Science sans conscience ?

Artiste : Yuumei

Comme vous avez pu vous en rendre compte, je ne suis plus très présente sur mon blog depuis quelques temps. Il y a maintes raison, mais globalement, je ne ressens pas l’élan ni le besoin d’écrire ici, et je ne souhaite pas forcer la chose. Mes guides sont aux abonnés absents, tout du moins, ne se montrent-ils pas et ne souhaitent pas se manifester quand je les appelle. On dirait que je traverse une de ces phases du style « on ne te répondra pas, c’est à toi d’apprendre par toi-même et de trouver d’autres solutions ». Soit, j’ai décidé de lâcher l’affaire, comme dit Camille, ça ne sert à rien de chercher à se prendre un mur.

Voilà pourquoi j’ai parfois le sentiment que la guidance que je reçois est très instable et aléatoire. Certains me répondront peut-être que, j’ai déjà de la chance de pouvoir écrire avec mes guides ponctuellement. Mais la réalité, c’est que ce n’est pas moi qui décide. Quand eux le veulent, ils vont trouver les moyens pour m’en donner envie ou m’y pousser. J’ai cette impression illusoire que c’est moi qui décide, quand écrire ou pas, mais c’est une construction totalement fausse de mon égo pour me rassurer. Car dans ces périodes de silence, il m’arrive mainte fois de penser à mon blog, ou d’avoir envie que quelque chose s’écrive, mais je ne ressens pas cet élan, cette énergie nécessaire pour le faire. Alors qu’aujourd’hui oui.

Est-ce une question de ressources énergétiques ? Peut-être. Il est vrai que, malgré mes méditations, mes nuits de repos, etc, j’ai souvent bien du mal à avoir le sentiment de réussir à me ressourcer. Ma santé est très chaotique, et mes expériences spirituelles semblent beaucoup l’impacter. Je n’ai toujours pas trouvé le moyen de corriger ça, de l’influencer, ni même de le comprendre ou de le prédire avant un travail énergétique spécifique. Des fois cela me rend chèvre. J’ai beau lutter, essayer de comprendre, de rétablir mon état, de demander guidance ou aide énergétique, et bien que dalle.

Alors j’ai décidé de lâcher l’affaire. Parce que tout ça, ça me fatigue. Ça me fatigue de ne rien comprendre, de chercher à comprendre et encore plus de n’avoir aucune réponse ou des bribes incompréhensibles. Certaines personnes vivent très bien leur vie sans avoir conscience des réalités énergétiques cachées derrière notre monde physique. Je devrais bien y arriver aussi non ? Prendre les choses comme elles viennent, profiter des signes qui peuvent pointer leur nez quand mes guides le veulent. Ou bien des rêves ou messages à la volée. S’il y en a, tant mieux, sinon tant pis. Envoyer valdinguer les bouquins de théorie et de pratique en spiritualité.

J’ai décidé de ressortir ma console de jeux, de reprendre la guitare. Bref de faire d’autres choses. Parce que ça m’énerve de constater que quoi je fasse, mon intérêt se tourne toujours vers le spirituel. Pourquoi les boutiques qui m’attirent le plus sont quasiment toujours des librairies ésotériques ? Pourquoi quoi que je fasse, je me retrouve toujours à acheter des oracles, des bouquins en lien avec les plantes et/ou la spiritualité ? Quand je regarde ma bibliothèque, ça me fatigue aussi. De quoi donc sais-je parler au-delà de ça ? Pourquoi est-ce que j’ai le sentiment de m’ennuyer avec mes amis au bout de tout un we, si des questions spirituelles, philosophiques ou en lien avec la nature et les plantes, ne sont pas soulevées ? Des fois, cela me fatigue moi-même, cette faim insatiable de quelque chose dans ce domaine, mais quoi ?

Mes amies m’ont fait remarquer que j’apportais parfois des indices et des réponses intéressantes – qui à moi me semblent évidents, mais ne le sont pas pour tout le monde, en lien avec leur développement personnel. Peut-être, tant mieux pour elles, ça me fait plaisir de les aider. De mon côté à moi, je me sens tourner en rond. J’ai l’impression d’être inculte sur un grand nombre d’autres sujets – histoire, musique, cinéma, politique, fonctionnement de la société, etc… Et pourtant, bien que je sois confrontée à mon ignorance et que cela m’énerve, je n’en ai pas pour autant l’énergie ou l’envie d’aller me cultiver dans ces domaines-là. En soi, ce n’est pas grave, on ne peut pas tout connaitre. Mais j’ai parfois l’impression d’être une totale inculte dans une conversation banale de culture générale. Et là, je ne parle même pas du fait que suivre les actualités me plombent trop le moral, et donc que je suis rarement à la page sur ce sujet-là aussi.

Peut-on vivre dans une bulle coupée du monde ? De sa réalité sociétale, politique et scientifique ?

Depuis que je suis revenue de la Réunion, je me suis mise à lire les 2 ans de Science et Vie engrangés en mon absence. Et nombre d’articles me semblent carrément effrayants… Nanotechnologie pour contrôler des libellules et s’en servir de mini drone, culture de cellules humaines dans des embryons de porcs, projet pour cloner la personnalité et conserver le cerveau en vie après la mort, recherche sur les animaux génétiquement modifiés pour la production animale… Tout ça ne sont que quelques exemples piochés au hasard. Mais les chercheurs vont toujours plus loin, et se sont souvent ceux qui travaillent dans les Start Up ou des équivalents de Silicone Valley.

Alors, je ne critique pas en soi la recherche scientifique, la soif de progrès et de découvertes. Après tout, j’ai suivi une formation scientifique et je suis moi-même avare d’une meilleure compréhension de la physiologie végétale. La science est un de mes intérêts principaux.

Mais « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Et j’observe que toutes ces innovations et ces projets, qui questionnent notre moral, notre éthique, notre sens du « naturel » et du « normal » sont issus de travaux poussés par un fonctionnement capitaliste. C’est à la première Start Up qui aura l’innovation la plus efficiente et rentable, que reviendront les gains. D’où une course à l’innovation sans prise réelle de recul, sans étude des questions éthiques et morales. Et l’état (principalement les USA) et la législation, en charge de ses questions-là, sont évidemment à la ramasse, au vu de la vitesse d’évolution des technologies et des recherches.

