Travail et vocation

Artiste : Guweiz

Quels sont mes rêves ? Quelles sont mes aspirations ?

Qui pourrait croire qu’il est si difficile de savoir ce que l’on veut faire de sa propre vie ? A 18 ans, le bac en poche, on ne sait pas vraiment qui on est, pas encore. On a à peine vécu. On quitte tout juste  la sphère familiale et son influence. On est modelé par notre éducation et notre environnement. Est-on alors capable de déterminer nos souhaits professionnels quand aucune vocation claire n’est apparue ?

La passion pour un domaine suffit-il pour vouloir en faire sa profession ? Qu’attend-on du travail ? Quelle place veut-on occuper dans la société ? Je suis sûre de ne pas avoir réfléchi à toutes ces questions à l’époque, bien que je prenais la question de mon orientation post-bac très au sérieux. Je m’étais renseignée  de nombreuses heures, en épluchant brochures et magazines d’orientation, en cherchant sur internet.

Pas vraiment étonnant alors qu’au jour d’aujourd’hui, mon diplôme et mon orientation ne me correspondent plus. En prendre conscience est une chose. Mais ensuite ? Quelle est l’étape suivante ? Penser rationnel et me réorienter au plus vite en fonction du diplôme déjà en ma possession ? Ou bien écouter mon cœur et partir dans une nouvelle voie ?

Je me suis toujours lamentée de ne jamais avoir ressenti de vocation. C’est vrai, ça parait, de l’extérieur, tellement facile, c’est gens qui vous disent « je sais, c’est ça que je veux faire ! Et rien d’autre ». Mais la vérité, c’est que la vocation est une chose très exigeante. Comment faire si vous ressentez la vocation d’être médecin, mais que vous n’avez aucun soutien financier de votre famille pour payer vos études, et que vous n’êtes pas assez haut classé pour avoir une bourse ? Vous allez devoir ramer avec un job d’étudiant, des conditions de vie de misère, pas assez d’heures de sommeil… etc. Comment faire si vous ressentez la vocation d’être artiste, mais que vous ne savez pas dessiner, que vous n’avez aucune culture dans ce domaine, pas de soutien familial ? La vocation peut se transformer en un parcours ardu, un chemin de travail, d’exigences, de sacrifices et de solitude. Voire même d’incompréhension.

Finalement, quand j’y réfléchis, je me dis que ne pas avoir de vocation, ce n’est peut-être pas si mal. Je ne me sens pas ainsi enchainée à un objectif ardu, difficile à atteindre. Non, moi je baigne plutôt dans un no man’s land d’incertitudes, d’intérêts pour tout et rien à la fois. J’apprends vite, mais je m’ennuie vite. Suis-je faite pour avoir un seul métier ? Evoluer dans une seule carrière ? Je le pensais avant, parce que c’est le modèle de travail prôné autour de moi. Qui apporte stabilité et sécurité. Ennui et monotonie aussi. Mais je n’en suis plus si sûre.

On parle de plus en plus du modèle de couple (couple hétérosexuel monogame) imposé par la société. De fait qu’il ne correspond pas forcément à tout le monde, et que l’on doit trouver celui qui nous convient. Mais est-ce que l’on en parle aussi pour le modèle professionnel ? Je ne crois pas, j’ai lu bien peu de choses à ce sujet. Pourtant, il me saute de plus en plus aux yeux que l’on n’est pas tous fait pour le modèle « salarié 40 ans dans la même entreprise ». Que ce soit être autoentrepreneur, travailler à domicile, avoir 2 métiers à la fois, se réinventer tous les 10 ans, enchainer des missions en CDD, etc… Il existe plein de façon de travailler. Dans cette jungle des possibles, qu’est ce qui m’attire ? Quel modèle me conviendrait le mieux ?

Et vous, le savez-vous pour vous-même ? Êtes-vous heureux dans votre travail ? Ou cette notion échappe-t-elle à votre définition du travail ? Qu’est-ce qui est important pour vous dans le travail ?

La seule chose dont je sois sûre, c’est que je veux associer les mots « travail » et « épanouissement » ensembles. Je ne veux pas que le travail porte une valeur de souffrance, comme je vois certains de mes proches le porter comme un boulet à leur pied. La notion de respect est également fondamentale pour moi : respect des êtres vivants, respect de l’environnement, respect de mes valeurs. Cela me semble parfois bien utopique dans cette société où le profit et le modèle capitaliste passent en priorité devant les relations humaines et le bien-être. Où parfois il faut se battre pour se faire respecter, en tant que subordonnée, en tant que femme ou tant que jeune diplômée. Mais pour tout utopique que cela soit, je ne veux pas croire que cela est impossible. Il me faut juste trouver la bonne voie…

26 mars 2018

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Trouver sa voix

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Je ne sais même pas par où commencer tellement c’est le bazar dans ma tête.  Au message reçu par Sylvie « On me dit de te rappeler que la foi est une flamme qui s’entretient et qui part de la foi en soi avant toute chose », je me sens profondément découragée. Pourquoi ?

Pourquoi certains jours, la foi en la vie semble couler de source et j’arrive à ressentir une forme de sérénité ? Et pourquoi d’autres jours, je ne sais même plus ce que veut dire le mot « foi » ? Et encore moins comment m’y connecter et raviver cette flamme ? Comme si je n’en avais plus la force, tellement je me sens parfois fatiguée et découragée. Comme si ce mot s’était vidé de son sens, à force d’errer dans cette nuit de l’âme et ce brouillard sans fin. Comme si l’absence d’amélioration face à la maladie malgré mes efforts l’avait vidé de sa substance.

Comment faire face quand on est submergé par un raz de marée de souffrance, de fatigue, de désespoir et de doutes ? Où trouver la matière pour entretenir cette flamme quand tout s’est écroulé autour de soi ? La perte de repères physiques, la perte d’un partenaire, la dégradation de ma santé, l’arrêt de ma vie professionnelle, l’altération de mon cercle social ?

J’imagine que la mort de tout ce que l’on croit connaitre,  de tout ce que l’on croit désirer, n’est là que pour mieux nous aider à renaitre à nous-même, nous pousser à l’introspection pour apprendre à vraiment se connaitre, et à ainsi mieux pouvoir suivre la voix de son âme.

Mais où est la mienne ? Pourquoi je ne l’entends plus ? Elle s’est soudain tût et je me retrouve dans un silence assourdissant, où seuls mes acouphènes me tiennent compagnie. Ne plus entendre la voix de ses guides quand on se sent plus perdue que jamais est difficile. Sentiments d’abandon, de douleur et d’incompréhension face aux appels à l’aide qui semblent rester sans réponse.

Comment prendre du recul sur ce que l’on vit lorsque l’on est constamment submergé de vagues émotionnelles douloureuses ? De tristesse, de solitude, de peurs et de doutes ? L’esprit cherche à rationaliser, à comprendre. Pourquoi ? D’où cela vient ? Quels sont les déclencheurs ? Mémoires émotionnelles qui remontent ? Travail d’épuration de la Kundalini ? Ou que sais-je d’autre ? Et pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi ? Comme s’il fallait que tout ait un sens pour supporter cette souffrance, une finalité, un objectif « ainsi je n’aurais pas vécu ça en vain ». Qui supporterait de vivre de la souffrance gratuite sans aucune utilité ?

Mais les émotions ne peuvent pas se rationaliser, car elles se vivent dans le cœur. Elles émergent et me submergent, peu importe leurs origines et le chemin qu’elles prennent. Elles effacent toute la sagesse et les guidances reçues, toute la patience et la foi en moi. Elles me retournent, et me laissent vidée, dans l’incompréhension, la solitude et le sentiment d’être impuissante. Impuissante à contrôler mon hypersensibilité, mes nuits et rêves agités, mon état de santé totalement aléatoire et fortement impacté par mes nuits.

Comment dans ces conditions trouver le calme et la foi pour prendre des décisions par rapport à mon orientation professionnelle ? Comment avoir le courage et la foi d’imaginer un chemin professionnel dans la relation d’aide à autrui ou la thérapie, quand je ne semble pas capable moi-même de faire face à la maladie, à l’hypersensibilité et surtout à mes propres doutes ?

J’ai une liste de métiers potentiels établie avec la psychologue du travail qui m’accompagne dans la démarche de réorientation demandée auprès de Pôle Emploi. Après de nombreux échanges et questionnaires, il est temps d’appliquer la méthode de « l’entonnoir », resserrer les possibilités pour mettre au point un projet professionnel cohérent, me renseigner sur le métier et les formations.

Mais je regarde cette liste et je me demande où est ma voie. Où est ma voix ? Je me sens comme paralysée, face à l’idée de choisir et de m’engager dans une direction, et ma peur de me tromper ressurgit. Ma peur de mal choisir, de ne pas en être capable, de ne pas réussir. Pourquoi rien ne résonne-t-il comme une évidence ? Pourquoi toutes les options ne me semblent que de longs parcours du combattant, pour lesquels je ne me sens pas prête ? Ma confiance en moi semble s’étioler plus que jamais, les doutes me submerger et la clarté me fuir.

Comment dans ces moments-là peut-on entretenir sa foi en soi-même ? Quel acte concret et quotidien peut-on poser chaque jour pour nourrir cette flamme, quand tout à l’extérieur semble peser pour l’étouffer ?

Parfois, j’aimerais bien que l’on me donne « la bonne réponse ». Peut-être est-ce pour cela que ma guidance s’est tût, c’est à moi de la trouver par moi-même. Personne ne peut choisir à ma place. C’est à la fois un beau cadeau et en même temps une lourde responsabilité. Comment choisir quand je ne sais pas ce que je veux ? Ni ce dont je suis capable ? Ni vers quoi je veux aller concrètement ?

Faire un pas au hasard ? Avoir la foi que je ferais le bon choix quel qu’il soit ? Je sais qu’en vérité, peu importe le chemin, c’est la façon dont on le vit qui importe. « Tous les chemins se valent », il n’y en a pas un bon ni un mauvais, ce ne sont que des expériences. Et comme la vie est évolution, rien n’est jamais figé, on peut changer d’avis, rebondir, évoluer. Alors pourquoi ai-je si peur de me tromper ou de ne pas être capable ? Comment guérit-on ce genre de manque de confiance en soi ?

21 juin 2017

La puissance du coeur

Artiste : Serafleur

Je n’ai franchement pas aimé mes rêves de cette nuit… Encore au sujet d’attaques énergétiques. Je me suis réveillée une nouvelle fois de très mauvaise humeur, ne sachant pas comment comprendre ces rêves. Attaques réelles ? Avertissements ? Je déteste ce genre d’énergie collante qui me reste après… Et évidemment, je n’ai pas envie de me pencher dessus, au contraire, mon réflexe premier est plutôt de fuir cette réalité déplaisante et ces informations dont je ne sais pas quoi faire.

C’est vrai, je suis censée en faire quoi ? J’ai revu exactement le même chat que lors de la première attaque dans mes rêves inconscients, qui s’en prenait de nouveau à moi dans mon sommeil, en aspirant quelque chose par mon oreille droite… Dans mon rêve, je me réveillais et le mettais violemment à la porte en le menaçant de mort cette fois-ci s’il recommençait encore une fois…

Et pas un rêve, mais deux. Deux avertissements la même nuit. Dans le second rêve,  une femme prêt de chez moi, venait récupérer des déchets avec mon sang dans mes poubelles, pour s’en servir afin de créer des sorts contre moi, qu’elle enfouissait autour de chez moi. Encore et encore… Je devais les déjouer encore et encore…

Franchement, qu’est-ce que je suis censée faire de telle infos ? Comment je suis censée réagir à de tels avertissements ? Pourquoi ces gens veulent-ils s’en prendre énergétiquement à moi ? Les premiers, je sais, j’en ai déjà parlé avec mes guides. Mais la bonne femme de mon rêve, elle sort d’où ? Pourquoi ? Pourquoi dépenser tant d’énergie à me nuire ? Dans quel but ? C’est stupide, surtout que dans mon rêve, je déjouais toutes ses attaques.  Alors je préviens gentiment. Cela ne sert à rien. Ce n’est pas la peine…

De toute façon, tu as fait ce qu’il fallait concernant le premier type d’attaque.

Oui, je me demandais pourquoi ces rêves venaient juste après le stage chamanique d’initiation à des techniques de soin…

C’est justement parce que tu as fait ce stage que ces rêves sont venus.

Pour que je puisse appliquer certaines techniques… J’ai extrait quelque chose au niveau de mon oreille droite, quelque chose qui était profondément ancré dans mes énergies. Il m’a fallu l’aide d’animaux totems pour l’extraire tellement c’était « attaché ». Je ne suis pas bien sûre de ce que c’était…

De quoi ça avait l’air ?

Une espèce de clochette, un peu comme ce que l’on peut trouver sur certains colliers pour animaux. Ça m’a fait penser à un traceur. Un traceur énergétique.

Qui permet aux personnes de te retrouver n’importe où dans l’astral, et de pénétrer plus facilement dans tes énergies, parce qu’ils y ont un ancrage.

Hum, ce dont nous avions déjà parlé ? C’était vraiment profondément ancré dis donc. J’en ai encore mal à l’oreille.

Mais tu l’as extrais.

On dirait.

Tu ne devrais donc plus avoir à te soucier que ces personnes t’attaquent dans ton sommeil. Cela va être beaucoup plus compliqué d’avoir une prise sur toi, maintenant que tu as retiré leur traceur énergétique.

Mais comment a-t-il été possible d’en implanter un dans mes énergies aussi profondément ?

Cela fait longtemps qu’il a été placé en toi, et entre temps, il a pu développer toutes ces attaches noires que tu as vu, creuser son trou, en se nourrissant en partie de tes énergies sombres refoulées. Voilà pourquoi il s’est si bien maintenu et ancré en toi. Cela n’aurait pas été possible s’il n’avait pas trouvé de « nourriture ».

Cela m’aurait paru un peu fou comme idée avant… Mais…

Il existe de nombreuses réalités énergétiques invisibles à vos yeux normaux. En revanche, en utilisant les techniques que tu as appris ce we, il est possible de les détecter et d’agir dessus. C’est un des rôles des chamanes et des guérisseurs en règle générale. Le tout étant d’apprendre à développer cette capacité de perception ainsi que votre confiance en vous.

