Création et féminité

Artiste :
Artiste : StefaChaotic

Je ne sais pas pourquoi, je ressors de cet atelier de création de bijoux frustrée. La dernière fois aussi. Comme si je n’étais pas satisfaite de mes créations, bien qu’on me dise qu’elles sont jolies. Je ne le nie pas, il y a un sens esthétique derrière, un arrangement des couleurs et un style cohérent. Mais là où je me sens frustrée, c’est que j’ai l’impression d’avoir dépensé beaucoup d’énergie et d’efforts pour au final quelque chose qui ne me ressemble pas.

Et à quoi ressembles-tu ? Qu’est ce qui te fait dire ça ?

Et bien, je trouve ces bijoux trop voyants, trop « m’as-tu vu ». Je suis tombée amoureuse de ces perles de verres colorées quand je les ai vues. J’avais envie de faire quelque chose avec, absolument. Mais je ne savais pas quoi. J’ai longtemps tourné autour du pot, j’ai créé une autre paire de boucle de d’oreille bien plus simple pour me mettre dans l’élan créatif. Ces perles me semblaient trop voyantes pour les porter en collier, pas mon style. Alors je me suis dit, pourquoi pas en boucles d’oreille ? Mais toujours trop grosses pour les porter seules, trop simpliste aussi. Alors j’ai fait une composition, j’ai rajouté des breloques pour équilibrer et habiller.

Et puis il me restait cette autre perle de la même couleur, en verre et métal, venant de Bali. Une perle unique, que j’avais décidé de conserver pour un prochain atelier, afin de faire quelque chose d’assorti aux boucles d’oreille. Là aussi, j’ai bien peiné pour savoir quoi en faire. Te rends-tu compte que j’ai passé 3h à créer ce pendentif, quand d’autres ont fait 2 à 3 paires de boucles d’oreille ?

Cela m’a donné l’impression d’être inefficace et indécise. Je sais que je suis longue à créer, à faire émerger les choses. Alors j’ai essayé de ne pas regarder la vitesse des autres pendant, de ne pas me comparer et de me concentrer sur ma création. J’étais là avec toutes ces femmes, mais c’est comme si j’étais seule. Comme si j’étais rentrée à l’intérieure de moi-même, dans un autre espace-temps, ailleurs. Et quand enfin j’ai fini, je ressors de cet état épuisée, déracinée, un peu à l’ouest comme si je revenais d’ailleurs.

Mais en même temps, heureusement ! Car je crois que sinon, je n’aurais pas supporté les énergies dégagées par ces femmes autour de moi. Je me rends compte que je n’ai pas de mal à côtoyer des femmes plus âgée et matures, des femmes puissantes qui s’assument (telles que des chamanes ou guérisseuses), des femmes sages, et même des femmes mères depuis quelques temps. En revanche, je me sens ultra mal à l’aise en face de jeunes femmes très féminines, qui ressemblent à l’archétype de la « Vierge ». Jeunesse, naïveté, sensualité, beauté. L’archétype de la femme qui correspond à celui de mon âge et que je n’arrive pas à accueillir et incarner. Celui qui évoque le Soleil, la radiance, la force de vie, mais aussi l’attirance, le désir, la sensualité. Face à ces femmes-là, je me sens toujours « moins ». Moins féminine, moins belle (ou rayonnante, car ce n’est pas tant une question de physique), moins désirable. Je me sens grossière et pataude, comme une paysanne à côté d’une princesse. Ces femmes mettent en avant leur féminité sans fard et sans complexe, elles sont à l’aise avec ça. A côté d’elle, subitement, je me suis sentie comme un vilain petit canard.

C’est un miroir très difficile pour moi à observer. Comme un idéal hors d’atteinte, quelque chose qui m’apparait hors de portée. J’aurais beau faire tous les efforts physiques de la Terre, il me semble que rien ne pourra jamais me rendre aussi féminine. Bien qu’aujourd’hui je portais une robe, que j’avais pris la peine de me parfumer, de me maquiller, d’avoir les cheveux bien coiffés, face à une féminité si bien assumée je me suis sentie moins que femme. Ce qui est très douloureux pour moi à constater.

