Se protéger

Artiste :
Artiste : Moonywolf

Pourquoi est-ce que je suis malade ? Je n’en reviens pas… C’est pour ça que je me sens aussi mal et démoralisée depuis ce matin ? Ça a commencé avec un mal de gorge hier soir, et voilà que j’ai de la fièvre. Je ne comprends pas. Et forcément quand je suis épuisée, je perds ma concentration et mes réflexes, et je suis rentrée dans ce foutu plot en béton avec ma voiture. Est-ce que j’étais déjà malade à ce moment sans m’en rendre compte ?

Tu étais déjà malade au réveil. C’est pour ça que tu étais d’aussi mauvaise humeur, tu aurais dû t’écouter.

Je pensais juste que c’était une passade, parce que je n’ai encore quasiment pas dormi cette nuit. Alors je n’ai pas fait attention à mes cernes et à mon teint pâle. Je me suis dit que c’était le manque de sommeil, et que j’allais juste y aller tranquille. Ça faisait des semaines que je n’étais pas allée au marché, par flemme ou par fatigue. Je me suis dit, « allez, bouge-toi ! »

Et tu as heurté un plot en béton sur le trottoir en revenant du marché…

Oui, je n’ai rien compris, je ne l’avais pas vu dans le démarrage en côte car il était après l’angle à 90°. Ma voiture a fait un saut et un gros « boum » et voilà… Au final, plus de peur qu’autre chose. Ce n’est qu’un peu de tôle froissée, ça ne se voit pas beaucoup.

C’est ce que tu te répètes. Ce n’est que de la tôle froissée. Mais comment te sens-tu ?

Et bien choquée émotionnellement. Etant hypersensible, ce genre de petit accident m’atteint puissance 10. J’ai beau raisonner la partie mentale pour éviter les pensées négatives, le tsunami émotionnel, je ne peux pas le contrôler.

Si tu peux. En étant connectée à ton espace de paix intérieure.

Peut-être, mais je vais te dire. C’est bien beau d’avoir réussi à m’y connecter au cours d’une méditation. L’ancrer et le ressentir en pleine conscience dans son quotidien, c’est une autre paire de manches ! Et si c’était encore un de vos tests pour mesurer ma maitrise émotionnelle, et bien voilà, je l’ai foiré les doigts dans le nez ! Et je me sens déjà fatiguée par tout ça. A quoi bon une initiation de l’Ombre, quand ma vie n’a aucun sens et que je n’ai aucune direction à lui donner ?

C’est justement pour cela qu’une initiation de l’Ombre est nécessaire. Pour te sortir de ton marasme émotionnel. Te reconnecter à ta Volonté et ta Puissance et à terme te permettre d’avancer.

Pour aller où ?

Là où tu dois aller.

Alors vous ne me direz vraiment rien ? Pas un indice, pas un panneau ? Rien ?

C’est à toi de trouver. Nous te donnons plein d’indices, mais le temps n’est pas encore venu que les pièces de puzzle fassent sens. Concentre-toi sur ton quotidien, et sur cette initiation. Tu avais promis que tu écrirais tous les jours, mais tu ne l’as pas fait hier. Pourquoi ?

Parce que j’étais trop fatiguée.

Pourquoi ça ?

Parce que j’ai passé un certain temps au téléphone avec une connaissance, à répondre à ses questions et à lui donner des conseils.

Et qu’est-ce que cela t’a apporté ?

Je n’ai pas répondu à ses questions pour que cela m’apporte quelque chose.

Je répète ma question : et qu’est-ce que cela t’a apporté ?  Ne te mens pas à toi-même, car nous savons la vérité. Nous voulons que tu la formules. Exprimes ta vérité, peu importe ce que cela implique.

Et bien, des prises de conscience sur certains points… Que j’avais accumulé une certaine expérience sur les notions de soin VS guérison, de soins énergétiques, de travail d’accompagnement de l’âme, de compréhension des messages apportés par les maladies, etc, grâce à mon propre vécu. Qu’une part de moi avait soif de transmettre. Mais qu’en même temps, j’ai été étourdie par cette nouvelle position que je n’avais jamais vraiment expérimenté avant, sous cet angle enseignant-élève. J’ai perdu mon alignement, et j’ai trop donné de moi-même.

