Perdre ou gagner la bataille ?

Artiste : Yuumei

Qu’est ce qui m’empêche d’écrire sur mon blog ? Je me suis posée cette question il n’y a pas longtemps. J’étais fatiguée de ressentir de la tristesse à chaque fois que je lisais le blog d’autres personnes, parce que moi je n’arrivais plus à écrire et donner vie à mon propre univers.

Je pourrais chercher mille raisons. Après le retour au domicile familial, où la médiumnité est taboue, il était dur de donner du poids à mes ressentis, de poser des mots dessus et de partager à ce sujet. Alors qu’à la Réunion, je pouvais en discuter librement avec quasiment tous mes amis. Ce fut un changement brutal et difficile. Peut-être comme renier une partie de soi. Cela n’aurait dû que me motiver encore plus à écrire ici et partager mon vécu sur la médiumnité et ma spiritualité. Pourtant, cela a eu tout l’effet inverse. Comme une douche froide. Il n’y a pas à dire, mettre des mots et partager sur des énergies subtiles et invisibles, cela aide à rendre cette perception de la réalité tangible. A lui donner du poids, à y croire et à garder confiance en soi. On peut probablement dire que j’ai eu une crise de foi en mes propres capacités. Pourquoi n’arrivais-je plus à entendre mes guides ? Ni à accéder à mon domaine astral ? Et puis, bizarrement, les amies avec qui j’en parlais se sont comme éloignées ou n’abordaient plus le sujet. Je suis rentrée dans une nouvelle sorte de désert.

En plus du désert matériel, professionnel et sentimental, voilà que je rentrais dans un désert spirituel. Peut-être pour éprouver ma foi et ma confiance en moi-même. Peut-être pour me faire prendre conscience que, jusque-là, j’avais été accompagnée de près, même si je râlais et pestais le contraire. Fini les rêves messagers, fini les synchronicités sur un plateau, fini les rencontres providentielles, fini les conversations avec mes guides, fini ma capacité à tirer le tarot et utiliser le pendule. Je me suis sentie vide et inutile. Voilà que tout ce qui a créé ce foutu décalage avec mon environnement, tout ça m’échappait des mains. Pourtant, je ne pouvais pas faire comme si tout cela n’existait plus. Ce n’est pas parce que je ne sentais plus les énergies qu’elles n’existaient plus tout à coup. Ce n’est pas parce que je ne faisais plus passer les âmes errantes, qu’elles n’erraient plus. Ce n’est pas parce que je n’entendais plus mes guides, que tout à coup la Source et ses messagers étaient rayés du monde.

Non, je savais qu’ils étaient là, quelque part. Comme momentanément inaccessibles. C’est peut être ça, la « crise de foi » du médium. Je ne sais pas, je n’ai jamais eu l’occasion d’en parler avec quelqu’un. Cela vous est-il déjà arrivé ? J’ai déjà lu sur un autre blog, que souvent, dans ce cas de figure, c’est le médium qui n’est plus en état « d’entendre ». Question de taux vibratoire qui aurait chuté ? Après tout, c’est vrai que j’étais occupée à combattre une dépression nerveuse. J’avais probablement les mains déjà pleines avec ça, alors gérer les ressentis et les accès à différentes énergies, ce n’était peut-être tout simplement pas le bon moment. Peut-être mes guides ont-ils fermés mes accès pour me laisser me concentrer sur cette foutue dépression nerveuse.

Non, c’est vrai, je ne devrais pas avoir honte de dire que j’ai traversé une dépression nerveuse. Surtout alors que je suis atteinte d’une maladie chronique telle que l’endométriose, qui use et fatigue. Que j’ai perdu mon compagnon, mon travail et mon indépendance dans la bataille en chemin. Que me restait-il après ça ? Ma famille, mes proches et la spiritualité. J’ai découvert la peinture et d’autres choses sur moi-même. Non, on ne peut pas se définir en tant que « médium », mais perdre tout à coup ses capacités, c’est finalement comme perdre un sens dont on n’avait pas vraiment conscience. Une façon de percevoir et de lire le monde, de se relier à lui et de s’aligner au flot de la vie.

