Le temps qui passe

Artiste : Yuumei

Bonjour à tous,

Je reviens ici et j’ai le sentiment de trouver un champ en friche. Cela me fait de la peine, car j’ai toujours beaucoup aimé mon blog, et accordé de la valeur à ce que j’avais construit ici moi-même, avec mes mots, mes émotions et mon vécu. Partager ma réalité, mes expériences. Bonnes comme mauvaises, on peut toujours en tirer quelque chose, un élément de compréhension, une expérience, des réactions émotionnelles, un miroir dans lequel s’analyser.

Pourquoi n’ai-je plus réussi à écrire pendant tous ces mois ? Comme si les mots m’avaient fui en même temps que mes conversations avec mes guides. J’aurais pu continuer à écrire malgré cela, comme je le faisais au début, avec mes émotions et mes réflexions. Décortiquer ce qui traverse mon cœur et perturbe mon mental. Comprendre mes propres réactions et débusquer derrière mes schémas de pensées, mes comportements récurrents.

Peut-être tout simplement que je n’en avais plus envie. Que je me sentais trop fatiguée. Après un an de repos, je me sens mieux. J’ai acquis la certitude que quoi je traversais, je devais être ma première et meilleure amie et toujours me soutenir. Moi intérieurement et moi mon corps aussi. Je constate de plus en plus à quel point je suis quelqu’un qui aime le calme et qui a besoin de tranquillité. Dans mes pensées, dans mes activités, dans mon environnement. Je l’avais toujours vu comme une contrainte, à travers mon hypersensibilité aux énergies, aux foules, mon hyperacousie, etc. Finalement, je comprends que toutes ces « contraintes » sont en fait là pour m’aider à cerner ce qui me convient le mieux : le calme.

Alors j’aime de plus en plus peindre, passer du temps dans la nature, écrire et lire. Je découvre la joie des couleurs, la magie de l’eau avec l’aquarelle. J’observe le temps qui passe et qui fuit. Tellement vite. Mais où donc va-t-il ? J’ai enfin le sentiment d’avoir le temps de vivre, calmement, tranquillement. Et je reste désemparée face à la réalité que ma vitesse de croisière est 3 fois plus lente que celle de la société qui m’entoure. Comment alors y trouver ma place ? M’adapter tout en respectant mes besoins propres ? Trouver une façon de gagner ma vie et d’être autonome ?

Tant de réponses manquent à l’appel. Malgré le temps que je laisse au temps. Un an, c’est peu de chose dans une vie. Et en même temps, cela peut être beaucoup, si cela permet d’ouvrir la bonne porte. Néanmoins la porte qui me correspond reste dérobée à ma vue, et je continue d’errer. Un pas après l’autre, en espérant que le chemin se trouve quelque part, même si je ne suis pas encore capable de le voir.

21 mars 2018

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Patience et créativité

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Artiste : Kuvshinov-Ilya

Il y a de ces sujets où écrire dans mon journal intime ne suffit pas à résoudre les conflits émotionnels qui m’agitent. C’est dans ces moments-là qu’écrire avec mes guides me manquent le plus. J’aimais avoir leur éclairage, leurs conseils et leur aide pour rendre du recul. Je ne saurai dire pourquoi pendant tant de mois ils ne se sont pas manifester directement auprès de moi.

Suis-je trop déconnectée de moi-même et de mon étincelle intérieure pour les entendre ? Suis-je trop tourmentée par mes émotions et mon mental pour avoir la clarté nécessaire de canaliser ? Ai-je une hygiène énergétique insuffisante et un canal encrassé ? Ou bien est-ce une de ces périodes de « débrouille-toi », où mes guides décident de rester là, mais à distance, pour que j’apprenne les choses par moi-même ?

C’est un mystère pour moi… Je ne comprends pas toujours, voire rarement, les aléas de ma guidance personnelle. Cela m’a beaucoup affecté au départ. J’aime écrire et partager les guidances reçues sur mon blog. Mais j’ai fini par accepter. Peut-être est-ce une histoire de cycle. Ou de ressources intérieures. Peut-être ai-je tourné les miennes vers d’autres horizons et ce n’est pas forcément plus mal. En tout cas, c’est comme ça… Les messages passent autrement par moment, via les rêves, les « synchronicités », les cartes et les rencontres. Je ne pense pas qu’on « arrête d’être connectée », on l’est peut être juste d’une autre façon.

Je n’ai plus écrit avec mes guides depuis des mois. Mais j’ai le plaisir de m’être remise à la peinture et des images de tableaux « me viennent ». C’est irrépressible, j’ai envie de les peindre. Elles me restent en tête jusqu’à ce que cela soit fait. Et j’avoue que j’aime ça. Même si je n’avance pas très vite et de façon sporadique. Mais quel sentiment de complétude quand la toile est terminée.

Et puis, je me suis mise à une autre forme d’écriture, celle d’un roman. Et là aussi, je sens que c’est un processus hautement spirituel, autant par le sujet que je traite, que par la façon inspirée dont j’écris. C’est très instructif et cela me permet d’explorer le processus de création depuis l’intérieur. Car après tout, je trouve que pour l’art, « c’est en forgeant que l’on devient forgeron ». Alors je me laisse porter par cette vague de créativité géante et irrésistible. « Créé ! » « Ecris ! » « Dessine ! ».

Plus j’ouvre mes oreilles et mon cœur à cette créativité et plus je ressens cet appel de façon forte et irrépressible. Impossible de l’ignorer, sinon une frustration démesurée s’abat sur moi et rien n’y fait. Et même quand je l’écoute et que je sors mon crayon pour dessiner, il m’arrive quand même d’être écrasée sous le poids de cette frustration inconnue. Pourquoi ?

L’art a cette chose de frustante qu’il est long à créer. Ecrire un roman, cela prend des mois… Peindre une toile, cela prend des heures, et parfois le processus s’étale sur des mois (parce qu’il englobe d’autres réalités énergétiques derrière). Et cela me frustre. Le plus dur pour moi, c’est d’apprendre la patience. Ce n’est pas pour rien que je n’ai jamais eu envie d’apprendre à peindre à l’huile. Il faut des mois pour que la toile sèche ! Je préfère nettement l’acrylique, qui sèche bien plus vite. On peut même tricher en utilisant un sèche-cheveux pour accélérer le processus. Alors vous imaginer ? Faire des courbes de constructions et des dessins par étape… trop long ! Cela me semblait impossible. Force est de constater que parfois, en prenant son temps, on « réussit » plus vite. Une bonne préparation, même longue, est parfois la meilleure clé pour arriver au résultat souhaité. Donc je tente d’apprendre à prendre mon mal en patience…

Mais que faire de ce sentiment de frustration qui me met mal à l’aise et me rend parfois franchement de mauvaise humeur ? D’où vient-il ? Qu’essaye-t-il de me dire ? A creuser…

 

11 octobre 2017

Authenticité

Plage de Grande Anse, La Réunion. Auteur : Les Rêves de Celia.

Ecrire, voilà bien longtemps que je n’ai pas pris la plume. On dirait que ma résolution d’écrire tous les jours n’a pas trop tenu avec mes soucis de santé et mon déménagement. Pourtant, il commence quand même à y avoir un certain nombre d’articles sur ce blog, et je suis contente d’avoir créé cet espace virtuel, qui reste là, peu importe où je vais, ce que je fais et ce que je deviens.

