Un petit pas après un autre petit pas

Artiste : Snatti89

 

Des fois, on aimerait que la solution arrive vite. Surtout quand cela ne va pas, quand on se sent mal, désespéré ou que l’on souffre de douleurs, qu’elles soient physiques ou morales. On voudrait un remède rapide, si ce n’est immédiat, qui apaiserait, soulagerait ou soignerait tous nos maux.

En réalité, ça ne se passe que rarement comme ça. J’avais déjà évoqué la chose dans un article précédent sur l’endométriose, mais je reviens dessus. Une émotion a un message à nous transmettre, aussi pénible soit-elle. Et bien la maladie aussi, aussi difficile soit-elle. On ne peut pas espérer voir l’un ou l’autre disparaitre si l’on a pas compris quel est le fond réel du problème, quel est le message à entendre ou la leçon à intégrer.

Et des fois, souvent même, cela prend du temps… Le temps de s’ouvrir à soi-même, d’apprendre à écouter ses émotions, mais aussi le message de son corps. Le temps d’apprendre à accepter ce que l’on vit, sans le rejeter ou rejeter la faute sur untel ou tel phénomène. Le temps de reprendre en main sa capacité d’action, d’apprendre à prendre soin de soi et à se faire du bien. Le temps d’user les résistances qui nous empêchent de changer, d’aller vers un autre schéma de fonctionnement, une autre façon de penser, d’agir et de se considérer soi-même.

Il est tentant, face à un tel cheminement, long et souvent fatiguant, de ne pas vouloir poser un pied sur un tel chemin. C’est bien sûr plus facile de rester dans une position de victime spectatrice. « Je ne peux rien faire… », « Les médecins ne font pas leur travail… », « C’est un tel qui devrait changer de comportement… ». Mais au bout d’un moment… il n’y a pas le choix. Si l’on veut que les choses changent, il faut remonter ses manches et se mettre au boulot.

Le plus dur est de s’y tenir. De continuer à avancer, même quand on a l’impression que rien ne va, que rien ne change, que rien ne s’améliore. On ne le voit pas en réalité. Les progrès sont tellement infimes qu’on ne s’en rend pas compte jour après jour. Auriez-vous le sentiment d’avancer si vous parcouriez 1 mm par jour ? Vous ne le verriez même pas.

Mais vaut-il mieux parcourir 1mm tous les jours (ce qui fait 365 mm par an) que 10 cm d’un coup une fois dans l’année (ce qui fait 100 mm par an) ? La première solution bien évidemment. D’une part, parce qu’au final, vous aurez avancé plus loin, et d’autre part, parce que vous l’aurez fait en douceur, de façon progressive et linéaire.

Je ne sais pas pourquoi dans notre société, nous sommes invités à faire les choses dans l’éclat. De manière « rapide et efficace ». D’un seul coup ou presque. On a tendance à croire, à tort, qu’un effort intense pour un résultat immédiat est plus efficace qu’un tout petit effort constant sur le long terme pour un résultat plus lointain.

Mais pourquoi une séance de sport intensive de 1h par semaine aurait plus de résultats que 5min d’exercices de kinésithérapie tous les jours ? Tout dépend évidemment de ce que vous recherchez comme résultat. Pourtant, ceux qui vont s’inscrire dans la durée seront probablement issus d’efforts, peut-être moins intenses, mais plus ciblés et surtout constants.

La clé est la constance et la persévérance. Peu importe ce dont vous ayez besoin.

Réduire votre stress ? C’est en méditant tous les jours et en changeant progressivement votre rapport à votre environnement anxiogène que vous le vivrez mieux au quotidien. Certes, vous pouvez aller vous payer un super massage. Il va vous détendre, mais est-ce que l’effet perdurera dans le temps ?

Il faut parfois savoir s’investir pour soi-même. Même si on n’est pas sûr du résultat et même si on ne sait pas quand celui-ci va arriver. Mais il faut avoir la foi qu’il arrivera. Par exemple, vous pouvez décider de vous investir dans une formation de 2 mois sur une méthode de méditation. Vous allez devoir y investir de l’argent (payer la formation), du temps (réaliser les exercices chez vous) et de l’attention (assister aux cours). Vous ne verrez peut être pas les effets tout de suite, peut être devrez-vous persister pendant 6 mois à faire les exercices pour ressentir un changement. Mais un jour, vous aurez un déclic, vous vous rendrez compte, après coup, que cela a bien changé quelque chose. Vos proches vous diront peut-être « tu es plus posée », « tu as l’air plus souriante ». Ce seront des petites remarques de votre entourage, des miroirs extérieurs, qui vous permettront de réaliser le changement que vous avez opéré en vous. Car puisqu’il est doux et progressif, vous ne vous en serez peut être pas rendu compte tout seul.