Et tu avais mal à la gorge après cette conversation. Cela t’a affaibli physiquement. Ta mauvaise nuit de sommeil ne t’a pas permis de récupérer de cette perte énergétique.

Et maintenant que c’est dit, tu as peur que la personne concernée culpabilise, car elle te lit.

Oui…

Pourtant, tu sais que ce n’est pas de sa faute. Il n’y a que toi-même qui connais tes propres limites physiques, surtout avec ta maladie. C’est à toi de t’imposer, et de savoir dire « stop, ça suffit pour aujourd’hui ». Tu n’as aucune obligation de donner non plus.

Dans la reliance à l’Ombre, on ne fait rien gratuitement. Chaque action entreprise a un but, celui de t’apporter quelque chose en échange, de te permettre d’évoluer tout en te respectant toi-même et autrui. C’est une question d’efficience et d’efficacité, rien de personnel face à autrui. C’est économiser et savoir quand donner, pour recevoir en retour, même si parfois de façon indirecte.

Dans ton cas, toi qui a très peu d’énergie physique, tu as tout intérêt à comprendre l’intérêt d’une telle vision. Pas parce que tu n’es pas capable de donner ni que tu n’as pas un grand cœur. Mais parce que tu dois apprendre à te préserver. Chez toi, chaque perte énergétique trop forte est synonyme de symptômes physiques quasi-immédiats. L’inverse n’étant pas vrai.

Tu ne peux pas, au jour d’aujourd’hui, te permettre de donner sans recevoir de la part de personnes qui te sont quasi-inconnues. Mais également auprès de tes proches. Tu dois apprendre à doser et te respecter, car sinon tu seras très vite dépassée et malade en permanence. Et cela est d’autant plus vrai que tu vas retourner vivre auprès de ta famille et de tes amis.

C’est un enseignement fondamental : la protection de soi-même.

Car si les autres peuvent t’attaquer énergétiquement, c’est parce que tu ne te protèges même pas de toi-même et de tes comportements destructeurs ! Donner sans compter lorsqu’on n’a quasiment rien n’est pas respectueux de soi-même. C’est une croyance fausse.

« Charité ordonnée commence par soi-même ». Crois-tu que Mère Theresa aurait été capable d’aider autant d’enfants dans le besoin si elle avait été constamment alitée ?

Non, je comprends l’image que tu veux me véhiculer.

Protèges toi, apprends à dire non, à poser des limites. Cela s’appelle prendre soin de soi, et se respecter. Et si tu le fais avec ton alimentation physique, pourquoi ne le ferais-tu pas dans tes échanges émotionnels et énergétiques avec autrui ? Comme avec ton supérieur, personne ne sera là pour ramasser les morceaux, quand après coups tu seras seule et malade. Veux-tu revivre ce que tu as ressenti aujourd’hui ?

Non.

Alors prend en considération ce que nous te disons.

Mais comment faire en pratique ?

N’ignore jamais un mal de gorge. Cela veut dire, chez toi, que tu ne t’es pas respectée. Tu as alors besoin de beaucoup de douceur pour compenser l’impact énergétique de cette propre violence que tu t’es faite à toi-même, sans en avoir conscience.

Ah, d’où la violence extérieure manifestée avec cet accrochage de voiture… Je ne comprenais pas… J’ai analysé mon schéma mental inconscient après coup. J’avais senti l’impact venir juste avant, mais je n’ai pas contrebraqué en me disant « ce n’est pas grave, ce n’est qu’un trottoir », comme si j’étais indifférente à ce qui arriverait, comme si je me punissais pour quelque chose, plutôt que de chercher à éviter le choc et prendre soin de moi. Sauf que finalement, ce n’était pas juste un trottoir, le choc a été violent et ma voiture a été abimée…

Cette indifférence, ce « laissé aller », ayant causé cet accident, est le miroir extérieur de la façon dont tu te traites intérieurement dans tes relations énergétiques à autrui. Tu ne peux pas te dire, « ce n’est pas grave, ce n’est que X temps passé à aider un tel ».

