Un petit pas après un autre petit pas

Artiste : Snatti89

 

Des fois, on aimerait que la solution arrive vite. Surtout quand cela ne va pas, quand on se sent mal, désespéré ou que l’on souffre de douleurs, qu’elles soient physiques ou morales. On voudrait un remède rapide, si ce n’est immédiat, qui apaiserait, soulagerait ou soignerait tous nos maux.

En réalité, ça ne se passe que rarement comme ça. J’avais déjà évoqué la chose dans un article précédent sur l’endométriose, mais je reviens dessus. Une émotion a un message à nous transmettre, aussi pénible soit-elle. Et bien la maladie aussi, aussi difficile soit-elle. On ne peut pas espérer voir l’un ou l’autre disparaitre si l’on a pas compris quel est le fond réel du problème, quel est le message à entendre ou la leçon à intégrer.

Et des fois, souvent même, cela prend du temps… Le temps de s’ouvrir à soi-même, d’apprendre à écouter ses émotions, mais aussi le message de son corps. Le temps d’apprendre à accepter ce que l’on vit, sans le rejeter ou rejeter la faute sur untel ou tel phénomène. Le temps de reprendre en main sa capacité d’action, d’apprendre à prendre soin de soi et à se faire du bien. Le temps d’user les résistances qui nous empêchent de changer, d’aller vers un autre schéma de fonctionnement, une autre façon de penser, d’agir et de se considérer soi-même.

Il est tentant, face à un tel cheminement, long et souvent fatiguant, de ne pas vouloir poser un pied sur un tel chemin. C’est bien sûr plus facile de rester dans une position de victime spectatrice. « Je ne peux rien faire… », « Les médecins ne font pas leur travail… », « C’est un tel qui devrait changer de comportement… ». Mais au bout d’un moment… il n’y a pas le choix. Si l’on veut que les choses changent, il faut remonter ses manches et se mettre au boulot.

Le plus dur est de s’y tenir. De continuer à avancer, même quand on a l’impression que rien ne va, que rien ne change, que rien ne s’améliore. On ne le voit pas en réalité. Les progrès sont tellement infimes qu’on ne s’en rend pas compte jour après jour. Auriez-vous le sentiment d’avancer si vous parcouriez 1 mm par jour ? Vous ne le verriez même pas.

Mais vaut-il mieux parcourir 1mm tous les jours (ce qui fait 365 mm par an) que 10 cm d’un coup une fois dans l’année (ce qui fait 100 mm par an) ? La première solution bien évidemment. D’une part, parce qu’au final, vous aurez avancé plus loin, et d’autre part, parce que vous l’aurez fait en douceur, de façon progressive et linéaire.

Je ne sais pas pourquoi dans notre société, nous sommes invités à faire les choses dans l’éclat. De manière « rapide et efficace ». D’un seul coup ou presque. On a tendance à croire, à tort, qu’un effort intense pour un résultat immédiat est plus efficace qu’un tout petit effort constant sur le long terme pour un résultat plus lointain.

Mais pourquoi une séance de sport intensive de 1h par semaine aurait plus de résultats que 5min d’exercices de kinésithérapie tous les jours ? Tout dépend évidemment de ce que vous recherchez comme résultat. Pourtant, ceux qui vont s’inscrire dans la durée seront probablement issus d’efforts, peut-être moins intenses, mais plus ciblés et surtout constants.

La clé est la constance et la persévérance. Peu importe ce dont vous ayez besoin.

Réduire votre stress ? C’est en méditant tous les jours et en changeant progressivement votre rapport à votre environnement anxiogène que vous le vivrez mieux au quotidien. Certes, vous pouvez aller vous payer un super massage. Il va vous détendre, mais est-ce que l’effet perdurera dans le temps ?