Moi qui ai de base un esprit scientifique, j’avoue être de plus en plus gênée et dégoûtée par certains travaux scientifiques. Cela fait des années que je lis Sciences et Vie, mais je ne me souviens pas, par le passé, avoir lu des articles sur des thèmes de recherche si sensibles, écrit de façon aussi banalisée. Est-ce moi qui ai changé de regard ? Ou la science prend-elle réellement un tournant « capitalistique » alarmant (attention, je ne parle pas de la recherche publique ici) ? Est-ce simplement que je commence à me sentir dépassée, maintenant que je suis sortie du circuit de formation et que je deviens réfractaire aux nouveautés radicales ? Ou ai-je pris du recul sur la machine toute puissante que représente la Science dans notre société ?

Oui, la science est nécessaire et utile. Oui la science permet d’améliorer notre santé, nos conditions de vies et notre espérance de vie. Mais la science est-elle la réponse à tout ? De plus en plus, je suis persuadée que science sans « spiritualité » reste une science « superficielle ». Et quand je parle de « spiritualité », je ne parle pas de croyance ou de religion, mais de connaissances des systèmes énergétiques, des différents plans (éthérique, astral, mental, émotionnel, …), d’une autre vision de l’organisation de la vie, de l’existence d’êtres subtils, de l’existence de liens énergétiques et subtils invisibles qui impactent les choses entre elles. Comment comprendre réellement un système quand on ne prend en compte que la moitié de ses éléments, sous prétexte que les autres sont invisibles ? Comme si on ne regardait qu’une seule face d’une pièce. Grâce à la physique quantique, on n’a pu se rendre compte que les choses ne sont pas toujours si simples à l’échelle quantique qu’à l’échelle macro, que la réalité est trompeuse et qu’elle diffère de par la présence même d’un observateur.

Des fois, j’ai le sentiment que l’être humain se sent de plus en plus puissant et sûr de lui-même grâce aux progrès de la science, mais qu’il en oublie l’essentiel. Qu’est-ce que la vie ? Qu’est-ce que le respect de la vie ? Comment vivre en harmonie entre nous-même et avec notre environnement ? Quelle est le principal ? Notre confort, notre mode de vie, notre compréhension et notre contrôle du monde ? Ou notre joie de vivre, notre amour, notre présence au monde dans chaque instant ?

Serions-nous capable de couper un arbre, si nous avions rencontré son esprit et été touchés et soignés par lui ? Serions-nous capable de polluer un fleuve si nous avions joué avec les esprits de l’eau qui y vivent ? Serions-nous capable de traiter les animaux comme des objets à disposition s’ils nous avaient apporté leur sagesse et leur aide ?

J’ai toujours aimé la nature, et surtout les végétaux. Depuis toute petite. Mais je n’ai jamais posé un tel regard sur elle que depuis que je pratique le chamanisme et que je suis entrée en contact avec les esprits de la nature, récemment. Ils sont là, autour de nous, et à ceux qui savent les aimer et les respecter, ils sont capables d’apporter enseignement, sagesse et soins.

Et je suis triste de me sentir aussi écartelée entre ce monde humain moderne, notre société, et cette Nature et ses réalités subtiles. Comment trouver ma place dans cet entre-deux inconfortable ? Comment répondre aux réalités de ma société (gagner de l’argent pour vivre) tout en respectant mes valeurs profondes (respect de la nature et de la vie) ?

Par moment, ce monde humain me semble devenir fou. Et je me sens schizophrène : la paix dans mon jardin et auprès des esprits de la nature ; à l’opposé de la violence (psychologique, monétaire, physique…) et la lutte (pauvreté, lutte des classes, pour l’éducation, etc..) dans ma société, ma ville, ma vie professionnelle…

A choisir entre les deux, je préfère encore m’isoler dans mon jardin. J’ai plus de mal que jamais avec les choses superficielles, les discours négatifs, alarmistes ou insidieusement violent, les conversations mondaines, les exigences de la société. Je me sens comme en train de décrocher de cette réalité humaine. Mais est-ce vraiment la réalité ? Est-ce que le modèle que nous propose notre société – travailler pour consommer – est celui qui nous permet de Vivre, d’être et d’aimer sans entraves ?

Je n’ai pas de réponses à ces questions, et mon avenir professionnel me semble parfois bien noir dans un tel contexte sociétal – où je me sens comme un mouton noir. Je serais probablement prise pour une folle si j’avançais de tels propos auprès de la communauté scientifique, et même par la majorité des gens. Il est sûr que mon discours ne peut toucher qu’un petit nombre de gens, déjà avertis ou ouverts d’esprit. Devrais-je pour autant sacrifier mes valeurs et ma perception du monde ? Hors de question ! Plutôt mourir…

Il ne me reste donc plus qu’à trouver une forme de compromis… un pont entre les deux ?

6 juin 2017

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La force du végétal

Artiste : Päivi Valkonen

Artiste : Päivi Valkonen

« Mises dans des conditions franchement défavorables, les plantes [notamment les arbres] peuvent évidemment mourir ; mais si vivre reste possible, elles surmontent les difficultés avec une opiniâtreté qui force l’admiration. Si j’osais cette métaphore animale, je parlerais de leur « courage » ; elles ne se contentent pas de survivre, elles reprennent leur place dans la végétation d’origine et, si les conditions redeviennent favorables, elles parviennent à effacer toute trace de périodes difficiles, aidés en cela par leur autonomie, par le fait qu’elles n’éprouvent aucune difficulté à changer de forme et par la manière qu’elles ont de disposer du temps. »

Eloge de la plante, Francis Hallé

Quand je suis tombée sur ce passage dans ma lecture, j’ai eu comme un tilt dans ma tête. Alors que ces derniers jours je réfléchis et j’échange sur les sujets de blessure de l’âme, de processus de guérison, de cicatrice sur le blog de Sylvie. Je suis admirative de la capacité du végétal à non pas « survivre », comme nous humains le faisons pour la majorité, mais à vivre et s’étendre, à rayonner et grandir, à « guérir » malgré les épreuves traversées. L’arbre et les plantes sont vraiment fascinantes, et je pense que si on prenait le temps de les observer, de les comprendre, on pourrait apprendre beaucoup d’elles… Car j’aimerais avoir ces qualités-là, à défaut qu’elles soient physiques, mais au moins sur les plans émotionnels, mentaux et énergétiques.

Certes quand on coupe la branche d’un arbre, elle n’est pas exactement remplacée, au même endroit avec la même structure, et il reste une cicatrice : on peut voir sur le tronc le nœud correspondant à la branche coupée. Mais l’arbre fait pousser une nouvelle branche à proximité pour remplir ce « vide » dans l’espace qui l’entoure et le valoriser.

