Respecter la femme en soi

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Artiste : Chibi-oneechan

J’ai très mal dormi… Je ne sais pas si c’est la nouvelle lune, ou bien une montée de kundalini, mais pfff. Je n’aime pas me réveiller comme ça.

Des rêves intéressants ces derniers jours ?

Oui… Bon, si j’ai bien compris : une opération de l’endométriose entrainerait une grande perte de vitalité chez moi ?

Oui, mais pas que.

Je n’ai pas réussi à comprendre si c’était un rêve explicatif sur un évènement passé, ou bien un avertissement pour le futur. Tout se mélange, j’ai du mal à distinguer les types de rêves, même les voyages astraux.

Les sensations sont différentes.

Oui, mais encore ?

De toute façon, ce qui est intéressant, c’est les messages que tu en retires. Alors pas d’opération ?

Oui, pas d’opération pour l’instant. De toute façon, la décision était déjà prise. L’analyse de mon thème astrologique était très défavorable. Et le médecin a dit la même chose : cela ferait plus de bien que de mal en ce moment, étant donné la neurosensibilisation pelvienne. Je suis quand même soulagée que le médecin ait dit la même chose, ça aurait été plus compliqué pour mon mental si j’avais eu 2 opinions contradictoires.

Il ne sert à rien de forcer.

Oui, j’ai compris. Quand ce n’est pas le moment, ce n’est pas le moment. Je vais continuer de prendre soin de moi, de suivre mes traitements et d’essayer de rendre la situation la plus confortable et vivable possible, avec les outils que j’ai.

Tu commences à en avoir quelques-uns.

Et bien, il faut ce qu’il faut, après tout, avec l’endométriose, on parle d’une maladie à vie, même si elle n’est pas létale, elle est chronique. Mieux vaut apprendre à vivre avec, aimer son corps et le chouchouter à travers cette épreuve.

A une époque, tu cherchais à tout prix à t’en débarrasser.

C’est vrai. Une part de moi était persuadée, qu’en travaillant suffisamment sur mes blessures intérieures, et avec des soins énergétiques, je pourrais court-circuiter la maladie. Si en soit, ce n’est pas impossible, ce n’est pas le but qui est important, mais le chemin parcouru. Donc, apprendre à prendre soin de moi et m’aimer, telle que je suis, même malade.

Tes perspectives de futurs commencent à changer ?

Et bien, je ne sais pas. Oui, j’imagine que je peux apprendre à être heureuse et épanouie, même avec une maladie chronique pénible. Je recommence à espérer rencontrer quelqu’un qui m’accepte et m’aime telle que je suis, sans chercher à me changer ou à me « guérir ».

C’est une force en même temps qu’une faiblesse. En quoi est-ce une force ?

En quoi est-ce une force, hein ? Bonne question. Cela m’a permis de prendre conscience des énergies féminines, de leur fonctionnement cyclique, de leurs importances dans notre être. Cela m’a poussé aussi à regarder les blessures qui peuvent toucher les femmes, toutes les mémoires négatives, transmises par les lignées, mais aussi au sein de notre société patriarcale. Il est lourd, de nos jours, d’être une femme. Longtemps j’ai rejeté la femme en moi car je n’arrivais pas à accepter cette réalité. J’aimerais que cela soit joie et légèreté, et non contraintes, jugements et attentes.

Pourquoi la femme va si mal dans votre société ?

Je ne sais pas, peut-être parce qu’on ne lui accorde pas assez d’attention et d’amour pour ce qu’elle est vraiment, les femmes en premières. On attend d’elles beaucoup de choses, qu’elles soient obéissantes, qu’elles gèrent la maison, qu’elles aient des enfants, et maintenant qu’elles travaillent autant que les hommes. Qu’elles soient belles et désirables, mais pas trop non plus. Les femmes libres et sauvages font peur en majorité.

Ce qui me choque, c’est à quel point toutes les croyances négatives s’installent jeune dans notre société. L’autre jour, j’entendais des lycéens parler. D’abord un groupe de garçons : c’était atterrant, la façon vulgaire dont ils parlaient des filles, et avec fierté pour frimer devant leur copains. Est-ce ça « être fort » à leur âge : dénigrer le féminin ? J’avais envie de leur demander s’ils oseraient parler de leurs propres mères et sœurs de cette façon. Comment l’homme peut respecter la femme si on ne leur inculque pas ce respect dès la jeunesse ?

