Un peu de ménage…

Photographe : Celia Witchlight

 

J’ai toujours été admirative des gens qui arrivent à écrire et à publier tous les jours. Certes, il y a une organisation derrière cela, une passion et/ou une motivation. Mais il faut aussi savoir quoi écrire tous les jours ! Et c’est une question qui me trotte dans la tête, depuis que j’écris si peu ici : comment cultiver son inspiration ?

J’ai commencé ce blog, il y a fort longtemps pour y partager mes poèmes, adossés à mes photos. Puis, au fur et à mesure que ma médiumnité se révélait et que je commençais à sentir des choses et entendre des entités, je me suis mise à écrire à ce sujet. Je remettais les choses en question, je prenais du recul pour essayer de comprendre ce que je vivais. Je partageais mes drôles de sensations, j’essayais de gérer mon hypersensibilité. J’ai beaucoup bataillé avant d’accepter l’idée d’écrire avec mes guides.

Je me souviens aussi du tâtonnement pour prendre confiance en moi. Quel intérêt de partager ? Qui allait me lire ? A quoi ça servait ? Devais-je prendre un pseudonyme ou pas ? Partager mon blog avec mes proches ? J’avais du mal à croire en l’intérêt de créer mon propre espace d’expression. Et puis j’ai fini par comprendre que cela me faisait du bien à moi-même. Cela me permettait de m’aider à gérer les émotions et les énergies au quotidien, à m’apporter une compréhension et un recul nécessaire. J’appréhendais les choses sous un angle différent de ce que je pouvais lire chez Sylvie, chez Camille. J’arrivais enfin à cerner un peu mieux mes spécificités concernant la médiumnité. Mon ancrage au Milieu m’apportait des challenges et des informations différentes. C’était intéressant de pouvoir croiser les choses et échanger dessus. J’ai aimé ça.

Et puis, ce trou, ce vide, ce manque d’inspiration. Je ne savais plus quoi écrire, ni sur quoi écrire. Je n’entendais plus mes guides, alors que je n’avais plus de discussion à retranscrire. Je crois que j’en suis encore à essayer de comprendre le pourquoi.  Cette envie et en même temps cette frustration, de ne pas réussir à m’assoir devant mon ordinateur, à écrire quelque chose, à partager quelque chose. Le temps passe, les échanges s’amenuisent, les liens se distendent…

Avoir un espace numérique, c’est un peu comme créer un lieu d’échange. Si on n’est pas présent pour l’animer, il se vide peu à peu. Il n’y a plus personne pour faire la poussière, apporter des fleurs fraîches. Les gens qui passent, sans réponse, continuent leur chemin. Le partage spontané ne se fait plus. Les habitués ne viennent plus.

Mais pourquoi écrit-on ? Est-ce que l’on écrit pour créer du lien ? Offrir un espace d’échanges ? Ou déverser ses pensées quoi qu’en fassent les autres ? Ecrit-on pour soi ? Ou pour les autres ? Ou pour une raison inconnue qui nous pousse à le faire ?

J’ai toujours cherché à identifier la raison qui me poussait à publier sur mon blog. Pourquoi mes guides ne venaient pas me parler si je ne le faisais pas ? Je me posais souvent cette question, elle revenait régulièrement dans mes articles et j’en venais à la conclusion que je ne le savais pas vraiment. Juste que tant que cela m’aiderait, je continuerais… Alors ai-je arrêté parce que cela ne m’aidait plus ?

Il faut dire que j’ai eu des moments de doutes. Parce que, je ne sais pas pourquoi, mes écrits ont motivés des attaques énergétiques. Je n’ai jamais pu comprendre quel était l’objectif de ces personnes mal intentionnées. Ça m’a saoulé, j’ai pourtant continué comme si de rien n’était. J’avais des choses à en apprendre c’est sûr. Ce que les guides laissent passer, est là pour nous enseigner quelque chose. Parce qu’on a toujours les capacités à relever le défi, contrer l’attaque, apprendre de cette expérience. Il n’empêche, c’est pesant et fatiguant. N’avais-je pas déjà les mains assez pleines à gérer ma santé et mon hypersensibilité ?

