Hyperacousie et stress [Endométriose]

 

Artiste : Picolo-kun

Je sors d’un RDV avec l’ORL et je suis dépitée… Depuis plus de 6 mois, mes acouphènes ne cessent d’augmenter, ainsi que mon hyperacousie. A un niveau qui en devient gênant : je ne peux plus aller au cinéma sans boule quiès, les bruits de travaux dans le quartier me collent la migraine pour la journée, je supporte de plus en plus mal d’aller dans des cafés et magasins avec de la musique d’ambiance. Et cerise sur le gâteau, depuis quelques temps, j’ai carrément des douleurs quand je suis exposée au son : quand mes parents écoutent la radio ou regarde la télé, le volume du son est beaucoup trop fort pour moi.

J’en ai parlé à ma nouvelle médecin traitant qui m’a envoyé voir un ORL. Coup de chance, j’ai eu un RDV très vite grâce à un désistement (sinon compter 3 mois d’attente). Et mes acouphènes ne sont pas liés à une perte d’ouïe, ce qui est rassurant. Evidemment, j’ai oublié de poser la question à savoir « est-ce que des allergies peuvent les augmenter ? » mais j’en reparlerais à ma médecin. Après un check up total, le verdict est : « je ne peux rien pour vous ». Pas de problème physiologique. On pourrait dire que c’est positif, oui mais alors quelle remède ? Comment me débarrasser de ses douleurs provoquées par le son ? A priori, cela relève plutôt de la sphère psychologique avec le coupable fréquent : « trop de stress, trop d’anxiété ». Son conseil : prendre des anxiolytiques. Pas vraiment la solution rêvée…

Voilà la 2ème fois dans la semaine que j’entends une personne du corps médical me parler de « stress ». La première fois, c’était ma nouvelle kiné, qui a émis l’hypothèse que ma sciatique serait provoquée par le stress que l’endométriose me cause, physiquement et psychologiquement. Donc, 2 personnes du corps médical qui appuie sur ça.

Sauf que jusque-là, je ne me sentais pas psychologiquement si stressée que ça. Le stress de mon ancien boulot et de mon supérieur ont disparu. J’ai un toit sur la tête et à priori je suis protégée des soucis financiers pour quelques mois à venir. Depuis que j’ai déménagé, ce souci-là a disparu aussi. Le problème c’est que j’ai du mal à voir pourquoi je serai stressée ! Ou alors, si je le suis, je ne m’en rends plus compte, tellement je suis habituée (et dans ce cas-là la source de stress remonterait à loin ?). Enfin, tout du moins habituée mentalement, car mon corps lui semble protester de tous les bords.

Et le résultat de la prise sang tombe : anémie. Comment ça anémie ? Je n’en ai plus eu depuis mon arrêt du gluten il y a un an ! Et ça revient quand je rentre en métropole ? Alors que je n’ai pas eu de perte de sang depuis plus de 4 mois ? Et qu’en plus ma consommation de viande a augmenté depuis mon retour ? Qézako ? Franchement, je ne comprends rien du tout…

Tout ça m’exaspère. Stressée moi ? Je le suis pourtant bien moins que mes parents avec leur boulot. Je me lève quand je veux, je ne cours nulle part, j’essaye de prendre mon temps. Je médite, passe du temps au contact de la nature. Comment je pourrais être stressée ?

Bon, c’est vrai… Je suis stressée à cause de la maladie. Rien que les douleurs physiques et les crampes sont sources de stress interne biologique (défini comme un stimulus à un niveau inhabituel sur une durée de temps trop longue). Et puis, il y a la part psychologique : comment intégrer les contraintes causées par la maladie à ma vie professionnelle, sociale et sentimentale ? La peur du rejet aussi, à cause de ces contraintes, que ce soit au boulot ou dans les relations… Celle de l’incompréhension, de la solitude générée. Et blablabla. C’est une réalité. Mais comment je suis censée désamorcer ce stress de fond, qui est là depuis des années et ne fait qu’augmenter avec le temps et l’apparition de nouveaux symptômes ? Erk, c’est un cercle vicieux…

Et puis, peut être que je suis stressée par l’incertitude de mon futur professionnel, étant donné que je n’ai aucune idée de ce que j’ai envie de faire : reconversion partielle ? Reconversion totale ? Formation ? Sortir du circuit classique de l’emploi ? Est-ce possible de trouver un poste de travail dans une ambiance de respect et d’épanouissement dans ce contexte de crise sociale (bonne pour les chantages et autres ambiances pourries de boulot) ?

A l’heure qu’il est, je m’interroge vraiment sur le type de modèle de travail qui me conviendrait le mieux : quel type de structure ? Quel fonctionnement managérial ? Quelles relations d’autorité ? Travail à mon compte ? À domicile ? Quelle politique d’entreprise ? Quelle philosophie derrière ? Quelle utilité sociale ou environnementale ?

Qu’est-ce qu’il me conviendrait le mieux, à moi personnellement ? A ma santé fragile, à ma soif d’apprentissage, à mon ennui facile et à mon besoin de créativité ? Mais aussi à mon besoin d’humanisme, de respect, de partage, d’écoute et de compréhension ? Et puis aussi : comment une médium, hypersensible, empathe, peut-elle s’intégrer dans le monde du travail et y trouver une place pour elle en valorisant ses qualités ? Et dernière question cruciale : comment conjuguer le boulot et vivre au mieux l’endométriose (souvent source de précarité professionnelle) ?

Franchement, je suis sûre que vous êtes d’accord, ça fait beaucoup de questions. Ah, cela me rappelle mon dernier post « tu réfléchis trop avec la tête et pas assez avec le cœur ». Mais que me dit mon cœur, les élans de mon âme ?

Et bien j’ai récupéré quatre dessins d’enfant avec mon âme. Qu’est-ce que j’en fais maintenant ? Deux indiquent une voie de cheminement spirituel, mais ce n’est pas quelque chose qui peut se développer directement dans un environnement professionnel. Et les deux autres : qézako ? Ça veut dire quoi des fleurs qui n’existent pas et un soleil ? Franchement, mes guides, je suis censée en faire quoi ? C’était juste pour me pousser à me remettre en lien direct avec mon âme ? Ce n’est pas une réponse ça !

Ce sont des réponses métaphoriques. Le soleil c’est l’épanouissement, la joie et la chaleur. Tes fleurs inconnues ce sont la subtilité ; la sagesse et la…

La quoi ? La médiumnité ? C’est ça que j’ai capté ? Ou la créativité ?

La créativité est une forme de médiumnité. La notion que recouvre ce dernier concept n’a pas de mot concret dans ton esprit, tu ne peux pas la traduire.

D’accord, donc la « … » me voilà bien avancée ! Ce terme recouvre aussi une notion de magie non ?

Comme la magie de l’émerveillement, mais aussi de celle qui lie toutes choses entre elles. C’est plus un concept qu’un mot, tu ne peux pas chercher à le résumer comme ça. Il te faudrait pleinement le ressentir en toi pour pouvoir vraiment bien le décrire.

Ah… De toute façon, je me sens paumée, alors un peu plus ou un peu moins. Avoir les élans de mon âme, c’est bien. Mais je ne vois aucunement comment les transcrire dans le monde du travail. Je veux dire, cela a peu à voir avec la réalité concrète de ce monde. Je sais, je me suis déjà cassée les dents dessus… Ça veut dire quoi, que ce n’est pas le moment de chercher un boulot et que je suis censée développer d’autres choses ? Je veux bien, mais comment je suis censée subvenir à mes besoins matériels et construire une vie matérielle ?

Chaque chose en son temps. Pour l’instant, tu n’as pas besoin de « subvenir à tes besoins matériels ». As-tu faim ? Es-tu frustrée ? Manques-tu d’argent ?

Non, mais cette situation ne sera pas éternelle.

Concentrons-nous sur le présent.

Il n’y a pas besoin d’un travail pour que le soleil brille dans ton cœur. Il n’y a pas besoin d’une direction professionnelle pour te connecter aux éléments.

Me connecter aux éléments ?

Essaye de rentrer un peu plus en contact avec les esprits des fleurs. Tu seras surprise. Elles ont peut-être des choses à t’apprendre « en attendant ».

En attendant quoi ?

Le reste.

Et bien, vous êtes bien cryptiques…

Un pas après l’autre. Pas plus vite. De toute façon, tu ne le peux pas.

Je vais être malade longtemps comme ça ?

Tu verras.

Bon, merci… ?

17 mai 2017

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« Trop de questions dans la tête »

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Cela va faire plus d’une semaine que je me traine comme une lamentable chaussette. Crise de fatigue chronique ? Crise d’endométriose ? Virus ? Allergies ou autre chose ? Processus énergétique ? C’est quoi ce bazar, j’aimerais bien comprendre pour mieux savoir comment réagir ! On ne se comporte pas pareil si on a attrapé la grippe, que si on a une montée de Kundalini par exemple…

On commence par aller chez le médecin pour vérifier que tout va bien au niveau physique.

Ah, j’aimerais bien ! Dire que j’ai mis un mois entier avant de trouver un médecin traitant ! Entre le fait de chercher quelqu’un d’un minimum compétent et recommandé face à l’endométriose, et des « on ne prend plus de nouveaux patients », des congés et des délais… J’ai rdv la semaine prochaine et cela va faire plusieurs semaines que j’ai posé le RDV, alors que j’étais juste fatiguée…

Franchement, dans ce genre de cas, je suis vraiment désespérée. Que suis-je censée faire si je n’arrive pas à trouver un fichu médecin traitant ? La même pour le kiné avec des délais de 3 semaines… Et je ne parle même pas du gynéco, pour lequel j’ai encore de l’attente et où je vais devoir me déplacer à 1h30 de route… Je ne pensais pas me heurter à un tel désert médical, alors que pourtant la ville où je suis est une des principales du département ! C’était plus facile à la Réunion, ce qui est un comble vu qu’on me disait « tu seras mieux suivi en métropole ». Que dalle, préjugés à la c**. Ça me donnerait presque envie de repartir, tiens ! Sauf qu’il n’y a pas de centre de cure thermale spécialisé en gynéco à la Réunion. Mais je me demande si je vais réussir à la faire cette cure…

Ah, ça me décourage tout ça. Ça m’énerve aussi. J’ai l’impression d’être laissée sur le bord de la route, d’être à la ramasse et de ne rien comprendre. Je demande guidance et soutien, des explications aussi et que dalle… J’aimerais savoir ce qu’il se passe, parce que je sens que ce n’est pas habituel. J’aimerais savoir pour mieux accueillir et m’adapter dans la façon de le gérer. C’est trop demander ? Qu’est-ce que vous faites mes guides ? Yoooouuuuhou c’est le moment de vous manifester !

J’en ai marre d’être larguée. Marre de devoir lâcher prise sans rien comprendre. Je suis rentrée pour prendre soin de ma santé, et celle-ci ne fait que se dégrader depuis, c’est de pire en pire ! Qu’est-ce que je fais mal au juste ? Je fais bien attention à mon régime sans gluten et sans lactose. Je n’ai même pas craqué alors que je vois mon père manger mon ancien fromage de chèvre préféré. Je prends bien mon traitement. J’essaye de soigner mon sommeil du mieux que je peux. D’alléger mes douleurs à coup de bouillote. Je me suis remise à méditer comme vous me l’aviez conseillé.

Je ne comprends pas, ça m’énerve, ça me désespère (oui, oui, je me répète, je sais). Ça me fait me sentir impuissante et bientôt je vais péter un câble ! Comble de l’ironie, alors que je me dis que j’aurais besoin d’une aide, une amie m’appelle pour m’en demander, car elle est à peu près dans le même état. C’est quoi, c’est les énergies du moment ? C’est pour ça que je ne fais que rêver de tempêtes dehors et de devoir fermer mes volets ?

Putain de bord** ! Pourquoi vous ne me répondez pas ? Il va falloir encore que je râle longtemps pour que vous vous manifestiez ? (oui, oui, ça s’adresse à mes guides, l’exaspération me pousse à la grossièreté, mais je vous rassure, c’est plutôt rare). Ça vous fait rigoler de rester en retrait sans rien me dire pendant que moi je galère toute seule ?

Franchement, il y a des moments comme ça où je me sens bien seule, même si je suis censée pourvoir parler avec mes guides, recevoir des messages, blablabla… Si je pouvais être médium uniquement sur commande, quand j’ai besoin d’explications, ça m’arrangerait bien tiens. Au lieu de ça, mon hypersensibilité me fait faire l’éponge face à mes parents, et ma médiumnité me fait capter des infos désagréables dont je me passerais bien.

