S’affoler pour rien

Artiste : Guweiz

Décidément, c’est dernier temps, me poser pour écrire devient difficile. Surtout quand je me lève de très mauvaise humeur le matin, à cause d’une nuit interrompue par la sciatique à me retourner encore et encore dans mon lit, et puis à cause de rêves perturbants. Je sais bien que dans ces cas-là, ces rêves marquants qui ne « passent pas » correspondent à un message spirituel qui ne veut pas passer. Et je sais bien que sous la surface, si je me mets à gratter, je vais mettre à jour des choses désagréables.

Alors c’est clair, dans ces cas-là, mon mental freine des quatre fers pour ne pas écrire. Parce que c’est aussi un travail, sur moi-même, surtout quand mes guides spirituels s’invitent dans la partie, pour souligner certains éléments ou m’aider à des prises de conscience. En général, cela n’est pas forcément agréable.

Même si parfois salutaire ?

Oui, parfois salutaire… Mais bon sang, je déteste me sentir « comme ça ». Je me sens mal au réveil, je me regarde dans le miroir et je me trouve « moche ». Je sais bien que ce n’est pas tant mon image physique qui me fait sentir comme ça, qu’une subite montée de manque d’amour de moi-même. Je me regarde dans le miroir et je n’aime pas ma tête ces jours ci.

Ma peau est affreuse, alors que pourtant, j’ai tout fait pour l’aider à bien vivre la transition eau de robinet volcanique vers eau de robinet calcaire. Justement, je n’utilise plus que de l’eau thermale en spray. J’ai acheté des produits spéciaux pour les rougeurs, crème, masque, produit lavant. Bref, je fais des efforts et pourtant, cela fait bien longtemps que ma peau n’a pas été aussi « horrible »,  avec rougeurs, gonflements, poussée d’acné. Cela me décourage. Et que dire de mes cheveux ? Deux lavages au calcaire, et c’est fini, ils ont perdu leur éclat, leur volume et on dirait limite du plâtre…

Et ne parlons pas de mes cernes ! C’est quoi le problème alors que j’essaye de faire des nuits de 9 à 10h de sommeil ? Je fais attention à prendre un bon rythme, ne pas me coucher trop tard… Et j’étais contente parce que mes premières nuits, j’ai dormi comme un bébé, des nuits complètes comme je n’en avais pas faites depuis tellement de mois. Voilà que je me fais la réflexion qu’un sentiment de sécurité profonde (grâce à mon retour dans la maison familiale) aide probablement à mieux dormir, et bim la nuit suivante… Insomnie, réveil sans raison, impossible de me rendormir avec ma sciatique. C’est à s’arracher les cheveux !!!

Je ne comprends pas pourquoi je me sens si mal. « I’m feeling like crap ». Est-ce mes hormones qui me rendent à fleur de peau et me donnent constamment envie de pleurer ? Est-ce tous ces changements dans mon environnement qui me perturbent tant ? Pourtant, j’essaye de faire preuve de douceur, de ralentir et de faire des pauses, notamment quand je vois que je me fatigue trop à trier mes cartons. Je me suis acheté un nouveau pull tout doux et tout rose. Je suis allée chez le coiffeur.

Mais surprise, mes efforts n’ont pas l’effet escompté ! Quand la coiffeuse a eu fini de me couper les cheveux, j’ai eu très envie de pleurer. Oui, pleurer, vous avez bien lu. Elle m’a coupé les cheveux trop courts, ce n’est pas du tout ce que j’avais en tête. Certes, j’avais envie de « changer de tête » parce que je n’en peux plus de la mienne ces derniers jours. Mais je ne m’attendais pas à un changement si radical, et cela m’a choqué. C’est dire combien je me sens à fleur de peau…

Alors je me demande : c’est quoi le fond du problème ? C’est quoi qui en réalité ne va pas ? Je ressens un profond ras le bol. Mais de quoi ? Cela fait à peine une semaine que je vis de nouveau chez mes parents, ce ne peut pas être déjà ça… alors que cela se passe plutôt bien. Non ?

Peut-être est-ce un découragement par rapport à la maladie. J’essaye de retrouver une équipe médicale compétente, et c’est un peu la croix et la bannière… Le gynéco spécialisé sur l’endo que j’ai vu m’a beaucoup déçu. Expéditif, toucher très douloureux, manque d’explications… De toute façon, la réponse a été claire, mon cas est trop complexe pour lui, il me renvoie vers un confrère de Bordeaux. Ce qui n’est pas plus mal, vu que je ne me suis pas du tout sentie à l’aise avec lui. Donc j’attends des nouvelles de ce monsieur… En espérant que la communication marche bien entre les deux.

Mais en attendant ? Le gynéco a été très clair : pour lui l’opération est indispensable, INDISPENSABLE, peu importe combien de temps j’attends, que je veuille des enfants ou pas… Il me dit que je peux tester le reste, infiltration épidurale pour la sciatique, la cure thermale pour l’endo, mais que pour lui, l’opération sera nécessaire. Pour éviter l’infiltration de l’endo dans les intestins, pour l’instant il suffit de « racler sans résection ». A la bonne heure, j’ai de la chance…

Et je crois que c’est cette pilule-là qui ne passe pas. Qui ne passe vraiment pas. Ma mère n’a pas compris pourquoi après cet affreux rdv médical, je tenais à m’offrir des boucles d’oreille. Mais moi je sais, c’était pour me remonter le moral, pour soigner et faire preuve d’attention auprès de ma femme intérieure, meurtrie par un examen très indélicat, déprimée par les propos du médecin. Mais cela n’a pas suffit, il faut bien que je m’en rende compte.

Pourquoi est-ce que je me sens moche ? Parce que je sais que mon ventre est un gros bazar et que je ne cesse de devoir expliquer la maladie qui me touche et ses possibles conséquences : 50% de stérilité ? Parce que dans ma tête je sous-estime cette maladie et que la réalité vient de me rattraper ?

Pourquoi dans cet affreux contexte je rêve de bébé et d’accouchement ? Pourquoi je cauchemarde d’un centre de recherche pour la maladie qui se révèle en réalité être une « pondeuse », un lieu où l’on met les femmes enceintes contre leur volonté, pour vendre leur bébé ?

Je ne comprends rien à ses rêves et à leur message. Mais je vois que le thème revient, encore. L’autre fois, c’était un rêve à la Matrix, où les femmes étaient exploitées pour faire des bébés, dans les espèces de cocons du film. Et s’il s’avérait que si elles étaient stériles, alors, pfuit, elles étaient évacuées comme des déchets…

Je sens bien que tout tourne autour de ça, la cause profonde. Mais, le nez dans le guidon, le schéma ne m’apparait pas et j’ai le sentiment de tourner en rond. Je ne veux plus rester les bras croisée, comme une victime, en attendant qu’une solution miracle me soit apportée. Il n’en existe pas. Je veux juste avancer vers un mieux-être, pas à pas. Mais j’ai le sentiment de butter contre un mur invisible. Pourquoi mes efforts habituels ne marchent-ils plus ? Qu’est-ce que je suis censée faire ? Comment rebondir ?

Tu as le droit d’accepter ta tristesse. Tu as le droit d’être choquée. Tu ne t’attendais pas à ce que le gynéco te dise ça. Tu as été très choquée.

Je ne veux pas d’une opération : on te fait des trous dans le ventre et on te racle tous les organes, en espérant ne rien oublier au passage ? Je trouve ça super violent et invasif ! Pourquoi faudrait-il en passer par une telle extrémité ? N’existe-t-il pas des méthodes plus douces ? Le corps n’a-t-il pas une capacité formidable d’auto réparation – comme on m’en a parlé en lien avec le décodage biologique ? Si les nœuds énergétiques de la maladie sont dissous, n’y a-t-il pas un processus qui s’engage au niveau physique ? Et les soins sur les mémoires cellulaires et leur reprogrammation ? Aucun soin énergétique ne peut agir et descendre au niveau de mon corps physique ? Pourquoi cela marche chez certain et cela ne marcherait-il pas chez moi ?

Une part de toi espère toujours une forme de guérison.

Oui, ce n’est pas comme si j’ignorais l’enseignement de cette maladie. J’essaye de comprendre, d’accepter, de prendre soin de moi. Entre le travail psychologique, l’identification des mémoires karmiques, mais aussi familiales dans cette vie, les soins chamaniques, le travail avec mes guides, les cercles de femmes… Qu’est-ce que je ne fais pas ? Qu’est-ce que je ne comprends pas ? Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à dissoudre ces nœuds énergétiques ?

Parce qu’ils sont entremêlés chez toi sur plusieurs sujets.

Et alors ?

C’est plus long. Rappelle nous quel âge terrestre tu as.

Je me rapproche de mes 27 ans. Et alors ?? Cela fait 7 ans que cette maladie me fait travailler sur moi-même.

7 ans ce n’est rien. Ce n’est même pas la durée d’un cycle complet, qui est, nous te le rappelons de 9 ans.

ET ALORS ??!! Ce n’est pas cela qui me réconforte quand je pleure, ce n’est pas cela qui me calme quand je suis en colère à cause de la maladie, ce n’est pas non plus cela qui apaise mes douleurs. A quoi cela me sert de me rappeler que je suis jeune ?

A te rappeler que tu as du temps.

Du temps pourquoi ? A priori, pas pour guérir, vous m’avez fait comprendre que ma maladie ne disparaitrait pas…

Du temps pour grandir avec la maladie. Tu es si jeune, tu ne comprends pas encore la richesse de cet enseignement. Tu le comprendras plus tard et tu comprendras avec que ce temps, que tu trouves si long, t’en aura en réalité fait gagner beaucoup dans ta vie.

Comment ?

Par la sagesse qu’il t’aura apportée, par la réalité que tu auras expérimentée. La maladie n’est pas une fatalité, elle est un voyage vers vous-même et vers vos ressources intérieures. Ce que tu ne peux pas faire à l’extérieur, tourne-toi en toi-même pour le réaliser d’une autre façon. Il existe des tas de chemins pour aller vers un même résultat, c’est ça la beauté de la vie. Rien n’est tracé, c’est à vous de le décider. Tu peux décider de t’assoir et de faire une pause pour te ressourcer, ce que nous te recommandons, ou bien tu peux foncer. Tu peux tenter le raccourci, mais celui-ci te donnera-t-il la même richesse et la même satisfaction au bout ?

Ce n’est pas parce que tu ne vois pas vers où te mène tes pas, qu’il n’existe pas de cohérence. Sylvie le disait dans son commentaire, elle ne cherche plus le sens avant de marcher, elle le laisse émerger au fur et à mesure. Ne trouves-tu pas que c’est une façon de faire bien plus reposante ?

Je ne sais pas… Je pense que oui, mais cela marche bien si tu te sens guidée, si tu arrives à te laisser porter vers ce que tu sais être bon pour toi, même si tu ne sais pas quoi. Je n’ai pas du tout l’impression d’être guidée, ni de savoir dans quelle direction faire mon prochain pas.

