aujourd’hui, et pas parce qu’il n’est plus là avec moi pour m’épauler. Non, être seule je l’étais avant, ça ne me pose pas tant de problème que ça, au contraire ça offre parfois beaucoup de liberté. Mais, bien à cause de la blessure reçue lorsqu’il m’a quittée.

Avant la rupture, je travaillais sur mon estime de moi, que je regagnais timidement comme l’amour et l’acceptation de mon corps. Mais quand il m’a quitté, tout a volé en éclat. Parce que de par ses raisons, il a souligné mes faiblesses, mes blessures et mes insuffisances. Finalement parce que je n’étais pas en mesure de combler ses attentes. Et indirectement parce que je souffre d’endométriose mais aussi de blocages psychologiques dus à mon historique avec les hommes.

Alors comment garder foi en soi ? Comment continuer à aimer son corps, quand l’autre vous quitte car il n’est pas épanoui sexuellement ? Comment garder estime en la femme blessée que je suis ? Comment m’aimer quand je suis incapable d’une relation harmonieuse avec l’autre, que je me sens handicapée de la vie ?

Et puis, par-dessus tout ça, le poids étouffant de la tristesse vient éteindre toute combativité, toute envie de lutter, parce que c’est trop douloureux. Je ne peux que me rouler en boule sous les coups du destin qui semblent s’acharner. Pleurer toutes les larmes de mon corps, parce qu’après tout je l’aimais plus que je n’ai jamais aimé.

Aujourd’hui, dans mon plus profond désespoir, j’ai eu une terrible envie de l’appeler. De lui demander « Comment vas-tu ? Es-tu plus heureux maintenant ? ». Pleurer toutes les larmes de mon corps n’a soulagé en rien cette envie. Mais à quoi bon ? Pour qu’il ne décroche pas ? Ou qu’il me dise qu’il va mal ? Et s’il me dit qu’il va bien, comment le prendrais-je ?

Car soyons réalistes, cela ne changera rien à la situation. Il ne sautera pas dans un avion pour me rejoindre. Je ne serai pas guérie d’un coup de baguette magique. Cela ne fera que me faire souffrir, me ramener à lui, mes sentiments, mon désespoir, ma colère, mon incompréhension et ce tourbillon de millier d’émotions qui cherchent à me déchirer de l’intérieur.

Certains vous diront que ressentir c’est être vivant. Aussi j’aimerais mieux parfois mourir, parce que je ressens trop, moi qui suis déjà tellement émotive et hypersensible. Mais je me rappelle alors que c’est ce que je faisais autrefois en imagination, pour me dissocier de mon corps et de la souffrance. Et je me souviens de mon choix de ne plus le faire, d’abandonner cette violence psychologique. Je me rappelle que depuis ma décision, je n’ai pas cédé à cette sirène de la facilité, malgré toutes les épreuves que je traverse, et j’essaye de me rattacher à ce progrès-là. Car celui-ci, il ne pourra pas me le voler, il n’est destiné qu’à moi-même.

Alors comment me sortir de ce marasme émotionnel ? Car je n’en finis plus d’accueillir la tristesse, la colère et l’incompréhension à tour de rôle, d’épuiser les boites de mouchoirs, de penser à lui nuit et jour. Je n’en finis plus de me noyer dans ces sentiments et surtout ce silence. Ce silence qui me rend folle, plus que tout. Qu’on m’aime ou qu’on me hait, j’ai toujours préféré les mots au silence, qui pour moi n’est rien d’autre qu’une preuve de totale indifférence, de mort pour l’autre. Alors oui, il a décidé de me rayer de sa vie, de son quotidien, de son monde, de son facebook, de son blog et de son appartement. Comment vivre avec ? Est-ce que cela le soulage, le rend heureux, le rend triste, le culpabilise ou le libère ? Je n’aurai jamais la réponse à ses questions-là, alors autant essayer d’arrêter de me les poser.

Je n’arrive même pas à me nourrir de colère pour me sentir outragée et monter sur mes grands chevaux, le rejeter lui pour ne pas me remettre en question moi. Ce n’est pas dans ma nature, mais cela rend les choses d’autant plus dures, car je prends tout de front. Et quand cela vient de la personne que l’on aime, alors ne la croit-on pas ? Dois-je donc le croire quand il me dit que je suis incapable d’aimer entièrement et de me laisser toucher dans l’âme ? Alors même que l’on n’a pas la même définition de l’âme ? Je n’ai même pas eu l’envie de débattre sur ce point-là, car finalement cela prouve juste qu’on avait une vision différente de la spiritualité (ou qu’il ne connaît pas la différence entre la notion « d’âme » et «  d’âme-personnalité »).