Si un arbre tombe, et s’il est dans des conditions favorables (lumière, humidité, comme on peut en trouver dans une forêt tropicale), des rejets vont pousser sur ses racines, son tronc, ses branches. De « l’individu » couché au sol, il va se former sur cette ligne plusieurs nouveaux « individus », des répétitions d’une branche qui font en grandissant se transformer en arbre alors que le tronc d’origine va se décomposer autour et finir par disparaitre. Fort de cette apparente mort, un arbre renait en une colonie d’arbre. C’est un mécanisme fascinant !

Transposons cela à l’image énergétique d’un être humain : à chaque « mort spirituelle », celle où l’on abandonne une part de soi qui ne nous est plus utile (schémas de pensées négatifs, peurs cristallisées, etc), on serait, en mimant le principe de l’arbre, capable de renaitre à soi sous de multiples et nouvelles facettes, toutes plus jeunes et vigoureuses, nous permettant d’élargir notre enracinement dans le monde et d’étendre notre champ d’existence (et donc de conscience). Ce serait en soi un puissant processus d’évolution spirituel. Décidément, je n’en démords pas dans l’idée que les arbres feraient des guides spirituels fascinants pour ceux capable de travailler avec eux et d’arriver à leur portée ! Cela me fait envie !

6 décembre 2016

La vie est belle [voyage chamanique]

Artiste : Yuumei

Artiste : Yuumei

Il y a des moments où la vie est faite de peurs, de doutes, de luttes contre soi-même, et par extension avec les autres. Dans ces moments-là, rien ne semble certain, et toutes ces lourdeurs semblent étouffer nos élans de vie.

Et puis, il y a ces autres moments, plus rares, où les connexions se font, où les messages apparaissent, où la beauté du monde qui nous entoure nous touche. Tout à coup, la vie est belle. Le cœur est serein, parfois même emplie de gratitude, et l’avenir n’est plus si sombre. Un rayon de lumière a fugacement percé les nuages gris.

Toute la difficulté réside a percé cette couche de nuage, pour faire de l’espace à ces rais de lumière. A garder foi que malgré les moments difficiles, la vie reste belle.

Je ne suis pas très bonne à ce jeu de la vie, même si j’essaye de m’améliorer. Il est vrai que ma mère m’a toujours dit que j’avais cette tendance naturelle à voir le verre à moitié vide au lieu de plein. Mais il est vrai aussi que l’on est programmé génétiquement de cette façon. Voir le négatif, imaginer les pires scénarios et s’y préparer mentalement a été un processus efficace pour la survie de notre espèce et il est resté imprimé dans nos cerveaux [cf je ne sais plus quel numéro de Science et Vie]. C’est à nous de faire un travail conscient de reconditionnement vers la pensée positive, qui en réalité n’est pas biologiquement programmée. Autant dire qu’au départ, c’est une lutte de tous les instants – encore faut-il avoir réussi à prendre conscience de ce schéma de pensée négatif et à s’en être dissocié (ce qui sont déjà de sacrés grands pas).

Parfois, un rayon de lumière me touche. Comme aujourd’hui, alors que j’ai lu un livre inspirant et que j’ai pris la peine de m’entraîner à dessiner. Comme si ouvrir son cerveau à la créativité et à l’esthétique permettait de mieux laisser entrer la beauté de la vie aussi.

Je suis sortie me promener, j’ai écouté le chant des oiseaux, profité des doux rayons dorés du soleil déclinant. Je me suis arrêtée un temps pour observer un petit coin de nature, dans cette zone délaissée de l’homme en pleine ville – la ravine. [En zone tropical, c’est un lit de rivière asséché, colonisé par la nature, qui n’est submergé qu’à la saison des pluies, lors de violentes averses].

Apaisée, présente à ce qui m’entourait, j’ai décidé de fermer les yeux et de partir en voyage chamanique pour me connecter à l’esprit d’un arbre près de moi. Après lui avoir demandé sa permission, je suis entrée en lui pour observer un spectacle magnifique, que je ne saurais fidèlement décrire. J’étais au centre de son être et je voyais ces cellules végétales, comme on verrait un vitrail. Leur forme allongée, leur paroi et leur noyau semblable au métal qui lie les morceaux de verre, le reste des cellules d’un verre translucide illuminé par le soleil lui conférant une teinte vert clair lumineuse.

[Petit aparté scientifique pour aider à la compréhension]

Vous le savez peut être déjà, les cellules des végétaux se différencient de celles des animaux par plusieurs points caractéristiques. Elles ont notamment une paroi rigide qui leur donne une forme stable, rectangulaire et allongée (là où les cellules animales sont souvent rondes, mais peuvent avoir des formes bizarres tels que les neurones). Ces cellules végétales sont également beaucoup plus grandes que les animales : 100 μm contre 10 à 20 μm.

Autre rappel, il n’est pas connu chez les végétaux d’équivalent à notre système nerveux et notre centralisation, les plantes n’ont pas de « cerveau », de moelle épinière et de nerf, tout du moins rien de connu selon le référentiel animal. Aucun organe central connu qui dicterait le développement de la plante et de son fonctionnement, ce qui fait souvent considérer les plantes comme des « êtres inférieurs » car on ne peut concevoir – nous humains anthropocentristes – une forme d’intelligence sans un tel organe. Evidemment, la question de « l’équivalence d’un cerveau ou d’un système nerveux » a été posée par de nombreux scientifiques, sans qu’une réponse n’ait été apportée.

[Fin de l’aparté scientifique, merci de m’avoir suivi !]

J’étais donc au centre de cet arbre à admirer le vitrail de ses cellules et à me poser la question de son fonctionnement. Et là, l’arbre m’a soufflé de poser le doigt sur une cellule, celle-ci s’est activé, et elle activait la cellule juste au-dessus, et encore au-dessus, formant ainsi un « fil » de cellules alignées et connectées par la verticale. En suivant ce « fil de cellules » dont l’activation se propageait du centre vers le haut, j’arrivais à une branche et à un nœud, et l’activation de ce fil entrainait la formation d’une feuille. Revenue au centre de l’arbre, je touchais un autre fil, et le remontant, je voyais qu’il déclenchait le développement d’un autre bourgeon végétatif, puis un autre fil d’un bourgeon floral.

Ainsi l’arbre me montrait qu’il n’avait pas une architecture centralisée comme chez les animaux, mais une architecture filaire, où chaque fil donne un organe, et où l’ensemble des fils tissent une trame comme le ferait une tapisserie vivante. Je pouvais également suivre les fils dans le sol.

