Restaurer ses énergies

Artiste : Yuumei

Je me sens vraiment épuisée… Je ne sais pas si c’est à cause de la scintigraphie, ou bien de la séance d’acupuncture, mais je n’étais bonne à rien faire aujourd’hui. Pas l’énergie, impossible de rassembler ma volonté et d’avancer dans mes cartons. Mon corps est tellement lourd… Mais c’est une sensation bizarre, pas comme quand je suis ancrée au sol par le poids des énergies. Non c’est très différent. Comme une sensation de vide énergétique, seulement de densité de matière. Mais en même temps avec la sensation de ne pas du tout être ancrée à la Terre. Assez contradictoire et déroutant.

C’est parce que tu assimiles la remise en route de tes énergies.

Du coup je suis complétement déconnectée ? Je ne comprends pas comment mon Qi peut être si affaiblie, alors que je n’ai pas arrêté de brasser des énergies, notamment de soin, avec les pratiques chamaniques. Cela n’aurait-il pas dû me nourrir ?

Brasser des énergies et les assimiler sont deux choses bien différentes. Tu peux canaliser des énergies sans forcément qu’elles ne s’imprègnent en toi et impactent au niveau de ton corps.

Pourtant, ce processus est censé fatiguer non ?

Cela dépend, plus ton canal est pur, plus l’énergie transite de manière fluide, moins il y a d’accrochage dans le canal, de remous et de travail en toi au passage.

Est-ce que c’est le travail en chamanisme que je fais qui m’a épuisé autant ?

Pas vraiment. En soi, cela aurait pu être le chamanisme, comme le travail ou bien la randonnée qui aurait pu t’épuiser. Le problème ne réside pas dans ce que tu fais, mais plutôt dans ce que tu ne fais pas.

Ce que je ne fais pas ? Tu veux dire des choses qui me restaurent ?

Oui, comme méditer dans la nature, peindre ou bien faire quelque chose de créatif.

Mais quand je vais peindre à l’atelier, je me sens plus vidée qu’autre chose après une séance de peinture… Je n’ai pas du tout la sensation de me restaurer.

Et quand tu as peint ton arbre intérieur ?

C’était différent, c’est vrai…

Tu as besoin d’un cadre précis pour mener des activités artistiques qui te feront du bien. Déjà le calme, du silence ou les bruits de la nature. Du temps, tu as besoin de ne pas te sentir pressée, ni stressée. Enfin un environnement neutre au niveau des émotions et des énergies. Parce que quand tu crées, tu es en mode plus réceptive, aussi les émotions des personnes autour de toi peuvent te « polluer » et te gêner. L’atelier n’est pas l’endroit le plus approprié pour toi, car il y a trop de paramètres autour que tu dois gérer et supporter. Ainsi le bénéfice est bien moindre, même si la fatigue engendrée est différente de celle avec laquelle tu arrives.

Alors la solution idéale serait que je peigne chez moi ?

La solution idéale serait que tu peignes dans un environnement calme et serein, voire si possible dans la nature. Quand tu auras acheté ton chevalet, tu pourrais t’installer à l’ombre des arbres dans le jardin de tes parents. Tu essayeras ? Tu verras, ce sera surprenant et rafraichissant de peindre dans cet environnement, tu pourrais même être surprise des résultats.

Ah, j’aurais la visite de fées ? C’est à ça que je pense quand je me vois peindre dans le jardin. Ça me semble rigolo en effet.

Tu verras bien, mais tu devrais essayer, surtout que les beaux jours se rapprochent chez tes parents.

Et en attendant, qu’est-ce que je peux faire pour nourrir et restaurer mes énergies ?

La même chose. Prends ton carnet et tes feutres et va faire des croquis dans la nature. Tu n’as pas besoin d’aller loin, il te suffit de trouver un endroit calme, comme la ravine où tu es déjà allée.

Ce que je ne comprends pas, c’est que pourtant, je dors mieux qu’avant, j’ai moins d’insomnies. Mon sommeil ne devrait-il pas me permettre de restaurer mes énergies ?

Non, ton sommeil n’est pas suffisant. Il permet de maintenir les énergies qu’ils te restent, mais c’est très loin d’être suffisant pour les développer à nouveau.

Sont-elles tombées à un niveau si bas que ça ?

Nous ne te le dirons pas, parce que cela ne sert à rien d’en parler ici. Mais sache qu’elles ne se rétabliront pas pleinement sans intervention volontaire et consciente de ta part.

Mais pourtant, je fais des méditations et des visualisations dans ce sens… Notamment la pluie de lumière et même le bain de lumière. Pourquoi cela n’aide-t-il pas ?

Ton corps est trop fatiguée pour transmuter ces énergies d’un niveau purement éthérique à un niveau plus incarné.

Ça veut dire quoi ça ? Il n’existe pas une seule source d’énergie ? Celle de la Source, du tout, du Qi ou de ce que vous voulez comme nom ? L’énergie qui circule dans notre corps est différente ?

Elle est adaptée afin d’être accessible à vos cellules. L’énergie de la Source doit descendre à travers différentes couches et corps éthériques, et à chacun d’un, elle est un peu modifiée pour pouvoir mieux s’incarner. Il y a donc un travail « d’affinage » si l’on peut dire. Voilà pourquoi tout soin énergétique ou chamanique nécessite un temps d’intégration, plus ou moins long selon l’impact du travail.

Pfff… Alors ça ne sert à rien que j’aille à la prochaine journée de pratique de voyages chamaniques ? Puisque que mon corps est trop fatigué pour intégrer les énergies ?

Pour cette fois-ci nous allons t’y aider. Parce que ça ne sert jamais « à rien » d’apprendre de nouvelles techniques et de s’ouvrir à de nouvelles expériences.

Ouais, ouais… je me sens poussée à mort par mes guides à pratiquer le chamanisme au maximum avant de repartir de la Réunion. Pourquoi donc ?

Parce que c’est le bon moment et le bon endroit, avec la bonne personne. La conjonction est parfaite, aussi nous t’encourageons à en profiter au maximum.

Ouais… mais comme vous dites, je suis fatiguée. J’ai aussi ma santé à soigner, mon déménagement à gérer. Et je ne reçois pas d’aide sur ce dernier point… Mes cartons et démarches ne vont pas se faire tout seul. Alors est-ce une bonne idée de dépenser le peu d’énergie que j’ai dans du travail spirituel ? Franchement ? Je me dis que je commence à en avoir marre. Parce que je ne vois pas les bénéfices arriver… Cela fait des mois que je travaille sur ça, que je voyage dans mes profondeurs et tout et tout, que j’apprends à donner des soins, que j’en reçois. Pour quelle évolution ?

Tu ne la vois pas pour l’instant. Mais nous t’encourageons à continuer. Tu devrais y aller, cela te fera du bien. Tu devrais continuer, cela va t’apporter beaucoup de choses, même si tu n’es pas encore capable de le voir.

Mouais… Ben désolée, mais ce soir, je suis sceptique.

Tu es fatiguée.

Et vous ne pouvez pas m’aider, vous, à restaurer mes énergies ? Vous ne pouvez pas intervenir, dans mes rêves ou pendant mes méditations ? S’il vouuuuuuuuuuuuus plait ? *regard épuisé de chaton*

Nous pouvons t’aider à trouver ce qui te permet de restaurer tes énergies. Mais non ne voulons pas intervenir directement.

Vous ne voulez pas ou vous ne pouvez pas ?

Il n’est pas dans ton intérêt que nous intervenions directement. Tu dois apprendre toi-même à comprendre pourquoi tu en es arrivée là et comment rétablir la situation.

Et pourquoi j’en suis arrivée là ? Franchement, je ne comprends pas. J’ai quitté mon job qui était toxique et me pompait. J’ai essayé au maximum de prendre soin de ma santé. Je me suis remise à des activités créatrices. Qu’est-ce que j’ai fait au juste pour en arriver là, à ce stade d’épuisement ? Franchement, dites le moi ! Parce que je ne comprends vraiment pas là ! Alors comment ?

Nous allons te laisser méditer sur cette question. Nous n’allons te donner qu’une piste : le mot « amour ».

Super… ça me fait penser à Camille Fraise et l’histoire de ces mots lâchés comme des steaks à mâchouiller. Pfff, franchement, vous n’êtes pas cool comme guides dans le milieu. Et si moi je vous répondais « douceur », hein ? J’en ai marre des trucs chiants, fatiguants et preneurs de tête. Je suis trop fatiguée pour ça…

C’est la bonne réponse.

Ah, ouais ? Ben ça me fait une belle jambe ! Vous avez vu comment je deviens cynique quand je suis épuisée ? Vous ne croyez pas que vous pourriez au moins me donner un coup de pouce ?

Nous le faisons déjà.

Ah, ben je ne le sens pas… Alors je vais allez me vautrer dans mon lit pour la peine. Et puis tant pis pour le reste, hein. Je reviendrais vous causer quand vous aurez envie de m’aider de façon un peu plus efficace… *boude* Moi aussi je peux avoir un sale caractère par moment !

24 mars 2017

Publicités

Nœuds familiaux

Artiste : NanoMortis

Ecrire, écrire… cela fait un moment que je n’arrive plus à le faire régulièrement, ni sur mon blog, ni même dans mon journal intime. Je me demande bien pourquoi. Trop fatiguée ? Trop préoccupée à courir à droite et à gauche, à préparer mon départ ? Pas le courage de me poser pour faire face à tous mes ressentis intérieurs ?

J’ai l’impression que c’est toujours dans les périodes plus difficiles qu’il devient plus dur et laborieux pour moi de faire ces petits efforts pour prendre soin de moi. Je me laisser emporter, et cela fait comme un cercle vicieux. Parce que je ne prends plus assez soin de soi, peut-être parce je suis désancrée, décentrée, stressée ou choquée par quelque chose, le malaise grandit en moi. Et plus il grandit, plus il est difficile de me poser pour le regarder en face, de l’écouter et de l’accepter. Alors mon mental s’agite, il cherche à m’occuper pour détourner mon attention. Et le cercle s’accentue.

Mais parfois alors, je suis mise face à des évènements qui me rappellent la réalité sans détour. Ainsi, aujourd’hui, la médecin chinoise que je suis allée voir m’a bien dit : votre corps est complètement épuisée, votre Qi est très faible. Me revient alors en boomerang, au-delà de ma sensation de fatigue physique, tous ces rêves spirituels me soulignant une terrible fatigue.

Et ce n’est pas qu’une fatigue physique, c’est aussi une fatigue énergétique.

Mais je ne comprends pas comment une telle fatigue s’est installée. Qu’est-ce que j’ai fait de travers pour en arriver à un tel épuisement ? Cela va faire bientôt 5 mois que je suis tombée en arrêt maladie, et que je n’ai pas travaillé. Ce n’est plus le boulot qui me fatigue ! Je devrais avoir récupérer ! Je ne comprends pas… Je ne comprends vraiment pas !

Ta fatigue est bien plus profonde qu’une fatigue professionnelle. Même si elle est bien là.

Alors c’est quoi comme type de fatigue ?

La lutte contre la maladie.

C’est-à-dire ? Je lutte alors que je ne devrais pas lutter ?

Cela fait combien d’année que tu es malade ?

Au moins 7 ans, peut-être plus…

Cela fait combien d’année que tu as été diagnostiquée avec de l’endométriose ?

Cela fera bientôt 2 ans…

Qu’est-ce qui a changé depuis ce diagnostic ?

Physiquement parlant, pas grand-chose… J’ai essayé des tas de traitements hormonaux, qui n’ont pas vraiment marché. Je fais de la kiné 2 fois par semaine depuis mon arrêt. De l’ostéopathie. J’ai arrêté le gluten et le lactose. Mais la maladie n’a pas régressé, ni même ne s’est stabilisée. Elle se rapproche dangereusement de la paroi de mes intestins, elle s’est attaqué aux tissus qui les enveloppent en tout cas, ça ce que prouve la dernière IRM. Même si je m’en doutais déjà à cause des douleurs devenues bien plus fortes et chroniques. Et plus il y a cette foutue sciatique, qui a explosé les plafonds, et ne veut pas partir…

Donc en 2 ans, ton cas s’est aggravé ?

Oui, on peut dire ça… même si les douleurs sont moins fortes qu’autrefois, parce que j’ai appris à mieux les gérer pendant les crises.

Comment ?

Repos absolu pendant les règles, station allongée, avec du chaud en permanence sur le ventre. Et une alimentation légère, jus de fruit, compotes, soupes. Et surtout une alimentation sans gluten et sans lactose en permanence le mois précédent. Ça diminue les douleurs pendant les crises. Mais finalement, pas grand-chose de neuf sous le soleil. Pas de nouvelle astuce miraculeuse. Ah si, ma tisane « spéciale règle » : fleurs d’achillée millefeuille pour limiter l’inflammation et change-écorce pour aider à évacuer les toxines. Infusion 4 min avec de l’eau bouillante et cela 3 fois par jour, voire plus selon l’envie. Mais bon, maintenant que je quitte la réunion, pour le change écorce, ça va être compliqué…

Il existe d’autres plantes avec des vertus équivalentes en métropole.