Mais bref. Comment se reconstruire après ça ? C’est la chose que je vais essayer de déterminer. En la vivant en conscience. Parce que le 1er mois après la rupture n’est pas si difficile, on est sous le choc, dans le déni, la réalité de la chose ne nous apparait pas. Pour ma part, j’avais de l’espoir, j’étais persuadée qu’il allait revenir, qu’il allait changer d’avis. Mais après le 2ème mois passé, on ne peut plus se mentir, il n’y a plus de retour en arrière possible. Ce qui explique sûrement pourquoi la période que je vis est si dure émotionnellement. Parce que je comprends enfin la réalité et la profondeur des conséquences que cela implique.

Et je fais quoi maintenant ? Je hurle, crie et tempête sur lui jusqu’à avoir une signe d’attention et croire recevoir un signe d’amour de sa part ? Ou je fais mon deuil, en acceptant que les choses restent en pagailles et jamais résolues, que tous mes sentiments échouent dans le vide sans écho et sans réponse, que les promesses et les espoirs d’un lendemain communs soient peut-être creux et voués à se faner indépendamment de ma volonté ?

Parce qu’après tout, c’est lui qui est parti. Il n’y a que lui qui peut revenir. A quoi bon lui courir après ? J’ai essayé et cela n’a absolument rien donné, au contraire. Cela n’a fait que me blesser encore plus, de voir ma foi et mon amour rejetés, sans pouvoir et sans importances.

12 décembre 2015

Cette fille que j’aime

Artiste

Artiste : Conronca

Moi, je vis avec une fille magnifique. Elle a de beaux cheveux noir, des yeux noisette coquins, un sourire charmeur et des formes toutes féminines. Elle est intelligente, persévérante, de bonne volonté et sincère. Elle a un cœur gigantesque, rempli de belles choses, qu’elle a parfois du mal à communiquer. Elle aime la vie, elle aime rire, elle aime savourer le vent sur sa peau, le parfum des fleurs, le chant de l’océan. Elle aime sa famille et ses amis, être là pour eux, les conseiller et les pousser vers le meilleur d’eux-mêmes. Elle aime se sentir utile de manière modeste et fuit la superficialité. Elle est capable de grandes choses, quand elle a confiance en elle. Elle est capable de bonnes choses, quand elle arrive à ouvrir son cœur. Elle est sensible et pleure beaucoup. Elle a plein de faiblesses, qu’elle tente tant bien que mal d’assumer et d’accepter.

Cette fille magnifique a beaucoup été blessée. Son adolescence est une triste histoire. Son début dans la vie d’adulte n’est qu’un enchainement d’obstacles. Pourtant, elle a choisi malgré tout le chemin de la guérison, de l’amour d’elle-même et de la voie de la réalisation d’elle-même. Elle aurait pu renoncer, elle aurait pu se déclarer victime de la vie, elle aurait pu se suicider. Pourtant, elle a tenu bon, avec toute la force cachée qu’elle ne se connaissait pas.

Cette belle fille fait toujours face à des obstacles, aujourd’hui encore, à des pertes et des souffrances, à des défis et des déceptions. Pourtant, encore une fois, elle a décidé de se prendre par la main pour continuer à avancer. Elle a décidé de voir le positif dans son malheur, de saisir l’opportunité de cette Réunion avec elle-même. Elle a décidé de se prendre dans ses propres bras pour se consoler et apprendre à s’aimer, entièrement, sans conditions ni jugements.

Cette belle fille veut maintenant devenir une femme. Elle veut apprendre à assumer et prendre soin de son corps. Elle veut se libérer de ses souffrances et de ses blocages pour offrir et recevoir librement. Elle veut pouvoir vivre et expérimenter chacune des facettes de sa féminité. Elle veut assumer son masculin, et se réconcilier avec les hommes.

