Patience et créativité

cobweb_by_kuvshinov_ilya-dbdm7pb

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Il y a de ces sujets où écrire dans mon journal intime ne suffit pas à résoudre les conflits émotionnels qui m’agitent. C’est dans ces moments-là qu’écrire avec mes guides me manquent le plus. J’aimais avoir leur éclairage, leurs conseils et leur aide pour rendre du recul. Je ne saurai dire pourquoi pendant tant de mois ils ne se sont pas manifester directement auprès de moi.

Suis-je trop déconnectée de moi-même et de mon étincelle intérieure pour les entendre ? Suis-je trop tourmentée par mes émotions et mon mental pour avoir la clarté nécessaire de canaliser ? Ai-je une hygiène énergétique insuffisante et un canal encrassé ? Ou bien est-ce une de ces périodes de « débrouille-toi », où mes guides décident de rester là, mais à distance, pour que j’apprenne les choses par moi-même ?

C’est un mystère pour moi… Je ne comprends pas toujours, voire rarement, les aléas de ma guidance personnelle. Cela m’a beaucoup affecté au départ. J’aime écrire et partager les guidances reçues sur mon blog. Mais j’ai fini par accepter. Peut-être est-ce une histoire de cycle. Ou de ressources intérieures. Peut-être ai-je tourné les miennes vers d’autres horizons et ce n’est pas forcément plus mal. En tout cas, c’est comme ça… Les messages passent autrement par moment, via les rêves, les « synchronicités », les cartes et les rencontres. Je ne pense pas qu’on « arrête d’être connectée », on l’est peut être juste d’une autre façon.

Je n’ai plus écrit avec mes guides depuis des mois. Mais j’ai le plaisir de m’être remise à la peinture et des images de tableaux « me viennent ». C’est irrépressible, j’ai envie de les peindre. Elles me restent en tête jusqu’à ce que cela soit fait. Et j’avoue que j’aime ça. Même si je n’avance pas très vite et de façon sporadique. Mais quel sentiment de complétude quand la toile est terminée.

Et puis, je me suis mise à une autre forme d’écriture, celle d’un roman. Et là aussi, je sens que c’est un processus hautement spirituel, autant par le sujet que je traite, que par la façon inspirée dont j’écris. C’est très instructif et cela me permet d’explorer le processus de création depuis l’intérieur. Car après tout, je trouve que pour l’art, « c’est en forgeant que l’on devient forgeron ». Alors je me laisse porter par cette vague de créativité géante et irrésistible. « Créé ! » « Ecris ! » « Dessine ! ».

Plus j’ouvre mes oreilles et mon cœur à cette créativité et plus je ressens cet appel de façon forte et irrépressible. Impossible de l’ignorer, sinon une frustration démesurée s’abat sur moi et rien n’y fait. Et même quand je l’écoute et que je sors mon crayon pour dessiner, il m’arrive quand même d’être écrasée sous le poids de cette frustration inconnue. Pourquoi ?

L’art a cette chose de frustante qu’il est long à créer. Ecrire un roman, cela prend des mois… Peindre une toile, cela prend des heures, et parfois le processus s’étale sur des mois (parce qu’il englobe d’autres réalités énergétiques derrière). Et cela me frustre. Le plus dur pour moi, c’est d’apprendre la patience. Ce n’est pas pour rien que je n’ai jamais eu envie d’apprendre à peindre à l’huile. Il faut des mois pour que la toile sèche ! Je préfère nettement l’acrylique, qui sèche bien plus vite. On peut même tricher en utilisant un sèche-cheveux pour accélérer le processus. Alors vous imaginer ? Faire des courbes de constructions et des dessins par étape… trop long ! Cela me semblait impossible. Force est de constater que parfois, en prenant son temps, on « réussit » plus vite. Une bonne préparation, même longue, est parfois la meilleure clé pour arriver au résultat souhaité. Donc je tente d’apprendre à prendre mon mal en patience…

Mais que faire de ce sentiment de frustration qui me met mal à l’aise et me rend parfois franchement de mauvaise humeur ? D’où vient-il ? Qu’essaye-t-il de me dire ? A creuser…

 

11 octobre 2017

Publicités

Des nouvelles

Artiste : Rossdraws

Cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti l’élan pour écrire sur mon blog, alors je n’avais pas voulu me forcer. A quoi bon écrire sans conviction ou sans infos claires à canaliser ? Malgré ça, oui je suis toujours vivante et non je ne compte pas arrêter ce blog. Parfois des temps de pause sont nécessaires. Plus ou moins longs, plus ou moins fructueux. Certains parlent de « passage à vide », d’autres de « creux » ou de zone de transition. Quel que soit l’appellation qu’on leur donne, autant dire qu’ils ne sont jamais agréables. Ils sont toujours inconfortables, comme un pull en laine qui gratte et qui donne trop chaud, mais que l’on ne sait pas comment retirer. Elles sont passées où ces putains de manches ? Il n’y a pas une fermeture éclair quelque part ?

C’est un peu comme cela que je me sens en ce moment. Cette période de creux n’aura jamais été aussi longue de toute ma vie, et j’ai le sentiment de ne pas en voir le bout même à des kilomètres. Malgré des efforts et des efforts. Comme un col de montagne infranchissable à gravir. Vous savez que même si vous atteigniez un sommet, il vous en attend toute une série par la suite. Que faire ?

Rester là et attendre mon bâton de marche à la main ? Tiens, je n’avais pas remarqué ce truc avant. Est-ce vraiment une aide et pas plutôt un handicap ? Qu’est-ce que j’en fais ? Comment ça marche ce truc ? Et si je me prenais les pieds dedans et que je dégringolais de la montagne ? Non décidément, ce n’est vraiment pas confortable. Alors je fais quoi ? J’admire la vue ? Je m’endors au risque que mourir de froid dans ces sommets glacés ? Je m’acharne à marcher dans la tempête ? J’attends une aide providentielle qui ne viendra jamais ?