Certains de mes proches le trouvent trop intime, comme un journal, et du coup ont du mal à le lire. Pourtant, ce n’est pas la fonction que je lui donne. Un journal intime, j’en ai un, avec un joli papier crème et des lignes pour faciliter l’écriture. J’ai également un carnet à rêve, donc ceci n’est pas non plus un journal de bord de mes rêves, ni même de mes voyages chamaniques ou expériences spirituelles. Parfois j’en parle, parfois pas, cela dépend de ce qui ressort à l’humeur et de la guidance que je reçois.

Finalement, je crois que c’est plus un pèle mêle de réflexions psychologiques et spirituelles, ainsi que de guidances canalisées. Pourquoi écrire ? Cette petite ritournelle tourne dans ma tête, encore et encore. C’est vrai, à quoi bon écrire si on ne sait pas pourquoi ? Mon ex qui était un professionnel dans la littérature semblait tenir à cœur de savoir pourquoi et dans quelle direction d’écriture il allait. A son inverse, je suis incapable d’anticiper le sujet d’un article et la tournure qu’il prendra. Je peux commencer à parler de mon humeur, de mon état de santé ou de tout autre sujet qui me préoccupe, et finir par une discussion sur les âmes errantes, ou bien des conseils de mes guides sur X ou Y sujets.

Mais j’avoue, je crois, que la principale raison pour laquelle j’écris, c’est tout simplement parce que j’aime ça. Là dans le train, alors que je n’ai rien à faire, c’est une envie simple qui me vient. Mais c’est drôle la façon dont le mental peut considérer les choses et rester enfermer dans des cases et des préjugés. J’ai toujours considéré que je ne savais pas écrire, parce que je n’arrive pas à écrire de roman ou de nouvelle (même si bon on l’avouera, je n’ai jamais fortement essayé non plus). Ou bien encore parce que je n’ai pas de formation dans le journalisme, et que ce n’est pas non plus mon métier.

Quelle légitimité pour écrire ? Et puis écrire quoi et pourquoi ? Ici, je ne me prends pas la tête, c’est mon espace, je le fais par plaisir, par envie, par besoin d’une guidance. Pourtant, nombreux sont les proches qui me disent que j’ai une facilité pour écrire mes émotions et partager ce que je ressens, et que cela n’est pas donné à tout le monde. Pour autant, je suis fichtrement incapable d’écrire quand justement, cela ne me concerne pas ou ne me touche pas moi. On n’a jamais des facilités par hasard, et cela est revenu plusieurs fois sur le tapis, par des proches, qu’il serait probablement intéressant pour moi d’intégrer cet aspect-là dans mon futur professionnel (totalement indéfini à l’heure qu’il est).

Évidemment, ça m’interpelle, quand deux amies très proches, chacune à un bout de la planète et ne se connaissant pas, me disent toutes les deux qu’elles me verraient bien écrire, être journaliste dans un domaine qui me touche. Pour l’instant, je ne sais pas ce que je veux, hormis m’offrir du temps pour prendre soin de moi et réaliser des choses créatives. Et puis je verrais bien les opportunités qui se présentent à moi, pas le peine de se prendre le chou, ni de laisser mon mental tourner à mille à l’heure pour imaginer des scénarios les plus farfelus les uns que les autres. Ça c’est une des nombreuses choses que m’aura permis la Réunion. Reprendre contact avec le moment présent, arrêter de me projeter dans le futur de façon improductive. Même si parfois il est difficile de ne pas avoir mille pensées en tête et qu’il faut aussi savoir par moment les accueillir.

Et j’ai été surprise par celles qui me sont venues aujourd’hui, alors que je regardais les paysages défiler dans le train. Des réflexions sur la synchronicité entre mon retour au domicile familial et celui également de ma meilleure amie. De retour toutes les deux dans notre ville d’enfance, toutes les deux pour nous reconstruire. Et j’allais dire, chacune sur un sujet différent, mais peut-être pas… J’avoue que je trouve cela un peu gros comme une maison, pour être une simple coïncidence, alors que hier encore une amie me disait avant de me quitter « Tu sais, les amis, ce n’est pas que rire et danser… des fois, ce n’est pas drôle. Mais un ami est un ami. » En disant par-là, que c’est dans ces moments-là qu’on soutient ses vrais amis…

Et j’avoue que je suis d’accord. Mais parfois, je me demande comment est-ce que je peux aider la dite amie. Je me sens par moment impuissante, parce que c’est comme si elle m’avait fermé son cœur, pour une raison qui m’est inconnue. Même si dernièrement les choses évoluent dans l’autre sens. Je me demande : ai-je été assez présente ? Ai-je fait assez d’effort ? Ou ai-je abandonné devant cette barrière que j’ai ressentie, me fatiguant à force de m’y casser les dents sans qu’elle semble le remarquer ?

Tu étais occupée à te gérer toi-même. Tu n’as pas beaucoup aidé cette amie, mais tu ne lui as pas non plus imposé le besoin de recevoir son aide. Tu te poses trop de questions. C’était jute pour elle, c’était juste pour toi. Ce n’est pas parce que vous évoluez différemment que vous ne pouvez pas vous retrouver à des croisées de chemin. Regarde, c’est ce qui va se passer. Vous avez toutes les deux fait le choix conscient d’avancer et de changer radicalement votre vie. Toi par le travail, elle par sa relation de couple. Même si tout se rejoint, et tu verras que vous aurez mutuellement beaucoup de choses à vous apporter. Le « mutuel » étant ici la chose importante.

Oui, mais cela ne marche que si on est sur un pied d’égalité. Moi cela ne me pose pas de problème, mais mon amie a tendance à se placer en position d’infériorité, parce qu’elle ne vit pas ce que je vis, n’est pas malade, n’a pas de travail, ne reçoit pas de guidance spirituelle… etc. En fait, peu importe la raison, j’ai l’impression (peut être déformée) qu’elle manque de confiance en elle face à moi, alors elle n’ose pas toujours exprimer son opinion ou parler de ce qui l’intéresse, en ayant peur que cela m’ennuie je suppose. Comment peut-on établir un échange mutuel, sincère et authentique sur une base tronquée ? Moi je ne demande que ça.  Cela fait bien longtemps que je n’ai pas ressenti un échange d’âme à âme entre nous, vraiment profond. Peut-être bien depuis qu’on a rompu…

Pourtant, il n’y a pas besoin d’être en couple pour établir ce niveau de confiance, de profondeur et de sincérité. La preuve, j’ai développé plusieurs très belles amitiés comme ça à la Réunion. Où il y a un amour profond et désintéressé très intense, mais aucune ambiguïté sexuelle de quelque nature que ce soit. Comme une relation de sœurs aimantes. Moi, c’est ce genre de lien que j’ai envie de construire dans mes relations d’amitiés présentes. Quelque chose de profondément sincère et bienveillant, dans l’amour, la confiance et le partage décomplexé. Sans jugements, sans peurs, sans attentes. Une relation à cœur ouvert, où l’on ose être qui l’on est et le partager avec l’autre. C’est ça aussi aimer l’autre, l’accueillir tel qu’il est. Et parfois, lorsque le miroir est douloureux ou énervant, c’est accepter le vécu sans jugement, chercher à comprendre pourquoi en soi il y a une telle réaction. L’autre nous offre alors une belle opportunité pour mieux nous comprendre nous-même et pour évoluer. Définitivement, c’est de ce genre de relations dont je veux m’entourer. Cela n’empêche pas de partager du rire, des moments de légèreté, des soirées ciné, des journées shopping et que sais-je.  Mais ces moments-là sont d’autant plus précieux qu’on les partage avec une personne qui nous aime et nous accepte telle que l’on est. En, tout cas, c’est mon ressenti personnel.

