La première des médecines

Artiste : Piccolo-kun

La première des médecines est d’avoir un bon sommeil, me souffle-t-on à l’oreille.

Mais, pour moi qui lutte à trouver le moyen de faire des nuits complètes, qu’est-ce que cela veut dire « un bon sommeil » ? Qu’est-ce que c’est ? Et comment est-ce qu’on y parvient ?

Evidemment, il y a tous les conseils de bon sens que vous pouvez trouver à divers endroits : se coucher à heure fixe, faire une activité calme avant d’aller au lit, éviter les stimulants (caféine, etc). Mais cultiver un bon sommeil va au-delà de ça. Dans un monde où l’on dort de moins en moins, cultiver un bon sommeil est un peu comme aller à contrecourant. Au lieu de chercher à faire plus, produire plus, être plus pour répondre aux exigences énormes de cette société de consommation, chercher à avoir un bon sommeil est un état d’esprit qui appelle au ralentissement. Ralentir pour donner un repos réel et efficace à son corps, et pas juste un minimum vital dont on doit s’accommoder.

D’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé dormir. Petite, j’aimais que mes parents me lisent des histoires au coucher avant de m’endormir. J’adore la sensation d’une couette chaude et moelleuse alors qu’il fait froid en dehors du lit. Et puis cet engourdissement bienfaisant de l’esprit, où tout est léger et irréel. J’ai toujours beaucoup rêvé et j’adorais ça, car je sentais un esprit bienveillant veiller sur mes nuits. Ainsi enfant, je n’ai, il me semble, jamais subit d’attaques astrales dans mon sommeil.

Comment en suis-je passée à avoir peur d’aller dormir et à repousser l’heure du coucher ? A passer des nuits longues et difficiles, où la douleur physique me réveille et m’empêche de dormir ? Où le mental en profite pour tourner en rond et me harceler de doutes et de questions ? Où les attaques astrales se faufilent par moment dans mes rêves ? Où mes rêves deviennent pénibles, fatiguant et où le travail énergétique qui se fait me rend plus fatiguée au réveil qu’au coucher ?

C’est de cette façon il me semble que l’on tombe dans une spirale vicieuse. Le manque de sommeil entraine une fatigue sur tous les plans, corporel, émotionnel, mental et énergétique. Je deviens fatiguée, alors je dors dès que j’en sens l’envie, cassant ainsi ma dynamique et mes cycles de sommeil. La fatigue s’accumule, avec elle, je suis plus irritable et plus sensible à la douleur. La douleur augmentant et restant continue, je dors de moins en moins bien… Et la boucle est bouclée… La seule solution : casser le cycle.

 

La première des médecines est d’avoir un bon sommeil.

Pour cela, il est nécessaire d’apprendre à se connaitre. Quels sont mes besoins en sommeil ? Plutôt 6h, 8h ou 10h ? Suis-je du matin ou du soir ? Ces facteurs dépendent de notre capital génétique mais aussi de notre âge, ils évoluent au cours du temps avec nous et notre corps. Autant vous dire que rien ne sert d’appliquer le miracle morning, si vous êtes du soir comme moi. Il est parfois difficile d’accepter un besoin en sommeil important (9h ou plus) quand la société tend à imposer un rythme 23-7h, voire moins. Pourtant, à un moment, il est nécessaire de poser une priorité.

On ne sait pas que l’on vit en dette de sommeil, tant que l’on n’a pas mis en place des nuits de sommeil suffisamment longues et ce de façon quotidienne. C’est le jour et la nuit. Je m’en suis rendue compte lorsque j’avais changé d’études, de ville et de cercle social. J’étais passé d’un état de zombie qui s’ignorait, à une personne enfin en pleine possession de ses moyens intellectuels, de sa capacité d’observation et de sa faculté à s’ouvrir aux autres. Tout ça parce que je dormais plus.

Manquer de sommeil, c’est comme survivre la tête dans un bocal. Les idées sont confuses sans qu’on le sache, on passe son temps à courir après la compréhension des choses, des gens, des situations, et cela rend le quotidien encore plus fatiguant. On ne pense qu’à se reposer, sans en avoir le temps, puisqu’on accumule le retard car la fatigue nous rend plus lent. C’est bien un cercle vicieux.

