On est tous aimé…

Artiste :

Artiste : Serafleur

J’ai besoin de votre guidance. Je ne sais pas comment réagir avec cette personne et gérer cette situation. Je me sens oppressée et mal à l’aise. Et je me demande comment j’en suis arrivée là… Je sais bien qu’on ne fait pas des rencontres par hasard. Mais j’ai vraiment du mal à saisir le message que cette personne miroir m’apporte.

Comment, après avoir fait une méditation ensemble, parler 10 min en face à face et échanger quelques sms, cet homme peut faire reposer autant d’attentes sur notre relation ? Je sais que cela ne concerne absolument pas le registre de la séduction et du couple. Et pourtant, il m’envoie un sms par jour, c’est presque la fréquence de mon ex-compagnon ! Aucun de mes amis très proches que je connais depuis plus de 10 ans ne m’envoie autant de messages. Pas même ma famille ! C’est au-delà de la recherche d’une simple relation amicale.

En apparence, ces messages sont sans attente, il me souhaite de bonnes choses, m’envoie des pensées positives. Mais la réalité énergétique derrière est très différente. Parce que je ressens des attentes émotionnelles, je ressens un besoin de réponse sur le même registre, alors que je n’en ai pas spécialement envie. Je sais quand c’est lui qui m’a écrit avant même de lire le message, car j’ai la sensation d’une invasion de mes énergies. Alors, je me sens oppressée et mal à l’aise. Cela m’énerve même qu’on puisse tant chercher à envahir autrui avec ses énergies, même si je sais qu’il n’en a pas conscience.

C’est un appel désespéré inconscient. Parle moi de ce que tu as ressenti quand tu as discuté avec lui au téléphone, mais que tu n’as pas osé lui dire.

Et bien, je me sentais très mal à l’aise. Je n’ai pas compris sur le coup, mais c’est comme si je ressentais un très fort décalage entre ce qu’il me disait consciemment, et sa réalité énergétique inconsciente. Il me parlait de son éveil spirituel, de son parcours d’évolution, de ses capacités, mais moi je ne ressentais pas les énergies correspondantes. J’entendais les « j’ai lu », « on m’a dit », « j’ai entendu à telle conférence », mais pas des « je pense », « je crois », « je vis ».

C’est terrible, comment veux-tu lui dire ? Alors qu’en plus c’est un quasi inconnu pour moi, mais que les autres proches que nous en avons en commun me disent « oui, tu verras, il connait plein de choses et fait de super soins ». Je n’ai pas envie de le blesser. Je ne suis pas là pour juger, mais je suis très dérangée par le décalage entre ce que j’entends sortir de la bouche de cette personne et de ses amis et ce que je ressens de ces énergies. Comment est-ce possible ? Au début je me demandais, est-ce quelqu’un enfermé dans une forme d’égo spirituel ? Mais je ne sens vraiment pas de sa part une volonté de dominer les autres par ses capacités spirituelles. Non, c’est quelque chose d’autre et je n’arrive pas à mettre le doigt dessus.

Alors nous allons t’aider à l’identifier. Qu’est ce qui t’a touché le plus lors de la première conversation téléphonique que vous avez eu ?

Sa remarque « que de souffrances » au sujet de mon blog a réveillé une blessure émotionnelle chez moi. Il marquait sa surprise entre ce qu’il avait pu voir de moi lors de la méditation (une personne radieuse), et ce qu’il avait pu lire ici, en disant qu’il ne s’imaginait pas en me voyant comme ça face à lui, que je pouvais traverser de telles souffrances.

Moi cela m’a fait péter un câble intérieurement, parce que j’ai ressenti le mot « souffrances » comme un jugement, de la part d’une personne qui ne me connaissait pas. Il y a beaucoup de choses sur ce blog. Il y a, oui c’est vrai, des articles où je parle de mes émotions négatives, de mes difficultés, de mes moments de découragement. Mais il y a aussi des poèmes, des recettes, des photos, des articles de guidance avec mes guides, des ressources sur divers thèmes. Il y a beaucoup de choses que cette personne n’a pas lu avant d’exprimer une opinion sur ce lieu virtuel. Et ça m’énerve, on ne peut pas résumer une personne, ni à quelques articles, ni même au contenu entier d’un blog, ni encore à ce qu’on a vu d’elle lors d’une seule rencontre. Enfin pas, si on ne bénéficie pas de la capacité de scan énergétique. Humf. Ne me dites pas que c’est ça ce qui se passe ? Que j’ai scannée les énergies de cette personne ?

Cette personne te l’a demandé. Elle t’a demandé ce que tu ressentais de ces énergies, donc elle t’a donné son autorisation. En fait, c’est même son âme qui te l’a donné, parce qu’elle a besoin d’un intermédiaire pour se faire entendre.

C’est bien ce que je craignais… et je n’aime pas du tout du me retrouver dans cette position là, pas du tout. J’ai l’intuition que cette personne s’est enfermée dans une certaine conception de la spiritualité (il faut être amour inconditionnel – par exemple) pour se raccrocher aux branches et ne pas entendre la souffrance de son âme.

Cette personne me dit avoir vécu un éveil spirituel, et si je ne remets pas en cause son vécu, ma vision de l’éveil spirituel est très différente. Je vis ça comme quelque chose de progressif et d’étalé dans le temps, je ne conçois pas ça comme *pouf* une illumination subite. On peut en avoir, des illuminations, mais celles que j’ai eues ne sont que des petits pas sur le chemin de mon propre éveil. Je ne perçois pas un « avant » et un « après », c’est quelque chose de flou qui se met en place avec l’évolution de la personne. Et je ne me considère pas comme pleinement « éveillée », car je n’ai pas la pleine maitrise de mes capacités spirituelles. Je ne suis pas capable non plus de ressentir de façon directe et illimitée la Source. Je la ressens à travers mes guides, et ma propre flamme. Mais je n’ai jamais eu ce sentiment d’unité fondamentale directe avec la Source.

Je ne considère pas que, parce qu’on a vécu tel type d’épreuve, alors on est automatiquement éveillé. Cela n’a rien à voir pour moi. C’est la façon dont on vit les choses et dont on s’en sert pour se connecter à notre âme et à notre guidance intérieure qui fait la différence. Comment se considérer pleinement éveillé si l’on n’arrive pas à entendre et à suivre la guidance de son âme ? Si l’on se repose sur des guidances et des enseignements extérieurs à soi-même ? C’est inconcevable pour moi. Chaque être est unique, et donc il a son propre chemin d’éveil, sa propre guidance interne à suivre. Se reposer uniquement sur des guidances extérieures, c’est être dépendant, c’est se départir de son propre pouvoir intérieur à guider sa vie. C’est aussi faire peser de lourdes attentes sur autrui, notamment sur les médiums que l’on peut croiser sur notre chemin. Je le sais, j’ai été comme ça aussi avant.

D’où le sentiment d’oppression que tu ressens face à cette personne. Elle est complétement sourde à sa propre guidance intérieure, elle se base sur celle des autres, donc elle est en demande, tu l’as bien ressenti. Seulement, en faisant ça, elle se perd elle-même, elle n’arrive pas à identifier ce qui est bon pour elle, à agir selon les besoins de son âme. Elle transpose les enseignements spirituels reçus à sa vie, sans vérifier qu’ils sont en accord avec son âme et la situation qu’elle vit. Ce qui est une source de souffrance pour son âme, qui ne reçoit pas ce dont elle a besoin.

C’est comme chercher à se conformer à un moule qui ne correspond pas à la forme de notre corps. Par exemple, à quoi bon chercher à être une source infinie d’amour pour autrui, quand on n’a pas une reliance à la Lumière mais au Milieu ? Alors, on donne, on donne, on donne, en attendant un retour qui ne vient pas. Parce qu’en réalité le don n’est pas réalisé sans attentes, c’est juste que ces attentes sont inconscientes, la personne a besoin de recevoir de l’amour extérieur pour combler ses vides intérieurs. Et quand on est occupé à donner sans compter, en attendant de recevoir de l’extérieur, on ne se donne pas à soi-même. Alors qu’on est la première personne capable de combler notre manque d’amour envers nous-même. On ne peut alors pas s’en sortir sans un travail d’introspection. Je le sais, parce que je suis passée par là. Moi aussi, je donnais sans discernement à une époque, cela me distrayait de mon propre mal être et me donner l’impression d’exister grâce à autrui. Mais ce n’est pas une solution durable, c’est un mensonge inconscient à soi-même.

Car pendant ce temps, l’âme est en souffrance. Elle n’est pas nourrie, elle n’est pas écoutée. Alors maintenant, dis-moi ce qui se passerait si on retournait le miroir que tu as vécu vers cette personne.

Et bien j’ai été choquée de constater la différence, entre ce que l’on percevait de moi à l’extérieur (lumineuse), sans me connaitre, et la réalité intérieure (en souffrances et pleine d’ombres). Quand cette personne me montre du doigt cette réalité, c’est comme si elle la pointait chez elle dans le miroir que je représente pour elle. En reconnaissant cette écart entre les apparences et la réalité énergétique profonde chez moi, c’est comme si cette personne soulignait le même écart chez elle. Elle a beau avoir l’apparence et l’image d’une personne très lumineuse et évoluée (chez les autres mais aussi chez elle-même), elle est en réalité en grande souffrance intérieure au niveau de son âme.