Et aujourd’hui, je me sens le cœur lourd et triste d’avoir laissé tant de belles relations de ce genre à la Réunion. Je sais que les sœurs que je me suis faite restent dans mon cœur. Je sais que le lien d’amour est là, au-delà du temps et de l’espace, et qu’il perdurera. Que la vie m’amènera certainement à en revoir un certain nombre d’entre-elles. Mais cela reste dur quand même. Quand on a gouté à une telle authenticité et un amour si librement exprimé, on ne peut qu’avoir envie de s’entourer de ce genre de relations. Merci du fond du cœur à la vie de m’avoir permis de rencontrer de si belles personnes à la Réunion ! Et merci à la vie de me permettre d’en rencontrer de nouvelles, où que j’aille et quoi que je fasse !

13 avril 2017

« Vous parler de ça »

Artiste :

Artiste : Nanomortis

[Attention spoiler : pour ceux qui désire lire le livre « vous parlez de ça », je parle de son contenu]

Je me sens encore de mauvaise humeur au réveil, encore des rêves que je ne comprends pas. Cela fait quelques jours que mon moral broie du noir, que j’ai mal aux ovaires, que j’ai des poussées d’acné. Est-ce que je vais encore avoir mes règles et être malade ? Est-ce mon nouveau traitement hormonal qui me fait cet effet ? Ou autre chose ? Je n’en sais fichtrement rien et cela m’agace. J’aimerais qu’il suffise de l’écrire pour que ce mal être se disperse, pouf, comme un ballon de baudruche qui se dégonfle. Comme une émotion qu’on accepte et qui d’un seul coup nous fait comprendre son message, et alors se dissolve. Mais ça ne marche pas, pas cette fois ci. Pourquoi ça ?

Pourquoi est-ce que le seul livre qui m’a attiré dans cette grande librairie en comptant des milliers est celui-là ? Le roman d’une adolescente, qui ne trouve pas les mots pour parler, qui ne trouve pas le moyen de dire qu’elle a été violée, qui s’enferme dans le silence et devient une paria. Parce que personne ne la comprend. Mais est-ce que quelqu’un cherche seulement à la comprendre ?

Pourquoi est-ce ce livre-là qui m’a attiré ? Pourquoi n’ai-je pas pu en décrocher, comme s’il était vital que je sache comment ce personnage s’en sortait ? Pourquoi m’a-t-il tant touché et a-t-il soulevé tant d’émotions en moi ? Pourquoi ? Je pensais avoir accepté la réalité de mon viol, l’avoir dépassée. Et c’est comme un diable qui ressort de sa boîte, d’un seul coup, « regarde, ce qui sommeille en toi ». « Regarde, tu n’es pas guérie, ce n’est pas vrai, cela fait toujours mal ».

Dans ce roman « Vous parler de ça », l’héroïne est devenue méfiante, elle a peur des intentions que pourraient avoir un garçon qui semble l’apprécier. Elle ne veut pas être touchée, « c’est dangereux ». Je pensais ne plus me sentir comme ça. Mais qu’en sais-je ? Voilà plus d’un an que je suis célibataire. Et moi non plus, je n’ai pas envie d’être touchée par un homme. De la tendresse oui, mais pas d’une façon qui implique un désir sexuel. Moi aussi, j’ai encore peur ?

Et cette petite question, sournoise, qui revient : « mais peut-on vraiment en guérir ? ». Comme si c’était une maladie. Mais ça n’en est pas une, si ce n’est que l’on se sent « sale ». Mais il doit bien y avoir un remède à ça, non ?

Vivre, avancer, regarder ailleurs.

Continuer, faire comme si tout allait bien. Je n’aurais pas pu mieux y arriver, sans ce déni psychologique. Toutes ces émotions enfouies, et ses pensées pour les faire taire : « ce qui s’est passé est normal, c’était ton petit ami ». Ne pas en parler, oublier. Oui, je crois que c’est une réaction de sauvegarde. Le mental protège, il empêche de réaliser la portée de ce qu’il s’est passé. Il n’y avait pas de mot dessus. Je ne savais pas que c’était un « viol » à l’époque.

Mais quand le mental fait taire les émotions, le corps parle. Est-ce le choc émotionnel qui a déclenché mon endométriose ? Ou bien la pilule du lendemain que j’avais prise confusément, alors que je savais pourtant avoir une contraception ? Etait-elle là avant, tapie et endormie ?

Est-ce que tout cela a la moindre importance ? Cela change-t-il la façon dont je me sens aujourd’hui ? Comment changer ça ? Comment sauver ma pauvre estime de moi-même écornée ? Car, dans le fond… je suis toujours cette ado blessée, cette ado violée. Qui n’a pas su mettre de mots, qui n’a pas su exprimer sa souffrance… Comment changer ça ? Comment devenir une femme quand une part de soi adolescente reste bloquée dans le passé et dans la souffrance ?

Le livre te donne la clé. Comment cette adolescente arrive à dépasser son blocage à communiquer ?

Avec du temps, et avec l’expression artistique. C’est son cours et son prof d’arts plastiques qui la sauvent. En travaillant toute une année sur un projet artistique sur le thème de l’arbre, elle finit par réussir à communiquer…

Cela m’a fait bizarre de voir que le sujet tiré au hasard pour son projet était celui-ci. Au fur et à mesure du roman, on lit l’évolution de ses dessins, de « ses arbres » et cela m’a rappelé le livre que j’ai commencé à lire. Celui sur « l’épreuve des arbres », qui utilise le dessin d’arbre pour faire un diagnostic de l’état psychologique de la personne…

*Quelques heures plus tard*

J’ai peint mon arbre intérieur. Mais je ne me sens pas soulagée, au contraire, j’ai envie de pleurer.

Ce sont des émotions enfouies qui remontent, ce n’est pas grave, c’est normal. Contente-toi de les accueillir et de les laisser passer, comme un train qui passe.

Je les sens se bloquer au niveau de la gorge. Les énergies ne passent pas, je n’arrive pas à les laisser sortir… C’est très frustrant et douloureux aussi. Vous ne pouvez pas m’aider ?

Bon, alors tu vas visualiser une boule de lumière au niveau de ta gorge, ni trop grosse, ni trop petite, ni trop chaude, ni trop froide. Juste agréable, apaisante et douce. Ressens là jusqu’à ce que la sensation de blocage disparaisse. Prends le temps qu’il faut, tu n’es pas pressée.

*Un certain temps plus tard *

Des choses sont sorties, mais pas tout…

Ce n’est pas grave, nous continuerons de travailler dessus dans ton sommeil. Tu as des années de « crasses énergétiques » à nettoyer. Toutes les énergies de tes non-dits, qui se sont accumulées au niveau de ta gorge et forment un barrage. Même en travaillant sur tes énergies résiduelles, cela n’est pas suffisant, le barrage revient encore et encore. Il faut remonter plus loin, à la source même de ton problème d’expression. Sais-tu à partir de quand tu n’as plus osé affirmer tes pensées et tes idées ?