Mais pourquoi donc suis-je allée à ces ateliers de création de bijoux ? La curiosité, l’envie d’apprendre comment on fait pour pouvoir créer à son bon vouloir ? Au départ, je voulais me créer des boucles d’oreille, car je n’en ai pas beaucoup. Mais je suis plutôt du genre à préférer les bijoux en argent achetés en bijouterie, quelque chose de qualité et de durable. Néanmoins, j’avoue que la tentation d’avoir un bijou original, car créé de façon unique, était tentante. Et puis ?

Je ne sais pas ce que je vais faire de cette parure de bijoux. Avec des perles vertes et bleues… pour moi qui commence à peine à porter de la couleur ! Rappelons qu’il y a un an encore je m’habillais tout de noir et de rouge, et j’avais un stylo gothique bien affirmé. Je ne sais même pas avec quelle tenue porter cette parure ! Je sais déjà que je vais me sentir ridicule avec, comme un costume qui ne me ressemble pas, quelque chose de trop beau, de trop stylé pour que je le porte.

Pourtant c’est toi qui l’as créé, non ? Cela vient de ton intérieur, d’une part de toi très profonde, puisque tu t’es laissée guidée par ton intuition créative.

Oui.

Ne seras-tu pas fière de la porter alors ?

J’ai l’impression que ce serait comme un mensonge. Je ne sais pas si je vais la porter à vrai dire. Comment peut-il y avoir  un tel décalage entre ce qui sort du fond de moi, de mon cœur et mon extérieur, la façon dont je me sens au quotidien ? Cela m’ébranle… Je ne sais comment l’exprimer que par : j’ai le sentiment d’entendre mon âme pleurer.

Mon amie m’a dit qu’elle trouvait le rendu de mes bijoux très doux. Pour avoir cette inspiration-là, il doit bien y avoir une femme douce et féminine cachée au fond de moi. Pourquoi ai-je ce sentiment de ne pas pouvoir y accéder ? Pourquoi dès que j’essaye de faire des efforts vestimentaires pour être plus féminine – dans mon nouveau style non gothique encore à définir – j’ai l’impression de me déguiser ?

Parce que tu ne sais pas qui tu es. Tu n’as pas encore trouvé un nouveau style qui te corresponde car tu cherches toujours la femme que tu es. Qu’est ce qui pourrait te rendre plus à l’aise pour porter ces bijoux ?

Je ne sais pas… J’ai l’impression que dès que je mets une robe, c’est déjà beaucoup de féminité affichée. Alors porter des talons en même temps, ou des bijoux – et je passe sur le maquillage en simultanée – c’est comme si j’en faisais trop, que ce n’était pas naturel, pas moi. Et donc forcément je me sens ridicule. Cela ne me pose pas de problème quand c’est pour des grands évènements, comme pour des mariages, parce que là, c’est normal, tout le monde le fait. Et je me sens toujours « moins  femme » que les autres présentes. Donc ça va, je n’attire pas les regards.

Pourtant, cela ne me posait pas de problème de faire tout ça quand je m’habillais en style gothique. Je pouvais même mettre mon corset, en même temps qu’une jupe, mes bottines Doc Martens à talon et mon rouge couleur sang. J’adorais même, je me sentais à l’aise alors. Pourquoi n’est-ce plus cas ?

Parce que tu ne te caches plus derrière des bracelets à piques et des vêtements noirs qui envoyaient le message contraire : « je suis féminine, mais ne m’approchez pas ». Avec un style aussi excentrique, il n’y avait que les fous pour oser t’approcher, ou tes amis qui te connaissaient au-delà de la façade.

