Le réel

Artiste : Rossdraws

Bonjour à tous.

J’ai choisi, ce soir, d’illustrer mon article avec un extrait du dialogue du film du dernier Harry Potter [attention spoiler pour ceux qui ne connaissent pas la fin !].

Pour ne rien vous cacher, je viens juste de le revoir à la télé, et une de ces phrases m’a particulièrement marquée, alors qu’en parallèle je relisais un de mes anciens articles (Pourquoi pas ?). Ce dernier parle entre autre du fait de faire confiance ou non à la guidance « entendue » pour écrire mes articles.

 

Harry vient d’être tué par Voldemort. Il se retrouve dans un espace blanc qui ressemble à une gare, et là, il discute avec Dumbledore, déjà mort depuis longtemps. Alors que leur discussion se termine, que Dumbledore va partir et Harry monter dans le train, Harry ne peut s’empêcher de lui demander :

«  Professeur, est ce que c’est réel ? Ou est-ce que cela se passe dans ma tête ?

– Bien sûr que cela se passe dans ta tête Harry. Mais, pourquoi cela signifierait que ce n’est pas réel ? »

 

Cette dernière phrase m’a frappée. Et m’aide à me rappeler que, ce n’est pas parce que l’on a des ressentis que les autres n’ont pas, ou que l’on vit des expériences qui sont inexplicables, qu’elles ne sont pas pour autant bien réelles.

Qu’est-ce que le réel ? Comment le définit-on ? Est-ce, ce qui est perçu par tout le monde, ou par la majorité ? Pourtant, on ne peut percevoir les champs magnétiques sans outils, ils n’en sont pas pour autant moins réel.

Cela me rappelle également cette règle courante en écriture de SF et de fantastique « toute technologie très évoluée peut apparaître comme de la magie pour une société moins avancée ». A partir de ce moment là, peut-on considérer que des choses comme le « 6ème sens » ou bien la médiumnité, ne sont que des capacités innées qui n’ont pas encore été comprises et pleinement contrôlées par la majorité ?

Qu’est-ce que le réel ? N’est-ce pas ce qui rentre pleinement dans ma vie et l’impacte, quelle que soit son origine ? Par exemple, mon ressenti de souffrance ou de joie émise par les arbres de mon jardin, n’est-il pas plus réel que l’existence d’un temple à Youkoulélé ? Après tout, ce qui se passe à l’autre bout de la planète n’a pas de réalité concrète dans mon quotidien. Qu’il y ait 5 ou 100 croyants qui prient là-bas n’impacte pas mon quotidien. Enfin, vous me suivez.

Le réel n’est pas toujours ce que l’on attendrait.

Finalement, ce qui donne du poids et de la réalité aux évènements que l’on vit, c’est nous même. Va-t-on faire une montagne de tel évènement ? Ou bien l’aurons-nus oublié le lendemain ? A quel point cet évènement nous a impacté et va changer notre façon d’agir ? Quels poids acceptons-nous de lui donner de façon consciente ou bien inconsciente ? Quelle foi accordons-nous à nos propres ressentis et expériences ?

Ainsi, notre réalité est directement impactée par la manière dont nous la percevons, mais aussi par la manière dont nous apprenons à la percevoir

30 août 2018

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Trouver sa voix

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Je ne sais même pas par où commencer tellement c’est le bazar dans ma tête.  Au message reçu par Sylvie « On me dit de te rappeler que la foi est une flamme qui s’entretient et qui part de la foi en soi avant toute chose », je me sens profondément découragée. Pourquoi ?

Pourquoi certains jours, la foi en la vie semble couler de source et j’arrive à ressentir une forme de sérénité ? Et pourquoi d’autres jours, je ne sais même plus ce que veut dire le mot « foi » ? Et encore moins comment m’y connecter et raviver cette flamme ? Comme si je n’en avais plus la force, tellement je me sens parfois fatiguée et découragée. Comme si ce mot s’était vidé de son sens, à force d’errer dans cette nuit de l’âme et ce brouillard sans fin. Comme si l’absence d’amélioration face à la maladie malgré mes efforts l’avait vidé de sa substance.

