Trouver la force en soi

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Artiste : Asuka111

Je n’aime pas du tout le rêve que j’ai fait cette nuit et les énergies qu’il a réveillé…

De quoi as-tu rêvé ?

J’ai rêvé de lorsque j’étais en couple avec mon amie et que nous l’avions annoncé à ses parents. J’ai rêvé que lorsque ses parents ont annoncé me mettre à la porte, elle partait avec moi. Alors on allait dans sa chambre et je l’aidais à faire ses valises. Son père déboulait dans la chambre, plein de jugements, me faisant comprendre que j’étais une dévergondée. J’étais très en colère contre lui, je lui balançais ses quatre vérités, je lui parlais de mon viol aussi.

Et comment t’es-tu sentie au réveil ?

En colère contre ses parents. Me sont venue en tête ce que je disais à son père. « Je n’oublierai jamais que des instituteurs, censés représenter la liberté, l’égalité et la fraternité, ont fait preuve d’intolérance et d’homophobie. Je n’oublierai jamais que des parents ont privilégié les apparences et la peur du jugement par-dessus le bonheur de leur propre fille. Je n’oublierais jamais qu’ils ont été irrespectueux envers mes parents, en décidant que les règles de politesse ne s’appliquaient plus à eux, à cause de moi. Je n’oublierais jamais qu’ils ont fait preuve d’hypocrisie en me laissant revenir dans leur maison des années plus tard, en faisant comme si de rien n’était. Jamais un mot d’excuse. » Cela me fait pleurer de colère. Comment peut-on se comporter comme ça et ne montrer aucun signe de remord ou d’excuse ?

Et pourquoi est-ce cela qui remonte dans la nuit, alors que je pensais à mon amie hier soir et que je lui demandais des nouvelles ? Je me demandais comment je pouvais faire pour la soutenir dans la période difficile qu’elle traverse et qui ne semble jamais en finir… J’ai envie d’être solidaire, envie d’honorer la belle femme qu’elle est, de lui transmettre de l’amour et de la lumière pour qu’elle reprenne confiance en elle. Mais je me sens désemparée… On ne peut pas aider quelqu’un si la personne ne le décide pas d’elle-même, si elle ne s’aide pas d’abord elle-même. Je suis triste de la voir si éloignée et renfermée dans sa bulle. Comment aider à faire face à des émotions, si elles ne sont même pas reconnues et exprimées ?

Plutôt que de chercher à l’aider, tu ferais mieux de travailler sur tes propres nœuds en lien avec elle. Cela l’aiderait d’autant plus.

Faire le travail pour deux ?

Pas vraiment. Dans ce genre de travail, l’âme de la personne aide aussi, même si elle n’en a pas forcément conscience. D’où souvent un travail à travers les rêves, dans l’inconscient de la personne, et au moment de la journée où l’âme est la plus libre d’agir et de voyager.

Ok, je comprends… Je comprends aussi que tous ces rêves intenses que je fais ces derniers jours – et qui me vident de mon énergie – sont en lien avec le processus de nettoyage de fin d’année… Mais qu’est-ce que je fais concrètement ?

Tu publies l’article que tu n’as jamais osé publier concernant ton amie et les nœuds évoqués. Tu le relis avec attention, à la lumière de ce que tu as appris et vécu depuis juin dernier. Tu la laisses en prendre connaissance et revenir vers toi si c’est son souhait. Cela va la perturber, c’est vrai, mais certaines émotions et énergies ont besoin d’être exprimées et extériorisées pour être déliées.

Est-ce juste (comprendre ici bon) pour moi ?

Si cela ne l’était pas, tu n’aurais pas reçu l’information en premier lieu.

Est-ce juste pour elle ?

Comment était-elle dans ton rêve ?

Elle était affaiblie, je devais limite la porter jusqu’à sa chambre. C’était moi qui faisais ses valises pour elle, selon ses souhaits, car elle n’en avait pas la force. Elle ne disait rien.

Cela te rappelle-t-il quelque chose ?

Et bien… Elle n’arrive pas à m’exprimer réellement comment elle se sent, je crois. Je sens bien qu’elle n’est pas vraiment heureuse dans le fond, elle ne rayonne pas. Elle fait face à ses peurs, ses doutes, et j’ai l’impression qu’elle n’arrive pas à se sortir de cette spirale-là.

