Endométriose & repos

Article et liens très intéressants !

Mod.imaginaire

Les personnes atteintes d’endométriose ou plus généralement d’une maladie chronique doivent souvent se reposer.

Mais, en fait, comment on fait ??!

Je viens juste d’être opérée. Je suis en convalescence et me reposer c’est toujours compliqué. Car j’ai mal et ne trouve aucune position parfaite et sans douleur mais pas seulement. Car j’angoisse de ne pas pouvoir travailler, que ma dépendance physique me fait peur, que je n’ai pas la force de me concentrer longtemps sur quoi que ce soit et que j’ai du mal à m’ennuyer, beaucoup de mal ! J’aime beaucoup le site The Mighty (en anglais) pour les personnes atteintes de maladies chroniques et il y a cette vidéo géniale sur la réalité du repos pour ces personnes: Le repos en vrai!

En fait c’est un repos forcé, avec des douleurs, des cicatrices, une fatigue incroyable, et un état psychique pas vraiment au top. Pas franchement un…

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La peur au ventre [endométriose]

Artiste : WLOP
Artiste : WLOP

[Ah, un autre coup de gueule, âme sensible s’abstenir]

Je ne sais pas par où commencer ce soir, tellement je me sens instable émotionnellement. Pourtant, je me sentais mieux malgré ma crise. Je m’étais cuisiné un truc sympas, j’ai trainé devant des épisodes de ma série du moment. Tout allait relativement bien, pas de drame majeur, des conseils à suivre. J’ai passé quelques heures à travailler dessus hier. Tout allait bien jusqu’à cet IRM.

Je ne sais pas pourquoi, j’étais dans la machine et là tout à coup j’ai eu envie de pleurer. Mon mental ne faisait que me souffler des peurs à l’oreille : et si un nodule d’endométriose s’était installé à proximité de ma colonne vertébrale ? Avait touché un nerf ? Et si mes problèmes de sciatique et de bassin étaient dus à ça ? En 14 ans de problème de genoux, de dos et j’en passe, je n’avais jamais eu ça. Pourquoi maintenant, et qu’est-ce que c’est ? Je n’ai pas envie de finir en fauteuil roulant dans quelques années !

Et là, je me disais, mais est-ce qu’il pourrait seulement le détecter si c’est le cas ? Car il faut normalement une injection spéciale, et même avec ça, c’est difficile à repérer, on voit surtout les dégâts secondaires (autres organes déplacés…). Devrais-je demander à voir le médecin qui analyse les images ? Lui demander s’il a été formé à identifier de l’endométriose ? Alors qu’à la base, je ne venais pas pour ça ? Mais que quand même, on devrait bien voir quelque chose s’il y a une inflammation en pleine crise ?

And on, and on, and on… Parce que je n’ai pas envie que la même histoire se répète. Qu’un médecin ne sache pas détecter – donc qu’il affirme qu’il n’y a rien – pour que la maladie et les nodules se développent sans traitement – jusqu’à ce que finalement quelqu’un de formé découvre tous les dégâts.

Comme ce qui m’est arrivé avec ma première IRM pour détecter l’endométriose. Ma gynéco de l’époque, au vu des douleurs, l’avait suspecté. Elle m’a envoyé faire une IRM. Mais comme le médecin n’avait pas été formé à reconnaitre cette maladie – enfin je suppose, sinon cela voudrait dire qu’il est incompétent – il a dit qu’il n’y avait rien. Période. Point final. Donc pas de traitement, le droit à un « c’est psychologique » et à des « faites un bébé et ça ira mieux ». 5 ans d’errance médicale pour faire une seconde IRM. Le nouveau gynéco spécialiste que j’ai m’a dit que la maladie se voyait sur les 2 clichés et qu’elle avait bien évolué depuis la toute 1ère IRM.

Pourquoi ? Comment peut-on passer à côté de ça ? En sortant de l’IRM aujourd’hui, la question m’est venue en tête : devrais-je informer ce médecin des conséquences de son mauvais diagnostic ? Pour lui éviter de refaire la même erreur ? Comment peut-on ne pas avoir l’humilité de refuser un examen si on ne sait pas le faire correctement ?

Depuis, tu ne fais plus confiance aux résultats d’IRM.

Non, pas en ce qui concerne l’endométriose en tout cas. Parce qu’en réalité, je sais que c’est dur à détecter, et qu’on ne détecte souvent les cas que quand ils sont assez avancés : chez moi des nodules gros au point de les sentir par touché à travers la paroi de l’utérus. Et de voir mes ovaires dans une position anormale sur les images, tractés vers le bas du ventre à cause des adhérences.