Oui… La confiance en soi et ses perceptions, c’est une des choses les plus dures je trouve avec les soins énergétiques. Faire confiance à ses ressentis. Quand je passe en mode « automatique » et que mon corps agit tout seul, guidé par les esprits ça va. C’est fluide, c’est évident. Mais dès qu’il s’agit juste de détection et de confronter des ressentis face à la personne, là tout de suite, c’est plus compliqué. Le mental revient au galop, il veut comprendre, il veut expliquer. Il veut faire des liens entre les perceptions et la réalité physique…

Pendant l’exercice, ma binôme – qui était une inconnue et ne savait rien de mes problèmes de santé – m’a surprise par la pertinence de ces ressentis. Elle a bien vu : mon problème de bassin, mon ovaire gauche stérile, même mon genou…

Et elle t’a aussi dit qu’elle avait senti quelque chose soit au niveau des yeux, soit au niveau de l’oreille droite. Mais tu n’as pas compris sur le coup.

Je pensais que c’était lié à mon hyperacousie. Mais maintenant, je me dis qu’elle a dû ressentir cet implant énergétique. Et je suis assez épatée…

Parfois, vous percevez des choses qui n’ont pas de réalité physique, ou bien qui ne se traduisent pas encore en symptômes physiques. Parce que soit le problème se situe sur un autre plan subtile, soit il n’est pas encore descendu dans les couches du corps physique. C’est là qu’il est le plus difficile de faire confiance à vos ressentis, parce que vous n’avez pas de corrélation à une réalité corporelle, vous n’avez pas de « validation » par la personne.

Hum… Et encore, c’est plus facile face à une personne « ouverte », prête à recevoir. Mais face à une personne réticente ? Qu’est-ce que tu dis ?

Tu ne dis pas forcément, c’est pour ça que lors de la phase d’échange avec la personne, après le soin, il est bien aussi de vous laisser guider par les esprits alliés de la personne, afin de transmettre ce qui est juste, et surtout, ce qui peut être reçu par la personne en fonction de son avancée spirituelle. Aurais-tu accepté que l’on te dise que tu avais un implant énergétique placé en toi pour te tracer dans l’astral ? Si tu n’avais pas fait ce travail d’initiation avec tes guides de l’ombre ?

Non. Et je t’avoue, que même en l’ayant fait, c’est un peu dur à accepter. Cela reste flippant pour la conscience humaine. Il y a tellement de choses qui nous dépassent dans toutes ces réalités énergétiques. Tellement de choses… Je me sens vraiment dépassée parfois. Vraiment perdue aussi, comme une petite coquille de noix perdue au milieu d’un grand océan agité.

Alors tu fuis la réalité dans des mondes de fictions imaginaires ?

Dans ces livres, les héroïnes sont souvent confrontées à des situations irréelles, qui sortent de leur conception du monde. Mais elles arrivent à les accepter, et même à en retirer des bénéfices. Moi, je ne sais pas trop ce que je retire de tout ça… A part me faire balloter par mon âme.

Je veux dire, ce n’est pas comme si je décidais. La majorité de ce que je fais en spirituel est plutôt une conséquence : conséquences de mon hypersensibilité aux énergies, conséquences de mon empathie, conséquences des messages que je reçois en rêve ou par ailleurs, etc… Si j’ignore ce que je ressens, ce qui vient ou ce qui se passe subtilement, je finis par être malade ou me prendre un mur en pleine face. Donc je n’ai pas vraiment l’impression de faire un choix. C’est un peu comme une rivière, si on cherche à lutter contre le courant, on s’épuise, on finit par avoir une crampe et couler, ou bien se cogner contre un rocher. Alors que si on suit le flot, cela coule mieux, on slalome entre les obstacles. Je ne pense pas qu’on décide consciemment de devenir chamane ou guérisseuse. Je pense que c’est « la vie » qui nous y amène. Pourquoi, ça je n’en sais rien. Je me demande bien, moi, où je vais atterrir…

Mais ce que j’aimerais savoir ce soir, c’est pourquoi ce deuxième rêve ? Qu’est-ce que je suis censée faire avec cette information ? J’imagine qu’elle n’est pas venue pour rien, et que je dois agir en conséquence. Mais dans quel sens ?

Ça dépend. Qu’as-tu envie de faire ?

Franchement, je n’en sais rien. Je ne suis pas du genre à contre-attaquer à tout va. Mais je n’aime pas pour autant être embêtée et avoir à supporter ça. Je veux dire, moi j’ai envie d’être tranquille dans mon coin, je ne demande rien à personne. J’imagine que j’aimerais comprendre : pourquoi ? Qu’est-ce que j’ai fait à cette personne pour qu’elle veuille s’acharner comme ça sur moi ? Je ne suis même pas sûre de la connaitre, je n’ai pas reconnu ces énergies dans mon rêve.

Parce qu’elle se masque. Sa raison principale est la jalousie.

Je ne suis même pas sûre qu’elle en soit consciente…

Penses-tu vraiment que l’on peut décider de lancer des sorts inconsciemment ?

Et bien, c’était un rêve, donc symbolique. Je sais aussi que certaines personnes ne sont pas conscientes de l’impact énergétique de leurs pensées, émotions et médisances dans le dos des gens. Qui peuvent se manifester inconsciemment dans l’astral.

Mais là, dans ton rêve, l’action était clairement ciblée et voulue, puisque la personne allait même jusqu’à récupérer de ton sang pour chercher à te nuire.

C’est quelqu’un qui me connait, il semblerait. Et cela me met mal à l’aise. Je ne vois pas qui dans mon entourage ferait ce genre de chose.

C’est quelqu’un qui te connait, mais que tu ne connais pas. D’où l’avertissement, car il aurait été difficile pour toi de le percevoir, sans aucun lien réel avec elle.

Bon, en fait, je ne veux pas savoir qui c’est. Je veux juste que la personne se calme. Je veux qu’elle arrête, un point c’est tout. Si pour ça, elle doit se prendre dans la tronche ce qu’elle essaye de m’envoyer et bien tant pis pour elle. Ce n’est pas mon problème. Elle n’a qu’à déployer toute cette énergie à travailler sur elle-même pour progresser.

Pourquoi j’ai cette pensée horrible qui m’a traversé la tête ? Je ne la connais pas, mais elle me connait et elle est jalouse. Le sang, c’est rouge. Rouge comme le symbolisme de l’amour. Ça pourrait être une compagne ou ex-compagne de mon ancien compagnon ? Ou bien mon cerveau part en sucette ?

Cela se pourrait. Ou bien, c’est quelqu’un qui est jaloux de tes « pouvoirs » et de ta puissance spirituelle.

Ouais, franchement, ça, ça me fait rire. A la limite dans 10 ans, je ne dis pas, mais je ne fais qu’à peine commençait mon apprentissage ! Comment être jalouse de quelqu’un qui ne fait que découvrir son potentiel ? C’est comme être jaloux de quelqu’un qui commence à apprendre à lire et écrire, alors qu’il ne maitrise pas encore. Je trouve ça inconcevable.

Pourtant l’égo peut être très fort chez les personnes « évoluées spirituellement ».

Oui, j’en ai eu un rappel ce we, avec une des participantes qui est devenue super agressive à cause de son égo… C’est dur à percevoir quand on est soi-même dedans. Je ne sais pas si elle s’en est rendue compte… Mais avec moi, ça ne passe pas. Hors de question de travailler en binôme avec elle quand elle est comme ça. Même si je la respecte. Je me demande si moi aussi, ça m’arrive d’être comme ça… Et si je ne m’en rends pas compte ?

Nous t’avons déjà dit que nous serions là pour remettre ton égo à ta juste place si cela arrivait. Et les miroirs extérieurs seront là pour te le rappeler. Mais ce n’est pas ce qui tu as ressenti ce we.

Oui, c’est la première fois que je ressentais une humilité aussi profonde. Le guide qui est venu m’accompagner ce we m’a beaucoup ému. Il était tellement simple, humble. Et même si son enseignement porté sur mon propre pouvoir, ma propre capacité d’auto-guidance, je me suis sentie tellement humble, tellement rien dans ce grand tout qu’est la Vie. En réalité, on ne fait vraiment que se laisser guider, lâcher prise et transmettre ce qui ne nous appartient pas. Rien que d’en parler, je sens mon cœur plein d’amour et de gratitude pour ce guide. Il ne m’a même pas donné son nom, comme si cela n’avait pas d’importance, et il est reparti comme il est venu, accompagné de son grand oiseau.

Comment face à cette conscience-là de l’humilité, puis-je concevoir qu’une personne soit jalouse de moi au point de chercher à m’attaquer énergétiquement ? Cela me semble tellement vain. Nous sommes tous une flamme de la Source, nous possédons tous nos propres richesses intérieures. Alors pourquoi aller chercher à voler ou abimer celle de son besoin ? C’est le partage de toutes nos flammes ensembles qui les fait briller encore plus fort et révèlent leur éclat. Pas le combat, pas le fait de chercher à étouffer la flamme de son voisin. « Ce qui est pour soi est pour soi. » « Un temps pour chaque chose, et chaque chose en son temps. »

Cette personne devrait plutôt déployer son énergie à cultiver sa propre flamme, à apprendre à la partager avec autrui pour la faire rayonner. En voyant le trésor qu’elle possède en elle, et la façon dont elle peut le partager, alors elle ne sera plus jalouse. Elle n’aura plus besoin de se comparer à autrui, et de chercher à étouffer leur flamme pour se sentir exister. Il y a tellement de façon de rayonner… Je lui souhaite sincèrement de trouver la sienne, plutôt que de se focaliser sur la mienne.

Alors tu choisis de répondre par la compassion ?

Je ne peux pas répondre par l’agressivité. Ce n’est pas dans ma nature, à moins que cela ne me soit indispensable pour me protéger des attaques. Mais mon rêve m’a bien fait comprendre que je ne suis pas atteinte par ces énergies. Je n’ai pas besoin de l’agresser en retour. En réalité, j’ai de la peine. De la peine que cette personne ressente le besoin de m’attaquer, alors que je ne lui ai jamais fait de mal, et que je ne la connais même pas. Qu’elle manque de confiance en soi cela dénote ? Quelle rage de se faire remarquer cela témoigne ? Cela me rend triste pour elle. Je ne souhaite à personne de se sentir ainsi au fond de soi.

Moi aussi, je manque de confiance en moi, mais cela ne m’a jamais poussé à attaquer ou me moquer d’autrui. Au contraire, cela me pousse à l’humilité. On a toujours quelque chose à apprendre. De la terre, des brins d’herbe, du vent même. De tout ce qui nous entoure. C’est pour ça que souvent je préfère observer que parler. Comment peut-on apprendre et accueillir en soi les enseignements de la vie, si on ne crée pas un espace pour les recevoir en soi ?

Une des premières leçons spirituelles que j’ai reçu, c’est qu’il faut créer un vide en soi pour pouvoir évoluer. Il faut déconstruire, perdre, lâcher ses croyances et ses connaissances, afin de laisser la place au nouveau et à l’évolution. C’est inconfortable, parfois même douloureux. Mais c’est le prix à payer pour créer cet espace d’accueil, qui permettra de recevoir de nouveaux enseignements. En allant à chaque fois un peu plus loin.

Je souhaite à cette personne d’être capable de se remettre en cause, et de déconstruire les croyances qu’elle possède au sujet de la « puissance spirituelle ». Ce n’est qu’alors qu’elle pourra s’ouvrir à sa propre puissance, celle du cœur. Car c’est la puissance du cœur qui permet réellement tout. L’accueil, la perception et la transmutation des énergies. Tout passe par le cœur. Et seule l’ouverture du cœur permet de retrouver notre puissance réelle et immuable.

Je choisis donc la voie du cœur. Car l’amour sincère et la compassion permettent de transmuter toutes les énergies. J’ai confiance en la capacité de mon cœur à me protéger et à transmuter toutes les énergies négatives de ces attaques. Et en mes guides pour m’accompagner dans ce qui est juste pour moi.

Ainsi as-tu parlé, ainsi sera-t-il fait.

Merci.

13 mars 2017

Victime VS Bourreau dans les relations de travail

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Je suis choquée. Le médecin m’a mise en arrêt maladie, en laissant entendre que je faisais un trouble anxio-dépressif. Comment en suis-je arrivée là ? Je ne comprends plus rien à ce que me dit mon corps. Je suis épuisée, mais je me réveille la nuit et n’arrive pas à me rendormir. Mon corps est tendu, mais il est trop faible pour que je puisse évacuer la pression en faisant du sport.

Tout cela a commencé avec une bête crise d’endométriose. Comme d’habitude, de la fatigue, des douleurs aux ovaires, le système digestif bloqué, etc. Mais je me suis reposée, j’ai fait attention à mon alimentation, la crise aurait dû passer. Pourquoi ne passe-t-elle pas ?

Parce que j’ai trop tiré sur la corde physiquement, sans m’en rendre compte, pendant le mois dernier alors que je me sentais en forme et que j’ai repris le sport ? Parce que j’ai pris moins de soin à gérer mon hypersensibilité au quotidien, notamment à cause du travail ? Ou bien est-ce le stress et l’ambiance explosive au travail qui se répercute sur ma santé ?

Je ne comprends absolument rien… Tout allait mieux, j’étais en forme, j’avais repris le sport, j’avais le moral, j’avais recommencé à sortir et m’ouvrir aux autres. Et maintenant, me voilà à avoir une boule de stress au plexus, des crises d’angoisse sans raison, des envies de pleurer imprévisibles. Et le pire, un découragement total.

Qu’est-ce que j’ai mal fait ? Qu’est-ce que je peux faire pour moi-même, pour aller mieux ? Je veille pourtant à bien éviter le gluten, limiter la viande et le lactose. Je travaille à bien rester ancrée, à manger en conscience, à rester alignée. Je me couche pour avoir des nuits de 8 à 9h. J’ai arrêté de m’imposer des choses le we, j’en profite au feeling. Je parle de mes problèmes au travail avec ma psy, pour essayer de les surmonter.

J’ai bien compris que je me laisse trop atteindre au travail, par le stress de n’être payée que le 20 du mois suivant, par la mauvaise humeur de mon supérieur qui la décharge sur ses employés, par la mauvaise ambiance qui règne à cause des problèmes financiers, par l’absence totale de reconnaissance de mon travail, par la perte de sens de mon poste vu que rien n’avance sur le projet de débouchés commerciaux. A quoi bon accompagner et encourager les agriculteurs à planter, si à la fin ils ne peuvent pas commercialiser et retirer des fruits de leurs investissements ?

