Trouver sa voix

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Je ne sais même pas par où commencer tellement c’est le bazar dans ma tête.  Au message reçu par Sylvie « On me dit de te rappeler que la foi est une flamme qui s’entretient et qui part de la foi en soi avant toute chose », je me sens profondément découragée. Pourquoi ?

Pourquoi certains jours, la foi en la vie semble couler de source et j’arrive à ressentir une forme de sérénité ? Et pourquoi d’autres jours, je ne sais même plus ce que veut dire le mot « foi » ? Et encore moins comment m’y connecter et raviver cette flamme ? Comme si je n’en avais plus la force, tellement je me sens parfois fatiguée et découragée. Comme si ce mot s’était vidé de son sens, à force d’errer dans cette nuit de l’âme et ce brouillard sans fin. Comme si l’absence d’amélioration face à la maladie malgré mes efforts l’avait vidé de sa substance.

Comment faire face quand on est submergé par un raz de marée de souffrance, de fatigue, de désespoir et de doutes ? Où trouver la matière pour entretenir cette flamme quand tout s’est écroulé autour de soi ? La perte de repères physiques, la perte d’un partenaire, la dégradation de ma santé, l’arrêt de ma vie professionnelle, l’altération de mon cercle social ?

J’imagine que la mort de tout ce que l’on croit connaitre,  de tout ce que l’on croit désirer, n’est là que pour mieux nous aider à renaitre à nous-même, nous pousser à l’introspection pour apprendre à vraiment se connaitre, et à ainsi mieux pouvoir suivre la voix de son âme.

Mais où est la mienne ? Pourquoi je ne l’entends plus ? Elle s’est soudain tût et je me retrouve dans un silence assourdissant, où seuls mes acouphènes me tiennent compagnie. Ne plus entendre la voix de ses guides quand on se sent plus perdue que jamais est difficile. Sentiments d’abandon, de douleur et d’incompréhension face aux appels à l’aide qui semblent rester sans réponse.

Comment prendre du recul sur ce que l’on vit lorsque l’on est constamment submergé de vagues émotionnelles douloureuses ? De tristesse, de solitude, de peurs et de doutes ? L’esprit cherche à rationaliser, à comprendre. Pourquoi ? D’où cela vient ? Quels sont les déclencheurs ? Mémoires émotionnelles qui remontent ? Travail d’épuration de la Kundalini ? Ou que sais-je d’autre ? Et pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi pourquoi ? Comme s’il fallait que tout ait un sens pour supporter cette souffrance, une finalité, un objectif « ainsi je n’aurais pas vécu ça en vain ». Qui supporterait de vivre de la souffrance gratuite sans aucune utilité ?

Mais les émotions ne peuvent pas se rationaliser, car elles se vivent dans le cœur. Elles émergent et me submergent, peu importe leurs origines et le chemin qu’elles prennent. Elles effacent toute la sagesse et les guidances reçues, toute la patience et la foi en moi. Elles me retournent, et me laissent vidée, dans l’incompréhension, la solitude et le sentiment d’être impuissante. Impuissante à contrôler mon hypersensibilité, mes nuits et rêves agités, mon état de santé totalement aléatoire et fortement impacté par mes nuits.

Comment dans ces conditions trouver le calme et la foi pour prendre des décisions par rapport à mon orientation professionnelle ? Comment avoir le courage et la foi d’imaginer un chemin professionnel dans la relation d’aide à autrui ou la thérapie, quand je ne semble pas capable moi-même de faire face à la maladie, à l’hypersensibilité et surtout à mes propres doutes ?

J’ai une liste de métiers potentiels établie avec la psychologue du travail qui m’accompagne dans la démarche de réorientation demandée auprès de Pôle Emploi. Après de nombreux échanges et questionnaires, il est temps d’appliquer la méthode de « l’entonnoir », resserrer les possibilités pour mettre au point un projet professionnel cohérent, me renseigner sur le métier et les formations.