Et tu sais pourquoi ?

J’en ai une petite idée, mais je ne sais en aucun cas si c’est la réalité, je ne suis pas cette personne, je ne suis pas dans sa tête et dans son cœur. Je n’ai pas trop envie de raconter des bêtises !

Fais conscience à ton scan énergétique. Si tu as faux, nous te corrigerons.

Et bien, j’ai le sentiment que le début de l’éveil spirituel de cette personne a créé de grandes souffrances dans sa vie. Comme si tout à coup, le décalage entre elle et sa famille, entre lui et sa partenaire étaient trop grands pour qu’ils puissent se comprendre, d’où la réaction de rejet. Et c’est comme si cette personne refusait d’admettre que l’éveil spirituel puisse être source de tant de souffrances, et qu’il fallait que ce soit transcendé immédiatement. Un peu cette croyance que « lorsqu’on est éveillé,  on est amour et lumière », on est dans la paix intérieure.

J’ai le ressenti qu’en réalité ces souffrances-là n’ont pas été transcendés, mais seulement refoulées, et que cette personne n’arrive pas à voir et reconnaitre ces « ombres » à cause du conditionnement spirituel qu’elle s’est imposé. Et son âme en souffre, profondément. Or il est d’autant plus difficile de se connecter à la guidance de son âme quand on n’est pas prêt à entendre sa souffrance, et à réaliser que l’intérieur n’est pas en accord avec l’image extérieure que l’on donne ou que l’on voudrait donné de soi, selon nos croyances spirituelles (il faut être lumière et amour). Voilà ce qui explique pour moi, ce besoin si fort de guidance spirituelle extérieure. Où l’on ne conserve que ce qui nous rassure.

Mais ? Ce n’est pas tout.

Et bien je suis triste de ressentir ça… Ces attentes émotionnelles que je ressens, ce besoin de se créer des amis ouverts à la spiritualité, avec des échanges très fréquents, au point d’être envahissants… Est-ce moi ou ai-je l’impression qu’il recherche inconsciemment une famille de substitution ? Avec des membres qui acceptent son ouverture à la spiritualité et ses capacités énergétiques ?  En opposition à sa famille actuelle qui l’a renié à cause de son ouverture à la spiritualité ?

Tu ne te trompes pas. En réalité, il recherche à l’extérieur, ce qu’il a perdu à l’intérieur. Il pense avoir guéri cette blessure, mais ce n’est pas entièrement vrai, sinon il ne ferait pas une telle projection. Et que sais-tu sur les blessures de rejet par autrui ?

Et bien, j’ai récemment appris, que lorsqu’on vivait des blessures de rejet avec autrui, c’est parce qu’au fond, c’est nous même qui nous rejetons, nous ne nous acceptons pas pleinement pour ce qu’on est. Je me souviens très bien d’avoir pesté encore et encore que ma famille n’acceptait pas mes capacités médiumniques et mon intérêt pour la spiritualité. Mais en fait, c’était moi qui me fermais et mettais des barrières, car je n’acceptais pas moi-même mes capacités.

Que pourrais-tu dire à cette personne pour l’aider ?

Je suis profondément touchée par sa détresse. Je sais combien il est difficile de reconnaitre que l’on souffre intérieurement. C’est difficile d’accepter de porter en soi douleur, tristesse, colère, rejet de soi, parce que ce sont des émotions jugées « négatives » et que la majorité des enseignements spirituels nous apprennent qu’il faut les surpasser, qu’on doit se sentir en paix et donner de l’amour aux autres. J’aimerais rappeler à cette personne que ce n’est pas parce qu’on chemine sur le sentier de l’éveil spirituel que l’on est des « surhommes ». On est humain, on a des émotions, des blessures et c’est normal. Les émotions « négatives » ne sont pas quelque chose de mal, ce sont des messages de notre âme en souffrance. On peut écouter le message de nos émotions sans les laisser nous contrôler et nous faire agir de façon inconsidérée. Elles ne sont pas là pour nous handicaper mais pour nous délivrer des messages et nous aider à nous comprendre nous-mêmes. A identifier les moments où l’on ne se respecte pas, où l’on a besoin de douceur, d’amour, de joie… Et ces besoins-là, c’est à chacun de nous d’apprendre à les nourrir en nous-mêmes, par nous-mêmes et pour nous-mêmes. C’est un travail qui se fait petit à petit, et il faut apprendre à faire preuve de douceur et de patience avec soi-même. Avant de chercher à guérir autrui, il faut commencer par chercher à se guérir soi-même, à prendre soin de soi. Qu’est-ce qui dans ma vie extérieure se reflète ? Suis-je bien dans mon environnement ? De quoi mon Cœur a envie ? De quoi ai-je besoin pour être bien ?

Maintenant, je t’invite à retourner le miroir vers toi-même. Le message que tu as envie de délivrer à cette personne est également celui que ton âme souhaite que tu entendes. « On est humain, on a des émotions, des blessures et c’est normal. Les émotions « négatives » […] ne sont pas là pour nous handicaper mais pour nous délivrer des messages et nous aider à nous comprendre nous-mêmes. » C’est une invitation à comprendre et à aimer ton hypersensibilité. Parce que tu es hypersensible et empathe, tu es capable de ressentir les émotions et les blessures d’autrui. En réalité, ton scan énergétique s’active quand tu es face à une blessure miroir. En te permettant d’aider l’autre à comprendre ce qu’il traverse, tu t’aides toi-même. C’est comme ça que marche l’effet miroir.

Merci… J’espère que ce post sera bien accueilli par cette personne…

Tu lui donnes l’opportunité de prendre conscience de sa souffrance intérieure. Car il cherche ce qui ne va pas dans sa vie, sans comprendre, en se demandant ce qu’il fait de travers pour rester dans une situation matérielle qui lui pèse. La réalité, c’est que sa situation extérieure reflète son état intérieur. Il a maintenant les clés pour le voir et le reconnaitre. Il a reçu l’aide qu’il avait demandé. C’est maintenant à lui de décider s’il accepte ou pas le message que tu lui envois, s’il décide d’en prendre considération ou pas. Tu ne peux rien faire de plus pour l’aider, les clés sont dans ses mains maintenant.

Oui, je sais, mais je me dis que c’est difficile comme message à avaler… Que son égo risque d’en prendre un coup et de tout rejeter en bloc.

C’est là que se montre le vrai travail d’éveil déjà réalisé. Est-il capable au jour d’aujourd’hui d’écouter le message indirect de son âme ? Ou bien va-t-il préférer rester dans le confort de son égo et tout rejeter ? Il n’y a pas de bonne ou de mauvaise réaction. Il y a juste ce qu’une personne est capable d’accepter et d’accueillir à un moment donné. Si ce n’est pas aujourd’hui, peut-être que cela sera plus tard, ce n’est pas grave. L’important est que cette personne sache qu’elle est aimée pour ce qu’elle est, peu importe la façon dont elle réagit. Car en vérité, vous êtes tous aimés de la Source, même si vous n’êtes pas tous capable de le sentir par vous-même.

Merci.

5 février 2017

 

Publicités

L’histoire de mon hypersensibilité

Artiste : Yumei

Artiste : Yuumei, Through the Distorted Lens

Je n’en reviens pas. Je voulais réserver un foutu Uber pour mon trajet vers l’aéroport, et je découvre qu’on ne peut le faire qu’en utilisant leur application et que mon « vieux » téléphone n’est pas compatible ! Je ne peux même pas le faire sur internet, c’est hallucinant ! Je ne vais quand même pas acheter un nouveau téléphone juste pour une foutue course de 40€ ?!! Cela me frustre et c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Parce que je ne me sens pas bien, je suis encore malade depuis plusieurs jours. Je n’ai pas envie de finir ma valise et de repartir à la Réunion. Je n’ai pas envie de quitter ma famille, mes amis et de me retrouver seule. Je n’ai pas envie de reprendre mon travail, il ne me manque pas, enfin c’est surtout mon supérieur qui ne me manque pas.

Et puis je ne me sens pas bien dans mon corps, voilà deux semaines que mon endométriose me rend malade, que j’ai mal au ventre, que je suis épuisée etc. Je sais ce qui a été le déclencheur, mais je me demande pourquoi, maintenant que le travail d’exploration est fini, cela ne s’arrête pas. Est ce que ce sont mes émotions qui me rendent malade ? Mon hypersensibilité que je ne gère pas ?

J’avoue que ça fait beaucoup à encaisser, ce que j’ai appris sur la nature de ma blessure à l’âme grâce à Sylvie, blessure qui est la source de mon endométriose, et qui me bloque sur beaucoup de plans, notamment celui de simplement me sentir bien dans ma peau. Et puis aussi toutes ces prises de conscience sur mon hypersensibilité.

Ça a commencé avec des questions que je me suis posées au cours de mon dernier article, face à des situations provoquant des tsunamis émotionnels. Et puis beaucoup grâce aux article de Camille sur le sujet, que je vous recommande très vivement (le 1er est un peu technique, mais le 2ème y apporte bien les réponses : Hypersensibilité et émotivité , Hypersensibilité et filtres, Hypersensibilité et empathie et Hypersensibilité et Compassion .