J’ai pu observer mon supérieur : par manque de gestion de ses émotions, mais aussi de son personnel, ainsi que des flux financiers, il met en place une situation invivable. Mais il est incapable de se remettre en question, j’ai essayé de lui parler, de lui faire comprendre que c’était très stressant de travailler dans une ambiance où l’on ne sait pas quand la personne va exploser de colère… Pour se défendre, et se dédouaner de la responsabilité de ses prises de décisions, il se place systématiquement en victime. « Mais tu comprends, c’est un tel qui n’a pas fait ceci… un tel a fait cela… ». Alors que pour nous autres employés, il joue vraiment un rôle de bourreau, qui pour certaines personnes de l’entreprise pourrait être comparé à du harcèlement moral. Finalement, le rôle de bourreau VS victime est vraiment subjectif, selon le regard et le ressenti de chaque personne.

Ainsi, si je décide de quitter l’entreprise, je sais que mon supérieur va se poser en victime : « elle part alors que je n’aurai personne pour la remplacer.. ; c’est sa faute si… » et me mettre dans le rôle du bourreau « c’est à cause de son départ que c’est la merde… ».

Pourtant, quelles solutions j’ai ? Je ne veux pas me positionner dans un rôle de victime.

C’est moi qui ai choisi d’accepter ce poste fixe, alors que j’avais pu voir que mon supérieur était colérique et qu’il défoulait ses émotions sur les autres. Je ne peux donc pas m’en plaindre outre mesure sur ce point là. J’ai appris à poser des limites et lui faire comprendre que s’il hurlait sur moi, il ne ferait que me braquer, que cela ne ferait rien avancer et que je n’hésiterais pas à partir à cause de ça. Alors oui, ça a marché. Il n’a quasiment plus haussé la voix directement envers moi et ne m’a plus jamais hurler dessus. Mais cela ne l’empêche pas d’essayer de se décharger de ses autres émotions sur moi : frustration, découragement, etc… J’ai beau essayer de ne pas compatir et de ne pas le conforter dans sa situation, de couper ses plaintes avec des questions professionnelles terre à terre, sur ce point-là, c’est râpé. Parce que j’aurais du instaurer cette distance émotionnelle dès le départ, comme avec ses crises de colère. Mais au début, je n’avais pas conscience de tout ça, et j’étais la bonne oreille qui écoute et compatis. Alors que tout ça, ce ne sont pas mes problèmes à moi, ce sont les siens à lui, ce sont ses choix de s’investir dans telle et telle et telle et telle structure qui font qu’il est débordé. Mais voilà, quand on veut être partout, tout savoir et tout contrôler, on se fait engloutir sous ce besoin de contrôle. Et l’égo ne veut pas lâcher le morceau, quitte à couler une structure plutôt que de laisser des personnes extérieures réussir là où il a échoué.

Ce que je dis peut ressembler à un jugement. Je l’interprète plutôt comme de l’observation, de ce que l’égo et le besoin de contrôle peuvent engendrer. Je ne le juge pas lui en tant qu’être humain : ça doit être horrible de se retrouver dans cette situation, car il y est enfoncé jusqu’au cou. Et vraiment, je n’aimerais pas être à sa place, j’arrive même par moment à compatir.

Est-ce que pour autant, je dois laisser cette réalité m’affecter au point d’en perdre la santé ? La réponse semble évidente : bien sûr que non ! La mettre en pratique, beaucoup moins. Comment puis-je faire pour m’extraire de cette situation ? Parce que mon objectif n’est pas non plus de plomber la structure. Avec les départs récents et prévus, on sera peu et je possède certaines maigres connaissances que personne d’autre n’a. Il faudrait donc que je les transfère : mais à qui ? Dès que je vais vouloir partir, je sais que mon supérieur va essayer de me retenir. Si je pars malgré tout, me harcèlera-t-il durant la durée de mon préavis comme mon patron précédent ? J’ai envie de partir, mais j’ai peur du comment et de la façon dont cela pourrait se passer.

Et avant même de décider d’une date de départ, ne faudrait-il pas que je sache ce que je fais par la suite ? Est-ce que je serre les dents et tiens jusqu’à la date objectif fixée avant de peut-être rentrer en métropole ? Ou est-ce que je cherche à changer de travail sur place, ou en métropole ?

Pour faire quoi ? Le problème se situe dans le fait que mon travail a perdu son sens à mes yeux. Même mes études et mon diplôme ont perdu leur sens. Je ne sais plus ce que je veux faire et je n’ai pas d’envie. Alors sans savoir comment avancer, il faut probablement que je reste sur place et que j’observe.

Il y a bien des choses que cette expérience doit certainement m’apprendre. Après tout, je n’ai pas dû m’attirer cette situation par hasard, surtout après mon travail précédent où j’étais déjà face à un supérieur tyrannique. Mais quoi ?

Que le besoin de contrôle rend tyrannique. Qu’une mauvaise gestion de ses émotions peut pourrir la vie des autres au travail. Qu’oublier de traiter l’aspect humain des employés ne les rend pas plus efficaces, au contraire. Que l’objectif d’atteindre un certain but ne justifie pas tous les moyens. Que se placer en position de victime en n’assumant pas ses responsabilités ne fait qu’aggraver la situation.

Tous ces écueils, je pourrais probablement tomber dedans si j’étais à la place de mon supérieur. Je sens que je peux avoir une tendance autoritaire, je sais que je peux parfois être trop fixée sur mon objectif et du coup devenir contrôlante. Je sais aussi que ma tendance à séparer vie privée et vie professionnelle peut me rendre parfois très maladroite sur le plan humain avec mes collègues, quel que soit leur niveau dans la hiérarchie, alors même que je suis très empathique dans ma vie personnelle. Je prends conscience que la gestion de mon hypersensibilité est un élément fondamental dans mon lien aux autres, pour ne pas me décharger de mes frustrations sur autrui et autres émotions négatives. Et même si je ne suis pas quelqu’un de colérique ni de violent, je ne veux pas que les futures personnes que je côtoierai aient la boule au ventre de peur ou de stress face à moi, la même  que je ressens face à mon supérieur actuel.

Je crois que la différence fondamentale entre mon supérieur et moi se situe dans la prise de conscience de ses différents éléments. Je ne pense pas que mon supérieur ait réellement conscience de l’impact qu’il a autour de lui dans son travail, que tout le monde a du mal à le supporter et à travailler avec lui. Il donne l’image que son comportement est tout à fait normal, que parfois il dérape « oups désolé… mais je suis humain ». Il se place même dans le rôle de sauveur par moment « si tu savais tous les sujets d’emmerde que je t’épargne » alors que ces sujets-là ne font simplement pas partis de mon poste et que ce sont ces problèmes à lui, via ses engagements dans d’autres structures. On dirait qu’il n’a simplement pas conscience d’être tyrannique, mauvais gestionnaire humain et financier, etc. Probablement parce qu’il ne se remet jamais en question (« c’est lui la victime, donc le problème ne vient pas de lui »), et que son égo est trop fort pour accepter les critiques extérieures ou les dialogues pour le pousser à revoir sa vision. Il ne les comprend simplement pas. Il ne peut pas les accueillir.

Je me demande quels sont mes écueils à moi ? Sur quels points mon égo est tellement fort que je m’illusionne, me place en position de victime et refuse les critiques constructives ? Pour être face à un tel miroir qu’est mon supérieur, il doit bien y avoir des choses qui font écho et qui sont là pour me faire avancer, non ? Quand je réfléchis à ça, je suis contente de faire un travail de cheminement spirituel, car celui-ci me pousse à prendre conscience de mes défauts, et par exemple à éviter de devenir comme lui.

Mais parfois, à force de soulever les défauts et les écueils, on perd la conscience des points positifs et constructifs. On peut oublier ce qui fait nos forces, et ne voir que la montagne à gravir. C’est dans ces moments-là que je me sens dans un désert plus que jamais. Quand je me rends compte que je suis aux pieds de ruines, et que je n’ai nulle direction (volonté) pour avancer, nulle envie pour simplement prendre soin de moi et créer un oasis. Alors j’ai le sentiment de tourner en rond. Je me demande ce qui me rend prisonnière des mirages négatifs du désert ? Ce qui m’empêche de trouver une oasis ? Suis-je seulement capable de créer une source ?

[PS : à ceux qui se poseraient la question de la référence au désert et à la source, je vous invite à lire cet article de Sylvie]

12 octobre 2016

Choisir ce qui nous nourrit

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Photographe :  LuDa-Stock

Depuis que je suis rentrée de mes vacances en métropole, j’ai l’impression d’avoir l’esprit plus clair, d’avoir aussi vidé partiellement ma coupe d’émotions accumulées trop pleine. Je suis revenue avec des prises de conscience plein la tête, des idées, des envies et de l’espoir. Cet espoir si précieux qui s’érode face à un quotidien dont on semble prisonnier, dans lequel on se sent impuissant, frustrée, malade et perdue. Changer d’échelle, changer de perspective, prendre du recul, voir les choses sous un autre angle, comparer avec d’autres situations de vie, tout cela m’a permis de sortir de cette espèce de torpeur de l’impuissance et de la fatalité d’une situation dont je ne maitrise pas les paramètres et sur laquelle j’ai parfois bien peu de pouvoir.

Parmi ces changements, la prise de conscience de la portée de mon hypersensibilité et de mon empathie me fait revoir les choses différemment. Ainsi je suis plus sensible à ce que je regarde comme loisir, ce que je lis. Et si au lieu de fuir la réalité en m’abreuvant de séries violentes, je me nourrissais de choses agréables et qui me permettent de réfléchir et d’évoluer ? La première série que j’ai repris en rentrant c’est « Good Witch ». Alors non, ce n’est pas une série intrépide, pleine de magie explosive et de combats. Mais c’est une série qui questionne sur notre manière de percevoir le quotidien, la vie et ses bonheurs, sur le sens de certaines choses et sur ce qui est important à nos yeux, tout ça grâce à une gentille sorcière. Pour ma part, il m’a fait réfléchir à la définition que je donnais à la magie, à l’intuition, à l’importance de la famille.

Et puis, me laissant inspirer à la bibliothèque, je suis tombée sur des livres sympathiques, autant pour nourrir la foi que la réflexion. Notamment, « Manifeste pour la terre et l’humanisme » de Pierre Rabhi. Et c’est là que je me rends compte combien je suis empathique, car à la lecture de ce livre, comme d’autres de témoignage, j’ai l’impression de vraiment percevoir les émotions de la « voix » de la personne, et combien la lecture de certains livres me rend réceptive à certains types d’énergie et me mette en prédisposition pour réfléchir à certains sujets.

J’ai commencé dans cet article «Profession et plantes médicinales »  une réflexion sur ma profession et mon lien avec les plantes. Cette réflexion se double aussi de la façon dont on produit et on consomme les végétaux. Car plus le temps avance, et plus j’éprouve de la répulsion pour la fonction de « production ». Alors certes, il faut nourrir la planète, mais la production de plante se place à la même échelle que celle du bétail : inhumaine, sans cœur ni conscience. Si attribuer une conscience aux animaux fait de l’élevage une exploitation sans vergogne d’un vivant évolué, que peut-on dire envers les plantes ?

Dans le domaine de la spiritualité, de nombreuses personnes s’accordent à croire que les arbres ont une conscience et que l’on peut communiquer avec eux. Si tel est le cas, pourquoi pas les autres plantes ? Les rosiers, les lavandes, les herbes ? Telles que ces graminées que l’on cultive : le blé, l’orge, l’avoine etc… Quand vous cueilliez des pommes, vous laissez le pommier vivant, mais quand vous coupez une salade ou une tige de blé, que reste-t-il ? Rien. Cette problématique-là m’a toujours posé un problème, et je n’avais jamais voulu me pencher sur cette considération avant.

Alors non, je ne prône pas pour que l’on devienne tous ascète et que l’on se mette uniquement à manger des fruits et des graines. Simplement que l’on réfléchisse à la portée de nos actions et de nos actes de consommation. Accepter que le végétal ait une conscience qui lui est propre, différente selon le degré d’évolution du végétal (mais savez-vous que le riz par exemple a plus de gènes que nous ?) ne veut pas dire que l’on ne doit plus le manger. Mais le manger en conscience. Etre conscient que cette plante, à travers sa vie, nous offre son énergie, ses qualités physiques et nous nourrit. Aussi faut-il se nourrir avec discernement, rien ne sert de couper 10 salades quand on ne peut en manger qu’une. Savoir comment cette salade est venu à nous est important aussi : sait-on combien de temps il lui a fallu pour pousser, quelle quantité d’eau et de soleil lui ont été nécessaires ? Et les efforts du jardinier ?

Tant de gens vivent en ville et n’ont plus la notion de ces réalités. C’est un fait, nous sommes pour la majorité déconnectés des réalités de la terre et de la nature, alors que paradoxalement nous la recherchons comme source de bien être, car nous en avons besoin. Et c’est peut-être ce que moi aussi je recherche en voulant travailler « en lien avec les plantes médicinales ».

Malheureusement, travailler en lien ou sur un sujet ne veut pas dire que l’on est directement en contact avec. Longtemps, j’ai cru que le seul métier qui me permettrait d’avoir un lien permanent et quotidien avec la nature était la production agricole. Sauf que voilà, j’ai toujours eu un problème avec la production moderne, ces grands champs géants de monoculture, de céréales par exemple. Je me suis donc tournée vers un plus petite échelle, le maraîchage c’est déjà « moins pire ». Les plantes médicinales me semblaient tout indiquées, de par la curiosité qu’elles évoquaient en moi, après tout, ce qui leur donne leur propriétés sont souvent leurs mécanisme de défense contre les pathogènes, les ravageurs ou des fonctions botaniques spéciales. La majorité des plantes médicinales sont assez fragiles ou particulières et ne peuvent se produire comme le reste. Cette toute petite échelle me plaisait bien.

Mais la réalité, c’est que, dès que mes cours ont dévié de la connaissance du végétal pour s’orienter vers la production, j’étais tout de suite beaucoup moins intéressée et je ne me sentais plus à ma place, n’ayant de cesse de rechercher une réorientation plus épanouissante. Je n’en ai pas pris conscience tout de suite, mais j’ai pourtant fait une expérience « extrême » de la production de plantes médicinales et aromatiques, dans un système, qui si on y réfléchit du point de vue de la nature, était aberrant. Un système hors sol, sous serre, ou l’objectif était de pousser les plantes encore et encore –ainsi que les employés humains – pour faire le maximum de coupe à l’année et de rendement. Il n’y avait que ce mot-là qui primait « rendement, rendement, rendement ». Et j’ai été totalement dégoutée. Mon travail était de faire pousser ces cultures, « d’en prendre soin », mais cela n’avait plus aucun sens pour moi. On était dans une usine. Une usine végétale. Où les plantes n’étaient même pas en contact avec la terre et l’air libre. Que l’on bourrait d’engrais de synthèse et d’eau. Quelles propriétés nutritives et énergétiques ces plantes pouvaient bien avoir ?