Pour avoir un bon sommeil, il ne suffit pas de se coucher suffisamment tôt, bien que cela aide. Vous pouvez le faire, et ne pas forcément réussir à vous endormir. Je pense qu’une bonne nuit de sommeil se prépare, comme une bonne journée avec un petit dej’ adéquat. J’imagine que c’est pour cela que l’on trouve des articles de blog du type « mon rituel du soir avant de me coucher », décrivant ce que la personne fait pour se mettre dans un état d’esprit propice au sommeil.

De mon expérience, la préparation à un bon sommeil passe par plusieurs points :

  • Mettre en place un environnement adéquat : certains ne supporteront pas la lumière (fermer les volets), ou bien le bruit (mettre des boules quiès), d’autres peuvent avoir besoin d’une chambre rangée, d’un lit bien fait, d’une porte fermée ou ouverte, d’une température fraiche ou chaude, d’une moustiquaire, d’une veilleuse ou pas, d’un talisman ou d’une peluche de « protection ». Selon votre histoire et vos blessures, vous aurez besoin d’identifier quelles sont les conditions dans votre chambre qui vous permettent de vous sentir en sécurité pour relâcher votre vigilance.

Par exemple, dans mon cas, j’ai besoin de savoir que la porte d’entrée de ma maison est fermée à clé, et que je connais les gens qui dorment dans cette maison, pour rassurer ma peur d’être violée dans mon sommeil.  Pour d’autre, ce sera la peur du noir, etc…

Précisons que pour certains, il sera indispensable d’avoir une confiance absolue en son (sa) partenaire, même passager(e) pour bien dormir à côté.

  • Nettoyer l’émotionnel : difficile de bien dormir quand des émotions nous pèsent sur le cœur, notamment à cause d’évènements vécus au cours de la journée. Prendre un temps le soir pour identifier ses émotions et les extérioriser permet de se sentir plus léger. Pour ma part, c’est là que j’aime bien sortir mon journal intime et que celui-ci m’aide grandement à faire un peu de ménage. Mais vous pouvez utiliser le dessin, le chant, le sport…
  • Apaiser le mental : de la même façon, il est difficile de s’endormir lorsque l’on ressasse des pensées, ou que le mental turbine à cent à l’heure. Il existe de nombreuses façons pour le calmer, là encore écrire dans un journal peut aider. Pour ma part, j’évite également de stimuler trop mon mental avant de me coucher : un roman trop prenant me maintiendra en haleine, je me suis rendue compte que les films et ciné du soir avaient tendance à polluer la qualité de mon sommeil, car mon mental s’y raccrochait durant la nuit. On peut aussi tenter de déconnecter le mental en faisant des exercices de respiration, de méditation, ce qui rejoint le point suivant…
  • Tenter de détendre le corps physique : pour moi, c’est un des points les plus difficiles avec mes douleurs chroniques. J’essaye de le rendre confortable au maximum, en calant avec des cousins, utilisant une bouillotte sur les zones douloureuses. Des exercices de respiration et de décontraction peuvent aider. Et quand la douleur est trop forte, j’essaye de m’échapper de mes sensations physiques jusqu’à m’endormir. Je visualise une prairie verte où coule un ruisseau agréable. Ou bien encore un lac de lumière dorée où je peux laver mes zones douloureuses et voir la douleur se dissoudre dans l’eau. Si vous avez un partenaire volontaire, un massage décontractant peut aider… Une bougie parfumée, des draps tout doux, etc.
  • Entretenir des énergies « propres » : comme vous ne dormiriez pas dans un lit infecté de puces ou plein de déjections, vous préférerez probablement dormir dans un lieu « sain » au niveau des énergies. C’est là que le rangement et le ménage peuvent aider, lorsqu’ils sont faits en conscience et avec l’intention, à assainir les énergies de votre chambre. Il existe également diverses techniques de purification des énergies, dont la fréquence est à adapter selon ce que vous ressentez. Etes-vous bien dans votre chambre ? Est-ce un lieu où vous pouvez vous détendre en journée ? Où n’y allez-vous que pour « l’obligation de dormir » ? Vous y sentez-vous mal en journée ?
  • Protéger énergétiquement son sommeil : ce volet-là est un sacré volet, qui variera grandement d’une personne à l’autre. Selon que vous êtes médiums ou pas, sensibles aux entités ou âmes errantes ou pas, ce point sera plus ou moins à prendre au sérieux. Pour certains, les guides sont là pour faire le boulot, ou une demande d’aide et d’accompagnement peut suffire. Pour d’autres, l’entretien régulier des énergies sera suffisant pour décourager les petites entités. D’autres (bénis des Dieux dirons-nous) n’auront jamais aucun soucis, soit qu’ils n’attirent pas les problèmes, soient qu’ils sont naturellement protégés.

