Endométriose & repos

Article et liens très intéressants !

Mod.imaginaire

Les personnes atteintes d’endométriose ou plus généralement d’une maladie chronique doivent souvent se reposer.

Mais, en fait, comment on fait ??!

Je viens juste d’être opérée. Je suis en convalescence et me reposer c’est toujours compliqué. Car j’ai mal et ne trouve aucune position parfaite et sans douleur mais pas seulement. Car j’angoisse de ne pas pouvoir travailler, que ma dépendance physique me fait peur, que je n’ai pas la force de me concentrer longtemps sur quoi que ce soit et que j’ai du mal à m’ennuyer, beaucoup de mal ! J’aime beaucoup le site The Mighty (en anglais) pour les personnes atteintes de maladies chroniques et il y a cette vidéo géniale sur la réalité du repos pour ces personnes: Le repos en vrai!

En fait c’est un repos forcé, avec des douleurs, des cicatrices, une fatigue incroyable, et un état psychique pas vraiment au top. Pas franchement un…

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IRM pour endométriose

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Artiste : Guweiz

Cette semaine est à peine commencée, et je me sens brassée dans tous les sens. Je n’aurais pas pu faire mieux, sans faire exprès, mais j’ai réalisé mon IRM de détection de l’endométriose le 6 mars, premier jour de la semaine européenne de lutte contre l’endométriose (si vous êtes curieux sur ce sujet-là, vous pouvez vous référer à cet article).

Les examens médicaux, en règle générale, ce n’est pas très drôle. Il faut attendre, on ne sait pas comment cela va se passer, etc. Mais certains sont plus désagréables que d’autres. Même si cette fois ci, ce n’était pas pour rien : j’avais RDV avec une médecin formée à la reconnaissance de l’endométriose. Je suis devenue un peu méfiante maintenant, car les radiologues ne sont pas toujours formés pour reconnaitre cette maladie (mon cas a connu un retard de diagnostic de 5 ans, à cause d’un médecin non formé à reconnaitre les grosseurs sur les images).

Donc 1ère conseil : s’assurer que le médecin est formé sur la maladie.

2ème conseil : si vous avez le choix entre plusieurs lieux d’analyse IRM, demandez lequel possède l’équipement le plus récent. Cela vous évitera peut être la nécessité d’injecter des gels de contraste par voie vaginale et voie rectale. Je pensais que cela ne se faisait plus, car à ma grande joie, lors de mon 2ème examen, on m’avait seulement injecté un produit contrastant par intraveineuse. Pas de chance ce coup-ci pour moi. Tout dépend donc de la puissance de la machine IRM.

Mais qu’est-ce qui est aussi important ? 3 ème conseil : Comprendre les résultats, pouvoir poser ses questions au médecin (surtout après avoir attendu).

Alors je devrais être contente, au-delà des méga adhérences et de la rétractation des ovaires, je n’ai pas de lésion du rectum, ni du nerf sciatique par des tissus endométriosiques. Mais voilà, il y a bien ces adhérences, qui font que la paroi de mon intestin est collée au dos de mon utérus, et qu’il y a des tissus qui tirent sur la région du nerf sciatique. Je ne sais pas à quoi je m’attendais. A quelque chose sur lequel agir. Sur un nouvel élément évident, qui expliquerait mes problèmes de sciatique invalidante, et sur lequel on pourrait réagir de façon directe. Mais rien de tel. Ce n’est qu’une dégradation générale de l’état de mon ventre, sans prise réelle sur un élément particulier.

Et je me sens frustrée. Tout ça pour ça ? Et c’est quoi la suite ? Continuer la rééducation ad vitam aeternam ? Me cantonner à l’aquagym, au yoga et au taïchi parce que mon corps ne supporte pas d’activité plus « violente », même pas la marche ? Passer la moitié de ma vie debout ou couchée, parce que la station assise est trop douloureuse ? Porter une ceinture anti douleur dès que je me déplace ? Troquer la voiture par un autre moyen de locomotion, parce que je ne peux plus ni débrailler ni rester assise dans cette position ? Me bourrer d’antidouleurs opiacés parce que c’est les seuls qui me soulagent ?