Pourtant, nous sommes là à te répondre. Et si tu ne perçois pas la direction de ton prochain pas, c’est peut-être parce qu’il n’y en a pas pour l’instant. Peut-être est-il mieux pour toi de te reposer maintenant. Ne disais-tu pas que la Réunion t’avait épuisée ?

Si, mais il est difficile de se reposer sans avoir ne serait-ce qu’un futur objectif en tête, un pas qui attend. Tout le monde me le demande : et que vas-tu faire « après » ? « Après » quoi, on se le demande…

Et si au lieu de te concentrer sur cet après, tu te concentrais sur ton présent immédiat ? Un pas après l’autre. Un jour après l’autre. Peu importe ce qu’on te dit et quelles sont les attentes de tes proches. Et si tu te concentrais pour te sentir bien, là tout de suite ? Profiter du soleil, écouter le chant des oiseaux, méditer, dessiner, rire et profiter. Qui est pressé ? Le prochain pas a tout le temps d’émerger. A quoi cela sert-il de te dépêcher ? Laisse aussi à ton corps le temps de se reposer.

Je comprends ta logique, mais je n’ai rien devant moi. Aucune idée de comment je vais gagner ma vie, où je vais vivre, etc. En gros, vous me demandez de m’assoir juste au bord d’un grand précipice rempli de vide, et de ne pas avoir le vertige ? Vous me demandez d’être zen et de ne pas avoir peur, quand tout le monde autour de moi s’affole et me demande de regarder vers le bas ?

« Tout le monde autour de toi s’affole » et bien laisse les s’affoler. Ces émotions ne t’appartiennent pas et en réalité, c’est toi qui les projette. Elles ne font que te revenir par effet miroir. Les angoisses des autres sont les tiennes, et ces miroirs sont là pour te mettre le doigt dessus et te pousser à les surmonter. Plus tu seras zen et confiante en ton avenir, même s’il ressemble à une toile vierge, plus les autres le seront aussi autour de toi.

Ce n’est pas le moment de te mettre à gribouiller à la va vite. C’est le moment de rassembler tes pinceaux, avec patience et minutie, et d’apprendre à t’en servir dans le calme et la sérénité. Pour faire face à cela, nous t’encourageons à méditer tous les jours dans la nature. Pose toi dans le jardin, commence par 5 min, puis 10, puis 15 et quand tu arriveras à rester 30 min entière dans un état de paix intérieure, de présence et de centrage, alors nous pourrons passer à autre chose.

Merci.

21 avril 2017

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La peur au ventre [endométriose]

Artiste : WLOP

Artiste : WLOP

[Ah, un autre coup de gueule, âme sensible s’abstenir]

Je ne sais pas par où commencer ce soir, tellement je me sens instable émotionnellement. Pourtant, je me sentais mieux malgré ma crise. Je m’étais cuisiné un truc sympas, j’ai trainé devant des épisodes de ma série du moment. Tout allait relativement bien, pas de drame majeur, des conseils à suivre. J’ai passé quelques heures à travailler dessus hier. Tout allait bien jusqu’à cet IRM.

Je ne sais pas pourquoi, j’étais dans la machine et là tout à coup j’ai eu envie de pleurer. Mon mental ne faisait que me souffler des peurs à l’oreille : et si un nodule d’endométriose s’était installé à proximité de ma colonne vertébrale ? Avait touché un nerf ? Et si mes problèmes de sciatique et de bassin étaient dus à ça ? En 14 ans de problème de genoux, de dos et j’en passe, je n’avais jamais eu ça. Pourquoi maintenant, et qu’est-ce que c’est ? Je n’ai pas envie de finir en fauteuil roulant dans quelques années !

Et là, je me disais, mais est-ce qu’il pourrait seulement le détecter si c’est le cas ? Car il faut normalement une injection spéciale, et même avec ça, c’est difficile à repérer, on voit surtout les dégâts secondaires (autres organes déplacés…). Devrais-je demander à voir le médecin qui analyse les images ? Lui demander s’il a été formé à identifier de l’endométriose ? Alors qu’à la base, je ne venais pas pour ça ? Mais que quand même, on devrait bien voir quelque chose s’il y a une inflammation en pleine crise ?

And on, and on, and on… Parce que je n’ai pas envie que la même histoire se répète. Qu’un médecin ne sache pas détecter – donc qu’il affirme qu’il n’y a rien – pour que la maladie et les nodules se développent sans traitement – jusqu’à ce que finalement quelqu’un de formé découvre tous les dégâts.

Comme ce qui m’est arrivé avec ma première IRM pour détecter l’endométriose. Ma gynéco de l’époque, au vu des douleurs, l’avait suspecté. Elle m’a envoyé faire une IRM. Mais comme le médecin n’avait pas été formé à reconnaitre cette maladie – enfin je suppose, sinon cela voudrait dire qu’il est incompétent – il a dit qu’il n’y avait rien. Période. Point final. Donc pas de traitement, le droit à un « c’est psychologique » et à des « faites un bébé et ça ira mieux ». 5 ans d’errance médicale pour faire une seconde IRM. Le nouveau gynéco spécialiste que j’ai m’a dit que la maladie se voyait sur les 2 clichés et qu’elle avait bien évolué depuis la toute 1ère IRM.

Pourquoi ? Comment peut-on passer à côté de ça ? En sortant de l’IRM aujourd’hui, la question m’est venue en tête : devrais-je informer ce médecin des conséquences de son mauvais diagnostic ? Pour lui éviter de refaire la même erreur ? Comment peut-on ne pas avoir l’humilité de refuser un examen si on ne sait pas le faire correctement ?

Depuis, tu ne fais plus confiance aux résultats d’IRM.

Non, pas en ce qui concerne l’endométriose en tout cas. Parce qu’en réalité, je sais que c’est dur à détecter, et qu’on ne détecte souvent les cas que quand ils sont assez avancés : chez moi des nodules gros au point de les sentir par touché à travers la paroi de l’utérus. Et de voir mes ovaires dans une position anormale sur les images, tractés vers le bas du ventre à cause des adhérences.

Pourquoi a-t-il fallu en arriver jusque-là pour que ma maladie soit détectée ? Le pire c’est qu’on ne sait pas l’étendu des dégâts tant que l’on n’ouvre pas le ventre ou que l’on ne fait pas une célioscopie. Parce que l’endométriose se constitue de différents types de tissus, et avec une variation dans le temps. On n’arrive pas à « pouf » repérer les cellules endométriales aussi bien qu’à l’œil nu. Que ce soit par IRM, par échographie, on ne peut pas se fier totalement aux images. Alors je ne sais pas l’étendue des dégâts. Et cela nourrit milles inquiétudes. Comme mon histoire de douleurs au bassin qui m’empêchent de conduire et me mène la vie dure. Et aussi mes crises intestinales quand j’ai des crises d’endométriose.

Et même si tu savais, que pourrais-tu faire ?

 Je ne sais pas ! J’ai envie de hurler de frustration !  Et pleurer de peur. Si je pouvais savoir, je ferais des analyses plus poussées, mais ils ne font de célioscopie que pendant/avant une opération ou pour une étude poussée d’infertilité avant une FIV.

Qu’aimerais-tu savoir ?

Quel est l’état de mon ventre ? Que dois-je faire ? Que dois-je éviter ? Faut-il que j’envisage une opération avant que cela n’empire ? Même avec mon traitement, j’ai des crises, j’ai des douleurs, est-ce que les nodules progressent ? Comment sont mes ovaires ? Et mes trompes de Fallope (les nodules peuvent les boucher et dans ce cas les ovules ne sortent jamais des ovaires…) ?

Pourquoi lorsque j’ai fait cette méditation de connexion à mon utérus, j’ai vu ma trompe gauche bouchée et mon ovaire gauche comme « mort » ?

Tu as vu quelque chose de positif aussi.

Oui, un ovule dans mon ovaire droit qui était doré, parmi un milliard d’autres. Une chance d’avoir un enfant. Un seul enfant, vraiment ? Au départ, je me suis sentie émerveillée, « waouh », alors je porte en moi la possibilité d’avoir un enfant ? Je ne suis pas complètement stérile ?

Et puis, après coup, avec un jour de prise de recul, je me demande pourquoi. Pourquoi à 26 ans ai-je un ovaire stérile ? Pourquoi pourrais-je n’avoir qu’un seul bébé ? Et pas deux ou trois ? Ou autant que je veux – même si je n’en veux pas plus ?

J’ai le sentiment que ma maladie me vole tellement de choses ! Elle me vole ma sexualité et elle m’a volé mon dernier couple. Elle me vole ma santé et mon énergie. Elle me vole la liberté de faire ce que je veux, d’être  « wild », de partir sur un coup de tête, d’aller en festival, de faire la fête comme les autres jeunes de mon âge. J’ai eu cette pensée qui m’est venue en tête tout à l’heure. « Si je n’étais pas occupée à être malade, là tout de suite, je pourrais être à un concert de rock ». Ma vie serait tellement différente si je n’étais pas malade ! J’aurais pu faire tellement de choses ! Je serai quelqu’un de différent !

Je DÉTESTE être malade ! Je DÉTESTE souffrir de fatigue chronique ! Je déteste ne pas pouvoir sortir comme je veux, me promener, voir des gens, faire de la randonnée pour regarder le 1er lever de soleil de l’année depuis le grand Bénard !!!! Non, au lieu de ça, je suis restée coincée toute seule sur mon canap à être malade pour le réveillon !! JE DÉTESTE CA !!! Je déteste être cette personne faible physiquement à cause de sa maladie. Tout le temps fatiguée. Tout le temps ! Même quand je dors beaucoup, prends des vitamines, etc. A quoi ressemble une vie comme ça ????????????????????

Je déteste savoir pourquoi j’ai cette maladie ! A cause de l’inconséquence de ma personnalité dans une vie antérieure, qui a décidé de considérer la maternité comme « une grippe », on tousse un bon coup, laisse les enfants à un foyer d’adoption et hop, on continue sa vie frivole et mondaine, sans se préoccuper de leur devenir. C’est injuste, injuste que moi – la personne que je suis aujourd’hui – doivent payer les pots cassés pour ça.

C’est pour t’apprendre la valeur de la maternité.

En s’assurant que je la désire, mais que – ah ! – je ne puisse pas l’avoir ou qu’avec de grandes difficultés !! Le numérologue que j’ai vu par curiosité, m’a dit qu’il voyait une naissance à l’âge de 38/39 ans. Qu’est-ce que ça veut dire que ça ??!!!! C’est une blague ? La naissance d’un projet c’est ça ? Pourtant il a aussi évoqué la possibilité d’un bébé. Pourquoi une info comme ça m’est parvenue, alors que je n’avais rien demandé sur ce sujet, ni au-delà des 2 ans ???

Je suis en COLÈRE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!  Dans une colère folle ! Ma vie est une blague ! Une grosse blague pour laquelle j’ai l’impression que l’Univers se moque bien de moi ! C’est totalement INJUSTE ! Et le plus hilarant, c’est que j’ai des capacités médiumniques pour tenter de guérir ça ? C’est une BLAGUE !