Bon, parce que oui, avec les années, j’ai fini par comprendre qu’il ne servait à rien d’attendre un sauveur ou une sauveuse inconnu(e). « Aide toi d’abord, et le ciel t’aidera ensuite » comme disent certains. Dans mon cas, c’est on ne peut plus vrai, étant donné ma reliance au Milieu, qui rend ma guidance assez capricieuse, et où on me dit souvent « débrouille-toi toute seule ». Rah, franchement, c’est toujours dans ces moments-là que je regrette de ne pas avoir une reliance à la Lumière. Ou encore la douceur suffisante envers moi-même pour recevoir une guidance affable et progressive. Mais bon, au bout d’un moment, j’ai finis par lâcher le morceau et me résigner. Ce n’est pas comme si quand je pestais contre mes guides cela changeait quelque chose, pas comme Camille Fraise en tout cas.

Alors tout ça pour dire quoi ? Que les médiums sont simplement comme tout le monde, ils galèrent, avec leur santé, leur vie professionnelle, leur avenir… Mais qu’ils doivent gérer une couche en plus quand tout se casse la figure, celles des énergies du bas astral, des entités en tout genre, des gens qui trouvent intéressant de s’en prendre énergétiquement aux autres, ce genre de conneries… Ce qui me met en rogne. Me coller aux basques des entités du bas astral, des âmes errantes et j’en passe pour me polluer et exercer une pression psychologique (ou lire « tenter de pousser au suicide »), pas une fois, mais deux, ça suffit !

Je ne vais pas m’attarder sur ces pratiques peu recommandables. Je vais simplement affirmer que quoi que l’on tente de me faire, je ferai toujours face. Je trouverai toujours une parade. S’il faut que je réaffirme ma puissance vingt fois, et bien je le ferais vingt fois. Vous perdez votre temps les mecs. Ce n’est pas demain que je serai morte et enterrée, même si j’ai parfois du mal à comprendre en quoi mes capacités en gênent certains. Toujours est-il que, me pousser dans mes retranchements ne fait que m’apprendre à être plus forte. Alors finalement, qui est le gagnant ici ? Surtout que réveiller mon côté sombre n’est pas franchement une bonne idée…

Suite à cette petite mise au point, je tenais à dire à mes « gentils » lecteurs (ceux qui ne sont pas concernés par cette mise en garde) que mon silence récent porte des fruits intéressants et qu’il me permet d’explorer d’autres facettes de l’écriture et de la créativité, que j’espère pouvoir bientôt partager avec vous !

Suite au prochain épisode ;)

Frustrée

artiste

Artiste : Wataboku

Je voulais dessiner autre chose, je ne comprends pas pourquoi cette image-là est sortie… Celle d’une femme hurlant de colère.

De rage ou de frustration ?

De frustration. Mais je n’arrive pas à bien à rendre les émotions sur un visage, je manque vraiment de technique. Le résultat n’est pas celui que j’avais dans la tête. Même si en fait, justement je n’avais pas vraiment d’image précise. Je comprends l’importance des modèles et des références, jusqu’à avoir acquis la fluidité des proportions. C’est limitant de devoir réfléchir à ça, au lieu de simplement se concentrer sur la création.

Un minimum de technique peut aider à créer plus librement, en fonction de ce que vous désirez faire.

Pour dessiner des visages et des corps réalistes, c’est mieux.

Mais ce n’est pas nécessaire pour faire quelque chose d’abstrait ou simplement faire sortir vos émotions. Pourquoi as-tu voulu donner un visage à cette émotion enfouie ?

Et bien… C’est une bonne question. Je ressentais un blocage au niveau de la gorge et j’avais envie de l’exprimer, de le faire sortir. Dessiner c’est avéré plus simple que de hurler, ce qui est peut-être libérateur, mais nécessite un environnement isolé. Mais je ne sais pas pourquoi.

Je voulais dessiner autre chose mais je ne m’en sentais pas l’état d’esprit (enfin comprendre l’état émotionnel). Je ne sais pas pourquoi. J’ai l’impression qu’une fois l’inspiration du moment passé, l’émotion envolée, même si je l’ai en mémoire, c’est difficile de la coucher sur papier. Il y avait ce dessin que j’ai eu envie de faire la dernière fois suite à ma discussion avec ma sœur. Je l’ai toujours en tête, mais je n’arrive pas à m’y mettre.

Et tu t’interdis de faire autre chose, tant que tu ne l’auras pas dessiné. Comme tu t’interdis de penser à un autre projet tant que tu n’auras pas fini ta toile actuelle.

J’ai ce problème-là. Celui de vouloir faire les choses « dans l’ordre ». De ne pas commencer quelque chose d’autre si je n’ai pas terminé la première. Parce qu’alors, en général, je ne la termine jamais… Je passe à autre chose et pouf, le premier projet reste inachevé, avorté.

Donc tu essayes de te « forcer » à terminer les choses dans l’ordre. Mais plutôt que de t’aider, cela ne fait que te limiter, te frustrer. Te bloquer dans ta créativité. Hors, bloquer ton élan créatif, c’est comme bloquer ton énergie de vie, puisque que tu ne l’exprimes que sous cette forme, et pas sous une autre forme qu’est celle de la sexualité.

C’est vrai. Je ne l’avais jamais pensé de cette façon-là.