Je crois que je suis dans une phase de découragement. Probablement le contrecoup de l’IRM et de l’absurdité d’une ma réalité. Comment j’en suis arrivée là ? Pourquoi ? Pourquoi ma situation ne s’est-elle pas améliorée malgré mes efforts ? Malgré l’arrêt du gluten et du lactose. Malgré les essais pour tester et suivre des traitements hormonaux.

Comment mes guides peuvent-ils me dire que mon nouveau traitement convient « pour les mois qui viennent », alors que je commence déjà à voir des effets secondaires ? Je ne comprenais pas, cela fait plusieurs nuits que je me réveille régulièrement en ayant mal aux chevilles et aux poignets, comme s’ils étaient gonflés. Puis j’ai lu la notice, effet secondaire possible : « aggravation d’une insuffisance veineuse des membres inférieurs… » Youpi ! Insomnie, pilosité… youpi. Cela fait 8 jours que je le prends, et 5 que je dors plus mal que d’habitude. Alors : cause externe ou traitement ? La question qui tue… Ne me ferais-je pas plus de mal en cherchant à me faire du bien ? Comme mon traitement précédent contenant du lactose, alors que je ne savais pas y être intolérante.

Je me sens démunie face à ça. Que faire ? Si ce n’est accepter ? Chercher à prendre soin de soi par ailleurs ? Après mon IRM, je me suis dit « je n’ai pas envie d’enchainer avec 1h de route pour simplement rentrer ». Alors après cet examen pénible, je me suis offerte un resto, puis j’ai profité de l’opportunité d’aller au cinéma (il n’y en a pas partout sur l’île), bien que mes finances ne soient pas au beau fixe. L’idée était de me faire du bien. J’avais envie de manger de la viande pour une fois, alors je me suis fait plaisir. De me changer les idées avec un film fantastique.

Mais au final, ce bon sentiment s’est transformé en acte manqué. J’ai trop mangé et la viande m’a écœurée. Le film que j’ai choisi était trop violent pour moi, et j’ai fermé les yeux pendant un certain nombre de scènes. Comment me suis-je retrouvée, avec une intention de départ de bien être, à finalement me faire indirectement du mal ? Je ne comprends pas ce mécanisme… Alors que j’ai pris le temps de m’écouter, de réfléchir, de choisir avec soin… Echec. Où trouver la frontière entre connaissance de soi rationnelle (choix par la pensée) et écoute de soi-même (écoute de ses envies/trippes) ? Pourquoi mes envies me pousseraient-elle à une forme d’autodestruction ? Quel schéma inconscient me mènerait vers ça ? Et comment le déprogrammer et le remplacer par un comportement positif ?

7 mars 2017

Semaine européenne de l’endométriose

Artiste :
Artiste : Superschool48

Cette semaine était la semaine européenne de l’endométriose. Maladie féminine mal connue qui touche la sphère génitale et concerne selon les estimations 1 femme sur 10. Pour ceux qui se demanderait ce que s’est, un bref descriptif : maladie chronique inflammatoire, elle se déclenche quand des cellules de l’endomètre (tissu de l’utérus à l’origine des règles et permettant l’implantation de l’embryon) s’implante à l’extérieur de l’utérus, dans des endroits anormaux : parois de la vessie, du système digestif, des ovaires, des ligaments à côté… Ces cellules sont soumises aux cycles hormonaux et lorsque les règles arrivent, elles saignent aussi. Ce sang qui est dans les tissus intérieurs ne peut pas être évacués, il crée donc des hématomes, qui pour se résorber sont source d’inflammations très très douloureuses. Lors de la cicatrisation, des tissus fibreux et des nodules se créent, qui peuvent entrainer un accolement des organes entre eux (source de multiples problèmes) et aussi envahir les tissus environnants.