En conséquence de quoi, je me sens profondément isolée. Peut-être me suis-je isolée moi-même. Après tout, c’est une des caractéristiques de la dépression nerveuse, le repli sur soi. Et quel n’a pas été mon chagrin de voir que peu de mains et de présences se sont tendues vers moi. De façon positive, cela a fait du tri. Et j’ai été étonnée de constater combien j’attendais encore des autres, alors que je m’efforçais, depuis des années déjà, d’apprendre à m’aimer par moi-même et subvenir à mes propres besoins émotionnels. Un pas en avant, deux pas en arrière… Rien n’est jamais acquis on dirait, avec l’amour de soi-même. On peut être en haut d’une colline, puis sombrer dans un ravin. Il faut l’entretenir tous les jours, TOUS LES JOURS.

Je ne sais pas où je vais, je suis encore plus dans le brouillard qu’auparavant. Rester immobile ou avancer ? Vers où ? Vers quoi ? Je vais me contenter pour l’instant de trouver un moyen de sourire. Je n’ai pas fait tout ce chemin pour perdre la bataille.

11 août 2018

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Endométriose & repos

Article et liens très intéressants !

Mod.imaginaire

Les personnes atteintes d’endométriose ou plus généralement d’une maladie chronique doivent souvent se reposer.

Mais, en fait, comment on fait ??!

Je viens juste d’être opérée. Je suis en convalescence et me reposer c’est toujours compliqué. Car j’ai mal et ne trouve aucune position parfaite et sans douleur mais pas seulement. Car j’angoisse de ne pas pouvoir travailler, que ma dépendance physique me fait peur, que je n’ai pas la force de me concentrer longtemps sur quoi que ce soit et que j’ai du mal à m’ennuyer, beaucoup de mal ! J’aime beaucoup le site The Mighty (en anglais) pour les personnes atteintes de maladies chroniques et il y a cette vidéo géniale sur la réalité du repos pour ces personnes: Le repos en vrai!

En fait c’est un repos forcé, avec des douleurs, des cicatrices, une fatigue incroyable, et un état psychique pas vraiment au top. Pas franchement un…

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Hyperacousie et stress [Endométriose]

 

Artiste : Picolo-kun

Je sors d’un RDV avec l’ORL et je suis dépitée… Depuis plus de 6 mois, mes acouphènes ne cessent d’augmenter, ainsi que mon hyperacousie. A un niveau qui en devient gênant : je ne peux plus aller au cinéma sans boule quiès, les bruits de travaux dans le quartier me collent la migraine pour la journée, je supporte de plus en plus mal d’aller dans des cafés et magasins avec de la musique d’ambiance. Et cerise sur le gâteau, depuis quelques temps, j’ai carrément des douleurs quand je suis exposée au son : quand mes parents écoutent la radio ou regarde la télé, le volume du son est beaucoup trop fort pour moi.

J’en ai parlé à ma nouvelle médecin traitant qui m’a envoyé voir un ORL. Coup de chance, j’ai eu un RDV très vite grâce à un désistement (sinon compter 3 mois d’attente). Et mes acouphènes ne sont pas liés à une perte d’ouïe, ce qui est rassurant. Evidemment, j’ai oublié de poser la question à savoir « est-ce que des allergies peuvent les augmenter ? » mais j’en reparlerais à ma médecin. Après un check up total, le verdict est : « je ne peux rien pour vous ». Pas de problème physiologique. On pourrait dire que c’est positif, oui mais alors quelle remède ? Comment me débarrasser de ses douleurs provoquées par le son ? A priori, cela relève plutôt de la sphère psychologique avec le coupable fréquent : « trop de stress, trop d’anxiété ». Son conseil : prendre des anxiolytiques. Pas vraiment la solution rêvée…

Voilà la 2ème fois dans la semaine que j’entends une personne du corps médical me parler de « stress ». La première fois, c’était ma nouvelle kiné, qui a émis l’hypothèse que ma sciatique serait provoquée par le stress que l’endométriose me cause, physiquement et psychologiquement. Donc, 2 personnes du corps médical qui appuie sur ça.

Sauf que jusque-là, je ne me sentais pas psychologiquement si stressée que ça. Le stress de mon ancien boulot et de mon supérieur ont disparu. J’ai un toit sur la tête et à priori je suis protégée des soucis financiers pour quelques mois à venir. Depuis que j’ai déménagé, ce souci-là a disparu aussi. Le problème c’est que j’ai du mal à voir pourquoi je serai stressée ! Ou alors, si je le suis, je ne m’en rends plus compte, tellement je suis habituée (et dans ce cas-là la source de stress remonterait à loin ?). Enfin, tout du moins habituée mentalement, car mon corps lui semble protester de tous les bords.