J’ai senti un profond soulagement à voir décrit par une autre ce que je vivais « enfin, je ne suis pas folle, enfin je suis comprise ». Camille a mis des mots tellement justes pour décrire ce que c’est que d’être hypersensible, la difficulté que c’est au quotidien, le besoin d’isolement que cela entraîne, le besoin de choisir avec précaution son entourage… Tellement de choses que je vis au quotidien, mais qui semblent faire de moi une extra-terrestre dans mon environnement. Et puis, enfin une compréhension de pourquoi je vis ça, des mécanismes énergétiques sousjacent. Qu’est ce qui explique donc que je ressente autant ? Comment ? Et pourquoi de telles répercussions sur mon bien être ? Comment gérer ça ? Alors oui, Camille a soulevé la monstrueuse difficulté à maîtriser une telle capacité. C’est décourageant, mais en même temps, ça m’a donné de l’espoir.

Et ça m’a forcé aussi à bien regarder la vérité en face. Cela fait des années que je sais que je suis « hypersensible », que je capte et réagis trop aux émotions des autres. J’en ai déjà parlé ici dans plusieurs articles (Liberté… ? , Trop ressentir… ou l’hypersensibilité empoisonnante ). Mais je n’ai jamais pris la peine de me pencher sur le sujet, d’apprendre ce que cela voulait RÉELLEMENT dire et quelles sont les implications pour moi, pour les autres et sur le long terme. Je n’ai jamais pris la peine de revoir ma routine quotidienne et d’installer une « hygiène émotionnelle » moi qui capte les émotions des autres, comme d’autre les microbes ou les calories.

J’ai bien vaguement tenté de faire une bulle protégée chez moi, en purifiant les énergies, mettant des pierres de protection. Et aussi d’évacuer les énergies négatives en rentrant chez moi. Et même si les émotions sont finalement véhiculées par des énergies, je n’ai jamais pris la peine de traiter la partie émotionnelle de tout ça.

Je sais que je ne peux m’en prendre qu’à moi même pour cette incapacité à gérer mon hypersensibilité. Je ne l’ai jamais travaillé. Quand elle a commencé à se manifester à l’adolescence et grandir en même temps que moi, je n’ai rien compris, je ne m’en suis pas rendu compte. Et j’ai été laminer par la méchanceté dont peuvent faire preuve les collégiens. J’ai vécu un enfer émotionnel et je me suis repliée sur moi même, je me suis coupée des autres.

Par mécanisme de défense, j’ai commencé à m’habiller toute en noir, en gothique, pour effrayer les autres et éviter qu’ils ne m’approchent. J’avais déjà une lucidité et une perception exacerbée des choses, qu’on ne pouvait pas juger les autres sans connaître leur souffrance, leur vie et leur histoire. Et je refusais de me plier aux jeux des apparences, de la popularité, de l’hypocrisie et de la méchanceté gratuite. Alors je préférais rester seule. J’avais peu d’amis mais de bien choisis, ceux qui avait su voir au-delà des apparences et s’ouvrir à moi pour que je m’ouvre à eux. Faire fuir les autres ne me gênaient pas, et c’était la meilleure façon de me protéger inconsciemment contre leurs émotions.

Plus tard, quand j’ai commencé à être moins sauvage, j’ai voulu me protéger des « énergies négatives » des autres en me bardant de pierre de protection, de bulle énergétique de protection. J’étais devenu agoraphobe, je ne supportais plus les émotions négatives dans les foules, les concerts, les cinémas, etc.

Mais tout ça, ce n’était que des armures, des artifices pour me protéger inconsciemment de mon hypersensibilité, de toutes ces choses que je captais malgré moi et qui me plombaient. Seulement voilà, une armure en grandissant devient trop petite. En évoluant cette armure de protection est devenu un carcan qui ne faisait qu’accentuer mon mal être. J’ai été amenée à la faire tomber. Cela fait plusieurs mois que je ne porte plus de noir. Que je ne me réfugie plus derrière des pierres de protection à moins qu’une situation le rende vraiment nécessaire.

Seulement, je me retrouve maintenant à la case départ, et même à la case moins 2. Toutes ces années où j’ai fui et ignoré mon hypersensibilité sont autant d’années où je n’ai pas appris à la comprendre et à la gérer. Des années de retard, où pendant ce temps, mon armure imparfaite me laissait accumuler toutes ces émotions et énergies sans les gérer. J’en suis maintenant au point de rupture. Celui où une émotion extérieure de trop me fait exploser, ou bien me met à terre. Je me sens vidée, et en même temps avec ce trop plein de résonances et de blessures à vif.

Me voir confirmer que je ne suis pas seulement hypersensible mais aussi empathe (voir cet article de Camille pour les explications sur la notion : Hypersensibilité et empathie ) m’a vraiment atteinte. Je le soupçonnais, je le disais parfois, mais sans vraiment y croire et y donner du poids. Sauf que maintenant, après avoir lu Camille, je ne peux plus faire semblant.

Moi quand j’étais jeune ado, je ne rêvais pas d’être astronaute, riche banquière ou médecin. Je rêvais d’être une sorcière, une sage, une « guérisseuse », une herboriste. Et même une passeuse d’âme (les médiums qui accompagnent les âmes des défunts lors de leur transition entre ce monde et ailleurs). Je ne sais franchement pas trop d’où cela m’est venu, parce que ce n’est vraiment pas un dada dans la famille, plutôt un interdit, et que personne ne m’en a jamais parlé. Peut être mon lien à la nature ? Mes lectures de fantastique ? Je me souviens que la série des Dames du Lac de Marion Zimmer Bradley m’avait beaucoup marquée et parlé au coeur, or c’est un roman initiatique qui parle de prêtresse et de magie druidique…

Personne ne partageait réellement mon intérêt, ma meilleure amie un peu, puis cela lui a fait peur et elle s’est fermée, idem pour ma sœur. Je me suis renseignée seule, j’ai du apprendre et comprendre seule. Je faisais des recherches sur internet et empruntais des livres à la bibliothèque en cachette. J’avais aussi acheté des bougies et de l’encens que je devais bien caché de mes parents. J’ai même du me faire offrir un coffre qui fermait pour y mettre tout ça. Parce qu’évidemment mes parents n’approuvaient absolument pas ce genre de centre d’intérêt.

Je me souviens que la première amie avec qui j’ai pu en parler, était une de mes surveillantes de collège, elle avait 40 ans et elle était un peu magnétiseuse. Je l’aimais beaucoup et on s’entendait bien. Elle m’a expliqué des choses, et j’ai acheté mon premier pendule, morte de trouille à l’idée d’être découverte par mes parents.

Sauf que voilà, on a des rêves et on croit vouloir des choses. Mais la première fois que je me suis mise à sentir des âmes défuntes errantes, des années plus tard, j’ai totalement paniquée. Je croyais savoir ce que c’était, comment on faisait, mais en réalité, je me suis retrouvée totalement désemparée. Je ne dormais plus la nuit tellement j’étais effrayée, je ne savais pas quoi faire. C’est à ce moment là que j’ai commencé à faire des rencontres avec d’autres personnes ouvertes dans le domaine de la spiritualité. Et la seule chose que je voulais, c’était que mes perceptions s’arrêtent, que « tout redevienne normal » .

Avec la rétrospective, c’est aussi à ce moment là que mon endométriose a commencé. Faut-il y voir un lien ? Est-ce un hasard ? Je n’en sais rien. Mais j’ai pu trouver une magnétiseuse qui m’a expliqué ce qui se passait, que mon 3ème œil était sur-actif et que c’est pour ça que je percevais tout ça. Elle m’a promis un moyen de ne plus sentir les âmes errantes, un moyen d’arriver à gérer ça de façon simple. Je n’ai pas compris à l’époque que la solution qu’elle m’offrait – une forme de forçage énergétique dont j’ai déjà parlé ici sur « Discernement et énergétique » – n’était qu’une porte ouverte sur bien plus. Parce qu’à partir de ce moment là, je n’ai plus pu tourner le dos aux réalités énergétiques. Et les rares fois où je l’ai fait, j’en tombais malade. Alors que je voulais tout laisser tomber et ne plus avoir affaire au « spirituel ».

Mais je n’avais jamais capté que je devais mettre autant de soin et d’attention aux émotions qui m’environnaient. Je n’ai jamais rêvé d’être hypersensible et empathe. A quoi donc peuvent servir de telles capacités ? A apprendre à exprimer mes émotions, ça c’est sur. A être capable de les écrire et de les communiquer, peut être ? Mais encore ?

Sincèrement, je suis fatiguée. J’aimerai parfois appuyer sur le bouton pause, vivre ma vie simplement sans avoir à me soucier des émotions et des énergies qui m’entourent, celles des autres et des lieux, ainsi que des miennes. Tant de gens vivent dans l’insouciance de ça ! N’est-ce pas déjà suffisant de se préoccuper des factures, des courses à faire et du patron agaçant ? Et je ne parle même pas de vivre au jour le jour avec une maladie chronique inflammatoire (comme l’endométriose). Tout ça n’est-il pas déjà suffisant ? Je n’ai pas besoin de ça en plus, je n’en veux pas !! Je n’en vois pas l’intérêt.

