Patience et créativité

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Artiste : Kuvshinov-Ilya

Il y a de ces sujets où écrire dans mon journal intime ne suffit pas à résoudre les conflits émotionnels qui m’agitent. C’est dans ces moments-là qu’écrire avec mes guides me manquent le plus. J’aimais avoir leur éclairage, leurs conseils et leur aide pour rendre du recul. Je ne saurai dire pourquoi pendant tant de mois ils ne se sont pas manifester directement auprès de moi.

Suis-je trop déconnectée de moi-même et de mon étincelle intérieure pour les entendre ? Suis-je trop tourmentée par mes émotions et mon mental pour avoir la clarté nécessaire de canaliser ? Ai-je une hygiène énergétique insuffisante et un canal encrassé ? Ou bien est-ce une de ces périodes de « débrouille-toi », où mes guides décident de rester là, mais à distance, pour que j’apprenne les choses par moi-même ?

C’est un mystère pour moi… Je ne comprends pas toujours, voire rarement, les aléas de ma guidance personnelle. Cela m’a beaucoup affecté au départ. J’aime écrire et partager les guidances reçues sur mon blog. Mais j’ai fini par accepter. Peut-être est-ce une histoire de cycle. Ou de ressources intérieures. Peut-être ai-je tourné les miennes vers d’autres horizons et ce n’est pas forcément plus mal. En tout cas, c’est comme ça… Les messages passent autrement par moment, via les rêves, les « synchronicités », les cartes et les rencontres. Je ne pense pas qu’on « arrête d’être connectée », on l’est peut être juste d’une autre façon.

Je n’ai plus écrit avec mes guides depuis des mois. Mais j’ai le plaisir de m’être remise à la peinture et des images de tableaux « me viennent ». C’est irrépressible, j’ai envie de les peindre. Elles me restent en tête jusqu’à ce que cela soit fait. Et j’avoue que j’aime ça. Même si je n’avance pas très vite et de façon sporadique. Mais quel sentiment de complétude quand la toile est terminée.

Et puis, je me suis mise à une autre forme d’écriture, celle d’un roman. Et là aussi, je sens que c’est un processus hautement spirituel, autant par le sujet que je traite, que par la façon inspirée dont j’écris. C’est très instructif et cela me permet d’explorer le processus de création depuis l’intérieur. Car après tout, je trouve que pour l’art, « c’est en forgeant que l’on devient forgeron ». Alors je me laisse porter par cette vague de créativité géante et irrésistible. « Créé ! » « Ecris ! » « Dessine ! ».

Plus j’ouvre mes oreilles et mon cœur à cette créativité et plus je ressens cet appel de façon forte et irrépressible. Impossible de l’ignorer, sinon une frustration démesurée s’abat sur moi et rien n’y fait. Et même quand je l’écoute et que je sors mon crayon pour dessiner, il m’arrive quand même d’être écrasée sous le poids de cette frustration inconnue. Pourquoi ?

L’art a cette chose de frustante qu’il est long à créer. Ecrire un roman, cela prend des mois… Peindre une toile, cela prend des heures, et parfois le processus s’étale sur des mois (parce qu’il englobe d’autres réalités énergétiques derrière). Et cela me frustre. Le plus dur pour moi, c’est d’apprendre la patience. Ce n’est pas pour rien que je n’ai jamais eu envie d’apprendre à peindre à l’huile. Il faut des mois pour que la toile sèche ! Je préfère nettement l’acrylique, qui sèche bien plus vite. On peut même tricher en utilisant un sèche-cheveux pour accélérer le processus. Alors vous imaginer ? Faire des courbes de constructions et des dessins par étape… trop long ! Cela me semblait impossible. Force est de constater que parfois, en prenant son temps, on « réussit » plus vite. Une bonne préparation, même longue, est parfois la meilleure clé pour arriver au résultat souhaité. Donc je tente d’apprendre à prendre mon mal en patience…

Mais que faire de ce sentiment de frustration qui me met mal à l’aise et me rend parfois franchement de mauvaise humeur ? D’où vient-il ? Qu’essaye-t-il de me dire ? A creuser…

 

11 octobre 2017

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Arbre de vie

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Artiste : source perdue, merci de me la préciser si vous la connaissez !

Dimanche, je m’étais dit que j’allais peindre. C’était l’envie que je ressentais la veille. Mais le jour J, bizarrement, j’avais de l’énergie pour faire tout un tas d’autres choses : rangement, ménage, réponses à mes emails, liste de meubles à vendre, estimation du prix de vente de ma voiture, etc… Bref, tout sauf l’état d’esprit pour m’assoir devant une toile. Alors c’est bien, j’ai avancé sur plein de détails matériels qui me tracassaient.

Je ne sais pas pourquoi je me sentais aussi agitée intérieurement. Peut-être à cause du rêve très perturbant de ma nuit dernière, concernant encore une fois mon ex compagnon, mais avec un scénario assez inédit cette fois. Encore un rêve bizarre au message incompréhensible et probablement dérangeant pour qu’il ne passe pas.