Je me sentais très féminine à cette époque-là, surtout avant de rencontrer mon ex-compagnon. Même si j’étais habillée de façon sexy, les regards passaient sur moi et ne s’attardaient pas car les gens pensaient « ah, c’est une gothique », fin de l’histoire. Il n’y avait que ceux qui regardaient au-delà des apparences qui pouvaient être attirés par mon physique au-delà de mon style. C’est vrai que c’était confortable d’une certaine façon.

Cela me manque. A cette époque, je savais comment être féminine et me sentir féminine. Maintenant, c’est comme si je devais tout réapprendre. Je ne ressens que de la vulnérabilité et de la fragilité lorsque j’essaye de faire ressortir la femme en moi. J’ai l’impression que quoi que j’essaye, elle s’élude et s’esquive, elle ne veut pas sortir de sa coquille, ni me dire qui elle est. Je ne sais pas quelle femme je suis.

Je suis une femme-enfant qui aime jouer, faire la naïve et se voir offrir des cadeaux.

Je suis une femme- sorcière, celle qui découvre petit à petit son intuition, sa guidance spirituelle et qui réveille et explore la chamane en elle.

Je suis une femme – vieille sage, celle qui n’a plus de cycles, qui écoute, conseille, qui apprend la patience et n’a pas peur de la mort ni de la maladie, ni d’écouter ses propres ombres.

Mais où est ma jeune femme radieuse et sensuelle ? Et celle qui se sent capable d’être mère ?

Comment apprendre à les connaître et les aimer ?

Déjà en acceptant leur fragilité. Il y a des raisons qui font que tu n’arrives pas à accueillir le cycle de la « Vierge » dans ta vie. Nous savons que ce que Sylvie a écrit sur ce sujet t’avait parlé. Tu es typiquement de celle qui est passé par un ordre inhabituel dans l’ordre de ces cycles. Cela n’a pas d’importance réelle. L’important c’est que tu acceptes la femme que tu es aujourd’hui, même si tu la trouves « incomplète », même si tu la trouves différentes des autres femmes de ton âge que tu observes.

Ces jeunes femmes te paraissent naïves, insouciantes et par la même des « proies faciles ». Elles sont belles, énergiques, féminines, à l’aise avec leur corps, mais elles ne connaissent pas encore leur propre pouvoir intérieur – celui de la sorcière, de la chamane, de la femme lunaire – celui de la femme consciente de son cycle, de sa richesse et de ses forces. Elles n’ont pas non plus développé leur sagesse de « vieille femme », celle développée face à la perte, à la mort, à la descente intérieure dans nos propres ombres, à la maladie. Alors elles te semblent bien fragiles.

Pourtant elles n’ont que quelques années de moins que toi – entre 3 et 5 ans. Tu te demandes comment un tel fossé peut vous séparer. Tu te demandes comment tu pourrais accepter une telle « superficialité », non celle de l’apparence et de la beauté, mais celle de l’ignorance, l’ignorance de soi, de sa propre divinité et de sa spiritualité.

Je ne me retrouve nulle part à vrai dire. Auprès des femmes plus âgées, avec qui je partage pourtant des échanges profonds, il y a malgré tout un écart d’âge, de responsabilités (famille, maison, travail…) et de construction matérielle. Les femmes – sorcière ne courent pas les rues, et bien que j’en côtoie un certain nombre ponctuellement lors de cercles de femmes à la pleine lune, chacune a sa vie en cours (souvent un peu plus âgées, mère de famille, en couple…). La majorité de mes amies font partie de cette catégorie d’ailleurs. Quant aux femmes de mon âge ou plus jeunes… il est rare que j’arrive à trouver des centres d’intérêts communs, un rythme compatible avec ma maladie…