Cette fille a fait tellement de chemin, depuis son adolescence. Un chemin gigantesque, depuis la trahison, l’abandon et l’humiliation subis de la part du garçon qu’elle aimait profondément et à qui elle avait fait le cadeau du pardon, si durement piétiné. Elle a fait tellement de chemin depuis le rejet, les moqueries et les vexations infligés par ses camarades de collèges. Elle a fait tellement de chemin depuis le rejet, le dégoût, la haine d’elle-même qu’elle ressentait, les violences qu’elle s’infligeait. Elle a fait tellement de chemin depuis le viol exercé par son petit ami. Depuis le début de sa maladie.

Cette fille est quelqu’un de simple, elle n’aspire ni à la gloire, ni au pouvoir, ni à la richesse. Elle veut juste apprendre à s’aimer, apprendre à être qui elle est, à vivre le quotidien avec bonheur et harmonie. Alors j’ai envie de dire que cette fille est épatante, juste parce que c’est elle. Sans raison, ni justification.

Je remercie cette fille magnifique d’exister.
Je la remercie d’être qui elle est.
Je l’accepte avec tous ces défauts et toutes ces qualités.
Je l’aime entièrement, comme elle est.
Je lui offre ce que personne d’autre ne pourra jamais lui donner : l’estime et l’amour d’elle-même.
Je lui pardonne toutes ces erreurs, ces souffrances, ces tortures auto-infligées.
J’aime son corps, son cœur, son esprit et son âme.
Je lui souris du fond du cœur.

Je remercie cette fille de vivre en moi
Et je lui promets de toujours l’aimer et de toujours la respecter.

12 octobre 2015

Un nouveau voyage

Artiste : Yuumei

Artiste : Yuumei

Demain, je commence un nouveau voyage. Je vais participer au premier rituel chamanique des sept apportés par la Femme Bison Blanc à l’homme : la cérémonie de l’Inipi, aussi appelé hutte de sudation. C’est un long rituel, où tous les participants construisent eux-mêmes la hutte de sudation, où l’on passe des heures (je ne sais même pas si c’est 8h ou 10h) dessous, au son des tambours, pour purifier le physique, le mental, l’émotionnel et le spirituel. Et puis, je vais aussi commencer un travail de soins chamaniques pour chercher à soigner ma blessure de viol, que je sais bien antérieure à cette vie-là.

Je n’ai jamais couru après le chamanisme. C’est quelque chose qui m’intriguait et par certains récits m’émouvait, mais je n’ai jamais eu une envie spéciale de l’étudier, car j’ai toujours pensé que cela se vivait plutôt que de s’apprendre. Je n’en avais jamais eu l’occasion, si ce n’est recourir au soutien d’Animaux Totems, et voilà qu’elle se présente d’elle-même. Qu’elle m’est même très clairement indiquée dans mes rêves.

Demain je commence un nouveau voyage, et je me demande où celui-ci va me mener. Va-t-il m’éloigner encore plus de certaines personnes que j’aime ? Va-t-il me changer fortement ? En un sens, j’espère que oui, car je souhaite évoluer sur le chemin de ma guérison. Mais en même temps, je ne peux m’empêcher d’avoir peur de creuser un peu plus le fossé. Néanmoins, je ne peux qu’être fidèle à moi-même et suivre l’appel de mon âme, que j’ai pour un temps rejeté.

Je ne peux aussi m’empêcher de penser ce que m’a dit une personne précieuse pour moi : « la spiritualité est un outil pour moi ». Et mon cœur de répondre intérieurement « c’est bien plus que cela pour moi ! ». Je la vie comme une composante à part entière de ma vie. Si je considère être constituée d’un corps, d’un esprit et d’une âme, alors je ne peux négliger aucun des trois. Mon corps est plus qu’un simple outil, ma raison et mon intellect sont plus que de simples outils, ma spiritualité est plus qu’un simple outil. Ce sont des choses qui font partie de moi, et qui font la personne que je suis. Et c’était d’ailleurs une grande source de frustration pour moi, par moments, de ne pas sentir cette réalité vécue et acceptée par cette personne, de le voir confiner la chose.