Mais le pire, c’est le 2ème groupe que j’ai entendu. Deux garçons échangeaient des blagues sexuelles et parlaient de façon très dévalorisante des filles. Et la fille qui était présente, plutôt que de les reprendre ou de contester, elle rigolait à leur blague. Et là, je me suis dit, « mince, elle ne voit pas le mal que ça lui fait, d’être dévalorisée sans rien dire ». J’ai alors pensé : c’est par là qu’il faut commencer, apprendre aux jeunes filles à se respecter elle-même en tant que femmes.

On ne peut pas se faire respecter par autrui, si on ne commence pas par soi-même se respecter d’abord.

29 septembre 2019

Trouver sa voix

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Je ne sais même pas par où commencer tellement c’est le bazar dans ma tête.  Au message reçu par Sylvie « On me dit de te rappeler que la foi est une flamme qui s’entretient et qui part de la foi en soi avant toute chose », je me sens profondément découragée. Pourquoi ?

Pourquoi certains jours, la foi en la vie semble couler de source et j’arrive à ressentir une forme de sérénité ? Et pourquoi d’autres jours, je ne sais même plus ce que veut dire le mot « foi » ? Et encore moins comment m’y connecter et raviver cette flamme ? Comme si je n’en avais plus la force, tellement je me sens parfois fatiguée et découragée. Comme si ce mot s’était vidé de son sens, à force d’errer dans cette nuit de l’âme et ce brouillard sans fin. Comme si l’absence d’amélioration face à la maladie malgré mes efforts l’avait vidé de sa substance.

Comment faire face quand on est submergé par un raz de marée de souffrance, de fatigue, de désespoir et de doutes ? Où trouver la matière pour entretenir cette flamme quand tout s’est écroulé autour de soi ? La perte de repères physiques, la perte d’un partenaire, la dégradation de ma santé, l’arrêt de ma vie professionnelle, l’altération de mon cercle social ?

J’imagine que la mort de tout ce que l’on croit connaitre,  de tout ce que l’on croit désirer, n’est là que pour mieux nous aider à renaitre à nous-même, nous pousser à l’introspection pour apprendre à vraiment se connaitre, et à ainsi mieux pouvoir suivre la voix de son âme.

Mais où est la mienne ? Pourquoi je ne l’entends plus ? Elle s’est soudain tût et je me retrouve dans un silence assourdissant, où seuls mes acouphènes me tiennent compagnie. Ne plus entendre la voix de ses guides quand on se sent plus perdue que jamais est difficile. Sentiments d’abandon, de douleur et d’incompréhension face aux appels à l’aide qui semblent rester sans réponse.

Comment prendre du recul sur ce que l’on vit lorsque l’on est constamment submergé de vagues émotionnelles douloureuses ? De tristesse, de solitude, de peurs et de doutes ? L’esprit cherche à rationaliser, à comprendre. Pourquoi ? D’où cela vient ? Quels sont les déclencheurs ? Mémoires émotionnelles qui remontent ? Travail d’épuration de la Kundalini ? Ou que sais-je d’autre ? Et pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi ? Comme s’il fallait que tout ait un sens pour supporter cette souffrance, une finalité, un objectif « ainsi je n’aurais pas vécu ça en vain ». Qui supporterait de vivre de la souffrance gratuite sans aucune utilité ?

Mais les émotions ne peuvent pas se rationaliser, car elles se vivent dans le cœur. Elles émergent et me submergent, peu importe leurs origines et le chemin qu’elles prennent. Elles effacent toute la sagesse et les guidances reçues, toute la patience et la foi en moi. Elles me retournent, et me laissent vidée, dans l’incompréhension, la solitude et le sentiment d’être impuissante. Impuissante à contrôler mon hypersensibilité, mes nuits et rêves agités, mon état de santé totalement aléatoire et fortement impacté par mes nuits.