Bien que mon égo pourrait avoir envie de me faire sentir « supérieure » à ces jeunes femmes, parce que je me suis un peu plus penchée sur des questions de spiritualité et du développement personnel que la moyenne à mon âge, je me sens pourtant bien inférieure. A quoi bon la « sagesse » (entre crochets hein, parce qu’on apprend toute sa vie !) si mes peurs m’empêchent de vivre, de m’ouvrir, d’oser avec l’élan de la jeunesse ? A quoi bon philosopher et travailler sur soi, si on ne vit pas, là dans le monde matériel qui nous entoure, maintenant ? J’ai parfois l’impression de rater ma vie, de passer à côté, à cause de la maladie, de mes peurs, de mon hypersensibilité et de mes perceptions subtiles non maitrisées qui peuvent me plomber.

Je commence à devenir trop consciente des choses qui ne me conviennent pas : le bruit, la foule, le gluten, les lieux trop chargés, le commérage, etc. Et la liste est longue. Je n’ai plus envie de m’infliger ça. Mais comment me sociabiliser quand la majorité des gens de mon âge recherche ça ? J’ai vraiment l’impression de me heurter à un casse-tête. Et plus je semble avancer sur mon chemin intérieur et spirituel, et plus parfois j’ai l’impression de dériver loin de ma famille et des autres. De ne pas pouvoir leur parler de mes expériences subtiles, de mes prises de conscience, de mes évolutions intérieures… Ce qui donne parfois un profond sentiment d’inadéquation et de solitude.

26 novembre 2016

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Rose du matin

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Auteur : Les Rêves de Celia

Comme un délicat présent,
j’aimerais entendre
chanter ton sang.

Comme un délicat met
j’aimerais savourer
ta saveur d’été.

L’angoisse m’oppresse, de ne savoir te toucher
Douce fleur, maitresse de la féminité.
Tes épines sur mes doigts, comme une blessure aiguisée
Tes pétales dispersés au vent, comme une promesse brisée.

Dans la solitude de mon cœur
Je rêve d’une trêve apaisée,
Dans l’espoir d’une fleur
J’inspire ta beauté.

Les larmes amères ne savent décrire
Toute l’horreur d’une mère qui souffre le martyre,

Et ces mémoires de passé
Hantent mon présent,
Comme une femme condamnée.

Dis-moi pourquoi,
La soie de tes pétales
Et ton parfum roi,
Me bouleversent sans égal.

Dis-moi pourquoi,
La lune qui déchire la nuit,
Ne sait lever le voile
Sur notre cache cache infini.

Comme un délicat matin
couvert de rosé,
Je rêve d’un lendemain
où je saurai te trouver.

18 septembre 2016

S’affirmer

Artiste
Artiste : Kyrie0201

Je suis contente, j’ai fait du shopping et j’ai trouvé ce que je voulais !

Même si tu n’as pas pu aller à l’atelier d’art créatif ?

Bof, c’est pas grave, je n’avais pas envie de courir et d’être en retard. J’étais fatiguée et puis j’avais envie de m’arrêter au bord de la mer. C’est l’avantage d’être sur une ile, la mer est partout et très proche. Le soleil brillait fort, le bruit des vagues était berçant. Ça m’a fait du bien. Et puis la mer fait tellement de bruit que j’ai pu chanter à pleine voix sans me préoccuper d’être entendue. J’aime bien cette petite plage, il n’y avait pas beaucoup de monde, une plage nature et sauvage comme je les aime, même si ce n’est pas la porte à côté. J’étais déçue de ne pas avoir pensé à emmener dans ma voiture une serviette, mon bouquin, ma crème solaire, mon chapeau. J’ai été un peu prise au dépourvu !

Mais c’était bien quand même ?

Oui ça m’a fait du bien. Cela fait très longtemps que je n’avais pas eu ni l’énergie, ni l’envie, ni le temps de sortir pour moi toute seule.

C’est pourtant simple au final. Il te suffit d’enfiler tes talons, de prendre tes clés de voiture, de ne pas oublier un sac de plage que tu devrais tous le temps laisser dans ton coffre.