Nous serons très fermes sur ce point-là : tu n’as pas aujourd’hui la capacité physique d’aider autrui comme tu le souhaiterais, malgré tes connaissances acquises. Tu le sens inconsciemment, c’est bien pour ça que tu ne te sens pas du tout prête à donner des soins à autrui, encore moins à chercher un statut de thérapeute. Si tu veux aider autrui, publie tes articles sur ton blog. Si quelqu’un veut te poser une question sur son contenu, qu’il le fasse ici. Ce sera ça ou rien. A prendre ou à laisser. Nous n’avons pas le temps que tu te disperses au jour d’aujourd’hui, si tu veux pouvoir avancer sur ta propre voie.

Hum… « Nous n’avons pas le temps ». Combien de temps va durer cette initiation ?

[XX] jours. Utilises-les bien, ce n’est pas une opportunité à sous-estimer. Alors ne prévois rien de trop fatiguant pendant cette période-là. Laisse-toi du temps libre et fais-toi confiance pour avancer. Nous ne travaillons pas seulement quand tu écris, mais aussi pendant tes méditations et tes nuits.

Oui, j’avais remarqué. D’ailleurs, je ne vais pas pouvoir tenir ce rythme de sommeil là tant de jours…

Couche-toi tôt. Discipline-toi. Ta priorité, c’est ta santé, donc ton sommeil. Quoi qu’il arrive et peu importe qui t’appelle. C’est l’occasion de reprendre un rythme stable. C’est l’occasion de te remettre en phase avec ton environnement.

C’est vrai que les réunionnais sont plutôt des lèves tôt… J’ai entendu ton conseil.

N’attends pas d’avoir une raison pour te lever. Lève-toi pour trouver une raison d’avancer. C’est en pensant ainsi que tu attireras à toi les énergies favorables. Tu peux mettre en place une discipline tout en t’écoutant et en te respectant.

C’est là où j’ai du mal tu vois… Je me lève tard, parce que je me sens fatiguée, mais je n’arrive pas toujours à savoir si c’est parce que j’ai mal dormi, parce que j’ai une crise de fatigue chronique, ou bien simplement parce que je n’ai pas le moral et que je devrais me bouger.

Peu importe la situation, rien ne t’empêche de faire preuve de douceur. Tu n’es pas obligée de te lever exactement à heure fixe précise tous les jours. Tu peux t’adapter à ton état. Prends un temps le soir pour te connecter à ton corps et lui demander « de combien d’heures de sommeil ai-je besoin pour me reposer et respecter mon corps ? ». Prendre soin de son sommeil, c’est aussi prendre soin de soi. Comme toutes les personnes ayant une blessure d’amour de soi-même, cela demande un travail et un réel effort. Il faut mettre un place une discipline, des outils pour aider.

Nous savons que c’est un sujet qui te préoccupe, et qui a aussi fait l’objet de question d’une de tes lectrices. Nous reviendrons dessus à l’occasion, car c’est un très vaste sujet en réalité. Et de la qualité de vos nuits, dépend la qualité de vos jours, sois en persuadée. Donc, une des meilleures façons d’améliorer rapidement votre qualité de vie est d’améliorer votre qualité de sommeil. A bon entendeur.

Merci.

4 février 2017

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S’affirmer

Artiste
Artiste : Kyrie0201

Je suis contente, j’ai fait du shopping et j’ai trouvé ce que je voulais !

Même si tu n’as pas pu aller à l’atelier d’art créatif ?

Bof, c’est pas grave, je n’avais pas envie de courir et d’être en retard. J’étais fatiguée et puis j’avais envie de m’arrêter au bord de la mer. C’est l’avantage d’être sur une ile, la mer est partout et très proche. Le soleil brillait fort, le bruit des vagues était berçant. Ça m’a fait du bien. Et puis la mer fait tellement de bruit que j’ai pu chanter à pleine voix sans me préoccuper d’être entendue. J’aime bien cette petite plage, il n’y avait pas beaucoup de monde, une plage nature et sauvage comme je les aime, même si ce n’est pas la porte à côté. J’étais déçue de ne pas avoir pensé à emmener dans ma voiture une serviette, mon bouquin, ma crème solaire, mon chapeau. J’ai été un peu prise au dépourvu !