Alors tu t’enfonces dans des énergies stagnantes, tu n’es plus capable de renouveler tes énergies, d’entretenir l’élan pour te faire avancer. La créativité est une force plus importe que tu ne le crois dans ta vie. C’est un de tes moteurs. Tu as besoin de créer pour avancer. Comme tu as besoin d’écrire pour évoluer, c’est une façon de créer. De donner corps à une énergie. D’incarner une idée, une inspiration, une petite flamme divine qui vous ait donné.

Et quid de l’environnement pour créer ? Alors que j’essaye d’écrire, j’ai encore mes voisins qui font la numba et ont dû inviter la moitié de leur promo. Je veux bien croire que l’on ne doit pas se laisser impacter par les perturbations extérieures, mais ils sont aussi discrets qu’un troupeau d’éléphants. Cela m’énerve… Souffrir d’hyperacousie n’est déjà pas simple, mais alors dans ces conditions-là… Mes bouchons d’oreille ne sont pas suffisants avec l’isolation sonore aussi mauvaise. J’aimerais vraiment qu’ils se dépêchent de partir en boite de nuit, mais il en arrive encore et encore. A combien vont-ils rentrer dans cet appartement ? Vont-ils rester toute la nuit ?

Quand je suis malade, je ne supporte pas les stimuli extérieurs. J’ai besoin de silence, de lumière tamisée, de calme et de tranquillité.  Les stimuli intérieurs de mon corps sont déjà assez forts, tension musculaire, douleur, migraine… L’extérieur devient vite invasif, et c’est dans ces moments-là que je trouve le plus difficile d’être hypersensible à son environnement. Je suis fatiguée, j’ai envie de me coucher, mais je sais que je ne vais pas réussir à dormir avec ce vacarme. Le pire, c’est que ce n’est même pas à cause de la musique, je ne peux même pas leur demander de baisser le son, à moins qu’il arrête de crier et gueuler à tout va… *soupir*

Comment trouver la paix intérieure dans un environnement bruyant que l’on ne peut pas fuir ? Coincée chez moi, car malade, je ne peux même pas trouver un répit en partant ailleurs un petit moment. Je déteste cette impression de subir. Même en mettant des boules quiès et en cherchant à m’isoler dans une bulle de lumière, je n’arrive pas à faire fi du bruit et des perturbations que je perçois. Il faudrait que je puisse me déconnecter totalement de mes sens pour ça…

Remonter à la source du problème reste compliqué. Quand la musique est trop forte trop tard, je vais leur demander de baisser, mais là ? Je peux demander à 25 mecs de baisser le volume de leur voix de fêtards ? Où se situe la limite entre la liberté d’autrui et le seuil de tolérance de ce que l’on peut supporter ? Surtout quand mon propre seuil à moi est particulièrement bas à cause de mon hypersensibilité ? Et quel poids la demande d’une personne contre 25 à moitié saoulés ?

*grrrmmmmml* Vivement que je déménage.

23 février 2017

 

Création et féminité

Artiste :

Artiste : StefaChaotic

Je ne sais pas pourquoi, je ressors de cet atelier de création de bijoux frustrée. La dernière fois aussi. Comme si je n’étais pas satisfaite de mes créations, bien qu’on me dise qu’elles sont jolies. Je ne le nie pas, il y a un sens esthétique derrière, un arrangement des couleurs et un style cohérent. Mais là où je me sens frustrée, c’est que j’ai l’impression d’avoir dépensé beaucoup d’énergie et d’efforts pour au final quelque chose qui ne me ressemble pas.

Et à quoi ressembles-tu ? Qu’est ce qui te fait dire ça ?

Et bien, je trouve ces bijoux trop voyants, trop « m’as-tu vu ». Je suis tombée amoureuse de ces perles de verres colorées quand je les ai vues. J’avais envie de faire quelque chose avec, absolument. Mais je ne savais pas quoi. J’ai longtemps tourné autour du pot, j’ai créé une autre paire de boucle de d’oreille bien plus simple pour me mettre dans l’élan créatif. Ces perles me semblaient trop voyantes pour les porter en collier, pas mon style. Alors je me suis dit, pourquoi pas en boucles d’oreille ? Mais toujours trop grosses pour les porter seules, trop simpliste aussi. Alors j’ai fait une composition, j’ai rajouté des breloques pour équilibrer et habiller.

Et puis il me restait cette autre perle de la même couleur, en verre et métal, venant de Bali. Une perle unique, que j’avais décidé de conserver pour un prochain atelier, afin de faire quelque chose d’assorti aux boucles d’oreille. Là aussi, j’ai bien peiné pour savoir quoi en faire. Te rends-tu compte que j’ai passé 3h à créer ce pendentif, quand d’autres ont fait 2 à 3 paires de boucles d’oreille ?

Cela m’a donné l’impression d’être inefficace et indécise. Je sais que je suis longue à créer, à faire émerger les choses. Alors j’ai essayé de ne pas regarder la vitesse des autres pendant, de ne pas me comparer et de me concentrer sur ma création. J’étais là avec toutes ces femmes, mais c’est comme si j’étais seule. Comme si j’étais rentrée à l’intérieure de moi-même, dans un autre espace-temps, ailleurs. Et quand enfin j’ai fini, je ressors de cet état épuisée, déracinée, un peu à l’ouest comme si je revenais d’ailleurs.

