Pourquoi pas ?

Artiste :

Artiste : Kuvshinov-ilya

 

J’ai finalement réussi à trouver un compromis avec mon patron pour cette fois ci. Vous aviez raison, il ne fallait pas que je me braque. Si je me braque, lui aussi. Si je discute, que je montre que je peux faire preuve de souplesse, cela passe mieux. Et aussi si j’explique pourquoi, ce qui me gêne malgré tout, parce que je ne devrais pas avoir à justifier mon besoin de récup avec mes raisons personnelles. Mais si cela peut le motiver à dire oui…

Cela te met mal à l’aise. Parce que pour toi vie privée et vie professionnelle sont deux choses qui doivent être bien séparées, bien clarifiées et sans vase communicant. Notamment parce que d’un côté tu fais un travail très scientifique et de l’autre que tu consacres beaucoup de temps à la « spiritualité » comme tu l’appelles. Un terme fourretout, somme toute, où tu ranges stages sur la féminité, cours d’astrologie, utilisation des cristaux, méditations et visualisation, cercles de pleine lune, purification, analyse de rêves, tirages de carte et j’en passe.

Et bien tout ce qui nourrit, entretient et régénère mes corps non physiques. On pourrait ajouter dans la liste l’écriture sur mon blog, puisque j’y parle d’énergétique, de cheminement et puis après tout aussi parce que j’écris avec mes guides / mon âme / des entités venues aider. Je sais que ça peut être un peu confus à comprendre pour le lecteur. C’est-à-dire que je suis capable d’avoir ces discussions, mais je ne sais pas trop avec qui. Je me suis longtemps posé la question, en me demandant si ce n’était pas mon mental qui inventait tout ça. Et puis bon, je me rappelle le dialogue qui m’a poussé à la prise de conscience de mon viol refoulé, et je me dis que ça… ce n’était ni dans l’intérêt de mon mental, ni de mon égo, mais bien dans celui de mon âme.

J’ai eu beau poser la question, je n’ai jamais eu de réponse sur l’identité précise de mes interlocuteurs. Parfois j’ai compris après coup que j’avais dialogué directement avec mon âme, cette part « divine » et plus « éclairé » de moi-même, qui est souvent ensevelie sous le mental et l’égo. D’autre fois avec des guides sombres et ça me faisait flipper. Parce que je sentais les énergies différentes, à la fois « denses » mais en même temps de niveau élevé, et le ton de discussion n’était pas le même, ni les sujets. Les guides sombres aiment bien me faire sortit de ma zone de confort et de confiance, me secouer, voire carrément me choquer. Au point qu’au départ j’étais très méfiante et apeurée, que je me demandais si ce n’était pas des entités du bas astral qui me parasitaient et venaient me pomper.

Mon défaut cruel est que malgré ma sensibilité aux énergies et parfois ma capacité à les transcrire en ressentis ou en mot, je ne pilote pas grand-chose. Je n’ai pas les capacités suffisantes pour clairement discerner les énergies et leurs provenances…

En même temps tu n’as jamais vraiment essayé.

Et voilà, là c’est l’exemple typique d’un début de dialogue où je me sens mal à l’aise sans savoir l’origine de la réponse. Mon égo ou mon mental ? Un guide lié à l’Ombre ? Une entité parasite ?

Tu n’as qu’à visualiser un dôme de protection transparente en demandant à la Déesse, ou qui tu veux, de n’y laisser entrer que tes alliés. On verra bien si je serai toujours là après * voix railleuse*.

***

Mais en même temps si après tu te mets à manger pour plomber tes énergies, cela ne sert à rien. Tu n’es pas forcément très facile d’accès pour nous, surtout quand tu es en processus de purification d’un certain nombre de lourdeurs comme le mois dernier.

J’aimerais bien avoir une recette « miracle » pour savoir avec qui je discute, quel type d’entité, quelle reliance etc… Pourquoi je ne suis capable de capter vos énergies que sous forme de mots et pas de sons, de visuel ou autre ?

Et bien tu ressens aussi certaines choses au niveau de ton corps, des tensions au niveau du plexus, ou bien de la gorge, des frissons, un poids sur le dessus de la tête. Des choses subtiles bien sûr. Tu n’auras jamais de panneau gigantesque, ce n’est pas notre façon de procéder. Une guidance ne doit pas être un forçage, ni un poids.

Mais je ne comprends pas pourquoi par exemple le « ton » à changer entre les premières phrases, puis justement la visualisation du dôme protecteur. C’est comme si j’étais passé d’un interlocuteur relié à l’Ombre à celui du Milieu. Je ne peux pas expliquer comment je perçois la différence. Je la sens juste. Comme si ta « voix » également m’était familière, une voix douce et chaleureuse, patiente et bien attentionnée. Pas comme la première, provocatrice et railleuse.

Certains guides de l’Ombre n’apprécient pas forcément que tu les compares à des entités du bas astral, alors que justement elles ajustent leurs énergies vers le bas pour pouvoir discuter avec toi. C’est tout simplement que tu n’es pas prête.

Mais est-ce que vous pouvez comprendre que c’est difficile pour moi de lâcher prise et d’accepter de parler à des entités que je ne cerne pas, ne vois pas, n’identifies pas, sans savoir si mes perceptions ne sont pas déformées ou erronées ? Si je ne me fais pas distraire pendant qu’une entité se sert dans mes propres énergies ? A vrai dire, je ne comprends même pas que ce soit possible d’échanger et de capter ces conversations, alors que j’ai des ressentis si partiels et aléatoires, quelque part je ne comprends pas…

Et j’ai comme l’impression que vous n’avez rien à répondre à ça…

Quelqu’un qui ne veut pas croire ne croira pas. Encore une fois nous te répétons que c’est une question de foi. Et que peut-être est-ce justement un travail pour développer ta foi. As-tu besoin de connaître nos noms ? Si de toute façon tu n’es pas capable de percevoir notre signature énergétique, cela ne sert absolument à rien. Juste à t’induire en confiance en brandissant un nom, alors que tu n’es même pas capable de vérifier la véracité d’une telle information. Et cela peut en effet permettre à d’autres entités de se faire passer pour ce qu’elles ne sont pas. De cette façon, tu dois apprendre à te fier à tes ressentis et à les développer.

A vrai dire, je ne sais pas quoi penser de cette conversation. A chaque fois qu’on parle de ce genre de choses, j’ai juste le sentiment d’être une cinglée… Et je n’aime pas ça du tout.

Qui peut juger de ton état de santé mentale ? Qui est apte à dire ce qui est normal ou pas ? Ne crois-tu pas que quelqu’un qui débarquerait sur le blog de Camille Fraise sans croire aux rêves lucides, lui dirait qu’elle délire à fond ? C’est pareil pour chacun. Il n’y a que toi-même qui peux juger de la justesse de ce qui t’est transmis en observant la façon dont cela te sers. Est-ce que cela te plombe ? Ou t’aide à réfléchir ? Voir les choses autrement ? Prendre conscience de certaines choses ? Nous savons que si tu continues à écrire avec nous, c’est bien parce que tu y as cerné un intérêt.

Même s’il est vrai que parfois cela peut être destructeur, de façon temporaire. Et je sais qu’en disant ça tu penses à la prise de conscience de ton viol, mais aussi à la prise de conscience de ta peur des hommes et de cet article qui a précipité la fin de ton couple.

Tu peux nous accuser d’en être coupable. Mais la vérité est que tout ceci ne sont que des déclencheurs pour te faire évoluer, pour te faire réfléchir, te faire sortir de tes zones de confort et te pousser à faire face à tes peurs, tes blocages et tes limitations. La première étape pour faire changer une situation est toujours, toujours, la prise de conscience. Nous sommes là pour t’aider dans ce sens-là, parce que c’est toi qui nous l’as demandé avant. Nous rendons cela possible, bien que tes énergies ne soient pas toujours facilitantes. Et ton mental non plus. Tu es en effet beaucoup de rigidité lié à ta personnalité, à tes peurs surtout. Car dis-toi bien que toutes ces résistances sont une barrière de protection de ton égo face à la peur du changement et de la dissolution de celui-ci.

Et l’une d’elle est la croyance que je ne suis pas capable de ce genre d’échange, hein ?

Oui, pour les discréditer, les mettre de côté alors que parfois elles te posent question, te dérangent.