On ne peut pas guérir de l’endométriose. Au mieux, on peut avoir une rémission. Parce que – hé – bonne nouvelle, l’endométriose est la seule forme de « cancer » dont on ne meurt pas ! (cf la description donnée par le Nouvel Ob il y a 1 ou 2 ans). Car cela se propage exactement comme un cancer, les cellules se diffusent et s’implantent n’importent où, mais bien sûr quasi systématiquement sur vos ovaires – jusqu’à ce que les tissus cicatriciels « mangent vos ovules », votre utérus, vos trompes de Fallope. Je DÉTESTE cette maladie !!

Je déteste qu’elle envahisse autant d’aspects de ma vie, ma santé, mon moral, mon alimentation, mon couple, ma vie sociale mais aussi ma vie professionnelle. Pour m’apporter quoi en échange ??

Une leçon de vie.

Mais quel genre de leçon est-ce là ? J’ai plutôt l’impression de mourir à petit feu qu’autre chose ! Et PERSONNE parmi mes proches ne s’en rend compte ! Personne n’a vécu assez longtemps avec moi depuis ces 6 ans pour se rendre compte. Ils me voient quand je vais bien. Ils m’entendent dire que je suis malade. Mais ils ne voient pas l’impact sur mon quotidien, sur mon énergie. La théorie des cuillères le résume bien, mais parce que ce n’est pas une « maladie grave », personne ne pense qu’elle a autant d’impact sur moi. Je suis sûre que mes amis en Belgique ne savent pas que je suis malade la moitié du temps. Si je vivais là-bas, ils déchanteraient vite au nombre de soirées que je serai obligée de refuser à cause de la fatigue physique. Qui voudrait vivre avec quelqu’un de si souvent malade ? Je me le demande bien…

Et tu sais quoi ? Le pire, c’est de voir que chaque aspect de ma vie, chaque difficulté me pointe et me ramène encore et encore vers ma maladie ! Quelle folie d’avoir pensé un jour que « grâce à ma maladie, j’avais pu m’ouvrir à la spiritualité » ! Parce que ça aussi, c’est une grosse blague ! Qui aurait envie de sentir les âmes errantes ? Les énergies plombantes et les émotions négatives des autres ? Qui aurait envie d’avoir des infos pourris sur ces vies antérieures et de devoir les gérer ensuite ? Qui aurait envie de capter des choses pénibles chez les autres qu’ils ignorent eux-mêmes ? QUI ? Franchement, qui aurait envie d’être médium, en sachant le boulot que cela implique d’apprendre à gérer ses capacités ? Franchement, je comprends bien ce que dit Sylvie par moment…

Je suis totalement découragée. Je sais que je l’ai déjà dit dans mon coup de gueule d’il y a une semaine. Mais dès que mon moral va mieux, que je commence à remonter la pente, pouf je replonge à cause de ma maladie, des vrais montagnes russes. Dès que j’ai l’impression d’avoir fait des progrès, de m’être distanciée d’elle, d’avoir fait les efforts nécessaires pour lui donner profil bas, elle revient m’exploser en plein dans la figure. Je suis fatiguée de ce schéma répétitif. Tout ça pour me mener où ? Nulle part.

My life sucks. Définitivement, je ne vois pas d’avantages…

Tu devrais dessiner ce champ de tulipes que tu as vu.

Ok. Mais laisse-moi te faire une demande. Je demande – à l’ensemble des mes guides – de me montrer les aspects positifs au fait d’être médium. Je vous demande de me prouver qu’il y a de vrais avantages à cet état de fait. Il ne peut pas y avoir que des contraintes, n’est-ce pas ? Ce n’est pas possible, pas avec une reliance au Milieu, où tout est à double tranchant. Il y a forcément des choses positives, non ? S’il vous plait, j’ai besoin que vous m’aidiez à me raccrocher à ces choses positives. J’ai besoin d’aide. Je ne demande pas une réponse immédiate, je sais que je ne suis pas dans un état émotionnel me permettant de capter plus que des phrases courtes. Mais apportez-moi des réponses, quand le moment sera le bon. S’il vous plait. Parce que je me sens vraiment impuissante…

Je t’ai entendu.

Merci.

12 janvier 2017

Le temps, une illusion ? [endométriose]

Artiste :

Artiste : Wlop

J’ai été surprise aujourd’hui que ma grand-mère me pose des questions sur ma maladie, l’endométriose. J’en avais parlé autour de moi, il y a un an et demi, lorsque le diagnostic avait été posé et que j’avais appris ce que c’était. J’ai aussi pas mal écrit à ce sujet ici sur mon blog, notamment , ici ou encore dans cet article (plus d’articles sur le sujet dans la catégorie « Endométriose »). Du coup, cela me semblait clair pour mon entourage. Mais je me rends compte que finalement, peu ose poser des questions, comme si le sujet de la maladie était tabou, et encore plus quand cela concerne les organes génitaux. Du coup, ils ne connaissant que des généralités, celles qu’ils peuvent trouver dans des livres qui ne sont pas à jour, ou pour les plus connectés sur google.

Je me rends compte néanmoins qu’on en a une bien meilleure connaissance quand on est concerné, que l’on a eu des explications détaillées par son médecin, qu’on est membre d’une association qui défend la cause de cette maladie (cf EnfoFrance), que l’on a rencontré d’autres personnes malades et échangé avec, et que l’on a assisté à des conférences présentées par des médecins. Il n’y a pas à dire, l’accès à des données scientifiques fiables aide à mieux comprendre la chose et à l’expliquer de façon factuelle. Et qui, de mieux concerné pour apprendre tout ça, que quelqu’un qui doit vivre avec au quotidien ?

Et encore, malgré cela… Aujourd’hui j’ai reçu dans ma boîte email un appel au témoignage pour de l’endométriose hépatique. J’ai été surprise car je n’avais encore jamais entendu parler d’un tel cas. Mais après tout, les cellules de l’endométriose peuvent bien s’installer partout… Et sur plein d’autres organes que l’utérus et les ovaires. J’ai rencontré quelqu’un qui en avait sur le diaphragme, une autre sur la vessie. Les atteintes du rectum sont classiques et bien que mon IRM montre que je n’en ai pas, je me pose des questions au vu de mes symptômes… J’ai entendu une malade qui a une amie avec  une atteinte au cerveau…

La réalité, c’est que selon les organes touchées, certaines personnes en meurent réellement, ou bien sont en fauteuil roulant (atteinte des nerfs). Évidemment, on n’en parle pas, parce que cela effraye et montre bien l’impuissance de la médecine fasse à certaines situations. Ce n’est pas pour dramatiser que j’explique cela, mais bien pour souligner que même si l’endométriose est classé comme « maladie bénigne » par la sécurité sociale, elle peut malgré tout être mortelle – heureusement dans de rares cas.

Cela souligne également que malgré la première campagne de sensibilisation qui a eu lieu en 2016, cette maladie reste mal connue et mal comprise. Par exemple : j’ai fait une rapide recherche sur les symptômes d’une endométriose hépatique. En 2004, seul 8 cas avaient fait l’objet de données scientifiques publiées (source : http://www.em-consulte.com/en/article/121704 ). Autant dire, quasiment rien, et les données accessibles sont uniquement en jargon médical. Je comprends pourquoi cette personne a fait un appel à témoignage. C’est très difficile de se savoir malade, mais de ne pas avoir d’informations sur comment la suite se passe une fois que le diagnostic a été posé… Une opération a probablement été proposée. Mais quelle sont les chances de rémission sur cet organe-là précis ? Après tout, on sait qu’en moyenne dans 30 à 40% des cas, il y a récidive des nodules après les avoir enlevés mécaniquement. Cela vaut-il la peine de subir une opération aussi lourde ? C’est ce genre de questions qu’une femme atteinte d’endométriose peut se poser.

Mais il y en a tellement d’autres… Des questions plus subtiles, qui portent sur l’atteinte au moral. A chaque fois qu’une crise a lieux, et que je suis clouée au lit par les douleurs, je me demande : « Mon corps peut-il vraiment supporter une sexualité quand il souffre tellement à certains moments ? Serai-je capable d’être en couple de nouveau un jour malgré ma maladie ? Comment mon corps pourrait porter un enfant, avec tant de douleurs en lui ? Serai-je capable d’avoir une « vie normale » et de travailler avec toutes ces crises ? » Les peurs et les doutes affluent à tire d’aile et rende l’immobilité encore plus insupportable.

A vrai dire, j’ai été étonnée que ma grand-mère ose me poser tant de questions, comme « et tu crois que cette maladie empêche vraiment de travailler ? » Alors je lui ai expliqué que cela dépend de chaque femme. La maladie est spécifique à chaque cas. D’abord parce que la douleur n’est pas proportionnelle à la gravité des nodules. Une femme très atteinte peut ne rien sentir, quand une autre avec quelques petits nodules peut souffrir au point de perdre conscience (et oui, ça existe, j’en connais). D’autre part, parce que l’impact de l’endométriose n’est pas le même selon les organes qui sont atteint, et enfin parce qu’on ne peut pas quantifier la fatigue physique que cela entraîne (le corps doit digérer le sang et les zones d’inflammation après chaque crise) et ses effets secondaires : baisse du système immunitaire et on se choppe tout ce qui passe, crise aigüe de fatigue chronique, courbatures, douleur au dos et sciatique, etc… Ni la fatigue morale, qui peut mener à des dépressions nerveuses, notamment quand l’environnement n’est pas assez réceptif et propice (cf votre dévouée auteure).

Bon, tout ça pour dire quoi ? J’avais promis à mes guides d’écrire sur ce sujet s’ils m’aidaient à prendre en charge la douleur de ma crise d’il y a 2 jours. Et les rappels sont venus en force m’y encourager.

Être malade, ce n’est jamais drôle, mais quand c’est chronique, qu’il n’existe pas de traitement pour guérir (seulement pour contenir la maladie) et qu’on connaît mal la maladie, cela complique encore les choses. Je suis passée d’une période de ma vie où je ne me définissais que par mon état de « malade » alors qu’à l’époque – c’est ironique – je n’avais même pas de nom à mettre dessus à cause du retard de diagnostic. Maintenant, j’en viens à ne presque plus en parler.

Et c’est un tort parce que cela t’affecte plus que tu ne le penses. Mais on dirait que tu n’es pas prête à laisser tes émotions sortir de la bouteille.

J’avoue que cela me fait peur… Je ne pensais pas que j’aurais eu une réaction émotionnelle si forte aux questions de ma grand-mère. Que dire ? Que je me sens perdue par rapport à ma maladie ? Il semblerait que j’ai atteint le plafond de ce que la médecine conventionnelle peut faire pour moi. Après plusieurs essais de traitement, mon gynéco m’a dit qu’on ne pourrait pas faire mieux sans que les effets secondaires soient encore plus forts. Sauf que mon traitement n’a pas tout résolu, loin de là ! Il m’arrive encore d’avoir des règles (leur suppression étant la seule méthode efficace pour contenir la maladie) et les autres symptômes… Ma sciatique…  Est-ce mécanique ? On est-ce dû à une atteinte des nerfs ? Comment je fais pour améliorer ça ? Je ne peux pas rester comme ça à ne pas pouvoir conduire de façon libre…

Tu as une maladie chronique. Il faut que tu acceptes l’idée que tu auras toujours des symptômes, quelle que soit la forme qu’ils prennent. Mais au lieu de te concentrer sur eux, tu peux te concentrer sur ton bien être. Sur trouver les actions et les activités qui te font réellement du bien.