Surement, même si elles n’auront pas ce petit gout spécial que j’adore.

Alors tu es triste de quitter la Réunion ?

Oui, je ne pensais pas que je le serai autant… La médecin a dit en prenant mon pouls que ma tristesse « se sentait » à travers lui. Ça m’a donné envie de pleurer. Et elle m’a demandé « mais pourquoi vous partez alors ? » et je ne savais pas quoi répondre.

Pourquoi pars-tu alors ?

Parce que je me sens fatiguée ?

Et tu penses que tu te reposeras en rentrant ?

Oui, je me disais que ce serait reposant de retrouver mon village natal, mes parents, ma maison et son jardin. Que ce serait moins stressant, je n’aurais plus à m’inquiéter de joindre les deux bouts avec les indemnités sécu ou le chômage. Et je pourrais même utiliser les quelques sous qu’on me versera pour des activités créatives.

Mais je commence à douter d’avoir pris la bonne décision. Pourquoi est-ce maintenant, alors que je vais partir, que je rencontre deux supers thérapeutes, qui ont aidé des patientes à se remettre quasi totalement de leur endométriose ? J’aurais pu mener une thérapie avec elles si je les avais rencontrées plus tôt.

Pourtant, tu vas quand même pouvoir tester le traitement de phytothérapie chinoise que va te prescrire cette médecin spécialisée dans l’endométriose.

Oui… Mais ai-je fait le bon choix ? Quand je lis les articles de Sylvie, il me revient en tête que ce n’est pas forcément facile de retourner vivre chez ses parents à 27 ans, alors que cela va faire 9 ans que je suis partie de la maison.

Exactement, cela va faire 9 ans. 9 ans, c’est la durée d’un cycle, cela ne t’interpelle pas ?

Je ne sais pas. Est- ce censé m’interpeller ? Que suis-je censée en déduire ?

Que tu commences un nouveau cycle. Pendant le cycle précédent, tu as récolté divers outils et expériences, que tu vas maintenant pouvoir appliquer dans le cadre familial.

C’est-à-dire ? Qu’est-ce que je suis censée faire dans le cadre familial ?

Développer tes compétences de thérapeute.

Cela n’a aucun sens pour moi. Tu pourrais développer ?

Tu as compris et acquis certaines connaissances et expériences en lien avec ta blessure du rejet de la maternité. Tu peux maintenant aider ta mère à accepter sa propre blessure.

Je ne sais pas… On ne peut pas aider les autres, s’ils ne veulent pas s’aider soi-même. J’ai essayé pendant des années de pousser ma mère vers l’apprentissage du bien être envers elle-même. Vers diverses thérapies aussi. Mais ça n’a pas marché, évidemment, parce qu’elle  n’avait pas la volonté de faire avancer la situation. Ou bien, elle n’avait pas la foi qu’elle pouvait faire évoluer et améliorer sa situation ? Je ne sais pas.

Ta mère souffre d’une blessure d’impuissance. Tu l’as déjà remarqué. Elle se place en victime, et elle réagit souvent par la tétanie face aux attentes d’autrui, notamment les tiennes, celles de sa fille.

Je ne vois pas vraiment en quoi je peux l’aider à vrai dire. Elle ne s’intéresse pas à l’énergétique. Donc je me vois difficilement lui proposer un soin énergétique, un soin chamanique ou de la radiesthésie… Franchement… Même l’encourager à faire des loisirs créatifs, ce qu’elle aime, n’a marché que très très moyennement… Je ne vois plus comment je peux l’aider.

Simplement en montrant l’exemple, et en communiquant. Avoir une enfant malade peut être un grand apprentissage. Parfois même plus que d’être malade vous-même. Parce qu’alors vous vous sentez impuissant face à la maladie d’un proche que vous aimez. Alors, forcément, cela vous fait travailler sur cette blessure de l’impuissance. Pourquoi est-elle là ? Que veut-elle me dire ? De quelle façon elle modifie mon comportement ? Pourquoi ne puis-je pas la dépasser ? Autant de question qui peuvent émerger face à cette situation. Tu t’es toujours plainte que tes parents n’ont jamais pris la pleine mesure de la maladie que tu subis, parce que tu étais partie de la maison quand elle s’est déclarée. Ils ne t’ont donc vu malade que rarement, c’est seulement au téléphone qu’ils ont eu des nouvelles.

Oui, et on sait tous que les nouvelles au téléphone, c’est toujours moins impressionnant que de visu. Alors, ils vont me voir malade. C’est pour ça que je rentre vivre chez mes parents ?

Bien sûr que non. Tu as tes propres objectifs d’âme derrière cette décision. Mais c’est un travail collaboratif, car vous ne choisissez jamais vos parents par hasard. Ce choix est une opportunité de travailler ensemble sur certaines blessures, à partir du moment où l’un des protagonistes est conscient de l’existence de ces blessures.

Youpi… Alors ma mère a une blessure d’impuissance et moi une blessure d’indifférence. Quand je suis face à une difficulté, ma mère se sent impuissante et se tétanise. Elle ne réagit pas et ne sait pas comment me soutenir. Moi j’interprète ça comme de l’indifférence et donc cela réactive ma blessure de rejet. Blessée, je lui fais alors des reproches, qu’elle interprète comme une critique de sa capacité à être mère, ce qui réactive ça blessure d’impuissance… Et la boucle est bouclée. Oui, je suis consciente de l’effet miroir de nos blessures. Mais je ne sais pas comment la briser de façon définitive. De façon temporaire, je commence à prendre un peu plus de recul mais…

Finalement, derrière sa peur de l’impuissance et ma peur de l’indifférence se cache une blessure de rejet de soi-même. Ma mère se sent impuissante parce qu’elle manque de confiance en elle, elle rejette ses propres capacités et ses propres qualités et ne se croit pas capable. Quant à moi… la peur de l’indifférence vient du fait que j’ai besoin de l’amour et de l’attention d’autrui pour me valider, parce que je me rejette moi-même et ne me donne pas l’amour nécessaire.

Franchement, à décrire comme ça, c’est plutôt triste. Etre consciente des blessures n’aide pas pour autant à les résoudre d’un claquement de doigt. Qu’est-ce que je fais maintenant ?

Tu continues à apprendre à prendre soin de toi. Et ce faisant, tu ne suis que tes propres besoins et envies, ce qui te poussera à te détacher des jugements et des attentes d’autrui, y compris de tes parents. En apprenant à prendre soin de toi, tu montreras à ta mère comment on fait et que c’est possible, tu lui ouvriras la voie, comme tu as déjà commencé à le faire avec les loisirs créatifs. « Après tout, vous n’avez qu’une vie ».

Oui, c’est ce que je me dis. « Après tout, on n’a qu’une vie », enfin tout du moins, là maintenant, avec cette personnalité-là. Alors fuck si les gens pensent que je glande pendant un an entier, parce que je ne vais pas chercher de boulot. C’est vrai, je n’ai absolument pas envie de travailler, et j’ai la chance de ne pas en avoir besoin. J’ai envie de faire des choses que j’aime.

En fait tu en as besoin, pour rétablir tes énergies internes.

Hier, j’ai fait une scintigraphie osseuse et je vais attendre les résultats pendant une semaine. J’ai appris il y a peu que les scintigraphies sont le genre d’examen que l’on fait pour détecter un cancer. Mais la rhumatologue ne m’a pas dit pourquoi elle me l’a prescrit, alors je me suis interdite de trop y penser. A quoi bon me faire des films et me stresser tant que je n’ai pas les résultats ? Elle n’a pas parlé de risque de cancer, même si moi j’en ai parlé dans les antécédents familiaux, alors si ça se trouve, c’est pour chercher autre chose.

Il n’empêche que je n’ai pu m’empêcher de me poser la question « Et si j’avais un cancer des os, qu’est-ce que je ferais ? ». Je me suis dit qu’alors, je profiterais au maximum de la vie, et je ne ferais que ce qu’il me plait jusqu’à être totalement rétablie [si possible]. Puis j’ai pensé « mais c’est stupide, tu attendrais d’avoir un cancer pour faire ce qu’il te plait ? » Est-ce là le genre de message que je veux envoyer à la vie ? Etre contrainte de subir une dure épreuve de plus pour apprendre à suivre mes envies et me faire plaisir ? Sûrement pas ! Alors cancer ou pas cancer, c’est décidé, quand je rentre, je ne me prends pas la tête à rentrer dans le moule. Même si je vais faire face à la pression et à l’angoisse de mes parents.

Enfin je dis ça, mais cela sera probablement plus compliqué que ça…

Ou peut-être plus simple. Si tu es capable de souligner l’essentiel et d’expliquer quels sont tes besoins. Vous oubliez souvent que l’incompréhension résulte de défauts de communication. Et que l’incompréhension génère la peur et le rejet. Même en communiquant vous arrivez à interpréter les choses différemment et à ne pas vous comprendre. C’est là ou l’empathie est intéressante, parce qu’alors tu es capable de ressentir en toi la justesse de tes paroles et de celles d’autrui, ainsi que la portée des tiennes. Tu es capable de ressentir si ton message est passé. Mais aussi si la personne ment par inadvertance, parce qu’elle se ment à elle-même sans le savoir. L’empathie est un grand plus dans la compréhension d’autrui, il faut simplement apprendre à la comprendre et à la décrypter.

Bon, donc travail sur mon empathie également… Évidemment, c’est plus dur d’apprendre à la contrôler en vivant seule… Mais tout cela me donne l’impression que rentrer chez mes parents ne sera pas de tout repos.

De toute façon, tu le savais déjà. Tu sais que tu as besoin de rentrer pour faire un certain travail auprès de tes parents. Ce n’est qu’à ce prix-là que tu pourras atteindre une certaine forme de guérison. Tu dois dénouer des nœuds familiaux. Et maintenant que tu as eu le recul nécessaire pour les identifier, cela devient possible.

Youpi… A vrai dire, je suis trop fatiguée pour avoir envie d’y penser là. J’aimerais un peu de répit et de vrai repos… J’aimerai récupérer des forces et me sentir mieux pour faire face à tout ça.

Tu l’auras, ne t’inquiètes pas.

J’espère. Merci et bonne nuit.

23 mars 2017

Faire son deuil

Artiste : Wlop

Artiste : Wlop

Je demande à parler avec mes guides. Merci. S’il vous plait, j’ai besoin d’aide pour comprendre les messages de mes rêves, et ses énergies qui persistent si désagréablement au réveil. J’ai besoin que le message soit répété en douceur, et progressivement expliqué. Je n’arrive pas à les décrypter et en plus ces énergies pénibles ne m’aident pas à accueillir les messages.

Il y a des songes qui reviennent, encore et encore, à intervalles de mois régulier. Mais comment suis-je censée les comprendre ? Je rêve encore et encore d’une retrouvaille avec mon ex-compagnon pour le travail. Mais ça veut dire quoi ? Ce sont les projections de mes désirs inconscients ? Ou on a encore un travail à faire ensemble ? Spirituel ou bien dans le concret, matériel ? C’est pour m’aider à accepter notre séparation et lui pardonner ? Qu’est-ce que ça veut dire ?

Comment te sens-tu à parler de ça ?

Triste, cela me fait pleurer. Évidemment que j’aimerais pouvoir le retrouver et lui pardonner. Seulement ressentir de la joie et de l’apaisement en le voyant. A défaut d’être capable de vivre en couple, pouvoir échanger sur le plan intellectuel, se nourrir et s’enrichir l’un l’autre d’une autre façon. Mais je n’ai aucune idée si c’est ce dont lui aussi a envie. Et encore moins si j’en suis capable. Je ne me sens pas prête, pas prête à le revoir, pas prête à la façon inconnue dont je pourrais réagir. Je me sens toujours blessée, et je me demande si cette blessure pourra seulement se refermer un jour. Pas vraiment, hein ? Mais je peux trouver un placebo, une autre source de joie et d’amour c’est ça ?

Parfois il faut du temps.

Mais pourquoi m’envoyez-vous ces rêves avec lui ? Pourquoi ?

Pour te préparer à l’éventualité de le recroiser.

A quoi ça sert ?

Tu pourrais être amenée à le croiser dans le cadre de ton futur travail.  T’interdirais-tu d’évoluer dans un certain milieu professionnel parce qu’il en fait partie ou qu’il y apparait de façon ponctuelle ?

Je sais bien que cela ne me pénaliserait que moi-même. Je sais bien que lui resterait probablement neutre et professionnel. Il sait bien faire ça, séparer vie pro et vie perso. Je sais aussi que c’est une belle personne, riche de connaissances et de sagesse. Au-delà même de notre propre histoire personnelle, je sais que c’est un homme passionnant qui a beaucoup à apporter à autrui, notamment dans le milieu professionnel. J’aimerai être capable de pouvoir évoluer sur ce plan en cohabitation avec lui.

Mais je n’en suis pas capable avec un cœur brisé. Je ne peux pas juste ignorer toute la sphère émotionnelle et personnelle que je ressens. Evoluer auprès de lui comme si on ne s’était jamais connus, comme deux inconnus aux rapports cordiaux et distants. Ce ne serait pas possible. La blessure de l’indifférence serait trop forte. Vu mon hypersensibilité, ça serait signer la mort de ce qui reste de mon pauvre cœur en miettes.