Ainsi cette maladie se caractérise par de multiples symptômes : des douleurs terribles pendant les règles, des troubles digestifs et urinaires, des douleurs pendant les rapports sexuels, une fatigue chronique… Évidemment, chaque cas est unique, car la particularité c’est que les symptômes ne sont pas forcément proportionnels aux lésions. Ainsi on peut avoir de petites lésions et souffrir comme un chien, ou bien avoir d’importantes lésions et que la maladie soit « silencieuse ». Il existe tous les cas de figure, mais il est fréquent que les douleurs pendant les règles soient handicapantes au point de ne pas pouvoir travailler ou aller à l’école. Ceci doit être un symptôme d’alerte. Car il n’est pas normal de souffrir d’une douleur supérieur à 6 sur une échelle de 1 à 10 de la douleur (10 étant le plus fort). Et puis autre symptôme, cette maladie peut être la cause d’infertilité dans 50% des cas. Pour un certain nombre de femmes, c’est même à cette occasion, en essayant de concevoir un bébé et n’y arrivant pas, faisant un bilan de sa fertilité, que la maladie est découverte.

Très difficile à diagnostiquer, car elle demande de vraiment être étudiée et connue par les radiologues et gynécologues pour savoir être détectée, cette maladie reste souvent dans l’ombre et est peu connue d’une partie du corps médical. Ce qui entraine souvent une longue errance avant d’être prise en charge, la moyenne nationale étant de 6 ans de retard de diagnostic. Car cette maladie peut se déclencher à tout âge, dès les 1ères règles, comme à 20 ou 30, 50 ans… Les facteurs déclenchant sont mal connus, et il n’existe pas de traitement pour guérir. La médecine au jour d’aujourd’hui ne permet que de stabiliser la maladie, et permettre « un niveau de vie acceptable ».

Face à ça, comment vivre avec ? Mon endométriose s’est déclenché vers l’âge de 20 ans, peut-être était-elle latente, peut-être la pilule l’avait masquée. J’ai commencé à avoir des règles extrêmement douloureuses, et le doliprane n’avait aucun effet. Ma gynéco a alors suspecté la maladie et m’a envoyé faire un IRM. Seulement voilà, le radiologue n’était pas un spécialiste et ne savait pas détecté la maladie… Le diagnostic a donc été négatif et a commencé pour moi une longue errance médicale. Du coup, les médecins, ayant réfuté cette hypothèse de maladie, ne me prenaient pas au sérieux, m’ont dit que c’était psychologique, ou bien que c’était peut-être à cause de ma dystrophie ovarienne. Bref que je n’avais qu’à « faire un enfant pour aller mieux ». Ce manque de soutien, de compréhension et d’aide médicale m’a désespéré. Mes règles se sont empirées, j’ai fini par ne plus pouvoir me lever de mon lit, ne plus pouvoir manger car mon système digestif faisait la samba, crier et pleurer de douleur. Plus le temps passait et plus les douleurs augmentaient et me laissaient dans un état de fatigue physique et morale extrême. Et m’isolaient socialement, car les symptômes commençaient la semaine avant mes règles et se poursuivaient une semaine après. Impossible de sortir dans cet état…

Heureusement, j’ai eu la chance de trouver une médecine alternative qui m’a grandement aidé à diminuer les douleurs et remettre en route mon système digestif : la biokinésiologie (mélange de kiné, ostéopathie et médecine chinoise). Sans ça, je crois que je me serais flinguée tellement je n’en pouvais plus de la douleur… Evidemment, n’ayant pas de diagnostic médical, ni de mot sur cette maladie, je n’ai pas pu chercher le secours des associations. Car, comme le corps médical me l’avait dit, je pensais que c’était juste « moi qui avait un problème » et que c’était la faute de mon corps. J’étais en colère contre lui, contre la vie, contre cette injustice. Pourquoi est-ce que j’étais malade comme ça ? Qu’est-ce que j’avais fait pour mériter ça, cette torture qui revenait chaque mois et me rongeait le ventre ?