Comme celle de ce soir. En descendant, j’ai remarqué que le bon de réduction, que j’avais laissé sur la marche de l’escalier pour le monter plus tard, avait disparu. Et j’ai su tout de suite. Ma mère l’avait embarqué en le prenant pour le sien (qui était pourtant rangé à l’autre opposé de la maison) et l’avait utilisé. En soi, absolument rien de dramatique. Mais ce geste inconscient m’a fait capté l’info que ma mère n’a toujours pas intégré que je VIS dans cette maison, et pas que je suis juste de passage. Elle se comporte encore sans le vouloir, par moment, comme si tout ce qui était dans cette maison était à elle, sans faire attention à distinguer ce qui m’appartient, de ce qui est à elle. Alors pour les objets très différents, ça se voit (et encore…) mais pour ceux qui sont identiques…

Je ne peux pas lui en vouloir, après tout, cela fait des années que je ne vivais plus à la maison. Et cela ne va faire bientôt qu’un mois que je suis de retour. Mais je sens qu’elle a beaucoup de mal à intégrer cette réalité. Pour elle, je ne suis de passage que quelques mois, je vais bientôt re-déménager. Alors que ce n’est pas mon intention, je ne me vois pas partir avant la fin de l’année, et je lui ai bien dit. Et la réaction émotionnelle de mon côté est disproportionnée. Parce que cela me renvoit à ma blessure de rejet par la mère. Une part d’elle n’arrive pas à intégrer l’idée que je vais rester, une part d’elle est pressée de me voir repartie. Même si c’est une part totalement inconsciente, cette réalité subtile me fait mal, parce que je la « sens », je la « sais ».

Je mets des mots dessus parce que j’y ai réfléchi et que j’ai essayé de retracer le chemin me menant à cette émotion et cette connaissance. Mais en vrai, elle a été instantanée. Dès que j’ai vu le coupon manquant, j’ai capté tout ça. Evidemment, il m’a fallu un peu de recul pour décrypter pourquoi j’ai eu une réaction émotionnelle si forte. Evidemment, j’ai vérifié la véracité de ce que j’ai capté : était-ce bien elle qui avait pris le bon ? L’avait-elle utilisé ? Etait-ce une confusion ? Oui, oui et re-oui. Elle m’a donné le sien à la place. Alors pourquoi cela n’a-t-il pas suffi à apaiser ces émotions violentes de tristesse ?

Parce que cela n’efface pas l’information que j’ai capté, et que je suis sûre qu’elle refoule elle-même. Une part d’elle n’a pas envie que je reste vivre à la maison. Je peux le comprendre. Dans son conditionnement, enfant à la maison = responsabilités, travail en plus, restriction de sa liberté gagnée. Ma mère a eu l’habitude de tout sacrifier pour nous quand nous étions petites. Pourtant, ce n’est pas ce que je souhaite. Je n’ai plus 9 ans, je participe aux tâches domestiques communes, je peux rendre des services, je suis autonome pour mes repas ou j’ai un plan B pour les repas communs s’il y a du gluten. Alors c’est vrai, quand je suis malade et coincée au lit, je suis d’une moins grande aide et mes parents écopent de mes courses à faire car je ne peux pas sortir. Mais je compte bien veiller à ne pas être un poids financier, à participer au paiement des charges.

Cela m’a frappé que ce petit « accident » ait eu lieu après leur avoir demandé à combien ils pensaient estimer ma part aux frais d’électricité et d’eau, pour que je leur fasse un virement mensuel. Alors que je tiens à leur montrer ma volonté de ne pas être une surcharge (au moins financière, à défaut de malade à aider de temps en temps) en tant qu’habitante de la maisonnée, voilà ce message incongru que je capte. Je suis censée en faire quoi au juste ?

Lui laisser du temps. Ta mère a besoin de temps pour s’adapter à la situation et pour comprendre que ses peurs et préjugés sur ton retour à la maison ne sont pas fondés. Elle n’est pas dans une période propice à la réceptivité. Ton père l’est bien plus, et tu as vu qu’il commence à prendre le pli. Il commence à lire toutes les étiquettes pour vérifier s’il y a du gluten ou du lactose.

Oui, j’ai vu et cela me touche. Je sais bien que les changements ne se font pas du jour au lendemain. Et j’ai bien noté ce que vous m’avez dit sur le fait de subvenir à mes propres besoins par moi-même. Qui sont en grande partie des besoins immatériels, de l’attention, de la bienveillance, de la douceur, du soutien moral, etc…

Je me rends compte que je porte des attentes sur eux, et qu’en plus, je ne fais pas forcément pour eux, ce que j’attends moi-même d’eux. Comme leur demander comment c’est passé leur journée. A vrai dire, je n’en ai pas vraiment besoin. Il suffit de les écouter et de les observer, et mon hypersensibilité fait le reste. Mais leur poser la question ouvre aussi la porte aux plaintes ou aux pensées formulées de façon négatives, surtout chez ma mère. Et ça, j’ai du mal à gérer… Vraiment du mal. Je suis déjà touchée de plein fouet par leurs énergies sans qu’ils parlent, alors avec… Quand elles sont positives, cela ne me gêne pas. Mais après une journée de boulot, c’est rarement le cas. C’est plutôt épuisement, stress, déception, anxiété, préoccupation pour les futures tâches à faire, dévalorisation, etc. Ma mère n’attend qu’une chose, c’est d’être à la retraite. Plus le temps passe et plus le travail devient difficile, car elle fatigue, mais aussi parce que les conditions de travail se dégradent dans son entreprise. Franchement, ça ne fait pas envie…

Ça ne fait pas envie, et au milieu de tout ça et de mes soucis de santé, je suis convoquée à un entretien par Pôle emploi ! Franchement, qu’est-ce que je vais bien pouvoir y dire ? SOS ma vie est en bordel, je ne sais plus du tout ce que je veux faire, et ma santé est pire qu’une roulette russe ?

Peut-être que les deux sont liés.

Méchant ! Ce n’est pas ce que j’ai envie d’entendre ! Tu es en train de me dire qu’il faut que je retrouve un boulot pour retrouver la santé ?

Non, ce que nous sommes en train de te dire c’est qu’il ne sert à rien d’attendre de retrouver la santé pour commencer à faire des projets et te projeter. Tu auras toujours une santé fragile, comme l’a si bien décrit Sylvie dans son article, que tu aurais pu copié-collé pour parler de ta propre santé. Ce n’est pas une raison pour t’arrêter dessus, suspendre indéfiniment ton futur professionnel. Si tu as le bon projet et que c’est le bon moment, il se fera, bonne santé ou pas. Tout ça, ce n’est qu’une excuse pour reculer des quatre fers.

Ouah, super… C’est moi qui vient pour pousser un coup de gueule et c’est vous qui m’engueuler parce que je ne me bouge pas assez pour mon projet professionnel ?

Il est temps que tu te remettes en mouvement, si ce n’est extérieur, au moins intérieur. Tu as créé de l’espace pour semer une nouvelle graine, il serait peut-être temps maintenant de la semer.

Et semer quoi comme graine ? Parce que je veux bien moi, réfléchir tout ce que tu veux. Mais je suis comme une girouette avec mille directions possibles. Comment en choisir une quand je ne sais pas ce dont j’ai envie ? C’est un casse-tête sans fin pour moi.

Tu n’as pas besoin d’y réfléchir, pas pour l’instant. Tu as besoin de le ressentir, au fond de toi, au fond de ton cœur. Tu as besoin de te laisser guider par ton âme. D’où les messages que tu reçois de rester en retraite, de t’occuper de toi, de te connecter à ton esprit intérieur. Ce n’est pas par plaisir que nous te coupons en grande partie du monde extérieur. C’est pour te pousser à te tourner vers l’intérieur et à écouter le message de ton âme. Il n’y a pas de meilleure guide qu’elle.

Et je suis censée deviner ça toute seule ? Vous ne croyez pas que ça serait plus efficace avec les sous titres ? Parce que franchement, laissez tomber, je peux être malade pendant 3 piges si vous ne m’aidez pas à comprendre l’origine du problème.

L’origine du problème. Et bien tu te réveilles chaque matin avec un fort mal de gorge : problème d’expression. Tu es épuisée et tu n’as plus d’énergie vitale : tes activités ne sont pas suffisamment nourrissantes. Ton hyperacousie s’est accentuée, d’après toi, ça veut dire quoi ?

Je ne sais pas, je me suis posée la question, mais je n’arrive pas à trouver la réponse.

Nous allons t’aider : tu entends trop de plaintes au sujet du monde du travail. A la télé, à la radio, dans la bouche de ta famille, mais globalement de toute la société. Le travail est associé à une corvée, pour beaucoup de gens, la grande majorité. Ce n’est pas ce que tu veux dans ta vie. Ce n’est pas ce que tu peux te permettre avec ta maladie.

Oui, ce dernier point, je l’ai compris. J’ai peu d’énergie et une santé fragile. Avec l’endométriose, j’ai besoin de beaucoup de repos et de récupération. Le peu d’énergie que j’ai passe souvent au quotidien dans le boulot. Si ce boulot n’est pas régénérant, qu’il me pompe tout, je m’épuise et je ne tiens pas le coup dans la durée… Mon équilibre est fragile et il faut vraiment que je trouve un moyen de le préserver au quotidien (enfin commençons déjà par le restaurer, ça serait bien).

Mais c’est une sacrée contrainte. Je ne me vois pas la remplir dans le monde classique du travail actuel. Je sais bien que certaines personnes arrivent à se créer le job qui leur convient sur mesure. Mais il faut quelque chose : une idée, un talent ou une facilité, une passion ou une forte motivation. Un élément moteur et surtout un concept, quelque chose qui donne une ossature.

Moi je suis à des années lumières de tout ça. Je ne sais même pas dans quel domaine je veux évoluer : la recherche, l’enseignement, le journalisme, le bien être ? Formation ou pas formation ? Vers quoi aller ? Comment ? Pfuit, c’est le vide absolu !

Il est trop tôt pour faire de telles projections. Si déjà tu essayais de capter l’élan de ton âme, ça irait mieux. Tu te poses trop de question avec la tête et pas assez avec le cœur.

Facile à dire dans notre société… « Tu te poses trop de question avec la tête et pas assez avec le cœur. » Et comment je fais pour poser des questions à mon cœur et à mon âme, hein ? Elle semble bien en standby cette dernière.

Parce que si tu ne l’écoutes pas, elle ne prend pas la peine de s’égosiller pour rien. C’est comme une plante qu’on arrose. Plus tu en prends soin, plus tu apportes de l’attention, plus elle se fait expressive.

Oui, je comprends l’idée, merci. Et concrètement ?

*sourire mystérieux* Demande à te connecter à elle et tu verras bien.

Bon, vois par toi-même, quoi. Ok, merci.

13 mai 2017

 

Vivre ensemble

Artiste : Sylar

Je vais finir par croire que je suis abonnée au réveil de mauvaise humeur depuis que je suis de retour au domicile familial… Et je ne peux m’empêcher de me demander « pourquoi ça ne va pas ? » chaque matin de plus que je me lève avec une envie de pleurer…

Et bien pleure.

Et ensuite ? Je n’ai pas envie de rester dans cet état et cette morosité… Mais j’ai bien du mal à le lever.

Est-ce que méditer t’a fait du bien hier ?

Oui, ça a rempli mon cœur de soleil. C’était agréable de sentir le vent dans mes cheveux courts, d’écouter le bruit des oiseaux. Mais il fait froid ce matin pour aller dehors…

Tes hormones ont besoin d’un peu d’aide pour se réguler. Tu es en phase d’acclimatation et ton corps a du mal à se réadapter à ton environnement. La méditation permet de libérer de la sérotonine et des hormones de bien être, d’où l’effet apaisant et euphorisant. C’est pourquoi nous t’invitons à méditer dans la nature tous les jours, pour un temps donné cela va t’aider dans ta transition.

Mais pourquoi je me sens comme ça ?

Parce qu’il y a de nombreuses choses qui remontent, au contact de tes parents, mais également de toutes les affaires et énergies que tu as laissé en plan en partant. Ce n’est pas forcément facile de « revenir » et de se confronter au contact de tout ce que tu as accumulé comme bagages avant ton départ à la Réunion.

Qu’est-ce que ça t’a fait, quand ce policier t’a demandé, lors de ta demande de procuration, si tu avais été à tel collège, pour te dire ensuite qu’il était de la promo juste en dessous de toi ?

Ça m’a fait bizarre. Je me suis dit « ah, alors il a presque le même âge ? Et lui, il est là, à travailler derrière un bureau de police, alors que moi je suis là, sans travail, revenue vivre chez mes parents… » Une partie de moi même n’a pas pu s’empêcher de m’auto-juger et de me rabaisser. Et je me suis demandée « qu’est-ce qu’il pense de moi ? »

Il aurait pu croire que tu étais en vacances au domicile familial. Qu’est-ce qui t’a poussé à croire qu’il savait que tu étais au chômage ?

Rien, c’est vrai… Parfois j’ai l’impression d’avoir cette étiquette sur le front « inutile à la société ».

Pourquoi cela te dérange-t-il tant ?

Ce n’est pas tant que cette étiquette me dérange, plutôt que celle de ne pas avoir le sentiment d’être à ma juste place. Même si je ne sais pas laquelle c’est… Si même elle existe. C’est peut-être simplement un sentiment intérieur à développer « où que je sois, je suis à ma juste place ». Mais pourquoi est-ce que je n’arrive pas à me sentir comme ça ? Ou plutôt, comment est-ce que je peux faire pour dépasser ce sentiment ?