Comment faire face quand on est submergé par un raz de marée de souffrance, de fatigue, de désespoir et de doutes ? Où trouver la matière pour entretenir cette flamme quand tout s’est écroulé autour de soi ? La perte de repères physiques, la perte d’un partenaire, la dégradation de ma santé, l’arrêt de ma vie professionnelle, l’altération de mon cercle social ?

J’imagine que la mort de tout ce que l’on croit connaitre,  de tout ce que l’on croit désirer, n’est là que pour mieux nous aider à renaitre à nous-même, nous pousser à l’introspection pour apprendre à vraiment se connaitre, et à ainsi mieux pouvoir suivre la voix de son âme.

Mais où est la mienne ? Pourquoi je ne l’entends plus ? Elle s’est soudain tût et je me retrouve dans un silence assourdissant, où seuls mes acouphènes me tiennent compagnie. Ne plus entendre la voix de ses guides quand on se sent plus perdue que jamais est difficile. Sentiments d’abandon, de douleur et d’incompréhension face aux appels à l’aide qui semblent rester sans réponse.

Comment prendre du recul sur ce que l’on vit lorsque l’on est constamment submergé de vagues émotionnelles douloureuses ? De tristesse, de solitude, de peurs et de doutes ? L’esprit cherche à rationaliser, à comprendre. Pourquoi ? D’où cela vient ? Quels sont les déclencheurs ? Mémoires émotionnelles qui remontent ? Travail d’épuration de la Kundalini ? Ou que sais-je d’autre ? Et pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi ? Comme s’il fallait que tout ait un sens pour supporter cette souffrance, une finalité, un objectif « ainsi je n’aurais pas vécu ça en vain ». Qui supporterait de vivre de la souffrance gratuite sans aucune utilité ?

Mais les émotions ne peuvent pas se rationaliser, car elles se vivent dans le cœur. Elles émergent et me submergent, peu importe leurs origines et le chemin qu’elles prennent. Elles effacent toute la sagesse et les guidances reçues, toute la patience et la foi en moi. Elles me retournent, et me laissent vidée, dans l’incompréhension, la solitude et le sentiment d’être impuissante. Impuissante à contrôler mon hypersensibilité, mes nuits et rêves agités, mon état de santé totalement aléatoire et fortement impacté par mes nuits.

Comment dans ces conditions trouver le calme et la foi pour prendre des décisions par rapport à mon orientation professionnelle ? Comment avoir le courage et la foi d’imaginer un chemin professionnel dans la relation d’aide à autrui ou la thérapie, quand je ne semble pas capable moi-même de faire face à la maladie, à l’hypersensibilité et surtout à mes propres doutes ?

J’ai une liste de métiers potentiels établie avec la psychologue du travail qui m’accompagne dans la démarche de réorientation demandée auprès de Pôle Emploi. Après de nombreux échanges et questionnaires, il est temps d’appliquer la méthode de « l’entonnoir », resserrer les possibilités pour mettre au point un projet professionnel cohérent, me renseigner sur le métier et les formations.

Mais je regarde cette liste et je me demande où est ma voie. Où est ma voix ? Je me sens comme paralysée, face à l’idée de choisir et de m’engager dans une direction, et ma peur de me tromper ressurgit. Ma peur de mal choisir, de ne pas en être capable, de ne pas réussir. Pourquoi rien ne résonne-t-il comme une évidence ? Pourquoi toutes les options ne me semblent que de longs parcours du combattant, pour lesquels je ne me sens pas prête ? Ma confiance en moi semble s’étioler plus que jamais, les doutes me submerger et la clarté me fuir.

Comment dans ces moments-là peut-on entretenir sa foi en soi-même ? Quel acte concret et quotidien peut-on poser chaque jour pour nourrir cette flamme, quand tout à l’extérieur semble peser pour l’étouffer ?