C’est par hasard, que 5 ans après le début de tout ça, je suis tombée sur un gynéco qui connaissait très bien la maladie et l’a reconnu dès la première consultation. Il m’a fait passer les examens nécessaires auprès d’un radiologue compétent, qui a bien pu détecter et valider la maladie. Cette grande inconnue pour moi à l’époque : l’endométriose. Cela a été un soulagement et en même temps une source de grande colère pour moi. Pourquoi cela n’avait-il pas été détecté 5 ans plus tôt lors de mes examens ? Je n’aurais pas eu à souffrir de cette façon… D’autant que le gynécologue spécialiste que j’ai vu par la suite m’a confirmé que la maladie était bien visible sur les 1er clichés, pour ceux qui savaient chercher…

Suite à ça, j’ai pu m’informer sur cette maladie et j’ai pu prendre contact avec l’association française EndoFrance qui m’a aiguillé vers des spécialistes, permis d’avoir accès à des informations fiables sur la maladie et les traitements. A alors commencé ma recherche d’un traitement adapté. La seule solution médicale étant de supprimer les règles. Le premier a été une catastrophe, je pleurais tous les jours car les hormones ne me convenaient pas du tout et me mettait les nerfs à fleur de peau. Le deuxième m’a donné des bouffées de chaleur et des migraines pas possibles. Le troisième me laisse mitigée, car j’ai été plusieurs fois malade comme un cycle, mais sans pertes de sang. J’ai même eu mes règles une fois, paraît-il que cela peut arriver exceptionnellement. Alors je dois attendre de voir…

Si je devais faire un bilan aujourd’hui, je dirais que ma situation s’est beaucoup améliorée. Il devient rare que je reste couchée par des crampes de douleurs insupportables à cause de mes règles, même si les douleurs sont toujours présentes. Je peux travailler à peu près normalement, sauf quelques jours par mois. Pour l’instant, je n’ai pas besoin de me faire opérée. Je n’ai pas eu d’attaque franche de la vessie, du système digestif, je n’ai pas besoin d’avoir de poche de substitution. Je n’ai pas non plus eu à prendre le traitement de ménopause artificielle, aux effets secondaires terribles… Ce qui n’est pas le cas de toutes les femmes atteintes. J’ai moins de vertiges aussi, et je peux sortir un peu plus.

Pourtant, ma maladie est toujours handicapante dans le quotidien. Parfois il faut que j’évite de marcher à cause des douleurs et que je reste assise. J’ai souvent de la fatigue chronique, et ne peut rien faire d’autre le soir et le we que de me reposer, sans voir personne. Je dois toujours faire très attention à ce que je mange et bois pour aider mon transit. J’ai arrêté l’alcool, diminué la viande en priorisant les moins grasses, arrêté le pain blanc. J’essaye de manger plus de fruits et de légumes, de fibres, moins de produits industriels. Parfois je souffre de sciatique, car la maladie a irrité ce nerf chez moi, probablement pour la vie…

Mais je crois que le plus dur se situe au niveau psychologique. Parce que je me sens souvent seule et incomprise au sujet de ma maladie. Je ne suis pas vieille, pourtant j’ai peu d’énergie et je dois souvent me reposer, ce qui entraine des réflexions comme « bah alors, tu es une petite vieille ?!! » de la part de gens de mon âge ou de 40 ans. Je dois souvent adapter mes activités, je ne peux faire que des sports doux, des efforts modérés. Je ne peux plus boire d’alcool sans être malade, ni manger trop. Pas de sortie boîte, ni d’orgie pour moi, ce que comprenne mal un certain nombre de jeunes de mon âge…

Certains matins, j’ai vraiment du mal à me lever tellement mon corps est lourd et je me sens épuisée. Chaque jour est alors une lutte pour faire les choses du quotidien, pour travailler sans ne rien laisser paraître. Des fois j’ai des courbatures pendant des semaines, sans n’avoir rien fait de spécial, ou bien des migraines qui ne passent pas.