Tu peux l’aider à  « défaire ses valises », à prendre conscience des poids dont elle ne s’est pas libérée. Après, ce sera son choix à elle d’écouter et de réagir en fonction. L’aide est toujours apportée à celui qui le demande à l’univers, même s’il faut souvent d’abord commencer à s’aider soi-même. A se prendre en main, se responsabiliser. Tu as compris que rester assise en attendant une aide miraculeuse ne marche pas. Il faut se prendre par la main, faire un petit pas. Rien qu’un tout petit pas peut suffire. Cela peut être de commencer une thérapie avec une psychologue, d’utiliser des outils pour reprendre confiance en soi (comme le Défi des 100 jours de Lilou Macé), de trouver une activité sportive ou créative qui fait du bien et qui aide à réaliser qu’on peut faire des choses.

Qu’as-tu appris depuis ton début de dépression nerveuse ?

Qu’il faut savoir accepter son état de faiblesse, reconnaître qu’on est mal et qu’on a besoin d’aide. C’est le premier pas. S’écouter, écouter son corps, ses rêves et ses pensées permet de prendre la mesure de notre mal être et de le reconnaitre. Si on passe son temps à penser du mal de soi « Je suis nulle… Je suis incapable de… Je ne mérite pas ceci… C’est bien fait pour moi… Je ne vais jamais y arriver… Tout le monde s’en fout de moi… » ; si on passe son temps à avoir des doutes et avoir peur de tout « j’ai peur de sortir de chez moi pour aller faire des courses… j’ai peur de conduire… j’ai peur de rencontrer de nouveaux gens… j’ai peur de demander quelque chose… j’ai peur d’affirmer mes besoins… » ; si on n’interagit plus avec l’extérieur et que l’on se renferme dans sa bulle… Tout ça, ce sont des symptômes de dépression nerveuse.

Moi j’ai aussi des insomnies, des crises de fatigue. Je n’arrive plus à manger comme avant, j’ai dû arrêter le lactose car mon corps ne le supporte plus. J’ai perdu du poids. J’ai beaucoup de vieilles émotions et de vieux schémas de pensées qui remontent. C’est une grosse période de nettoyage, qui me permet de me libérer de l’ancien pour aller vers le nouveau. Parce que j’ai une spiritualité développée et que j’arrive de plus en plus à m’ouvrir à ma guidance spirituelle, je sais que c’est normal. Cela fait partie d’un processus pour m’aider à grandir, à me défaire de ce qui ne me correspond plus. Cette dépression me force à quitter un travail qui ne me correspond plus. Elle me fait travailler ma foi. Ai-je foi en moi et en la guidance que je reçois pour sortir de cette épreuve ? Dans le fond, oui, même si certains jours, je doute, j’ai peur, je passe ma journée à pleurer, et je suis tellement épuisée que j’arrive à peine à marcher.

Mais voilà, combattre cet état, c’est dépenser son énergie pour rien. Mieux vaut reconnaitre la situation telle qu’elle est, l’accepter pleinement, pour ensuite trouver le courage et les armes pour la faire évoluer. Plus on est dans le déni, et plus la situation se prolongera, jusqu’à sombrer encore et encore, jusqu’à briser nos dernières résistances pour nous faire admettre la situation.

Est-ce une situation d’échec ? Du point de vue du jugement de la société, sûrement. De point de vue des parents de mon amie, peut-être. Mais du point de vue de l’âme, c’est une porte vers la reconnaissance de soi-même. Qui es-tu ? Que veux-tu ? On n’est pas défini par notre travail, on n’est pas défini par l’argent que l’on a ou que l’on n’a pas, on n’est pas défini par nos liens sociaux, notre « réussite », les jugements de nos parents. Cette période sombre, elle est là pour nous reconnecter à notre Essence, à celle qui dépasse les jugements et les apparences. Qui que l’on soit, on a chacun un Cœur, et dans ce cœur réside un trésor infini. Celui de l’Amour. Celui qui sait s’aimer soi-même est le plus riche en ce monde. Car alors il pourra accéder à ses propres talents, à ses propres envies et il pourra rayonner l’amour autour de lui. On en est tous capable. Il n’y a pas besoin d’être médium pour cela. Il n’y a pas besoin d’avoir de diplômes.

