Endométriose & repos

Article et liens très intéressants !

Mod.imaginaire

Les personnes atteintes d’endométriose ou plus généralement d’une maladie chronique doivent souvent se reposer.

Mais, en fait, comment on fait ??!

Je viens juste d’être opérée. Je suis en convalescence et me reposer c’est toujours compliqué. Car j’ai mal et ne trouve aucune position parfaite et sans douleur mais pas seulement. Car j’angoisse de ne pas pouvoir travailler, que ma dépendance physique me fait peur, que je n’ai pas la force de me concentrer longtemps sur quoi que ce soit et que j’ai du mal à m’ennuyer, beaucoup de mal ! J’aime beaucoup le site The Mighty (en anglais) pour les personnes atteintes de maladies chroniques et il y a cette vidéo géniale sur la réalité du repos pour ces personnes: Le repos en vrai!

En fait c’est un repos forcé, avec des douleurs, des cicatrices, une fatigue incroyable, et un état psychique pas vraiment au top. Pas franchement un…

View original post 1 179 mots de plus

Publicités

Le poids de la culpabilité

Artiste :
Artiste : Asuka111

Je ne sais pas comment je suis venue à penser à ça au cours de ma méditation, mais j’ai des souvenirs et des émotions désagréables qui me sont remontés comme des bulles pour m’exploser au visage. Quitte à être traversée d’émotions fortes, j’aimerais autant comprendre pourquoi…

Quel était ce souvenir ?

Et bien, il m’est venu la pensée que si jamais ma meilleure amie se mariait, je n’étais pas sûre d’être capable d’assister à son mariage, à cause de la présence de ses parents. Je n’aurais pas envie d’être le vilain petit canard, de les mettre mal à l’aise, ou simplement moi de ne pas me sentir à ma place. Après tout, je suis un sujet tabou dans sa famille depuis l’époque où nous étions sorties ensemble…

Et quelles émotions te traversent ?

De la colère. Je pensais qu’elle s’était estompée, mais elle est encore là. Une profonde tristesse aussi. Celle d’avoir offert mon amour profond et la vérité. Et d’avoir été rejetée, humiliée et calomniée. Je crois que je me souviendrais à vie du jour où son père m’a dit « je crois que tu n’as plus rien à faire sous ce toit ». Ils m’ont mise à la porte, comme une malpropre, alors qu’une semaine avant ils disaient du bien de moi et de ma réussite scolaire… Ils ont dit que j’essayais de corrompre leur fille, que cela ne lui ressemblait pas…

Mais ce n’est pas ça le pire. Je m’étais préparée psychologiquement à cette réaction, même si on avait tout fait pour leur apprendre notre relation dans les meilleures conditions possibles. Le pire, c’est qu’après ça, lorsqu’ils croisaient mes parents qui leur disaient bonjour, ils regardaient le sol et les ignoraient ! Mes parents ! J’ai été très en colère contre eux pour ça. Qu’ils me rejettent moi, je peux comprendre. Mais mes parents ? Qui n’étaient pas responsables de mes choix et de mes sentiments ? Qui n’étaient pas plus au courant qu’eux ? J’étais en colère de les voir irrespectueux envers mes parents, qui avaient eux toujours été poli avec eux. Blessée et frustrée aussi de les voir incapables de dépasser leurs préjugés et leur peur du jugement social pour soutenir leur propre enfant et de la mettre dans cette situation impossible de choisir entre sa famille et la personne qu’elle aimait, de la pousser à se cacher. Alors que mes parents m’ont soutenue sans jugement quand je leur ai expliqué la situation, malgré leurs incompréhensions et leurs propres doutes.