Mais en même temps, heureusement ! Car je crois que sinon, je n’aurais pas supporté les énergies dégagées par ces femmes autour de moi. Je me rends compte que je n’ai pas de mal à côtoyer des femmes plus âgée et matures, des femmes puissantes qui s’assument (telles que des chamanes ou guérisseuses), des femmes sages, et même des femmes mères depuis quelques temps. En revanche, je me sens ultra mal à l’aise en face de jeunes femmes très féminines, qui ressemblent à l’archétype de la « Vierge ». Jeunesse, naïveté, sensualité, beauté. L’archétype de la femme qui correspond à celui de mon âge et que je n’arrive pas à accueillir et incarner. Celui qui évoque le Soleil, la radiance, la force de vie, mais aussi l’attirance, le désir, la sensualité. Face à ces femmes-là, je me sens toujours « moins ». Moins féminine, moins belle (ou rayonnante, car ce n’est pas tant une question de physique), moins désirable. Je me sens grossière et pataude, comme une paysanne à côté d’une princesse. Ces femmes mettent en avant leur féminité sans fard et sans complexe, elles sont à l’aise avec ça. A côté d’elle, subitement, je me suis sentie comme un vilain petit canard.

C’est un miroir très difficile pour moi à observer. Comme un idéal hors d’atteinte, quelque chose qui m’apparait hors de portée. J’aurais beau faire tous les efforts physiques de la Terre, il me semble que rien ne pourra jamais me rendre aussi féminine. Bien qu’aujourd’hui je portais une robe, que j’avais pris la peine de me parfumer, de me maquiller, d’avoir les cheveux bien coiffés, face à une féminité si bien assumée je me suis sentie moins que femme. Ce qui est très douloureux pour moi à constater.

Mais pourquoi donc suis-je allée à ces ateliers de création de bijoux ? La curiosité, l’envie d’apprendre comment on fait pour pouvoir créer à son bon vouloir ? Au départ, je voulais me créer des boucles d’oreille, car je n’en ai pas beaucoup. Mais je suis plutôt du genre à préférer les bijoux en argent achetés en bijouterie, quelque chose de qualité et de durable. Néanmoins, j’avoue que la tentation d’avoir un bijou original, car créé de façon unique, était tentante. Et puis ?

Je ne sais pas ce que je vais faire de cette parure de bijoux. Avec des perles vertes et bleues… pour moi qui commence à peine à porter de la couleur ! Rappelons qu’il y a un an encore je m’habillais tout de noir et de rouge, et j’avais un stylo gothique bien affirmé. Je ne sais même pas avec quelle tenue porter cette parure ! Je sais déjà que je vais me sentir ridicule avec, comme un costume qui ne me ressemble pas, quelque chose de trop beau, de trop stylé pour que je le porte.

Pourtant c’est toi qui l’as créé, non ? Cela vient de ton intérieur, d’une part de toi très profonde, puisque tu t’es laissée guidée par ton intuition créative.

Oui.

Ne seras-tu pas fière de la porter alors ?

J’ai l’impression que ce serait comme un mensonge. Je ne sais pas si je vais la porter à vrai dire. Comment peut-il y avoir  un tel décalage entre ce qui sort du fond de moi, de mon cœur et mon extérieur, la façon dont je me sens au quotidien ? Cela m’ébranle… Je ne sais comment l’exprimer que par : j’ai le sentiment d’entendre mon âme pleurer.

Mon amie m’a dit qu’elle trouvait le rendu de mes bijoux très doux. Pour avoir cette inspiration-là, il doit bien y avoir une femme douce et féminine cachée au fond de moi. Pourquoi ai-je ce sentiment de ne pas pouvoir y accéder ? Pourquoi dès que j’essaye de faire des efforts vestimentaires pour être plus féminine – dans mon nouveau style non gothique encore à définir – j’ai l’impression de me déguiser ?

Parce que tu ne sais pas qui tu es. Tu n’as pas encore trouvé un nouveau style qui te corresponde car tu cherches toujours la femme que tu es. Qu’est ce qui pourrait te rendre plus à l’aise pour porter ces bijoux ?

Je ne sais pas… J’ai l’impression que dès que je mets une robe, c’est déjà beaucoup de féminité affichée. Alors porter des talons en même temps, ou des bijoux – et je passe sur le maquillage en simultanée – c’est comme si j’en faisais trop, que ce n’était pas naturel, pas moi. Et donc forcément je me sens ridicule. Cela ne me pose pas de problème quand c’est pour des grands évènements, comme pour des mariages, parce que là, c’est normal, tout le monde le fait. Et je me sens toujours « moins  femme » que les autres présentes. Donc ça va, je n’attire pas les regards.

Pourtant, cela ne me posait pas de problème de faire tout ça quand je m’habillais en style gothique. Je pouvais même mettre mon corset, en même temps qu’une jupe, mes bottines Doc Martens à talon et mon rouge couleur sang. J’adorais même, je me sentais à l’aise alors. Pourquoi n’est-ce plus cas ?

Parce que tu ne te caches plus derrière des bracelets à piques et des vêtements noirs qui envoyaient le message contraire : « je suis féminine, mais ne m’approchez pas ». Avec un style aussi excentrique, il n’y avait que les fous pour oser t’approcher, ou tes amis qui te connaissaient au-delà de la façade.

Je me sentais très féminine à cette époque-là, surtout avant de rencontrer mon ex-compagnon. Même si j’étais habillée de façon sexy, les regards passaient sur moi et ne s’attardaient pas car les gens pensaient « ah, c’est une gothique », fin de l’histoire. Il n’y avait que ceux qui regardaient au-delà des apparences qui pouvaient être attirés par mon physique au-delà de mon style. C’est vrai que c’était confortable d’une certaine façon.

Cela me manque. A cette époque, je savais comment être féminine et me sentir féminine. Maintenant, c’est comme si je devais tout réapprendre. Je ne ressens que de la vulnérabilité et de la fragilité lorsque j’essaye de faire ressortir la femme en moi. J’ai l’impression que quoi que j’essaye, elle s’élude et s’esquive, elle ne veut pas sortir de sa coquille, ni me dire qui elle est. Je ne sais pas quelle femme je suis.

Je suis une femme-enfant qui aime jouer, faire la naïve et se voir offrir des cadeaux.