Je crois que je ne me suis jamais sentie aussi dégoutée et écœurée de mon travail. Ainsi mon expérience de culture a été un échec pour moi et une source de mal être très profond, en plus d’être la première expérience d’un supérieur abusif et manipulateur. Je suis donc partie.

Ma deuxième expérience m’a semblé moins pire. Enfin, j’étais libérée du système capitaliste « produire plus et toujours plus ». [Pour qui d’ailleurs ? Pour des investisseurs, sans aucune considération pour les ouvriers, les techniciens de culture et encore moins pour les plantes.] Car je suis arrivée dans une association. Ouf, gros soulagement, car vraiment la recherche du profit, du rendement, ce n’est pas mon truc. Mais finalement, j’ai beau ne plus travailler directement pour ce système, mon objectif est quand même de permettre la mise en culture de plantes médicinales dans un objectif de rentabilité.

Et ça y est, on y retombe. Alors, oui, il faut bien que l’agriculteur il en vive non ? Oui. N’est-ce pas mieux que de produire de la canne à sucre à gogo ? Oui, ce sont des espèces endémiques qui réapporte de la biodiversité et préserve cette ressource génétique. Mais le mode de production n’est pas aussi intensif ? Ça dépend, on vise certes des modèles d’agroforesterie, mais il faut quand même que la production soit rentable avant tout…

Et ce modèle me rend folle. J’ai un problème avec le terme de « production » comme si on était  à l’usine. Alors que cela devrait être de la « culture ». J’ai un problème avec la façon dont on cultive massivement les plantes, sans respect pour le sol, pour la nature. J’ai un problème avec la façon dont on cherche à façonner et à dénaturer la nature par la sélection variétale et la sélection génétique. Pourtant j’en ai eu des cours de génétique et tout ça, j’en ai eu du bourrage de crâne sur les « intérêts et les bienfaits ». Alors oui, on produit plus, mais les intérêts ne sont que ceux des humains, et ni ceux des plantes, ni ceux de l’équilibre de la nature. La majorité des plantes sélectionnées se retrouvent plus  sensibles à des maladies et des ravageurs, parce que leur énergie et leur métabolisme sont détournés vers d’autres fonctions : celle de produire plus de grain ou plus de cela. On a même rendu un certain nombre de plantes stériles. Quel intérêt a une plante à pousser si elle ne peut même pas se reproduire ? C’est un de ses buts ultimes.

Si l’on transposait ça aux humains, qu’est-ce que cela donnerait ? Imaginons : un monde où l’on clone des humains stériles, pour s’en servir de masse ouvrière. On détournerait toutes les fonctions biologiques superflues pour leur donner plus de forces et leur faire casser du minerai. Et encore, je ne parle même pas d’utiliser leurs chairs pour produire de la protéine animale (après tout nous sommes des mammifères). C’est un raisonnement poussé à l’absurde, mais pourtant, en refusant toute conscience aux plantes, qu’elles soient petites ou grandes, l’idée est là.

Très longtemps, ces idées m’ont posées problème car alors : que penser de mon alimentation ? Et de mon travail ? Je n’ai pas trouvé la réponse à toutes ces questions, mais une amie m’a très justement dit « ce n’est pas parce que tu accordes une conscience à quelque chose, que tu ne dois plus le manger. Il faut juste le faire avec respect ». Bingo, cela a fait tilt. C’est vrai que lorsque l’on pense aux amérindiens, de par le chamanisme, la communion avec la nature, plante et animaux est très forte.  Pour autant, cela ne les empêchaient pas d’en manger. Simplement, ils ne chassaient pas plus que de nécessaire, et honorer toujours les sacrifices réalisés pour les nourrir.

Honorer, remercier, manger en conscience sont les clés pour moi. Ainsi j’accorde de la valeur à la vie qui m’est offerte, à travers ces végétaux, ces animaux et ces cadeaux venus de la terre. En cela, la tradition de la bénédiction au début des repas chrétiens est finalement quelque chose qui prend du sens. Et la bénédiction de notre nourriture peut prendre une forme personnelle et s’adapter aux croyances de chacun.

Je choisis mieux ce dont je me nourris, et en prenant soin de ne pas gaspiller mes aliments. Je choisis aussi les énergies dont je me nourris en honorant mes repas. Et je me nourris également de la gratitude que je ressens envers les cadeaux que me fait la terre.

Et devinez quoi ? Cette gratitude est la meilleure nourriture que je trouve actuellement pour ressentir de la joie dans mon quotidien, même s’il est lourd et imparfait.

 8 août 2016

Transformations

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Cela fait un moment que je n’ai pas écrit sur mon blog. J’en avais l’envie et puis je n’arrivais jamais à trouver le temps et l’énergie pour rester derrière mon clavier. Les choses ont pas mal changé pour moi depuis mon départ en vacances et mon retour à la Réunion. Beaucoup de retrouvailles, de moments en famille, de discussions, de prises de conscience, de rencontres aussi. Beaucoup de transformation. Je me suis vue changée depuis la dernière fois que j’avais les pieds sur le sol de la métropole. Cette période loin de mon bout de caillou m’a aussi permis de prendre du recul sur mon quotidien, sur ma situation engluée dans ma maladie (endométriose), mon travail qui ne me satisfait pas. Mais ce temps m’a aussi permis de concrétiser tous les changements pour lesquels j’ai travaillé cette année.

Ainsi j’ai changé de coupe de cheveux, de lunette, j’ai renouvelé ma garde-robe. Cela peut paraitre superficiel, mais en réalité, les changements d’apparence extérieurs sont toujours le signe d’une évolution intérieure et ce n’est jamais anodin. Alors oui, de grands changements. J’ai fait le pas de prendre des lunettes colorés et rondes, à des années lumières de ce que j’aurais imaginé choisir et oser porter avant. Ma vision évolue vers plus de douceur, plus de légèreté et plus de féminité, comme mes lunettes. Ma coupe de cheveux aussi, j’ai décidé d’assumer mes boucles, qui sont sur-boosté à cause de mon traitement hormonal. De façon ironique, je n’ai jamais aimé les cheveux bouclés sur moi, j’ai toujours trouvé ça vieillot, ça me faisait penser à ma grand-mère. Mais je dois bien admettre que cela met mes cheveux en valeur et adoucit la forme de mon visage. J’apprends donc à assumer.

Il aura donc fallu tout ce temps pour que les transformations intérieures que j’ai vécues à la Réunion s’expriment extérieurement ! Qui l’aurait cru ? Définitivement, prendre de la distance, physique et psychologique, permet d’intégrer plein de choses et de mieux en comprendre certaines. Ironiquement, j’aurais pensé les partager au fur et à mesure sur mon blog, mais certaines choses doivent être vécues parfois tranquillement sans revenir dessus, analyser, disséquer, mettre des mots.

Et mon maître mot a été de profiter, simplement, de l’instant, de mes amis, de ma famille. De tous ces gens que j’aime infiniment et que je n’avais pas vus depuis si longtemps. De profiter et de prendre soin de moi, malgré le mouvement constant, les changements et l’environnement extérieur pas forcément familier. Car j’ai été malade de mon endométriose à plusieurs reprises et pas forcément très en forme tout du long. Mais je l’ai pris avec douceur. C’était aussi l’opportunité d’affirmer mes besoins, celui de me reposer, de faire des siestes, de manger différemment (sans gluten !), de rester au chaud, ou de simplement marcher à mon rythme. Ce dernier point peut paraitre bête et pourtant ! Avec mes ovaires gonflés et douloureux, marcher s’avère parfois me donner la sensation d’avoir des boules de bowling dans le ventre qui jouent avec mes autres organes. Alors je marche TRES lentement, parce que sinon c’est douloureux. Or dans ma vie, j’ai toujours eu l’habitude d’adapter mon rythme de marche à celui des personnes avec qui j’étais. Par exemple mes amis belges marchent assez vite. J’ai dû apprendre à écouter mon corps et ne plus me laisser porter sans le prendre en considération, apprendre à dire « hé, vous marchez trop vite pour moi, j’ai mal au ventre ». Un petit pas important pour moi. Comme apprendre à dire non quand on me propose quelque chose avec du gluten, même si c’est chose a été faite exprès pour moi.

Je ne m’étais jamais rendue compte à quel point j’étais « plastique », combien je m’adaptais aux autres, à leur rythme, à leur alimentation, à leurs envies etc… Quand je suis avec d’autres personnes, j’ai vraiment tendance à « m’effacer », les besoins de mon corps s’effacent, je ne les entends plus, mes envies non plus. Cela m’a toujours créé des problèmes, car après, quand je me retrouvais seule, mon corps se rappelait à moi et me faisait payer les pots cassés, tout comme mes émotions et mon moral. Je n’avais jamais compris que ces « symptômes » étaient en fait l’expression de mon hypersensibilité, couplée à mon empathie. Car finalement, le problème n’est pas seulement d’être submergée par les émotions des autres, mais tout simplement par leurs énergies. Au point d’en oublier les miennes, celles de mon corps, mes besoins et mes envies. La prise de conscience a été claire et en ça, elle a beaucoup été aidée par les articles de Camille Fraise, comme j’en parle ici :  L’histoire de mon hypersensibilité

Alors que faire ? J’ai décidé de me prendre en main, même si c’est le travail d’une vie entière. Accepter mon hypersensibilité doublée de mon empathie. Rien que le prendre en compte et l’anticiper peut changer la donne. Je comprends que je suis trop sensible aux énergies des gens mais aussi des lieux. Que celles de mon travail me plombent. Que celle de mon appartement aussi. Alors je veux changer ça. La première étape a été évidemment de ranger et de nettoyer, mais ça je le fais régulièrement. La deuxième a été de me trouver des alliés. Je me suis mise à chercher des plantes qui m’aideraient à transmuter les énergies lourdes, pour chez moi, mais aussi au travail. Couplée à des cristaux, parce que « Yeah, merci Camille Fraise » ça envoie de la balle au niveau des énergies !

J’ai décidé aussi qu’un certain nombre de « poids émotionnels » au travail n’étaient plus mon problème. Je ne veux plus être le défouloir de mon supérieur, ses émotions ne me concernent pas et la coordination et la prise de décision sont sa responsabilité à lui. Je veux bien être empathe et compatissante, à un moment, quand cela me bouffe, il faut que j’apprenne à poser des limites. Je vais donc travailler sur ça.

Et puis, je me suis instaurée une routine. Celle d’écrire systématiquement dans mon journal tous les soirs. Un petit moment rituel que je m’offre à moi-même. Au début c’était difficile, maintenant j’en écris des tartines. Cela me permet plusieurs choses :

  • Me décharger des émotions qui me pèsent en écrivant dessus. Quand j’ai fait face à une émotion qui m’a déstabilisée et déclenchée un tsunami émotionnel ingérable, j’essaye de revenir dessus, de comprendre la source, le pourquoi, qui, quel émotion, comme proposé par Camille Fraise ici : Hypersensibilité et filtres.
  • Prendre du recul sur ma journée, relativiser les choses, voir ce qu’elles m’ont apporté de nouveau, ce qu’elles évoquent en moi, comment cela résonne. C’est aussi un bon moyen d’apprendre à me connaître.
  • Souligner le positif dans ma journée. Apprendre à voir les choses de façon plus heureuse et optimiste. Parce que j’ai tendance à voir le verre à moitié vide plutôt qu’à moitié plein. Mais, hé ! Si vous êtes comme ça aussi, sachez qu’il parait que c’est un fonctionnement normal et primitif du cerveau humain, qui avait tendance à enregistrer tous les évènements négatifs (dangers) que positifs pour assurer sa survie dans la cambrousse. Bonne nouvelle, on peut rééduquer son cerveau en créant des associations neuronales positives ! Je dois donc avoir un cerveau très primitif… lol !

Bref, tout ça pourquoi ? Et bien ma raison d’écrire ici a elle aussi évolué. Avant, j’écrivais surtout pour me décharger d’émotions et les transformer en une expérience à partager. Ce qui pouvait peut-être être pesant à lire pour certains ? Je ne sais pas à vrai dire. Dans tous les cas, mon journal remplit très bien cet office maintenant, et c’est vraiment mon nouvel ami. Je peux donc dédier cet espace à une nouvelle fonction. J’ai réfléchi à ça, me demandant toujours « pourquoi j’écris ici ? Pourquoi je le partage ? » Et bien, tout d’abord, j’aime écrire. Ensuite, j’aime être lue. Et j’adore encore plus quand cela crée un échange avec d’autres personnes. J’ai reçu des commentaires qui sont pour certains de vrais perles, et ont changé ma façon de penser, mes connaissances et ma vision sur certaines choses. Je pense par exemple à ce magnifique commentaire de Bluebird sur la « construction de son royaume intérieur » (ici : L’histoire de mon hypersensibilité) plutôt que le but d’être heureuse. C’est génial, et à chaque fois cela me touche, m’enrichit et me nourrit le cœur. Je ressens beaucoup de gratitude pour cela. Merci à vous qui me lisez et partagez vos réactions !

Alors je me suis dit que j’allais continuer à explorer ici ma spiritualité. J’ai des tas de questions qui ont émergées durant mes rencontres, mes discussions, mes retrouvailles. Des tas à explorer pour me connaître mieux, et partager une vision parmi tant d’autres, la mienne, qui n’a à offrir de modeste qu’un aperçu parmi la richesse d’une multitude. Mais, hey, si on était tous pareils, où serait l’intérêt ?

Alors, à venir, selon mes envies : quel lien entre plantes et spiritualité ? Quelle place pour la conscience des plantes dans notre société ? Comment changer de regard sur son quotidien ? Que faire quand on se rend compte qu’on veut changer de vie ? En quoi mon endométriose me rend-elle différente ? Quel lien entre hypersensibilité et médiumnité ? Quel lien entre mon endométriose et ma médiumnité ? Quels ont été les facteurs déclenchant pour les deux ? Comment la guérison sur soi par rapport à un tiers affecte ce tiers aussi ? Comment développer sa foi dans la guidance divine ? Et bien d’autres…

31 juillet 2016

L’histoire de mon hypersensibilité

Artiste : Yumei

Artiste : Yuumei, Through the Distorted Lens

Je n’en reviens pas. Je voulais réserver un foutu Uber pour mon trajet vers l’aéroport, et je découvre qu’on ne peut le faire qu’en utilisant leur application et que mon « vieux » téléphone n’est pas compatible ! Je ne peux même pas le faire sur internet, c’est hallucinant ! Je ne vais quand même pas acheter un nouveau téléphone juste pour une foutue course de 40€ ?!! Cela me frustre et c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.