J’ai eu vraiment du mal à me poser. Mais une fois cela fait, une fois le calme intérieur retrouvé, j’ai eu cette image qui est venue, celle d’un coquelicot sur un fond de ciel bleu. Et j’ai eu envie de la peindre, là comme ça, tout de suite, à 23h du soir. Pourquoi pas ? Finalement, cela a été beaucoup plus rapide que ce à quoi je m’attendais.

Mais face au résultat, je me sens mal à l’aise, je n’aime pas les énergies que je ressens. Pourquoi cela me noue le plexus solaire, alors que l’image qui m’est venue pendant ma méditation était si calme et apaisante ? J’ai même la nausée…

Bon, après un exercice d’accueil de ces énergies dans mon cœur et de transmutation en énergie de lumière, cela va mieux… Mais je n’aime pas trop cette façon de faire remonter des énergies enfouies… Ce n’est pas agréable. Je préfère quand ce que je crée me donne tout de suite un sentiment de « justesse » ou de bien-être. Comme cette création avec des jeux de matière autour d’un cœur. Celle-là, je ne me lasse pas de la regarder, et je l’aime un peu plus à chaque fois, même si au départ je n’en étais pas entièrement satisfaite.

Tu as appris à l’aimer comme elle est, même si elle n’est pas parfaite. Mais tu aimes les jeux de textures et de couleurs.

Oui, c’est vrai. J’ai adoré découvrir en atelier les médiums qui existaient pour donner diverses textures. C’est une des choses que j’ai très envie d’acheter en rentrant aussi. Parce que là, même en peignant au couteau, la peinture a « ramolli » et les bords nets et acérés sont en train de fondre, snif. Ça change quand même beaucoup le rendu. Et puis en séchant, l’acrylique ne brillera plus. Il faut que je m’achète aussi un vernis brillant, pour faire ressortir certains éléments de la toile, ça serait chouette !

Fais une liste, de tout ce dont tu as envie et que tu sais déjà utiliser.

Oui ! Ahaha, ça sera la chose la plus amusante à faire en rentrant, faire les magasins de fournitures artistiques. Ça me fait envie !

C’est une bonne chose que tu ais des projets agréables en rentrant. Et pas seulement celui de trier tout le tas de cartons que tu as laissé en partant à l’improviste. Parfois, se concentrer sur le côté agréable des choses aident à avancer, petit à petit. Et sans que tu t’en rendes compte, pouf ! Tu as déjà monté une marche, passé une porte, découvert une nouvelle prairie devant toi.

Comme pour ton arbre intérieur. Etait-ce agréable de peindre ce petit oiseau tout doux sur une de tes branches ?

Oui. Je ne sais pas, j’ai eu comme un déclic « ah, c’est ça peindre ! ». Une énergie agréable m’a enveloppé, comme le plumage de cet oiseau rosé et blanc, tout doux, tout doux. Tout à coup, peindre ne m’a plus semblé difficile, technique ou fatiguant. Peu importe la précision et la réalité du rendu, du moment que je ressens les énergies et que je les pose sur la toile. Le reste n’a pas d’importance. Même si on ne distingue pas son aile de son corps, même s’il n’a pas d’yeux, et même si je n’ai pas pris la bonne couleur pour le bec, lol !

Et ces fleurs alors ? Elles étaient drôles aussi à peindre ?

Oui, j’ai fait les pétales extérieurs roses, celles du cœur blanches, je me suis même amusée à faire les étamines. Le rendu donnait du relief. J’ai été surprise de constater qu’une de mes branches portées des fleurs !

Alors même que le cœur de l’arbre est noir comme la suie et creux, ton arbre est capable de fleurir, vois-tu. Il est même capable de donner vie à une nouvelle pousse, à proximité de ce cœur. Et le plus important, c’est que tu constates qu’il n’y a pas que cette affreuse branche brulée.

Oui, encore cette histoire de brûlure de l’âme qui revient…

Elle est là. Mais elle ne te définit pas. Elle n’est qu’une branche parmi d’autres sur ton arbre. Qui par ailleurs à un tronc et des racines solides, bien dessinées. C’est ça qu’il faut que tu remarques. Ton arbre intérieur est capable de continuer à pousser et à générer de nouvelles branches. Certes, il ne peut pas régénérer celle qui est calcinée par la foudre. Mais d’autres branches pousseront, et quand le moment sera venu, cette branche s’élaguera d’elle-même. Elle tombera pour former à la place une cicatrice et laisser un espace de développement pour les autres branches.

Tu le sais, c’est comme ça que les arbres fonctionnent dans la nature. Et c’est en parti pour ça qu’ils te fascinent. Pour leur capacité à survivre à la perte d’une branche maitresse, à se renouveler, à croitre en dépit des pertes subies, des blessures et des hivers traversés. La sagesse des arbres est profonde, et ils peuvent t’apporter beaucoup. Tu le sais, mais tu ne sais pas comment.