Même si je sais que ce n’est pas lui seulement qui l’a brisé. Dans toute relation, on est responsable à 50%, il n’y a pas de victime et pas de bourreau, même si c’est lui qui est parti. Et même si je sais d’un point de vue rationnel, que c’était la meilleure chose à faire et que je n’en aurais jamais eu le courage. Mais ça fait juste mal, c’est inexplicable… C’est une perte que l’on ne peut pas nommer.

Pourquoi ai-je rencontré ma flamme jumelle dans cette vie si nous ne sommes pas capable de vivre notre amour ensemble ? Pourquoi ? Je n’arrive toujours pas à accepter ça. C’est inacceptable pour moi. Accepter la maladie, les expériences de harcèlement au travail et énergétique, accepter ma reliance à l’Ombre et à la Lumière, accepter ma médiumnité, accepter mon hypersensibilité. Je veux bien travailler à accepter ça. Mais pas accepter de renoncer à ma flamme jumelle, ce n’est pas possible. Ce n’est pas juste ! C’est simplement trop dur.

Et quelles sont les alternatives qui se proposent à toi ? Rester dans cette souffrance ?

Je ne sais pas, je n’en sais rien. Je croyais que vous aviez endormi mon cœur pour que je souffre moins ?

C’est toujours le cas.

Et bien, je n’en ai pas l’impression au vu de ce qui ressort quand j’évoque le sujet.

Parce que tu es toujours en résistance dans ton processus de deuil. Tu n’arrives pas à lâcher prise.

Ce n’est pas quelque chose que l’on décide…

Non mais on peut l’accompagner. Tu pensais que tu avais fait ton deuil parce que tu as tout enterré. Tout mis dans des boites. Supprimer tout contact et toute prise d’information. Eviter toute pensée à son sujet. Mais ce n’est pas ça faire son deuil.

Faire son deuil c’est être capable de voir le bon comme le mauvais et de l’accepter. C’est être capable de sourire en repensant aux bons moments, en ayant de la gratitude dans ton cœur. C’est repenser à l’autre de temps en temps, peut être avec un peu de nostalgie mais, surtout avec de l’amour et de la paix au cœur. Exactement comme ce que tu ressens au sujet de ta grand-mère décédée.

C’est ça le deuil. Ce n’est pas cacher et ignorer ta souffrance. C’est l’accepter à bras ouverts, la laisser s’exprimer, encore jusqu’à ce qu’elle soit apaisée.

Mais je croyais l’avoir fait, après toutes ces heures à pleurer, toutes ces heures à écrire et à me lamenter… A n’en plus finir, encore et encore. Et tous ces rêves pour évacuer… Je pensais sincèrement avoir laissé le champ libre à l’expression de ma souffrance, de ma détresse et de toutes les émotions que cette rupture a pu déclencher. Je me suis laissée le temps, je me laisse encore le temps.

Le temps peut passer aussi longtemps que tu voudras. Un trésor caché et bien enterré est préservé sous la terre. Ta souffrance est à l’abri. Comme un ultime vestige de votre relation, qui te rassure sur l’intensité et la réalité de ce que vous avez vécu. Un vestige que tu n’arrives pas à lâcher… Par peur qu’il n’y ait plus rien. Plus rien qui te rattache à lui, pas même la souffrance.

Mais deux flammes jumelles sont reliées par bien plus que ça. Tu n’as pas besoin de t’enferrer dans une chaine de souffrance pour que votre lien perdure au-delà du temps et de cette vie. Quoi que tu fasses ou non, un jour, vous vous retrouverez.

C’est difficile à comprendre pour ta conscience humaine, mais tu n’as pas besoin d’un tel lien de souffrance. Tu n’as pas besoin d’être rattaché à lui par une émotion ou par un souvenir pour l’aimer. L’amour inconditionnel n’a pas besoin d’attache. C’est ton mental et ton égo qui s’y raccrochent aussi fort qu’ils le peuvent.

Tu es très bien capable d’aimer ta grand-mère décédée, sans aucun lien physique, ni même émotionnel. Tu ne sais pas où elle est, ce qu’elle fait sur son chemin d’évolution, comment son âme se sent. Tu ne sais rien, et tu n’as pas de visite d’elle. Mais cela ne t’empêche pas de l’aimer, de lui souhaiter le meilleur et de lui envoyer des pensées bienveillantes. Où qu’elle soit, et même si elle ne te répond pas.

L’amour sans attache c’est cela. C’est laisser partir l’autre sur son chemin, en lui souhaitant le meilleur. C’est se détacher du besoin de lien, d’amour en retour, d’avoir une réponse et d’être rassurée. C’est donner sans attendre quoi que ce soit en retour.

Mais accompagner ma grand-mère vers la mort parce que c’est ce que son âme a décidé, cela n’a rien à voir avec une rupture… ça n’a rien à voir ! Je n’ai jamais eu de message de l’âme de mon ex-compagnon qui me disait que je l’empêchais d’évoluer…

Mais toi tu avais besoin de plus d’espace de liberté pour évoluer. Le message n’est pas venu de lui, mais de toi, de ta propre âme. Et c’est cela que tu n’acceptes pas. Tu lui as apporté ce dont il avait besoin pour évoluer dans cette partie de sa vie. En contrepartie, il t’a aidé dans la prise de conscience de tes blocages. Mais tu ne pouvais pas continuer ton évolution spirituelle avec lui. Alors il t’a laissé partir. Il a entendu le message de ton âme, c’est pourquoi il était en paix suite à cette décision.

Mais moi, je ne suis pas en paix du tout !!! Pourquoi ?

Parce que tu as refusé ce message. Tu ne l’acceptes pas. Tu n’acceptes pas que ton âme te fasse vivre ça.

« Subir » ça. Je ne supporte plus le nombre de trucs que me fait subir mon âme, parce qu’elle a décidé avant de s’incarner de travailler sur telle et telle blessures. Je suis fatiguée et découragée. J’ai besoin d’un peu de douceur moi aussi ! De joie, d’amour, de paix… En réalité, je ne cherche pas midi à 14h, si je m’intéresse autant à la spiritualité, c’est simplement parce que je veux me sentir bien. C’est tout. Je veux me sentir bien.

Mais pourquoi ai-je l’impression que plus je chemine et plus cela devient hors d’atteinte ? A chaque nouvelle blessure mise en lumière, à chaque nouveau défi imposé par mon âme… Parfois, je me dis « bienheureux l’ignorant ». Je ne considère pas que ma médiumnité est « cool » parce que j’ai plutôt l’impression qu’elle entraine une série d’obligations : celle d’être attentive à mon environnement, celle de mettre en place une certaine hygiène énergétique, celle de prendre en considération les messages qui me viennent (sinon ils se retournent comme des gifles dans ma figure), etc…

Je suis psychologiquement et psychiquement fatiguée.

D’où le fameux rêve où tu es alitée à l’hôpital, avec de la fièvre et des spasmes. Incapable du moindre mouvement à cause d’une fatigue écrasante et disproportionnée. Tu vois, même si tu n’en as pas conscience, ton âme elle le sait. Son objectif n’est pas de te « casser » mais de te permettre d’évoluer. Et là, tu as besoin d’une pause. Tu as besoin d’un peu de temps pour récupérer. Tu as besoin de rentrer pour te reposer. Nous le savons.

Alors, aidez-moi, svp…

Est-ce que ton rêve de cette nuit était intéressant ?

J’aimerais en parler, mais je suis trop fatiguée… Une autre fois ?

Il était là pour t’aider, c’est tout ce que tu as besoin de savoir pour l’instant.

Ok, merci.

24 février

 

Frustrée

artiste

Artiste : Wataboku

Je voulais dessiner autre chose, je ne comprends pas pourquoi cette image-là est sortie… Celle d’une femme hurlant de colère.

De rage ou de frustration ?

De frustration. Mais je n’arrive pas à bien à rendre les émotions sur un visage, je manque vraiment de technique. Le résultat n’est pas celui que j’avais dans la tête. Même si en fait, justement je n’avais pas vraiment d’image précise. Je comprends l’importance des modèles et des références, jusqu’à avoir acquis la fluidité des proportions. C’est limitant de devoir réfléchir à ça, au lieu de simplement se concentrer sur la création.

Un minimum de technique peut aider à créer plus librement, en fonction de ce que vous désirez faire.

Pour dessiner des visages et des corps réalistes, c’est mieux.

Mais ce n’est pas nécessaire pour faire quelque chose d’abstrait ou simplement faire sortir vos émotions. Pourquoi as-tu voulu donner un visage à cette émotion enfouie ?

Et bien… C’est une bonne question. Je ressentais un blocage au niveau de la gorge et j’avais envie de l’exprimer, de le faire sortir. Dessiner c’est avéré plus simple que de hurler, ce qui est peut-être libérateur, mais nécessite un environnement isolé. Mais je ne sais pas pourquoi.

Je voulais dessiner autre chose mais je ne m’en sentais pas l’état d’esprit (enfin comprendre l’état émotionnel). Je ne sais pas pourquoi. J’ai l’impression qu’une fois l’inspiration du moment passé, l’émotion envolée, même si je l’ai en mémoire, c’est difficile de la coucher sur papier. Il y avait ce dessin que j’ai eu envie de faire la dernière fois suite à ma discussion avec ma sœur. Je l’ai toujours en tête, mais je n’arrive pas à m’y mettre.

Et tu t’interdis de faire autre chose, tant que tu ne l’auras pas dessiné. Comme tu t’interdis de penser à un autre projet tant que tu n’auras pas fini ta toile actuelle.

J’ai ce problème-là. Celui de vouloir faire les choses « dans l’ordre ». De ne pas commencer quelque chose d’autre si je n’ai pas terminé la première. Parce qu’alors, en général, je ne la termine jamais… Je passe à autre chose et pouf, le premier projet reste inachevé, avorté.

Donc tu essayes de te « forcer » à terminer les choses dans l’ordre. Mais plutôt que de t’aider, cela ne fait que te limiter, te frustrer. Te bloquer dans ta créativité. Hors, bloquer ton élan créatif, c’est comme bloquer ton énergie de vie, puisque que tu ne l’exprimes que sous cette forme, et pas sous une autre forme qu’est celle de la sexualité.

C’est vrai. Je ne l’avais jamais pensé de cette façon-là.

Alors tu t’enfonces dans des énergies stagnantes, tu n’es plus capable de renouveler tes énergies, d’entretenir l’élan pour te faire avancer. La créativité est une force plus importe que tu ne le crois dans ta vie. C’est un de tes moteurs. Tu as besoin de créer pour avancer. Comme tu as besoin d’écrire pour évoluer, c’est une façon de créer. De donner corps à une énergie. D’incarner une idée, une inspiration, une petite flamme divine qui vous ait donné.

Et quid de l’environnement pour créer ? Alors que j’essaye d’écrire, j’ai encore mes voisins qui font la numba et ont dû inviter la moitié de leur promo. Je veux bien croire que l’on ne doit pas se laisser impacter par les perturbations extérieures, mais ils sont aussi discrets qu’un troupeau d’éléphants. Cela m’énerve… Souffrir d’hyperacousie n’est déjà pas simple, mais alors dans ces conditions-là… Mes bouchons d’oreille ne sont pas suffisants avec l’isolation sonore aussi mauvaise. J’aimerais vraiment qu’ils se dépêchent de partir en boite de nuit, mais il en arrive encore et encore. A combien vont-ils rentrer dans cet appartement ? Vont-ils rester toute la nuit ?

Quand je suis malade, je ne supporte pas les stimuli extérieurs. J’ai besoin de silence, de lumière tamisée, de calme et de tranquillité.  Les stimuli intérieurs de mon corps sont déjà assez forts, tension musculaire, douleur, migraine… L’extérieur devient vite invasif, et c’est dans ces moments-là que je trouve le plus difficile d’être hypersensible à son environnement. Je suis fatiguée, j’ai envie de me coucher, mais je sais que je ne vais pas réussir à dormir avec ce vacarme. Le pire, c’est que ce n’est même pas à cause de la musique, je ne peux même pas leur demander de baisser le son, à moins qu’il arrête de crier et gueuler à tout va… *soupir*

Comment trouver la paix intérieure dans un environnement bruyant que l’on ne peut pas fuir ? Coincée chez moi, car malade, je ne peux même pas trouver un répit en partant ailleurs un petit moment. Je déteste cette impression de subir. Même en mettant des boules quiès et en cherchant à m’isoler dans une bulle de lumière, je n’arrive pas à faire fi du bruit et des perturbations que je perçois. Il faudrait que je puisse me déconnecter totalement de mes sens pour ça…

Remonter à la source du problème reste compliqué. Quand la musique est trop forte trop tard, je vais leur demander de baisser, mais là ? Je peux demander à 25 mecs de baisser le volume de leur voix de fêtards ? Où se situe la limite entre la liberté d’autrui et le seuil de tolérance de ce que l’on peut supporter ? Surtout quand mon propre seuil à moi est particulièrement bas à cause de mon hypersensibilité ? Et quel poids la demande d’une personne contre 25 à moitié saoulés ?