Et puis je repensais à cette histoire de plafond en spiritualité… C’est vrai que j’ai du mal aussi à croire pouvoir faire un certain nombre de choses en spiritualité. J’ai peur de m’illusionner, ou encore que ce soit une forme d’appel de l’égo, comme cela peut l’être pour d’autre : « regardez, moi je suis untel, je sais faire ceci et cela, je suis avancé spirituellement ». Une façon pour l’égo de se croire supérieur à la masse et de se complaire dans une image « évoluée » alors que la personne stagne.

Tant que tu déchanteras, que tu feras face au bon comme au mauvais, au simple comme au difficile, et que tu ne te contenteras pas d’un titre ou d’une reconnaissance par autrui, tu t’écarteras de cet écueil. Il existe, mais pour le coup, ton égo s’en sert pour te freiner. Dis-toi que nous serons là pour te mettre un coup de pied aux fesses le jour où cela arriverait.

Oui mais… J’ai bien vu quand j’ai donné mes premiers soins de l’utérus à d’autres femmes qui ne connaissaient pas, qu’une partie de moi (mon égo) était attirée par le fait d’avoir un public (le lieu était en plein air), d’autres femmes du partage qui me voyaient faire, et j’ai senti cette petite partie de moi flattée quand l’organisatrice a pris des photos de moi pendant les soins.

Et pour autant, accepterais-tu que ces photos soient diffusées ?

Absolument pas. D’ailleurs une autre part de moi n’a pas du tout apprécié qu’elles prennent ces photos sans me demander mon autorisation ou celle de la receveuse. Parce que je considère qu’un soin est un moment intime qui n’appartient qu’à la personne qui reçoit. La disposition en extérieur ne permettait pas d’être isolée des regards, mais ce n’est pas pour autant que je jetterais la chose en pâture.

Et puis tu n’aimerais pas, que par le plus grand des hasards, ces photos atterrissent devant ton patron, n’est-ce pas ?

Non, pas du tout.

Séparation de la vie perso et de la vie pro, hein ? Même raison pour le fait que ton nom n’apparaisse pas sur le programme de cette journée de soins. Ni sur le site officiel des Moon Mothers. Tu le caches, tu caches ton implication dans des techniques de soins énergétiques.

Au boulot, oui. Dans la vie privée, ça dépend avec qui…

Et c’est pour ça que tu n’étais pas très à l’aise avec le fait d’amener ta collègue et de lui donner un soin. En soi même, cela ne pose pas de problème – bien que tu ais eu beaucoup de mal à dépasser ta restriction séparation vie privée/vie pro pour sympathiser avec elle – c’est plutôt le risque qu’elle en parle au travail.

Et bien oui, j’ai beaucoup de mal… Quand je suis au boulot, je suis en mode « boulot », je n’ai pas trop de considérations pour l’état émotionnel et psychologique de la personne, du moment qu’elle a l’air en bonne santé. Moi, je ne regarde que le boulot fait, c’est-à-dire l’efficacité concrète. Je sais que parfois je peux être très exigeante, un peu autoritaire quand il s’agit du boulot, mais je le suis autant avec moi-même, sinon plus qu’avec les autres. Parce que je veux que les choses soient faites et bien faites, que cela avance.

Alors que dans la vie perso, je suis différente, je suis très compatissante, hypersensible. Sans réelle motivations, ni objectifs, j’ai plus tendance à me laisser porter et ne pas savoir ce que je veux. Je suis moins sérieuse et moins exigeante, j’aime déconner. Je relâche ma garde et dans ces moments-là je suis plus ouverte sur le plan personnel.

Je sais qu’il y a peu d’amies avec qui je peux travailler. Et que même avec elles, je faisais la distinction « là on bosse », « là on prend une pause ».

Tu te rends donc bien compte de la rigidité de ton mental, à séparer strictement les deux sphères, au point d’en avoir des difficultés relationnelles avec ta collègue.

Et bien… quand on est en mode hors boulot, ça va, même si on n’a pas forcément les mêmes centres d’intérêt et que parfois je ne sais pas trop quoi dire… Mais après c’est le switch au boulot, je ne sais pas comment reprendre avec la personne dans le cadre du travail. C’est bizarre, je me sens mal à l’aise. Parce que, comme je manque de temps et que j’ai milles trucs à faire, je vais à l’essentiel sur les questions boulot et je ne parle pas du tout de vie privée. De toute façon, je ne m’y sentirais pas à l’aise pour avec mes autres collègues autour… Mais du coup, j’ai l’impression d’ignorer la « personne humaine » et je n’aime pas ça…

Ahaha, je suis vraiment nulle en terme de relations sociales… Mais tu vois je trouve que cette conversation prend une drôle de tournure et je n’en vois pas l’intérêt.

Tu vois que tu fais preuve d’une grande rigidité mentale au niveau de ce qui encadre ton travail. Tu as également pris conscience que finalement, ce n’était pas tant les heures supplémentaires qui te posaient problème que la fatigue qu’elles engendrent. Parce qu’en réalité, tu ne te retrouves pas dans ton travail. Tu fais ce que tu fais sans envie, sans réelle motivation. Cela te pèse, ne te stimule pas, du coup, plutôt que de te porter, cela t’épuise. Je sais que cela t’a choqué de le comprendre. Après tout, tout le monde te dit que travailler sur la production de plantes médicinales « c’est génial ».

Oui c’est génial en théorie, mais en pratique, au vu des tâches et de ce que je fais, pas vraiment… On peut aimer les carottes, mais si on est commercial pour carottes, on ne les touche même pas… C’est un peu caricaturé mais…

Et si je t’ai fait parler de ta collègue, c’est parce qu’elle est une brèche entre tes cloisons de vie privée et de vie pro. En ayant accepté de te confier à elle sur le sujet des partages de femmes et des soins de l’utérus –alors que rien ne t’y obligeait- tu as ouvert un sas entre les deux. Tu as osé lui faire confiance et laisser le féminin créer un pont entre ces 2 parties de ta vie, via elle. C’est important de noter cette évolution. Elle te parait minime, mais elle ne l’est pas tant que ça.

Je ne sais pas, j’ai suivi mon intuition… Je savais qu’en prenant cet appel devant elle, elle entendrait certains mots comme « soin », « bénédiction ». Et je voulais justement voir si elle le relèverait et poserait des questions, ce qui a été le cas. Comme cela venait d’elle, du coup j’ai ouvert la porte. Après tout, elle m’avait bien dit qu’elle était intéressée par la hutte de sudation chamanique. Mais l’important, c’est surtout que cela lui serve à elle. Alors qu’avec une autre stagiaire, on a parlé de règles et de cycles, j’en ai profité pour lui tendre une perche, mais elle ne l’a pas du tout attrapé. Je sais que c’est libre aux personnes. Je sais aussi que pour ce genre de choses, on ne fait que transmettre quelque chose à un instant précis, un quelque chose qui ne nous appartient pas. Et cela ne me dérange pas. Je préfère être une passeuse que quelqu’un qui se proclame détentrice d’un savoir unique indispensable. Car je pense qu’il n’y a pas un chemin, une bonne méthode, une seule technique valable. Il y a une grande diversité d’outils, de méthodes, de techniques de soins et c’est très bien, parce qu’on est tous unique et une chose ne nous correspond pas à tous.

Alors oui, tout est juste. Je comprends ça.

Alors pourquoi donc cette façon d’écrire et de canaliser ne serait-elle donc pas juste pour toi ? Si c’est ce qui te correspond et t’aide ? Ce qui t’amène à ouvrir ton esprit, élargir tes horizons et réfléchir autrement ?

Qu’importe le jugement. Je sais que tu as peur des jugements d’autrui par rapport à ton blog, et surtout par rapport aux personnes qui connaissent ton identité réelle. Que tu trouves que l’écriture « inspirée » est souvent louche et que tu es la première à être méfiante quand quelqu’un te dit le faire. Pourtant, tu ne remets pas en cause les écrits de Sylvie, ni même ceux de Camille Fraise. Parce que tu respectes ces personnes, et au final peu importe que cela soit vrai ou faux, tu trouves que cela est en cohérence avec elles-mêmes.

Je ne suis pas sûre de pouvoir en dire autant de mes écrits. On commence à un endroit, on finit à un autre, en prenant un chemin sinueux parfois obscur. On ne parle pas des choses dont je voudrais qu’on parle réellement.