Et le résultat de la prise sang tombe : anémie. Comment ça anémie ? Je n’en ai plus eu depuis mon arrêt du gluten il y a un an ! Et ça revient quand je rentre en métropole ? Alors que je n’ai pas eu de perte de sang depuis plus de 4 mois ? Et qu’en plus ma consommation de viande a augmenté depuis mon retour ? Qézako ? Franchement, je ne comprends rien du tout…

Tout ça m’exaspère. Stressée moi ? Je le suis pourtant bien moins que mes parents avec leur boulot. Je me lève quand je veux, je ne cours nulle part, j’essaye de prendre mon temps. Je médite, passe du temps au contact de la nature. Comment je pourrais être stressée ?

Bon, c’est vrai… Je suis stressée à cause de la maladie. Rien que les douleurs physiques et les crampes sont sources de stress interne biologique (défini comme un stimulus à un niveau inhabituel sur une durée de temps trop longue). Et puis, il y a la part psychologique : comment intégrer les contraintes causées par la maladie à ma vie professionnelle, sociale et sentimentale ? La peur du rejet aussi, à cause de ces contraintes, que ce soit au boulot ou dans les relations… Celle de l’incompréhension, de la solitude générée. Et blablabla. C’est une réalité. Mais comment je suis censée désamorcer ce stress de fond, qui est là depuis des années et ne fait qu’augmenter avec le temps et l’apparition de nouveaux symptômes ? Erk, c’est un cercle vicieux…

Et puis, peut être que je suis stressée par l’incertitude de mon futur professionnel, étant donné que je n’ai aucune idée de ce que j’ai envie de faire : reconversion partielle ? Reconversion totale ? Formation ? Sortir du circuit classique de l’emploi ? Est-ce possible de trouver un poste de travail dans une ambiance de respect et d’épanouissement dans ce contexte de crise sociale (bonne pour les chantages et autres ambiances pourries de boulot) ?

A l’heure qu’il est, je m’interroge vraiment sur le type de modèle de travail qui me conviendrait le mieux : quel type de structure ? Quel fonctionnement managérial ? Quelles relations d’autorité ? Travail à mon compte ? À domicile ? Quelle politique d’entreprise ? Quelle philosophie derrière ? Quelle utilité sociale ou environnementale ?

Qu’est-ce qu’il me conviendrait le mieux, à moi personnellement ? A ma santé fragile, à ma soif d’apprentissage, à mon ennui facile et à mon besoin de créativité ? Mais aussi à mon besoin d’humanisme, de respect, de partage, d’écoute et de compréhension ? Et puis aussi : comment une médium, hypersensible, empathe, peut-elle s’intégrer dans le monde du travail et y trouver une place pour elle en valorisant ses qualités ? Et dernière question cruciale : comment conjuguer le boulot et vivre au mieux l’endométriose (souvent source de précarité professionnelle) ?

Franchement, je suis sûre que vous êtes d’accord, ça fait beaucoup de questions. Ah, cela me rappelle mon dernier post « tu réfléchis trop avec la tête et pas assez avec le cœur ». Mais que me dit mon cœur, les élans de mon âme ?

Et bien j’ai récupéré quatre dessins d’enfant avec mon âme. Qu’est-ce que j’en fais maintenant ? Deux indiquent une voie de cheminement spirituel, mais ce n’est pas quelque chose qui peut se développer directement dans un environnement professionnel. Et les deux autres : qézako ? Ça veut dire quoi des fleurs qui n’existent pas et un soleil ? Franchement, mes guides, je suis censée en faire quoi ? C’était juste pour me pousser à me remettre en lien direct avec mon âme ? Ce n’est pas une réponse ça !

Ce sont des réponses métaphoriques. Le soleil c’est l’épanouissement, la joie et la chaleur. Tes fleurs inconnues ce sont la subtilité ; la sagesse et la…

La quoi ? La médiumnité ? C’est ça que j’ai capté ? Ou la créativité ?

La créativité est une forme de médiumnité. La notion que recouvre ce dernier concept n’a pas de mot concret dans ton esprit, tu ne peux pas la traduire.