Il suffit d’apprendre à écouter son cœur. Alors comment faire me direz-vous ? Parce qu’en réalité, ce n’est pas si « simple » que ça, et j’ai mis bien du temps avant d’accepter ce que le mien me disait. Car souvent, on s’est coupé de son cœur pour une bonne raison, parce que celui-ci nous transmettait des messages de souffrance et de douleur, dont on ne savait pas quoi faire. Alors parfois, dans les premiers temps, il est difficile de se reconnecter à lui, car toutes ces émotions que l’on avait fuies remontent à la surface. La meilleure façon est de les laisser s’exprimer, d’accepter qu’elles nous traversent, aussi douloureux soit-il, elles passeront si on sait les accueillir. Dans ces moments-là, l’écriture (dans un journal intime par exemple), le dessin, le chant, le sport, le dialogue avec un professionnel ou une amie de confiance, tout moyen d’expression est bon pour exprimer ces émotions.

« Je pleure car je me sens triste… » Mais pourquoi est-ce que je me sens triste ? Quel est le message que veut me faire passer mon « état d’âme » ? Est-ce parce que je ne me sens pas reconnue pour qui je suis réellement ?  Est-ce parce que je me sens seule ? Incomprise ? Quelle est l’origine de cette tristesse ? De quoi ai-je besoin pour l’apaiser ?

Un exemple concret serait plus parlant. Prenons le tien. Pourquoi es-tu en colère contre les parents de ton amie ? Pourquoi n’arrives-tu pas à lâcher cette colère ?

Je suis en colère contre eux, parce que leur comportement a fait terriblement souffrir mon amie, leur propre fille, mais il a aussi blessé mes parents. Je déteste quand mes actions impactent ce que j’aime d’une telle façon, je trouve cela injuste ! Que l’on s’en prenne à moi, je peux le comprendre, mais que l’on s’en prenne à mes parents, je trouve ça injuste. Je déteste aussi qu’ils fassent comme si de rien n’était, comme si leur comportement avait été « normal », comme si ce n’était pas important. J’imagine que je n’arrive pas à lâcher prise, parce que je n’ai jamais pu leur dire ce que je pensais, mes émotions, que nous n’en avons jamais parlé en face à face. Ils se sont comportés en adultes autoritaires en disant « tu n’as plus rien à faire dans cette maison » sans prendre la peine de discuter avec la personne que je suis, ni à cette époque, ni même par la suite. Ils me diraient « nous avons eu peur pour notre fille, nous voulions la protéger, nous sommes désolés » je pourrais comprendre, je pourrais pardonner. Mais il n’en est rien, ils ont décidé d’ignorer la chose et l’ont rendu tabou.

As-tu la moindre raison de conserver ces émotions et de porter cette colère ? Cela va-t-il changer le passé ?

Non…

Alors nous t’invitons à leur écrire une lettre. Écris ce que tu as ressenti, écris ce que tu ressens encore aujourd’hui. Écris ce que tu aurais aimé leur dire, sans aucune restriction. Libère ton cœur et laisse les émotions sortir. Puis, au 31 décembre, tu brûleras cette lettre en demandant au feu de transmuter ces énergies lourdes en énergie d’amour et de lumière. Connecte toi à ton cœur, trouves-y l’amour inconditionnel que tu ressens pour ton amie, et parce que tu l’aimes elle, envoie de l’énergie d’amour à ses parents. Fais preuve de compassion et de pardon. Peu importe les raisons qui les ont poussés à agir comme ça, tu peux te libérer de ce poids, tu peux faire en sorte que cela ne pèse plus sur ton cœur et sur ta relation d’amitié avec elle. Le reste sera de son propre ressort.

Merci.

29 décembre 2016

 

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La douceur de vivre

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Artiste : Dunkeltoy

Il fait doux vivre

Quand le chant des oiseaux résonne

Quand les fougères chantent sous le vent

Quand le soleil me réchauffe

Quand mon cœur est en paix

Et que mon âme respire la nature

28 mars 2016

« Maintenant, c’est ma vie »

Auteur :
Auteur : Destiny Blue

Je suis choquée par la fin de ce roman jeunesse que je lisais [attention spoiler]. Je n’ai pas compris. C’était idyllique, un peu fantasque, bien que décrivant une triste réalité malgré tout vécue avec bonheur par des enfants. Et d’un seul coup, c’est devenu violent par le sang et les émotions. Et cette fin, qu’est-ce que cette fin ? C’est horrible ! Un trou comme ça dans l’histoire, et puis revenir en découvrant l’être aimé en lambeaux, automutilé… Pour mon cœur d’hypersensible, c’est violent et sordide. Une histoire ne devrait jamais finir comme ça… Pourtant la dernière phrase, qui est aussi le titre du livre, est « Maintenant, c’est ma vie ». Une forme d’acceptation ou de résignation ?