Et je déteste cette espèce de situation irrésolue et ces énergies désagréables que je sens flottés en leur présence. Parce qu’évidemment, ils ne m’en ont jamais reparlé, ils ne se sont jamais excusés auprès de moi. Quand mon amie a été de nouveau en couple avec un homme, que du temps avait passé et que j’ai pu de nouveau venir chez elle, ils ont toujours fait comme si rien ne s’était passé. Comme s’ils ne m’avaient pas ignoré pendant des années… Comme s’ils ne m’avaient pas mise à la porte… Pourtant, moi je n’oublierai jamais ce que ça fait. Je n’oublierai jamais. Parce que ça fait mal d’être rejetée ainsi.

Même si je savais le risque que je prenais, mais je le prenais par amour à l’époque, naïvement. En croyant qu’être sincère, dire la vérité et les sentiments seraient suffisant. Mais je m’étais trompée. Dans ce monde d’image, de mirages et de société civilisée, les apparences sont importantes, les « normes sociales » des lois à respecter afin de ne pas être jugé. Que pourraient dire les parents des élèves de ces gens liés au corps d’enseignement ? C’est vrai ? Alors que moi je le vois dans le sens inverse : si les personnes censées enseigner « liberté, égalité et fraternité » sont intolérantes quand cela les touche elles, quelle exemple donnent-elles ?

Mais le pire je crois, c’est la situation de mon amie. Parce que moi j’ai toute liberté d’être en colère, et même de haïr ces gens si je veux –même si cela n’a aucun intérêt de perdre mon énergie en vain-. Mais elle, elle ne peut pas, ce sont ses parents. Elle s’est retrouvée coincée entre le marteau et l’enclume. Entre ses sentiments et notre relation, et l’éducation et l’influence de ses parents, qui lui interdisaient de me voir. Comment peut-on faire face à ça ? C’est horrible. Je sais bien qu’elle n’est pas responsable des opinions et des décisions de ses parents. Je sais aussi qu’elle était dans une situation impossible et très dure à vivre. Aussi j’ai toujours eu une terrible tristesse au cœur pour elle, et une grande colère envers ses parents : comment peut-on infliger ça à sa propre fille quand on l’aime vraiment ? Ne devrait-on pas vouloir son bonheur peu importe les conventions sociales ?

Ces conventions que je déteste. Parce qu’elles emprisonnent les hommes, les femmes. Donnent des schémas tous prêts à suivre : modèle familial, modèle de réussite, modèle scolaire, etc. Comment peut-on se sentir libre et suivre son âme quand on est englué dans tout ça ?

Voilà pourquoi il est parfois si difficile de se défaire des mirages qui empêchent l’évolution spirituelle.

J’ai eu beaucoup de chance. D’avoir des parents compréhensifs. D’avoir l’ouverture d’esprit pour ne pas m’arrêter aux schémas. En ça, je suis plutôt dans la gratitude. Et quelque part, je ne peux m’empêcher d’avoir de la pitié pour ces personnes : pour eux d’avoir fait souffrir leur enfant et pour elle d’avoir des parents fermés sur leurs principes.

Et là c’est ton égo qui parle. Parce qu’il se croit supérieur pour avoir refusé la limitation auxquels ses parents se sont arrêtés. La vérité, c’est que tu ne seras réellement libre que quand tu leur auras pardonné dans ton cœur. Comprendre les limitations qu’ils vivent, ce n’est pas la même chose que les reconnaitre et les accepter. Même si ces limitations t’ont blessée.

J’ai compris qu’en fait le pardon n’avait vocation qu’à me libérer. A me sentir en paix face à eux, quoiqu’ils pensent et quoiqu’ils disent. Parce que je sais que je n’ai rien fait de mal, j’ai suivi mon cœur.

Alors pourquoi as-tu si peur d’être confrontée à eux ?

Parce que quand je suis face à eux, j’ai l’impression de ressentir une gêne de leur part et une honte – plus ou moins consciente, je ne sais pas – comme si je leur rappelais combien ils ont été intolérants, combien ils ont été blessants et irrespectueux. Comme si une part d’eux avait honte, mais qu’ils n’étaient pas prêts à l’admettre et à s’excuser. Comme si cela engendrait un conflit inconscient en eux même. Je ne sais pas si c’est la réalité ou si ce sont mes projections.