Parfois, j’aimerais bien que l’on me donne « la bonne réponse ». Peut-être est-ce pour cela que ma guidance s’est tût, c’est à moi de la trouver par moi-même. Personne ne peut choisir à ma place. C’est à la fois un beau cadeau et en même temps une lourde responsabilité. Comment choisir quand je ne sais pas ce que je veux ? Ni ce dont je suis capable ? Ni vers quoi je veux aller concrètement ?

Faire un pas au hasard ? Avoir la foi que je ferais le bon choix quel qu’il soit ? Je sais qu’en vérité, peu importe le chemin, c’est la façon dont on le vit qui importe. « Tous les chemins se valent », il n’y en a pas un bon ni un mauvais, ce ne sont que des expériences. Et comme la vie est évolution, rien n’est jamais figé, on peut changer d’avis, rebondir, évoluer. Alors pourquoi ai-je si peur de me tromper ou de ne pas être capable ? Comment guérit-on ce genre de manque de confiance en soi ?

21 juin 2017

Trouver la force en soi

Artiste
Artiste : Asuka111

Je n’aime pas du tout le rêve que j’ai fait cette nuit et les énergies qu’il a réveillé…

De quoi as-tu rêvé ?

J’ai rêvé de lorsque j’étais en couple avec mon amie et que nous l’avions annoncé à ses parents. J’ai rêvé que lorsque ses parents ont annoncé me mettre à la porte, elle partait avec moi. Alors on allait dans sa chambre et je l’aidais à faire ses valises. Son père déboulait dans la chambre, plein de jugements, me faisant comprendre que j’étais une dévergondée. J’étais très en colère contre lui, je lui balançais ses quatre vérités, je lui parlais de mon viol aussi.

Et comment t’es-tu sentie au réveil ?

En colère contre ses parents. Me sont venue en tête ce que je disais à son père. « Je n’oublierai jamais que des instituteurs, censés représenter la liberté, l’égalité et la fraternité, ont fait preuve d’intolérance et d’homophobie. Je n’oublierai jamais que des parents ont privilégié les apparences et la peur du jugement par-dessus le bonheur de leur propre fille. Je n’oublierais jamais qu’ils ont été irrespectueux envers mes parents, en décidant que les règles de politesse ne s’appliquaient plus à eux, à cause de moi. Je n’oublierais jamais qu’ils ont fait preuve d’hypocrisie en me laissant revenir dans leur maison des années plus tard, en faisant comme si de rien n’était. Jamais un mot d’excuse. » Cela me fait pleurer de colère. Comment peut-on se comporter comme ça et ne montrer aucun signe de remord ou d’excuse ?

Et pourquoi est-ce cela qui remonte dans la nuit, alors que je pensais à mon amie hier soir et que je lui demandais des nouvelles ? Je me demandais comment je pouvais faire pour la soutenir dans la période difficile qu’elle traverse et qui ne semble jamais en finir… J’ai envie d’être solidaire, envie d’honorer la belle femme qu’elle est, de lui transmettre de l’amour et de la lumière pour qu’elle reprenne confiance en elle. Mais je me sens désemparée… On ne peut pas aider quelqu’un si la personne ne le décide pas d’elle-même, si elle ne s’aide pas d’abord elle-même. Je suis triste de la voir si éloignée et renfermée dans sa bulle. Comment aider à faire face à des émotions, si elles ne sont même pas reconnues et exprimées ?

Plutôt que de chercher à l’aider, tu ferais mieux de travailler sur tes propres nœuds en lien avec elle. Cela l’aiderait d’autant plus.

Faire le travail pour deux ?

Pas vraiment. Dans ce genre de travail, l’âme de la personne aide aussi, même si elle n’en a pas forcément conscience. D’où souvent un travail à travers les rêves, dans l’inconscient de la personne, et au moment de la journée où l’âme est la plus libre d’agir et de voyager.

Ok, je comprends… Je comprends aussi que tous ces rêves intenses que je fais ces derniers jours – et qui me vident de mon énergie – sont en lien avec le processus de nettoyage de fin d’année… Mais qu’est-ce que je fais concrètement ?