C’est mieux. Toujours préférer les comment au pourquoi. Un « pourquoi » ne te donnera pas forcément la solution, alors qu’un « comment » te permet d’agir, d’être active et de ne pas rester dans une position de victime à attendre que les choses s’arrangent. La journée d’hier t’a prouvé que même en te levant de très mauvaise humeur, avec une nuit incomplète à cause de la sciatique, tu peux trouver un sentiment de paix intérieure et te sentir mieux. Et même finir la journée avec des fous rires.

C’est vrai que rire fait du bien, cela faisait longtemps que je n’avais pas eu une crise de rire comme ça à en avoir mal aux abdos, même si c’était au détriment de ma mère.

Mais ce n’était pas méchant comme moquerie.

Non, la situation était simplement cocasse, et elle ne l’a pas si mal pris que ça.

L’aurais-tu aussi bien pris à sa place ?

Je ne sais pas. Je me serai probablement offusquée avant de me joindre à la crise de rire.

L’auto dérision est importante. Savoir rire de tout et de rien, c’est important. Surtout quand vous êtes chamboulés par vos émotions et vos hormones. Le rire apporte un bien être, comme la méditation, il permet la libération d’hormones favorables à celui-ci. Nous n’inventons rien, tu l’as déjà lu dans des revues scientifiques.

Oui, mais c’est vrai que le lire et l’expérimenter aussi concrètement sont deux choses différentes.

Vivre en communauté, c’est aussi avoir cette possibilité. Il est bien plus difficile de rire tout seul.

Surtout, quand comme moi, on n’aime pas spécialement regarder des vidéos d’humoristes ou de chats qui se cassent la figure. Je sais qu’on peut trouver plein de choses sur internet pour rigoler. Mais je n’aime pas trop ça, je préfère le rire spontanée, issu d’une situation vécue.

A chacun sa façon de faire. Cela n’a pas tellement d’importance, à partir du moment où tu as identifié ce qui est bon pour toi. Alors dis-moi, qu’est ce qui est bon pour toi ?

Pouvoir passer du temps avec les gens que j’aime, à profiter et à rire des petites choses du quotidien.

Penses-tu donc que vivre seule est ce qui te correspond le mieux ?

Je ne sais pas… On va dire que je suis « farouche », j’aime mon indépendance, ma liberté, avoir mon espace, être seule aussi pour me poser, méditer, écrire.

Mais est-ce que vivre ensemble empêche de faire ces choses ?

Ça dépend… cela impose des contraintes, c’est sûr. Mais finalement, je me rends compte qu’au-delà des tâches communes, c’est surtout moi qui ai du mal à m’écouter. A oser m’isoler quand j’en ai besoin, à faire ce qui me plait, même si l’autre fait autre chose. J’ai toujours cette espèce de déformation, cette plasticité qui me fait m’adapter à l’environnement qui m’entoure. Parfois c’est bien, parce que cela me permet de faire des choses que je n’aurai pas faites seule et qui finalement sont agréables. Mais parfois aussi, je me retrouve à ne pas faire ce dont j’avais envie et à être grognon.

Comme ce matin, un exemple stupide. Moi je voulais regardais les dessins animés du dimanche matin et glander sur le canapé. Parce que c’est dimanche, et que je n’ai pas fait ça depuis des années, vu que je n’ai jamais eu la télé dans mes apparts (par choix ceci dit). Mais mon père devait travailler son mémoire, et il a installé son bureau dans le salon, donc je n’ai pas pu regarder la télé pour ne pas le gêner. Si je comprends bien son besoin de travailler (après tout, j’ai passé du temps à le conseiller et le relire), je me rappelle que moi, quand je devais étudier, j’allais dans ma chambre. Or il existe dans cette maison une pièce appelée bureau utilisée quasiment exclusivement par mon père pour ses loisirs. Je ne comprends pas pourquoi il ne va pas dans cette pièce pour obtenir la tranquillité qu’il souhaite… Je n’ai rien osé dire parce que c’est « leur maison » mais cela n’a vraiment pas participé à ma bonne humeur…

Pourquoi n’es-tu pas allée dans la lingerie, où il y a une 2ème petite télé ?

Parce qu’il n’y a pas de canapé, seulement une chaise de bureau très inconfortable pour ma sciatique. Et je suis désolée mais le glandage du dimanche matin, cela se fait sur le canapé, sinon ce n’est pas du « glandage »… Je sais que c’est un exemple futile, mais c’est typiquement un exemple anodin de cas où je dois faire passer mes propres besoins et envies au second plan, alors qu’il y aurait d’autres solutions pour que tout le monde ait ce dont il a besoin… Voilà pourquoi je préfère souvent vivre seule.

Et as-tu demandé à ton père pourquoi il ne travaillait pas dans le bureau ?

Non…

Il va te falloir faire des efforts de communication.

J’ai exprimé à mon père mon envie de regarder la télé. J’étais même prête à couper le son et mettre des sous titres, mais évidemment, il n’y en avait pas pour l’émission que je voulais… Il m’avait parlé d’un casque pour le son, mais quand je lui ai demandé où il était, il a été incapable de répondre… et je ne l’ai pas trouvé.

Si tu ne proposes pas de solution ou de compromis de façon explicite, cela ne sera pas suffisant. Il va falloir que tu fasses un effort d’adaptation.

Des fois, je n’en ai pas envie… Des fois, je suis trop fatiguée ou trop de mauvaise humeur pour faire preuve de tact… Voilà pourquoi, encore une fois, vivre seule est plus facile par moment.

Mais fuir le vivre ensemble par facilité n’est pas une solution durable. Tu dis que tu ne t’imagines pas vivre en couple avec quelqu’un, et en même temps tu te sens profondément triste par ce constat. Mais peux-tu vivre avec quelqu’un d’autre, si déjà tu n’es pas capable de cohabiter avec tes parents, qui sont, par définition, censées être les personnes les plus aimantes et les plus tolérantes de ton environnement incarné ?

… Que veux-tu que je réponde à ça ?

Fais un effort, pas pour faire plaisir à l’autre, mais pour respecter tes propres envies et besoins. A défaut de trouver une solution, être au moins sûre qu’ils ont été exprimés et entendus. C’est pour toi que c’est important sur le long terme, pour ne pas faire naître et accumuler de la frustration, ce qui te rendra agressive et difficile à aborder. Le vivre ensemble se cultive au quotidien. Faire preuve de bienveillance avec ses amies et les personnes rencontrées dans un cadre concis, tel que les cercles de femmes, c’est une chose. Mais faire preuve de la même bienveillance, au quotidien, dans son cadre de vie, avec ses proches, c’est autre chose. Surtout quand on est fatiguée, de mauvaise humeur, chamboulée par les hormones…

Je sais, je garde un souvenir terrible de ma dernière cohabitation en couple, sous un traitement hormonal complètement inadaptée…

Est-ce pour ça que tu as peur de vivre avec quelqu’un ?

C’est plutôt pour cela que je doute d’être vivable au quotidien pour autrui… C’est un peu un des effets secondaires de l’endométriose… Pics d’humeur, fatigue chronique, irritabilité… et je ne parle pas des insomnies. C’est déjà dure à vivre pour moi, alors quelqu’un à coté ? Je n’ai pas de bouton magique pour « tadam » tout à coup me sentir bien et être agréable avec autrui.

Pourtant il existe, il te suffit de le trouver. Au-delà de l’influence de tes hormones, il existe des façons de les contrebalancer et de chercher à les équilibrer. Ton état n’est pas une fatalité. Je le rappelle, la maladie n’est pas une fatalité, ni une excuse pour se complaire dans la facilité. C’est vrai, cela va te demander plus d’efforts qu’une personne lambda. Mais qu’importe ? Si ces efforts-là t’apportent un mieux-être, pourquoi ne pas les entreprendre ? C’est avant tout pour toi que tu dois faire les choses et les efforts. Pas pour « être vivable pour autrui », mais pour toi te sentir bien et ne plus te réveiller avec l’envie de pleurer.

Je comprends, merci. Mais j’ai toujours envie de pleurer, lol.

Va parler avec ton père, va essayer de trouver une solution qui satisfasse tout le monde. Tu verras que cela va te soulager et que tu comprendras que tes besoins peuvent être pris en compte.

Et s’il ne m’écoute pas ou balaye ma demande parce qu’elle est « futile » ?

Rien n’est « futile », si tu en as vraiment envie et si l’absence d’une chose crée une réelle frustration, alors ce n’est pas futile. Même si cela le semble d’un regard superficiel. Regarder les dessins animés le dimanche matin sur le canapé, c’était un rituel familial de ton enfance et de ton adolescence. Par cette envie, tu as besoin de renouer avec et de comprendre quelque chose d’important par rapport à ton propre passé. Il y a une raison derrière, même si tu ne peux pas encore la saisir. Nous te disons simplement de suivre tes envies. D’elles découleront des enseignements intéressants, dont tu as besoin. Les envies profondes ne sont pas un hasard. Aussi diverses, surprenantes et incompréhensibles qu’elles soient, nous te demandons de les accueillir, car elles sont là pour te permettre d’expérimenter et d’apprendre. Il serait vraiment dommage de t’en priver.

Merci.

23 avril 2017

S’affoler pour rien

Artiste : Guweiz

Décidément, c’est dernier temps, me poser pour écrire devient difficile. Surtout quand je me lève de très mauvaise humeur le matin, à cause d’une nuit interrompue par la sciatique à me retourner encore et encore dans mon lit, et puis à cause de rêves perturbants. Je sais bien que dans ces cas-là, ces rêves marquants qui ne « passent pas » correspondent à un message spirituel qui ne veut pas passer. Et je sais bien que sous la surface, si je me mets à gratter, je vais mettre à jour des choses désagréables.

Alors c’est clair, dans ces cas-là, mon mental freine des quatre fers pour ne pas écrire. Parce que c’est aussi un travail, sur moi-même, surtout quand mes guides spirituels s’invitent dans la partie, pour souligner certains éléments ou m’aider à des prises de conscience. En général, cela n’est pas forcément agréable.

Même si parfois salutaire ?

Oui, parfois salutaire… Mais bon sang, je déteste me sentir « comme ça ». Je me sens mal au réveil, je me regarde dans le miroir et je me trouve « moche ». Je sais bien que ce n’est pas tant mon image physique qui me fait sentir comme ça, qu’une subite montée de manque d’amour de moi-même. Je me regarde dans le miroir et je n’aime pas ma tête ces jours ci.

Ma peau est affreuse, alors que pourtant, j’ai tout fait pour l’aider à bien vivre la transition eau de robinet volcanique vers eau de robinet calcaire. Justement, je n’utilise plus que de l’eau thermale en spray. J’ai acheté des produits spéciaux pour les rougeurs, crème, masque, produit lavant. Bref, je fais des efforts et pourtant, cela fait bien longtemps que ma peau n’a pas été aussi « horrible »,  avec rougeurs, gonflements, poussée d’acné. Cela me décourage. Et que dire de mes cheveux ? Deux lavages au calcaire, et c’est fini, ils ont perdu leur éclat, leur volume et on dirait limite du plâtre…

Et ne parlons pas de mes cernes ! C’est quoi le problème alors que j’essaye de faire des nuits de 9 à 10h de sommeil ? Je fais attention à prendre un bon rythme, ne pas me coucher trop tard… Et j’étais contente parce que mes premières nuits, j’ai dormi comme un bébé, des nuits complètes comme je n’en avais pas faites depuis tellement de mois. Voilà que je me fais la réflexion qu’un sentiment de sécurité profonde (grâce à mon retour dans la maison familiale) aide probablement à mieux dormir, et bim la nuit suivante… Insomnie, réveil sans raison, impossible de me rendormir avec ma sciatique. C’est à s’arracher les cheveux !!!

Je ne comprends pas pourquoi je me sens si mal. « I’m feeling like crap ». Est-ce mes hormones qui me rendent à fleur de peau et me donnent constamment envie de pleurer ? Est-ce tous ces changements dans mon environnement qui me perturbent tant ? Pourtant, j’essaye de faire preuve de douceur, de ralentir et de faire des pauses, notamment quand je vois que je me fatigue trop à trier mes cartons. Je me suis acheté un nouveau pull tout doux et tout rose. Je suis allée chez le coiffeur.

Mais surprise, mes efforts n’ont pas l’effet escompté ! Quand la coiffeuse a eu fini de me couper les cheveux, j’ai eu très envie de pleurer. Oui, pleurer, vous avez bien lu. Elle m’a coupé les cheveux trop courts, ce n’est pas du tout ce que j’avais en tête. Certes, j’avais envie de « changer de tête » parce que je n’en peux plus de la mienne ces derniers jours. Mais je ne m’attendais pas à un changement si radical, et cela m’a choqué. C’est dire combien je me sens à fleur de peau…

Alors je me demande : c’est quoi le fond du problème ? C’est quoi qui en réalité ne va pas ? Je ressens un profond ras le bol. Mais de quoi ? Cela fait à peine une semaine que je vis de nouveau chez mes parents, ce ne peut pas être déjà ça… alors que cela se passe plutôt bien. Non ?