Il faut parfois être humble et savoir se laisser guider. Peut-être que ton égo a envie qu’on parle d’un autre sujet. Mais peut être que ce que je te dis aujourd’hui est ce qui te servira le plus dans les jours qui viennent. La magie de la guidance c’est qu’elle est unique et qu’elle correspond toujours à la personne qui la reçoit, tu l’as bien compris. C’est pour ça que tu écris pour toi ici. Malgré tout, cela peut aussi inspirer, donner un exemple parmi tant d’autres et c’est aussi pour ça que c’est intéressant de partager. Oui tu pourrais garder tes écrits pour toi sans les publier sur ton blog. Mais nous ne t’y encourageons pas. Parce que cela peut faire réfléchir d’autres personnes et surtout toi t’aider à gagner en assurance et apprendre à t’affirmer un peu plus sur ce plan-là.

Peut-être. Pourquoi pas ? Merci.

24 mai 2016

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A ma chère disparue

Artiste :

Artiste : Megatruh

Mamie tu me manques. J’aurais aimé être un peu plus en contact avec la femme forte que tu étais, caractérielle, capricieuse mais en même temps authentique, dans toute sa malice mais aussi sa détresse. Finalement, tu ne te préoccupais plus des jugements des autres, d’être excentrique, de n’en faire qu’à ta tête et qu’on se moque gentiment de toi.

On avait beau dire, je crois que personne n’avait connaissance de l’étendue de ta solitude, seule dans ta maison avec ton chien, à attendre, on ne sait quoi… la fin peut-être. Est-ce que tu ressassais les souvenirs de ta vie ? Repensais-tu à ton mari disparu si tôt ? A tes compagnons toujours partis avant toi ? A ton premier fils mort de façon si injuste et incompréhensible ? A ton enfance difficile ?

Quels ont été les bonheurs de ta vie ? Quelle expression avais-tu quand tu as vu ma mère marcher pour la première fois ? Vu ma tante se marier si jeune ? Que connaissais-tu de l’histoire de ta famille ? A quoi a ressemblé ton périple pour retrouver les racines de notre arbre généalogique ? As-tu osé aller parler à ton père biologique ? Qu’as-tu ressenti ?

Il y a tellement de choses que j’aurais aimé que tu me racontes. L’histoire de ta vie, tes souffrances, tes petits bonheur, le chemin que tu as tracé, toujours, en avançant, malgré les difficultés. Je sais que tu as bien mérité le repos dont tu profites aujourd’hui. J’aimerais parfois te sentir près de moi, me tenant la main pour me guider, comme j’ai tenu la tienne quand tu es partie.

Dans quelques jours, tu aurais fêté ton anniversaire. Ta mémoire ne me quitte pas, même après tous ce temps, même malgré la distance. Je ne sais quoi faire de tout cet amour pour toi dans mon cœur, si fort, si présent, au-delà du temps et de l’espace.

Je ne sais pourquoi mon cœur est en peine aujourd’hui, alors que je fus celle qui consolait les larmes lors de ton départ. Car je savais que tu souhaitais partir, c’était ton droit, ta récompense, ton temps du repos si mérité après une longue vie pleine d’épreuves.

Je pense que j’aurais simplement aimé partager plus avec toi, te communiquer un peu plus de mon amour pour toi, de cette chaleur qui te faisait tant défaut, toi qui observait dans la solitude de l’âge nos folles vies à la course incessante, avec si peu de temps pour toi.

J’aimerais te dire que je t’ai aimé, que souvent je ne t’ai pas comprise, que j’ai été choquée, surprise, attristée parfois par ta façon d’être, mais que cela ne m’empêchait pas d’apprécier ta personnalité si unique et bigarrée.

Et je sais que je brode dans une tentative vaine de renouer le lien avec toi, à travers ce que tu m’as appris, ce que tu m’as offert. Sans comprendre ce vide dans mon cœur, ce vide dans ma vie, alors que je sais que tu es quelque part, sur ton juste chemin.

Mamie, je t’aime !

Je pleure le temps passé,
Je pleure ces souvenirs éloignés,
Je pleure cette enfance à jamais égarée.

Les fleurs se fanent sur ta tombe
S’effritant, alors que les saisons dansent leur ronde,
Je tends encore une fois l’oreille
pour entendre ta voix,
Mais seule l’écho de la corneille
Répond à mon émoi.

Je voudrais te sourire
encore une fois,
Je voudrais rire
Et simplement te prendre dans mes bras.

Tu as bercé mon enfance
De ta farouche présence.
Tu as créé des fossés
Et déclenché des raz de marée.
Intransigeante à tes caprices
Masquant fort bien ta malice,
Tu t’es parfois joué de nous,
Pour crier ta détresse,
Mais c’était toujours
Car tu recherchais notre tendresse.

8 avril 2016

Écho : A ma disparue

A mes chers lecteurs

Artiste : Megatruh

Artiste : Megatruh

Il y a plusieurs années de cela, lorsque j’ai créé ce blog, j’ai choisi de donner cette adresse à certains de mes proches très intimes. J’y ai bien réfléchi, j’ai choisi avec grand soin et je pouvais compter ces personnes sur les doigts de mes mains, peut-être même d’une seule. J’avais pris cette décision quelques mois après sa création, quand j’ai commencé à publier des textes en lien avec la spiritualité. C’était un grand pas pour moi, d’oser montrer à certaines personnes que j’avais cette facette de moi que je gardais plus ou moins cachée. Parce que soyons réalistes, ce n’est pas la même chose de parler à de parfaits inconnus de ses croyances et de son vécu un peu fou, et ce de façon anonyme, que d’ouvrir la porte à des personnes que l’on aime, que l’on connait physiquement et dont on ne sait pas comment elles vont réagir. C’est effrayant, et je me souviens que j’ai eu le cœur qui battait la chamade lorsque j’ai envoyé cet email avec le lien, et lorsque je suis allée voir mes premiers commentaires.

En réalité, l’une m’a dit « tu sais, je ne vais jamais sur les blogs », une autre « la façon dont tu écris est trop intime pour moi et me met mal à l’aise », une autre encore « merci, mais ce n’est pas trop mon truc, donc je ne te lirai pas », pour ne citer que quelques-unes des réactions. J’avoue qu’à l’époque, j’ai été déçue. J’ai dû apprendre à accepter que cela ne parlait pas forcément à ces personnes, et accepter le fait qu’elles n’aient pas envie de connaître cette facette de moi. Car c’est leur liberté et leur droit, il ne doit pas y avoir d’obligation en amitié, et je ne leur en ai jamais tenu rigueur. J’ai donc laissé ce sujet de côté avec elles. Avec le recul, je me rends compte qu’en fait j’attendais de l’attention, du soutien et une forme de validation. Comme je le faisais avec mes blogs d’ado d’avant.

Puis j’ai continué mon petit bonhomme de chemin. Je n’ai jamais beaucoup été lue, malgré cela j’ai continué à écrire, parce que cela me faisait du bien, me permettait de parler librement du sujet de la spiritualité qui est si souvent tabou ou caché. Lorsque j’ai rencontré mon ex-compagnon, mon usage de ce blog a beaucoup changé, cela me permettait de me dévoiler, de lui expliquer indirectement certaines choses délicates, ou de lui montrer certains aspects de moi que je ne savais comment expliquer autrement. Et c’était super, car je me sentais entendue et comprise par lui via ce moyen de communication. On pouvait rebondir dessus, parler de certains articles, de nos visions, de nos ressentis et de nos expériences sur certains sujets. Tout cela s’est évidemment effondré quand il a rompu.

J’ai du réapprivoiser mon propre espace, réapprendre à écrire pour moi. Je me disais alors, « ce n’est pas grave si tu n’es pas lu », et aussi « si tu as une vue par jour, c’est merveilleux ! Soit contente, car cela veut dire qu’au moins une personne est venue te lire ». Car mon but en écrivant ici a toujours été de m’aider d’abord moi-même, mais je me disais « si ce partage peut aider au moins une seule personne, faire résonner quelque chose en elle, alors c’est déjà bien ».