Oui c’est une bonne idée ! C’est tellement plus simple maintenant que j’ai enfin une voiture ! Même si techniquement, elle est en réparation et qu’on m’en a prêté une… Je n’avais pas de mal avant à oser faire ça, à sortir seule, à aller où j’en avais envie, sur une impulsion. Mais le problème c’est que justement les impulsions me manquent.

Il faut parfois se forcer un peu. Pourquoi rester chez toi à déprimer alors qu’il fait soleil ? Tu peux te sentir seule aussi sur la plage, ce sera déjà un peu plus agréable.

Le problème justement c’est que c’est douloureux. Faire les choses seules avant ne me gênait pas autant, parce que je savais que c’était en attendant de pouvoir le faire avec mes amis, ma famille. Un peu comme une exploration et si je découvrais un truc cool, je pourrais leur montrer. Ici… Personne n’a les moyens de se payer des billets d’avion pour venir me voir. Mes parents sont déjà venus une fois, ils ne savent pas quand est ce qu’ils pourront de nouveau.

Et qu’as-tu acheté pendant ton shopping ?

Presque que des choses dont j’avais besoin, presque lol. Je me suis rachetée 2 soutiens gorge à dentelle. Car j’en avais marre de ne porter que mes modèles sports que j’utilise quand je suis en sortie sur le terrain. Dégoutée aussi que toute ma belle lingerie soit trop petite, à 100€ le morceau (souvent des cadeaux) ça me fout les boules. Car il semblerait que j’ai pris un tour de poitrine. Sauf que ça ne m’enchante pas trop, car j’ai l’impression d’avoir gonflée de partout, certes des seins, mais aussi du ventre, des fesses et des cuisses. La vendeuse m’a demandé comment je faisais… et je lui ai répondu que c’était probablement à cause de mon traitement hormonal. Ce à quoi elle a répliqué qu’elle voulait bien le même alors. Je n’ai pas osé répondre. A quoi bon ? Elle l’a dit innocemment sans se rendre compte que cela m’a blessée.

Pourquoi ?

Parce que je préfèrerais largement troquer un bonnet de moins contre mon endométriose. C’est comme si cette maladie et mon traitement rendaient la compréhension de mon corps encore plus compliqué. Je ne retrouve plus aucune logique de cycle malgré mes observations. Un coup je gonfle, l’autre ça va mieux. Je me demande si je ne me mets pas à faire de la rétention d’eau comme à la ménopause ? Mon acné est supra aléatoire, comme l’est l’hydratation de ma peau et de mon cuir chevelu (contrôlée en partie par les œstrogènes), ce qui donne des démangeaisons. Mes ovaires semblent maintenant gonflé en continue, et joue probablement un rôle dans ma sciatique, puisque prenant 3 fois leur volume normal, il force le bassin à s’ouvrir plus, font prendre une posture déformée qui est à l’origine de mes contractures et de ma sciatique tronquée.

En fait, j’ai surtout l’impression de ne jamais en voir le bout. Quand ce n’est pas la crise de fatigue, c’est les problèmes de vessie, ou de système digestif ou encore hourra, la sciatique. Et tout ça, le traitement hormonal ne joue pas dessus. Parfois je suis vraiment découragée.

Je disais l’autre jour à ma kiné, que même si je n’étais pas stérile, je ne savais pas si je voudrais un enfant. Car je suis tellement épuisée et sollicitée par ma maladie, que je n’aurais jamais la force, l’énergie et le temps de m’occuper d’un enfant.

Et est-ce grave ? La priorité n’est-elle pas de savoir prendre soin de toi-même ?

Si je sais… C’est d’ailleurs pour ça que je me suis rachetée un beau pyjama tout neuf, tout doux et tout confortable. Quitte à passer du temps en pyjama à cause de ma maladie, autant en avoir un sexy ! C’était ma 2ème priorité après la lingerie. J’essayerai d’en trouver un autre sympa en métropole. Histoire d’en avoir quelques-uns de jolis et d’assortis et de ne pas avoir l’impression de me trainer en guenilles chez moi quand je suis malade. Ça joue aussi sur le moral.