Pendant un certain temps, j’ai rejeté la spiritualité, parce que je n’arrivais pas à comprendre ce qui m’arrivait et à le contrôler. C’était trop effrayant de ressentir les esprits des décédés, trop effrayant de lire certaines choses dans l’âme des personnes de mes proches, trop effrayants de me sentir entourée d’entités du bas astral. Et surtout trop effrayant de ne pas tout comprendre, de ne pas connaître « les règles » et de ne rien contrôler. Car je pense que c’est ça le plus dur, ne pas avoir le contrôle.

Pour quelqu’un qui ne dirige sa vie que par la volonté, c’est terriblement difficile à admettre et je compatis, car je suis en partie comme ça. Cela demande un lâcher prise immense, et surtout une immense foi en soi-même et en la vie. Cela nécessite d’admettre que certaines choses nous dépassent et que l’on ne choisit pas forcément les épreuves que l’on attire – du moins pas consciemment. En revanche, cela ne nous soustraie pas à notre pouvoir d’acceptation et de réaction, à notre pouvoir de création à partir de ce qui peut s’imposer à nous. Comme cela n’affecte pas la règle des conséquences : chaque action a une conséquence, qui peut entraîner une chaîne d’évènements ; la responsabilité de nos choix reste donc entière.

Je crois qu’une des sources principales de mon rejet de la spiritualité et de mes ressentis médiumniques, au-delà de la souffrance engendrée par mes épreuves, était la peur de moi-même, de ce dont j’étais capable. La peur d’être différente et d’être incomprise, rejetée par les gens que j’aime. La peur des « responsabilités » que cela pouvait impliquer.

Demain, j’ai envie de me libérer de ces peurs. J’ai envie de pouvoir accepter qui je suis, peu importe qui je me révèle être au fond de moi-même et de mon âme, peu importe le chemin que cela me fera prendre. Je veux Être, tout simplement. C’est qui est peut-être le plus difficile à réaliser.

9 octobre 2015

Que choisir ? [carrière professionnelle]

Je sens que je suis à un tournant décisif. Il s’agit de plus que choisir si je reste dans l’entreprise où je suis ou si je pars pour une mission à l’étranger. Il s’agit de choisir ma voie professionnel : la production de PPAM ou la qualité/ l’utilisation des PPAM via l’ethnopharmacologie et l’herboristerie. Le fameux choix que je repousse depuis longtemps déjà.

Mais suis-je obligée de choisir maintenant ? Un choix va-t-il me fermer des portes que je vais regretter ? Comment choisir de manière réfléchie sans avoir tous les éléments en main ? Sans savoir ce qui me plaira vraiment ? N’est-ce pas trop prématuré ?

Il est vraiment difficile de faire ce genre de choix sans se laisser influencer par les attentes des proches, la pression mise par le patron et les collègues, le contexte de la crise économique, les petites voix de l’égo (peurs, doutes, méfiance…). Il serait très tentant de « s’en remettre au destin », de se laisser porter par les circonstances, ou encore de se reposer sur des conseils extérieurs, que ce soit ceux venant d’amis, de professionnels ou de tirage de cartes. De se déresponsabiliser. Mais c’est à moi de faire ce choix, à moi seule et avec moi-même. Il n’y a que moi pour savoir ce que je veux vraiment, car même si je ne le sais pas encore, personne d’autre ne peut le savoir à ma place.

Comment le savoir ? En essayant je suppose, en tâtonnant, en se trompant, en recherchant des informations sur le sujet, en en discutant avec des connaisseurs. Pour définir de quoi on parle (est-ce que l’herboristerie est vraiment ce que je crois, ou ma définition relève-t-elle des idées reçues ?). Pour cerner le sujet et ses problématiques, ses enjeux et ses défis. Les confronter : responsabilité de la santé des plantes VS responsabilité de la santé des hommes. Puis se questionner : suis-je capable de soigner des hommes avec les plantes, ou bien des plantes avec les hommes ? Qu’est ce qui m’intéresse le plus ?

C’est complexe et je sens que ma réponse ne sera pas figée. Elle évoluera avec la personne que je suis. En cet instant, je ne suis pas attirée par le soin des hommes : c’est trop de responsabilités, je ne contrôle pas mon hypersensibilité et mon empathie, je n’arrive plus à faire preuve de compassion et de générosité parce que j’ai déjà du mal à prendre soin de moi-même.