Pourquoi a-t-il fallu en arriver jusque-là pour que ma maladie soit détectée ? Le pire c’est qu’on ne sait pas l’étendu des dégâts tant que l’on n’ouvre pas le ventre ou que l’on ne fait pas une célioscopie. Parce que l’endométriose se constitue de différents types de tissus, et avec une variation dans le temps. On n’arrive pas à « pouf » repérer les cellules endométriales aussi bien qu’à l’œil nu. Que ce soit par IRM, par échographie, on ne peut pas se fier totalement aux images. Alors je ne sais pas l’étendue des dégâts. Et cela nourrit milles inquiétudes. Comme mon histoire de douleurs au bassin qui m’empêchent de conduire et me mène la vie dure. Et aussi mes crises intestinales quand j’ai des crises d’endométriose.

Et même si tu savais, que pourrais-tu faire ?

 Je ne sais pas ! J’ai envie de hurler de frustration !  Et pleurer de peur. Si je pouvais savoir, je ferais des analyses plus poussées, mais ils ne font de célioscopie que pendant/avant une opération ou pour une étude poussée d’infertilité avant une FIV.

Qu’aimerais-tu savoir ?

Quel est l’état de mon ventre ? Que dois-je faire ? Que dois-je éviter ? Faut-il que j’envisage une opération avant que cela n’empire ? Même avec mon traitement, j’ai des crises, j’ai des douleurs, est-ce que les nodules progressent ? Comment sont mes ovaires ? Et mes trompes de Fallope (les nodules peuvent les boucher et dans ce cas les ovules ne sortent jamais des ovaires…) ?

Pourquoi lorsque j’ai fait cette méditation de connexion à mon utérus, j’ai vu ma trompe gauche bouchée et mon ovaire gauche comme « mort » ?

Tu as vu quelque chose de positif aussi.

Oui, un ovule dans mon ovaire droit qui était doré, parmi un milliard d’autres. Une chance d’avoir un enfant. Un seul enfant, vraiment ? Au départ, je me suis sentie émerveillée, « waouh », alors je porte en moi la possibilité d’avoir un enfant ? Je ne suis pas complètement stérile ?

Et puis, après coup, avec un jour de prise de recul, je me demande pourquoi. Pourquoi à 26 ans ai-je un ovaire stérile ? Pourquoi pourrais-je n’avoir qu’un seul bébé ? Et pas deux ou trois ? Ou autant que je veux – même si je n’en veux pas plus ?

J’ai le sentiment que ma maladie me vole tellement de choses ! Elle me vole ma sexualité et elle m’a volé mon dernier couple. Elle me vole ma santé et mon énergie. Elle me vole la liberté de faire ce que je veux, d’être  « wild », de partir sur un coup de tête, d’aller en festival, de faire la fête comme les autres jeunes de mon âge. J’ai eu cette pensée qui m’est venue en tête tout à l’heure. « Si je n’étais pas occupée à être malade, là tout de suite, je pourrais être à un concert de rock ». Ma vie serait tellement différente si je n’étais pas malade ! J’aurais pu faire tellement de choses ! Je serai quelqu’un de différent !

Je DÉTESTE être malade ! Je DÉTESTE souffrir de fatigue chronique ! Je déteste ne pas pouvoir sortir comme je veux, me promener, voir des gens, faire de la randonnée pour regarder le 1er lever de soleil de l’année depuis le grand Bénard !!!! Non, au lieu de ça, je suis restée coincée toute seule sur mon canap à être malade pour le réveillon !! JE DÉTESTE CA !!! Je déteste être cette personne faible physiquement à cause de sa maladie. Tout le temps fatiguée. Tout le temps ! Même quand je dors beaucoup, prends des vitamines, etc. A quoi ressemble une vie comme ça ????????????????????

Je déteste savoir pourquoi j’ai cette maladie ! A cause de l’inconséquence de ma personnalité dans une vie antérieure, qui a décidé de considérer la maternité comme « une grippe », on tousse un bon coup, laisse les enfants à un foyer d’adoption et hop, on continue sa vie frivole et mondaine, sans se préoccuper de leur devenir. C’est injuste, injuste que moi – la personne que je suis aujourd’hui – doivent payer les pots cassés pour ça.

C’est pour t’apprendre la valeur de la maternité.

En s’assurant que je la désire, mais que – ah ! – je ne puisse pas l’avoir ou qu’avec de grandes difficultés !! Le numérologue que j’ai vu par curiosité, m’a dit qu’il voyait une naissance à l’âge de 38/39 ans. Qu’est-ce que ça veut dire que ça ??!!!! C’est une blague ? La naissance d’un projet c’est ça ? Pourtant il a aussi évoqué la possibilité d’un bébé. Pourquoi une info comme ça m’est parvenue, alors que je n’avais rien demandé sur ce sujet, ni au-delà des 2 ans ???