Et bien concentre-toi sur ton arbre intérieur. Observe le vivre, grandir, évoluer, perdre des branches et en laisser d’autre pousser. Observe comment tes actions permettent de le nourrir ou bien de l’affamer. De le faire fleurir et peut-être même de donner des fruits et des graines. Accueillie le cycle de la vie en toi, comme l’arbre l’accueille tranquillement en restant sur place. Après l’hiver, viens le printemps…

Merci.

5 mars 207

« Vous parler de ça »

Artiste :

Artiste : Nanomortis

[Attention spoiler : pour ceux qui désire lire le livre « vous parlez de ça », je parle de son contenu]

Je me sens encore de mauvaise humeur au réveil, encore des rêves que je ne comprends pas. Cela fait quelques jours que mon moral broie du noir, que j’ai mal aux ovaires, que j’ai des poussées d’acné. Est-ce que je vais encore avoir mes règles et être malade ? Est-ce mon nouveau traitement hormonal qui me fait cet effet ? Ou autre chose ? Je n’en sais fichtrement rien et cela m’agace. J’aimerais qu’il suffise de l’écrire pour que ce mal être se disperse, pouf, comme un ballon de baudruche qui se dégonfle. Comme une émotion qu’on accepte et qui d’un seul coup nous fait comprendre son message, et alors se dissolve. Mais ça ne marche pas, pas cette fois ci. Pourquoi ça ?

Pourquoi est-ce que le seul livre qui m’a attiré dans cette grande librairie en comptant des milliers est celui-là ? Le roman d’une adolescente, qui ne trouve pas les mots pour parler, qui ne trouve pas le moyen de dire qu’elle a été violée, qui s’enferme dans le silence et devient une paria. Parce que personne ne la comprend. Mais est-ce que quelqu’un cherche seulement à la comprendre ?

Pourquoi est-ce ce livre-là qui m’a attiré ? Pourquoi n’ai-je pas pu en décrocher, comme s’il était vital que je sache comment ce personnage s’en sortait ? Pourquoi m’a-t-il tant touché et a-t-il soulevé tant d’émotions en moi ? Pourquoi ? Je pensais avoir accepté la réalité de mon viol, l’avoir dépassée. Et c’est comme un diable qui ressort de sa boîte, d’un seul coup, « regarde, ce qui sommeille en toi ». « Regarde, tu n’es pas guérie, ce n’est pas vrai, cela fait toujours mal ».

Dans ce roman « Vous parler de ça », l’héroïne est devenue méfiante, elle a peur des intentions que pourraient avoir un garçon qui semble l’apprécier. Elle ne veut pas être touchée, « c’est dangereux ». Je pensais ne plus me sentir comme ça. Mais qu’en sais-je ? Voilà plus d’un an que je suis célibataire. Et moi non plus, je n’ai pas envie d’être touchée par un homme. De la tendresse oui, mais pas d’une façon qui implique un désir sexuel. Moi aussi, j’ai encore peur ?

Et cette petite question, sournoise, qui revient : « mais peut-on vraiment en guérir ? ». Comme si c’était une maladie. Mais ça n’en est pas une, si ce n’est que l’on se sent « sale ». Mais il doit bien y avoir un remède à ça, non ?

Vivre, avancer, regarder ailleurs.

Continuer, faire comme si tout allait bien. Je n’aurais pas pu mieux y arriver, sans ce déni psychologique. Toutes ces émotions enfouies, et ses pensées pour les faire taire : « ce qui s’est passé est normal, c’était ton petit ami ». Ne pas en parler, oublier. Oui, je crois que c’est une réaction de sauvegarde. Le mental protège, il empêche de réaliser la portée de ce qu’il s’est passé. Il n’y avait pas de mot dessus. Je ne savais pas que c’était un « viol » à l’époque.

Mais quand le mental fait taire les émotions, le corps parle. Est-ce le choc émotionnel qui a déclenché mon endométriose ? Ou bien la pilule du lendemain que j’avais prise confusément, alors que je savais pourtant avoir une contraception ? Etait-elle là avant, tapie et endormie ?

Est-ce que tout cela a la moindre importance ? Cela change-t-il la façon dont je me sens aujourd’hui ? Comment changer ça ? Comment sauver ma pauvre estime de moi-même écornée ? Car, dans le fond… je suis toujours cette ado blessée, cette ado violée. Qui n’a pas su mettre de mots, qui n’a pas su exprimer sa souffrance… Comment changer ça ? Comment devenir une femme quand une part de soi adolescente reste bloquée dans le passé et dans la souffrance ?

Le livre te donne la clé. Comment cette adolescente arrive à dépasser son blocage à communiquer ?

Avec du temps, et avec l’expression artistique. C’est son cours et son prof d’arts plastiques qui la sauvent. En travaillant toute une année sur un projet artistique sur le thème de l’arbre, elle finit par réussir à communiquer…

Cela m’a fait bizarre de voir que le sujet tiré au hasard pour son projet était celui-ci. Au fur et à mesure du roman, on lit l’évolution de ses dessins, de « ses arbres » et cela m’a rappelé le livre que j’ai commencé à lire. Celui sur « l’épreuve des arbres », qui utilise le dessin d’arbre pour faire un diagnostic de l’état psychologique de la personne…

*Quelques heures plus tard*

J’ai peint mon arbre intérieur. Mais je ne me sens pas soulagée, au contraire, j’ai envie de pleurer.