Et si c’était des projections, qu’est-ce que cela voudrait dire ?

Que je projette ma propre honte sur eux ? Celle d’avoir été chassée de leur maison et celle d’avoir été traitée comme quelqu’un qui ne méritait pas le respect ? Celle de savoir que je ne respecte pas les lois sociales et que « c’est moi la méchante de l’histoire » ?

Tu portes un sentiment de culpabilité face à ton amie. Tu es celle qui est venue brisée la jolie image de sa famille aimante et compréhensive. Tu es celle qui est venue lui montrer les limites de ses parents, la confronter à ses sentiments VS l’emprise qu’exerce sa famille sur elle. Ce n’est pas un rôle facile. Largement de quoi plomber une amitié. Surtout si les énergies ne sont pas assimilées et digérées, transmutées en quelque chose de positif.

En réalité votre amitié patine pour plusieurs raisons. Tu maintiens un sentiment de culpabilité vis-à-vis de ce qu’elle a vécu avec sa famille. Elle maintient un sentiment de culpabilité par rapport à la façon dont elle a rompu et est partie avec un autre. Comment veux-tu que votre relation soit stable et sereine ? Vous vous trainez des casseroles dont vous n’avez pas pris la peine de parler ouvertement, puisque vous les croyiez résolues.

Oui, je les pensais résolues et je suppose qu’elle aussi… Mais depuis le jour où elle m’a quitté pour cet homme dont elle a eu le coup de foudre, elle me parle très peu de son couple, un peu plus ces dernières années mais… Comme si les difficultés qu’elle pouvait traverser dans son couple étaient taboues. Comme si elle devait me donner l’image d’un couple heureux, uni à tout moment. A vrai dire, je ne sais pas qu’elle est la réalité derrière, car finalement elle ne m’en parle jamais. Je ne sais pas pourquoi… Est-ce parce qu’inconsciemment elle a peur que cela me blesse ? Ou me rende triste quand je suis célibataire ? Je n’en sais rien du tout.

Et je suis fatiguée alors je vais aller me coucher. Mais je ne sais pas si je devrais publier cette conversation. Je parle de choses intimes, mais qui ne me concerne pas uniquement moi. Je n’ai pas non plus envie que cette amie se sente jugée elle ou sa famille, parce qu’après tout je ne parle qu’à partir de mon propre vécu teinté de mes ressentis et de mes émotions…

6 juin 2016

 

Accepter sa maladie ? [endométriose]

Artiste : Conronca
Artiste : Conronca

Je me sens fatiguée. Ce matin, je me suis levée et il faisait un grand soleil avec un beau ciel bleu, un peu comme au début des premiers beaux jours au printemps en métropole. Cela m’a donné envie de sortir, mais je ne m’en sentais pas l’énergie, trop fatiguée et gênée par mes ovaires. En réalité, j’aurais plutôt eu envie de rendre visite à ma défunte grand-mère et de faire du canevas avec elle, ou de faire un tour du village avec mon autre grand-mère bien vivante. Faire quelque chose de petit, mais de chaleureux et de familier.

Au lieu de cela, hors de ma portée, je me suis roulée dans mon plaid moelleux, sur mon canap pour lire un bouquin sur ma liseuse. Il y a une partie de moi qui culpabilise de ne strictement rien faire en ce magnifique samedi, de rester en pyjama dans mon canap, de ne pas sortir, de ne pas « profiter de mon we ». Mais voilà, je me suis promis de bien me reposer ce we, parce que la semaine a été très éprouvante.

