Changer de regard

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Artiste :  Guweiz

Tenir un blog de façon régulière est un défi. Cela demande du temps, de l’énergie et de la volonté. Une forme d’engagement aussi, et j’avoue que les engagements ces derniers temps, j’ai du mal… Alors, j’ai décidé de ne pas me prendre la tête, d’écrire quand j’en ai envie seulement.

 Même si tu sais que c’est source de progrès réguliers ?

Je sais… Je vois bien comment Liliane a évolué en écrivant tous les jours. Et comment j’ai évolué dans la période où j’écrivais le plus. Non seulement cela aide à développer sa capacité d’écriture, ses connaissances et sa sagesse, mais cela fluidifie aussi les contacts avec les guides, les ressentis, etc.

C’est en pratiquant qu’on devient forgeron.

Euh… c’est en forgeant qu’on devient forgeron. J’ai l’impression d’être toute rouillée et ce n’est pas agréable.

Tu manques de confiance en toi.

Ecrire avec mes guides a rarement été un exercice confortable… Soit que le contenu est désagréable pour moi (car il me pousse hors de ma zone de confort), soit que je parle d’émotions ou d’expériences difficiles (justement pour les transmuter), soit que je n’aime pas la tournure que prennent les discussions. C’est vrai, pourquoi on ne discute pas de mon futur métier ? De ma maison rêvée ? De fées et de dragons (lol) ? Pourquoi faut-il qu’on parle d’attaque et de défense, d’âmes errantes, de harcèlement énergétique, de traques et de soumission ?

Non mais, franchement, comment s’étonner que je n’aie pas envie « d’accueillir à bras ouvert ma médiumnité » ? Je sais, je ne voudrais que le bon, je suis une enfant naïve et capricieuse. Et pourquoi pas hein ? Pourquoi je ne pourrais pas rester sur un nuage rose ? Pourquoi, moi aussi, je n’ai pas le droit à mon nuage rose, hein ? Ça m’énerve. On ne choisit pas sa reliance, on ne choisit pas ce que notre âme veut, on ne choisit pas nos capacités. En résumé, on ne choisit RIEN. Et j’ai envie de pousser mon coup de gueule. Mince alors, comment s’étonner alors que je freine des quatre fers ? Que ma propre médiumnité me fasse peur ? Que je n’ai pas envie de savoir certaines choses ?

Non mais franchement… ça me fait rigoler. Moi ce que j’aimerais dans la vie, c’est avancer dans mon projet professionnel, m’amuser à peindre, me construire mon chez moi. Et pas passer mon temps à travailler sur mes peurs et blessures intérieures, apprendre à me protéger des entités et gérer mes énergies, faire avec des nuits éprouvantes à cause de voyages astraux. Sauf que si je ne le fais pas, et bien, ma vie n’avance pas. Je déteste cette sensation de ne pas avoir le choix, vraiment. Je me répète, mais ça m’énerve. Je sais, ça ne sert à rien de se plaindre, mais des fois ça fait du bien. Et je crois que cette frustration là, ça faisait des mois que je l’avais sur le cœur.

C’est pour ça que c’est bien d’avoir un espace à toi pour t’exprimer. Peu importe ce que tu dis, tu as le droit. Et même si cela te semble futile ou superficiel, cela sert toujours puisque cela te fait du bien.

Oui, mettre mon cœur à nu pour mieux me connecter à ma guidance, j’avais compris depuis longtemps. Ça commence souvent par moi qui râle ou rouspète, et puis vous qui vous pointez pour m’aider à prendre du recul sur la situation. Ça j’aimais bien, ça me soulageait et puis ça m’aidait. Je préfère ce genre de discussion, vois-tu.

L’important c’est que tu écrives.

Ah, mince… C’est de ça dont vous voulez parler ?

Pourquoi bloques-tu des quatre fers pour envoyer tes rêves à interpréter à F. ?

Parce que… C’est comme savoir que l’on va avoir une réponse que l’on ne veut pas entendre. Et si finalement, je n’aimais pas la réponse ?

Tu as peur. Tu es au bord de franchir la porte sur la direction de ton appel et tu as peur.

Il faut croire…

Sais-tu pourquoi tu as peur ?