Il faut parfois savoir s’investir pour soi-même. Même si on n’est pas sûr du résultat et même si on ne sait pas quand celui-ci va arriver. Mais il faut avoir la foi qu’il arrivera. Par exemple, vous pouvez décider de vous investir dans une formation de 2 mois sur une méthode de méditation. Vous allez devoir y investir de l’argent (payer la formation), du temps (réaliser les exercices chez vous) et de l’attention (assister aux cours). Vous ne verrez peut être pas les effets tout de suite, peut être devrez-vous persister pendant 6 mois à faire les exercices pour ressentir un changement. Mais un jour, vous aurez un déclic, vous vous rendrez compte, après coup, que cela a bien changé quelque chose. Vos proches vous diront peut-être « tu es plus posée », « tu as l’air plus souriante ». Ce seront des petites remarques de votre entourage, des miroirs extérieurs, qui vous permettront de réaliser le changement que vous avez opéré en vous. Car puisqu’il est doux et progressif, vous ne vous en serez peut être pas rendu compte tout seul.

Conclusion, il faut persister. Même si vous faites un pas minuscule, ou qui pourrait paraitre à d’autre insignifiant. Il faut le faire. Encore, et encore. Il faut continuer. Même si vous êtes fatigué et découragé. Même si vous en avez marre. Même si vous ne voyez pas à quoi ça sert. Même si vous avez l’impression de ne pas obtenir de résultats. Même si vous faites une pause entre deux pas.

Il faut continuer. Un petit pas après un autre petit pas, cela vous permettra d’avancer et un jour, vous sortirez de votre tunnel. Ou bien de votre nuit de l’âme (lol).

Je suis loin d’être au bout de mon chemin. Pour chaque défi surmonté, il s’en présente un nouveau à ma porte, que ce soit sur le plan de la santé, du professionnel ou de mon environnement social. Mais j’essaye de me rappeler ça. Il faut persister. Même si j’ai le sentiment de faire du surplace depuis 2 ans, je vais continuer de faire un petit pas après un petit pas. Même si je ne le vois pas, certaines choses changent, c’est certain.

2 octobre 2018

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Trouver la force en soi

Artiste
Artiste : Asuka111

Je n’aime pas du tout le rêve que j’ai fait cette nuit et les énergies qu’il a réveillé…

De quoi as-tu rêvé ?

J’ai rêvé de lorsque j’étais en couple avec mon amie et que nous l’avions annoncé à ses parents. J’ai rêvé que lorsque ses parents ont annoncé me mettre à la porte, elle partait avec moi. Alors on allait dans sa chambre et je l’aidais à faire ses valises. Son père déboulait dans la chambre, plein de jugements, me faisant comprendre que j’étais une dévergondée. J’étais très en colère contre lui, je lui balançais ses quatre vérités, je lui parlais de mon viol aussi.

Et comment t’es-tu sentie au réveil ?

En colère contre ses parents. Me sont venue en tête ce que je disais à son père. « Je n’oublierai jamais que des instituteurs, censés représenter la liberté, l’égalité et la fraternité, ont fait preuve d’intolérance et d’homophobie. Je n’oublierai jamais que des parents ont privilégié les apparences et la peur du jugement par-dessus le bonheur de leur propre fille. Je n’oublierais jamais qu’ils ont été irrespectueux envers mes parents, en décidant que les règles de politesse ne s’appliquaient plus à eux, à cause de moi. Je n’oublierais jamais qu’ils ont fait preuve d’hypocrisie en me laissant revenir dans leur maison des années plus tard, en faisant comme si de rien n’était. Jamais un mot d’excuse. » Cela me fait pleurer de colère. Comment peut-on se comporter comme ça et ne montrer aucun signe de remord ou d’excuse ?

Et pourquoi est-ce cela qui remonte dans la nuit, alors que je pensais à mon amie hier soir et que je lui demandais des nouvelles ? Je me demandais comment je pouvais faire pour la soutenir dans la période difficile qu’elle traverse et qui ne semble jamais en finir… J’ai envie d’être solidaire, envie d’honorer la belle femme qu’elle est, de lui transmettre de l’amour et de la lumière pour qu’elle reprenne confiance en elle. Mais je me sens désemparée… On ne peut pas aider quelqu’un si la personne ne le décide pas d’elle-même, si elle ne s’aide pas d’abord elle-même. Je suis triste de la voir si éloignée et renfermée dans sa bulle. Comment aider à faire face à des émotions, si elles ne sont même pas reconnues et exprimées ?