J’ai toujours écrit avec mes tripes et avec mon cœur. A vrai dire, je ne sais pas faire autrement, je n’y arrive pas. Voilà pourquoi mes quelques essais d’écriture de fictions ont toujours tourné court, et que je ne suis pas douée pour inventer des histoires. Oh, je sais manier les mots, plus ou moins, mais seulement quand il s’agit de vérité et de sincérité, de recherche de moi-même et d’honnêteté. Ma sœur m’a d’ailleurs dit, il n’y a pas longtemps « Tu as un talent rare, celui de parler si facilement et si bien de tes émotions. Tu sais, ce n’est pas si facile pour nous autres ». Je me demande ce qu’elle penserait de ce blog… elle qui avait peur quand je tirais les cartes de tarot il y quelques années.

Mais c’est vrai que les gens évoluent. Ce qu’ils n’étaient pas forcément prêt à entendre ou lire un jour, ils peuvent être prêt à l’accueillir le suivant. J’ai tendance à oublier cela, et garder fixer dans le marbre le fait que mes proches ne s’intéressent pas à cet aspect spirituel de ma personnalité, qui pourtant gouverne et dirige une grande partie de ma vie, sans que je sache bien pourquoi moi-même (je dirais que je suis née comme ça… ?). Dans tous les cas, chacun évolue. Même moi on dirait, puisqu’une amie m’a fait remarquer que mon blog aussi a évolué et qu’il est devenu plus accessible. Cela m’a vraiment surprise, parce que moi, j’ai l’impression de n’avoir rien changé, ou peut-être de monologuer et de me plaindre beaucoup plus avant d’en arriver au vif du sujet, lol. Mais finalement, peut être que c’est l’objectif de mes guides, de me laisser blablater seule, afin de n’intervenir que progressivement et au minimum ?

Longtemps j’ai été perturbée par ces échanges, en me demandant « qui ? », « pourquoi ? » et « dans quel objectif ? ». Je ne savais pas si c’était des guides, mon âme qui me parlait ou mon esprit qui devenait maboul. Ça m’a beaucoup torturé, alors j’ai préféré fermer la porte. Je me suis posée beaucoup de question sur ma santé mentale, devenais-je folle ? Étais-je manipulé par des entités néfastes du bas astral ? etc. Mais je ne sais pas trop comment expliquer… j’ai longtemps cru que c’était du « channeling », mais en fait pas vraiment, car je n’ai aucune entité qui vient dans mon corps, je n’écris pas vraiment en automatique, puisque je réfléchis à mes propres questions. C’est plutôt comme une inspiration, je ne dirais pas de la télépathie, mais une réponse que je capte (sous forme d’énergie ?) et que mon cerveau transforme en mots intelligibles et compréhensibles par ma raison. Il me faut pourtant parfois bien relire mes articles, car je ne comprends pas tout du premier coup… Mais j’ai l’impression de m’égarer, ce n’est pas de ça dont je voulais parler quand j’ai commencé cet article !

C’est important que tes lecteurs comprennent ton processus d’écriture, d’où te vient cette guidance. C’est important surtout que tu comprennes toi-même. Pourquoi ne serais-tu pas médium ? Pourquoi penses-tu que cette « définition » ne s’applique pas à toi, mais à Camille-Fraise et à Sylvie ? Pourquoi te créés tu toi-même un plafond dans tes capacités spirituelles ?

Parce que pour moi, un médium est en contact direct avec la Source, Dieu ou le nom que tu veux. Or ce n’est pas mon cas, je ne me sentirais pas dans une telle détresse si j’étais capable de me connecter à l’amour et l’énergie de lumière de la Source.

Tu n’y arrives pas, parce que tu ne t’en crois pas capable par toi-même. Et puis aussi parce que cela te fait peur. Si tu es capable par toi-même d’avoir accès à la Source, alors en théorie, tu n’as plus besoin de personne pour te guider vers ça.

Tu sais, je ne comprends plus rien. Je suis complétement paumée… Apprendre à gérer mon hypersensibilité aux émotions et aux énergies, c’est une chose. M’accepter en tant que médium s’en est une autre.

Pourtant, il n’y a rien de spécial. Au fond, vous êtes tous médium, il vous faut juste retrouver la qualité de votre reliance à votre propre Source. Car tu l’as compris, le divin n’est pas une chose abstraite. C’est une chose que l’on doit vivre dans son propre cœur, dans sa propre vie. Vous avez tous une puissance créatrice, mais souvent cela vous effraye, alors vous préférez la remettre dans les mains d’un autre, d’une religion, d’un guide spirituel. Regarde combien le blog de Sylvie te rassure, même si elle pousse chacun à explorer et suivre son propre chemin, elle offre malgré tout un bel exemple, rassurant.

Je me sens vraiment oppressée par ce que tu me dis, j’ai ce poids au plexus solaire, c’est vraiment désagréable, et cette boule à la gorge.

Tu n’arrives pas à accepter l’idée d’être médium, cela te fait peur.

Je ne peux pas me coller la même étiquette que Camille Fraise sur le dos. J’en suis à des années lumières, même s’il n’y a pas de comparaison à faire, que chacun suit son propre chemin et que je ne cherche pas à atteindre son « niveau ». C’est juste que ce n’est pas possible pour mon mental. Rien en moi ne correspond  à ma définition de « médium », rien que de le dire, je trouve cela prétentieux et faux. Et puis quand je vois comment Camille Fraise galère, et Sylvie parfois… ça ne me fait pas envie. L’incompréhension des proches, le rejet, le décalage avec la majorité des gens du quotidien. Je crois que je n’ai pas besoin de tout cela. Je galère déjà bien assez avec ma maladie et mon hypersensibilité ! Ce que tu dis n’a pas de sens, cela sonne presque comme une voix de l’égo. Car longtemps j’ai rêvé de l’être, pour être différente, pour m’expliquer à moi-même ma différence et aussi pour compenser mon manque de confiance en moi. Mais je ne suis « que moi ». Je ne suis personne capable de guider, de soigner, d’apprendre des choses aux autres. Tout ce que je peux faire, au mieux, c’est partager mon expérience, en espérant qu’elle éclaire et serve à quelqu’un, au moins une personne, sans rien en attendre en retour.

J’ai arrêté d’attendre des visites sur ce blog, d’attendre des commentaires. Et je ne comprends pas pourquoi subitement, cette dynamique a changé aussi, pourquoi j’ai plus de visites, d’abonnés et de commentaires qu’avant. Figures toi que j’avais même oublié d’avoir donné le lien de ce blog à certains proches ! Qu’elle n’a pas été ma surprise quand une, puis deux de ces personnes m’ont dit qu’elles s’étaient remises à me lire ! Vraiment, j’en suis tombée des nues. En ayant carrément envie de leur demander « Mais pourquoi ?  Qu’est ce qui peut bien t’intéresser ici ? ».

Et puis, une part de moi a été choquée. Comment ces proches pouvaient me lire et ne rien m’en avoir dit ? Enfin plus précisément, ne jamais avoir commenté ou réagi sur mes articles ? Parce qu’après tout, c’est mes tripes que j’étale ici, c’est mon cœur que je dévoile sans pudeur… Il y a vraiment cette part de moi qui ne comprend pas, tout simplement, l’absence de réaction. Comme si cela n’avait pas de réalité, mais ça en a pour moi. Et tout devient confus et soulève des émotions en moi. Je ne veux pas écrire pour avoir le soutien, l’aval de ces personnes ou être en attente de leur réponse.

Cela en réalité n’a pas d’importance, car je dois me souvenir que j’écris pour moi. Pour affirmer qui je suis, même si je ne suis pas encore capable de le faire sans anonymat. Et puis j’avoue, l’anonymat est confortable. On peut ouvrir son cœur, sans peur d’être jugée, car on sait qu’en réalité, quoi que dise l’autre, il ne nous connait pas dans toutes nos facettes, dans notre réalité matérielle. C’est un espace à soi où l’on exprime ce que l’on veut, librement, aussi librement que les barrières que l’on s’impose à soi-même bien sûr.

Alors après tout, à quoi bon se coller des étiquettes ? Je ne sais pas qui je suis. Si j’écris, c’est aussi pour le découvrir, tout simplement. Pour apprendre à faire face à l’océan d’émotions qui me traverse, aux doutes cycliques, aux interrogations sur mon propre chemin. Me lire, c’est un peu apprendre à me connaître, d’une autre façon, d’un autre angle de vue. Certes partiellement, mais de façon authentique. Ici pas de conversation sur la pluie et le beau temps, juste mes errances et mes questions sur la vie, sur ma vie et sur comment y faire face.