Et pourtant, puis-je simplement rejeter cela comme je le voudrais ? C’est malheureusement impossible. C’est comme si je disais « je ne veux plus être brune ». Cela fait partie de moi, je ne peux pas le changer et si je le rejette, c’est comme rejeter une partie de moi même. Je suis obligée de voir, d’entendre et de prendre soin de cette partie de moi, si je veux me sentir bien dans l’entièreté de mon être. Or cette partie de moi est en grande souffrance, je me sens dépassée et impuissante.

Je pourrais en écrire des tartines à ce sujet là, mais je préférerais simplement être consolée, que quelqu’un qui comprenne me prenne dans ces bras, et me rassure. Que pour une fois, on me dise « cela va bien se passer », et que « je vais y arriver ».

C’est à ce moment là que je déteste ne pas être capable de « voir » et « d’entendre » clairement mes guides comme Sylvie ou Camille dans ses rêves lucides. Où est mon soutien quand je tombe, que je trébuche et que je n’arrive pas à me relever ? Personne n’a conscience de la dureté de cet aspect de ma vie. Et j’ai conscience que parfois j’ai besoin d’aide, je n’y arrive plus toute seule, malgré ma volonté. L’épuisement émotionnel, mental et la fatigue de la maladie me cloue au sol et je ne trouve plus la force pour me relever…

Pourtant je reçois de l’aide. Évidemment, pas sous la forme et de la façon dont je le souhaiterais. Mais je ne peux pas le dénier. De nombreuses personnes m’ont apporté leur aide, sans rien attendre en retour. Je pense à Sylvie, à Camille, à mes quelques rares amis à la Réunion, à mes amies en métropole et je les en remercie du fond du cœur.

Mais que puis-je faire moi, maintenant, pour m’aider moi même ?

Mes rêves d’être guérisseuse ou sorcière ont depuis longtemps été éteints. Face à la réalité de notre société qui n’admet pas l’existence d’autres énergies et mondes subtils, d’autres façon de soigner des blessures qui ne sont pas physiques. Face à la prise de conscience de mes propres blessures et limites : qui serais-je donc pour soigner autrui quand je ne suis pas capable de me guérir moi même ? Face au manque de confiance en moi, comment assumer la responsabilité de la santé physique / émotionnelle / énergétique d’une personne qui vous donne sa confiance ? Face à mon manque total de contrôle de mon hypersensibilité et de mon incapacité à sentir clairement et gérer les énergies : je ne suis pas capable de gérer ce que moi même je projette vers l’extérieur, hors de question de le faire peser sur quelqu’un.

J’ai une conscience assez aiguë de mes manques et de mes faiblesses. Je sais aussi qu’« être guérisseuse », ce n’est pas quelque chose que l’on « veut », c’est quelque chose qui vient par la force des choses, par le parcours de la personne ou par de réelles prédispositions. Ce n’est pas mon cas, je n’ai pas de telles capacités, et je ne veux pas être aveuglée par un égo qui chercherait une position de « sauveur ». Je sais que chaque personne est son propre et unique sauveur. Mais je comprends aussi que parfois on a besoin d’aide, de soutien, d’éclairage et de soins. Et que certaines personnes peuvent offrir cela. Il me faut juste admettre que ce n’est pas mon cas.

Alors que reste-t-il de mes rêves de jeunesse ? J’ai rabattu mes désirs vers une alternative, celle de la production de plantes médicinales, à défaut de leur utilisation pour soigner. Mais même là, je ne m’y sens pas à ma place. Je me sens inadéquate dans ce monde qui m’apparaît trop violent, pour moi et ma si grande hypersensibilité. Peut-on vivre en se cachant du monde ? Dans une bulle en verre filtrant les émotions ? Peut-on vivre sans but qui parle au coeur ?

11 juillet 2016

Emotions et créativité

Artiste :

Artiste : Yuumei

Mes amies parisiennes m’ont fait part de leur choc face aux attentats d’hier. Je ne souhaitais pas parler de ce sujet, mais rien que leurs mots m’ont fait ressortir ces énergies. Et je n’aime pas être une éponge face à ces énergies collectives. Quand je l’ai appris, je me suis tout de suite inquiétée pour mes parents, qui étaient en vacances là-bas pour le we. J’avoue avoir ressentie de la honte quand j’ai reçu un sms d’une de mes amies pour me dire qu’elle allait bien, parce que je ne m’étais pas inquiétée une seconde pour elle. Elle m’était sortie de l’esprit.

C’est intéressant, tu sais. Tu devrais essayer de comprendre pourquoi « tu la mets de côté » comme ça. Après tout cela a été une personne importante pour toi pendant très longtemps.

Oui, c’est ma plus vieille amie, mais j’ai comme un sentiment d’inadéquation, de superficialité, de relation forcée. Comme si on était amies plus par notre passé que par ce que l’on partage au présent.

Et puis elle te rappelle des choses ?

Je ne comprends pas cette violence gratuite, je ne comprends pas ces guerres de religions. Ça me bouleverse, moi qui suis déjà si émotive. Je ne pouvais pas ne pas me tenir informée, j’ai lu quelques articles. Mais je vais éviter les témoignages, les photos et vidéo chocs. Je n’ai pas besoin de voir du sang, ni de violence. C’est fou l’attrait morbide que peut avoir ce genre d’évènement sur les gens.

Accepter l’émotion et la laisser s’exprimer t’aide plus facilement à y faire face.

Je me demande, car à peine tu me disais ça que je sentais cette boule dans la gorge… J’aimerais bien comprendre ce qu’elle veut dire.

Les émotions non dites, les émotions refoulées. Tu dois les exprimer, tu dois les expulser de ton corps énergétique, sinon cela te nuit. Tu ne peux pas en contenir autant, malgré que tu ressentes si fort. C’est un avantage et un défaut, comme tout. Il te fait faire de progrès pour apprendre à gérer ça. Il faut que tu laisses les énergies circuler en toi, et te traverser. Il ne faut pas que tu les retiennes. Et les émotions sont une forme d’énergie.

Oui mais c’est parfois compliqué… Je ne peux pas me mettre à pleurer en plein milieu de mon travail ou d’une réunion… Alors forcément, ce sont bien les émotions négatives que je refoule le plus, parce que c’est celle dont l’expression est la moins tolérée par la société.

Acceptes déjà de les ressentir à l’instant où elles émergent, sans forcément les exprimer physiquement. Laisses les te traverser, comme un filet d’eau. Et essaye de remonter à la source, pour voir ce qui a déclenché cette émotion. Vient-elle de toi ou est-elle extérieure ? Si c’est celle d’une autre personne, pourquoi est-ce qu’elle raisonne en toi ?

Parce que tu as bien compris que si ton empathie te fait ressentir certaines émotions et pas d’autres appartenant à autrui, c’est bien parce qu’il y a là un phénomène de miroir, d’ailleurs souvent sur des émotions enfouies ou refoulées.

Tu sais, je suis surprise par la tournure de cette discussion, je voulais parler d’autre chose. Comme ça m’a fait bizarre d’entendre la chamane me dire les mêmes que vous lors de notre dernière conversation.

Tu as demandé une confirmation au bienfondé de nos échanges, nous te l’avons donné. Tu dois maintenant croire qu’en étant centrée, alignée, ancrée correctement à la Terre et au Ciel, ce que tu captes est juste. Comme elle le dit si bien. Il te faut apprendre à avoir plus de confiance en toi, et à rester centrée. Ce qu’à priori tu ne sais pas faire quand tu vis avec quelqu’un.

Mais tout peut s’apprendre. Nous ne te disons pas de renoncer à l’amour. Juste que ce n’est pas le bon moment pour toi, mais tu le sais. C’est ainsi. Plutôt que de voir la perte et le vide, vois l’opportunité, la liberté, l’espace pour la création de nouvelles choses.

La création… ça m’a surpris lors de l’analyse de mon thème numérologique, que l’importance de la créativité ressorte encore et encore. Comme je suis sûre qu’elle sera patente dans mon thème astral. Ce n’est pas une part si présente que ça chez moi… Je veux dire, les gens s’attendent face à ça à ce que je leur dise que je suis artiste, ou dans une profession créative. Hors non, je fais un métier scientifique et rigoureux. C’est vrai que je lis des personnes dont je me sens proche, par de nombreux aspects, qui le sont, que ce soit Camille avec ses tableaux, Sylvie avec son scrapbooking etc…

C’est une part de toi à développer, que tu n’exploites pas. Parce que tu ne sais pas comment faire, tu n’as pas trouvé le bon média. Autrefois tu écrivais beaucoup de poésie. Mais tu as remarqué que c’était toujours sous le coup de fortes émotions, et en général tu étais complétement déconnectée de la Terre, dans la Lune, littéralement. Cela résultait en fait d’un déséquilibre. Tu n’as plus accès à cette source d’inspiration aujourd’hui que tu es plus équilibrée. Car c’est un moyen d’évacuer les émotions trop fortes, trop intenses et parfois trop violentes.

J’ai chanté, fait des croquis, du zen doodle, dessiné des mandalas, écrit de la poésie, écrit des textes, fait un peu de peinture, créé quelques bijoux, essayé la photo, voulu faire du tricot, testé de la couture basique, réalisé un peu de calligraphie, plié des origamis, testé le kirigami. Mais en réalité aucun de mes projets n’a vraiment abouti. J’ai l’impression de commencer mille choses, de ne rien finir car finalement cela ne me parle pas. C’est frustrant. Je ne sais plus par quel biais exprimer cette créativité.