Conclusion, il faut persister. Même si vous faites un pas minuscule, ou qui pourrait paraitre à d’autre insignifiant. Il faut le faire. Encore, et encore. Il faut continuer. Même si vous êtes fatigué et découragé. Même si vous en avez marre. Même si vous ne voyez pas à quoi ça sert. Même si vous avez l’impression de ne pas obtenir de résultats. Même si vous faites une pause entre deux pas.

Il faut continuer. Un petit pas après un autre petit pas, cela vous permettra d’avancer et un jour, vous sortirez de votre tunnel. Ou bien de votre nuit de l’âme (lol).

Je suis loin d’être au bout de mon chemin. Pour chaque défi surmonté, il s’en présente un nouveau à ma porte, que ce soit sur le plan de la santé, du professionnel ou de mon environnement social. Mais j’essaye de me rappeler ça. Il faut persister. Même si j’ai le sentiment de faire du surplace depuis 2 ans, je vais continuer de faire un petit pas après un petit pas. Même si je ne le vois pas, certaines choses changent, c’est certain.

2 octobre 2018

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Vivre ensemble

Artiste : Sylar

Je vais finir par croire que je suis abonnée au réveil de mauvaise humeur depuis que je suis de retour au domicile familial… Et je ne peux m’empêcher de me demander « pourquoi ça ne va pas ? » chaque matin de plus que je me lève avec une envie de pleurer…

Et bien pleure.

Et ensuite ? Je n’ai pas envie de rester dans cet état et cette morosité… Mais j’ai bien du mal à le lever.

Est-ce que méditer t’a fait du bien hier ?

Oui, ça a rempli mon cœur de soleil. C’était agréable de sentir le vent dans mes cheveux courts, d’écouter le bruit des oiseaux. Mais il fait froid ce matin pour aller dehors…

Tes hormones ont besoin d’un peu d’aide pour se réguler. Tu es en phase d’acclimatation et ton corps a du mal à se réadapter à ton environnement. La méditation permet de libérer de la sérotonine et des hormones de bien être, d’où l’effet apaisant et euphorisant. C’est pourquoi nous t’invitons à méditer dans la nature tous les jours, pour un temps donné cela va t’aider dans ta transition.

Mais pourquoi je me sens comme ça ?

Parce qu’il y a de nombreuses choses qui remontent, au contact de tes parents, mais également de toutes les affaires et énergies que tu as laissé en plan en partant. Ce n’est pas forcément facile de « revenir » et de se confronter au contact de tout ce que tu as accumulé comme bagages avant ton départ à la Réunion.

Qu’est-ce que ça t’a fait, quand ce policier t’a demandé, lors de ta demande de procuration, si tu avais été à tel collège, pour te dire ensuite qu’il était de la promo juste en dessous de toi ?

Ça m’a fait bizarre. Je me suis dit « ah, alors il a presque le même âge ? Et lui, il est là, à travailler derrière un bureau de police, alors que moi je suis là, sans travail, revenue vivre chez mes parents… » Une partie de moi même n’a pas pu s’empêcher de m’auto-juger et de me rabaisser. Et je me suis demandée « qu’est-ce qu’il pense de moi ? »

Il aurait pu croire que tu étais en vacances au domicile familial. Qu’est-ce qui t’a poussé à croire qu’il savait que tu étais au chômage ?

Rien, c’est vrai… Parfois j’ai l’impression d’avoir cette étiquette sur le front « inutile à la société ».

Pourquoi cela te dérange-t-il tant ?

Ce n’est pas tant que cette étiquette me dérange, plutôt que celle de ne pas avoir le sentiment d’être à ma juste place. Même si je ne sais pas laquelle c’est… Si même elle existe. C’est peut-être simplement un sentiment intérieur à développer « où que je sois, je suis à ma juste place ». Mais pourquoi est-ce que je n’arrive pas à me sentir comme ça ? Ou plutôt, comment est-ce que je peux faire pour dépasser ce sentiment ?

C’est mieux. Toujours préférer les comment au pourquoi. Un « pourquoi » ne te donnera pas forcément la solution, alors qu’un « comment » te permet d’agir, d’être active et de ne pas rester dans une position de victime à attendre que les choses s’arrangent. La journée d’hier t’a prouvé que même en te levant de très mauvaise humeur, avec une nuit incomplète à cause de la sciatique, tu peux trouver un sentiment de paix intérieure et te sentir mieux. Et même finir la journée avec des fous rires.

C’est vrai que rire fait du bien, cela faisait longtemps que je n’avais pas eu une crise de rire comme ça à en avoir mal aux abdos, même si c’était au détriment de ma mère.

Mais ce n’était pas méchant comme moquerie.

Non, la situation était simplement cocasse, et elle ne l’a pas si mal pris que ça.