Mais c’était bien quand même ?

Oui ça m’a fait du bien. Cela fait très longtemps que je n’avais pas eu ni l’énergie, ni l’envie, ni le temps de sortir pour moi toute seule.

C’est pourtant simple au final. Il te suffit d’enfiler tes talons, de prendre tes clés de voiture, de ne pas oublier un sac de plage que tu devrais tous le temps laisser dans ton coffre.

Oui c’est une bonne idée ! C’est tellement plus simple maintenant que j’ai enfin une voiture ! Même si techniquement, elle est en réparation et qu’on m’en a prêté une… Je n’avais pas de mal avant à oser faire ça, à sortir seule, à aller où j’en avais envie, sur une impulsion. Mais le problème c’est que justement les impulsions me manquent.

Il faut parfois se forcer un peu. Pourquoi rester chez toi à déprimer alors qu’il fait soleil ? Tu peux te sentir seule aussi sur la plage, ce sera déjà un peu plus agréable.

Le problème justement c’est que c’est douloureux. Faire les choses seules avant ne me gênait pas autant, parce que je savais que c’était en attendant de pouvoir le faire avec mes amis, ma famille. Un peu comme une exploration et si je découvrais un truc cool, je pourrais leur montrer. Ici… Personne n’a les moyens de se payer des billets d’avion pour venir me voir. Mes parents sont déjà venus une fois, ils ne savent pas quand est ce qu’ils pourront de nouveau.

Et qu’as-tu acheté pendant ton shopping ?

Presque que des choses dont j’avais besoin, presque lol. Je me suis rachetée 2 soutiens gorge à dentelle. Car j’en avais marre de ne porter que mes modèles sports que j’utilise quand je suis en sortie sur le terrain. Dégoutée aussi que toute ma belle lingerie soit trop petite, à 100€ le morceau (souvent des cadeaux) ça me fout les boules. Car il semblerait que j’ai pris un tour de poitrine. Sauf que ça ne m’enchante pas trop, car j’ai l’impression d’avoir gonflée de partout, certes des seins, mais aussi du ventre, des fesses et des cuisses. La vendeuse m’a demandé comment je faisais… et je lui ai répondu que c’était probablement à cause de mon traitement hormonal. Ce à quoi elle a répliqué qu’elle voulait bien le même alors. Je n’ai pas osé répondre. A quoi bon ? Elle l’a dit innocemment sans se rendre compte que cela m’a blessée.

Pourquoi ?

Parce que je préfèrerais largement troquer un bonnet de moins contre mon endométriose. C’est comme si cette maladie et mon traitement rendaient la compréhension de mon corps encore plus compliqué. Je ne retrouve plus aucune logique de cycle malgré mes observations. Un coup je gonfle, l’autre ça va mieux. Je me demande si je ne me mets pas à faire de la rétention d’eau comme à la ménopause ? Mon acné est supra aléatoire, comme l’est l’hydratation de ma peau et de mon cuir chevelu (contrôlée en partie par les œstrogènes), ce qui donne des démangeaisons. Mes ovaires semblent maintenant gonflé en continue, et joue probablement un rôle dans ma sciatique, puisque prenant 3 fois leur volume normal, il force le bassin à s’ouvrir plus, font prendre une posture déformée qui est à l’origine de mes contractures et de ma sciatique tronquée.

En fait, j’ai surtout l’impression de ne jamais en voir le bout. Quand ce n’est pas la crise de fatigue, c’est les problèmes de vessie, ou de système digestif ou encore hourra, la sciatique. Et tout ça, le traitement hormonal ne joue pas dessus. Parfois je suis vraiment découragée.