Je dirais la 6ème… quelque chose comme ça à peu près. A quoi bon s’exprimer si de toute façon on n’est ni écoutée, ni entendue ? A quoi bon exprimer ses émotions, se mettre à nue et se rendre vulnérable, si en face cet effort-là est piétiné ? Je pense voir à peu près quand cela a commencé… Quand j’ai eu des soupçons au sujet de ma meilleure amie et de mon amoureux d’enfance. Mettre des mots sur cette intuition de trahison, ce n’était pas possible… Alors j’ai attendu, sans rien dire, jusqu’à ce qu’ils le disent au grand jour… Et puis que dire après ça ? De toute façon, il n’y avait personne pour écouter…

Une peine de cœur refoulée ? Tu penses que c’est ça le déclencheur ? N’est-ce pas plutôt un changement de monde ? Le passage du primaire au collège ? De l’enfance à l’adolescence ? D’un endroit où les mots étaient là pour rire et jouer, imaginer et inventer, à un monde où les mots servent à agresser, mentir, manipuler, se moquer des autres ?

Aurais-tu envie de parler dans un tel contexte ?

Non. Je sais que les mots ont le pouvoir de blesser, de briser et même de tuer par moment. Tuer les rêves, les espoirs, les sentiments, les envies et aussi la confiance en soi-même. Les mots peuvent être aussi violents que des coups, aussi traitres que des serpents. On pense que parce qu’ils sont invisibles, ils ne laissent pas de cicatrices. Mais ce n’est pas vrai. Ils laissent des pensées, qui se répètent en boucle parfois… jusqu’à miner une personne, jusqu’à la rendre dépressive, l’ombre d’elle-même.

Je n’approuve pas un tel usage des mots, comme des armes. Probablement parce que c’est ce que j’ai vécu au collège. Je ne pensais pas que les mots pouvaient être aussi dangereux. Moi je les trouvais beaux avant, j’aimais les lire, les écrire, les chanter même ?

Il est ironique de constater que pour fuir des mots blessants, je me suis réfugiée dans d’autres mots. Ceux de mes livres de fantastique que je dévorais les uns après les autres. C’était mon échappatoire. Où aurais-je pu déposer ailleurs tous le mal que me faisaient les mots des autres ? Quand j’essayais d’en parler à la maison, d’attirer l’attention sur mon mal être, tout ce qui sortait, c’était des mots agressifs, violents, colériques… C’était affreux, je n’arrivais pas à communiquer…

Et tout ce temps, tu accusais tes parents d’être indifférents, de ne pas t’écouter, de ne pas chercher à te comprendre. Mais tu ne savais plus parler. Pas sans agresser et blesser ceux que tu aimais, exactement comme ce que tu vivais. Alors tu te renfermais sur toi-même. Tu ne disais pas.

Au lieu d’exprimer et de faire sortir tous ces maux en toi, tu te bourrais de mots à n’en plus finir, pour oublier les tiens, tous ceux que tu entendais dans ta vie, dans ton quotidien, dans ton désespoir.

… Et que suis-je censée en faire maintenant ?

Les laisser sortir, les laisser s’exprimer. Les laisser prendre leur juste place, leur créer un espace où exister, où ils puissent être reconnus, entendus et même partagés.

Avec la peinture ?

Avec la peinture, le dessin, l’écriture. Ce livre que tu as lu, tu as pensé que tu pourrais peut-être en écrire un semblable. Et bien écris, écris ton histoire, écris ton adolescence. Ecris les maux qui t’ont pesé, exorcise les mots qui t’ont blessé.

Je ne sais pas si c’est une bonne idée. Je n’ai pas vraiment envie de repenser à cette période-là de ma vie… C’est pesant…

Il y a mille façons d’écrire. Tu n’es pas obligée de décrire la réalité, si tu n’en as pas envie. Tu peux raconter une autre histoire, où tu pourras tout aussi bien laisser tes émotions s’exprimer par les mots.

Hum… On verra, merci du conseil.

Fais ce qui te fait du bien. Et ce que tu trouves amusant. N’était-ce pas amusant de peindre cet arbre ?

Si j’ai bien aimé, j’ai mieux compris la richesse de l’aquarelle. C’était rigolo d’utiliser des pinceaux secs afin de faire des effets. Et de rajouter des détails par-dessus à la peinture acrylique. On peut même peindre avec des cure-dents.

Il n’y a pas de limite dans la création artistique. Seulement celles que vous vous fixez. Ta feuille était trop petite ? Qu’à cela ne tienne, tu en as scotché deux autres. Ton pinceau n’était pas assez fin ? Tu as pris un cure-dent. Tu voulais faire un lavis sans pinceau pour ? Les pinceaux pour acrylique peuvent très bien servir à l’aquarelle. Tu voulais garder certains détails très linaires ? Tu l’as fait au crayon coloré, quand le reste tu l’as peint au pinceau. Tu avais envie de fleurs opaques par-dessus le feuillage ? Tu as utilisé de la peinture acrylique avec du blanc pour opacifier.

Oui, c’était plus rigolo que ce à quoi je m’attendais, même si au départ c’était un peu fastidieux. J’aime bien le rendu, même si mes branches et mon feuillage manquent de volume… J’aurais aimé avoir un plus grand support. Mais pour mélanger aquarelle et acrylique, il faudrait une toile cartonnée, et pas une toile enduite. En tout cas, j’ai vraiment envie de m’acheter un chevalet en rentrant. Ou d’en fabriquer un. Je crois que je vais dépenser une bonne partie de mes allocs dans du matériel de peinture… pinceaux, peinture, chevalet, médiums, toiles…

Si c’est ce qui te fait envie et t’aide à te lever chaque jour, alors fais-le.

Oui… mais reste à savoir où je vais peindre chez mes parents. Ma chambre est petite et peu lumineuse. J’aurais aimé m’installer près d’une baie vitrée. Mais elles sont en plein passage…

C’est à voir. Tu verras quand tu y seras.

Oui, je verrai bien quand j’y serai… En attendant, j’ai déjà ce qu’il me faut pour faire quelques trucs intéressants… Merci.

4 mars 2017

Frustrée

artiste

Artiste : Wataboku

Je voulais dessiner autre chose, je ne comprends pas pourquoi cette image-là est sortie… Celle d’une femme hurlant de colère.

De rage ou de frustration ?

De frustration. Mais je n’arrive pas à bien à rendre les émotions sur un visage, je manque vraiment de technique. Le résultat n’est pas celui que j’avais dans la tête. Même si en fait, justement je n’avais pas vraiment d’image précise. Je comprends l’importance des modèles et des références, jusqu’à avoir acquis la fluidité des proportions. C’est limitant de devoir réfléchir à ça, au lieu de simplement se concentrer sur la création.

Un minimum de technique peut aider à créer plus librement, en fonction de ce que vous désirez faire.

Pour dessiner des visages et des corps réalistes, c’est mieux.

Mais ce n’est pas nécessaire pour faire quelque chose d’abstrait ou simplement faire sortir vos émotions. Pourquoi as-tu voulu donner un visage à cette émotion enfouie ?