Plutôt que de chercher à l’aider, tu ferais mieux de travailler sur tes propres nœuds en lien avec elle. Cela l’aiderait d’autant plus.

Faire le travail pour deux ?

Pas vraiment. Dans ce genre de travail, l’âme de la personne aide aussi, même si elle n’en a pas forcément conscience. D’où souvent un travail à travers les rêves, dans l’inconscient de la personne, et au moment de la journée où l’âme est la plus libre d’agir et de voyager.

Ok, je comprends… Je comprends aussi que tous ces rêves intenses que je fais ces derniers jours – et qui me vident de mon énergie – sont en lien avec le processus de nettoyage de fin d’année… Mais qu’est-ce que je fais concrètement ?

Tu publies l’article que tu n’as jamais osé publier concernant ton amie et les nœuds évoqués. Tu le relis avec attention, à la lumière de ce que tu as appris et vécu depuis juin dernier. Tu la laisses en prendre connaissance et revenir vers toi si c’est son souhait. Cela va la perturber, c’est vrai, mais certaines émotions et énergies ont besoin d’être exprimées et extériorisées pour être déliées.

Est-ce juste (comprendre ici bon) pour moi ?

Si cela ne l’était pas, tu n’aurais pas reçu l’information en premier lieu.

Est-ce juste pour elle ?

Comment était-elle dans ton rêve ?

Elle était affaiblie, je devais limite la porter jusqu’à sa chambre. C’était moi qui faisais ses valises pour elle, selon ses souhaits, car elle n’en avait pas la force. Elle ne disait rien.

Cela te rappelle-t-il quelque chose ?

Et bien… Elle n’arrive pas à m’exprimer réellement comment elle se sent, je crois. Je sens bien qu’elle n’est pas vraiment heureuse dans le fond, elle ne rayonne pas. Elle fait face à ses peurs, ses doutes, et j’ai l’impression qu’elle n’arrive pas à se sortir de cette spirale-là.

Tu peux l’aider à  « défaire ses valises », à prendre conscience des poids dont elle ne s’est pas libérée. Après, ce sera son choix à elle d’écouter et de réagir en fonction. L’aide est toujours apportée à celui qui le demande à l’univers, même s’il faut souvent d’abord commencer à s’aider soi-même. A se prendre en main, se responsabiliser. Tu as compris que rester assise en attendant une aide miraculeuse ne marche pas. Il faut se prendre par la main, faire un petit pas. Rien qu’un tout petit pas peut suffire. Cela peut être de commencer une thérapie avec une psychologue, d’utiliser des outils pour reprendre confiance en soi (comme le Défi des 100 jours de Lilou Macé), de trouver une activité sportive ou créative qui fait du bien et qui aide à réaliser qu’on peut faire des choses.

Qu’as-tu appris depuis ton début de dépression nerveuse ?

Qu’il faut savoir accepter son état de faiblesse, reconnaître qu’on est mal et qu’on a besoin d’aide. C’est le premier pas. S’écouter, écouter son corps, ses rêves et ses pensées permet de prendre la mesure de notre mal être et de le reconnaitre. Si on passe son temps à penser du mal de soi « Je suis nulle… Je suis incapable de… Je ne mérite pas ceci… C’est bien fait pour moi… Je ne vais jamais y arriver… Tout le monde s’en fout de moi… » ; si on passe son temps à avoir des doutes et avoir peur de tout « j’ai peur de sortir de chez moi pour aller faire des courses… j’ai peur de conduire… j’ai peur de rencontrer de nouveaux gens… j’ai peur de demander quelque chose… j’ai peur d’affirmer mes besoins… » ; si on n’interagit plus avec l’extérieur et que l’on se renferme dans sa bulle… Tout ça, ce sont des symptômes de dépression nerveuse.