J’ai fait cet affreux cauchemar dans la nuit de lundi à mardi, celui où mon serpent de kundalini m’attaquait violemment et me blessait au ventre. Ce rêve a été très très violent et m’a littéralement choquée. A partir du lendemain même, j’ai commencé à être malade, bouffées de fièvre, migraines, épuisement, mal à l’estomac et au ventre…

Sauf que tu as continué à aller au travail, malgré la lourdeur de ton corps, malgré les bouffées de fièvres, malgré la fatigue. Tu as épuisée le peu d’énergie que tu avais à supporter les heures qui passaient à une lenteur insupportable.

Je ne pouvais pas me défiler comme ça. Chaque matin, je me suis levée, j’ai pris ma température et je n’en avais pas. Je n’avais pas de bon argument pour ne pas aller travailler, en plus ma voisine me covoiturer, donc j’avais moins de marche à faire. J’ai pris mon temps, j’y suis allée tout doucement. Je ne voulais pas manquer des jours de travail et qu’ils soient suspendus de ma paye. Après tout, il y a bien 3 jours de carence qui ne sont pas remboursés par la sécu quand tu es en arrêt maladie.  J’ai besoin de cet argent, pour payer la voiture que je dois acheter, rembourser les billets d’avion, économiser pour mes vacances… Je ne peux pas me permettre de sauter des jours de boulot parce que je ne suis pas bien.

Tu crois ? Qu’est ce qui est plus important ? Ta santé ou l’argent ? Lequel des deux peux-tu récupérer d’une autre façon ? Lequel des deux peuvent te dépanner tes parents ? Ne crois-tu pas que cela n’est qu’une excuse à laquelle ton mental s’accroche ? Mais que la vérité, c’est que tu n’acceptes pas le fait d’être malade à cause de ton endométriose ?

Moi je vais te dire la vérité. Le message était très clair dans ton rêve, tu aurais dû rester au lit sous ta couette pour te remettre du choc émotionnel et énergétique de ton rêve. Et du réveil de ta maladie causé par ta kundalini. Tu sais que tu as de l’endométriose, cela veut dire que tu as moins de réserve d’énergie, que tu es plus vite fatiguée, que tu tombes plus souvent malade. Tu as bien compris que quand tu es trop fatiguée par ton endométriose, tu attrapes le premier virus qui passe et tu restes clouée au lit une semaine avec de la fièvre. Tu devrais éviter d’en arriver là. Tu devrais écouter ton corps et te reposer avant, tout simplement.

Mais je n’y arrive pas, je culpabilise. Je ne m’en sens pas le droit… Il y a tellement de pression en ce moment au travail, l’ambiance est lourde et c’est compliqué… Alors en plus, si je m’absente à cause d’un arrêt maladie… J’ai peur d’être cataloguée comme tout le temps malade et de me faire virée, ou de ne plus être désirée après… J’ai bien vu comment mon supérieur traitait ma collègue de VSC qui avait de gros soucis de santé et devait souvent s’absenter à cause de ça… J’ai vraiment peur de ça…

Vois et accepte ta peur. Elle est présente parce que tu culpabilises, comme tu l’as si bien dit. Pour toi « ce n’est pas normal d’être malade », c’est une tare, un défaut, une chose à fuir dans cette société capitaliste et productive. Car à cause de ça, tu ne peux pas bien remplir ton rôle d’ouvrière travailleuse. D’où te vient cette croyance ?

Et bien, à chaque fois que j’étais malade, mes parents me disaient « et les cours ? » et puis quand j’ai commencé, c’était « et le travail ? Comment vas-tu faire pour tes absences ? ». J’ai bien vu comment les gens fréquemment malades étaient traités dans le monde du travail. Comment dès qu’ils avaient un arrêt maladie de 6 mois, ils étaient souvent virés… Comment ils étaient traités sans aucune compassion. Ma tante qui est syndicaliste et se battait pour le droit des ouvriers m’a raconté des choses… Je n’ai pas envie d’être étiquetée « malade chronique ».