Tout comme ça t’a fait plaisir de sortir en mettant tes belles chaussures, du rouge à lèvre et ton collier préféré.

J’en avais besoin. Je commence à péter une pile de rester chez moi en pyjama quand je suis malade, ou bien de porter des vêtements qui ne me plaisent pas au boulot parce que c’est physique, salissant, et je ne parle même pas des jours où je vais en cambrousse avec mes godasses de terrain. J’avais envie de me sentir belle, ou à défaut, au minimum de ne pas me sentir fagotée comme un sac à patate. Une question d’estime de soi je crois… Me sentir féminine peut être ? Comme je me sentais avant, quand j’étais à Rennes, avant même de rencontrer mon ex. Juste le plaisir de me faire belle pour moi-même, d’aimer mes vêtements, mon style et me sentir à l’aise dans mes baskets.

C’est plus facile de sortir comme ça ?

Oui beaucoup plus, je crains moins les autres, la foule quand je suis plus sûre de moi, plus centrée dans mon corps. Il y a tellement de vêtements, que j’ai laissé en métropole, que j’aime bien et que je ne pensais pas pouvoir porter ici. Et puis j’aimerais bien trouver un pantalon en sky pour aller avec ce top rouge bordeaux. Ça irait super bien ensemble, et avec mes jolies chaussures. Après, porter ça au boulot… c’est une autre histoire…

Pourquoi ça ?

Je me vois mal recevoir des agriculteurs en entretien habillée comme ça. Ça ne fait pas sérieux « dans le monde agricole ». Et si je dois aller sur le terrain à l’impromptu, ou travailler dans le hangar, ça veut dire qu’il faut que je me change… Vu comment mon supérieur passe sa vie à changer d’avis, me demander les trucs au dernier moment, ça risque d’être compliqué… Et puis j’avoue, j’ai peur de ses remarques.

Crois-tu qu’il est censé avoir son mot à dire sur la façon dont tu t’habilles si tu es capable de faire ton travail correctement ?

Non.

C’est aussi une question d’affirmation de soi. Tu sais que tu as un style qui sort un peu de l’ordinaire. Toi-même tu te faisais la réflexion que tu voulais avoir un look confortable mais sexy. Quel mal y-a-t-il à ça ? Même si tu sais que ton look est plutôt « rock » et qu’il n’est pas forcément classique. Après tout, tu ne l’es pas non plus, comme te l’a dit Patricia. Alors pourquoi le cacher ? Pourquoi ne pas être en accord entre ton intérieur et ton extérieur, à cause de la peur du jugement, du regard des autres ? Tu es différente, parce que tu es unique. Ta maladie te donne un bonnet D et du ventre ? Et bien soit, fait avec. Tu as compris que tu devais privilégier les tops type empire, qui souligne la poitrine et le décolleté tout en cachant le ventre, c’est dans ce sens qu’il faut aller.

Et si ton supérieur te fait des remarques, ne les laisses pas passer. Demande-lui si cela t’empêche de faire correctement ton travail et de mettre ta tenue de terrain. Fais lui remarquer que même ton propre père ne se permet pas de faire des remarques sur tes vêtements. Si tes tenues ne sont pas indécentes et ne te gênent pas pour travailler, alors il n’a aucun le droit de te dire quelque chose. Et si c’est le cas, remets le fermement mais gentiment à sa place. Tu dois apprendre à t’affirmer et te libérer de tes peurs concernant cet homme et globalement tous ceux qui représentent l’autorité. Tu as bien une collègue qui met des tenues très féminines.