L’aurais-tu aussi bien pris à sa place ?

Je ne sais pas. Je me serai probablement offusquée avant de me joindre à la crise de rire.

L’auto dérision est importante. Savoir rire de tout et de rien, c’est important. Surtout quand vous êtes chamboulés par vos émotions et vos hormones. Le rire apporte un bien être, comme la méditation, il permet la libération d’hormones favorables à celui-ci. Nous n’inventons rien, tu l’as déjà lu dans des revues scientifiques.

Oui, mais c’est vrai que le lire et l’expérimenter aussi concrètement sont deux choses différentes.

Vivre en communauté, c’est aussi avoir cette possibilité. Il est bien plus difficile de rire tout seul.

Surtout, quand comme moi, on n’aime pas spécialement regarder des vidéos d’humoristes ou de chats qui se cassent la figure. Je sais qu’on peut trouver plein de choses sur internet pour rigoler. Mais je n’aime pas trop ça, je préfère le rire spontanée, issu d’une situation vécue.

A chacun sa façon de faire. Cela n’a pas tellement d’importance, à partir du moment où tu as identifié ce qui est bon pour toi. Alors dis-moi, qu’est ce qui est bon pour toi ?

Pouvoir passer du temps avec les gens que j’aime, à profiter et à rire des petites choses du quotidien.

Penses-tu donc que vivre seule est ce qui te correspond le mieux ?

Je ne sais pas… On va dire que je suis « farouche », j’aime mon indépendance, ma liberté, avoir mon espace, être seule aussi pour me poser, méditer, écrire.

Mais est-ce que vivre ensemble empêche de faire ces choses ?

Ça dépend… cela impose des contraintes, c’est sûr. Mais finalement, je me rends compte qu’au-delà des tâches communes, c’est surtout moi qui ai du mal à m’écouter. A oser m’isoler quand j’en ai besoin, à faire ce qui me plait, même si l’autre fait autre chose. J’ai toujours cette espèce de déformation, cette plasticité qui me fait m’adapter à l’environnement qui m’entoure. Parfois c’est bien, parce que cela me permet de faire des choses que je n’aurai pas faites seule et qui finalement sont agréables. Mais parfois aussi, je me retrouve à ne pas faire ce dont j’avais envie et à être grognon.

Comme ce matin, un exemple stupide. Moi je voulais regardais les dessins animés du dimanche matin et glander sur le canapé. Parce que c’est dimanche, et que je n’ai pas fait ça depuis des années, vu que je n’ai jamais eu la télé dans mes apparts (par choix ceci dit). Mais mon père devait travailler son mémoire, et il a installé son bureau dans le salon, donc je n’ai pas pu regarder la télé pour ne pas le gêner. Si je comprends bien son besoin de travailler (après tout, j’ai passé du temps à le conseiller et le relire), je me rappelle que moi, quand je devais étudier, j’allais dans ma chambre. Or il existe dans cette maison une pièce appelée bureau utilisée quasiment exclusivement par mon père pour ses loisirs. Je ne comprends pas pourquoi il ne va pas dans cette pièce pour obtenir la tranquillité qu’il souhaite… Je n’ai rien osé dire parce que c’est « leur maison » mais cela n’a vraiment pas participé à ma bonne humeur…

Pourquoi n’es-tu pas allée dans la lingerie, où il y a une 2ème petite télé ?

Parce qu’il n’y a pas de canapé, seulement une chaise de bureau très inconfortable pour ma sciatique. Et je suis désolée mais le glandage du dimanche matin, cela se fait sur le canapé, sinon ce n’est pas du « glandage »… Je sais que c’est un exemple futile, mais c’est typiquement un exemple anodin de cas où je dois faire passer mes propres besoins et envies au second plan, alors qu’il y aurait d’autres solutions pour que tout le monde ait ce dont il a besoin… Voilà pourquoi je préfère souvent vivre seule.

Et as-tu demandé à ton père pourquoi il ne travaillait pas dans le bureau ?

Non…

Il va te falloir faire des efforts de communication.

J’ai exprimé à mon père mon envie de regarder la télé. J’étais même prête à couper le son et mettre des sous titres, mais évidemment, il n’y en avait pas pour l’émission que je voulais… Il m’avait parlé d’un casque pour le son, mais quand je lui ai demandé où il était, il a été incapable de répondre… et je ne l’ai pas trouvé.

Si tu ne proposes pas de solution ou de compromis de façon explicite, cela ne sera pas suffisant. Il va falloir que tu fasses un effort d’adaptation.

Des fois, je n’en ai pas envie… Des fois, je suis trop fatiguée ou trop de mauvaise humeur pour faire preuve de tact… Voilà pourquoi, encore une fois, vivre seule est plus facile par moment.