*grrrmmmmml* Vivement que je déménage.

23 février 2017

 

Se protéger

Artiste :

Artiste : Moonywolf

Pourquoi est-ce que je suis malade ? Je n’en reviens pas… C’est pour ça que je me sens aussi mal et démoralisée depuis ce matin ? Ça a commencé avec un mal de gorge hier soir, et voilà que j’ai de la fièvre. Je ne comprends pas. Et forcément quand je suis épuisée, je perds ma concentration et mes réflexes, et je suis rentrée dans ce foutu plot en béton avec ma voiture. Est-ce que j’étais déjà malade à ce moment sans m’en rendre compte ?

Tu étais déjà malade au réveil. C’est pour ça que tu étais d’aussi mauvaise humeur, tu aurais dû t’écouter.

Je pensais juste que c’était une passade, parce que je n’ai encore quasiment pas dormi cette nuit. Alors je n’ai pas fait attention à mes cernes et à mon teint pâle. Je me suis dit que c’était le manque de sommeil, et que j’allais juste y aller tranquille. Ça faisait des semaines que je n’étais pas allée au marché, par flemme ou par fatigue. Je me suis dit, « allez, bouge-toi ! »

Et tu as heurté un plot en béton sur le trottoir en revenant du marché…

Oui, je n’ai rien compris, je ne l’avais pas vu dans le démarrage en côte car il était après l’angle à 90°. Ma voiture a fait un saut et un gros « boum » et voilà… Au final, plus de peur qu’autre chose. Ce n’est qu’un peu de tôle froissée, ça ne se voit pas beaucoup.

C’est ce que tu te répètes. Ce n’est que de la tôle froissée. Mais comment te sens-tu ?

Et bien choquée émotionnellement. Etant hypersensible, ce genre de petit accident m’atteint puissance 10. J’ai beau raisonner la partie mentale pour éviter les pensées négatives, le tsunami émotionnel, je ne peux pas le contrôler.

Si tu peux. En étant connectée à ton espace de paix intérieure.

Peut-être, mais je vais te dire. C’est bien beau d’avoir réussi à m’y connecter au cours d’une méditation. L’ancrer et le ressentir en pleine conscience dans son quotidien, c’est une autre paire de manches ! Et si c’était encore un de vos tests pour mesurer ma maitrise émotionnelle, et bien voilà, je l’ai foiré les doigts dans le nez ! Et je me sens déjà fatiguée par tout ça. A quoi bon une initiation de l’Ombre, quand ma vie n’a aucun sens et que je n’ai aucune direction à lui donner ?

C’est justement pour cela qu’une initiation de l’Ombre est nécessaire. Pour te sortir de ton marasme émotionnel. Te reconnecter à ta Volonté et ta Puissance et à terme te permettre d’avancer.

Pour aller où ?

Là où tu dois aller.

Alors vous ne me direz vraiment rien ? Pas un indice, pas un panneau ? Rien ?

C’est à toi de trouver. Nous te donnons plein d’indices, mais le temps n’est pas encore venu que les pièces de puzzle fassent sens. Concentre-toi sur ton quotidien, et sur cette initiation. Tu avais promis que tu écrirais tous les jours, mais tu ne l’as pas fait hier. Pourquoi ?

Parce que j’étais trop fatiguée.

Pourquoi ça ?

Parce que j’ai passé un certain temps au téléphone avec une connaissance, à répondre à ses questions et à lui donner des conseils.

Et qu’est-ce que cela t’a apporté ?

Je n’ai pas répondu à ses questions pour que cela m’apporte quelque chose.

Je répète ma question : et qu’est-ce que cela t’a apporté ?  Ne te mens pas à toi-même, car nous savons la vérité. Nous voulons que tu la formules. Exprimes ta vérité, peu importe ce que cela implique.

Et bien, des prises de conscience sur certains points… Que j’avais accumulé une certaine expérience sur les notions de soin VS guérison, de soins énergétiques, de travail d’accompagnement de l’âme, de compréhension des messages apportés par les maladies, etc, grâce à mon propre vécu. Qu’une part de moi avait soif de transmettre. Mais qu’en même temps, j’ai été étourdie par cette nouvelle position que je n’avais jamais vraiment expérimenté avant, sous cet angle enseignant-élève. J’ai perdu mon alignement, et j’ai trop donné de moi-même.

Et tu avais mal à la gorge après cette conversation. Cela t’a affaibli physiquement. Ta mauvaise nuit de sommeil ne t’a pas permis de récupérer de cette perte énergétique.

Et maintenant que c’est dit, tu as peur que la personne concernée culpabilise, car elle te lit.

Oui…

Pourtant, tu sais que ce n’est pas de sa faute. Il n’y a que toi-même qui connais tes propres limites physiques, surtout avec ta maladie. C’est à toi de t’imposer, et de savoir dire « stop, ça suffit pour aujourd’hui ». Tu n’as aucune obligation de donner non plus.

Dans la reliance à l’Ombre, on ne fait rien gratuitement. Chaque action entreprise a un but, celui de t’apporter quelque chose en échange, de te permettre d’évoluer tout en te respectant toi-même et autrui. C’est une question d’efficience et d’efficacité, rien de personnel face à autrui. C’est économiser et savoir quand donner, pour recevoir en retour, même si parfois de façon indirecte.

Dans ton cas, toi qui a très peu d’énergie physique, tu as tout intérêt à comprendre l’intérêt d’une telle vision. Pas parce que tu n’es pas capable de donner ni que tu n’as pas un grand cœur. Mais parce que tu dois apprendre à te préserver. Chez toi, chaque perte énergétique trop forte est synonyme de symptômes physiques quasi-immédiats. L’inverse n’étant pas vrai.

Tu ne peux pas, au jour d’aujourd’hui, te permettre de donner sans recevoir de la part de personnes qui te sont quasi-inconnues. Mais également auprès de tes proches. Tu dois apprendre à doser et te respecter, car sinon tu seras très vite dépassée et malade en permanence. Et cela est d’autant plus vrai que tu vas retourner vivre auprès de ta famille et de tes amis.

C’est un enseignement fondamental : la protection de soi-même.

Car si les autres peuvent t’attaquer énergétiquement, c’est parce que tu ne te protèges même pas de toi-même et de tes comportements destructeurs ! Donner sans compter lorsqu’on n’a quasiment rien n’est pas respectueux de soi-même. C’est une croyance fausse.

« Charité ordonnée commence par soi-même ». Crois-tu que Mère Theresa aurait été capable d’aider autant d’enfants dans le besoin si elle avait été constamment alitée ?

Non, je comprends l’image que tu veux me véhiculer.

Protèges toi, apprends à dire non, à poser des limites. Cela s’appelle prendre soin de soi, et se respecter. Et si tu le fais avec ton alimentation physique, pourquoi ne le ferais-tu pas dans tes échanges émotionnels et énergétiques avec autrui ? Comme avec ton supérieur, personne ne sera là pour ramasser les morceaux, quand après coups tu seras seule et malade. Veux-tu revivre ce que tu as ressenti aujourd’hui ?

Non.

Alors prend en considération ce que nous te disons.

Mais comment faire en pratique ?

N’ignore jamais un mal de gorge. Cela veut dire, chez toi, que tu ne t’es pas respectée. Tu as alors besoin de beaucoup de douceur pour compenser l’impact énergétique de cette propre violence que tu t’es faite à toi-même, sans en avoir conscience.

Ah, d’où la violence extérieure manifestée avec cet accrochage de voiture… Je ne comprenais pas… J’ai analysé mon schéma mental inconscient après coup. J’avais senti l’impact venir juste avant, mais je n’ai pas contrebraqué en me disant « ce n’est pas grave, ce n’est qu’un trottoir », comme si j’étais indifférente à ce qui arriverait, comme si je me punissais pour quelque chose, plutôt que de chercher à éviter le choc et prendre soin de moi. Sauf que finalement, ce n’était pas juste un trottoir, le choc a été violent et ma voiture a été abimée…

Cette indifférence, ce « laissé aller », ayant causé cet accident, est le miroir extérieur de la façon dont tu te traites intérieurement dans tes relations énergétiques à autrui. Tu ne peux pas te dire, « ce n’est pas grave, ce n’est que X temps passé à aider un tel ».

Nous serons très fermes sur ce point-là : tu n’as pas aujourd’hui la capacité physique d’aider autrui comme tu le souhaiterais, malgré tes connaissances acquises. Tu le sens inconsciemment, c’est bien pour ça que tu ne te sens pas du tout prête à donner des soins à autrui, encore moins à chercher un statut de thérapeute. Si tu veux aider autrui, publie tes articles sur ton blog. Si quelqu’un veut te poser une question sur son contenu, qu’il le fasse ici. Ce sera ça ou rien. A prendre ou à laisser. Nous n’avons pas le temps que tu te disperses au jour d’aujourd’hui, si tu veux pouvoir avancer sur ta propre voie.

Hum… « Nous n’avons pas le temps ». Combien de temps va durer cette initiation ?

[XX] jours. Utilises-les bien, ce n’est pas une opportunité à sous-estimer. Alors ne prévois rien de trop fatiguant pendant cette période-là. Laisse-toi du temps libre et fais-toi confiance pour avancer. Nous ne travaillons pas seulement quand tu écris, mais aussi pendant tes méditations et tes nuits.

Oui, j’avais remarqué. D’ailleurs, je ne vais pas pouvoir tenir ce rythme de sommeil là tant de jours…

Couche-toi tôt. Discipline-toi. Ta priorité, c’est ta santé, donc ton sommeil. Quoi qu’il arrive et peu importe qui t’appelle. C’est l’occasion de reprendre un rythme stable. C’est l’occasion de te remettre en phase avec ton environnement.

C’est vrai que les réunionnais sont plutôt des lèves tôt… J’ai entendu ton conseil.

N’attends pas d’avoir une raison pour te lever. Lève-toi pour trouver une raison d’avancer. C’est en pensant ainsi que tu attireras à toi les énergies favorables. Tu peux mettre en place une discipline tout en t’écoutant et en te respectant.

C’est là où j’ai du mal tu vois… Je me lève tard, parce que je me sens fatiguée, mais je n’arrive pas toujours à savoir si c’est parce que j’ai mal dormi, parce que j’ai une crise de fatigue chronique, ou bien simplement parce que je n’ai pas le moral et que je devrais me bouger.

Peu importe la situation, rien ne t’empêche de faire preuve de douceur. Tu n’es pas obligée de te lever exactement à heure fixe précise tous les jours. Tu peux t’adapter à ton état. Prends un temps le soir pour te connecter à ton corps et lui demander « de combien d’heures de sommeil ai-je besoin pour me reposer et respecter mon corps ? ». Prendre soin de son sommeil, c’est aussi prendre soin de soi. Comme toutes les personnes ayant une blessure d’amour de soi-même, cela demande un travail et un réel effort. Il faut mettre un place une discipline, des outils pour aider.

Nous savons que c’est un sujet qui te préoccupe, et qui a aussi fait l’objet de question d’une de tes lectrices. Nous reviendrons dessus à l’occasion, car c’est un très vaste sujet en réalité. Et de la qualité de vos nuits, dépend la qualité de vos jours, sois en persuadée. Donc, une des meilleures façons d’améliorer rapidement votre qualité de vie est d’améliorer votre qualité de sommeil. A bon entendeur.

Merci.

4 février 2017

Les transferts émotionnels dans nos relations

Artiste :

Artiste : Tara Mc Pherson, Waterfall

J’essaye d’intégrer ce que m’a dit le gynécologue, au sujet du suivi de mon endométriose, mais plutôt que me rassurer, cela m’angoisse et me décourage… Je me demande bien pourquoi ? Après tout, selon lui, les résultats sont encourageants, mes ovaires sont autant « sous contrôle » que possible vu mon problème de dystrophie ovarienne (produisant trop de follicules). J’ai même un endométriome qui a réduit de taille.

Malheureusement, les effets secondaires sont encore bien trop présents : fatigue chronique, impact sur le système digestif, sciatique, etc. Et j’ai l’impression que bien que j’ai enfin un traitement pour cette pathologie, je suis quand même bien trop souvent malade par ailleurs.

Mais pour lui, cela ne serait pas forcément dû à l’endométriose. J’ai constamment dans mes analyses de sang une composante dont les résultats sont trop élevés. Mon médecin traitant avait écarté ces résultats gênants en supposant que c’était dû à l’endométriose. Mais lui me dit que ce n’est pas l’origine. Et qu’il faut rechercher les causes. Et m’a questionné sur mes antécédents de problèmes articulaires… Il suspecte une autre pathologie. Et je ne sais pas quoi penser. J’ai bien eu le pressentiment que quelque chose n’allait pas avec mes analyses, mais le médecin traitant les a écarté, probablement fatigué de la complexité de mon cas…

En tout cas, je suis contente que mon gynéco n’ait pas fait la sourde oreille. Heureuse aussi qu’il ait pris le temps de me répondre. En sortant, j’ai entendu les secrétaires et infirmières se moquer et dire « olala, il a passé 2h avec une patiente, vous vous rendez compte ? ». Même si ce n’était pas exact, il a en effet pris du temps avec moi. Mais comment faire autrement, face à une maladie si mal connue et mal informée ? Face à la difficulté d’avoir un RDV avec ce spécialiste et de ne le voir qu’1 à 2 fois par an ? Face aux angoisses générées par des tas de questions sans réponse ? Alors que l’endométriose a tant d’impact sur ma santé, mon moral et ma vie quotidienne ?