Accepte que tu n’es pas comme les autres femmes.

Je ne sais pas pourquoi, je bloque sur ça. J’arrive à accepter l’idée que j’ai une blessure à l’âme concernant ma féminité, mais l’accepter sur le plan physique… C’est insupportable, je me sens « marquée ». C’est insupportable aussi l’idée que je doive endurer ça à cause de mes blessures à l’âme et de mes vies antérieures !!

Tu peux le dire.

Ce n’est pas juste. Pas juste du tout. Pourquoi dois-je me préoccuper de guérir ça ? Pourquoi ne puis-je pas vivre une histoire d’amour heureuse ?

Il y a des raisons à tout empêchement, tu le sais. C’est juste trop dur à accepter. Comme l’idée de devoir te contenter de relations d’amitié, quand toi tu voudrais vivre le grand Amour avec ta flamme jumelle.

Je déteste cette situation. Je déteste savoir que ce n’est pas possible, pourquoi ce n’est pas possible et pourtant ne rien pouvoir y faire, là tout de suite ! Le temps ! Pourquoi faut-il tant de temps pour guérir !

Le temps est une illusion.

Oui, je le sais en théorie, mais en pratique !! Moi, la personne que je suis aujourd’hui, je n’ai qu’une vie, peu importe le nombre de fois que mon âme devra se réincarner pour surmonter les enjeux qu’elle s’est fixée. Alors, oui le temps compte pour moi… et sur ce, je vais me coucher !

4 janvier 2017

Les liens qui emprisonnent

Auteur

Parc aux palmiers. Auteur : Les Rêves de Celia.

Cela fait un moment que j’avais envie d’écrire sur mon blog de façon plus régulière. Mais finalement le mois de décembre a été compliqué… J’ai enchainé les jours de rhume. Du coup, ce dernier mois, j’ai bien senti mon taux vibratoire plus bas que d’habitude et ma difficulté à canaliser aussi… A la place, j’ai bien senti que le travail s’est fait au cours de mes rêves. Certains ont été très forts, sont restés très nets et m’ont bien perturbée aussi… Mais l’interprétation ne suit pas forcément derrière et c’est frustrant.

Le dernier rêve était néanmoins assez clair sur ma gestion déplorable des énergies et des émotions que mon supérieur actuel projette et dont je n’arrive pas à me distancier. Je me laisse littéralement polluer par lui, en attendant que ça se finisse. Mais cette histoire de rupture de contrat traine encore et encore et peut être est-ce l’occasion pour que j’apprenne à ne plus me laisser atteindre. J’en ai marre d’être malade 3 juste après chaque interaction avec lui, ce n’est plus possible.

Mais comment je fais ? Comment je fais pour affirmer mes besoins et les faire respecter, sans être autoritaire et en restant souple ? J’ai l’impression de ne pas réussir à trouver un équilibre, tout ou rien, soit je bouffe soit je me laisse bouffée. Je ne veux pas de conflits et je veux que cela se résolve dans le bon sens, donc j’ai décidé de me coucher, de le laisser prendre les décisions suite à ma demande et de le faire à son rythme. Mais ce n’est plus possible.

Il suffit de le dire dans la douceur. Affirmer ses besoins n’est pas synonyme d’autorité. Tu peux expliquer pour amener à une compréhension.

Comment expliquer à quelqu’un qui n’écoute pas ?

C’est ton propre préjugé. Peut-être qu’il n’écoute pas ton avis pour des décisions dans le cadre du travail. Ou qu’il n’en donne pas l’impression. Mais concernant ton départ et la transmission, peut-être qu’il fera un effort.

Peut-être. Je ne sais juste pas comment le formuler. « Bonjour, je veux que la rupture soit la plus rapide possible car je ne supporte plus d’être en contact avec vous »

Pourquoi ne veux-tu plus lui parler ?

Parce qu’à chaque fois, il trouve le moyen de me parler de ses problèmes à lui au travail, de se plaindre, etc…

Et toi tu n’as pas envie d’en rajouter une couche avec tes demandes, alors tu n’oses pas affirmer ce dont tu as besoin.

Voilà. A chaque fois, je me trouve à jouer le rôle de la personne « compréhensive et compatissante » et je m’oublie. Et ça m’énerve. Pourquoi je tombe à chaque fois dans le panneau ? Pourquoi ?

Pourquoi te sens-tu obligée de l’écouter ?

Parce que je ne veux pas le froisser, je n’ai pas envie qu’il s’énerve.

Et s’il s’énervait, que se passerait-il ?

Et bien… Je ne me sentirais pas bien. Je ne saurais pas quoi faire.

Comprends bien que tu détestes les énergies en suspens non résolues. Mais que tu n’arrives à les exposer que lorsque c’est toi qui es dans la « position énervée », que lorsque c’est toi qui risque de craquer, de péter un plomb ou de pleurer. Quand tu es dans la situation inverse, tu ne sais pas mieux gérer la chose que ta sœur. Tu es prise au dépourvue.

Eh bien, si c’était un proche qui se mettait à pleurer, je lui ferais un câlin. Mais mon supérieur ? C’est déjà peu probable qu’il admette sa détresse et encore moins qu’il pleure, mais effectivement, je ne lui ferais pas de câlin !

L’empathie sans compassion rend les émotions, et donc les énergies, impossible à transmuter. C’est comme si tu mettais tout dans un entonnoir fermé. Cela crée un bouchon, qui empêche par la suite la circulation des autres émotions et énergies captées.

Ok, je saisis l’image, et cela explique pourquoi les jours suivants, j’ai du mal à gérer les contacts avec d’autres personnes, et si j’en ai, je tombe malade – souvent de la gorge d’ailleurs. Quand mes parents ont été là, j’ai carrément été aphone pendant plusieurs jours… Ma gestion des émotions et de la communication m’ont semblé bien plus dures que d’habitude !

Concrètement, comment je fais pour éviter la création de ce « bouchon » ?

Réfléchis-y.

Faire preuve de compassion ? Mais n’est-ce pas déjà le cas en l’écoutant ? Bon d’accord, ce n’est pas le cas, je fais « semblant ». Je l’écoute pour qu’il ait l’impression de se sentir écouté et compris, ce qu’il recherche.

Mais au fond, il sent bien qu’il n’obtient pas ce que les apparences montrent, c’est pour cela qu’il continue encore et encore. Qu’il te parle des mêmes choses encore et encore alors que toi tu es passée à autre chose.

Mais je suis censée faire quoi ?

Écouter sa peur. Il a peur de te laisser partir. Il n’y a qu’en écoutant sa peur avec le cœur et en le rassurant qu’il te laissera vraiment partir, et qu’il arrêtera de faire trainer les choses.

Comprendre qu’il ait peur je veux bien. Écouter avec le cœur, je l’apprends. Mais le rassurer ? Je ne vois pas comment je peux le rassurer alors que je ne vois pas moi-même d’avenir dans la structure et dans les choix qu’il a fait. Suis-je même en position de le rassurer ? Ça me parait un peu aberrant… Comment je peux faire ça ? Et puis on parle de quoi là, rassurer son égo, son mental, son âme ?

Tu peux faire preuve d’amour envers toi-même, en même temps qu’envers lui. Les deux ne sont pas incompatibles. Simplement dire que tu as besoin de temps pour prendre soin de ta santé.

Oui, c’est vrai…

Apprendre aussi la gestion des émotions et des énergies. Parce que tu penses « il me pollue ». En quittant ce job, tu t’éloignes de la source de toxicité. Mais la vérité c’est que « tu te laisses polluer ». Tu es responsable à 50% de votre relation. Il serait en effet préférable pour toi de ne pas avoir de telles relations dans ton entourage. Mais à défaut d’avoir pu choisir celle-ci, tu peux au moins décider de l’impact qu’elle peut avoir sur toi. Mieux vaut l’apprendre maintenant que de répéter la situation. On ne peut pas toujours fuir les situations ou les personnes qui nous sont toxiques, comme ton livre des Défis le suggère. Ou bien tu peux t’excuser, te lever et partir définitivement. Mais tu risques de courir de job en job très longtemps.

Oui, je trouve ça utopiste… Ce n’est pas toujours possible. Plutôt que de fuir, je voudrais apprendre à transformer la situation pour qu’elle ne m’atteigne plus. Comme je l’ai fait avec ma colère envers les parents de ma meilleure amie. J’ai été surprise de voir comment l’exercice que vous m’aviez donné a bien marché. Comment j’ai pu transmuter cette énergie de colère en gratitude et en amour. Après plus de 10 ans à l’avoir porté comme un fardeau, je me suis sentie plus légère. Ne puis-je pas faire la même chose avec mon supérieur ?

Tu peux essayer, mais comme tu as une relation dynamique avec lui (comprendre encore dans le présent) cela ne marchera que pour les émotions passées. Il te faut trouver une technique à utiliser au présent, sur le moment.

Humm, oui, je suis bien d’accord. Mais laquelle ? Écrire après coup m’aide à évacuer. Mais sur le moment ? M’ancrer, me connecter à mon cœur ne m’ont pas semblé suffisant… Je suis trop affectée par la quantité d’émotions refoulées chez lui et de pensées négatives, c’est comme une vague qui me balaye, me fait suffoquer et me fait perdre pied. Je m’oublie complètement face à lui, ses énergies m’écrasent littéralement. C’était peut-être pour ça que j’avais du mal à faire preuve de souplesse avec lui au départ sur certains points, parce que j’avais l’impression qu’en restant ferme sur mes positions, c’était le seul moyen de ne pas me faire envahir par ses énergies ? Je comprends mieux…

Je ferai bien l’exercice de Camille Fraise sur l’œuf intérieur (cf lien ici) mais j’ai besoin d’être seule et au calme pour y arriver.

Tu peux imaginer quelque chose de plus rapide. Visualiser un cube d’énergie doré autour de toi, ses vagues d’énergies à lui qui se fracasse dessus mais ne pénètrent pas à l’intérieur.

Hum. Pourquoi un cube ?

Les arrêtes désamorcent l’agressivité des énergies envahissantes. Elles brisent les vagues sans toutefois altérer les émotions en elles-mêmes. Tu casses l’emprise qu’elles ont sur toi sans toutefois être agressive toi-même.

Tu crois ? Cela protège, mais en quoi cela transmute ?

Le cube t’aide à ne pas être envahie. Mais pour le reste, il te faudra faire le boulot habituel. Connexion à ton cœur, écoute avec ton âme, connexion à un sentiment de gratitude et envoi d’amour. Tu n’as pas besoin de parler avec des mots pour le rassurer. Tu peux entendre sa peur, te sentir dans la gratitude pour la valeur qu’il t’accorde et l’intelligence qu’il reconnait en toi, tu peux le remercier pour l’opportunité qu’il t’a offert, tout ce qu’il t’a appris. Lui rappeler en pensée que ce que tu as apporté restera après toi, même si tu n’es plus là, et que justement il devrait s’en inspirer.