Tu as fini plusieurs toiles, tu en es à ta quatrième.

Oui mais… La dernière m’a vidée de mes énergies, j’étais épuisée et j’ai mis du temps avant de m’y remettre. Celle en cours… je me laisse portée au feeling, mais je suis un peu déçue par le dernier ajout.

Tu vois clairement que tes créations répondent à tes énergies, et qu’elles évoluent en fonction de celle-ci ?

Oui, c’est clair… Je vois le processus de nettoyage en cours, je vois les lourdeurs et les noirceurs qui se dissipent. Mais… Je ne suis pas sûre qu’écrire ici soit une forme de créativité. Je suis admirative de Sylvie qui a réalisé plein de projets créatifs, se lance des défis, prend des cours, etc…

Tu ne peux pas trouver si tu ne testes pas. L’important est de suivre ton intuition. Le reste viendra. Et l’idée de créer des choses pour ton intérieur ? Pourquoi vouloir te limiter à une technique ? Et si au contraire, c’était le fait d’en connaître plein qui te permette d’avoir la liberté de créer sans être enfermée dans une technique ? Penses plutôt à pourquoi tu veux créer, comme pour ta dernière toile et ton projet en cours, car l’inspiration est venue d’elle-même.

Merci.

14 novembre 2015

« Maintenant, c’est ma vie »

Auteur :

Auteur : Destiny Blue

Je suis choquée par la fin de ce roman jeunesse que je lisais [attention spoiler]. Je n’ai pas compris. C’était idyllique, un peu fantasque, bien que décrivant une triste réalité malgré tout vécue avec bonheur par des enfants. Et d’un seul coup, c’est devenu violent par le sang et les émotions. Et cette fin, qu’est-ce que cette fin ? C’est horrible ! Un trou comme ça dans l’histoire, et puis revenir en découvrant l’être aimé en lambeaux, automutilé… Pour mon cœur d’hypersensible, c’est violent et sordide. Une histoire ne devrait jamais finir comme ça… Pourtant la dernière phrase, qui est aussi le titre du livre, est « Maintenant, c’est ma vie ». Une forme d’acceptation ou de résignation ?

Cela me révolte, me donne envie de pleurer et en même temps me met en colère. C’est cruel pour le personnage principal. C’est absurde, et quelque part cela me rappelle seulement comment la vie peut être des fois. Impitoyable, injuste, incompréhensible et terrible. Tout autant qu’elle a pu paraitre le moment d’avant belle et heureuse, pleine de vie et de beautés.

Je trouve ça dégueulasse. Comme faire ça à un de ses personnages ? A ses personnages ? Même si c’est de la fiction, je trouve cela profondément cruel et injuste. Je ne suis pas d’accord. Qui souhaiterait une telle fin d’histoire ? Et dire qu’il y a des papillons et des roses sur la couverture et que le titre est en rose ! C’est hypocrite. Si la vie est réellement comme ça, ça donne envie d’abandonner, de laisser tomber si c’est pour faire face à tant d’injustices et d’absurdités. A quoi bon alors ?

Cela m’a tellement perturbé que je me sens déracinée, choquée, avec une envie bloquée dans la gorge de pleurer. J’ai le sentiment de m’être fait rouler. Je voulais un roman jeunesse léger, drôle et simple, et je découvre seulement à la fin que c’est une tragique histoire de guerre, après m’être attachée à des perso insouciants et rêveurs. Mais qui aurait envie de lire une histoire qui finit si tristement s’il le savait à l’avance ? J’en veux à l’auteur… Peut-être à moi-même. D’avoir été autant capturée, d’avoir autant été chamboulée et de me sentir blessée par le sort de l’héroïne. Et ce sentiment qu’on ne peut pas réparer certaines blessures. Qu’elles laissent des traces physiques qu’on ne pourra jamais masquer et que quelque part on reste brisé à vie. Et que maintenant, c’est ta vie, il faut faire avec.

Mais comment ? On ne nous donne pas de mode d’emploi, on ne nous explique pas comment vivre avec de telles blessures, comment apprendre à les accepter et les porter, encore plus quand on se les est infligé à soi-même à cause de la souffrance. Dans le livre l’héroïne a du temps et de la tranquillité, un jardin et une famille pour aider celui qu’elle aime. Mais dans la vrai vie, on n´a pas tout ça. On doit continuer à avancer comme si de rien n’était, à faire bonne figure aux collègues et à la famille, on doit se lever chaque jour pour aller travailler et gagner sa vie, payer les assurances et la nourriture. On dépense son énergie dans une société allant à toute allure, juste pour avoir le droit de vivre –et de consommer- et rarement d’être heureux. Et le sens se perd.

Le sens de la vie m’échappe. En a-t-il seulement un ? Cela sert-il seulement à quelque chose de vouloir lui en attribuer un ? Ce soir, j’ai envie de pleurer, pour ces injustes blessés, ces absurdités cruelles de la vie, tous ces êtres qui souffrent chaque jour sur la terre, meurent de rien pour des raisons incompréhensibles. Parfois je me dis que je n’ai pas envie de vivre dans un monde cruel comme ça, que mon cœur empathique n’est pas capable de supporter toute cette violence et cette dureté. Que je ne suis pas armée face à ça, quand je lutte déjà avec ma propre souffrance, comment supporter celle des autres ?

Je suis fermée à mon propre cœur, mais je n’arrive pas à fermer mon coeur aux autres. Alors quand vous voyez comment un simple livre me met dans cet état, vous imaginez ma réaction face aux émotions d’une foule ? Au désarroi d’une nation ? Au cri de l’âme des gens qu’ils n’écoutent pas ? Je ne sais pas y faire face, je ne sais pas laisser les émotions couler sans me toucher. Pourtant, j’aimerais m’en distancer, si vous saviez. J’aimerais allumer la radio sans avoir envie de pleurer de tristesse ou de joie, j’aimerais marcher dans une foule sans me sentir tirailler dans tous les sens, j’aimerais pouvoir écouter une personne se confier sans me sentir directement touchée par son malheur.

A quoi donc servent cette empathie et cette hypersensibilité ? Tout le monde les ressent-il ? Comment les autres la gèrent ? Comment font-ils ? Et que font-ils de ce trop plein d’émotions dérangeantes et débordantes qui épuisent le cœur ?

PS : pour ceux qui veulent être ému(e), l’auteur c’est Meg Rosoff.

17 septembre 2015

Ce moi inconnu

Auteur : Destiny Blue

Auteur : Destiny Blue

On parle toujours de l’importance de s’aimer soi-même. C’est plus qu’à la mode dans les conversations dans notre ère du bien-être et du développement personnel. Mais quelqu’un a-t-il déjà trouvé un guide simple pour y arriver ? Pour certains, cela semble couler de source, ils se demandent même comment il est possible de vivre autrement. Il y en a d’autres qui doivent rechercher l’étincelle pour la porter aux regards. Et puis il y en a d’autres qui naissent gravement handicapés. Avec cette incapacité à s’aimer soi-même. Mais était-ce là dès le départ ? Ou bien est-ce l’éducation qui a étouffé cette capacité ? Un traumatisme ? Une dévalorisation constante par des tiers ? Comment peut-on éteindre sa propre flamme d’amour intérieur envers soi ? Pourquoi ? Je me dis que si j’avais les réponses à ses questions, peut-être que je saurais mieux la ranimer. Parce qu’évidemment, je fais partie de la dernière catégorie de ces personnes. Celles qui n’arrivent pas à s’aimer soi-même.

Quand c’est comme ça, par où commencer ? Comment peut-on avoir un cœur immense capable d’aimer ces proches avec patience et ne pas en avoir un peu pour soi ? Comment peut-on être empathique envers les personnes physiques en face de soi et être aussi insensible envers soi-même ?

« S’aimer, c’est prendre soin de soi. » Pour être gentil avec soi, il faut se traiter comme on traiterait sa meilleure amie. Est-ce que tu dirais à ton amie qu’elle est nulle de ne pas réussir cet exercice, alors qu’elle manque de sommeil et n’a pas le moral ? Non, tu serais gentille et compatissante avec elle, tu lui rappellerais gentiment sa fatigue et l’encouragerais à se coucher tôt, tu lui remonterais le moral en lui rappelant ses dernières réussites scolaires. C’est toujours ce que je conseille à mes proches.

Mais le cordonnier est toujours le plus mal chaussé. Et moi-même reste cette inconnue incompréhensible qui n’éveille aucune empathie et aucune compassion. Pourquoi ? Pourquoi alors que je suis parfois capable de faire preuve de tant d’émotion, de compassion et de tendresse auprès des gens que j’aime ?

Je rentre en moi et j’essaye d’éveiller cette flamme de compassion, cet amour chaleureux sensé me réconforter moi-même. Mais je ne trouve qu’un vide froid et insensible. Pire, parfois je ne me sens pas concernée, comme si ce n’était pas moi, pas ma vie. Je reste distante à moi-même sans pouvoir toucher mon propre cœur. Alors que tout mon environnement est capable de m’émouvoir aux larmes pour si peu, à cause de mon empathie. Ce miroir permanent qu’est la vie qui m’entoure fait vibrer, pleurer et crier mon cœur sans me laisser le moindre contrôle. Je suis ballotée par ces émotions sans bien les discerner, identifier leurs sources et comprendre leur raison. Reflets éphémères de ma capacité à ressentir. Et pourtant un cœur fermé à moi-même. Comment est-ce possible ?