J’essaye d’en faire moins cas qu’autrefois, de ne pas m’enfermer dans la maladie en me définissant comme « la fille avec de l’endométriose ». Mais, il n’est pas faute de constater que, même si je fais attention à mon alimentation, que j’ai repris le sport, que j’ai décidé d’avoir plus d’ouverture sociale, quoique je fasse, et même d’arrêter de me focaliser mentalement sur ma maladie, celle-ci revient. Sous diverses formes, de façon inattendue et inconsciente. Notamment, via l’interprétation de mes rêves, que si la psy ne m’aidait pas à décrypter pour certains, je ne verrais pas le lien, pourtant il est bien là, souvent caché profondément, mais présent. Ou bien encore via une crise physique aigüe après 1 mois en pleine forme. Ou encore via le poids sur le moral, qui se manifeste avec la crise anxio-dépressive que je traverse actuellement.

Comment cohabiter avec la maladie ? Sans lui laisser avoir le dessus, sur le moral et sur le physique ? Mais sans l’ignorer et engendrer une crise inattendue et violente ? Comment l’écouter et l’accueillir sans lui laisser toute la place ?

Parfois je me sens vraiment impuissante et dans un flou absolu. Je ne comprends pas les messages de mon corps ni de la maladie. J’essaye de soigner ma qualité de vie pour limiter les impacts négatifs sur ma santé…

Alors même que ta situation au travail est toxique ?

J’ai conscience maintenant que cette situation ne me convient pas. Que l’organisation (ou son manque si vous préférez) ne correspond pas à ma façon de travailler. Que celle-ci, ainsi que la mauvaise ambiance et les soucis financiers, génèrent beaucoup trop de stress en moi, plus que je ne le pensais, plus que mon corps ne peut en supporter. Mais devrais-je changer la situation (en cherchant à changer de travail)  ou changer mon regard et ma façon de réagir à cette situation ?

Pourquoi as-tu peur de partir ?

J’ai peur d’être dans la fuite. Et par là même de répéter le même schéma encore et encore. Je ne veux pas revivre ça une 3ème fois. Je préfère encore essayer de régler ça maintenant…

Mais le problème c’est que tu n’es pas en état, ni physiquement, ni moralement. Il te faut apprendre à l’accepter. Il te faut apprendre à lâcher prise. Tu ne peux pas tout contrôler, tu ne peux pas être parfaite. Tu ne peux pas imposer ta volonté à ton corps, au-delà d’une certaine limite physique.

J’ai l’impression que tout s’écroule et que plus rien n’a de sens… C’est ça, ce que ça fait de tomber en dépression nerveuse ? D’un seul coup, le corps craque, il est épuisé, il ne veut plus rien entendre, il ne veut même plus dormir malgré la fatigue. Le mental ne suit plus, impossible d’avoir les idées claires, de réfléchir, de prendre du recul, d’analyser et de se projeter dans un projet pour rebondir. Les émotions deviennent encore plus ingérables. Tout est source de stress, de tension, de peur, le moindre imprévu, la moindre stimulation trop forte. Les émotions habituelles prennent des proportions énormes, balayent mon hypersensibilité et me laissent à terre, comme ça, sans prévenir.

Et je me sens si seule à traverser tout ça…

Pourtant tu ne l’es pas. On est là. Monia aussi. Tes autres amies aussi, même si à distance. Ta famille est là pour te soutenir par la pensée, malgré les 11 000km qui vous séparent.

Je me sens tellement dans le brouillard, tellement perdue. Je ne comprends pas, cette chute d’un seul coup…

Parfois il vaut mieux chuter dès le départ, pour se relever toute seule et plus forte. Préfèrerais tu que cela t’arrive dans 10 ans alors que tu pourrais être en couple ?

Non, bien sûr que non. De toute façon, on ne choisit pas vraiment le moment où cela nous tombe dessus.

Tu serais surprise de voir les signaux inconscients que l’être peut mettre ne place quand il est prêt à faire face à un nouveau défi, censé l’aider à grandir.

Mais vais-je vraiment sortir grandie de cette expérience ? Et en sortir tout court, alors que j’ai le sentiment de tourner en rond ?

Ça dépend. As-tu l’envie de vivre ?

En ce moment, pas vraiment. Mais je n’ai pas pour autant l’envie de mourir. Et je me rappelle de ces moments où j’avais l’envie de vivre. J’ai simplement envie d’aller mieux. De pouvoir sourire doucement et sentir le soleil briller dans mon cœur, quel que soit l’orage dehors.

Ce que tu cherches à atteindre n’est pas si simple. Regarde, il a fallu des années et bien des épreuves à Sylvie. Tu ne peux pas t’attendre à y arriver du jour au lendemain.

Mais cela fait déjà des années… Cela fait déjà 7 ans que je fais face à ma maladie, à mes blessures, aux aléas de la vie…

C’est le jour où tu arrêteras de compter que tu auras « réussi ». Parce qu’en vérité, les épreuves ne s’arrêtent jamais, la vie est faite de challenges et d’opportunités. Mais c’est le jour où tu arriveras à les regarder tranquillement, sans les voir comme des obstacles insurmontables, que tu pourras sentir le soleil briller quel que soit le contexte extérieur.

Merci… Mais cela ne m’éclaire pas sur la situation extérieure actuelle. Comment suis-je censée savoir si quitter mon travail actuel représente une fuite ? Que faire pour améliorer mon état de santé ?

Les pistes et les clés te seront données en temps voulu. Prends les choses une par une, et aie confiance. Les choses se dessinent petit à petit, mais tu ne peux pas les contrôler. Chercher à le faire ne serait qu’une source d’angoisse inutile. Concentre toi sur ton intérieur, recherche cet espace de paix en toi, qui ne dépend ni de ton état de santé, ni de ton environnement matériel, ni de ta réussite au travail. Libère toi des jugements et des regards extérieurs. Tu es en arrêt de travail, et alors ? Tu es en dépression, et alors ? Est-ce que cela fait de toi un être moins humain ? Une personne moins aimable ? Est-ce que cela change tes caractéristiques intérieures profondes ?

Tu as besoin de temps pour toi. Tu as besoin de temps pour guérir et cicatriser. Le monde ne s’arrêtera pas de tourner parce tu ne vas pas travailler et ne remplis plus ta mission de parfait petit soldat productif dans cette société capitaliste. Tu sais que j’ai raison.

Que va-t-il arriver si tu ne vas pas au travail ?

Il n’y aura personne pour recevoir et conseiller les agriculteurs…

Et est-ce grave ? Sachant que de toute façon, au fond, tu n’as rien de très utile à leur conseiller, puisque tu ne peux pas les encourager à planter s’il n’existe aucun débouché viable. C’est toi-même qui l’as dit.

Oui… C’est malheureusement la loi du marché. Et ça, je n’y peux rien, mieux vaut s’y conformer. Au final, mon travail a perdu de son sens, et je ne me sens pas utile… Je sais bien que finalement, personne ne va en pâtir, sauf mon supérieur…

Et pourquoi donc ?

Parce qu’il n’aura personne pour justifier le travail fait, pour rédiger les rapports pour les subventions… Et aussi qu’il se sentira obligée de gérer partiellement mon poste en mon absence, peut-être ?

Est-ce ma mission ?

Non.

Mais l’a fait-il déjà ?

Partiellement, il aime se mêler de tout, tout savoir et tout décider. Cela lui donne une illusion de contrôle. Parfois, il reçoit même les agriculteurs « importants » sans me prévenir et sans moi, alors que c’est mon poste… Et puis derrière, me dit de poursuivre l’encadrement, alors que j’ai loupé la 1ere étape importante…

Incohérent, n’est-ce pas ?

Oui, mais j’ai arrêté de chercher à comprendre pourquoi. Ce qui m’agace, c’est qu’il se positionne en « sauveur » et « donneur de service » alors que je ne lui ai rien demandé. Et qu’il suffisait qu’il me retransmette la demande pour que je m’en occupe.

Mais en réalité, il préfère le faire lui-même. Parce qu’il n’a pas confiance en toi. Ce n’est rien de personnel, il n’a confiance en personne. Pour lui, tout le monde à un moment ou un autre le déçoit, par son « incompétence » et pour l’absence de décision. Tu ne peux pas réussir à atteindre son niveau d’attente et de satisfaction. C’est impossible. Personne ne l’a jamais fait, ou s’il le pensait, il est déçu après coup, comme avec Sophie. Ce qui le rend méfiant. En réalité, il est en permanence frustré, car il veut atteindre un niveau d’idéal irréaliste. Ce qui le pousse à être contrôlant, à vouloir tout faire par lui-même, ou à défaut contrôler et prendre les décisions à la place des autres, pour s’assurer qu’elles soient les bonnes.

Tu n’as pas à te sentir dévalorisée ou incompétente face à lui. Car il te pousse à toujours plus, il veut toujours plus, il n’est jamais satisfait. Et il ne le sera jamais, ce dont il ne se rend pas compte, et ce qui va le mener face à de grosses déceptions envers lui-même. La faillite de la structure est inéluctable, que tu sois là ou pas. Cela aurait été quelqu’un d’autre à ta place, cela aurait été pareil, voir même plus rapide. Tu ne peux pas prendre sur toi la responsabilité et la culpabilité de ses échecs à lui.

Et surtout, tu dois apprendre à te détacher émotionnellement. Si tu ne veux pas partir et si tu culpabilises à être en arrêt maladie, c’est parce que tu as peur de le décevoir lui. Bien que tu ais la preuve de son manque de compétences dans certains domaines, de ces décisions parfois contestables, de son comportement colérique, tu te comportes avec lui comme avec un père. Tu ne veux pas le décevoir, à tout prix. Cela ne tient pas de la raison et de la logique, mais de l’émotionnel et des blessures non guéries que tu portes en toi.

Nous t’invitions à réfléchir en douceur sur ta relation avec ton père. C’est ce côté-là que tu devrais explorer avec la psychologue, si tu veux parvenir à surmonter ce blocage dans le cadre du travail. Tu ne peux pas exprimer pleinement tes compétences et ton potentiel, si tu reproduis des schémas type sauveur/victime, sauveur/bourreau, mais bien plus encore le schéma père/enfant. Tu réalises un transfert de blessures de la relation père/fille dans le cadre de tes relations à l’autorité.

C’est une réalité. Certes douloureuse et déstabilisante, mais une réalité à accepter avec douceur et gentillesse envers toi-même. Pourquoi répètes-tu ce schéma ? Qu’attends-tu de ce père dont tu cherches si avidement la reconnaissance et la fierté ? Pourquoi cette peur de la crise de colère ? D’être source de déception chez l’autre ?

C’est vraiment un travail difficile pour moi… C’est faire tomber de son piédestal mon propre père. Je sais qu’il n’est pas parfait. J’ai compris qu’il était impliqué dans un certain nombre de blocages sur ma féminité engendrés à l’adolescence. Mais en accepter encore d’autres… Comment croire qu’il peut m’aimer si fort et en même temps avoir provoqué tant de souffrances en moi ? Comment est-ce possible, comment est-ce seulement compatible ?

Alors admettre que ton père a commis des fautes envers toi revient à admettre qu’il ne t’aime pas ? Je ne te demande pas de réfléchir, mais seulement de laisser tes émotions sortir.

Oui, peut-être, je ne sais pas ! Comment pourrait-il m’avoir tant marquée et blessée sans en être conscient ? Ce n’est pas l’image que j’ai de lui. L’image que j’ai de lui, c’est que s’il savait combien il m’a fait du mal inconsciemment par ses comportements, il en serait absolument atterré, déprimé et il en culpabiliserait à mort. Il a un cœur tellement bon, qu’il serait incapable de se pardonner à lui-même… Je ne veux pas qu’il sache.

Alors tu cherches à le protéger lui ? En refusant d’admettre tes blessures, tu penses le préserver de la culpabilité et de la tristesse ?

Peut-être, on dirait… Pourtant, je ne suis pas obligée de lui dire… Je trouve ça extrême comme comportement : refuser inconsciemment d’admettre ses peurs et ses blessures par peur de faire souffrir la personne qui les a déclenchés…

Les méandres du mental sont complexes. Tant que tu ne les mets pas en lumière, il est difficile de les dépasser, et tu peux longtemps rester à errer et être perdue. Voilà pourquoi je suis intervenue. Maintenant que ce mécanisme est porté à ta conscience, je t’invite à l’explorer et le travailler avec ta psychologue. Elle saura t’aiguiller en douceur pour comprends son origine. Tâche de faire preuve d’ouverture et d’accepter de dépasser tes résistances sur le sujet.