Alors, vous l’aurez deviné en lisant ce blog, je ne fais malheureusement pas partie de cette dernière catégorie. Car il y a aussi le groupe de ceux qui se font plus ou moins harcelés durant leur sommeil, parfois sans le savoir. Je ne dirais pas qu’il y a une méthode générale pour régler ce problème, c’est faux car cela dépend de chaque cas. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que cela n’arrive pas par hasard. Jamais. Si vous êtes attaqués dans l’astral durant votre sommeil, ce n’est pas parce que vous êtes une pauvre victime prise au hasard (ou alors c’est vraiment très très rare). En général, c’est parce que vous présentez des failles émotionnelles ou énergétiques qui permettent à diverses entités de se frayer un chemin et de se nourrir de vos énergies. Ces failles, souvent inconscientes, peuvent être des blessures de diverses origines. Dans tous les cas, c’est à vous de faire le boulot de prise de conscience et de guérison, qui permettra la fermeture des failles et donc condamnera l’accès à des entités extérieures. Je ne dis pas que c’est facile. C’est un travail parfois long et ingrat, mais il n’y a pas vraiment beaucoup d’autres solutions durables… Mettre des protections énergétiques en place autour de vous marchera un temps, mais cela vous fatiguera et ne tiendra pas sur le long terme, mieux vaut aller à la source du problème.

  • Prendre en considération vos rêves. Je sais, certains rêves, d’autres pas. En réalité, plus l’on accorde de l’attention à ses rêves, mêmes les plus banaux, et plus ceux-ci deviendront au fil du temps un canal d’expression. La manière façon pour cela est de les écrire dans un carnet à rêve, tous les matins, dès le réveil. Et ne me dites pas « oui mais mes rêves sont nuls ou ne veulent rien dire… » Oui, peut être que cela sera le cas au départ, et même moi, j’en ai encore. Mais en tendant l’oreille, vous ouvrez une porte aux messages. Ceux-ci peuvent vous donner des indications sur la qualité de votre gestion émotionnelle, mentale ou énergétique qui peut faire obstacle à un bon repos. Vous donner des conseils comme chez Camille Fraise. Ou bien, comme moi, vous renseigner sur des tentatives d’intrusion par des entités.

Voici pour le tour d’horizon de quelques pistes afin d’améliorer son sommeil. Quand il y a un réel problème de fond derrière, il faut s’attendre à ce qu’une telle démarche prenne du temps et ne soit pas effective dès les premiers jours. Mais ce travail de fond peut être vraiment bénéfique. Bien dormir, c’est avoir les ressources nécessaires pour bien vivre sa journée.

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Rythme de vie

Artiste :

Artiste : Kuvshinov-ilya

Les journées commencent à raccourcir, nous serons bientôt à l’équinoxe et à la fin de la saison cyclonique pour mon île de l’hémisphère sud. C’est bizarre, je n’ai pas l’impression de vraiment changer de saison, car le climat est assez constant et l’amplitude des jours est finalement assez petite. Mais je me sens déphasée. En métropole, c’est bientôt le printemps, ici c’est bientôt… ?? Il n’y a pas vraiment d’automne comme je le connais, les arbres ne perdent pas leurs feuilles, sauf les platanes qui ont été ramené d’Europe et qui se situe de l’autre côté de l’ile. C’est la dernière « saison » que je n’ai pas encore vue. Après, j’aurais fait un tour de cadran complet, un an. Le répéter ne m’enthousiasme pas du tout… Mais bon, c’est comme ça. Autant que j’en prenne partie et que je me concentre sur ce qui me fait du bien et me fait plaisir.