Qu’ai­-je pu faire pour fermer mon cœur à moi-même de cette façon ? N’est-ce qu’une barrière de protection mise en place pour ne pas mourir émotionnellement encore et encore, toute ces fois où l’on m’a humiliée ? Me suis-je coupée de mon propre cœur pour ne plus ressentir la souffrance qu’on lui a infligé ? Comment renouer avec soi-même quand le cœur reste sourd à notre propre amour ?

Je me sens cassée. Comme une poupée avec qui on aurait été cruel. Mon cœur s’est réfugié quelque part ailleurs. Et j’ai l’impression d’en avoir perdu la clé. Elle est visible de tous, sauf de moi. Les émotions reflets des gens le heurtent, mais quand je veux moi-même le toucher, il se dérobe. Alors que faire ?

13 septembre 2015

Dureté de la vie

none_title_by_kyrie0201-d7pe9yd

Aujourd’hui je me suis bêtement emportée contre mon compagnon. Alors qu’il essayait de me remonter le moral. Sa maladresse m’a mise dans une colère immense, qui n’est finalement que le reflet d’une grande souffrance. Souvent la colère disproportionnée cache une blessure qui s’ignore. Qu’est-ce donc qui m’a tant blessée ? Le fait d’avoir l’impression de ne pas être prise au sérieux ? De me sentir incomprise ? De voir mes difficultés amoindries et comparées à des choses incomparables ? De comprendre que l’autre n’a aucune idée des épreuves et de la dureté réelle de ce qu’elles impliquent ?

Aujourd’hui était une dure journée. De celle qui font que la semaine paraît sans fin, qu’il est si difficile de sortir du lit le matin et que la perspective du lendemain est déprimante. Mon quotidien va-t-il ressembler à cela tous les jours ? Et même si je m’habitue au travail physique et aux conditions météos difficiles, trouverais-je la motivation chaque jour pour me lever ?

Le travail ouvrier en horticulture est parmi les plus durs. On est souvent penché, accroupi ou plié en deux, debout à piétiner Les mains dans l’eau et la terre. De 0 à 45°C, par tous les temps, l’hiver, le printemps, l’été et l’automne. Il faut perpétuellement porter des choses plus ou moins lourdes, pousser des rolls ou des tablards. Faire un travail physique à une cadence soutenue. Toujours plus, toujours plus vite. Pour de meilleurs rendements…

Est-ce une vie de se casser le dos à ses tâches là ? Qui voudrait faire ça dans de telles conditions ? Les employés qui sont là ont la cinquantaine. Cela fait 30 ans qu’ils font ça. Ils sont usés et désabusés. Ils travaillent par nécessité. Comment s’épanouir dans de telles conditions ? Personne ne ferait ce travail par plaisir, pas à ce rythme-là… Et pour le peu de reconnaissance qu’ils ont. C’est d’une dureté terrible.

Et moi, je dois encadrer ces gens-là, les motiver. Comment leur demander plus alors qu’ils donnent déjà tout ce qu’ils peuvent ? Pourquoi exiger plus d’eux ? C’est inhumain. Je ne veux pas de ce rôle-là. Moi qui ne suis pas capable de supporter physiquement ce travail à plein temps, comment le réclamer à d’autres ? Contre une paye dérisoire et si peu de reconnaissance du patron. Ces gens comptant les centimes en faisant les courses et se privant de certains produits trop chers. Pourtant, sans ces gens-là, l’entreprise ne tournerait pas.

Je trouve leur quotidien d’une dureté terrible. Je vois la fatigue, je lis la lassitude entre les lignes, le fatalisme et le désabusement. Comment alors leur reprocher de râler tout le temps ? Qui ne le ferait pas face à une situation si difficile ? Entendre leur souffrance émotionnelle, portée par leurs remarques négatives me laminent, moi l’hypersensible de service. J’essaye d’apporter mon rayon de soleil et un point de vue optimiste, mais cette énergie positive se perd vite. Comment leur apporter la reconnaissance qu’elles méritent et demandent, sans inciter au relâchement que les félicitations impliquent, tellement elles sont espacées ? Et comment apporter cette reconnaissance quotidiennement sans surenchérir et lui faire perdre de sa puissance d’expression ? On me dira que c’est leur travail, et qu’elles sont payées. Mais cela me semble plutôt dérisoire comme contrepartie, un faible salaire d’ouvrier pour un travail si pénible… qui entament forcément leur santé (et les produits phyto ? et la poussière dans les poumons ?).

Parfois les cadres/patrons oublient que ce sont des êtres humains que l’on dirige. Ces personnes ont leurs qualités, leurs défauts, leurs espérances, leurs besoins, leurs limites et leurs rêves. Ils ont leur histoire et leur caractère. Comment respecter leur intégrité, valoriser au maximum leur potentiel et leur travail sans les exploiter ? Je ne peux pas faire fi de l’être humain, c’est trop me demander. Je ne peux pas les traiter comme un facteur de rendement chiffré à l’équation simple. Je ne peux pas les écouter sans entendre le sens réel de leurs paroles et ressentir leurs émotions. Je ne peux pas ignorer leurs difficultés et les balayer de la main comme de simples râleries.

Alors je me sens tiraillée, dans l’entre-deux. Entre ces gens ouvriers et les patrons. Entre ceux qui triment dans la difficulté et ceux qui calculent les chiffres et exigent des résultats mathématiques. Je me sens compressée entre deux mondes opposés, que je ne sais comment concilier. Double point de vue, arme à double tranchant pour l’hypersensible que je suis. Je ne dois pas oublier que chacun cherche à servir son propre intérêt, mais n’est-ce pas dans la nature de l’être humain ? Qui se soucie réellement du point de vue et des objectifs du voisin ? Où est-ce que je me situe moi-même ? Parfois, à trop regarder à la porte des autres, je me néglige moi-même. Mais je ne peux pas obtenir des choses, si c’est au détriment des autres… Je voudrais que chacun ait sa place et y trouve son compte, sans que personne ne se sente léser. Mais est-ce seulement possible ? Et comment prendre le recul émotionnel nécessaire pour ne pas souffrir de cette situation ?

J’ai donc le cœur lourd, face à une situation où je me sens impuissante, transformée en tyran malgré moi, à exiger plus, à « toujours pousser et les tirer plus loin ». Je ne veux pas de cette position. Comme je ne veux pas non plus être à la place de ces ouvriers. Je me sens prisonnière de la situation et je déteste ça. Comment améliorer les choses ? Comment les rendre plus vivable pour eux, mais aussi pour moi par effet boumerang ? Comment ramener le soleil dans ma propre vie mais aussi un peu dans la leur ?

19 janvier 2015

Auteur image : Kyrie0201

Commencer quelque part

golden_fields_by_megatruh-d80cpc9Pourquoi me remettre à écrire sur ce blog, après tant de temps ? Tant de souvenirs ? Alors qu’au jour d’aujourd’hui, mon état d’esprit et mes centres d’intérêts ont beaucoup changés et ne sont plus en phase avec mes écrits d’il y a un an ? Peut-être simplement parce que j’ai pris conscience qu’il est futile de créer un nouveau blog pour fuir l’ancien, que cela n’effacerait pas celui-ci et surtout les souvenirs et le vécu associés. Autant les intégrer et, plutôt que les laisser prendre la poussière dans un coin, les transformer en terreau fertile pour quelque chose de plus constructif. Pas que ce soit facile ou que cela se fasse en un claquement de doigt, mais il faut bien commencer par quelque part.

Souvent, on ne peut pas s’empêcher d’éprouver des sentiments négatifs liés à une situation passée, lorsqu’on se retrouve dans la même configuration. Pourtant, nous ne sommes pas obligés de répéter le passé, de prendre les mêmes décisions, de vivre la chose de la même manière. L’être humain n’aime pas souffrir, et lors d’une épreuve difficile qui le blesse, il garde souvent des cicatrices. Celles-ci lui rappellent que la prochaine fois, il devra faire plus attention. Mais quand est-ce salutaire et quand est-ce handicapant ? Une brûlure par le feu nous apprend qu’il ne faut pas s’en approcher trop près. Une trahison par un ami nous apprend-elle qu’il faut se méfier du monde entier ? Comme tout, un équilibre doit se trouver. Fermer son cœur, comme ne pas sortir de chez soi pour éviter un accident, n’est pas une solution. Comment faire alors ? Certaines personnes sont douées de la capacité de pardonner ou d’oublier facilement, et s’ouvrir de nouveau, encore et encore. Mais pas toutes.