Mais ce qui m’a le plus surprise, c’est qu’en suivant un fil vers le haut, celui-ci ne s’arrêtait pas au bout de l’organe ! Il continuait comme un fil énergétique dans le ciel pour en réalité se connecter à un fil d’un autre arbre à proximité. Et pouf ! D’un coup je suis passé du fil de cet arbre à feuilles caduques, au ciel, au fil d’un sapin. Et en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, je me retrouvais au centre de ce deuxième arbre qui offrait lui aussi un vitrail de cellules magnifique mais au vert plus foncé, comme la couleur de ses épines. De l’intérieur je pouvais percevoir la forme du tronc, la taille et l’espace occupé par ce sapin, qui semblait vraiment juste à côté de mon premier arbre visité. J’ai suivi un fil pour visiter ses racines et voir que les fils des deux arbres s’y entrecroisaient et se connectaient.

Autre leçon chamanique : tous les arbres sont connectés entre eux, non pas seulement par les racines (comme les scientifiques l’admettent selon certains critères) mais aussi par une connexion aérienne entre individus via leurs organes, probablement énergétique ? Voilà un vécu bien loin des théories scientifiques…

Revenue à moi, j’ai pu ouvrir les yeux pour observer qu’en effet, derrière et entremêlé à l’arbre que j’avais choisi pour ce voyage, se trouver un sapin fin et discret, que le contrejour du soleil m’avait caché, jusqu’à ce que ce dernier disparaisse de l’horizon pendant mon voyage chamanique. Quelle n’a pas été ma surprise de constater que ce sapin avait exactement la taille et les dimensions que j’avais ressenties depuis son intérieur !

C’était pour moi la première expérience de voyage chamanique avec des végétaux où se mêlaient des « intuitions » de fonctionnement biologique et énergétique. Ma première vision de ces derniers du « point de vue intérieur » de l’arbre, comme j’en abordais l’idée dans cet article « Les plantes ont-elles une conscience ? ». A défaut de m’apporter de véritables connaissances scientifiques, cela m’ouvre à des pistes de réflexion, une autre manière de voir et des intuitions à tester…

Après tout, Einstein disait « La seule chose qui a de la valeur est l’intuition. » et Henri Poincaré « C’est avec la logique que nous prouvons et avec l’intuition que nous trouvons. ».

25 novembre 2016

Choisir ce qui nous nourrit

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Photographe :  LuDa-Stock

Depuis que je suis rentrée de mes vacances en métropole, j’ai l’impression d’avoir l’esprit plus clair, d’avoir aussi vidé partiellement ma coupe d’émotions accumulées trop pleine. Je suis revenue avec des prises de conscience plein la tête, des idées, des envies et de l’espoir. Cet espoir si précieux qui s’érode face à un quotidien dont on semble prisonnier, dans lequel on se sent impuissant, frustrée, malade et perdue. Changer d’échelle, changer de perspective, prendre du recul, voir les choses sous un autre angle, comparer avec d’autres situations de vie, tout cela m’a permis de sortir de cette espèce de torpeur de l’impuissance et de la fatalité d’une situation dont je ne maitrise pas les paramètres et sur laquelle j’ai parfois bien peu de pouvoir.

Parmi ces changements, la prise de conscience de la portée de mon hypersensibilité et de mon empathie me fait revoir les choses différemment. Ainsi je suis plus sensible à ce que je regarde comme loisir, ce que je lis. Et si au lieu de fuir la réalité en m’abreuvant de séries violentes, je me nourrissais de choses agréables et qui me permettent de réfléchir et d’évoluer ? La première série que j’ai repris en rentrant c’est « Good Witch ». Alors non, ce n’est pas une série intrépide, pleine de magie explosive et de combats. Mais c’est une série qui questionne sur notre manière de percevoir le quotidien, la vie et ses bonheurs, sur le sens de certaines choses et sur ce qui est important à nos yeux, tout ça grâce à une gentille sorcière. Pour ma part, il m’a fait réfléchir à la définition que je donnais à la magie, à l’intuition, à l’importance de la famille.

Et puis, me laissant inspirer à la bibliothèque, je suis tombée sur des livres sympathiques, autant pour nourrir la foi que la réflexion. Notamment, « Manifeste pour la terre et l’humanisme » de Pierre Rabhi. Et c’est là que je me rends compte combien je suis empathique, car à la lecture de ce livre, comme d’autres de témoignage, j’ai l’impression de vraiment percevoir les émotions de la « voix » de la personne, et combien la lecture de certains livres me rend réceptive à certains types d’énergie et me mette en prédisposition pour réfléchir à certains sujets.

J’ai commencé dans cet article «Profession et plantes médicinales »  une réflexion sur ma profession et mon lien avec les plantes. Cette réflexion se double aussi de la façon dont on produit et on consomme les végétaux. Car plus le temps avance, et plus j’éprouve de la répulsion pour la fonction de « production ». Alors certes, il faut nourrir la planète, mais la production de plante se place à la même échelle que celle du bétail : inhumaine, sans cœur ni conscience. Si attribuer une conscience aux animaux fait de l’élevage une exploitation sans vergogne d’un vivant évolué, que peut-on dire envers les plantes ?

Dans le domaine de la spiritualité, de nombreuses personnes s’accordent à croire que les arbres ont une conscience et que l’on peut communiquer avec eux. Si tel est le cas, pourquoi pas les autres plantes ? Les rosiers, les lavandes, les herbes ? Telles que ces graminées que l’on cultive : le blé, l’orge, l’avoine etc… Quand vous cueilliez des pommes, vous laissez le pommier vivant, mais quand vous coupez une salade ou une tige de blé, que reste-t-il ? Rien. Cette problématique-là m’a toujours posé un problème, et je n’avais jamais voulu me pencher sur cette considération avant.

Alors non, je ne prône pas pour que l’on devienne tous ascète et que l’on se mette uniquement à manger des fruits et des graines. Simplement que l’on réfléchisse à la portée de nos actions et de nos actes de consommation. Accepter que le végétal ait une conscience qui lui est propre, différente selon le degré d’évolution du végétal (mais savez-vous que le riz par exemple a plus de gènes que nous ?) ne veut pas dire que l’on ne doit plus le manger. Mais le manger en conscience. Etre conscient que cette plante, à travers sa vie, nous offre son énergie, ses qualités physiques et nous nourrit. Aussi faut-il se nourrir avec discernement, rien ne sert de couper 10 salades quand on ne peut en manger qu’une. Savoir comment cette salade est venu à nous est important aussi : sait-on combien de temps il lui a fallu pour pousser, quelle quantité d’eau et de soleil lui ont été nécessaires ? Et les efforts du jardinier ?

Tant de gens vivent en ville et n’ont plus la notion de ces réalités. C’est un fait, nous sommes pour la majorité déconnectés des réalités de la terre et de la nature, alors que paradoxalement nous la recherchons comme source de bien être, car nous en avons besoin. Et c’est peut-être ce que moi aussi je recherche en voulant travailler « en lien avec les plantes médicinales ».