Et bien… C’est une bonne question. Je ressentais un blocage au niveau de la gorge et j’avais envie de l’exprimer, de le faire sortir. Dessiner c’est avéré plus simple que de hurler, ce qui est peut-être libérateur, mais nécessite un environnement isolé. Mais je ne sais pas pourquoi.

Je voulais dessiner autre chose mais je ne m’en sentais pas l’état d’esprit (enfin comprendre l’état émotionnel). Je ne sais pas pourquoi. J’ai l’impression qu’une fois l’inspiration du moment passé, l’émotion envolée, même si je l’ai en mémoire, c’est difficile de la coucher sur papier. Il y avait ce dessin que j’ai eu envie de faire la dernière fois suite à ma discussion avec ma sœur. Je l’ai toujours en tête, mais je n’arrive pas à m’y mettre.

Et tu t’interdis de faire autre chose, tant que tu ne l’auras pas dessiné. Comme tu t’interdis de penser à un autre projet tant que tu n’auras pas fini ta toile actuelle.

J’ai ce problème-là. Celui de vouloir faire les choses « dans l’ordre ». De ne pas commencer quelque chose d’autre si je n’ai pas terminé la première. Parce qu’alors, en général, je ne la termine jamais… Je passe à autre chose et pouf, le premier projet reste inachevé, avorté.

Donc tu essayes de te « forcer » à terminer les choses dans l’ordre. Mais plutôt que de t’aider, cela ne fait que te limiter, te frustrer. Te bloquer dans ta créativité. Hors, bloquer ton élan créatif, c’est comme bloquer ton énergie de vie, puisque que tu ne l’exprimes que sous cette forme, et pas sous une autre forme qu’est celle de la sexualité.

C’est vrai. Je ne l’avais jamais pensé de cette façon-là.

Alors tu t’enfonces dans des énergies stagnantes, tu n’es plus capable de renouveler tes énergies, d’entretenir l’élan pour te faire avancer. La créativité est une force plus importe que tu ne le crois dans ta vie. C’est un de tes moteurs. Tu as besoin de créer pour avancer. Comme tu as besoin d’écrire pour évoluer, c’est une façon de créer. De donner corps à une énergie. D’incarner une idée, une inspiration, une petite flamme divine qui vous ait donné.

Et quid de l’environnement pour créer ? Alors que j’essaye d’écrire, j’ai encore mes voisins qui font la numba et ont dû inviter la moitié de leur promo. Je veux bien croire que l’on ne doit pas se laisser impacter par les perturbations extérieures, mais ils sont aussi discrets qu’un troupeau d’éléphants. Cela m’énerve… Souffrir d’hyperacousie n’est déjà pas simple, mais alors dans ces conditions-là… Mes bouchons d’oreille ne sont pas suffisants avec l’isolation sonore aussi mauvaise. J’aimerais vraiment qu’ils se dépêchent de partir en boite de nuit, mais il en arrive encore et encore. A combien vont-ils rentrer dans cet appartement ? Vont-ils rester toute la nuit ?

Quand je suis malade, je ne supporte pas les stimuli extérieurs. J’ai besoin de silence, de lumière tamisée, de calme et de tranquillité.  Les stimuli intérieurs de mon corps sont déjà assez forts, tension musculaire, douleur, migraine… L’extérieur devient vite invasif, et c’est dans ces moments-là que je trouve le plus difficile d’être hypersensible à son environnement. Je suis fatiguée, j’ai envie de me coucher, mais je sais que je ne vais pas réussir à dormir avec ce vacarme. Le pire, c’est que ce n’est même pas à cause de la musique, je ne peux même pas leur demander de baisser le son, à moins qu’il arrête de crier et gueuler à tout va… *soupir*

Comment trouver la paix intérieure dans un environnement bruyant que l’on ne peut pas fuir ? Coincée chez moi, car malade, je ne peux même pas trouver un répit en partant ailleurs un petit moment. Je déteste cette impression de subir. Même en mettant des boules quiès et en cherchant à m’isoler dans une bulle de lumière, je n’arrive pas à faire fi du bruit et des perturbations que je perçois. Il faudrait que je puisse me déconnecter totalement de mes sens pour ça…

Remonter à la source du problème reste compliqué. Quand la musique est trop forte trop tard, je vais leur demander de baisser, mais là ? Je peux demander à 25 mecs de baisser le volume de leur voix de fêtards ? Où se situe la limite entre la liberté d’autrui et le seuil de tolérance de ce que l’on peut supporter ? Surtout quand mon propre seuil à moi est particulièrement bas à cause de mon hypersensibilité ? Et quel poids la demande d’une personne contre 25 à moitié saoulés ?

*grrrmmmmml* Vivement que je déménage.

23 février 2017

 

Coup de gueule envers l’Univers

[Avertissement : comme son titre l’indique, cet article est mon coup de gueule concernant toutes les émotions négatives que j’ai pu accumulées durant cette année 2016. Âmes sensibles aux émotions négatives et râleries, mieux vaut vous abstenir de lire celui-ci ^^]

Il y a des fois où je n’en peux plus. Où je me sens vraiment découragée et surtout très seule. Évidemment, c’est une réalité matérielle, puisque mes amis proches sont tous – de façon temporaire ou permanente – en métropole. Ainsi que ma famille. Ainsi, je n’ai personne pour passer me faire un coucou, m’encourager à sortir, m’emmener prendre l’air quand je n’ai pas la force physique de conduire. Mais au-delà de cette solitude-là, il y a celle de me sentir seule et incomprise dans les épreuves que je traverse. Même mon amie, qui pratique le chamanisme et m’a initié, m’a dit « je n’ai jamais vécu un tel nettoyage et brassage énergétique tel que tu le vis […] je ne peux te guider davantage ». C’est sacrément dur à recevoir quand on se sent plus désespérée et perdue que jamais, qu’on aurait juste besoin d’être rassurée…

Trop d’infos à digérer, trop d’émotions à nettoyer. Mon corps qui semble ne plus vouloir coopérer. Tout devient plus dure, la moindre petite chose du quotidien. Me lever, faire à manger, m’habiller, sortir faire des courses… A quoi bon ? Rien ne me motive à avancer. Au contraire, je sens tout mon être se braquer et refuser de continuer à avancer. Refuser de commencer à vivre cette nouvelle année. Refuser de sortir et d’être en contact avec la réalité.

J’ai senti au fond de moi que tout ce brassage et ces difficultés ne sont pas terminés. J’espérais que la nouvelle année serait plus positive, que tout ce nettoyage se terminerait avec la fin de l’année passée. Mais la réalité, c’est que c’est loin d’être fini… Le processus ne fait que s’amplifier. Mes peurs et mes angoisses continuent de se manifester. Et la vérité c’est que je suis terrifiée. Terrifiée par tout ce vide créé, plus de travail, plus de perspective d’une relation en couple, plus de but ni d’envie, aucune direction dans ma vie.