Peut-être est-ce un découragement par rapport à la maladie. J’essaye de retrouver une équipe médicale compétente, et c’est un peu la croix et la bannière… Le gynéco spécialisé sur l’endo que j’ai vu m’a beaucoup déçu. Expéditif, toucher très douloureux, manque d’explications… De toute façon, la réponse a été claire, mon cas est trop complexe pour lui, il me renvoie vers un confrère de Bordeaux. Ce qui n’est pas plus mal, vu que je ne me suis pas du tout sentie à l’aise avec lui. Donc j’attends des nouvelles de ce monsieur… En espérant que la communication marche bien entre les deux.

Mais en attendant ? Le gynéco a été très clair : pour lui l’opération est indispensable, INDISPENSABLE, peu importe combien de temps j’attends, que je veuille des enfants ou pas… Il me dit que je peux tester le reste, infiltration épidurale pour la sciatique, la cure thermale pour l’endo, mais que pour lui, l’opération sera nécessaire. Pour éviter l’infiltration de l’endo dans les intestins, pour l’instant il suffit de « racler sans résection ». A la bonne heure, j’ai de la chance…

Et je crois que c’est cette pilule-là qui ne passe pas. Qui ne passe vraiment pas. Ma mère n’a pas compris pourquoi après cet affreux rdv médical, je tenais à m’offrir des boucles d’oreille. Mais moi je sais, c’était pour me remonter le moral, pour soigner et faire preuve d’attention auprès de ma femme intérieure, meurtrie par un examen très indélicat, déprimée par les propos du médecin. Mais cela n’a pas suffit, il faut bien que je m’en rende compte.

Pourquoi est-ce que je me sens moche ? Parce que je sais que mon ventre est un gros bazar et que je ne cesse de devoir expliquer la maladie qui me touche et ses possibles conséquences : 50% de stérilité ? Parce que dans ma tête je sous-estime cette maladie et que la réalité vient de me rattraper ?

Pourquoi dans cet affreux contexte je rêve de bébé et d’accouchement ? Pourquoi je cauchemarde d’un centre de recherche pour la maladie qui se révèle en réalité être une « pondeuse », un lieu où l’on met les femmes enceintes contre leur volonté, pour vendre leur bébé ?

Je ne comprends rien à ses rêves et à leur message. Mais je vois que le thème revient, encore. L’autre fois, c’était un rêve à la Matrix, où les femmes étaient exploitées pour faire des bébés, dans les espèces de cocons du film. Et s’il s’avérait que si elles étaient stériles, alors, pfuit, elles étaient évacuées comme des déchets…

Je sens bien que tout tourne autour de ça, la cause profonde. Mais, le nez dans le guidon, le schéma ne m’apparait pas et j’ai le sentiment de tourner en rond. Je ne veux plus rester les bras croisée, comme une victime, en attendant qu’une solution miracle me soit apportée. Il n’en existe pas. Je veux juste avancer vers un mieux-être, pas à pas. Mais j’ai le sentiment de butter contre un mur invisible. Pourquoi mes efforts habituels ne marchent-ils plus ? Qu’est-ce que je suis censée faire ? Comment rebondir ?

Tu as le droit d’accepter ta tristesse. Tu as le droit d’être choquée. Tu ne t’attendais pas à ce que le gynéco te dise ça. Tu as été très choquée.

Je ne veux pas d’une opération : on te fait des trous dans le ventre et on te racle tous les organes, en espérant ne rien oublier au passage ? Je trouve ça super violent et invasif ! Pourquoi faudrait-il en passer par une telle extrémité ? N’existe-t-il pas des méthodes plus douces ? Le corps n’a-t-il pas une capacité formidable d’auto réparation – comme on m’en a parlé en lien avec le décodage biologique ? Si les nœuds énergétiques de la maladie sont dissous, n’y a-t-il pas un processus qui s’engage au niveau physique ? Et les soins sur les mémoires cellulaires et leur reprogrammation ? Aucun soin énergétique ne peut agir et descendre au niveau de mon corps physique ? Pourquoi cela marche chez certain et cela ne marcherait-il pas chez moi ?

Une part de toi espère toujours une forme de guérison.

Oui, ce n’est pas comme si j’ignorais l’enseignement de cette maladie. J’essaye de comprendre, d’accepter, de prendre soin de moi. Entre le travail psychologique, l’identification des mémoires karmiques, mais aussi familiales dans cette vie, les soins chamaniques, le travail avec mes guides, les cercles de femmes… Qu’est-ce que je ne fais pas ? Qu’est-ce que je ne comprends pas ? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à dissoudre ces nœuds énergétiques ?

Parce qu’ils sont entremêlés chez toi sur plusieurs sujets.

Et alors ?

C’est plus long. Rappelle nous quel âge terrestre tu as.

Je me rapproche de mes 27 ans. Et alors ?? Cela fait 7 ans que cette maladie me fait travailler sur moi-même.

7 ans ce n’est rien. Ce n’est même pas la durée d’un cycle complet, qui est, nous te le rappelons de 9 ans.

ET ALORS ??!! Ce n’est pas cela qui me réconforte quand je pleure, ce n’est pas cela qui me calme quand je suis en colère à cause de la maladie, ce n’est pas non plus cela qui apaise mes douleurs. A quoi cela me sert de me rappeler que je suis jeune ?

A te rappeler que tu as du temps.

Du temps pourquoi ? A priori, pas pour guérir, vous m’avez fait comprendre que ma maladie ne disparaitrait pas…

Du temps pour grandir avec la maladie. Tu es si jeune, tu ne comprends pas encore la richesse de cet enseignement. Tu le comprendras plus tard et tu comprendras avec que ce temps, que tu trouves si long, t’en aura en réalité fait gagner beaucoup dans ta vie.

Comment ?

Par la sagesse qu’il t’aura apportée, par la réalité que tu auras expérimentée. La maladie n’est pas une fatalité, elle est un voyage vers vous-même et vers vos ressources intérieures. Ce que tu ne peux pas faire à l’extérieur, tourne-toi en toi-même pour le réaliser d’une autre façon. Il existe des tas de chemins pour aller vers un même résultat, c’est ça la beauté de la vie. Rien n’est tracé, c’est à vous de le décider. Tu peux décider de t’assoir et de faire une pause pour te ressourcer, ce que nous te recommandons, ou bien tu peux foncer. Tu peux tenter le raccourci, mais celui-ci te donnera-t-il la même richesse et la même satisfaction au bout ?

Ce n’est pas parce que tu ne vois pas vers où te mène tes pas, qu’il n’existe pas de cohérence. Sylvie le disait dans son commentaire, elle ne cherche plus le sens avant de marcher, elle le laisse émerger au fur et à mesure. Ne trouves-tu pas que c’est une façon de faire bien plus reposante ?

Je ne sais pas… Je pense que oui, mais cela marche bien si tu te sens guidée, si tu arrives à te laisser porter vers ce que tu sais être bon pour toi, même si tu ne sais pas quoi. Je n’ai pas du tout l’impression d’être guidée, ni de savoir dans quelle direction faire mon prochain pas.

Pourtant, nous sommes là à te répondre. Et si tu ne perçois pas la direction de ton prochain pas, c’est peut-être parce qu’il n’y en a pas pour l’instant. Peut-être est-il mieux pour toi de te reposer maintenant. Ne disais-tu pas que la Réunion t’avait épuisée ?

Si, mais il est difficile de se reposer sans avoir ne serait-ce qu’un futur objectif en tête, un pas qui attend. Tout le monde me le demande : et que vas-tu faire « après » ? « Après » quoi, on se le demande…

Et si au lieu de te concentrer sur cet après, tu te concentrais sur ton présent immédiat ? Un pas après l’autre. Un jour après l’autre. Peu importe ce qu’on te dit et quelles sont les attentes de tes proches. Et si tu te concentrais pour te sentir bien, là tout de suite ? Profiter du soleil, écouter le chant des oiseaux, méditer, dessiner, rire et profiter. Qui est pressé ? Le prochain pas a tout le temps d’émerger. A quoi cela sert-il de te dépêcher ? Laisse aussi à ton corps le temps de se reposer.

Je comprends ta logique, mais je n’ai rien devant moi. Aucune idée de comment je vais gagner ma vie, où je vais vivre, etc. En gros, vous me demandez de m’assoir juste au bord d’un grand précipice rempli de vide, et de ne pas avoir le vertige ? Vous me demandez d’être zen et de ne pas avoir peur, quand tout le monde autour de moi s’affole et me demande de regarder vers le bas ?

« Tout le monde autour de toi s’affole » et bien laisse les s’affoler. Ces émotions ne t’appartiennent pas et en réalité, c’est toi qui les projette. Elles ne font que te revenir par effet miroir. Les angoisses des autres sont les tiennes, et ces miroirs sont là pour te mettre le doigt dessus et te pousser à les surmonter. Plus tu seras zen et confiante en ton avenir, même s’il ressemble à une toile vierge, plus les autres le seront aussi autour de toi.

Ce n’est pas le moment de te mettre à gribouiller à la va vite. C’est le moment de rassembler tes pinceaux, avec patience et minutie, et d’apprendre à t’en servir dans le calme et la sérénité. Pour faire face à cela, nous t’encourageons à méditer tous les jours dans la nature. Pose toi dans le jardin, commence par 5 min, puis 10, puis 15 et quand tu arriveras à rester 30 min entière dans un état de paix intérieure, de présence et de centrage, alors nous pourrons passer à autre chose.

Merci.

21 avril 2017

IRM pour endométriose

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Artiste : Guweiz

Cette semaine est à peine commencée, et je me sens brassée dans tous les sens. Je n’aurais pas pu faire mieux, sans faire exprès, mais j’ai réalisé mon IRM de détection de l’endométriose le 6 mars, premier jour de la semaine européenne de lutte contre l’endométriose (si vous êtes curieux sur ce sujet-là, vous pouvez vous référer à cet article).

Les examens médicaux, en règle générale, ce n’est pas très drôle. Il faut attendre, on ne sait pas comment cela va se passer, etc. Mais certains sont plus désagréables que d’autres. Même si cette fois ci, ce n’était pas pour rien : j’avais RDV avec une médecin formée à la reconnaissance de l’endométriose. Je suis devenue un peu méfiante maintenant, car les radiologues ne sont pas toujours formés pour reconnaitre cette maladie (mon cas a connu un retard de diagnostic de 5 ans, à cause d’un médecin non formé à reconnaitre les grosseurs sur les images).

Donc 1ère conseil : s’assurer que le médecin est formé sur la maladie.

2ème conseil : si vous avez le choix entre plusieurs lieux d’analyse IRM, demandez lequel possède l’équipement le plus récent. Cela vous évitera peut être la nécessité d’injecter des gels de contraste par voie vaginale et voie rectale. Je pensais que cela ne se faisait plus, car à ma grande joie, lors de mon 2ème examen, on m’avait seulement injecté un produit contrastant par intraveineuse. Pas de chance ce coup-ci pour moi. Tout dépend donc de la puissance de la machine IRM.

Mais qu’est-ce qui est aussi important ? 3 ème conseil : Comprendre les résultats, pouvoir poser ses questions au médecin (surtout après avoir attendu).

Alors je devrais être contente, au-delà des méga adhérences et de la rétractation des ovaires, je n’ai pas de lésion du rectum, ni du nerf sciatique par des tissus endométriosiques. Mais voilà, il y a bien ces adhérences, qui font que la paroi de mon intestin est collée au dos de mon utérus, et qu’il y a des tissus qui tirent sur la région du nerf sciatique. Je ne sais pas à quoi je m’attendais. A quelque chose sur lequel agir. Sur un nouvel élément évident, qui expliquerait mes problèmes de sciatique invalidante, et sur lequel on pourrait réagir de façon directe. Mais rien de tel. Ce n’est qu’une dégradation générale de l’état de mon ventre, sans prise réelle sur un élément particulier.

Et je me sens frustrée. Tout ça pour ça ? Et c’est quoi la suite ? Continuer la rééducation ad vitam aeternam ? Me cantonner à l’aquagym, au yoga et au taïchi parce que mon corps ne supporte pas d’activité plus « violente », même pas la marche ? Passer la moitié de ma vie debout ou couchée, parce que la station assise est trop douloureuse ? Porter une ceinture anti douleur dès que je me déplace ? Troquer la voiture par un autre moyen de locomotion, parce que je ne peux plus ni débrailler ni rester assise dans cette position ? Me bourrer d’antidouleurs opiacés parce que c’est les seuls qui me soulagent ?

Je crois que je suis dans une phase de découragement. Probablement le contrecoup de l’IRM et de l’absurdité d’une ma réalité. Comment j’en suis arrivée là ? Pourquoi ? Pourquoi ma situation ne s’est-elle pas améliorée malgré mes efforts ? Malgré l’arrêt du gluten et du lactose. Malgré les essais pour tester et suivre des traitements hormonaux.

Comment mes guides peuvent-ils me dire que mon nouveau traitement convient « pour les mois qui viennent », alors que je commence déjà à voir des effets secondaires ? Je ne comprenais pas, cela fait plusieurs nuits que je me réveille régulièrement en ayant mal aux chevilles et aux poignets, comme s’ils étaient gonflés. Puis j’ai lu la notice, effet secondaire possible : « aggravation d’une insuffisance veineuse des membres inférieurs… » Youpi ! Insomnie, pilosité… youpi. Cela fait 8 jours que je le prends, et 5 que je dors plus mal que d’habitude. Alors : cause externe ou traitement ? La question qui tue… Ne me ferais-je pas plus de mal en cherchant à me faire du bien ? Comme mon traitement précédent contenant du lactose, alors que je ne savais pas y être intolérante.