Parce que j’ai peur de ne pas être capable de répondre à mon appel ? Je comprends mieux pourquoi lorsque Liliane a voulu poster un rituel sur comment trouver une réponse à sa question, un de ses guides lui a dit (je cite, ça vient d’ici) : « demandez à avoir le cœur plus ouvert pour accueillir la lumière de la vérité dans chaque domaine de votre vie, ainsi que la force et le courage de rester debout devant la vérité aussi difficile soit-elle pour vous. »

Je manque peut-être de courage en fait… Ou de sagesse. Ou les deux, lol. J’essaye de rester ouverte d’esprit, mais je ne vois pas où la vie, où mon âme veut me mener… Tous ces détours pourquoi ? Pour aller où ?

Les détours n’ont pas d’importance, ils sont là pour vous aider à aller là où vous en avez besoin. Tu n’es pas pressée.

Ce n’est pas le sentiment que j’ai. D’où vient ce sentiment d’urgence ?

De ton mental.

Bien sûr. Il voudrait faire comme tout le monde, avoir un appart, une voiture, un boulot, une vie stable et « respectable ». Je ne sais pas où je me dirige, mais je crois que cela ne sera vers rien de conventionnel.

Et alors ?

Et alors ? C’est flippant.

Cela pourrait être excitant si tu l’observais sous un autre angle.

C’est vrai. Comment je peux faire pour que cela soit excitant ?

Nous aimerions que tu réfléchisses à 5 de tes rêves les plus fous.

Comme voyager au Japon ?

Oui, comme voyager au Japon. Mais que voudrais-tu vraiment y faire là-bas ?

Une retraite spirituelle. J’aimerais me plonger dans le shinto, rencontrer leurs esprits de la nature, visiter leurs temples. Ça existe ce genre de voyage ?

Réfléchis à 5 de tes rêves et note-les pour toi quelque part.

« Ce qui est pour nous, est pour nous. » C’est ça ?

*sourire*

Merci à toi.

30 juin 2019

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C’est comme le vélo

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Artiste : Guweiz

 

Bon allez, je me jette à l’eau. Cela fait tellement longtemps que je n’ai pas écrit qu’une partie de moi à peur de ne plus savoir faire. Pourtant, c’est comme le vélo, on n’oublie pas ce genre de choses. Je me demandais depuis longtemps comment je commencerai cet article. Après tout ce temps à avoir déserté mon propre blog, que pourrais-je dire ? M’expliquer ? Me justifier ? Me lamenter de tout ce temps gâché et de ce long silence ? J’imagine qu’il y a mille façons de réagir.

J’ai juste envie de prendre de nouveau du plaisir à écrire, à partager et à échanger avec d’autres personnes intéressées par la spiritualité, la médiumnité et le voyage constant qu’est la vie vers la connaissance de soi-même. J’ai toujours dit que je n’écrivais pas ce blog pour les autres, mais pour moi-même, et cela reste vrai. Je ne savais pas ce qui m’avait poussé à le créer. Maintenant, après tout ce temps d’absence, j’ai compris.

J’ai besoin d’un lieu à moi pour exprimer ma médiumnité et mes ressentis. J’ai besoin d’un espace où cette part de moi peut s’exprimer librement, sans peurs, ni tabous. Cela semblait être devenu presque superflu quand je vivais à la Réunion, puisque je m’étais créé un cercle social avec qui vivre et partager cela. Cela aurait dû être vitale en rentrant vivre en métropole dans ma famille, là où ma médiumnité n’a jamais eu sa place, a été rejeté tôt, et est ignorée aujourd’hui encore.

Alors pourquoi ? Pourquoi ai-je abandonné mon propre lieu d’expression ? Peut-être, parce que comme un animal blessé se replie dans sa tanière, je me suis repliée sur moi-même. J’ai enfermé toute cette part de moi à l’abri des regards, du rejet et des critiques de mon entourage. Et par là même, j’ai fermé la porte à cette part de moi et je ne l’ai plus laissé s’exprimer. De multiples facteurs ont joué, sur lesquels je n’ai pas envie de m’étendre pour l’instant : les attaques énergétiques, le harcèlement dans l’astral, les entités et les pollutions, les peurs et les blessures intérieures.