Oui mais elle est en boutique et elle conseille sur des produits en lien avec la beauté, alors… C’est aussi quelqu’un qui semble toujours avoir peur de se casser un ongle et qui ne veut pas se salir les mains.

Tu te mets toi-même des restrictions. Il ne tient qu’à toi de te sentir bien au quotidien dans tes fringues. En osant porter des choses qui te ressemblent à ton travail. En étant prévoyante et en ayant toujours une tenue de terrain dans ton coffre. Si ton patron exige là tout de suite que tu ailles sur le terrain, expliques lui que tu es actuellement sur un tâche importante que tu souhaites finir, que ce n’était pas prévu et que tu n’es pas habillée pour, mais que tu peux y aller dans 1h ou cet après-midi.

Il trouve incohérent que ta collègue te demande la veille pour le lendemain ou le jour même d’aller à une réunion à tel endroit. Mais il ne fait pas mieux avec toi, t’ordonnant ceci ou cela au dernier moment. Comment peux-tu gérer ton emploi du temps et tes tâches, s’il te rajoute toujours des choses à l’improviste ? Tu dois être plus ferme avec lui sur ça. Lui dire ok, mais là j’ai ceci et cela de planifier, donc après. Et aussi lui demander de te donner les tâches plus en amont pour que tu puisses t’organiser.  Tu n’es pas une ouvrière qui accomplit les tâches au fur et à mesure qu’on lui donne, tu es une ingénieure censée planifier, organiser, gérer ton travail et être autonome. Rappelles lui la différence, tu n’es plus en VSC. Ne le laisses pas te priver de tes capacités d’organisation par son besoin de contrôle permanent.

Plus facile à dire qu’à faire.

Penses-y. Pense à une manière de lui expliquer gentiment mais fermement.

Oui, merci…

7 mai 2016

Apprendre le plaisir féminin [ressource sur la sexualité]

Artiste :
Artiste : Sionra

Réparer les dégâts d’un viol, du traumatisme des douleurs physiques pendant les rapports dus à l’endométriose, de la relation conflictuelle avec le désir sexuel et son plaisir, ce n’est pas facile. C’est pour ça que la sexualité féminine, dans la volonté d’assumer et d’incarner son féminin sacré, est un sujet dont j’ai décidé de parler sur mon blog. Pas sous un angle érotique ou pornographique. Pas sous un angle féministe et de défense des droits des femmes. Mais sous l’angle de la guérison et de l’épanouissement de soi-même, en tant que femme.

A-t-on souvent l’occasion de parler de ces milles petites ou grandes blessures que l’on vit au travers de la sexualité ? Soit parce que l’on a une maladie touchant la sphère génitale, comme de l’endométriose, du vaginisme ou autre. Soit parce qu’on a subit un viol ou des violences sexuelles. Soit parce qu’on s’est forcé à faire plaisir à l’autre en allant à l’encontre de soi-même. Soit parce que le tabou nous a empêché d’explorer cet aspect. Ou bien encore parce qu’on ne nous l’a jamais appris et qu’on ne sait pas par où commencer. Il existe mille et une raisons qui font que la sexualité peut être difficile pour une femme. Encore plus dans notre société actuelle, où l’on attend d’elle qu’elle soit belle, mais aussi libérée au lit et capable de jouir. Tout cela faisant beaucoup de pression.

Je connais assez peu de jeunes femmes de mon âge qui soient totalement à l’aise avec le sujet, qui pratique la masturbation sans s’en cacher et se sentir mal à l’aise. En fait, je n’en connais aucune qui ne m’en ait jamais parlé ouvertement. Ne parlons même pas de ma mère, pour qui le sujet est absolument tabou et dont la façon dont elle vit sa féminité et sa sexualité restent de grands mystères pour moi !

Et comment avoir une sexualité épanouie à deux, quand on ne l’a pas même avec soi-même ? Comment guider l’autre vers son propre plaisir quand on ne sait pas faire pour soi-même ? Ça parait bien difficile… Rajouter une personne, c’est rajouter de la complexité. Sans idée du chemin à suivre, le plaisir et l’orgasme peuvent devenir des notions très aléatoires et frustrantes.