Je me sens démunie face à ça. Que faire ? Si ce n’est accepter ? Chercher à prendre soin de soi par ailleurs ? Après mon IRM, je me suis dit « je n’ai pas envie d’enchainer avec 1h de route pour simplement rentrer ». Alors après cet examen pénible, je me suis offerte un resto, puis j’ai profité de l’opportunité d’aller au cinéma (il n’y en a pas partout sur l’île), bien que mes finances ne soient pas au beau fixe. L’idée était de me faire du bien. J’avais envie de manger de la viande pour une fois, alors je me suis fait plaisir. De me changer les idées avec un film fantastique.

Mais au final, ce bon sentiment s’est transformé en acte manqué. J’ai trop mangé et la viande m’a écœurée. Le film que j’ai choisi était trop violent pour moi, et j’ai fermé les yeux pendant un certain nombre de scènes. Comment me suis-je retrouvée, avec une intention de départ de bien être, à finalement me faire indirectement du mal ? Je ne comprends pas ce mécanisme… Alors que j’ai pris le temps de m’écouter, de réfléchir, de choisir avec soin… Echec. Où trouver la frontière entre connaissance de soi rationnelle (choix par la pensée) et écoute de soi-même (écoute de ses envies/trippes) ? Pourquoi mes envies me pousseraient-elle à une forme d’autodestruction ? Quel schéma inconscient me mènerait vers ça ? Et comment le déprogrammer et le remplacer par un comportement positif ?

7 mars 2017

La peur au ventre [endométriose]

Artiste : WLOP

Artiste : WLOP

[Ah, un autre coup de gueule, âme sensible s’abstenir]

Je ne sais pas par où commencer ce soir, tellement je me sens instable émotionnellement. Pourtant, je me sentais mieux malgré ma crise. Je m’étais cuisiné un truc sympas, j’ai trainé devant des épisodes de ma série du moment. Tout allait relativement bien, pas de drame majeur, des conseils à suivre. J’ai passé quelques heures à travailler dessus hier. Tout allait bien jusqu’à cet IRM.

Je ne sais pas pourquoi, j’étais dans la machine et là tout à coup j’ai eu envie de pleurer. Mon mental ne faisait que me souffler des peurs à l’oreille : et si un nodule d’endométriose s’était installé à proximité de ma colonne vertébrale ? Avait touché un nerf ? Et si mes problèmes de sciatique et de bassin étaient dus à ça ? En 14 ans de problème de genoux, de dos et j’en passe, je n’avais jamais eu ça. Pourquoi maintenant, et qu’est-ce que c’est ? Je n’ai pas envie de finir en fauteuil roulant dans quelques années !

Et là, je me disais, mais est-ce qu’il pourrait seulement le détecter si c’est le cas ? Car il faut normalement une injection spéciale, et même avec ça, c’est difficile à repérer, on voit surtout les dégâts secondaires (autres organes déplacés…). Devrais-je demander à voir le médecin qui analyse les images ? Lui demander s’il a été formé à identifier de l’endométriose ? Alors qu’à la base, je ne venais pas pour ça ? Mais que quand même, on devrait bien voir quelque chose s’il y a une inflammation en pleine crise ?

And on, and on, and on… Parce que je n’ai pas envie que la même histoire se répète. Qu’un médecin ne sache pas détecter – donc qu’il affirme qu’il n’y a rien – pour que la maladie et les nodules se développent sans traitement – jusqu’à ce que finalement quelqu’un de formé découvre tous les dégâts.

Comme ce qui m’est arrivé avec ma première IRM pour détecter l’endométriose. Ma gynéco de l’époque, au vu des douleurs, l’avait suspecté. Elle m’a envoyé faire une IRM. Mais comme le médecin n’avait pas été formé à reconnaitre cette maladie – enfin je suppose, sinon cela voudrait dire qu’il est incompétent – il a dit qu’il n’y avait rien. Période. Point final. Donc pas de traitement, le droit à un « c’est psychologique » et à des « faites un bébé et ça ira mieux ». 5 ans d’errance médicale pour faire une seconde IRM. Le nouveau gynéco spécialiste que j’ai m’a dit que la maladie se voyait sur les 2 clichés et qu’elle avait bien évolué depuis la toute 1ère IRM.

Pourquoi ? Comment peut-on passer à côté de ça ? En sortant de l’IRM aujourd’hui, la question m’est venue en tête : devrais-je informer ce médecin des conséquences de son mauvais diagnostic ? Pour lui éviter de refaire la même erreur ? Comment peut-on ne pas avoir l’humilité de refuser un examen si on ne sait pas le faire correctement ?

Depuis, tu ne fais plus confiance aux résultats d’IRM.

Non, pas en ce qui concerne l’endométriose en tout cas. Parce qu’en réalité, je sais que c’est dur à détecter, et qu’on ne détecte souvent les cas que quand ils sont assez avancés : chez moi des nodules gros au point de les sentir par touché à travers la paroi de l’utérus. Et de voir mes ovaires dans une position anormale sur les images, tractés vers le bas du ventre à cause des adhérences.

Pourquoi a-t-il fallu en arriver jusque-là pour que ma maladie soit détectée ? Le pire c’est qu’on ne sait pas l’étendu des dégâts tant que l’on n’ouvre pas le ventre ou que l’on ne fait pas une célioscopie. Parce que l’endométriose se constitue de différents types de tissus, et avec une variation dans le temps. On n’arrive pas à « pouf » repérer les cellules endométriales aussi bien qu’à l’œil nu. Que ce soit par IRM, par échographie, on ne peut pas se fier totalement aux images. Alors je ne sais pas l’étendue des dégâts. Et cela nourrit milles inquiétudes. Comme mon histoire de douleurs au bassin qui m’empêchent de conduire et me mène la vie dure. Et aussi mes crises intestinales quand j’ai des crises d’endométriose.

Et même si tu savais, que pourrais-tu faire ?

 Je ne sais pas ! J’ai envie de hurler de frustration !  Et pleurer de peur. Si je pouvais savoir, je ferais des analyses plus poussées, mais ils ne font de célioscopie que pendant/avant une opération ou pour une étude poussée d’infertilité avant une FIV.

Qu’aimerais-tu savoir ?

Quel est l’état de mon ventre ? Que dois-je faire ? Que dois-je éviter ? Faut-il que j’envisage une opération avant que cela n’empire ? Même avec mon traitement, j’ai des crises, j’ai des douleurs, est-ce que les nodules progressent ? Comment sont mes ovaires ? Et mes trompes de Fallope (les nodules peuvent les boucher et dans ce cas les ovules ne sortent jamais des ovaires…) ?

Pourquoi lorsque j’ai fait cette méditation de connexion à mon utérus, j’ai vu ma trompe gauche bouchée et mon ovaire gauche comme « mort » ?

Tu as vu quelque chose de positif aussi.

Oui, un ovule dans mon ovaire droit qui était doré, parmi un milliard d’autres. Une chance d’avoir un enfant. Un seul enfant, vraiment ? Au départ, je me suis sentie émerveillée, « waouh », alors je porte en moi la possibilité d’avoir un enfant ? Je ne suis pas complètement stérile ?

Et puis, après coup, avec un jour de prise de recul, je me demande pourquoi. Pourquoi à 26 ans ai-je un ovaire stérile ? Pourquoi pourrais-je n’avoir qu’un seul bébé ? Et pas deux ou trois ? Ou autant que je veux – même si je n’en veux pas plus ?

J’ai le sentiment que ma maladie me vole tellement de choses ! Elle me vole ma sexualité et elle m’a volé mon dernier couple. Elle me vole ma santé et mon énergie. Elle me vole la liberté de faire ce que je veux, d’être  « wild », de partir sur un coup de tête, d’aller en festival, de faire la fête comme les autres jeunes de mon âge. J’ai eu cette pensée qui m’est venue en tête tout à l’heure. « Si je n’étais pas occupée à être malade, là tout de suite, je pourrais être à un concert de rock ». Ma vie serait tellement différente si je n’étais pas malade ! J’aurais pu faire tellement de choses ! Je serai quelqu’un de différent !

Je DÉTESTE être malade ! Je DÉTESTE souffrir de fatigue chronique ! Je déteste ne pas pouvoir sortir comme je veux, me promener, voir des gens, faire de la randonnée pour regarder le 1er lever de soleil de l’année depuis le grand Bénard !!!! Non, au lieu de ça, je suis restée coincée toute seule sur mon canap à être malade pour le réveillon !! JE DÉTESTE CA !!! Je déteste être cette personne faible physiquement à cause de sa maladie. Tout le temps fatiguée. Tout le temps ! Même quand je dors beaucoup, prends des vitamines, etc. A quoi ressemble une vie comme ça ????????????????????

Je déteste savoir pourquoi j’ai cette maladie ! A cause de l’inconséquence de ma personnalité dans une vie antérieure, qui a décidé de considérer la maternité comme « une grippe », on tousse un bon coup, laisse les enfants à un foyer d’adoption et hop, on continue sa vie frivole et mondaine, sans se préoccuper de leur devenir. C’est injuste, injuste que moi – la personne que je suis aujourd’hui – doivent payer les pots cassés pour ça.

C’est pour t’apprendre la valeur de la maternité.

En s’assurant que je la désire, mais que – ah ! – je ne puisse pas l’avoir ou qu’avec de grandes difficultés !! Le numérologue que j’ai vu par curiosité, m’a dit qu’il voyait une naissance à l’âge de 38/39 ans. Qu’est-ce que ça veut dire que ça ??!!!! C’est une blague ? La naissance d’un projet c’est ça ? Pourtant il a aussi évoqué la possibilité d’un bébé. Pourquoi une info comme ça m’est parvenue, alors que je n’avais rien demandé sur ce sujet, ni au-delà des 2 ans ???

Je suis en COLÈRE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!  Dans une colère folle ! Ma vie est une blague ! Une grosse blague pour laquelle j’ai l’impression que l’Univers se moque bien de moi ! C’est totalement INJUSTE ! Et le plus hilarant, c’est que j’ai des capacités médiumniques pour tenter de guérir ça ? C’est une BLAGUE !

On ne peut pas guérir de l’endométriose. Au mieux, on peut avoir une rémission. Parce que – hé – bonne nouvelle, l’endométriose est la seule forme de « cancer » dont on ne meurt pas ! (cf la description donnée par le Nouvel Ob il y a 1 ou 2 ans). Car cela se propage exactement comme un cancer, les cellules se diffusent et s’implantent n’importent où, mais bien sûr quasi systématiquement sur vos ovaires – jusqu’à ce que les tissus cicatriciels « mangent vos ovules », votre utérus, vos trompes de Fallope. Je DÉTESTE cette maladie !!

Je déteste qu’elle envahisse autant d’aspects de ma vie, ma santé, mon moral, mon alimentation, mon couple, ma vie sociale mais aussi ma vie professionnelle. Pour m’apporter quoi en échange ??

Une leçon de vie.

Mais quel genre de leçon est-ce là ? J’ai plutôt l’impression de mourir à petit feu qu’autre chose ! Et PERSONNE parmi mes proches ne s’en rend compte ! Personne n’a vécu assez longtemps avec moi depuis ces 6 ans pour se rendre compte. Ils me voient quand je vais bien. Ils m’entendent dire que je suis malade. Mais ils ne voient pas l’impact sur mon quotidien, sur mon énergie. La théorie des cuillères le résume bien, mais parce que ce n’est pas une « maladie grave », personne ne pense qu’elle a autant d’impact sur moi. Je suis sûre que mes amis en Belgique ne savent pas que je suis malade la moitié du temps. Si je vivais là-bas, ils déchanteraient vite au nombre de soirées que je serai obligée de refuser à cause de la fatigue physique. Qui voudrait vivre avec quelqu’un de si souvent malade ? Je me le demande bien…

Et tu sais quoi ? Le pire, c’est de voir que chaque aspect de ma vie, chaque difficulté me pointe et me ramène encore et encore vers ma maladie ! Quelle folie d’avoir pensé un jour que « grâce à ma maladie, j’avais pu m’ouvrir à la spiritualité » ! Parce que ça aussi, c’est une grosse blague ! Qui aurait envie de sentir les âmes errantes ? Les énergies plombantes et les émotions négatives des autres ? Qui aurait envie d’avoir des infos pourris sur ces vies antérieures et de devoir les gérer ensuite ? Qui aurait envie de capter des choses pénibles chez les autres qu’ils ignorent eux-mêmes ? QUI ? Franchement, qui aurait envie d’être médium, en sachant le boulot que cela implique d’apprendre à gérer ses capacités ? Franchement, je comprends bien ce que dit Sylvie par moment…

Je suis totalement découragée. Je sais que je l’ai déjà dit dans mon coup de gueule d’il y a une semaine. Mais dès que mon moral va mieux, que je commence à remonter la pente, pouf je replonge à cause de ma maladie, des vrais montagnes russes. Dès que j’ai l’impression d’avoir fait des progrès, de m’être distanciée d’elle, d’avoir fait les efforts nécessaires pour lui donner profil bas, elle revient m’exploser en plein dans la figure. Je suis fatiguée de ce schéma répétitif. Tout ça pour me mener où ? Nulle part.