Ce sont des émotions enfouies qui remontent, ce n’est pas grave, c’est normal. Contente-toi de les accueillir et de les laisser passer, comme un train qui passe.

Je les sens se bloquer au niveau de la gorge. Les énergies ne passent pas, je n’arrive pas à les laisser sortir… C’est très frustrant et douloureux aussi. Vous ne pouvez pas m’aider ?

Bon, alors tu vas visualiser une boule de lumière au niveau de ta gorge, ni trop grosse, ni trop petite, ni trop chaude, ni trop froide. Juste agréable, apaisante et douce. Ressens là jusqu’à ce que la sensation de blocage disparaisse. Prends le temps qu’il faut, tu n’es pas pressée.

*Un certain temps plus tard *

Des choses sont sorties, mais pas tout…

Ce n’est pas grave, nous continuerons de travailler dessus dans ton sommeil. Tu as des années de « crasses énergétiques » à nettoyer. Toutes les énergies de tes non-dits, qui se sont accumulées au niveau de ta gorge et forment un barrage. Même en travaillant sur tes énergies résiduelles, cela n’est pas suffisant, le barrage revient encore et encore. Il faut remonter plus loin, à la source même de ton problème d’expression. Sais-tu à partir de quand tu n’as plus osé affirmer tes pensées et tes idées ?

Je dirais la 6ème… quelque chose comme ça à peu près. A quoi bon s’exprimer si de toute façon on n’est ni écoutée, ni entendue ? A quoi bon exprimer ses émotions, se mettre à nue et se rendre vulnérable, si en face cet effort-là est piétiné ? Je pense voir à peu près quand cela a commencé… Quand j’ai eu des soupçons au sujet de ma meilleure amie et de mon amoureux d’enfance. Mettre des mots sur cette intuition de trahison, ce n’était pas possible… Alors j’ai attendu, sans rien dire, jusqu’à ce qu’ils le disent au grand jour… Et puis que dire après ça ? De toute façon, il n’y avait personne pour écouter…

Une peine de cœur refoulée ? Tu penses que c’est ça le déclencheur ? N’est-ce pas plutôt un changement de monde ? Le passage du primaire au collège ? De l’enfance à l’adolescence ? D’un endroit où les mots étaient là pour rire et jouer, imaginer et inventer, à un monde où les mots servent à agresser, mentir, manipuler, se moquer des autres ?

Aurais-tu envie de parler dans un tel contexte ?

Non. Je sais que les mots ont le pouvoir de blesser, de briser et même de tuer par moment. Tuer les rêves, les espoirs, les sentiments, les envies et aussi la confiance en soi-même. Les mots peuvent être aussi violents que des coups, aussi traitres que des serpents. On pense que parce qu’ils sont invisibles, ils ne laissent pas de cicatrices. Mais ce n’est pas vrai. Ils laissent des pensées, qui se répètent en boucle parfois… jusqu’à miner une personne, jusqu’à la rendre dépressive, l’ombre d’elle-même.

Je n’approuve pas un tel usage des mots, comme des armes. Probablement parce que c’est ce que j’ai vécu au collège. Je ne pensais pas que les mots pouvaient être aussi dangereux. Moi je les trouvais beaux avant, j’aimais les lire, les écrire, les chanter même ?

Il est ironique de constater que pour fuir des mots blessants, je me suis réfugiée dans d’autres mots. Ceux de mes livres de fantastique que je dévorais les uns après les autres. C’était mon échappatoire. Où aurais-je pu déposer ailleurs tous le mal que me faisaient les mots des autres ? Quand j’essayais d’en parler à la maison, d’attirer l’attention sur mon mal être, tout ce qui sortait, c’était des mots agressifs, violents, colériques… C’était affreux, je n’arrivais pas à communiquer…

Et tout ce temps, tu accusais tes parents d’être indifférents, de ne pas t’écouter, de ne pas chercher à te comprendre. Mais tu ne savais plus parler. Pas sans agresser et blesser ceux que tu aimais, exactement comme ce que tu vivais. Alors tu te renfermais sur toi-même. Tu ne disais pas.

Au lieu d’exprimer et de faire sortir tous ces maux en toi, tu te bourrais de mots à n’en plus finir, pour oublier les tiens, tous ceux que tu entendais dans ta vie, dans ton quotidien, dans ton désespoir.

… Et que suis-je censée en faire maintenant ?

Les laisser sortir, les laisser s’exprimer. Les laisser prendre leur juste place, leur créer un espace où exister, où ils puissent être reconnus, entendus et même partagés.

Avec la peinture ?

Avec la peinture, le dessin, l’écriture. Ce livre que tu as lu, tu as pensé que tu pourrais peut-être en écrire un semblable. Et bien écris, écris ton histoire, écris ton adolescence. Ecris les maux qui t’ont pesé, exorcise les mots qui t’ont blessé.