Malheureusement, travailler en lien ou sur un sujet ne veut pas dire que l’on est directement en contact avec. Longtemps, j’ai cru que le seul métier qui me permettrait d’avoir un lien permanent et quotidien avec la nature était la production agricole. Sauf que voilà, j’ai toujours eu un problème avec la production moderne, ces grands champs géants de monoculture, de céréales par exemple. Je me suis donc tournée vers un plus petite échelle, le maraîchage c’est déjà « moins pire ». Les plantes médicinales me semblaient tout indiquées, de par la curiosité qu’elles évoquaient en moi, après tout, ce qui leur donne leur propriétés sont souvent leurs mécanisme de défense contre les pathogènes, les ravageurs ou des fonctions botaniques spéciales. La majorité des plantes médicinales sont assez fragiles ou particulières et ne peuvent se produire comme le reste. Cette toute petite échelle me plaisait bien.

Mais la réalité, c’est que, dès que mes cours ont dévié de la connaissance du végétal pour s’orienter vers la production, j’étais tout de suite beaucoup moins intéressée et je ne me sentais plus à ma place, n’ayant de cesse de rechercher une réorientation plus épanouissante. Je n’en ai pas pris conscience tout de suite, mais j’ai pourtant fait une expérience « extrême » de la production de plantes médicinales et aromatiques, dans un système, qui si on y réfléchit du point de vue de la nature, était aberrant. Un système hors sol, sous serre, ou l’objectif était de pousser les plantes encore et encore –ainsi que les employés humains – pour faire le maximum de coupe à l’année et de rendement. Il n’y avait que ce mot-là qui primait « rendement, rendement, rendement ». Et j’ai été totalement dégoutée. Mon travail était de faire pousser ces cultures, « d’en prendre soin », mais cela n’avait plus aucun sens pour moi. On était dans une usine. Une usine végétale. Où les plantes n’étaient même pas en contact avec la terre et l’air libre. Que l’on bourrait d’engrais de synthèse et d’eau. Quelles propriétés nutritives et énergétiques ces plantes pouvaient bien avoir ?

Je crois que je ne me suis jamais sentie aussi dégoutée et écœurée de mon travail. Ainsi mon expérience de culture a été un échec pour moi et une source de mal être très profond, en plus d’être la première expérience d’un supérieur abusif et manipulateur. Je suis donc partie.

Ma deuxième expérience m’a semblé moins pire. Enfin, j’étais libérée du système capitaliste « produire plus et toujours plus ». [Pour qui d’ailleurs ? Pour des investisseurs, sans aucune considération pour les ouvriers, les techniciens de culture et encore moins pour les plantes.] Car je suis arrivée dans une association. Ouf, gros soulagement, car vraiment la recherche du profit, du rendement, ce n’est pas mon truc. Mais finalement, j’ai beau ne plus travailler directement pour ce système, mon objectif est quand même de permettre la mise en culture de plantes médicinales dans un objectif de rentabilité.

Et ça y est, on y retombe. Alors, oui, il faut bien que l’agriculteur il en vive non ? Oui. N’est-ce pas mieux que de produire de la canne à sucre à gogo ? Oui, ce sont des espèces endémiques qui réapporte de la biodiversité et préserve cette ressource génétique. Mais le mode de production n’est pas aussi intensif ? Ça dépend, on vise certes des modèles d’agroforesterie, mais il faut quand même que la production soit rentable avant tout…

Et ce modèle me rend folle. J’ai un problème avec le terme de « production » comme si on était  à l’usine. Alors que cela devrait être de la « culture ». J’ai un problème avec la façon dont on cultive massivement les plantes, sans respect pour le sol, pour la nature. J’ai un problème avec la façon dont on cherche à façonner et à dénaturer la nature par la sélection variétale et la sélection génétique. Pourtant j’en ai eu des cours de génétique et tout ça, j’en ai eu du bourrage de crâne sur les « intérêts et les bienfaits ». Alors oui, on produit plus, mais les intérêts ne sont que ceux des humains, et ni ceux des plantes, ni ceux de l’équilibre de la nature. La majorité des plantes sélectionnées se retrouvent plus  sensibles à des maladies et des ravageurs, parce que leur énergie et leur métabolisme sont détournés vers d’autres fonctions : celle de produire plus de grain ou plus de cela. On a même rendu un certain nombre de plantes stériles. Quel intérêt a une plante à pousser si elle ne peut même pas se reproduire ? C’est un de ses buts ultimes.

Si l’on transposait ça aux humains, qu’est-ce que cela donnerait ? Imaginons : un monde où l’on clone des humains stériles, pour s’en servir de masse ouvrière. On détournerait toutes les fonctions biologiques superflues pour leur donner plus de forces et leur faire casser du minerai. Et encore, je ne parle même pas d’utiliser leurs chairs pour produire de la protéine animale (après tout nous sommes des mammifères). C’est un raisonnement poussé à l’absurde, mais pourtant, en refusant toute conscience aux plantes, qu’elles soient petites ou grandes, l’idée est là.

Très longtemps, ces idées m’ont posées problème car alors : que penser de mon alimentation ? Et de mon travail ? Je n’ai pas trouvé la réponse à toutes ces questions, mais une amie m’a très justement dit « ce n’est pas parce que tu accordes une conscience à quelque chose, que tu ne dois plus le manger. Il faut juste le faire avec respect ». Bingo, cela a fait tilt. C’est vrai que lorsque l’on pense aux amérindiens, de par le chamanisme, la communion avec la nature, plante et animaux est très forte.  Pour autant, cela ne les empêchaient pas d’en manger. Simplement, ils ne chassaient pas plus que de nécessaire, et honorer toujours les sacrifices réalisés pour les nourrir.

Honorer, remercier, manger en conscience sont les clés pour moi. Ainsi j’accorde de la valeur à la vie qui m’est offerte, à travers ces végétaux, ces animaux et ces cadeaux venus de la terre. En cela, la tradition de la bénédiction au début des repas chrétiens est finalement quelque chose qui prend du sens. Et la bénédiction de notre nourriture peut prendre une forme personnelle et s’adapter aux croyances de chacun.

Je choisis mieux ce dont je me nourris, et en prenant soin de ne pas gaspiller mes aliments. Je choisis aussi les énergies dont je me nourris en honorant mes repas. Et je me nourris également de la gratitude que je ressens envers les cadeaux que me fait la terre.

Et devinez quoi ? Cette gratitude est la meilleure nourriture que je trouve actuellement pour ressentir de la joie dans mon quotidien, même s’il est lourd et imparfait.