My life sucks. Définitivement, je ne vois pas d’avantages…

Tu devrais dessiner ce champ de tulipes que tu as vu.

Ok. Mais laisse-moi te faire une demande. Je demande – à l’ensemble des mes guides – de me montrer les aspects positifs au fait d’être médium. Je vous demande de me prouver qu’il y a de vrais avantages à cet état de fait. Il ne peut pas y avoir que des contraintes, n’est-ce pas ? Ce n’est pas possible, pas avec une reliance au Milieu, où tout est à double tranchant. Il y a forcément des choses positives, non ? S’il vous plait, j’ai besoin que vous m’aidiez à me raccrocher à ces choses positives. J’ai besoin d’aide. Je ne demande pas une réponse immédiate, je sais que je ne suis pas dans un état émotionnel me permettant de capter plus que des phrases courtes. Mais apportez-moi des réponses, quand le moment sera le bon. S’il vous plait. Parce que je me sens vraiment impuissante…

Je t’ai entendu.

Merci.

12 janvier 2017

Positivement surprise ?

Artiste :

Artiste : Kikero1

Je crois que le plus frustrant avec une crise d’endométriose causée par les règles, au-delà des douleurs à supporter, c’est le fait de ne pas pouvoir faire ce que l’on veut, faire des courses, conduire, etc. Repos total exigé, en tout cas pour moi, sous peine de vertiges, voire de malaise. Je me sens un peu stupide quand je constate que prendre ma douche (le fait de rester debout, de me frotter les cheveux) m’a demandé un effort tel que j’ai failli tourner de l’œil juste après. Oui, vous pouvez rigoler avec moi, c’est à ce point-là ! C’est ridicule ! Vous vous imaginez ? Mdr !

Quand me lever aller chercher de l’eau est un défi, je ne vous parle même pas de juste sortir ma poubelle, lol. Mais je suis contente, j’ai réussi ce défi là aussi et ça faisait plaisir de pouvoir mettre un pied dehors après plusieurs jours. Il y avait même du soleil, c’était agréable. J’en ai profité pour prendre mon courage à deux mains et aller demander à la voisine les 2 œufs qui me manquaient pour faire les flans que je voulais. Bon, ils ne seront pas à la pistache, mais cela devrait être bon quand même ! J’ai été surprise d’avoir assez de force pour les cuisiner, mais là je suis toastée, alors ne me demandez pas de me lever du canapé.

En fait, je me suis rendue compte que ce n’est pas tant le fait de cuisiner qui me pèse, que celui de faire la vaisselle. D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours détesté faire la vaisselle. Et j’ai toujours été radine sur le nombre d’ustensiles quand je cuisine, car qui c’est qui les lave après ? C’est bibi ! Et je me dis que dès que ma vie est assez stable pour rester à un même endroit (comprendre un job fixe pour au moins quelques temps), je m’achèterai un lave-vaisselle ! Pourquoi se compliquer la vie quand on peut faire simple ? Et si cela peut me motiver à cuisiner, c’est encore mieux.

Une idée m’est également venue en tête, celle de demander une machine à pain pour mon prochain anniversaire en juillet. Pour pouvoir faire du pain sans gluten. Il va falloir que je me renseigne sérieusement sur ce que cela vaut. Je crois même avoir déjà vu des recettes de brioche sans lactose et sans gluten avec des machines à pain. Je me demande si quelqu’un dans mon entourage pourrait me renseigner. Personne ici n’utilise de machine à pain par hasard ?

J’ai déjà quasiment tous les autres ustensiles de cuisine nécessaires, le mini four et le frigo qui m’attendent dans le garage chez mes parents. Et en écrivant ça, je me rends compte que j’ai envie de retrouver mes affaires et de m’installer ailleurs. C’est la première fois que j’arrive à me projeter en dehors de la Réunion. Oui, par moment, j’ai des bouffées comme ça, l’envie de me rapprocher de mes amis et de ma famille. Même si des fois aussi, je doute et je n’en suis pas sûre. Comme cette histoire d’alimentation dans mon article d’hier.

Je me demande si la « nouvelle » personne, que je suis devenue depuis que j’ai quitté la métropole, peut arriver à faire respecter ses changements d’habitudes, ses nouveaux goûts. Comme je l’ai déjà écrit, je n’aime pas devoir lutter pour imposer ce qui me convient. Etant hypersensible, le manque de prise en considération de mes besoins a vite tendance à me blesser… Cela serait quand même bête que cette peur m’empêche de me rapprocher de ma famille.

Le meilleur moyen de ne pas être blessée est de subvenir à tous tes besoins par toi-même, et surtout de ne pas l’attendre venant de l’extérieur. A la Réunion, tu as été forcée de le faire, tu n’avais ni famille, ni proches en arrivant, et même maintenant que tu as des amis, ils ne sont pas du genre à venir te cuisiner un plat quand tu es malade, comme le ferait ta mère.

Non, pas vraiment. Chacun ses besoins et à chacun sa responsabilité de les remplir par soi-même.

Et bien, tu devrais appréhender le même angle d’approche avec tes parents. Même s’ils seront toujours là pour toi en cas de besoin, tu ne devrais pas attendre d’eux qu’ils t’aident à remplir tes besoins, ainsi tu ne seras jamais frustrée s’ils n’ont pas envie d’apprendre à cuisiner sans gluten. Et tu verras qu’ils l’apprendront un peu, ne serait-ce que pour te faire plaisir de temps en temps.

Oui, je l’imagine bien de la part de mon père, ma mère d’une autre façon…

Tu n’as pas besoin d’imposer ou de lutter. Simplement de rester ferme sur ce qui te convient ou non. Et de prendre le temps de leur expliquer.

Comme tu as pu le constater, c’est déroutant d’enlever autant d’ingrédients de base qui font partie de votre routine culinaire. Tu ne peux pas juste leur dire « je ne mange plus de gluten, ni de lait, ni de beurre, ni de crème, ni de fromage » et les laisser comme ça se débrouiller. Ils se sentiront impuissants.

Fais leur une liste des farines qu’ils peuvent utiliser, et des exemples de mélange de base pour remplacer dans les recettes. Fais également une liste de ce qu’ils peuvent utiliser pour remplacer le beurre et le lait, explique-leur. Imprime-leur des recettes faciles de gâteaux, de pâtes à tarte, etc. Propose à ta mère de cuisiner ensemble pour lui montrer une recette que tu sais déjà faire. Teste la recette de bûche de Noël sans gluten et sans lactose avec ton père. Envoie des recettes simples à ta grand-mère et ton grand père.

Il n’y a rien d’insurmontable. Tu peux leur expliquer et leur apprendre. Ensuite, le choix sera à eux, car tu ne peux rien forcer. Tu verras, cela aura au moins le mérite de les faire réfléchir. Explique bien que c’est par rapport à ta santé et pour ton bien être.

Oui…

Tu auras ainsi fait tout ce qui est en ton pouvoir pour te mettre à leur portée sur ce sujet-là. Tu ne pourras pas dire que tu n’auras pas essayé de te faire comprendre, peu importe le résultat. Cela te permettra de ne pas culpabiliser si jamais tu dois refuser de manger un plat ou rentrer manger chez toi. La vie est comme ça. Tu n’as pas à te rendre malade, ni pour tes amis, ni pour ta famille.

Et s’ils ne souhaitent pas le comprendre, ni l’accepter, ce n’est pas mon problème… Oui, oui je vois. Si la gestion émotionnelle de la chose était aussi simple pour moi, cela se saurait. Mais je vais faire comme tu dis.

Tu ne peux pas présumer de la réaction des gens autour de toi et de leur possible indifférence.

Non, je me rappelle juste des fois où cela s’est mal passé, alors que je m’étais bien expliquée. Mais tu as raison, pas la peine de projeter le passé sur le futur, encore moins le présent. Je vais faire l’effort de faire ce que tu me conseilles, et j’observerai les retours. Peut-être que je serai positivement surprise. Qui sait ?

Merci.

11 janvier 2017

 

Arrêter le lactose ? [endométriose]

Artiste

Artiste : Wlop

Je suis ronchon. J’ai une terrible envie de flan à la pistache, depuis que j’ai lu cette recette ce matin dans le livre de Marion Kaplan. Elle est simple, il me manque juste des pistaches, à ma grande frustration. En fait, j’ai envie de gâteaux, de sucré sous forme de dessert. Évidemment, ça tombe quand je n’ai pas les ingrédients nécessaires. Et que je suis coincée au lit à cause de mes règles (merci endométriose de mon cœur !) qui sont apparus par surprise ce matin.

Le jour où je devais aller voir mon supérieur pour écrire ensemble ces foutus papiers pour rendre ma rupture de contrat concrète. Quelle coïncidence n’est-ce pas ? J’ai longuement hésité dans mon lit à me dire, bon est-ce que j’y vais malgré tout ? Est-ce que je force sur mon physique pour me débarrasser de ça ? Mais en fait, j’ai essayé de me lever et après 3m courbée en deux et avoir vu quelques étoiles, je me suis rendue à l’évidence que 1) je n’étais pas en état de conduire 2) je n’avais pas l’énergie nécessaire pour faire face à mon supérieur. Si d’habitude cela me vide de mon énergie et me rend malade, alors en étant malade, je n’imagine même pas ce que cela donnerait !

De toute façon, tu n’étais pas prête à lui faire face.

Oui, je m’en suis rendue compte hier soir… Au cours de ma crise d’angoisse qui m’a empêché de trouver le sommeil entre 22h30 et 1h30 du matin, pour une fois que je me couchée tôt ! Là, c’était le pompon, pire que toutes les autres ! J’aurais cru qu’avec le temps, j’arriverais à mieux les gérer. J’ai fait les exercices de respiration que j’avais lus dans ce bouquin, les exos pour dédramatiser, un exo de relaxation musculaire. Rien à y faire.

Finalement, j’ai fini par faire cette visualisation de mon égo sous la forme d’un enfant. Et mon égo est dans une grande colère par rapport à mon supérieur. Impossible de me connecter à un sentiment d’amour et de gratitude envers lui. J’ai essayé mais cela sonnait comme creux et vide, comme non sincère. La pensée était là, mais pas l’énergie du cœur. Définitivement, c’est quelque chose que l’on ne peut pas « décider » de pardonner et de ressentir de la gratitude. Je me demande comment j’ai réussi à le ressentir pour les parents de mon amie et pas pour mon supérieur… Et clairement, ça m’embête, parce que sans ça, cela va être difficile de dissoudre dans l’amour et la lumière ce lien de domination qu’il exerce sur moi. Et de partir pour de bon. Je ne sais pas ce que je suis censée faire par rapport à ça…

Laisse-toi du temps. De toute façon tu n’es pas en état de te préoccuper de ce sujet…

Oui, mais…

Je préfèrerais que l’on parle de ton état actuel. Alors comme ça, tu as envie de sucré ?

Oui, mais pas de n’importe quel sucré. Des carrés de chocolat, des tartines miel et purée de noisette, ça ne suffit pas. J’ai envie de gâteaux ! De bons gâteaux, de flans, de roulé à la confiture ! J’aimerais que toutes ces délicieuses recettes sans gluten et sans lactose que j’ai découvertes aujourd’hui apparaissent « pouf » toutes faites devant moi.

Et pourquoi pas acheter des choses toutes prêtes ?

Déjà parce qu’il n’y a pas grand-chose de délicieux et d’accessible financièrement dans les rayons des supermarchés. Et ensuite, parce que la seule pâtisserie sans gluten de toute l’île de la Réunion est à 30 min de route ! Je sais qu’il y a aussi un gars sur le marché de Saint Leu qui fait des produits comme ça, mais autant dire que c’est compliqué d’accès.

Dis-nous vraiment ce dont tu aurais envie.

Et bien, encore mieux… J’aurais envie, que lorsque je suis malade comme ça et clouée au lit, ce soit mes proches qui viennent me voir avec un bon gâteau maison sans gluten et sans lactose… Même si je sais que ce n’est pas possible, parce que 1) ils sont à 6000 km de chez moi 2) ils ne savent pas cuisiner sans gluten et sans lactose.

Et tu ne crois pas que c’est le point 2 qui pose le plus de problème ?

Mes parents ne montrent pas grand intérêt à cuisiner sans gluten et lactose. Je ne sais pas si c’est parce que je les vois très rarement, ou qu’ils n’ont pas envie de faire l’effort d’apprendre ou qu’ils ne se sentent pas concernés. Ma mère a des symptômes que la médecine conventionnelle n’arrive pas à calmer. Je lui ai suggéré de tester un régime sans gluten pour voir si cela la soulageait, mais elle a fait de l’humour et ne m’a pas prise au sérieux.