Comment remédier à ça ? Il n’y a pas une femme identique, donc pas de solution unique. Mais je pense qu’une des premières étapes est déjà d’apprendre à accepter et à aimer son corps, se dé-complexifier par rapport à son propre sexe et à ses attentes en matières de sexualité. Et puis c’est apprendre son corps, ce qui le fait vibrer, lui fait plaisir et de quelles façons. C’est donc s’explorer, tester, s’amuser en gardant un rapport aimant avec ce corps, parfois si difficile à comprendre, si changeant et instable. C’est définir ses envies et ses besoins sexuels, sans se laisser influencer par ceux de son compagnon. Et à bien des égards, le célibat facilite souvent cela et libère des attentes de l’autre.

Je pense qu’il n’y a pas une façon de faire pour épanouir sa sexualité, mais aussi que c’est un processus long et progressif, au cours duquel il faut être patiente et se donner le temps. S’offrir le temps aussi de prendre soin de soi. Parce que souvent, il n’y a pas que l’aspect physique et émotionnel de la chose. Il y a aussi le psychologique et tous les nœuds énergétiques qui peuvent exister. Parfois derrière une résistance se cache un blocage mental dû à une blessure, qu’il faut prendre le temps de conscientiser, de désamorcer et de transmuter. Parfois cela requiert l’aide d’une psychologue, d’une sexologue ou d’une thérapeute. Ce n’est pas toujours facile d’accepter et de se s’avouer à soi-même que l’on est « blessée » et que l’on a besoin d’aide extérieure. Pourtant, ça peut parfois vraiment être d’une aide fondamentale et d’une richesse d’évolution époustouflante.

Et puis, il existe aussi des ressources à mobiliser pour nous aider, pour s’explorer, pour apprendre. J’en ai déjà parlé dans cet article ici : Épanouir sa sexualité, comment avoir des orgasmes.

Je viens même de créer une catégorie spéciale « Sexualité féminine » sur ce blog.

Et j’ai envie de partager avec vous une découverte que j’ai faite aujourd’hui. Cela s’appelle OMGYES (https://www.omgyes.com/). C’est un site fait par les femmes pour les femmes pour apprendre à avoir des orgasmes (ou les améliorer), basé sur des études auprès de 2 000 femmes. Alors je m’excuse d’avance, il est en anglais… mais je ne connais pas à ce jour d’équivalent français (faites le moi savoir si vous vous en connaissez !). Il présente différentes techniques de masturbation, avec différentes vidéos. Chaque femme y explique le principe général, puis dans une deuxième vidéo comment on fait. Alors oui, âmes sensibles abstenez-vous, car on voit en effet des vidéos montrant le sexe des femmes pour une démonstration. Mais ce ne sont pas des vidéos pornographiques et on ne voit pas la femme avoir un orgasme, elle montre juste comment elle fait dans la réalité. Donc pas que du blabla, ce qui est plutôt rare. En payant (55€ sans réduction), on accède à 12 techniques. Mais si vous voulez vous faire votre propre avis, allez tester par vous-même car on peut visualiser la première gratuitement. Je n’écris pas ça pour faire de la pub, mais bien pour partager une ressource qui pourrait intéresser certaines femmes, mais aussi certains hommes intéressés pour apprendre comment améliorer le plaisir de leur partenaire.

Pour ma part, je me suis offert l’accès en tant que cadeau de St Valentin envers moi-même. Parce que oui, c’est bien de s’aimer soi-même et de parfois se le témoigner. Ce sont ces petits pas qui permettent d’avancer sur le chemin de l’amour de soi, où l’on ne dépend plus des autres pour aimer et être aimé, et où finalement on devient capable d’un amour entier et inconditionnel.

6 février 2016