Mais fuir le vivre ensemble par facilité n’est pas une solution durable. Tu dis que tu ne t’imagines pas vivre en couple avec quelqu’un, et en même temps tu te sens profondément triste par ce constat. Mais peux-tu vivre avec quelqu’un d’autre, si déjà tu n’es pas capable de cohabiter avec tes parents, qui sont, par définition, censées être les personnes les plus aimantes et les plus tolérantes de ton environnement incarné ?

… Que veux-tu que je réponde à ça ?

Fais un effort, pas pour faire plaisir à l’autre, mais pour respecter tes propres envies et besoins. A défaut de trouver une solution, être au moins sûre qu’ils ont été exprimés et entendus. C’est pour toi que c’est important sur le long terme, pour ne pas faire naître et accumuler de la frustration, ce qui te rendra agressive et difficile à aborder. Le vivre ensemble se cultive au quotidien. Faire preuve de bienveillance avec ses amies et les personnes rencontrées dans un cadre concis, tel que les cercles de femmes, c’est une chose. Mais faire preuve de la même bienveillance, au quotidien, dans son cadre de vie, avec ses proches, c’est autre chose. Surtout quand on est fatiguée, de mauvaise humeur, chamboulée par les hormones…

Je sais, je garde un souvenir terrible de ma dernière cohabitation en couple, sous un traitement hormonal complètement inadaptée…

Est-ce pour ça que tu as peur de vivre avec quelqu’un ?

C’est plutôt pour cela que je doute d’être vivable au quotidien pour autrui… C’est un peu un des effets secondaires de l’endométriose… Pics d’humeur, fatigue chronique, irritabilité… et je ne parle pas des insomnies. C’est déjà dure à vivre pour moi, alors quelqu’un à coté ? Je n’ai pas de bouton magique pour « tadam » tout à coup me sentir bien et être agréable avec autrui.

Pourtant il existe, il te suffit de le trouver. Au-delà de l’influence de tes hormones, il existe des façons de les contrebalancer et de chercher à les équilibrer. Ton état n’est pas une fatalité. Je le rappelle, la maladie n’est pas une fatalité, ni une excuse pour se complaire dans la facilité. C’est vrai, cela va te demander plus d’efforts qu’une personne lambda. Mais qu’importe ? Si ces efforts-là t’apportent un mieux-être, pourquoi ne pas les entreprendre ? C’est avant tout pour toi que tu dois faire les choses et les efforts. Pas pour « être vivable pour autrui », mais pour toi te sentir bien et ne plus te réveiller avec l’envie de pleurer.

Je comprends, merci. Mais j’ai toujours envie de pleurer, lol.

Va parler avec ton père, va essayer de trouver une solution qui satisfasse tout le monde. Tu verras que cela va te soulager et que tu comprendras que tes besoins peuvent être pris en compte.

Et s’il ne m’écoute pas ou balaye ma demande parce qu’elle est « futile » ?

Rien n’est « futile », si tu en as vraiment envie et si l’absence d’une chose crée une réelle frustration, alors ce n’est pas futile. Même si cela le semble d’un regard superficiel. Regarder les dessins animés le dimanche matin sur le canapé, c’était un rituel familial de ton enfance et de ton adolescence. Par cette envie, tu as besoin de renouer avec et de comprendre quelque chose d’important par rapport à ton propre passé. Il y a une raison derrière, même si tu ne peux pas encore la saisir. Nous te disons simplement de suivre tes envies. D’elles découleront des enseignements intéressants, dont tu as besoin. Les envies profondes ne sont pas un hasard. Aussi diverses, surprenantes et incompréhensibles qu’elles soient, nous te demandons de les accueillir, car elles sont là pour te permettre d’expérimenter et d’apprendre. Il serait vraiment dommage de t’en priver.

Merci.

23 avril 2017

S’affoler pour rien

Artiste : Guweiz

Décidément, c’est dernier temps, me poser pour écrire devient difficile. Surtout quand je me lève de très mauvaise humeur le matin, à cause d’une nuit interrompue par la sciatique à me retourner encore et encore dans mon lit, et puis à cause de rêves perturbants. Je sais bien que dans ces cas-là, ces rêves marquants qui ne « passent pas » correspondent à un message spirituel qui ne veut pas passer. Et je sais bien que sous la surface, si je me mets à gratter, je vais mettre à jour des choses désagréables.

Alors c’est clair, dans ces cas-là, mon mental freine des quatre fers pour ne pas écrire. Parce que c’est aussi un travail, sur moi-même, surtout quand mes guides spirituels s’invitent dans la partie, pour souligner certains éléments ou m’aider à des prises de conscience. En général, cela n’est pas forcément agréable.

Même si parfois salutaire ?