Et tout ça, j’ai l’impression que mes proches ne le voient pas, ne le comprennent pas. Mes parents font l’autruche, ils ne parlent jamais de ma maladie. Des fois, j’ai l’impression qu’ils font semblants de ne pas la voir, parce qu’ils ne savent pas comment réagir. En ignorant la réalité, j’ai l’impression que c’est une partie de moi qu’ils renient. Comment me sentir soutenue par eux alors ? J’aimerais qu’ils s’y intéressent, qu’ils se renseignent dessus, comme tous ces autres parents que j’ai vus à la conférence…

Lors de la conférence d’hier sur « Prendre en charge la douleur », le gynécologue a dit quelque chose qui m’a profondément touchée : « l’endométriose est une maladie chronique handicapante qui touche l’être dans toutes ces composantes. Elle modifie tout, TOUT : ces projets de vie, … ».

Cette maladie est incurable, je l’aurai probablement toute ma vie. Il n’existe pas de traitement pour la guérir, la seule chose que l’on sait faire, c’est supprimer les règles jusqu’à la ménopause. Voir opérer pour enlever les grosseurs, mais les risques de récidives sont importants.

Cette maladie a changé tellement de choses pour moi : j’ai rayé de ma vie l’idée d’avoir des enfants, j’ai dû renoncer à un certain nombre d’activités mais aussi d’aliments. Elle a modifié mon rapport à mon corps, même la forme de celui-ci, puisque j’ai un ventre toujours gonflé à cause de mes ovaires ne marchant pas correctement, une pilosité et une acné « anormale ». Elle est source pour moi de douleurs lors des rapports sexuels, ce qui est un vrai handicap pour construire une sexualité épanouie et un couple équilibré… Mais le plus dur, c’est gérer la fatigue chronique, apprendre à accepter le rythme et la fragilité de mon corps, qui me fait vivre au ralenti par rapport aux autres… ne me permet pas de faire tout ce que je voudrais, comme je voudrais. Il faut constamment s’adapter, prévoir…

Je pensais avoir réussi à l’accepter, à ne pas passer mon temps à m’identifier en tant que « malade ». Mais quand je vois toutes les émotions et pensées provoquées par la conférence d’hier, force est de constater que non, je n’ai pas accueilli et lâcher prise sur ma maladie… Que je ne sais plus comment gérer. Comment faire comprendre aux autres ma fatigue et mes besoins sans me poser en tant que « malade » et avoir l’air de me plaindre ? Comment ne pas y penser, sans non plus oublier de respecter le rythme de mon corps ? J’ai l’impression d’osciller entre le rejet et la complaisance. A ne pas réussir à l’intégrer comme partie de moi, comme une chose normale dans ma vie. Parce que je ne peux rien y changer et qu’elle fait partie de moi…

Pourtant, je sais que cette maladie est aussi une force. Car elle m’a permis de comprendre l’importance du cycle féminin, des règles et de ses énergies. Elle m’a permis de prendre conscience de mon rejet de la maternité et de nombreux nœuds en lien avec ma mère. Elle m’a encouragé à m’explorer en tant que femme, mais aussi en tant qu’amante. A ne pas renoncer au plaisir sexuel parce que je suis malade. À chercher ce qui me convient au niveau de mon rythme de vie, de mon alimentation, de la façon de prendre soin de moi. Bref, à m’écouter et à me respecter, au-delà des exigences de la société, des modèles et des attentes extérieures.

J’aimerais simplement que parfois cela soit plus simple.

13 mars 2013

Épanouir sa sexualité féminine – comment avoir des orgasmes? [ressources]

Artiste :
Artiste : Sionra

C’est un sujet qui est rarement abordé je trouve. Parce que finalement, le plaisir féminin, on en parle assez peu entre femmes, entre mère et fille, même entre amies. Moi, je n’ai jamais osé poser la question à ma mère de savoir ce qu’était un orgasme et comment on en avait un quand j’étais ado. Oui, on peut lire des gros titres à ce sujet dans des articles de magazines féminins, mais finalement, les dits articles ne donnent que bien peu d’infos concrètes, et nous mettent surtout la pression pour savoir orgasmer. Oui parce que de nos jours, la femme idéale n’est pas celle qui est uniquement belle, elle doit aussi assurer au lit, être capable de donner une fellation comme si c’était un bonbon, aimer ça, mais en plus savoir prendre son pied et orgasmer à chaque fois. Ça fait beaucoup de pression tout ça…