Taris la peur à sa source et tu verras qu’il cessera de chercher à attirer ton attention et ta pitié.

Mais peut-on vraiment faire ça ? Calmer la peur chez quelqu’un d’autre ? N’est-ce pas à chacun de faire ce travail sur soi-même ? N’est-ce pas pénétrer et interférer dans les énergies de la personne ?

Il est des fois où ce travail peut être fait – partiellement – par autrui, notamment dans le cas où ces peurs entretiennent un lien énergétique qui emprisonne. Ainsi, la personne en face, qui souhaite se libérer consciemment d’un tel lien, peut chercher à apaiser les émotions négatives de l’autre qui l’empêchent de partir. Quand la personne d’en face n’est pas du tout consciente de telles énergies, ce travail peut être fait de façon subtile. Cela sera alors plus facile et évitera à l’égo de se braquer.

Bon… Je vois. Je suis surprise de t’entendre parler de lien qui emprisonne émanant de mon supérieur. Mais maintenant que tu le dis… De nombreux employés autour de lui ont souhaité partir plus d’une fois et n’ont jamais réussi, je comprends un peu mieux pourquoi.

Seule une situation de crise et l’appel de moyens insoupçonnés leur permet alors de rompre ce lien. Dans le cas de ton collègue, son amour pour sa fille était plus fort que l’emprise de ton supérieur. Mais ne te leurres pas. La mise en place d’un tel lien a été consentie par votre âme, que vous ayez une situation de soumission à expérimenter ou bien d’autres choses à apprendre.

*suite au prochain article*

2 janvier 2017

Paralysée par la peur

Artiste : Kuvshinov Ilya

Artiste : Kuvshinov Ilya

Je ne comprends pas pourquoi tout à coup, je me sens paralysée par la peur. En réalité, cela fait déjà un moment que je suis aux prises avec de multiples peurs : la peur de prendre la décision de quitter mon travail sans filet autonome derrière, la peur de me tromper dans mes décisions, la peur de décevoir mes parents, la peur de la maladie, la peur de ne pas trouver ma voie, la peur de m’engager dans une impasse, la peur de l’abandon, la peur de la solitude, la peur du conflit et de la violence, la peur des jugements, la peur du manque financier…

Comment un si petit être peut-il contenir tant de peurs ? Elles m’étouffent, elles m’empêchent de me sentir libre, de faire confiance à l’Univers, de dire Oui ! à la vie et d’OSER. Le pire, c’est que toutes ces barrières ne sont que des obstacles intérieurs, des illusions basées sur des blessures du passé, un manque de confiance en moi et en la vie. Comment fait-on pour les surmonter quand elles s’accumulent au point de vous rendre littéralement malade ?

J’essaye de rester ancrée et centrée, de les accueillir, de ramener ma conscience au niveau de mon cœur et de me connecter un sentiment d’amour. Mais hélas, si cela marche bien lors de méditations et de voyages chamaniques où je mets mon mental en mode off, dans la vie de tous les jours c’est une autre histoire. On ne peut pas se déconnecter du mental en continu, quand on doit parler avec quelqu’un, négocier quelque chose, faire face à une situation pragmatique, conduire, etc. Et alors, la connexion à mon cœur ne semble pas suffisante, les doutes et les critiques de mon mental me reviennent avec force, et je me sens alors démunie.

Prenons l’exemple de l’histoire avec mon propriétaire (cf cet article ici). Son appel téléphonique musclé m’avait heurtée, laissée dans un sentiment d’infériorité et de peur, face à son chantage et à sa menace de venir à mon domicile. Après avoir pleuré un bon coup (et oui, merci chère hypersensibilité), j’ai fini par demander des conseils à une proche, qui m’a aidé à prendre conscience du déséquilibre de la situation et à exprimer mon choc. Me prouvant que cet appel était totalement déplacé, elle m’a alors motivée à me défendre. J’ai donc vérifié mon contrat, regardé ce que disait la loi, pris contact avec une association de consommateur qui m’a confirmé mon bon droit, et que si mon propriétaire mettaient à exécution ses menaces cela constitueraient une violation de domicile (susceptible de prison et d’une grosse amende). J’ai donc écrit un courrier rappelant mes droits et répondant négativement à la demande irrecevable de mon propriétaire. Mais, comme je sais que c’est un homme fier avec un comportement macho, qu’il a malgré tout fait des efforts dans le passé, que je n’ai pas envie d’entrer dans des relations conflictuelles, j’ai fait un pas vers lui en lui proposant de payer la moitié de la somme demandée, alors que je n’en a nullement l’obligation. J’ai envoyé ma lettre en recommandée, ce qui m’a fait me sentir plus légère en sortant de la poste. Et j’ai bien reçu l’accusé de réception.

Mais voilà, je n’ai pas reçu de réponse de sa part, ni oui, ni non à ma proposition. Je ne sais pas si c’est parce qu’il est trop fier pour accepter, si ma lettre lui a cloué le bec et fait peur, s’il se renseigne pour contre attaquer sur un autre point, ou pour je ne sais quelle raison. Alors pas de nouvelles, bonnes nouvelles ?

Pourtant je reste dans la peur qu’il essaye de se « venger » parce que je ne lui ai pas donné ce qu’il voulait, et parce qu’il est du genre à ne pas hésiter à utiliser son statut d’homme dominant plus âgé sur une jeune femme (la preuve avec son appel d’intimidation et j’en passe d’autres au début du contrat…). J’ai peur qu’il se pointe à l’improviste chez moi pour réclamer ce qu’il veut, voir qu’il essaye de rentrer dans mon domicile par la force. J’ai peur qu’il me fasse un coup bas par derrière, sans que je puisse y faire quelque chose. J’ai peur qu’il trouve un autre prétexte pour m’attaquer verbalement ou juridiquement…

Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à délaisser ses peurs, alors même que je sais être dans mon bon droit et protégée par la loi ? Je n’ai rien fait de mal, juste me défendre face à un acte irrespectueux. Mais voilà, malgré cela, je me sens en danger. La raison ne peut rien face à cette émotion profonde. J’imagine que cela est symptomatique de la façon dont je peux vivre les relations féminin-masculin, que ce soit intérieurement ou extérieurement…

Comme la peur qui me paralyse aujourd’hui, celle d’aller voir mon supérieur pour discuter avec lui d’un mode de rupture. Que ce soit cette situation comme la précédente, je ne peux m’empêcher d’avoir peur. Comme si au fond de moi, je me sentais faible face au pouvoir d’un homme, dominée d’avance, incapable de me défendre ni de négocier… Mais pourquoi ?

Pourquoi est-ce que je me sens si faible, en danger et démunie face au masculin ayant de l’autorité (qu’elle soit valable ou non) ? J’imagine qu’il n’y a rien à comprendre, juste à accepter… Il est certain que cette blessure est liée à celle de mon Féminin Sacrée, qui elle-même remonte à loin.

Mais comment la dépasser ? Je ne veux pas rester clouée au sol par la peur, cette peur qui m’empêche de vivre et d’oser. Je veux pouvoir avancer et oser avec confiance dans la vie. Je veux pouvoir guérir cette blessure avec douceur, afin d’avoir des relations apaisées avec l’autorité masculine. C’est impossible d’éviter les relations masculines en lien avec l’autorité toute ma vie. Après tous, les hommes constituent la moitié de la population terrestre ! Et j’ai l’espoir de pouvoir vivre une relation de couple harmonieuse un jour… J’ai envie d’apprendre à dépasser cette peur. La question est : comment ?

Même si je ne sais pas comment y arriver, j’émets l’intention suivante : je trouve un terrain d’entente dans la paix et l’harmonie avec mon supérieur.

22 novembre 2016

Effet miroir

Artiste :

Artiste : Guweiz

Je suis en colère, très en colère contre mon supérieur. Je lui ai adressé une demande de récupération d’heures supplémentaires et il l’a refusé. Pour le seul motif de « pas possible », alors qu’il n’y

a absolument aucune réunion de planifiée ce jour-là, et qu’il n’y a rien qui le justifie. Ce à quoi il rajoute « et pas stp dans le prolongement des we ».

Il n’y a aucune loi qui justifie cette demande et qui interdit de prendre son repos compensatoire un lundi ou un vendredi. Aucune. C’est lui qui a décidé ça, parce qu’il veut que je sois présente « les jours importants de la semaine pour prendre des décisions ». Ce sur quoi je serais d’accord si on avait effectivement des réunions le lundi et le vendredi de façon récurrente mais c’est faux. Il peut être à l’autre bout de l’île et ne même pas m’appeler de la journée un lundi ou un vendredi.

Par contre, il a bien essayé de m’appeler le lundi de pentecôte, jour férié, alors qu’il savait que je ne travaillais pas. Et pourquoi ? Parce qu’il avait besoin d’une info à l’arrache, car il n’avait pas anticipé son déplacement et ne s’était pas renseigné auprès de moi le vendredi…

Je ne suis pas contente, car je ne vois pas en quoi avoir un we prolongé m’empêche d’être efficace au travail. Trois jours d’affilé c’est plus efficace pour bien se reposer, faire 3 longues nuits d’affilées, se déconnecter du boulot et déstresser pour repartir sur un bon pied. Surtout après des semaines de 45 à 50h sur le terrain, qui sont physiques et éprouvantes.

A contrario de lui, je n’ai personne chez moi qui me fait le ménage, la lessive, la cuisine et qui me permet de rentrer tard pour me mettre les pieds sous la table. J’ai également besoin de beaucoup d’heures de sommeil à cause de la fatigue engendrée par l’endométriose et simplement des besoins de mon corps. Je n’ai pas mon cota quand j’enchaine les jours sur le terrain où je commence à 7h au lieu de 9h pour rentrer à 19 ou 20h. C’est mathématique. Et si j’accumule la fatigue, je finis par tomber malade et carrément être en arrêt maladie.

Ou bien encore, les semaines passées, comme j’étais beaucoup sur le terrain, je ne pouvais pas manger chez moi, et comme je rentrais tard, je n’avais pas le temps de cuisiner. Or pour manger sur le pouce, on n’a pas trop le choix, c’est sandwich ou carry avec du riz. Comment éviter le gluten et le riz alors, qu’en trop grosse quantité ils me bloquent le système digestif ? Pas facile, donc cette semaine, me voici à payer les pots cassés et être malade du ventre…

Et tout ça, il ne le voit pas. Je n’ai pas envie de lui expliquer, c’est ma vie privée, ça ne le regarde pas. Je ne devrais pas avoir à justifier de récupérer mes heures supp. Puisqu’il ne peut pas me les payer.

Et puis surtout, tu ne veux pas lui parler de ta maladie et des conséquences sur ton quotidien. Tu as peur de son jugement, qu’il t’étiquette « malade, faible, non fiable ».

Mais je ne devrais même pas avoir à en parler !! Je trouve ça injuste. J’aimerai juste préserver ma santé, parce que je ne peux pas tenir avec de grosses semaines comme ça.

Qui n’ont pas été une majorité jusque-là.