Moi j’ai aussi des insomnies, des crises de fatigue. Je n’arrive plus à manger comme avant, j’ai dû arrêter le lactose car mon corps ne le supporte plus. J’ai perdu du poids. J’ai beaucoup de vieilles émotions et de vieux schémas de pensées qui remontent. C’est une grosse période de nettoyage, qui me permet de me libérer de l’ancien pour aller vers le nouveau. Parce que j’ai une spiritualité développée et que j’arrive de plus en plus à m’ouvrir à ma guidance spirituelle, je sais que c’est normal. Cela fait partie d’un processus pour m’aider à grandir, à me défaire de ce qui ne me correspond plus. Cette dépression me force à quitter un travail qui ne me correspond plus. Elle me fait travailler ma foi. Ai-je foi en moi et en la guidance que je reçois pour sortir de cette épreuve ? Dans le fond, oui, même si certains jours, je doute, j’ai peur, je passe ma journée à pleurer, et je suis tellement épuisée que j’arrive à peine à marcher.

Mais voilà, combattre cet état, c’est dépenser son énergie pour rien. Mieux vaut reconnaitre la situation telle qu’elle est, l’accepter pleinement, pour ensuite trouver le courage et les armes pour la faire évoluer. Plus on est dans le déni, et plus la situation se prolongera, jusqu’à sombrer encore et encore, jusqu’à briser nos dernières résistances pour nous faire admettre la situation.

Est-ce une situation d’échec ? Du point de vue du jugement de la société, sûrement. De point de vue des parents de mon amie, peut-être. Mais du point de vue de l’âme, c’est une porte vers la reconnaissance de soi-même. Qui es-tu ? Que veux-tu ? On n’est pas défini par notre travail, on n’est pas défini par l’argent que l’on a ou que l’on n’a pas, on n’est pas défini par nos liens sociaux, notre « réussite », les jugements de nos parents. Cette période sombre, elle est là pour nous reconnecter à notre Essence, à celle qui dépasse les jugements et les apparences. Qui que l’on soit, on a chacun un Cœur, et dans ce cœur réside un trésor infini. Celui de l’Amour. Celui qui sait s’aimer soi-même est le plus riche en ce monde. Car alors il pourra accéder à ses propres talents, à ses propres envies et il pourra rayonner l’amour autour de lui. On en est tous capable. Il n’y a pas besoin d’être médium pour cela. Il n’y a pas besoin d’avoir de diplômes.

Il suffit d’apprendre à écouter son cœur. Alors comment faire me direz-vous ? Parce qu’en réalité, ce n’est pas si « simple » que ça, et j’ai mis bien du temps avant d’accepter ce que le mien me disait. Car souvent, on s’est coupé de son cœur pour une bonne raison, parce que celui-ci nous transmettait des messages de souffrance et de douleur, dont on ne savait pas quoi faire. Alors parfois, dans les premiers temps, il est difficile de se reconnecter à lui, car toutes ces émotions que l’on avait fuies remontent à la surface. La meilleure façon est de les laisser s’exprimer, d’accepter qu’elles nous traversent, aussi douloureux soit-il, elles passeront si on sait les accueillir. Dans ces moments-là, l’écriture (dans un journal intime par exemple), le dessin, le chant, le sport, le dialogue avec un professionnel ou une amie de confiance, tout moyen d’expression est bon pour exprimer ces émotions.

« Je pleure car je me sens triste… » Mais pourquoi est-ce que je me sens triste ? Quel est le message que veut me faire passer mon « état d’âme » ? Est-ce parce que je ne me sens pas reconnue pour qui je suis réellement ?  Est-ce parce que je me sens seule ? Incomprise ? Quelle est l’origine de cette tristesse ? De quoi ai-je besoin pour l’apaiser ?