Oui, parfois salutaire… Mais bon sang, je déteste me sentir « comme ça ». Je me sens mal au réveil, je me regarde dans le miroir et je me trouve « moche ». Je sais bien que ce n’est pas tant mon image physique qui me fait sentir comme ça, qu’une subite montée de manque d’amour de moi-même. Je me regarde dans le miroir et je n’aime pas ma tête ces jours ci.

Ma peau est affreuse, alors que pourtant, j’ai tout fait pour l’aider à bien vivre la transition eau de robinet volcanique vers eau de robinet calcaire. Justement, je n’utilise plus que de l’eau thermale en spray. J’ai acheté des produits spéciaux pour les rougeurs, crème, masque, produit lavant. Bref, je fais des efforts et pourtant, cela fait bien longtemps que ma peau n’a pas été aussi « horrible »,  avec rougeurs, gonflements, poussée d’acné. Cela me décourage. Et que dire de mes cheveux ? Deux lavages au calcaire, et c’est fini, ils ont perdu leur éclat, leur volume et on dirait limite du plâtre…

Et ne parlons pas de mes cernes ! C’est quoi le problème alors que j’essaye de faire des nuits de 9 à 10h de sommeil ? Je fais attention à prendre un bon rythme, ne pas me coucher trop tard… Et j’étais contente parce que mes premières nuits, j’ai dormi comme un bébé, des nuits complètes comme je n’en avais pas faites depuis tellement de mois. Voilà que je me fais la réflexion qu’un sentiment de sécurité profonde (grâce à mon retour dans la maison familiale) aide probablement à mieux dormir, et bim la nuit suivante… Insomnie, réveil sans raison, impossible de me rendormir avec ma sciatique. C’est à s’arracher les cheveux !!!

Je ne comprends pas pourquoi je me sens si mal. « I’m feeling like crap ». Est-ce mes hormones qui me rendent à fleur de peau et me donnent constamment envie de pleurer ? Est-ce tous ces changements dans mon environnement qui me perturbent tant ? Pourtant, j’essaye de faire preuve de douceur, de ralentir et de faire des pauses, notamment quand je vois que je me fatigue trop à trier mes cartons. Je me suis acheté un nouveau pull tout doux et tout rose. Je suis allée chez le coiffeur.

Mais surprise, mes efforts n’ont pas l’effet escompté ! Quand la coiffeuse a eu fini de me couper les cheveux, j’ai eu très envie de pleurer. Oui, pleurer, vous avez bien lu. Elle m’a coupé les cheveux trop courts, ce n’est pas du tout ce que j’avais en tête. Certes, j’avais envie de « changer de tête » parce que je n’en peux plus de la mienne ces derniers jours. Mais je ne m’attendais pas à un changement si radical, et cela m’a choqué. C’est dire combien je me sens à fleur de peau…

Alors je me demande : c’est quoi le fond du problème ? C’est quoi qui en réalité ne va pas ? Je ressens un profond ras le bol. Mais de quoi ? Cela fait à peine une semaine que je vis de nouveau chez mes parents, ce ne peut pas être déjà ça… alors que cela se passe plutôt bien. Non ?

Peut-être est-ce un découragement par rapport à la maladie. J’essaye de retrouver une équipe médicale compétente, et c’est un peu la croix et la bannière… Le gynéco spécialisé sur l’endo que j’ai vu m’a beaucoup déçu. Expéditif, toucher très douloureux, manque d’explications… De toute façon, la réponse a été claire, mon cas est trop complexe pour lui, il me renvoie vers un confrère de Bordeaux. Ce qui n’est pas plus mal, vu que je ne me suis pas du tout sentie à l’aise avec lui. Donc j’attends des nouvelles de ce monsieur… En espérant que la communication marche bien entre les deux.

Mais en attendant ? Le gynéco a été très clair : pour lui l’opération est indispensable, INDISPENSABLE, peu importe combien de temps j’attends, que je veuille des enfants ou pas… Il me dit que je peux tester le reste, infiltration épidurale pour la sciatique, la cure thermale pour l’endo, mais que pour lui, l’opération sera nécessaire. Pour éviter l’infiltration de l’endo dans les intestins, pour l’instant il suffit de « racler sans résection ». A la bonne heure, j’ai de la chance…

Et je crois que c’est cette pilule-là qui ne passe pas. Qui ne passe vraiment pas. Ma mère n’a pas compris pourquoi après cet affreux rdv médical, je tenais à m’offrir des boucles d’oreille. Mais moi je sais, c’était pour me remonter le moral, pour soigner et faire preuve d’attention auprès de ma femme intérieure, meurtrie par un examen très indélicat, déprimée par les propos du médecin. Mais cela n’a pas suffit, il faut bien que je m’en rende compte.