Mais je n’ai pas non plus envie d’être responsable de la santé de milliers de plantes !! Et par la même du rendement et de la quantité produite, et donc du chiffre d’affaires de l’entreprise, de sa santé et du maintien des emplois des salariés… En fait, ce sont les responsabilités qui me posent problèmes. Je ne veux pas être responsable des conséquences, même si j’aime prendre des décisions. C’est trop de pression. Je n’ai pas le droit à l’erreur. Et je gère mal la pression…

Je sais déjà que j’ai tendance à fuir certaines responsabilités, alors que je suis capable d’en assumer d’autres. Je ne me suis jamais investie dans des clubs où il fallait être là à chaque réunion, gérer de l’argent, et au final où les gens comptaient sur moi, où je devais être infaillible. Bref, dans les cas où mes responsabilités englobent les autres, et où les conséquences ont un impact sur eux. Alors que les cas où cela ne me concerne que moi, ou les cas où l’on a le droit de se tromper (parce qu’on apprend et que c’est autorisé), je n’ai pas de problème à prendre des responsabilités, voire même des importantes.

Pourquoi ? Probablement parce que j’ai peur de l’échec. J’ai peur de me tromper et que mes erreurs se répercutent sur autrui, qu’ils en payent les pots cassés et me rejettent. Je n’aime pas non plus l’idée que le bon déroulement des choses dépende de moi. Si je rate un exam, tant pis je n’aurai pas mon diplôme, mais cela n’empêchera pas aux autres étudiants de continuer leur scolarité. Si je ne donne pas les consignes correctes, les employés… en fait si, ils sauront quoi faire pour s’occuper, mais cela ne correspondra pas forcément aux tâches prioritaires car ils n’ont pas la vision d’ensemble des cultures et des objectifs de l’entreprise. Je ne suis donc pas indispensable. Et si je ne suis pas là pour m’occuper des cultures, alors quelqu’un d’autre le fera à ma place. En revanche, quand je suis là, je suis seule à le faire… mais sous la surveillance (plus ou moins lointaine ?) de mon dirigeant.

Il faut que je me donne le temps de cultiver mes désirs et mes envies. De savoir ce dont j’ai vraiment envie pour ma carrière professionnelle. Que je me renseigne, lise et discute sur la voie que je connais le moins, pendant que j’expérimente l’autre. Mais dois-je partir pour cela, est-ce « malin » ? Cette opportunité sous mon nez, vais-je regretter si je ne la saisis pas ?

Cette mission à l’étranger, n’est-ce pas un moyen inconscient de fuir une situation qui me déplaît, que je trouve trop dure ? Ou bien n’est-ce que pour me faire plaisir, avec des sujets qui m’intéressent, mais sans réelle cohérence avec mon futur professionnel ? Quel intérêt de faire une mission pour acquérir des connaissances chimiques, ethno pharmacologiques sur des plantes tropicales ? Je ne pourrai pas me servir de ces plantes pour me soigner dans mon jardin en Europe, même si elles pourraient être achetées dans certaines pharmacies spécialisées en herboristerie. Est-ce que je compte passer ma vie dans des pays tropicaux ? Comment je le valorise après ? Ces connaissances, est-ce que je ne peux pas les acquérir autrement ? Je ne vais pas développer de nouvelles compétences, mais juste mobiliser mes capacités d’analyse, de synthèse et de transmission. En revanche j’aurai l’occasion d’avoir des contacts professionnels qui pourraient être très utiles. Je ne serai responsable de rien du tout, juste une petite main de passage, est-ce que cela me va vraiment mieux que trop de responsabilités ? Je serai payée des cacahuètes alors que je devrais payer mon billet d’avion. Suis-je vraiment capable de faire un tel volontariat de bon cœur et avec peu de contreparties ? Est-ce que l’équilibre qui me satisfera ? Cela me permettra-t-il vraiment de créer des contacts professionnels utiles ?

Et puis il y a tous le volet personnel. Bien sûr, ce doit être une expérience très enrichissante : la découverte d’une autre culture, un autre lieu, de nouveaux gens. Partir loin, découvrir, visiter, explorer. J’ai envie de voyager, de voir autre chose, de bouger. Mais ai-je vraiment envie de partir aussi longtemps, ou n’ai-je besoin que de longues vacances ailleurs ? Pourtant, j’imagine les plages là-bas et j’ai envie de m’y baigner. Je pense aux plats et spécialités et j’ai envie d’y goûter. J’ai soif de voyages, de nouveaux paysages, de nouvel air, loin des préoccupations de mon travail et des responsabilités.