Je disais l’autre jour à ma kiné, que même si je n’étais pas stérile, je ne savais pas si je voudrais un enfant. Car je suis tellement épuisée et sollicitée par ma maladie, que je n’aurais jamais la force, l’énergie et le temps de m’occuper d’un enfant.

Et est-ce grave ? La priorité n’est-elle pas de savoir prendre soin de toi-même ?

Si je sais… C’est d’ailleurs pour ça que je me suis rachetée un beau pyjama tout neuf, tout doux et tout confortable. Quitte à passer du temps en pyjama à cause de ma maladie, autant en avoir un sexy ! C’était ma 2ème priorité après la lingerie. J’essayerai d’en trouver un autre sympa en métropole. Histoire d’en avoir quelques-uns de jolis et d’assortis et de ne pas avoir l’impression de me trainer en guenilles chez moi quand je suis malade. Ça joue aussi sur le moral.

Tout comme ça t’a fait plaisir de sortir en mettant tes belles chaussures, du rouge à lèvre et ton collier préféré.

J’en avais besoin. Je commence à péter une pile de rester chez moi en pyjama quand je suis malade, ou bien de porter des vêtements qui ne me plaisent pas au boulot parce que c’est physique, salissant, et je ne parle même pas des jours où je vais en cambrousse avec mes godasses de terrain. J’avais envie de me sentir belle, ou à défaut, au minimum de ne pas me sentir fagotée comme un sac à patate. Une question d’estime de soi je crois… Me sentir féminine peut être ? Comme je me sentais avant, quand j’étais à Rennes, avant même de rencontrer mon ex. Juste le plaisir de me faire belle pour moi-même, d’aimer mes vêtements, mon style et me sentir à l’aise dans mes baskets.

C’est plus facile de sortir comme ça ?

Oui beaucoup plus, je crains moins les autres, la foule quand je suis plus sûre de moi, plus centrée dans mon corps. Il y a tellement de vêtements, que j’ai laissé en métropole, que j’aime bien et que je ne pensais pas pouvoir porter ici. Et puis j’aimerais bien trouver un pantalon en sky pour aller avec ce top rouge bordeaux. Ça irait super bien ensemble, et avec mes jolies chaussures. Après, porter ça au boulot… c’est une autre histoire…

Pourquoi ça ?

Je me vois mal recevoir des agriculteurs en entretien habillée comme ça. Ça ne fait pas sérieux « dans le monde agricole ». Et si je dois aller sur le terrain à l’impromptu, ou travailler dans le hangar, ça veut dire qu’il faut que je me change… Vu comment mon supérieur passe sa vie à changer d’avis, me demander les trucs au dernier moment, ça risque d’être compliqué… Et puis j’avoue, j’ai peur de ses remarques.

Crois-tu qu’il est censé avoir son mot à dire sur la façon dont tu t’habilles si tu es capable de faire ton travail correctement ?

Non.

C’est aussi une question d’affirmation de soi. Tu sais que tu as un style qui sort un peu de l’ordinaire. Toi-même tu te faisais la réflexion que tu voulais avoir un look confortable mais sexy. Quel mal y-a-t-il à ça ? Même si tu sais que ton look est plutôt « rock » et qu’il n’est pas forcément classique. Après tout, tu ne l’es pas non plus, comme te l’a dit Patricia. Alors pourquoi le cacher ? Pourquoi ne pas être en accord entre ton intérieur et ton extérieur, à cause de la peur du jugement, du regard des autres ? Tu es différente, parce que tu es unique. Ta maladie te donne un bonnet D et du ventre ? Et bien soit, fait avec. Tu as compris que tu devais privilégier les tops type empire, qui souligne la poitrine et le décolleté tout en cachant le ventre, c’est dans ce sens qu’il faut aller.

Et si ton supérieur te fait des remarques, ne les laisses pas passer. Demande-lui si cela t’empêche de faire correctement ton travail et de mettre ta tenue de terrain. Fais lui remarquer que même ton propre père ne se permet pas de faire des remarques sur tes vêtements. Si tes tenues ne sont pas indécentes et ne te gênent pas pour travailler, alors il n’a aucun le droit de te dire quelque chose. Et si c’est le cas, remets le fermement mais gentiment à sa place. Tu dois apprendre à t’affirmer et te libérer de tes peurs concernant cet homme et globalement tous ceux qui représentent l’autorité. Tu as bien une collègue qui met des tenues très féminines.