Et si on revenait à un point de vue un peu plus personnel et réaliste ? De par ma maladie (endométriose) j’ai été obligée de me pencher assez vite sur le sujet de la féminité. Et de constater que c’était une part de moi que j’assumais très mal. A l’époque, exit les jupes et les robes courtes, les pantalons moulants, j’étais mal à l’aise avec mes formes et c’était dur pour moi de les assumer.

Quant à parler de la sexualité… Après mon viol refoulé, sans le savoir, c’était plus une corvée qu’autre chose, où j’ai rarement été motivée et pris du plaisir. Jusqu’à décider d’arrêter de me forcer, et puis finalement d’être célibataire tant que je ne me sentirais pas mieux dans ma peau. Ou bien de profiter des opportunités qui viennent à moi uniquement si j’en ai envie. Evidemment, cette vision-là a radicalement changé quand j’ai rencontré quelqu’un avec qui pour la première fois, j’avais envie que cela devienne vraiment sérieux. Non seulement je n’avais plus envie que le sexe soit une corvée, une source de douleurs, mais plutôt que cela devienne un partage dans la joie et le plaisir. En somme il y avait, et il y a encore du boulot.

Ce n’est pas un chemin qui se fait instantanément. Evidemment, quand on a des blocages psychologiques, il est bon d’entamer une thérapie pour explorer ces blocages et les lever. Mais il existe aussi d’autres outils qui peuvent être intéressants, et aider une femme à mieux se connaitre elle-même de ce côté-là, sans forcément avoir besoin de traiter des traumatismes lourds.

C’est cela que je voulais partager avec vous aujourd’hui, dans le prolongement de l’article de L’ile aux feuilles ( https://leafyisle.wordpress.com/2015/07/26/renouer-avec-son-soi-intime-des-pistes/ ). [Je m’excuse d’avance, mais la majorité des ressources en ligne que je vous donne sont en anglais…]

  • Les ressources de Jennifer Posada [en anglais]

C’est un projet nommé « The Orgasmic Woman Project  » sur : http://www.orgasmicwoman.com . Son objectif est de permettre à chacun de savoir comment mieux ressentir cet « état orgasmique » et de le vivre énergétiquement (et pas forcément uniquement à travers le sexe dirons-nous) pour apprendre à mieux l’accueillir. Il y est questions d’amour envers soi-même, mais aussi d’apporter une énergie de guérison sur ce plan là. J’aime bien son approche et surtout je trouve qu’elle peut être très aidante dans un processus de guérison sexuelle. C’est aussi une occasion d’apprendre à être plus à l’aise avec ce sujet-là et de le voir sans l’angle de la beauté et du plaisir. L’avantage est que c’est une ressource pour laquelle on donne ce qu’on veut (1$ à 100$… etc).

Elle propose également un Self Love Course (http://www.jenniferposada.com/self-love-oracle-course ) qui permet de travailler sur l’acceptation et l’estime de soi. C’est un cours que j’aime beaucoup, car il apporte beaucoup de douceur, de paix et invite vraiment à la réconciliation avec soi-même. Avec l’avantage de le faire à son propre rythme, et de donner ce que l’on veut en terme de paiement.

 

  • Les ressources de Vanessa Marin, sexe thérapeute [en anglais]

A l’époque, elle proposait un intéressant « five-day Stop Sabotaging Your Orgasm Challenge », qui donnait un conseil pendant 5 jours. La ressource restant en ligne est cette vidéo, intéressante pour débuter sur le sujet : http://vmtherapy.com/videos/video-looking-to-have-your-first-orgasm/ . Elle publie également de nombreux articles de blogs intéressants, dont vous aurez les liens en s’inscrivant à sa newsletter (pas trop envahissante).