Je ne suis pas sûre qu’ils changeraient quoi que ce soit à leurs habitudes par rapport à moi, même si je revenais vivre près de chez eux, ou bien encore carrément à la maison. Non, je n’en suis pas sûre du tout. Je ne sais pas ce qu’ils pensent. Mais quand ils étaient en vacances ici, eux ont mangés comme d’habitude, en achetant du pain et des chocolatines. Ils ont même fait des pâtes, moi j’ai mangé du quinoa de mon côté. Ça n’a pas été très facile pour moi, ce n’est pas comme si je n’adorais pas le pain. L’odeur du pain frais dans la voiture était insoutenable. Je ne me souvenais pas à quel point cela sentait si bon et me mettait la salive à la bouche. Ils ne se sont même pas posés la question…

Mais ils t’ont acheté des produits sans gluten.

Oui, c’est vrai, ils ont fait des efforts. Sauf que tout ne peut pas s’acheter. Que se passera-t-il au prochain Noël que je ferai ? Est-ce que mon père cuisinera sa traditionnelle bûche de Noël et moi je les regarderai tous en manger sans pouvoir y gouter ? J’ai peur que tout soit comme ça. Je n’ai pas envie d’avoir à ma battre pour faire accepter mon régime alimentaire. Comme ma grand-mère qui m’a cuisiné un gâteau d’anniversaire à la farine de blé, alors que je lui avais bien expliqué que je ne mangeais plus de gluten. Elle s’attendait à ce que je fasse une exception. J’ai dû lui expliquer que non, je ne pouvais pas faire d’exception, parce que si je commençais à en faire une, tout le monde me demanderait d’en faire une autre. Je trouve ça super dur émotionnellement…

C’est ce qui te rebute à arrêter définitivement les laitages ?

Entre autre. Arrêter le gluten a déjà été un défi. Il ne s’est pas trop mal passé, parce qu’en douceur et de façon progressive. Finalement, chez soi, ce n’est pas si compliqué. Il suffit de remplacer le pain par des crackers sans gluten, et la farine de blé par des substituts. Mais en dehors, ça devient déjà plus dur. Il faut faire une croix sur la majorité des produits préparés et les desserts et pâtisseries. Il faut être vigilant dans les restaurants, laisser tomber les pizzerias, italiens, restos de pâtes.

Mais le lactose en plus ? Ça devient l’enfer à l’extérieur. Le beurre, le fromage, le lait… dans les sauces, les gâteaux, etc. Même pour moi, c’est un dépaysement bien plus complexe que je ne le pensais. Parce que cela change aussi la nature de certaines recettes. Je n’ai toujours pas trouvé de recette de crêpes sans gluten et sans lactose qui me satisfasse après 3 essais différents.

Peut-être vaut-il mieux pas que tu ne cherches pas à reproduire ce que tu connaissais, mais que tu partes sur de nouvelles choses. Comme cette recette de crêpes à la farine de châtaigne ? C’est sûr, le gout sera différent de celles au blé que te faisait ton Papa, mais au moins tu ne chercheras plus la ressemblance. Et qui sait, nouveau peut être bien, non ? Vois tes amies qui t’ont redemandé ta recette de gaufre sans gluten à la farine de châtaigne.

Je croyais que mes problèmes de digestion du lactose n’étaient que passagers ? Que provoqués par la perturbation de ma flore intestinale à cause de ma dépression nerveuse ? Mais que cela allait revenir à la normale ?

Il vaudrait mieux pour toi que tu arrêtes définitivement. Avec ta maladie et tes problèmes de santé, tu serais mieux sans. Tes rêves te l’ont dit.

Oui, à chaque fois que je rêve de manger quelque part, au restaurant ou ailleurs, je demande « sans gluten et sans lactose ». Et franchement, j’ai du mal pour le lactose, parce que j’adore tellement le fromage !

Tu peux garder le fromage de chèvre pour l’instant, en petite quantité. Pas plus d’une portion par jour, ok ?

De toute façon, je ne suis pas prête à renoncer à ça. Ça fait trop d’un coup. Je me suis rendue compte que mon manque d’envie de cuisiner ces derniers temps était dû au fait que je n’ai pas d’envie compatible avec ma nouvelle alimentation.

On ne peut pas avoir envie de ce que l’on ne connait pas. Il faut te refaire un répertoire. Tu as très bien vu aujourd’hui qu’il existait de nombreuses autres recettes qui te faisaient envie. Laisse-toi du temps. Et prends la peine de cuisiner des choses qui te font envie. Tu verras que le résultat en vaudra l’effort et que tu auras le sentiment d’avoir pris soin de toi en faisant ça.

Laisse-moi deviner. Une pensée m’est venue ces derniers temps. Mon endométriose comme mon intolérance au gluten sont là pour me forcer à prendre soin de moi, c’est ça ? Avec le gluten et le lactose, je suis obligée de cuisiner moi-même, plutôt que de me laisser aller à la facilité en achetant des choses toutes prêtes. Et l’endométriose et les crises de fatigue chronique me forcent à me reposer, à ralentir le rythme, à écouter mon corps… C’est pour ça que même si je fais un travail psychologique et énergétique, ma maladie ne partira pas ?

Pas tant que tu n’auras pas réellement appris à prendre soin de toi et que tu le feras sans contrainte. Imagine-le comme une opportunité.

Je ne trouve pas ça juste, quand d’autres peuvent manger n’importe quoi sans s’en soucier.

La vie n’est pas « juste » dans le sens où vous êtes tous égaux. La vie est « juste » pour chacun d’entre vous, selon votre parcours propre et les choses que vous avez à guérir ou à apprendre.

Hum… Merci pour la discussion.

10 janvier 2017

 

Le temps, une illusion ? [endométriose]

Artiste :

Artiste : Wlop

J’ai été surprise aujourd’hui que ma grand-mère me pose des questions sur ma maladie, l’endométriose. J’en avais parlé autour de moi, il y a un an et demi, lorsque le diagnostic avait été posé et que j’avais appris ce que c’était. J’ai aussi pas mal écrit à ce sujet ici sur mon blog, notamment , ici ou encore dans cet article (plus d’articles sur le sujet dans la catégorie « Endométriose »). Du coup, cela me semblait clair pour mon entourage. Mais je me rends compte que finalement, peu ose poser des questions, comme si le sujet de la maladie était tabou, et encore plus quand cela concerne les organes génitaux. Du coup, ils ne connaissant que des généralités, celles qu’ils peuvent trouver dans des livres qui ne sont pas à jour, ou pour les plus connectés sur google.

Je me rends compte néanmoins qu’on en a une bien meilleure connaissance quand on est concerné, que l’on a eu des explications détaillées par son médecin, qu’on est membre d’une association qui défend la cause de cette maladie (cf EnfoFrance), que l’on a rencontré d’autres personnes malades et échangé avec, et que l’on a assisté à des conférences présentées par des médecins. Il n’y a pas à dire, l’accès à des données scientifiques fiables aide à mieux comprendre la chose et à l’expliquer de façon factuelle. Et qui, de mieux concerné pour apprendre tout ça, que quelqu’un qui doit vivre avec au quotidien ?

Et encore, malgré cela… Aujourd’hui j’ai reçu dans ma boîte email un appel au témoignage pour de l’endométriose hépatique. J’ai été surprise car je n’avais encore jamais entendu parler d’un tel cas. Mais après tout, les cellules de l’endométriose peuvent bien s’installer partout… Et sur plein d’autres organes que l’utérus et les ovaires. J’ai rencontré quelqu’un qui en avait sur le diaphragme, une autre sur la vessie. Les atteintes du rectum sont classiques et bien que mon IRM montre que je n’en ai pas, je me pose des questions au vu de mes symptômes… J’ai entendu une malade qui a une amie avec  une atteinte au cerveau…

La réalité, c’est que selon les organes touchées, certaines personnes en meurent réellement, ou bien sont en fauteuil roulant (atteinte des nerfs). Évidemment, on n’en parle pas, parce que cela effraye et montre bien l’impuissance de la médecine fasse à certaines situations. Ce n’est pas pour dramatiser que j’explique cela, mais bien pour souligner que même si l’endométriose est classé comme « maladie bénigne » par la sécurité sociale, elle peut malgré tout être mortelle – heureusement dans de rares cas.

Cela souligne également que malgré la première campagne de sensibilisation qui a eu lieu en 2016, cette maladie reste mal connue et mal comprise. Par exemple : j’ai fait une rapide recherche sur les symptômes d’une endométriose hépatique. En 2004, seul 8 cas avaient fait l’objet de données scientifiques publiées (source : http://www.em-consulte.com/en/article/121704 ). Autant dire, quasiment rien, et les données accessibles sont uniquement en jargon médical. Je comprends pourquoi cette personne a fait un appel à témoignage. C’est très difficile de se savoir malade, mais de ne pas avoir d’informations sur comment la suite se passe une fois que le diagnostic a été posé… Une opération a probablement été proposée. Mais quelle sont les chances de rémission sur cet organe-là précis ? Après tout, on sait qu’en moyenne dans 30 à 40% des cas, il y a récidive des nodules après les avoir enlevés mécaniquement. Cela vaut-il la peine de subir une opération aussi lourde ? C’est ce genre de questions qu’une femme atteinte d’endométriose peut se poser.

Mais il y en a tellement d’autres… Des questions plus subtiles, qui portent sur l’atteinte au moral. A chaque fois qu’une crise a lieux, et que je suis clouée au lit par les douleurs, je me demande : « Mon corps peut-il vraiment supporter une sexualité quand il souffre tellement à certains moments ? Serai-je capable d’être en couple de nouveau un jour malgré ma maladie ? Comment mon corps pourrait porter un enfant, avec tant de douleurs en lui ? Serai-je capable d’avoir une « vie normale » et de travailler avec toutes ces crises ? » Les peurs et les doutes affluent à tire d’aile et rende l’immobilité encore plus insupportable.

A vrai dire, j’ai été étonnée que ma grand-mère ose me poser tant de questions, comme « et tu crois que cette maladie empêche vraiment de travailler ? » Alors je lui ai expliqué que cela dépend de chaque femme. La maladie est spécifique à chaque cas. D’abord parce que la douleur n’est pas proportionnelle à la gravité des nodules. Une femme très atteinte peut ne rien sentir, quand une autre avec quelques petits nodules peut souffrir au point de perdre conscience (et oui, ça existe, j’en connais). D’autre part, parce que l’impact de l’endométriose n’est pas le même selon les organes qui sont atteint, et enfin parce qu’on ne peut pas quantifier la fatigue physique que cela entraîne (le corps doit digérer le sang et les zones d’inflammation après chaque crise) et ses effets secondaires : baisse du système immunitaire et on se choppe tout ce qui passe, crise aigüe de fatigue chronique, courbatures, douleur au dos et sciatique, etc… Ni la fatigue morale, qui peut mener à des dépressions nerveuses, notamment quand l’environnement n’est pas assez réceptif et propice (cf votre dévouée auteure).

Bon, tout ça pour dire quoi ? J’avais promis à mes guides d’écrire sur ce sujet s’ils m’aidaient à prendre en charge la douleur de ma crise d’il y a 2 jours. Et les rappels sont venus en force m’y encourager.

Être malade, ce n’est jamais drôle, mais quand c’est chronique, qu’il n’existe pas de traitement pour guérir (seulement pour contenir la maladie) et qu’on connaît mal la maladie, cela complique encore les choses. Je suis passée d’une période de ma vie où je ne me définissais que par mon état de « malade » alors qu’à l’époque – c’est ironique – je n’avais même pas de nom à mettre dessus à cause du retard de diagnostic. Maintenant, j’en viens à ne presque plus en parler.

Et c’est un tort parce que cela t’affecte plus que tu ne le penses. Mais on dirait que tu n’es pas prête à laisser tes émotions sortir de la bouteille.

J’avoue que cela me fait peur… Je ne pensais pas que j’aurais eu une réaction émotionnelle si forte aux questions de ma grand-mère. Que dire ? Que je me sens perdue par rapport à ma maladie ? Il semblerait que j’ai atteint le plafond de ce que la médecine conventionnelle peut faire pour moi. Après plusieurs essais de traitement, mon gynéco m’a dit qu’on ne pourrait pas faire mieux sans que les effets secondaires soient encore plus forts. Sauf que mon traitement n’a pas tout résolu, loin de là ! Il m’arrive encore d’avoir des règles (leur suppression étant la seule méthode efficace pour contenir la maladie) et les autres symptômes… Ma sciatique…  Est-ce mécanique ? On est-ce dû à une atteinte des nerfs ? Comment je fais pour améliorer ça ? Je ne peux pas rester comme ça à ne pas pouvoir conduire de façon libre…

Tu as une maladie chronique. Il faut que tu acceptes l’idée que tu auras toujours des symptômes, quelle que soit la forme qu’ils prennent. Mais au lieu de te concentrer sur eux, tu peux te concentrer sur ton bien être. Sur trouver les actions et les activités qui te font réellement du bien.

Accepte que tu n’es pas comme les autres femmes.

Je ne sais pas pourquoi, je bloque sur ça. J’arrive à accepter l’idée que j’ai une blessure à l’âme concernant ma féminité, mais l’accepter sur le plan physique… C’est insupportable, je me sens « marquée ». C’est insupportable aussi l’idée que je doive endurer ça à cause de mes blessures à l’âme et de mes vies antérieures !!

Tu peux le dire.