Oui mais elle est en boutique et elle conseille sur des produits en lien avec la beauté, alors… C’est aussi quelqu’un qui semble toujours avoir peur de se casser un ongle et qui ne veut pas se salir les mains.

Tu te mets toi-même des restrictions. Il ne tient qu’à toi de te sentir bien au quotidien dans tes fringues. En osant porter des choses qui te ressemblent à ton travail. En étant prévoyante et en ayant toujours une tenue de terrain dans ton coffre. Si ton patron exige là tout de suite que tu ailles sur le terrain, expliques lui que tu es actuellement sur un tâche importante que tu souhaites finir, que ce n’était pas prévu et que tu n’es pas habillée pour, mais que tu peux y aller dans 1h ou cet après-midi.

Il trouve incohérent que ta collègue te demande la veille pour le lendemain ou le jour même d’aller à une réunion à tel endroit. Mais il ne fait pas mieux avec toi, t’ordonnant ceci ou cela au dernier moment. Comment peux-tu gérer ton emploi du temps et tes tâches, s’il te rajoute toujours des choses à l’improviste ? Tu dois être plus ferme avec lui sur ça. Lui dire ok, mais là j’ai ceci et cela de planifier, donc après. Et aussi lui demander de te donner les tâches plus en amont pour que tu puisses t’organiser.  Tu n’es pas une ouvrière qui accomplit les tâches au fur et à mesure qu’on lui donne, tu es une ingénieure censée planifier, organiser, gérer ton travail et être autonome. Rappelles lui la différence, tu n’es plus en VSC. Ne le laisses pas te priver de tes capacités d’organisation par son besoin de contrôle permanent.

Plus facile à dire qu’à faire.

Penses-y. Pense à une manière de lui expliquer gentiment mais fermement.

Oui, merci…

7 mai 2016

Se respecter : savoir poser des limites

Auteur : Kyrie0201
Auteur : Kyrie0201

Je suis contente ! Je me sens heureuse après cette journée. Pas qu’elle était extraordinaire, mais pour la première fois de la semaine, j’ai enfin fait des tâches qui relevaient de mon niveau de compétence, enfin appris des choses, enfin arrêter de me casser le dos sur des tâches ouvrières qui ne sont pas censées faire partie de mes missions. Mais surtout, j’ai négocié mes we d’astreintes et j’ai tenu tête à mon patron qui a essayé de me filouter – encore une fois. Sauf que cette fois ci, j’ai gentiment mais clairement fait comprendre que non, je n’aurai pas une demi-journée de repos en échange d’une permanence sur un jour férié entier. Et j’en suis fière, j’ai besoin de le dire, même si je ne sais pas pourquoi.

Peut-être, parce que je me suis déjà faite avoir pour les we… Quelle idée d’accepter de faire un « we d’astreinte » – qui est en fait légalement un we de travail, puisqu’il faut bien aller à l’entreprise, pas juste attendre chez soi en cas de problème – contre seulement un jour de repos et sans aucune compensation financière !! Je peux comprendre que ce soit handicapant, pour une toute petite entreprise, de voir un cadre absent 2 jours de la semaine parce qu’il était de permanence le we. Mais enfin… c’est le droit du travail !! En attendant, c’est 2 jours (samedi et dimanche) sont bien travaillés. Pas très légal tout ça. Pas plus que de m’entendre dire « mais on ne prend pas de RTT ici » alors qu’aucun accord statuant sur un renoncement aux jours de RTT en faveur d’une compensation financière n’a été signé…

Non décidément, ce dirigeant n’a pas des pratiques de gestion des cadres très légales… Et en même temps, mes collègues cadres se laissent faire. Ils acceptent tout ça, les semaines de 50h, les « we d’astreintes », l’absence de RTT sans broncher, malgré un salaire très moyen, qui vaut moins qu’un SMIC si on le ramène au nombre d’heures travaillées dans l’année. Alors que mes collègues ouvrières ne font pas une heure supp’ si elles ne sont pas payés (leur contrat est à l’heure).