D’accord, donc la « … » me voilà bien avancée ! Ce terme recouvre aussi une notion de magie non ?

Comme la magie de l’émerveillement, mais aussi de celle qui lie toutes choses entre elles. C’est plus un concept qu’un mot, tu ne peux pas chercher à le résumer comme ça. Il te faudrait pleinement le ressentir en toi pour pouvoir vraiment bien le décrire.

Ah… De toute façon, je me sens paumée, alors un peu plus ou un peu moins. Avoir les élans de mon âme, c’est bien. Mais je ne vois aucunement comment les transcrire dans le monde du travail. Je veux dire, cela a peu à voir avec la réalité concrète de ce monde. Je sais, je me suis déjà cassée les dents dessus… Ça veut dire quoi, que ce n’est pas le moment de chercher un boulot et que je suis censée développer d’autres choses ? Je veux bien, mais comment je suis censée subvenir à mes besoins matériels et construire une vie matérielle ?

Chaque chose en son temps. Pour l’instant, tu n’as pas besoin de « subvenir à tes besoins matériels ». As-tu faim ? Es-tu frustrée ? Manques-tu d’argent ?

Non, mais cette situation ne sera pas éternelle.

Concentrons-nous sur le présent.

Il n’y a pas besoin d’un travail pour que le soleil brille dans ton cœur. Il n’y a pas besoin d’une direction professionnelle pour te connecter aux éléments.

Me connecter aux éléments ?

Essaye de rentrer un peu plus en contact avec les esprits des fleurs. Tu seras surprise. Elles ont peut-être des choses à t’apprendre « en attendant ».

En attendant quoi ?

Le reste.

Et bien, vous êtes bien cryptiques…

Un pas après l’autre. Pas plus vite. De toute façon, tu ne le peux pas.

Je vais être malade longtemps comme ça ?

Tu verras.

Bon, merci… ?

17 mai 2017

« Trop de questions dans la tête »

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Cela va faire plus d’une semaine que je me traine comme une lamentable chaussette. Crise de fatigue chronique ? Crise d’endométriose ? Virus ? Allergies ou autre chose ? Processus énergétique ? C’est quoi ce bazar, j’aimerais bien comprendre pour mieux savoir comment réagir ! On ne se comporte pas pareil si on a attrapé la grippe, que si on a une montée de Kundalini par exemple…

On commence par aller chez le médecin pour vérifier que tout va bien au niveau physique.

Ah, j’aimerais bien ! Dire que j’ai mis un mois entier avant de trouver un médecin traitant ! Entre le fait de chercher quelqu’un d’un minimum compétent et recommandé face à l’endométriose, et des « on ne prend plus de nouveaux patients », des congés et des délais… J’ai rdv la semaine prochaine et cela va faire plusieurs semaines que j’ai posé le RDV, alors que j’étais juste fatiguée…

Franchement, dans ce genre de cas, je suis vraiment désespérée. Que suis-je censée faire si je n’arrive pas à trouver un fichu médecin traitant ? La même pour le kiné avec des délais de 3 semaines… Et je ne parle même pas du gynéco, pour lequel j’ai encore de l’attente et où je vais devoir me déplacer à 1h30 de route… Je ne pensais pas me heurter à un tel désert médical, alors que pourtant la ville où je suis est une des principales du département ! C’était plus facile à la Réunion, ce qui est un comble vu qu’on me disait « tu seras mieux suivi en métropole ». Que dalle, préjugés à la c**. Ça me donnerait presque envie de repartir, tiens ! Sauf qu’il n’y a pas de centre de cure thermale spécialisé en gynéco à la Réunion. Mais je me demande si je vais réussir à la faire cette cure…

Ah, ça me décourage tout ça. Ça m’énerve aussi. J’ai l’impression d’être laissée sur le bord de la route, d’être à la ramasse et de ne rien comprendre. Je demande guidance et soutien, des explications aussi et que dalle… J’aimerais savoir ce qu’il se passe, parce que je sens que ce n’est pas habituel. J’aimerais savoir pour mieux accueillir et m’adapter dans la façon de le gérer. C’est trop demander ? Qu’est-ce que vous faites mes guides ? Yoooouuuuhou c’est le moment de vous manifester !