Je ne sais pas si c’est une bonne idée. Je n’ai pas vraiment envie de repenser à cette période-là de ma vie… C’est pesant…

Il y a mille façons d’écrire. Tu n’es pas obligée de décrire la réalité, si tu n’en as pas envie. Tu peux raconter une autre histoire, où tu pourras tout aussi bien laisser tes émotions s’exprimer par les mots.

Hum… On verra, merci du conseil.

Fais ce qui te fait du bien. Et ce que tu trouves amusant. N’était-ce pas amusant de peindre cet arbre ?

Si j’ai bien aimé, j’ai mieux compris la richesse de l’aquarelle. C’était rigolo d’utiliser des pinceaux secs afin de faire des effets. Et de rajouter des détails par-dessus à la peinture acrylique. On peut même peindre avec des cure-dents.

Il n’y a pas de limite dans la création artistique. Seulement celles que vous vous fixez. Ta feuille était trop petite ? Qu’à cela ne tienne, tu en as scotché deux autres. Ton pinceau n’était pas assez fin ? Tu as pris un cure-dent. Tu voulais faire un lavis sans pinceau pour ? Les pinceaux pour acrylique peuvent très bien servir à l’aquarelle. Tu voulais garder certains détails très linaires ? Tu l’as fait au crayon coloré, quand le reste tu l’as peint au pinceau. Tu avais envie de fleurs opaques par-dessus le feuillage ? Tu as utilisé de la peinture acrylique avec du blanc pour opacifier.

Oui, c’était plus rigolo que ce à quoi je m’attendais, même si au départ c’était un peu fastidieux. J’aime bien le rendu, même si mes branches et mon feuillage manquent de volume… J’aurais aimé avoir un plus grand support. Mais pour mélanger aquarelle et acrylique, il faudrait une toile cartonnée, et pas une toile enduite. En tout cas, j’ai vraiment envie de m’acheter un chevalet en rentrant. Ou d’en fabriquer un. Je crois que je vais dépenser une bonne partie de mes allocs dans du matériel de peinture… pinceaux, peinture, chevalet, médiums, toiles…

Si c’est ce qui te fait envie et t’aide à te lever chaque jour, alors fais-le.

Oui… mais reste à savoir où je vais peindre chez mes parents. Ma chambre est petite et peu lumineuse. J’aurais aimé m’installer près d’une baie vitrée. Mais elles sont en plein passage…

C’est à voir. Tu verras quand tu y seras.

Oui, je verrai bien quand j’y serai… En attendant, j’ai déjà ce qu’il me faut pour faire quelques trucs intéressants… Merci.

4 mars 2017

Frustrée

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Artiste : Wataboku

Je voulais dessiner autre chose, je ne comprends pas pourquoi cette image-là est sortie… Celle d’une femme hurlant de colère.

De rage ou de frustration ?

De frustration. Mais je n’arrive pas à bien à rendre les émotions sur un visage, je manque vraiment de technique. Le résultat n’est pas celui que j’avais dans la tête. Même si en fait, justement je n’avais pas vraiment d’image précise. Je comprends l’importance des modèles et des références, jusqu’à avoir acquis la fluidité des proportions. C’est limitant de devoir réfléchir à ça, au lieu de simplement se concentrer sur la création.

Un minimum de technique peut aider à créer plus librement, en fonction de ce que vous désirez faire.

Pour dessiner des visages et des corps réalistes, c’est mieux.

Mais ce n’est pas nécessaire pour faire quelque chose d’abstrait ou simplement faire sortir vos émotions. Pourquoi as-tu voulu donner un visage à cette émotion enfouie ?

Et bien… C’est une bonne question. Je ressentais un blocage au niveau de la gorge et j’avais envie de l’exprimer, de le faire sortir. Dessiner c’est avéré plus simple que de hurler, ce qui est peut-être libérateur, mais nécessite un environnement isolé. Mais je ne sais pas pourquoi.

Je voulais dessiner autre chose mais je ne m’en sentais pas l’état d’esprit (enfin comprendre l’état émotionnel). Je ne sais pas pourquoi. J’ai l’impression qu’une fois l’inspiration du moment passé, l’émotion envolée, même si je l’ai en mémoire, c’est difficile de la coucher sur papier. Il y avait ce dessin que j’ai eu envie de faire la dernière fois suite à ma discussion avec ma sœur. Je l’ai toujours en tête, mais je n’arrive pas à m’y mettre.

Et tu t’interdis de faire autre chose, tant que tu ne l’auras pas dessiné. Comme tu t’interdis de penser à un autre projet tant que tu n’auras pas fini ta toile actuelle.

J’ai ce problème-là. Celui de vouloir faire les choses « dans l’ordre ». De ne pas commencer quelque chose d’autre si je n’ai pas terminé la première. Parce qu’alors, en général, je ne la termine jamais… Je passe à autre chose et pouf, le premier projet reste inachevé, avorté.

Donc tu essayes de te « forcer » à terminer les choses dans l’ordre. Mais plutôt que de t’aider, cela ne fait que te limiter, te frustrer. Te bloquer dans ta créativité. Hors, bloquer ton élan créatif, c’est comme bloquer ton énergie de vie, puisque que tu ne l’exprimes que sous cette forme, et pas sous une autre forme qu’est celle de la sexualité.