Alors, j’ai écrit, ailleurs, juste pour moi. J’ai commencé un roman dont le thème (bizarrement, lol) porte sur la spiritualité. Pendant des mois, j’ai écrit plusieurs pages chaque jour. Et là, l’inspiration ne manquait pas. Elle était peut être parfois un peu capricieuse, il fallait aller la chercher par la main, la cajoler ou bien même la menacer de lâcher le morceau. Mais elle pointait toujours le bout de son nez à un moment ou à un autre. Jusqu’à ce que je prenne confiance en elle. Oui, mon inspiration est là. Elle attend que j’ouvre mon cahier d’écriture et que je tende l’oreille. Que je lui consacre du temps et de l’attention. Peut-être que parfois les choses sont aussi simples que ça. Il suffit de s’assoir, de prendre un crayon, d’être patient et d’y croire. J’ai envie de faire la même chose ici pour mon blog.

 

« Je m’assoie ici, je regarde le soleil pénétrer par la fenêtre et illuminer les grains de poussières qui voltigent. Depuis le temps, il y a du ménage à faire. Pas de doutes, il faut que je m’y mette. J’ouvre la fenêtre en grand pour laisser l’air frais entrer. Je sors mon chiffon et astique les meubles. Une fois lestés de leur épaisse couche de poussière, les tons bruns et miels du bois répandent une douce lumière au soleil. Je passe le balai, chasse les moutons de poussière, les vieilles plumes et les papiers roulés en boule jetés au sol. Tous mes écrits raturés, tous les vieux papiers inutiles et les lettres désobligeantes accumulés dans la boite aux lettres, je les place au centre de ma vieille cheminée en pierre. J’allume un feu délicieux qui les consume en cendres. Le bois qui brûle craque et le feu répand sa mélodie bienfaisante.

Je vide les placards pour mieux les assainir et les ranger. Je lave le restant de vaisselle abandonnée. Je jette les fonds de bouteille périmés. Une fois les chaises rangées sur les tables, je passe un grand coup d’eau additionnée de romarin pour nettoyer le sol. Je demande à une petite fée ondine de m’aider à purifier les énergies de ce lieu. En riant, elle joue avec moi tandis que je passe la serpillière, elle aime quand cela brille et sent bon. Je la remercie avec une cuillère de miel. Un peu de cire sur le parquet, quelques bougies parfumées allumées et voilà le lieu déjà plus accueillant. Une fois tout rangé et remis en place, il ne me reste plus qu’à disposer de petits bouquets de lys blancs sur les tables.

C’est déjà mieux, je m’assoie dans le silence. C’est tranquille ici. J’ai toujours aimé que ce lieu soit à l’abri des foules. Y venait, par un mystérieux hasard, quelques passants égarés qui trouvaient ici quelques bricoles pour les aider, avant de reprendre la route. Et puis, il y avait les habitués. Je me dis qu’il est temps de leur faire signe. Je retourne à la porte d’entrée pour placer l’écriteau « ouvert » visible de l’extérieur. J’appose au seuil de mon entrée une barrière de gros sel et quelques talismans de mon secret. Sont bienvenus ici, tous gens, du moment qu’ils sont bien attentionnés. Je mets de l’eau de source à chauffer, c’est l’heure de la tisane relaxante… »

16 août 2018

 

Photographe : Emmanuel Dautriche

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Patience et créativité

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Artiste : Kuvshinov-Ilya

Il y a de ces sujets où écrire dans mon journal intime ne suffit pas à résoudre les conflits émotionnels qui m’agitent. C’est dans ces moments-là qu’écrire avec mes guides me manquent le plus. J’aimais avoir leur éclairage, leurs conseils et leur aide pour rendre du recul. Je ne saurai dire pourquoi pendant tant de mois ils ne se sont pas manifester directement auprès de moi.