Un exemple concret serait plus parlant. Prenons le tien. Pourquoi es-tu en colère contre les parents de ton amie ? Pourquoi n’arrives-tu pas à lâcher cette colère ?

Je suis en colère contre eux, parce que leur comportement a fait terriblement souffrir mon amie, leur propre fille, mais il a aussi blessé mes parents. Je déteste quand mes actions impactent ce que j’aime d’une telle façon, je trouve cela injuste ! Que l’on s’en prenne à moi, je peux le comprendre, mais que l’on s’en prenne à mes parents, je trouve ça injuste. Je déteste aussi qu’ils fassent comme si de rien n’était, comme si leur comportement avait été « normal », comme si ce n’était pas important. J’imagine que je n’arrive pas à lâcher prise, parce que je n’ai jamais pu leur dire ce que je pensais, mes émotions, que nous n’en avons jamais parlé en face à face. Ils se sont comportés en adultes autoritaires en disant « tu n’as plus rien à faire dans cette maison » sans prendre la peine de discuter avec la personne que je suis, ni à cette époque, ni même par la suite. Ils me diraient « nous avons eu peur pour notre fille, nous voulions la protéger, nous sommes désolés » je pourrais comprendre, je pourrais pardonner. Mais il n’en est rien, ils ont décidé d’ignorer la chose et l’ont rendu tabou.

As-tu la moindre raison de conserver ces émotions et de porter cette colère ? Cela va-t-il changer le passé ?

Non…

Alors nous t’invitons à leur écrire une lettre. Écris ce que tu as ressenti, écris ce que tu ressens encore aujourd’hui. Écris ce que tu aurais aimé leur dire, sans aucune restriction. Libère ton cœur et laisse les émotions sortir. Puis, au 31 décembre, tu brûleras cette lettre en demandant au feu de transmuter ces énergies lourdes en énergie d’amour et de lumière. Connecte toi à ton cœur, trouves-y l’amour inconditionnel que tu ressens pour ton amie, et parce que tu l’aimes elle, envoie de l’énergie d’amour à ses parents. Fais preuve de compassion et de pardon. Peu importe les raisons qui les ont poussés à agir comme ça, tu peux te libérer de ce poids, tu peux faire en sorte que cela ne pèse plus sur ton cœur et sur ta relation d’amitié avec elle. Le reste sera de son propre ressort.

Merci.

29 décembre 2016

 

Cercle de femmes + Ressources pour guérir sa sexualité [parlons du viol]

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Artiste : Kimir-Ra

Je ne fais que passer par ici, car la période est très intense en expériences, en vécus et en prises de conscience. Et admettons le, mon corps a du mal à suivre le mouvement.

Néanmoins, je ne pouvais pas attendre pour partager cette ressource, car elle pourrait servir à d’autre. Le thème de la sexualité féminine est un thème qui m’est cher. D’une part parce que c’est une source de douleurs physiques et de souffrances émotionnelles chez moi à cause de l’endométriose, d’autre part parce que j’ai développé des blocages à cause de mon viol.

Je vous avais déjà parlé des ressources découvertes dans ces articles : Épanouir sa sexualité féminine – comment avoir des orgasmes? [ressources]Apprendre le plaisir féminin [ressource sur la sexualité] ; Renouer avec son soi intime, des pistes… . Et notamment de Vanessa Marin, qui est une sexologue dont j’ai pu avoir des échos positifs directs sur son travail. Elle avait notamment écrit un article intéressant sur le sujet ici : Enjoying Sex After Abuse Is Possible, So Here Are 5 Ways To Start Healing.