Tu publies l’article que tu n’as jamais osé publier concernant ton amie et les nœuds évoqués. Tu le relis avec attention, à la lumière de ce que tu as appris et vécu depuis juin dernier. Tu la laisses en prendre connaissance et revenir vers toi si c’est son souhait. Cela va la perturber, c’est vrai, mais certaines émotions et énergies ont besoin d’être exprimées et extériorisées pour être déliées.

Est-ce juste (comprendre ici bon) pour moi ?

Si cela ne l’était pas, tu n’aurais pas reçu l’information en premier lieu.

Est-ce juste pour elle ?

Comment était-elle dans ton rêve ?

Elle était affaiblie, je devais limite la porter jusqu’à sa chambre. C’était moi qui faisais ses valises pour elle, selon ses souhaits, car elle n’en avait pas la force. Elle ne disait rien.

Cela te rappelle-t-il quelque chose ?

Et bien… Elle n’arrive pas à m’exprimer réellement comment elle se sent, je crois. Je sens bien qu’elle n’est pas vraiment heureuse dans le fond, elle ne rayonne pas. Elle fait face à ses peurs, ses doutes, et j’ai l’impression qu’elle n’arrive pas à se sortir de cette spirale-là.

Tu peux l’aider à  « défaire ses valises », à prendre conscience des poids dont elle ne s’est pas libérée. Après, ce sera son choix à elle d’écouter et de réagir en fonction. L’aide est toujours apportée à celui qui le demande à l’univers, même s’il faut souvent d’abord commencer à s’aider soi-même. A se prendre en main, se responsabiliser. Tu as compris que rester assise en attendant une aide miraculeuse ne marche pas. Il faut se prendre par la main, faire un petit pas. Rien qu’un tout petit pas peut suffire. Cela peut être de commencer une thérapie avec une psychologue, d’utiliser des outils pour reprendre confiance en soi (comme le Défi des 100 jours de Lilou Macé), de trouver une activité sportive ou créative qui fait du bien et qui aide à réaliser qu’on peut faire des choses.

Qu’as-tu appris depuis ton début de dépression nerveuse ?

Qu’il faut savoir accepter son état de faiblesse, reconnaître qu’on est mal et qu’on a besoin d’aide. C’est le premier pas. S’écouter, écouter son corps, ses rêves et ses pensées permet de prendre la mesure de notre mal être et de le reconnaitre. Si on passe son temps à penser du mal de soi « Je suis nulle… Je suis incapable de… Je ne mérite pas ceci… C’est bien fait pour moi… Je ne vais jamais y arriver… Tout le monde s’en fout de moi… » ; si on passe son temps à avoir des doutes et avoir peur de tout « j’ai peur de sortir de chez moi pour aller faire des courses… j’ai peur de conduire… j’ai peur de rencontrer de nouveaux gens… j’ai peur de demander quelque chose… j’ai peur d’affirmer mes besoins… » ; si on n’interagit plus avec l’extérieur et que l’on se renferme dans sa bulle… Tout ça, ce sont des symptômes de dépression nerveuse.

Moi j’ai aussi des insomnies, des crises de fatigue. Je n’arrive plus à manger comme avant, j’ai dû arrêter le lactose car mon corps ne le supporte plus. J’ai perdu du poids. J’ai beaucoup de vieilles émotions et de vieux schémas de pensées qui remontent. C’est une grosse période de nettoyage, qui me permet de me libérer de l’ancien pour aller vers le nouveau. Parce que j’ai une spiritualité développée et que j’arrive de plus en plus à m’ouvrir à ma guidance spirituelle, je sais que c’est normal. Cela fait partie d’un processus pour m’aider à grandir, à me défaire de ce qui ne me correspond plus. Cette dépression me force à quitter un travail qui ne me correspond plus. Elle me fait travailler ma foi. Ai-je foi en moi et en la guidance que je reçois pour sortir de cette épreuve ? Dans le fond, oui, même si certains jours, je doute, j’ai peur, je passe ma journée à pleurer, et je suis tellement épuisée que j’arrive à peine à marcher.