Mais je regarde cette liste et je me demande où est ma voie. Où est ma voix ? Je me sens comme paralysée, face à l’idée de choisir et de m’engager dans une direction, et ma peur de me tromper ressurgit. Ma peur de mal choisir, de ne pas en être capable, de ne pas réussir. Pourquoi rien ne résonne-t-il comme une évidence ? Pourquoi toutes les options ne me semblent que de longs parcours du combattant, pour lesquels je ne me sens pas prête ? Ma confiance en moi semble s’étioler plus que jamais, les doutes me submerger et la clarté me fuir.

Comment dans ces moments-là peut-on entretenir sa foi en soi-même ? Quel acte concret et quotidien peut-on poser chaque jour pour nourrir cette flamme, quand tout à l’extérieur semble peser pour l’étouffer ?

Parfois, j’aimerais bien que l’on me donne « la bonne réponse ». Peut-être est-ce pour cela que ma guidance s’est tût, c’est à moi de la trouver par moi-même. Personne ne peut choisir à ma place. C’est à la fois un beau cadeau et en même temps une lourde responsabilité. Comment choisir quand je ne sais pas ce que je veux ? Ni ce dont je suis capable ? Ni vers quoi je veux aller concrètement ?

Faire un pas au hasard ? Avoir la foi que je ferais le bon choix quel qu’il soit ? Je sais qu’en vérité, peu importe le chemin, c’est la façon dont on le vit qui importe. « Tous les chemins se valent », il n’y en a pas un bon ni un mauvais, ce ne sont que des expériences. Et comme la vie est évolution, rien n’est jamais figé, on peut changer d’avis, rebondir, évoluer. Alors pourquoi ai-je si peur de me tromper ou de ne pas être capable ? Comment guérit-on ce genre de manque de confiance en soi ?

21 juin 2017

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A long walk

Auteur :
Auteur : Les Rêves de Celia. Croquis petite plage de l’Etang Salé.

[Texte en anglais. La flemme de traduire en français aujourd’hui.]

 

 – It’s been hell of a long road. Do you think this path will lead me somewhere?

– I’m guessing the only way to find it is to keep walking, again and again, one step after another one.

– Are you sure it’s gonna take me somewhere?

Well, you don’t have somewhere to go, you’ve got to become yourself. The destination doesn’t count, you know.

– Sure, but it does matter to me that I’m seeing some improvements. If the landscape is always the same, how do I know that I’m really walking forward? And not simply standing still? Or worse, moving backward?

– Only faith can respond to this fear. As it is, you don’t need to go anywhere, well actually, not in your inner landscape. The outside world is only a reflection to help you looking in the mirror.

– Oh, well… That’s been helping me so much, thanks…

– Don’t mock me. You’re the only one choosing to make yourself unhappy. By your way of thinking, yours fears and your way of acting.

– Oh, so how I should do?

– Be gentle with yourself. Always. That’s all what will be needed for you to realise that your landscape is moving, and growing pretty nice. Even if slowly.

26 janvier 2017

Ce vide intérieur

Artiste : kuvshinov_ilya
Artiste : kuvshinov_ilya

Après tous ces stages sur le féminin, toutes ces rencontres, ces émotions et tous ces ressentis, je me sens vide. Me voilà rentrée chez moi, et après une semaine à courir dans tous les sens, probablement mon inconscient ne voulant pas faire face à ce vide, je me retrouve seule face à moi-même.

Je ne suis plus la même qu’il y a 2 mois, depuis le début de cette folle aventure, nommée Cœur de Femme. Mais même lors de changements positifs, le processus reste tumultueux et perturbant. Je ne suis plus la même, et encore une fois, je ne sais plus qui je suis. Un peu moins renfermée, un peu plus sûre de mon corps, un peu plus ancrée et un peu plus reliée aux autres femmes. Certes. Mais Qui Suis-Je ? Me voilà de nouveau complétement différente, et étrangère à moi-même.