Pour accueillir la nouvelle année, parmi les nombreux exercices, méditations, etc que l’on peut lire (ici celles de Jennifer Posada – en anglais -), beaucoup encourage à poser une nouvelle intention pour cette année, ou bien à imaginer ce à quoi l’on inspire. C’est un exercice de pensée positive pour attirer les énergies souhaitées à soi. Et bien, la réalité c’est que je suis incapable de le faire, et que je fuis la réalité d’une nouvelle année à cause de ça. Je ne sens pas de nouvelles graines à planter dans mon cœur. Pire, j’ai l’impression que mon cœur devient de plus en plus petit, gris et renfermé. Que je n’arrive plus à me sentir connectée à lui et à ressentir de l’amour pour moi-même. Comment alors réussir à prendre soin de soi ?

Comment mobiliser la force pour se lever quand rien ne vous motive, rien ne vous attend chaque jour ? Pourquoi se faire à manger si on n’a pas faim ? Et que de toute façon le corps émet des messages contradictoires incompréhensibles et que l’on n’arrive rien à digérer ?

Mon ancrage au monde matériel semble plus ténu que jamais. Un jour à être malade, et devoir faire la diète, et pouf me voilà complétement perchée. Sans faire attention, me voilà à continuer à sauter des repas – rien ne me fait envie dans mon placard et dans mes frigos. Il faudrait bien que je fasse des courses… mais mes vertiges me dissuadent de prendre le volant. Et puis de toute façon, je n’ai pas envie de sortir, pas envie d’être confrontée au monde extérieur.

Je me sens trop fragile, prête à être brisée par cette réalité qui ne me donne aucun espoir, aucune chose à laquelle m’accrocher. Le soleil brille, mais pas pour moi, je n’ai même pas envie de le laisser rentrer. Il y a des moments comme ça, où on n’en a juste pas envie, pas la force.

Mes proches me demandent de me renseigner pour un poste, d’écrire et de postuler. Mais ils ne comprennent même pas que je n’ai en ce moment pas la force de vivre au quotidien. Que je peux rester des heures couchée, sans envie de rien faire.

C’est arrivé, comme ça, d’un coup. Comme quelque chose qui s’est cassée après cette fin d’année. Comme un espoir soufflé et rien pour le remplacer. On dit parfois que l’amour est la force qui fait tourner la planète et vivre les gens. Peut-être est-ce vrai. Peut-être est-ce pour ça que je n’ai plus envie de me lever. Parce que je prends enfin conscience de la réalité – que je ne pourrais pas vivre de nouveau une relation avec ex-compagnon, ma flamme jumelle. Ou bien dans tellement longtemps, qu’il ne vaut mieux pas que je compte dessus pour avancer.

Je dois trouver la force d’avancer juste pour moi-même. Mais comment on fait ça ?

Toutes les choses que j’aimais d’habitude me semble vide de sens et ne m’appelle pas. Mon appareil photo est posé à côté de moi, mes crayons aquarelle, mon matériel de peinture aussi. Ma tablette graphique également. Mon canevas, les livres sur la biologie végétale que j’avais commencé. Des choses qui me feraient mourir d’envie d’en avoir le temps, si je travaillais et si j’avais une vie normale. Sauf que rien ne me semble normal en ce moment. Je marche en terrain inconnu, où je ne comprends rien de ce qui m’arrive. Où je ne comprends pas les réactions de mon corps, les énergies que je ressens, les rêves envahissants que je fais.

J’essaye de m’accrocher, de suivre les flots. Mais je me sens fatiguée. Peut-être devrais-je juste me laisser couler et voir ce qui se passe ? Peut-être devrais-je ne pas lutter ? Ne pas me lever, ne pas m’habiller, ne pas chercher à faire quelque chose qui me semble au-dessus de mes forces physiques et morales. Et attendre. Peut-être que cela va passer ? Peut- être que quelque chose va céder en moi et me donner de nouveau la force d’avancer, de continuer sans savoir où aller.

Vraiment, rien n’a plus aucun sens pour moi. Je me raccroche à la seule chose que je peux encore faire. Écrire. Mettre les mots les uns derrière les autres. Ce serait tellement plus facile si j’arrivais à faire de petits pas pour aller mieux de la même façon que j’arrive à écrire. Si j’arrivais à transformer ces émotions de désespoir, de tristesse et de peur en énergie pour rêver de nouveau, avoir envie de vivre et avancer.

Alors j’écris à l’Univers. Hey, Univers, Source, Guidance où ce que tu veux. Je suis perdue ! J’ai besoin d’aide ! S’il te plaît. Aide-moi à trouver une raison pour avancer ! Aide-moi à trouver la force de me lever chaque jour et de faire quelque chose de mes journées… Aide-moi à retrouver l’envie de vivre et de sourire à la vie…

6 janvier 2017

Transformations

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Cela fait un moment que je n’ai pas écrit sur mon blog. J’en avais l’envie et puis je n’arrivais jamais à trouver le temps et l’énergie pour rester derrière mon clavier. Les choses ont pas mal changé pour moi depuis mon départ en vacances et mon retour à la Réunion. Beaucoup de retrouvailles, de moments en famille, de discussions, de prises de conscience, de rencontres aussi. Beaucoup de transformation. Je me suis vue changée depuis la dernière fois que j’avais les pieds sur le sol de la métropole. Cette période loin de mon bout de caillou m’a aussi permis de prendre du recul sur mon quotidien, sur ma situation engluée dans ma maladie (endométriose), mon travail qui ne me satisfait pas. Mais ce temps m’a aussi permis de concrétiser tous les changements pour lesquels j’ai travaillé cette année.

Ainsi j’ai changé de coupe de cheveux, de lunette, j’ai renouvelé ma garde-robe. Cela peut paraitre superficiel, mais en réalité, les changements d’apparence extérieurs sont toujours le signe d’une évolution intérieure et ce n’est jamais anodin. Alors oui, de grands changements. J’ai fait le pas de prendre des lunettes colorés et rondes, à des années lumières de ce que j’aurais imaginé choisir et oser porter avant. Ma vision évolue vers plus de douceur, plus de légèreté et plus de féminité, comme mes lunettes. Ma coupe de cheveux aussi, j’ai décidé d’assumer mes boucles, qui sont sur-boosté à cause de mon traitement hormonal. De façon ironique, je n’ai jamais aimé les cheveux bouclés sur moi, j’ai toujours trouvé ça vieillot, ça me faisait penser à ma grand-mère. Mais je dois bien admettre que cela met mes cheveux en valeur et adoucit la forme de mon visage. J’apprends donc à assumer.

Il aura donc fallu tout ce temps pour que les transformations intérieures que j’ai vécues à la Réunion s’expriment extérieurement ! Qui l’aurait cru ? Définitivement, prendre de la distance, physique et psychologique, permet d’intégrer plein de choses et de mieux en comprendre certaines. Ironiquement, j’aurais pensé les partager au fur et à mesure sur mon blog, mais certaines choses doivent être vécues parfois tranquillement sans revenir dessus, analyser, disséquer, mettre des mots.