Pourquoi est-ce que je me sens moche ? Parce que je sais que mon ventre est un gros bazar et que je ne cesse de devoir expliquer la maladie qui me touche et ses possibles conséquences : 50% de stérilité ? Parce que dans ma tête je sous-estime cette maladie et que la réalité vient de me rattraper ?

Pourquoi dans cet affreux contexte je rêve de bébé et d’accouchement ? Pourquoi je cauchemarde d’un centre de recherche pour la maladie qui se révèle en réalité être une « pondeuse », un lieu où l’on met les femmes enceintes contre leur volonté, pour vendre leur bébé ?

Je ne comprends rien à ses rêves et à leur message. Mais je vois que le thème revient, encore. L’autre fois, c’était un rêve à la Matrix, où les femmes étaient exploitées pour faire des bébés, dans les espèces de cocons du film. Et s’il s’avérait que si elles étaient stériles, alors, pfuit, elles étaient évacuées comme des déchets…

Je sens bien que tout tourne autour de ça, la cause profonde. Mais, le nez dans le guidon, le schéma ne m’apparait pas et j’ai le sentiment de tourner en rond. Je ne veux plus rester les bras croisée, comme une victime, en attendant qu’une solution miracle me soit apportée. Il n’en existe pas. Je veux juste avancer vers un mieux-être, pas à pas. Mais j’ai le sentiment de butter contre un mur invisible. Pourquoi mes efforts habituels ne marchent-ils plus ? Qu’est-ce que je suis censée faire ? Comment rebondir ?

Tu as le droit d’accepter ta tristesse. Tu as le droit d’être choquée. Tu ne t’attendais pas à ce que le gynéco te dise ça. Tu as été très choquée.

Je ne veux pas d’une opération : on te fait des trous dans le ventre et on te racle tous les organes, en espérant ne rien oublier au passage ? Je trouve ça super violent et invasif ! Pourquoi faudrait-il en passer par une telle extrémité ? N’existe-t-il pas des méthodes plus douces ? Le corps n’a-t-il pas une capacité formidable d’auto réparation – comme on m’en a parlé en lien avec le décodage biologique ? Si les nœuds énergétiques de la maladie sont dissous, n’y a-t-il pas un processus qui s’engage au niveau physique ? Et les soins sur les mémoires cellulaires et leur reprogrammation ? Aucun soin énergétique ne peut agir et descendre au niveau de mon corps physique ? Pourquoi cela marche chez certain et cela ne marcherait-il pas chez moi ?

Une part de toi espère toujours une forme de guérison.

Oui, ce n’est pas comme si j’ignorais l’enseignement de cette maladie. J’essaye de comprendre, d’accepter, de prendre soin de moi. Entre le travail psychologique, l’identification des mémoires karmiques, mais aussi familiales dans cette vie, les soins chamaniques, le travail avec mes guides, les cercles de femmes… Qu’est-ce que je ne fais pas ? Qu’est-ce que je ne comprends pas ? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à dissoudre ces nœuds énergétiques ?

Parce qu’ils sont entremêlés chez toi sur plusieurs sujets.

Et alors ?

C’est plus long. Rappelle nous quel âge terrestre tu as.

Je me rapproche de mes 27 ans. Et alors ?? Cela fait 7 ans que cette maladie me fait travailler sur moi-même.

7 ans ce n’est rien. Ce n’est même pas la durée d’un cycle complet, qui est, nous te le rappelons de 9 ans.

ET ALORS ??!! Ce n’est pas cela qui me réconforte quand je pleure, ce n’est pas cela qui me calme quand je suis en colère à cause de la maladie, ce n’est pas non plus cela qui apaise mes douleurs. A quoi cela me sert de me rappeler que je suis jeune ?

A te rappeler que tu as du temps.

Du temps pourquoi ? A priori, pas pour guérir, vous m’avez fait comprendre que ma maladie ne disparaitrait pas…

Du temps pour grandir avec la maladie. Tu es si jeune, tu ne comprends pas encore la richesse de cet enseignement. Tu le comprendras plus tard et tu comprendras avec que ce temps, que tu trouves si long, t’en aura en réalité fait gagner beaucoup dans ta vie.

Comment ?

Par la sagesse qu’il t’aura apportée, par la réalité que tu auras expérimentée. La maladie n’est pas une fatalité, elle est un voyage vers vous-même et vers vos ressources intérieures. Ce que tu ne peux pas faire à l’extérieur, tourne-toi en toi-même pour le réaliser d’une autre façon. Il existe des tas de chemins pour aller vers un même résultat, c’est ça la beauté de la vie. Rien n’est tracé, c’est à vous de le décider. Tu peux décider de t’assoir et de faire une pause pour te ressourcer, ce que nous te recommandons, ou bien tu peux foncer. Tu peux tenter le raccourci, mais celui-ci te donnera-t-il la même richesse et la même satisfaction au bout ?