Évidemment, rien n’arrive jamais par hasard. J’ose espérer que j’ai franchi un cap, que j’ai compris certains de mes schémas de fonctionnement négatifs, que j’ai guéri des blessures. J’ai envie de croire que je suis capable de reprendre la plume, de me réapproprier mon espace, de redonner à ma médiumnité un espace d’expression.

Qui pourrait croire qu’il y a tant de perceptions différentes, chez les gens, sur  la médiumnité ? Tant d’images d’Épinal ? Et tant de craintes ? A la Réunion, j’ai rencontré  des tas de réactions : des indifférents ; d’autres envieux, imaginant qu’on est « spécial » ; des gens à la recherche de réponses et d’aide; des curieux ; des sceptiques ; des cartésiens qui rejettent ; des cartésiens qui se posent des questions ; d’autres médiums qui se découvraient ; etc. Jamais je n’ai rencontré autant de peurs, de déni, de rejet, de préjugés et de scepticisme qu’en métropole. Ça me donne presque envie de repartir.

Mais la vérité, c’est que ce n’est pas le lieu qui compte mais les gens qui vous entourent. Quand on débarque dans un nouvel environnement, sans aucune attache, on est libre de choisir vers qui se tourner, quelles activités faire et quel cercle social développer. C’est cette liberté-là, quand on ose être soi, qui permet de rencontrer des gens en résonnance avec soi, avec qui on se sent bien.

Alors que lorsqu’on reste dans son cercle social de naissance, avec sa famille, son environnement social formé par l’éducation et les circonstances telles quelles, on peut vite se sentir à l’étroit.

Il faut que je me rende à l’évidence. J’ai beau aimé ma famille, ma ville de naissance et mes habitudes confortables, tout cela ressemble finalement à un carcan pour moi, où je n’arrive pas à oser être et exprimer ce que je suis vraiment. C’est douloureux de constater cela, alors même que j’ai une famille très aimante et que je les aime énormément en retour. C’est dur d’admettre qu’ils m’aiment, mais pas quand je parle de mes rêves, de mes ressentis énergétiques, d’entités, etc.

Or on ne peut pas changer les gens, je ne peux pas les forcer à croire en mes ressentis, à considérer mes conseils, à partager ma vision. Je n’ai de toute façon jamais été du genre à chercher à convaincre. Mais j’ai besoin de gens avec qui partager ce que je vis et ce que je suis. Et si ce n’est pas eux, et bien, je souhaite de nouveau rencontrer des personnes ouvertes d’esprit. Recommencer à zéro. Si je l’ai fait une fois, je peux le refaire, n’est-ce pas ?

27 juin 2019

Un peu de ménage…

Photographe : Celia Witchlight

 

J’ai toujours été admirative des gens qui arrivent à écrire et à publier tous les jours. Certes, il y a une organisation derrière cela, une passion et/ou une motivation. Mais il faut aussi savoir quoi écrire tous les jours ! Et c’est une question qui me trotte dans la tête, depuis que j’écris si peu ici : comment cultiver son inspiration ?

J’ai commencé ce blog, il y a fort longtemps pour y partager mes poèmes, adossés à mes photos. Puis, au fur et à mesure que ma médiumnité se révélait et que je commençais à sentir des choses et entendre des entités, je me suis mise à écrire à ce sujet. Je remettais les choses en question, je prenais du recul pour essayer de comprendre ce que je vivais. Je partageais mes drôles de sensations, j’essayais de gérer mon hypersensibilité. J’ai beaucoup bataillé avant d’accepter l’idée d’écrire avec mes guides.

Je me souviens aussi du tâtonnement pour prendre confiance en moi. Quel intérêt de partager ? Qui allait me lire ? A quoi ça servait ? Devais-je prendre un pseudonyme ou pas ? Partager mon blog avec mes proches ? J’avais du mal à croire en l’intérêt de créer mon propre espace d’expression. Et puis j’ai fini par comprendre que cela me faisait du bien à moi-même. Cela me permettait de m’aider à gérer les émotions et les énergies au quotidien, à m’apporter une compréhension et un recul nécessaire. J’appréhendais les choses sous un angle différent de ce que je pouvais lire chez Sylvie, chez Camille. J’arrivais enfin à cerner un peu mieux mes spécificités concernant la médiumnité. Mon ancrage au Milieu m’apportait des challenges et des informations différentes. C’était intéressant de pouvoir croiser les choses et échanger dessus. J’ai aimé ça.