J’en ai marre d’être larguée. Marre de devoir lâcher prise sans rien comprendre. Je suis rentrée pour prendre soin de ma santé, et celle-ci ne fait que se dégrader depuis, c’est de pire en pire ! Qu’est-ce que je fais mal au juste ? Je fais bien attention à mon régime sans gluten et sans lactose. Je n’ai même pas craqué alors que je vois mon père manger mon ancien fromage de chèvre préféré. Je prends bien mon traitement. J’essaye de soigner mon sommeil du mieux que je peux. D’alléger mes douleurs à coup de bouillote. Je me suis remise à méditer comme vous me l’aviez conseillé.

Je ne comprends pas, ça m’énerve, ça me désespère (oui, oui, je me répète, je sais). Ça me fait me sentir impuissante et bientôt je vais péter un câble ! Comble de l’ironie, alors que je me dis que j’aurais besoin d’une aide, une amie m’appelle pour m’en demander, car elle est à peu près dans le même état. C’est quoi, c’est les énergies du moment ? C’est pour ça que je ne fais que rêver de tempêtes dehors et de devoir fermer mes volets ?

Putain de bord** ! Pourquoi vous ne me répondez pas ? Il va falloir encore que je râle longtemps pour que vous vous manifestiez ? (oui, oui, ça s’adresse à mes guides, l’exaspération me pousse à la grossièreté, mais je vous rassure, c’est plutôt rare). Ça vous fait rigoler de rester en retrait sans rien me dire pendant que moi je galère toute seule ?

Franchement, il y a des moments comme ça où je me sens bien seule, même si je suis censée pourvoir parler avec mes guides, recevoir des messages, blablabla… Si je pouvais être médium uniquement sur commande, quand j’ai besoin d’explications, ça m’arrangerait bien tiens. Au lieu de ça, mon hypersensibilité me fait faire l’éponge face à mes parents, et ma médiumnité me fait capter des infos désagréables dont je me passerais bien.

Comme celle de ce soir. En descendant, j’ai remarqué que le bon de réduction, que j’avais laissé sur la marche de l’escalier pour le monter plus tard, avait disparu. Et j’ai su tout de suite. Ma mère l’avait embarqué en le prenant pour le sien (qui était pourtant rangé à l’autre opposé de la maison) et l’avait utilisé. En soi, absolument rien de dramatique. Mais ce geste inconscient m’a fait capté l’info que ma mère n’a toujours pas intégré que je VIS dans cette maison, et pas que je suis juste de passage. Elle se comporte encore sans le vouloir, par moment, comme si tout ce qui était dans cette maison était à elle, sans faire attention à distinguer ce qui m’appartient, de ce qui est à elle. Alors pour les objets très différents, ça se voit (et encore…) mais pour ceux qui sont identiques…

Je ne peux pas lui en vouloir, après tout, cela fait des années que je ne vivais plus à la maison. Et cela ne va faire bientôt qu’un mois que je suis de retour. Mais je sens qu’elle a beaucoup de mal à intégrer cette réalité. Pour elle, je ne suis de passage que quelques mois, je vais bientôt re-déménager. Alors que ce n’est pas mon intention, je ne me vois pas partir avant la fin de l’année, et je lui ai bien dit. Et la réaction émotionnelle de mon côté est disproportionnée. Parce que cela me renvoit à ma blessure de rejet par la mère. Une part d’elle n’arrive pas à intégrer l’idée que je vais rester, une part d’elle est pressée de me voir repartie. Même si c’est une part totalement inconsciente, cette réalité subtile me fait mal, parce que je la « sens », je la « sais ».

Je mets des mots dessus parce que j’y ai réfléchi et que j’ai essayé de retracer le chemin me menant à cette émotion et cette connaissance. Mais en vrai, elle a été instantanée. Dès que j’ai vu le coupon manquant, j’ai capté tout ça. Evidemment, il m’a fallu un peu de recul pour décrypter pourquoi j’ai eu une réaction émotionnelle si forte. Evidemment, j’ai vérifié la véracité de ce que j’ai capté : était-ce bien elle qui avait pris le bon ? L’avait-elle utilisé ? Etait-ce une confusion ? Oui, oui et re-oui. Elle m’a donné le sien à la place. Alors pourquoi cela n’a-t-il pas suffi à apaiser ces émotions violentes de tristesse ?