Je suis en COLÈRE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!  Dans une colère folle ! Ma vie est une blague ! Une grosse blague pour laquelle j’ai l’impression que l’Univers se moque bien de moi ! C’est totalement INJUSTE ! Et le plus hilarant, c’est que j’ai des capacités médiumniques pour tenter de guérir ça ? C’est une BLAGUE !

On ne peut pas guérir de l’endométriose. Au mieux, on peut avoir une rémission. Parce que – hé – bonne nouvelle, l’endométriose est la seule forme de « cancer » dont on ne meurt pas ! (cf la description donnée par le Nouvel Ob il y a 1 ou 2 ans). Car cela se propage exactement comme un cancer, les cellules se diffusent et s’implantent n’importent où, mais bien sûr quasi systématiquement sur vos ovaires – jusqu’à ce que les tissus cicatriciels « mangent vos ovules », votre utérus, vos trompes de Fallope. Je DÉTESTE cette maladie !!

Je déteste qu’elle envahisse autant d’aspects de ma vie, ma santé, mon moral, mon alimentation, mon couple, ma vie sociale mais aussi ma vie professionnelle. Pour m’apporter quoi en échange ??

Une leçon de vie.

Mais quel genre de leçon est-ce là ? J’ai plutôt l’impression de mourir à petit feu qu’autre chose ! Et PERSONNE parmi mes proches ne s’en rend compte ! Personne n’a vécu assez longtemps avec moi depuis ces 6 ans pour se rendre compte. Ils me voient quand je vais bien. Ils m’entendent dire que je suis malade. Mais ils ne voient pas l’impact sur mon quotidien, sur mon énergie. La théorie des cuillères le résume bien, mais parce que ce n’est pas une « maladie grave », personne ne pense qu’elle a autant d’impact sur moi. Je suis sûre que mes amis en Belgique ne savent pas que je suis malade la moitié du temps. Si je vivais là-bas, ils déchanteraient vite au nombre de soirées que je serai obligée de refuser à cause de la fatigue physique. Qui voudrait vivre avec quelqu’un de si souvent malade ? Je me le demande bien…

Et tu sais quoi ? Le pire, c’est de voir que chaque aspect de ma vie, chaque difficulté me pointe et me ramène encore et encore vers ma maladie ! Quelle folie d’avoir pensé un jour que « grâce à ma maladie, j’avais pu m’ouvrir à la spiritualité » ! Parce que ça aussi, c’est une grosse blague ! Qui aurait envie de sentir les âmes errantes ? Les énergies plombantes et les émotions négatives des autres ? Qui aurait envie d’avoir des infos pourris sur ces vies antérieures et de devoir les gérer ensuite ? Qui aurait envie de capter des choses pénibles chez les autres qu’ils ignorent eux-mêmes ? QUI ? Franchement, qui aurait envie d’être médium, en sachant le boulot que cela implique d’apprendre à gérer ses capacités ? Franchement, je comprends bien ce que dit Sylvie par moment…

Je suis totalement découragée. Je sais que je l’ai déjà dit dans mon coup de gueule d’il y a une semaine. Mais dès que mon moral va mieux, que je commence à remonter la pente, pouf je replonge à cause de ma maladie, des vrais montagnes russes. Dès que j’ai l’impression d’avoir fait des progrès, de m’être distanciée d’elle, d’avoir fait les efforts nécessaires pour lui donner profil bas, elle revient m’exploser en plein dans la figure. Je suis fatiguée de ce schéma répétitif. Tout ça pour me mener où ? Nulle part.

My life sucks. Définitivement, je ne vois pas d’avantages…

Tu devrais dessiner ce champ de tulipes que tu as vu.

Ok. Mais laisse-moi te faire une demande. Je demande – à l’ensemble des mes guides – de me montrer les aspects positifs au fait d’être médium. Je vous demande de me prouver qu’il y a de vrais avantages à cet état de fait. Il ne peut pas y avoir que des contraintes, n’est-ce pas ? Ce n’est pas possible, pas avec une reliance au Milieu, où tout est à double tranchant. Il y a forcément des choses positives, non ? S’il vous plait, j’ai besoin que vous m’aidiez à me raccrocher à ces choses positives. J’ai besoin d’aide. Je ne demande pas une réponse immédiate, je sais que je ne suis pas dans un état émotionnel me permettant de capter plus que des phrases courtes. Mais apportez-moi des réponses, quand le moment sera le bon. S’il vous plait. Parce que je me sens vraiment impuissante…

Je t’ai entendu.

Merci.