Et puis, ce trou, ce vide, ce manque d’inspiration. Je ne savais plus quoi écrire, ni sur quoi écrire. Je n’entendais plus mes guides, alors que je n’avais plus de discussion à retranscrire. Je crois que j’en suis encore à essayer de comprendre le pourquoi.  Cette envie et en même temps cette frustration, de ne pas réussir à m’assoir devant mon ordinateur, à écrire quelque chose, à partager quelque chose. Le temps passe, les échanges s’amenuisent, les liens se distendent…

Avoir un espace numérique, c’est un peu comme créer un lieu d’échange. Si on n’est pas présent pour l’animer, il se vide peu à peu. Il n’y a plus personne pour faire la poussière, apporter des fleurs fraîches. Les gens qui passent, sans réponse, continuent leur chemin. Le partage spontané ne se fait plus. Les habitués ne viennent plus.

Mais pourquoi écrit-on ? Est-ce que l’on écrit pour créer du lien ? Offrir un espace d’échanges ? Ou déverser ses pensées quoi qu’en fassent les autres ? Ecrit-on pour soi ? Ou pour les autres ? Ou pour une raison inconnue qui nous pousse à le faire ?

J’ai toujours cherché à identifier la raison qui me poussait à publier sur mon blog. Pourquoi mes guides ne venaient pas me parler si je ne le faisais pas ? Je me posais souvent cette question, elle revenait régulièrement dans mes articles et j’en venais à la conclusion que je ne le savais pas vraiment. Juste que tant que cela m’aiderait, je continuerais… Alors ai-je arrêté parce que cela ne m’aidait plus ?

Il faut dire que j’ai eu des moments de doutes. Parce que, je ne sais pas pourquoi, mes écrits ont motivés des attaques énergétiques. Je n’ai jamais pu comprendre quel était l’objectif de ces personnes mal intentionnées. Ça m’a saoulé, j’ai pourtant continué comme si de rien n’était. J’avais des choses à en apprendre c’est sûr. Ce que les guides laissent passer, est là pour nous enseigner quelque chose. Parce qu’on a toujours les capacités à relever le défi, contrer l’attaque, apprendre de cette expérience. Il n’empêche, c’est pesant et fatiguant. N’avais-je pas déjà les mains assez pleines à gérer ma santé et mon hypersensibilité ?

Alors, j’ai écrit, ailleurs, juste pour moi. J’ai commencé un roman dont le thème (bizarrement, lol) porte sur la spiritualité. Pendant des mois, j’ai écrit plusieurs pages chaque jour. Et là, l’inspiration ne manquait pas. Elle était peut être parfois un peu capricieuse, il fallait aller la chercher par la main, la cajoler ou bien même la menacer de lâcher le morceau. Mais elle pointait toujours le bout de son nez à un moment ou à un autre. Jusqu’à ce que je prenne confiance en elle. Oui, mon inspiration est là. Elle attend que j’ouvre mon cahier d’écriture et que je tende l’oreille. Que je lui consacre du temps et de l’attention. Peut-être que parfois les choses sont aussi simples que ça. Il suffit de s’assoir, de prendre un crayon, d’être patient et d’y croire. J’ai envie de faire la même chose ici pour mon blog.

 

« Je m’assoie ici, je regarde le soleil pénétrer par la fenêtre et illuminer les grains de poussières qui voltigent. Depuis le temps, il y a du ménage à faire. Pas de doutes, il faut que je m’y mette. J’ouvre la fenêtre en grand pour laisser l’air frais entrer. Je sors mon chiffon et astique les meubles. Une fois lestés de leur épaisse couche de poussière, les tons bruns et miels du bois répandent une douce lumière au soleil. Je passe le balai, chasse les moutons de poussière, les vieilles plumes et les papiers roulés en boule jetés au sol. Tous mes écrits raturés, tous les vieux papiers inutiles et les lettres désobligeantes accumulés dans la boite aux lettres, je les place au centre de ma vieille cheminée en pierre. J’allume un feu délicieux qui les consume en cendres. Le bois qui brûle craque et le feu répand sa mélodie bienfaisante.