C’est vrai. Je ne l’avais jamais pensé de cette façon-là.

Alors tu t’enfonces dans des énergies stagnantes, tu n’es plus capable de renouveler tes énergies, d’entretenir l’élan pour te faire avancer. La créativité est une force plus importe que tu ne le crois dans ta vie. C’est un de tes moteurs. Tu as besoin de créer pour avancer. Comme tu as besoin d’écrire pour évoluer, c’est une façon de créer. De donner corps à une énergie. D’incarner une idée, une inspiration, une petite flamme divine qui vous ait donné.

Et quid de l’environnement pour créer ? Alors que j’essaye d’écrire, j’ai encore mes voisins qui font la numba et ont dû inviter la moitié de leur promo. Je veux bien croire que l’on ne doit pas se laisser impacter par les perturbations extérieures, mais ils sont aussi discrets qu’un troupeau d’éléphants. Cela m’énerve… Souffrir d’hyperacousie n’est déjà pas simple, mais alors dans ces conditions-là… Mes bouchons d’oreille ne sont pas suffisants avec l’isolation sonore aussi mauvaise. J’aimerais vraiment qu’ils se dépêchent de partir en boite de nuit, mais il en arrive encore et encore. A combien vont-ils rentrer dans cet appartement ? Vont-ils rester toute la nuit ?

Quand je suis malade, je ne supporte pas les stimuli extérieurs. J’ai besoin de silence, de lumière tamisée, de calme et de tranquillité.  Les stimuli intérieurs de mon corps sont déjà assez forts, tension musculaire, douleur, migraine… L’extérieur devient vite invasif, et c’est dans ces moments-là que je trouve le plus difficile d’être hypersensible à son environnement. Je suis fatiguée, j’ai envie de me coucher, mais je sais que je ne vais pas réussir à dormir avec ce vacarme. Le pire, c’est que ce n’est même pas à cause de la musique, je ne peux même pas leur demander de baisser le son, à moins qu’il arrête de crier et gueuler à tout va… *soupir*

Comment trouver la paix intérieure dans un environnement bruyant que l’on ne peut pas fuir ? Coincée chez moi, car malade, je ne peux même pas trouver un répit en partant ailleurs un petit moment. Je déteste cette impression de subir. Même en mettant des boules quiès et en cherchant à m’isoler dans une bulle de lumière, je n’arrive pas à faire fi du bruit et des perturbations que je perçois. Il faudrait que je puisse me déconnecter totalement de mes sens pour ça…

Remonter à la source du problème reste compliqué. Quand la musique est trop forte trop tard, je vais leur demander de baisser, mais là ? Je peux demander à 25 mecs de baisser le volume de leur voix de fêtards ? Où se situe la limite entre la liberté d’autrui et le seuil de tolérance de ce que l’on peut supporter ? Surtout quand mon propre seuil à moi est particulièrement bas à cause de mon hypersensibilité ? Et quel poids la demande d’une personne contre 25 à moitié saoulés ?

*grrrmmmmml* Vivement que je déménage.

23 février 2017

 

Peindre ses Ombres

Artiste : Yuumei

Artiste : Yuumei

Je n’aime pas du tout toutes les émotions qui sont remontées en moi aujourd’hui. Comme j’aime encore moins toutes ces crises d’angoisse nocturnes, ces cauchemars et ces insomnies revenus depuis une semaine. N’y a-t-il pas d’autre façon de travailler sur la reconnaissance de ces Ombres ?

Vous êtes rarement volontaires pour le faire vous-mêmes, même d’une autre façon.

Et alors, qu’est-ce que je fais une fois que ce je suis face à toutes ces émotions négatives ? Comment je fais pour avancer avec et pour en faire quelque chose de constructif ?

Tu pourrais les peindre, les transmuter par la création artistique. Comme l’idée qui t’est venu l’autre jour. Alors que tu ressentais ce désespoir aussi vaste et profond que l’univers, tu t’es dit « et pourquoi, ce vide effroyable, je ne le peindrais pas, pour le sortir de moi ? »

Oui… Je n’ai pas trouvé le courage de le faire le jour même. Mais j’ai compris que c’était important, vu la façon dont cela m’est revenu en tête et en pleine nuit… J’ai commencé cette toile aujourd’hui. Mais le support est tout petit, je ne me souvenais pas que ces cartons entoilés étaient si petits… Impossible de représenter la vastitude du Vide sur un si petit format !

Ce n’est pas grave, ce n’est pas la taille qui compte, ni même la peinture ou la technique que tu utilises, c’est l’essence de ce que tu veux peindre qui compte.

Vous pensez souvent à tort, qu’être artiste, c’est créer quelque chose de beau. Mais en vérité, c’est exprimer qui vous êtes, ce que vous ressentez au fond de vous-même. Sans fard, ni blush, dans l’authenticité et l’honnêteté. Même si c’est « glauque », même si c’est sombre, sanglant ou violent. Du moment que c’est ce qui vous traverse à l’instant. L’art n’est rien d’autre qu’une façon d’exprimer les énergies en vous. Cela peut être vos émotions, sombres comme lumineuses, les idées qui vous inspirent et vous mobilisent, mais cela peut être aussi des énergies canalisées, celle de vos guides, des mondes visités, des énergies reçues ou demandées comme par Camille Fraise.