Parce que je ne me sens pas bien, je suis encore malade depuis plusieurs jours. Je n’ai pas envie de finir ma valise et de repartir à la Réunion. Je n’ai pas envie de quitter ma famille, mes amis et de me retrouver seule. Je n’ai pas envie de reprendre mon travail, il ne me manque pas, enfin c’est surtout mon supérieur qui ne me manque pas.

Et puis je ne me sens pas bien dans mon corps, voilà deux semaines que mon endométriose me rend malade, que j’ai mal au ventre, que je suis épuisée etc. Je sais ce qui a été le déclencheur, mais je me demande pourquoi, maintenant que le travail d’exploration est fini, cela ne s’arrête pas. Est ce que ce sont mes émotions qui me rendent malade ? Mon hypersensibilité que je ne gère pas ?

J’avoue que ça fait beaucoup à encaisser, ce que j’ai appris sur la nature de ma blessure à l’âme grâce à Sylvie, blessure qui est la source de mon endométriose, et qui me bloque sur beaucoup de plans, notamment celui de simplement me sentir bien dans ma peau. Et puis aussi toutes ces prises de conscience sur mon hypersensibilité.

Ça a commencé avec des questions que je me suis posées au cours de mon dernier article, face à des situations provoquant des tsunamis émotionnels. Et puis beaucoup grâce aux article de Camille sur le sujet, que je vous recommande très vivement (le 1er est un peu technique, mais le 2ème y apporte bien les réponses : Hypersensibilité et émotivité , Hypersensibilité et filtres, Hypersensibilité et empathie et Hypersensibilité et Compassion .

J’ai senti un profond soulagement à voir décrit par une autre ce que je vivais « enfin, je ne suis pas folle, enfin je suis comprise ». Camille a mis des mots tellement justes pour décrire ce que c’est que d’être hypersensible, la difficulté que c’est au quotidien, le besoin d’isolement que cela entraîne, le besoin de choisir avec précaution son entourage… Tellement de choses que je vis au quotidien, mais qui semblent faire de moi une extra-terrestre dans mon environnement. Et puis, enfin une compréhension de pourquoi je vis ça, des mécanismes énergétiques sousjacent. Qu’est ce qui explique donc que je ressente autant ? Comment ? Et pourquoi de telles répercussions sur mon bien être ? Comment gérer ça ? Alors oui, Camille a soulevé la monstrueuse difficulté à maîtriser une telle capacité. C’est décourageant, mais en même temps, ça m’a donné de l’espoir.

Et ça m’a forcé aussi à bien regarder la vérité en face. Cela fait des années que je sais que je suis « hypersensible », que je capte et réagis trop aux émotions des autres. J’en ai déjà parlé ici dans plusieurs articles (Liberté… ? , Trop ressentir… ou l’hypersensibilité empoisonnante ). Mais je n’ai jamais pris la peine de me pencher sur le sujet, d’apprendre ce que cela voulait RÉELLEMENT dire et quelles sont les implications pour moi, pour les autres et sur le long terme. Je n’ai jamais pris la peine de revoir ma routine quotidienne et d’installer une « hygiène émotionnelle » moi qui capte les émotions des autres, comme d’autre les microbes ou les calories.

J’ai bien vaguement tenté de faire une bulle protégée chez moi, en purifiant les énergies, mettant des pierres de protection. Et aussi d’évacuer les énergies négatives en rentrant chez moi. Et même si les émotions sont finalement véhiculées par des énergies, je n’ai jamais pris la peine de traiter la partie émotionnelle de tout ça.

Je sais que je ne peux m’en prendre qu’à moi même pour cette incapacité à gérer mon hypersensibilité. Je ne l’ai jamais travaillé. Quand elle a commencé à se manifester à l’adolescence et grandir en même temps que moi, je n’ai rien compris, je ne m’en suis pas rendu compte. Et j’ai été laminer par la méchanceté dont peuvent faire preuve les collégiens. J’ai vécu un enfer émotionnel et je me suis repliée sur moi même, je me suis coupée des autres.

Par mécanisme de défense, j’ai commencé à m’habiller toute en noir, en gothique, pour effrayer les autres et éviter qu’ils ne m’approchent. J’avais déjà une lucidité et une perception exacerbée des choses, qu’on ne pouvait pas juger les autres sans connaître leur souffrance, leur vie et leur histoire. Et je refusais de me plier aux jeux des apparences, de la popularité, de l’hypocrisie et de la méchanceté gratuite. Alors je préférais rester seule. J’avais peu d’amis mais de bien choisis, ceux qui avait su voir au-delà des apparences et s’ouvrir à moi pour que je m’ouvre à eux. Faire fuir les autres ne me gênaient pas, et c’était la meilleure façon de me protéger inconsciemment contre leurs émotions.

Plus tard, quand j’ai commencé à être moins sauvage, j’ai voulu me protéger des « énergies négatives » des autres en me bardant de pierre de protection, de bulle énergétique de protection. J’étais devenu agoraphobe, je ne supportais plus les émotions négatives dans les foules, les concerts, les cinémas, etc.

Mais tout ça, ce n’était que des armures, des artifices pour me protéger inconsciemment de mon hypersensibilité, de toutes ces choses que je captais malgré moi et qui me plombaient. Seulement voilà, une armure en grandissant devient trop petite. En évoluant cette armure de protection est devenu un carcan qui ne faisait qu’accentuer mon mal être. J’ai été amenée à la faire tomber. Cela fait plusieurs mois que je ne porte plus de noir. Que je ne me réfugie plus derrière des pierres de protection à moins qu’une situation le rende vraiment nécessaire.

Seulement, je me retrouve maintenant à la case départ, et même à la case moins 2. Toutes ces années où j’ai fui et ignoré mon hypersensibilité sont autant d’années où je n’ai pas appris à la comprendre et à la gérer. Des années de retard, où pendant ce temps, mon armure imparfaite me laissait accumuler toutes ces émotions et énergies sans les gérer. J’en suis maintenant au point de rupture. Celui où une émotion extérieure de trop me fait exploser, ou bien me met à terre. Je me sens vidée, et en même temps avec ce trop plein de résonances et de blessures à vif.

Me voir confirmer que je ne suis pas seulement hypersensible mais aussi empathe (voir cet article de Camille pour les explications sur la notion : Hypersensibilité et empathie ) m’a vraiment atteinte. Je le soupçonnais, je le disais parfois, mais sans vraiment y croire et y donner du poids. Sauf que maintenant, après avoir lu Camille, je ne peux plus faire semblant.

Moi quand j’étais jeune ado, je ne rêvais pas d’être astronaute, riche banquière ou médecin. Je rêvais d’être une sorcière, une sage, une « guérisseuse », une herboriste. Et même une passeuse d’âme (les médiums qui accompagnent les âmes des défunts lors de leur transition entre ce monde et ailleurs). Je ne sais franchement pas trop d’où cela m’est venu, parce que ce n’est vraiment pas un dada dans la famille, plutôt un interdit, et que personne ne m’en a jamais parlé. Peut être mon lien à la nature ? Mes lectures de fantastique ? Je me souviens que la série des Dames du Lac de Marion Zimmer Bradley m’avait beaucoup marquée et parlé au coeur, or c’est un roman initiatique qui parle de prêtresse et de magie druidique…

Personne ne partageait réellement mon intérêt, ma meilleure amie un peu, puis cela lui a fait peur et elle s’est fermée, idem pour ma sœur. Je me suis renseignée seule, j’ai du apprendre et comprendre seule. Je faisais des recherches sur internet et empruntais des livres à la bibliothèque en cachette. J’avais aussi acheté des bougies et de l’encens que je devais bien caché de mes parents. J’ai même du me faire offrir un coffre qui fermait pour y mettre tout ça. Parce qu’évidemment mes parents n’approuvaient absolument pas ce genre de centre d’intérêt.

Je me souviens que la première amie avec qui j’ai pu en parler, était une de mes surveillantes de collège, elle avait 40 ans et elle était un peu magnétiseuse. Je l’aimais beaucoup et on s’entendait bien. Elle m’a expliqué des choses, et j’ai acheté mon premier pendule, morte de trouille à l’idée d’être découverte par mes parents.

Sauf que voilà, on a des rêves et on croit vouloir des choses. Mais la première fois que je me suis mise à sentir des âmes défuntes errantes, des années plus tard, j’ai totalement paniquée. Je croyais savoir ce que c’était, comment on faisait, mais en réalité, je me suis retrouvée totalement désemparée. Je ne dormais plus la nuit tellement j’étais effrayée, je ne savais pas quoi faire. C’est à ce moment là que j’ai commencé à faire des rencontres avec d’autres personnes ouvertes dans le domaine de la spiritualité. Et la seule chose que je voulais, c’était que mes perceptions s’arrêtent, que « tout redevienne normal » .

Avec la rétrospective, c’est aussi à ce moment là que mon endométriose a commencé. Faut-il y voir un lien ? Est-ce un hasard ? Je n’en sais rien. Mais j’ai pu trouver une magnétiseuse qui m’a expliqué ce qui se passait, que mon 3ème œil était sur-actif et que c’est pour ça que je percevais tout ça. Elle m’a promis un moyen de ne plus sentir les âmes errantes, un moyen d’arriver à gérer ça de façon simple. Je n’ai pas compris à l’époque que la solution qu’elle m’offrait – une forme de forçage énergétique dont j’ai déjà parlé ici sur « Discernement et énergétique » – n’était qu’une porte ouverte sur bien plus. Parce qu’à partir de ce moment là, je n’ai plus pu tourner le dos aux réalités énergétiques. Et les rares fois où je l’ai fait, j’en tombais malade. Alors que je voulais tout laisser tomber et ne plus avoir affaire au « spirituel ».

Mais je n’avais jamais capté que je devais mettre autant de soin et d’attention aux émotions qui m’environnaient. Je n’ai jamais rêvé d’être hypersensible et empathe. A quoi donc peuvent servir de telles capacités ? A apprendre à exprimer mes émotions, ça c’est sur. A être capable de les écrire et de les communiquer, peut être ? Mais encore ?

Sincèrement, je suis fatiguée. J’aimerai parfois appuyer sur le bouton pause, vivre ma vie simplement sans avoir à me soucier des émotions et des énergies qui m’entourent, celles des autres et des lieux, ainsi que des miennes. Tant de gens vivent dans l’insouciance de ça ! N’est-ce pas déjà suffisant de se préoccuper des factures, des courses à faire et du patron agaçant ? Et je ne parle même pas de vivre au jour le jour avec une maladie chronique inflammatoire (comme l’endométriose). Tout ça n’est-il pas déjà suffisant ? Je n’ai pas besoin de ça en plus, je n’en veux pas !! Je n’en vois pas l’intérêt.

Et pourtant, puis-je simplement rejeter cela comme je le voudrais ? C’est malheureusement impossible. C’est comme si je disais « je ne veux plus être brune ». Cela fait partie de moi, je ne peux pas le changer et si je le rejette, c’est comme rejeter une partie de moi même. Je suis obligée de voir, d’entendre et de prendre soin de cette partie de moi, si je veux me sentir bien dans l’entièreté de mon être. Or cette partie de moi est en grande souffrance, je me sens dépassée et impuissante.

Je pourrais en écrire des tartines à ce sujet là, mais je préférerais simplement être consolée, que quelqu’un qui comprenne me prenne dans ces bras, et me rassure. Que pour une fois, on me dise « cela va bien se passer », et que « je vais y arriver ».

C’est à ce moment là que je déteste ne pas être capable de « voir » et « d’entendre » clairement mes guides comme Sylvie ou Camille dans ses rêves lucides. Où est mon soutien quand je tombe, que je trébuche et que je n’arrive pas à me relever ? Personne n’a conscience de la dureté de cet aspect de ma vie. Et j’ai conscience que parfois j’ai besoin d’aide, je n’y arrive plus toute seule, malgré ma volonté. L’épuisement émotionnel, mental et la fatigue de la maladie me cloue au sol et je ne trouve plus la force pour me relever…

Pourtant je reçois de l’aide. Évidemment, pas sous la forme et de la façon dont je le souhaiterais. Mais je ne peux pas le dénier. De nombreuses personnes m’ont apporté leur aide, sans rien attendre en retour. Je pense à Sylvie, à Camille, à mes quelques rares amis à la Réunion, à mes amies en métropole et je les en remercie du fond du cœur.

Mais que puis-je faire moi, maintenant, pour m’aider moi même ?

Mes rêves d’être guérisseuse ou sorcière ont depuis longtemps été éteints. Face à la réalité de notre société qui n’admet pas l’existence d’autres énergies et mondes subtils, d’autres façon de soigner des blessures qui ne sont pas physiques. Face à la prise de conscience de mes propres blessures et limites : qui serais-je donc pour soigner autrui quand je ne suis pas capable de me guérir moi même ? Face au manque de confiance en moi, comment assumer la responsabilité de la santé physique / émotionnelle / énergétique d’une personne qui vous donne sa confiance ? Face à mon manque total de contrôle de mon hypersensibilité et de mon incapacité à sentir clairement et gérer les énergies : je ne suis pas capable de gérer ce que moi même je projette vers l’extérieur, hors de question de le faire peser sur quelqu’un.

J’ai une conscience assez aiguë de mes manques et de mes faiblesses. Je sais aussi qu’« être guérisseuse », ce n’est pas quelque chose que l’on « veut », c’est quelque chose qui vient par la force des choses, par le parcours de la personne ou par de réelles prédispositions. Ce n’est pas mon cas, je n’ai pas de telles capacités, et je ne veux pas être aveuglée par un égo qui chercherait une position de « sauveur ». Je sais que chaque personne est son propre et unique sauveur. Mais je comprends aussi que parfois on a besoin d’aide, de soutien, d’éclairage et de soins. Et que certaines personnes peuvent offrir cela. Il me faut juste admettre que ce n’est pas mon cas.