J’ai très envie de m’allonger dans l’herbe et de regarder les nuages. Mais il y a bien très peu d’endroits où l’on peut faire ça. Pas sans faire de la route pour monter haut dans les montagnes… Ici les habitations sont très étalées partout, et l’espace agricole est occupé à 80% par des champs de canne à sucre, surtout près de la côte là où tout le monde habite. Les parcs sont rares et souvent bondés de monde, de coureurs, de famille, de jeunes… Bref, il semble même impossible de pouvoir y faire la sieste tranquille un midi, entre les sportifs et les agents d’entretien qui sont là tout le temps et font pas mal de bruit… Et pourtant, j’ai déjà bien essayé !

Je me dis que j’aimerais bien avoir un jardin pour m’y ressourcer, n’avoir qu’à sortir de chez moi pour m’allonger dans l’herbe, écouter les oiseaux et le vent dans les feuilles de palmier. Mais avoir un jardin ici, c’est un boulot monstre ! Il faut passer son temps à l’entretenir toutes les 2 ou 3 semaines… car tout pousse sans arrêt à une vitesse folle. Je n’aime pas trop ça. J’aime la lenteur et le cycle des saisons paisible de métropole. Mais en même temps changeant et se renouvelant en douceur.

C’est bizarre, parce que c’est ici, alors que le cycle de la nature ne prend pas vraiment de repos, que tout est de feu et que tout pousse en permanence, que les gens ont le rythme de vie le plus tranquille. Ici, beaucoup de gens font le 35h pile poil, surtout les fonctionnaires mais même les magasins. Les horaires sont du genre 7h30- 11h30/12h30-15h30 ou bien les petits magasins font 8 ou 9h-12h/14h-17h d’ouverture. Même une majorité de grande surface ferme entre 12 et 14h, c’est fou ça ! Impossible de faire du shopping en débauchant (sauf dans les grandes galeries marchandes des centres commerciaux qui ferment à 19 ou 20h). Ni d’aller à la banque ou aux assurances quand on a les mêmes horaires de boulot. C’est assez surprenant comparé à la métropole ou tout est ouvert jusqu’à 18 ou 19h au moins. Et puis le rythme suit beaucoup celui des enfants, or ici les vacances sont réparties différemment avec 1 mois et demi en décembre et aussi en juillet, plus des séries de 10 jours entre. Du coup, moi en ne prenant jamais de congés, j’ai l’impression que les gens sont très souvent en vacances… Evidemment, ce que je dis sont de grandes généralités, car je vois certaines agriculteurs ou pépiniéristes à leur compte bosser 9h 7j/7 presque. Mais globalement, le rythme de vie semble plus tranquille et l’on dit souvent ici « ça va doucement » à la question « comment vas-tu ? ».

Bref tous ce hiatus pour expliquer qu’en métropole, le rythme de base suit plutôt 39h, que l’on voit rarement les gens débaucher avant 18 ou même 19h. Qu’il faut toujours en faire plus et encore plus et ne pas compter ces heures, l’opposé quoi. Malgré des saisons plus marquées avec un hiver qui incite au repos, le rythme de travail reste intensif toute l’année, sauf peut-être pendant les 2 mois de vacances l’été, et encore, tout dépend du domaine de travail (boom touristique et pleine saison en production végétale). Les gens y sont beaucoup plus stressés qu’ici. Je ne dis pas ça parce que je pense que les réunionnais sont des feignants, non. Je pense que le rythme de vie est différent et que c’est une réalité.

Mais pour moi, c’est une réalité que j’apprécie, souffrant de fatigue chronique avec mon endométriose. Quand je suis arrivée ici, je sortais d’un job où je faisais 50 à 70h par semaine, et où je travaillais 1 we sur 3. Travail en plus assez physique. J’étais au bout du rouleau, épuisée, mon corps n’en pouvait plus. J’ai très lentement récupéré ici, mais la différence de rythme m’a vraiment permis de beaucoup me reposer. Et surtout de dormir plus. Je me rends compte que j’ai besoin à minima de 8h de bon sommeil par nuit. Quand pendant mes études, si je dormais 7h par nuit c’était une grosse nuit ! Et pas parce que je faisais la nouba, mais parce que j’avais cours de 8 à 18h, devais me déplacer en bus, et travailler mes cours le soir. J’étais en état de fatigue permanent en réalité. Je commence seulement à découvrir quelle tête j’ai sans de grosses cernes !