Je sais que cela ne parlera pas à tout le monde, mais c’est de toute façon tout ce que j’ai à offrir. Et je ne changerai pas qui je suis pour plaire à plus de monde. Voilà, c’est dit. Je souhaite que chaque personne qui passe ici y trouve un petit bout de mots qui lui parle, résonne en elle et lui permette de s’explorer elle-même, d’après le miroir que je peux offrir, en toute simplicité.

Et ceci n’est pas un poisson d’avril ^^

1er avril 2016

Le bol de soupe

 

Qui aurait cru qu’un simple bol de soupe pouvait me manquer autant ?

Celui bien chaud qui réchauffe au creux de l’hiver.
Celui au goût familier qui rythme les jours.
Celui au goût maternel, simple et pourtant inimitable.
Celui qui marque une journée de plus, dans la chaleur familiale.

Parfois, il me semble que rien ne peut être meilleur que ce simple bol de soupe. Pourtant si banal mais si précieux. Et le poids de la distance me pèse, mon envie de rentrer à la maison encore plus…

26 février 2016

Trop ressentir… ou l’hypersensibilité empoisonnante

Artiste :

Artiste : NanoMortis

Reste avec nous, ce n’est pas une solution de te laisser emporter par la vague de tes émotions, de te déconnecter de la réalité, de perdre la notion de qui tu es, où tu, quel jour il est. De te laisser envahir par elle et de laisser parler les pulsions autodestructrices qu’elles déclenchent face à leur intensité douloureuse.

Mais comment suis-je censée faire ? Expliquez-moi ? Moi qui ressens tout puissance dix mille, qui ne suis qu’émotions avant même la réalité et la réflexion. Je ne sais pas.

Parle-nous, mets des mots sur ta souffrance. Tu es ici chez toi, tu peux dire ce que tu veux, raconter ce que tu veux, déverser les émotions que tu veux. Juste être toi.

Je n’en peux plus de tout ressentir comme ça. J’ai l’impression d’être un cœur à vif sur patte, qui ressent tout, encore et encore, sans protection, sans discernement, sans choix. « Le cancer est le signe du zodiaque le plus sensible, c’est celui qui ressent le plus, c’est pour cela que c’est aussi le plus fragile. Il ressent tout, sous les mots, rien qu’avec le langage du corps. C’est pour ça aussi qu’il est susceptible, car trop sensible, et que la personne en face n’ose parfois plus lui parler, de peur de savoir comment le cancer va le recevoir. »

C’était assez dur d’entendre mon prof d’astrologie dire ça. Je le sais que je ressens trop… Mais cette dernière phrase, j’ai eu l’impression d’avoir mon ex en face de moi, je le revois encore me dire ça…

Qui pensait que cela pouvait être une malédiction de trop ressentir ? Au point d’être conscient des émotions chez l’autre qu’il refoule inconsciemment ? Mais quand on est mal à cause de ces émotions-là, comment le dire à l’autre sans qu’il se braque ou se vexe ?

J’ai l’impression que c’est l’histoire de ma vie… Trop sensible, trop émotive, trop vite blessée, trop vite compatissante et abusée… C’est déjà dure en étant seule, mais alors à deux ça devient ingérable, surtout quand je n’ai pas mon espace et que je suis déstabilisée au niveau des hormones… Je ne vois pas comment gérer ça. C’est presque un handicap social pour moi… ! Il y a plein d’endroits où je ne veux pas aller à cause de tous les gens et de leurs émotions… Je n’arrive pas à gérer. Je ne sais pas comment gérer. Même si je sais intellectuellement qu’une émotion de colère n’est pas contre moi, c’est trop tard, je l’ai ressenti dans mon cœur et cela, l’émotion même, m’a fait mal, indépendamment de la cible… Je ne vois pas de solution…

Le lâcher prise. Tu peux essayer de te protéger, comme on te le conseille tout le temps, mais tu sais que cela n’est pas possible. En vérité, ce serait comme de te priver d’un de tes sens, ce n’est pas possible. Être toi, c’est tout ressentir, le bon comme le meilleur. Le numérologue t’a dit qu’en réalité, tes décisions étaient émotives, qu’elles venaient du cœur, même si tu réfléchissais. Les émotions prévalent chez toi sur tout. C’est comme ça et te ne peux pas le contrôler. Parce que tu es un être d’émotion et pas de raison. Il te suffit de l’accepter pour pouvoir évoluer.

Nous savons que c’est quelque chose que ton ex-compagnon ne comprenait pas intérieurement, dans son corps et son cœur. Nous savons que tu aimerais lui expliquer, encore mieux lui faire RESSENTIR cette réalité, ta réalité. Tu es frustrée qu’il ne comprenne pas ça, lui qui est hyper contrôlant sur ces émotions, c’est quelque chose que tu ne sais pas faire.

En revanche, croire que c’est un point qui vous sépare est une erreur. En réalité vous être très complémentaires sur cet aspect-là et vous pourriez vous apporter un équilibre mutuel. Lui en te permettant de raisonner tes émotions et toi en lui permettant de les ressentir et les écouter un peu plus. Je sais que c’est quelque chose que tu aimerais qu’il entende. Cela arrivera éventuellement un jour, quand il sera prêt à l’accepter.

Mais pour en revenir à ce qui te concerne. Il te faut en réalité, encore une fois, accepter que tu ressentes à cette extension extrême. C’est vrai, tout le monde ne ressent pas comme toi, tout le monde ne te comprend pas, tout le monde ne voit pas les souffrances que cela crée en toi. Mais les choses sont comme ça, lutter contre ne fera que te faire souffrir encore et encore. Mieux vaut l’accepter et lâcher prise. Laisser les émotions couler plutôt que faire barrage.

C’est un gros travail que tu as à faire sur toi, petit être d’eau. Mais tu sais il existe des outils pour t’aider, l’écriture par exemple. La respiration aussi. La méditation, laisser tes pensées dériver comme sur les flots, les émotions s’évacuer… C’est bien que tu reprennes la méditation.

Je sais que tu es frustrée que personne ne comprenne ton épuisement. En réalité c’est souvent de la fatigue émotionnelle. Car tu ressens trop et dépenses beaucoup de ton énergie à lutter contre tes émotions, les fuir ou les chasser. Les museler ou les contrôler. En réalité rien de ça n’est la bonne méthode.

Quelle est la bonne méthode ?

Accepter ce qui est. Accepter la douleur qui te tord le cœur. Accepter la souffrance de la solitude, la peur de perdre l’amour de celui que tu aimes, le découragement face aux épreuves de ta vie. Accepter la frustration de ne pas pouvoir changer la situation rapidement.

Tu as compris avec ton rêve de cette nuit que ton chemin de guérison n’en est qu’à ses débuts. Que tu as beaucoup de marches à grimper. Et cela te désespère, tu te dis « mais combien de temps vais-je être séparée de lui ? ». Et si je te réponds toute une vie, arriveras-tu à accepter ? Si je te dis que tu dois lâcher prise sur cet espoir, arriveras-tu à l’accepter ?

Je ne pense pas… Cela fait plusieurs semaines que j’essaye de me faire à cette idée. Que c’est fini pour de bon, parce que je ne connais pas mes chances de le retrouver. Que j’essaye de me faire à l’idée qu’il ne m’aime probablement plus, maintenant qu’il est parti sur son propre chemin, et que je n’ai plus d’importance pour lui. Mais cela ne provoque que colères et souffrances en moi. Je n’y arrive pas. C’est au-dessus de mes forces. C’est déjà à peine dans mes forces de me retenir de courir vers lui, de lui demander si vraiment il m’aime encore. Mais la peur du contraire me retient. Et si je venais vers lui pour ne trouver qu’un cœur froid et un regard glacial ? Honnêtement je ne le supporterais pas. Je crois que mon cœur s’arrêterait de battre ou mes poumons se rempliraient d’eau, je crois que je n’aurais plus la force de vivre.

Il n’y a que le fait de me rappeler son amour passé, de penser qu’il m’aime qui m’apaise. Parce qu’alors je peux autoriser mon propre amour à exister, et ça fait un peu moins mal. Toute cette colère, cette partie de moi qui a mal, qui veut se venger, qui cherche à le haïr et le détester. Toute cette partie de moi me fait mal, me pèse, elle cherche à m’interdire de l’aimer. Je n’en veux pas, je n’en veux pas… C’est aimer ou haïr. Et je préfère l’aimer.