Alors que reste-t-il de mes rêves de jeunesse ? J’ai rabattu mes désirs vers une alternative, celle de la production de plantes médicinales, à défaut de leur utilisation pour soigner. Mais même là, je ne m’y sens pas à ma place. Je me sens inadéquate dans ce monde qui m’apparaît trop violent, pour moi et ma si grande hypersensibilité. Peut-on vivre en se cachant du monde ? Dans une bulle en verre filtrant les émotions ? Peut-on vivre sans but qui parle au coeur ?

11 juillet 2016

Discernement et énergétique

Artiste : Eaphonia

Artiste : Eaphonia

Je crois que je suis malade. Ce matin j’ai failli ne pas réussir à me lever, j’étais épuisée. Toute la journée je me suis sentie lourde, fonctionner au ralenti, et même fiévreuse l’après-midi. Je me suis même foulée la cheville droite, deux fois. Hors cela ne m’arrive que lorsque je suis dans un état d’épuisement avancé. Ce que je ne comprends pas, c’est que je n’ai même pas eu une grosse semaine, je me suis couchée pour avoir mes heures de sommeil et j’ai même fait la sieste tous les jours. Mais c’est comme si je n’arrivais pas vraiment à dormir profondément comme d’habitude. Plus ça va, et plus je suis épuisée au réveil… Comme si je n’arrivais pas à récupérer, mon corps tellement à la ramasse que mon cerveau rame aussi. C’est très déplaisant comme sensation, je n’aime pas sentir que mes capacités de réflexion ne fonctionnent pas comme d’habitude. Comme si tout était voilé…

Tu l’as déjà deviné, ton corps peine à assimiler toutes les énergies reçues depuis le we dernier. Un signe prégnant que tu as remarqué et que tu as cet espèce d’acouphène, très aigu et faible, que tu n’entends que lorsque tu es dans le silence total.

Je me suis toujours demandé d’où cela venait. J’ai souvent remarqué que je l’entendais dans des périodes énergétiques « intenses », après ou avant des soins, des stages, des méditations, etc… Au début je me suis posée la question d’un symptôme médical, mais ça va et ça vient, sans vraiment avoir un impact conséquent. Ça fait un peu comme si j’entendais une surcharge ?

C’est bizarre comme sensation. Au début je pensais que comme j’ai l’ouïe assez sensible j’entendais des fréquences aigues, des appareils ou je ne sais quoi que je n’entendais pas d’habitude. Mais je n’ai jamais trouvé quelqu’un qui l’entende et cela me suit où que je sois. Je crois donc que ça vient de moi. Mais je ne sais pas si c’est physique, si je le capte via mes fonctions physiologiques, ou si ce sont « mes autres sens » comme ceux qui me font « entendre » mes guides – bien que ce soit plus des énergies que je capte qui se transforment toutes seules en mots dans mon cerveau.

Quand est-ce que ça a commencé ?

Et bien je dirais, si ma mémoire est juste, autour de mon premier stage d’énergétique. Celui où la formatrice a forcé nos chakras à se remettre « à tourner à 100% ». Je ne m’attendais pas du tout à ça ! Avec le recul, si j’avais su ce que cela voulait dire et impliquait, je n’y serais jamais allée. Je lui avais demandé quel était le programme précis de la journée, mais elle n’avait pas voulu me dire. Elle m’avait répondu « viens, tu verras ». Je me souviens que mon corps a très très mal supporté ce forçage énergétique. J’ai été malade toute la semaine suivante, couchée au lit. Avec de la fièvre. Et je me souviens dans la brume de la fièvre avoir ressenti des brûlures au niveau de chaque chakra, à peu près 2 jours par chakra, en montant le long du corps. Ce n’est qu’après coup que j’ai fait le rapprochement. Et bien plus tard que j’ai compris le danger que cela représentait. C’est totalement irresponsable de faire ça ! Si nos chakras ne fonctionnent pas pleinement, il y a une raison. Pourquoi forcer l’ouverture comme ça ? Avec le recul je trouve ça stupide, vraiment stupide et dangereux… Irresponsable surtout. Je ne comprends pas comment on peut prôner ça…

Pour aller vite à gagner de la « puissance spirituelle ». Tu doutais certes de l’efficacité de leurs méthodes, mais il n’empêche que cela brassait beaucoup d’énergie en effet. A bon ou mauvais escient, c’est autre chose.

Et c’est depuis ça, que je sens que mon corps physique rame à intégrer les énergies, toujours, souvent. Cela m’a parfois causé de forts désagréments, cela m’a souvent rendue malade aussi… Je ne pensais pas que la bénédiction mondiale de l’utérus serait aussi lourde à porter par mon corps…

Pourtant cela t’a déjà fait cet effet, même si tu n’avais pas fait le rapprochement. Cela fait vraiment beaucoup d’énergie à intégrer dans tes propres corps. Une sorte de « digestion », si tu veux, pour t’approprier ces énergies et les faire tiennes. Une digestion fatigante, qui t’occupe une bonne partie de la nuit et à tout moment de repos, et qui empêche ton corps physique de se reposer et de se ressourcer normalement. D’où la fatigue physique.

Comment je peux améliorer ce processus pour moins souffrir de ses effets ? Comment je peux aider mon corps physique ?

En accompagnant consciemment le mouvement. En prenant soin de ton corps physique et lui offrant beaucoup de repos. En prenant de courts temps de méditation fréquents où tu déconnectes ton cerveau pour laisser l’intégration s’étaler dans la journée. En méditant et visualisant l’intégration de ces énergies aux tiennes. En demandant à la terre d’absorber les énergies excédentes dont tu n’as pas besoin. Tu es saturée.

Je ne savais même pas que cela était possible…

Une coupe ne peut contenir plus que la taille qu’elle a. C’est pareil avec les énergies, même si tu peux travailler pour agrandir ta coupe car rien n’est figé. Elle ne peut cependant pas doubler de volume d’un coup sur demande. A moins d’être appuyée par d’autres entités.

Je vois que pour Sylvie, il y a plein de choses qui sont gérées par ses guides au niveau des énergies.

C’est de moins en moins vrai. Mais c’est vrai qu’elle est beaucoup soutenue de ce côté-là, c’est lié à sa reliance.

C’est tout ? Alors le fait d’être reliée au Milieu c’est « démerde-toi toute seule » ? Je ne comprends même pas comment on peut recevoir « trop d’énergie », ça me dépasse. L’eau ne coule-t-elle pas en dehors de la coupe quand elle est déjà pleine ?

C’est plus compliqué que ça, quand on t’envoie des énergies spécifiquement à toi, on les « marque », elle prenne « ta signature » pour t’atteindre toi et personne d’autre. Elles doivent donc te traverser avant de pouvoir être redirigées.

Mais je croyais que l’âme ne prenait que ce dont elle avait besoin. C’est ce qu’on m’a « enseigné ».

Comme on t’a enseigné que le forçage énergétique n’était pas quelque chose de mauvais ou à éviter. Ce avec quoi tu n’es pas du tout d’accord. Mais force est de constater que tu l’as vécu. Tu ne serais pas la même personne aujourd’hui sans ça. Et cela explique pourquoi tu perçois des choses sans être capables de les identifier et de les discerner. Parce que tu n’as pas appris progressivement à manier cette sensibilité au fur et à mesure que tu t’ouvrais à elle, comme a pu le faire Sylvie. Comme si on t’avait donné un jouet très complexe, sans aucune notice d’utilisation, plutôt que de te le laisser construire au fur et à mesure en ajoutant chaque fonctionnalité en même temps que tu l’apprenais.

Comment cela a-t-il été possible ? Pourquoi ?

Parce que ton âme a demandé en s’incarnant à avoir un moyen de pression fort et efficace pour percer à travers ta personnalité très forte et rigide. Il fallait bien ça pour pouvoir « t’ouvrir les oreilles » et nous permettre de t’aider et de te guider.

Alors c’est pour ça que je suis capable d’échanger avec vous ? Moi, tout ce que je sais, c’est que quand je suis venue pour cette formation, c’est parce que je percevais des choses qui me gênaient. Des âmes errantes, des entités, des choses chez les autres, sans être capable de gérer le moins du monde. C’est ça qui m’a poussé à faire ce stage d’énergétique, parce que la formatrice m’avait dit que j’arrêterais de sentir les morts après. Il s’était avéré que j’avais mon 3ème œil complètement ouvert et sur actif par rapport aux autres, ce qui expliquaient mes perceptions.

Et que ce serait-il passé si tu n’avais pas fait ce stage ?

Je ne sais pas… J’étais très flippée et effrayée, je ne comprenais pas grand-chose et je ne connaissais pas d’autres personnes vivant ça. Je pense que j’aurais dû apprendre à vivre avec, à me protéger des entités du bas astral que je ressentais, à faire passer les défunts que je croisais. Peut-être, peut-être pas, qui sait ? En tout cas, ce que je sais, ce qu’effectivement, après la formation je ne percevais plus tout ça. Pendant un temps du moins. Mais mon corps s’est mis à être sensible aux énergies des lieux, des gens, à être malade quand les énergies étaient fortes. Je suis tombée de haut quand je me suis rendue compte que les autres praticiens de cette formation utilisaient les énergies de leurs élèves pour certains travaux « pour le bien de tous ». Je pensais que c’était les énergies du moment (lune, alignement de planètes, etc…) qui me vidaient, mais en fait non. Là j’ai vraiment déchanté, et j’ai décidé de claquer la porte. De couper tout lien énergétique, de ne plus utiliser les pratiques et techniques de soin, plus rien de ce qui pouvait me rattacher à l’égrégore de cette formation. [Pour la définition d’un égrégore, je vous propose ce lien ]

Je ne saurai dire finalement si c’est une secte ou pas. C’est vrai que l’on ne vous demande aucun argent, mais pas contre on se sert de vos énergies pour nourrir le travail de certains… Alors non, hors de question d’y participer une fois que j’ai compris ça. Je ne suis pas du tout d’accord avec ce fonctionnement. Ni avec l’idée d’un maître qui même décédé dicte des ordres et des façons de faire. En plus, je trouve que certaines personnes y sont complètement engluées dans leur égo de « je suis une énergéticienne qui fait le bien et donne de nombreux soins » ou « je suis lumière et évoluée ». A n’être que lumière de cette façon-là, sans travailler sur ses ombres propres, ses défauts etc, on s’aveugle soi-même… Enfin, c’est ma façon de voir. Ce n’est pas le chemin qui me correspond à moi, tant mieux s’il correspond à d’autre, chacun est libre de vivre et d’expérimenter ce qu’il souhaite.

C’est pour ça que je suis maintenant prudente avec les techniques de soin, les « écoles énergétiques » qui existent etc.  Je veux garder mon indépendance et mon autonomie. Ce qui me plait bien avec les Moon Mothers, c’est qu’on est totalement libre de faire ou ne pas faire, recevoir ou ne pas recevoir. Je sens que cela me travaille quand je fais les méditations et les soins, mais le reste du temps, je suis tranquille. Je ne sers pas de réservoir énergétique.

Pourtant t’es-tu déjà posé la question de savoir d’où vient toute cette énergie qui est transmise lors des bénédictions mondiales ?

Je sais que les Moon Mothers peuvent choisir d’aider à canaliser ces énergies, mais c’est volontaire. Pour ma part, je préfère recevoir qu’émettre parce que je ne m’en sens pas la force physique pour l’instant. Je me pose plutôt la question de savoir « de qui » elle a reçu ses connaissances et ces techniques de soin. C’est plutôt ça qui m’intrigue, elle n’en parle pas du tout, elle ne parle pas du tout d’elle en fait. Elle cherche juste à transmettre encore et encore, pour étendre la toile.

De toute façon, je ne me fais pas d’illusions. Comme les autres écoles, celle-ci a créé et sollicite son propre égrégore, nourrie de toutes les femmes qui y participent. Alors évidement un égrégore est ce qu’on y met. Ici la volonté est d’apporter la guérison du féminin, de l’amour et un réveil des énergies féminines, des prises de conscience. L’objectif est aussi de pouvoir connecter les femmes du monde entre elles, pour qu’elles ressentent cette force de la sororité et qu’elles se transmettent la sagesse ancestrale des femmes. En soi, c’est un égrégore qui me convient pour l’instant, mais duquel je n’hésiterais pas à me détacher si je sens qu’il ne me correspond plus. Parce que certes il a une vocation à apporter la guérison et l’évolution, mais il brasse…

Et pourquoi m’avez-vous amené à parler de ça ?

Pour que tu comprennes que tout groupe, toute école crée son propre égrégore, conscient ou non. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi, du moment que tu es consciente de ton lien à celui-ci et que tu choisis de te laisser ou non affecter par lui.

Alors je pourrais choisir de ne pas être affectée comme je le suis en ce moment ?

Seulement si tu renonces à recevoir ces énergies de guérison et à la transformation qu’elles sont censées t’apporter.

Tout a un prix, hein ?

Oui et toute énergie vient de quelque part. Mieux vaut savoir d’où précisément.

Peut-on considérer que l’énergie lunaire vient de la Déesse ?

Peut-on considérer que l’énergie solaire vient de Dieu ? Après tout, la première « école » que tu fréquentais se servait bien d’elle pour capter l’énergie et la redistribuer sous forme de soin. Est-ce bien différent d’utiliser l’énergie lunaire ? En quoi et pourquoi ?

Je ne sais pas. Dans le deuxième cas, on demande explicitement au divin de nous transmettre cette énergie pour la canaliser vers la personne recevant le soin. Alors que dans le premier cas, on ne formulait pas une telle demande de façon précise, et finalement je me demande si on ne piochait pas plutôt dans les énergies environnantes ?

Où veux-tu en venir ? Je commence à fatiguer. J’ai perdu le fil…

26 mai 2016

 

Pourquoi pas ?

Artiste :

Artiste : Kuvshinov-ilya

 

J’ai finalement réussi à trouver un compromis avec mon patron pour cette fois ci. Vous aviez raison, il ne fallait pas que je me braque. Si je me braque, lui aussi. Si je discute, que je montre que je peux faire preuve de souplesse, cela passe mieux. Et aussi si j’explique pourquoi, ce qui me gêne malgré tout, parce que je ne devrais pas avoir à justifier mon besoin de récup avec mes raisons personnelles. Mais si cela peut le motiver à dire oui…

Cela te met mal à l’aise. Parce que pour toi vie privée et vie professionnelle sont deux choses qui doivent être bien séparées, bien clarifiées et sans vase communicant. Notamment parce que d’un côté tu fais un travail très scientifique et de l’autre que tu consacres beaucoup de temps à la « spiritualité » comme tu l’appelles. Un terme fourretout, somme toute, où tu ranges stages sur la féminité, cours d’astrologie, utilisation des cristaux, méditations et visualisation, cercles de pleine lune, purification, analyse de rêves, tirages de carte et j’en passe.