Et bien, elle vient tout juste de proposer un programme pour aider les personnes ayant subies un (des) abus sexuel(s) : A Survivor’s Guide To Reclaiming Your Sex Life After Abuse. Alors certes, je préviens, ce sont des ressources en anglais, mais malheureusement, il existe bien peu de choses actualisées en français (ou bien je n’en ai pas connaissance, donc n’hésitez pas à partager !). En plus, Vanessa a fait l’effort de le proposer à un tarif qui reste abordable (99$ alors qu’une seule séance avec elle coûte bien plus…)

Le viol est quelque chose de tabou. Je le sais pour le vivre, car on n’en parle pas dans ma famille, et c’est pour certaines femmes de ma lignée un réel secret, très peu partagé. J’ai d’ailleurs fait part, moi même, d’une absence de réponse de ma mère, quand j’ai fini par prendre la décision de lui dévoiler cet aspect de ma vie dans une lettre.

Mais cela l’est souvent aussi auprès des proches et amis. Dire « hey au fait, à cause de mon viol, j’ai… » ça passe mal, quelque soit le sujet développé par la suite. On fait souvent face à un silence gêné, ou bien une sorte d’ignorance sur le début de la phrase. Je caricature un peu, mais il est vrai que cela reste difficile d’en parler. Pourtant cela concerne selon les statistiques (plus ou moins élargies au monde) entre 1 femme sur 10 à 1 femme sur 4. C’est ENORME !

Comment se fait-il alors qu’on en discute si peu ? Qu’on sache si peu comment guérir sa sexualité et sa féminité après un tel évènement ? Parce qu’on n’en parle pas, et on ne partage pas  les expériences et les conseils qu’on pourrait avoir chacune développés !

Et cela me fait penser aux cercles de femmes. Grâce à cette expérience, j’ai pu apprendre que partager son expérience, en exprimant son vécu, ses difficultés et ses découragements, entre femmes peut être une source d’aide immense.

D’abord, parce qu’on s’autorise à exprimer sa souffrances, ses doutes, ses peurs et qu’en le faisant, on se permet ainsi d’identifier ce qui nous fait tant souffrir en sourdine, ainsi la prise de conscience et la formulation est le premier pas pour agir vers la guérison.

Ensuite, parce qu’en partageant notre expérience, on offre un miroir aux autres femmes présentes, qui peuvent s’en servir pour expérimenter des réactions, des émotions, faire un parallèle d’expériences, voir des ressentis incompris formulés par une personne extérieure. Et cela est très puissant et peut aider chacune à mieux se connaître ou avoir des prises de conscience.

Enfin, et non des moindres, parler dans l’espace d’un cercle de femme, c’est sacré. C’est oser être dans un espace de confiance, face à d’autres femmes qui offrent leur écoute, leur bienveillance et leur amour. C’est aussi se connecter à la force des femmes et du Féminin Divin, d’une façon, et donc être entourée pour faire face à la difficulté. Même si ce n’est que temporairement. Et bonus, après le cercle, on peut échanger sur nos expériences et ce qui nous a aidé durant un repas partage chaleureux !

J’aime aussi le fait que les cercles de femmes soient une bonne occasion pour demander une guidance, que ce soit à travers un ressenti, un tirage de carte, les mots d’une autre personne, une visualisation ou une visite d’entités lors des méditations.

Je trouve que c’est vraiment une jolie façon d’expérimenter et de partager sur le Féminin, et je suis toujours heureuse et plein de gratitude de pouvoir vivre cela, quelques soient les femmes rencontrées et le temps qui passe. C’est une magnifique découverte que j’ai fait ici sur l’île de la Réunion, mais je sais que des cercles existent un peu partout. Certains animés par des Moon Mothers, mais pas forcément !

Le principe d’un cercle de Femme est assez simple. Il s’agit souvent de se retrouver entre femmes pour s’offrir le temps d’honorer notre féminité. La pleine lune est donc l’occasion parfaite, car elle offre de belles énergies féminines et une date cyclique régulière, qui invite les femmes à observer leur propre cycle mensuel. Avez vous déjà observé si vous aviez vos règles calées sur la pleine lune ou la nouvelle lune ?