18 mars 2015

Toutes ces émotions négatives…

Auteur image : KR0NPR1NZ

Auteur image : KR0NPR1NZ

Depuis quand suis-je si faible ? Physiquement et moralement ?

Peut-être depuis que j’ai renié la part sombre de moi-même.

Quand je ne sais plus qui je suis, je dois en revenir aux souvenirs de toutes les épreuves et souffrances que j’ai traversées. Pourquoi cela ? Pourquoi pas les moments heureux, les gens que j’aime, les vacances dans la nature ? Pourquoi faut-il que je revienne à une étincelle de ces moments de douleurs pour me rappeler ma force, ma capacité à continuer d’avancer malgré ça ? N’est-ce pas un peu sadique ?

Quand je vais mal, que je tourne en rond, que je me sens coincée, j’ai beau demander de l’aide, je ne la reçois pas… J’ai beau m’apitoyer sur moi-même et appeler la bienveillance de la lumière, rien n’y fait. C’est la colère, l’injustice et le désespoir profond qui me poussent à plonger au plus profond de moi-même. Dans les souvenirs de mon passé, pour me rappeler ce que j’ai déjà traversé et alors relever la tête en me disant que je suis capable de faire face à mon présent.

C’est dans ma part sombre que je pompe l’énergie pour me secouer. Dans mon ressentiment, mon amertume, ma tristesse, mon découragement, ma sensation d’impuissance. Dans mes émotions négatives et la hargne qu’elles éveillent.

Oui je suis déprimée, peut-être même dépressive, sombre et lunatique. Et alors ? Une rage nait en moi, face au monde et à la société, qui attend de moi de cacher, de masquer, voire d’annihiler toutes ces émotions négatives. Mais je ne veux PAS. Elles font partie de moi, comme ces souvenirs douloureux, ces cicatrices et ces peurs qui me collent à la peau. ET ALORS ? Je ne force personne à m’aimer pour ce que je suis. Mais je refuse de me conformer à un moule de lumière, de gentillesse et de positivité que je ne suis pas, même si c’est ce que les autres attendent de moi.

En ce moment, je n’ai pas envie d’être positive, je n’ai pas envie de recevoir des leçons de moral sur la façon dont chaque minute appréhendée avec positivité/négativité impacte sur notre vie. J’ai juste envie d’accepter et de laisser s’exprimer toutes ces émotions négatives, que la société nous pousse à ignorer, ranger dans une boîte ou résoudre : mon insatisfaction, mes peurs, mon inconfort, ma colère, ma rancœur, mes regrets, mes déceptions, mon insécurité, ma vulnérabilité, mon amertume, ma tristesse, la souffrance physique de mon corps, mon envie de feuler et de mordre, ma haine envers l’injustice de ce monde, ma soif de vengeance, mon mépris pour certaines personnes, ma soif d’avoir plus, mon besoin de reconnaissance.

Toutes ces émotions « négatives », toutes MES émotions négatives, je veux me les approprier, je veux les ressentir, les posséder pour les transformer en une force motrice. Celle qui me redonnera de la force, me fera relever la tête, hurler à la lune, défoncer les barrières qui m’emprisonnent, dépasser la cage qui m’enferme et enfin me sentir libre.

Alors oui, il est peut-être temps de reconnaitre que je suis plus reliée à l’Ombre que ce que je veux bien admettre. Que je me suis réfugiée dans la Lumière par crainte de l’Ombre, par peur de ce que je pourrais découvrir en moi : la soif de puissance, l’ambition aveugle, l’indifférence devant la souffrance d’autrui, la volonté d’écraser l’autre, l’égoïsme. Tout cela sont des choses qui me font terriblement peur. Parce qu’ouvrir la porte à l’Ombre, c’est aussi ouvrir la porte en soi même de ce qu’il y a de plus sombre, de plus cruel, de plus assoiffé de vengeance et de reconnaissance.