Cela me révolte, me donne envie de pleurer et en même temps me met en colère. C’est cruel pour le personnage principal. C’est absurde, et quelque part cela me rappelle seulement comment la vie peut être des fois. Impitoyable, injuste, incompréhensible et terrible. Tout autant qu’elle a pu paraitre le moment d’avant belle et heureuse, pleine de vie et de beautés.

Je trouve ça dégueulasse. Comme faire ça à un de ses personnages ? A ses personnages ? Même si c’est de la fiction, je trouve cela profondément cruel et injuste. Je ne suis pas d’accord. Qui souhaiterait une telle fin d’histoire ? Et dire qu’il y a des papillons et des roses sur la couverture et que le titre est en rose ! C’est hypocrite. Si la vie est réellement comme ça, ça donne envie d’abandonner, de laisser tomber si c’est pour faire face à tant d’injustices et d’absurdités. A quoi bon alors ?

Cela m’a tellement perturbé que je me sens déracinée, choquée, avec une envie bloquée dans la gorge de pleurer. J’ai le sentiment de m’être fait rouler. Je voulais un roman jeunesse léger, drôle et simple, et je découvre seulement à la fin que c’est une tragique histoire de guerre, après m’être attachée à des perso insouciants et rêveurs. Mais qui aurait envie de lire une histoire qui finit si tristement s’il le savait à l’avance ? J’en veux à l’auteur… Peut-être à moi-même. D’avoir été autant capturée, d’avoir autant été chamboulée et de me sentir blessée par le sort de l’héroïne. Et ce sentiment qu’on ne peut pas réparer certaines blessures. Qu’elles laissent des traces physiques qu’on ne pourra jamais masquer et que quelque part on reste brisé à vie. Et que maintenant, c’est ta vie, il faut faire avec.

Mais comment ? On ne nous donne pas de mode d’emploi, on ne nous explique pas comment vivre avec de telles blessures, comment apprendre à les accepter et les porter, encore plus quand on se les est infligé à soi-même à cause de la souffrance. Dans le livre l’héroïne a du temps et de la tranquillité, un jardin et une famille pour aider celui qu’elle aime. Mais dans la vrai vie, on n´a pas tout ça. On doit continuer à avancer comme si de rien n’était, à faire bonne figure aux collègues et à la famille, on doit se lever chaque jour pour aller travailler et gagner sa vie, payer les assurances et la nourriture. On dépense son énergie dans une société allant à toute allure, juste pour avoir le droit de vivre –et de consommer- et rarement d’être heureux. Et le sens se perd.

Le sens de la vie m’échappe. En a-t-il seulement un ? Cela sert-il seulement à quelque chose de vouloir lui en attribuer un ? Ce soir, j’ai envie de pleurer, pour ces injustes blessés, ces absurdités cruelles de la vie, tous ces êtres qui souffrent chaque jour sur la terre, meurent de rien pour des raisons incompréhensibles. Parfois je me dis que je n’ai pas envie de vivre dans un monde cruel comme ça, que mon cœur empathique n’est pas capable de supporter toute cette violence et cette dureté. Que je ne suis pas armée face à ça, quand je lutte déjà avec ma propre souffrance, comment supporter celle des autres ?

Je suis fermée à mon propre cœur, mais je n’arrive pas à fermer mon coeur aux autres. Alors quand vous voyez comment un simple livre me met dans cet état, vous imaginez ma réaction face aux émotions d’une foule ? Au désarroi d’une nation ? Au cri de l’âme des gens qu’ils n’écoutent pas ? Je ne sais pas y faire face, je ne sais pas laisser les émotions couler sans me toucher. Pourtant, j’aimerais m’en distancer, si vous saviez. J’aimerais allumer la radio sans avoir envie de pleurer de tristesse ou de joie, j’aimerais marcher dans une foule sans me sentir tirailler dans tous les sens, j’aimerais pouvoir écouter une personne se confier sans me sentir directement touchée par son malheur.