Je vide les placards pour mieux les assainir et les ranger. Je lave le restant de vaisselle abandonnée. Je jette les fonds de bouteille périmés. Une fois les chaises rangées sur les tables, je passe un grand coup d’eau additionnée de romarin pour nettoyer le sol. Je demande à une petite fée ondine de m’aider à purifier les énergies de ce lieu. En riant, elle joue avec moi tandis que je passe la serpillière, elle aime quand cela brille et sent bon. Je la remercie avec une cuillère de miel. Un peu de cire sur le parquet, quelques bougies parfumées allumées et voilà le lieu déjà plus accueillant. Une fois tout rangé et remis en place, il ne me reste plus qu’à disposer de petits bouquets de lys blancs sur les tables.

C’est déjà mieux, je m’assoie dans le silence. C’est tranquille ici. J’ai toujours aimé que ce lieu soit à l’abri des foules. Y venait, par un mystérieux hasard, quelques passants égarés qui trouvaient ici quelques bricoles pour les aider, avant de reprendre la route. Et puis, il y avait les habitués. Je me dis qu’il est temps de leur faire signe. Je retourne à la porte d’entrée pour placer l’écriteau « ouvert » visible de l’extérieur. J’appose au seuil de mon entrée une barrière de gros sel et quelques talismans de mon secret. Sont bienvenus ici, tous gens, du moment qu’ils sont bien attentionnés. Je mets de l’eau de source à chauffer, c’est l’heure de la tisane relaxante… »

16 août 2018

 

Photographe : Emmanuel Dautriche

Le temps qui passe

Artiste : Yuumei

Bonjour à tous,

Je reviens ici et j’ai le sentiment de trouver un champ en friche. Cela me fait de la peine, car j’ai toujours beaucoup aimé mon blog, et accordé de la valeur à ce que j’avais construit ici moi-même, avec mes mots, mes émotions et mon vécu. Partager ma réalité, mes expériences. Bonnes comme mauvaises, on peut toujours en tirer quelque chose, un élément de compréhension, une expérience, des réactions émotionnelles, un miroir dans lequel s’analyser.

Pourquoi n’ai-je plus réussi à écrire pendant tous ces mois ? Comme si les mots m’avaient fui en même temps que mes conversations avec mes guides. J’aurais pu continuer à écrire malgré cela, comme je le faisais au début, avec mes émotions et mes réflexions. Décortiquer ce qui traverse mon cœur et perturbe mon mental. Comprendre mes propres réactions et débusquer derrière mes schémas de pensées, mes comportements récurrents.

Peut-être tout simplement que je n’en avais plus envie. Que je me sentais trop fatiguée. Après un an de repos, je me sens mieux. J’ai acquis la certitude que quoi je traversais, je devais être ma première et meilleure amie et toujours me soutenir. Moi intérieurement et moi mon corps aussi. Je constate de plus en plus à quel point je suis quelqu’un qui aime le calme et qui a besoin de tranquillité. Dans mes pensées, dans mes activités, dans mon environnement. Je l’avais toujours vu comme une contrainte, à travers mon hypersensibilité aux énergies, aux foules, mon hyperacousie, etc. Finalement, je comprends que toutes ces « contraintes » sont en fait là pour m’aider à cerner ce qui me convient le mieux : le calme.

Alors j’aime de plus en plus peindre, passer du temps dans la nature, écrire et lire. Je découvre la joie des couleurs, la magie de l’eau avec l’aquarelle. J’observe le temps qui passe et qui fuit. Tellement vite. Mais où donc va-t-il ? J’ai enfin le sentiment d’avoir le temps de vivre, calmement, tranquillement. Et je reste désemparée face à la réalité que ma vitesse de croisière est 3 fois plus lente que celle de la société qui m’entoure. Comment alors y trouver ma place ? M’adapter tout en respectant mes besoins propres ? Trouver une façon de gagner ma vie et d’être autonome ?

Tant de réponses manquent à l’appel. Malgré le temps que je laisse au temps. Un an, c’est peu de chose dans une vie. Et en même temps, cela peut être beaucoup, si cela permet d’ouvrir la bonne porte. Néanmoins la porte qui me correspond reste dérobée à ma vue, et je continue d’errer. Un pas après l’autre, en espérant que le chemin se trouve quelque part, même si je ne suis pas encore capable de le voir.

21 mars 2018