Suis-je trop déconnectée de moi-même et de mon étincelle intérieure pour les entendre ? Suis-je trop tourmentée par mes émotions et mon mental pour avoir la clarté nécessaire de canaliser ? Ai-je une hygiène énergétique insuffisante et un canal encrassé ? Ou bien est-ce une de ces périodes de « débrouille-toi », où mes guides décident de rester là, mais à distance, pour que j’apprenne les choses par moi-même ?

C’est un mystère pour moi… Je ne comprends pas toujours, voire rarement, les aléas de ma guidance personnelle. Cela m’a beaucoup affecté au départ. J’aime écrire et partager les guidances reçues sur mon blog. Mais j’ai fini par accepter. Peut-être est-ce une histoire de cycle. Ou de ressources intérieures. Peut-être ai-je tourné les miennes vers d’autres horizons et ce n’est pas forcément plus mal. En tout cas, c’est comme ça… Les messages passent autrement par moment, via les rêves, les « synchronicités », les cartes et les rencontres. Je ne pense pas qu’on « arrête d’être connectée », on l’est peut être juste d’une autre façon.

Je n’ai plus écrit avec mes guides depuis des mois. Mais j’ai le plaisir de m’être remise à la peinture et des images de tableaux « me viennent ». C’est irrépressible, j’ai envie de les peindre. Elles me restent en tête jusqu’à ce que cela soit fait. Et j’avoue que j’aime ça. Même si je n’avance pas très vite et de façon sporadique. Mais quel sentiment de complétude quand la toile est terminée.

Et puis, je me suis mise à une autre forme d’écriture, celle d’un roman. Et là aussi, je sens que c’est un processus hautement spirituel, autant par le sujet que je traite, que par la façon inspirée dont j’écris. C’est très instructif et cela me permet d’explorer le processus de création depuis l’intérieur. Car après tout, je trouve que pour l’art, « c’est en forgeant que l’on devient forgeron ». Alors je me laisse porter par cette vague de créativité géante et irrésistible. « Créé ! » « Ecris ! » « Dessine ! ».

Plus j’ouvre mes oreilles et mon cœur à cette créativité et plus je ressens cet appel de façon forte et irrépressible. Impossible de l’ignorer, sinon une frustration démesurée s’abat sur moi et rien n’y fait. Et même quand je l’écoute et que je sors mon crayon pour dessiner, il m’arrive quand même d’être écrasée sous le poids de cette frustration inconnue. Pourquoi ?

L’art a cette chose de frustante qu’il est long à créer. Ecrire un roman, cela prend des mois… Peindre une toile, cela prend des heures, et parfois le processus s’étale sur des mois (parce qu’il englobe d’autres réalités énergétiques derrière). Et cela me frustre. Le plus dur pour moi, c’est d’apprendre la patience. Ce n’est pas pour rien que je n’ai jamais eu envie d’apprendre à peindre à l’huile. Il faut des mois pour que la toile sèche ! Je préfère nettement l’acrylique, qui sèche bien plus vite. On peut même tricher en utilisant un sèche-cheveux pour accélérer le processus. Alors vous imaginer ? Faire des courbes de constructions et des dessins par étape… trop long ! Cela me semblait impossible. Force est de constater que parfois, en prenant son temps, on « réussit » plus vite. Une bonne préparation, même longue, est parfois la meilleure clé pour arriver au résultat souhaité. Donc je tente d’apprendre à prendre mon mal en patience…

Mais que faire de ce sentiment de frustration qui me met mal à l’aise et me rend parfois franchement de mauvaise humeur ? D’où vient-il ? Qu’essaye-t-il de me dire ? A creuser…

 

11 octobre 2017