Rappelle-toi que c’est pour toi-même que tu fais ce travail, et juste pour toi. Que c’est pour sourire et sentir le soleil briller, comme tu l’as dit. Tu n’as pas de compte à rendre, pas de peur des jugements à avoir. Le travail que tu fais est difficile, mais tu es courageuse. Il te faut croire un peu plus en toi. Tout doucement, pas à pas, « tu vas y arriver ». Tu es déjà sur le chemin, il est sous tes pas. Tu n’as nulle part où aller, tu y es déjà, tu as seulement à le réaliser…

Merci…

21 octobre 2016

 

Chamanisme et guérison de l’âme

Artiste : Kanekiru

Comment je vais ? C’est toujours quand je voudrais fuir cette question, qu’elle vient de l’extérieur et de la part de personnes dont je ne l’attends pas forcément sur le moment. Je viens de passer mon we à briquer mon appartement, à m’attaquer aux moisissures des joints de partout, à laver les rideaux, à dépoussiérer, passer l’aspi et serpiller. Malgré que j’aie reçu le message en rêve que je devrais apprendre à me relaxer et me détendre, à ralentir, je n’ai pas réussi.

Mon mental me pousse à faire ceci et cela, me crée des obligations de toutes pièces. « Et si je ne le fais pas maintenant, quand le ferais-je ? »  Mes peurs aussi « et si tu ne t’occupes pas de cette invasion d’acariens cirons dans ta cuisine, ils vont tout envahir ». Et voilà, je n’ai pas réussi à me poser et à me reposer. Pas autrement qu’en lisant pour fuir la réalité.

Parce que je sens un mal être profond, celui qui vient de l’âme, qui ne s’explique et ne se comprend pas avec la raison. Et il est parfois dur d’écouter une telle souffrance, qui quand on lui laisse la place de s’exprimer vous submerge comme un tsunami, vous met à terre avec une force écrasante. Vraiment dur, quand on n’a pas quelqu’un pour vous accompagner, un cercle de confiance pour oser libérer les émotions et la parole, puis recevoir une pluie d’amour, comme durant mon stage de chamanisme.

Seule, dans l’isolement de mon appartement, sans la connexion à mes guides, sans le soutien de personnes bienveillantes et sans jugement, cela semble insurmontable. Comment aurais-je pu m’attendre à voir resurgir des émotions si difficiles et si profondément endormie ? Comment pouvais-je m’attendre à ce que ce stage de chamanisme soit si puissant et si déstabilisant ?

Depuis le nombre de mois que mon amie avait créé et mis en place ses stages, pas un seul ne correspondait à un moment où j’étais en forme, disponible et motivée. Je ne le sentais juste pas, alors je n’ai pas forcé. Mais pour celui-ci, j’ai senti cette urgence et cette pensée qui me harcelait en me disant que c’était le bon moment, qu’il fallait que j’y aille.

A vrai dire, j’y suis allée sans grandes attentes, à part celle peut-être d’enfin percevoir certains de mes guides ou de mes animaux de pouvoir, de pouvoir me connecter à eux durant les voyages chamaniques. Et si le contenu du stage, sur la théorie et le fond, m’a intéressée, et si les participants et le cercle de confiance créé ont été supers, et si la chamane qui le faisait a fait preuve de douceur et de compassion, rien ne s’est passé comme j’aurais pu l’espérer.

Parce que de 1) je n’ai rencontré ni mes guides, ni mes animaux de pouvoir, de façon direct, même si j’ai reçu des messages, et qu’apparemment ils ont voyagé avec moi (je ne les ai pas perçu) et m’ont prêté leur pouvoir durant les soins. Clairement, j’ai encore eu le message que c’était à moi de rencontrer et identifier par moi-même mes guides quand je serai prête. Et que c’était moi qui les tenais inconsciemment à distance, pas eux.

Parce que 2) je ne m’attendais pas à ce que ce stage de découverte de chamanisme tourne en fait en un we de travail intensif de guérison.

Ainsi j’ai appris ce qu’était le démembrement. Un « procédé chamanique » de guérison puissant, où l’âme décide de se démembrer bout par bout, de se déconstruire entièrement, pour ensuite recoller les morceaux un par un et guérir progressivement ce que chacun porte en lui. De mourir à soi-même pour renaitre. Ainsi, on peut laisser des bouts d’âmes après de lieux auxquels on était très attachés, ou de personnes. On peut laisser des bouts lors de grands chocs psychologiques. Un peu comme un processus de survie, durant lequel la douleur est tellement forte, qu’on préfère abandonner ces morceaux d’âme et ces émotions pour continuer à survivre.

Et ce we, j’ai appris que c’était le processus que mon âme avait choisi. Ce qui fait sens, car c’est exactement ce que j’ai le sentiment de vivre depuis des années. Et je sens cette douleur profonde qui émane de mon âme, ce sentiment de ne pas être complète. Cette sensation de mourir à moi-même, en perdant et abandonnant des parts essentielles de moi-même, au fur et à mesure, encore et sans fin. Ainsi, je revois des moments où clairement j’ai perdu des bouts d’âmes, des personnes auprès de qui j’en ai laissé, des lieux aussi.

Ma terre natale et ma maison d’enfance. Et ces pertes-là m’ont fait souffrir le martyre depuis 1 an, mais mon séjour en métropole m’a permis de recoller ces morceaux là et c’est pourquoi je suis revenue beaucoup plus apaisée et en paix. Je ne souffrais plus de me sentir en terre étrangère.

Mais voilà, on dirait que depuis quelques mois, le processus pour recoller les morceaux s’est enclenché. Sauf qu’à chaque fois que l’on réintègre un bout d’âme, il faut faire face à toutes les émotions et les blessures qui y sont liés. Autant dire que c’est un processus pénible et éprouvant.

Et ce dernier we, je crois que j’ai récupéré parmi mes morceaux d’âmes les plus blessés, ceux de mon adolescence. Et j’ai été littéralement submergée et crashée par la vague. Me sont revenus toutes ces émotions de mon adolescence, quand le collège était une torture, que j’étais moquée, ignorée par mes « amies » autre que ma meilleure amie, trahie et harcelée par le garçon que j’aimais, que j’étais seule chez moi et que mes parents restaient aveugles à ma détresse. Désespoir, souffrance, envie de mourir, sentiment de dévalorisation, colère, découragement… Un tsunami gigantesque, inattendu, me laissant complètement bouleversée, démunie…

Mais aussi la peur d’être jugée et rejetée, la peur d’être mauvaise élève et d’être méprisée par mes parents, le sentiment d’abandon maternel, une solitude indescriptible au-delà de tous mots. Et cette envie viscéral de mourir, là tout de suite, sur l’instant, de retourner au vide sidéral pour ne plus éprouver cette souffrance absolument démesurée.

Comment réintégrer de telles émotions et comment les transmuter ? On me dit d’accueillir, de me laisser traverser, de les accepter et de les écouter pour pouvoir les laisser se dissoudre. Mais comment accueillir de telles émotions sans s’autodétruire ? Comment réussir à réintégrer de telles lourdeurs, alors, qu’enfin, j’avais trouvé un certain équilibre, plus de joie et de légèreté dans mon quotidien et un sentiment de gratitude envers la vie ? Tout ça balayé, tout ça envolé.

Et je suis fatiguée de n’être qu’un fétu de paille. D’être baladée d’un processus de nettoyage à un de guérison, sans aucune douceur ! D’être sans cesse en train de « travailler à ma guérison ». Alors que dès que cela va mieux, c’est pour me prendre une autre claque qui me remet à terre. Combien de fois peut-on tomber dans l’abysse et se relever encore et encore ? A quoi cela sert-il ? J’en suis au point, où tout cela perd le moindre sens, où je ne peux même plus croire que je vais vers un mieux-être.

Mon âme a vraiment choisi un tel parcours de vie ? Elle n’avait bien aucune considération pour sa future enveloppe charnelle et sa future personnalité… Avait-elle donc oublié qu’après être incarnée on ressent des émotions, qui peuvent être une réelle source de souffrance ? Des fois, je me dis que mon âme est maso… Alors c’est sûr, comment avoir envie de l’écouter et de suivre son appel ?

Tout cela n’a aucun sens. Et parce que je suis incapable d’avoir un contact direct (que ce soit en channeling, ou en rêve…) avec mes guides depuis des mois, je me sens vraiment livrée à moi-même… Avançant plus que jamais dans un terrible flou artistique, sans oasis en vue, dans un désert sentimental et social, dans un isolement profond. Où est la douceur dans tout ça ?

A quoi cela me sert qu’on me dise que j’ai des guides puissants, s’ils ne sont même pas foutus de m’aider à faire face ? De prendre en considération mes états d’âmes ? J’en ai marre de me faire ballotée dans tous les sens, sans même voir une lumière au bout du tunnel. Je suis en colère. Je suis en colère contre mes guides, contre mon âme. Je suis fatiguée de tout ça. Vraiment. Pourquoi ne puis-je pas simplement siroter des cocktails sous les cocotiers comme les jeunes de mon âge ?

4 septembre 2016

 

Tomber de haut…

Artiste : Guweiz

Artiste : Guweiz

Je suis découragée. Aujourd’hui mon supérieur a eu une « petite conversation » avec moi pour m’expliquer que mon dernier email était très mal passé et que de façon globale, j’étais trop autoritaire dans mes formulations à l’écrit. Autant dire que je suis tombée de très très haut, que je ne l’avais pas vu venir et que je ne m’en rendais absolument pas compte…

Je suis capable d’entendre la critique, d’admettre que je me suis trompée. J’ai envoyé un email d’excuses et j’ai reformulé le contenu.  Il est vrai que j’ai écrit ce mail en urgence avant de partir en RDV chez le médecin, que j’étais fatiguée et avec l’esprit pas clair, que c’était à rendre au plus vite. J’admets à la relecture que mon email était en effet très mal rédigé. J’ai conscience que mon état de santé n’est pas une excuse. Mais cela me pose un terrible problème, celui de l’impact de ma santé et de mon endométriose sur la qualité de mon travail…

Clairement, j’ai fait une erreur, mais ces temps-ci je suis perpétuellement dans cet état de fatigue. Alors comment y faire face au travail ? Parce que je prends conscience d’à quel point la fatigue altère mon jugement, me rend négligente et surtout sabote mon sens critique. C’est ce dernier point le pire je crois. Je n’arrive pas à prendre de recul sur ce que je fais, ce que j’écris, la pertinence des choix à faire… Et cet après-midi encore, j’ai pris conscience une fois de plus de toute mon ignorance au sein de mon nouveau poste. Pour combler ça, il faut travailler plus, apprendre plus : mais comment apprendre quand je n’arrive déjà pas à gérer les sujets que je connais à cause de la fatigue ? Il faudrait également que j’aille beaucoup plus sur le terrain, car finalement, il n’y a que comme ça qu’on apprend la connaissance réelle des plantes et de leurs conditions de développement. Mais qui dit terrain, dit beaucoup d’heures et des journées physiques. Et alors je ne tiens pas le rythme au niveau corps et santé.

Et je me demande « suis-je faite pour ce travail » ? Y a-t-il seulement un poste qui peut me convenir avec mon état de santé ? Et je suis profondément découragée. Parce que ce que m’a dit mon supérieur ne m’a pas mise en colère, ni révoltée (même si une part de mon égo en a envie). Je reconnais que j’ai des tendances autoritaires inconscientes avec ma forte personnalité et mon envie de faire avancer les choses. Mais je ne pensais pas qu’elles ressortaient dans mon poste actuel, outre les discussions sur les heures supplémentaires et les plannings… Et finalement tout ça me rend profondément triste. Ce que cela a soulevé en moi, c’est une terrible envie de pleurer. J’essaye de faire les choses bien et je n’y arrive pas. Pire, j’ai l’impression de faire énormément d’efforts pour m’assouplir auprès de mon supérieur, accepter les ordres, les tâches et les missions sans intérêt qui ne sont pas vraiment de mon niveau de compétence officiel, pour constater qu’à priori mes efforts ne payent pas, et que malgré tout ça je suis « autoritaire » sans m’en rendre compte. J’ai l’impression qu’au final, je n’ai pas avancé.

Je me sens coincée dans un boulot où finalement les tâches que je fais ne me stimulent pas intellectuellement. Alors que je suis chargée de mission, c’est mon supérieur qui prend toutes les décisions et décide de mon emploi du temps. Cela me convenait quand j’étais volontaire, de n’être qu’une petite main, mais je pensais que cela allait évoluer en passant sur un vrai poste… Parce que quelque part c’est déresponsabilisant, on s’habitue à laisser l’autre décider, orienter etc. Du coup j’ai l’impression de perdre mon sens critique et mes capacités de réflexion et je déteste ça. J’ai le sentiment de ne faire que réaliser une liste de tâche sans vraiment apporter quelque chose, gérer ma mission.

Mais en même temps, quand je vois la journée d’aujourd’hui, je me demande : mais serais-je réellement capable de gérer seule ma mission au vu de mon état de santé ? De mon manque de connaissances du terrain ici ? Ne suis-je pas prétentieuse de penser que je ne fais pas des tâches à la hauteur de mes compétences ? Quand je ne suis pas capable pendant certaines périodes de faire face à cause de la fatigue ?