Peut-être devrais-je arrêter de lutter et de chercher à ma définir, puisque la vie est mouvement perpétuel, et donc que j’évolue à tous les instants. Alors pourquoi ce besoin de savoir ? Probablement un besoin de repères intérieurs, alors que mes repères extérieurs sont toujours inexistants depuis le grand bouleversement de ma vie. Un part de moi essaye désespérément de chercher des repères externes auxquels m’accrocher, mais il n’y en a pas, car tous mes proches sont de l’autre côté de cette planète.

Quand tout le monde est occupé à préparer et à fêter Pâques en famille, je me retrouve seule face à mes manques et mes douleurs, face à mon corps fatigué et ses messages si difficiles à décrypter. On m’a dit quelques fois que le chemin pour aller vers soi-même n’est pas « paix, joie et amour », en réalité il est très inconfortable, j’ai pu m’en rendre compte. Pour accueillir cette paix, cette joie et cette foi en la vie, il faut d’abord créer de l’espace, faire de la place en transmutant les blessures, les nœuds et les souffrances qui nous limitent. Mais ce processus est terriblement difficile, car pour y arriver, il faut bien faire face, reconnaître et accueillir tous ces éléments douloureux.

J’ai parfois la sensation que ce processus ne prendra jamais fin. J’ai beau creuser, je descends toujours plus profond, et il me semble que cela n’aura pas de fond. On nettoie et libère des mémoires et des charges probablement toute sa vie, car le fait même de vivre provoque mille remous qu’il faut intégrer. Parfois on a néanmoins envie d’une pause, d’un instant de répit, d’un oasis.

Toutefois, je ne semble pas réussir à trouver cet oasis intérieur. Et quand je me penche sur mon corps, sur mon cœur, je ne trouve qu’une plus grande tristesse pour me consoler, pas de chaleur intérieure, pas de douceur apaisante. Alors parfois je désespère… J’ai juste envie de m’enfermer dans un bulle protectrice, hors du temps, hors de la réalité. Et mes nuits et mes rêves me semblent plus doux et plus agréables que cette vie quotidienne.

Et le temps passe… Hier encore j’étais en janvier, et voilà que le mois d’avril sonne bientôt à notre porte. En métropole, c’est l’arrivée du printemps, que j’adore observer, ici la saison sèche et fraîche arrive tout doucement. Le temps passe et rien ne semble s’améliorer. Le temps passe et je n’arrive plus à écrire ici. Une mélancolie profonde me serre le cœur. Celle de ne savoir où je suis ni où je vais, d’avoir perdu quelque chose d’indéfinissable et de ne plus jamais pouvoir revenir en arrière.

Comment le monde m’apparaitra-t-il quand je reviendrais en métropole pour mes vacances ? Aurais-je encore la même vision de mon chez moi, de mes proches ? Aurais-je le même regard sur les lieux que j’aimais, les choses que j’appréciais faire ? Une part de moi sait bien que non, que je serai trop différente pour percevoir les choses de la même façon qu’auparavant. Mais serais-je capable d’y retrouver mes repères précédents ou ceux-là aussi auront-ils disparus ? J’ai peur de ne plus même trouver une oasis dans les lieux de nature que j’aimais là-bas, de ne plus trouver un sentiment de chaleur auprès des gens que je côtoyais.

Et je me sens perdue, face à un vide immense. Un vide que mon mental essaye de combler en cherchant milles activités, en prévoyant des dates à attendre, des choses à faire, des obligations qui m’occupent l’esprit. Mais ce ne sont que des mirages pour tenter de combler ce vide dont les bords sont imperceptibles.

Comment naviguer dans ce néant ? Cet océan d’émotions troubles et de manifestations du corps incompréhensibles ? Cet avenir vide de sens et de direction ?

Ce désert vide d’oasis ?

26 mars 2016