Parce que cela n’efface pas l’information que j’ai capté, et que je suis sûre qu’elle refoule elle-même. Une part d’elle n’a pas envie que je reste vivre à la maison. Je peux le comprendre. Dans son conditionnement, enfant à la maison = responsabilités, travail en plus, restriction de sa liberté gagnée. Ma mère a eu l’habitude de tout sacrifier pour nous quand nous étions petites. Pourtant, ce n’est pas ce que je souhaite. Je n’ai plus 9 ans, je participe aux tâches domestiques communes, je peux rendre des services, je suis autonome pour mes repas ou j’ai un plan B pour les repas communs s’il y a du gluten. Alors c’est vrai, quand je suis malade et coincée au lit, je suis d’une moins grande aide et mes parents écopent de mes courses à faire car je ne peux pas sortir. Mais je compte bien veiller à ne pas être un poids financier, à participer au paiement des charges.

Cela m’a frappé que ce petit « accident » ait eu lieu après leur avoir demandé à combien ils pensaient estimer ma part aux frais d’électricité et d’eau, pour que je leur fasse un virement mensuel. Alors que je tiens à leur montrer ma volonté de ne pas être une surcharge (au moins financière, à défaut de malade à aider de temps en temps) en tant qu’habitante de la maisonnée, voilà ce message incongru que je capte. Je suis censée en faire quoi au juste ?

Lui laisser du temps. Ta mère a besoin de temps pour s’adapter à la situation et pour comprendre que ses peurs et préjugés sur ton retour à la maison ne sont pas fondés. Elle n’est pas dans une période propice à la réceptivité. Ton père l’est bien plus, et tu as vu qu’il commence à prendre le pli. Il commence à lire toutes les étiquettes pour vérifier s’il y a du gluten ou du lactose.

Oui, j’ai vu et cela me touche. Je sais bien que les changements ne se font pas du jour au lendemain. Et j’ai bien noté ce que vous m’avez dit sur le fait de subvenir à mes propres besoins par moi-même. Qui sont en grande partie des besoins immatériels, de l’attention, de la bienveillance, de la douceur, du soutien moral, etc…

Je me rends compte que je porte des attentes sur eux, et qu’en plus, je ne fais pas forcément pour eux, ce que j’attends moi-même d’eux. Comme leur demander comment c’est passé leur journée. A vrai dire, je n’en ai pas vraiment besoin. Il suffit de les écouter et de les observer, et mon hypersensibilité fait le reste. Mais leur poser la question ouvre aussi la porte aux plaintes ou aux pensées formulées de façon négatives, surtout chez ma mère. Et ça, j’ai du mal à gérer… Vraiment du mal. Je suis déjà touchée de plein fouet par leurs énergies sans qu’ils parlent, alors avec… Quand elles sont positives, cela ne me gêne pas. Mais après une journée de boulot, c’est rarement le cas. C’est plutôt épuisement, stress, déception, anxiété, préoccupation pour les futures tâches à faire, dévalorisation, etc. Ma mère n’attend qu’une chose, c’est d’être à la retraite. Plus le temps passe et plus le travail devient difficile, car elle fatigue, mais aussi parce que les conditions de travail se dégradent dans son entreprise. Franchement, ça ne fait pas envie…

Ça ne fait pas envie, et au milieu de tout ça et de mes soucis de santé, je suis convoquée à un entretien par Pôle emploi ! Franchement, qu’est-ce que je vais bien pouvoir y dire ? SOS ma vie est en bordel, je ne sais plus du tout ce que je veux faire, et ma santé est pire qu’une roulette russe ?

Peut-être que les deux sont liés.

Méchant ! Ce n’est pas ce que j’ai envie d’entendre ! Tu es en train de me dire qu’il faut que je retrouve un boulot pour retrouver la santé ?

Non, ce que nous sommes en train de te dire c’est qu’il ne sert à rien d’attendre de retrouver la santé pour commencer à faire des projets et te projeter. Tu auras toujours une santé fragile, comme l’a si bien décrit Sylvie dans son article, que tu aurais pu copié-collé pour parler de ta propre santé. Ce n’est pas une raison pour t’arrêter dessus, suspendre indéfiniment ton futur professionnel. Si tu as le bon projet et que c’est le bon moment, il se fera, bonne santé ou pas. Tout ça, ce n’est qu’une excuse pour reculer des quatre fers.