J’ai ce tiraillement entre l’ennui intellectuel qui me pousse à dire que je pourrais faire mieux et utiliser mes capacités de réflexion de façon plus épanouissante, et cette réalité concrète de voir qu’en réalité je ne suis pas au niveau de mon corps physique. D’un côté cette soif de connaissance scientifique, de challenges et de défis intellectuels, et de l’autre ce manque total de confiance en moi et mes capacités à faire face aux situations actuelles. Et je n’arrive pas à concilier les deux. Je me sens démunie, impuissante, prétentieuse, incompétente et en même temps tellement frustrée par cette situation où j’ai le sentiment de ne pas être à ma place et de ne pas réussir à apporter ce que je pourrais.

Je suis découragée de me heurter encore et encore à ces problèmes d’autorité, de devoir se plier aux ordres, etc etc. Même quand j’essaye de faire des efforts conscients, cela ressort inconsciemment. Et mon thème astro qui me dit que c’est un de mes défis, d’apprendre à assouplir mon égo et plier comme le roseau pour être capable de développer ma créativité différemment.  Je me dis que si je suis si peu consciente de l’autorité que je renvoie sans le vouloir, comment étais-je réellement dans mon poste précédent ? J’ai toujours parlé de mon patron comme quelqu’un de manipulateur pour toujours en avoir plus, et qui mettait une forte pression. Mais n’avais-je pas finalement une réaction inconsciente de contestation de son autorité et un braquage dans mon comportement face à lui ?

Je ne sais plus rien. Evidement que je me remets en question quand on me fait remarquer des éléments qui ne vont pas. Evidement que je vais essayer de prendre du recul pour voir si c’est fondé et si tel est le cas essayer de rectifier les choses, de faire des efforts. Mais pourquoi à chaque fois cela m’ébranle-t-il autant dans mes fondations ? Me fait perdre totalement confiance en moi et en mes capacités ? Pourquoi cela provoque-t-il en moi une telle vague de souffrance et de désespoir ? Pourquoi cette réaction émotionnelle disproportionnée ? J’ai juste envie de me rouler en boule, de tout abandonner, de rentrer à la maison, de quitter l’île et mon travail… Pourquoi ?

Je n’ai pas de réponse rationnelle. Juste une blessure béante on dirait. J’essaye alors de faire preuve de douceur avec moi-même, de me laisser le temps de digérer. Mais peut-on s’auto-consoler d’une souffrance irrationnelle dont on ne comprend même pas la cause profonde ?

3 juin 2016

Carences…

Artiste : Eaphonia

Artiste : Eaphonia

C’est le premier jour de la semaine où, ça y est, je peux enfin me poser pour écrire. Entre le kiné, les courses et le boulot, quand je prenais le temps de m’assoir, d’allumer ma bougie et de souffler, la seule chose qui me venait n’était pas l’inspiration pour écrire mais le cri de mon corps pour du sommeil. Je suppose que c’est une autre de ces semaines où j’ai une « crise d’endométriose ». J’arrive de plus en plus à les reconnaitre : épuisement malgré des longues nuits de sommeil (car entrecoupée par les douleurs au dos ou les problèmes de vessie), fatigue mentale (cerveau qui tourne au ralenti), migraines, bouffées de chaleur et sensation de fièvre persistante à partir du milieu de journée, mal à la gorge, ventre gonflé, transit intestinal presque à l’arrêt, douleurs au dos, besoin de sieste le midi et le soir en rentrant.

C’est parfois long de comprendre et rassembler les symptômes, et il faut du temps pour observer que cela se répète de façon cyclique. A chaque fois, je me dis « mais mince, j’ai attrapé froid ? » ou « c’est le stress du boulot ». Mais en fait non. En revanche, je n’arrive toujours pas identifier ces « crises » qui se déclenchent à intervalle irrégulier, peuvent durer 2 semaines comme un mois. J’espère que cette fois ci, ce ne sera pas trop long, parce que je n’ai pas envie d’être malade pendant mes vacances !!

Alors ralentis le rythme et écoute ton corps.

J’essaye, j’y arrive à peu près pour le besoin de sommeil et de repos. Mais pas pour l’alimentation. J’ai l’impression que mon ventre me dit « stop » quand ma bouche me hurle « j’ai faim ». Et j’ai tout le temps faim en ce moment. Même si je suspecte que c’est plus une fin émotionnelle que physique. Ça y est, je me suis remise à manger du chocolat à gogo, des gâteaux, du sucré. Bref de la douceur, parce qu’une part de moi se sent en manque émotionnel. Là où je suis surprise, c’est que cela ne revienne que 7 à 8 mois après la rupture. Avant d’être en couple, c’était pareil, et puis petit à petit, je me suis mise naturellement à ne plus avoir envie de sucré et a arrêté d’en manger par « besoin ». Ce décalage dans le temps m’étonne, j’aurais pensé ressentir ce besoin bien plus vite.

Parce qu’une part inconsciente de toi ne tend plus vers ton ex pour compenser tes besoins.

Ça veut dire quoi ? Que pendant tout ce temps je restais liée à lui par un lien énergétique inconscient ? Cette pensée est dérangeante. Enfin ce qui le serait encore plus c’est de savoir pourquoi cela s’est coupé brusquement… Je n’ai pas envie de réfléchir à ce que cela implique. Je pense déjà bien trop à lui… Et j’aimerai bien que ça s’arrête. Je n’en peux plus d’avoir cette petit flamme d’espoir au fond de moi. De rêver de lui, de symbole de mariage, etc. J’ai compris avec l’étude de mon thème astro que le travail par le couple n’était la « priorité de mon âme », qu’elle portait ailleurs. Et que les couples qui me convenaient étaient plutôt des oasis, me permettant d’avoir une certaine autonomie et liberté tout en ayant des sentiments profonds.

Mais voilà, cela n’arrivera pas tous les quatre matins. Déjà parce que je n’ai pas envie de m’infliger à moi-même, encore et encore, la même histoire et la même souffrance, en sachant qu’une partie de la faille est en moi. Je préfère apprendre à la colmater avant de remettre le couvert, lol.

Enfin bref, toute la semaine j’ai eu envie d’écrire ici sur un tas de sujet. J’ai eu des tas de petites prises de conscience, je voulais en discuter avec mes guides, approfondir, mais la fatigue de mon corps ne me l’a pas permis. Alors j’ai laissé filer. Comme tous ces rêves très précis et perturbant que je fais. J’aimerais bien avoir de l’aide  pour interpréter ! Parce que franchement… Expliquez-moi pourquoi je dis « ok, utilisez svp les symboles des fleurs, arbres, animaux etc… dans mes rêves pour m’aider à comprendre » et je tombe sur les trucs qu’évidemment il n’y a pas dans les listes. Genre une rose couleur rose fuchsia pétant. Je n’ai pas compris un tiers de mes rêves, alors que pour une fois je m’en souvenais clairement. Parfois le sens du rêve est évident, c’est assez facile à interpréter en cherchant les symboles et en assemblant. Mais là… je n’arrive même pas à identifier le type de rêve, s’il est spirituel, exutoire ou autre… Alors j’essaye de ne pas forcer. Mais c’est exaspérant, comme la fatigue qui est en train de me tomber dessus alors qu’il n’est que 20h. Déjà ? Et ma discussion avec mes guides ?

Tu n’es pas en état. Va dormir, de toute façon nous serons dans tes rêves.

Dans mes rêves ? J’aimerais bien pouvoir vous y reconnaitre. Vous ne pourriez pas porter un signe distinctif ? Genre une écharpe ou un chapeau rouge ? Des choses qui m’aident à comprendre et reconnaitre au réveil ? Parce que j’aurai besoin d’encouragement là. Je me sens mal. Je n’arrive même plus à me réveiller sans laisser sonner mon réveil 45min. Le médecin m’a dit que cela pouvait s’expliquer par la carence en vitamine B12.

J’ai l’impression que je n’en ferais jamais le tour ! Fer, vitamine D, vitamine B12. Il y a toujours une carence qui surgit après l’autre ! Je suis découragée. Comment suis-je censée prendre soin de moi face à ça ? Je ne peux pas passer ma vie chez le médecin, chez le kiné… Et je suis fatiguée de retrouver des conséquences de mon endométriose partout, au niveau du dos et des nerfs, du système digestif, du sommeil, de la forme de mon corps…

Est-ce que tu manges plus de viande qu’avant ?

Pas vraiment, au contraire.

Mais le médecin a dit que ton niveau de ferritine était très élevé, plus que jamais. Or tu n’as pas pris de traitement de fer depuis longtemps. C’est donc que tu l’assimiles mieux. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu as beaucoup réduit la quantité de gluten que tu manges depuis plusieurs mois. Ne penses pas que cela n’a pas d’effet et ne te décourages pas. T’autoriser de petits écarts ponctuels n’est pas une mauvaise chose, puisque tu n’es pas strictement intolérante, mais que tu le digères mal et que l’excès sature tes intestins. En revanche, ne te laisses pas aller à cause de la déprime et de la recherche de compensation en nourriture. Si tu as besoin de sucré à n’en plus finir, plutôt que de t’acheter des gâteaux industriels en te disant « c’est bon, je peux faire une exception, je n’ai vraiment pas le moral », prends le temps de cuisiner pour toi. Car en ce moment l’exception devient la règle. Ne repars pas dans de mauvaises habitudes.

Oui mais avant quand j’avais envie de sucré et bien je mangeais des fruits, notamment plein de mangues et des litchis !! Mais en ce moment, c’est l’hiver, il n’y a pas grand-chose… Les agrumes ne sont pas encore arrivés et je me lasse des bananes figues. J’ai même l’impression que mon estomac n’en veut plus ! Je ne sais plus trop quoi manger à vrai dire. L’attrait des nouvelles recettes sans gluten s’est estompé et voilà que cuisiner redevient une corvée… Que j’en ai marre de manger des « cracottes » de riz et maïs à la place du pain… Bref, j’ai faim, mais je suis frustrée car je n’arrive pas à trouver des choses qui sont à la fois bonnes pour mon corps et me font envie… Alors je me rabats sur des alternatives pas très saines.

Pourquoi te dire « tant pis » et manger des choses que tu sais problématiques pour ton corps ?

Parce que je n’ai plus d’énergie. Pas l’énergie de me battre, de faire tous ces efforts, de cuisiner. J’ai juste envie de dormir, pas de cuisiner. Mais le sommeil ne comble pas l’appétit, c’est bien dommage ! J’essaye pourtant de faire d’autres efforts pour mon corps. De me coucher tôt, de m’autoriser à faire la sieste si j’en ai besoin, de faire mes exercices de kiné. J’ai même acheté une nouvelle tenue de sport parce que j’ai pris la décision de m’y remettre à mon retour de congés.

Et pourquoi l’avoir acheté maintenant alors que tu sais que les cours ne reprendront probablement qu’à la rentrée scolaire ?

Parce que j’en sentais l’urgence, je voulais acter ma décision. A défaut de pouvoir commencer tout de suite, j’ai quand même quelque chose pour ancrer cette décision et m’en rappeler. Je ne veux pas faire comme l’an passé. Chercher, faire quelques cours d’essais puis ne rien choisir. Je trouve que c’est compliqué de trouver… Et puis je ne sais pas trop vers quoi me diriger. Il me faut quelque chose de doux, à cause de mon endométriose, mais quand même avec du mouvement, parce que ça aide à déconnecter le mental. Et j’ai aussi besoin que ça me plaise pour réussir à persévérer les 3 premiers mois, le temps de « rentrer dedans » et que le corps s’habitue et apprécie l’effort réalisé. Maintenant que j’ai fait du taïchi chuan, je trouve le yoga trop statique. Mais je réfléchis à l’idée de me remettre à la danse, parce que j’aimais vraiment ça et j’avais dû arrêter à cause de mes douleurs articulaires. Maintenant que mes hormones sont « sous contrôle » j’espère que je n’aurais plus ce problème là… Je n’arrive pas à cerner quel sport serait le mieux pour moi. C’est vrai que j’aime bien ceux où il y a un travail sur le souffle et l’énergétique, mais en même temps ce n’est pas fun comme la danse, et aussi valorisant en terme de silhouette et d’image de soi.

Je me souviens que j’aimais bien mon corps à l’époque où je faisais pas mal de danse, cela m’aidait à bien le connaitre, dans ses formes visuelles, dans son ressenti, dans la sensation des efforts, des étirements, dans la précision des gestes et le rendu des chorégraphies. Je n’étais pas mauvaise à l’époque. Maintenant je serais surement très pataude, et cela me fait un peu peur. Est-ce que je ne risque pas de dégrader mon image en voyant que je ne suis plus capable de suivre, d’avoir des mouvement précis et bien placé ?