Et mon maître mot a été de profiter, simplement, de l’instant, de mes amis, de ma famille. De tous ces gens que j’aime infiniment et que je n’avais pas vus depuis si longtemps. De profiter et de prendre soin de moi, malgré le mouvement constant, les changements et l’environnement extérieur pas forcément familier. Car j’ai été malade de mon endométriose à plusieurs reprises et pas forcément très en forme tout du long. Mais je l’ai pris avec douceur. C’était aussi l’opportunité d’affirmer mes besoins, celui de me reposer, de faire des siestes, de manger différemment (sans gluten !), de rester au chaud, ou de simplement marcher à mon rythme. Ce dernier point peut paraitre bête et pourtant ! Avec mes ovaires gonflés et douloureux, marcher s’avère parfois me donner la sensation d’avoir des boules de bowling dans le ventre qui jouent avec mes autres organes. Alors je marche TRES lentement, parce que sinon c’est douloureux. Or dans ma vie, j’ai toujours eu l’habitude d’adapter mon rythme de marche à celui des personnes avec qui j’étais. Par exemple mes amis belges marchent assez vite. J’ai dû apprendre à écouter mon corps et ne plus me laisser porter sans le prendre en considération, apprendre à dire « hé, vous marchez trop vite pour moi, j’ai mal au ventre ». Un petit pas important pour moi. Comme apprendre à dire non quand on me propose quelque chose avec du gluten, même si c’est chose a été faite exprès pour moi.

Je ne m’étais jamais rendue compte à quel point j’étais « plastique », combien je m’adaptais aux autres, à leur rythme, à leur alimentation, à leurs envies etc… Quand je suis avec d’autres personnes, j’ai vraiment tendance à « m’effacer », les besoins de mon corps s’effacent, je ne les entends plus, mes envies non plus. Cela m’a toujours créé des problèmes, car après, quand je me retrouvais seule, mon corps se rappelait à moi et me faisait payer les pots cassés, tout comme mes émotions et mon moral. Je n’avais jamais compris que ces « symptômes » étaient en fait l’expression de mon hypersensibilité, couplée à mon empathie. Car finalement, le problème n’est pas seulement d’être submergée par les émotions des autres, mais tout simplement par leurs énergies. Au point d’en oublier les miennes, celles de mon corps, mes besoins et mes envies. La prise de conscience a été claire et en ça, elle a beaucoup été aidée par les articles de Camille Fraise, comme j’en parle ici :  L’histoire de mon hypersensibilité

Alors que faire ? J’ai décidé de me prendre en main, même si c’est le travail d’une vie entière. Accepter mon hypersensibilité doublée de mon empathie. Rien que le prendre en compte et l’anticiper peut changer la donne. Je comprends que je suis trop sensible aux énergies des gens mais aussi des lieux. Que celles de mon travail me plombent. Que celle de mon appartement aussi. Alors je veux changer ça. La première étape a été évidemment de ranger et de nettoyer, mais ça je le fais régulièrement. La deuxième a été de me trouver des alliés. Je me suis mise à chercher des plantes qui m’aideraient à transmuter les énergies lourdes, pour chez moi, mais aussi au travail. Couplée à des cristaux, parce que « Yeah, merci Camille Fraise » ça envoie de la balle au niveau des énergies !

J’ai décidé aussi qu’un certain nombre de « poids émotionnels » au travail n’étaient plus mon problème. Je ne veux plus être le défouloir de mon supérieur, ses émotions ne me concernent pas et la coordination et la prise de décision sont sa responsabilité à lui. Je veux bien être empathe et compatissante, à un moment, quand cela me bouffe, il faut que j’apprenne à poser des limites. Je vais donc travailler sur ça.

Et puis, je me suis instaurée une routine. Celle d’écrire systématiquement dans mon journal tous les soirs. Un petit moment rituel que je m’offre à moi-même. Au début c’était difficile, maintenant j’en écris des tartines. Cela me permet plusieurs choses :

  • Me décharger des émotions qui me pèsent en écrivant dessus. Quand j’ai fait face à une émotion qui m’a déstabilisée et déclenchée un tsunami émotionnel ingérable, j’essaye de revenir dessus, de comprendre la source, le pourquoi, qui, quel émotion, comme proposé par Camille Fraise ici : Hypersensibilité et filtres.
  • Prendre du recul sur ma journée, relativiser les choses, voir ce qu’elles m’ont apporté de nouveau, ce qu’elles évoquent en moi, comment cela résonne. C’est aussi un bon moyen d’apprendre à me connaître.
  • Souligner le positif dans ma journée. Apprendre à voir les choses de façon plus heureuse et optimiste. Parce que j’ai tendance à voir le verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein. Mais, hé ! Si vous êtes comme ça aussi, sachez qu’il parait que c’est un fonctionnement normal et primitif du cerveau humain, qui avait tendance à enregistrer tous les évènements négatifs (dangers) que positifs pour assurer sa survie dans la cambrousse. Bonne nouvelle, on peut rééduquer son cerveau en créant des associations neuronales positives ! Je dois donc avoir un cerveau très primitif… lol !

Bref, tout ça pourquoi ? Et bien ma raison d’écrire ici a elle aussi évolué. Avant, j’écrivais surtout pour me décharger d’émotions et les transformer en une expérience à partager. Ce qui pouvait peut-être être pesant à lire pour certains ? Je ne sais pas à vrai dire. Dans tous les cas, mon journal remplit très bien cet office maintenant, et c’est vraiment mon nouvel ami. Je peux donc dédier cet espace à une nouvelle fonction. J’ai réfléchi à ça, me demandant toujours « pourquoi j’écris ici ? Pourquoi je le partage ? » Et bien, tout d’abord, j’aime écrire. Ensuite, j’aime être lue. Et j’adore encore plus quand cela crée un échange avec d’autres personnes. J’ai reçu des commentaires qui sont pour certains de vrais perles, et ont changé ma façon de penser, mes connaissances et ma vision sur certaines choses. Je pense par exemple à ce magnifique commentaire de Bluebird sur la « construction de son royaume intérieur » (ici : L’histoire de mon hypersensibilité) plutôt que le but d’être heureuse. C’est génial, et à chaque fois cela me touche, m’enrichit et me nourrit le cœur. Je ressens beaucoup de gratitude pour cela. Merci à vous qui me lisez et partagez vos réactions !

Alors je me suis dit que j’allais continuer à explorer ici ma spiritualité. J’ai des tas de questions qui ont émergées durant mes rencontres, mes discussions, mes retrouvailles. Des tas à explorer pour me connaître mieux, et partager une vision parmi tant d’autres, la mienne, qui n’a à offrir de modeste qu’un aperçu parmi la richesse d’une multitude. Mais, hey, si on était tous pareils, où serait l’intérêt ?

Alors, à venir, selon mes envies : quel lien entre plantes et spiritualité ? Quelle place pour la conscience des plantes dans notre société ? Comment changer de regard sur son quotidien ? Que faire quand on se rend compte qu’on veut changer de vie ? En quoi mon endométriose me rend-elle différente ? Quel lien entre hypersensibilité et médiumnité ? Quel lien entre mon endométriose et ma médiumnité ? Quels ont été les facteurs déclenchant pour les deux ? Comment la guérison sur soi par rapport à un tiers affecte ce tiers aussi ? Comment développer sa foi dans la guidance divine ? Et bien d’autres…

31 juillet 2016

Écrire un blog

Artiste : Megatruh

Artiste : Megatruh

Qui me lit ? Parfois je me demande quelles sont les personnes qui me lisent, quelle est leur vie, comment elles sont tombées sur mon blog et surtout qu’est ce qui les intéresse ici ? J’ai remarqué que c’est rarement les sujets que je pense les plus intéressants qui attirent le plus l’attention. Ce sont souvent mes articles les plus sincères, ceux qui sortent du fond de mes tripes et que parfois je me demande même pourquoi je les poste.