12 janvier 2017

Le temps, une illusion ? [endométriose]

Artiste :
Artiste : Wlop

J’ai été surprise aujourd’hui que ma grand-mère me pose des questions sur ma maladie, l’endométriose. J’en avais parlé autour de moi, il y a un an et demi, lorsque le diagnostic avait été posé et que j’avais appris ce que c’était. J’ai aussi pas mal écrit à ce sujet ici sur mon blog, notamment , ici ou encore dans cet article (plus d’articles sur le sujet dans la catégorie « Endométriose »). Du coup, cela me semblait clair pour mon entourage. Mais je me rends compte que finalement, peu ose poser des questions, comme si le sujet de la maladie était tabou, et encore plus quand cela concerne les organes génitaux. Du coup, ils ne connaissant que des généralités, celles qu’ils peuvent trouver dans des livres qui ne sont pas à jour, ou pour les plus connectés sur google.

Je me rends compte néanmoins qu’on en a une bien meilleure connaissance quand on est concerné, que l’on a eu des explications détaillées par son médecin, qu’on est membre d’une association qui défend la cause de cette maladie (cf EnfoFrance), que l’on a rencontré d’autres personnes malades et échangé avec, et que l’on a assisté à des conférences présentées par des médecins. Il n’y a pas à dire, l’accès à des données scientifiques fiables aide à mieux comprendre la chose et à l’expliquer de façon factuelle. Et qui, de mieux concerné pour apprendre tout ça, que quelqu’un qui doit vivre avec au quotidien ?

Et encore, malgré cela… Aujourd’hui j’ai reçu dans ma boîte email un appel au témoignage pour de l’endométriose hépatique. J’ai été surprise car je n’avais encore jamais entendu parler d’un tel cas. Mais après tout, les cellules de l’endométriose peuvent bien s’installer partout… Et sur plein d’autres organes que l’utérus et les ovaires. J’ai rencontré quelqu’un qui en avait sur le diaphragme, une autre sur la vessie. Les atteintes du rectum sont classiques et bien que mon IRM montre que je n’en ai pas, je me pose des questions au vu de mes symptômes… J’ai entendu une malade qui a une amie avec  une atteinte au cerveau…

La réalité, c’est que selon les organes touchées, certaines personnes en meurent réellement, ou bien sont en fauteuil roulant (atteinte des nerfs). Évidemment, on n’en parle pas, parce que cela effraye et montre bien l’impuissance de la médecine fasse à certaines situations. Ce n’est pas pour dramatiser que j’explique cela, mais bien pour souligner que même si l’endométriose est classé comme « maladie bénigne » par la sécurité sociale, elle peut malgré tout être mortelle – heureusement dans de rares cas.

Cela souligne également que malgré la première campagne de sensibilisation qui a eu lieu en 2016, cette maladie reste mal connue et mal comprise. Par exemple : j’ai fait une rapide recherche sur les symptômes d’une endométriose hépatique. En 2004, seul 8 cas avaient fait l’objet de données scientifiques publiées (source : http://www.em-consulte.com/en/article/121704 ). Autant dire, quasiment rien, et les données accessibles sont uniquement en jargon médical. Je comprends pourquoi cette personne a fait un appel à témoignage. C’est très difficile de se savoir malade, mais de ne pas avoir d’informations sur comment la suite se passe une fois que le diagnostic a été posé… Une opération a probablement été proposée. Mais quelle sont les chances de rémission sur cet organe-là précis ? Après tout, on sait qu’en moyenne dans 30 à 40% des cas, il y a récidive des nodules après les avoir enlevés mécaniquement. Cela vaut-il la peine de subir une opération aussi lourde ? C’est ce genre de questions qu’une femme atteinte d’endométriose peut se poser.

Mais il y en a tellement d’autres… Des questions plus subtiles, qui portent sur l’atteinte au moral. A chaque fois qu’une crise a lieux, et que je suis clouée au lit par les douleurs, je me demande : « Mon corps peut-il vraiment supporter une sexualité quand il souffre tellement à certains moments ? Serai-je capable d’être en couple de nouveau un jour malgré ma maladie ? Comment mon corps pourrait porter un enfant, avec tant de douleurs en lui ? Serai-je capable d’avoir une « vie normale » et de travailler avec toutes ces crises ? » Les peurs et les doutes affluent à tire d’aile et rende l’immobilité encore plus insupportable.