Je suis une femme- sorcière, celle qui découvre petit à petit son intuition, sa guidance spirituelle et qui réveille et explore la chamane en elle.

Je suis une femme – vieille sage, celle qui n’a plus de cycles, qui écoute, conseille, qui apprend la patience et n’a pas peur de la mort ni de la maladie, ni d’écouter ses propres ombres.

Mais où est ma jeune femme radieuse et sensuelle ? Et celle qui se sent capable d’être mère ?

Comment apprendre à les connaître et les aimer ?

Déjà en acceptant leur fragilité. Il y a des raisons qui font que tu n’arrives pas à accueillir le cycle de la « Vierge » dans ta vie. Nous savons que ce que Sylvie a écrit sur ce sujet t’avait parlé. Tu es typiquement de celle qui est passé par un ordre inhabituel dans l’ordre de ces cycles. Cela n’a pas d’importance réelle. L’important c’est que tu acceptes la femme que tu es aujourd’hui, même si tu la trouves « incomplète », même si tu la trouves différentes des autres femmes de ton âge que tu observes.

Ces jeunes femmes te paraissent naïves, insouciantes et par la même des « proies faciles ». Elles sont belles, énergiques, féminines, à l’aise avec leur corps, mais elles ne connaissent pas encore leur propre pouvoir intérieur – celui de la sorcière, de la chamane, de la femme lunaire – celui de la femme consciente de son cycle, de sa richesse et de ses forces. Elles n’ont pas non plus développé leur sagesse de « vieille femme », celle développée face à la perte, à la mort, à la descente intérieure dans nos propres ombres, à la maladie. Alors elles te semblent bien fragiles.

Pourtant elles n’ont que quelques années de moins que toi – entre 3 et 5 ans. Tu te demandes comment un tel fossé peut vous séparer. Tu te demandes comment tu pourrais accepter une telle « superficialité », non celle de l’apparence et de la beauté, mais celle de l’ignorance, l’ignorance de soi, de sa propre divinité et de sa spiritualité.

Je ne me retrouve nulle part à vrai dire. Auprès des femmes plus âgées, avec qui je partage pourtant des échanges profonds, il y a malgré tout un écart d’âge, de responsabilités (famille, maison, travail…) et de construction matérielle. Les femmes – sorcière ne courent pas les rues, et bien que j’en côtoie un certain nombre ponctuellement lors de cercles de femmes à la pleine lune, chacune a sa vie en cours (souvent un peu plus âgées, mère de famille, en couple…). La majorité de mes amies font partie de cette catégorie d’ailleurs. Quant aux femmes de mon âge ou plus jeunes… il est rare que j’arrive à trouver des centres d’intérêts communs, un rythme compatible avec ma maladie…

Bien que mon égo pourrait avoir envie de me faire sentir « supérieure » à ces jeunes femmes, parce que je me suis un peu plus penchée sur des questions de spiritualité et du développement personnel que la moyenne à mon âge, je me sens pourtant bien inférieure. A quoi bon la « sagesse » (entre crochets hein, parce qu’on apprend toute sa vie !) si mes peurs m’empêchent de vivre, de m’ouvrir, d’oser avec l’élan de la jeunesse ? A quoi bon philosopher et travailler sur soi, si on ne vit pas, là dans le monde matériel qui nous entoure, maintenant ? J’ai parfois l’impression de rater ma vie, de passer à côté, à cause de la maladie, de mes peurs, de mon hypersensibilité et de mes perceptions subtiles non maitrisées qui peuvent me plomber.

Je commence à devenir trop consciente des choses qui ne me conviennent pas : le bruit, la foule, le gluten, les lieux trop chargés, le commérage, etc. Et la liste est longue. Je n’ai plus envie de m’infliger ça. Mais comment me sociabiliser quand la majorité des gens de mon âge recherche ça ? J’ai vraiment l’impression de me heurter à un casse-tête. Et plus je semble avancer sur mon chemin intérieur et spirituel, et plus parfois j’ai l’impression de dériver loin de ma famille et des autres. De ne pas pouvoir leur parler de mes expériences subtiles, de mes prises de conscience, de mes évolutions intérieures… Ce qui donne parfois un profond sentiment d’inadéquation et de solitude.

26 novembre 2016

Petit à petit

cko_by_kr0npr1nz-d7lp7xf

Artiste : Kuvshinov-Ilya

 

C’est le premier dimanche, depuis que je suis sur cette île, que j’arrive à ressentir une paix intérieure en étant seule. Malgré l’éloignement de la famille, les tracas quotidiens, les lourdeurs et les tristesses en moi. C’est d’habitude le jour le plus difficile de la semaine pour moi, celui où je ressens toute la mélancolie de ne pas pouvoir manger en famille, voir mes amis ou sortir dans mes lieux familiers de verdure en métropole.

Aujourd’hui j’ai médité, chanté, fait de la couture, je me suis promenée, j’ai regardé un film que j’apprécie, j’ai réfléchi à ce que j’ai envie de me cuisiner ce soir. Je me suis occupée de moi, dans une bulle réconfortante. J’ai accueilli les émotions de tristesse, de désespoir et de besoin de repères extérieurs. J’ai écouté mon corps avec attention, ses douleurs, ses besoins. Et je célèbre toutes ses petites victoires, qui semblent si petites, si normales, mais ne le sont pas pour moi après toutes les tempêtes que j’ai traversées. Et alors même que j’écris cela, une émotion énorme me submerge et me donne les larmes aux yeux.