Etre artiste, c’est être un canal, d’une autre façon. Et l’art est pour toi la meilleure façon de transmuter les énergies lourdes que tu portes encore en toi. Pas besoin d’aller trifouiller au fin fond du passé, de creuser dans « le sale » et la souffrance. Il te suffit de reconnaitre les émotions présentes qui existent, même si elles sont « négatives », de les accueillir en les posant sur la toile pour les transmuter.

C’est pour ça que j’ai cette envie si forte de créer et de dessiner, sans savoir quoi, ni pourquoi ?

Si tu te focalises sur les émotions que tu ressens au présent, si tu les accueilles telles qu’elles sont et comme elles viennent, tu auras toujours de l’inspiration. Toujours. Mais pour cela, il faut accepter d’accueillir en soi-même ses « ombres ». Et c’est cela le plus difficile. Souvent, vous avez du mal à les laisser sortir, parce que vous ne trouvez pas ça « beau », parce que vous dites « mon Dieu, c’est vraiment ça, ce qui se cache au fond de moi ? » en oubliant que vous être un canal. Vous n’êtes pas ce que vous peignez, même si ce que vous peignez peut être une partie de vous.

Hum… Je ne saisis pas bien la subtilité, mais je comprends qu’il faut que j’ose accueillir ce qui sort, même si c’est sombre et même violent…

Toutes ces émotions qui te désespèrent et dans lesquelles tu te sens enfermée, peins les. Tu verras que cela sera libérateur. Il n’y a pas besoin d’être Picasso ou Van Gogh pour peindre, il vous suffit d’avoir les matériaux de base, un support, de la peinture ou de l’aquarelle ou même des feutres. Et d’Oser ! Osez-vous lâcher, « gribouiller » à grand coups de feutre, peindre frénétiquement, avec les mains, les doigts, sans modèle, sans objectif de résultat. Juste pour le processus, juste pour exprimer cette émotion, cette énergie, cette chose insaisissable en soi, qu’aucun mot ne saurait apaiser. Oser crier avec vos couleurs, vos gestes, vos émotions. Pour certains, mettre un type de musique précis pourrait aider à vous lâcher, à faire sortir l’émotion, à la « splasher » sur votre toile.

C’est pour vous-mêmes que vous le faites. C’est un cadeau à soi. Et si vous n’aimez pas ce qui sort, laissez-vous du temps. Gardez les toiles quelques part, jusqu’à ce qu’un jour vous soyez prêtes à les montrer à des personnes de confiance. Ce jour-là, cela voudra dire que vous aurez pleinement accepté ces petites parts de vous, ces parts d’ombre que vous aviez tellement de mal à exprimer.

Merci.

9 février 2017

 

Emotions et créativité

Artiste :

Artiste : Yuumei

Mes amies parisiennes m’ont fait part de leur choc face aux attentats d’hier. Je ne souhaitais pas parler de ce sujet, mais rien que leurs mots m’ont fait ressortir ces énergies. Et je n’aime pas être une éponge face à ces énergies collectives. Quand je l’ai appris, je me suis tout de suite inquiétée pour mes parents, qui étaient en vacances là-bas pour le we. J’avoue avoir ressentie de la honte quand j’ai reçu un sms d’une de mes amies pour me dire qu’elle allait bien, parce que je ne m’étais pas inquiétée une seconde pour elle. Elle m’était sortie de l’esprit.

C’est intéressant, tu sais. Tu devrais essayer de comprendre pourquoi « tu la mets de côté » comme ça. Après tout cela a été une personne importante pour toi pendant très longtemps.

Oui, c’est ma plus vieille amie, mais j’ai comme un sentiment d’inadéquation, de superficialité, de relation forcée. Comme si on était amies plus par notre passé que par ce que l’on partage au présent.

Et puis elle te rappelle des choses ?

Je ne comprends pas cette violence gratuite, je ne comprends pas ces guerres de religions. Ça me bouleverse, moi qui suis déjà si émotive. Je ne pouvais pas ne pas me tenir informée, j’ai lu quelques articles. Mais je vais éviter les témoignages, les photos et vidéo chocs. Je n’ai pas besoin de voir du sang, ni de violence. C’est fou l’attrait morbide que peut avoir ce genre d’évènement sur les gens.

Accepter l’émotion et la laisser s’exprimer t’aide plus facilement à y faire face.

Je me demande, car à peine tu me disais ça que je sentais cette boule dans la gorge… J’aimerais bien comprendre ce qu’elle veut dire.

Les émotions non dites, les émotions refoulées. Tu dois les exprimer, tu dois les expulser de ton corps énergétique, sinon cela te nuit. Tu ne peux pas en contenir autant, malgré que tu ressentes si fort. C’est un avantage et un défaut, comme tout. Il te fait faire de progrès pour apprendre à gérer ça. Il faut que tu laisses les énergies circuler en toi, et te traverser. Il ne faut pas que tu les retiennes. Et les émotions sont une forme d’énergie.