A vrai dire, j’ai été étonnée que ma grand-mère ose me poser tant de questions, comme « et tu crois que cette maladie empêche vraiment de travailler ? » Alors je lui ai expliqué que cela dépend de chaque femme. La maladie est spécifique à chaque cas. D’abord parce que la douleur n’est pas proportionnelle à la gravité des nodules. Une femme très atteinte peut ne rien sentir, quand une autre avec quelques petits nodules peut souffrir au point de perdre conscience (et oui, ça existe, j’en connais). D’autre part, parce que l’impact de l’endométriose n’est pas le même selon les organes qui sont atteint, et enfin parce qu’on ne peut pas quantifier la fatigue physique que cela entraîne (le corps doit digérer le sang et les zones d’inflammation après chaque crise) et ses effets secondaires : baisse du système immunitaire et on se choppe tout ce qui passe, crise aigüe de fatigue chronique, courbatures, douleur au dos et sciatique, etc… Ni la fatigue morale, qui peut mener à des dépressions nerveuses, notamment quand l’environnement n’est pas assez réceptif et propice (cf votre dévouée auteure).

Bon, tout ça pour dire quoi ? J’avais promis à mes guides d’écrire sur ce sujet s’ils m’aidaient à prendre en charge la douleur de ma crise d’il y a 2 jours. Et les rappels sont venus en force m’y encourager.

Être malade, ce n’est jamais drôle, mais quand c’est chronique, qu’il n’existe pas de traitement pour guérir (seulement pour contenir la maladie) et qu’on connaît mal la maladie, cela complique encore les choses. Je suis passée d’une période de ma vie où je ne me définissais que par mon état de « malade » alors qu’à l’époque – c’est ironique – je n’avais même pas de nom à mettre dessus à cause du retard de diagnostic. Maintenant, j’en viens à ne presque plus en parler.

Et c’est un tort parce que cela t’affecte plus que tu ne le penses. Mais on dirait que tu n’es pas prête à laisser tes émotions sortir de la bouteille.

J’avoue que cela me fait peur… Je ne pensais pas que j’aurais eu une réaction émotionnelle si forte aux questions de ma grand-mère. Que dire ? Que je me sens perdue par rapport à ma maladie ? Il semblerait que j’ai atteint le plafond de ce que la médecine conventionnelle peut faire pour moi. Après plusieurs essais de traitement, mon gynéco m’a dit qu’on ne pourrait pas faire mieux sans que les effets secondaires soient encore plus forts. Sauf que mon traitement n’a pas tout résolu, loin de là ! Il m’arrive encore d’avoir des règles (leur suppression étant la seule méthode efficace pour contenir la maladie) et les autres symptômes… Ma sciatique…  Est-ce mécanique ? On est-ce dû à une atteinte des nerfs ? Comment je fais pour améliorer ça ? Je ne peux pas rester comme ça à ne pas pouvoir conduire de façon libre…

Tu as une maladie chronique. Il faut que tu acceptes l’idée que tu auras toujours des symptômes, quelle que soit la forme qu’ils prennent. Mais au lieu de te concentrer sur eux, tu peux te concentrer sur ton bien être. Sur trouver les actions et les activités qui te font réellement du bien.

Accepte que tu n’es pas comme les autres femmes.

Je ne sais pas pourquoi, je bloque sur ça. J’arrive à accepter l’idée que j’ai une blessure à l’âme concernant ma féminité, mais l’accepter sur le plan physique… C’est insupportable, je me sens « marquée ». C’est insupportable aussi l’idée que je doive endurer ça à cause de mes blessures à l’âme et de mes vies antérieures !!

Tu peux le dire.

Ce n’est pas juste. Pas juste du tout. Pourquoi dois-je me préoccuper de guérir ça ? Pourquoi ne puis-je pas vivre une histoire d’amour heureuse ?

Il y a des raisons à tout empêchement, tu le sais. C’est juste trop dur à accepter. Comme l’idée de devoir te contenter de relations d’amitié, quand toi tu voudrais vivre le grand Amour avec ta flamme jumelle.

Je déteste cette situation. Je déteste savoir que ce n’est pas possible, pourquoi ce n’est pas possible et pourtant ne rien pouvoir y faire, là tout de suite ! Le temps ! Pourquoi faut-il tant de temps pour guérir !

Le temps est une illusion.

Oui, je le sais en théorie, mais en pratique !! Moi, la personne que je suis aujourd’hui, je n’ai qu’une vie, peu importe le nombre de fois que mon âme devra se réincarner pour surmonter les enjeux qu’elle s’est fixée. Alors, oui le temps compte pour moi… et sur ce, je vais me coucher !