Oui, mais il va m’en demander de plus en plus. Et là, je vois bien tous les jours d’analyse qu’il va vouloir que je fasse d’ici mes congés. C’est à l’autre bout de l’île, cela implique des journées de 10 à 12h, avec de la route qui me fatigue particulièrement. Si je fais tout un paquet d’heures supp sans pouvoir récupérer au fur et à mesure, je ne tiendrais pas le coup.

En plus, il me demande de voir ça avant avec lui, mais c’est pour ça que je lui ai soumis ma demande ! Et si je demande le lundi, ce n’est pas par hasard. C’est parce que je sais que j’aurai besoin de récupérer et de dormir après la pleine lune, la bénédiction mondiale de l’utérus et les soins. Que je ne serai pas efficace cette journée-là.

Tu pourrais ne pas les faire pour être sûre d’être en forme à ton boulot.

Et bien ce n’est pas comme ça que j’envisage ma vie. Je ne veux pas que mon boulot m’empêche de vivre, de profiter de ce qui s’offre à moi le we, alors qu’il m’empêche déjà de le faire la semaine, avec mes horaires aléatoires d’une semaine sur l’autre. Parce qu’il me fait bien rire mon supérieur. Quand je lui dis que j’ai besoin d’avoir le planning des sorties une semaine à l’avance, il me dit que c’est pour ça qu’il est le 1er à demander qu’on planifie. Mais il est surtout le 1er à rajouter des sorties à l’improviste ou à me demander des trucs en urgence.

Je sais que je vois probablement les choses uniquement sous mon angle, avec le voile de la colère et tout. Mais cela fait surgir un terrible sentiment d’injustice en moi. Cela ma frustre, me donne envie de pleurer. Je déteste ce sentiment de ne pas avoir le contrôle de ma vie, que ce soit mon supérieur, par ses décisions et son pouvoir qui impacte sur ma qualité de vie, mon quotidien et ma santé. Je déteste être dans cette situation.

Face à un homme à l’autorité abusive, en situation de domination sur toi.

Oui, je sais que cela me renvoie à ma situation de viol. Qu’il y a quelque chose, un schéma qui se répète et à comprendre. Je sais qu’il y a aussi probablement une grosse part de mon égo qui refuse d’être traitée comme ci ou comme ça, qui se révolte à la moindre situation où il perçoit un manque de respect. Perception qui n’est pas toujours vrai.

Ma psy me disait que vu ce que je lui racontais, mon supérieur lui semblait quand même capable de dialoguer et d’entendre certaines choses. Mais quand je vois sa réponse « pas possible. » je n’ai pas cette impression.

Il a pourtant essayé de t’appeler juste avant.

Pour qu’il s’énerve au téléphone sur moi parce que je lui demande quelque chose qui ne lui fait pas plaisir ? Non merci.

Tu as évité la confrontation directe. Tu as toujours peur de lui, surtout face à de sujets sur lesquels tu sais qu’il risque de partir au quart de tour. Tu t’es toi-même mise dans une situation propice à un refus ferme, tu en es consciente ? Tu aurais dû lui présenter autrement, faire preuve d’arguments, de sentiments, etc… Bref, utiliser ses propres armes.

Mais ce n’est pas mon fonctionnement. Moi je ne suis pas calculatrice et manipulatrice. Je ne veux pas avoir à me justifier, à étaler ma santé et ma vie perso pour obtenir gain de cause.

Quand le cadre est souple d’une façon qui t’est favorable, tu ne protestes pas. Mais quand c’est dans le sens inverse, tout de suite tu te braques. Il n’est que le miroir de ton propre comportement, il agit de la même façon, sous l’angle d’un patron. Tu ne peux pas prendre sans donner.

Mais je veux juste récupérer ce que j’ai déjà donné et qui d’ailleurs a impacté ma santé !

Parfois il faut accepter de donner sans avoir de retour immédiat. Parfois il faut apprendre à composer avec. A trouver d’autres solutions. Si le modèle actuel ne te permet pas de prendre soin de ta santé en répondant aux exigences de ton travail, il faut que tu fasses preuves d’adaptabilité, de souplesse pour modifier tes habitudes extérieures au boulot. Quand tu sauras capable de répondre aux besoin de ton corps même dans des conditions compliquées, alors ce sera plus simple et plus facile quand tu seras débarrassée de ces contraintes.

C’est aussi pour te pousser à la créativité, peu importe les contraintes, comme l’a dit l’astrologue qui a fait l’étude de ton thème. Cela ne te sert à rien de te braquer. Si ce n’est trouver un mur devant toi, infranchissable, et créer une situation qui deviendra insupportable à vivre au boulot. Et qui te forceras à partir et à recommencer ailleurs tant que tu n’auras pas appris et surmonter l’obstacle.

Vois concrètement toutes les émotions qui sont réveillées par cette situation. La colère, le sentiment d’injustice, la tristesse, le désespoir, la frustration, la peur aussi. Vois-les, mais n’agis pas sous leur impulsion, cela ne te rapportera bien de positif. Si tu te braques, ou que tu réponds agressivement, tu fermes toi-même la porte au dialogue, à l’échange et au compromis.

C’est comme cette histoire d’heures supplémentaires et d’horaires. Tu notes tes heures car tu as décidé que « tu ne voulais pas te faire enfler comme dans ton job précédent ». Donc tu réclames des jours en fonction de ces heures supplémentaires. Et tu te vexes à la demande de ton patron de faire un tableau récapitulatif de tes heures supp. Mais lui non plus ne veut pas se faire enfler. Sa demande est légitime.

Cela découle aussi du fait qu’avant, quand j’étais en volontariat, il était moins sur mon dos, je gérais mes horaires un peu plus librement, j’équilibrais moi-même mes journées dans la semaine. Et à ce moment il ne s’opposait pas à ce que je récupère des vendredis aprem par exemple. Du coup, évidemment, je n’accumulais que peu d’heures supplémentaires car j’équilibrais au fur et à mesure et puis je faisais moins de sorties sur le terrain. Mais maintenant, je ne peux plus faire face, car il est tout le temps sur mon dos, et je dois avoir une bonne raison si je dois partir plus tôt.

Tout ça me frustre et m’énerve, et je n’ai pas envie de dépenser mon énergie dans ça, d’être habité par ces émotions-là à cause du boulot.

Pourtant tu es bien consciente que c’est toi qui a provoqué cette situation ? Tu savais que cela risquait d’arriver si tu lui demandais une récup sans lui en parler en face. Tu as préféré prendre le risque.

Parce que si je ne le demande pas maintenant, alors que j’en ai besoin, quand vais-je le faire ? Oui, c’est moi qui ai provoqué la situation, parce que je veux y faire face et trouver un équilibre qui me respecte et soit viable. Et je ne sais pas comment faire.

Moi je ne peux pas être motivée et efficace au boulot si je suis toujours sur les rotules ou toujours malade, ce n’est pas possible. J’ai besoin de prendre soin de moi au quotidien, donc de bien dormir et de bien manger. Ce que je n’arrive pas à faire quand mes semaines sont trop chargées. Or si je ne peux même pas récupérer à la suite pour équilibrer, pour me reposer et me remettre sur de bons rails, je ne sais pas comment faire. Et cela me désespère et me fait peur.

Ne penses-tu pas que tu te fais toute une montagne de quelque chose de simple ? Que cette montagne masque autre chose, quelque chose que ton égo ne veut pas que tu vois, pour garder un certain contrôle via la peur ?

Et quel est ce quelque chose ?

La peur de l’autorité et la peur de l’abus. J’ai envie de dire que c’est presque par principe que ton égo s’oppose à ton supérieur. Il est dans la révolte, sur la raison de se faire respecter. Qu’en en réalité ce qui te gêne vraiment, c’est le fait que tu vis les décisions de ton supérieur comme une sorte d’abus, car cela impacte indirectement sur ton propre corps physique, via ta santé.

Tout autant comme tu as peur de sa colère, car tu as peur de craquer émotionnellement face à lui et d’être dans une situation de faiblesse et de vulnérabilité face à une personne masculine qui te domine. Ce sont des schémas qui font écho à ton viol. Oui tu l’as compris. C’était bien de réussir à l’admettre et le voir auprès de ta psy même si tu as bien senti de très grandes résistances de ton mental.

Ce n’est pas en ton supérieur que tu dois voir l’ennemi, contre qui tu dois te braquer. Il n’est qu’un miroir qui peut te permettre de prendre conscience de tes blocages et de tes blessures pour travailler dessus, sans revivre de façon physique et sexuelle l’expérience de ton viol.

Il est d’ailleurs à souligner qu’il est étrange que tu ais tellement peur de la colère d’un homme en situation de domination sur toi de par son pouvoir d’autorité, alors que ton viol n’a pas été « violent physiquement ». Pourquoi donc avoir peur d’être frappée ?

Je ne sais pas. Je suis déprimée et désespéré de voir combien les traumatismes de mon viol ressortent encore et partout, sous tant de multiples formes. J’ai l’impression à chaque fois de me heurter à un mur qui revient sans cesse sans que je m’y attende et que je n’arrive pas à surmonter.

Alors vois cette expérience comme une opportunité. Ne te braques pas, ne fermes pas la porte. Accepte de vivre en pleine conscience cette expérience, même si cela implique de te mettre en situation de domination et « d’abusée » comme tu le perçois. Pour te permettre de vivre certaines choses, certaines émotions, de déverrouiller certains blocages, d’évacuer certaines mémoires, d’avoir des prise de conscience. Jusqu’à ce que tu sois capable de modifier tes perceptions, de sortir du schéma de victime/bourreau.

Cette situation est moins extrême que ton job précédent. Mais elle pourrait le devenir rapidement si tu te braques et ne fais pas preuve de souplesse. Il appartient à toi de céder pour te rendre la situation moins difficile et plus vivable. Tout en trouvant des alternatives et des solutions pour que cela n’impacte pas ta santé. Oui, il te faudra peut-être renoncer à certaines choses pour cela.

Je ne vois pas comment concilier travail et santé dans ces circonstances là… Et franchement, j’ai du mal avec ce que vous me dites. Je vais avoir besoin d’aide pour prendre du recul, ne pas m’emballer, essayer de comprendre les choses et décortiquer les messages profonds… Parce que tout ça me semble un travail de titan…

Fais ton travail correctement, fais du mieux que tu peux chaque jour. Ne te laisses pas aller. Ainsi tu seras irréprochable et cela te donnera une meilleure confiance en toi pour faire face à la situation. Tu n’es pas une « surfemme » et tu ne pourras pas faire plus ce qu’il est possible en un certain nombre d’heures. Mais ton supérieur ne pourra rien te reprocher sur ce plan là, et il verra bien que tu y mets du tien. Cela marchera mieux dans ce sens-là, plutôt que de te braquer et d’exiger le respect de tes droits, en donnant l’impression que tu veux en faire le minimum possible maintenant que tu es en CDI.