Et bien tout ce qui nourrit, entretient et régénère mes corps non physiques. On pourrait ajouter dans la liste l’écriture sur mon blog, puisque j’y parle d’énergétique, de cheminement et puis après tout aussi parce que j’écris avec mes guides / mon âme / des entités venues aider. Je sais que ça peut être un peu confus à comprendre pour le lecteur. C’est-à-dire que je suis capable d’avoir ces discussions, mais je ne sais pas trop avec qui. Je me suis longtemps posé la question, en me demandant si ce n’était pas mon mental qui inventait tout ça. Et puis bon, je me rappelle le dialogue qui m’a poussé à la prise de conscience de mon viol refoulé, et je me dis que ça… ce n’était ni dans l’intérêt de mon mental, ni de mon égo, mais bien dans celui de mon âme.

J’ai eu beau poser la question, je n’ai jamais eu de réponse sur l’identité précise de mes interlocuteurs. Parfois j’ai compris après coup que j’avais dialogué directement avec mon âme, cette part « divine » et plus « éclairé » de moi-même, qui est souvent ensevelie sous le mental et l’égo. D’autre fois avec des guides sombres et ça me faisait flipper. Parce que je sentais les énergies différentes, à la fois « denses » mais en même temps de niveau élevé, et le ton de discussion n’était pas le même, ni les sujets. Les guides sombres aiment bien me faire sortit de ma zone de confort et de confiance, me secouer, voire carrément me choquer. Au point qu’au départ j’étais très méfiante et apeurée, que je me demandais si ce n’était pas des entités du bas astral qui me parasitaient et venaient me pomper.

Mon défaut cruel est que malgré ma sensibilité aux énergies et parfois ma capacité à les transcrire en ressentis ou en mot, je ne pilote pas grand-chose. Je n’ai pas les capacités suffisantes pour clairement discerner les énergies et leurs provenances…

En même temps tu n’as jamais vraiment essayé.

Et voilà, là c’est l’exemple typique d’un début de dialogue où je me sens mal à l’aise sans savoir l’origine de la réponse. Mon égo ou mon mental ? Un guide lié à l’Ombre ? Une entité parasite ?

Tu n’as qu’à visualiser un dôme de protection transparente en demandant à la Déesse, ou qui tu veux, de n’y laisser entrer que tes alliés. On verra bien si je serai toujours là après * voix railleuse*.

***

Mais en même temps si après tu te mets à manger pour plomber tes énergies, cela ne sert à rien. Tu n’es pas forcément très facile d’accès pour nous, surtout quand tu es en processus de purification d’un certain nombre de lourdeurs comme le mois dernier.

J’aimerais bien avoir une recette « miracle » pour savoir avec qui je discute, quel type d’entité, quelle reliance etc… Pourquoi je ne suis capable de capter vos énergies que sous forme de mots et pas de sons, de visuel ou autre ?

Et bien tu ressens aussi certaines choses au niveau de ton corps, des tensions au niveau du plexus, ou bien de la gorge, des frissons, un poids sur le dessus de la tête. Des choses subtiles bien sûr. Tu n’auras jamais de panneau gigantesque, ce n’est pas notre façon de procéder. Une guidance ne doit pas être un forçage, ni un poids.

Mais je ne comprends pas pourquoi par exemple le « ton » à changer entre les premières phrases, puis justement la visualisation du dôme protecteur. C’est comme si j’étais passé d’un interlocuteur relié à l’Ombre à celui du Milieu. Je ne peux pas expliquer comment je perçois la différence. Je la sens juste. Comme si ta « voix » également m’était familière, une voix douce et chaleureuse, patiente et bien attentionnée. Pas comme la première, provocatrice et railleuse.

Certains guides de l’Ombre n’apprécient pas forcément que tu les compares à des entités du bas astral, alors que justement elles ajustent leurs énergies vers le bas pour pouvoir discuter avec toi. C’est tout simplement que tu n’es pas prête.

Mais est-ce que vous pouvez comprendre que c’est difficile pour moi de lâcher prise et d’accepter de parler à des entités que je ne cerne pas, ne vois pas, n’identifies pas, sans savoir si mes perceptions ne sont pas déformées ou erronées ? Si je ne me fais pas distraire pendant qu’une entité se sert dans mes propres énergies ? A vrai dire, je ne comprends même pas que ce soit possible d’échanger et de capter ces conversations, alors que j’ai des ressentis si partiels et aléatoires, quelque part je ne comprends pas…

Et j’ai comme l’impression que vous n’avez rien à répondre à ça…

Quelqu’un qui ne veut pas croire ne croira pas. Encore une fois nous te répétons que c’est une question de foi. Et que peut-être est-ce justement un travail pour développer ta foi. As-tu besoin de connaître nos noms ? Si de toute façon tu n’es pas capable de percevoir notre signature énergétique, cela ne sert absolument à rien. Juste à t’induire en confiance en brandissant un nom, alors que tu n’es même pas capable de vérifier la véracité d’une telle information. Et cela peut en effet permettre à d’autres entités de se faire passer pour ce qu’elles ne sont pas. De cette façon, tu dois apprendre à te fier à tes ressentis et à les développer.

A vrai dire, je ne sais pas quoi penser de cette conversation. A chaque fois qu’on parle de ce genre de choses, j’ai juste le sentiment d’être une cinglée… Et je n’aime pas ça du tout.

Qui peut juger de ton état de santé mentale ? Qui est apte à dire ce qui est normal ou pas ? Ne crois-tu pas que quelqu’un qui débarquerait sur le blog de Camille Fraise sans croire aux rêves lucides, lui dirait qu’elle délire à fond ? C’est pareil pour chacun. Il n’y a que toi-même qui peux juger de la justesse de ce qui t’est transmis en observant la façon dont cela te sers. Est-ce que cela te plombe ? Ou t’aide à réfléchir ? Voir les choses autrement ? Prendre conscience de certaines choses ? Nous savons que si tu continues à écrire avec nous, c’est bien parce que tu y as cerné un intérêt.

Même s’il est vrai que parfois cela peut être destructeur, de façon temporaire. Et je sais qu’en disant ça tu penses à la prise de conscience de ton viol, mais aussi à la prise de conscience de ta peur des hommes et de cet article qui a précipité la fin de ton couple.

Tu peux nous accuser d’en être coupable. Mais la vérité est que tout ceci ne sont que des déclencheurs pour te faire évoluer, pour te faire réfléchir, te faire sortir de tes zones de confort et te pousser à faire face à tes peurs, tes blocages et tes limitations. La première étape pour faire changer une situation est toujours, toujours, la prise de conscience. Nous sommes là pour t’aider dans ce sens-là, parce que c’est toi qui nous l’as demandé avant. Nous rendons cela possible, bien que tes énergies ne soient pas toujours facilitantes. Et ton mental non plus. Tu es en effet beaucoup de rigidité lié à ta personnalité, à tes peurs surtout. Car dis-toi bien que toutes ces résistances sont une barrière de protection de ton égo face à la peur du changement et de la dissolution de celui-ci.

Et l’une d’elle est la croyance que je ne suis pas capable de ce genre d’échange, hein ?

Oui, pour les discréditer, les mettre de côté alors que parfois elles te posent question, te dérangent.

Et puis je repensais à cette histoire de plafond en spiritualité… C’est vrai que j’ai du mal aussi à croire pouvoir faire un certain nombre de choses en spiritualité. J’ai peur de m’illusionner, ou encore que ce soit une forme d’appel de l’égo, comme cela peut l’être pour d’autre : « regardez, moi je suis untel, je sais faire ceci et cela, je suis avancé spirituellement ». Une façon pour l’égo de se croire supérieur à la masse et de se complaire dans une image « évoluée » alors que la personne stagne.

Tant que tu déchanteras, que tu feras face au bon comme au mauvais, au simple comme au difficile, et que tu ne te contenteras pas d’un titre ou d’une reconnaissance par autrui, tu t’écarteras de cet écueil. Il existe, mais pour le coup, ton égo s’en sert pour te freiner. Dis-toi que nous serons là pour te mettre un coup de pied aux fesses le jour où cela arriverait.

Oui mais… J’ai bien vu quand j’ai donné mes premiers soins de l’utérus à d’autres femmes qui ne connaissaient pas, qu’une partie de moi (mon égo) était attirée par le fait d’avoir un public (le lieu était en plein air), d’autres femmes du partage qui me voyaient faire, et j’ai senti cette petite partie de moi flattée quand l’organisatrice a pris des photos de moi pendant les soins.

Et pour autant, accepterais-tu que ces photos soient diffusées ?

Absolument pas. D’ailleurs une autre part de moi n’a pas du tout apprécié qu’elles prennent ces photos sans me demander mon autorisation ou celle de la receveuse. Parce que je considère qu’un soin est un moment intime qui n’appartient qu’à la personne qui reçoit. La disposition en extérieur ne permettait pas d’être isolée des regards, mais ce n’est pas pour autant que je jetterais la chose en pâture.

Et puis tu n’aimerais pas, que par le plus grand des hasards, ces photos atterrissent devant ton patron, n’est-ce pas ?

Non, pas du tout.

Séparation de la vie perso et de la vie pro, hein ? Même raison pour le fait que ton nom n’apparaisse pas sur le programme de cette journée de soins. Ni sur le site officiel des Moon Mothers. Tu le caches, tu caches ton implication dans des techniques de soins énergétiques.

Au boulot, oui. Dans la vie privée, ça dépend avec qui…

Et c’est pour ça que tu n’étais pas très à l’aise avec le fait d’amener ta collègue et de lui donner un soin. En soi même, cela ne pose pas de problème – bien que tu ais eu beaucoup de mal à dépasser ta restriction séparation vie privée/vie pro pour sympathiser avec elle – c’est plutôt le risque qu’elle en parle au travail.

Et bien oui, j’ai beaucoup de mal… Quand je suis au boulot, je suis en mode « boulot », je n’ai pas trop de considérations pour l’état émotionnel et psychologique de la personne, du moment qu’elle a l’air en bonne santé. Moi, je ne regarde que le boulot fait, c’est-à-dire l’efficacité concrète. Je sais que parfois je peux être très exigeante, un peu autoritaire quand il s’agit du boulot, mais je le suis autant avec moi-même, sinon plus qu’avec les autres. Parce que je veux que les choses soient faites et bien faites, que cela avance.

Alors que dans la vie perso, je suis différente, je suis très compatissante, hypersensible. Sans réelle motivations, ni objectifs, j’ai plus tendance à me laisser porter et ne pas savoir ce que je veux. Je suis moins sérieuse et moins exigeante, j’aime déconner. Je relâche ma garde et dans ces moments-là je suis plus ouverte sur le plan personnel.

Je sais qu’il y a peu d’amies avec qui je peux travailler. Et que même avec elles, je faisais la distinction « là on bosse », « là on prend une pause ».

Tu te rends donc bien compte de la rigidité de ton mental, à séparer strictement les deux sphères, au point d’en avoir des difficultés relationnelles avec ta collègue.

Et bien… quand on est en mode hors boulot, ça va, même si on n’a pas forcément les mêmes centres d’intérêt et que parfois je ne sais pas trop quoi dire… Mais après c’est le switch au boulot, je ne sais pas comment reprendre avec la personne dans le cadre du travail. C’est bizarre, je me sens mal à l’aise. Parce que, comme je manque de temps et que j’ai milles trucs à faire, je vais à l’essentiel sur les questions boulot et je ne parle pas du tout de vie privée. De toute façon, je ne m’y sentirais pas à l’aise pour avec mes autres collègues autour… Mais du coup, j’ai l’impression d’ignorer la « personne humaine » et je n’aime pas ça…

Ahaha, je suis vraiment nulle en terme de relations sociales… Mais tu vois je trouve que cette conversation prend une drôle de tournure et je n’en vois pas l’intérêt.

Tu vois que tu fais preuve d’une grande rigidité mentale au niveau de ce qui encadre ton travail. Tu as également pris conscience que finalement, ce n’était pas tant les heures supplémentaires qui te posaient problème que la fatigue qu’elles engendrent. Parce qu’en réalité, tu ne te retrouves pas dans ton travail. Tu fais ce que tu fais sans envie, sans réelle motivation. Cela te pèse, ne te stimule pas, du coup, plutôt que de te porter, cela t’épuise. Je sais que cela t’a choqué de le comprendre. Après tout, tout le monde te dit que travailler sur la production de plantes médicinales « c’est génial ».

Oui c’est génial en théorie, mais en pratique, au vu des tâches et de ce que je fais, pas vraiment… On peut aimer les carottes, mais si on est commercial pour carottes, on ne les touche même pas… C’est un peu caricaturé mais…

Et si je t’ai fait parler de ta collègue, c’est parce qu’elle est une brèche entre tes cloisons de vie privée et de vie pro. En ayant accepté de te confier à elle sur le sujet des partages de femmes et des soins de l’utérus –alors que rien ne t’y obligeait- tu as ouvert un sas entre les deux. Tu as osé lui faire confiance et laisser le féminin créer un pont entre ces 2 parties de ta vie, via elle. C’est important de noter cette évolution. Elle te parait minime, mais elle ne l’est pas tant que ça.

Je ne sais pas, j’ai suivi mon intuition… Je savais qu’en prenant cet appel devant elle, elle entendrait certains mots comme « soin », « bénédiction ». Et je voulais justement voir si elle le relèverait et poserait des questions, ce qui a été le cas. Comme cela venait d’elle, du coup j’ai ouvert la porte. Après tout, elle m’avait bien dit qu’elle était intéressée par la hutte de sudation chamanique. Mais l’important, c’est surtout que cela lui serve à elle. Alors qu’avec une autre stagiaire, on a parlé de règles et de cycles, j’en ai profité pour lui tendre une perche, mais elle ne l’a pas du tout attrapé. Je sais que c’est libre aux personnes. Je sais aussi que pour ce genre de choses, on ne fait que transmettre quelque chose à un instant précis, un quelque chose qui ne nous appartient pas. Et cela ne me dérange pas. Je préfère être une passeuse que quelqu’un qui se proclame détentrice d’un savoir unique indispensable. Car je pense qu’il n’y a pas un chemin, une bonne méthode, une seule technique valable. Il y a une grande diversité d’outils, de méthodes, de techniques de soins et c’est très bien, parce qu’on est tous unique et une chose ne nous correspond pas à tous.