4 janvier 2017

Carences…

Artiste : Eaphonia
Artiste : Eaphonia

C’est le premier jour de la semaine où, ça y est, je peux enfin me poser pour écrire. Entre le kiné, les courses et le boulot, quand je prenais le temps de m’assoir, d’allumer ma bougie et de souffler, la seule chose qui me venait n’était pas l’inspiration pour écrire mais le cri de mon corps pour du sommeil. Je suppose que c’est une autre de ces semaines où j’ai une « crise d’endométriose ». J’arrive de plus en plus à les reconnaitre : épuisement malgré des longues nuits de sommeil (car entrecoupée par les douleurs au dos ou les problèmes de vessie), fatigue mentale (cerveau qui tourne au ralenti), migraines, bouffées de chaleur et sensation de fièvre persistante à partir du milieu de journée, mal à la gorge, ventre gonflé, transit intestinal presque à l’arrêt, douleurs au dos, besoin de sieste le midi et le soir en rentrant.

C’est parfois long de comprendre et rassembler les symptômes, et il faut du temps pour observer que cela se répète de façon cyclique. A chaque fois, je me dis « mais mince, j’ai attrapé froid ? » ou « c’est le stress du boulot ». Mais en fait non. En revanche, je n’arrive toujours pas identifier ces « crises » qui se déclenchent à intervalle irrégulier, peuvent durer 2 semaines comme un mois. J’espère que cette fois ci, ce ne sera pas trop long, parce que je n’ai pas envie d’être malade pendant mes vacances !!

Alors ralentis le rythme et écoute ton corps.

J’essaye, j’y arrive à peu près pour le besoin de sommeil et de repos. Mais pas pour l’alimentation. J’ai l’impression que mon ventre me dit « stop » quand ma bouche me hurle « j’ai faim ». Et j’ai tout le temps faim en ce moment. Même si je suspecte que c’est plus une fin émotionnelle que physique. Ça y est, je me suis remise à manger du chocolat à gogo, des gâteaux, du sucré. Bref de la douceur, parce qu’une part de moi se sent en manque émotionnel. Là où je suis surprise, c’est que cela ne revienne que 7 à 8 mois après la rupture. Avant d’être en couple, c’était pareil, et puis petit à petit, je me suis mise naturellement à ne plus avoir envie de sucré et a arrêté d’en manger par « besoin ». Ce décalage dans le temps m’étonne, j’aurais pensé ressentir ce besoin bien plus vite.

Parce qu’une part inconsciente de toi ne tend plus vers ton ex pour compenser tes besoins.

Ça veut dire quoi ? Que pendant tout ce temps je restais liée à lui par un lien énergétique inconscient ? Cette pensée est dérangeante. Enfin ce qui le serait encore plus c’est de savoir pourquoi cela s’est coupé brusquement… Je n’ai pas envie de réfléchir à ce que cela implique. Je pense déjà bien trop à lui… Et j’aimerai bien que ça s’arrête. Je n’en peux plus d’avoir cette petit flamme d’espoir au fond de moi. De rêver de lui, de symbole de mariage, etc. J’ai compris avec l’étude de mon thème astro que le travail par le couple n’était la « priorité de mon âme », qu’elle portait ailleurs. Et que les couples qui me convenaient étaient plutôt des oasis, me permettant d’avoir une certaine autonomie et liberté tout en ayant des sentiments profonds.

Mais voilà, cela n’arrivera pas tous les quatre matins. Déjà parce que je n’ai pas envie de m’infliger à moi-même, encore et encore, la même histoire et la même souffrance, en sachant qu’une partie de la faille est en moi. Je préfère apprendre à la colmater avant de remettre le couvert, lol.

Enfin bref, toute la semaine j’ai eu envie d’écrire ici sur un tas de sujet. J’ai eu des tas de petites prises de conscience, je voulais en discuter avec mes guides, approfondir, mais la fatigue de mon corps ne me l’a pas permis. Alors j’ai laissé filer. Comme tous ces rêves très précis et perturbant que je fais. J’aimerais bien avoir de l’aide  pour interpréter ! Parce que franchement… Expliquez-moi pourquoi je dis « ok, utilisez svp les symboles des fleurs, arbres, animaux etc… dans mes rêves pour m’aider à comprendre » et je tombe sur les trucs qu’évidemment il n’y a pas dans les listes. Genre une rose couleur rose fuchsia pétant. Je n’ai pas compris un tiers de mes rêves, alors que pour une fois je m’en souvenais clairement. Parfois le sens du rêve est évident, c’est assez facile à interpréter en cherchant les symboles et en assemblant. Mais là… je n’arrive même pas à identifier le type de rêve, s’il est spirituel, exutoire ou autre… Alors j’essaye de ne pas forcer. Mais c’est exaspérant, comme la fatigue qui est en train de me tomber dessus alors qu’il n’est que 20h. Déjà ? Et ma discussion avec mes guides ?

Tu n’es pas en état. Va dormir, de toute façon nous serons dans tes rêves.