C’est quelque chose dont tu as profondément honte, et que tu caches dans le monde du travail. Tu ne dis jamais que tu es malade à cause de ton endométriose, tu dis « oh, je ne comprends pas, j’ai choppé la gastro de untel… » ou bien « je ne me sens pas en forme, j’ai pris froid ». Il n’y a que depuis récemment que tu as commencé à en parler. Tu as dit à ton supérieur qui fait office de patron que tu avais de l’endométriose. Mais tu lui as aussi dit que tu avais un traitement efficace qui faisait que ce n’était rien, ce qui est un mensonge.

Ton traitement n’est pas pleinement efficace. Oui, il permet de supprimer tes règles –et encore que, partiellement- et donc d’éviter la création d’hématomes sur les organes de ton ventre. Mais il ne  supprime pas les problèmes digestifs et urinaires, la douleur de sciatique, la fatigue chronique, le gonflement de tes ovaires et de ton ventre. Mais ça, tu n’en parles pas, ou comme d’une fatalité.

Que veux-tu que je dise ? Il n’y a pas de solution miracle ! Personne ne peut rien pour moi !

Si, tu peux toi-même quelque chose pour toi. Comme te l’a expliqué Sylvie, via l’interprétation de ce rêve de serpent qui s’attaquait à ton ventre : tu n’acceptes pas ta maladie. La preuve en est, tu as refusé de rester te reposer chez toi cette semaine, alors que ton corps t’envoyait tous les signaux de maladie. C’est une forme de déni de ta maladie, reconnais-le.

Mais je croyais que je l’avais accepté !! Après tout, j’en ai parlé sur ce blog, j’en ai parlé avec ma sœur, avec une autre personne atteinte. J’en ai parlé en long et en large durant les cercles de femmes de mes stages ! J’en ai même parlé longuement avec deux de mes collègues de travail, en leur expliquant ce que c’est, les effets, etc… J’ai passé des we à ne rien faire pour me reposer car j’étais malade. Des semaines à ralentir mon rythme, ne pas faire de courses ou de choses fatigantes en dehors du boulot parce que je n’étais pas en forme. A acheter des vêtements confortables pour les jours où mon ventre se transforme en baleine. J’ai même pris le parti de me dire, « Ok je suis malade, cela affecte mon système digestif, ce sera probablement pour toute la vie. Alors comment puis-je faire évoluer mon alimentation pour le prendre en compte ? ». Comme pour mon acné ! J’ai bien compris qu’elle ne partirait jamais parce qu’elle est due à un dérèglement hormonal, venant de mes ovaires, que le traitement ne corrigera jamais ! Alors j’essaye d’autre chose pour la diminuer. Tout ça n’est pas pour toi des signes d’acceptation de ma maladie ?

Tant que tu en auras honte, tu n’auras pas accepté ta maladie. C’est aussi simple que ça. Tant que tu te cacheras, mentiras, minimiseras au sujet de ta maladie, cela prouvera que tu ne l’assumes pas. Pourquoi as-tu honte de ta maladie ? Pourquoi as-tu peur à cause de ta maladie ? Parce que comme Sylvie te le faisait remarquer, tu as la croyance que c’est de ta faute si tu es malade. Que c’est ta responsabilité, que c’est une partie inconsciente de toi qui a décidé d’être malade pour ne jamais devenir mère. Après tout, tu as bien une maladie qui rend stérile, tu ne veux pas d’enfant malgré les exigences de la société actuelle, et tu te réfugies en partie derrière ta maladie pour expliquer ton choix. « De toute façon, j’ai 50% d’être stérile, alors cela ne sert à rien de faire des projets d’enfants.» Et quand on te dit le contraire, comme Arc « regardes, j’ai une amie qui a de l’endométriose qui a eu un enfant à XX ans » et bien cela te contrarie.

Que veux-tu que je te dise ? Que veux-tu que je fasse pour changer les choses ?