Pourtant, je devrais me rappeler que l’Ombre accomplie, ce n’est pas ça. L’Ombre accomplie recherche l’élévation de l’âme, mais d’une façon différente, par les propres moyens de chacun, le développement de la volonté, le travail via des alliances. Le dépassement des jugements du bien et du mal, le travail pour se détacher des voix de l’égo. L’Ombre accomplie ne vaut pas moins que la Lumière accomplie, c’est juste différent. Je le sais dans ma tête, mais dans mon cœur…

Finalement, si je refuse d’ouvrir la porte à l’Ombre, c’est peut-être surtout parce que j’ai le plus peur de moi-même, et de ce qui risque de s’y déchainer. Des années de douleurs, de colère, de soif de vengeance refoulées. Toutes les émotions négatives provoquées par les trahisons que j’ai vécues, par mon viol, par ma propre maltraitance envers mon corps. C’est plus qu’une tornade qui risque de se déchainer… Et je me surprends parfois moi-même à ne plus me reconnaitre face aux pulsions qui surgissent.

Pourtant, puis-je faire demi-tour ? Je suis à un point de non-retour. Je suis bloquée face au mur, je ne vois plus le ciel et les étoiles. Je ne peux pas me retourner et partir, ce serait renoncer à mes rêves, à mon couple et même à une part de moi-même. Ce serait tourner le dos à une partie de qui je suis. Je ne peux qu’avancer. Mais comment ?

Je suis prête à accepter ma reliance à l’Ombre. Je suis prête à travailler sur moi, à abandonner mes idées reçues, mes préjugés et les croyances qui ne correspondent pas à ma réalité intérieure. Mais à la condition que cela me permette d’avancer sur mon chemin, de dépasser ce buisson d’épines sur ma route sans m’écharper à sang tout le corps.

Je sais que j’en suis loin, je sais que je me débats vainement contre obstacles et sentiments d’injustice. Que je suis loin de la tempérance, que je ne connais pas et que j’ai peur d’assumer les valeurs qui me correspondent vraiment. Mais n’est-ce pas déjà un premier pas sur ce palier de stagnation ?

22 février 2015

Progresser

Auteur image : Chaosringen

Auteur image : Chaosringen

C’est rigolo, au moment où me KW me parlait de mon blog en le comparant à un refuge, j’étais justement allé dessus pour me raccrocher à un visuel familier. C’est vrai que mon blog est en quelque sorte devenu une sorte de refuge… J’y ai remis l’ancien thème que j’avais perdu par erreur et je le préfère comme ça. C’est un peu une ancre, ce qui est ironique, vu que ce site est totalement virtuel. Pourtant j’aime bien les énergies qu’il dégage. J’aime parfois me dire que j’écris pour publier dessus car cela me permet de me connecter à ces énergies.

Ce blog a beau être public, je m’y sens protégée. Il est peu fréquenté et très peu référencé, il se noie dans la masse et reste discret. Seules les personnes vraiment intéressées y viennent, comme on choisirait d’écouter une connaissance ou une inconnue qui nous semble sympathique.

Je peux y parler de tout et de n’importe quoi. Ça parait logique, parce que c’est mon blog, pourtant il est rare que je parle à la fois de travail et à la fois de spiritualité au même endroit, dans la même conversation. Que je montre à la fois mes faiblesses et à la fois mes forces. En général, ces choses sont bien séparées dans ma vie, tout du moins devant autrui. En moi-même, c’est autre chose…

C’est finalement le seul endroit où je ne me sens pas écartelée entre ce que « je dois être » et ce que je suis réellement. Entre ce qu’on attend de moi (les gens, mes proches, etc…) et la réalité intérieure de ce que je vis. Je peux interpréter les choses, les déformer selon mon ressenti, sans que cela ait d’importance, car ce qui compte ici n’est pas l’objectivité d’une situation, mais bien la manière dont je la vis et l’exprime.

Je ne sais pas trop à quoi cela sert que je publie ce que j’écris, vraiment. Je ne cherche pas à être lue par plein de gens, ni à être consolée, rassurée, conseillée. Je n’attends rien des personnes qui passent ici. Elles sont libres de s’arrêter ou non, de commenter ou non. Ce qui rend leurs réactions d’autant plus précieuses. Je n’ai pas la prétention de vouloir partager une expérience quelconque, et parfois, je me demande même ce que les gens retirent de leur passage ici. Des idées ? Des questions ? Des connaissances sur eux-mêmes par opposition ou réflexion à mon partage ? Je n’en sais rien, et à vrai dire, ce n’est pas grave.