Mais voilà, combattre cet état, c’est dépenser son énergie pour rien. Mieux vaut reconnaitre la situation telle qu’elle est, l’accepter pleinement, pour ensuite trouver le courage et les armes pour la faire évoluer. Plus on est dans le déni, et plus la situation se prolongera, jusqu’à sombrer encore et encore, jusqu’à briser nos dernières résistances pour nous faire admettre la situation.

Est-ce une situation d’échec ? Du point de vue du jugement de la société, sûrement. De point de vue des parents de mon amie, peut-être. Mais du point de vue de l’âme, c’est une porte vers la reconnaissance de soi-même. Qui es-tu ? Que veux-tu ? On n’est pas défini par notre travail, on n’est pas défini par l’argent que l’on a ou que l’on n’a pas, on n’est pas défini par nos liens sociaux, notre « réussite », les jugements de nos parents. Cette période sombre, elle est là pour nous reconnecter à notre Essence, à celle qui dépasse les jugements et les apparences. Qui que l’on soit, on a chacun un Cœur, et dans ce cœur réside un trésor infini. Celui de l’Amour. Celui qui sait s’aimer soi-même est le plus riche en ce monde. Car alors il pourra accéder à ses propres talents, à ses propres envies et il pourra rayonner l’amour autour de lui. On en est tous capable. Il n’y a pas besoin d’être médium pour cela. Il n’y a pas besoin d’avoir de diplômes.

Il suffit d’apprendre à écouter son cœur. Alors comment faire me direz-vous ? Parce qu’en réalité, ce n’est pas si « simple » que ça, et j’ai mis bien du temps avant d’accepter ce que le mien me disait. Car souvent, on s’est coupé de son cœur pour une bonne raison, parce que celui-ci nous transmettait des messages de souffrance et de douleur, dont on ne savait pas quoi faire. Alors parfois, dans les premiers temps, il est difficile de se reconnecter à lui, car toutes ces émotions que l’on avait fuies remontent à la surface. La meilleure façon est de les laisser s’exprimer, d’accepter qu’elles nous traversent, aussi douloureux soit-il, elles passeront si on sait les accueillir. Dans ces moments-là, l’écriture (dans un journal intime par exemple), le dessin, le chant, le sport, le dialogue avec un professionnel ou une amie de confiance, tout moyen d’expression est bon pour exprimer ces émotions.

« Je pleure car je me sens triste… » Mais pourquoi est-ce que je me sens triste ? Quel est le message que veut me faire passer mon « état d’âme » ? Est-ce parce que je ne me sens pas reconnue pour qui je suis réellement ?  Est-ce parce que je me sens seule ? Incomprise ? Quelle est l’origine de cette tristesse ? De quoi ai-je besoin pour l’apaiser ?

Un exemple concret serait plus parlant. Prenons le tien. Pourquoi es-tu en colère contre les parents de ton amie ? Pourquoi n’arrives-tu pas à lâcher cette colère ?

Je suis en colère contre eux, parce que leur comportement a fait terriblement souffrir mon amie, leur propre fille, mais il a aussi blessé mes parents. Je déteste quand mes actions impactent ce que j’aime d’une telle façon, je trouve cela injuste ! Que l’on s’en prenne à moi, je peux le comprendre, mais que l’on s’en prenne à mes parents, je trouve ça injuste. Je déteste aussi qu’ils fassent comme si de rien n’était, comme si leur comportement avait été « normal », comme si ce n’était pas important. J’imagine que je n’arrive pas à lâcher prise, parce que je n’ai jamais pu leur dire ce que je pensais, mes émotions, que nous n’en avons jamais parlé en face à face. Ils se sont comportés en adultes autoritaires en disant « tu n’as plus rien à faire dans cette maison » sans prendre la peine de discuter avec la personne que je suis, ni à cette époque, ni même par la suite. Ils me diraient « nous avons eu peur pour notre fille, nous voulions la protéger, nous sommes désolés » je pourrais comprendre, je pourrais pardonner. Mais il n’en est rien, ils ont décidé d’ignorer la chose et l’ont rendu tabou.