J’aimerais que tout soit aussi paisible et doux, chaque jour. Peut-être est-ce l’effet, de savoir que demain lundi c’est encore le we, qui me permet de lâcher prise au temps. Je me sens en vacances, et cela me fait du bien. Juste être là, pour moi, dans l’instant présent, dans le lieu où je suis, avec ce que j’ai à la portée de mes mains pour créer et pour cuisiner.

Hier j’ai fait des pancakes au sarrasin, ma première fois. J’ai décidé de réduire progressivement le gluten de mon alimentation, car mon estomac semble fait un rejet du pain blanc, et mon intestin ne plus bien le digérer. C’est bizarre, c’est vraiment devenu évident suite à mes stages sur le Féminin. Comme si une évolution de mes pratiques et de mes énergies engendraient une plus grande exigence de mon corps envers ce que j’avale. Progressivement aussi, j’ai vu mon alimentation se changer, intégrer la papaye, manger plus de fruits et de légumes. Cuisiner beaucoup plus, des choses simples mais meilleures pour mon corps. Je me suis mise aux cakes salés à la farine de maïs. Ce soir, je pense me faire une soupe de pois cassé, demain des cookies farine de sarrasin, chocolat et raisins.

La seule chose qui me chagrine, c’est que je n’ai pas trouvé de farine de riz, car c’était en rupture de stock…

Ce n’est pas plus mal, car du riz reste du riz et garde son effet « colle » pour tes intestins. Tu as besoin de faciliter ton transit, pas de le plomber avec du riz. Cela te pousse à explorer d’autres farines, et à changer de façon progressive les proportions.

Oui, j’ai appris plein de choses sur les farines sans gluten ou à faible quantité de gluten, sur les fécules aussi ! Je ne pensais pas qu’il y en avait autant ! Je trouve que cela élargit la palette des goûts, les possibilités et me donne envie de faire preuve de créativité ! Et puis l’avantage, c’est que je ne suis pas une malade céliaque, du coup, je peux quand même prendre les produits notés « trace de gluten » et donc déjà réduire un peu le coût… Parce que c’est vrai que ce n’est pas donné de bien manger, même quand on cuisine soi-même. L’époque où j’achetais des barquettes de carry me semble bien loin…

Mais je suis contente de cette évolution. Je sens que c’est bon pour mon corps, et puis c’est aussi une forme d’amour que de cuisiner pour moi. J’avoue que j’ai bien été aidéé par le cadeau de récupérer un four et des plaques au gaz, ça me change la vie, et me donne vraiment envie de cuisiner !

La prochaine étape, je crois, sera d’apprendre à faire mes pâtes brisées toute seule et avec moins de farine de blé. Mais on peut trouver plein de recettes et d’idée sur internet, c’est vraiment génial ! J’ai vraiment envie aussi d’essayer la farine de petit épeautre. J’ai goûté un cake pomme cannelle avec cette farine, c’était une tuerie ! D’ailleurs il faut que je demande la recette !

Cette perspective me remplit de joie, alors qu’il y a peu encore, cuisiner me semblait de nouveau une corvée terrible. Je n’avais pas d’idée, pas d’envie, pas d’inspiration. Mais depuis les stages Cœur de Femme, ça a beaucoup changé. J’ai pu voir que l’on pouvait manger différemment et ce, tout en se faisant plaisir et en étant gourmande ! J’ai gouté plein de plats végétarien, sans gluten, des céréales inconnues, des graines germées, etc, etc… C’était génial !

Et j’ai constaté aussi que depuis les stages, je ne mange plus de viande du tout. Ce n’est pas vraiment un choix conscient, c’est juste que je n’en ai pas envie, cela m’attire encore moins qu’avant. J’ai plutôt envie du super pâté végétal à la tomate que j’ai gouté ! Exit donc la charcuterie, la viande rouge, les pâtés, le jambon, etc… Par contre, j’ai une envie forte de fromage, encore et encore ! Parfois de poisson. Mais il va falloir que je vois comment équilibrer mon apport en fer, parce que je ne voudrais pas être carencée.

Pfff, je me dis que quand je vais rentrer en vacances en métropole, ça va être compliqué pour manger… Ce ne sont pas des habitudes alimentaires présentes dans ma famille. Et encore moins chez certains de mes amis… Il va falloir que je sois maligne et que je m’adapte. Je devrais réfléchir à des recettes et des plats passent partout, que je peux faire rapidement chez d’autres personnes sans nécessiter d’ingrédients assez particuliers. C’est un défi assez inattendu pour moi… Comment penser à moi et me respecter dans un environnement inconnu, instable et variant, face à des habitudes bien établies.

Plus les jours passent et plus je me rends compte combien je suis en train de changer. Dans ma façon de penser, de manger, de m’habiller, de marcher en conscience dans mon ancrage, de méditer et de prier différemment. Plein de prises de conscience s’enchainent depuis les derniers mois. J’ai la sensation que des choses que je « savais » commencent enfin à être « intégrées ».

Mon hypersensibilité aux émotions et aux énergies a refait surface. Mais cette fois-ci je m’emploie à ne pas la refouler, à l’accepter et à vivre avec. Cela fait tout doucement son chemin. J’ai compris que mon plus gros problème par rapport à ça est que je manque d’ancrage et de stabilité en moi-même, de centrage dans mon propre corps. Que tout le travail spirituel que l’on fait n’a pas vocation à nous permettre de nous élever pour voyager hors de notre corps, mais bien à nous élever en étant bien ancré dans notre corps et nos émotions. C’est quelque chose d’assez nouveau pour moi, d’accepter cette réalité. Car j’ai toujours voulu la fuir, retrouver cette « maison d’où je viens », ce retour au divin déconnecté de la matérialité. Et c’est un vrai challenge. D’essayer chaque jour d’être présente à mon corps, à ses douleurs, aux émotions qui le traversent, tout en arrivant par moment à faire le vide en moi, à lâcher le mental et à simplement être présente, sans jugement et avec bienveillance envers moi-même.