Oui mais c’est parfois compliqué… Je ne peux pas me mettre à pleurer en plein milieu de mon travail ou d’une réunion… Alors forcément, ce sont bien les émotions négatives que je refoule le plus, parce que c’est celle dont l’expression est la moins tolérée par la société.

Acceptes déjà de les ressentir à l’instant où elles émergent, sans forcément les exprimer physiquement. Laisses les te traverser, comme un filet d’eau. Et essaye de remonter à la source, pour voir ce qui a déclenché cette émotion. Vient-elle de toi ou est-elle extérieure ? Si c’est celle d’une autre personne, pourquoi est-ce qu’elle raisonne en toi ?

Parce que tu as bien compris que si ton empathie te fait ressentir certaines émotions et pas d’autres appartenant à autrui, c’est bien parce qu’il y a là un phénomène de miroir, d’ailleurs souvent sur des émotions enfouies ou refoulées.

Tu sais, je suis surprise par la tournure de cette discussion, je voulais parler d’autre chose. Comme ça m’a fait bizarre d’entendre la chamane me dire les mêmes que vous lors de notre dernière conversation.

Tu as demandé une confirmation au bienfondé de nos échanges, nous te l’avons donné. Tu dois maintenant croire qu’en étant centrée, alignée, ancrée correctement à la Terre et au Ciel, ce que tu captes est juste. Comme elle le dit si bien. Il te faut apprendre à avoir plus de confiance en toi, et à rester centrée. Ce qu’à priori tu ne sais pas faire quand tu vis avec quelqu’un.

Mais tout peut s’apprendre. Nous ne te disons pas de renoncer à l’amour. Juste que ce n’est pas le bon moment pour toi, mais tu le sais. C’est ainsi. Plutôt que de voir la perte et le vide, vois l’opportunité, la liberté, l’espace pour la création de nouvelles choses.

La création… ça m’a surpris lors de l’analyse de mon thème numérologique, que l’importance de la créativité ressorte encore et encore. Comme je suis sûre qu’elle sera patente dans mon thème astral. Ce n’est pas une part si présente que ça chez moi… Je veux dire, les gens s’attendent face à ça à ce que je leur dise que je suis artiste, ou dans une profession créative. Hors non, je fais un métier scientifique et rigoureux. C’est vrai que je lis des personnes dont je me sens proche, par de nombreux aspects, qui le sont, que ce soit Camille avec ses tableaux, Sylvie avec son scrapbooking etc…

C’est une part de toi à développer, que tu n’exploites pas. Parce que tu ne sais pas comment faire, tu n’as pas trouvé le bon média. Autrefois tu écrivais beaucoup de poésie. Mais tu as remarqué que c’était toujours sous le coup de fortes émotions, et en général tu étais complétement déconnectée de la Terre, dans la Lune, littéralement. Cela résultait en fait d’un déséquilibre. Tu n’as plus accès à cette source d’inspiration aujourd’hui que tu es plus équilibrée. Car c’est un moyen d’évacuer les émotions trop fortes, trop intenses et parfois trop violentes.

J’ai chanté, fait des croquis, du zen doodle, dessiné des mandalas, écrit de la poésie, écrit des textes, fait un peu de peinture, créé quelques bijoux, essayé la photo, voulu faire du tricot, testé de la couture basique, réalisé un peu de calligraphie, plié des origamis, testé le kirigami. Mais en réalité aucun de mes projets n’a vraiment abouti. J’ai l’impression de commencer mille choses, de ne rien finir car finalement cela ne me parle pas. C’est frustrant. Je ne sais plus par quel biais exprimer cette créativité.

Tu as fini plusieurs toiles, tu en es à ta quatrième.

Oui mais… La dernière m’a vidée de mes énergies, j’étais épuisée et j’ai mis du temps avant de m’y remettre. Celle en cours… je me laisse portée au feeling, mais je suis un peu déçue par le dernier ajout.

Tu vois clairement que tes créations répondent à tes énergies, et qu’elles évoluent en fonction de celle-ci ?

Oui, c’est clair… Je vois le processus de nettoyage en cours, je vois les lourdeurs et les noirceurs qui se dissipent. Mais… Je ne suis pas sûre qu’écrire ici soit une forme de créativité. Je suis admirative de Sylvie qui a réalisé plein de projets créatifs, se lance des défis, prend des cours, etc…

Tu ne peux pas trouver si tu ne testes pas. L’important est de suivre ton intuition. Le reste viendra. Et l’idée de créer des choses pour ton intérieur ? Pourquoi vouloir te limiter à une technique ? Et si au contraire, c’était le fait d’en connaître plein qui te permette d’avoir la liberté de créer sans être enfermée dans une technique ? Penses plutôt à pourquoi tu veux créer, comme pour ta dernière toile et ton projet en cours, car l’inspiration est venue d’elle-même.

Merci.

14 novembre 2015