 8 août 2016

Rythme de vie

Artiste :

Artiste : Kuvshinov-ilya

Les journées commencent à raccourcir, nous serons bientôt à l’équinoxe et à la fin de la saison cyclonique pour mon île de l’hémisphère sud. C’est bizarre, je n’ai pas l’impression de vraiment changer de saison, car le climat est assez constant et l’amplitude des jours est finalement assez petite. Mais je me sens déphasée. En métropole, c’est bientôt le printemps, ici c’est bientôt… ?? Il n’y a pas vraiment d’automne comme je le connais, les arbres ne perdent pas leurs feuilles, sauf les platanes qui ont été ramené d’Europe et qui se situe de l’autre côté de l’ile. C’est la dernière « saison » que je n’ai pas encore vue. Après, j’aurais fait un tour de cadran complet, un an. Le répéter ne m’enthousiasme pas du tout… Mais bon, c’est comme ça. Autant que j’en prenne partie et que je me concentre sur ce qui me fait du bien et me fait plaisir.

J’ai très envie de m’allonger dans l’herbe et de regarder les nuages. Mais il y a bien très peu d’endroits où l’on peut faire ça. Pas sans faire de la route pour monter haut dans les montagnes… Ici les habitations sont très étalées partout, et l’espace agricole est occupé à 80% par des champs de canne à sucre, surtout près de la côte là où tout le monde habite. Les parcs sont rares et souvent bondés de monde, de coureurs, de famille, de jeunes… Bref, il semble même impossible de pouvoir y faire la sieste tranquille un midi, entre les sportifs et les agents d’entretien qui sont là tout le temps et font pas mal de bruit… Et pourtant, j’ai déjà bien essayé !

Je me dis que j’aimerais bien avoir un jardin pour m’y ressourcer, n’avoir qu’à sortir de chez moi pour m’allonger dans l’herbe, écouter les oiseaux et le vent dans les feuilles de palmier. Mais avoir un jardin ici, c’est un boulot monstre ! Il faut passer son temps à l’entretenir toutes les 2 ou 3 semaines… car tout pousse sans arrêt à une vitesse folle. Je n’aime pas trop ça. J’aime la lenteur et le cycle des saisons paisible de métropole. Mais en même temps changeant et se renouvelant en douceur.

C’est bizarre, parce que c’est ici, alors que le cycle de la nature ne prend pas vraiment de repos, que tout est de feu et que tout pousse en permanence, que les gens ont le rythme de vie le plus tranquille. Ici, beaucoup de gens font le 35h pile poil, surtout les fonctionnaires mais même les magasins. Les horaires sont du genre 7h30- 11h30/12h30-15h30 ou bien les petits magasins font 8 ou 9h-12h/14h-17h d’ouverture. Même une majorité de grande surface ferme entre 12 et 14h, c’est fou ça ! Impossible de faire du shopping en débauchant (sauf dans les grandes galeries marchandes des centres commerciaux qui ferment à 19 ou 20h). Ni d’aller à la banque ou aux assurances quand on a les mêmes horaires de boulot. C’est assez surprenant comparé à la métropole ou tout est ouvert jusqu’à 18 ou 19h au moins. Et puis le rythme suit beaucoup celui des enfants, or ici les vacances sont réparties différemment avec 1 mois et demi en décembre et aussi en juillet, plus des séries de 10 jours entre. Du coup, moi en ne prenant jamais de congés, j’ai l’impression que les gens sont très souvent en vacances… Evidemment, ce que je dis sont de grandes généralités, car je vois certaines agriculteurs ou pépiniéristes à leur compte bosser 9h 7j/7 presque. Mais globalement, le rythme de vie semble plus tranquille et l’on dit souvent ici « ça va doucement » à la question « comment vas-tu ? ».

Bref tous ce hiatus pour expliquer qu’en métropole, le rythme de base suit plutôt 39h, que l’on voit rarement les gens débaucher avant 18 ou même 19h. Qu’il faut toujours en faire plus et encore plus et ne pas compter ces heures, l’opposé quoi. Malgré des saisons plus marquées avec un hiver qui incite au repos, le rythme de travail reste intensif toute l’année, sauf peut-être pendant les 2 mois de vacances l’été, et encore, tout dépend du domaine de travail (boom touristique et pleine saison en production végétale). Les gens y sont beaucoup plus stressés qu’ici. Je ne dis pas ça parce que je pense que les réunionnais sont des feignants, non. Je pense que le rythme de vie est différent et que c’est une réalité.

Mais pour moi, c’est une réalité que j’apprécie, souffrant de fatigue chronique avec mon endométriose. Quand je suis arrivée ici, je sortais d’un job où je faisais 50 à 70h par semaine, et où je travaillais 1 we sur 3. Travail en plus assez physique. J’étais au bout du rouleau, épuisée, mon corps n’en pouvait plus. J’ai très lentement récupéré ici, mais la différence de rythme m’a vraiment permis de beaucoup me reposer. Et surtout de dormir plus. Je me rends compte que j’ai besoin à minima de 8h de bon sommeil par nuit. Quand pendant mes études, si je dormais 7h par nuit c’était une grosse nuit ! Et pas parce que je faisais la nouba, mais parce que j’avais cours de 8 à 18h, devais me déplacer en bus, et travailler mes cours le soir. J’étais en état de fatigue permanent en réalité. Je commence seulement à découvrir quelle tête j’ai sans de grosses cernes !

Et maintenant, dès que tu enchaines plus de 3 nuits avec moins de 7h de sommeil, tu ne te sens pas bien.

Oui, je viens de remarquer ça… Aujourd’hui j’étais particulièrement mal, j’avais des troubles pour me concentrer et même m’exprimer de façon cohérente, mon cerveau tournait au ralenti. J’ai eu mal à la gorge, la même douleur que j’avais en permanence pendant mes études. J’ai des cernes gigantesques, toutes mes veines gonflées. Je me sens lourde et incapable de réfléchir… Et je finis par comprendre que mes coups de froid chronique et mes mal de gorge permanents étaient dus à de la fatigue, un manque de sommeil et au stress aussi.

Que tu compensais en mangeant beaucoup, et sucré aussi.