Je crois que tout doucement j’avance, j’ai repris ma route. Tout à coup, je n’ai plus l’impression de stagner dans le désert, même si je ne sais pas encore où je suis et où je vais, que je ne vois pas de chemin, ni de panneaux indicateurs. Je me dis qu’ils apparaitront en leur temps, quand cela sera le moment. Je suis simplement heureuse et pleine de gratitude d’avoir fait toutes ces rencontres, d’avoir découvert tant de choses, d’avoir ressenti et expérimenté tant d’émotions, même si c’était difficile pour moi.

J’ai l’impression de repartir de ce cycle de stages Cœur de Femme avec plein d’outils à la fois simple et précieux. Tellement d’outils ! J’apprécie particulièrement ce chant de femmes qui me tient chaud au cœur et m’enveloppe quand je le chante. Et puis ces mantras et ces méditations avec le son. Et ce rappel du Kototama, qui m’avait intéressé par le passé (aller voir ici pour savoir ce que c’est). J’ai vraiment envie de travailler avec le son. J’aimerais beaucoup récupérer mes autres bols tibétains en métropole, voir m’acheter un petit bol en cristal, et ces carillons si magnifiques…

Et puis j’ai bien aimé cette réintroduction aux cristaux, et aux soins énergétiques. J’ai apprécié, même si je m’en étais détourné par le passé. Cela me fait envie, plus pour l’aspect d’explorer mes ressentis, mes intuitions et les énergies que pour vraiment apporter une guérison. Quelque chose s’est relâchée en moins à ce sujet. Je faisais un blocage total sur l’idée de soin, de responsabilité et d’efficacité. Je ne voulais pas que l’on vienne vers moi pour ça. Mais l’expérimenter sans attentes et sous forme d’échange, j’ai trouvé ça super, ça m’a donné envie de recommencer. Juste pour le plaisir de donner sans attente de résultats, et le plaisir de recevoir. Je trouve que c’est une belle façon d’apprendre à donner et recevoir, pour moi qui est du mal avec ça. Je me demande si des opportunités de présenteront, parce qu’on en a parlé mais…

Tu n’es pas encore tout à fait prête. Il te fait trouver une stabilité émotionnelle. Un endroit intérieur où te réfugier et te sentir en sérénité quand les émotions des autres tempêtent. Cela ne t’empêchera pas de faire preuve de compassion, mais d’avoir le recul nécessaire pour ne pas le prendre pour toi et sur toi, et surtout de rester bien ancrée. Ton problème à toi est que de trop fortes émotions vont te déraciner. C’était le cas quand tu les transcrivais sous forme de poèmes et perdais totalement le sens de la réalité. Ça l’est encore d’une autre façon, tu vas alors te déconnecter de tes propres émotions et des ressentis de ton corps, pour que l’écho ne t’ébranle pas au point de te déraciner. Ce qui entraîne une forme de décentrage, et donc une perte de justesse dans ton alignement et dans ce que tu as à transmettre. Il te faut apprendre à être en présence de ces émotions, sans qu’elle te perturbe dans ta structure énergétique profonde. Car traiter des blocages et des nœuds, ce sont souvent des émotions cristallisées à libérer. Même si tu ne passes que pas le corps et le massage, même si tu utilises des cristaux ou des auxiliaires. De par ton empathie, tu les capteras si tu t’ouvres vraiment à tes ressentis et que tu acceptes de ressentir les nœuds émotionnels de l’autre. Tu en as la capacité, mais elle n’est pas encore pleinement maitrisée donc pas encore pleinement libérée.

Il ne faut pas que tu prennes cela comme une nécessité, une responsabilité. Mais comme l’opportunité d’apprendre en apportant à l’autre ce dont il a besoin à l’instant précis, même si cela ne semble pas juste d’un point de vue extérieur. Il n’y a que l’âme de la personne qui peut le dire. Et puis de toute façon, nous sommes toujours là pour te guider et t’empêcher de faire des bêtises. Tu peux avoir confiance en toi. Car ce que tu veux et ce que tu peux offrir ne touche à rien de vital, mais au bien être de la personne. Tu ne touches pas à sa santé profonde, mais à son bien être émotionnel et énergétique.

Merci.

27 mars 2016

Emotions et créativité

Artiste :

Artiste : Yuumei

Mes amies parisiennes m’ont fait part de leur choc face aux attentats d’hier. Je ne souhaitais pas parler de ce sujet, mais rien que leurs mots m’ont fait ressortir ces énergies. Et je n’aime pas être une éponge face à ces énergies collectives. Quand je l’ai appris, je me suis tout de suite inquiétée pour mes parents, qui étaient en vacances là-bas pour le we. J’avoue avoir ressentie de la honte quand j’ai reçu un sms d’une de mes amies pour me dire qu’elle allait bien, parce que je ne m’étais pas inquiétée une seconde pour elle. Elle m’était sortie de l’esprit.

C’est intéressant, tu sais. Tu devrais essayer de comprendre pourquoi « tu la mets de côté » comme ça. Après tout cela a été une personne importante pour toi pendant très longtemps.

Oui, c’est ma plus vieille amie, mais j’ai comme un sentiment d’inadéquation, de superficialité, de relation forcée. Comme si on était amies plus par notre passé que par ce que l’on partage au présent.

Et puis elle te rappelle des choses ?

Je ne comprends pas cette violence gratuite, je ne comprends pas ces guerres de religions. Ça me bouleverse, moi qui suis déjà si émotive. Je ne pouvais pas ne pas me tenir informée, j’ai lu quelques articles. Mais je vais éviter les témoignages, les photos et vidéo chocs. Je n’ai pas besoin de voir du sang, ni de violence. C’est fou l’attrait morbide que peut avoir ce genre d’évènement sur les gens.