Tenir un blog est une drôle de chose. J’aime revenir ici, et parfois relire mes anciens articles. Je me rappelle alors ce que j’ai vécu, ce que j’ai ressenti, et je vois tout le chemin parcouru. C’est à la fois moi, et en même temps cela ne l’est plus, car cela appartient au passé et j’ai évolué depuis. Chaque article est comme un instantanée de mes émotions et de mes photos, si vrais et si sincères sur l’instant. Et en même temps, quand je les relis, cela n’est plus moi, car celle que je suis aujourd’hui n’est pas la même qu’hier. C’est un sentiment très étrange.

Je me demande donc parfois qu’est-ce qui résonne chez les autres, chez ces lecteurs invisibles, qui passent, mais ne laissent pas de traces. Je n’ai jamais écrit pour créer un blog à la mode, connu, avec des milliers de visiteurs chaque jour. Je l’ai avant tout fait pour moi. Ecrire dans mon coin ne me suffisait pas, j’avais envie de le partager. C’était avant tout une perche vers certains de mes proches, mais ironiquement, ceux-ci ne lisent pas de blogs et ne viennent donc pas ici. C’était une façon de partager mes textes, quand j’écrivais beaucoup plus de poésie au départ. Puis une façon de parler de ma spiritualité, de mes ressentis quand je ne savais pas à qui en parler dans la vie physique.

Mais à quoi mon blog me sert-il aujourd’hui ? Quand j’ai un visiteur par jour, je suis heureuse d’avoir été lue, cela me suffit. Pourtant, parfois, je vois que 5 personnes sont passées et ont regardé 60 articles, et je suis surprise. Mon blog est souvent découvert par hasard, parce que je ne suis pas fan de liker chez les autres uniquement pour qu’ils viennent chez moi. Je ne cherche pas à le faire connaitre activement, il est là, pour ceux que ça intéressent. Et des fois, il semble qu’une personne tombe dessus et l’explore de fond en comble, puis reprend son chemin. Et je me demande alors ce qu’elle y cherchait.

Je ne sais pas si mes articles peuvent être utiles à d’autres personnes, s’ils leur parlent. Je n’ai pas la prétention de le croire, après tout c’est juste un témoignage parmi tant d’autres. L’idée de créer ce blog m’était aussi venu pour me donner une identité pour suivre d’autres blogs WordPress. De façon ironique, beaucoup ont disparu. Et j’ai remarqué que les blogs sur la spiritualité, les pratiques païennes ne durent souvent pas très longtemps. Est-ce que parce que les pratiques et les croyances évoluent et ne correspondent plus aux écrits d’avant ? Je ne sais pas, en tout cas, ce que je sais c’est que je me laisse toute espace de latitude pour changer mes idées et mes croyances ici.

Plus les gens sont lus sur leur blog, et plus la probabilité que des personnes, n’appréciant par leur écrit, faisant des commentaires négatifs ou agressifs s’élèvent. Je n’ai jamais été confronté à ce cas-là et j’en suis heureuse. Je pense que l’anonymat forme aussi un cocon de protection très efficace, et finalement je ne suis pas assez lue pour être attaquée, ce qui n’est pas un mal ! Je pense aussi que mon contenu n’est pas subversif, même si tout le monde ne s’y retrouve pas.

Je sais qu’à une époque, quand je postais ici les channelings écrit que je réalisais grâce à mes capacités spirituelles, j’avais peur d’être traitée de folle. Et puis finalement, j’ai constaté que globalement, le monde s’en foutait. On ne devrait jamais s’interdire de faire des choses par peur du jugement des autres. Car finalement, oui celui-ci peut être agressif, mais parfois il est carrément inexistant et ce n’est que nos propres peurs qui nos bloquent.

Que pourrais-je souhaiter à cet espace ? Qu’il reste un lieu de liberté pour moi, d’expression décomplexée et surtout sincère, en accord avec moi-même, dans toute la vérité de mon cœur et de mes vécus. Même si parfois cela fait peur, même si parfois cela intimide.

Et vous, que n’osez-vous pas écrire ?

21 février 2016

Ecrire…

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Pourquoi avais-tu besoin d’écrire ces mots sur ton blog ? Pourquoi ne pas les avoir simplement gardés pour toi ?

Parce que j’en sentais le besoin. L’envie de le hurler au monde, de projeter cette énergie autour de moi pour que les rebonds qui me viennent soient en accord avec cette énergie-là. Je ne veux plus de mensonges, plus de tromperies dans ma vie. J’érige cette volonté, je la marque, je l’ancre, je lui donne forme, j’en fais la pierre de fondation de cet espace. Celui de MA vérité. Elle ne sera pas parfaite, elle ne sera pas toujours partagée, car elle ne sera que mienne et ne saurait être LA vérité. Je pense qu’il y a autant de vérité « incarnée » que d’individus. Loin de moi l’idée de vouloir imposer quoi que ce soit à qui que ce soit. Celui qui serait dérangé par cette volonté n’aurait qu’à passer son chemin et ne pas revenir visiter ce site. Mais pour moi-même, envers moi-même, je veux incarner MA vérité, être la plus proche possible de celle que je suis au fond de mon âme. Voilà une de mes Vérités

Toi aussi, tu pourrais faire la liste des 10 principes qui régissent ta vie. Tu rigoles, mais pourquoi pas ? Toi aussi tu pourrais écrire sur ton passé. Faire comme « ton » Linnel, exorciser le passé.

C’est vrai que quand ces souvenirs ont surgi du passé et ont déferlé sur moi, écrire m’a tellement soulagé. C’était accepter ce que j’avais toujours renié, mais prendre de la distance, le déposer, comme une souffrance que je ne veux plus porter. Oui, au final… je me rends compte que j’aurais de quoi en écrire des pages et des pages. Mais ça serait juste pour moi, pour me soulager.

Et puis, pourquoi d’autre publies-tu ces mots ?

Je me rends compte que c’est une annonce à quiconque veut m’approcher. Je ne supporterai plus le mensonge, la trahison et l’irrespect. Pas que j’en ai peur venant des hommes que j’ai rencontré récemment. Non c’est une annonce, une promesse à moi-même surtout. Je ne veux plus me laisser manipuler, harceler, piétiner, même pour l’amour le plus pur. Et par cette promesse c’est accepter mon passé, reconnaître mon erreur, apprendre à ne plus la répéter. C’est enterrer la hache de guerre contre moi-même et apprendre à me pardonner. Chaque épreuve que l’on attire à soi, doit être une leçon pour avancer. Cette leçon a assez duré, cinq années de torture émotionnelle, lente et vicieuse, que j’avais enterrées au plus profond de moi. Maintenant il est temps que je les regarde en face, que je les observe, que je les comprenne, que je les accepte et que je guérisse. Comment ai-je pu si longtemps ignorer cette plaie ?

Tu n’étais pas assez forte pour y faire face. Cela t’aurait fait de nouveau sombrer. Maintenant tu as la force, la conviction, la foi en toi nécessaire pour te repencher sur ce passé sans te laisser engloutir. Et ça, aussi parce que tu as un nouvel horizon devant toi, qui te promet milles opportunités que tu as envie de saisir le cœur léger.

Oui, je vais y arriver. Merci.

28 décembre 2013

Source image : Megounette