Dans mes rêves ? J’aimerais bien pouvoir vous y reconnaitre. Vous ne pourriez pas porter un signe distinctif ? Genre une écharpe ou un chapeau rouge ? Des choses qui m’aident à comprendre et reconnaitre au réveil ? Parce que j’aurai besoin d’encouragement là. Je me sens mal. Je n’arrive même plus à me réveiller sans laisser sonner mon réveil 45min. Le médecin m’a dit que cela pouvait s’expliquer par la carence en vitamine B12.

J’ai l’impression que je n’en ferais jamais le tour ! Fer, vitamine D, vitamine B12. Il y a toujours une carence qui surgit après l’autre ! Je suis découragée. Comment suis-je censée prendre soin de moi face à ça ? Je ne peux pas passer ma vie chez le médecin, chez le kiné… Et je suis fatiguée de retrouver des conséquences de mon endométriose partout, au niveau du dos et des nerfs, du système digestif, du sommeil, de la forme de mon corps…

Est-ce que tu manges plus de viande qu’avant ?

Pas vraiment, au contraire.

Mais le médecin a dit que ton niveau de ferritine était très élevé, plus que jamais. Or tu n’as pas pris de traitement de fer depuis longtemps. C’est donc que tu l’assimiles mieux. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu as beaucoup réduit la quantité de gluten que tu manges depuis plusieurs mois. Ne penses pas que cela n’a pas d’effet et ne te décourages pas. T’autoriser de petits écarts ponctuels n’est pas une mauvaise chose, puisque tu n’es pas strictement intolérante, mais que tu le digères mal et que l’excès sature tes intestins. En revanche, ne te laisses pas aller à cause de la déprime et de la recherche de compensation en nourriture. Si tu as besoin de sucré à n’en plus finir, plutôt que de t’acheter des gâteaux industriels en te disant « c’est bon, je peux faire une exception, je n’ai vraiment pas le moral », prends le temps de cuisiner pour toi. Car en ce moment l’exception devient la règle. Ne repars pas dans de mauvaises habitudes.

Oui mais avant quand j’avais envie de sucré et bien je mangeais des fruits, notamment plein de mangues et des litchis !! Mais en ce moment, c’est l’hiver, il n’y a pas grand-chose… Les agrumes ne sont pas encore arrivés et je me lasse des bananes figues. J’ai même l’impression que mon estomac n’en veut plus ! Je ne sais plus trop quoi manger à vrai dire. L’attrait des nouvelles recettes sans gluten s’est estompé et voilà que cuisiner redevient une corvée… Que j’en ai marre de manger des « cracottes » de riz et maïs à la place du pain… Bref, j’ai faim, mais je suis frustrée car je n’arrive pas à trouver des choses qui sont à la fois bonnes pour mon corps et me font envie… Alors je me rabats sur des alternatives pas très saines.

Pourquoi te dire « tant pis » et manger des choses que tu sais problématiques pour ton corps ?

Parce que je n’ai plus d’énergie. Pas l’énergie de me battre, de faire tous ces efforts, de cuisiner. J’ai juste envie de dormir, pas de cuisiner. Mais le sommeil ne comble pas l’appétit, c’est bien dommage ! J’essaye pourtant de faire d’autres efforts pour mon corps. De me coucher tôt, de m’autoriser à faire la sieste si j’en ai besoin, de faire mes exercices de kiné. J’ai même acheté une nouvelle tenue de sport parce que j’ai pris la décision de m’y remettre à mon retour de congés.

Et pourquoi l’avoir acheté maintenant alors que tu sais que les cours ne reprendront probablement qu’à la rentrée scolaire ?

Parce que j’en sentais l’urgence, je voulais acter ma décision. A défaut de pouvoir commencer tout de suite, j’ai quand même quelque chose pour ancrer cette décision et m’en rappeler. Je ne veux pas faire comme l’an passé. Chercher, faire quelques cours d’essais puis ne rien choisir. Je trouve que c’est compliqué de trouver… Et puis je ne sais pas trop vers quoi me diriger. Il me faut quelque chose de doux, à cause de mon endométriose, mais quand même avec du mouvement, parce que ça aide à déconnecter le mental. Et j’ai aussi besoin que ça me plaise pour réussir à persévérer les 3 premiers mois, le temps de « rentrer dedans » et que le corps s’habitue et apprécie l’effort réalisé. Maintenant que j’ai fait du taïchi chuan, je trouve le yoga trop statique. Mais je réfléchis à l’idée de me remettre à la danse, parce que j’aimais vraiment ça et j’avais dû arrêter à cause de mes douleurs articulaires. Maintenant que mes hormones sont « sous contrôle » j’espère que je n’aurais plus ce problème là… Je n’arrive pas à cerner quel sport serait le mieux pour moi. C’est vrai que j’aime bien ceux où il y a un travail sur le souffle et l’énergétique, mais en même temps ce n’est pas fun comme la danse, et aussi valorisant en terme de silhouette et d’image de soi.