Je ne pense pas que je pourrais revenir à ce rythme de travail si intensif, où finalement je ne suis pas forcément plus productive parce que je suis trop stressée et j’ai les idées trop embrouillées. Je fais alors tout au radar et c’est rarement dans ce genre d’état que j’ai de bonnes idées fulgurantes. Je n’ai pas non plus envie de ne vivre que pour mon travail, et l’idée d’avoir un peu de temps en fin de journée pour un loisir créatif ou un projet me plaît bien. Toute la question étant quel projet…

Mais je vois bien, que même si le travail me plairait, je ne suis plus capable de faire 50h/semaine… Mon corps ne me le permet pas en fait. J’ai encore du mal à récupérer quand je fais des grosses semaines avec beaucoup de terrain. Et avant, je passais mes we à me remettre sur pied et me reposer plutôt qu’à vivre et profiter, tout simplement. Je n’en ai plus envie, simplement parce que pour moi, le quotidien ne devrait pas être une corvée, et que l’on devrait vivre pour en profiter. Alors certes il est nécessaire de travailler, et je m’ennuierais si je ne travaillais pas, car j’aime ça quand je fais quelque chose qui me plait. Mais je ne veux pas passer ma vie à travailler.

Ce qui me fait me poser des questions sur mon futur retour en métropole. Comment puis-je trouver un travail qui satisfait à ces exigences d’horaires ? Je pourrais être à 80% ou 90% d’un temps plein ? Ne pas être cadre ? Parce qu’en étant ingénieur, ça me parait compliqué… Quand on a un salarié ingénieur, on préfère le « maximiser » plutôt que d’en avoir deux. Les ingénieurs en général font souvent beaucoup d’heures. Et quand ils sont cadres, ils sont rarement aux 39h (jamais au 35h c’est une bonne blague qui n’existe pas en métropole – sauf dans les services publics peut être ?) et ont souvent un contrat à la mission = pas de limites horaires pour remplir les objectifs, souvent haut placés. Contre seulement quelques RTT de plus… bref l’arnaque.

Tu tiens un discours que tu n’aurais jamais tenu il y a quelques années. A te lire, on pourrait même croire que tu es une feignante.

Eh bien, face à ma santé, à mon moral et à l’état général de ma vie, je me rends compte qu’on ne peut pas faire un boulot efficace sur le long terme si on est mal dans sa vie. Et pour être bien dans sa vie, quand on ne fait pas le job de ses rêves, alors il faut profiter de la vie à côté.

Donc tu ne fais pas le job de tes rêves ?

Je ne sais pas quel est le job de mes rêves. Je ne sais même pas s’il existe… Après tout, la motivation est peut être comme le reste, elle varie selon les périodes. Il faut probablement l’entretenir et la nourrir…

Il faut surtout que ce que tu fasses parle à ton cœur.

J’ai remarqué que j’étais déjà beaucoup moins en conflit, à faire un travail d’intérêt public pour une association, une mission qui ne cherche pas à faire simplement du profit mais à construire quelque chose, construire une filière durable. Je me sens tellement mieux par rapport à ça ! Avant, j’avais l’impression lors de mon job et de mes stages que mon boulot était vide de sens, car il ne servait qu’à produire encore et encore pour enrichir des dirigeants… Et alors, je n’arrivais plus à rien, plus à me motiver et les journées étaient une torture sans fin.

Pourtant les journées sont parfois longues même ici.

Oui… Parce que je n’apprécie pas forcément l’ensemble de mes tâches, que je suis souvent seule et que je n’ai parfois pas grand-chose pour me stimuler, éveiller ma curiosité et me pousser à trouver de nouvelles idées… Du coup, vu que je m’ennuie, je suis démotivée, et alors j’arrive encore moins à travailler et être efficace…

Quelle serait pour toi une journée idéale ?

Une journée où je travaille sur un projet qui me demande de faire des recherches, de brainstormer avec d’autres personnes, de chercher des idées, de proposer des solutions. Ça j’aime bien. Mais il faut que cela varie, j’aime bien aller sur le terrain de temps en temps, pour être en contact avec la réalité sur laquelle je travaille, pour connaître les plantes et les infos techniques, et ne pas rester abstraite et théorique. J’aime aussi par moment échanger et faire du transfert, partager. J’aime que mes missions soient variées dans le temps (les unes après les autres) et qu’elles soient stimulantes.

Ici, tout était très stimulant au début parce que tout était nouveau, que j’avais tout à apprendre. Même s’il me reste beaucoup de choses à apprendre, et que j’en aurais toujours, la nouveauté s’estompe, et l’ennui arrive. Je pense que c’est pour ça que j’étais soulagée de finir mes stages à chaque fois, car je m’ennuyais à la fin.

Il te faut en effet une stimulation intellectuelle soutenue et fréquente, avec des phases de repos. Je sais que tu te demandes comment tu as pu rester pour la 1ere fois aussi longtemps dans une structure. C’est parce que vous être peu nombreux, que tu dois être polyvalente, jongler avec les sujets, que de nouveaux projets apparaissent et disparaissent.

Même si mon collègue m’en parle beaucoup moins et me sollicite moins… il m’a mise dans une case, et ne m’en fais plus trop sortir, contrairement au début.

Il n’a pas forcément compris que tu aimes les défis et la nouveauté. Il te laisse à ce que tu sais déjà car il t’a vu démotivé et peu productive à la période où tu allais le plus mal…

Hum… Il faut que je réfléchisse à ce que je peux faire contre l’ennui au travail.

L’idée d’un projet perso à côté est bonne. Cela te permettrait en effet de prendre confiance en toi, comme le disait Sylvie.

Je suis d’accord, cela me permettrait aussi d’aller de l’avant sans ressasser le passé, de construire quelque chose pour retrouver un peu ma capacité à agir, à créer, à donner forme à mes idées. Toute la question est quoi ? Il faut que ce soit quelque chose de stimulant, je viens de le comprendre, donc un défi qui permette de me motiver. Mais qu’il n’y ait pas d’enjeux pour que cela reste un loisir et ne me mette pas la pression. Et enfin, il faut que cela me fasse envie, m’excite au moins un peu…

De là, tu devras faire des efforts pour avoir un peu de constance jusqu’à la fin de ton projet. A moins qu’il ne soit très rapide, ce qui te permette de contourner le problème de l’ennui amené par la répétition, et le désintérêt qui suit.

Oui mais quoi comme projet ?

Commence par quelque chose de petit, qui soit accessible, avant d’augmenter le niveau.

Apprendre le japonais me parait trop long pour commencer, même si j’aimerais bien m’y mettre un jour. Mais j’ai compris que j’ai besoin de vrai cours, parce que sinon je n’arrive pas à bosser régulièrement, je repousse et je repousse…

D’où les cours d’astrologie. Tu n’aurais jamais eu le courage de t’y mettre avec des livres, même si tu as l’intelligence pour apprendre seule. Le problème c’est qu’il te faut du concret, des exemples, des échanges, quelque chose d’interactif pour capter ton attention. Sinon tu t’ennuies, comme un petit enfant. Tu as envie qu’apprendre soit ludique, parce que tu aimes ça. C’est comme un jeu pour toi, un défi qui te permet de comprendre. Tu aimes les cours où tu comprends le pourquoi des choses. Tu détestes le par cœur sans queue ni tête et sans la moindre explication. Prends ces éléments en compte. Observer ne te suffit pas. Tu aimes bien ça, mais un club d’astrologie t’ennuierait parce que c’est trop passif et ne demande pas assez de réflexion. Garde-le comme loisir ponctuel pour des soirées découvertes.