Ce n’est pas que je veux faire le minimum possible. Car je suis exigeante avec moi-même et je culpabilise quand je me tourne les pouces, ce n’est pas dans ma nature. C’est que je veux le faire dans de bonnes conditions. Pouvoir être efficace parce que je serais en forme et en bonne santé. Et pas vidée et épuisée par mon boulot, à ramer, parce que c’est un cercle vicieux. Plus tu es fatiguée, moins tu es efficace au boulot, plus tu as besoin de temps pour faire les choses, plus tu fais d’heures supp, moins tu récupères, plus tu te fatigues, et moins tu es efficace… C’est une boucle mortelle, je l’ai déjà expérimenté pendant les études. Je ne veux pas qu’elle se mette en place.

Alors c’est plutôt ça que tu devrais lui expliquer, il le comprendra mieux. Lui présenter l’intérêt pour lui, et pas seulement pour toi en donnant l’impression de rechigner à travailler.

Merci pour cette discussion.

18 mai 2016

 

Le chemin de la guérison : dépasser le statut de victime de viol

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Artiste : Kuvshinov-Ilya

Pourquoi te sens-tu en insécurité ?

Parce que j’ai repris la lecture de Healing Sex, un livre sur le processus de guérison après un abus sexuel. J’ai relu le passage où j’ai bloqué il y a un an, j’ai pu aller plus loin, mais pas beaucoup car alors un autre des points soulevés m’a mis dans un grand sentiment d’insécurité. Que je n’arrive pas à juguler. J’ai beau me dire « je suis physiquement en sécurité », je me sens en danger à l’intérieur. Je me sens oppressée par la peur et cela me vide de mon énergie.

Quelle est cette idée qui t’a tant choqué ?

La honte et la culpabilité ressenties suite à un viol ou un abus où le corps a réagi à la stimulation sexuelle. C’est-à-dire que malgré la personne, malgré l’horreur psychologique, le corps a réagi, a même pu prendre du plaisir et avoir un orgasme, ou une partie de l’esprit de la personne a apprécié l’attention qui lui était apporté. Cela m’horrifie. Parce que c’est en partie mon cas.

Cela me fait mal d’y penser. Je me sens cassée, difforme, monstrueuse. Comment mon corps a-t-il pu réagir contre mon gré ? Et une partie de mon esprit aimait l’attention et le désir de l’autre, alors que je ne voulais pas de lui en moi ? Comment ne pas se sentir trahie par soi-même ?

Vraiment je suis ébranlée.

Tu as peur du jugement. Or tu as lu aussi, qu’il était normal qu’un corps sain réagisse à une stimulation sexuelle, cela fait partie de l’ordre naturelle des choses. C’est encore plus vrai que tu as dissocié ton esprit de ton corps, ou que tu es sous l’influence de drogues. Il n’y a plus personne aux commandes, c’est ta physiologie naturelle qui s’exprime. Le corps est fait pour réagir au toucher de certaines zones. Il n’y a pas de jugement à avoir, de culpabilité à avoir. Celui qui soit se sentir coupable est celui qui t’a imposé cela sans respecter ton libre arbitre. Rappelles toi ici que tu n’es pas la coupable mais la victime.

Pourquoi tout ce que tu me dis ne m’apaise pas ??

Parce que ce n’est pas le plus dur à accepter pour toi. C’est plutôt ce passage : « you may have loved the attention you received ». C’est peut-être ton cas. Peux-tu comprendre pourquoi ? Peux-tu te souvenir du contexte ?

Je sais que j’étais en situation de terrible manque de confiance et d’amour de moi-même. En manque affectif aussi, parce que J. venait de rompre avec moi et que je me suis précipitée dans les bras d’un autre que je n’aimais pas vraiment, pour oublier, pour me sentir aimée. Mais il ne m’aimait pas, il me désirait juste physiquement. Et moi je lui ai fait confiance aveuglément…

Parce que tu as le cœur pur. Tu ne peux pas imaginer qu’on puisse abuser de quelqu’un, encore moins quelqu’un qu’on prétend aimer. Et tu avais envie d’y croire, tu avais besoin d’y croire. A cette période, tu luttais sur beaucoup de plans et tu n’avais pas beaucoup de soutien. Tu n’imaginais pas qu’on puisse abuser de la faiblesse de quelqu’un pour assouvir ses propres désirs. Tu n’imaginais pas qu’on pousse quelqu’un d’instable à prendre de la drogue pour abuser de son corps. Tout ça sous couvert « d’amour ». Ce n’est pas de l’amour, il ne t’a jamais aimé. C’était un prédateur qui enchainait les jeunes conquêtes pour assouvir ses besoins sexuels. Voilà pourquoi tu as tellement de mal avec le désir des hommes. Tu ne peux t’empêcher de repenser à lui et la manière dont il le faisait. Avec des mineures en plus. Crois-tu que ta jeunesse et ta naïveté sont à crucifier, petite fille qui avait été surprotégée ? C’est exactement de ce genre de chose que ton père voulait te protéger. Mais tes parents ont été naïfs aussi, car chercher à t’en tenir à distance sans t’expliquer ne pouvait pas te protéger. Tu ne pouvais pas rester enfermée à la maison. Il aurait mieux valu t’en parler, te prévenir, en discuter.

Pourquoi me dis-tu ça ? Tu cherches à me faire comprendre que c’est leur faute ?

Non, mais à t’expliquer que tu ne dois pas chercher un seul coupable. Et que ce n’est pas toi. Si tu es coupable, tes parents le sont tout autant dans la manière dont ils t’ont élevé. Mais crois-tu qu’ils aient voulu ça ? Que c’était recherché, que c’était de leur faute ? Ça ne l’était pas plus que de la tienne.

Nous ne te parlerons pas de karma. Nous savons ce que tu penses et que tu ne souhaites pas en entendre parler. Je sais que tu ne veux pas croire que c’est une fatalité, que c’est un choix fait par ton âme avant ton incarnation. Alors nous ne te le dirons pas.

Mais tu dois comprendre que si cet homme est coupable, il l’est aussi de par son éducation, de par le formatage de la société, de par l’influence de son entourage – mauvais à l’époque. Il n’y a pas qu’un seul paramètre qui rentre en compte, et il n’avait pas la volonté spécifique de te faire du mal, de te briser. Juste celle égoïste d’assouvir ses propres besoins. Il te faut dépasser l’égo pour voir au-delà. Il te faut comprendre que lui aussi à une âme qui hérite de ce rôle de bourreau et que cela ne sera pas sans conséquence pour lui aussi. Si tu te places dans un autre point de vue, lui aussi est victime de son éducation et de la société. Il te faut dépasser ces notions de victime et de bourreau. Car tant que tu seras dans cette dynamique-là, tu n’auras que colère et soif de vengeance, ou auto-apitoiement. Tu ne pourras pas faire preuve de compassion et pardonner, à lui mais aussi à toi-même.

Or « il n’en vaut pas la peine ». Il ne vaut pas la peine que tu t’enfermes dans la souffrance et la colère, la soif de vengeance et d’humiliation. Tu peux laisser toutes ces émotions destructrices s’exprimer. Écoute-les. Accepte-les comme un témoignage de ta force de survie, de ta volonté intrinsèque de reprendre le pouvoir sur ces évènements. Mais ne les laisses pas diriger ta vie et flétrir ce que tu es. Un cœur pur qui sait aimer sans conditions.

Nous sommes avec toi, toujours. Tu n’es pas seule. Ouvre-toi à nos énergies d’amour, laisse nous t’apaiser.

J’ai le cœur lourd malgré toi, et la poitrine opprimée par la peur.

C’est normal, cela va passer. Ris, respire, vis, fais toi plaisir. La vie peut aussi être belle.

11 novembre 2015

La peur des hommes

Auteur :

Auteur : Sionra

Pourquoi est-ce que je n’arrête pas de me faire agresser verbalement par des hommes ? Encore et encore, alors que je ne demande jamais rien. Que je marche juste pour rentrer chez moi. Aujourd’hui c’est un vieil homme qui brandit une machette qui m’interpelle alors que je pars de chez une connaissance. Il me demande agressivement si j’habite au bout de la rue. Je lui réponds non. Il me demande encore agressivement où j’habite. A quelle réponse s’attend-il ? Je lui dis que je n’habite pas là et je reprends mon chemin, ne comprenant pas son problème. Et là il me harangue en disant « vous pourriez avoir la politesse de m’écouter jusqu’au bout ». Je suis désolée mais je n’ai pas envie de m’arrêter discuter avec un homme qui parle agressivement, qui ne dit pas ce qu’il veut et qui brandit une machette alors que je suis seule ! C’est du bon sens non ? Et lui de me dire encore « Parce que c’est un chemin privé, vous n’avez pas le droit de vous promener là ! » Mais je ne me promène pas, je sors de chez une connaissance qui habite au bout de la rue. Et lui de dire que si je viens de chez quelqu’un au bout de la rue, alors c’est bon… Mais pas d’excuse, hein, pour parler aux gens comme ça.

Je suis fatiguée par ce genre d’évènements quotidiens qui se frappe à mon hypersensibilité. De me sentir agressée et heurtée par un inconnu, alors même que je sors d’une conversion éprouvante émotionnellement. Encore et encore heurtée. Et je remarque que c’est toujours avec des hommes que ça arrive, pas des femmes…

Je sais que l’on attire à soi les évènements qui sont sensés nous faire prendre conscience des choses. J’ai entendu que les énergies de l’île sont très fortes, qu’elles « nous réveillent et réveillent en même temps nos blessures ». J’ai compris : j’ai peur des hommes.  Je savais déjà que la sexualité avec les hommes m’effrayait. Mais en fait, c’est l’archétype de l’homme, les représentants du sexe masculin en général qui m’effraient. Surtout et principalement ceux qui sont déconnectés de leurs énergies féminines. Je le sens, je ne me comporte pas pareil quand il y a un homme que je ne connais pas à proximité : je me sens en insécurité, je suis discrète, silencieuse, fuyante, je ne me comporte pas comme moi-même. Ça ira beaucoup mieux si cet homme quitte la pièce ou que je ne suis qu’avec des femmes. J’ai peur des hommes dans la rue, qu’ils m’agressent verbalement ou physiquement, qu’ils cherchent à m’abuser ou me violer, alors je suis sur le qui-vive, je m’habille de façon peu provocante. J’ai toujours eu une part d’angoisse et de peur face à mes supérieurs, qui étaient tous des hommes, et j’ai surtout peur de leur colère. Je me rends compte que je n’arrive pas à accepter l’ensemble de mes propres énergies masculines intérieures. Une part de mon inconscient rejette en moi le masculin, parce qu’il me fait peur, qu’il est inconsciemment synonyme d’agressivité, de danger et de blessures.

Pourtant j’aime un homme qui, évidemment, est pour moi bien différent des autres. Je l’aime comme je n’ai jamais aimé. Mais une part de moi n’arrive pas à recevoir l’entièreté de son amour, à recevoir l’entièreté de tout ce qu’il m’offre car une part inconsciente de moi rejette le masculin. Pourtant, j’aimerais lui dire combien j’en suis peinée et attristée, combien je l’aime, combien ce n’est pas lui que je rejette mais la représentation du masculin. Mais qu’est-ce que cela peut changer à son ressenti intérieur et sa blessure de ne pas se sentir accepté dans son entièreté ?