Je ne fais pas partie de ces gens. J’ai par le passé était trahie, humiliée, harcelée même. J’en ai beaucoup souffert et par mécanisme de défense, j’étais devenue effacée et solitaire, fermée et méfiante. Il m’a fallu des années pour réapprendre à m’ouvrir, à faire confiance, à oser me dévoiler et exprimer mes pensées profondes, que je préférais garder cachées, à l’abri de la moquerie et des attaques. J’avais adopté le noir comme couleur de vêtement. Une muraille pour me distancer des autres, me protéger des curieux qui voudraient me connaître. Une armure de discrétion et de protection. On ne va pas chercher à parler à quelqu’un qui a l’air sombre et solitaire, on s’imagine que c’est une personne passionnée par la mort, les chauves-souris et que sais-je… On la pointe du doigt par son style vestimentaire différent, mais on ne la critique pas pour la personne qu’elle est, parce qu’on ne sait PAS qui elle est. Et puis des bracelets à piques et autres finissent de dissuader les éventuels audacieux. Ouf, on est à l’abri. Un peu seule, mais « mieux vaut être seule que mal accompagnée ». Surtout quand on ne sait pas ce que c’est que d’être bien entourée. Longtemps, j’ai eu ce genre de vie-là.

Heureusement, l’amour a réouvert mon cœur, et m’a permis de me réouvrir aux beautés de la nature et au monde en général. Depuis, j’ai fait beaucoup de chemin. On finit bien par ce rendre compte qu’on est vraiment seule dans son coin, et que finalement, être avec des personnes aimantes, ça fait chaud au cœur. Alors timidement, on fait des pas vers les autres. On se casse les dents, parce qu’on a peu d’expérience en sociabilisassions, peu de points communs à partager avec la majorité. On se décourage, on retourne dans sa coquille. Puis par hasard, on rencontre une personne avec une passion commune, cela fait tomber les barrières. Avec le quotidien, le temps et la patience, on apprend à se connaître, on s’apprivoise, on gagne en confiance. Une relation d’amitié solide se construit, petit à petit, lentement, comme un jeune arbre. Mais cela ne se fait pas d’un claquement de doigt et toutes les graines ne prennent pas. C’est aléatoire, cela dépend de la personne que l’on est à l’instant T, de l’évolution de l’autre et de soi-même. C’est un peu comme les histoires d’amour. Les plus belles rencontres sont inattendues, on partage un bout de chemin plus ou moins long. Cela peut être une rencontre éclair, une amitié coup de foudre, ou bien une relation patiemment construite. Peu importe, du moment qu’elles sont précieuses.

Parfois on a peur de perdre cela. Avec l’éloignement géographique, avec la monotonie du quotidien, érodant les liens et les souvenirs. Mais parfois, on se sent surtout dans un désert, où toutes ces personnes semblent inaccessibles, parties sur leur chemin d’aventure, alors que l’on se retrouve ancré quelque part. Dans un nouveau lieu, une nouvelle région inconnue. Où les habitants semblent méfiants et les commerçants peu aimables. Où les villages sont déserts, où les cinémas sont lointains, où les bars sont peuplés d’anciens. Où la solitude semble être votre nouvelle compagne. Où la perspective de s’intégrer semble être une montagne gigantesque à gravir.

Pourtant les oiseaux chantent dans la haie, le ciel est bleu aujourd’hui, le froid dessine des arabesques de givre que le soleil vient chatouiller. Les cèdres veulent toucher les cieux, et l’herbe dormir tranquillement. Mais la perspective de parcourir ces paysages seule en allège le charme. J’aime découvrir de nouveaux chemins de campagne ou de forêt, me promener dans un petit village à maisons à colombages, être dans des lieux vides et paisibles. Mais c’est pour moi plus une habitude de vacances, de we de promenades, avant de rentrer quelque part où m’attend ma famille ou des amis. Ici, c’est maintenant ma réalité, mais personne ne m’attend chez moi. Mes amies viennent et découvrent avec moi, mais elles repartent le lendemain, pour elles se sont des vacances, la semaine elles retrouveront des gens et des lieux familiers. Pas moi, et je me sens mon cœur étrangement tiraillé.

L’effort d’adaptation me semble plus grand que d’habitude, plus difficile à faire. J’imagine qu’avoir tous ces repères chamboulés est forcément perturbant. Il faut du temps pour découvrir, s’habituer et s’installer. Moi j’ai plutôt envie de me cacher sous la couette au chaud et d’hiberner. Mon nouvel environnement me semble indifférent, voire carrément hostile par endroit. Comment accueille-t-on une fille qui vient d’ailleurs dans ces campagnes qui me semblent si différentes des miennes ? Des bouffées d’angoisse et de mal-être me submergent, comme des vieux souvenirs qui remontent. Et je me rappelle ces mauvaises expériences que j’ai eues : cet endroit où je me suis faite oppressée et chassée alors qu’on m’avait accueilli volontairement ; cette autre ville glauque où malgré mes efforts je n’ai pu rencontrer personne ; ces we mornes et gris en cité U où tout le monde rentrait dans sa famille et moi je restais seule. Qui me dit qu’ici cela ira mieux ?

Pourtant, je dois me rappeler qu’une mauvaise expérience n’est pas condamnée à se répéter. Que c’est à moi de saisir l’opportunité pour en faire quelque chose de mieux, de positif. Que ce n’est pas écrit d’avance et qu’il ne faut pas partir battue. Reconstruire un cocon, bâtir de nouvelles relation, s’accoutumer à une nouvelle région, cela prend du temps, mais il faut bien commencer quelque part.

J’ai beau me dire cela, ça sonne superficiel. Je ne me sens pas bien et je n’arrive pas à identifier la source de ce mal être. La fatigue ? Le stress ? Le fait d’être dimanche soir et d’avoir une dure semaine qui s’annonce ? La solitude ? Mon hypersensibilité heurtée ce we ? Depuis quelques jours, je suis dans une « phase de boulimie émotionnelle », je mange et je mange et je ressens le besoin de manger alors que je n’ai pas faim. Comme un exutoire. A quoi ? A mes émotions refoulées ? A toutes les brusqueries que je ressens intérieurement ? Je maudis mon hypersensibilité. Celle qui fait que je suis blessée par les émotions des autres, qui sont déchargées sur moi bien que je n’en sois pas la cible. Celle du commerçant qui s’énerve car il a eu une mauvaise journée. Celle du serveur qui est brusque car il est fatigué. Mon empathie me permet de bien mieux capter l’état d’esprit ou les émotions des gens. Mais c’est un poignard à double tranchant pour moi. Car de par mon hypersensibilité, ces émotions me heurtent de plein fouet. Je n’arrive pas à les laisser couler sur moi sans qu’elles m’atteignent. Comment le pourrais-je ?

 berangkat__by_megatruh-d3aivav

« Il n’y a pas cinquante solutions quand une situation parait sans issue. Soit on se laisse couler, soit on se remet en question. Plutôt que « pourquoi j’en suis là ? », essayer « où se cache le soleil ? ». » Sylvie

 Où est caché mon soleil ? Derrière quel nuage est-il parti ? Et comment le faire revenir ? Je rêve de courir dans les herbes hautes par une douce nuit d’été, de rire autour d’un feu de camp avec mes amis, de partager un gâteau aux pommes moelleux, de célébrer les petits instants avec les gens que j’aime. Pourquoi donc la solitude me pèse tant, moi qui n’ai jamais eu de problème à être seule et écouter le silence ? Est-ce parce que je ne trouve pas le calme en mon cœur, en ce moment, pour être touchée par la beauté de ce qui m’entoure ? Je voudrais tant rire comme une enfant le cœur léger. Sans me préoccuper de demain et de responsabilités. Mais je sens mon cœur lourd. Est-ce le stress et la pression qui me font tant ployer ? Il est peut être tant de réapprendre à respirer…

 18 janvier 2014

Auteur des images : Megatruh

Hypersensibilité et transformation

             J’ai l’impression que mon hypersensibilité a fait un boum et que je ressens bien plus les émotions qu’avant (ou tout de moins depuis que j’ai délaissé le « développement spirituel » il y a un an). Mais comme si cela avait quelque chose à voir avec le fait d’habiter de nouveau à la campagne, d’observer les arbres, de travailler avec des plantes, de ressentir le climat et de regarder le ciel chaque jour. Comme si j’étais plus connectée aux choses, et donc à moi-même ?
Cela me rend la vie difficile, cette hypersensibilité que je ne sais pas gérer. À l’annonce du massacre de Charlie Hebdo par mon collègue, j’ai été choquée et scandalisée, mais pas attristée comme par la mort d’un proche, parce que je ne connaissais pas ces gens. Pourtant quand j’allume la radio ou que je lis des posts sur internet, aux premiers mots sur le sujet, je suis frappée par une vague massive de tristesse, de choc et de douleur ; des émotions violentes et invasives, qui sont trop disproportionnées pour être les miennes. Je me sens comme cimpossibilities_by_b1nd1-d48r6xsonnectée à l’émotionnel général, qui combine tous ces sentiments émis, et cela me submerge.

Puis, je pense à mon travail, à ma relation avec mes nouveaux collègues. Je ressens à fleur de peau leurs réactions, même celles qu’ils cherchent à masquer : la colère refoulée, l’énervement, la méfiance, le besoin de juger, l’impatience, le scepticisme et j’en passe. C’est déjà dur d’arriver quelque part et de s’intégrer, mais ça l’est encore plus quand on perçoit les émotions que les gens veulent cacher… Comment me comporter, moi qui suit un livre ouvert et ne sait pas mentir ?