Humm… Je vais y réfléchir. Merci.

8 mars 2016

Mélancolie

Artiste : LuDa-Stock

Artiste : LuDa-Stock

J’ai envie de printemps. De me réveiller pour observer le levée du soleil sur l’herbe verte tendre, qui évapore les dernières fumerolles de brume dans le creux des champs. J’ai envie de la fraicheur piquante du matin sur ma peau, provoquant de petits nuages de fumée d’eau à chaque respiration, alors que le soleil caresse mon visage d’une chaleur timide.

J’ai envie de ces grands espaces verdoyants, ces prairies et ces champs sans fins, ces bosquets et ces chemins bouclés. J’ai envie de marcher sur la berge de ma rivière natale en écoutant le champ des oiseaux dans le silence paisible de la campagne, une odeur de frais dans le nez, un léger bruit d’eau qui court vers la mer dans les oreilles.

Chaque dimanche matin, la même envie m’étreint le cœur, plus pressante à chaque fois. Les paysages de chez moi me manquent. J’ai envie de les admirer tranquillement au réveil, comme je l’ai si souvent fait, et de sourire à cette nouvelle belle journée.

J’ai également envie de dévaler l’escalier et de m’écrier « Bonjour ! » à ma famille, de les embrasser et de partager un petit déjeuner avec eux, tout simple, mais profonde habitude de ces dimanches matins. Et je regrette presque le temps où je trainais à table, en pyjama, parce que je n’avais pas envie d’aller réviser mes cours et de faire mes devoirs, de préparer mes partiels… Le plaisir de rire ensemble, de partager un moment chaleureux, de savourer un bon repas… Tous ces petits instants si précieux me manquent profondément.

21 février 2016

Réveil enneigé

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Auteur : Kaninnvven-d4rn8e9 (deviant art)

Aujourd’hui, quand je me suis levée, il neigeait ! C’était une belle surprise en ouvrant les volets. Ma première neige de l’année, voire des 2 dernières années. Dans ma nouvelle région, où il ne neige quasiment jamais, mais où il fait quand même bien froid. J’ai eu cette petite bouffée de joie pure et enfantine. Comme une réminiscence de mon enfance, quand on était tout excité de voir de la neige tomber, parce que cela voulait dire qu’on pourrait faire de la luge, courir sous les flocons et rater une journée ou deux d’école. Il y a quelque chose d’enivrant à voir ces flocons si blanc tomber et recouvrir le paysage de son manteau. Quelque chose de jubilatoire à voir les lieux engloutis sous tant de pureté et d’admirer les traces du quotidien effacées. Comme un nouveau monde qui s’offre à la vue, pourtant derrière la même fenêtre que d’habitude.

Dans ces moments-là j’ai le cœur qui se gonfle d’un sentiment inexprimable, et j’oublie tout le reste. Je suis captivée par la beauté de cette nature toute simple et pourtant si merveilleuse. Qui change sans cesse et se renouvelle sans fatigue, sans bruit et parfois si brusquement. Pourquoi ne puis-je être habitée de la même facilité à évoluer ? Pourquoi en comparaison, mes changements d’état sont-ils toujours des luttes et des déchirements ? Pourquoi une partie de moi résiste tant à ces évolutions que je sais pourtant nécessaires et inévitables ?

24 février 2015

Respirer…

sleeping_little_girl_by_memipong-d4jceo7.pngEt si tu me racontais comment c’est passé ton entretien ?

Hummm… je suis déçue, frustrée, je reste sur ma faim… Clairement, il n’y a pas de sujet de stage défini, c’est plutôt un travail proposé, pas une recherche pour répondre à une problématique… Je suis déçue oui ; ça c’est bien passé mais je n’ai pas aimé la manière dont elle a conclu l’entretien. Je me sens gênée, quelque chose me dérange…

Pourtant l’idée d’en apprendre autant sur différentes plantes t’a alléché. C’est tentant autant de compétences à portée, l’accès illimité à leur logiciel…

Oui… Mais je serai surprise si elle me rappelait. Et du coup, je me sens en colère. Est ce parce que j’ai eu l’impression après coup qu’elle me faisait miroiter des choses ? Qu’elle me vendait son truc pour avoir de la « main d’oeuvre » ? Que je me suis laissée emportée ?

Peut être qu’elle pensait sincèrement ce qu’elle disait sur l’encadrement d’un stagiaire… Après peut être que cette structure ne peut pas se le permettre…

Je me demande alors pourquoi cet entretien m’a été offert sur un plateau… C’était vraiment trop facile matériellement. Le covoit parfait, l’amie qui devait partir plutôt en vacances et peut finalement m’héberger…

Peut être pour te faire prendre connaissance de la valeur de ton profil, et de ce à quoi tu peux postuler. Aurais tu sinon penser à postuler dans des boîtes de conseils scientifiques et de réglementation ?

Non, et comme l’a dit C., ça ne courre pas les rues…

Et si tu tentais ta chance ailleurs ?

Je me demande bien où cela pourrait me mener… Pour l’instant j’ai perdu ma combativité. Je suis trop déçue.

C’est parce que tu avais trop misé sur cette opportunité. Cela te prouve aussi, combien finalement, tu préfèrerais ne pas trop t’éloigner de Rennes…

Je sais, peut être que ça aussi m’a énervé… Et puis C. qui me propose qu’on fasse une coloc ensemble sur Angers pendant notre stage ! C’était juste trop parfait… En même temps, c’est vrai, il faut me méfier du trop parfait… parce qu’il surgit toujours une couille ou une forme de paiement derrière. Comme mon logement tout frais tombé du ciel à Rennes…. mais merci le nettoyage énergétique à faire !

Tu as besoin de te reposer. Dépose les armes pour un moment. Le meilleur moyen de trouver le stage qui te plaît vraiment, c’est de creuser la connaissance de toi même. Et si tu te focalisais sur ça les jours qui viennent ? Tu vas pouvoir te déconnecter d’internet, laisser ton téléphone de côté. Reprendre contact avec le souffle de la nuit et le rythme de la nature. Et si tu en profitais simplement ? Lâche prise sur le reste… Contente toi de respirer.

Respirer… Oui c’est une bonne idée. Merci.

20 décembre 2013

Source image : Memipong