Moi ? Rien. J’aimerais seulement que tu acceptes le fait d’être malade. Que tu acceptes que ce n’est pas ta faute, que tu n’as pas choisi consciemment d’être malade. Que tu arrêtes de te culpabiliser, de te rendre responsable et de te punir toi-même par ton comportement envers ton corps. Ton corps est malade, respecte-le. Ce n’est pas de le cacher, de le fuir, de le nier ou de chercher à changer cette réalité qui la fera disparaitre. Tu luttes à contre-courant de l’eau qui te porte.

2 avril 2016

Parle-moi, je t’en prie…

Artiste :
Artiste : Azuka111

Cette nuit, j’ai encore rêvé de lui… Alors qu’il était à côté de moi et m’ignorait, qu’il ne me parlait pas, ne me regardait pas, il me tendait un bouquet de fleurs dont l’emballage portait ses messages. Qui disait « Banane, bien sûr que je t’aime encore et que je ne t’ai pas effacé de mon cœur ». Chaque fois que j’écris sur ce blog qu’il ne m’aime plus, je rêve du contraire, c’est à tordre le cœur… Est-ce une partie de moi qui ne peut s’empêcher d’espérer, ou une partie de moi qui me souffle la réalité ?

Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à accepter l’idée qu’il m’aimait encore quand il a rompu et qu’il m’aime peut-être encore au jour d’aujourd’hui ? Peut-être parce que c’est plus facile de croire qu’il m’a quittée parce qu’il ne m’aime plus… plutôt que parce que je le faisais trop souffrir ou parce que mon corps est cassé ?

Parce qu’alors c’est ma faute, c’est moi qui suis coupable. De ne pas avoir vu, de ne pas avoir compris. D’être incapable de lui offrir ce qu’il recherche. D’être malade. Comment ne pas être déchirée en deux si tel est le cas ? Comment se pardonner à soi-même, d’avoir perdu la chose la plus précieuse qu’on avait ? Parce qu’il me manque tellement… J’ai envie de lui parler, d’entendre sa voix, de le serrer contre moi, de rire avec lui, de voyager avec lui, de partager son quotidien.

J’ai l’impression injuste d’être punie, d’être rejetée. A cause de ce que je suis, parce que je suis malade, que j’ai peur des hommes à cause de mon viol. Je n’arrive toujours pas à concevoir dans mon cœur qu’on puisse quitter quelqu’un alors qu’on l’aime encore. Une partie de moi ne comprend pas, l’amour n’est-il pas censé être plus fort que tout ? J’ai toujours cru ça, on nous a toujours dit ça… Mais alors si c’est vrai et qu’il est parti, c’est bien que finalement son amour n’était pas assez fort ? Et si c’est faux, alors on nous a toujours menti, l’amour n’est pas capable de tout surmonter ? Je pensais avec naïveté que les obstacles seraient toujours face à nous et pas entre nous, comme il le disait…

Et j’ai cette petite voix en moi qui me dit « c’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma faute » et qui ne veut pas se taire. Et cette autre voix qui me hurle « JE VEUX LUI PARLER ». Comment faire face à ce silence ? Comme le vit-il ? Est-il soulagé, triste ? Ou a-t-il enfermé toutes ces émotions dans une bouteille en se jetant à corps perdu dans le travail ? A quoi pense-t-il ? Quels sont ses projets ? A-t-il décidé de rencontrer d’autres personnes pour m’oublier ? Quels sont ses sentiments ? Ont-ils évolué ?

C’est atroce d’être coupé de lui. De le sentir loin derrière un mur. De ne plus faire partie de sa vie. De ne plus pouvoir lui dire combien je l’aime, à en souffrir, à en mourir intérieurement. J’ai l’impression qu’on m’a arraché un morceau de moi, que les choses ont perdu leur sens, que l’avenir est une illusion. Et j’ai juste envie de le serrer dans mes bras…

9 décembre 2015