Je ne comprends pas. Je ne comprends pas que ces personnes se laissent exploiter. Je comprends qu’il y ait très peu de travail dans la région, je comprends que ces personnes soient proches de la retraite et veulent finir de cotiser, je comprends qu’elles aient construit leur vie ici (maison, famille, activités, amis) et je comprends qu’elles soient habituées à travailler pour le même patron depuis 30 ans.

Mais je ne comprends pas qu’elles acceptent une situation qui soit en leur défaveur sans obtenir un juste retour. Quelle compensation y trouvent-t-elles ? Une sécurité de l’emploi, une « reconnaissance » de leur patron ?

Ces personnes peuvent sembler bloquer dans cette situation. Pourtant elles possèdent de nombreuses compétences et honnêtement elles méritent mieux. Elles pourraient faire le choix de trouver une autre solution, une situation où elles ne seraient pas lésées. Elles pourraient partir chercher un emploi ailleurs, se reconvertir ici ou monter une autoentreprise. Evidemment, tout cela suppose de prendre des risques, de sortir du train-train quotidien, de miser sur leurs capacités, de se faire confiance et de se responsabiliser, des choses qui sont difficiles – je suis la première à l’admettre. Il est plus facile de se laisser porter – voire même exploiter – par un patron qui prend toutes les décisions, assume les responsabilités qui en découlent, arrive à contrôler les gens à sa guise.

Il ne faut pas croire, je suis admirative devant sa motivation, son énergie d’entrainement des autres, sa capacité à discourir et manipuler subtilement les autres. C’est un fin stratège qui a compris qu’on ne manipulait pas les gens avec la peur, la menace et les punitions, mais les récompenses, la reconnaissance, l’humour, la relativisation et la fermeté. Il a une capacité stupéfiante à entraîner les gens à sa suite et ne leur faire voir et entendre que ce qu’ils souhaitent. Des vrais talents « d’ombreux ». Probablement parce qu’il sait ce qu’il veut et où il veut aller. Des talents exercés sur ses employés, mais aussi et très probablement sur ces financiers, et c’est bluffant ! Savoir se rendre indispensable, soucieux de l’autre, lui apporter de la « valeur ajoutée » tout en lui coûtant de l’argent… c’est fort !

Malgré le respect que j’ai pour lui et mon attrait pour les missions de mon travail, je refuse de marcher dans son jeu et de me faire exploiter sans contrepartie. Je suis prête à travailler beaucoup et à m’investir, mais seulement en contrepartie d’un juste retour. Pour l’instant la formation et l’expérience que j’acquiers sont des motifs suffisants pour compenser les inégalités. Mais ce ne sera pas toujours le cas. Et il est hors de question que je gaspille ma santé, mes compétences et mon temps pour un dirigeant qui sait pertinemment qu’il en demande trop et n’en donne pas assez. Il faut un équilibre. Si l’équilibre est rompu, ou bien mon corps dit stop, ou bien mon moral et ma motivation tombent tellement bas que je ne suis plus efficace. Dans cette histoire, lui-même sera perdant si un juste équilibre n’est pas trouvé.

J’estime simplement que je mérite cet équilibre, et si ce n’est pas moi qui le réclame, personne ne le fera pour moi, surtout pas mon dirigeant ! Le respect de soi même passe d’abord par la définition des limites de ce que l’on tolère, par l’indentification de ses besoins profonds et par le respect de ces derniers. Ce n’est pas une question de supériorité sur autrui (« je mérite mieux que untel »), de jeu de dominant/dominé (« je veux avoir raison »), de soif de richesse (« je veux gagner plus »). C’est savoir quelles sont les limites à respecter pour ne pas perdre l’estime de soi, pour ne pas s’épuiser énergétiquement et pour ne pas atteindre à sa santé physique et mentale. Il faut parfois de dure leçon pour l’apprendre, je crois que je me souviendrais de celle-ci…

12 mars 2015