Tu es trop exigeante avec toi-même, trop perfectionniste, même dans tes loisirs. Tu devrais lâcher du mou et te concentrer sur le fun. L’important c’est de t’amuser, de ressentir pleinement ton corps, de lui faire du bien. Tu devrais essayer l’école de danse près de ton travail et de ton kiné. Parce que c’est pratique et que tu pourrais avoir de bonnes surprises. Et puis te laisser du temps, tu ne peux pas avoir le niveau que tu souhaiterais en n’ayant pas pratiqué pendant presque 10 ans !

Oui je sais… toujours plus facile à dire qu’à faire. J’ai bien compris qu’il fallait que j’arrête de me cacher derrière des excuses comme « mais je n’ai pas le temps avec le travail, et puis j’ai des horaires trop aléatoires ».

Tu peux essayer de trouver un cours le vendredi soir, en général tu n’es pas sur le terrain. Pas trop tôt comme ça tu te laisses de la marge en cas de réunion, déplacement ou autre. Et puis si tu finis à l’heure rien ne t’empêche d’aller à la bibliothèque en attendant. Ce jour-là, il n’y a pas de créneau atelier créatif, que les stages. C’est parfait pour se changer les idées et de délasser avant le we, qu’en penses-tu ?

Oui, j’y ai déjà réfléchi, c’est le meilleur compromis je trouve. Même s’il faudra me motiver au début pour y aller avec la fatigue de la semaine…

Mais tu verras que très vite ce sera un plaisir. Et puis faire ce projet maintenant, c’est aussi te donner des envies de rentrer.

Oui, rentrer de métropole et retourner à ma vie sur l’île… Je me demande si je vais toujours le vivre « comme une corvée » parce qu’en fait, c’est surtout synonyme d’éloignement à la famille et de solitude. Un peu comme une forme de retraite spirituelle finalement. Une opportunité d’évoluer, d’avoir des prises de conscience, d’avancer vers ma guérison. Mais au prix du sacrifice d’un certain nombre de choses : la famille, les amis, la maison, mes lieux de ressourcement habituels, mon environnement culturel, etc. Finalement au prix de mon couple aussi, puisque quelque part c’était une limitation dans mes libertés et surtout dans la pression que je me mettais moi-même pour sauver certains aspects de mon couple…

Parfois je suis lassée d’avancer tant à l’aveugle, de ne pas ressentir clairement ma reliance au divin pour me guider et me soutenir. De ne pas savoir à quoi tout ça rime et ce qu’il y a au bout du chemin. Pourquoi avancer quand on n’a pas de motivation, de but ?

Parfois le but ne peut pas être révélé parce qu’il n’est pas encore compréhensible par la personne, avec le filtre de l’égo qui déforme les choses. L’important n’est pas le but, mais de cheminer. Tu le sais déjà mais tu es lassée.

Oui, je suis lassée. J’ai besoin d’un oasis, vraiment. Je suis très fatiguée. Et j’espère vraiment que ce traitement homéopathique et la vitamine B12  vont m’aider à retrouver la forme et le moral. Parce que sinon, je ne donne pas cher de ma peau sur le long terme… Alors oui, j’adresse une demande à l’univers « stp, je suis fatiguée, j’ai besoin d’un oasis pour me reposer et reprendre des forces avant de continuer à avancer ».

Tu es la première personne qui peut t’offrir à toi-même cet oasis. En laissant tomber toutes les pensées inutiles qui te stressent. En écoutant les besoins de ton corps, même s’ils sont « ceux d’une vieille mémé » et que tu dois te coucher à 20h. En te ménageant au travail, c’est-à-dire en faisant les choses une par une, dans l’ordre de priorité, en posant des limites et sachant être indulgente avec toi-même. Tu fais du mieux que tu peux dans ton état. Certes tu mets 3 fois plus de temps pour faire les choses, mais tu les fais quand même, comme tu le peux. C’est savoir ça qui devrait t’aider à accepter cette situation.

Merci.

2 juin 2016

Sur le bord de la route…

Auteur photo : Les rêves de Celia ©

Auteur photo : Les rêves de Celia ©

Je me sens stressée et oppressée depuis que je suis revenue du travail. Cela fait à peine 2 jours que j’ai repris, et je suis épuisée. Je compte les heures et les journées passent à un rythme tellement lent… Je ne comprends pas comment cela se fait, alors que ce n’était pas comme ça au début, que j’aimais ce que je faisais. Et que mince, j’ai quand même l’opportunité de faire un travail assez unique en son genre, dont je n’aurai pu rêver en sortant de l’école ! Je ne comprends pas et cela me désespère…

C’est une mauvaise passe à supporter. Le problème c’est que le travail seul n’est pas le plus important. Il y a aussi l’ambiance, les relations au travail, les énergies qui t’entourent et te pèsent. Et comme tu ne sais pas maitrisée ton hypersensibilité, tu te prends tout de plein fouet.

Mais je ne sais pas comment faire. Même en essayant de prendre mes distances, de ne pas rentrer plus dans la conversation, de ne pas rebondir sur les plaintes de mon collègue, rien n’y fait… Sa colère, sa frustration, son angoisse, son ras le bol, j’ai l’impression de tout me prendre en pleine figure. Comme s’il essayait de se décharger de toutes ces émotions sur moi. Mais je ne suis pas sûre qu’il en soit conscient. Après tout, peu de gens considèrent que les émotions sont des énergies (ou plutôt des charges portées par une énergie) qui peuvent s’envoyer, se recevoir, se ressentir. Et ça m’énerve, parce que j’essaye de me protéger, j’essaye de ne pas rentrer dans son jeu, de garder mes barrières pour ne pas prendre ce qui ne m’appartient pas. Mais c’est comme si j’étais une éponge malgré moi. Je ne peux quand même pas arrêter de parler avec et éviter mon supérieur ! Alors je ne sais pas comment faire… Vraiment pas comment faire. Je ne peux pas lui en parler de manière frontale, il ne comprendrait pas et se braquerait… Je ne peux pas éviter de lui parler quand je fais du covoiturage avec lui… J’essaye alors de réorienter le sujet vers quelque chose de « plus » léger. Mais on dirait qu’il a besoin d’une oreille et que je joue bien ce rôle malgré moi. Je n’en peux plus, je ne sais plus comment gérer ça…

Et puis ?

Et puis le climat au travail est merdique. On n’a pas reçu les subventions, alors c’est super compliqué pour nous payer, pour ceci, pour cela… J’ai surpris sans le vouloir une conversation qui m’a glacé. Ils parlaient de licencier une de mes collègues indirectes, affiliée à une autre structure. Alors que la présidente me l’a présenté comme une de ses filles quand je suis arrivée, que cela fait des années qu’elle est là, ils lui cassaient du sucre dans son dos. J’imagine que puisqu’il n’y a pas d’argent, toutes les excuses sont bonnes pour la virer… Je n’en revenais pas. Et sa collègue qui en rajoutait une couche, comme pour dire « c’est elle qui ne vend pas assez, c’est elle qu’il faut virer »… Horrifiée d’entendre ça, horrifiée de savoir ça alors que cette personne ne le sait pas… Je ne sais rien de leurs histoires, de la véracité de leurs arguments, et je ne veux pas savoir. Mais cela me fait me poser des questions. Après un de mes collègues m’affirmant que c’était cette personne qui se salissait le plus les mains et faisait le job « ouvrier », je me demande comment va faire l’autre collègue qui ne veut pas se casser un ongle pour tout faire toute seule.

Et si on la vire elle, alors pourquoi pas moi ? Bref, une belle claque dans ma figure pour me rappeler que, même si j’ai signé un CDI, ce n’est pas pour autant que mon poste est stable… Qui sait ? Si ça continue comme ça je pourrais bien être licenciée économiquement. Pas forcément parce qu’ils ne voudraient plus de moi, mais parce qu’ils n’auraient pas reçu les subventions pour nous payer… J’essaye de ne pas y penser, parce que de toute façon je n’ai aucun pouvoir là-dessus, mais cela n’allège pas les tensions.

Mais que puis-je faire s’il décide de me virer parce que mon boulot ne leur convient pas sur mon nouveau poste ? Je me sens vraiment incompétente et en insécurité, car les outils ne m’ont pas été transmis, je n’ai pas été formée sur le terrain. Alors, je sais que ce n’est pas ma faute… mais si eux décident qu’ils s’en foutent et veulent me remplacer par un autre VSC arrivant qui connaît mieux les plantes ?

Et bien alléluia, tu rentreras en métropole. Ce n’est pas ce que tu veux ?

Pas dans ces conditions-là. Et puis, j’ai besoin d’un peu plus de temps ici, je me suis donnée une année pour explorer les pistes qui me sont offertes ici, sur ma maladie, sur mon féminin, sur les cercles de femmes. Alors si les circonstances font que je dois rentrer, je rentrerais, mais ça serait dommage. De toute façon peu de choses m’attendent en métropole. Certes il y a ma famille, et quelques amies éparpillées aux 4 coins de la France. Mais ce n’est pas avec eux que je vais vivre au quotidien. Je ne me vois pas ré emménager chez mes parents entre autre…

Ce que j’aimerais juste, c’est que mon travail ne soit pas un enfer au quotidien. Parce que ma vie me semble bien difficile en ce moment. Entre mes galères de voiture, ma maladie, me remettre de ma rupture, la solitude, je crois que je craque.  La nourriture n’arrive même plus à être une compensation, une motivation ou une récompense, comme d’habitude. Aucune activité ne me donne une perspective de joie, tout me semble être une corvée, même les cours d’astrologie et j’ai envie d’abandonner. A quoi bon ? Je n’ai pas envie d’apprendre l’étude des relations de couple dans un thème…

C’est parce que tu n’as pas fini le deuil de ton couple.

Je ne sais pas si je le finirais un jour tu vois. Alors je sais, tout le monde dit ça quand il sort d’une relation longue qui a beaucoup affecté la personne. Mais je ne suis pas du genre à me remettre en couple pour oublier, pour guérir ou pour me chercher mieux. Je suis plutôt du genre à panser seule mes blessures et les lécher jusqu’à ce qu’elles soient à peu près propres et si possible cicatrisées.

Mais je ne sais pas comment cicatriser de cette relation. J’ai juste l’impression d’avoir perdu le gout de vivre et de ne pas savoir comment le retrouver… Tout le monde trouve ça normal, mais cela fait déjà 6 mois et je trouve ça long… Comment lui a-t-il pu passer à autre chose en moins de 3 mois ? Comment ? J’aimerais bien moi aussi ! Mais même en ayant pris conscience de nos besoins différents, une part de moi inconsciente n’arrive pas à tourner la page. Je rêve encore de lui. Les rappels de lui me sont douloureux.

J’ai décidé d’être patiente avec moi-même. De ne pas me forcer, de ne pas me fustiger pour réussir à tourner la page. Malgré cela, je me sens désemparée… Jusqu’à quelle profondeur de mon être ai-je donc été blessée ? Comment en guérir durablement ? Quand cette histoire n’a fait que remué le couteaux dans la plaie de mes blessures préexistantes.

Alors je sais que je dois guérir mes vieilles blessures pour que cette rupture ne me fasse plus aussi mal. Mais je ne connais pas de miracle. Juste le temps qui passe pour laisser le temps de guérir et de la douceur pour panser les plaies. Mais je crois que je suis une piètre infirmière. C’est toujours plus facile pour les autres, d’avoir l’oreille attentive, de trouver les mots, d’apporter un soutien sans jugement. Quand c’est avec soi-même, c’est une tout autre histoire. Et la volonté de s’apporter à soi-même de la douceur ne permet pas forcément de déverrouiller son propre cœur et d’arriver à ressentir de l’amour envers soi-même.

Je sais qu’il est vain de le détester pour tout ça. Que quelque part c’était inéluctable à partir du moment où l‘on s’est rencontré. Des fois, je me dis que ce serait plus simple, d’être en colère contre lui, plutôt que de ressentir cet océan de tristesse, ce vide, cette absence de couleurs. Comme si ma vie était devenue terne, n’avait plus la même saveur, quoi que j’y fasse.

Cela me rend presque les lèvres acides, d’admettre ce trou dans mon cœur qui ne se répare pas, alors que lui a continué a tracé son chemin, s’est remis en couple. Comme un aveu de faiblesse. Comme un aveu d’un trop plein d’amour dont il ne se serait jamais rendu compte. Comme un sentiment de rester cassée sur le bord de la route, le destin ayant méchamment joué avec mon cœur.

Et je m’en veux à moi-même d’être encore si attachée à lui, d’avoir tous ces souvenirs qui remontent et cette envie de rentrer chez lui en disant « tadaima ». J’ai parfois envie de déchirer tous ces souvenirs de ma tête tellement ils sont douloureux. J’ai beau essayer de les fuir, ils ne font que m’exploser au visage. Le battement accéléré de mon cœur alors que je prenais l’ascenseur pour chez lui, toujours, peu importe le nombre de fois. Le son de sa voix lorsqu’il m’accueillait tout heureux de me voir rentrer. Les pas feutrés sur la moquette, le canapé rouge. Son odeur, la douceur de sa peau, le goût de sa bouche. La douceur et l’amour dans son regard… Comment des choses qui m’ont rendu si heureuses peuvent-elles maintenant me faire tant de mal par leur absence et leur souvenir ?

12 avril 2016