As-tu la moindre raison de conserver ces émotions et de porter cette colère ? Cela va-t-il changer le passé ?

Non…

Alors nous t’invitons à leur écrire une lettre. Écris ce que tu as ressenti, écris ce que tu ressens encore aujourd’hui. Écris ce que tu aurais aimé leur dire, sans aucune restriction. Libère ton cœur et laisse les émotions sortir. Puis, au 31 décembre, tu brûleras cette lettre en demandant au feu de transmuter ces énergies lourdes en énergie d’amour et de lumière. Connecte toi à ton cœur, trouves-y l’amour inconditionnel que tu ressens pour ton amie, et parce que tu l’aimes elle, envoie de l’énergie d’amour à ses parents. Fais preuve de compassion et de pardon. Peu importe les raisons qui les ont poussés à agir comme ça, tu peux te libérer de ce poids, tu peux faire en sorte que cela ne pèse plus sur ton cœur et sur ta relation d’amitié avec elle. Le reste sera de son propre ressort.

Merci.

29 décembre 2016

 

Tomber de haut…

Artiste : Guweiz
Artiste : Guweiz

Je suis découragée. Aujourd’hui mon supérieur a eu une « petite conversation » avec moi pour m’expliquer que mon dernier email était très mal passé et que de façon globale, j’étais trop autoritaire dans mes formulations à l’écrit. Autant dire que je suis tombée de très très haut, que je ne l’avais pas vu venir et que je ne m’en rendais absolument pas compte…

Je suis capable d’entendre la critique, d’admettre que je me suis trompée. J’ai envoyé un email d’excuses et j’ai reformulé le contenu.  Il est vrai que j’ai écrit ce mail en urgence avant de partir en RDV chez le médecin, que j’étais fatiguée et avec l’esprit pas clair, que c’était à rendre au plus vite. J’admets à la relecture que mon email était en effet très mal rédigé. J’ai conscience que mon état de santé n’est pas une excuse. Mais cela me pose un terrible problème, celui de l’impact de ma santé et de mon endométriose sur la qualité de mon travail…

Clairement, j’ai fait une erreur, mais ces temps-ci je suis perpétuellement dans cet état de fatigue. Alors comment y faire face au travail ? Parce que je prends conscience d’à quel point la fatigue altère mon jugement, me rend négligente et surtout sabote mon sens critique. C’est ce dernier point le pire je crois. Je n’arrive pas à prendre de recul sur ce que je fais, ce que j’écris, la pertinence des choix à faire… Et cet après-midi encore, j’ai pris conscience une fois de plus de toute mon ignorance au sein de mon nouveau poste. Pour combler ça, il faut travailler plus, apprendre plus : mais comment apprendre quand je n’arrive déjà pas à gérer les sujets que je connais à cause de la fatigue ? Il faudrait également que j’aille beaucoup plus sur le terrain, car finalement, il n’y a que comme ça qu’on apprend la connaissance réelle des plantes et de leurs conditions de développement. Mais qui dit terrain, dit beaucoup d’heures et des journées physiques. Et alors je ne tiens pas le rythme au niveau corps et santé.

Et je me demande « suis-je faite pour ce travail » ? Y a-t-il seulement un poste qui peut me convenir avec mon état de santé ? Et je suis profondément découragée. Parce que ce que m’a dit mon supérieur ne m’a pas mise en colère, ni révoltée (même si une part de mon égo en a envie). Je reconnais que j’ai des tendances autoritaires inconscientes avec ma forte personnalité et mon envie de faire avancer les choses. Mais je ne pensais pas qu’elles ressortaient dans mon poste actuel, outre les discussions sur les heures supplémentaires et les plannings… Et finalement tout ça me rend profondément triste. Ce que cela a soulevé en moi, c’est une terrible envie de pleurer. J’essaye de faire les choses bien et je n’y arrive pas. Pire, j’ai l’impression de faire énormément d’efforts pour m’assouplir auprès de mon supérieur, accepter les ordres, les tâches et les missions sans intérêt qui ne sont pas vraiment de mon niveau de compétence officiel, pour constater qu’à priori mes efforts ne payent pas, et que malgré tout ça je suis « autoritaire » sans m’en rendre compte. J’ai l’impression qu’au final, je n’ai pas avancé.