Ce n’est pas parce que tu ne vois pas vers où te mène tes pas, qu’il n’existe pas de cohérence. Sylvie le disait dans son commentaire, elle ne cherche plus le sens avant de marcher, elle le laisse émerger au fur et à mesure. Ne trouves-tu pas que c’est une façon de faire bien plus reposante ?

Je ne sais pas… Je pense que oui, mais cela marche bien si tu te sens guidée, si tu arrives à te laisser porter vers ce que tu sais être bon pour toi, même si tu ne sais pas quoi. Je n’ai pas du tout l’impression d’être guidée, ni de savoir dans quelle direction faire mon prochain pas.

Pourtant, nous sommes là à te répondre. Et si tu ne perçois pas la direction de ton prochain pas, c’est peut-être parce qu’il n’y en a pas pour l’instant. Peut-être est-il mieux pour toi de te reposer maintenant. Ne disais-tu pas que la Réunion t’avait épuisée ?

Si, mais il est difficile de se reposer sans avoir ne serait-ce qu’un futur objectif en tête, un pas qui attend. Tout le monde me le demande : et que vas-tu faire « après » ? « Après » quoi, on se le demande…

Et si au lieu de te concentrer sur cet après, tu te concentrais sur ton présent immédiat ? Un pas après l’autre. Un jour après l’autre. Peu importe ce qu’on te dit et quelles sont les attentes de tes proches. Et si tu te concentrais pour te sentir bien, là tout de suite ? Profiter du soleil, écouter le chant des oiseaux, méditer, dessiner, rire et profiter. Qui est pressé ? Le prochain pas a tout le temps d’émerger. A quoi cela sert-il de te dépêcher ? Laisse aussi à ton corps le temps de se reposer.

Je comprends ta logique, mais je n’ai rien devant moi. Aucune idée de comment je vais gagner ma vie, où je vais vivre, etc. En gros, vous me demandez de m’assoir juste au bord d’un grand précipice rempli de vide, et de ne pas avoir le vertige ? Vous me demandez d’être zen et de ne pas avoir peur, quand tout le monde autour de moi s’affole et me demande de regarder vers le bas ?

« Tout le monde autour de toi s’affole » et bien laisse les s’affoler. Ces émotions ne t’appartiennent pas et en réalité, c’est toi qui les projette. Elles ne font que te revenir par effet miroir. Les angoisses des autres sont les tiennes, et ces miroirs sont là pour te mettre le doigt dessus et te pousser à les surmonter. Plus tu seras zen et confiante en ton avenir, même s’il ressemble à une toile vierge, plus les autres le seront aussi autour de toi.

Ce n’est pas le moment de te mettre à gribouiller à la va vite. C’est le moment de rassembler tes pinceaux, avec patience et minutie, et d’apprendre à t’en servir dans le calme et la sérénité. Pour faire face à cela, nous t’encourageons à méditer tous les jours dans la nature. Pose toi dans le jardin, commence par 5 min, puis 10, puis 15 et quand tu arriveras à rester 30 min entière dans un état de paix intérieure, de présence et de centrage, alors nous pourrons passer à autre chose.

Merci.

21 avril 2017

Arbre de vie

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Artiste : source perdue, merci de me la préciser si vous la connaissez !

Dimanche, je m’étais dit que j’allais peindre. C’était l’envie que je ressentais la veille. Mais le jour J, bizarrement, j’avais de l’énergie pour faire tout un tas d’autres choses : rangement, ménage, réponses à mes emails, liste de meubles à vendre, estimation du prix de vente de ma voiture, etc… Bref, tout sauf l’état d’esprit pour m’assoir devant une toile. Alors c’est bien, j’ai avancé sur plein de détails matériels qui me tracassaient.

Je ne sais pas pourquoi je me sentais aussi agitée intérieurement. Peut-être à cause du rêve très perturbant de ma nuit dernière, concernant encore une fois mon ex compagnon, mais avec un scénario assez inédit cette fois. Encore un rêve bizarre au message incompréhensible et probablement dérangeant pour qu’il ne passe pas.

J’ai eu vraiment du mal à me poser. Mais une fois cela fait, une fois le calme intérieur retrouvé, j’ai eu cette image qui est venue, celle d’un coquelicot sur un fond de ciel bleu. Et j’ai eu envie de la peindre, là comme ça, tout de suite, à 23h du soir. Pourquoi pas ? Finalement, cela a été beaucoup plus rapide que ce à quoi je m’attendais.