Et maintenant, dès que tu enchaines plus de 3 nuits avec moins de 7h de sommeil, tu ne te sens pas bien.

Oui, je viens de remarquer ça… Aujourd’hui j’étais particulièrement mal, j’avais des troubles pour me concentrer et même m’exprimer de façon cohérente, mon cerveau tournait au ralenti. J’ai eu mal à la gorge, la même douleur que j’avais en permanence pendant mes études. J’ai des cernes gigantesques, toutes mes veines gonflées. Je me sens lourde et incapable de réfléchir… Et je finis par comprendre que mes coups de froid chronique et mes mal de gorge permanents étaient dus à de la fatigue, un manque de sommeil et au stress aussi.

Que tu compensais en mangeant beaucoup, et sucré aussi.

Je ne pense pas que je pourrais revenir à ce rythme de travail si intensif, où finalement je ne suis pas forcément plus productive parce que je suis trop stressée et j’ai les idées trop embrouillées. Je fais alors tout au radar et c’est rarement dans ce genre d’état que j’ai de bonnes idées fulgurantes. Je n’ai pas non plus envie de ne vivre que pour mon travail, et l’idée d’avoir un peu de temps en fin de journée pour un loisir créatif ou un projet me plaît bien. Toute la question étant quel projet…

Mais je vois bien, que même si le travail me plairait, je ne suis plus capable de faire 50h/semaine… Mon corps ne me le permet pas en fait. J’ai encore du mal à récupérer quand je fais des grosses semaines avec beaucoup de terrain. Et avant, je passais mes we à me remettre sur pied et me reposer plutôt qu’à vivre et profiter, tout simplement. Je n’en ai plus envie, simplement parce que pour moi, le quotidien ne devrait pas être une corvée, et que l’on devrait vivre pour en profiter. Alors certes il est nécessaire de travailler, et je m’ennuierais si je ne travaillais pas, car j’aime ça quand je fais quelque chose qui me plait. Mais je ne veux pas passer ma vie à travailler.

Ce qui me fait me poser des questions sur mon futur retour en métropole. Comment puis-je trouver un travail qui satisfait à ces exigences d’horaires ? Je pourrais être à 80% ou 90% d’un temps plein ? Ne pas être cadre ? Parce qu’en étant ingénieur, ça me parait compliqué… Quand on a un salarié ingénieur, on préfère le « maximiser » plutôt que d’en avoir deux. Les ingénieurs en général font souvent beaucoup d’heures. Et quand ils sont cadres, ils sont rarement aux 39h (jamais au 35h c’est une bonne blague qui n’existe pas en métropole – sauf dans les services publics peut être ?) et ont souvent un contrat à la mission = pas de limites horaires pour remplir les objectifs, souvent haut placés. Contre seulement quelques RTT de plus… bref l’arnaque.

Tu tiens un discours que tu n’aurais jamais tenu il y a quelques années. A te lire, on pourrait même croire que tu es une feignante.

Eh bien, face à ma santé, à mon moral et à l’état général de ma vie, je me rends compte qu’on ne peut pas faire un boulot efficace sur le long terme si on est mal dans sa vie. Et pour être bien dans sa vie, quand on ne fait pas le job de ses rêves, alors il faut profiter de la vie à côté.

Donc tu ne fais pas le job de tes rêves ?

Je ne sais pas quel est le job de mes rêves. Je ne sais même pas s’il existe… Après tout, la motivation est peut être comme le reste, elle varie selon les périodes. Il faut probablement l’entretenir et la nourrir…

Il faut surtout que ce que tu fasses parle à ton cœur.

J’ai remarqué que j’étais déjà beaucoup moins en conflit, à faire un travail d’intérêt public pour une association, une mission qui ne cherche pas à faire simplement du profit mais à construire quelque chose, construire une filière durable. Je me sens tellement mieux par rapport à ça ! Avant, j’avais l’impression lors de mon job et de mes stages que mon boulot était vide de sens, car il ne servait qu’à produire encore et encore pour enrichir des dirigeants… Et alors, je n’arrivais plus à rien, plus à me motiver et les journées étaient une torture sans fin.

Pourtant les journées sont parfois longues même ici.