Comment dans ces conditions trouver le calme et la foi pour prendre des décisions par rapport à mon orientation professionnelle ? Comment avoir le courage et la foi d’imaginer un chemin professionnel dans la relation d’aide à autrui ou la thérapie, quand je ne semble pas capable moi-même de faire face à la maladie, à l’hypersensibilité et surtout à mes propres doutes ?

J’ai une liste de métiers potentiels établie avec la psychologue du travail qui m’accompagne dans la démarche de réorientation demandée auprès de Pôle Emploi. Après de nombreux échanges et questionnaires, il est temps d’appliquer la méthode de « l’entonnoir », resserrer les possibilités pour mettre au point un projet professionnel cohérent, me renseigner sur le métier et les formations.

Mais je regarde cette liste et je me demande où est ma voie. Où est ma voix ? Je me sens comme paralysée, face à l’idée de choisir et de m’engager dans une direction, et ma peur de me tromper ressurgit. Ma peur de mal choisir, de ne pas en être capable, de ne pas réussir. Pourquoi rien ne résonne-t-il comme une évidence ? Pourquoi toutes les options ne me semblent que de longs parcours du combattant, pour lesquels je ne me sens pas prête ? Ma confiance en moi semble s’étioler plus que jamais, les doutes me submerger et la clarté me fuir.

Comment dans ces moments-là peut-on entretenir sa foi en soi-même ? Quel acte concret et quotidien peut-on poser chaque jour pour nourrir cette flamme, quand tout à l’extérieur semble peser pour l’étouffer ?

Parfois, j’aimerais bien que l’on me donne « la bonne réponse ». Peut-être est-ce pour cela que ma guidance s’est tût, c’est à moi de la trouver par moi-même. Personne ne peut choisir à ma place. C’est à la fois un beau cadeau et en même temps une lourde responsabilité. Comment choisir quand je ne sais pas ce que je veux ? Ni ce dont je suis capable ? Ni vers quoi je veux aller concrètement ?

Faire un pas au hasard ? Avoir la foi que je ferais le bon choix quel qu’il soit ? Je sais qu’en vérité, peu importe le chemin, c’est la façon dont on le vit qui importe. « Tous les chemins se valent », il n’y en a pas un bon ni un mauvais, ce ne sont que des expériences. Et comme la vie est évolution, rien n’est jamais figé, on peut changer d’avis, rebondir, évoluer. Alors pourquoi ai-je si peur de me tromper ou de ne pas être capable ? Comment guérit-on ce genre de manque de confiance en soi ?

21 juin 2017

A long walk

Auteur :
Auteur : Les Rêves de Celia. Croquis petite plage de l’Etang Salé.

[Texte en anglais. La flemme de traduire en français aujourd’hui.]

 

 – It’s been hell of a long road. Do you think this path will lead me somewhere?

– I’m guessing the only way to find it is to keep walking, again and again, one step after another one.

– Are you sure it’s gonna take me somewhere?

Well, you don’t have somewhere to go, you’ve got to become yourself. The destination doesn’t count, you know.

– Sure, but it does matter to me that I’m seeing some improvements. If the landscape is always the same, how do I know that I’m really walking forward? And not simply standing still? Or worse, moving backward?

– Only faith can respond to this fear. As it is, you don’t need to go anywhere, well actually, not in your inner landscape. The outside world is only a reflection to help you looking in the mirror.

– Oh, well… That’s been helping me so much, thanks…

– Don’t mock me. You’re the only one choosing to make yourself unhappy. By your way of thinking, yours fears and your way of acting.

– Oh, so how I should do?

– Be gentle with yourself. Always. That’s all what will be needed for you to realise that your landscape is moving, and growing pretty nice. Even if slowly.

26 janvier 2017

Ce vide intérieur

Artiste : kuvshinov_ilya
Artiste : kuvshinov_ilya

Après tous ces stages sur le féminin, toutes ces rencontres, ces émotions et tous ces ressentis, je me sens vide. Me voilà rentrée chez moi, et après une semaine à courir dans tous les sens, probablement mon inconscient ne voulant pas faire face à ce vide, je me retrouve seule face à moi-même.