Le cercle n’est pas obligé d’être mensuel, il peut avoir lieu tous les 2 ou 3 mois, ou par exemple à l’occasion des Bénédictions mondiale de l’utérus. Ils peuvent être ouverts à toutes femmes désireuses de participer, ou être un cercle plus intime avec des régulières. Il peut être organisé chez soi ou dans la nature (les plages de la Réunion sont bien pour ça!). Ils peuvent être gratuits ou demander une participation (fixée ou libre et consciente) selon si une salle est louée, etc.  Le lieu peut être rendu cosy avec des tapis, des nattes, des cousins, des rideaux, des bougies et une lumière tamisée. On peut aussi mettre en place un autel où chacune peut placer les objets de son choix, des fleurs en offrandes, etc.

Mais qu’est ce qu’on fait pendant un cercle de femme me direz-vous ? Et bien, souvent, quand on ne se connait pas, on commence par un tour de parole pour se présenter. On peut proposer une méditation libre ou guidée. Si l’envie vous prend, un temps partagé de chant, de danse, de musique… On offre souvent de clôturer le cercle par un tour de parole, pour partager les ressentis, le vécus lors du cercles, mais aussi plus généralement les phases traversées dans notre vie féminine si on le souhaite. Bref, vous l’aurez compris, il n’y a pas vraiment de règle !! A part cette ligne de conduite : le respect, le non jugement et la bienveillance, mais aussi la confidentialité de ce qui a été partagé et qui ne s’évoque que dans le cercle. Et le must : un repas partage après pour discuter et échanger plus librement, sur tout ce qu’on veut !

Depuis que j’ai découvert cela, j’ai vraiment envie de me créer mon propre cercle intime, en dehors de ceux créés pour les bénédictions mondiales de l’utérus. Et vous, ça vous donne envie ?

PS : ne vous fiez pas à l’image, on reste habillées pendant les cercles de Femmes ^^

23 août 2016

Apprendre le plaisir féminin [ressource sur la sexualité]

Artiste :
Artiste : Sionra

Réparer les dégâts d’un viol, du traumatisme des douleurs physiques pendant les rapports dus à l’endométriose, de la relation conflictuelle avec le désir sexuel et son plaisir, ce n’est pas facile. C’est pour ça que la sexualité féminine, dans la volonté d’assumer et d’incarner son féminin sacré, est un sujet dont j’ai décidé de parler sur mon blog. Pas sous un angle érotique ou pornographique. Pas sous un angle féministe et de défense des droits des femmes. Mais sous l’angle de la guérison et de l’épanouissement de soi-même, en tant que femme.

A-t-on souvent l’occasion de parler de ces milles petites ou grandes blessures que l’on vit au travers de la sexualité ? Soit parce que l’on a une maladie touchant la sphère génitale, comme de l’endométriose, du vaginisme ou autre. Soit parce qu’on a subit un viol ou des violences sexuelles. Soit parce qu’on s’est forcé à faire plaisir à l’autre en allant à l’encontre de soi-même. Soit parce que le tabou nous a empêché d’explorer cet aspect. Ou bien encore parce qu’on ne nous l’a jamais appris et qu’on ne sait pas par où commencer. Il existe mille et une raisons qui font que la sexualité peut être difficile pour une femme. Encore plus dans notre société actuelle, où l’on attend d’elle qu’elle soit belle, mais aussi libérée au lit et capable de jouir. Tout cela faisant beaucoup de pression.

Je connais assez peu de jeunes femmes de mon âge qui soient totalement à l’aise avec le sujet, qui pratique la masturbation sans s’en cacher et se sentir mal à l’aise. En fait, je n’en connais aucune qui ne m’en ait jamais parlé ouvertement. Ne parlons même pas de ma mère, pour qui le sujet est absolument tabou et dont la façon dont elle vit sa féminité et sa sexualité restent de grands mystères pour moi !