Mais face au résultat, je me sens mal à l’aise, je n’aime pas les énergies que je ressens. Pourquoi cela me noue le plexus solaire, alors que l’image qui m’est venue pendant ma méditation était si calme et apaisante ? J’ai même la nausée…

Bon, après un exercice d’accueil de ces énergies dans mon cœur et de transmutation en énergie de lumière, cela va mieux… Mais je n’aime pas trop cette façon de faire remonter des énergies enfouies… Ce n’est pas agréable. Je préfère quand ce que je crée me donne tout de suite un sentiment de « justesse » ou de bien-être. Comme cette création avec des jeux de matière autour d’un cœur. Celle-là, je ne me lasse pas de la regarder, et je l’aime un peu plus à chaque fois, même si au départ je n’en étais pas entièrement satisfaite.

Tu as appris à l’aimer comme elle est, même si elle n’est pas parfaite. Mais tu aimes les jeux de textures et de couleurs.

Oui, c’est vrai. J’ai adoré découvrir en atelier les médiums qui existaient pour donner diverses textures. C’est une des choses que j’ai très envie d’acheter en rentrant aussi. Parce que là, même en peignant au couteau, la peinture a « ramolli » et les bords nets et acérés sont en train de fondre, snif. Ça change quand même beaucoup le rendu. Et puis en séchant, l’acrylique ne brillera plus. Il faut que je m’achète aussi un vernis brillant, pour faire ressortir certains éléments de la toile, ça serait chouette !

Fais une liste, de tout ce dont tu as envie et que tu sais déjà utiliser.

Oui ! Ahaha, ça sera la chose la plus amusante à faire en rentrant, faire les magasins de fournitures artistiques. Ça me fait envie !

C’est une bonne chose que tu ais des projets agréables en rentrant. Et pas seulement celui de trier tout le tas de cartons que tu as laissé en partant à l’improviste. Parfois, se concentrer sur le côté agréable des choses aident à avancer, petit à petit. Et sans que tu t’en rendes compte, pouf ! Tu as déjà monté une marche, passé une porte, découvert une nouvelle prairie devant toi.

Comme pour ton arbre intérieur. Etait-ce agréable de peindre ce petit oiseau tout doux sur une de tes branches ?

Oui. Je ne sais pas, j’ai eu comme un déclic « ah, c’est ça peindre ! ». Une énergie agréable m’a enveloppé, comme le plumage de cet oiseau rosé et blanc, tout doux, tout doux. Tout à coup, peindre ne m’a plus semblé difficile, technique ou fatiguant. Peu importe la précision et la réalité du rendu, du moment que je ressens les énergies et que je les pose sur la toile. Le reste n’a pas d’importance. Même si on ne distingue pas son aile de son corps, même s’il n’a pas d’yeux, et même si je n’ai pas pris la bonne couleur pour le bec, lol !

Et ces fleurs alors ? Elles étaient drôles aussi à peindre ?

Oui, j’ai fait les pétales extérieurs roses, celles du cœur blanches, je me suis même amusée à faire les étamines. Le rendu donnait du relief. J’ai été surprise de constater qu’une de mes branches portées des fleurs !

Alors même que le cœur de l’arbre est noir comme la suie et creux, ton arbre est capable de fleurir, vois-tu. Il est même capable de donner vie à une nouvelle pousse, à proximité de ce cœur. Et le plus important, c’est que tu constates qu’il n’y a pas que cette affreuse branche brulée.

Oui, encore cette histoire de brûlure de l’âme qui revient…

Elle est là. Mais elle ne te définit pas. Elle n’est qu’une branche parmi d’autres sur ton arbre. Qui par ailleurs à un tronc et des racines solides, bien dessinées. C’est ça qu’il faut que tu remarques. Ton arbre intérieur est capable de continuer à pousser et à générer de nouvelles branches. Certes, il ne peut pas régénérer celle qui est calcinée par la foudre. Mais d’autres branches pousseront, et quand le moment sera venu, cette branche s’élaguera d’elle-même. Elle tombera pour former à la place une cicatrice et laisser un espace de développement pour les autres branches.

Tu le sais, c’est comme ça que les arbres fonctionnent dans la nature. Et c’est en parti pour ça qu’ils te fascinent. Pour leur capacité à survivre à la perte d’une branche maitresse, à se renouveler, à croitre en dépit des pertes subies, des blessures et des hivers traversés. La sagesse des arbres est profonde, et ils peuvent t’apporter beaucoup. Tu le sais, mais tu ne sais pas comment.

Et bien concentre-toi sur ton arbre intérieur. Observe le vivre, grandir, évoluer, perdre des branches et en laisser d’autre pousser. Observe comment tes actions permettent de le nourrir ou bien de l’affamer. De le faire fleurir et peut-être même de donner des fruits et des graines. Accueillie le cycle de la vie en toi, comme l’arbre l’accueille tranquillement en restant sur place. Après l’hiver, viens le printemps…

Merci.

5 mars 207