Je ne sais pas comment gérer ça. Comme je ne sais pas comment gérer la pression qui m’est mise. Et le stress envahissant qui me rend physiquement malade. Comment réagir quand on vous embauche pour relever tous les défis techniques qui sans ça conduiront à la fermeture de la boîte ou sa délocalisation ? Comment ne pas avoir la pression quand on représente l’investissement clé après plusieurs années de travail acharné, qu’on vous attend un peu comme le messie pour tout arranger, mais qu’en même temps on a peur des changements que vous pouvez apporter ? Est-ce que je peux vraiment porter ça sur mes épaules ? Est-ce que je suis de taille, alors que c’est mon premier job en tant qu’ingénieur ? Et si la solution attendue mettait trop de temps à développer ? Et si on attendait de moi une chose impossible, même avec la meilleure volonté du monde ?
À vrai dire, j’ai peur. Plus cela va et moins je me sens de taille. Pourtant, probablement personne de ma promo n’en sait plus que moi sur les sujets spécifiques que je dois traiter. Mais la tâche est immense et on attend de moi beaucoup, même beaucoup trop. Parce qu’il faut connaître le sujet pour appréhender sa complexité, mon patron ne se rend pas compte de l’immensité des tâches demandées.

           Face à tout ça, je me sens bloquée, coincée. Je ne veux pas avancer, parce que j’ai peur et je me braque. Je suis un bloc de glace qui craque, s’effrite et se brise sous le mouvement de la transformation, au lieu d’être une eau vive et souple qui suit le courant. Je ne me sens pas prête face à toutes ces transformations : changement de statut, de quotidien, de maison et de région (déménagement), de gens qui m’entourent physiquement. C’est un nouveau départ, et malgré tous ceux que j’ai déjà recherchés et voulus pendant mes études (plus de 3), je ne me sens pas prête pour celui-ci. Mon esprit se braque, et mon corps en fait de même. Trop fatiguée, trop démotivée… pas assez foi en moi-même ? Cette lutte interne m’épuise, physiquement et moralement.

lights_by_b1nd1-d48r97e
Comment changer les choses ? Comment changer ma relation à ces transformations, et les accueillir en les laissant couler en moi comme de l’eau ? Comment lâcher prise quand tout se crispe en moi-même ? Comment prendre du recul et dédramatiser ? Comment alléger un quotidien lourd où chaque journée semble trop longue par l’épuisement qu’elle provoque ?
Je n’ai pas la réponse à ces questions. Mais je vais bien devoir les trouver.
Un petit coup de pouce de l’univers ne serait pas refus. Puisqu’il paraît qu’il faut que j’apprenne à demander (et recevoir) de l’aide. J’imagine que c’est le moment.

14 janvier 2015

Auteur images : B1nd1

Vivre une injustice

two_lightning_strike_by_pierrerodriguez-d55u8l2Source image : Pierre Rodriguez
 

Aujourd’hui dans le cadre de mes études, j’ai eu l’occasion de ressentir ce que cela faisait vraiment de vivre une injustice. Pas seulement d’en être témoin, mais bien de la vivre dans la peau de la personne concernée. Je n’avais jamais ressenti cela aussi clairement et fortement jusqu’à ce jour.

C’était à propos d’un sujet stupide, qui n’a pas conséquence de vie ou de mort. Juste une ségrégation stupide réalisée par un professeur entre étudiants ingénieur et master. N’empêche, j’ai été choquée comme jamais.

Quels sentiments cela a-t-il éveillé en toi ?

Tout d’abord une grande colère, une immense colère incontrôlable. Alors que je suis quelqu’un de calme, de posé. J’étais prête à engueuler la prof et partir en claquant la porte, chose qui ne m’était jamais venue à l’esprit avant. Si cela n’avait pénalisé que moi, je l’aurai fait, mais je me suis retenue pour mon groupe de travail.

Et puis ?

Et puis, dès que j’ai laissé la colère retomber…. Mais oui, tiens ! Elle est retombée d’un seul coup comme un soufflet. Alors que quand je suis vraiment en colère, ça ne passe pas comme cela, ça m’est du temps à redescendre. En fait cela ne redescend pas tant que je ne l’ai pas exprimé d’une manière ou d’une autre. Or là… pouf, d’un seul coup. Comme si on appuyait sur un interrupteur. Éteinte.

Après cela, je me suis mise à ressentir une terrible tristesse, j’ai failli me mettre à pleurer sur le champ. J’ai du canaliser l’émotion et évacuer l’énergie en soufflant, me recentrer sur moi-même pour éviter de pleurer. Et d’un seul coup l’atmosphère de la pièce entière a changé…

C’était vraiment bizarre !

Est-ce que tu crois que je me suis laissée emporter par mon empathie ?

C’est la première fois que tu étais bizarre comme ça ?

Ben… Switcher comme ça devant autant d’autres personnes, non. Ne pas réussir à garder mon sang froid à cause d’un sujet aussi superficiel… A part avec ma famille, mais la famille ce n’est pas pareil, ils ont le don de m’énerver en 3 secondes chrono parce qu’ils connaissant mes réactions.

Revenons à notre sujet. Comment analyses-tu la situation à postériori ?

L’analyser… Et bien c’est vrai que les filles de mon groupe étaient aussi très en colère. Je l’ai bien vu et senti quand j’en ai reparlé après avec N. En fait j’ai l’impression d’avoir servi de catalyseur. Elles n’osaient pas afficher leur colère, ni dire un mot de travers, mais leur émotions étaient très fortes. Jusqu’à ce que je commence à hausser le ton, et là elles ont eu peur de la réaction de la prof face à ma colère explicite. Et pouf, la peur a fait tomber leur colère comme un soufflet. Et j’ai pu reprendre un minimum le contrôle sur mes propres émotions.

A postériori, je dirais que je me suis vraiment fait balayée !!!

Bon, et l’injustice dans tout ça ? Pourquoi t’es tu laissée envahir par ces émotions ?

Parce qu’elles faisaient  écho aux miennes, elles les ont juste exacerbées. Et ça faisait trop, le bouchon a sauté !! J’ai toujours été touchée par le fait d’assister à des injustices, et je détestais rester sans réactions dans les cas concrets devant moi, trop délicats pour intervenir. Mais là, le vivre…

La colère oui, parce que je trouve ça stupide. Comment un professeur peut-il refuser de répondre aux questions de ses propres élèves, sous prétexte que c’est un cours qu’il donne aux ingénieurs et pas aux masters ? Alors que ce même prof vous a donné un projet à faire ? Et que vous ne trouvez que de la biblio payante ? C’est tellement anti-pédagogique… Ce n’est pas comme si on attendait que cela nous tombe tout cuit dans le bec. On a passé des semaines à chercher et on va la voir en dernier recours…

Alors tu comprends mieux la grande tristesse ressentie ?

Oui, le découragement, le désespoir, la déception… A quoi bon travailler sérieusement si même vos profs vous mettent des bâtons dans les roues ? Ça veut dire quoi ???

Peut-être que ce n’est pas ce sur quoi tu dois te concentrer en ce moment. Peut-être que tu as d’autres priorités plus importantes.

Comme mon rapport de stage ?

Oui, par exemple. Ne disperse par ton énergie vainement, là où tu sais qu’il n’y a rien à attendre.

Oui mais enfin ! A quoi cela sert-il de nous donner un projet si c’est pour ne le faire qu’à moitié ??

Je te retourne la question. A quoi ce projet t’aura-t-il servi ?

A comprendre que cette prof ne sert pas à grand-chose… !

C’est un peu dur. Et sinon ?

Que… je ne veux plus travailler avec une partie de ces filles là. Quelles énergies négatives !

Et cela va-t-il te servir ?

Oui, je pensais sincèrement faire tous mes autres projets avec C. plutôt que N. Pourtant les opportunités que m’a données la vie, m’ont fait radicalement changer d’avis sur les deux ! N. se donne une façade de commère superficielle, mais elle cache de très nombreuses blessures ainsi que sa maturité. Et C. n’est pas si ouverte d’esprit que l’image qu’elle cherche à donner…

Mais bon, ce n’est pas ça qui m’intéresse ! Et l’injustice dans tout ça ?

Que retiens-tu de cette leçon ?

Ne jamais discriminer les gens sur leurs statuts ! Car ils ne reflètent pas leurs compétences réelles. Mais je le savais déjà !

Oui, mais l’avais-tu déjà vécu de cette façon ?

Non.

C’est la différence entre savoir et connaître.

Ahhh… J’ai encore du mal à faire la distinction.

Ça viendra. Cela t’a-t-il fait du bien d’en parler ?

Oui, merci !

La part sombre…

Brûle et incendie
Ravage et pille…

… le coffre de mon cœur
si lourd de souffrances
et pourtant préservé des malheurs.

Arrache la peine tatouée dans ma peau
bien trop lourd fardeau,
Laisse tomber à mes pieds
ce manteau à l’infini rapiécé,
Des milles émotions d’autrui
dont m’encombre mon empathie.

Feu purificateur
Brûle-moi de tes ardeurs !
Encore et encore…

Jusqu’à n’être sans remords
Que cendres et poussières…
Jusqu’à naître à la mort
Purifiée de ce calvaire…

© Witchlight Dreams
15 septembre 2012