Et comment avoir une sexualité épanouie à deux, quand on ne l’a pas même avec soi-même ? Comment guider l’autre vers son propre plaisir quand on ne sait pas faire pour soi-même ? Ça parait bien difficile… Rajouter une personne, c’est rajouter de la complexité. Sans idée du chemin à suivre, le plaisir et l’orgasme peuvent devenir des notions très aléatoires et frustrantes.

Comment remédier à ça ? Il n’y a pas une femme identique, donc pas de solution unique. Mais je pense qu’une des premières étapes est déjà d’apprendre à accepter et à aimer son corps, se dé-complexifier par rapport à son propre sexe et à ses attentes en matières de sexualité. Et puis c’est apprendre son corps, ce qui le fait vibrer, lui fait plaisir et de quelles façons. C’est donc s’explorer, tester, s’amuser en gardant un rapport aimant avec ce corps, parfois si difficile à comprendre, si changeant et instable. C’est définir ses envies et ses besoins sexuels, sans se laisser influencer par ceux de son compagnon. Et à bien des égards, le célibat facilite souvent cela et libère des attentes de l’autre.

Je pense qu’il n’y a pas une façon de faire pour épanouir sa sexualité, mais aussi que c’est un processus long et progressif, au cours duquel il faut être patiente et se donner le temps. S’offrir le temps aussi de prendre soin de soi. Parce que souvent, il n’y a pas que l’aspect physique et émotionnel de la chose. Il y a aussi le psychologique et tous les nœuds énergétiques qui peuvent exister. Parfois derrière une résistance se cache un blocage mental dû à une blessure, qu’il faut prendre le temps de conscientiser, de désamorcer et de transmuter. Parfois cela requiert l’aide d’une psychologue, d’une sexologue ou d’une thérapeute. Ce n’est pas toujours facile d’accepter et de se s’avouer à soi-même que l’on est « blessée » et que l’on a besoin d’aide extérieure. Pourtant, ça peut parfois vraiment être d’une aide fondamentale et d’une richesse d’évolution époustouflante.

Et puis, il existe aussi des ressources à mobiliser pour nous aider, pour s’explorer, pour apprendre. J’en ai déjà parlé dans cet article ici : Épanouir sa sexualité, comment avoir des orgasmes.

Je viens même de créer une catégorie spéciale « Sexualité féminine » sur ce blog.

Et j’ai envie de partager avec vous une découverte que j’ai faite aujourd’hui. Cela s’appelle OMGYES (https://www.omgyes.com/). C’est un site fait par les femmes pour les femmes pour apprendre à avoir des orgasmes (ou les améliorer), basé sur des études auprès de 2 000 femmes. Alors je m’excuse d’avance, il est en anglais… mais je ne connais pas à ce jour d’équivalent français (faites le moi savoir si vous vous en connaissez !). Il présente différentes techniques de masturbation, avec différentes vidéos. Chaque femme y explique le principe général, puis dans une deuxième vidéo comment on fait. Alors oui, âmes sensibles abstenez-vous, car on voit en effet des vidéos montrant le sexe des femmes pour une démonstration. Mais ce ne sont pas des vidéos pornographiques et on ne voit pas la femme avoir un orgasme, elle montre juste comment elle fait dans la réalité. Donc pas que du blabla, ce qui est plutôt rare. En payant (55€ sans réduction), on accède à 12 techniques. Mais si vous voulez vous faire votre propre avis, allez tester par vous-même car on peut visualiser la première gratuitement. Je n’écris pas ça pour faire de la pub, mais bien pour partager une ressource qui pourrait intéresser certaines femmes, mais aussi certains hommes intéressés pour apprendre comment améliorer le plaisir de leur partenaire.

Pour ma part, je me suis offert l’accès en tant que cadeau de St Valentin envers moi-même. Parce que oui, c’est bien de s’aimer soi-même et de parfois se le témoigner. Ce sont ces petits pas qui permettent d’avancer sur le chemin de l’amour de soi, où l’on ne dépend plus des autres pour aimer et être aimé, et où finalement on devient capable d’un amour entier et inconditionnel.

6 février 2016