Mais comment savoir ce que lui a décidé de son côté ? Comment savoir lui vers quelle voie il va évoluer ? J’ai peur, j’ai envie d’être rassurée. Je recherche ses mots, mais il n’y en a pas. Et ce silence est horrible. J’ai toujours détesté ça. C’est une terrible souffrance pour moi, comme si c’était de l’indifférence. S’il ne m’aime plus, à quoi bon continuer à lutter ? Parce que, tristement, j’ai pris conscience que je n’aime pas ma vie, que je n’aime pas la vie… Que je suis fatiguée de lutter pour moi-même, que j’ai envie de me reposer. Comment se repose-t-on de vivre ?

On se laisse aimer par la Source bel enfant. Tu n’es pas seule, regardes tous les cadeaux que tu as reçu dans ton rêve, regardes tous ces joyaux étincelants.

Mais où sont mes amies ? Et ma famille ? Pourquoi personne ne me répond ?

Ce n’est pas qu’ils ne t’aiment pas, c’est qu’ils sont occupés avec leur vie. Tu ne peux pas toujours te reposer sur eux en cas de besoin.

J’ai l’impression de m’isoler de plus en plus du monde, de mes proches. A qui est-ce que je parle ? A qui est-ce que je me confie ? Qui est là pour m’écouter quand je n’écoute plus les autres ? Qui même me lit ? Pourquoi est-ce que je partage tout ça ? Rien n’a de sens… Vous me dites de ne pas perdre pied avec la réalité, pourtant j’ai l’impression de ne jamais en avoir été autant coupée…

En réalité, tu en as besoin pour être à l’écoute de ta guidance intérieure. Tout est juste comme c’est, même si c’est dur à accepter. Veuilles simplement à ne pas refuser les nouvelles mains qui se tendent vers toi.

22 novembre 2015

Short short story of emptiness

Artiste :

Artiste : Sylar113

Elle jeta rageusement ses clés de voiture sur la table basse de son salon, et laissa son sac à main s’échouer au pied du sofa moelleux. Elle détestait les fins de journée comme ça, quand son boss la retenait au-delà de l’heure de débauche pour lui ajouter tâche sur tâche urgente et lui donner une liste de missions à faire chaque jour plus longue que la vitesse à laquelle elle pouvait les accomplir. Quand elle subissait une attaque massive de moustique juste 5 min avant de partir. Quand toutes les voitures qui se mettaient sur son chemin ne faisaient que couper la priorité ou rouler n’importe comment. Quand elle découvrait ses voisins s’amuser à remplir ses poubelles pour ne pas avoir à vider les leurs. Toutes ces petites futilités qui la rendaient furax pour un rien. Et puis toutes ces stupides chansons d’amour qui passaient à la radio, encore et encore. Il n’y a que quand vous avez le cœur brisé, que vous vous rendez compte combien le monde parler d’amour à longueur de journée…

Toutes ces frustrations et ce stress lui donnaient bien droit à un bon monaco bien frais. Aussi alla-t-elle se servir dans sa grande cuisine de marbre son cocktail préféré, agrémenté d’un parasol, parce que bon, c’est plus fun. A défaut d’avoir quelqu’un avec qui vociférait sur sa journée de dingue et décompressait de tout ça.

Une fois installée dans son sofa moelleux, à contempler le coucher de soleil sur la baie de San Francisco par son immense baie vitrée, elle se perdit dans ses pensées en sirotant sa boisson. Qu’allait-elle faire pour se détendre ? Elle n’était pas de ses sportives qui se dépensent avec hargne pour s’apaiser. Elle avait très envie de se replonger dans son bouquin du moment, mais en même temps… Elle arrivait au dénouement d’une histoire d’amour impossible de 4 tomes et cela la déprimait.

Sa vie pouvait-elle être comme un bon roman d’ado léger et se finir en un happy end sur tous les plans ? Elle savait bien ce que lui aurait dit son ancien ami écrivain, lui qui ne jurait que par les fins ambiguës. Qu’il fallait des épreuves, des tragédies, des émotions pour qu’un personnage puisse faire l’objet d’une histoire captivante. Elle se demandait si sa vie pourrait faire l’objet d’un bon livre. Que pourrait-elle bien y avoir à raconter ? Son amour impossible ? Son adolescence torturée ? Sa maladie, si « bénigne » et pourtant si envahissante, dans son corps et dans son quotidien ?

Elle avait été très surprise de découvrir au 4ème tome que son héroïne avait la même maladie qu’elle, l’endométriose. Sauf qu’à priori, celle-ci n’en souffrait pas physiquement comme elle, avait un traitement efficace, et ne la prenait pas vraiment au sérieux, sauf quand tout à coup il était question d’infertilité et de bébé. Évidemment, dans les romans, comme au cinéma, on ne parle pas des désagréments de la vie de tous les jours, le handicap pendant la menstruation, le système digestif capricieux, les douleurs pendant le sexe, et toutes ces autres choses réjouissantes. Et ça, ça l’énervait. Bordel, pourquoi était-elle une des rares à avoir non seulement la forme la plus envahissante mais aussi la plus symptomatique et virulente ? Pourquoi n’avait-elle pas été détectée et traitée plutôt quand elle avait fait l’examen ? Elle n’en serait pas à ce stade là aujourd’hui…

Vraiment, elle trouvait parfois la vie si injuste. Pour ça et pour tellement d’autres choses, qu’elle en pleurerait, là, tout de suite, son verre vide dans les mains et les dernières lueurs du soleil disparaissant. Parfois la fatigue chronique lui pesait tellement qu’elle se demandait à quoi bon ? Quand personne ne semblait comprendre le combat qu’elle menait chaque jour, juste pour ne pas laisser cette fatigue écrasante, ces douleurs fréquentes, l’empêcher de se lever chaque matin. Alors que rien ni personne ne l’attendait.

Son appartement lui semblait gigantesque avec ses deux chambres, son bureau, son grand salon à balcon et sa cuisine à ilot. Elle aurait facilement pu le louer en colocation. Mais elle n’en avait vraiment pas envie, et plutôt besoin de silence pour reformer son cocon protecteur, à l’abri du monde, à l’abri des autres. Tous ces autres qui ne semblaient faits que de déceptions et de trahisons. Elle n’avait plus envie de leur ouvrir sa porte, alors tant pis, elle resterait seule.

Le téléphone sonna, mais elle laissa sa sonnerie retentir dans le silence. Elle n’avait pas envie de parler. A quoi bon ? Cela ne changerait rien à la situation, à sa douleur, à son découragement et à sa fatigue. Elle avait plutôt envie de dormir, d’oublier. Alors elle lisait, elle laissait son imagination vagabonder, en se disant que peut-être elle la mènerait quelque part de plus heureux, de différent, où le passé n’avait plus de poids, et le futur ne voulait rien dire. Un endroit suspendu où les émotions se taisent. Ou alors, encore mieux, un univers où ses propres émotions étaient effacés par celles des personnages. Où l’intrigue devenait le seul fil conducteur du présent, où le reste n’existait plus.

Mais évidemment, il y avait un livre qu’elle n’avait pas fini, son livre à lui… Elle avait trop peur de lire la fin, de découvrir que l’histoire d’amour était impossible et ne soit qu’un écho à sa propre souffrance. Elle ne pouvait plus le lire lui, comme si elle lui était étrangère, et arrêtait de chercher tous ses petits bouts de lui, éparpillés entre les lignes, à qui savait les lire…

Les choses n’avaient plus de sens, et elle ne savait que faire d’elle-même, restant échouée sur son sofa, comme un dauphin désorienté… Elle n’avait nulle part où aller. Aucun projet auquel se consacrer. Sa vie lui semblait un vide immense, écho de sa perte…

Alors elle ouvrit son livre à la page marquée et devint une autre… cette héroïne qui malgré sa maladie avait le droit d’aimer et d’être heureuse, tout simplement. Cette héroïne qu’elle aimerait être.

3 novembre 2015

Progresser

Auteur image : Chaosringen

Auteur image : Chaosringen

C’est rigolo, au moment où me KW me parlait de mon blog en le comparant à un refuge, j’étais justement allé dessus pour me raccrocher à un visuel familier. C’est vrai que mon blog est en quelque sorte devenu une sorte de refuge… J’y ai remis l’ancien thème que j’avais perdu par erreur et je le préfère comme ça. C’est un peu une ancre, ce qui est ironique, vu que ce site est totalement virtuel. Pourtant j’aime bien les énergies qu’il dégage. J’aime parfois me dire que j’écris pour publier dessus car cela me permet de me connecter à ces énergies.