Alors oui, tout est juste. Je comprends ça.

Alors pourquoi donc cette façon d’écrire et de canaliser ne serait-elle donc pas juste pour toi ? Si c’est ce qui te correspond et t’aide ? Ce qui t’amène à ouvrir ton esprit, élargir tes horizons et réfléchir autrement ?

Qu’importe le jugement. Je sais que tu as peur des jugements d’autrui par rapport à ton blog, et surtout par rapport aux personnes qui connaissent ton identité réelle. Que tu trouves que l’écriture « inspirée » est souvent louche et que tu es la première à être méfiante quand quelqu’un te dit le faire. Pourtant, tu ne remets pas en cause les écrits de Sylvie, ni même ceux de Camille Fraise. Parce que tu respectes ces personnes, et au final peu importe que cela soit vrai ou faux, tu trouves que cela est en cohérence avec elles-mêmes.

Je ne suis pas sûre de pouvoir en dire autant de mes écrits. On commence à un endroit, on finit à un autre, en prenant un chemin sinueux parfois obscur. On ne parle pas des choses dont je voudrais qu’on parle réellement.

Il faut parfois être humble et savoir se laisser guider. Peut-être que ton égo a envie qu’on parle d’un autre sujet. Mais peut être que ce que je te dis aujourd’hui est ce qui te servira le plus dans les jours qui viennent. La magie de la guidance c’est qu’elle est unique et qu’elle correspond toujours à la personne qui la reçoit, tu l’as bien compris. C’est pour ça que tu écris pour toi ici. Malgré tout, cela peut aussi inspirer, donner un exemple parmi tant d’autres et c’est aussi pour ça que c’est intéressant de partager. Oui tu pourrais garder tes écrits pour toi sans les publier sur ton blog. Mais nous ne t’y encourageons pas. Parce que cela peut faire réfléchir d’autres personnes et surtout toi t’aider à gagner en assurance et apprendre à t’affirmer un peu plus sur ce plan-là.

Peut-être. Pourquoi pas ? Merci.

24 mai 2016

A mes chers lecteurs

Artiste : Megatruh

Artiste : Megatruh

Il y a plusieurs années de cela, lorsque j’ai créé ce blog, j’ai choisi de donner cette adresse à certains de mes proches très intimes. J’y ai bien réfléchi, j’ai choisi avec grand soin et je pouvais compter ces personnes sur les doigts de mes mains, peut-être même d’une seule. J’avais pris cette décision quelques mois après sa création, quand j’ai commencé à publier des textes en lien avec la spiritualité. C’était un grand pas pour moi, d’oser montrer à certaines personnes que j’avais cette facette de moi que je gardais plus ou moins cachée. Parce que soyons réalistes, ce n’est pas la même chose de parler à de parfaits inconnus de ses croyances et de son vécu un peu fou, et ce de façon anonyme, que d’ouvrir la porte à des personnes que l’on aime, que l’on connait physiquement et dont on ne sait pas comment elles vont réagir. C’est effrayant, et je me souviens que j’ai eu le cœur qui battait la chamade lorsque j’ai envoyé cet email avec le lien, et lorsque je suis allée voir mes premiers commentaires.

En réalité, l’une m’a dit « tu sais, je ne vais jamais sur les blogs », une autre « la façon dont tu écris est trop intime pour moi et me met mal à l’aise », une autre encore « merci, mais ce n’est pas trop mon truc, donc je ne te lirai pas », pour ne citer que quelques-unes des réactions. J’avoue qu’à l’époque, j’ai été déçue. J’ai dû apprendre à accepter que cela ne parlait pas forcément à ces personnes, et accepter le fait qu’elles n’aient pas envie de connaître cette facette de moi. Car c’est leur liberté et leur droit, il ne doit pas y avoir d’obligation en amitié, et je ne leur en ai jamais tenu rigueur. J’ai donc laissé ce sujet de côté avec elles. Avec le recul, je me rends compte qu’en fait j’attendais de l’attention, du soutien et une forme de validation. Comme je le faisais avec mes blogs d’ado d’avant.

Puis j’ai continué mon petit bonhomme de chemin. Je n’ai jamais beaucoup été lue, malgré cela j’ai continué à écrire, parce que cela me faisait du bien, me permettait de parler librement du sujet de la spiritualité qui est si souvent tabou ou caché. Lorsque j’ai rencontré mon ex-compagnon, mon usage de ce blog a beaucoup changé, cela me permettait de me dévoiler, de lui expliquer indirectement certaines choses délicates, ou de lui montrer certains aspects de moi que je ne savais comment expliquer autrement. Et c’était super, car je me sentais entendue et comprise par lui via ce moyen de communication. On pouvait rebondir dessus, parler de certains articles, de nos visions, de nos ressentis et de nos expériences sur certains sujets. Tout cela s’est évidemment effondré quand il a rompu.

J’ai du réapprivoiser mon propre espace, réapprendre à écrire pour moi. Je me disais alors, « ce n’est pas grave si tu n’es pas lu », et aussi « si tu as une vue par jour, c’est merveilleux ! Soit contente, car cela veut dire qu’au moins une personne est venue te lire ». Car mon but en écrivant ici a toujours été de m’aider d’abord moi-même, mais je me disais « si ce partage peut aider au moins une seule personne, faire résonner quelque chose en elle, alors c’est déjà bien ».

J’ai toujours écrit avec mes tripes et avec mon cœur. A vrai dire, je ne sais pas faire autrement, je n’y arrive pas. Voilà pourquoi mes quelques essais d’écriture de fictions ont toujours tourné court, et que je ne suis pas douée pour inventer des histoires. Oh, je sais manier les mots, plus ou moins, mais seulement quand il s’agit de vérité et de sincérité, de recherche de moi-même et d’honnêteté. Ma sœur m’a d’ailleurs dit, il n’y a pas longtemps « Tu as un talent rare, celui de parler si facilement et si bien de tes émotions. Tu sais, ce n’est pas si facile pour nous autres ». Je me demande ce qu’elle penserait de ce blog… elle qui avait peur quand je tirais les cartes de tarot il y quelques années.

Mais c’est vrai que les gens évoluent. Ce qu’ils n’étaient pas forcément prêt à entendre ou lire un jour, ils peuvent être prêt à l’accueillir le suivant. J’ai tendance à oublier cela, et garder fixer dans le marbre le fait que mes proches ne s’intéressent pas à cet aspect spirituel de ma personnalité, qui pourtant gouverne et dirige une grande partie de ma vie, sans que je sache bien pourquoi moi-même (je dirais que je suis née comme ça… ?). Dans tous les cas, chacun évolue. Même moi on dirait, puisqu’une amie m’a fait remarquer que mon blog aussi a évolué et qu’il est devenu plus accessible. Cela m’a vraiment surprise, parce que moi, j’ai l’impression de n’avoir rien changé, ou peut-être de monologuer et de me plaindre beaucoup plus avant d’en arriver au vif du sujet, lol. Mais finalement, peut être que c’est l’objectif de mes guides, de me laisser blablater seule, afin de n’intervenir que progressivement et au minimum ?

Longtemps j’ai été perturbée par ces échanges, en me demandant « qui ? », « pourquoi ? » et « dans quel objectif ? ». Je ne savais pas si c’était des guides, mon âme qui me parlait ou mon esprit qui devenait maboul. Ça m’a beaucoup torturé, alors j’ai préféré fermer la porte. Je me suis posée beaucoup de question sur ma santé mentale, devenais-je folle ? Étais-je manipulé par des entités néfastes du bas astral ? etc. Mais je ne sais pas trop comment expliquer… j’ai longtemps cru que c’était du « channeling », mais en fait pas vraiment, car je n’ai aucune entité qui vient dans mon corps, je n’écris pas vraiment en automatique, puisque je réfléchis à mes propres questions. C’est plutôt comme une inspiration, je ne dirais pas de la télépathie, mais une réponse que je capte (sous forme d’énergie ?) et que mon cerveau transforme en mots intelligibles et compréhensibles par ma raison. Il me faut pourtant parfois bien relire mes articles, car je ne comprends pas tout du premier coup… Mais j’ai l’impression de m’égarer, ce n’est pas de ça dont je voulais parler quand j’ai commencé cet article !

C’est important que tes lecteurs comprennent ton processus d’écriture, d’où te vient cette guidance. C’est important surtout que tu comprennes toi-même. Pourquoi ne serais-tu pas médium ? Pourquoi penses-tu que cette « définition » ne s’applique pas à toi, mais à Camille-Fraise et à Sylvie ? Pourquoi te créés tu toi-même un plafond dans tes capacités spirituelles ?

Parce que pour moi, un médium est en contact direct avec la Source, Dieu ou le nom que tu veux. Or ce n’est pas mon cas, je ne me sentirais pas dans une telle détresse si j’étais capable de me connecter à l’amour et l’énergie de lumière de la Source.

Tu n’y arrives pas, parce que tu ne t’en crois pas capable par toi-même. Et puis aussi parce que cela te fait peur. Si tu es capable par toi-même d’avoir accès à la Source, alors en théorie, tu n’as plus besoin de personne pour te guider vers ça.

Tu sais, je ne comprends plus rien. Je suis complétement paumée… Apprendre à gérer mon hypersensibilité aux émotions et aux énergies, c’est une chose. M’accepter en tant que médium s’en est une autre.

Pourtant, il n’y a rien de spécial. Au fond, vous êtes tous médium, il vous faut juste retrouver la qualité de votre reliance à votre propre Source. Car tu l’as compris, le divin n’est pas une chose abstraite. C’est une chose que l’on doit vivre dans son propre cœur, dans sa propre vie. Vous avez tous une puissance créatrice, mais souvent cela vous effraye, alors vous préférez la remettre dans les mains d’un autre, d’une religion, d’un guide spirituel. Regarde combien le blog de Sylvie te rassure, même si elle pousse chacun à explorer et suivre son propre chemin, elle offre malgré tout un bel exemple, rassurant.

Je me sens vraiment oppressée par ce que tu me dis, j’ai ce poids au plexus solaire, c’est vraiment désagréable, et cette boule à la gorge.

Tu n’arrives pas à accepter l’idée d’être médium, cela te fait peur.

Je ne peux pas me coller la même étiquette que Camille Fraise sur le dos. J’en suis à des années lumières, même s’il n’y a pas de comparaison à faire, que chacun suit son propre chemin et que je ne cherche pas à atteindre son « niveau ». C’est juste que ce n’est pas possible pour mon mental. Rien en moi ne correspond  à ma définition de « médium », rien que de le dire, je trouve cela prétentieux et faux. Et puis quand je vois comment Camille Fraise galère, et Sylvie parfois… ça ne me fait pas envie. L’incompréhension des proches, le rejet, le décalage avec la majorité des gens du quotidien. Je crois que je n’ai pas besoin de tout cela. Je galère déjà bien assez avec ma maladie et mon hypersensibilité ! Ce que tu dis n’a pas de sens, cela sonne presque comme une voix de l’égo. Car longtemps j’ai rêvé de l’être, pour être différente, pour m’expliquer à moi-même ma différence et aussi pour compenser mon manque de confiance en moi. Mais je ne suis « que moi ». Je ne suis personne capable de guider, de soigner, d’apprendre des choses aux autres. Tout ce que je peux faire, au mieux, c’est partager mon expérience, en espérant qu’elle éclaire et serve à quelqu’un, au moins une personne, sans rien en attendre en retour.

J’ai arrêté d’attendre des visites sur ce blog, d’attendre des commentaires. Et je ne comprends pas pourquoi subitement, cette dynamique a changé aussi, pourquoi j’ai plus de visites, d’abonnés et de commentaires qu’avant. Figures toi que j’avais même oublié d’avoir donné le lien de ce blog à certains proches ! Qu’elle n’a pas été ma surprise quand une, puis deux de ces personnes m’ont dit qu’elles s’étaient remises à me lire ! Vraiment, j’en suis tombée des nues. En ayant carrément envie de leur demander « Mais pourquoi ?  Qu’est ce qui peut bien t’intéresser ici ? ».

Et puis, une part de moi a été choquée. Comment ces proches pouvaient me lire et ne rien m’en avoir dit ? Enfin plus précisément, ne jamais avoir commenté ou réagi sur mes articles ? Parce qu’après tout, c’est mes tripes que j’étale ici, c’est mon cœur que je dévoile sans pudeur… Il y a vraiment cette part de moi qui ne comprend pas, tout simplement, l’absence de réaction. Comme si cela n’avait pas de réalité, mais ça en a pour moi. Et tout devient confus et soulève des émotions en moi. Je ne veux pas écrire pour avoir le soutien, l’aval de ces personnes ou être en attente de leur réponse.

Cela en réalité n’a pas d’importance, car je dois me souvenir que j’écris pour moi. Pour affirmer qui je suis, même si je ne suis pas encore capable de le faire sans anonymat. Et puis j’avoue, l’anonymat est confortable. On peut ouvrir son cœur, sans peur d’être jugée, car on sait qu’en réalité, quoi que dise l’autre, il ne nous connait pas dans toutes nos facettes, dans notre réalité matérielle. C’est un espace à soi où l’on exprime ce que l’on veut, librement, aussi librement que les barrières que l’on s’impose à soi-même bien sûr.

Alors après tout, à quoi bon se coller des étiquettes ? Je ne sais pas qui je suis. Si j’écris, c’est aussi pour le découvrir, tout simplement. Pour apprendre à faire face à l’océan d’émotions qui me traverse, aux doutes cycliques, aux interrogations sur mon propre chemin. Me lire, c’est un peu apprendre à me connaître, d’une autre façon, d’un autre angle de vue. Certes partiellement, mais de façon authentique. Ici pas de conversation sur la pluie et le beau temps, juste mes errances et mes questions sur la vie, sur ma vie et sur comment y faire face.

Je sais que cela ne parlera pas à tout le monde, mais c’est de toute façon tout ce que j’ai à offrir. Et je ne changerai pas qui je suis pour plaire à plus de monde. Voilà, c’est dit. Je souhaite que chaque personne qui passe ici y trouve un petit bout de mots qui lui parle, résonne en elle et lui permette de s’explorer elle-même, d’après le miroir que je peux offrir, en toute simplicité.

Et ceci n’est pas un poisson d’avril ^^

1er avril 2016