Ce n’est pas juste. Pas juste du tout. Pourquoi dois-je me préoccuper de guérir ça ? Pourquoi ne puis-je pas vivre une histoire d’amour heureuse ?

Il y a des raisons à tout empêchement, tu le sais. C’est juste trop dur à accepter. Comme l’idée de devoir te contenter de relations d’amitié, quand toi tu voudrais vivre le grand Amour avec ta flamme jumelle.

Je déteste cette situation. Je déteste savoir que ce n’est pas possible, pourquoi ce n’est pas possible et pourtant ne rien pouvoir y faire, là tout de suite ! Le temps ! Pourquoi faut-il tant de temps pour guérir !

Le temps est une illusion.

Oui, je le sais en théorie, mais en pratique !! Moi, la personne que je suis aujourd’hui, je n’ai qu’une vie, peu importe le nombre de fois que mon âme devra se réincarner pour surmonter les enjeux qu’elle s’est fixée. Alors, oui le temps compte pour moi… et sur ce, je vais me coucher !

4 janvier 2017

Un chat est un chat

Auteur :

Auteur : Les Rêves de Celia

Je sens une grande frustration en moi. Elle est apparue à la suite d’une conversation avec un ami, qui me demandait ce que j’avais fait la semaine passée, et ce que je comptais faire. Ce à quoi je n’ai pas répondu grand-chose, à part que je n’avais pas trop eu la forme physique… Je n’ai pas ressenti sur l’instant l’ouverture nécessaire pour me confier. Qu’aurais-je pu bien dire ? J’ai encaissé le nettoyage énergétique de fin d’année et travaillé à la transmutation des émotions qui me pesaient ? J’ai continué mon travail d’exploration des mémoires familiales ? J’ai consacré du temps à développer ma créativité et mon intuition ? J’ai écrit sur mon blog ?

C’est parfois rageant de se rendre compte que tout le travail intérieur, émotionnel et énergétique que l’on fait ne se voit pas de l’extérieur, pour la plupart, et encore moins à distance. Ce genre d’échange me donne parfois l’impression que je ne fous rien sur le plan matériel. Comment expliquer qu’en réalité, je fais avec le corps que j’ai et que celui-ci est très vite impacté par les émotions et les énergies ?

Alors oui, des fois, je craque. J’aimerais que mon corps soit plus fort et en meilleure santé, que je puisse sortir et conduire quand je voudrais, que je puisse reprendre la danse et aller nager. Que je ne sois pas obligée de rester couchée pour limiter les douleurs, ou de faire deux siestes par jour. Que je ne sois pas obligée non plus de faire ultra attention à mon alimentation à cause de mon endométriose. Que je n’ai pas des crises de fatigue aiguë chronique. Etc, etc…

Je ne sais pas pourquoi j’ai un corps physique si « faible » ou tout du moins qui somatise à ce point. Au point que je n’ai pas le choix de faire un travail sur mes émotions et sur mes énergies. La moindre pollution énergétique extérieure, ou émotion refoulée devient tout de suite un mal à la gorge, une douleur… Alors je n’ai même pas le choix, pour aller mieux, je dois en tenir compte.

Des fois, j’aimerais tout envoyer valser. J’aimerais ne pas avoir ces contraintes-là de vie liée à mon hypersensibilité. Comme quoi, il y a du boulot à faire au niveau du contrôle de mes capacités et de ma gestion énergétique. Je ne demanderais que ça, qu’on m’explique comment je suis censée faire. Parce que des fois, je me sens putain de seule – excusez-moi pour la grossièreté mais ça fait du bien. Heureusement que j’ai la chance de pouvoir lire des blogs comme ceux de Sylvie et de Camille Fraise. Sinon, j’aurai pété les plombs depuis longtemps. Ils représentent pour moi un flambeau d’espoir et d’inspiration, et un modèle de ténacité.

Mon propre blog n’a évidemment pas cette prétention-là. Je l’avais créé au départ pour partager mes poèmes couplés à mes propres photos, avec une vision plutôt d’écriture littéraire. Et puis finalement, mon inspiration a dévié, et je ne suis plus capable d’écrire des poèmes comme je le faisais autrefois, comme pris dans une transe émotionnelle. Je me demande même pourquoi j’écris encore ici. Enfin, je le sais, on dirait que le partage est mon moteur pour canaliser. Même si des fois ça m’embête un peu, car j’ai l’impression de « copier » le modèle de Sylvie – surtout quand je partage mes photos en même temps.

En quoi est-ce un mal de « copier le modèle de Sylvie » ?

Je ne sais pas, cela me met parfois mal à l’aise.

Parce que tu te sens moins légitime qu’elle à écrire ce que tu captes ?

Evidemment. Je ne suis pas capable de nommer et distinguer mes guides. Je me sens comme un bébé dans la cour des grands à côté d’elle et de Camille.

Pourtant, tu te rends compte que ce que tu perçois est aussi une réalité pour les autres. Notamment cette histoire de fenêtre et de porte dans la relation aux autres.

Oui, mais… Je perçois peut être certaines choses sous un certain angle de par ma reliance au Milieu… Cela ne veut pas dire pour autant qu’elles soient justes. Ou que je sache mettre les bons mots dessus.

Un chat est un chat. Une phrase est composée d’un sujet, d’un verbe et d’un substantif. Voudrais-tu changer la structure même de la grammaire ? Il n’y a pas 36 façons d’écrire. Il faut aligner les mots. Et pour un échange interactif, un dialogue est ce qu’il y a de plus efficace. Sylvie ne l’a pas inventé. D’autres personnes qui canalisent utilisent ce modèle là aussi. Tu peux également écrire des articles inspirés sans dialogue, mais là c’est plutôt ton âme qui parle à travers toi, que nous tes guides qui t’inspirons.

Ah bon ? Je me demandais qu’elle était la différence. J’entends ce que tu dis, mais cela ne fait pas disparaitre ma gêne.

Il n’y a pas de suprématie à avoir. Ce n’est pas parce que le blog de Sylvie est bien plus vieux ou populaire que le tien que tu n’es pas légitime pour écrire ici. C’est ton espace, tu y partages ce que tu es. Il n’y a pas de comparaison à faire. Tout est complémentaire.

Je le sais… Alors pourquoi je ressens cette gêne liée à tant de tristesse ?

Parce que tu aimerais que tes proches reconnaissent ta médiumnité et l’acceptent. Tu voudrais qu’ils comprennent le travail que tu fais en ce moment, qui est pourtant invisible aux yeux des autres. Tu voudrais qu’ils ne te jugent pas et ne pensent pas que « tu ne fous rien ». D’un point de vue officiel, tu masques ta période de purification intensive sous l’appellation d’une « dépression nerveuse ».

Ce n’est pas moi qui ai choisi le terme, c’est le psy…

Certes, ce que tu vis possède tous les critères d’une dépression nerveuse. Toi et moi savons pourtant qu’il se passe bien plus de choses que cette appellation limitée.

Oui… mais combien de temps cela va-t-il encore durer ? Mon ostéopathe parlait de 3 mois… Mais les 3 mois sont passés !

Cela prendra le temps qu’il te faudra. Tu ne manques de rien à ce que je sache ?

Non, mais comment je le justifie aux yeux extérieurs ? Qu’est-ce que je dis à ma famille, aux personnes qui me posent des questions ?

Il est temps de réfléchir à ce que tu veux projeter dans le monde extérieur qui t’entoure. Penses-tu pouvoir cacher toute ta vie que tu es médium ?

… Je n’y ai jamais vraiment réfléchi, parce que je crois que je ne me suis jamais considérée comme telle. J’ai encore du mal à comprendre réellement ce que cela veut dire, et je ne sais même pas quel type de médium je suis, pourquoi et comment gérer mes capacités !

Sur le pourquoi, tu as déjà eu ta réponse. Tu penses que pour s’affirmer médium, il faut être capable de guider les autres et de les aider à guérir. C’est comme ça que tu le vois, parce que tu as l’exemple de Sylvie sous les yeux. En réalité, c’est bien plus complexe que ça et il existe des tas d’autres types de médium.

Pourquoi ne suis-je jamais tombé sur d’autres exemples ?

Tu en as eu. A vrai dire, tu en connais même un certain nombre dans ta vie physique. C’est juste que comme ces personnes-là ne savent pas forcément non plus quelle est leur particularité, tu n’identifies pas forcément le rôle de la médiumnité chez eux.

Non définitivement pas… Chez Sylvie et Camille, elles ont chacune trouver leur spécificité, ce qui les définit en tant que médium. Cela parait clair et évident, quand moi j’ai la sensation de patauger.

Tu oublies également que tu n’as que 26 ans, et que Sylvie et Camille ont également longtemps « patauger » pour reprendre tes termes. Il faut te laisser du temps. Tu ne peux pas avoir toutes les réponses alors que tu t’ouvres à peine et réellement à ta guidance. En revanche, tu peux pour progresser faire le choix d’écrire tous les jours comme Sylvie le faisait.

Oui, j’ai senti le message passer. Ecrire, écrire, écrire. Ça tombe bien, c’est un des trucs où je ne suis pas trop mauvaise et que j’aime faire. Comme une de mes amies me l’avaient souligné. Mais où cela va me mener d’écrire ici sur la spiritualité ?

Cela te mènera où tu dois. Tu aimerais avoir des réponses sur ton orientation professionnelle. Nous te le disons franchement, « ce n’est pas le moment ». Concentre-toi déjà sur l’apprentissage de la gestion de tes émotions et suis ton intuition de te concentrer sur ta santé pour le temps qui vient.

Ok, mais j’en reviens à ma question de tout à l’heure. Comment je justifie ça auprès de ma famille ?

Crois-tu que tu as réellement besoin de te justifier ? Dépends-tu financièrement de quelqu’un ?

Non, mais… Je sens déjà la pression familiale qui commence pour que je cherche un boulot.

C’est parce qu’ils s’inquiètent pour toi. Apprends à les écouter avec ton cœur, apprends à les rassurer. C’est toujours en apaisant la peur que l’on libère les poids émotionnels. Et il n’y a pas de meilleur remède que l’amour pour ça. Remercie-les. Fais leur comprendre que tu entends leur inquiétude et que tu l’as prend au sérieux. Explique-leur simplement que tu as d’abord besoin de rétablir ta santé pour pouvoir prendre les bonnes décisions et ils le comprendront. Fais leur confiance.

Hum…

Et réfléchis à ce que nous t’avons posé comme question sur ta médiumnité. Tu sais quelle carte tu as tiré aujourd’hui, tu n’as pas compris pourquoi sur le moment, mais cela fait sens maintenant. Cette carte t’invite à oser rayonner qui tu es. Quel mal y a-t-il à être médium ?

J’ai entendu tellement de critiques, d’accusations de charlatanisme, de manipulation etc, que…

Es-tu ce genre de personne ?

Non.

Les proches qui te connaissent le savent aussi. Il n’y a pas de raison qu’ils portent ce genre de jugements.

Je sais… mais j’ai pourtant le cœur qui se serre. J’ai peur d’être rejetée à cause de ça. Car mes parents ne sont pas très ouverts sur le sujet de la spiritualité. Et mes rares tentatives se sont souvent soldées par une incompréhension.

Il y a l’art et la manière d’expliquer. Ta tante ne s’est jamais moquée de toi quand tu lui as parlé de l’âme de ta mamie. Ta mère n’a jamais critiqué ta volonté d’accompagner ta grand-mère lors de son « passage vers la lumière ». Une de tes amies s’est ouverte au chamanisme suite à tes encouragements. Une autre est capable de discuter de spiritualité avec toi, même si elle vit la sienne très différemment. Tu as même un ami à toi, très sceptique envers tout ça, qui arrive à t’écouter sans jugement. Tes proches sont plus ouverts que tu ne le crois. Même ta propre sœur.

Je me demande des fois pourquoi je suis la seule comme ça dans la famille. Y en avait-il d’autre dans les générations précédentes ? J’imagine qu’en réalité, cela n’a pas grande importance. Je me questionne juste sur comment faire avec, alors que je fais seulement mes premiers pas en pleine conscience et dans l’acceptation de cette réalité.

C’est déjà un grand progrès. D’accepter sans opposer des « pourquoi » à chaque fois que tu reçois une guidance. C’est la clé pour la développer et t’y ouvrir encore plus. La foi. La foi que ce que tu reçois est juste pour toi, la foi que ce que tu captes est aussi légitime que ce qu’une autre personne capte. Encore une fois, la guidance est propre à chacun. Ce que tu captes peut être juste pour toi, mais ne pas correspondre à un autre. Cela ne veut pas dire que c’est « faux ou vrai », tu le sais. Cela signifie simplement que tu ne peux pas te tourner vers l’extérieur pour être rassurée et voir tes guidances confirmées. Je le répète encore une fois, la clé c’est la Foi.

Oui, au moins, cela ne diverge pas de ce que Sylvie canalise, lol.

Il y a autant de médiums que de personnalités, même si on peut distinguer des grands groupes. Avec le temps, tu découvriras tes propres particularités. Mais ne mets pas la charrue avant les bœufs. Apprends à développer ta foi et ton ouverture à ta guidance. Un pas après l’autre, comme vous dites.

Merci.

3 janvier 2017