Je ne suis plus la même qu’il y a 2 mois, depuis le début de cette folle aventure, nommée Cœur de Femme. Mais même lors de changements positifs, le processus reste tumultueux et perturbant. Je ne suis plus la même, et encore une fois, je ne sais plus qui je suis. Un peu moins renfermée, un peu plus sûre de mon corps, un peu plus ancrée et un peu plus reliée aux autres femmes. Certes. Mais Qui Suis-Je ? Me voilà de nouveau complétement différente, et étrangère à moi-même.

Peut-être devrais-je arrêter de lutter et de chercher à ma définir, puisque la vie est mouvement perpétuel, et donc que j’évolue à tous les instants. Alors pourquoi ce besoin de savoir ? Probablement un besoin de repères intérieurs, alors que mes repères extérieurs sont toujours inexistants depuis le grand bouleversement de ma vie. Un part de moi essaye désespérément de chercher des repères externes auxquels m’accrocher, mais il n’y en a pas, car tous mes proches sont de l’autre côté de cette planète.

Quand tout le monde est occupé à préparer et à fêter Pâques en famille, je me retrouve seule face à mes manques et mes douleurs, face à mon corps fatigué et ses messages si difficiles à décrypter. On m’a dit quelques fois que le chemin pour aller vers soi-même n’est pas « paix, joie et amour », en réalité il est très inconfortable, j’ai pu m’en rendre compte. Pour accueillir cette paix, cette joie et cette foi en la vie, il faut d’abord créer de l’espace, faire de la place en transmutant les blessures, les nœuds et les souffrances qui nous limitent. Mais ce processus est terriblement difficile, car pour y arriver, il faut bien faire face, reconnaître et accueillir tous ces éléments douloureux.

J’ai parfois la sensation que ce processus ne prendra jamais fin. J’ai beau creuser, je descends toujours plus profond, et il me semble que cela n’aura pas de fond. On nettoie et libère des mémoires et des charges probablement toute sa vie, car le fait même de vivre provoque mille remous qu’il faut intégrer. Parfois on a néanmoins envie d’une pause, d’un instant de répit, d’un oasis.

Toutefois, je ne semble pas réussir à trouver cet oasis intérieur. Et quand je me penche sur mon corps, sur mon cœur, je ne trouve qu’une plus grande tristesse pour me consoler, pas de chaleur intérieure, pas de douceur apaisante. Alors parfois je désespère… J’ai juste envie de m’enfermer dans un bulle protectrice, hors du temps, hors de la réalité. Et mes nuits et mes rêves me semblent plus doux et plus agréables que cette vie quotidienne.

Et le temps passe… Hier encore j’étais en janvier, et voilà que le mois d’avril sonne bientôt à notre porte. En métropole, c’est l’arrivée du printemps, que j’adore observer, ici la saison sèche et fraîche arrive tout doucement. Le temps passe et rien ne semble s’améliorer. Le temps passe et je n’arrive plus à écrire ici. Une mélancolie profonde me serre le cœur. Celle de ne savoir où je suis ni où je vais, d’avoir perdu quelque chose d’indéfinissable et de ne plus jamais pouvoir revenir en arrière.

Comment le monde m’apparaitra-t-il quand je reviendrais en métropole pour mes vacances ? Aurais-je encore la même vision de mon chez moi, de mes proches ? Aurais-je le même regard sur les lieux que j’aimais, les choses que j’appréciais faire ? Une part de moi sait bien que non, que je serai trop différente pour percevoir les choses de la même façon qu’auparavant. Mais serais-je capable d’y retrouver mes repères précédents ou ceux-là aussi auront-ils disparus ? J’ai peur de ne plus même trouver une oasis dans les lieux de nature que j’aimais là-bas, de ne plus trouver un sentiment de chaleur auprès des gens que je côtoyais.

Et je me sens perdue, face à un vide immense. Un vide que mon mental essaye de combler en cherchant milles activités, en prévoyant des dates à attendre, des choses à faire, des obligations qui m’occupent l’esprit. Mais ce ne sont que des mirages pour tenter de combler ce vide dont les bords sont imperceptibles.

Comment naviguer dans ce néant ? Cet océan d’émotions troubles et de manifestations du corps incompréhensibles ? Cet avenir vide de sens et de direction ?

Ce désert vide d’oasis ?

26 mars 2016