Je me sens coincée dans un boulot où finalement les tâches que je fais ne me stimulent pas intellectuellement. Alors que je suis chargée de mission, c’est mon supérieur qui prend toutes les décisions et décide de mon emploi du temps. Cela me convenait quand j’étais volontaire, de n’être qu’une petite main, mais je pensais que cela allait évoluer en passant sur un vrai poste… Parce que quelque part c’est déresponsabilisant, on s’habitue à laisser l’autre décider, orienter etc. Du coup j’ai l’impression de perdre mon sens critique et mes capacités de réflexion et je déteste ça. J’ai le sentiment de ne faire que réaliser une liste de tâche sans vraiment apporter quelque chose, gérer ma mission.

Mais en même temps, quand je vois la journée d’aujourd’hui, je me demande : mais serais-je réellement capable de gérer seule ma mission au vu de mon état de santé ? De mon manque de connaissances du terrain ici ? Ne suis-je pas prétentieuse de penser que je ne fais pas des tâches à la hauteur de mes compétences ? Quand je ne suis pas capable pendant certaines périodes de faire face à cause de la fatigue ?

J’ai ce tiraillement entre l’ennui intellectuel qui me pousse à dire que je pourrais faire mieux et utiliser mes capacités de réflexion de façon plus épanouissante, et cette réalité concrète de voir qu’en réalité je ne suis pas au niveau de mon corps physique. D’un côté cette soif de connaissance scientifique, de challenges et de défis intellectuels, et de l’autre ce manque total de confiance en moi et mes capacités à faire face aux situations actuelles. Et je n’arrive pas à concilier les deux. Je me sens démunie, impuissante, prétentieuse, incompétente et en même temps tellement frustrée par cette situation où j’ai le sentiment de ne pas être à ma place et de ne pas réussir à apporter ce que je pourrais.

Je suis découragée de me heurter encore et encore à ces problèmes d’autorité, de devoir se plier aux ordres, etc etc. Même quand j’essaye de faire des efforts conscients, cela ressort inconsciemment. Et mon thème astro qui me dit que c’est un de mes défis, d’apprendre à assouplir mon égo et plier comme le roseau pour être capable de développer ma créativité différemment.  Je me dis que si je suis si peu consciente de l’autorité que je renvoie sans le vouloir, comment étais-je réellement dans mon poste précédent ? J’ai toujours parlé de mon patron comme quelqu’un de manipulateur pour toujours en avoir plus, et qui mettait une forte pression. Mais n’avais-je pas finalement une réaction inconsciente de contestation de son autorité et un braquage dans mon comportement face à lui ?

Je ne sais plus rien. Evidement que je me remets en question quand on me fait remarquer des éléments qui ne vont pas. Evidement que je vais essayer de prendre du recul pour voir si c’est fondé et si tel est le cas essayer de rectifier les choses, de faire des efforts. Mais pourquoi à chaque fois cela m’ébranle-t-il autant dans mes fondations ? Me fait perdre totalement confiance en moi et en mes capacités ? Pourquoi cela provoque-t-il en moi une telle vague de souffrance et de désespoir ? Pourquoi cette réaction émotionnelle disproportionnée ? J’ai juste envie de me rouler en boule, de tout abandonner, de rentrer à la maison, de quitter l’île et mon travail… Pourquoi ?

Je n’ai pas de réponse rationnelle. Juste une blessure béante on dirait. J’essaye alors de faire preuve de douceur avec moi-même, de me laisser le temps de digérer. Mais peut-on s’auto-consoler d’une souffrance irrationnelle dont on ne comprend même pas la cause profonde ?

3 juin 2016