Je me souviens que j’aimais bien mon corps à l’époque où je faisais pas mal de danse, cela m’aidait à bien le connaitre, dans ses formes visuelles, dans son ressenti, dans la sensation des efforts, des étirements, dans la précision des gestes et le rendu des chorégraphies. Je n’étais pas mauvaise à l’époque. Maintenant je serais surement très pataude, et cela me fait un peu peur. Est-ce que je ne risque pas de dégrader mon image en voyant que je ne suis plus capable de suivre, d’avoir des mouvement précis et bien placé ?

Tu es trop exigeante avec toi-même, trop perfectionniste, même dans tes loisirs. Tu devrais lâcher du mou et te concentrer sur le fun. L’important c’est de t’amuser, de ressentir pleinement ton corps, de lui faire du bien. Tu devrais essayer l’école de danse près de ton travail et de ton kiné. Parce que c’est pratique et que tu pourrais avoir de bonnes surprises. Et puis te laisser du temps, tu ne peux pas avoir le niveau que tu souhaiterais en n’ayant pas pratiqué pendant presque 10 ans !

Oui je sais… toujours plus facile à dire qu’à faire. J’ai bien compris qu’il fallait que j’arrête de me cacher derrière des excuses comme « mais je n’ai pas le temps avec le travail, et puis j’ai des horaires trop aléatoires ».

Tu peux essayer de trouver un cours le vendredi soir, en général tu n’es pas sur le terrain. Pas trop tôt comme ça tu te laisses de la marge en cas de réunion, déplacement ou autre. Et puis si tu finis à l’heure rien ne t’empêche d’aller à la bibliothèque en attendant. Ce jour-là, il n’y a pas de créneau atelier créatif, que les stages. C’est parfait pour se changer les idées et de délasser avant le we, qu’en penses-tu ?

Oui, j’y ai déjà réfléchi, c’est le meilleur compromis je trouve. Même s’il faudra me motiver au début pour y aller avec la fatigue de la semaine…

Mais tu verras que très vite ce sera un plaisir. Et puis faire ce projet maintenant, c’est aussi te donner des envies de rentrer.

Oui, rentrer de métropole et retourner à ma vie sur l’île… Je me demande si je vais toujours le vivre « comme une corvée » parce qu’en fait, c’est surtout synonyme d’éloignement à la famille et de solitude. Un peu comme une forme de retraite spirituelle finalement. Une opportunité d’évoluer, d’avoir des prises de conscience, d’avancer vers ma guérison. Mais au prix du sacrifice d’un certain nombre de choses : la famille, les amis, la maison, mes lieux de ressourcement habituels, mon environnement culturel, etc. Finalement au prix de mon couple aussi, puisque quelque part c’était une limitation dans mes libertés et surtout dans la pression que je me mettais moi-même pour sauver certains aspects de mon couple…

Parfois je suis lassée d’avancer tant à l’aveugle, de ne pas ressentir clairement ma reliance au divin pour me guider et me soutenir. De ne pas savoir à quoi tout ça rime et ce qu’il y a au bout du chemin. Pourquoi avancer quand on n’a pas de motivation, de but ?

Parfois le but ne peut pas être révélé parce qu’il n’est pas encore compréhensible par la personne, avec le filtre de l’égo qui déforme les choses. L’important n’est pas le but, mais de cheminer. Tu le sais déjà mais tu es lassée.

Oui, je suis lassée. J’ai besoin d’un oasis, vraiment. Je suis très fatiguée. Et j’espère vraiment que ce traitement homéopathique et la vitamine B12  vont m’aider à retrouver la forme et le moral. Parce que sinon, je ne donne pas cher de ma peau sur le long terme… Alors oui, j’adresse une demande à l’univers « stp, je suis fatiguée, j’ai besoin d’un oasis pour me reposer et reprendre des forces avant de continuer à avancer ».

Tu es la première personne qui peut t’offrir à toi-même cet oasis. En laissant tomber toutes les pensées inutiles qui te stressent. En écoutant les besoins de ton corps, même s’ils sont « ceux d’une vieille mémé » et que tu dois te coucher à 20h. En te ménageant au travail, c’est-à-dire en faisant les choses une par une, dans l’ordre de priorité, en posant des limites et sachant être indulgente avec toi-même. Tu fais du mieux que tu peux dans ton état. Certes tu mets 3 fois plus de temps pour faire les choses, mais tu les fais quand même, comme tu le peux. C’est savoir ça qui devrait t’aider à accepter cette situation.

Merci.

2 juin 2016