Elle propose un programme en ligne qui s’appelle « FINISHING SCHOOL: learn how to orgasm ». http://vmtherapy.com/how-to-orgasm Par contre, il faut avoir les moyens (c’est 599 $), aussi je ne l’ai pas expérimenté.

Mais plus accessibles, voici une sélection de lien :

  • Le livre « Healing Sex : a mind-body approach to healing sexual trauma » de Staci Haines

Ce livre est plus axé vers les personnes qui ont subi un traumatisme sexuel. Son approche est très complète, aussi sa lecture est progressive. Pour ma part, je n’avance que doucement car je mets souvent le doigt sur des blocages, que j’essaye de résoudre avant de poursuivre. Ce livre est bien construit et donne de très nombreux témoignages. Il m’a été conseillé par plusieurs personnes. Je ne connais malheureusement pas de traduction, mais on peut l’avoir en ebook pour 18$.

  • Les ressources de Miranda Gray [en français]

Miranda a écrit plusieurs livres sur le cycle féminin et ses énergies, notamment  « Lunes Rouges ». Elle reprend l’idée qu’il existe 4 archétypes dans les énergies féminines, dont un très sensuel et ouvert à la sexualité. En acceptant et invitant celui-ci, cela permet aussi l’exploration de ce domaine-là.

Elle a aussi créé la méditation mondiale de l’Utérus (gratuite): http://www.wombblessing.com/french-invitation.html . Ayant fait un stage avec elle et étant maintenant une « Moon Mother », je peux dire par expérience personnelle, que la Bénédiction de l’utérus m’a permis une reconnexion profonde avec mes énergies féminines et m’a aussi donné des outils pour travailler à ma guérison : à travers les méditations, mais aussi avec la technique de Soin de l’utérus.

C’est une piste à explorer, particulièrement pour celle qui aime utiliser les énergies lunaires pour se connecter à leur aspect féminin.

Je crois que j’ai fait le tour des ressources disponibles pour tous que j’explore actuellement. Évidemment, dans ce genre de démarche, il est bien avant tout, si on a des problèmes physiologiques, d’aller voir son médecin, ou un spécialise, et de prendre un traitement adapté.

Pour partager mon expérience par rapport à la prise en charge de la douleur dans le cas de l’endométriose, le travail via le corps (inconscient) est aussi un des plus efficaces. Moi j’ai expérimenté de très bonnes améliorations par le passé grâce à la Biokinésiologie, mais j’ai entendu aussi des retours positifs sur le Chi Nei Tsang (technique de massage du ventre avec de l’énergétique chinoise). Bref, à chacun de trouver la technique qui lui parle, la relation avec le thérapeute étant elle aussi très importante.

Évidemment, mon avis est que pour ce genre de maladie ou des blocages sexuels, il vaut mieux chercher à explorer en profondeur pour comprendre le message que notre corps essaye de nous transmettre. Car en général, ce n’est pas déconnecté de notre histoire et de nos antécédents.

C’est pourquoi de mon côté je travaille à la fois sur le physique (traitement médical et massage), l’énergétique (médecine chinoise), le psychologique (suivi avec une spécialiste) et le spirituel (séances de soins chamaniques), en plus de toutes les ressources que j’ai partagé avec vous. Et à toutes celles qui galèrent sur ces aspects-là, ont perdu un compagnon à cause de ses sujets, n’arrivent pas à aimer leur corps ou se désespèrent de ressentir du plaisir, je leur envoie toute ma compassion et je les encourage à ne pas abandonner. Il y a des jours où je me sens très mal, I’m feeling likre crap, ou bien j’ai l’impression qu’un camion m’a roulé dessus à cause de ma maladie. Mais cela ne m’empêche pas, et n’empêche aucune d’entre nous, d’être une femme et d’avoir des ressources dans lesquelles puiser pour avancer. Et pour rien au monde, je n’abandonnerais mon sexe et ma sensibilité pour être un homme et ne pas avoir ses problèmes là.

Bonne exploration à chacune !

13 décembre 2015