L’important est que cela me fasse du bien. C’est parce qu’écrire sur mon blog m’était plus douloureux que bénéfique que j’avais arrêté d’y venir il y a un an. Cela remuait trop de choses, me mettait trop dans le doute et l’incompréhension. Comme dit Sylvie, « la foi doit éclairer » et pas nous perdre dans des méandres de doutes et d’interrogations sans fin. Elle doit nous aider à vivre ici et maintenant, pas nous déconnecter de la réalité. Peut-être est-ce pour cela que je ne pouvais plus écrire ici.

Je n’ai jamais résolu la question de savoir avec qui je conversais : mon âme ? Un guide ? Une entité quelconque ? Mais cela a-t-il vraiment de l’importance, du moment que cela sonne juste dans mon cœur ? A trop vouloir chercher de réponses, je m’étais perdue dans les questions. Au point d’oublier de vivre les choses simplement. Sans les sur-réfléchir et les analyser. Avec ma pauvre tête qui ne peut suivre ni mon cœur, ni mon intuition.

Aujourd’hui, j’ai appris que j’avais un traumatisme ancré profondément en moi depuis plusieurs vies antérieures. En fait, je le savais déjà inconsciemment, mais ça fait toujours du bien d’avoir un appui extérieur dans le même sens, parce que j’ai la fâcheuse tendance de ne pas faire confiance à mes ressentis. Je me disais bien qu’on ne pouvait pas se trimballer une souffrance aussi profonde sans bonne raison, sans blessure à l’origine. Alors qu’il n’y avait aucune raison dans ma vie à cette époque-là, que j’avais une vie que l’on pouvait juger de « parfaite ». Je m’en doutais, mais je ne m’étais jamais penché sur le sujet, parce qu’ « on a déjà assez à faire avec cette vie-là ».

Il y a encore un an, j’aurai probablement réagi en victime : « Oh non ! Encore une tuile qui ressurgit à cause de la spiritualité ! Mais pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? Je suis maudite… Blablabla… ». Oui c’est sûr, j’aurais réagi comme ça, j’aurais réagi à l’envers.

Parce qu’en fait, la bonne nouvelle, c’est qu’un traumatisme peut toujours être guéri, à partir du moment où il est identifié. Et que je suis sur la bonne voie pour y arriver (grâce à Sylvie d’ailleurs, merci !). Alors une part de moi (mais une petite part seulement, lol) se sent sereine. Ce n’est pas grave. Cette vie, c’est une chance pour guérir ce traumatisme et pour me réparer. Et pas l’inverse. Ce n’est pas une comédie rejouée sans fin dans le but de me faire souffrir.

 Je suis là pour progresser. Et j’espère que je vais y arriver.

3 février 2015

Réveil enneigé

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Auteur : Kaninnvven-d4rn8e9 (deviant art)

Aujourd’hui, quand je me suis levée, il neigeait ! C’était une belle surprise en ouvrant les volets. Ma première neige de l’année, voire des 2 dernières années. Dans ma nouvelle région, où il ne neige quasiment jamais, mais où il fait quand même bien froid. J’ai eu cette petite bouffée de joie pure et enfantine. Comme une réminiscence de mon enfance, quand on était tout excité de voir de la neige tomber, parce que cela voulait dire qu’on pourrait faire de la luge, courir sous les flocons et rater une journée ou deux d’école. Il y a quelque chose d’enivrant à voir ces flocons si blanc tomber et recouvrir le paysage de son manteau. Quelque chose de jubilatoire à voir les lieux engloutis sous tant de pureté et d’admirer les traces du quotidien effacées. Comme un nouveau monde qui s’offre à la vue, pourtant derrière la même fenêtre que d’habitude.

Dans ces moments-là j’ai le cœur qui se gonfle d’un sentiment inexprimable, et j’oublie tout le reste. Je suis captivée par la beauté de cette nature toute simple et pourtant si merveilleuse. Qui change sans cesse et se renouvelle sans fatigue, sans bruit et parfois si brusquement. Pourquoi ne puis-je être habitée de la même facilité à évoluer ? Pourquoi en comparaison, mes changements d’état sont-ils toujours des luttes et des déchirements ? Pourquoi une partie de moi résiste tant à ces évolutions que je sais pourtant nécessaires et inévitables ?

24 février 2015