Oui… Parce que je n’apprécie pas forcément l’ensemble de mes tâches, que je suis souvent seule et que je n’ai parfois pas grand-chose pour me stimuler, éveiller ma curiosité et me pousser à trouver de nouvelles idées… Du coup, vu que je m’ennuie, je suis démotivée, et alors j’arrive encore moins à travailler et être efficace…

Quelle serait pour toi une journée idéale ?

Une journée où je travaille sur un projet qui me demande de faire des recherches, de brainstormer avec d’autres personnes, de chercher des idées, de proposer des solutions. Ça j’aime bien. Mais il faut que cela varie, j’aime bien aller sur le terrain de temps en temps, pour être en contact avec la réalité sur laquelle je travaille, pour connaître les plantes et les infos techniques, et ne pas rester abstraite et théorique. J’aime aussi par moment échanger et faire du transfert, partager. J’aime que mes missions soient variées dans le temps (les unes après les autres) et qu’elles soient stimulantes.

Ici, tout était très stimulant au début parce que tout était nouveau, que j’avais tout à apprendre. Même s’il me reste beaucoup de choses à apprendre, et que j’en aurais toujours, la nouveauté s’estompe, et l’ennui arrive. Je pense que c’est pour ça que j’étais soulagée de finir mes stages à chaque fois, car je m’ennuyais à la fin.

Il te faut en effet une stimulation intellectuelle soutenue et fréquente, avec des phases de repos. Je sais que tu te demandes comment tu as pu rester pour la 1ere fois aussi longtemps dans une structure. C’est parce que vous être peu nombreux, que tu dois être polyvalente, jongler avec les sujets, que de nouveaux projets apparaissent et disparaissent.

Même si mon collègue m’en parle beaucoup moins et me sollicite moins… il m’a mise dans une case, et ne m’en fais plus trop sortir, contrairement au début.

Il n’a pas forcément compris que tu aimes les défis et la nouveauté. Il te laisse à ce que tu sais déjà car il t’a vu démotivé et peu productive à la période où tu allais le plus mal…

Hum… Il faut que je réfléchisse à ce que je peux faire contre l’ennui au travail.

L’idée d’un projet perso à côté est bonne. Cela te permettrait en effet de prendre confiance en toi, comme le disait Sylvie.

Je suis d’accord, cela me permettrait aussi d’aller de l’avant sans ressasser le passé, de construire quelque chose pour retrouver un peu ma capacité à agir, à créer, à donner forme à mes idées. Toute la question est quoi ? Il faut que ce soit quelque chose de stimulant, je viens de le comprendre, donc un défi qui permette de me motiver. Mais qu’il n’y ait pas d’enjeux pour que cela reste un loisir et ne me mette pas la pression. Et enfin, il faut que cela me fasse envie, m’excite au moins un peu…

De là, tu devras faire des efforts pour avoir un peu de constance jusqu’à la fin de ton projet. A moins qu’il ne soit très rapide, ce qui te permette de contourner le problème de l’ennui amené par la répétition, et le désintérêt qui suit.

Oui mais quoi comme projet ?

Commence par quelque chose de petit, qui soit accessible, avant d’augmenter le niveau.

Apprendre le japonais me parait trop long pour commencer, même si j’aimerais bien m’y mettre un jour. Mais j’ai compris que j’ai besoin de vrai cours, parce que sinon je n’arrive pas à bosser régulièrement, je repousse et je repousse…

D’où les cours d’astrologie. Tu n’aurais jamais eu le courage de t’y mettre avec des livres, même si tu as l’intelligence pour apprendre seule. Le problème c’est qu’il te faut du concret, des exemples, des échanges, quelque chose d’interactif pour capter ton attention. Sinon tu t’ennuies, comme un petit enfant. Tu as envie qu’apprendre soit ludique, parce que tu aimes ça. C’est comme un jeu pour toi, un défi qui te permet de comprendre. Tu aimes les cours où tu comprends le pourquoi des choses. Tu détestes le par cœur sans queue ni tête et sans la moindre explication. Prends ces éléments en compte. Observer ne te suffit pas. Tu aimes bien ça, mais un club d’astrologie t’ennuierait parce que c’est trop passif et ne demande pas assez de réflexion. Garde-le comme loisir ponctuel pour des soirées découvertes.

Humm… Je vais y réfléchir. Merci.

8 mars 2016