Ouah, super… C’est moi qui vient pour pousser un coup de gueule et c’est vous qui m’engueuler parce que je ne me bouge pas assez pour mon projet professionnel ?

Il est temps que tu te remettes en mouvement, si ce n’est extérieur, au moins intérieur. Tu as créé de l’espace pour semer une nouvelle graine, il serait peut-être temps maintenant de la semer.

Et semer quoi comme graine ? Parce que je veux bien moi, réfléchir tout ce que tu veux. Mais je suis comme une girouette avec mille directions possibles. Comment en choisir une quand je ne sais pas ce dont j’ai envie ? C’est un casse-tête sans fin pour moi.

Tu n’as pas besoin d’y réfléchir, pas pour l’instant. Tu as besoin de le ressentir, au fond de toi, au fond de ton cœur. Tu as besoin de te laisser guider par ton âme. D’où les messages que tu reçois de rester en retraite, de t’occuper de toi, de te connecter à ton esprit intérieur. Ce n’est pas par plaisir que nous te coupons en grande partie du monde extérieur. C’est pour te pousser à te tourner vers l’intérieur et à écouter le message de ton âme. Il n’y a pas de meilleure guide qu’elle.

Et je suis censée deviner ça toute seule ? Vous ne croyez pas que ça serait plus efficace avec les sous titres ? Parce que franchement, laissez tomber, je peux être malade pendant 3 piges si vous ne m’aidez pas à comprendre l’origine du problème.

L’origine du problème. Et bien tu te réveilles chaque matin avec un fort mal de gorge : problème d’expression. Tu es épuisée et tu n’as plus d’énergie vitale : tes activités ne sont pas suffisamment nourrissantes. Ton hyperacousie s’est accentuée, d’après toi, ça veut dire quoi ?

Je ne sais pas, je me suis posée la question, mais je n’arrive pas à trouver la réponse.

Nous allons t’aider : tu entends trop de plaintes au sujet du monde du travail. A la télé, à la radio, dans la bouche de ta famille, mais globalement de toute la société. Le travail est associé à une corvée, pour beaucoup de gens, la grande majorité. Ce n’est pas ce que tu veux dans ta vie. Ce n’est pas ce que tu peux te permettre avec ta maladie.

Oui, ce dernier point, je l’ai compris. J’ai peu d’énergie et une santé fragile. Avec l’endométriose, j’ai besoin de beaucoup de repos et de récupération. Le peu d’énergie que j’ai passe souvent au quotidien dans le boulot. Si ce boulot n’est pas régénérant, qu’il me pompe tout, je m’épuise et je ne tiens pas le coup dans la durée… Mon équilibre est fragile et il faut vraiment que je trouve un moyen de le préserver au quotidien (enfin commençons déjà par le restaurer, ça serait bien).

Mais c’est une sacrée contrainte. Je ne me vois pas la remplir dans le monde classique du travail actuel. Je sais bien que certaines personnes arrivent à se créer le job qui leur convient sur mesure. Mais il faut quelque chose : une idée, un talent ou une facilité, une passion ou une forte motivation. Un élément moteur et surtout un concept, quelque chose qui donne une ossature.

Moi je suis à des années lumières de tout ça. Je ne sais même pas dans quel domaine je veux évoluer : la recherche, l’enseignement, le journalisme, le bien être ? Formation ou pas formation ? Vers quoi aller ? Comment ? Pfuit, c’est le vide absolu !

Il est trop tôt pour faire de telles projections. Si déjà tu essayais de capter l’élan de ton âme, ça irait mieux. Tu te poses trop de question avec la tête et pas assez avec le cœur.

Facile à dire dans notre société… « Tu te poses trop de question avec la tête et pas assez avec le cœur. » Et comment je fais pour poser des questions à mon cœur et à mon âme, hein ? Elle semble bien en standby cette dernière.

Parce que si tu ne l’écoutes pas, elle ne prend pas la peine de s’égosiller pour rien. C’est comme une plante qu’on arrose. Plus tu en prends soin, plus tu apportes de l’attention, plus elle se fait expressive.

Oui, je comprends l’idée, merci. Et concrètement ?

*sourire mystérieux* Demande à te connecter à elle et tu verras bien.

Bon, vois par toi-même, quoi. Ok, merci.

13 mai 2017