Ce blog a beau être public, je m’y sens protégée. Il est peu fréquenté et très peu référencé, il se noie dans la masse et reste discret. Seules les personnes vraiment intéressées y viennent, comme on choisirait d’écouter une connaissance ou une inconnue qui nous semble sympathique.

Je peux y parler de tout et de n’importe quoi. Ça parait logique, parce que c’est mon blog, pourtant il est rare que je parle à la fois de travail et à la fois de spiritualité au même endroit, dans la même conversation. Que je montre à la fois mes faiblesses et à la fois mes forces. En général, ces choses sont bien séparées dans ma vie, tout du moins devant autrui. En moi-même, c’est autre chose…

C’est finalement le seul endroit où je ne me sens pas écartelée entre ce que « je dois être » et ce que je suis réellement. Entre ce qu’on attend de moi (les gens, mes proches, etc…) et la réalité intérieure de ce que je vis. Je peux interpréter les choses, les déformer selon mon ressenti, sans que cela ait d’importance, car ce qui compte ici n’est pas l’objectivité d’une situation, mais bien la manière dont je la vis et l’exprime.

Je ne sais pas trop à quoi cela sert que je publie ce que j’écris, vraiment. Je ne cherche pas à être lue par plein de gens, ni à être consolée, rassurée, conseillée. Je n’attends rien des personnes qui passent ici. Elles sont libres de s’arrêter ou non, de commenter ou non. Ce qui rend leurs réactions d’autant plus précieuses. Je n’ai pas la prétention de vouloir partager une expérience quelconque, et parfois, je me demande même ce que les gens retirent de leur passage ici. Des idées ? Des questions ? Des connaissances sur eux-mêmes par opposition ou réflexion à mon partage ? Je n’en sais rien, et à vrai dire, ce n’est pas grave.

L’important est que cela me fasse du bien. C’est parce qu’écrire sur mon blog m’était plus douloureux que bénéfique que j’avais arrêté d’y venir il y a un an. Cela remuait trop de choses, me mettait trop dans le doute et l’incompréhension. Comme dit Sylvie, « la foi doit éclairer » et pas nous perdre dans des méandres de doutes et d’interrogations sans fin. Elle doit nous aider à vivre ici et maintenant, pas nous déconnecter de la réalité. Peut-être est-ce pour cela que je ne pouvais plus écrire ici.

Je n’ai jamais résolu la question de savoir avec qui je conversais : mon âme ? Un guide ? Une entité quelconque ? Mais cela a-t-il vraiment de l’importance, du moment que cela sonne juste dans mon cœur ? A trop vouloir chercher de réponses, je m’étais perdue dans les questions. Au point d’oublier de vivre les choses simplement. Sans les sur-réfléchir et les analyser. Avec ma pauvre tête qui ne peut suivre ni mon cœur, ni mon intuition.

Aujourd’hui, j’ai appris que j’avais un traumatisme ancré profondément en moi depuis plusieurs vies antérieures. En fait, je le savais déjà inconsciemment, mais ça fait toujours du bien d’avoir un appui extérieur dans le même sens, parce que j’ai la fâcheuse tendance de ne pas faire confiance à mes ressentis. Je me disais bien qu’on ne pouvait pas se trimballer une souffrance aussi profonde sans bonne raison, sans blessure à l’origine. Alors qu’il n’y avait aucune raison dans ma vie à cette époque-là, que j’avais une vie que l’on pouvait juger de « parfaite ». Je m’en doutais, mais je ne m’étais jamais penché sur le sujet, parce qu’ « on a déjà assez à faire avec cette vie-là ».

Il y a encore un an, j’aurai probablement réagi en victime : « Oh non ! Encore une tuile qui ressurgit à cause de la spiritualité ! Mais pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fait pour mériter ça ? Je suis maudite… Blablabla… ». Oui c’est sûr, j’aurais réagi comme ça, j’aurais réagi à l’envers.

Parce qu’en fait, la bonne nouvelle, c’est qu’un traumatisme peut toujours être guéri, à partir du moment où il est identifié. Et que je suis sur la bonne voie pour y arriver (grâce à Sylvie d’ailleurs, merci !). Alors une part de moi (mais une petite part seulement, lol) se sent sereine. Ce n’est pas grave. Cette vie, c’est une chance pour guérir ce traumatisme et pour me réparer. Et pas l’inverse. Ce n’est pas une comédie rejouée sans fin dans le but de me faire souffrir.

 Je suis là pour progresser. Et j’espère que je vais y arriver.

3 février 2015

Le bleu de l’océan…

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Que penses-tu de l’idée de donner l’adresse de ton blog à cet homme que tu as rencontré ?

Eh bien, j’y réfléchis depuis un moment. Je sentais que c’était prématurée avant, mais maintenant que je vais lire son premier livre ça change les choses. Et puis il m’a ouvert une si jolie porte. Je suppose qu’il l’a déjà ouverte à d’autre, enfin j’imagine, je ne sais pas quelle valeur il y met.

Est-ce autant que la valeur que tu mets dans ton blog ?

Je ne sais pas, je ne le connais pas encore assez… Mais j’imagine très bien que la musique a une place très importante dans sa vie.

Ton blog aussi a une place spéciale pour toi.

Oui, une place qui a grandi… C’est enfin mon espace, j’en ai vraiment pris possession. Malgré que j’écrive avec un pseudo, j’y mets quand même des choses que je n’aurai jamais osé mettre avant.

Pourquoi as-tu envie qu’il lise tes textes ?

C’est une question difficile. J’y sens en surface un besoin de mon égo, une certaine sorte de fierté. Pas pour la « qualité » de mes écrits (parce que ce n’est pas ce que je recherche) mais plutôt pour lui montrer que moi aussi je construis à ma façon, avec des mots, pour moi-même ». Mais c’est bien plus que ça, car en profondeur, c’est révéler une grande part de moi. Que je n’ai pas encore appris à dévoiler à masque tombé.

***

Pourquoi chantes-tu cette chanson « Dark Paradise » avec autant de joie et de passion ?

Je ne sais pas… C’est vrai qu’elle parle de mort et de souffrance, de séparation, du manque de l’autre. Mais c’est comme si je comprenais, parce que j’ai la sensation d’avoir retrouvé quelque chose qui transcende ça…

Tu crois ?

Je ne sais pas… Je ne peux pas m’empêcher de penser à ce que j’ai lu sur les âmes jumelles. Et en même temps, je m’en fiche royalement de savoir si c’est ça ou pas. Parce que cela ne change rien à ce que je vis en ce moment. C’est indescriptible…

Comment penses-tu qu’il réagira quand il te lira ?

Je ne sais pas… Je ne sais pas du tout. Mais je ne veux pas lui donner accès à ce lieu pour avoir son avis/ses critiques/suggestions, mais AVANT TOUT pour lui ouvrir une porte. Une porte importante, ouverte pour lui uniquement. J’imagine que c’est aussi mieux assumer celle que je suis. Après tout, les proches qui connaissent mon blog se comptent sur les doigts d’une main.

Pourtant eux, tu n’as pas eu peur de leur réaction quand tu as commencé à publier nos conversations. Tu t’attendais aussi à ce que le style de personnes qui te lisent change complétement.

Eh bien, ces personnes-là, comme Petit Escargot, sont au-delà du jugement. Elles ne me rejetteraient pas pour ça, elles se réjouiraient plutôt de mes « avancées »  (si on peut appeler ça comme ça, lol). Mais c’est vrai que j’ai été agréablement surprise par les gens qui sont passés sur mon blog et ont laissé des commentaires. Il y avait des personnes qui écrivent aussi des blogs ou sont sur des forums spirituels, mais pas que ! Il y avait aussi des personnes avec des blogs de sujets « plus classiques » on va dire. Je me demande si ces personnes ont trouvé ce qu’elles cherchaient sur mon blog ? Peut-être qu’elles ne faisaient que passer.

Même si ça ne compte pas pour te pousser à écrire.

Non, c’est vrai… C’est juste pour m’aider à avancer. Dis comme ça, ça paraît narcissique, mais en même temps je n’ai pas de prétention autre que celle de m’aider moi-même. Et soit dit en passant, je trouve que c’est déjà pas mal ! lol.