Alors j’ai envie de me rouler en boule, de pleurer mon impuissance et mon désespoir face à cette triste réalité. Que faire ? Je ne sais même pas d’où proviennent ces blessures qui me font fuir le masculin. J’ai été trahie, abandonné, rejetée, manipulée et humiliée, abusée émotionnellement par un des tous premiers « hommes » que j’ai aimés et à qui j’avais offert mon amour le plus pur. Mais je tente de nettoyer et guérir la plaie, de la cerner, mais elle semble plus fuyante que jamais… Est-elle la source de ce rejet ? Et ces blessures et lourdeurs semblent aussi être un lourd héritage bien antérieur (de ma famille ? de mon âme ?)…

Comment traverser la vie en niant la moitié de ses propres énergies ? Comment traverser la vie en fuyant la moitié des êtres humains ? Ce n’est pas possible… Mais je suis épuisée de me battre contre moi-même et contre mes résistances inconscientes. J’ai envie d’accueillir sans juger et de respecter ce qui, à l’origine, est un mouvement de sauvegarde et de protection de moi-même, face à la barbarie que certains hommes (pas tous) peuvent engendrer…

J’espère pouvoir comprendre cette peur, son origine, sa motivation, et tendrement la transformer en quelque chose de nouveau, qui me permette de me tenir droite face à un homme, et surtout d’aimer librement…

EDITO : Il me semblait important de préciser qu’accepter une peur, ce n’est pas lui laisser le contrôle. C’est une première étape de reconnaissance, et d’acceptation de l’obstacle pour mieux pouvoir le surmonter. Lutter contre et ignorer une peur ne la fera jamais partir. Il me semble plus judicieux de l’écouter, de chercher à la comprendre et connaître son influence, pour mieux cerner ses effets et ne pas la laisser prendre le pas. Accueillir pour mieux transformer. Transformer une peur n’est pas forcément un travail de durée, c’est surtout des prises de conscience et un déclic. Qu’on peut chercher fortement à provoquer, qui dépend des expériences. C’est aussi un travail de volonté et d’amour. D’amour de soi : accepter sa peur, accepter ses limites, les respecter et les aimer permet souvent de les transformer. Mais la première étape et la plus difficile, c’est souvent la prise de conscience  totale de la chose. Parce que sans cela on ne peut que tâtonner sans comprendre l’origine du problème. Maintenant je la comprends. Je vois le lien se dessiner entre mes traumatismes et mes expériences avec le masculin. Je vois la blessure primaire de cette vie, je connais quelques unes  des blessures familiales héritées, et je commence à distinguer celle bien antérieure. Un travail important de guérison a recommencé pour moi, plus profondément cette fois ci. Et je compte bien le poursuivre pour pouvoir vivre ma féminité pleinement et de façon épanouie dans tous les domaines de ma vie.

1 octobre 2015

Ce mur autour de soi

Auteur : Blue Destiny

Auteur : Destiny Blue

Je n’ai pas envie de sortir de chez moi. Pourtant mes placards sont vides, j’ai besoin de fruits et de légumes, de pain et d’autres choses. Mais il n’y a nul endroit où j’ai envie de me rendre dans cet environnement étranger. Où que j’aille, peu importe combien je fasse attention, je finis presque toujours avec une rayure sur ma voiture, une rencontre désagréable, une tentative infructueuse… Alors je n’ai plus envie de sortir, plus envie de faire d’effort. Trop de gens, trop de rues chaotiques et de conducteurs imprudent. Aucun endroit qui ne m’apporte du réconfort ou me donne envie d’y aller.

Quand je suis chez moi, j’arrive à m’entourer d’un mur protecteur qui me fait oublier que je ne suis pas dans un endroit où je me sente bien, que je suis à des milliers de kilomètres de ma campagne familière. Mais quand je sors, cette illusion réconfortante explose. Face aux paysages, aux lieux et aux comportements, je ne peux plus me réfugier dans ma bulle d’oublis.

Et pour moi qui suis d’une hypersensibilité ingérable, c’est terriblement dur et violent. Cela m’épuise et m’érode. Me fait me renfermer sur moi-même. La solitude me semble préférable à l’effort d’adaptation à l’autre qu’il faut faire. Car je n’en ai plus la force. J’ai juste besoin de me ressourcer, ce qui est terriblement difficile ici. J’ai juste besoin de me sentir en sécurité dans un endroit familier.

Ce mur, face au monde extérieur, est une forme de protection qui m’est vitale. Cela devient aussi avec le temps une prison, parce que l’on ne sait plus s’ouvrir à l’autre, si différent. Pourtant ce mur ne fait qu’accentuer la différence, le fossé avec ce qui m’entoure, appuyant mon malaise de façon désagréable. Me faisant sentir en inadéquation, à un endroit qui n’est pas ma place. Pourquoi ces illusions ? J’ai le sentiment d’être rejeté par les lieux, par les énergies mêmes, la nature et les gens. Mais au fond, n’est-ce pas moi qui les rejette face à ma souffrance ?

Que faire alors pour transformer la situation ? Se donner du temps, être patient avec soi-même. Prendre soin de soi et chercher à se faire du bien, à panser ses blessures. Je ne vois que cela. Et les remèdes me semblent bien pauvres et longs à agir. Quand tout ce qu’une part de moi aimerait, c’est rentrer à la maison. Ou bien me rouler en boule dans une couverture pour ne plus bouger.

Toutes ces émotions négatives…

Auteur image : KR0NPR1NZ

Auteur image : KR0NPR1NZ

Depuis quand suis-je si faible ? Physiquement et moralement ?

Peut-être depuis que j’ai renié la part sombre de moi-même.

Quand je ne sais plus qui je suis, je dois en revenir aux souvenirs de toutes les épreuves et souffrances que j’ai traversées. Pourquoi cela ? Pourquoi pas les moments heureux, les gens que j’aime, les vacances dans la nature ? Pourquoi faut-il que je revienne à une étincelle de ces moments de douleurs pour me rappeler ma force, ma capacité à continuer d’avancer malgré ça ? N’est-ce pas un peu sadique ?

Quand je vais mal, que je tourne en rond, que je me sens coincée, j’ai beau demander de l’aide, je ne la reçois pas… J’ai beau m’apitoyer sur moi-même et appeler la bienveillance de la lumière, rien n’y fait. C’est la colère, l’injustice et le désespoir profond qui me poussent à plonger au plus profond de moi-même. Dans les souvenirs de mon passé, pour me rappeler ce que j’ai déjà traversé et alors relever la tête en me disant que je suis capable de faire face à mon présent.

C’est dans ma part sombre que je pompe l’énergie pour me secouer. Dans mon ressentiment, mon amertume, ma tristesse, mon découragement, ma sensation d’impuissance. Dans mes émotions négatives et la hargne qu’elles éveillent.

Oui je suis déprimée, peut-être même dépressive, sombre et lunatique. Et alors ? Une rage nait en moi, face au monde et à la société, qui attend de moi de cacher, de masquer, voire d’annihiler toutes ces émotions négatives. Mais je ne veux PAS. Elles font partie de moi, comme ces souvenirs douloureux, ces cicatrices et ces peurs qui me collent à la peau. ET ALORS ? Je ne force personne à m’aimer pour ce que je suis. Mais je refuse de me conformer à un moule de lumière, de gentillesse et de positivité que je ne suis pas, même si c’est ce que les autres attendent de moi.

En ce moment, je n’ai pas envie d’être positive, je n’ai pas envie de recevoir des leçons de moral sur la façon dont chaque minute appréhendée avec positivité/négativité impacte sur notre vie. J’ai juste envie d’accepter et de laisser s’exprimer toutes ces émotions négatives, que la société nous pousse à ignorer, ranger dans une boîte ou résoudre : mon insatisfaction, mes peurs, mon inconfort, ma colère, ma rancœur, mes regrets, mes déceptions, mon insécurité, ma vulnérabilité, mon amertume, ma tristesse, la souffrance physique de mon corps, mon envie de feuler et de mordre, ma haine envers l’injustice de ce monde, ma soif de vengeance, mon mépris pour certaines personnes, ma soif d’avoir plus, mon besoin de reconnaissance.

Toutes ces émotions « négatives », toutes MES émotions négatives, je veux me les approprier, je veux les ressentir, les posséder pour les transformer en une force motrice. Celle qui me redonnera de la force, me fera relever la tête, hurler à la lune, défoncer les barrières qui m’emprisonnent, dépasser la cage qui m’enferme et enfin me sentir libre.

Alors oui, il est peut-être temps de reconnaitre que je suis plus reliée à l’Ombre que ce que je veux bien admettre. Que je me suis réfugiée dans la Lumière par crainte de l’Ombre, par peur de ce que je pourrais découvrir en moi : la soif de puissance, l’ambition aveugle, l’indifférence devant la souffrance d’autrui, la volonté d’écraser l’autre, l’égoïsme. Tout cela sont des choses qui me font terriblement peur. Parce qu’ouvrir la porte à l’Ombre, c’est aussi ouvrir la porte en soi même de ce qu’il y a de plus sombre, de plus cruel, de plus assoiffé de vengeance et de reconnaissance.

Pourtant, je devrais me rappeler que l’Ombre accomplie, ce n’est pas ça. L’Ombre accomplie recherche l’élévation de l’âme, mais d’une façon différente, par les propres moyens de chacun, le développement de la volonté, le travail via des alliances. Le dépassement des jugements du bien et du mal, le travail pour se détacher des voix de l’égo. L’Ombre accomplie ne vaut pas moins que la Lumière accomplie, c’est juste différent. Je le sais dans ma tête, mais dans mon cœur…

Finalement, si je refuse d’ouvrir la porte à l’Ombre, c’est peut-être surtout parce que j’ai le plus peur de moi-même, et de ce qui risque de s’y déchainer. Des années de douleurs, de colère, de soif de vengeance refoulées. Toutes les émotions négatives provoquées par les trahisons que j’ai vécues, par mon viol, par ma propre maltraitance envers mon corps. C’est plus qu’une tornade qui risque de se déchainer… Et je me surprends parfois moi-même à ne plus me reconnaitre face aux pulsions qui surgissent.

Pourtant, puis-je faire demi-tour ? Je suis à un point de non-retour. Je suis bloquée face au mur, je ne vois plus le ciel et les étoiles. Je ne peux pas me retourner et partir, ce serait renoncer à mes rêves, à mon couple et même à une part de moi-même. Ce serait tourner le dos à une partie de qui je suis. Je ne peux qu’avancer. Mais comment ?

Je suis prête à accepter ma reliance à l’Ombre. Je suis prête à travailler sur moi, à abandonner mes idées reçues, mes préjugés et les croyances qui ne correspondent pas à ma réalité intérieure. Mais à la condition que cela me permette d’avancer sur mon chemin, de dépasser ce buisson d’épines sur ma route sans m’écharper à sang tout le corps.

Je sais que j’en suis loin, je sais que je me débats vainement contre obstacles et sentiments d’injustice. Que je suis loin de la tempérance, que je ne connais pas et que j’ai peur d’assumer les valeurs qui me correspondent vraiment. Mais n’est-ce pas déjà un premier pas sur ce palier de stagnation ?

22 février 2015