A quoi donc servent cette empathie et cette hypersensibilité ? Tout le monde les ressent-il ? Comment les autres la gèrent ? Comment font-ils ? Et que font-ils de ce trop plein d’émotions dérangeantes et débordantes qui épuisent le cœur ?

PS : pour ceux qui veulent être ému(e), l’auteur c’est Meg Rosoff.

17 septembre 2015

Ce moi inconnu

Auteur : Destiny Blue
Auteur : Destiny Blue

On parle toujours de l’importance de s’aimer soi-même. C’est plus qu’à la mode dans les conversations dans notre ère du bien-être et du développement personnel. Mais quelqu’un a-t-il déjà trouvé un guide simple pour y arriver ? Pour certains, cela semble couler de source, ils se demandent même comment il est possible de vivre autrement. Il y en a d’autres qui doivent rechercher l’étincelle pour la porter aux regards. Et puis il y en a d’autres qui naissent gravement handicapés. Avec cette incapacité à s’aimer soi-même. Mais était-ce là dès le départ ? Ou bien est-ce l’éducation qui a étouffé cette capacité ? Un traumatisme ? Une dévalorisation constante par des tiers ? Comment peut-on éteindre sa propre flamme d’amour intérieur envers soi ? Pourquoi ? Je me dis que si j’avais les réponses à ses questions, peut-être que je saurais mieux la ranimer. Parce qu’évidemment, je fais partie de la dernière catégorie de ces personnes. Celles qui n’arrivent pas à s’aimer soi-même.

Quand c’est comme ça, par où commencer ? Comment peut-on avoir un cœur immense capable d’aimer ces proches avec patience et ne pas en avoir un peu pour soi ? Comment peut-on être empathique envers les personnes physiques en face de soi et être aussi insensible envers soi-même ?

« S’aimer, c’est prendre soin de soi. » Pour être gentil avec soi, il faut se traiter comme on traiterait sa meilleure amie. Est-ce que tu dirais à ton amie qu’elle est nulle de ne pas réussir cet exercice, alors qu’elle manque de sommeil et n’a pas le moral ? Non, tu serais gentille et compatissante avec elle, tu lui rappellerais gentiment sa fatigue et l’encouragerais à se coucher tôt, tu lui remonterais le moral en lui rappelant ses dernières réussites scolaires. C’est toujours ce que je conseille à mes proches.

Mais le cordonnier est toujours le plus mal chaussé. Et moi-même reste cette inconnue incompréhensible qui n’éveille aucune empathie et aucune compassion. Pourquoi ? Pourquoi alors que je suis parfois capable de faire preuve de tant d’émotion, de compassion et de tendresse auprès des gens que j’aime ?

Je rentre en moi et j’essaye d’éveiller cette flamme de compassion, cet amour chaleureux sensé me réconforter moi-même. Mais je ne trouve qu’un vide froid et insensible. Pire, parfois je ne me sens pas concernée, comme si ce n’était pas moi, pas ma vie. Je reste distante à moi-même sans pouvoir toucher mon propre cœur. Alors que tout mon environnement est capable de m’émouvoir aux larmes pour si peu, à cause de mon empathie. Ce miroir permanent qu’est la vie qui m’entoure fait vibrer, pleurer et crier mon cœur sans me laisser le moindre contrôle. Je suis ballotée par ces émotions sans bien les discerner, identifier leurs sources et comprendre leur raison. Reflets éphémères de ma capacité à ressentir. Et pourtant un cœur fermé à moi-même. Comment est-ce possible ?

Qu’ai­-je pu faire pour fermer mon cœur à moi-même de cette façon ? N’est-ce qu’une barrière de protection mise en place pour ne pas mourir émotionnellement encore et encore, toute ces fois où l’on m’a humiliée ? Me suis-je coupée de mon propre cœur pour ne plus ressentir la souffrance qu’on lui a infligé ? Comment renouer avec soi-même quand le cœur reste sourd à notre propre amour ?

Je me sens cassée. Comme une poupée avec qui on aurait été cruel. Mon cœur s’est réfugié quelque part ailleurs. Et j’ai l’impression d’en avoir perdu la clé. Elle est visible de tous, sauf de moi. Les émotions reflets des gens le heurtent, mais quand je veux moi-même le toucher, il se dérobe. Alors que faire ?

13 septembre 2015