S’aider soi-même… Comment ?

En écoutant, en s’écoutant. Ce que mon âme veut exprimer ne peut avoir que de l’importance. Comment défaire des nœuds sans en avoir conscience ? Je sais très bien que même si je veux faire face à la vérité, ma raison rejette tout un tas d’idées. Elle fait ça pour me protéger, pour me permettre d’avancer. Mais c’est comme traîner des chaînes et des boulets invisibles. Le bagage émotionnel et énergétique s’accumule. Et il est bon de l’alléger.

Alors tu es prête à revisiter ton passé ?

Je crois qu’en ce moment tout pointe dans cette direction… Avoir enfoui les souvenirs au fond de m’a conscience ne les a pas transmuté. Mais c’est vrai que rencontrer quelqu’un et lui raconter mon passé, vraiment (ça fait longtemps que ça ne m’était pas arrivé), me rappelle combien j’ai mis de choses de côté.

Ne serait-ce pas le bon moment pour t’en débarrasser ? Souviens-toi de ce qu’il a écrit… Entrer dans une relation libérée des charges du passé. Penses-tu que tu peux clamer la même chose haut et fort ?

Maintenant que tu le dis… Je n’y avais pas pensé comme ça, j’y pensais en tant que passif par rapport à des relations de couple, ce sur quoi je pense être plutôt ok (mais bon on est jamais sûr de son inconscient…). Mais si je dois remonter jusqu’à mon enfance, on n’est pas arrivé…

Et alors ? Est-ce que le temps presse ? Il est prêt à attendre.

Je n’aime pas trop cette idée.

Ou alors je peux te proposer un travail intense pendant une courte durée.

C’est-à-dire ?

Tu as devant toi un solstice et deux semaines pour travailler. Si chaque nuit, tu analyses tes rêves, que tu médites et te penches sur ton passé, tu peux avancer. Et si je te proposais un rituel pour le solstice d’hiver ? Un rituel pour te remémorer, est ce que tu accepterais ?

Je ne sais pas si c’est une bonne idée… Pratiquer alors que je ne sais toujours pas maîtriser les énergies sombres qui m’entourent.

Tu peux te faire aider.

Par qui ?

Qui est la  « Dame de la nuit » sur qui tu peux compter ?

Hummm… ça  fait longtemps que je ne l’ai pas sollicitée, entendra-t-elle seulement mon appel ?

Tu n’as qu’à essayer. Tu sais, elle est patiente. Tu pars et tu reviens, tu manques à ta fidélité, mais dans ton cœur tu lui es liée. Rappelle-toi, tu lui as juré qu’elle serait ta première épouse, avant tout autre, même un homme incarné. Elle n’a pas oublié.

Hummm… Je n’étais pas un peu jeune pour m’engager ?

Souviens-toi de ces moments, c’est ton âme qui avait parlé. Je chantais de contentement. Parce que tu L’avais retrouvée.

Cette conversation prend décidément un tour imprévisible !

Soit, mais tu devrais t’en souvenir. C’est ton « prix à payer ». Tu ne dois pas oublier que tu lui es liée. Avant même l’ombre et la lumière. Finalement c’est ta Seule Vérité.

Et mon autre Dame ?

Tu Lui es partagée, tu Lui es aussi liée, sinon tu n’aurais pas pu vivre correctement ancrée. C’est un équilibre à trouver.

Mmmhh ça fait beaucoup tout ça. Est-ce que j’ai vraiment  « la place » dans mon âme pour aimer ?

Quelle question ! Du moment que tu en as conscience, du moment que tu le sais. Tu dois juste l’accepter. Alors les énergies en toi arrêteront de s’opposer. C’est cela qui t’épuise si fortement avec cette vague d’énergie douce que tu n’arrives pas à contrôler. Si tu arrives à construire un couple sans Les abandonner, un amour sans Les renier, tu as toutes les libertés.

Pourquoi ne sont-Elles pas venues me le faire comprendre Elles-mêmes ?

Tu es trop hors de portée, tu t’es beaucoup déconnectée de leurs énergies.

Je suis un peu hallucinée… Moi qui viens juste de dire il y a quelques jours que j’avais du mal avec le concept de Divinité… Voilà qu’on me rappelle que j’en ai deux auxquelles je suis liée ??!

Parce que c’est un concept trop étriqué. Il est vide de sens pour toi, tu te contentes juste de ce que tu vis, et les mots sont insuffisants pour parler. Après tout réfléchi… ne ressens tu pas la même douce euphorie quand tu les pries, que quand tu es avec lui ? Et tu viens juste de lui écrire que tu te sentais connecté à une part de Divin avec lui.

Oh my God !! C’est vrai ! Bien que ce ne soit pas du tout les mêmes énergies !  Je suis déboussolée… Qu’est-ce que je vais lui dire ? « Désolée, tu dois me partager avec des Divinités » ? LOL, c’est complètement absurde.

Et bien lui dire la vérité… Vous vous êtes promis de rester vous, Entiers. Ce n’est qu’une partie de toi à accepter. Et puis, peut être que lui aussi est partagé… Cela ne vous empêche pas de vous offrir l’un à l’autre, corps ET âmes en entier, il faut simplement accepter que vous ne devez pas vous « posséder ». Mais c’est bien ce que vous voulez… C’est peut être aussi une leçon que vous êtes venus expérimenter. Crois-tu pouvoir l’aimer sans le « posséder », comme tu dis ?

J’y crois… à la manière dont on vibre sur la même longueur d’onde… Après la raison ramène toujours sa fraise et veut me faire douter. Puis l’égo voudrait se vanter de dire « c’est le mien, cet homme formidable ! », qu’est-ce qu’il le voudrait ! Mais quand je suis avec lui, tout est simple, plus rien n’est compliqué. Mes doutes, mes peurs et mes questions s’éteignent. Je suis juste entière, présente et bien éveillée. Et je fais taire mon égo, parce que ce serait l’empêcher de s’épanouir lui, d’être qui il est et de GARDER sa liberté d’évoluer !

Certes, il faut accepter que tout est changeant, que peut être demain il ne sera plus le même. Mais comme nous construisons chaque jour notre relation, il n’y a rien dont on doit être effrayé, parce que tout est à construire chaque jour, mais sans jamais douter de l’intensité de nos émotions. Cette douce énergie reste constante, elle est comme une calme marée, qui parfois se retire tendrement pour mieux remonter. Mais elle est toujours là, comme un bruit d’écume en fond, un gout d’iode sur la langue. Et que nous marchions sur le sable ou la falaise, la mer reste là à perte de vue… Cette énergie est comme un vaste océan, inépuisable et étincelant.

Attention, tout océan a ses abysses, ses tempêtes et ses marées. Ne penses pas qu’elle sera toujours stable et limpide. Et puis ne te fais pas balayer par la vague.

Je ne veux pas penser à ça, pas tant que cela ne sera pas nécessaire… Mais je pense que tous les deux, on veut naviguer dessus, ensemble. On a la foi. On s’est retrouvé, on n’est pas pressé, on va construire le plus magnifique des bateaux… un bateau capable d’évoluer. C’est tout ce dont il nous suffit pour avancer. Peu importe où cela va nous mener, car après tout, c’est la route naviguée qui compte et pas l’endroit où l’on va débarquer.

19 décembre 2013

Source image : DestinyBlue

Les mots sont ma libération

Quand je ne suis que douceur, calmes conseils et tranquillité, en moi bouillit une rage, qui n’a d’égale ma soif de vivre. Au combien doit-elle être profonde pour hurler si fort depuis le gouffre de mon inconscient ! Au combien doit-elle être puissante pour se déverser en un flot de mots créateurs ! Au point de submerger les barrières de l’égo, de la peur du jugement et du rejet.

Alors je ne justifierai pas. En ces pages, vous pourrez trouver une énergie sombre déferlante. Mais un jour peut être, parfois peut être, deviendra-t-elle un doux clapotis apaisant, comme elle sait se faire si tendre pour mes gens. En l’attente de cette métamorphose, la purification jaillit brûlante. Et je n’ai d’autre ambition que de la laisser vibrer d’une voix chantante, libre de ses chaînes. Que cela ne choque les âmes plaisantes si cela peut vous distraire… et partager quelques expériences.

© Witchlight Dreams
26 septembre 2012