Accepter l’émotion et la laisser s’exprimer t’aide plus facilement à y faire face.

Je me demande, car à peine tu me disais ça que je sentais cette boule dans la gorge… J’aimerais bien comprendre ce qu’elle veut dire.

Les émotions non dites, les émotions refoulées. Tu dois les exprimer, tu dois les expulser de ton corps énergétique, sinon cela te nuit. Tu ne peux pas en contenir autant, malgré que tu ressentes si fort. C’est un avantage et un défaut, comme tout. Il te fait faire de progrès pour apprendre à gérer ça. Il faut que tu laisses les énergies circuler en toi, et te traverser. Il ne faut pas que tu les retiennes. Et les émotions sont une forme d’énergie.

Oui mais c’est parfois compliqué… Je ne peux pas me mettre à pleurer en plein milieu de mon travail ou d’une réunion… Alors forcément, ce sont bien les émotions négatives que je refoule le plus, parce que c’est celle dont l’expression est la moins tolérée par la société.

Acceptes déjà de les ressentir à l’instant où elles émergent, sans forcément les exprimer physiquement. Laisses les te traverser, comme un filet d’eau. Et essaye de remonter à la source, pour voir ce qui a déclenché cette émotion. Vient-elle de toi ou est-elle extérieure ? Si c’est celle d’une autre personne, pourquoi est-ce qu’elle raisonne en toi ?

Parce que tu as bien compris que si ton empathie te fait ressentir certaines émotions et pas d’autres appartenant à autrui, c’est bien parce qu’il y a là un phénomène de miroir, d’ailleurs souvent sur des émotions enfouies ou refoulées.

Tu sais, je suis surprise par la tournure de cette discussion, je voulais parler d’autre chose. Comme ça m’a fait bizarre d’entendre la chamane me dire les mêmes que vous lors de notre dernière conversation.

Tu as demandé une confirmation au bienfondé de nos échanges, nous te l’avons donné. Tu dois maintenant croire qu’en étant centrée, alignée, ancrée correctement à la Terre et au Ciel, ce que tu captes est juste. Comme elle le dit si bien. Il te faut apprendre à avoir plus de confiance en toi, et à rester centrée. Ce qu’à priori tu ne sais pas faire quand tu vis avec quelqu’un.

Mais tout peut s’apprendre. Nous ne te disons pas de renoncer à l’amour. Juste que ce n’est pas le bon moment pour toi, mais tu le sais. C’est ainsi. Plutôt que de voir la perte et le vide, vois l’opportunité, la liberté, l’espace pour la création de nouvelles choses.

La création… ça m’a surpris lors de l’analyse de mon thème numérologique, que l’importance de la créativité ressorte encore et encore. Comme je suis sûre qu’elle sera patente dans mon thème astral. Ce n’est pas une part si présente que ça chez moi… Je veux dire, les gens s’attendent face à ça à ce que je leur dise que je suis artiste, ou dans une profession créative. Hors non, je fais un métier scientifique et rigoureux. C’est vrai que je lis des personnes dont je me sens proche, par de nombreux aspects, qui le sont, que ce soit Camille avec ses tableaux, Sylvie avec son scrapbooking etc…

C’est une part de toi à développer, que tu n’exploites pas. Parce que tu ne sais pas comment faire, tu n’as pas trouvé le bon média. Autrefois tu écrivais beaucoup de poésie. Mais tu as remarqué que c’était toujours sous le coup de fortes émotions, et en général tu étais complétement déconnectée de la Terre, dans la Lune, littéralement. Cela résultait en fait d’un déséquilibre. Tu n’as plus accès à cette source d’inspiration aujourd’hui que tu es plus équilibrée. Car c’est un moyen d’évacuer les émotions trop fortes, trop intenses et parfois trop violentes.

J’ai chanté, fait des croquis, du zen doodle, dessiné des mandalas, écrit de la poésie, écrit des textes, fait un peu de peinture, créé quelques bijoux, essayé la photo, voulu faire du tricot, testé de la couture basique, réalisé un peu de calligraphie, plié des origamis, testé le kirigami. Mais en réalité aucun de mes projets n’a vraiment abouti. J’ai l’impression de commencer mille choses, de ne rien finir car finalement cela ne me parle pas. C’est frustrant. Je ne sais plus par quel biais exprimer cette créativité.

Tu as fini plusieurs toiles, tu en es à ta quatrième.

Oui mais… La dernière m’a vidée de mes énergies, j’étais épuisée et j’ai mis du temps avant de m’y remettre. Celle en cours… je me laisse portée au feeling, mais je suis un peu déçue par le dernier ajout.

Tu vois clairement que tes créations répondent à tes énergies, et qu’elles évoluent en fonction de celle-ci ?

Oui, c’est clair… Je vois le processus de nettoyage en cours, je vois les lourdeurs et les noirceurs qui se dissipent. Mais… Je ne suis pas sûre qu’écrire ici soit une forme de créativité. Je suis admirative de Sylvie qui a réalisé plein de projets créatifs, se lance des défis, prend des cours, etc…

Tu ne peux pas trouver si tu ne testes pas. L’important est de suivre ton intuition. Le reste viendra. Et l’idée de créer des choses pour ton intérieur ? Pourquoi vouloir te limiter à une technique ? Et si au contraire, c’était le fait d’en connaître plein qui te permette d’avoir la liberté de créer sans être enfermée dans une technique ? Penses plutôt à pourquoi tu veux créer, comme pour ta dernière toile et ton projet en cours, car l’inspiration est venue d’elle-même.

Merci.

14 novembre 2015